0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
73 vues5 pages

Lecture critique sur la scénographie de mode

Transféré par

Benjamin Dauby
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
73 vues5 pages

Lecture critique sur la scénographie de mode

Transféré par

Benjamin Dauby
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Benjamin DAUBY

Master 1 – Ingénierie civile architecturale

ARCH3271-1
Introduction à la recherche scientifique
Lecture critique
Année académique 2022/2023
Enseignants : P.Leclercq, M.Cools, X.Calixte

« The Instagrammability of the Runway: Architecture, Scenography, and the Spatial Turn in Fashion
Communications »

Silvano Mendes (2021) The Instagrammability of the Runway: Architecture, Scenography, and the Spatial Turn in Fashion
Communications, Fashion Theory, 25:3, 311-338, DOI: 10.1080/1362704X.2019.1629758

1. Introduction

Dans le cadre du cours d’Introduction à la Recherche Scientifique et dans l’optique de nous préparer à
la rédaction du Travail de Fin d’Études, il nous est demandé d’établir une lecture critique et une
analyse d’un article scientifique. L’idée est de choisir un article dont la thématique est en lien avec
notre sujet de TFE. Cet exercice nous permet de prendre du recul par rapport aux informations que
nous lisons et a pour but de nous aider à analyser concrètement la structure d'un article scientifique
en identifiant ses points forts et ses faiblesses.

Pour ma part, j’aimerais réaliser mon TFE sur la scénographie architecturale et plus particulièrement
dans un milieu qui joue sur le côté éphémère et qui allie la conception architecturale à d’autres
univers artistiques. J’ai donc tout naturellement pensé aux « Fashion Show » et à l’univers de la
mode. L’article que j’ai choisi traite précisément ces aspects. Il a été écrit par Silvano Mendes 1 et est
paru en 2021 dans la revue Fashion Theory, Volume 25 aux pages 311 à 338.

2. Le choix du titre, du sous-titre éventuel et des mots-clés

KEYWORDS: fashion show, set design, architecture, instagram, communication, social media

Le titre est plutôt efficace et donne une idée claire du sujet dont traite l’article. Formulé en deux
parties, la première (L’instagrammabilité du défilé) sert plutôt comme élément d’accroche tandis que
la deuxième moitié du titre se centre sur les thématiques principales abordées dans l’article, à savoir,
l’architecture, la scénographie, et le tournant spatial dans les communications sur la mode.
Grâce à cette formulation, on comprend quels aspects du défilé ont été traités dans l’article. D’une
certaine manière, le titre formule une première fois la question de recherche.

Les idées du titre sont reprises dans les mots clés. Cependant, je pense que la liste de mots clés aurait
pu être complétée par d’autres mots tels que : « haute couture », « image de marque » ou encore
« hétérotropie2 ». En effet, en ajoutant ces quelques mots, cela aurait aidé au référencement de
l’article. Ici, les mots clés se contentent de reprendre les mots/idées du titre sans en dire davantage
sur le contenu même de l’article.

1
chargé de cours associé en Communication de la mode à ESMOD et à la Sorbonne Nouvelle
2
Terme formulé pour la première fois par le philosophe Michel Foucault dans les années soixante et qui signifie
littéralement « autre lieu ».
3. La qualité du résumé

Le résumé fournit une vue d’ensemble claire et concise de la thématique et du sujet abordé dans
l’article. Il reformule le titre de façon plus littéraire et permet de mieux comprendre l’objet réel de
l’étude dont il est question. Ainsi, il permet au lecteur de savoir si l’article peut être jugé comme
pertinent ou non pour sa recherche.

Par contre, il est important de relever que sans lire l’article dans son intégralité, il est difficile de savoir
si le résumé est complet et d’identifier précisément les conclusions auxquelles la recherche aboutit.

De plus, aucune précision sur la méthodologie employée par l’auteur ou sur la structure de l’article
n’est mentionnée.

En fait, ce résumé est plutôt rédigé de manière littéraire. Il est accrocheur et donne envie de lire la
suite pour en apprendre davantage mais il manque de rigueur et de structure pour réellement
qualifier un article scientifique. Il aurait gagné à faire apparaître plus clairement le questionnement,
la démarche et les réponses apportées.

