Paris, ville capitale : enjeux et réflexions
Paris, ville capitale : enjeux et réflexions
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TRAVAILLER L’ORTHOGRAPHE AVEC PARIS
Fil conducteur : chacune des phrases suivantes a été choisie à la fois pour sa capacité à
constituer un support pour un travail de remédiation en orthographe et pour sa capacité à
être réemployée par les étudiants dans leurs travaux d’écriture personnelle.
Chaque séance peut ainsi s’ouvrir sur un rituel de « la phrase du jour » : une phrase
nouvelle est dictée et une correction collective s’en suit, durant laquelle on travaille en
priorité l’orthographe grammaticale.
• « Quand Paris se sent morveux, c’est la France toute entière qui se mouche. »
Marcel Aymé
• « Paris est la seule ville du pays où l’on monte d’où qu’on vienne. » Alain Schifres
• « Paris est une grosse tête par rapport à la France. La France devient
hydrocéphale, et ce n’est pas dans les grosses têtes qu’il y a les gros cerveaux. »
Julien Green
• « A vingt ans, la Parisienne est adorable ; à trente ans, irrésistible ; à quarante,
charmante. Après quarante ans ? Jamais une Parisienne ne dépasse quarante
ans. » André Maurois
• « A Paris, les mois se dépensent en menue monnaie et quand on jette le calendrier
on est stupéfait de se trouver ruiné sans avoir rien acheté. » Edouard Estaunié
• « Tant que vous n’avez pas été embrassé par un de ces pluvieux après-midis
parisiens, vous n’avez jamais été embrassé. » Woody Allen
• « Sauver Paris, c’est plus que sauver la France, c’est sauver le monde. » Victor
Hugo
• « Vous pouvez créer de la mode partout dans le monde mais l’endroit où vous êtes
couronné est Paris. » Sonia Rykel
• « Compte tenu du nombre de bouchons, Paris a bel et bien été mis en bouteille. »
Régis Hauser
• « Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment d’un aussi grand amour. » Jacques
Prévert
• « Le vrai parisien n’aime pas Paris, mais il ne peut vivre ailleurs. » Alphonse Karr
• « Le cœur de Paris, c’est une fleur, une fleur d’amour si jolie que l’on garde dans
son cœur, que l’on aime pour la vie. » Charles Trenet
• « Si vous avez de la chance d’avoir vécu jeune homme à Paris, où que vous alliez
pour le reste de votre vie, cela ne vous quitte pas, car Paris est une fête. » Ernest
Hemingway
• « À Paris, tout le monde veut être acteur ; personne ne se résigne à être
spectateur. » Jean Cocteau
• « Sous le ciel de Paris marchent les amoureux, leur bonheur se construit sur un air
fait pour deux. » Edith Piaf
• « Car le vent quand il vient à Paris n’a plus qu’un seul souci, c’est d’aller musarder
dans tous les beaux quartiers de Paris. » Yves Montand
• « La tour Eiffel sera le plus haut édifice qu’aient jamais élevé les hommes. Ne sera-
t-elle pas grandiose à sa façon ? » Gustave Eiffel
• « Symbole universel de Paris, elle est partout sur la Terre où Paris doit être énoncé
en image. » Roland Barthes
• « J’adore sincèrement la tour Eiffel, cette énorme masse de métal et son côté un
peu punk, intemporel. » Jean-Pierre Jeunet
• « Je pense que la Tour est devenue une des merveilles du monde. Pour l’avoir
aimée et pour le plaisir qu’elle m’a donné, je ne trouve pas de mérite de lui avoir
donné depuis 1910 des multiples formes de mon amour. » Robert Delaunay
• « Sans doute, c’est encore aujourd’hui un majestueux et sublime édifice que l’église
de Notre-Dame de Paris. Mais si belle qu’elle se soit conservée en vieillissant, il est
difficile de ne pas soupirer, de ne pas s’indigner devant les dégradations, les
mutilations sans nombre que simultanément le temps et les hommes ont fait subir
au vénérable monument. » Victor Hugo
• « Si Dieu existe, je suis certain qu’il passe beaucoup de temps au musée du
Louvre. » Joann Sfar
- Demander aux étudiants de classer les citations données par aspects du thème
traité,
- Donner un titre synthétique à chaque groupement de citations,
- Proposer, pour chaque groupement, une illustration dont le choix doit être justifié.
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SEANCE 1 : Problématiser la séquence / développer des compétences orales
TEMPS 1 :
Modalités de travail =
- Chaque étudiant choisit une image de Paris (voir corpus ci-dessous), justifie les
raisons de son choix et présente ensuite son travail à ses pairs.
TEMPS 2 :
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PARIS EN IMAGES
Paris, La gare de Lyon, Eugène Galien-Laloue (vers 1910) Rue de Paris, temps de pluie, Gustave Caillebotte (1877)
La musique aux Tuileries, Edouard Manet (1862) Le Pont-Neuf, Auguste Renoir (1872)
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Seine et tour Eiffel dans le coucher du soleil, Douanier Rousseau (1910) Des touristes devant le musée du Louvres, AFP (2019)
Passage de Clichy, Brassaï (1930) Danseurs de French Cancan, Moulin Rouge, Ilse Bing (1931)
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Tour Eiffel, Robert Delaunay (1926)) Baiser de l’Hôtel de Ville, Robert Doisneau (1950)
Manifestant du gilet jaune, Lucas Barioulet (2019) Backstage Alaïa Blonde + Hood, William Klein (1986)
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100ème anniversaire de la tour Eiffel, Elliott Erwitt (1989) Pierre Cardin collection, Yoshi Takata (1966)
Suitcase routine and scenes of the improbable, Paulien Oltheten (2017) Bidonville de la porte Clignancourt, Alain Jocard pour l’AFP (2016)
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GRILLE D’EVALUATION D’UNE PRESTATION ORALE
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SEANCE 2 : Mener une séance de transition avec le thème « Invitation au voyage »
Modalités de travail =
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TEMPS 2 (40 minutes) : réfléchir aux différents aspects du thème « Paris, ville
capitale ? »
Modalités de travail =
Modalités de travail =
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Exemple groupe 1 : « Une ville mondialement connue : Monuments célèbres
dans le monde entier » - Quel circuit pour visiter Paris ?
Exemples :
Les incontournables à visiter – pour quels objectifs culturels ? : la tour Eiffel, les
Champs-Elysées, les Tuileries, Notre-Dame, le centre Georges Pompidou, le Marais,
Saint-Germain-des-Prés, Le Louvre, le Palais-Royal, l'Opéra, les Grands-Boulevard,
Montmartre et une balade en Bateaux-Mouches.
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SEANCE 3 : Analyser l’image (Histoire de la ville de Paris)
Des éléments d’analyse peuvent être trouvés en suivant ce lien : La Liberté guidant le
peuple d’Eugène Delacroix - Histoire analysée en images et œuvres d’art | [Link]
[Link]/
Modalités de travail =
1. Travail individuel : recueil des premières impressions des étudiants face à
l’œuvre par le biais de Wooclap.
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SEANCE 4 : Découvrir le Pecha Kucha et préparer une intervention devant la classe
La séance met en place la production de Pecha Kucha : chacun devra préparer son
travail de manière autonome et le présentera devant la classe durant une séance qui
portera sur le thème qu’ils auront travaillé. Cet exercice permet d’instaurer un rituel, de
travailler à la fois l’usage de l’outil numérique (recherche, production d’un diaporama), la
réflexion et l’organisation de la pensée et l’oralisation.
Modalités de travail :
1. Présentation de la méthode du Pecha Kucha aux étudiants.
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SEANCE 5 : Faire des recherches et en témoigner (Histoire de la ville de Paris)
Séance consacrée à l’Histoire de la ville de Paris qui vise à amener les étudiants à
comprendre pourquoi Paris est la « capitale » du pays, à partir d’un article en ligne de
l’encyclopédie Larousse
([Link]
Modalités de travail =
- Les étudiants sont invités à lire l’article consacré à l’Histoire de Paris et à noter les
éléments (événements) qui justifient que Paris soit « capitale ».
- La classe est ensuite organisée en groupes et chaque groupe choisit un événement
particulier. On veille à ce que chaque événement important soit bien sélectionné :
origine du nom, choix de la ville comme capitale par Clovis, rôle du comte Eudes,
naissance de l’Universitas, affaiblissement de la position de la ville au XVème
siècle, théâtre des guerres de religion, Fronde, Révolution française, Commune,
travaux menés sous Napoléon 1er, Haussmann, construction de la tour Eiffel, Paris
durant la Première Guerre mondiale, Paris durant la Seconde Guerre mondiale, mai
68...
- Chaque groupe doit ensuite s’organiser pour faire de rapides recherches sur le
thème qui lui revient de façon à pouvoir en rendre compte en l’espace de quatre
minutes.
- Au bout du temps imparti, un étudiant de chaque groupe est désigné « rapporteur »
et va témoigner, auprès des autres groupes lors d’un « speed exposé » : le
« rapporteur » quitte son groupe, rejoint le groupe qui se situe immédiatement à sa
droite, et présente à ses pairs (en quatre minutes) l’élément sur lequel il a travaillé.
Les étudiants qui ne sont pas rapporteurs prennent en note les exposés qui leur
sont faits. Au bout de quatre minutes, le rapporteur change de nouveau de groupe.
- Un temps de réflexion final est proposé qui permet aux étudiants de revenir à la fois
sur ce qui a été appris (la diversité des événements et des éléments qui ont fait, au
cours du temps, de la ville de Paris une ville « capitale ») et sur les difficultés
rencontrées lors du travail. Ces éléments sont résumés par chacun dans une courte
synthèse finale rédigée individuellement par les étudiants.
- Les fiches réalisées au cours de la séance par chacun des groupes, portant traces
des recherches effectuées sur le thème proposé et des notes prises durant la
phase de « speed exposé », peuvent être ramassées et évaluées.
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SEANCE 6 : Repérer les informations essentielles dans un document (Paris capitale
du tourisme)
TEMPS 2 (45 minutes) : découverte d’un texte long et recherche des arguments
Modalités de travail =
Un corpus est proposé aux étudiants. Une lecture du premier document est
effectuée par l’enseignant, qui s’achève sur une explication des mots, expressions ou
passages qui résistent au sens.
- Les étudiants sont ensuite invités à compléter la deuxième colonne du tableau de
confrontation qui figure ci-dessous.
- Une mise en commun permet la correction du travail de recherche des arguments
dans le premier texte.
Piste de différenciation pédagogique : pour les étudiants les plus fragiles, distribuer des
documents sur lesquels les idées importantes sont soulignées en demandant de
reformuler.
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Document 1 - Près de 10 millions de touristes ont visité Paris cet été
Article de parisinfo (septembre 2022)
Les touristes ont retrouvé Paris cet été. La preuve : ils sont 9,9 millions de visiteurs
à avoir arpenté les rues de la capitale de juin à août, d'après le baromètre parisien de
l’Office du tourisme et des Congrès.
Une reprise encourageante
L'activité touristique a repris des couleurs sur la capitale, après deux années à
tourner au ralenti en raison de la crise sanitaire. Paris est l’une des premières capitales
européennes à avoir retrouvé, dès le mois de mai, des taux d’occupation de ces hôtels
comparables à ceux de 2019.
Ce sont près de 18,2 millions de touristes qui se sont rendus à Paris et en Île-de-
France entre janvier et juin 2022, d'après les chiffres compilés par le comité régional du
tourisme de Paris Région.
Le tourisme a généré des recettes de 7 milliards d'euros pendant le premier
semestre 2022, un niveau malgré tout en recul de 30 % par rapport à celui de 2019.
L'été a souri à la Ville Lumière
L'été 2022 affiche une belle fréquentation touristique. De juin à août, 9,9 millions de
visiteurs ont arpenté les rues de la capitale d'après le baromètre de l'Office du tourisme et
des congrès. Le mois de juillet a été particulièrement bon, avec un taux d’occupation
hôtelier qui a atteint 79,5 % dans Paris intra-muros, soit 0,5 point de plus qu’en 2019.
En tout, quelque 12,6 millions de touristes français et internationaux ont visité la
capitale et sa région Île-de-France.
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Qui sont les touristes qui se rendent à Paris ?
Les Américains représentent 23 % de la part de marché du tourisme à Paris pour la
période juin-août 2022. Viennent ensuite les Britanniques, qui pèsent pour 7 %, puis les
Allemands (5 %) et les Italiens (4 %).
