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ART PH

Ce document discute de la nature du langage humain et de sa distinction avec la communication animale. Il présente les perspectives de plusieurs linguistes comme Benveniste, Von Frisch et Pinker sur le sujet, soulignant que le langage humain repose sur des signes complexes plutôt que des signaux fixes et qu'il implique une réciprocité absente chez les animaux.

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Ce document discute de la nature du langage humain et de sa distinction avec la communication animale. Il présente les perspectives de plusieurs linguistes comme Benveniste, Von Frisch et Pinker sur le sujet, soulignant que le langage humain repose sur des signes complexes plutôt que des signaux fixes et qu'il implique une réciprocité absente chez les animaux.

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Le langage

Opinion commune : le langage est un instrument de comunication, un moyen qui sert à véhiculer des informations

Mais cette instrumentalisation ne doit pas être Un outil est un instrument fabriqué. Or le langage n'est pas fabriqué,
comprise comme un outil. Le langage est un c'est une partie naturelle. On ne peut pas posez le langage dans un
instrument, non pas un outil. Dire qu’il est un coin comme un objet.
instrument, c’est dire qu’il y a quelque chose Voici ce que dit le linguiste Benveniste dans son ouvrage Problème
de naturel en lui. de linguistique générale : «Le langage est dans la nature de l'homme
qui ne l'a pas fabriqué »

Il faut parvenir à une définition du langage Si le langage est un instrument de communication, cela signifie que
plus large qui va au-delà de la communication. le langage est ni poésie, ni littérature et ni instrumentalisation à des
fins politiques. Or cela est faux.

Ex 1: dans les régimes totalitaires qui utilisent le langage pour faire


de la propagande et enjeu de pouvoir (1984, George Orwell)
Ex 2 : pour montrer un engagement ou encore une fonction
performative, comme lors d'un mariage par la parole “oui, je le veux”
Ex 3 : querelles idéologique sur la féminisation des termes du
langage
Ex 4 : quand nous disons que nos paroles ont dépassé nos pensées,
nous faisons l'expression d'un manque de maîtrise à l'égard de cet
instrument qui est le langage.

Dire que le langage est seulement un moyen de Ex : un nourrisson à qui on ne parle pas finit par mourir. Ce qui
communication néglige la pluralité des preuves montre que le langage nous structure socialement, et que l’homme
qui font que le langage est consubstanciel à est définie en langage et en culture. Si on ne parle pas, on ne peut pas
l’homme. avoir une structuration psychique.

Il faut bien préciser les caractéristiques du Le préjugé, c'est que les animaux parlent. Or, il faut distinguer le
langage et déterminer qui utilise le langage et langage des êtres humains et la communication animale. On relie le
qui ne l'utilise pas. langage plutôt à l'humain qu'à l'animal.

Cette réflexion sur le langage a le mérite de Les animaux communiquent par signaux alors que les hommes
nous permettre d'aborder ce qui rapproche et communiquent par signes.
qui sépare l'homme de l'animal. Or il y a une différence entre signaux et signes, d’où découle la
différence majeure entre l'homme et l'animal, sans qu'on puisse se
prononcer sur si c'est une différence radicale ou de degré.

Donc cette question du langage est une question difficile car en tant qu’être humain, nous baignions dans le langage.
La définition du langage n'est pas fait de déterminisme, mais elle pourrait etre : une faculté pour l'homme de produire
et de civiliser une langue ; alors que chez les autres êtres vivants comme les espèces animales et les espèces végétales,
il y a un système de communication, mais on ne parle pas de langage.

Questions : Quelles sont les finalités du langage ? Peut-on atteindre une communication parfaite ? N’est-il au contraire
riche donc qu'il peut pas communiquer ? Et qu'il permet un jeu avec de l'engage par poésie, par littérature ? Comment
pourrait-on avoir de la poésie et de la littérature si la communication était totale ? Le langage ne quitte-t-il pas un
rapport avec la recherche de la vérité qui se mépris de la communication pure et simple ?

I. De la fonction instrumentale du langage et ses limites

A) La fonction instrumentale

L'approche la plus banale est d’envisager que le langage est comme un instrument de
communication. Quand on communique, on envoit un message, une information ou encore un
caractère, tout cela devant etre objectif et neutre. Car pour que cela se passe bien, il faut que le
message soit clair.
De fait, cette communication chez l'homme passe par les mots. Donc comment différencier la
communication humaine et animale ?

Emile Benvenist : le langage est-il un instrument de communication ?

Carl von Frisch est un Autrichien du 19e siècle, et un ethnologue de la langue allemande. Il a
étudié les comportements des abeilles et a fait une recherche sur leur sens de l'orientation.

Carl a découvert que les abeilles communiquent de manière Carl a découvert que les abeilles ont une danse en forme de
principalement matérielle, corporelle et physique. 8, pour indiquer la distance où se trouve la nourriture.
Leur comunication est faite d’un code composé de signaux,
cad d’éléments physiques qui déclenchent une réaction.

Cette manière de communiquer s'inscrit dans le patrimoine Leurs signaux n’ont jamais varié depuis l'apparition de cet
génétique des abeilles. C’est donc une communication qui espèce.
procède par des signaux et qui sont invariables.
Par conséquent, ce code ou encore ce signale éthique est Dans ce sens, la nature est donc considéré comme un ordre
naturel. du déterminisme biologique, qui n'est pas modifiée par la
culture.
On ne peut pas confondre cette communication avec celles Chez les animaux, on parle de comportement mais pas de
de la communication humaine. En effet, la communication conduite. La conduite fait partie de notre libre arbitre et est
animale est du pure mécanisme et il n'y a pas une once de résultats de nos choix. Le comportement est ce que l'on
liberté dans ce comportement. C’est pourquoi les abeilles subit et ce qui est naturel.
attendent aucune réponse de son entourage, sinon un certain
comportement.

En conséquence, il n'y a pas de dialogue chez les abeilles. Il n'y a pas de transmission véritable entre les abeilles, il n’y
a pas de réciprocité des échanges car tout est réduit à des
Car le dialogue implique une réciprocité et beaucoup plus mécanismes.
que des signaux. Le dialogue demande un véritable langage,
qui renvoit à des mots et des signes. Or ce qui est véhiculé « L'abeille ne répond pas à un message, elle réagit à un
par les abeilles est un message fixe sous la forme d'un signal. » = aucune abeille émet un message / dit quelque
signal, et les réactions éventuelles à ces signaux.
chose à une autre. Elle ne fait que réagir.

Une réaction signifie de se laisser aller sur ce qu'on reçoit et


sur ce qu'on entend.

En effet, le langage humain est beaucoup plus subtile car Il y a plus de degrés que le langage des abeilles. C'est
elle n'est assignée à la fixité des signaux, mais à de signes, pourquoi on peut jouer avec des mots.
qui en sont plus complexes.

La communication entre être humain ne s'entretient pas à


une action ou au moins à une pure réaction.

Elle n’est aussi pas seulement naturelle.

CCL : c'est pourquoi on parle d'une part du langage humain et d'autre part de la communication animale.

