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Formule de Condensation des Déterminants

Ce document présente la formule de condensation sur les déterminants et décrit l'algorithme de Lewis Carroll pour calculer le déterminant d'une matrice carrée en ne calculant que des déterminants 2x2. Le document définit les notations mathématiques nécessaires et présente 11 questions pour démontrer la formule de condensation et l'algorithme associé.

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Thèmes abordés

  • applications en ingénierie,
  • λ-déterminant,
  • suites de matrices,
  • calcul de déterminants,
  • propriétés de symétrie,
  • algèbre linéaire,
  • applications en physique,
  • applications en économie,
  • applications en robotique,
  • formule de condensation
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Formule de Condensation des Déterminants

Ce document présente la formule de condensation sur les déterminants et décrit l'algorithme de Lewis Carroll pour calculer le déterminant d'une matrice carrée en ne calculant que des déterminants 2x2. Le document définit les notations mathématiques nécessaires et présente 11 questions pour démontrer la formule de condensation et l'algorithme associé.

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  • suites de matrices,
  • calcul de déterminants,
  • propriétés de symétrie,
  • algèbre linéaire,
  • applications en physique,
  • applications en économie,
  • applications en robotique,
  • formule de condensation

Déterminants et formule de condensation.

Le but de ce problème est de montrer la formule dite de condensation sur les


déterminants et d’en explorer les applications et généralisations.

Notations
Soit n un entier supérieur ou égal à 1 et M une matrice de Mn (R) (l’ensemble des
matrices carrées d’ordre n à coefficients réels). On dira aussi que M est une matrice
de taille n ⇥ n.
• On note Mi,j le coefficient de M qui se trouve sur la i-ème ligne et j-ème colonne.
• On note t M sa transposée définie par t Mi,j = Mj,i pour tout i, j 2 {1, 2, ..., n}.
• On note detM son déterminant.
• Pour n 2 et i, j 2 {1, 2, ..., n}, on note [M ]ji la matrice de Mn 1 (R) obtenue
à partir de M en enlevant la i-ème ligne et la j-ème colonne.
• Plus généralement, soit r 0.
Pour n r + 1 et i1 , ..., ir , j1 , ..., jr 2 {1, 2, ..., n}, vérifiant ik 6= il et jk 6= jl si
k 6= l, on note [M ]ji11,...,i
,...,jr
r
la matrice de Mn r (R) obtenue à partir de M en enlevant
les lignes d’indices i1 , ..., ir et les colonnes d’indices j1 , ..., jr . On conviendra que cette
matrice vaut M si r = 0.
• On note ComM la comatrice de M définie par
(ComM )i,j = ( 1)i+j det[M ]ji

• On désignera par In la matrice identité de Mn (R) et par e = (e1 , . . . , en ) la base


canonique de l’espace vectoriel réel Rn .

I. Préliminaires.
1 - Soit n 2 N un entier non nul. Montrer que l’application N de Mn (R) dans R

définie par
8M 2 Mn (R), N (M ) = sup |Mi,j |,
i,j2{1,...,n}

est une norme sur Mn (R).


Dans le cas où M 2 Mn (R) n’est pas inversible, on rappelle qu’il existe deux
matrices inversibles P et Q (de tailles n ⇥ n) telles que M = P.J.Q où
0 1
1
B . C
B C
B . (0) C
B C
J =BB 1 C,
C
B (0) 0 C
B C
@ . A
0

2
J étant une matrice diagonale dont les r premiers éléments diagonaux valent 1 et dont
les n r derniers éléments diagonaux valent 0. Si J = 0 on convient que r = 0.

2 Rappeler l’interprétation de r.

3 - On conserve les notations de la question précédente. Montrer qu’il existe une suite
de matrices inversibles (Jk )k2N de Mn (R) telle que M = limk!+1 P.Jk .Q au sens de
la distance associée à la norme N.

4 - Montrer que le déterminant définit une fonction continue de Mn (R), muni de la


distance associée à la norme N , dans R (on pourra écrire le déterminant comme une
somme de fonctions toutes en forme de produits).

II. Formule de condensation

On se propose de montrer dans cette partie la formule de Desnanot-Jacobi, dite


de condensation, suivante où n est un entier 3 :
8M 2 Mn (R),

detM det[M ]1,n 1 n


1,n = det[M ]1 det[M ]n det[M ]1n det[M ]n1 (1)

5 - Soit i 2 {1, 2, ..., n}. Calculer

Mi,1 det[M ]1i Mi,2 det[M ]2i + ... + ( 1)n 1 Mi,n det[M ]ni

en fonction de detM et de i.