D’ailleurs, les Italiens sont venus beaucoup plus nombreux qu’à l’été 2019 (+33 %),
tout comme les Espagnols (+8 %) et les Allemands (+1 %), qui ont aussi opté pour un
voyage entre voisins dans l’Union européenne. Le nombre de touristes originaires des
Pays-Bas a fait un bond de 32 % à 406 000, tandis que ceux venant du Brésil
progressaient de 5 % à 111 000.
Le nombre de touristes internationaux a toutefois reculé de 42 % pour atteindre 7,4
millions visiteurs cette saison. La cause ? La reprise très progressive du trafic aérien et
des allègements de restrictions sanitaires. La baisse a été moindre chez les Français qui
ont été 10,8 millions à visiter la capitale et sa région (-22 %).
Ces chiffres témoignent d'un net progrès par rapport à 2021. On compte 6,5
millions de touristes français supplémentaires et 6 millions de touristes internationaux en
plus sur les six premiers mois de l'année.
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Document 2 - Le syndrome de Paris, ou la désillusion
Sophie Hienard, Le Point (mars 2023)
La Ville Lumière n’est pas toujours aussi belle que dans les films.
Elle est parfois sale et terne, ce qui produit un
choc psychologique pour certains touristes.
Idéal vs réalité
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C'est en grande partie les touristes japonais qui sont concernés par cette
désillusion. Dans leur culture, l'idéalisation de la France est très forte depuis le XIXe siècle,
d'après le psychiatre, lui-même originaire du Japon. Paris constitue ainsi la capitale de la
culture européenne. Plus fort encore, il existe l'idée que « l'Europe [est] à l'origine de la
culture américaine » pour les Nippons.
La dissonance entre la réalité et l'image véhiculée est d'autant plus grande qu'un
phénomène d'acculturation se produit parfois. Autrement dit, certains Japonais ont pu
adopter les codes, les coutumes et l'imaginaire de la France sans véritablement en avoir
fait l'expérience. Pas de rats, sauf peut-être ceux dans Ratatouille. Pas de trains bondés,
ni de rues remplies de voitures, mais de belles balades sur les ponts de la capitale,
comme dans Emily in Paris. Pas de Paris rongée par la pauvreté, mais la vision idéalisée
d'une ville des artistes à la Belle Époque, comme dans Midnight in Paris. Bref, qui ne
voudrait pas vivre dans cette représentation aseptisée ?
Imprévus
Une fois dans la Ville Lumière, plusieurs facteurs peuvent donc expliquer ce
décalage, d'après les scientifiques. Outre la réalité dégradée de la capitale et le
surmenage lié parfois au voyage, la barrière de la langue peut aussi accentuer le
sentiment d'étrangeté. Les relations sociales, qui sont fondées sur « l'appartenance à un
groupe » au Japon, peuvent également être mises à mal et favoriser l'isolement. Enfin, la
culture latine, qui « autorise des fluctuations d'humeur et d'attitude interférant sur les
comportements individuels », peut déconcerter les touristes.
Autant de symptômes qui participent à l'idée d'un « syndrome du voyageur ».
Lorsqu'une personne est confrontée à la vraie nature d'un pays et ses aspects imprévus,
elle peut ressentir un écart très grand entre son idéal et la réalité. Comme le syndrome de
Florence, qui, cette fois-ci, choque par tant de splendeur.
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Document 3 - Les voyageurs de l’Impériale,
Louis Aragon (1942)
Le personnage de Paulette se rend à Paris pour l’Exposition universelle de 1889. Le
roman s’ouvre sur les lignes qui suivent et qui correspondent au moment où Paulette
aperçoit la tour Eiffel.
« Oh, quelle horreur! » s'écria Paulette.
Il faisait un temps magnifique, un de ces ciels où c'est un bonheur qu'il y ait des
flocons de nuages, pour que quelque chose y puisse être de ce rose léger qui les rend
plus bleus. Au débusqué du Trocadéro, sur les marches, on se heurtait à cette grande
cloche vide au-dessus de Paris, de la Seine et des jardins. Les jardins dévalaient toutes
eaux dehors cascades, bouquets d'écume, jets surgis en panaches de la pièce centrale et
chargés dans la lumière de statues d'or étincelantes, de massifs de fleurs vivaces, avec
une couronne d'arbres inclinés jusqu'au fleuve, d'où jaillissaient, de droite et de gauche,
tourelles et terrasses, de bizarres architectures de bois aux toits de couleur. Dans tout
cela, la foule, une foule ahurie, bigarrée, avec des Arabes, des Anglais, des Parisiens, des
badauds grimpés, le melon sur le nez, sur des ânes blancs conduits par des fellahs, les
extravagantes modes de l'année avec leurs tournures embarrassantes et les petits
chapeaux étroits et perchés, retenus d'une bride sous le menton, la flâne des ouvriers en
blouse, des enfants qui courent dans vos jambes, et l'un d'eux dans les escaliers tombe et
pleurniche, les pantalons rouges des militaires, les chéchias des spahis, les redingotes
noires et cintrées de messieurs barbus qui pérorent, des flopées et des flopées de gens
qui arrivent et qui s'en vont, comme un chassé-croisé de fourmis où l'on était pris, avec un
relent de poussière et de sueur, la sensation irrépressible qu'on entrait pour des heures
dans un engrenage de fatigue et d'émerveillement, qu'on allait rouler avec les autres, sans
pouvoir s'arrêter, sur cette pente où déjà depuis le matin s'étaient esquintés les visiteurs
solitaires, les familles époustouflées, les mille et une nations du monde accourues pour
l'Exposition.
« Oh, quelle horreur! » répéta Paulette.
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Document 4 - Photographie AFP
Publiée sur le site [Link] (2017)
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SEANCE 7 : Organiser la structure d’une synthèse de documents (Paris, capitale du
tourisme)
Modalités de travail =
Problématique : en quoi Paris est-elle une ville qui attire les visiteurs ?
I. Paris : une ville touristique
1. Un tourisme important qui génère des revenus tout aussi importants
2. … alimenté tout à la fois par la population nationale et étrangère
II. … qui plaît autant qu’elle déçoit
1. Une ville de beauté et de prestige
2. … ce qui entraîne un certain nombre de problématiques (nombre de
touristes, syndrome de Paris)
Les étudiants sont invités à rédiger une synthèse de séance à partir de la question
suivante : quelles étapes et processus doit-on suivre pour construire le plan d’une
synthèse de documents ?
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SEANCE 8 : Découvrir les principales attractions touristiques de Paris (Paris,
capitale du tourisme)
La séance propose la découverte des lieux les plus connus de Paris. Les étudiants
sont invités à faire des recherches sur un lieu touristique de la ville (photographie,
localisation dans la ville et résumé rapide de son histoire) puis à en témoigner devant leurs
camarades. Au tableau, est projetée une carte de Paris sur laquelle les étudiants viennent,
lors de leur passage à l’oral, situer le monument.
La prestation orale peut être évaluée.
- Tour Eiffel,
- Musée du Louvre,
- Arc de Triomphe,
- Musée d’Orsay,
- Cathédrale Notre Dame,
- Champs Elysées,
- Montmartre,
- Saint Germain des prés,
- Basilique du Sacré-Cœur,
- Marais,
- Sainte Chapelle,
- Centre Pompidou,
- Opéra Garnier,
- Panthéon,
- Invalides,
- Catacombes,
- Conciergerie.
Ressource complémentaire qui permet aux étudiants de repérer plus aisément les
différents lieux de Paris : [Link]
mondiale
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SEANCE 9 : Réfléchir à la représentation poétique de Paris (Paris, ma muse)
Modalités de travail =
- Temps de travail individuel : le corpus ci-dessous est remis aux étudiants qui sont
amenés à choisir un poème et à rédiger un paragraphe :
Présentant le poème,
Expliquant les raisons de leur choix.
Modalités de travail =
- Temps de travail individuel : les sujets qui suivent sont projetés au tableau. Les
étudiants sont invités à choisir l’un d’entre eux et à construire, en quelques minutes,
le plan possible d’un travail d’écriture personnelle.
- Temps de travail collectif : quelques travaux sont partagés, à l’oral.
Prolongements possibles :
- « Tableaux parisiens », Charles Baudelaire
- Les ruines de Paris, Jacques Réda
- Le piéton de Paris, Léon-Paul Fargue
- Paris-ci, Paris-là et autres poèmes, Raymond Queneau
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Paris n'a de beauté qu'en son histoire, Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Mais cette histoire est belle tellement ! Et nos amours
La Seine est encaissée absurdement, Faut-il qu’il m’en souvienne
Mais son vert clair à lui seul vaut la gloire. La joie venait toujours après la peine
Paris n'a de gaîté que son bagout, Vienne la nuit sonne l’heure
Mais ce bagout, encor qu'assez immonde, Les jours s’en vont je demeure
Il fait le tour des langages du monde,
Salant un peu ce trop fade ragoût. Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Paris n'a de sagesse que le sombre
Le pont de nos bras passe
Flux de son peuple et de ses factions,
Des éternels regards l’onde si lasse
Alors qu'il fait des révolutions
Avec l'Ordre embusqué dans la pénombre. Vienne la nuit sonne l’heure
Paris n'a que sa Fille de charmant Les jours s’en vont je demeure
Laquelle n'est au prix de l'Exotique
Que torts gentils et vice peu pratique L’amour s’en va comme cette eau courante
Et ce quasi désintéressement. L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Paris n'a de bonté que sa légère Et comme l’Espérance est violente
Ivresse de désir et de plaisir,
Sans rien de trop que le vague désir Vienne la nuit sonne l’heure
De voir son plaisir égayer son frère. Les jours s’en vont je demeure
Paris n'a rien de triste et de cruel Passent les jours et passent les semaines
Que le poète annuel ou chronique, Ni temps passé
Crevant d'ennui sous l’œil d'une clinique Ni les amours reviennent
Non loin du vieil ouvrier fraternel. Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Vive Paris quand même et son histoire
Vienne la nuit sonne l’heure
Et son bagout et sa Fille, naïf
Les jours s’en vont je demeure
Produit d'un art pervers et primitif,
Et meure son poète expiatoire !
« Paris », Paul Verlaine, 1893 « Le pont Mirabeau », Guillaume Apollinaire, 1913
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La Seine a de la chance Ô Paris, ville ouverte
Elle n'a pas de soucis Ainsi qu’une blessure,
Elle se la coule douce Que n’es-tu devenue
Le jour comme la nuit De la campagne verte.
Et elle sort de sa source
Tout doucement sans bruit Te voilà regardée
Et sans se faire de mousse Par des yeux ennemis,
Sans sortir de son lit De nouvelles oreilles
Elle s'en va vers la mer Ecoutent nos vieux bruits.
En passant par Paris
La Seine a de la chance La Seine est surveillée
Elle n'a pas de soucis Comme du haut d’un puits
Et quand elle se promène Et ses eaux jour et nuit
Tout le long de ses quais Coulent emprisonnées.
Avec sa belle robe verte
Et ses lumières dorées Tous les siècles français
Notre-Dame jalouse Si bien pris dans la pierre
Immobile et sévère Vont-ils pas nous quitter
Du haut de toutes ses pierres Dans leur grande colère ?
La regarde de travers
Mais la Seine s'en balance L’ombre est lourde de têtes
Elle n'a pas de soucis D’un pays étranger.
Elle se la coule douce Voulant rester secrète
Le jour comme la nuit Au milieu du danger
Et s'en va vers le Havre
Et s'en va vers la mer S’éteint quelque merveille
En passant comme un rêve Qui préfère mourir
Au milieu des mystères Pour ne pas nous trahir
Des misères de Paris. En demeurant pareille.
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Une chanson qui dit un mal inguérissable Le vent murmurera mes vers aux terrains vagues
Plus triste qu’à minuit la place d’Italie Il frôlera les bancs où nul ne s’est assis
Pareille au point du jour pour la mélancolie On l’entendra pleurer sur les quais de Passy
Plus de rêves aux doigts que le marchand de sable Et les ponts répétant la promesse des bagues
Annonçant le plaisir comme un marchand d’oublies S’en iront fiancés aux rimes que voici
Une chanson vulgaire et douce où la voix baisse Paris s’éveille et moi pour retrouver ses mythes
Comme un amour d’un soir doutant du lendemain Qui nous brûlaient le sang dans notre obscurité
Une chanson qui prend les femmes par la main Je mettrais dans mes mains mon visage irrité
Une chanson qu’on dit sous le métro Barbès Que renaisse le chant que les oiseaux imitent
Et qui change à l’Etoile et descend à Jasmin Et qui répond Paris quand on dit liberté.