Ferdinand de Saussure : le langage humain et ce qui le distingue de tout les autres

En effet, le langage humain obéit à une double articulation Le signifiant désigne l'image sonore du mot, le mot tel
entre signifiant et signifié. qu'on l'entend, qu'on peut exprimer en phonétique.
Le signifié correspond à l'idée que le mot exprime.

Donc quand nous apprenons une langue, ce n'est pas Ex 1: il y a des signifiés dans le mot « sœur » suivant le
seulement apprendre un système de dénomination car les contexte. Il peut y avoir un sens filial, un sens figuré, mais
mots n'ont pas les mêmes étiquettes. Toute langue possède aussi un sens religieux.
son propre approche culturelle. Ex 2 : c’est pourquoi, certains peuples du Grand Nord ont
énormément de mot pour décrire la neige, alors que nous
C'est pourquoi certaines langues ne vont pas utiliser avons moins de mots pour le décire.
certains mots, car il n’y pas de contexte approrié dans le
milieu dans lequel la langue s’est développée. Ce sont les
contextes qui éclaircissent ce que signifie les mots.

Qu'est ce qui fera dire au philosophe Withgeinstein : « les


limites de mon langage sont les limites de mon propre
monde. »

Steven Pinkers : l’instinct du langage

Biographie
C'est un psychologue qui étudie les sciences cognitives, c'est-à-dire les sciences qui s'interrogent
sur les processus d'expérience et d'apprentissage.

Steven affirme que chez les hommes, il y a un instinct En effet, la question de l'homme de l'animal n'est pas
langage. Il conteste l'idée que l'homme n'aurait pas encore tranchée aujourd'hui. Une première définition inclut
d'instinct, (comme le dit Kant) en affirmant que le langage l'homme, alors que l’autre définition exclut l'homme du
est un instinct primordial de l’homme. champ de l’animalité.

Cela tend à nous rapprocher de l'animal. Si bien que la place de l'homme dans la nature est
extrêmement problématique, car il a une place dans la
nature, mais il n’est pas un animal comme le reste.

La thèse de Steven Pinkers : il y a une part de culture dans Steven Pinkers dit que le langage est inscrit naturellement
le langage, mais aussi une part de nature. en homme, dans l'homo sapiens.

« Le langage n'est pas un produit culturel qui s'apprend,


comme on apprend comment lire l'heure ou comment
fonctionne le gouvernement de son pays ».

Dire qu’on n’apprend pas le langage implique que ce n’est L'exemple des enfants sauvages (Victor de l’Averon) décrit
pas un outil, mais un instrument. par Lucien Malson : cette exemple nous montre que le
développement du langage est la condition sans laquelle
Donc on ne peut pas dissocier le langage de nous meme. Il nous ne sommes pas véritablement des êtres humains.
est inscrit dans notre nature comme sont inscrits les On apprend alors que ces enfants sont ni hommes ni bêtes.
instincts chez les animaux. Il s’agit d’une processus Ils ne sont pas des bêtes car originellement ils ne marchent
naturel en l’homme.
pas à 4 pattes, mais en même temps ils ne sont pas des
hommes, car ils ont raté la période où le langage se
Le langage est une aptitude merveilleuse réservée aux êtres
humains et grace auquelle il se structure. Ainsi la développe. Et comme ils n'ont pas pu développer le
possession du langage est de cet instinct langagier est langage humain, ces enfants n'ont pas pu actualiser leur
nécessaire puisque sans lui on ne peut pas se développer en humanité. Ils ont jamais parvenu à intégrer dans la société
tant que homme complet. humaine et il n'a jamais pu développer son langage, car la
période où il devait apprendre le langage a dépassé.
Finalement, l'homme est un être qui parle. Le langage est
consubstantiel et fondamental à l'être humain et pour son Malson étudie les enfants sauvages qui sont pour la plupart
humanité. trouvés dans les forêts en Europe et qui ont été nourris et
grandis parmi les animaux dès leur jeune âge.

En outre, un être humain qui ne pourrait pas développer


son instinct langagier serait atteint de troubles mental.

En conclusion provisoire, Emile Benveniste dit : « Le


langage est dans la nature de l'homme qui ne l'a pas
fabriqué. »

Le langage n'est pas simplement le fait de parler avec des


mots. Cela peut être également la langue des signes, dans
le cas des aveugles / des muets.

Il faut tout de meme dissocier la pensée du langage qui n'a


pas de sens. Car ce qui est inhérente à l’homme, c’est la
faculté d'exprimer quelque chose par des signes et des
symboles (chose qui ont du sens)

Une approche purement technique du langage et les sophistes

Toutefois, l’homme peut se servir du langage comme il se On apprendrait alors à parler au sens d'une maîtrise
serve d'un outil ; c’est-à-dire non pas comme un technique dont on pourrait dégager des règles standardisées
instrument, mais un instrument fabriqué. et que tout le monde pourrait utiliser.
On parle ici de l'image purement technique du langage, un
outil de communication que tout le monde peut maîtriser.

C 'est justement ce que faisait dans l'Antiquité les sophistes Contexte : avec l'avènement de la démocratie, apparaîssent
qui enseignaient à leur clientèle à bien parler. de nouvelles professions, qui impliquent de prendre de la
Les sophistes ont une clientèle et n'ont pas des élèves car parole en public. Car pour que cette démocratie
ils ne gagnent de l'argent en enseignant leur clientèle la participative existe, cad pour que tout le monde puisse
rhétorique. intervenir dans la politique, il faut avoir la pratique de la
parole. C'est alors le job des sophistes.

C'est dans cette logique que l'usage du langage est Les sophistes vont alors se servir du langage comme une
considéré uniquement du côté de l'efficacité et du pouvoir arme pour asseoir son pouvoir sur les esprits.
Ils enseignaient les techniques de la cour, de la prise de la
pris sur les esprits. parole, et le discours fort qui consiste à soutenir une thèse
et son contraire.

Avec les sophistes, le rapport au langage devient purement Les sophistes, à la différence de Platon, voyager de ville en
technique. Il s’agit d’apprendre à se servir du langage pour ville et de cité en cité, et contestaient la relativité de toute
nourrir la rhétorique. chose. Le but des sophiste est alors d'enseigner les
La rhétorique est un usage du langage qui est purement méthodes de la cour, et non pas de chercher la vérité.
pragmatique, voire tourné vers l'utilité.
Chez Platon, il faut combattre au relativisme qui nous
C'est donc un aplatissement du langage dans la égare de la vérité et des essences (ce que les choses sont en
communication, ce qui n'est pas du tout tenable. elles-mêmes)

Mais en même temps, il ne faut pas diaboliser les Humanisme : c'est à l'homme (et non pas à une
sophistes, car ils ont un rôle dans la philosophie. transcendance) de créer ses propres valeurs universelles qui
En effet les sophistes sont les premiers humanistes. vont guider ses actions. L'homme devient alors le centre du
monde (pour une nuancer, cette humanisme peut être aussi
Protagoras a dit : « L'homme et la mesure de toute chose. comprise comme une promotion de l'individualisme et du
relativisme, ce que reprochent les vrais philosophes comme
Platon.)

C) Cette réduction de la communication est intenable pour plusieurs raisons

Kant : avoir conscience de soi, le privilège distinctif de la personne humaine ?

