Pratique sportive en France : enjeux et santé
Pratique sportive en France : enjeux et santé
France
Organisation et perspectives de
promotion pour la santé
Deux Français sur trois pratiquent un sport. De quelles structures disposent-ils ?
Comment est organisée la pratique sportive en France ? De quels moyens dispose-
t-on pour faire de la pratique sportive une démarche de santé publique ?
ne activité physique régulière est recon- risant l’application des règles du fair-play dans
U nue par la communauté scientifique
comme l’un des facteurs fondamentaux d’une
la vie de tous les jours,
• de faire connaître et de préserver les patri-
bonne santé, d’une bonne capacité fonctionnelle moines des régions et des pays,
et par voie de conséquence du bien-être, déter- • de favoriser le rapprochement des peuples
minant essentiel de la notion de santé positive. en relativisant les différences ethniques, éco-
Récemment des études scientifiques sont nomiques, culturelles, sociales et sexuelles.
venues préciser les liens bénéfiques existants De tels enjeux méritent d’essayer de parve-
entre l’activité physique et la santé aussi bien nir à augmenter la participation d’un maximum
physique que mentale. En dépit de ces connais- de personnes, tous âges confondus, à la prati-
sances et de ces affirmations couramment en- que sportive.
tendues ou lues, un grand nombre de nos con- C’est pourquoi, les pouvoirs publics de nom-
citoyens restent majoritairement sédentaires. breux pays, le Conseil de l’Europe ainsi que la
À côté de l’activité physique proprement plupart des instances internationales concernées
dite, le sport joue également un rôle essentiel (OMS, Unesco, CIO…) recommandent de pro-
pour le développement psychomoteur des en- mouvoir le développement des APS au sein de
fants et de leurs habitudes sociales (nutrition, chaque pays.
alcool, tabac, violence, toxicomanie). Favori- Malheureusement, l’inactivité constatée ac-
ser l’acquisition d’une culture sportive dès l’en- tuellement est un phénomène complexe et
fance doit en effet permettre : multifactoriel, relevant aussi bien de facteurs
• d’être une source de plaisir et d’intégration individuels, sociaux et psychologiques, que de
sociale, facteurs environnementaux n’autorisant pas
• d’améliorer la santé globale des individus, toujours l’accès aux pratiques. La solution ne
y compris de ceux victimes de handicaps, peut donc consister à encourager la pratique
• de contribuer à l’épanouissement indivi- sportive par un simple discours mais nécessite
duel des jeunes et de lutter contre le désœuvre- la prise en compte de l’ensemble de ces fac-
ment et les conduites délinquantes, teurs, en favorisant une approche socio-écolo-
• de développer l’éthique sportive en favo- gique globale de la santé.
La loi du 16 juillet 1984, qui a subi au niveau des instituts régionaux veloppement des activités physi-
plusieurs modifications depuis, ré- de médecine du sport et des cen- ques et sportives, sous toutes
git l’organisation et la formation en tres hospitaliers. leurs formes, à tous les niveaux et
matière d’activités physiques et Cette loi rend l’État responsable pour tous les âges : sport de haut
sportives. Son premier article af- du développement et de l’organi- niveau, sport de masse, pratiques
firme que : « les activités physi- sation des activités physiques et sportives individuelles,
ques et sportives constituent un sportives et l’incite à réaliser les • il participe avec d’autres minis-
facteur important d’équilibre, de formations de cadres correspon- tères aux actions d’insertion so-
santé, d’épanouissement de cha- dantes. Son rôle se répartit sur ciale et professionnelle des jeunes
cun ; elles sont un élément fonda- plusieurs ministères. ainsi qu’à l’aménagement des ryth-
mental de l’éducation, de la cul- mes de vie de l’enfant et du jeune,
ture et de la vie sociale. Leur Le ministère de • il exerce une tutelle sur les fédé-
développement est d’intérêt géné- l’Éducation nationale rations du mouvement sportif,
ral et leur pratique constitue un • organise l’enseignement de • il assure la formation de cadres
droit pour chacun quels que l’éducation physique et sportive sportifs.
