Chapitre 11
Espace vectoriel normé :
Étude locale
Dans ce chapitre, on considère deux espaces vectoriels normés E et F , une
partie X non vide de E, a ∈ X , f : X −→ F une application de X vers F
et l ∈ F . On notera indifféremment k · k les normes de E et de F .
11.1. | Notion de limite et de continuité
11.1.1. Définitions et premières proprit́és
Définition. 11.1.1.
On dit que f admet l comme limite au point a, ou que f (x) tend vers l
lorsque x tend vers a, et on écrit lim f (x) = l, ou encore f (x) −→ l si :
x→a x→a
∀ε > 0, ∃α > 0 : ∀x ∈ X , kx − ak < α =⇒ kf (x) − lk < ε.
x2 y
Exemples 11.1.1 Montrer que la fonction (x, y) ∈ R2 7−→ x2 +y 2
admet une
limite en (0, 0).
Remarque 11.1.1 1. La limite d’une application en un point, lorsqu’elle
existe, est unique.
1
2 CHAPITRE 11. ESPACE VECTORIEL NORMÉ : ÉTUDE LOCALE
2. Si a ∈ X et f admet une limite dans F au point a, alors lim f (x) = f (a).
x→a
Définition. 11.1.2.
On dit que f est continue en a si a ∈ X et f (x) admet une limite dans
F au point a. On dit que f est continue sur X si f l’est en tout point
de X . On dit que f est continue sur une partie Y non vide de X si la
restriction f|Y est continue.
Exemples 11.1.2 1. L’application norme
f : E −→ R
x 7→ kxk
est continue sur E.
1 si x ≥ 0
(
2. L’application f : x ∈ R 7−→ est continue sur [0, +∞[ sans
0 sinon
être continue en 0.
Notation L’ensemble des fonctions continues de X vers F se note
C (X , F ).
Définition. 11.1.3.
i) Si X n’est pas bornée, on dit que f (x) tend vers l lorsque kxk
tend vers +∞, et on écrit lim f (x) = l, ou f (x) −→ l si :
kxk→+∞ kxk→+∞
∀ε > 0, ∃A > 0 : ∀x ∈ X , kxk > A =⇒ kf (x) − lk < ε.
ii) Si E = R et X n’est pas majorée dans R, on dit que f (x) tend
vers l lorsque x tend vers +∞, et on écrit lim f (x) = l, ou
x→+∞
f (x) −→ l si :
x→+∞
∀ε > 0, ∃A > 0 : ∀x ∈ X , x > A =⇒ kf (x) − lk < ε.
iii) Si E = R et X n’est pas minorée dans R, on dit que f (x) tend
vers l lorsque x tend vers −∞, et on écrit lim f (x) = l, ou encore
x→−∞
f (x) −→ l si lim f (−x) = l.
x→−∞ x→+∞
iv) Si F = R, on dit que f (x) tend vers +∞ lorsque x tend vers a, et
on écrit lim f (x) = +∞ si :
x→a
∀A > 0, ∃α > 0 : ∀x ∈ X , kx − ak < α =⇒ f (x > A).
On dit que f (x) tend vers −∞ lorsque x tend vers a, et on écrit
lim f (x) = −∞ si x→a
x→a
lim −f (x) = +∞.
11.1. NOTION DE LIMITE ET DE CONTINUITÉ 3
1 1
Exemple 11.1.1 Dans E, on a : lim = +∞ et lim = 0.
x→0 kxk kxk→+∞ kxk
Remarque 11.1.2 La notion de limite peut être définie à l’aide des éléments
des topologies de E et de F . En effet, x→a
lim f (x) = l si et seulement si pour
tout voisinage V de l dans F , il existe un voisinage W de a dans E tel que
f (X ∩ W ) ⊂ V . Cette définition peut être généralisée et adaptée aux autres
cas de limites considérées.