La thèse de Kant : « Posséder le je dans sa représentation » C’est l’idée que la conscience de soi se constitue à travers
Cela veut dire se poser comme un sujet humain à travers le le langage.
pronom personnel je. Le sujet humain doit donc se
constituer comme un être conscient, et cela à travers le
langage.

La différence entre l'animal et l'homme, c'est que l'homme La conscience spontanée et immédiate : c'est le sensible, le
possède une double conscience : une conscience réfléchie ressentie, et se fait au détriment de la réflexion. C’est une
et une conscience spontanée. conscience quasi-animale, déréalisée et désintéressée des
choses.
La conscience réfléchie que seule l’homme possède est
absolument nécessaire pour le langage et l’usage du La conscience réfléchie : c’est une conscience qui prend
pronom personnel je, car c’est par où elle passe. recul par rapport aux états de la conscience immédiate.
C’est une conscience qui analyse, qui prend le temps pour
examiner la situation et possède la capacité d'analyser soi-
même / s’auto-rélfechir.
C'est une conscience qui articule 2 positions : la position
du sujet et la position d'objet. La position d'objet est
étudiée par le sujet réfléchi.

Chez les animaux, l'absence de la conscience réfléchie fait Un animal domestique ne peut pas comprendre nos paroles
qu’ils sont des êtres qui ne communiquent que par des en soi, mais il peut assimiler nos mots à des sentiments.
signaux et dont la communication peut ne qu’évoluer par Donc le fait de vivre aux côtés d'un animal modifie quand
contact. même la conscience de l'animal, car celui-ci apprend de
l'être humain. Malgré tout, l'animal ne possède pas de
Les animaux ne savent que réagir et ne communiquent que conscience réfléchie, et sa communication reste sensoriel et
par leur état sensoriel et de manière mécanique. mécanique.

Le moment où l'être humain parle en je, cad quand il Dans l'évolution humaine, l'enfant va passer de la 3e
devient conscient, est aussi le moment où il est capable de personne à la première personne.
parler de sa pensée.
Ce passage va être décisif parce qu’à ce moment-là, il sera
en mesure de se développer en tant que sujet et de
conquérir véritablement sa liberté.

CCL : En conséquence, le rapport pensée-langage doit être Quand on est dans un monde on est conditionné à
examiné car le langage n'est pas seulement un système de communiquer et à réagir, notre liberté disparaît. C'est ce
communication : c’est aussi un moyen par lequel l’homme qui se passe dans les régimes totalitaires (la novlangue).
prend conscience de soi et de sa faculté à penser.

Si on rabat le langage à la communication, cela reviendrait


à priver l'humain à sa faculté à penser.

II. La pensée et le langage sont le propre de l'homme


Le langage est le propre de l'homme, c’est une aptitude On va voir qu’il n'est pas seulement de l'ordre d'un
purement humaine. instrument de communication et ni d'un outil de
communication qu'on utilise de manière technique, comme
le fait les sophistes.

Car le langage est la preuve de la pensée qui constituent Un etre pensant veut dire un être qui est capable de douter,
notre être. En effet, c’est parce que nous sommes des êtres de vouloir ne pas vouloir d'affirmer, de nier.
pensants que nous possédons le langage. Le langage et la
pensée vont ensemble.

Pour comprendre toutes les différences de nature qui différencient l'homme et les animaux, on
évoque souvent les théories machine-animale chez Descartes. Dans Lettre au marquis de
Newcastle, Descarte développe cette idée en insitant sur une différence radicale qui nous sépare
des animaux.

Le fonctionnement des animaux est un fonctionnement À ce titre, Descartes met en avant un modèle mécaniste
purement mécanique qui exclut toute forme de conscience pour comprendre le fonctionnement de la nature. Il est plus
ou d'âme. facile d'expliquer les lois naturels en termes du mécanisme,
pour les comprendre.
Chez les animaux, il n'y a pas d'âme. Il y a juste du
mécanisme. L'animal est donc compris comme de la La nature n'est donc pas formée de choses occultes, mais
matière qui s'étend dans l'espace et qui peut être découpé. elle est comprise comme des mécanismes.

Cela implique que tous les corps (hommes, animaux…) ont


une partie fixe dans l'espace, donc ils obéissent au modèle
mécaniste de la nature, à son déterminisme et à son
fonctionnement répétitif.

Mais l'homme possède d’autres substances qui est l’âme et Puisque l’homme est un etre doté d’une ame et donc de la
la pensée et éventuellement le langage. Il n'est pas donc pensée, il a la faculté au langage.
entièrement fait de matière mécanique et ne peut pas etre De meme, la pensée est ici ce qui peut ne pas être travaillé
étudiée de manière mécanique. et étudié de manière mécanique.
On voit que les trois substances qui consistuent l’homme,
ne peuvent pas etre étudiées sous un modèle mécanique.

A) René Descartes : Lettre au Marquis de NewCastle


Il y a du symbolique chez les humains pour avoir du symbolisme il faut du langage et de la
pensée chez les animaux il n'y a que des signaux.

Il y a une différence de nature, radicale, entre l'homme et Descartes se distingue de Montaigne et de Charron qui
l'animal. sont des hommes de la Renaissance, des humanismes
qui considèrent qu'il y a plutôt une différence de degré
Descartes reprochent à aux humanistes d'entreprendre un entre l'homme et l'animal et non pas une différence de
anthropomorphisme, c'est à dire le fait de donner de projeter nature.
des caractéristiques humains sur des animaux et autres, de
manière infondée.

Comment expliquer cette rupture de compréhension entre Avant le 17e siècle (depuis l'Antiquité), la nature était
l'homme et l'animal, entre l'âge classique et l'âge moderne ? comprise de manière qualitative, en terme de forces
occultes et cachées.
La manière de représenter la nature ou le vivant a
complètement changé au 17e siècle car des philosophes ont Mais avec Galilée, Descartes, etc… la nature devient
fait de la nature une chose qu’on peut soumettre aux calculable et la physique est mathématisée.
expressions mathématiques.
Ex : Galilée écrit dans le grand livre de la nature en
caractères mathématiques, faisant une promotion de la
raison.

A partir du moment où la nature devient calculable et Exemple : à l'époque l'Eglise interdisait de dissequer les
quantifiable, quand les lois scientifiques peuvent être corps qui étaient considérés comme sacré. Pour pouvoir
formalisées en termes mathématiques, alors la nature va continuer ses recherches, Descartes devait aller dans des
pouvoir être expliquée de manière mécaniste / avec un abattoirs pour dissecter les animaux.
registre rationnel. On voit bien qu'il y a un effort, un risque effectué pour
pouvoir faire progresser la science en tant que savant.
Autrement, la nature / le rapport au vivant va etre désacralisé.