4. La formulation de la question de recherche proposée

La question de recherche est formulée une première fois dans le titre de l’article scientifique. Elle est
ensuite reformulée et complétée une première puis une deuxième fois dans le résumé et dans
l’introduction. Les différentes formulations de cette dernière sont reprises ci-dessous dans l’ordre
susmentionné.

« The Instagrammability of the Runway: Architecture, Scenography, and the Spatial Turn in Fashion Communications »

« This article analyses the strategic use of runway scenography as a key part of contemporary branded communications,
exploring specifically how the creative synergies between fashion and architecture are being reshaped by the impact of digital
social media, in particular by Instagram. »

« In this article, I consider the specific role played by setting—the staging of fashion through the topography and production
design of runway shows—as a key component of branded communications strategy over the last decade—from roughly 2007
until the present day. I provide a critical framework through which to theorize the heterotopic dimension of the fashion show.
»

Comme expliqué précédemment, le titre délimite de manière concise et à l’aide de mots-clés le cadre
de l’analyse réalisée. Les deux autres formulations permettent au lecteur de mieux comprendre le
cadre et les aspects qui sont réellement abordés. Enfin, la troisième formulation intègre les notions
temporelles nécessaires à la bonne délimitation de l’étude.

On notera que dans cette troisième et dernière formulation, une partie du questionnement n’est plus
reprise, soit, la partie sur les réseaux sociaux et Instagram.

Cette manière de compléter au fur et à mesure la question de recherche est intéressante. Cependant,
je pense qu’amener les notions temporelles plus tôt dans l’article aurait pu être plus judicieux. Ici,
durant la lecture des premières pages, on ne comprend pas trop et on ne sait pas quelle période est
étudiée dans cette analyse.

Enfin, les différentes formulations mentionnent une analyse du domaine de « la communication sur la
mode » comme si cela avait été étudié de manière globale. En réalité, lorsqu’on lit l’article, on se rend
compte que l’auteur accorde beaucoup d’importance à la haute couture, bien plus qu’à d’autres
aspects plus généraux de la mode. Comme mentionné plus tôt dans ce travail, il aurait sans doute été
pertinent d’intégrer cette notion de haute couture à la question de recherche.

5. La méthodologie adoptée par les auteurs pour y répondre

La méthodologie de l’auteur pour répondre au questionnement mentionné ci-dessus n’est pas


clairement formulée dans l’article. Je regrette que si on ne se penche pas soi-même sur l’ensemble de
l’article pour essayer de comprendre comment l’auteur a procédé, on ne dispose pas d’information à
ce sujet.

Toutefois, en lisant l’article plusieurs fois, j’ai compris que l’auteur a rassemblé et collecté des
informations en provenance de nombreuses sources variées. Il les contextualise et synthétise dans 5
parties différentes reprises ci-dessous avant de finir par une conclusion.

- Fashion spectacle

- “Other spaces” and branded scenography

- Resort settings: fashion and starchitecture

- Digital settings: sharing the experience of fashion

- The spectacle of digital influence

L’auteur réalise donc une synthèse de plusieurs documents en s’intéressant spécifiquement à


différents aspects. Il prend le soin de distiller un bon nombre d’exemples pour illustrer ses propos.
Parfois même, il complète par une photo.

Concrètement, l’auteur apporte beaucoup d’informations mais le cadre méthodologique et la


manière de les formuler ne sont pas expliqués dans l’article. On aurait pu aimer une méthodologie un
peu plus formalisée avec une analyse basée sur des grilles ou bien encore une analyse comparative
illustrée par quelques exemples. Ici, je pense que la qualité et la quantité d’informations relatées
dans l’article sont pertinentes mais le manque de formalisme et de systématisme nuisent quelque
peu à la bonne compréhension des éléments étudiés.

6. Le type, le volume et la qualité des données analysées

L’auteur réalise une synthèse descriptive de l’évolution des défilés de mode pour finalement s’adapter
aux communications numériques. Pour y parvenir, les sources et documents sur lesquels il s’appuie
sont variés. On trouve des articles scientifiques, des articles de presse, des archives, des publications
littéraires,…
Au total, plus de 70 références ont été utilisées par l’auteur. Cette quantité est assez remarquable je
pense.
Par contre, en utilisant un bon nombre de revues littéraires ou d’articles de presse pour se
documenter, je pense qu’il y a un risque de se laisser influencer par les directions parfois peu/moins
rigoureuses choisies par les auteurs de ces publications.