11.1.2. Caractérisation séquentielle de la limite
et de la continuité
Théorème. 11.1.1. Caractérisation séquentielle de la limite
f admet l comme limite au point a si et seulement si pour toute suite
(an )n≥0 à termes dans X telle que lim an = a on a lim f (an ) = l.
Remarque 11.1.3 Ce résultat s’applique aussi pour les autres limites consi-
dérées.
Corollaire. 11.1.1. Caractérisation séquentielle de la continuité
Si de plus a ∈ X , alors f est continue en a si, et seulement si, pour toute
suite (an )n≥0 à termes dans X telle que lim an = a on a lim f (an ) = f (a).
Corollaire. 11.1.2.
Si deux applications sont continues sur X , et coïncident sur une partie
dense dans X , alors elle sont égales.
Remarque 11.1.4 1. La caractérisation séquentielle de la limite et de la
continuité est souvent utilisée pour montrer qu’une application n’admet
pas de limite, ou qu’elle n’est pas continue, en un point a ; il suffit à ce
propos de construire deux suites (xn ) et (yn ) qui convergent vers a de
sorte que les suites (f (xn )) et (f (yn )) ne tendent pas vers une même
limite. Par exemple, montrer que la fonction
f : R∗ −→ R
x 7→ sin x1
n’admet pas de limite en 0.
2. Elle sert également à établir certaines propriétés qui sont déjà vérifiées
par les suites (Voir les propositions ci dessous).
4 CHAPITRE 11. ESPACE VECTORIEL NORMÉ : ÉTUDE LOCALE
Exercice 11.1.1 1. Montrer que l’application indicatrice de Q n’est pas
continue en aucun point de R.
xy
2. Montrer que la fonction f : (x, y) ∈ R2 7−→ 2 n’admet pas de
x + y2
limite en (0, 0).
3. Soit A une partie dense dans X et soit f : X → F une application
continue telle que ∀x ∈ X ∩ A, f (x) = 0. Établir que f est nulle sur
X.
Proposition. 11.1.1.
La notion de la limite et de la continuité d’une fonction ne dépendent
pas du choix de normes équivalentes.
Théorème. 11.1.2.
Si, E (resp. F ) est de dimension finie alors la limite et la continuité de
f ne dépendent pas du choix de la norme de E (resp. de F .)
11.1.3. Opérations sur les limites
Proposition. 11.1.2.
Soient f, g : X −→ F deux applications et α, β ∈ K. Si f admet une
limite l ∈ F au point a et g admet une limite l0 ∈ F au point a, alors :
lim (α.f + β.g) = α.l + β.l0
x→a
Corollaire. 11.1.3.
Si f, g : X −→ F sont deux applications continues sur X , alors, pour
tout α, β ∈ K, l’application α.f + β.g est continue sur X .
Corollaire. 11.1.4.
C (X , F ) est un K.e.v.
11.1. NOTION DE LIMITE ET DE CONTINUITÉ 5
Proposition. 11.1.3.
Soient f : X −→ F et g : X −→ K deux applications.
1. Si f admet une limite l ∈ F en a et g admet une limite α ∈ K au
point a, alors x→a
lim g(x).f (x) = α.l.
2. Si f et g sont continues sur X , alors l’application
fg : X −→ F
x 7 → g(x).f (x)
est continue sur X .
Remarque 11.1.5 Si (F, k · k) est une algèbre normée et si f, g : X −→
F . sont deux applications continues alors leur produit f g est continue. Ainsi,
l’application A ∈ Mn (K) 7→ A2 est continue.
Définition. 11.1.4.
Si E est de dimension finie, B = (e1 , · · · , en ) est une base de E, on
appelle application polynomiale de E, toute combinaison linéaire des
applications f(m1 ,...,mn ) définies sur E par
f(m1 ,...,mn ) : E −→ K
n n
x= xi .ei 7→ xm
P Q i
i
i=1 i=1
pour tout (m1 , ldots, mn ) ∈ Nn . La fonction f(m1 ,...,mn ) , est dite fonction
monomiale associée au multi-indice (m1 , . . . , mn ) ∈ Nn .