soient son sexe, son âge, ses ca- dans le cadre de l’école, Au sein de chaque service exté-
pacités ou sa condition sociale ». • assure ou contrôle les formations rieur, il existe un médecin inspec-
La loi prévoit également que la d’enseignants et la délivrance des teur régional et un médecin ins-
pratique sportive en compétition diplômes. pecteur départemental. Il faut
est soumise au passage préalable noter que ces médecins représen-
d’une visite médicale de non-con- Le ministère de tent des relais déconcentrés tout
tre-indication qui peut être effec- la Jeunesse et des Sports à fait intéressants dans la mesure
tuée par tout médecin. En prati- composé d’une administration où leur mission, outre la sur-
que la notion de compétition est centrale, de services extérieurs ré- veillance médicale de la pratique
étendue à toute personne prenant partis sur l’ensemble du territoire sportive, comprend la promotion
une licence. Cette « aptitude mé- dans les régions et les départe- de la santé par le sport. Ils pour-
dicale » préalable peut se faire ments et d’établissements de for- raient donc occuper une place pri-
dans un cabinet médical libéral, mation nationaux et régionaux, vilégiée au sein d’un réseau natio-
au sein des centres médico-spor- ses missions sont nombreuses : nal de sport santé, en liaison avec
tifs (il en existe plus de 400 répar- • il concourt, en collaboration les autres départements ministériels
tis sur tout le territoire) ou encore avec le mouvement sportif, au dé- concernés. AG
Il est nécessaire d’intégrer le sport dans son cordé d’une part aux groupes d’individus les
environnement économique, social, écologique moins actifs, en sachant que ce sont ceux qui
et culturel. La réalité du sport contemporain et tireront le plus de bénéfices à pratiquer régu-
de sa pratique doit être clairement exprimée. On lièrement un exercice adapté, et d’autre part aux
ne peut se contenter d’affirmer les aspects po- plus jeunes.
sitifs ou négatifs de la pratique sportive sans Afin d’augmenter la motivation et la con-
avoir préalablement établi une solide argumen- fiance de ces individus pour des programmes
tation. D’autre part, il apparaît indispensable de d’exercice, il faut privilégier, au début, la pra-
justifier par une évaluation scientifique objec- tique d’activités physiques simples en mettant
tive tout programme de promotion. l’accent sur les modes de locomotion habituels
Le succès de cette entreprise nécessite une (marche, montée des escaliers, course, nage,
planification rigoureuse, une évaluation des cyclisme, ski de fond…). Il apparaît donc es-
besoins et enfin l’adhésion de tous les acteurs sentiel que les pouvoirs publics prennent en
(pouvoirs publics, enseignants, mouvement as- compte cette donnée dans la définition d’une
sociatif, médecins). politique d’aménagement du territoire et dans
Le plus haut degré de priorité doit être ac- la construction de l’environnement urbain
La Fédération nationale des offices sa situation géographique, à l’im- financiers, humains dont il dis-
municipaux du sport (FNOMS) portance de la cité, donc à ses pose. Les uns s’orientent vers le
regroupe plus de 960 offices possibilités et à ses besoins. sport de masse, les autres vers le
répartis sur tout le territoire natio- La création des offices munici- haut niveau. Le colloque de Mont-
nal, depuis des bourgades de paux du sport a été suscitée par pellier 1995, organisé par la
3 000 habitants jusqu’aux plus la circulaire du recteur Sarrailh de FNOMS et la Société française de
grandes villes françaises. 1954. Et depuis 1958, à travers médecine du sport, a confirmé
Leur but essentiel est de soutenir, ses assemblées générales, ses l’enquête de 1994 en rappelant
encourager et provoquer tous les congrès, ses journées d’études, la les principales missions des cen-
efforts et toutes les initiatives ten- FNOMS a affiné ses conceptions tres de médecine du sport :
dant à répandre et développer concernant la place, le fonctionne- • visite de non-contre-indication,
pour tous, et au plus haut niveau ment, le rôle de ses offices. Elle • évaluation de la condition phy-
possible pour chacun, la pratique souhaite que chaque office, pour sique et orientation,
des activités physiques, du sport, remplir pleinement son rôle, ne • conseils et suivi d’entraînement,
des activités de détente, d’entre- soit ni un simple regroupement • suivi des jeunes soumis à un
tien et de loisir à caractère sportif des clubs et associations sporti- entraînement intensif,
ainsi que le contrôle médico- ves de la cité, ni une représenta- • tests d’effort,
sportif. tion majoritaire de la municipalité. • informations et conseils aux édu-
L’office municipal du sport est un Pour elle, un office municipal du cateurs, entraîneurs, dirigeants et
organisme para-municipal de ré- sport doit être une structure indé- parents,
flexion et de proposition sur tous pendante, pluraliste, ouverte. • création d’un plateau technique
les problèmes concernant non compétent pour répondre à tout
seulement la pratique sportive, La surveillance médicale de tous type de demande.