« Paris », Louis Aragon, 1942
C’est Paris ce théâtre d’ombre que je porte
Mon Paris qu’on ne peut tout à fait m’avoir pris Où fait-il bon même au cœur de l’orage
Pas plus qu’on ne peut prendre à des lèvres leur cri Où fait-il clair même au cœur de la nuit
Que n’aura-t-il fallu pour m’en mettre à la porte L’air est alcool et le malheur courage
Arrachez-moi le cœur vous y verrez Paris Carreaux cassés l’espoir encore y luit
Et les chansons montent des murs détruits
C’est de ce Paris-là que j’ai fait mes poèmes
Mes mots ont la couleur étrange de ses toits Jamais éteint renaissant de la braise
La gorge des pigeons y roucoule et chatoie Perpétuel brûlot de la patrie
J’ai plus écrit de toi Paris que de moi-même Du Point-du-Jour jusqu’au Père-Lachaise
Et plus que de vieillir souffert d’être sans toi Ce doux rosier au mois d’août refleuri
Gens de partout c’est le sang de Paris
Qui n’a pas vu le jour se lever sur la Seine Rien n’a l’éclat de Paris dans la poudre
Ignore ce que c’est que ce déchirement Rien n’est si pur que son front d’insurgé
Quant prise sur le fait la nuit qui se dément Rien n’est ni fort ni le feu ni la foudre
Se défend se défait les yeux rouges obscène Que mon Paris défiant les dangers
Et Notre-Dame sort des eaux comme un aimant Rien n’est si beau que ce Paris que j’ai
L’aorte du Pont Neuf frémit comme un orchestre Rien ne m’a fait jamais battre le cœur
Où j’entends préluder le vin de mes vingt ans Rien ne m’a fait ainsi rire et pleurer
Il souffle un vent ici qui vient des temps d’antan Comme ce cri de mon peuple vainqueur
Mourir dans les cheveux de la statue équestre Rien n’est si grand qu’un linceul déchiré
La ville comme un cœur s’y ouvre à deux battants Paris Paris soi-même libéré
« Paris », Louis Aragon, 1944
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Dans Paris il y a une rue ;
Dans cette rue il y a une maison ;
Dans cette maison il y a un escalier ; Un amas confus de maisons
Dans cet escalier il y a une chambre ; Des crottes dans toutes les rues
Dans cette chambre il y a une table ; Ponts, églises, palais, prisons
Sur cette table il y a un tapis ; Boutiques bien ou mal pourvues
Sur ce tapis il y a une cage ;
Dans cette cage il y a un nid ; Force gens noirs, blancs, roux, grisons
Dans ce nid il y a un œuf, Des prudes, des filles perdues,
Dans cet œuf il y a un oiseau. Des meurtres et des trahisons
Des gens de plume aux mains crochues
L'oiseau renversa l'œuf ;
L'œuf renversa le nid ; Maint poudré qui n’a pas d’argent
Le nid renversa la cage ; Maint filou qui craint le sergent
La cage renversa le tapis ; Maint fanfaron qui toujours tremble,
Le tapis renversa la table ;
La table renversa la chambre ; Pages, laquais, voleurs de nuit,
La chambre renversa l'escalier ; Carrosses, chevaux et grand bruit
L'escalier renversa la maison ; Voilà Paris que vous en semble ?
la maison renversa la rue ;
la rue renversa la ville de Paris. « Sur Paris », Paul Scarron, 1654
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SEANCE 10 : Entrer dans la synthèse de documents par l’image (Paris, capitale
olympique)
TEMPS 1 (15 minutes) : découvrir une image et analyser les symboles qu’elle met en
scène
Modalités de travail =
- Temps de travail individuel : l’affiche est projetée au tableau et les étudiants doivent
l’analyser de façon individuelle. Ils sont notamment invités à réfléchir à la
composition d’ensemble, aux couleurs utilisées et aux symboles que cette affiche
met en avant.
- Temps d’échange collectif : les éléments saillants de l’affiche sont partagés,
notamment : l’emprunt antique qui renvoie aux origines des Jeux Olympiques, le
salut qui marque une adhésion au serment des J.O. et une mise en scène qui
exalte le sentiment patriotique.
TEMPS 2 (10 minutes) : réfléchir aux questions posées par l’affiche analysée
Modalités de travail =
- Temps d’échange collectif : une mise en commun des arguments apportés permet
de problématiser le corpus qui est ensuite proposé. Constitué de deux articles
évoquant l’accueil des J.O. par Paris en 2024, celui-ci est disponible dans les
pages suivantes.
Un dernier temps de la séance permet d’identifier les arguments présents dans les
deux articles du corpus.
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TEMPS 4 (10 minutes) : rédiger une synthèse de séance
Les étudiants sont invités à rédiger une synthèse de séance à partir de la question
suivante : quels avantages peut-il y avoir à entrer dans l’analyse d’un corpus par l’analyse
de l’image ?
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Affiche des jeux olympiques de Paris en 1924
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Document 1 – Jeux Olympiques de Paris 2024
P-H Picard, Le Figaro Vox (19/09/2017)
Ça y est, c'est fait ! Après trois échecs successifs en 1992, 2008 et 2012, les Jeux
Olympiques d'été reviennent en France pour la troisième fois de leur histoire, un siècle
après les dernières olympiades parisiennes.
Une aubaine pour le rayonnement de la région-capitale et notre pays pour certains,
un gouffre financier pour d'autres, l'obtention de ces jeux s'inscrit quoi qu'il en soit dans
une démarche plus globale visant à transformer la « Ville Lumière » et promouvoir
l'excellence à la française.
Un constat d'autant plus vrai lorsque l'on regarde les sites sélectionnés pour
accueillir les épreuves comme l'esplanade des Invalides, le Grand Palais, la Tour Eiffel ou
encore le château de Versailles. Soit autant de lieux et monuments qui témoignent du
génie culturel français et qui seront admirés par près de 4,5 milliards de téléspectateurs
dans 7 ans.
Pour autant, on me répondra que Paris n'a pas besoin d'organiser une nouvelle
olympiade en ses murs pour bénéficier d'un rayonnement planétaire, que son statut de
première destination touristique mondiale lui confère déjà une légitimité et une aura
internationales qui ne nécessitent pas un investissement de plus de 6,5 milliards d'euros.
Dont acte.
Force est de constater cependant que les retombées en termes d'image seront
conséquentes, ne serait-ce que parce que l'organisation de ces Jeux va permettre le
développement et la modernisation d'infrastructures souscrivant au grand projet français
du XXIème, en l'occurrence celui du Grand Paris.
Si nombreux sont les sportifs à avoir mis en avant la « Génération 2024 », celle qui
participera aux JO et qui devrait porter notre pays parmi les toutes premières nations
sportives du monde, politiques et institutionnels qui n'ont pas manqué de souligner la
dimension novatrice de ces Jeux Olympiques et de la chance qu'ils constituent pour le
Grand Paris.
Surtout, les JO vont permettre l'accélération de grands travaux comme le métro du
Grand Paris Express et la transformation de nombreux sites en Seine-Saint-Denis.
D'ailleurs, l'impact des choix sur les transports et le logement s'inscrit dès à présent
dans cette problématique d'autant que la moitié des épreuves se déroulera au-delà du
périphérique.
Surtout, les JO vont permettre l'accélération de grands travaux comme le métro du
Grand Paris Express et la transformation de nombreux sites en Seine-Saint-Denis. Finis
37
donc les investissements à outrance visant à réaménager nos banlieues sans aucun
résultat probant, place désormais au keynésianisme au service d'un nouveau projet de
société où les notions de connectivité et d'écologie sont déjà érigées au rang de nouvel
horizon du monde occidental.
Tandis que les constructions de nouveaux sites ont fait exploser le budget
prévisionnel des dernières villes organisatrices comme Athènes ou Londres, la
candidature parisienne a largement mis en avant le fait que 95% des installations existent
déjà ou seront temporaires, alors que dans le même temps les investissements prendront
en compte l'impératif numérique.
Cent ans après l'organisation de ses derniers jeux, Paris, cité à l'avant-garde des
idées bouillonnantes qui ont structuré les sociétés modernes, deviendra donc la première
ville hôte à intégrer les notions d'héritage et de développement durable.
L'événement doit ainsi témoigner d'une volonté d'inscrire ces Jeux dans le nouveau
cadre paradigmatique de notre époque au service d'un « soft power » à la française.
Il n'empêche, avec la décision du CIO, la France « remporte une victoire
diplomatique, s'affirme comme une nation dynamique et entreprenante et sera au centre
du monde en 2024 », comme l'affirme Pim Verschuuren, chercheur à l'Institut de relations
internationales et stratégiques (Iris) dans La Croix.
L'événement doit ainsi témoigner d'une volonté d'inscrire ces Jeux dans le nouveau
cadre paradigmatique de notre époque au service d'un « soft power » à la française.
Figure de proue sur la scène internationale concernant les questions
environnementales depuis les accords de Paris, la France entend en effet profiter de cet
événement pour jouer un rôle moteur à l'avenir dans la troisième révolution industrielle
théorisée par Jeremy Rifkin.
Articulée autour du respect de l'environnement, cette nouvelle révolution vise entre
autres la généralisation des énergies renouvelables et la transformation de la flotte de
transport en véhicules « propres ». Autant de dispositions qui s'inscrivent dans les grands
projets de réalisations du Grand Paris et qui doivent renforcer la capacité de la France à
séduire et à persuader les autres États de s'engager dans cette voie.
Enfin, l'organisation de ces Jeux est l'occasion pour le sport français de susciter des
vocations et d'attirer de nouveaux licenciés dans les fédérations. Seulement dixième
nation mondiale au tableau des médailles lors des JO d'Athènes en 2004, la Grande-
Bretagne est devenue en l'espace d'une dizaine d'années l'une des toutes meilleures suite
à l'officialisation des JO de Londres en 2005, en se classant respectivement troisième et
deuxième lors des dernières olympiades.
Un détail qui ne mérite pas de sacrifier les fonds publics pour les partisans de
l'orthodoxie budgétaire, une chance pour générer un sentiment patriotique et la fierté
38
d'appartenir à une grande nation, pour les défenseurs d'un « choc d’optimisme » dont
l'objectif avoué est de faire de cet événement le catalyseur d'une stratégie sur le long
terme.
Cet événement doit permettre à la France de s'appuyer sur une forte cohésion
nationale autour d'un moment de partage de dimension internationale et redevenir un pays
dont la voix influe.
Une stratégie qui doit permettre à la France de s'appuyer sur une forte cohésion
nationale autour d'un moment de partage de dimension internationale et redevenir un pays
dont la voix influe sur les grandes orientations du monde. Un diptyque gagnant porté par
des projections financières alléchantes, promettant des retombées économiques de
plusieurs milliards d'euros et des centaines de milliers de créations d'emplois.
En somme, remercier le baron Pierre de Coubertin dans le clip de campagne de
Paris 2024 apparaît en tout point comme un message subliminal eut égard les ambitions
des politiques et institutionnels ayant soutenu la candidature parisienne. Outre le fait qu'il
fut l'initiateur des Jeux modernes, ce dernier personnifie, à travers son choix de refuser
l'institution militaire pour consacrer sa vie à l'éducation et le sport, la dynamique qui
accompagne le triomphe d'un « soft power » à la française.
Là réside sans doute l'essence même de Paris 2024.
39
Document 2 – Jeux Olympiques de Paris 2024 : des retombées
économiques incertaines
Charles Willem, La Tribune (28/06/2023)
A un peu plus d'un an du coup d'envoi des Jeux Olympiques de Paris 2024, l'impact
économique de la manifestation reste difficile à mesurer, notamment lorsque l'on évoque
le tourisme. Explications avec Jean-Pascal Gayant, économiste.
J-394 avant le coup d'envoi des Jeux Olympiques de Paris 2024. Des incertitudes
planent encore sur le plan organisationnel et la sécurité. C'est également le cas lorsque
l'on évoque les retombées économiques, à l'image des nombreux chiffres évoqués,
parfois surévalués, selon Jean-Pascal Gayant, économiste et directeur de l'IUT de Saint
Malo. Ce dernier évoque pour La Tribune ses propres estimations, à partir d'une étude
du Centre de Droit et d'Economie du Sport (CDES), publiée dans le cadre de la
candidature de Paris et s'attend à des retombées moins conséquentes qu'annoncées.