Corollaire. 11.1.5.
Les applications polynomiales sur un e.v.n de dimension finie sont conti-
nues.
Corollaire. 11.1.6.
Le déterminant est une applications continue sur Mn (K), et sur L (E)
lorsque E est de dimension finie.
Proposition. 11.1.4.
Soient G un autre e.v.n, Y une partie de F telle que f (X ) ⊂ Y et
g : Y −→ G une application.
1. Si f admet une limite b ∈ F en un point a, et g admet une limite
l ∈ G au point b, alors x→a
lim (g ◦ f )(x) = l.
2. Si f est continue sur X et f est continue sur Y , alors g ◦ f est
continue sur X .
6 CHAPITRE 11. ESPACE VECTORIEL NORMÉ : ÉTUDE LOCALE
Corollaire. 11.1.7.
On suppose que f est définit de X vers K et qu’elle ne s’annule pas sur
X.
1 1
1. Si f admet une limite non nulle l ∈ K∗ en a alors x→a
lim = .
f (x) l
1
2. Si f est continue sur X alors est continue sur X .
f
Exemple 11.1.2 (d’application) Montrer que l’application :
x2 y
si (x, y) 6= (0, 0)
(
(x, y) ∈ R 7−→
2 x2 +y 2
0 sinon
est continue.
Proposition. 11.1.5. Caractérisation de la limite et de la conti-
nuité dans un espace produit
p
Soient F1 , . . . , Fp des espaces vectoriels normés, F = Fi , a ∈ X ,
Q
i=1
l = (l1 , . . . , lp ) ∈ F et f : X −→ F.
x 7→ f (x) = (f1 (x), · · · , fp (x))
où, les fi sont les application composantes de f ; fi étant définie de X
vers Fi .
En munissant F de la norme produit, on a :
1. f admet l comme limite au point a si et seulement si lim fi (x) = li
x→a
pour tout i ∈ [ 1, p,]].
2. f est continue sur X si et seulement si fi est continue sur X pour
tout i ∈ [ 1, p,]].
Proposition. 11.1.6. Caractérisation de la limite et de la conti-
nuité dans un espace de dimension finie
On suppose que F est de dimension finie, B = (e1 , · · · , ep ) est une base
p
de F , l = li .ei ∈ F , a ∈ X et f : X −→ F une application définie sur
P
i=1
une partie non vide de E, dont les fonctions coordonnées relativement à
la base B sont (f1 , . . . , fp ) ; c’est à dire que les fi sont des applications
p
de X vers K telles que ∀x ∈ X , f (x) = fi (x)ei . Alors :
P
i=1
1. x→a
lim f (x) = l si, et seulement si, x→a
lim fi (x) = li pour tout i ∈ [ 1, p,]].
2. f est continue sur X si, et seulement si, fi l’est pour tout
i ∈ [ 1, p,]].
Exemples 11.1.3 (d’application) 1. Montrer que l’application t 7−→ eit
est continue de R vers C.
11.2. CONTINUITÉ UNIFORME 7
cos(t) − sin(t)
!
2. Même question pour l’application t 7−→ Rt = .
sin(t) cos(t)
11.2. | Continuité uniforme
Définition. 11.2.1.
On dit qu’une application f : X −→ F est uniformément continue sur
X si :
∀ε > 0, ∃α > 0 : ∀x, y ∈ X , kx − yk < α =⇒ kf (x) − f (y)k < ε.
Exemple√ 11.2.1 Considérons la fonction numérique f définie sur R+ par
f (x) = x pour tout x ∈ R+ .
1. Montrer que :
√ √ q
∀x, y ∈ R+ , | x − y| ≤ |x − y|
.