Concrètement, cette désacralisation se voit par la mise en Le créationnisme est une représentation appuyée sur la
place de la théorie mécaniste de Descartes : c'est une théorie doctrine religieuse qui dit que les espèces ont été créés
qui s'affranchit de Dieu et rejette l'intervention divine dans la tel qu'elles étaient aujourd'hui.
nature. Cette représentation est l'ordre de la croyance et non pas
de l'ordre de la science qui repose sur des recherches
De là on peut étudier la nature de manière rationnelle, objectives.
détachée de la représentation créationniste et de l'ordre des
croyances. Quand on a affaire à cette conception de la science Descartes : « Ma philosophie ne considère que des
classique non pas de la religion, on va pouvoir rationaliser les grandeurs, des figures et des mouvements comme le fait
processus de la nature et de les convertir en lois. la mécanique. »

Ainsi, dans la conception cartésienne les animaux Exemple : parallélisme l’animal et pure mécanisme ;
fonctionnent par des ressorts c'est-à-dire mécaniquement. entre l'hirondelle et l’horloge car l'hirondelle revient
chaque année comme toute horloge qui marque les
L'instinct animal est pure mécanisme. Voilà pourquoi les heures. Il y un processus mécanique dans les deux.
animaux sont ramenés à des corps obéissants au
fonctionnement mécanique.

Ces animaux sont considérés comme des purs corps, ils Dans cette même esprit l'animal ne peut pas choisir car
n'ont pas d'âme donc aucun principe d'immortalité en eux. il faut une âme pour pouvoir faire cela.
L'animal est uniquement du côté des corps ne pense pas et
donc ne parle pas.

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Leur communication repose sur des signaux qui sont Alors que les animaux domestiques peuvent donner
déterminés par divers stimulis (besoins vitaux et états l'illusion de parler, en réalité c'est qu'on les entraine à
sensibles comme la peur la joie et la tristesse). parler par répétition et par habitude. Ils sont conditionné
à parler en donnant une récompense.

Ces signaux n’ont pas pour finalité la signification le sens Exemple : signaux danse des abeilles déclenche action
mais plutôt l'action, car les signes déclenchent une action. chez d'autres abeilles.

La réalité est que les animaux n'ont pas de pensée, c'est ça qui Ainsi, on peut dresser les animaux à parler mais leur
fait qu'ils n'ont rien à exprimer et donc ils peuvent parole reste mécanique.
communiquer mais ils n'ont pas de langage.

Les hommes, eux, sont considérés à partir du corps, de l'âme, C’est ce que fait que l'homme a des passions car la
et de l'union du corps et de l'âme. passion et l'action de l'âme sur le corps.

L'homme possédant une âme, qui est immortelle, ne peut pas Exemple : si la cloche sonne l'homme ne va pas réagir
etre réduit à un pur corps qui est mécanique, et en cela mécaniquement. Cet exemple montre que l'homme a
possède de la liberté. effectivement une liberté, un libre arbitre et il n'est pas
Il est puissance de choix et ne se soumet pas à des règles un automate.
purement mécaniques.

A la différence des animaux, il y a du sens et de la Même les fous parlent et pensent. Même les muets
signification chez l’homme, car son langage, instrument de sa parlent, avec la langue des signes.
pensée, véhicule des signes et des symboles.

Tous les hommes utilisent des signes de manière à propos : ils Même les fous ont leur propre pensée et leur propre
utilisent des signes qui font sens et qui a leur propre logique. cohérence, qui n'est pas forcément rationnel mais qui est
quand même une pensée.

CCL : on voit que le langage humain n'est pas du tout La parole une fonction expressive par rapport à la
mécanique, et pour cela on parle de la parole. Elle est pensée : elle est donc ce qui manifeste un sens et fait la
beaucoup plus complexe, car elle fait appel à des signes et des rencontre avec l'autre.
symboles, un sens, un contexte, et la pensée. Le langage relie On ne se contente pas de mettre un message mais on
tout cela. porte des paroles sur plusieurs registres.

Le langage n'est pas simplement un système de


communication avec des signaux et pas simplement une
nomenclature (des étiquettes qu’on poserait à des choses)

Sur la diversité des langages (à la suite du raisonnement)

Le langage ne peut pas etre réduit à une nomenclature car par exemple sa date en portugais n'est pas traduisible en
il existe une diversité de culture qui se relfète par une français ou encore une emlich en allemand qui veut dire
diversité de langage. inquiétante étrangeté de pas cette traduction ne enclope pas
la signification entière du terme ou de dépression en
Les mots sont porteurs de culture. La dénomination dépend Allemagne. car le prisme des couleurs n'est pas les mêmes
de la culture auquel on appartient. Pour bien traduire, il en Occident qu'en Afrique.
faut une immersion dans la culture du langage qu’on
traduit, et déjà il y a des mots qui ne peuvent pas se
traduire d'un langage à un autre.

Sur une langue unique : reve ou cauchemar ?

Le rêve ou cauchemar serait de créer une seule langue de Ce mythe reflète le rêve d'être aussi puissant que le plus
langue unique, cette question dit quelque chose sur la puissant qui est Dieu. Les hommes voulaient construire
portée du mythe biblique de la tour de Babel. une toure qui permettrait d’atteindre le divin. En
conséquence Dieu va briser la tour et le châtiment est la
diversité des langues qui empeche le travail commun.

Dans la meme réflexion, nous pouvons évoquer le cas de L’Espéranto est une langue qui a fait pour vocation d'être
l'Espéranto : elle incarne l'idée de dépasser la barrière de la langue unique, une langue universelle que tout le monde
la langue en utilisant une langue standard. pouvait parler et qui permettait au peuple de se
comprendre.

C’était le rêve ou le cauchemar d'une langue unique qui D’une part , l’Espéranto était un rêve / utopie que tous les
permettrait à tous les peuples une entente cosmopolite, sur peuples de la Terre puissent se comprendre et elle contient
laquelle les peuples peuvent s'animer. cette dépassement des diversités des cultures.

Cela peut être un cauchemar aussi en prenant l'exemple de


la novlangue qui enlève la liberté de penser en réduisant la
langue.
Eventuellement, cela n'a pas bien marché car cette langue Le défaut, c’est qu’elle a peiné à produire sa propre culture
est liée à aucune culture. Or chaque peuple est rattaché à sa fédératrice.
propre culture et ne souhaite pas diluer sa culture pour ce
langage

CCL : on voit donc que la langue est tout le temps sur la D’un côté, elle est tentée par l'uniformisation (mais qui
ligne de crète. n'est pas favorable pour le développement de notre
sensibilité esthétique et notre esprit critique).

D'un autre côté, une diversité peut etre source de créativité


car elle permet de jouer avec des mots. L'ambiguïté des
mots permet d'apprendre la nuance et les différences de
registre (le propre et le figuré).
Cette joie des métaphores et des images donnent à penser
et empêche de tout prendre au pied de la lettre.

B. Paul Ricoeur : traduire, est-ce trahir ?

 Introduction : les trois constats sur le langage


1. Il y a un constat de la diversité des langues.

2. Le langue est un marqueur de l'humanité, au même titre que d’enterrer L'homme a toujours été caractérisé par son
ses morts, de fabriquer des institutions et de parler à travers sa langue humanité et le fait qu'il fabrique.
maternelle ou d'autres.

Le langage est donc une faculté qui est inné à l'homme, qui peut être
amené à un instinct naturel, pour reprendre les termes de Steven Pinkers.

3. La diversité des langues fait que l'homme pratique l'exercice de la


traduction.

Si le tout les hommes possèdent le langage, pourquoi existe-il une


diversité des langues et ainsi la nécéssité de traduire ?