7. Les résultats obtenus et leur discussion


Pour cet article, l’auteur n’obtient pas réellement de résultats au sens premier du terme comme on
pourrait s’y attendre dans un article faisant l’objet d’une étude statistique par exemple. L’auteur se
contente de réaliser un état des lieux autour de la thématique qui l’intéresse.
En procédant ainsi, l’auteur analyse les tendances, les problématiques ou les enjeux liés à la
thématique étudiée.
Il prend néanmoins le temps d’éclairer ses observations via des exemples qu’il met en parallèle les
uns avec les autres et montre ainsi tantôt des similitudes et tantôt des différences entre les différents
défilés et les différentes marques.
Sans avoir recours à des données chiffrées ou statistiques, l’article peut tout de même apporter une
contribution importante à la réflexion et à la compréhension de la thématique étudiée.

8. Le contenu des conclusions

Bien que la conclusion de l’article réponde au questionnement de départ, elle donne l’impression de
ne pas découler directement de l’analyse des 5 points précédemment étudiés.
On a l’impression que l’auteur continue son raisonnement dans la conclusion et qu’il ne se sert pas du
travail qu’il a réalisé en amont. Ainsi, dans la conclusion, l’auteur illustre certains aspects par des
nouveaux exemples.

Toutefois, il apporte quand même une réponse au questionnement de départ et le lecteur peut sortir
grandi de la lecture de l’article.

Je pense que ce manque de formalisme se ressent tout au long de la lecture, aussi bien dans le
manque de clarté sur la méthodologie appliquée que dans la conclusion donc.

9. Les limites de l’étude

Après la lecture de l’article, on a l’impression que l’auteur a dressé un large panorama des différentes
pratiques concernant la scénographie et les liens avec l’architecture dans la mode depuis la fin du
XXème siècle sans toutefois répondre de façon complétement aboutie au questionnement de départ.

On peut penser que l’auteur répond plutôt à la problématique suivante : « l’évolution des défilés de
mode haute couture du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui et son adaptation à la communication sur
les réseaux sociaux »

Une autre limite qu’on pourrait mentionner est que sa recherche se centre uniquement sur des
marques de haute couture drainant des gros budgets alors que n’importe quelle marque pourrait
aussi s’intéresser à son image et à sa communication sur les réseaux sociaux.

Enfin, on regrette qu’il n’y ait pas de grilles d’analyses ou d’échantillons statistiques.

10. Les questions qui restent à traiter à l’issue du travail

Pour compléter le point précédent, on pourrait par exemple se poser la question suivante :
- Quels sont les défilés qui ont suscité le plus d’intérêt sur les réseaux sociaux et pourquoi ?

On pourrait tenter d’y répondre en proposant des grilles d’analyses ou sur base de statistiques sur le
nombre d’interactions récoltées sur les médias sociaux.

D’autre part, on pourrait se poser des questions du type :


- Quels liens pouvons-nous faire entre l’architecture et les défilés de mode ?
- Comment des lieux emblématiques peuvent-être adaptés pour les défilés de mode ?

En réalité, le domaine est particulièrement large et pourrait faire l’objet de beaucoup d’autres
questionnements s’éloignant plus ou moins fort de l’article choisi ici. On pourrait par exemple traiter
l’interaction de la mode et de l’architecture d’un point de vue de la lumière ou bien
11. La bibliographie utilisée

Le nombre de références sur lesquelles l’article s’appuie est assez impressionnant. Cette bibliographie
semble assez fournie et permet de donner de la crédibilité à l’article. Plus de 70 références ont en
effet été utilisées. Elles sont organisées et triées par ordre alphabétique selon le nom de l’auteur.

Parmi les sources sur lesquelles l’article s’appuie, on trouve des articles de presse et des ouvrages
littéraires mais aussi d’autres documents issus de la littérature scientifique ou encore des archives et
des vidéos. Cette diversité dans la bibliographie est intéressante, l’auteur a vraiment exploré
différents horizons et différents type de documents.

Je pense qu’il aurait été intéressant d’organiser la bibliographie en différenciant les sources selon leur
type. Ici, il est finalement assez compliqué de s’y retrouver d’une part vu la quantité et d’autre part vu
le mélange dans leur organisation.

Enfin, les documents sont correctement référencés et les dates de consultations des sources
provenant d’Internet sont également indiqués.

Vous aimerez peut-être aussi