2. En déduire que f est uniformément continue sur R+ .
Remarque 11.2.1 Pour montrer qu’une application f : X −→ F n’est pas
uniformément continue sur X , il suffit de construire deux suites (an )n≥0 et
(bn )n≥0 à termes dans X de sorte que (an − bn )n≥0 tende vers 0 et (f (an ) − f (bn ))n≥0
ne tende vars 0.
Exemples 11.2.1 1. Montrer que la fonction f définie sur R par f (x) =
x2 pour tout x ∈ R n’est pas uniformément continue sur R.
1
2. Même question pour la fonction f définie sur ]0, 1] par f (x) = .
x
Définition. 11.2.2.
On dit qu’une application f : X −→ F est Lipschitzienne, s’il existe
k > 0 tel que :
∀x, y ∈ X , kf (x) − f (y)k ≤ kkx − yk.
k s’appelle alors le rapport de Lipschitz de f , et on dit que f est Lipschit-
zienne de rapport k, ou qu’elle est k-Lipschitzienne. Si, de plus k ∈ [0, 1[
alors on parle de fonction contractante.
Remarque 11.2.2 Si f est k lipschitzienne alors pour tout k 0 ≥ k, f est aussi
k 0 lipschitzienne.
8 CHAPITRE 11. ESPACE VECTORIEL NORMÉ : ÉTUDE LOCALE
Exercice 11.2.1 Soit A une partie non vide de E et considérons l’application
f : E −→ R
x 7→ f (x) = d(x, A)
Montrer que f est est Lipschitzienne de rapport 1 ; c’est à dire
∀x, y ∈ E, |d(x, A) − d(y, A)| ≤ kx − yk.
Proposition. 11.2.1.
Toute application Lipschitzienne sur X est uniformément continue sur
X.
Remarque 11.2.3 La réciproque est fausse ; en effet, on a déjà montré que
√
la fonction · est uniformément continue sur R+ , cependant, elle √ n’est pas
x
Lipschitzienne sur R+ . Pour s’en convaincre, remarquer que lim+ = +∞.
x→0 x
11.3. | Compacité et applications continues
Théorème. 11.3.1.
Par une application continue, l’image d’un compact est un compact.
Théorème. 11.3.2. des bornes atteintes
Si f : X −→ R est une application réelle continue et X est compact,
alors f est bornée et atteint ses bornes.
Théorème. 11.3.3. de Heine
Toute application continue définie sur un compact est uniformément
continue.
11.4. CONTINUITÉ DES APPLICATIONS LINÉAIRES 9
11.4. | Continuité des applications linéaires
Théorème. 11.4.1. de caractérisation de la continuité d’une ap-
plication linéaire
Étant donnée une application linéaire f : E −→ F , les assertions sui-
vantes sont équivalentes :
1. f est continue sur E
2. f est continue en 0
3. Il existe C > 0 tel que ∀x ∈ E, kf (x)k ≤ Ckxk
4. f est Lipschitzienne sur E
5. f est uniformément continue sur E
Exemples 11.4.1 1. Sur Mn (K) la forme linéaire tr est continue.
2. Étant donnée A ∈ Mn,p (K) l’application M ∈ Mp,q (K) 7→ AM est
continue. De même l’application transposée est continue de Mn,p (K) vers
Mp,n (K).
3. Si P ∈ GLn (K) et Q ∈ GLp (K) alors l’application M ∈ Mn,p (K) 7→
P M Q est un endomorphisme continue....
4. Étant donnée une base B d’un K-espace vectoriel E de dimension finie n,
l’application matB : u 7→ matB (u) est continue de L (E) vers Mn (K)....
Remarque 11.4.1 En pratique, pour démontrer qu’une application linéaire
f : E → F n’est pas continue sur E, on construit une suite (xn ) de vecteurs
kf (xn )k
non nuls de E de sorte que −→ +∞.
kxn k
Exemples 11.4.2 1. Soit T : C ([0, 1], R) −→ R
Z 1
f 7→ f (t)dt
0
Étudier la continuité de T en munissant C ([0, 1], R) de l’une de ses
normes usuelles.