En effet, si le langage est naturelle, les langues ne le sont pas.

Le langage est une faculté naturelle de l'homme

Mais les langues ne sont pas naturelles, car elles sont des systèmes de
sons et de signes qu’instaure une culture.
Le développement des langues est un fait anthropologique, socioculturel,
qui est peut etre celui d’une groupe ou d’une pratique particulière.

D’ailleurs, la diversité des langues renvoie elle-même à la diversité des


cultures.

Le texte se développe autour du 3e constat. Idée du texte : « traduttorer, traditore » =


traduction, trahison.
En effet, le texte pose le problème, qui est le fait que la diversité des
langues semble paradoxale car elle est inutile et nuisible. C'est un Ici, trahir veut dire :
brouillage de la communication. - tromper, décevoir
- mais aussi exprimer la vérité, ce qui est
Il est alors proposé une alternative à ce problème : la traduction. indissimulable (la rougeur de son visage
De là découle la vraie problématique, qui est le problème de la trahit ses mots)
traduction : traduire, est-ce trahir ?

Deux réponses sont envisagées à première vue : on peut traduire et on ne


peut pas traduire, car la traduction serait une trahison .

 Que fait-on quand nous traduisons un texte ?

Traduire : créer une œuvre à part entière ?


La traduction est le travail pour ramener dans la sienne une
langue qui lui est étrangère. Cela consiste à interpréter, à se
confronter à son caractère étranger.

La langue étrangère se représente à nos yeux comme


« umheilich », Elle comporte des termes qui ne portent
aucun équivalent dans sa propre langue.

Par conséquent, le passage d'une langue à une autre n'est pas Autrement dit, dans la traduction, il y a un travail sur la
un passage mécanique, mais c'est un passage que le langue et il y a une véritable richesse dans ce travail.
traducteur va créer. Il va tracer le chemin qui conduit d’une
langue à une autre. Parler une langue et s'intéresser à une langue, ce n'est pas
chercher l'exact équivalent à notre langue, car cela serait
Et comme toute interprétation, il en existe plusieurs. de la simple communication.

C’est un travail qui s'inscrit dans une époque et dépend de la Exemple : la traduction de Shakespeare en Japonais ne sera
sensibilité et la culture de chacun. pas la même en Allemagne.
Il s’agit d’y ajouter sa touche personnelle, sa perception, sa
sensibilité, sa culture, la vivacité de son esprit.

Donc traduire nous met face à l’énigne du cœur de ce qu’on


est entrain de traduire. Quand on traduit, on amène ce qui
est étrange à quelque chose de familier.

On traduit à partir de son immersion dans sa culture.

CCL : on ne peut donc pas traduire de manière unilatérale et


identique. Meme la tentation de le faire est en vain.

Une traduction est ce qui fait trait d'union entre la culture du


traducteur et de l'œuvre qu'il interprète.

Traduire : retrouver la langue commune à l’humanité ?


Le problème que pose Paul Ricœur, c'est de savoir si, quand
on traduit quelque chose, on atteint un fond commun qui
serait une langue commun à tous les hommes.

C’est l'idée que traduire serait revenir à l'origine / début de Référence à l'âge du Babel, l’age d'or où tout le monde se
l'humanité, en retrouvant la langue originale / adamique que reconnaîssait et se comprenaient tous.
nous aurions perdu.

Cependant, c'est une utopie spirituelle : la traduction venant


réveiller la parole qu'on aurait perdue et mettant fin au
conflits du monde.

Traduire : construire une langue universelle ?

Une autre alternative est de dire que la traduction ne En cela, la traduction serait une construction syntaxique
correspond pas à des retrouvailles d’un fond commun, mais universelle, une manière de développer la pratique d’une
plutôt une construction logique d'une langue qui se voudrait langue qui serait universelle.
universelle.

 Transition
Ricoeur s'en fou de cela. Il abandonne ces propos qui
semblent trop théoriser la question de la traduction.

Ricoeur s'intéresse à l'exercice, à la pratique d'une


traduction qui ouvre une autre alternative.

Cette alternatif étant que la traduction serait considérée


comme une fidélité à l'esprit d'un texte ou d’une partition
musicale.

Qu'est ce que c'est être fidèle ? C'est de s'en tenir à quelque


chose de manière littérale ou figuré ?

Traduire : c’est etre fidèle ou trahir ?

Si traduire c’est etre fidèle, à quoi donc ? Or cela est impossible car il n’y a pas de texte totalement
C’est etre fidèle au texte original dont on exige de trouver original
des équivalents sans le modifier.

Si traduire c’est trahir, que veut dire cela ? Comme si la traduction ne pouvait jamais être une copie
C’est de déformer, simulacrer. conforme.

Mais en trahisant, c’est aussi donner à ce qu’on traduit une


profondeur. Car il faut passer par la tromperie pour atteindre
une certaine vérité, une certaine profondeur du texte.

Il y a ici une dialectique entre eikon et eidolon ; le conforme


est le simulacre.

C’est à travers cette dialectique qu'on atteint toute richesse


et profondeur de ce texte.

Cela implique que traduire est un art.

En conséquence, on voit que le langage n'est pas Autrement dit, n'est-ce pas la résistance du langage à
simplement un moyen de communication pour l'homme, travers la langue qui fait son essence propre ?
mais aussi un art à travers la traduction.
II. Peut-on tout dire ?
A. Henri Bergson : le langage trahit-il la pensée ?

Introduction

Idée : Bergson veut parler du rapport au langage à ce que C’est la difficulté intrinsèque et inhérente à ce que les mots
nous voulons dire. expriment véritablement ce que nous ressentons.

En effet, Bergson fait référence à ses expériences qui


montrent que le langage est insuffisant à ce que nous
ressentons.

Autrement dit, le langage à travers la langue et les mots « Mal nommer un objet, c'est ajouter un mensonge »
qu'il utilise, n'échoue il pas à exprimer nos pensées en tant
qu état d'âme ?

Quelle que soit la langue que nous parlons, elle ne peut Il y a une singulière façon dont je ressens l'amour, donc
éviter de se substituer aux sentiments vécus dans son mon amour n'est pas le même que l'autre. Or, on a
inimitable singularité, son caractère langagique figé. tellement peu de mots pour pouvoir exprimer cela.

+) Contrexemple : Il y a tellement de pression sociale sur


la manière d'aimer qui nous fait interroger si on ressent
l'amour de manière véritablement singulière.

Ce que pointe Bergson, c'est l'hétérogénéité radical entre le


vécu, le sensible, le sentiment et les mots qui vont désigner
ce vécu.

Pourquoi écrit-on ?
La réponse se trouve chez les écrivains. Justement, le but de la littérature est de nous ouvrir à cette
Que font les écrivains ? Ils cherchent un sens, et de faire diversité de mots qu’ont pourrait mettre sur nos
une langue qui est la leur et d’aller au plus près de ce qu’ils sentiments. L’idée est d’avoir un vocabulaire étoffé afin
veulent dire d’exprimer le plus véritablement possible le vécu.
Ces écrivains parlent pas du même amour et de la même
manière, car ils ont chacun leur style et chacun une langue Mots = des étiquettes figées
différente. Sentiments = des flux de conscience, des choses qui
bougent et qui sont en mouvement
Chaque écrivain va trouver son style, son rythme, la
scansion de ses mots…Leur style est leur mode de vie.
Tout le texte porte sur cette question : sommes nous en
mesure de dire ce qui se refuse par toute fixité, par les
mots ? Autrement dit, peut-on tout dire ?

