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Introduction à la Métallogénie en Géologie

Ce document présente un cours sur la métallogénie. Il introduit les notions de base de la métallogénie et définit certains termes clés. Le cours est divisé en cinq chapitres abordant la classification des gisements, leurs morphologies, et les gisements associés à des processus d'altération et de sédimentation.

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Introduction à la Métallogénie en Géologie

Ce document présente un cours sur la métallogénie. Il introduit les notions de base de la métallogénie et définit certains termes clés. Le cours est divisé en cinq chapitres abordant la classification des gisements, leurs morphologies, et les gisements associés à des processus d'altération et de sédimentation.

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MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET REPUBLIQUE DU MALI

DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE Un Peuple – Un But – Une Foi

Ecole Nationale d’Ingénieurs Abderhamane Baba Touré (ENI-ABT)


Département d’Enseignement et de Recherche de Géologie et Mines

Cours de Métallogénie
(Licence 3 - Géologie Générale)

Semestre 1 : Année Scolaire 2020-2021

Responsable du Cours : Dr. Mahamadou DIALLO

Année 2021
Cours de Métallogénie (L3G) ENI-ABT, Année Scolaire 2020-2021

CHAPITRE I : INTRODUCTION ET
NOTION DE BASE SUR LA
METALLOGENIE
Cours de Métallogénie (L3G) ENI-ABT, Année Scolaire 2020-2021

Introduction
Les ressources minérales constituent l’une des bases de la Civilisation. Depuis la chasse aux
métaux précieux du Paléolithique jusqu’aux recherches visant à découvrir de nouvelles
substances, elles n’ont cessé d’être l’un des moteurs, non seulement de l’économie mondiale,
mais également du progrès de nos sociétés. Bien que depuis la Révolution industrielle au xixe
siècle, la part des ressources minérales ait constamment baissé dans l’économie mondiale, celles-
ci demeurent l’un des principaux enjeux économiques et géopolitiques de la planète. La
diversification de nos produits entraînera une diversification de notre production de ressources
minérales. Les géologues seront de plus en plus efficaces en comprenant mieux comment se
forment les gisements.

La population de notre planète est en croissance perpétuelle. Le besoin requis en ressources


minérales pour répondre à la demande d’infrastructures de cette population est aussi grandissant.
La tendance à long terme apparaît donc assez facile à établir. D’un point de vue global, les
ressources minérales sont des ressources non renouvelables. Elles se caractérisent par leur
distribution géographique inégale et par leur rareté, car elles sont puisées dans des réserves
fossiles avec, cependant, quelques exceptions comme le sel, abondamment récolté dans les
marais salants. Si l’importance stratégique de certains métaux s’est un peu estompée, il n’en
demeure pas moins que les ressources minérales jouent un rôle géopolitique de premier plan,
assurant à leur détenteur à la fois un confort économique et une puissance commerciale et
politique. Évidemment, le pétrole demeure l’exemple le plus actuel et le plus flagrant ; toutefois,
ce rôle s’étend à bien d’autres ressources minérales.

Lorsqu’il observe un affleurement rocheux, le géologue doit être capable d’identifier et de


comprendre les phénomènes observés pour décider dès lors, selon l’appréciation du potentiel
économique, de la poursuite, ou non, des travaux d’exploration. L’objectif du géologue
d’exploration est, rappelons-le, d’identifier des ressources qui pourront être exploitées
économiquement, et ce, au moindre coût possible.

Aujourd’hui, deux termes sont utilisés pour la science des gites minéraux, métallogénie et
gitologie (Nicolini, 1990). Le terme de métallogénie a été largement utilise après son introduction
par de Launay en 1913. Il signifie initialement ≪ chercher l’explication des concentrations
anormales en un métal déterminé ≫ ; on peut étendre cette définition a l’explication des
concentrations minérales, telles qu’andalousite, corindon, kaolinite, etc. Au cours de la première
moitié du xxe siècle, ce mot a progressivement pris en français une forte connotation génétique
et, de plus en plus, il a été restreint aux études minéralogiques et physico-chimiques.

En réaction à cette tendance, le terme de gitologie a été inventé à la fin des années 1960 par les
géologues du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), le service géologique et
minier français, afin de décrire une démarche plus naturaliste basée sur le contexte géologique
et sur une approche descriptive.
L’analyse de la distribution des gisements a toujours constitue un élément très important : celui
qui saura prévoir ou se trouvent les prochaines mines disposera d’un avantage économique
capital. Nous sommes encore loin d’un tel objectif !
Cours de Métallogénie (L3G) ENI-ABT, Année Scolaire 2020-2021

Figure 1 : Métallogénie : une science au carrefour de multiples disciplines des sciences de la Terre.

La métallogénie est la science qui étudie les gisements métallifères basés sur l’analyse des
paragenèses minérales, sur leur succession et leur évolution chronologiques, en liaison avec
l’histoire géologique des zones minéralisées.
Contenu du cours

Ce cours est divisé en cinq chapitre :

 Chapitre I : Introduction Générale et Notion de base de la métallogénie


 Chapitre II : Classification et répartition des gisements
 Chapitre III : Morphologies et textures des minerais
 Chapitre IV : Les gisements associés aux processus d’altération superficielle
 Chapitre V : Les gisements associés aux processus de sédimentation

Objectifs

Ce cours a pour objectif de permettre aux étudiants de :

 Identifier les contextes favorables à la formation de gîtes métallifères


 Caractériser les principaux types de gisements métallifères en relation avec la
géodynamique
 Connaitre les principaux types de gisements
 Connaitre les zones minières du Mali : cas des gisements d’or

Quelques définitions

Un indice est un signe apparent qu’une minéralisation existe (affleurement ou volante)


Un gîte est une concentration anormale ou significative de minéraux industriels ou de minerais
Un gisement désigne une concentration minérale, dont l’exploitation est économiquement rentable
Un minerai est une roche contenant des minéraux utiles en quantité suffisante pour justifier
l’exploitation
La roche encaissante est la masse rocheuse dans laquelle se trouve la minéralisation
La gangue est l'ensemble des roches et minéraux sans intérêt économique, qui entourent les minerais
dans leurs gisements
Cours de Métallogénie (L3G) ENI-ABT, Année Scolaire 2020-2021

La gîtologie est l’étude du gîte minéral et surtout de son milieu géologique. Elle présente surtout un
aspect descriptif avec la recherche de relation spatiales entre les concentrations minérales et le contexte
géologique
Un corps minéralisé est la distribution d’un volume spécifique de matériau(x) ou matériel(s)
quelconques à partir duquel (desquels) un (des) minéral(aux) de valeur économique peut(vent) être
extrait(s) avec un profit raisonnable ou acceptable.
Les Minérales occurrences sont des concentrations anormales de minerai ordinaires dont la valeur
économique n’a pas été déterminée.
Les Ressources Minérales concentration de matériel naturel, solide, inorganique ou fossilisé dans la
croûte dont la forme, la quantité et la teneur, ou la qualité, pourraient permettre l’extraction
économique
La Réserve est la partie économiquement exploitable des ressources mesurées et indiquées,
démontrée au moins par une étude de faisabilité préliminaire
Le tonnage est la partie économiquement exploitable des ressources mesurées et indiquées,
démontrée au moins par une étude de faisabilité préliminaire
La teneur est la Proportion d'une substance dans un corps, un mélange
Syngénetique : est une Minéralisation formée en même temps que la roche encaissante (exemple
des sulfures massifs volcanogènes)
Epigénétique : Minéralisation formée en après la roche encaissante (exemple filon de quartz aurifère)
Strabound : Minéralisation qui est encaissée uniquement par une unité de roche encaissante
Epithermal : Basse température (50-200°C) et à proximité de la surface ; Les gites d´or épithermaux
se forment à une faible profondeur dans l´écorce terrestre, moins de 1 ou 2 km)
Mésothermal : (200-300°C) et pression moyenne (1 à 3 kbar ; 5 à 15 km de profondeur)
Hypothermal : (300-500°C) et profondeurs élevées (15 à 20 km de profondeur)
Un métallotecte : est un objet géologique dont la présence ou l’absence peut annoncer un gite. Il
peut donc s’agir d’une faille, d’une formation géologique, d’un contact stratigraphique, qui contrôle et
guide la minéralisation : c’est un métallotecte positif. Par contre, un métallotecte négatif inhibe la
formation de gisement, tel qu’une surface d’érosion ou une migmatitisation.
Époque métallogénique : elles correspondent à des crises géologiques marquées par d’intenses
magmatismes et/ou hydrothermalismes qui génèrent des concentrations minérales en grand nombre.
Un champ minéralisé correspond au regroupement de plusieurs gisements ; ses dimensions varient
de 1 a 10 km.
Un district minéralisé regroupe plusieurs champs dans une aire assez restreinte allant de 10 a 100
km. Les gisements peuvent y être de même nature (districts aurifères, uranifères), ou non : on utilise
alors le terme de district polymétallique.
Une aire ou une province correspond a une vaste zone (au-delà de 100 km).
On utilise le terme de province métallique pour une zone riche d’un métal donne, quels que soient l’âge
et le type des gisements présents.
La notion de province métallogénique correspond a une province a concentration élevée en un
certain type de gisement.