« Dans mes explications, je pars du scénario bas à 5,3 milliards d'euros, qui est le
plus réaliste à mon sens », explique Jean-Pascal Gayant. « Il faut se méfier du scénario
haut, qui peut être influencé par la politique, pour affirmer le fait que les Jeux
Olympiques rapportent beaucoup d'argent », ajoute-t-il. Pour rappel, l'étude du CDES
donne trois scénarios possibles, sur la période 2017-2034. Le premier, le scénario haut,
évalue l'impact économique total à 10,7 milliards d'euros, le deuxième à 8,1 milliards
d'euros et le dernier à 5,3 milliards d'euros.
L'impact économique signifie l'effet qu'une mesure, une action ou une publicité a
sur l'économie. Dans le cas des Jeux Olympiques, ce sont notamment toutes les
dépenses effectuées par le COJOP (Comité d'Organisation des Jeux Olympiques et
paralympiques d'été de 2024) et Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques)
qui ont un effet sur le bassin économique francilien. Le chiffre de 5,3 milliards d'euros se
divise en trois parties : les retombées économiques liées au tourisme, les retombées
économiques liées à l'organisation et celles liées à la construction.
Pour ce qui est de l'impact économique lié au tourisme, celui-ci est évalué à
hauteur de 1,4 milliard d'euros. Selon Jean-Pascal Gayant, il reste à nuancer puisque
Paris est déjà une ville très touristique, secteur qui génère beaucoup d'argent en temps
normal. « Si vous regardez les retombées économiques des 24 heures du Mans, la
présence d'individus non locaux étant assez modeste en temps normal, l'impact de cette
course est très visible. L'afflux d'individus non locaux étant chaque année très important
40
à Paris, l'organisation des Jeux Olympiques de Paris ne peut pas être justifiée par le
tourisme », déclare Jean-Pascal Gayant.
L'impact économique lié à l'organisation des Jeux Olympiques est de l'ordre de
2,9 milliards d'euros, toujours selon l'étude du CDES. Ce montant s'explique par une
série de dépenses prévisionnelles liées aux sites des jeux, à l'aménagement des terrains
ou encore à la sécurité à l'intérieur et extérieur des enceintes.
41
SEANCE 11 : Améliorer ses compétences rédactionnelles (Paris, capitale du luxe ?)
Les étudiants sont invités à rédiger une synthèse de séance, reprenant les
principales caractéristiques de la ville de Paris mises en évidence par la bande-annonce
visionnée. Une oralisation de quelques synthèses permet de faire le bilan de la séance.
42
SEANCE 12 : Identifier des arguments dans un corpus (Paris, capitale du luxe ?)
Le dossier disponible à la page suivante est confié aux étudiants qui doivent
identifier, dans les documents, les arguments qui permettraient de répondre à la question :
« Pensez-vous que la représentation de Paris, dans la série Emily in Paris est réaliste ? ».
Prolongements possibles :
- Compte instagram de la série : emilyinparis
- Tour operator « Emily in Paris » : [Link]
paris#:~:text=Pour%20suivre%20cet%20Emily%20in,révélera%20même%20des%2
0détails%20inconnus.&text=Tarif%20%3A,Visite%20guidée%20%3A%20275%2C0
0%20
43
Document 1 – Capture d’écran présentation de la série Emily in Paris
Netflix
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Ça ne va pas vous étonner si on vous dit qu’elle vit largement au-dessus de ses
moyens…
44
Ah, Paris ! Emily Cooper, l’Américaine, a découvert il y a tout juste un an le plaisir
de vivre, travailler, aimer dans la Ville Lumière. Et ça lui a tellement plu, qu’elle a décidé
de jouer les prolongations (ça se passe sur Netflix le 22 décembre). En plus, Emily a de la
chance, elle a le budget pour ça. Et ce au plus grand étonnement des « vrai·e·s »
Parisien·n·es qui se demandent comment Emily parvient à survivre dans l’une des villes
les plus chères du monde alors qu’elle dépense clairement beaucoup plus qu’elle ne
gagne.
Cette nouvelle venue dans une agence de marketing ne jure que par les vêtements
et sacs chic, les resto chic, les transports chic… Combien gagne-t-elle ? Combien
dépense-t-elle ? Une étude réalisée par Bramleys répond à toutes ces questions. Et ce qui
lui coûte le plus cher va clairement vous étonner (non, ce n’est pas son loyer !).
Son salaire en tant que « spécialiste du marketing junior » est estimé à environ
60 000 euros par an. L’héroïne d’Emily in Paris vit au cœur de Paris, dans le
5e arrondissement, place de l’Estrapade, à deux pas du Panthéon. Le genre de quartier
dans lequel tout le monde aimerait vivre. Mais ne peut pas se le permettre… Son loyer
serait de minimum 1700 euros par mois. Vous ajoutez à cela le gaz et l’électricité : + 898
euros (par an). Pour ses déplacements dans la capitale – le métro, connaît pas, elle est
plutôt VTC et taxi : 730 euros (elle aurait donc raison de ne pas avoir opté pour un Navigo
annuel à 827,20 euros…). Assurance maladie : 480 euros.
Côté petit plaisir… Petit déjeuner : Bramleys imagine qu’Emily mange un pain au
chocolat par jour, de La Boulangerie Moderne, à 2,5 euros l’unité (912,50 euros). Pour
ses déjeuners et ses dîners son budget s’élèverait à un total de 16 425 euros. Ou 45
euros par jour. Budget ticket restaurant explosé. Ce qui lui coûte le plus cher ? Les
vêtements (et ses sacs). Elle a beau dire qu’elle ne peut pas « se permettre » de s’acheter
des marques de créateur, sa garde-robe fait pâlir d’envie toutes les fashionistas de la
terre, Barmleys estime qu’il y a pour pas moins de 94 000 euros… Au total, le budget
annuel d’Emily à Paris est évalué a minima à 133 845 euros. Bon, Emily in Paris, c’est
clairement une fiction…
45
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46
ont produit leur effet sur les internautes français et anglo-saxons. La marque Gucci a
également vu le nombre de ses recherches exploser, avec une hausse de 73 % sur la
période. La raison ? Emily Cooper portait le mini-sac à main Gucci "Bamboo 1947" dans
l'épisode 9 de la saison 3.
Top 10 des marques de luxe les plus recherchées après la diffusion de la saison 3
d'Emily in Paris :
47
SEANCE 13 : S’entraîner à l’écriture personnelle (Paris, capitale du luxe ?)
Le sujet suivant est confié aux étudiants qui doivent réfléchir individuellement aux
arguments qu’ils pourraient développer face au sujet d’écriture personnelle suivant :
« Selon vous, pourquoi une série comme Emily in Paris, s’ancre-t-elle dans un Paris
fantasmé plutôt que dans la ville telle qu’elle existe dans le réel ? ».
Un temps de bilan collectif est mis en place qui permet aux étudiants de partager
les arguments proposés. Plusieurs arguments peuvent être donnés :
- Volonté de proposer une série qui entre en correspondance avec l’image que les
étrangers ont de la ville (la série est américano-française),
Durant une dizaine de minutes, les étudiants sont invités à rédiger un paragraphe
au choix.
48
Le phénomène Emily in Paris : entre placement de produit et publicité native.
Mais le phénomène Emily in Paris ne se lit pas seulement à travers le prisme des
audiences. En effet, la série est aussi largement connue pour son impact publicitaire.
Depuis le lancement de la première saison, nous remarquons qu’après la diffusion des
épisodes, des pics de recherche des mots-clés liés à la série sont enregistrés par les
moteurs de recherche mais pas seulement, certains objets et notamment des vêtements
et accessoires voient leurs ventes exploser.
49
Le placement de produit est donc un moyen pour les annonceurs de promouvoir
leurs produits ou services d’une manière qui se différencie de la publicité traditionnelle. Le
placement de produit peut être assimilé au Native advertising. C’est-à-dire le fait d’intégrer
des annonces publicitaires de manière à ce qu’elles ressemblent à du contenu éditorial
normal de sorte qu’elles ne soient pas immédiatement identifiées comme une publicité par
les utilisateurs. La native publicité est considérée comme plus efficace car moins
dérangeante pour les utilisateurs. Elle minimise la sensation de gêne que peut provoquer
la publicité traditionnelle. De plus, la publicité native est souvent plus pertinente car mieux
ciblée.
Le placement de produit, quand il est bien réalisé, est la forme de publicité native la
plus poussée et efficace. La série Emily in Paris est l’un des meilleurs exemples de
l’utilisation du placement de produit et de son efficacité.
L’un des exemples le plus parlant de publicité native via le placement de produit
dans la série, est lié au premier épisode de la saison 3. Dans cette épisode Emily Cooper,
l’héroïne, employée d’une agence marketing de luxe doit promouvoir la célèbre chaîne
de fast-food américaine Mcdonald’s. Quoi de mieux que d’utiliser un véritable Mcdonald’s
parisien et des véritables produits Mcdonald’s France pour l’épisode. Le placement de
produit pour l’entreprise américaine est totalement imbriqué au scénario. Et la
collaboration entre Mcdonald’s et la série ne va pas rester fictionnelle. En effet, la chaîne
de restauration rapide va proposer à la vente le menu “créées” par Emily Cooper dans la
série. La publicité fonctionne ici dans les deux sens. La marque est intégrée dans le média
d’un côté via le scénario et de l’autre côté la marque intègre la série directement dans ses
produits via une collaboration. [...]
Mais l’impact de la série est encore plus important. En effet, l’influence d’Emily
Cooper va encore plus loin et booster les ventes et la popularité de marque n’ayant pas
financée leur présence à l’écran. Exemple, le sac à main modèle Scoubidou de la marque
française Carel a connu une augmentation exponentielle de vente suite à la séquence où
l’héroïne porte le sac. Bien sûr, la marque française n’est pas passée à côté de ce regain
de publicité gratuite et a même ajouté sur son site une mention précisant qu’il s’agit bien
sûr du sac présent dans la série. Carel n’est pas la seule marque à bénéficier de l’impact
50
médiatique de la série. Courrèges a vu les requêtes de recherche pour une certaine jupe
augmenter de 194% jusqu’à 342% de hausse pour la marque de bob Kangol.
La mode n’est pas la seule bénéficiaire de l’effet Emily mania. La ville de Paris en
profite aussi et notamment son immobilier. En effet, depuis le lancement de la série et
selon un expert de l’immobilier britannique, les recherches internet pour déménager à
Paris ont augmenté de 1 416% une semaine après le lancement de la saison 3.
Cela permet aussi de couvrir une zone géographique extrêmement large. Par
exemple, une série originale Netflix comme Emily in Paris est présente dans plus de 190
pays, ce qui fait autant de pays couverts par le placement de produit.
Le placement de produit est donc un réel atout pour les marques et elles l’ont bien
compris. En effet, le marché du placement de produit équivaut à 10-20 millions annuels.
On peut compter en moyenne entre 10 000 et 15 000 euros pour une séquence avec un
logo visible.
51
Mais pour des séries comme Emily in Paris, il faut compter plusieurs centaines de
milliers d’euros pour y apparaître. Les sommes sont tellement conséquentes que la série
pourrait être totalement financée par les placements de produits.
52
SEANCE 14 : S’entraîner à la synthèse de documents (« Monter à Paris et y
triompher »)
Modalités de travail :
- Proposer trois ou quatre des documents du corpus présenté ci-dessous,
- Constituer quatre groupes d’étudiants : chaque groupe s’intéresse à un document
et définit les aspects de Paris qui se dégagent du document en question.
Durant un temps d’échanges collectif, les résultats du travail des quatre groupes
sont reportés dans un tableau de confrontation.
Les étudiants sont invités à relier les différentes idées répertoriées dans le tableau
de confrontation (comme ils l’ont fait durant la séance 7), à réaliser le plan d’une « micro-
synthèse » et à identifier une possible problématique.
53
Document 1 – Illusions perdues, « Un grand homme de province à Paris »
Honoré de Balzac, 1837-1843
Lucien de Rubempré, jeune poète reconnu dans sa ville d'origine, Angoulême, arrive à
Paris.
54
Qu'était madame de Bargeton3 auprès de cet ange brillant de jeunesse, d'espoir,
d'avenir, au doux sourire, et dont l'œil noir était vaste comme le ciel, ardent comme le
soleil ! Elle riait en causant avec madame Firmiani, l'une des plus charmantes femmes de
Paris. Une voix lui cria bien : « L'intelligence est le levier avec lequel on remue le monde. »
Mais une autre voix lui cria que le point d'appui de l'intelligence était l'argent.