« Peut-on tout dire ? » : que veut dire cela ? que veut dire « tout » ?

1) Le sens quantitatif.
Un « tout » sans exception et sans exhaustivité, sans rien oublié. Un tout qui nous conduit à développer sur la liberté
d’expression.

Si on envisage ce sujet de « tout » dire au sens de la liberté Diogène a choisi une existence asociale, c'est-à-dire de se
d'expression, alors cela fait référence à la parole décapitée, retrancher d'une vie en société. Donc sa parole est
le parler-vrai de Diogène. amordante.

On peut dire que ce caractère est unvivable dans la cité car


dedans il y a des lois sur la liberté d'expression.
Donc dans la cité, la liberté d'expression n'est pas totale.

Donc la question « peut-on tout dire » est une question


politique.

Le propre de la liberté d'expression, c'est qu'elle n'a pas En France, au nom de la liberté d'expression, on a le droit
pour but de se plier à l'autorité extérieure. de se moquer tant qu'on ne s'attaque pas à un individu
particulier. C'est pour ça que le délis blasphème n'existe
La liberté d'expression n'existe que seulement si nous pas en France.
pouvons se moquer et qu'on a le pouvoir de subversion. Ex : on peut critiquer la religion mais pas le croyant.

2) Le sens qualitative
Un « tout » nous renvoie aux question : est-ce que je peux tout dire avec les mots, toutes les nuances de mes sentiments et
la complexité de mon vécu ? Les mots peuvent-ils traduire tout cela ?

Peut-on tout dire au sens qualitative : Bergson interroge sur les limites du langage

Thèse : on ne peut pas ramener la pensée à la mesure que du Il y aura toujours une hétérogénéité entre la pensée et le
langages. langage, entre la parole, les mots et les sentiments, les
vécus.
Premier argument : les mots sont impersonnels
Les mots sont impersonnels. Il sont les mêmes pour tout le
monde. Le langage ne fixe que l'aspect objectif et
impersonnel des choses.

Selon Bergson, les mots sont comme des réalités objectives


et impersonnel qui ne peuvent pas saisir la singularité de la
subjectivité de chacun.

Comme si les mots étaient toujours en échec du langage.


Les mots constituent la mise en échec de la puissance
expressive du langage, comme si elle ne pouvait pas avoir
une expression expressive.

En effet, au niveau psychologique de notre subjectivité, le Parfois, ce qui est véritablement unique ne se passe pas par
vécu de chacun comporte une densité, une épaisseur les mots (ca ne peut que par les yeux, les gestes et etc)
sensible et psychologique que les mots sont bien souvent
impropres à restituer.

Deuxième argument : les mots on une charge affective

Il y a un autre problème avec les mots, car ils peuvent aussi C'est pour ça que lire permettrait de particulariser un peu
être reçus par l'autre part. Interprétation subjective que plus nos paroles par rapport à nos sentiments.
l'autre en fait.

Donc les mots sont une source de frustration et de


problèmes. Les mots peuvent alors avoir une charge
psychologique très connotée négativement.

Nous n’avons pas un meme raisonnement car il y a toujours C'est sans doute pour ça que la langue est toujours en
une part réfractaire à la compréhension totale. défaut par rapport à l’expression/compréhension totale, et
c’est sans doute pour ca qu'on écrit.

Donc le langage n'est pas un simple moyen de


communication. Il véhicule aussi une charge subjective et
psychologique que Bergson n’a pas pris en compte.

Dans le texte, Bergson fait que le procès de l'aspect


impersonnel du langage, sans parler de l'aspect affectif.
La langage : opposition entre intériorité et extériorité (p 243)

Berkson pose la thèse que le langage s'inscrit dans l'espace. Ex : Une phrase induit à une action, et il s’agit d’une
C'est que le langage est de l'ordre de la spatialisation. action dans l'espace.
L'idée est que, quand on parle, on agit et on produit des
actions.

Au contraire, quand on parle de nos ressentis, on s'adresse à Ex : Quand on veut décrire le sentiment amoureux, il va
l'intériorité psychologique. falloir que l'écriture exprime cette complexité.
Comment les mots peuvent-ils alors dire toute cette
Dès lors, le langage devient difficile de lui faire dire ce qu'il complexité en même temps ?
y a dans nous, puisque le langage ne se situe pas dedans. Dans une lettre d'amour, on ne peut lire une suite de
Dès lors qu'on demande au langage d’exprimer l'intérieur, phrases qui s'étale sur la page et sans aucune complexité de
c'est difficile. tous les sentiments.

Sauf pour le langage pictural et artistique ou le langage d'un Tout le travail des artistes consiste justement d'aller plus
acteur, ce sont des mode d'expression qui ne renvoient pas à loin que la simple communication.
des mots ou à des communications verbales, mais à Cela met le doigt sur l'heure où on n'est pas confortable
l'expression et donc à notre sensibilité et notre intériorité. avec le langage verbal. Car le langage verbal spontanément
n'atteint pas l'expression de notre intériorité.

Nous avons donc ici une analyse du langage, entre Pourquoi les autistes ont-ils des difficultés avec le langage
intériorité et extériorité. verbal ? Car leurs sensibilités ont du mal à se mettre en
rapport avec l'autre. Elle est trop intense et fait que les
mots ne peuvent pas sortir facilement.

Que faire pour que le langage puisse exprimer l’intériorité ?


Ce que Bergson analyse dans la pratique du langage, c'est la Ex : Dans la peinture, nous avons un langage va par delà
difficulté à traduire la réalité vivante. des mots. Dans la musique, il s'agit d'un langage qui utilise
non seulement des mots, mais aussi des soupirs, des
Pour cela, il faut que les mots possèdent une véritable pauses. Les langues musicales peut être une alternative à
puissance évocatrice qui fais dire beaucoup plus ce que ce notre langue-mot qui est trop impersonnelle.
qu'il disent.

Les mots doivent suggérer. Ils doivent suggérer des


rythmes, des phrases, des images employées et tout procédé
stylistique que le langage va parvenir à exprimer toute
complexité et par-delà des mots.

Les mots parfois échouent à exprimer l'état dans laquelle Ex : Par exemple, dans la chanson de Zaho de Sagzan, la
nous sommes.On échoue à exprimer notre complexité avec chanteuse expose son intériorité et surtout son
le langage. hypersensibilité.
Mais si on travaille la langue ou on fait appel à d'autres
langues, alors on pourra peut-être exprimer la complexité de
notre sensibilité.

Explication en terme d’espace : les mots, qui sont des réalités spatiales, peut
« tout » dire au sens quantitative mais jamais au sens qualitative

Tout se passe comme si les mots étaient des étiquettes de Le problème est que nous avons tous les mêmes mots pour
standardisées, que les mots étaient quelque chose exprimer des sentiments ou des vécus que nous ressentons
d'impersonnel qui ne parvenait pas à exprimer l'intériorité de manière différente.
singulière d'un être.