1. Facteurs de Mise en place d’un gisement


La formation des gites minéraux se décompose en trois étapes (Figure 2) :
 La collecte des éléments et des fluides au sein de la source ;
 Le transport des éléments dans un fluide à travers un réseau de failles, fractures, roches
poreuses, c’est-à-dire de toute discontinuité perméable, ou en surface ;
 Le dépôt situe dans un volume très restreint par rapport à la zone de source.
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a) La source

La recherche des sources des éléments compte parmi les problèmes les plus difficiles de la métallogénie.
L’un des acquis est sans doute la certitude qu’il n’y a pas une source, mais des sources, parfois même
pour un seul gisement. On conçoit maintenant que la source du vecteur qui transporte les éléments
puisse être indépendante de la source des éléments. Ainsi le cuivre de source magmatique peut-il être
transporte par des eaux d’origine météorique ; les diamants sont simplement cueillis au passage des
magmas kimberlitiques, d’origine bien plus profonde (Haggerty, 1986).

La banalisation de l’utilisation des isotopes de l’oxygène, de l’hydrogène, du soufre et du carbone


permet aujourd’hui de reconnaitre l’origine superficielle, océanique, magmatique, voire mantellique des
fluides qui transportent les substances économiques. Il n’en est cependant pas de même pour les
sources des métaux, plus difficiles à cerner. L’un des paramètres essentiels d’une source est sa capacité
à libérer des éléments d’une manière spécifique. Selon le minéral porteur, un élément peut être
mobilisable ou non par des solutions hydrothermales

Pour bien comprendre la formation des gisements, il faudra également être capable de mieux s’imaginer
la nature des sources, situées parfois dans des environnements inaccessibles. Les sites de genèse des
magmas porteurs, par exemple, sont très mal connus, en particulier en contexte de subduction.
Comment se font les partages entre les minéraux et les fluides, parfois à des échelles nanométriques ?
Faut-il une source concentrée pour produire ces gisements, ou la simple combinaison de seuils
géochimiques et hydrologiques permet-elle des concentrations économiques ? Il n’y a
vraisemblablement pas de réponse universelle.

b) Le Transport

Le transport des éléments peut se faire sur de courtes ou de longues distances, depuis des systèmes
clos, semi-ouvert a ouvert (Oliver, 1996).

 Si le système est clos, la mobilité des éléments est réduite dans un contexte de très faible
perméabilité ; la circulation se fait alors souvent par diffusion a des échelles allant du
micron au mètre. On rencontre ces environnements aussi bien dans la croute profonde,
par exemple au faciès granulite, que dans la croute superficielle, dans des aquifères
captifs.
 Si le système est semi-ouvert, le transport s’effectue d’une manière épisodique. Ainsi,
dans la croute moyenne, au voisinage de la transition ductile-cassant, les filons aurifères
montrent des structures crack-and-seal qui indiquent des ouvertures rythmiques des
fractures sous l’effet du pompage sismique. Les bassins montrent également des systèmes
très cloisonnes, sans circulation globale.
 Enfin, le système peut être ouvert, soit du fait d’une grande porosité lithologique (karst,
contact lithologique), soit du fait de fractures ouvertes. Les transports sont alors canalisés
dans les zones de plus fortes perméabilités. Ces systèmes se rencontrent dans la croute
superficielle, envahie par des eaux de surface, des eaux qui participent également à
l’évolution rétrograde du métamorphisme autour des intrusions.
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Figure 2 : Les trois étapes de formation d’un gisement : source-transport-dépôt, illustrées dans trois
environnements hydrothermal, sédimentaire et magmatique. Le cheminement peut être horizontal ou vertical
(Jebrak et Marcoux, 2008).
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Les fluides se déplacent sous l’influence de la pression et/ou de la température. Dans la lithosphère, on
passe progressivement d’une pression hydrostatique a une pression lithostatique, c’est-à- dire d’une
pression reliée au poids des fluides dans un milieu perméable a une pression reliée au poids des roches
dans un milieu imperméable. Cette transition s’effectue aux alentours de 5 à 10 km de profondeur. On
distingue deux grands modes de circulation des fluides : l’advection et la convection (figure 3).

 L’advection correspond à la circulation des fluides dans un sens. La déshydratation d’une


plaque océanique produit ainsi des fluides qui ne transitent qu’une seule fois au travers
de la marge active (single pass).
 La convection correspond à la circulation répétée des mêmes fluides (multiple pass) et
demeure essentiellement un mécanisme thermique. La convection peut être en équilibre
ou non avec la surface, en contexte hydrostatique, lithostatique ou, même, supra-
hydrostatique. Les fluides froids sont plus denses et s’enfoncent ; en se réchauffant, ils
deviennent moins denses et remontent. Ce processus est la convection, divisée en
convection libre, établie entre deux niveaux de températures différentes, et convection
forcée, réalisée autour d’un point plus chaud, par exemple un pluton.

Le transport des éléments peut s’effectuer dans des magmas généralement silicates, ou dans des fluides
hydrothermaux, généralement liquides, mais parfois gazeux.

Figure 3 : Deux modèles de circulations des fluides : advection et convection. Sur ces exemples, l’advection est
réalisée en contexte de failles de détachement tandis que la convexion apparait en contexte périgranitique
(advection d’après Roddy et al., 1988).

c) Le dépôt

La précipitation des substances dissoutes dans un fluide hydrothermal est déclenchée par des variations
des conditions, qui déstabilisent les complexes métalliques. Il peut s’agir d’un changement de
température, de pression, une interaction entre le fluide et la roche, ou un mélange de fluides. La
précipitation en masse résulte souvent d’une combinaison complexe ou plusieurs de ces causes
interagissent. Un changement de température a plusieurs effets :

 Une augmentation ou une diminution du produit de solubilité des minéraux ;


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 Un changement dans la constante d’association des ligands ;


 Un changement dans la complexation des éléments.

Ainsi, une baisse de température réduit généralement la solubilité des complexes. L’instabilité chimique
résultant du mélange de deux fluides de compositions différentes peut également déclencher la
précipitation, en dehors du simple effet thermique évoqué plus haut.