1. Dans sa région.
2. Personnes appartenant à la classe privilégiée.
3. Femme noble d'Angoulême avec qui il a une liaison.
55
Document 2 – Illusions perdues, « Une pension bourgeoise »
Honoré de Balzac, 1837-1843
Le jeune Rastignac, de retour à Paris après un voyage sur ses terres provinciales a été
invité au bal organisé par une riche parente, la vicomtesse de Beauséant, dont il espère
qu’elle facilitera son entrée dans le grand monde parisien.
— Où vous rencontrer désormais, madame ? lui avait-il dit brusquement avec cette force
de passion qui plaît tant aux femmes.
56
Et l’aventureux Méridional s’était empressé de se lier avec cette délicieuse
comtesse, autant qu’un jeune homme peut se lier avec une femme pendant une
contredanse et une valse. En se disant cousin de madame de Beauséant, il fut invité par
cette femme, qu’il prit pour une grande dame, et eut ses entrées chez elle. Au dernier
sourire qu’elle lui jeta, Rastignac crut sa visite nécessaire. Il avait eu le bonheur de
rencontrer un homme qui ne s’était pas moqué de son ignorance, défaut mortel au milieu
des illustres impertinents de l’époque, les Molincourt, les Ronquerolles, les Maxime de
Trailles, les de Marsay, les Ajuda-Pinto, les Vandenesse, qui étaient là dans la gloire de
leurs fatuités et mêlés aux femmes les plus élégantes, lady Brandon, la duchesse de
Langeais, la comtesse de Kergarouët, madame de Sérizy, la duchesse de Carigliano, la
comtesse Ferraud, madame de Lanty, la marquise d’Aiglemont, madame Firmiani, la
marquise de Listomère et la marquise d’Espard, la duchesse de Maufrigneuse et les
Grandlieu. Heureusement donc, le naïf étudiant tomba sur le marquis de Montriveau,
l’amant de la duchesse de Langeais, un général simple comme un enfant, qui lui apprit
que la comtesse de Restaud demeurait rue du Helder. Être jeune, avoir soif du monde,
avoir faim d’une femme, et voir s’ouvrir pour soi deux maisons ! mettre le pied au faubourg
Saint-Germain chez la vicomtesse de Beauséant, le genou dans la Chaussée d’Antin chez
la comtesse de Restaud ! plonger d’un regard dans les salons de Paris en enfilade, et se
croire assez joli garçon pour y trouver aide et protection dans un cœur de femme ! se
sentir assez ambitieux pour donner un superbe coup de pied à la corde roide sur laquelle il
faut marcher avec l’assurance du sauteur qui ne tombera pas, et avoir trouvé dans une
charmante femme le meilleur des balanciers ! Avec ces pensées et devant cette femme
qui se dressait sublime auprès d’un feu de mottes, entre le Code et la misère, qui n’aurait,
comme Eugène, sondé l’avenir par une méditation, qui ne l’aurait meublé de succès ? »
57
Document 3 – Illusions perdues, « Excipit »
Honoré de Balzac, 1837-1843
Balzac résume l'intrigue du Père Goriot d'une manière lapidaire : « Un brave homme –
pension bourgeoise – 600 F de rentes – s'étant dépouillé pour ses filles qui, toutes deux,
ont 50 000 F de rentes – mourant comme un chien. » L'histoire de Goriot est étroitement
mêlée à celle d'Eugène de Rastignac, jeune aristocrate sans fortune monté à Paris, et de
l'inquiétant Vautrin, qui se révélera être un ancien forçat. Avec ce roman, Balzac inaugure
le retour des personnages, principe de composition de la Comédie humaine.
Le Père Goriot est d'emblée un succès de librairie. Sa peinture d'une société bourgeoise,
avide de reconnaissance sociale, et où l'argent est synonyme de pouvoir, n'a rien perdu
de son acuité. Le passage ci-dessous, qui clôt le roman, est consacré à l’enterrement du
Père Goriot.
1
« celle du comte de Restaud et celle du baron de Nucingen »: Restaud et Nucingen sont les époux des deux filles du
père Goriot, pour lesquelles il a tout sacrifié.
58
demanda leur pourboire. Eugène fouilla dans sa poche et n'y trouva rien, il fut forcé
d'emprunter vingt sous à Christophe. Ce fait, si léger en lui-même, détermina chez
Rastignac un accès d'horrible tristesse. Le jour tombait, un humide crépuscule agaçait les
nerfs, il regarda la tombe et y ensevelit sa dernière larme de jeune homme, cette larme
arrachée par les saintes émotions d'un cœur pur, une de ces larmes qui, de la terre où
elles tombent, rejaillissent jusque dans les cieux. Il se croisa les bras, contempla les
nuages, et, le voyant ainsi, Christophe le quitta.
Rastignac, resté seul, fit quelques pas vers le haut du cimetière et vit Paris
tortueusement couché le long des deux rives de la Seine où commençaient à briller les
lumières. Ses yeux s'attachèrent presque avidement entre la colonne de la place
Vendôme et le dôme des Invalides, là où vivait ce beau monde dans lequel il avait voulu
pénétrer. Il lança sur cette ruche bourdonnante un regard qui semblait par avance en
pomper le miel, et dit ces mots grandioses:
"A nous deux maintenant !"
Et pour premier acte du défi qu'il portait à la Société, Rastignac alla dîner chez madame
de Nucingen. »
59
Document 4 – Photogramme du film Le Guépard
Luchino Visconti, 1963.
60
SEANCE 15 : Faire des recherches et en témoigner (Paris, ville riche ?)
La séance a pour but une découverte des arrondissements de Paris et une entrée
dans une réflexion sur les inégalités sociales dans la capitale. Elle débute par la projection
et l’explication de la carte suivante, présentant un état des lieux de l’immobilier parisien
par arrondissement.
TEMPS 1 (35 minutes) : Faire des recherches sur les marqueurs sociaux des
différents arrondissements de Paris
Modalités de travail :
- Constituer des trinômes d’étudiants et attribuer à chacun un arrondissement,
- Chaque trinôme fait des recherches sur l’arrondissement qui lui a été attribué en
s’intéressant notamment aux marqueurs sociaux (nombre de logements sociaux,
monuments, commerces…) et choisit une illustration représentative de cet
arrondissement.
Modalités de travail :
- Chaque trinôme présente l’arrondissement sur lequel il a travaillé en s’appuyant sur
l’illustration choisie.
- Le temps imparti est de deux minutes par trinôme : il s’agit d’aller à l’essentiel.
61
SEANCE 16 : Confronter des documents de manière guidée (Paris, ville de la
gentrification ?)
Modalités de travail :
- Une confrontation finale des réponses apportées par chaque groupe peut avoir lieu
en fin d’heure.
62
Document 1 – « Paris sans le peuple, la gentrification de la capitale »
Jean Vettraino, Revue projet, 2014.
L’article est rédigé pour présenter l’ouvrage Paris sans le peuple, la gentrification de la
capitale, de Anne Clerval (éditions La Découverte).
Parmi les formes d’un embourgeoisement général que connaît Paris depuis les
années 1980, la gentrification est celle qui a le plus d’ampleur, « à la fois en termes
d’extension spatiale et d’augmentation numérique des cadres et professions intellectuelles
supérieures ». Cette notion, singulièrement absente des discours de la municipalité
parisienne, a ici le grand mérite de mettre en lumière les conflits et les impensés sociaux
des politiques urbaines. La géographe Anne Clerval la définit précisément comme « un
embourgeoisement spécifique des quartiers populaires », transformation à la fois urbaine
et sociale. La gentrification est « avant tout la conséquence de la circulation du capital (…)
qui s’inscrit sans cesse dans des cycles de dévalorisation/revalorisation alimentant la
différenciation spatiale » ; elle « traduit la dynamique des rapports de classe dans l’espace
urbain ».
L’auteur […] écrit, p. 37 : « la gentrification a acquis une place stratégique dans le
marché immobilier et bancaire, et dans la production de la plus-value financière. (…) De
centre de production industrielle, Paris est (…) devenu un pôle de commandement de
l’économie mondiale (…). Elle est également un centre d’accumulation capitaliste en soi,
que ce soit en tant que centre de consommation ou comme lieu de spéculation
immobilière, deux domaines dans lesquels la gentrification joue un rôle non négligeable. »
une analyse statistique précise et des enquêtes de terrain menées dans des quartiers de
Paris à différents stades du processus de gentrification (Faubourg Saint-Antoine,
Faubourg du Temple et Château Rouge), complétées par une bonne connaissance des
autres monographies disponibles (Belleville, Aligre, etc.) et des travaux menés dans
d’autres villes mondiales (Londres et New York notamment). La gentrification est ainsi
restituée à ses différentes échelles – phénomène à la fois mondial et micro-local, puisqu’il
se joue jusque dans l’aménagement du logement – et les particularités de Paris sont bien
dégagées. Au niveau local, la gentrification est d’abord le fait d’initiatives privées
individuelles. Généralement, ce sont les artistes qui s’installent d’abord, suivis des
ménages ; patrons de cafés ou de restaurants accompagnent et renforcent le mouvement.
[…] Elle met à jour l’opération de récupération de l’ancienne identité populaire du quartier
comme outil de distinction sociale ainsi que l’écart entre les discours et les pratiques. Alors
que les gentrifieurs valorisent la « diversité » du quartier, ils pratiquent l’entre-soi et, pour
ceux qui ont des enfants, l’évitement scolaire. Ainsi, dans les quartiers gentrifiés, la mixité
culturelle prime sur la mixité sociale, qui reste « un décor dans lequel s’épanouit la
sociabilité. Cette ambivalence dans les formes d’échanges est réelle, mais l’auteure tend à
63
radicaliser la division en classes, même si elle précise que « bourgeois » comme «
habitants pauvres » sont des catégories hétérogènes.
[…] La gentrification apparaît comme « un arbitrage entre la pression immobilière
(…) et la possibilité pour les gentrifieurs de s’approprier un quartier ». Elle ne saurait se
lire de manière linéaire : en progressant, elle modifie ses modalités mêmes, recomposant
en particulier les centralités de loisirs. Sa progression se fait également sentir en proche
couronne – Montreuil, cas emblématique, n’est pas la seule commune concernée – et
contribue à la recomposition des espaces populaires à l’échelle régionale.
[…] Deux chapitres remarquables sont consacrés aux effets complexes des
politiques publiques (nationale et municipale) en matière de gentrification. Celles-ci
expliquent en grande partie que le phénomène soit plus tardif et plus limité à Paris qu’à
Londres ou New York. Ainsi, le contrôle des loyers par la loi de 1948 l’a clairement freiné.
Et les opérations de rénovation ont finalement permis l’accroissement du parc social à
Paris, qui est, avec l’appropriation par les immigrés des quartiers populaires, le frein le
plus efficace à la gentrification. La construction de logements sociaux, un temps
abandonnée sous le mandat de Jean Tiberi, est relancée à partir de 2001 par la
municipalité socialiste : leur part est passée de 13,4 % à cette date à 17,6 % en 2011. Ces
réalisations se heurtent pourtant à une double limite : on détruit plus de logements au
loyer modeste que l’on ne construit de logements sociaux, et certains d’entre eux (en prêt
locatif social) ne sont accessibles qu’à 5 % des demandeurs de logement social. Enfin, la
géographe juge l’encadrement des loyers introduit en 2012 « insuffisant pour (…) contrer
la gentrification ». Car la politique de mixité sociale poursuivie dans les quartiers
populaires, en ne prenant pas en compte la gentrification et la destruction de l’habitat
social de fait, contribue finalement à réduire les logements accessibles aux classes
populaires dans Paris ! Anne Clerval montre bien que, loin d’être un fatum, la gentrification
résulte « du mode de production capitaliste de la ville ». Mais le processus semble à
l’heure actuelle inexorable, et d’autant plus violent pour les classes populaires que leurs
choix résidentiels se restreignent… Le droit à la ville, mentionné en conclusion, pourrait
peut-être constituer une réponse efficace. Qui s’en saisira concrètement ?
64
Document 2 – « Mixité sociale à Paris : dans quels quartiers est-elle faible ou
forte ? »
Thomas Martin, Actu Paris, 17 février 2023.
Ce n’est pas une surprise. La métropole du Grand Paris (MGP) est marquée par
de fortes disparités en matière de revenus. Selon une étude de l’Insee, les ménages
les plus favorisés y ont ainsi un revenu cinq fois supérieur aux plus modestes. Et Paris est
le département de France métropolitaine où le niveau de vie médian des habitants est le
plus élevé. Pourtant, avec 37% de sa population (soit 2,6 millions de personnes) vivant
dans un quartier « mixte »*, la MGP n’est pas la plus « ségréguée »** de France.
