Guomindang
Il s’agit du plus ancien parti politique de la Chine
contemporaine.
Il a été créé le 25 Août 1912 par le regroupement de plusieurs
groupes révolutionnaires menés par Sun Yat-Sen, dans la province du
Guangdong. Le parti se considère comme démocratique et socialiste
modéré.
Song Jiaoren, proche collaborateur et meneur du parti, réussi à
gagner la majorité à l’Assemblée Nationale. Mais, Song sera
assassiné le 20 Mars 1913 à la gare de Shanghai.
Beaucoup soupçonne le président Yuan Shikai d’avoir organisé cet
assassinat. Celui-ci voulait obtenir d’important prêts à l’étranger. Le
Guomindang, opposé à cette politique, est alors chassé de
l’Assemblée et interdit. Shikai fait même dissoudre le parlement pour
endiguer la menace.
Plusieurs partisans sont arrêtés ou tués
Sun Yat-Sen fuit au Japon, lieu ou il réorganise un parti
révolutionnaire. Il retourne en Chine en 1918 pour tenter d’y former
un gouvernement rival à Canton ou à Shanghai.
Cependant, par manque d’argent, de moyens militaires et
d’expérience, ces tentatives échouent.
En 1922, des agents du Komintern lui proposent leur aide et l’incite à
reformer le Guomindang. C’est à ce moment que Sun expose son
idéologie : les ” 3 Principes du peuple ”, démocratie, socialisme et
nationalisme anti-impérialistes.
Sun se base alors à Canton et reçoit l’aide monétaire et militaire de
l’Union soviétique. Le Parti Communiste Chinois s’allie alors avec le
Guomindang pour lutter contre les seigneurs de la guerre.
Une expédition du Nord commence à être envisagée pour pacifier la
Chine, en réduisant les seigneurs et, à termes, s’emparer du pouvoir.
Cette expédition sera organisée par Tchang Kaï-chek, il créé l’Armée
nationale révolutionnaire et prend les rênes du parti. Il trahi ses alliés
et les élimines à Shanghai puis à Hankou.
Les gouvernements tente de s’opposer à Tchang mais tous jettent
l’éponge dès Septembre 1927 et se rallie à son gouvernement fondé
en Avril à Nankin.
En 1928, Le Guomindang s’empare du pouvoir et instaure un parti
unique, mêlant confucianismes au fascisme. Ses forces armées
deviennent l’armée officielle de la République. Le drapeau officiel de
la Chine arbore alors l’emblème du Guomindang. On appelle cette
période, la ” décennie de Nankin ”. Cependant, il y’a une opposition
au sein du parti, notamment avec Li Zongren.
Ce dernier monte avec les seigneurs de la guerre, une coalition qui
combat les troupes de Tchang en 1930, c’est la guerre des plaines
centrales. Mais Tchang remportera une nouvelle victoire.
En février 1931, Tchang fait arrêter le chef du comité central du
Guomindang Hu Hanmin à la suite d’un désaccord sur la constitution.
Hu Hanmin se fera relâcher peu de temps après et se réfugie dans le
sud de la Chine avec sa faction et demande la démission de Tchang.
Tchang n’est pas officiellement le chef du parti, il a même du
renoncer au poste de président de la République à la suite de
l’invasion du Japon en Mandchourie. Cependant, il domine le parti
grâce à sa position de chef des armées.
Afin de lutter face à la politique expansionniste du Japon, Tchang
doit s’allier avec ses anciens ennemis et créé un deuxième front uni.
Une alliance qui sera superficielle et emprise de tension.
En 1938, la guerre est désormais ouverte avec le Japon, le siège du
gouvernement passe de Nankin, à Wuhan et Chongqing. Chaque ville
se faisant bombarder par les Japonais. Chongqing sera la dernière
base à partir de 1939 jusqu’à la fin de la guerre.
En 1945, afin d’assurer un maintien du Guomindang ( qui est le parti
officiel de la Chine ), les Américains organisent un pont aérien
permettant aux nationalistes de gagner la course au désarmement
des Japonais et donc de maintenir la prise des territoires occupés.
Par la suite, Le guomindang rentre de nouveau en lutte face à
l’armée populaire de Chine menée par Mao Zedong.
Mais le manque de soutien populaire et la défection des
Nationalistes ont pour conséquence la défaite du Guomindang, et la
proclamation, le 1er octobre 1949 de la République Populaire de
Chine.
Le Guomindang se réfugie alors à Taïwan, en conservant quelques
îles du territoire, et continue de se proclamer seul gouvernement de
Chine, en vain.
Le Guomindang se maintiendra longtemps au pouvoir à Taïwan au
cours de ce que l’on appelle la ” Terreur Blanche ” une période
répressive pour les habitants de Taïwan de 1947 à 1987.
De 1980 à 1990, le gouvernement de l’opposition est en place, mais,
une affaire de corruption fera regagner la majorité au Guomindang
aux élections régionales de 2006.
En 2008, il remporte les élections législatives et obtient 85 des 113
sièges au Parlement.
Le 22 Mars 2008, le candidat du Guomindang Ma Ying-Jeou devient
le président avec 58,45% des suffrages. Cette élection laisse
entrevoir un apaisement des tensions.
Effectivement, il souhaite reprendre les pourparlers avec la Chine en
se basant sur le consensus de 1992, et mettre l’accent sur l’aspect
économique, tout en déclarant que la République de Chine est une
nation souveraine.
En 2016, le Guomindang perd le pouvoir au profit du parti démocrate
progressiste. Des enquêtes sont menées sur le parti pour déterminer
les biens accaparés illégalement lors de la période du parti unique.
Le Guomindang forme avec le Qinmindang la coalition pan-bleue,
favorable à l’idée d’une réunification avec la Chine, face à eux, la
coalition pan-verte, eux favorables à l’indépendance de Taïwan. C’est
la coalition pan-verte qui remporte largement les élections en 2016.
En 2020, le Guomindang reste dans l’opposition, mais reste
cependant très loin du parti démocrate, il ne prend que 3 sièges
supplémentaires au Parlement.
En octobre 2020, les députés du Parti alertent sur la menace que
représente le parti Communiste Chinois pour Taïwan et demande à la
présidente de se rapprocher des États-Unis. Des demandes qui
seront acceptés à l’unanimité.
En 2021, le nouveau président du Guomindang est Eric Chu, candidat
modéré souhaitant une bonne relation avec la Chine sans pour
autant se réunifier avec. Il est élu avec plus de 50% des voix, c’est la
première fois dans l’histoire du parti que cela arrive.
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