2. Etude et exploitabilité d’un gisement


a) Teneur et tonnage

Pour qu’un gisement soit exploitable, il faut qu’il contienne plus qu’une concentration minimale et un
tonnage minimal d’une valeur marchande. La figure 4 donne une idée grossière de la relation qui existe
entre la teneur dans les gisements et le prix des métaux (cette relation sera examinée en détail dans
une section ultérieure). La plupart des métaux abondants et présents en concentrations élevées dans
les minerais ont un prix relativement faible ; d’autres métaux présents dans des concentrations
beaucoup plus faibles ont un prix beaucoup plus élevé.

Figure 4 : Teneur moyenne des gisements en fonction de leur tonnage (a) et en fonction du prix du métal (b).
(Arndt et Ganino, 2010)

b) Nature du minerai
Un facteur important est la nature du minerai. Les caractéristiques à prendre en considération sont par
exemple le type de minéraux, la taille des grains et la texture du minerai, qui influencent le coût de
l’exploitation minière et de la purification du métal. Mentionnons également dans cette partie les
éléments mineurs qui augmentent ou diminuent la valeur d’un minerai. Dans de nombreux cas, le
minerai contient d’autres métaux à des concentrations inférieures aux teneurs-limites d’exploitation,
mais si ces métaux sont récupérés lors de la purification du minerai principal, ils peuvent contribuer de
manière significative à la rentabilité d’un gisement. Des exemples de ces métaux « bonus » sont l’or ou
l’argent contenus dans les minerais de cuivre et les platinoïdes contenus dans les minerais Ni.

c) Localisation du gisement
Sa valeur et sa viabilité sont réduites lorsqu’il est éloigné des régions industrielles et peuplées, lorsqu’il
est situé dans un climat hostile ou dans une région politiquement instable. Tous ces facteurs
augmentent le coût de l’exploitation minière, le coût du transport des produits et le risque d’installation
d’une exploitation.
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d) Les facteurs économiques, politiques et techniques


Les critères économiques et diplomatiques peuvent influencer considérablement la viabilité d’un
gisement. Dans certains cas, ils favorisent l’installation d’une exploitation et augmentent la valeur d’un
gisement, tandis que dans d’autres cas, ils empêchent toute exploitation. Le développement
technologique a une influence positive sur les exploitations minières.

3. Le caractère multi-échelle des systèmes minéralisateurs


Les systèmes minéralisateurs sont multi-échelles dans le sens où les processus responsables de
l'évolution de ces systèmes opèrent à toutes les échelles spatiales (de l’échelle moléculaire à l’échelle
lithosphérique) (Figure 5). A chacune de ces échelles, on peut adopter une approche thermodynamique
où, à cette échelle particulière, un ensemble de processus producteurs d'énergie entre en compétition
avec des processus dissipatifs de ces énergies. Le point important qui ressort d'une approche multi-
échelle est que les processus qui opèrent à une échelle influencent les processus qui opèrent à d'autres
échelles et donc les échelles ne peuvent pas être traitées indépendamment les unes des autres.

Figure 5 : Le caractère multi-échelle des systèmes minéralisateurs


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CHAPITRE II : CLASSIFICATION
ET REPARTITION DES
GISEMENTS
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On trouve dans la littérature des classifications variées, basées sur toute une diversité de critères : la
substance et son utilisation, la nature de l’encaissant, le contexte géodynamique, les processus
génétiques etc.

1. Classification descriptive
Cette classification se base sur plusieurs critères entre autres :

a) La géométrie

Cette classification se base sur la configuration géométrique dans l’espace du minerai :

 Minéralisation massive, ou disséminée dans la roche support


 Minéralisation concordante avec son enveloppe (gisement stratiforme par exemple)
 Minéralisation discordante
 Lentilles, amas
 Filons, stockwerks (épontes, toit, mur)
 Pipes et cheminées

b) Selon les métaux exploités

Des classifications fondées sur le type de métal ou l'utilisation de la substance extraite des gisements
sont courantes :

 ils peuvent proposer des liens utiles entre les divers types de minerais et le type d'utilisation
sociale qui en est fait.
 le type de minéral peut être utilisé comme autre critère de classification (Exemple : classification
par types de minéraux).
 il existe des classifications élaborées au cours du XXe siècle basée sur le type de roche dans
lequel se trouvent les gisements ou sur la géométrie du gisement et sa relation avec son
encaissant (Exemple : classification de Lindgren)

Selon les métaux exploités

 Substances énergétiques ou combustibles : Pétrole, gaz, charbons, bitumes, uranium


 Minerais métalliques :
 Métaux de base (cuivre, plomb, zinc),
 Métaux d'alliage (chrome, cobalt, fer, molybdène, nickel, manganèse, tungstène),
 Métaux précieux (or, argent, platine)
 Métaux rares (lithium, tantale, beryllium, gallium, germanium, mercure, cadmium,
indium, terres rares)
 Minerais non métalliques (minéraux industriels) : Silice, kaolin, gypse, talc, potasse, phosphate,
sillimanite
 Pierres précieuses : Diamant, émeraude, opale, rubis, saphir

Classification des gisements de Lindgren


Tableau 1 : Classification de Lindgren : Modifiée d’après Lindgren, 1933 et Evans, 1993
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c) Classification des gisements en fonction du contexte géodynamique (classification


Tectonique)

À la fin du XXe siècle, le développement de la théorie de la tectonique des plaques a répandu toute une
série de classifications liées au contexte tectonique. Les gisements dans les bassins océaniques étaient
distingués de ceux dans les zones en convergence ou ceux dans des contextes intracratoniques. Cette
catégorie de classification est encore utilisée, particulièrement lorsque l’on discute de la répartition à
l’échelle planétaire des gisements.

Figure 6 : Contextes géodynamiques et grands types de gisements. Modifié d’après Groves et al. (1998).
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Tableau 2 : Classification des gisements en fonction du contexte géodynamique (classification tectonique).

2. Classification interprétatives à caractère génétique


Le cycle des roches permet de diviser les gisements minéraux en deux grands groupes selon les
processus géologiques qui leur ont donné naissance (figure 7). Les gisements endogènes sont générés
par les processus relevant de la dynamique interne du globe comme le métamorphisme, le magmatisme
et l’hydrothermalisme connexe. Les gisements exogènes se forment dans les conditions de surface et
de sub-surface, en liaison avec des phénomènes géologiques externes comme l’érosion, la
sédimentation, ou la ferruginisation ; c’est le domaine de l’intemperisme ou les actions du climat et de
la biosphère sont déterminantes (Tableau 3).

Figure 7 : Cycle des roches et types de gisements attachés à chaque étape du cycle (d’après Jebrak, 2006).

Tableau 3 : Classification des gisements en fonction des processus minéralisateurs


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3. Répartition des gisements


Les gisements ne sont pas répartis de façon homogène sur la surface du globe. De vastes étendues de
terre sont dépourvues de gisements viables alors que d’autres territoires comportent une proportion
inhabituelle de gisements d’un ou plusieurs types.

Pour des raisons géologiques et économiques, il est important de connaître quelques grands traits de
la répartition des gisements. D’un point de vue géologique, la répartition des gisements apporte des
indices importants sur les processus minéralisateurs ; d’un point de vue économique, la répartition
irrégulière influence fortement le prix des métaux et les échanges mondiaux ; c’est un facteur important
qui influence les relations internationales et explique parfois alliances et conflits.

Le craton ouest-africain est très riche en minéraux et leur distribution spatiale et temporelle varie depuis
d'événements de minéralisation monophases à multi phases. Au cours des 30 dernières années, le
nombre de découvertes d'or a dépassé tous les autres types de matières premières en volume avec des
gisements d'or économiques découverts, délimités et développés au Mali, en Mauritanie, au Sénégal,
au Burkina Faso, au Ghana et en Côte d'Ivoire.