mais aussi les équipements et les les sportifs, à quelque niveau Le Conseil de l’Europe, conscient
installations qui lui paraissent né- qu’ils soient, est un facteur essen- qu’une activité physique et spor-
cessaires. Il émet des proposi- tiel du rôle bénéfique des activi- tive, adaptée à chaque individu,
tions sur l’utilisation et la réparti- tés physiques et sportives sur la est facteur de bonne santé et de
tion des aides municipales entre santé et le bon équilibre de cha- bien être, conseille dans sa réso-
les différentes activités et organis- cun. Les offices municipaux du lution 73-27 la création de centres
mes sportifs, sans procéder lui- sport, conscients de cette néces- de médecine du sport pour le dia-
même à cette répartition. sité, ont été dans une grande gnostic et l’évaluation de l’aptitude
La spécificité d’un office munici- majorité des cas à l’origine de aux activités physiques.
pal du sport tient en particulier au la création des 479 centres de Actuellement en France, le finan-
fait qu’il rassemble en son sein, à médecine du sport actuellement cement des centres de médecine
égalité de droit, des représentants en activité (enquête FNOMS de du sport est en grande partie à la
qualifiés des différents secteurs 1994). Ils sont soit gérés par l’of- merci des choix politiques des
de la pratique sportive, des repré- fice municipal du sport (49 %), soit collectivités locales et territoriales.
sentants du conseil municipal et en régie municipale (31 %) soit en Il est hautement souhaitable que
de l’administration communale, gestion indépendante (20 %). les fédérations et tous les organis-
des représentants de tous les or- Tout en restant conforme aux di- mes intéressés pour un bon état
ganismes qui ont partie liée à l’un rectives de fonctionnement défi- sanitaire de la population pren-
ou l’autre des secteurs de la pra- nies par les directions départe- nent conscience du rôle bénéfi-
tique sportive, et des personnali- mentales Jeunesse et Sport, que qu’ils peuvent jouer dans ce
tés reconnues pour leur compé- chaque centre de médecine du domaine.
tence dans ce domaine. sport doit adapter ses activités à Roland Girardin
Chaque office a ses particularités la population sportive qui la con-
et son identité propre, adaptées à cerne, aux moyens matériels,
La pratique sportive
L’éducation physique à l’école nale du sport scolaire et UGSEL) tions, les municipalités ou les
L’éducation physique fait partie et pour l’université (Fédération structures privées proposent le
de l’enseignement obligatoire en nationale du sport universitaire et plus souvent une activité d’entraî-
France. Union nationale des clubs univer- nement et des compétitions, mais
L’enseignement de l’EPS au ni- sitaires). peuvent également proposer se-
veau préélémentaire et élémen- L’encadrement dans ces associa- lon les cas, des activités d’initia-
taire est dispensé par les maîtres tions scolaires est fait par les maî- tion, de découverte d’un sport, ou
(instituteurs ou professeurs des tres au niveau primaire et par les des activités de pratique de loisir
écoles), qui sont des enseignants professeurs d’éducation physique et de détente.
généralistes. Certaines activités pour le secondaire. Des stages sportifs occasionnels
physiques ou sportives peuvent Des sections scolaires spécialisées sont organisés par les différentes
être encadrées par des interve- avec aménagement d’horaires structures, soit localement, soit
nants extérieurs (éducateurs). La existent pour les sportifs de haut dans des sites touristiques pen-
scolarité est divisée en trois cycles niveau dans certaines disciplines. dant les vacances. Ils peuvent
au cours desquels les élèves doi- être de différents niveaux (initia-
vent acquérir un savoir-faire. Jeunes en dehors de l’école tion-découverte, perfectionne-
L’enseignement de l’EPS au col- Les jeunes ont la possibilité de ment ou entraînement-préparation
lège et au lycée (2 à 3 heures heb- pratiquer le sport dans différentes aux compétitions).
domadaires) est dispensé par des structures associatives, municipa- De plus en plus, les centres de va-
professeurs d’éducation physi- les ou privées, soit régulièrement cances proposent des thèmes à
que, qui sont des enseignants sur leur lieu de vie, soit de façon dominante sportive (et/ou cultu-
spécialisés (quatre années d’étude) ponctuelle, à l’occasion de stages relle).
formés au sein des UFR APS. ou de découverte.