6 - Montrer que

Mj,1 det[M ]1i Mj,2 det[M ]2i + ... + ( 1)n 1 Mj,n det[M ]ni = 0

pour i, j 2 {1, 2, ..., n}, vérifiant i 6= j (on interprètera le membre de gauche comme
le développement par rapport à une ligne du déterminant d’une certaine matrice).

7 - Déduire des deux questions précédentes le fait que M . t (ComM ) = xIn où x est
un nombre réel que l’on précisera.
On introduit la matrice de Mn (R) suivante :
0 1
det[M ]11 0 0 . . . 0 ( 1)n+1 det[M ]1n
B det[M ] 2
1 0 . . . 0 ( 1)n+2 det[M ]2n C
B 1 C
B det[M ]13
0 1 . . . 0 ( 1)n+3 det[M ]3n C
B C
B . . . . . . C
M? = BB
C
C
B . . . . . . C
B . . . . . . C
B C
@ ( 1)n det[M ]n1 1 0 0 . . . 1 det[M ]nn 1 A
( 1)n+1 det[M ]n1 0 0 . . . 0 det[M ]nn

3
Autrement dit, M ? est obtenue à partir de t (ComM ) en remplaçant, pour chaque
i 2 {1, . . . , n} et chaque j 2 {2, . . . , n 1} le coefficient t (ComM )i,j par 0 si i 6= j et
par 1 si i = j.

8 - Calculer detM ? en fonction de det[M ]11 , det[M ]nn , det[M ]1n , det[M ]n1 .

9 - Ecrire le calcul explicite de la matrice produit M . M ? sous la forme du tableau


usuel de taille n ⇥ n.

10 - En utilisant la question précédente, démontrer (1) dans le cas où M est inversible.
11 - Démontrer (1) dans le cas où M n’est pas inversible.

III. Algorithme de Lewis Carroll

Le Révérend Charles L. Dodgson, plus connu sous son nom de plume, Lewis Car-
roll, s’est servi de la formule de condensation (1) pour mettre au point un algorithme
de calcul de déterminant n ⇥ n, n’utilisant que le calcul de déterminants 2 ⇥ 2.
L’algorithme fonctionne comme suit.
On doit trouver le déterminant d’une matrice M de taille n ⇥ n.
Pour cela, on met en jeu une suite de couples de matrices (A(k) , B (k) ) 2 Mn k (R)⇥
Mn k 1 (R) pour k = 0, ..., n 2 définies comme suit.
Pour k = 0, A(0) = M et B (0) est la matrice de Mn 1 (R) dont tous les coefficients
valent 1.
Voici comment l’on passe du couple (A(k) , B (k) ) (k  n 3) au couple (A(k+1) , B (k+1) ).
Si aucun des coefficients de B (k) n’est nul, (ce qui est le cas pour B (0) ) alors on
pose,
(k) (k)
(k+1) 1 Ai,j Ai,j+1
Ai,j = (k) ⇥ (k) (k) , i, j 2 {1, . . . , n k 1}
Bi,j Ai+1,j Ai+1,j+1
(k+1) (k)
Bi,j = Ai+1,j+1 , i, j 2 {1, . . . , n k 2}.
(k+1)
Bien entendu, dans le membre de droite qui définit le terme Ai,j , | | désigne un
déterminant 2⇥2. Enfin, si (A(n 2) , B (n 2) ) a pu être défini par la précédente procédure,
(n 1)
alors on définit la matrice de taille 1 ⇥ 1, A(n 1) = (A1,1 ) par :

(n 2) (n 2)
(n 1) 1 A1,1 A1,1+1
A1,1 = (n 2)
⇥ (n 2) (n 2) .
B1,1 A1+1,1 A1+1,1+1

Noter qu’il n’y a pas de terme B (n 1) . L’algorithme se termine en affirmant que


(n 1)
A1,1 = detM, on prouvera plus loin sa validité. Si l’un des coefficients de B (k)
est nul, l’algorithme ne s’applique pas, et Lewis Carroll préconise de recommencer
après avoir échangé (convenablement) des lignes dans la matrice initiale.