Figure 8 : Une carte simplifiée du craton ouest-africain qui met en évidence la répartition de tous les gisements
minéraux connus répertoriés dans le WAMDD ; carte modifiée après Deynoux et al. (2006), Feybesse et al. (2006),
Schofield et al. (2006), Gueye et al. (2007) and Villeneuve (2008).

Au niveau national, l’exploitation aurifère a lieu dans deux régions : i) La première région administrative
du Mali (Kayes) avec les célèbres mines industrielles de Sadiola, Tabakoto, Yatela, Gara, Yaléa,
Gounkoto et tout récemment ceux de Kofi et de Fékola (Figure 9). Cette partie du Mali est la région la
plus productive en or en Afrique de l'ouest après la ceinture des roches vertes d’Ashanti au Ghana
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(Lawrence, et al., 2013a). ii) La troisième région administrative du Mali (Sikasso) avec ses mines
industrielles de Syama, Kalana, Morila et les mines de Kodiéran et de Komana (Figure 9). Ces dépôts
sont associés aux roches Paléoprotérozoïques du craton ouest-africain.

Figure 9 : Figure 1.4 : Les régions productrices d’or du Mali. Mali ouest avec les mines en exploitation de la
Boutonnière de Kédougou-Kéniéba. Mali sud avec les mines en exploitation
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CHAPITRE III : MORPHOLOGIE


ET TEXTURES DES MINERAIS
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1. Morphologie des gîtes minéraux


Certaines ressources minérales sont constituées par une formation géologique dans son ensemble. La
ressource se confond alors avec la formation géologique. C’est le cas pour les gisements de matériaux
de carrière, de certains minéraux industriels (sel, gypse, calcite, etc.), ou du charbon. Cependant, la
majorité des ressources minérales, principalement les minerais, occupent des volumes de petite taille
au sein ou au contact de formations géologiques. Ces volumes peuvent prendre plusieurs formes qui
ont reçu des qualificatifs d’ordre morphologique, sans connotation génétique, comme les filons, les
amas ou les lentilles.
La forme des concentrations minérales n’est jamais quelconque. Deux paramètres les conditionnent :
d’une part, la nature et la disposition des terrains encaissants et leurs propriétés en matière de porosité-
perméabilité ; d’autre part, la nature et l’ampleur des phénomènes qui ont donné naissance à la
minéralisation. La forme est souvent irrégulière du fait de la complexité des terrains géologiques et de
l’intervention de plusieurs phénomènes.

a) Filons

Le terme filon n’est pas un terme spécifique des ressources minérales ; il désigne une fissure ou une
faille, le plus souvent verticale ou fortement inclinée, colmatée par une roche magmatique, ou des
minéraux hydrothermaux. En métallogénie, les filons sont de plus en plus fréquemment appelés veines,
par assimilation de l’anglais vein. Les filons se rencontrent dans tous les types de formation géologique
et a toutes les époques. Ils sont généralement sécants sur les formations géologiques encaissantes,
donc tardifs par rapport à celles-ci. Les filons sont définis par leur direction, leur pendage, leur pitch,
plongement des colonnes mine réalisées dans le plan du filon et, pour ceux dont le pendage n’est pas
vertical par un toit et un mur
La géologie structurale est indissociable de l’étude des filons. La morphologie des filons varie selon la
profondeur, passant d’une rupture en domaine cassant à une déformation ductile. Le quartz devient
ductile vers une quinzaine de kilomètres de profondeur et a 400 °C, en présence d’eau. Les zones de
cisaillement (shear-zones) qui portent nombre de minéralisations aurifères sont des filons formes a
cette profondeur (Figure 10). En passant de cassant a ductile, la porosité des failles qui portent les
filons se modifie, depuis des structures secondaires de zone de cisaillement (cataclasites) a des tubes
allonges le long de la linéation d’étirement, marquant une structure mylonitique.

b) Gîtes stratiformes

Les gites stratiformes ont en commun d’être contrôlé par la stratigraphie, soit parce qu’ils appartiennent
à la séquence litho stratigraphique, comme les gisements de type VMS (Volcanogenic Massive Sulfide
= amas sulfure volcanogène), soit parce que les corps de minerais suivent plus ou moins régulièrement
certains bancs de roches appelés horizons porteurs ou horizons minéralisés.

Les minéralisations adoptent des formes variées : masses allant de continues a discontinues, renflées,
d’allure lenticulaire (gisements stratiformes de sulfures massifs), bancs plus ou moins puissants et
massifs, ou zones irrégulières imprégnées de minerais, toujours contrôlés par l’horizon porteur.

Les placers sont des gites stratiformes actuels en cours de formation, et les gisements de granulats
alluvionnaires, de gypse, de sel, de fer appartiennent aussi à cette catégorie stratiforme. On peut
également y ranger les autres formations sédimentaires comme les calcaires, le charbon, voire le
pétrole.
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c) Amas

Les amas constituent une catégorie très polymorphe qui rassemble les gites n’affichant pas de caractère
stratiforme ou de caractère filonien clairement marque. Leur taille varie de quelques dizaines a plusieurs
centaines de mètres. Ils se rencontrent surtout dans les roches carbonatées, parfois au contact
d’intrusions formant les skarns. Les amas sont globalement cantonnés a un ou a plusieurs niveaux
stratigraphiques, mais ils se répartissent dans le détail de façon très capricieuse, formant des masses
a contours irréguliers, a bordures nettes ou diffuses, tour a tour concordantes et discordantes, selon
que le dépôt du minerai a été guide par les contacts lithologiques ou les fractures sécantes, voire des
vides de type karstique. On utilise le terme de contrôle mixte, a la fois structural et stratigraphique. Les
chapeaux de fer, zone superficielle soumise a l’action de l’eau et de l’air des concentrations minérales,
sont habituellement ranges dans ce type morphologique.

Figure 10 : Principaux éléments géométriques d’une minéralisation filonienne. Au voisinage de la surface, le filon
est altéré du fait des conditions climatiques. On distingue une zone d’oxydation, une zone de cémentation, plus
réduite, et une zone saine, non affectée par les transformations de surface, le protore. RS (roche saine) et RA
(roche altérée par les fluides hydrothermaux)
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d) Disséminations et stockwerks

Comme leur nom l’indique, les minéralisations de ce type voient leur minéral utile disséminé dans la
roche qui constitue alors le minerai sans qu’un contrôle structural ou stratigraphique n’influe sur leur
répartition. La kaolinite ou la muscovite dans le granite altéré, la chromite dans les roches ultramafiques,
en sont des exemples. Lorsque la minéralisation disséminée est confinée a un horizon particulier, on
préfère la considérer comme une concentration de type stratiforme, plus précise d’un point de vue
contrôle géologique.
Stockwerk, terme d’origine allemande (stockwork en anglais), désigne de petits filons, d’une puissance
variant de quelques millimètres a quelques décimètres au maximum, s’entrecroisant en un réseau
relativement dense (photos e et f, planche 9). Ils donnent l’impression d’être un minerai disséminé. Ils
sont habituellement liés aux intrusions felsiques a intermédiaires et recoupent fréquemment le contact
roche intrusive-encaissant. Disséminations et stockwerks sont fréquemment associes dans les
minéralisations porphyriques. Les sheeted veins, réseaux serres de minces filonnets riches en
cassitérite, s’y rattachent.

e) Cheminées

Les cheminées (pipes ou breccia pipes en anglais) sont des volumes en forme de cylindre vertical ou
sub-vertical, donc relativement peu développés dans deux dimensions, d’un diamètre allant de quelques
centimètres a plusieurs centaines de mètres. Elles sont parfois remplies de brèches minéralisées en
étain, tungstène, molybdène, uranium ou or, et de roches plus ou moins transformées.