2. Même question pour l’application qui à chaque f ∈ C ([0, 1], R) associe
sa primitive s’annulant en 0.
3. Même question pour l’application D : C 1 ([0, 1], R) −→ C ([0, 1], R)
f 7→ f 0
les deux espaces étant muni de la norme k · k∞ .
Proposition. 11.4.1.
L’ensemble Lc (E, F ), des applications linéaires et continues de E vers
E, est un K.e.v. En particulier, celui des formes linéaires continues de E
noté E 0 dit dual topologique de E est un K-espace vectoriel. L’ensemble
des endomorphismes continus de E noté Lc (E) est une K-algèbre.
10 CHAPITRE 11. ESPACE VECTORIEL NORMÉ : ÉTUDE LOCALE
Théorème. 11.4.2. Norme subordonnée d’une application li-
néaire continue
Soit u ∈ Lc (E, F ) . Alors, les nombres réels positifs suivants existent et
sont égaux :
ku(x)k
sup{ : x ∈ E\{0}}, sup{ku(x)k : kxk ≤ 1}, sup{ku(x)k : kxk = 1}.
kxk
on appelle norme subordonnée de u ou norme d’opérateur de u cette
quantité commune, on la note |kuk| ou kukop .
Proposition. 11.4.2.
i) L’application u ∈ Lc (E, F ) 7→ kukop définit une norme sur l’es-
pace Lc (E, F ).
ii) On considère un troisième K-espace vectoriel normé G. Soient u ∈
Lc (E, F ) et v ∈ Lc (F, G), alors v ◦ u ∈ Lc (E, G) et de plus on
a:
kv ◦ ukop ≤ kvkop kukop .
iii) En particulier, k · kop définit une norme d’algèbre sur l’algèbre
Lc (E) .
Exercice 11.4.1 On suppose que E est de dimension finie et on se fixe une
norme dans E et une dans F .
1. Justifier que Lc (E, F ) = L (E, F ) .
2. Soit u ∈ L (E, F ). Justifier l’existence d’un vecteur x0 unitaire dans E
vérifiant kukop = ku(x0 )k. On dit que la norme subordonnée de u est
atteinte en x0 .
Théorème. 11.4.3. Norme subordonnée d’une matrice
Soit A ∈ Mp,q (K). Alors l’application linéaire uA canoniquement associée
à A est continue pour tout choix de normes sur Kp et Kn qu’on notera
indifféremment k · k. On appelle norme subordonnée de A associée au
choix de ces normes, qu’on note aussi |kAk|, la norme subordonnée de
uA relative à ces normes. En d’autres termes
kAXk
|kAk| = |kuA k| = sup = sup kAXk = sup kAXk.
X∈Kp \{0} kXk kXk≤1 kXk=1
|k · k| définit ainsi une norme sur les espaces vectoriels matriciels
Mp,q (K) et une norme d’algèbre sur les algèbres de matrices carrées
Mn (K).
11.5. CONTINUITÉ ET TOPOLOGIE RELATIVE 11
Exemples 11.4.3 On munit Kp de l’une de ses normes k · k1 (resp. k · k∞ )
et on considère une matrice carrée A d’ordre p. Comparer la norme subordon-
née de A correspondante avec les ormes usuelles définie sur l’espace Mp (K).
Théorème. 11.4.4. Caractérisation de la continuité d’une appli-
cation multilinéaire
Soit (E1 , N1 ), . . . , (Ep , Np ) p K-espaces vectoriels normés et soit E leur
espace produit muni de la norme produit. Alors, une application mul-
p
tilinéaire f définie de E = Ek vers l’espace F est continue si, et
Q
k=1
seulement si, il existe une constante C > 0 telle que :
p
∀x = (x1 , . . . , xp ) ∈ E, kf (x)k ≤ C Nk (xk ).