Mais, qu’en est-il dans la capitale ?
65
C’est le cas aux alentours du parc André Citroën (zone d’aménagement concerté
Boucicaut) dans le 15e arrondissement de Paris, ainsi que dans le sud du 16e
arrondissement.
Cette mixité nouvelle est également liée à l’installation dans des quartiers modestes
de ménages aux revenus plus élevés, ou bien au départ de ces mêmes quartiers de
ménages modestes. Un phénomène de « gentrification » surtout visible dans les 10e et
11e arrondissements, au nord-est de Paris (18e et 19e) : le long des canaux Saint-
Martin et de l’Ourcq à Paris notamment, ainsi qu’à la Goutte d’or.
Évolution des quartiers les plus mixtes dans la métropole du Grand Paris entre 2004 et
2019 (©Insee)
Dans la MGP, la ville championne de la mixité sociale est Le Kremlin-Bicêtre, dans
le Val-de-Marne avec 83 % des Kremlinois qui vivent dans un quartier considéré comme
cosmopolite en terme de revenus. Sur la deuxième et troisième marche du podium, on
retrouve deux communes de la Seine-Saint-Denis : Les Lilas (78%) et le Pré-Saint-
Gervais (77%).
________________________
*Selon l’Insee, les territoires mixtes sont ceux dont les habitants ont une variété de niveau
de vie, les revenus y sont hétérogènes entre résidents d’un même voisinage.
**Les territoires non mixtes ségrégués sont ceux où les ménages aisés ou pauvres sont
surreprésentés.
66
Document 3 – « Les métropoles européennes face à une gentrification galopante »
Emeline Cazi, Yan Gauchard, Alexandre Lenoir, Claire Mayer et Gilles Rof,
Le Monde, 11 juillet 2023.
Et s’il ne fallait pas s’arrêter uniquement au visage subitement pris par une rue
commerçante ? Si tout était plus complexe que les conclusions hâtives que l’on pourrait
tirer en comparant les enseignes d’une rue comme celle de l’Eglise, à Montreuil (Seine-
Saint-Denis), avec les magasins présents il y a encore quelques années ? Car,
effectivement, cette allée semi-piétonne, à deux pas de la mairie de cette ville de la proche
banlieue de Paris, où s’installent nombre de familles de l’est de la capitale, n’a plus rien à
voir avec son allure d’il y a dix ans.
« Nous n’avons pas vocation à dresser des ponts-levis et des herses à l’entrée de
la ville. Montreuil est attractive, nous devons avoir une capacité d’accueil, répond Gaylord
Le Chequer, l’adjoint au maire (PCF) chargé de l’urbanisme. Mais il faut permettre à ceux,
déjà là, de continuer à y vivre. » Il pense notamment aux jeunes adultes de la cité de la
67
Noue, toujours chez leurs parents faute de trouver un studio à un prix décent. En proche
banlieue est de Paris, les prix des appartements à l’achat sont en moyenne passés de
4 000 euros le mètre carré à plus de 5 000 euros en cinq ans.
Montreuil, ses voisines de l’Est parisien, des exemples parmi d’autres anciennes
villes ouvrières profondément transformées depuis que les usines ont fermé une à une. Il
n’existe pas de schéma universel, implacable de la gentrification. Ce phénomène, pour la
première fois documenté dans les années 1960, à Londres, par la sociologue Ruth Glass,
a d’abord décrit l’évolution de la composition sociale d’un secteur délaissé, convoité par
des plus jeunes et des plus diplômés.
A la fin des années 1970, le géographe écossais Neil Smith propose une autre
lecture : c’est le capital qui réinvestit les centres urbains, et non les gens. La dépréciation
bien avancée des logements d’un quartier attire les investisseurs qui visent la culbute
financière. La réalité est certainement entre les deux, et surtout bien plus diverse, se sont
accordées les générations suivantes. Mieux vaut parler de « gentrifications », au pluriel,
insistent le collectif de chercheurs (Marie Chabrol, Anaïs Collet, Matthieu Giroud, Lydie
Launay, Max Rousseau et Hovig Ter Minassian) dans leur ouvrage du même nom
(Editions Amsterdam, 2016). Rien ne sert d’opposer anciens et nouveaux, complète le
géographe Jean-Pierre Lévy en préambule. Les « gentrifieurs » d’hier seront peut-être les
« gentrifiés » de demain. La gentrification participe « au fait urbain contemporain et la
comprendre, c’est comprendre la ville ».
C’est de cette réalité complexe, avec ses côtés pile, ses nombreux revers, qui
n’épargne aucune métropole d’Europe dont Le Monde a voulu rendre compte. La vitesse
du processus, la forme qu’il prend, dépend du contexte local. Le rapport à la propriété
n’est pas le même à Berlin, capitale de locataires, qu’en France, où plus de la moitié des
ménages (57,7 %) possède sa résidence principale. Londres a bradé ses logements
sociaux ; Paris, qui en compte 25 % en 2023, vise 40 % de logements publics d’ici à 2035.
68
A Paris, le seuil des 10 000 euros du mètre carré a été franchi. Or, si les cheminées
ont disparu du paysage, les hommes et les femmes qui font tourner la société postfordiste,
les plus précaires qui préparent la ville à l’aube quand les cadres dorment encore, n’ont
pas disparu. Mais ils ne s’y logent plus.
[…] Paris et l’Est parisien sont souvent désignés comme le fief des « bobos », avec
tout ce que cela sous-entend : les « classes créatives » et intellectuelles chassent les plus
précaires. La métropole parisienne n’est toutefois pas l’agglomération la plus ségréguée
de France. Elle arrive en cinquième place derrière Rouen, Lille, Tours et Marseille-Aix,
selon une étude publiée en février par l’Atelier parisien d’urbanisme et l’Insee.
Bien sûr, l’Ouest demeure un ghetto de riches, qui ne cesse de se conforter. Bien
sûr, les écarts de revenus sont élevés dans le Grand Paris. Mais en regardant comment
les ménages cohabitent à une échelle très fine (des carreaux de 200 mètres sur 200
mètres), et son évolution sur quinze ans, « 69 % des carreaux qui étaient mixtes le sont
encore », relèvent Emilie Moreau et Clément Boisseuil, deux des auteurs de l’étude. « La
mixité se maintient, y compris à Paris, notamment grâce au parc social. Et, ailleurs, les
dynamiques de gentrification ne sont pas aussi massives » que la production universitaire
en donne l’air. Montreuil la caricaturée, qui comptait 32,6 % de logements sociaux
en 2019, en affichait 37,6 % en 2022.
En mars de cette année, des appartements loués sur Airbnb ont été vandalisés,
leurs murs couverts de tags. En juin, une polémique a agité la rue d’Aubagne (1er) où,
en 2018, l’effondrement de deux immeubles a fait huit victimes. Sous la menace
d’habitants, un « repas de rue » organisé par un café-cantine, ouvert en 2020, a été
annulé. Il proposait une bouillabaisse à 48 euros à quelques mètres d’un marché à la
sauvette. « Un crachat sur les populations locales qui n’arrivent pas à se loger
69
dignement », décryptait Kevin Vacher, sociologue et pilier du Collectif du 5-Novembre,
créé après la catastrophe. La municipalité dénombre 11 000 appartements loués sur
Airbnb. C’est 20 % de plus qu’en 2022.
En France, les villes disposent d’un arsenal juridique pour réguler le logement sur
leur territoire, et n’ont de cesse de le renforcer. En complément de la loi Solidarité et
renouvellement urbain, qui impose 25 % de logements sociaux à toute ville de plus de
3 500 habitants, Paris et Lille imposent un quota dans chaque opération. […]
« Droit à la ville »
Plus que d’autres, les habitants déjà là « doivent faire face, plus localement, à la
forte augmentation des prix de certains commerces ou de services de proximité », notent
les auteurs de Gentrifications. Montreuil a délibéré pour préempter les commerces, mais
n’a, pour le moment, ni l’outil ni les finances pour s’y employer.
70
Karim Bouamrane, le maire (PS) de Saint-Ouen-sur-Seine, dont la ville, au nord de
la capitale, connaît une ascension fulgurante avec le prolongement de la ligne 14 et la
construction du village olympique, y veille particulièrement. Aux jeunes du Vieux-Saint-
Ouen, il veut montrer la voie qui mène à la médecine. Une convention avec le futur hôpital
universitaire est en préparation. Les élèves iront en stage « le plus tôt possible, pour
qu’une fois au lycée ils aient le parcours en tête ». Cela vaudra pour les six établissements
supérieurs (ingénieurs, finances, cybersécurité, sport) installés, ou d’ici peu, sur la
commune.
71
Document 4 – « La gentrification, trente ans de polémique dans les grandes villes du
monde »
AFP, 16 mars 2019.
- New York -
C'est de la plus grande ville des Etats-Unis que la "gentrification" a fait son entrée
dans le débat public, voici une trentaine d'années, et qu'est venue la dernière polémique
en date d'ampleur mondiale avec le renoncement du géant Amazon à y implanter un
siège.
Dans la nuit du 6 au 7 août 1988, dans le sud de Manhattan, une émeute oppose la
police à des militants et des habitants autour du sort du parc de Tompkins Square, devenu
un lieu de campement de sans-abri que les autorités souhaitent évacuer.
Au cours de la manifestation, qui fait une centaine de blessés, des participants
arborent des pancartes "La gentrification, c'est la lutte des classes", donnant une vaste
exposition publique à un concept jusqu'alors surtout élaboré par des universitaires.
Les années 1990 et 2000 voient non seulement s'embourgeoiser des quartiers de
Manhattan mais aussi, de l'autre côté de l'East River, de Brooklyn, ce phénomène
cristallisant souvent les critiques de gauche du maire républicain Rudolph Giuliani (1994-
2001) qui met l'accent sur la lutte contre la criminalité.
Début 2019, c'est cette fois le district particulièrement cosmopolite du Queens où se
focalisent les débats. Amazon renonce à s'y installer, évoquant l'opposition de
personnalités politiques locales.
En plus de s'indigner d'avantages fiscaux accordés à Amazon par la ville et l'Etat de
New York, ces élus, parmi lesquels la médiatique députée socialiste Alexandria Ocasio-
Cortez, dénonçaient la gentrification accélérée que produiraient selon eux l'arrivée du
groupe et ses 25.000 emplois promis.
- Berlin -
Autre renoncement d'un géant du web, Google est revenue fin 2018 sur son
intention d'installer un "campus", lieu destiné à l'événementiel et au développement de
72
startups, dans le quartier de Kreuzberg, lieu d'immigration turque et bastion historique de
mouvements alternatifs au sein de la capitale allemande.
Malgré le soutien de la municipalité social-démocrate à cette implantation, le groupe
a cédé à une campagne baptisée "Fuck off Google", qui dénonçait en vrac les évictions de
locataires historiques du quartier et le modèle économique de l'américain.
Ce rejet marque la dernière apogée en date d'un mouvement, souvent radical,
contre son embourgeoisement culturel et économique. En 2016, une centaine de
personnes étaient notamment blessées lors d'affrontement entre la police et des militants
d'extrême gauche à l'ocassion d'une tentative d'évacuation d'un squat de l'ancien quartier
ouvrier de Friedrichshain.
- Londres -
- Lisbonne -
La capitale portugaise enregistre depuis des années une hausse de ses prix
immobiliers, de même que la deuxième ville du pays, Porto. Si le phénomène est en partie
lié à l'installation d'étrangers, après la mise en place par le pays d'un régime fiscal incitatif,
les critiques locales tournent aussi autour des conséquences de l'essor du tourisme.
En septembre 2018, plusieurs centaines de personnes ont défilé dans les rues de
Lisbonne et quelques dizaines à Porto pour protester contre la hausse du prix des loyers,
notamment du nombre de logements dédiés à la location touristique de courte durée.
73
Document 5 – « La gentrification en trois étapes »
Victor Locuratolo, février 2014.
74
SEANCE 17 : Réinvestir les acquis dans un examen blanc (Paris, capitale des
disparités sociales ?)
75
PARIS, VILLE CAPITALE ?
Vous rédigerez une synthèse objective, concise et ordonnée des documents suivants :
• Document 1 : « Paris se vide… de ses travailleurs pauvres », Stanislas de
Livonnière, Le Parisien, 11 septembre 2019.