L’origine de ces structures est, pour l’essentiel, volcanique, certaines étant des diatrêmes (cratères
d’explosion volcanique ou phreato-magmatique), mais d’autres sont magmatiques, liées a des
explosions par surpression de fluides au sommet de chambres magmatiques (gites d’étain et de
tungstène). Les kimberlites à diamants sont des cheminées volcaniques. Cependant, certaines
cheminées sont d’origine karstique et représentent des zones d’effondrement de cavités souterraines
dans des zones carbonatées.

2. Textures des minerais


Une texture minérale correspond à l’agencement et aux relations spatiales des différents minéraux. Il
existe un problème de sémantique entre la texture et la structure. La principale différence entre les
deux vocables repose sur l’échelle d’observation : le terme texture désigne des échelles allant de micro
a mesoscopiques, le terme structure étant plutôt réservé à des agencements d’objets géologiques
d’échelle supérieure. Les textures des concentrations minérales sont très nombreuses : massives,
rubanées, bréchiques, etc.

a) Textures massives

Ces textures se caractérisent par des cristaux orientes dans tous les sens sans concentration
préférentielle. La minéralisation, au moins à l’échelle du front de taille, prend un aspect homogène. Ces
textures peuvent avoir une origine primaire et traduisent alors la cristallisation simultanée des minéraux,
ou secondaire, résultant d’une recristallisation diagénétique ou métamorphique.
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Figure 11 - Cinq exemples de morphologie de gisements. a) amas Zn-Pb (les Malines, France) ; b) amas et
minéralisation stratiforme Zn-Pb (Les Malines, France); c) amas sulfure volcanogénique (VMS) a Cu-Zn-Pb-Sn
(Neves Corvo, Portugal); d) filon idéalisé; e) pipe discordant et concordant (inspire de Tsumeb, Namibie).

b) Textures rubanées

Dans les textures rubanées, les minéraux sont disposés en bandes, ou rubans, depuis les épontes
jusqu’à l’axe central du corps minéralisé. Ce sont des textures particulièrement fréquentes dans les
filons. On les subdivise en trois catégories : les encroutements, les textures crack-and-seal, et les
laminations (figure 12).

Les encroûtements : Ce sont des dépôts successifs globalement parallèles entre eux et parallèles aux
épontes. Ils sont dits symétriques si les dépôts se répètent de façon symétrique sur les deux parois par
rapport a un vide central, dissymétriques dans le cas contraire. Au cœur de la structure, il peut subsister
des vides ou cristallisent des minéraux automorphes, couramment de grande taille : ce sont les géodes,
ou druses. La chronologie de dépôt est claire : les plus anciens sont aux épontes, les plus récents, au
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cœur. Ces encroutements traduisent des réouvertures répétées, qui indiquent un contexte tectonique
en ouverture.

Les textures crack-and-seal (rupture et cimentation) : Ce sont caractérisées par des rubanements de
cristaux perpendiculaires aux épontes, comme dans les encroutements, mais montrant des alignements
d’inclusions fluides ou solides qui indiquent des ruptures au cours de la croissance cristalline. Ces
rubanements peuvent avoir une géométrie complexe, mais sont globalement parallèles aux épontes

Les laminations : Elles se caractérisent par l’allongement des cristaux le long de la zone de déformation.
Le parallélisme entre les dépôts hydrothermaux et les bordures du filon n’est plus systématique du fait
de l’existence de structures secondaires mylonitiques ; le quartz n’adopte plus une forme en peigne,
mais il montre des signes d’écrasement et de cristallisation sous contraintes Ces textures marquent une
plus grande profondeur (plus de 10 km) car elles nécessitent une ductilité du quartz, voire des
feldspaths. Elles sont fréquentes dans les cisaillements aurifères, ou elles voisinent couramment avec
des textures crack-and-seal.

Figure 12 : Trois exemples de textures minerales surtout communes dans les structures fi loniennes. a)
rubanement et encroutement dans un contexte d’extension pure, avec des variantes selon les lieux de nucleations
des cristaux; b) crack-and-seal (d’apres Oliver et Bons, 2001) dans un contexte mixte d’extension-cisaillement; c)
lamination ductile et ductile-cassante dans un contexte de cisaillement pur. Ces trois facies correspondent
egalement a des conditions de plus en plus profondes.
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c) Textures bréchiques

Les textures bréchiques, ou brèches, sont caractéristiques des niveaux structuraux assez superficiels
car elles correspondent à des phénomènes de rupture ou de dissolution (Laznicka, 1988). On peut
distinguer deux grandes familles de brèches : des brèches mécaniques, résultant de la fragmentation
des roches, et des brèches chimiques, résultant de leur dissolution (Jebrak, 1997). Les brèches
mécaniques résultent généralement de processus tectoniques dans des zones de failles, ou de
processus volcaniques. On peut reconnaitre plusieurs styles principaux de fragmentation (Figure 13) :

Les brèches de friction ou de comminution. Elles sont associées a des zones de faille. L’augmentation
des contraintes provoque la rupture. Elles sont caractérisées par des fragments anguleux, de taille très
hétérogène, avec de la farine de roche. La farine et les fragments ont la même composition ;

Les brèches d’explosion. Elles sont caractéristiques des environnements volcaniques, mais peuvent
également apparaitre dans les volcans de boue. Elles présentent des caractéristiques assez similaires
aux brèches de friction, mais en diffèrent par le caractère très hétérogène des fragments du fait de leur
déplacement ;

Les brèches hydrauliques. Elles sont généralement associées a des zones de failles ; elles résultent
d’une augmentation de la pression de fluide, ce qui entraine une baisse de la pression effective et une
rupture souvent en traction. Les brèches sont caractérisées par des fragments de tailles souvent
comparables, passant en continuité a l’encaissant. Il n’y a pas de farine de roche. La bréchification
hydraulique ne nécessite pas une augmentation de la contrainte principale

Les brèches d’effondrement. Elles succèdent à une ouverture et peuvent apparaitre dans tous les
environnements. Elles montrent des fragments hétérogènes de toutes tailles, parfois grano-classés ;

Les brèches fluidalisees. Elles montrent des fragments alignes parallèlement aux épontes et sont
formées par la circulation rapide de fluides denses fortement charges en fragments dans un filon ou un
pipe. Les fragments sont souvent arrondis du fait de l’attrition provoquée par le transport rapide dans
le conduit (pebble dyke).

Figure 13 : Mode de formation des diff erents types de breches (d’apres Jebrak, 1997).
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3. La paragenèse minéralogique
L’étude minéralogique est un élément identitaire incontournable d’une concentration minérale qui
fournit des informations sur sa nature, donnant accès a la composition des fluides minéralisateurs et
aux conditions de formation, ce qui permet de proposer des modèles génétiques.
Les minéraux les plus courants des gites de métaux sont des sulfures et des sulfosels (pyrite, sphalerite,
galène, chalcopyrite, cuivres gris, etc.), des oxydes (magnétite, hématite, cassitérite, chromite,
uraninite et autres), plus rarement des natifs (or, platine, etc.), auxquels s’ajoutent les minéraux de
gangue (quartz, carbonates, fluorine, barytine, chlorites, autres silicates, etc.). Cette association de
minerais et de minéraux de gangue s’appelle la paragenèse.
La formation d’une concentration minérale relève généralement d’un processus complexe polyphasé.
La paragenèse va donc être composée de plusieurs stades (ou étapes), chacun correspondant à un
épisode de dépôt des fluides minéralisateurs. La succession paragénétique d’un gite visualise la
chronologie de dépôt des différents minéraux (figure 14). Dans le cas où un gisement est formé par la
superposition de deux ou de plusieurs processus de minéralisation, on relèvera autant de paragenèses
correspondantes.