Y
k=1
Corollaire. 11.4.1.
Toute application multilinéaire définie d’un produit d’espaces vectoriels
normés de dimensions finies vers un espaces normé est continue.
Exemples 11.4.4 1. L’application det est continue de Mn (K) vers K.
2. L’application (A, B) 7→ AB est continue de Mn,p (K) × Mp,q (K) vers
Mn,q (K).
3. Si E est un R-espace vectoriel de dimension finie alors tout produit sca-
laire de E est une application continue de E 2 vers R...
Exercice 11.4.2 Montrer que l’application com qui à chaque matrice M ∈
Mn (K) associe sa comatrice est continue. Puis montrer que l’application f :
M ∈ GLn (K) 7→ M −1 est continue.
11.5. | Continuité et topologie relative
Définition. 11.5.1.
Soient X une partie de E, x ∈ X et A ∈ X .
1. On dit que A est un voisinage de x relativement à X si A est
la trace d’un voisinage de x avec X ce qui signifie qu’il existe V
voisinage de x tel que A = V ∩ X en d’autre termes il existerait
r > 0 tel que B(x, r) ∩ X ⊂ A.
2. On dit que A est un ouvert relatif de X ou simplement ouvert de
X si c’est la trace d’un ouvert de E avec X .
3. De même, A est dit un fermé de X si A est de la forme Φ ∩ X ,
où Φ est un un fermé de E.
12 CHAPITRE 11. ESPACE VECTORIEL NORMÉ : ÉTUDE LOCALE
Remarque 11.5.1 Les éléments de topologie d’une partie de E ne dépendent
pas de la norme équivalente choisie, et vérifient les mêmes propriétés que celles
de la topologie dans E, en particulier :
Exemples 11.5.1 1. Pour une partie A de X , si A est un voisinage de
x ∈ X (resp. un ouvert, resp. un fermé) alors A est un voisinage de x
(resp. un ouvert, resp. un fermé) relativement à X .
2. Si X est lui même un voisinage de x alors les voisinages de x relatifs
à X sont exactement les voisinages de x contenus dans X . De même
si, X est lui même un ouvert (resp. un fermé) de E alors les ouverts
(resp. les fermés) de X sont exactement les ouverts (resp. les fermés)
de E contenus dans X .
3. Justifier qu’un fermé d’un compact est un fermé. En déduire que c’est
un compact.
1
4. Dans R, , 1 est un fermé de [0, 1[ mais ce n’est pas un fermé dans
2
[0, 1[.
Proposition. 11.5.1.
Une partie A de X est un fermé de X si et seulement si pour toute
suite (xn ) à termes dans A, si (xn ) converge vers un élément x ∈ X
alors x ∈ A.
Théorème. 11.5.1. de caractérisation de la continuité globale
Soit f : X −→ F une application, alors les assertions suivantes sont
équivalentes :
1. f est continue sur X
2. L’image réciproque de tout ouvert de F est un ouvert de X
3. L’image réciproque de tout fermé de F est un fermé de X
Exemples 11.5.2 1. Dans R2 une droite affine (D) ainsi que les deux
demis-plans délimités par cette droite sont des fermés.
2. Dans Mn (K), GLn (K) est un ouvert.
3. Soient F = {f ∈ C ([0, 1], R) : f (0) ≥ 0} et G = {f ∈ C ([0, 1], R) : f (0) >
0} Montrer que F est fermé et que G est un ouvert dans C ([0, 1], R) muni
la norme k.k∞ .
4. Soit (E, ( · | · )) un préhilbertien réel muni de la norme euclidienne as-
sociée et soit A une partie de E. Montrer que A⊥ est un fermé.