Les idées se juxtaposent, elles s'additionnent et elles


s'amplifient. Berkson assimile les mots à des idées qui
restaient à la surface qui sans jamais se pénétrer, sans jamais
exprimier le réel en profondeur.

Pour cela, Bergson se sert d'une analogie (rapprochement Cette analogie fait référence à un paradoxe de
entre des réalités différentes) mathématiques et antiques, qui est le paradoxe d'Achille et
de la tortue, conçu par Zénon d’Elée.
Il rapproche le processus du langage (le fait de parler,
d'utiliser des mots) à une droite : Le paradoxe : Achille ne pourra pas rattraper la tortue si
on a beau la subdivisé, il y aura toujours des espaces celle-ci a de l'avance sur lui et quelque soit leur vitesse.
incontournables entre chaque point de la droite auquel on a Car pendant qu’Achille court jusqu'au point où a démarré
divisé. Ces espaces représentent alors la sensibilité et la la tortue. Cette dernière avance de telle sorte qu’Achille ne
profondeur de chaque humain, de chacun. pourra jamais annuler l'avance de l'animal.

Contre-exemple : dans ce paradoxe, on spatialise le


mouvement, mais on ne prend pas en compte la vitesse.

En appliquant cette analogie au langage : Ex : l'expression « je t'aime » renvoie une interprétation


assez standardisée. Car le mot « amour » ne parle pas de
Pour Bergson, les mots sont des réalités spatiales. variation.

C'est-à-dire que le langage colle des étiquettes sur la réalité


spatialement parlant, comme les mots sur un texte imprimé.

Or, dans la perception subjective des choses, nos sentiments Les mots est comme un papillon mort et non celui qui est
ne peuvent pas etre enchainés à l’espace, et donc ils en train de voler. Car le papillon est de l'ordre de ce qui
n’entrent pas dans les mots. affranchit, qu’aucun mot ne peut saisir.

Nous avons effectivement besoin des mots pour agir dans


l'espace. Mais cette manière de parler dans l'espace pour
agir, pour que quelque chose se passe, n’a rien à voir avec la
tentative d'exprimer nos sentiments.

Car cette tentative d'exprimer nos sentiments veut dire de


parler de son intériorité psychologique qui est difficilement
représentable dans l’espace. C'est de l'ordre d'une variation
infinie que la verbalisation ne peut pas envelopper.

L’intérêt du paradoxe d’Achille et de la tortue, est de Il y aune fossée entre le temps et l’espace, et quand on
montrer qu’il y a une totale hétérogénéité entre l’espace et spatialise un mouvement, on entre dans un registre qui ne
le temps colle pas à la réalité.

Donc Bergson applique ce paradoxe à l’écart radicale entre


les mots et la pensée au sens large (intellectuelle,
imaginative, sensible)

Comme si les mots étaient toujours en retard à la texture de


la pensée.

Le réel est ce contre quoi on se cogne.

Conclusion : peut-on tout dire


C’est de cette écart infranchissable entre les mots et la Les mots qui sont toujours décevant et en retard par
sensibilité que Bergson note que le langage ne peut pas tout rapport à nos sentiments.
dire.

Car ce « tout » renvoie à la sensibilité psychologique, à des


variations qu'aucun mot ne peut préciser.

Ainsi, les mots comportent une limite qui fait q’ils ne


parvienent pas à exprimer le singulier et le temporel.
C’est parce que les mots n’arrivent pas à dépasser la
limitation de ce qu'il désigne dans l’espace.
Ce que les mots en tant que réalités spatiales, ne peuvent pas saisir : la durée
Comme le dit Jankelevitch : « je ne sais quoi et le presque Exemple : On peut dire à quelqu'un « je t'aime »
rien ». Le mot ne peut pas saisir cela. aujourd’hui, mais ce n'est pas le même, « je t'aime » il y a
15 ans. Parce que cela ne correspond pas à notre
Justement, ce que Jankélévitch veux dire, correspond à cet expérience au tout début de l'amour.
espace que rien ne peut saisir, cette singularité que Bergson
a appelé la « durée ».

Donc le langage peine à englober la temporalité, le temps Donc l'approche de Bergson sur le langage est une
qui passe. Les mots ne peuvent pas saisir cette durée. approche psychologique.

Chez Bergson, le langage est toujours en retard sur les


sentiments qu'on exprime.

Explication en termes de : les couches, réaction, expression culture, la non-


violence…

Bergson distingue en fait plusieurs couches de rapport au


langage.

La couche la plus superficielle est celle qu’on utilise dans la


vie courante, qui est donc le langage usuel, utilitaire,
standardisé, très poreuse, perméable à toutes les expressions
à la mode qui apparaissent.

Une autre couche est la couche du rapport aux mots quand Ex : quand on écrit chanson
on cherche à travers le langage pour exprimer nos
sentiments.

Mais le langage est aussi généralisé pour exprimer une Exemple : des réactions racistes face à des chansons qui
certaine réaction au monde. utilisent des mots, des termes qui sont issus d’une culture
africaine, urbaine,…
Cela montre que le langage n'est pas seulement miroir à la
sensibilité, mais aussi un miroir au rapport au monde.

Le langage n’est forcément être du Molière ou de racine, Ex : le yiddish est une langue qui exprime la culture de
mais ce n'est pas rien. Donc il ne faut pas réduire le langage l'Europe centrale et judéo-espagnol.
à la sensibilité, mais l'expression d'une culture

En parlant sa propre langue d'origine, on peut en rencontrer Justement, Augustin Frappenard en parle de cela en citant
la langue de l'autre. Mahmoud Darwich, qui est un poète palestinien.
Dans son émission les participants devait lire un poème de
C’est une idée très puissante car à travers le langage et la leur propre langue. C'est tout un poème qui est lu à
découverte du langage de l'autre, nous avons une plusieurs fois et qui crée donc une intertextualité.
communication qui ne passe pas par la violence.
Rapport entre langage et l’inconscient

Il y a aussi la notion du rapport langage inconscient. Exemple : l’expérience du lapsus est en fait l’expression
d’un désir inconsciente fait qu'on peut parfois,
Donc le langage est aussi un marqueur de notre état
psychique. Exemple : on peut, suite à d'un traumatisme, oublier sa
langue maternelle ou ne pas pouvoir exprimer totalement ce
que le schisme n'a pas pu ébranler.

Or, le texte de Bergson sur le langage veut séparer On peut interroger sur ce pessimisme dont Bergson fait
radicalement la pensée et le langage, comme si le langage preuve, car ce que Bergson plaque, c'est une compréhension
était déjà condamné à être approximatif, en retard sur la sur le rapport pensée-langage, comme une opposition entre
pensée au sens large (pas seulement la pensée intellectuelle, le temps et l'espace.
mais aussi la pensée imaginative, l'expression d'un
sentiment).

L'idée de Bergson ici est que, quand on utilise un mot, on


immobilise les sentiments et le flux psychique.

C'est pour ça que les mots seront toujours imparfaits et en


défaut. Il restera toujours l'espace du manque.