• Document 2 : « L’Île-de-France est le territoire le plus inégalitaire de France »,
dépêche AFP, 3 juin 2019
• Document 3 : « Un habitant sur quatre du 19e arrondissement de Paris vit sous le
seuil de pauvreté », Dorine Goth, [Link], 9 décembre 2022.
• Document 4 : Mendiante avenue des Champs Elysées, Gerenne, 2021.
Selon vous, pourquoi faire le choix de vivre à Paris quand on n’est pas très
fortuné ? Vous répondrez à cette question d’une façon argumentée en vous appuyant sur
les documents du corpus, vos lectures et vos connaissances personnelles.
76
Document 1 - Paris se vide… de ses travailleurs pauvres
Par Stanislas de Livonnière, Le Parisien, 11 septembre 2019.
Plus que les classes moyennes, ce sont surtout les foyers qui déclarent entre
10 000 euros et 20 000 euros de revenus annuels qui semblent fuir la capitale.
Explications.
« Paris perd 12 000 habitants par an depuis cinq ans. Essentiellement les classes
moyennes », a déclaré Benjamin Griveaux, candidat LREM à la mairie de Paris, au
« Parisien » lundi. Nous avons vérifié ses propos en exploitant les données de
l'administration fiscale. Et il semble que la population ayant le plus quitté la capitale se
situe plutôt entre les plus pauvres et la classe moyenne.
Malgré la hausse des loyers et des achats devenus inaccessibles, les foyers
déclarant moins de 10 000 € de revenus semblent avoir globalement résisté aux sirènes
de l'exode. Aujourd'hui, ils représentent 21 % de la population parisienne. Selon les
données de l'administration fiscale, ils étaient 321 000 en 2012 et 310 000 en 2018. Soit
une légère baisse de 3 % en six ans.
Leur répartition est cependant très différente selon les arrondissements. Des
baisses particulièrement importantes sont à noter dans le IIe (- 17%), le XIe (15%) et le
XXe (- 14%). Inversement, il y a aujourd'hui plus de foyers déclarant moins de 10 000 €
par an dans le XIIe, le Ve, le XVe et le XVIe (entre + 3 et + 4%).
Ils étaient 313 000 en 2012, ils ne sont plus que 285 000 en 2018. Ils ont des
revenus, suffisamment pour payer des impôts, entre 10 000 € et 20 000 € par an, mais
peut-être pas assez pour toucher l'ensemble des aides mises à leur disposition par l'Etat,
77
la Région ou la Ville. Parmi eux, la plupart sont des travailleurs pauvres. Ce ne sont pas
moins de 28 000 foyers de ce type qui ont fait leurs valises en six ans.
Les foyers déclarant entre 20 000 € et 30 000 € ont baissé de 1%, ceux gagnant
entre 30 000 € et 50 000 € ont progressé de 6% entre 2012 et 2018. Pour cette dernière
tranche, les seuls arrondissements ayant observé une baisse sont les VIIIe et le XVIe (-
1%).
Il n'y a que 110 000 foyers déclarant plus de 100 000 € de revenus par an. Cette
population a pourtant explosé depuis 2012 (+ 20%), date à laquelle ils n'étaient que 91
000.
78
Document 2 - L’Île-de-France est le territoire le plus inégalitaire de France
Dépêche AFP, 3 juin 2019.
Une étude constate les écarts grandissants de richesse entre Paris et sa banlieue.
Les villes les plus modestes, concentrées en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-
Marne, continuent de s'appauvrir.
Une ville-capitale de plus en plus riche et à quelques kilomètres certaines villes qui
continuent de s'appauvrir : l’Île-de-France est le territoire le plus inégalitaire de France,
montre une étude sur la trajectoire des revenus de ses habitants entre 2001 et 2015.
Intitulée "Gentrification et paupérisation au cœur de l’Île-de-France", cette enquête
de l'Institut d'aménagement et d'urbanisme (IAU) souligne les inégalités croissantes dans
cette région qui abrite 12 millions d'habitants (18,8% de la population) et produit près d'un
tiers de la richesse du pays. Si les cadres et les ménages aisés y sont surreprésentés, la
pauvreté y est aussi la plus prégnante : en 2015, le taux de pauvreté est grimpé à 15,9%
(un point de plus que la moyenne française), contre 12,3% neuf ans plus tôt.
Paris et l'Ouest "s'embourgeoisent"
L'étude met en exergue la "polarisation sociale" de la région : d'un côté Paris (2,2
millions d'habitants) et les Hauts-de-Seine, départements les plus aisés du pays,
continuent à "s'embourgeoiser". De l'autre, la Seine-Saint-Denis, le territoire le plus
pauvre. "La richesse est plus marquée, plus concentrée que la pauvreté. Les riches vivent
plus entre eux que les pauvres", note Mariette Sagot, la démographe auteure du rapport.
Sans surprise, la "différenciation sociale reflète surtout le marché immobilier". Pour
Martin Omhovère, directeur du département habitat à l'IAU, dans un contexte de flambée
des prix des logements, "seuls le parc social et la loi SRU", qui impose aux villes des
objectifs de construction de logements sociaux, "restent les garants de l'accueil des
ménages modestes dans le centre".
"Gentrification" dans le Nord-Est de Paris
Paris n'échappe pas au phénomène de "gentrification" observé dans de
nombreuses capitales, qui se traduit par l'arrivée de cadres dans des quartiers populaires,
entraînant ainsi une baisse de la pauvreté. À Paris comme ailleurs, c'est le
renchérissement des prix du logement qui exclut progressivement les plus modestes des
quartiers centraux.
79
L'IAU observe que les cadres sont de plus en plus nombreux à s'installer dans les
arrondissements mixtes de l'Est et du Nord-Est -notamment dans le XVIIIe
arrondissement- et dans certains quartiers de communes "mixtes" voisines de la capitale
(Colombes, Malakoff, Les Lilas, Arcueil, Fontenay-sous-Bois...). La gentrification touche
aussi par capillarité quelques -rares- quartiers de communes pauvres (Clichy, Saint-
Ouen).
Mais, dans de nombreuses villes de première couronne, l'arrivée progressive de
cadres ne parvient pas contrebalancer la paupérisation globale de la population. C'est le
cas à Montreuil, Pantin, Bagnolet, Bagneux, Ivry ou Villejuif. Conséquence : l'émergence
de "contrastes sociaux très importants" dans ces villes, qui cumulent un gros parc HLM et
des logements anciens dégradés.
Les villes pauvres, toujours plus pauvres
L'étude montre en parallèle un appauvrissement des secteurs les plus modestes et
une baisse du pouvoir d'achat dans la moitié des communes pauvres, majoritairement
concentrées en Seine-Saint-Denis et, dans une moindre mesure, dans le Val-de-Marne.
Si un tiers des villes pauvres s'inscrivent dans "une trajectoire de rattrapage
modéré", "dans 44 communes, où vivent 15% des Franciliens, le revenu médian a baissé",
souligne son auteure. A noter toutefois, quelques villes pauvres de grande couronne ont
réussi à inverser la vapeur, en "utilisant le levier de la construction" (Chanteloup-les-
Vignes, Saint-Ouen-l'Aumône), ou en diversifiant l'offre de logements grâce à des
programmes menés par l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (Meaux, Persan,
Mantes-la-Jolie). […]
80
Document 3 - Un habitant sur quatre du 19e arrondissement de Paris vit sous le seuil
de pauvreté
Ils sont 207 000 à vivre avec moins de 940 euros par mois, dans l’une des villes
les plus chères de France. Selon le dernier rapport sur la pauvreté publié mardi 6
décembre 2022, près de 10 % de la population à Paris vit sous le seuil de
pauvreté. C’est l’un des départements français où le nombre de personnes pauvres est le
plus élevé.
Toutefois, des écarts importants sont enregistrés au sein même des villes. À Paris,
les arrondissements du nord-est concentrent un grand nombre de personnes pauvres. Là
encore, la misère est concentrée : plus de 100 000 personnes vivent dans des quartiers
où le taux de pauvreté dépasse les 30 %, selon les données 2019 de l’Insee.
« En plus d’un siècle, la pauvreté s’est écartée du centre et s’est déplacée vers le
nord-est de la capitale. Elle n’est pas allée si loin que cela. Le quartier de Belleville n’est
81
qu’à deux kilomètres de l’hypercentre devenu ultra-riche, et le taux de pauvreté atteint
jusque 48 % à certains endroits, selon l’Insee », analyse l’Observatoire des inégalités.
Ces trois arrondissements sont suivis des 10e et 13e arrondissements qui affichent
respectivement un taux de pauvreté de 17 % et 16 %, soit 15 000 et 11 000 habitants.
82
Document 4 – Mendiante avenue des Champs Elysées
Gerenne, 2021.
83
SEANCE 18 : Structurer et enrichir une expression personnelle (Paris, ville de
toutes les rencontres ou ville de solitude ?)
Le travail s’organise autour de deux textes (la chanson « Champs Elysées » de Joe
Dassin et l’article « Dimensions de la solitude en France »). Ces deux textes sont
présentés ci-dessous.
Modalités de travail :
• La classe est partagée en deux groupes. Chaque groupe prend en charge la lecture
de l’un des textes à partir de la consigne suivante : « Quelle vision de Paris ce texte
propose-t-il ? Relevez les arguments (explicites ou implicites) qui soutiennent cette
vision de la ville ».
• A l’issue d’une vingtaine de minutes, une mise en commun est organisée. Les
arguments identifiés dans chacun des textes sont reportés au tableau.
• A partir des réponses obtenues, construction collective d’une problématique qui
peut servir de sujet à un travail d’écriture personnelle (une problématique possible :
Paris, ville de toutes les rencontres possibles ou ville de solitude ?
Synthèse du temps 1 : les étudiants sont invités à rédiger une courte synthèse reprenant
les éléments majeurs des deux textes étudiés.
Modalités de travail :
Modalités de travail :
- De façon individuelle, les étudiants rédigent un paragraphe (au choix) du plan qu’ils
viennent de concevoir en veillant à enrichir l’argument présenté d’une référence
précise et explicitée à l’un des documents étudiés précédemment.
- L’oralisation de quelques propositions permet de déterminer les critères qui font
qu’une référence est pertinemment utilisée dans le travail d’expression personnelle.
84
Synthèse des temps 2 et 3 : les étudiants sont invités à rédiger une courte synthèse à
partir de la question suivante : « Que faut-il pour un travail d’expression personnelle
réussi ? ». L’oralisation de quelques écrits permet de souligner l’importance de la
structuration de l’exercice et l’importance des références précises.
Prolongement possible :
On peut proposer aux étudiants de choisir une œuvre (tableau, film, chanson,
livre…) qui prend pour thème la ville de Paris. Ils pourront témoigner de leurs recherches
par la réalisation d’une affiche comprenant :
- Une illustration,
- Les références de l’œuvre choisie,
- Un court texte présentant l’œuvre (résumé ou analyse).
85
Document 1 : Dimensions de la solitude en France,
Elisabeth Beasley et Mathieur Perona, note pour le compte du CEPREMAP, Centre
pour la recherche économique et ses applications (2020).
Le manque de contact avec les amis et les proches – l’Insee définit l’isolement
comme le fait d’avoir moins d’un contact par mois, physique ou à distance – favorise
évidemment le sentiment de solitude : ainsi que le relève l’Insee, les personnes isolées ont
2,5 fois plus de chances de se déclarer seules que les non-isolées, toutes choses égales
par ailleurs. Pour autant, comme nous l’avons dit, la majorité des personnes qui se sentent
seules ne sont pas isolées. […]
86
Seules mais pas isolées, et inversement
Si les deux dimensions sont ainsi souvent congruentes, certains groupes sociaux
font figure d’exception. Parmi les structures familiales, les parents dans une famille
monoparentale ne sont pas particulièrement isolés : ils sont un peu plus nombreux en
proportion à être isolés de leur famille (12 % contre 10 % en moyenne), mais moins isolés
que la moyenne de leurs amis (12 % contre 16 %). Pourtant, avec 14 % de personnes qui
se sentent seules, ces foyers sont deux fois plus touchés par la solitude que la moyenne.