5. En utilisant le théorème de la caractérisation globale de la continuité,
montrer que le groupe orthogonale On (R) = {A ∈ Mn (R) : t A.A = In }
est un fermé et retrouver ainsi que c’est un compact.
11.6. CONNEXITÉ PAR ARCS DANS UN E.V.N 13
11.6. | Connexité par arcs dans un e.v.n
Le long de cette section Γ désigne une partie de E.
Définition. 11.6.1.
Soient a, b ∈ E. On appelle arc (ou chemin continu) joignant a à b, toute
application continue γ : [0, 1] −→ E telle que γ(0) = a et γ(1) = b. Dans
ce cas, {γ(t) : t ∈ [0, 1]} est dit support de γ ou l’arc géométrique
associé.
a• •b Γ
• •
0 t 1
Figure 11.1 – Arc joignant deux points dans une partie de E.
Exemples 11.6.1 Un segment [a, b] d’extrémités a, b ∈ E est le support d’un
chemin continu.
Proposition. 11.6.1.
On dit que deux points a et b de Γ sont reliés par un arc dans Γ s’il
existe un arc γ reliant a à b dont le support est contenu dans Γ. Il s’agit
là d’une relation d’équivalence. Conclusion : Il s’agit bien d’une relation
d’équivalence.
Définition. 11.6.2.
1. Les classes d’équivalence de la relation définie ci-dessus s’appellent
composantes connexes par arcs de Γ.
2. On dit que Γ est connexe par arcs lorsqu’elle admet une seule
composante connexe par arcs, ce qui est équivalent à dire que,
pour tout a, b ∈ Γ, il existe un arc dans Γ joignant a à b.
14 CHAPITRE 11. ESPACE VECTORIEL NORMÉ : ÉTUDE LOCALE
Partie connexe par arcs. Partie non connexe par arcs.
Figure 11.2 – Connexité par arcs dans E.
Exemples 11.6.2 (fondamentaux) 1. Toute composante connexe par arcs
est un connexe par arcs.
2. Les parties convexes de E sont des connexes par arcs.
3. Une partie Γ de E est dite étoilée de E s’il existe a ∈ Γ tel que pour
tout b ∈ Γ, le segment [a, b] est inclus dans Γ. On a ainsi : Toute partie
étoilée de E est un connexe par arcs.
Exemples 11.6.3 Si E est un R-espace vectoriel de dimension ≥ 2 alors
E \ {0} est un connexe par arcs. En particulier, C∗ est connexe par arcs.
Proposition. 11.6.2.
Les parties connexes par arcs de R sont les intervalles de R qui sont
des convexes. Donc dans R il y’a équivalence entre connexe par arcs et
convexe.
Théorème. 11.6.1.
Par une application continue, l’image d’une partie connexe par arcs est
connexe par arcs.
Corollaire. 11.6.1. théorème des valeurs intermédiaires généra-
lisé
L’image continue d’un connexe par arcs dans R est un intervalle.
Exemples 11.6.4 1. Le cercle unité U dans C est connexe par arcs.
2. Plus généralement, les sphères d’un R-espace vectoriel de dimension ≥ 2
sont des connexes par arcs.
3. GLn (R) n’est pas connexe par arcs.
11.6. CONNEXITÉ PAR ARCS DANS UN E.V.N 15
Exercice 11.6.1 1. On note :
cos x − sin x
!
SO2 = { : x ∈ R}.
sin x cos x
(a) Montrer que SO2 est un sous-groupe du groupe orthogonal O2 (R)
dit groupe spécial orthogonal d’ordre 2 ou groupe des matrices de
rotations planes.
(b) Montrer que SO2 est un connexe par arcs.
2. Soit A une partie connexe par arcs dans E.
(a) Soit f une application continue de A dans R à valeurs dans {0, 1}.
Montrer que f est constante.
(b) En déduire que les seules parties à la fois ouverte et fermée de A
sont ∅ et A lui même.