Figure 14 : Séquence paragénétique des altérations pour le gisement de Tabakoto. L’épaisseur des traits fait
référence à l’abondance du minéral (Diallo, 2019)
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CHAPITRE IV : LES GISSEMENTS


ASSOCIES AUX PROCESSUS
D’ALTERATION SUPERFICIELLES
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1. Introduction
Plus de 86 % de la surface continentale est altérée. Les gîtes climatiques se forment dans ces conditions
de surface à la suite des interactions essentiellement destructrices des roches avec la biosphère et
l’atmosphère. Les roches et les minéraux y subissent des transformations chimiques et physiques au
contact des agents de la surface, dans des conditions étrangères à leur milieu de genèse. Le terme
d’altération supergène couvre l’ensemble de ces transformations, le résidu solide qui en résulte étant
appelé altérite. Cette altération est contrôlée par des facteurs multiples, notamment atmosphériques,
mais aussi biologiques : en effet, si l’air, le vent, l’eau et le gel sont essentiels, les bactéries, les plantes
et certains animaux participent activement à la dégradation et à la transformation des roches.
L’altération comprend des processus chimiques et physiques qui se combinent pour transformer les
roches, voire les faire disparaître. L’altération chimique débute par une hydratation, suivie d’une
hydrolyse, d’une oxydation, enfin d’une mise en solution de certains éléments. Au cours de l’altération
physique, ou désagrégation, les roches sont fragmentées et leurs minéraux arrachés et entraînés par
le vent ou les eaux.
Nous distinguerons les gîtes climatiques, formés sur place (gîtes pédogénétiques) par des phénomènes
d’altération majoritairement chimiques, et les gîtes climatiques détritiques qui ont subi un transport.
Les premiers comprennent les gisements résiduels, créés à la suite de la préservation et de
l’accumulation de minéraux résistants (zircon, pyrochlore, monazite, etc.), et ceux formés par la
concentration in situ d’éléments peu mobiles (bauxites, latérites à or, etc.) ou mobiles verticalement
dans les profi ls d’altération (manganèse et nickel).

2. Gîtes pédogénétiques
Ces gîtes sont des concentrations superficielles de substances utiles ou de minerais, résultant de
l’altération sur place d’un protolite, par action de l’eau essentiellement, conduisant à la formation d’un
sol. L’enrichissement résulte de deux processus distincts souvent complémentaires, fonction de la
résistance à la dissolution des minéraux du protore :
 La concentration physique de minéraux insolubles, insensibles à l’altération chimique, et par
conséquent concentrés par élimination de la matrice soluble ; c’est le cas, par exemple, de la
chromite et du zircon ;
 La dissolution dans la zone d’oxydation de certains éléments qui se redéposent plus bas dans la
zone réductrice, sous forme de nouveaux minéraux. Cette catégorie compte notamment les
latérites, les bauxites et les enrichissements supergènes qui se produisent à la partie superficielle
de gisements de cuivre, de fer ou d’or. Les chapeaux de fer (ou gossan) représentent un cas
particulier de concentration à l’aplomb d’une zone minéralisée en métaux de base ou précieux

a) Les Latérites

Les latérites sont des sols ferrugineux pauvres en silice développés en contexte tropical. Ils couvrent
une grande partie de la zone tropicale humide, en particulier en Afrique, en Amazonie et en Australie.
La latéritisation tropicale est un long processus d’altération mécanique et chimique qui produit des
profils d’altération très variés en termes de puissance, de teneurs, de chimie et de minéralogie des
minerais. Le développement d’un profil latéritique implique une destruction en surface des minéraux
avec évacuation des éléments mobiles (Si, Mg, Na, K, Ca, etc.) et par conséquent concentration en
éléments insolubles (Ni, Al, Fe, Mn, etc.). Ceux-ci migrent vers le bas du profil et recristallisent sous
forme de nouveaux minéraux (Figure 15). Un profil latéritique typique comprend, de haut en bas (figure
16) :
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Figure 15 : Évolution-type d’un processus de latéritisation dans le temps. Une cuirasse de 8 mètres d’épaisseur
nécessite le lessivage d’une tranche de 500 à 1000 m de roche (d’après un document inédit du BRGM).

Figure 16 : Coupe-type d’un profil latéritique avec positions des gisements supergènes pour différents métaux
(d’après Tardy, 1993).
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 une cuirasse très riche en fer (duricrust), pouvant atteindre une puissance de 5 m et parfois
surmontée d’un sol avec de l’humus. Elle se compose d’oxydes de fer (goethite au sommet,
hématite à la base), avec des quantités variables de kaolinite et d’hydrates d’aluminium
(gibbsite, boehmite) en contexte très lessivant. La cuirasse peut receler des concentrations de
fer, de manganèse, ainsi que des concentrations résiduelles de minéraux lourds (pyrochlore,
cassitérite, zircon, rutile, minéraux de terres rares, etc.). L’or et les platinoïdes peuvent se
concentrer à la base de la cuirasse ;
 une zone fortement argilisée dont la puissance va de 1 à 30 m. Ce sont les argiles tachetées
(mottled zone) à kaolinite dominante, « tachée » de goethite et d’hématite de couleur lie-de-
vin. Cette zone peut contenir des minerais d’aluminium, d’uranium, parfois d’or, ainsi que des
concentrations résiduelles de minéraux de terres rares. La cuirasse et les argiles tachetées
constituent une zone de dissolution-accumulation des éléments ;
 une zone argilisée à smectites dominantes, la saprolite, d’une puissance pouvant atteindre 100
mètres, dans laquelle la texture de la roche-mère est préservée. Cette zone de mobilisation est
le siège d’intenses lessivages. Elle passe progressivement, vers le bas, à la roche fraîche par
l’intermédiaire d’une saprolite grossière ou régolithe à blocs peu lessivés, parfois appelée
saprock. La saprolite peut contenir des gisements de nickel, de manganèse et d’or.

Il faudrait de 10 à 20 millions d’années pour former un profil complet. La vitesse de saprolitisation est
estimée à 8 m/Ma et la vitesse de cuirassement à 2 m/Ma correspondant au lessivage de 100 à 200 m
de terrain (Freyssinet et al., 2005). Un profil se réajuste en permanence en fonction du climat.

Le développement de minéralisations dans la zone oxydée dépend de nombreux paramètres : de la


nature des roches-sources (oxydées ou réduites, minéralisées ou non, perméables ou imperméables,
rôle de tampon chimique), de l’abondance des sulfures, de la fracturation, ainsi que de la stabilité et
de la maturité du profil d’altération. La position des gisements dans le profil latéritique varie en fonction
des métaux ; certains, comme l’or ou le nickel, peuvent se concentrer à plusieurs niveaux (figure 16).

b) Gisements de bauxites

L’aluminium est le métal le plus abondant de l’écorce terrestre (8,1 %) après le silicium. À l’heure
actuelle, la bauxite est son seul minerai. Elle se défi nit sur une base économique : une bauxite est une
roche qui contient plus de 40 % Al2O3, peu de fer (< 10 % Fe2O3), de silice (< 6 % SiO2) et de titane
(< 4 % TiO2). En réalité, c’est une roche complexe composée pour l’essentiel de trois hydroxydes et
hydrates d’aluminium : la gibbsite, Al2O3.3H2O, monoclinique, la boehmite, Al2O3.3H2O,
orthorhombique, et le diaspore, AlO(OH), orthorhombique.

Comme toute latérite, la bauxite résulte du départ de la silice, du fer et des alcalins, en climat lessivant
à saisons marquées. L’aluminium est peu mobile et il s’accumule au cours du lessivage. Au cours de la
saison sèche, le bas niveau phréatique conduit à un lessivage de la silice et du fer, tandis qu’au cours
de la saison humide, le niveau phréatique est haut et le fer est réduit et lessivé.

Les bauxites sont des produit d'altération de roches granitiques ou volcanique acide dans des régions
à forte pluviométrie, mais avec des T < à celles des Fe-latérites (22° vs 28°C) avec des saisons
marquées.