À côté de l’enseignement obliga- Pour les plus jeunes, des écoles Les adultes et la pratique
toire, la pratique volontaire est de sport fonctionnent dans les as- sportive
également encouragée. sociations affiliées aux fédérations Les possibilités de pratique sont
Pour l’école primaire, deux fédé- sportives et dans des structures à peu près identiques à celles des
rations (Usep et Ufolep) regrou- municipales. Elles proposent pen- jeunes en dehors de l’école et font
pent les associations proposant dant l’année scolaire une initiation appel au mouvement sportif asso-
des activités sportives et organi- sportive régulière encadrée et, ciatif, aux municipalités, aux struc-
sant des compétitions. éventuellement, la pratique de tures à but lucratif et aux asso-
Des fédérations jouent ce rôle compétitions. ciations sportives des comités
pour le secondaire (Union natio- Pour les adolescents, les associa- d’entreprise. Michelle Pflug
La loi n° 84-610 du 16 juillet compétition, n’est pas sou- Au terme du contrôle médi- sente à ce jour aucune con-
1984 constitue l’actuel ca- mise à l’obligation d’un con- cal, le médecin rédige en tre-indication médicale ap-
dre législatif concernant l’or- trôle médical, toute liberté de conscience parente à la pratique du …
ganisation et la promotion • en absence d’un proto- (art. 5 et 28 du décret en compétition. » Date, si-
des activités physiques et cole fédéral spécifique, le n° 95-1000 fixant le code gnature, cachet profession-
sportives. contrôle est réalisé selon de déontologie médicale), nel.
Elle mentionne que « la par- l’appréciation de chaque non pas un certificat d’apti- Ce certificat est remis au
ticipation aux compétitions médecin. tude, mais un certificat de sportif qui le présente à sa
organisées par chacune Le décret n° 84-473 apporte non-contre-indication à la fédération (via son club),
des fédérations visées à ensuite des nuances pour pratique d’un sport. pour obtenir la licence an-
l’article 16 est subordonnée certaines catégories de « Je, soussigné, docteur …, nuelle et pour participer aux
à la présentation d’une li- sportifs : certifie, au terme de mon compétitions officielles.
cence portant attestation de • pour les sportifs de haut examen, que M. … ne pré-
la délivrance d’un certificat niveau (inscrits sur la liste
médical de non contre-indi- officielle nationale ou s’en-
cation à la pratique de la traînant dans un centre ré-
discipline concernée, ou gional), la surveillance mé- Le contenu de la visite d’aptitude
pour les non-licenciés à la dicale doit être réalisée par
présentation de ce seul un médecin qualifié en mé- La visite médicale com- ergocycle, avec surveil-
certificat médical pour les decine du sport. Elle est or- prend habituellement : lance de la fréquence car-
épreuves qui leur sont ou- ganisée par les fédérations • recueil des antécédents diaque et de la pression
vertes. » (art. 35). sportives (art. 5). médicaux et sportifs, et des artérielle,
L’application de cet article • pour les élèves et étu- vaccinations, • mesures ventilatoires, ca-
est précisée par le décret diants inscrits dans des uni- • recherche de symptômes pacité vitale, VEMS, débit
87-473 du 1er juillet 1987 qui tés scolaires et universi- liés à l’effort, de pointe, courbe débit-vo-
indique notamment que : taires aménagées pour la • examen clinique complet, lume,
• pour participer à une pratique du sport, la sur- auscultation du cœur et des • analyse d’urine à l’aide de
compétition officielle, les li- veillance médicale est réa- poumons, mesure de la réactifs.
cenciés et non licenciés lisée chaque trimestre, sous pression artérielle, palpation • d’autres tests spécifiques
doivent avoir subi un con- la responsabilité du méde- des artères et des veines, à chaque discipline sportive
trôle médical (art. 1), cin inspecteur régional des examen de la peau, de la selon les directives fédéra-
• ce contrôle donne lieu à la sports, en association avec gorge, du nez, des oreilles, les,
délivrance d’un certificat le médecin fédéral et le des articulations, du rachis, • radiographies, analyse
médical de non contre-indi- médecin scolaire (art. 7). des pieds, sanguine ou avis de méde-
cation à la pratique d’un • pour les sportifs profes- • bilan morphologique, cins spécialisés, en fonction
sport en compétition (art. 2), sionnels salariés, la sur- poids, taille, envergure, es- des signes et symptômes
• le contrôle est annuel veillance médicale est défi- timation de la masse grasse de chaque sportif.