Cette prévalence plus forte de la solitude s’explique certes en partie par la composition de
ces ménages, où la part de femmes et de personnes dans les premiers déciles de niveau
de vie est plus forte, mais même en raisonnant toutes choses égales par ailleurs, les
responsables de familles monoparentales sont 7 % de plus à se sentir seuls que des
personnes similaires mais en couple. [… ]
Dimensions territoriales
Ainsi que le relevait l’Insee, l’agglomération de Paris (au sens des unités urbaines)
compte la plus forte proportion de personnes isolées vis-à-vis de leur famille une fois
qu’on neutralise les effets d’âge, de revenu et de qualification. La Figure 5 montre que la
solitude est également un phénomène d’abord urbain, même si les écarts entre types
d’unités urbaines sont moins marqués qu’entre les déciles de revenu ou les professions.
87
Figure 5 : Lecture : parmi les habitants des communes rurales, 2,7 % sont isolés et 5,6 %
se sentent seuls.
Alors que les agriculteurs sont une profession plutôt touchée par la solitude […], les
communes rurales sont plutôt moins affectées par la solitude, attestant d’un tissu de
relations sociales qui reste fort, ce alors que la population y est aussi en moyenne plus
âgée. La faible prévalence du sentiment de solitude dans les communes rurales peut en
outre provenir d’un choix, les personnes appréciant la tranquillité et une plus faible
fréquence des contacts sociaux.
88
Document 2 : Champs Elysées,
Interprète : Joe Dassin / Paroliers : Mike Deighan, Mike Wilsh, Pierre Delanoé (1969)
[refrain]
[refrain]
[refrain x3]
89
Aux Champs-Elysées, aux Champs-Elysées
Au soleil, sous la pluie, à midi ou à minuit
Il y a tout ce que vous voulez aux Champs-Elysées
90
SEANCE 19 : Débattre de façon argumentée (Le défi climatique de Paris)
Modalités de travail :
=> Le deuxième groupe choisit, dans chaque paragraphe, une mesure prise par la
municipalité qui lui paraît peu appropriée ou dérangeante. Les étudiants doivent expliquer
pourquoi la mesure est peu dérangeante et trouver un exemple le prouvant. Charge aux
étudiants de se répartir le travail à l’intérieur du groupe.
Modalités de travail :
91
Les actions de la Ville pour une meilleure qualité de l'air
Paris lutte depuis 2001 contre la pollution atmosphérique par une politique
volontariste de réduction des émissions, et des actions très concrètes, à court,
moyen et long terme, sur le logement, les mobilités, le chauffage…
Paris a mis en place une Zone à faibles émissions (ZFE), telle qu’il en existe dans
de nombreuses villes dans le monde, pour limiter l’accès des véhicules les plus polluants
au centre de l'agglomération, donc à accélérer le renouvellement du parc roulant par des
véhicules plus récents ou l'usage d'autres modes de transport.
La ZFE vise à supprimer progressivement les véhicules les plus polluants selon leur
vignette Crit’Air.
En cas de pic de pollution, la préfecture de police peut décider de la mise en place
de la circulation différenciée, et étendre les restrictions de circulation aux véhicules
Crit'Air 3.
La Ville propose des aides financières pour permettre aux particuliers parisiens de
se déplacer autrement en abandonnant leur véhicule au profit de vélos, Vélib', de
l’autopartage ou des transports en commun.
À l'attention des professionnels, la Ville propose des aides pour l’achat de véhicules
moins polluants.
92
• Généralisation des zones 30 avec double sens cyclable hors axes majeurs de
circulation
• Création de plus de 10 000 places de stationnement vélos depuis 2014
• Aide à la création d'abris vélos sécurisés par les copropriétés
• Aides à l’achat de vélos, cyclomoteurs, triporteurs électriques
• Création en 2007 du service de vélo partagé Vélib, étendu en 2018 à la Métropole
du Grand Paris […]
• Piétonisation des voies sur berge Rive Droite en 2016 […]
93
Les aménagements urbains
Le chauffage
Dans le cadre de son Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET), la Ville prévoit :
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Des mesures très locales de réduction de la pollution automobile peuvent avoir des
conséquences sur la qualité de l’air, notamment aux abords les écoles.
• La Ville de Paris généralise les zones limitées à 30km/h, aux abords des
équipements scolaires notamment
• L’interdiction du stationnement devant les écoles avec l’installation de
barrières est effective devant la majeure partie des établissements, sauf
impossibilité technique
• L’ensemble des crèches et des équipements scolaires font l’objet de campagnes
de qualité de l’air intérieur. Elles ont déjà été réalisées dans les crèches et les
écoles maternelles et polyvalentes. La campagne de surveillance va être lancée
prochainement pour les écoles élémentaires et les collèges.
• Aide financière pour soutenir les certifications de qualité de l’air intérieur des
logements sociaux
• Améliorer la santé des Parisien·ne·s en agissant sur la qualité de l’environnement
intérieur (domiciles, lieux de vie) : sensibilisation, mobilisation et interventions
• Intervention gratuite - sur prescription médicale à partir du formulaire de demande
d’intervention de la Cellule santé habitat disponible sur [Link] - de Conseillers
Médicaux en Environnement Intérieur (CMEI) du Service Parisien de Santé
Environnementale. L’intervention d’un CMEI est déclenchée lorsque le médecin
soupçonne l’existence d’un lien entre l’environnement domestique et la pathologie,
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le plus souvent pour des patients atteints de problèmes respiratoires/allergiques.
[...]
Réaménagements de voirie
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SEANCE 20 : Découvrir un corpus en autonomie (Le défi climatique de Paris)
Lors d’une phase d’échange collective, les tableaux de confrontation sont mis en
commun.
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Document 1 - Paris : Les Franciliens respirent mieux, avec seulement 10 jours de
pollution en 2022
Cette baisse est notamment due aux réglementations mises en place, entraînant
une « baisse tendancielle des émissions du secteur résidentiel et du trafic routier »,
et aux conditions météorologiques favorables
Ainsi « pour la première fois, aucun Francilien n’est exposé à un air dont la
concentration dépasse la valeur limite réglementaire pour les particules PM 10 (40
microgrammes par mètre cube en moyenne annuelle) » selon la réglementation française,
note Airparif, en charge de la surveillance de la qualité de l’air dans la région.
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Cette baisse est notamment due aux réglementations mises en place, entraînant
une « baisse tendancielle des émissions du secteur résidentiel et du trafic routier », et aux
conditions météorologiques favorables qui ont limité les émissions liées au chauffage.
Mais tout cela est à nuancer, souligne Airparif, rappelant que la réglementation
française reste toujours très en dessous des préconisations de l’OMS, révisées en 2021.
Selon ces dernières, « près de 90 % des Franciliens » ont en fait été l’an dernier
exposés à un dépassement des seuils pour les PM 10 et la « totalité » d’entre eux l’a
également été pour les PM 2,5. L’OMS recommande une exposition aux PM 10 ne
dépassant pas 15 microgrammes/m3 en moyenne en annuelle. Pour les PM 2,5, la limite
en moyenne annuelle est fixée à 5 microgrammes/m3.
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Document 2 - L’interdiction à la circulation des véhicules Crit’Air 3 dans la Métropole
du Grand Paris de nouveau reportée à début 2025
La Métropole du Grand Paris (MGP) avance qu’il est « impossible » d’instaurer cette
mesure cet été, en « l’absence de réponses tangibles de l’Etat » sur la garantie du
prêt à taux zéro et le contrôle sanction automatisé.
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Instaurées par la loi d’orientation des mobilités (LOM) en 2019 puis renforcées
par la loi Climat de 2021, les ZFE visent à lutter contre la pollution aux particules fines et
aux oxydes d’azote, responsables de maladies respiratoires, cardiovasculaires et
neurologiques, et d’au moins 40 000 morts par an, selon Santé publique France.
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Document 3 – Projet Cognition
Une femme humanoïde aux cheveux d’un rouge vif presque irréel s’extasie devant
une image d’ouverture donnant sur les rayonnements du quartier Montparnasse. Cette
femme se retrouve ensuite en arrière-fond avec une carte de Paris qui dessine les
différents quartiers et explique :
« Nous sommes depuis quelques mois dans ce que les spécialistes appellent "la loi
de Jacob". Pour rappel, il s’agit d’un phénomène d’oscillations climatiques par rétroaction,
lié à l’augmentation du méthane atmosphérique et du réchauffement trop rapide de la
planète. L’hémisphère est subit le phénomène depuis maintenant près de cinq mois, ce
qui signifie que, le mois prochain, l’impact basculera sur l’hémisphère ouest. L’Amérique
du Nord se prépare d’ailleurs activement pour prévenir au mieux les catastrophes
naturelles inhérentes, avec son plan de solidification des bâtiments ; l’Amérique du Sud a
mis en place un plan de prévention des risques axé notamment sur l’éducation et la
surveillance de la population.
Depuis deux ans, ce phénomène arrive par vagues et en calculer la durée devient
de plus en plus compliqué pour le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du
climat (GIEC).
Ces oscillations climatiques signifient concrètement, comme vous le savez, que les
cartes météo sont désormais locales, avec un centrage sur les quartiers citadins. Les
changements météorologiques interviennent d’heure en heure, nous faisant gagner ou
perdre très rapidement jusqu’à 5 degrés. Un quartier peut être très ensoleillé, et victime
d’une tempête de neige ne serait-ce que quelques dizaines de minutes plus tard. Encore
une fois, le gouvernement français appelle ses concitoyens à se prémunir en portant des
vêtements intersaisons, et à acquérir un WeatherPod. Ce fameux objet technologique,
“régulateur de température à haute fréquence”, permet en effet de gagner quelques
minutes de température tempérée autour de vous. Pour rappel, des millions de ces
appareils, créés par l’entreprise WeatherFall, une société affiliée à Cognition Corporation,
ont déjà été vendus. »
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Après ce discours introductif des plus pédagogues, réaliste sans alarmisme, la
présentatrice météo anthropomorphe se tourne de nouveau vers la carte :
« C’est ainsi que le quartier Montparnasse devrait avoir un temps au beau fixe
jusqu’à environ 15 h, puis subir une déflagration avec des rafales de vent pouvant aller
jusqu’à 90 km/heure jusqu’à 16 h, avant de s’attendre à des averses de pluie jusqu’à la
nuit tombée. Le Marais et Pigalle auront un climat plutôt hostile avec des intempéries
jusqu’à 15 h, puis accueilleront un temps nuageux, mais sans perturbation ni averses de
pluie ou de neige jusque vers 22 h… »
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Document 4 – La pollution de l’air tue 7 millions de personnes en 2012 selon l’OMS
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Document 5 - Lutte contre la pollution, Paris en tête, Marseille lanterne rouge
Olivier Cognasse, L’usine nouvelle, 11 décembre 2019.
A trois mois des élections municipales, une étude de Greenpeace, Réseau Action
Climat et Unicef sur les actions contre la pollution des transports menée par les
douze principales agglomérations a été étudiée avec précision. Paris, Grenoble et
Strasbourg sont en bonne voie.
Dans la lutte contre la pollution et les émissions de gaz à effet de serre engendrées
par les transports, les maires sortants vont devoir rendre des comptes sur leur action.
L’étude publiée ce mercredi 11 décembre à 95 jours du premier tour des élections
municipales devrait permettre aux futurs électeurs de faire leur choix en connaissance de
cause.
"31 % des émissions de gaz à effet de serre sont produites en France par le
transport et 94% des émissions de ce secteur sont dues au transport routier, rappelle
Lorelei Limousin, responsable transport au Réseau action climat. La Cour de justice
européenne a déjà condamné la plupart des villes françaises présentes dans ce
classement pour non-respect des normes de qualité de l’air de l’Organisation mondiale de
la santé."
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"Aucune grande agglomération ne présente un bilan parfait et nous sommes
toujours en retard par rapport à certaines villes européennes comme Copenhague,
Amsterdam, Oslo ou Zurich, bien plus avancées", précise Sarah Fayolle, chargée de
campagne transports à Greenpeace France. Mais certaines agglomérations françaises ont
entrepris des efforts importants au cours des dernières années et s’en rapprochent
comme Paris, Grenoble et Strasbourg.
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SEANCE 21 : Concevoir et interroger des sujets d’écriture personnelle (Le défi
climatique de Paris)
Pour cette dernière séance, les étudiants sont invités à concevoir des sujets
d’expression personnelle possibles à partir du corpus étudié en séance précédente.
Modalités de travail :
- Les étudiants sont invités à relire les notes prises lors de la séance précédente,
- Chacun propose, sur des papiers libres, deux sujets d’écriture personnelle en lien
avec le corpus étudié,
- Les papiers sur lesquels sont notés les sujets sont remis à l’enseignant.
Modalités de travail :
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DAVANTAGE DE RESSOURCES
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