Plus de 90 % de la bauxite sert à la production d’aluminium métal. Il faut environ 4,7 tonnes de bauxite
pour fabriquer par le procédé Bayer un produit intermédiaire appelé alumine hydratée (ou tri-hydroxyde
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d’aluminium ATH) qui permet ensuite, par calcination puis par électrolyse, de produire une tonne
d’aluminium métal. Les 10 % qui restent servent dans les ciments spéciaux, la catalyse des
hydrocarbures et la sidérurgie. Une petite partie de l’ATH est utilisée pour les réfractaires, les
céramiques et certaines applications chimiques.

Figure 17 : Graphique ternaire Al2O3–SiO2–Fe2O3 montrant l'augmentation résiduelle de la teneur en alumine


avec la progression de la latéritisation dans les minerais de bauxite de Los Pijiguaos. Le PG est la composition du
granite non altéré.

c) Gisements de nickel latéritique

Les gisements de nickel latéritique constituent 40 % de la production et 70 % des ressources de nickel,


soit 12,6 Gt à 1,28 % Ni, un chiffre qui dépend beaucoup de la teneur de coupure retenue. Les
gisements sont situés aux frontières des plaques, dans des ophiolites, bien que quelques-uns soient
exploités dans des zones cratoniques.

Les latérites nickélifères correspondent à des roches magmatiques ultramafiques (dunite, péridotite,
pyroxénite, hornblendite et serpentinite) ayant subi une altération tropicale. La serpentine et la
magnésite sont les produits les plus communs de l’altération de l’olivine en présence d’eau entre 200
et 500 °C. La serpentinisation se produit sans changement de volume significatif et de grandes quantités
de silice et de magnésium sont alors lessivées ; le nickel est mobile en solution, et une partie va rester
dans la serpentine, ou se combiner avec la magnésite.

On distingue actuellement trois types de profils latéritiques à nickel (figure 18) selon le climat, sec à
humide, générant trois types de gisements : silicaté, oxydé et argileux (Avias, 1978 ; Gleeson et al.,
2003). Cependant, du fait de l’évolution des climats, ces trois types peuvent être associés dans un
même gisement.
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 Les gisements oxydés (ou limonitiques) associent Ni, Co et Mn. Le nickel est piégé précocement
dans la structure de la goethite qui se développe aux dépens de l’olivine, mais également dans
les oxydes de manganèse (asbolanes) qui précipitent par oxydoréduction dans des fissures.
L’horizon productif est très épais, bien que les teneurs soient faibles (de 1 à 1,7 % Ni avec de
0,1 à 0,2 % Co), parfois plus fortes (de 3 à 5 % à Goro) dans des zones enrichies à garniérite
qui peuvent se développer au sommet de la saprock. Ces latérites se forment en climat tropical
humide.
 Les gisements silicatés, à silicates hydratés de magnésium et nickel sont les plus riches avec
des teneurs moyennes allant de 1,8 à 2,5 % Ni dans la saprolite. La minéralogie de ces
gisements est complexe : des silicates et des aluminates forment des solutions solides entre Mg
et Ni. La garniérite est le principal minerai ; ce terme est un nom générique pour désigner des
silicates hydratés de magnésium et de nickel, mal cristallisés et difficiles à identifier
individuellement, souvent dominés par la népouite, un phyllosilicate proche des serpentines
 Les gisements argileux (latérites sèches) montrent un lessivage partiel de la silice par altération
de surface. La saprolite contient alors des smectites (nontronites sodiques) qui fixent le nickel.
Les teneurs sont généralement plus faibles (1,2 % Ni et moins de 0,05 % Co), mais ces
gisements représentent les deux tiers des ressources mondiales de nickel. Les gisements se
développent sur les péridotites serpentinisées, dans un climat moins agressif et en sites de
petites collines. Ce type de latérite se développe sous climat aride.

Figure 18 : Les trois types de profi ls latéritiques nickélifères : argileux (type Murrin-Murrin), silicaté (type
Nouvelle- Calédonie) et oxydé (type Moa Bay) (d’après Troly, 1979 ; Elias, 2002).
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La genèse des latérites nickélifères se réalise en cinq étapes :

 La destruction des minéraux ferromagnésiens et le lessivage de Mg, Ni, Mn et Co qui migrent


vers la profondeur ;
 La formation de minéraux secondaires stables (oxydes de fer, minéraux argileux, serpentines,
etc.) qui peuvent piéger le nickel par adsorption ;
 Le lessivage partiel et l’évacuation des éléments moins mobiles (Si, Al, Ti), surtout en milieu
humide ;
 La mobilisation et la reprécipitation de Fe et Mn, entraînant Ni et Co ;
 L’accumulation de minéraux résiduels (chromite, zircon, quartz) (Maquet et al., 1984 ; Elias,
2002) dans l’horizon altéré.

d) Enrichissements sur gîtes

Les actions combinées de l’atmosphère et de la biosphère provoquent des transformations super gènes
qui perturbent de façon souvent importante les concentrations minérales. Les conséquences peuvent
être négatives, lorsque le résultat est une dispersion de la concentration, ou, au contraire, positives,
quand l’action supergène induit des enrichissements pouvant amener la concentration au stade
économique de gisement. Selon leur composition, les concentrations minérales réagissent
différemment, l’effet global étant l’apparition d’une zonalité verticale avec de haut en bas (figure 19) :
 La zone d’oxydation, fortement oxygénée et hydratée. Elle est le siège de la plupart des
phénomènes d’oxydation, de lessivage et de mobilisation. Les bactéries contribuent à la chimie
des réactions de dissolution. Les changements sont particulièrement visibles dans le cas des
gisements de sulfures qui se transforment en oxydes, sulfates, phosphates et carbonates, plus
rarement en d’autres sulfures. La pyrite forme alors des masses importantes de goethite,
donnant le nom de chapeaux de fer (gossan) à ces sommets oxydés de minéralisations
sulfurées. Une part des métaux mobilisés dans cette zone est évacuée par les eaux de surface,
tandis qu’une autre part migre vers le bas de la structure et va précipiter dans la zone de
cémentation ;
 La zone de cémentation, habituellement au niveau de la nappe (ou de la paléonappe)
phréatique. Elle marque le passage des conditions oxydantes de la zone précédente à des
conditions réductrices. Ce changement majeur conditionne la précipitation massive des éléments
mobilisés dans la zone d’oxydation sous une forme minéralogique différente. C’est une zone
importante d’enrichissement qui peut dépasser une centaine de mètres d’extension verticale où
apparaissent, notamment, chalcocite (gisements de cuivre) et argent natif (gisements de plomb-
argent) ;
 Le protore, ou minerai sain. La minéralisation n’y est pas affectée par les transformations
supergènes.

Évidemment, ce dispositif général fl uctue selon le type de gisement et l’intensité de l’altération.