4
Exemple :
0 1
2 0 1 3 0 1
B 1 1 1
1 2 1 2 C
M = A(0) = B
@ 0
C B (0) =@ 1 1 1 A
1 1 3 A
1 1 1
2 4 3 2
0 1
4 2 5 ✓ ◆
2 1
A(1) = @ 1 3 5 A B (1)
=
1 1
2 1 11
✓ ◆
7 5
A(2) = B (2) = 3
7 38
A(3) = 77
Le déterminant de M vaut donc 77.
12 - Appliquer cet algorithme au calcul du déterminant de
0 1
1 2 1 3
B 2 1 1 2 C
B C
@ 1 2 1 3 A
0 1 1 2

13 - Soit M 2 Mn (R). On suppose que l’algorithme se termine sans qu’aucun des


coefficients des matrices B (i) ne s’annule. Quel est le nombre un de déterminants 2 ⇥ 2
que l’on a calculé au cours de la procédure ?
Une autre méthode de calcul de déterminant consiste à répéter le développement
suivant des lignes par cofacteurs jusqu’à ce qu’on obtienne des déterminants 2 ⇥ 2.
L’objet de la question suivante est d’étudier le nombre vn de déterminants 2 ⇥ 2 ainsi
obtenus.
14 - Soit donc vn le nombre de déterminants 2 ⇥ 2 calculés lorsque l’on applique
la méthode de développements successifs par rapport à des lignes pour calculer le
déterminant d’une matrice de taille n ⇥ n. Etablir une relation entre vn et vn 1 . Puis,
comparer un et vn lorsque n ! +1.
On se place désormais dans le cas où l’algorithme de Lewis Carroll s’applique. On
se propose de montrer sa validité.
15 - Soit r, s 2 {1, 2, ..., n 2}. En appliquant la formule de condensation, montrer
(2)
que Ar,s est le déterminant d’une matrice 3 ⇥ 3, extraite de M , que l’on précisera.
16 - Soit k 2 {1, 2, ..., n 1} et r, s 2 {1, 2, ..., n k}.
(k)
Généraliser le résultat précédent en exprimant Ar,s comme le déterminant d’une
matrice de taille (k + 1, k + 1) extraite de M que l’on précisera. Prouver que
(n 1)
A1,1 = detM

5
ce qui établit la validité de l’algorithme.

IV. Le -déterminant
Soit 2 R. On introduit la notion de -déterminant d’une matrice M de Mn (R)
convenable, noté det M , de la manière suivante.
Soit (a) 2 M1 (R), det (a) = a.
✓ ◆ ✓ ◆
a b a b
Soit 2 M2 (R), det = ad + bc.
c d c d
On impose de plus, pour toute matrice M de Mn (R), la formule de condensation
suivante :

det M det [M ]1,n 1 n 1 n


1,n = det [M ]1 det [M ]n + det [M ]n det [M ]1 (2)

Cette condition (2) permet donc de définir, par récurrence, le -déterminant pour
une matrice M de taille n⇥n, à la condition de ne pas avoir à diviser par 0 au cours de
son calcul. Plus précisément, supposons que cette procédure par récurrence ait permis
de définir le membre de droite de (2) ainsi que det [M ]1,n
1,n et qu’en plus ce dernier soit
non nul. Alors on définit det M par (2) puisqu’on peut diviser par det [M ]1,n 1,n 6= 0.
Dans la suite, M désigne une matrice de Mn (R) pour laquelle det M est bien
défini.

17 - Soit t 2 R\{0}, et j 2 {1, ..., n}. On note Mt,j la matrice obtenue à partir de
M par multiplication de la j eme colonne de M par t. Montrer que det Mt,j est bien
défini et donner sa valeur en fonction de det M et de t.

On considère un vecteur (x1 , x2 , . . . , xn ) de Rn tel que les réels xi sont tous non
nuls. On introduit la matrice de Vandermonde de taille n ⇥ n :

V (x1 , x2 , . . . , xn ) = (xji 1 )1i,jn ,

où xji 1
est le coefficient situé sur la i ème ligne et la j ème colonne.
18 - On suppose que xj + xi est non nul pour tous i, j 2 {1, . . . , n} tels que
1  i < j  n. Calculer det V (x1 , x2 , ..., xn ) en fonction des xj + xi , (i, j 2
{1, . . . , n}). (On commencera par le cas n = 3 puis on procédera par récurrence
sur n).

Fin du Problème

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