(art. 3), nie par un arrêté conjoint et du poids idéal, Au vu des résultats des exa-
• tout médecin peut réaliser des ministres chargés du • acuité visuelle et vision mens réalisés, le médecin
ce contrôle (art. 3). Travail et des Sports (art. 8). des couleurs, apprécie la présence ou
• chaque fédération définit • entretien diététique, non de contre-indication à la
la nature et les modalités de • électrocardiogramme de pratique d’un sport.
l’examen médical (art. 4). repos,
Il en résulte que : • réalisation d’un effort sous
• la pratique d’une activité maximal, comme 30 flexions
physique, réalisée sans en 45 secondes ou effort sur Denys Barrault
• de générer une véritable campagne natio- sûrement s’attacher à réhabiliter l’effort mus-
nale sur l’intérêt de la pratique d’une activité culaire, le mode de vie hypocinétique ne sem-
physique à laquelle pourrait être associée l’Aca- blant pas convenir à l’homme.
démie nationale de médecine ; Les habitudes de vie étant prises dès l’en-
• d’inclure la dimension « éducation pour la fance et connaissant la difficulté à modifier un
santé » au sein de la politique sportive à l’école comportement humain adulte, c’est bien évi-
dans le cadre de l’aménagement des rythmes de demment en direction des enfants et de l’école
vie de l’enfant et du jeune ; que nous devons faire porter nos efforts.
• d’intégrer la promotion de l’activité phy- Ce sont là des enjeux socio-économiques
sique au sein du projet villes-santé initié par que de nombreux pays industrialisés ont depuis
l’OMS en 1986 et dont la France possède un longtemps mesurés en s’engageant dans une
réseau de trente-quatre villes concernées. politique de prévention où la pratique des acti-
En conclusion, l’augmentation de la prati- vités physiques et sportives joue un rôle déter-
que des activités physiques peut certainement minant et constitue un véritable progrès social.
atténuer les problèmes de santé générés par un Les dernières recommandations du Conseil
mode de vie trop sédentaire et par les habitu- de l’Europe adoptées par le Comité des minis-
des de vie qui s’y rattachent. Il est paradoxal tres en 1995, comme celles de la Fédération
de constater que si une énergie importante a été internationale de médecine sportive et de
consacrée durant ce siècle à libérer l’homme des l’OMS nous incitent à poursuivre et intensifier
contraintes physiques nécessaires à son travail notre action dans ce domaine.
et à ses déplacements, le siècle prochain devra Alain Garnier
La mort subite est toujours un évé- a été annoncé par un incident pas-
nement dramatique en raison de son sager (malaise, syncope, douleur…)
caractère inopiné et la réaction émo- survenu dans les jours ou les semai-
tionnelle est encore plus forte lors- nes qui ont précédé. Une enquête
qu’elle frappe un sportif en cours ou réalisée en 1980 auprès des méde-
au décours d’un effort. Le risque cins du sport avait permis à J. Ginet
existe, de nombreuses publications d’attirer l’attention sur ce fait, con-
en sont la preuve, et le taux de firmé depuis par la littérature et le ré-
prévalence habituellement fourni se cent exemple du basketteur améri-
situe entre 2,5 et 3,5 ‰ mais la fré- cain Hank Gathers montre qu’il
quence est très influencée par l’âge n’existe toujours pas une réelle dé-
et nettement supérieure après marche pour limiter le nombre des
30 ans. Les causes majoritairement accidents. Il paraît urgent de pren-
cardiaques sont connues : cardio- dre conscience de ce genre de pro-
myopathies hypertrophiques ou blème et d’établir une véritable
dysplasie du ventricule droit chez stratégie de prévention en ne per-
les plus jeunes, cardiopathies mettant pas à un sportif — quel que
ischémiques chez les plus âgés. soit son niveau — qui vient de pré-
Plus important que l’aspect descrip- senter un malaise, de reprendre la
tif de la situation est le fait que l’ana- compétition ou l’activité avant d’avoir
lyse attentive des cas observés réalisé un bilan médical dans un
montre que l’accident, s’il est brutal centre de médecine sportive équipé
dans son déroulement, n’est pas pour répondre à ce type de situa-
complètement une surprise car, tion.
dans au moins la moitié des cas, il Guy Nicolas