Plusieurs types importants de gisements supergènes peuvent être développés aux dépens de
minéralisations existantes.
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Figure 19 : Profils d’oxydation des principaux types de filons minéralisés. La profondeur atteinte par les différentes
zones est très variable, dépendante notamment du climat, de l’altitude, de la perméabilité de la structure :
exceptionnellement, elle peut dépasser 500 m pour la seule zone oxydée. Seuls les minéraux les plus courants
ont été mentionnés. Ce type de profil d’oxydation est applicable à la plupart des gisements sulfurés.

e) Les chapeaux de fer

Ils se forment dans les zones sans latérites, soit que la pluviométrie est insuffisante, soit que l’érosion
intense empêche la formation d’un profil latéritique. Dans ces gisements, l’or reste généralement dans
la structure minéralisée originelle et n’est pas redistribué. L’effet principal de l’altération supergène est
une oxydation des sulfures qui libère l’or et le rend exploitable. Ces gisements se rencontrent au-dessus
de gisements de cuivre, de gisements polymétalliques à or disséminé (Carlin) et de gisements
épithermaux sous climat aride ou humide.
En contexte d’amas sulfuré volcanogène, l’intense oxydation des sulfures conduit à la formation de
puissants chapeaux de fer. Le lessivage des sulfures provoque un effondrement des structures primaires
et un enrichissement relatif en or, suffisant pour que la teneur, non économique dans les sulfures
massifs, devienne économique dans la zone oxydée.
En contexte épithermal, l’altération supergène se manifeste dans les filons eux-mêmes sur une hauteur
pouvant atteindre 250 m. L’enrichissement en or est marqué sur toute la hauteur par la néoformation
de micro-pépites d’or pur, issues du lessivage de l’or dans les parties superficielles érodées du filon.

f) Les latérites aurifères

Ils se forment à la suite de l’intense lessivage météorique de gîtes aurifères en conditions tropicales
humides à subtropicales. Ce lessivage amène une redistribution de l’or dans les niveaux latéritiques,
avec apparition de zones d’enrichissement Ces gisements latéritiques à faible teneur (de 1 à 3 g/t Au)
sont exploités en carrière, comme à Syama et Sadiola (Mali), et à Léro et Siguiri (Figure 20) ;
l’exploitation de la saprolite minéralisée est la suite logique dans la plupart des gisements.
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Les latérites aurifères se forment dans différents contextes climatiques :


 Le climat tropical humide avec saisons sèches et humides (savane), environnement des
gisements de Syama et Sadiola, au Mali, de Léro en Guinée (figure 20) (Zeegers et Lecomte,
1992), et de ceux du sud du Brésil ;
 Le climat tropical humide forestier, environnement des gisements d’Ity en Côte d’Ivoire, de Yaou
en Guyane française, de Cassiporé et Igarapé Bahia, au Brésil, et d’Ashanti, au Ghana (gisement
seulement pro parte latéritique) ;
 Le climat semi-aride, environnement des mines du craton Yilgarn en Australie occidentale,
comme Mount Gibson, et Bradoc (Webster et Mann, 1984 ; Gray et al., 1992), du Soudan et du
Botswana.

Figure 20 : Latérite à or supergène ; exemple de la mine de Léro (Guinée), (d’après document La Source, Mine
de Dinguiraye, inédit).
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CHAPITRE IV : LES GISSEMENTS


ASSOCIES AUX PROCESSUS DE
SEDIMENTATION
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1. Les gisements de Placers

Les placers sont des corps stratiformes lenticulaires, formés par la concentration mécanique de
minéraux lourds économiques (or, cassitérite, platine, diamant, ilménite, zircon, etc.). Le terme « placer
» provient de l’espagnol placel (banc de sable), utilisé par les premiers mineurs espagnols lors de la
découverte de l’Amérique, pour décrire les dépôts d’or libre dans les sables et les graviers des ruisseaux.
Les placers sont portés par des alluvions anciennes ou actuelles. Les minéraux arrachés par l’érosion
sont caractérisés par leur grande résistance physique et chimique, leur forte densité (supérieure à 6)
et, souvent, par leurs grains équidimensionnels. Les placers constituent des gisements dont
l’exploitation est souvent facile, ce qui autorise une teneur moyenne plus basse que celle des gisements
en roche primaire.
Les placers peuvent être classés selon leur contexte géomorphologique :
 Les placers éluviaux ou résiduels sont peu déplacés et parfois enrichis en or (Guyane, Brésil),
en platine, étain (Rondônia), tungstène, tantale, niobium, ou en gemmes ;
 Les placers fluviatiles, en alluvions et paléoalluvions, sont exploités pour l’étain (Kinta Valley en
Malaisie, Thaïlande), l’or (le Klondike dans le Yukon, ou la Sierra Nevada), les terres rares, le
platine (Choco, en Colombie, Oural), parfois les gemmes (diamant d’Argyle en Australie ;
République démocratique du Congo), et le jade d’Alibert (Russie) ;
 Les placers marins et littoraux, couramment appelés sables noirs, sont exploités pour les
diamants, le titane (ilménite de Richard’s Bay en Afrique du Sud), parfois avec le zircon (Enneaba
en Australie), l’étain (Malaisie, Bangka en Indonésie), parfois l’or ou le fer (magné tite). On
connaît également des placers à thorium, à platine, à niobium, à tantale, et à terres rares. Ces
placers sont liés aux variations récentes du niveau de la mer et sont souvent reconcentrés par
action éolienne. Les placers marins peuvent être émergés ou immergés. Avec les placers
fluviatiles, ces placers produisent de l’ordre du quart de la production mondiale de diamants ;
 Les placers deltaïques, ou transitionnels, sont surtout exploités sous leur forme fossile lithifiée
de paléoplacers, ou placers fossiles. Ces formations sont devenues des grès quartzitiques ou
des conglomérats, et elles ont conservé leurs concentrations en éléments valorisables. Ces
placers deltaïques se limitent à quelques rares, mais essentiels, gîtes d’or (Rand, en Afrique du
Sud) et d’uranium (Canada), plus rarement d’étain (Niger, Brésil, Malaisie) ; ils sont liés aux
actions des vagues, des courants, des vents et des marées.

2. Autres gisements sédimentaires

 Gisement de fer rubanées (BIF).


 Dépôts de manganèse en strate
 Phosphorites
 Schistes noirs
 Evaporites
 Combustibles fossiles - Pétrole / gaz
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CONCLUSION GENERALE
Les indices pour comprendre un gisement
Quelques caractères relatifs au gisement

 La paragenèse, i.e la ou les associations minérales constituant le ou les minerais du gisement


 Les conditions de P/T des fluides minéralisateurs au moment du dépôt (étude des inclusions
fluides)
 La composition chimique et les teneurs ;
 L’âge de la minéralisation (datation)
 Les contrôles structuraux sur la minéralisation
 La morphologie et la géométrie des corps minéralisés
 Le traçage de la source des fluides (analyse des isotopes stables et radiogéniques)

Quelques caractéristiques de l’encaissant

 La nature lithologique des roches


 Les structures présentes (importantes pour le piégeage des concentrations minérales)
 La proximité de roches plutoniques ou volcaniques (rôle thermique)
 Le degré de métamorphisme
 La paragenèse d’altération des roches encaissantes (souvent associée à un type de gisement)

BIBLIOGRAPHIE
Les principaux documents et sites WEB utilisés pour la préparation de ce cours sont :

Arndt, N. T., et Ganino, C., 2010. RESSOURCES MINÉRALES : Origine, nature et exploitation. Book,
Dunod, Paris, 2010. ISBN 978-2-10-055081-4, 186p.
Diallo, M., 2019. Evolution Tectonique de la Partie Malienne de la Boutonnière de Kédougou-Kéniéba
(BKK) : Implication pour la minéralisation en Or. Thèse de doctorat, Université Paul Sabatier Toulouse
III, 271p.
Jebrak, M., et Marcoux, E., 2008. Géologie des ressources minérales. Document publié par géologie
Québec, ISBN : 978-2-551-23737-1, 673p.
Markwitz, V., Kim A.A. H., Miller, J., 2016. Compilation of West African mineral deposits: Spatial
distribution and mineral endowment. Precambrian Research 274 (2016) 61–81.
Robb, L., 2005. Introduction to Ore-Forming Processes. Book, Blackwell Publishing company, ISBN 0-
632-06378-5, 386p.
Taylor, R., 2009. Ore Textures: Recognition and Interpretation. Handbook, Springer Dordrecht
Heidelberg London New York. DOI 10.1007/978-3-642-01783-4, 228p.

Classification des ressources minérales (pairform.fr)

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