Sur le manque et le désir

C'est grâce à cet espace du manque que qu'il y a désir. « Quand je désire ce que je n'ai pas, le manque, c'est la
Le manque est une condition du désir. souffrance. »

Bergson semble faire comme si le langage doit fusionner Ex : si on parle cette langue commune que rêve le mythe de
avec la pensée. Babel, alors on n'aura jamais de désir

Mais s'il y a fusion, alors il n'y aura plus de désir, c'est-à- Ex : mythe de Platon selon lequel chacun cherche sa
dire il n'y aura plus littérature, poésie, chanson. moitié : si on se retrouve effectivement, il y aura alors juste
Si le langage était totalement adéquat à la sensibilité, il y de l'indistinction, on aura plus rien à vivre pour.
aura jamais cet élan impérial d'écrire sur notre amour et
notre désir.

Donc le rêve où tout coincide de ne peut pas se faire. Car si


cela se fait, effectivement, il y aura plus de beauté.
C’est parce que le désir ne se nourrit que du manque, on ne Tout cela est donc l'analyse de Platon et de Socrate sur
peut pas désirer quand tout est abouti. Le désir ne s'est l'enseignement. Pour y avoir de l'enseignement, il faut avoir
menuise car il n'y a plus de manque. le désir d'être enseigné et de savoir.

Sur l’ennui et le désir


Il y a un lien entre désir et ennui. Car quand on a ce qu'on Ainsi, toute notre vie oscille comme une pendule entre la
désir, on passe alors à l'ennui. droite et la gauche et de la souffrance à l'ennui. L'ennui du
salarié, la souffrance du chômeur.
L'ennui ici est défini comme l'absence du bonheur en
présence meme de ce qui nous rend heureux.

On voit donc que l'ennui est important pour le


développement psychique, car l'esprit est dans un autre
régime de pensée. Ce régime est le régime de la
contemplation et de l'introspection.

Or, quand on ne s'ennuie jamais, c'est-à-dire qu'on est


toujours enterré de d'objets qui nous distraient. Alors on est
toujours en dehors de l'esprit, cad dans l'aliénation.

Sur le langage, la pensée et le temps

Première idée : Pour personne, le langage s’exprime dans


l'espace. C'est-à-dire dans une forme de discontinuité.

Bergson voit dans le langage une extériorité, une


extériorisation de la pensée, qui est une extériorisation dans
l'espace, parce que justement l'espace est l'extérieur.

De là, le langage est de l'ordre de l'espace,

En revanche, la pensée, l'inconscience et la conscience sont Attention, on ne parle pas ici du temps spatialisé, la mesure
de l'ordre du temps et de la durée. ou du temps de la ligne, du temps que l’on trasse sur le
tableau ou du temps sur l'horloge.
C'est le temps qui entre dans une forme de langage qui
nomme le temps et le calcule. Ex : « Combien de temps avant la fin du cours ? »

Or, le langage tel que Bergson conçoit de manière qu'il


considère être le plus authentique possible, ce n'est pas celui Cette durée pure ne peut pas etre exprimée par l'horloge ou
qui calcule et mesure. Mais c'est celui qui nait de la durée le calculateur car ils donnent seulement une représentation
pure. objectif et spatial du temps.

Cette durée pure, c'est l'expérience même de l’attente, de


l'écoulement du temps que nous vivons dans notre
conscience, et pas à partir d'un sablier ou d'un objet objectif.
Mais l'expérience de la durée pure, étant une une expérience Exemple : « Il faut attendre que le sucre fond ». Il faut
subjective, renvoit donc à la notion d’un temps subjectif. attendre que le sucre fond si nous voulons avoir un café
Cela renvoie alors à notre propre sensibilité et à notre sucré.
propre subjectivité.

C’est une expérience qui n’est pas la meme pour chacun.


C'est cette durée pure qui est subjective et différent pour
chacun.

Et le langage ne peut pas tout exprimer.

C'est comme si le langage était toujours en retard, car


l'espace ne peut jamais couvrir le temps.

Il y a une hétérogénéité entre l'espace et le temps, comme


une hétérogénéité entre le langage et la pensée.

Tous les artistes travaillent sur le temps, sur cette durée Comment les partagent-ils donc ?
pure. Par le cinéma, par la musique en gros, par cette langue
artistique qui permet ce partage, de plonger la personne à
Donc si ce temps comme durée n’existait pas, alors il n’y l'expérience que l'artiste a du temps.
aura pas de langage pictural

Le mime, l’expression du corps : une autre manière de conceptualiser le langage ?

Le mime est parfois beaucoup plus parlant que les mots. Ex : le mime Marceau de Marcel Marceau, encore Charlot
de Charlie Chaplin sont des mimes qui ont enchanté le
Le mime est une art qui vise à parler par le corps pour public à l'international.
exprimer une expérience de la vie, que les mots aplatiraient.

En effet, le mime d'un langage du corporel, c'est le langage


du corps et donc c'est un langage à part entière. C'est agir.

Le pantonyme à la différence du langage verbal est un


langage qui a la faculté de créer des volumes des objets
dans un espace qui est vide et uniquement mimé à notre
corps.

Car il faut que le public voie en la personne qui mime, et en


creuse la personne. Le corps dit ici comme le support,
comme la surface de la création de quelque chose qu'on ne
voit pas.
Ici, le langage est donc perforatrice avec le corps, c'est un
langage qui fait naître quelqu'un de nouveau à travers le
corps.

C'est une parole qui n'est pas descriptive, mais c'est une
parole qui fait être, qui fait entrer dans un nouveau État
d'existence.

C'est comme si le corps du mime faisait naître une réalité


auparavant invisible

Donc langage fait l'expérience de l'invisible.

Conclusion : le langage n’est-il seulement un outil de communication ?

L’etre humaine se constitue dans et parle le langage. A la différence des animaux, le langage
n’est pas simplement un ensemble de signaux (éléments matériels destinés à produire des
réactions), mais il est le signe de la présence de la pensée de l’homme.

On dit souvent que l’on parle pour ne pas se battre, pour ne pas devenir violent, pour contrer nos
pulsions destructrice, nos intentions malsaines, pour jubuler la violence…. Le langage semblerait
nous civilizer.

Mais nous avions vu avec la Novelangue que le langage peut etre une arme pour dominer, faire
asseoir son pouvoir sur une population, qui sera maintenue sous tutelle, comme une minorité.
Le langage agit alors comme une violence masquée, pernicieux (« la servitude volontaire » de
LaBoétie)

On voit donc que le langage a multiplie potentialité. Donc on ne peut pas tenir pour synonyme le
langage et la communication.
La communication se contente de véhiculer un message. Donc réduire le langage à la
communication pure, c’est une forme d’acceptation qu’il y peut y avoir sur l’esprit.
Cette communication pure fait que l’etre humain se calque sur les réactions à l’information qui
lui est envoyée, et se conforme à ce qu’on attend de lui.
C’est alors une violence qui s’exerce par la manipulation mentale et non pas physique.

Donc se satisfaire d’un vocabulaire pauvre, d’un langage moyen… ce sont les moyens pour
perdre le libre-arbitre et l’autonomie.
A partir du moment où l’on enrichie son vocabulaire, on devient moral.

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