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Emancipation de La Femme Dans Une Si Longue Lettre 222

Le document résume le rôle de la femme dans la société africaine traditionnelle et décrit son émancipation dans le roman Une si longue lettre de Mariama Bâ. Il aborde les éléments constitutifs de la condition féminine traditionnelle comme l'infériorité et les châtiments, et décrit l'émancipation des femmes dans le roman à travers les personnages de Ramatoulaye et Aïssatou.

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Emancipation de La Femme Dans Une Si Longue Lettre 222

Le document résume le rôle de la femme dans la société africaine traditionnelle et décrit son émancipation dans le roman Une si longue lettre de Mariama Bâ. Il aborde les éléments constitutifs de la condition féminine traditionnelle comme l'infériorité et les châtiments, et décrit l'émancipation des femmes dans le roman à travers les personnages de Ramatoulaye et Aïssatou.

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République du Sénégal

Un Peuple-Un But-Une Foi


Ministère de l’Education National
CEM Imam Mbaye Seye de Ross-Béthio
Classe 3éme A

Introduction
I. Les éléments constitutifs de la condition féminine
a. L’infériorité de la femme :
b. Les châtiments et les brimades :
c. La polygamie :
II/ Emancipation de la femme dans Une si longue lettre :
1/Origines de l’émancipation de la femme dans une si longue lettre :
2/Manifestation de l’émancipation de la femme dans le roman :
Conclusion :

Exposants :
Mansour SECK
Dieynaba KA
Oumar SOW
Fatma FALL
Awa FALL
Issa WADE

Sous la direction de Monsieur FALL

Année ScolAire :2022-2023


Introduction
Outre le fait qu’elle soit maman, la femme joue un rôle fondamental dans l’espace familiale.
Elle est le moteur de l’éducation à la base, la régulatrice de l’économie familiale, mais au-
delà, la femme titille la place de l’homme dans une société où sa condition ne favorisait pas
une insertion sociale et politique tant souhaitée. Pour étudier ce combat de libération sous
le joug de la domination masculine porté par certains personnages du roman de Mariama
BA, nous allons tout d’abord voir les éléments constitutifs de la condition féminine,
l’injustice sociale faite à la femme et en fin l’émancipation de celle-ci dans notre société
africaine en particulier sous l’angle de « Une si longue lettre ».
I. Les éléments constitutifs de la condition féminine
Dans la société traditionnelle africaine, il y a plusieurs éléments qui constituent un poids, et
des entraves pour la condition féminine. En effet, la femme est placée dans un espace fermé
dans lequel, elle doit nécessairement évoluer. Dans ce « huis-clos », les femmes apparaissent
toutes marquées à des degrés divers, par l’aliénation, la dépendance à l’égard de la tradition
et la frustration.
a. L’infériorité de la femme :
Depuis les origines, la femme est considérée comme le sexe faible. Elle n’a aucun rôle à
jouer si elle n’assume les rôles secondaires. Ainsi dans les assemblées, elles étaient reléguées
au second rang et n’assistaient pas aux prises de décision. Donc, on peut dire qu’elle : devait
seulement se marier, travailler d’arrache-pied au foyer et procréer sans pour autant demander
la raison.
b. Les châtiments et les brimades :
Ils étaient le lot quotidien des femmes. Elles subissaient tous les sévices. Quand la femme
disait un mot plus haut que l’autre, le mari pouvait la corriger, la battre, sans aucune forme
de procès.
c. La polygamie :
Elle est de rigueur dans la société africaine. On se réfugie derrière l’Islam et les clivages
sociaux pour avoir au moins quatre épouses. D’autres la justifiaient même dans certaines
Sociétés agricoles et non mécanisées, où il fallait avoir beaucoup d’enfants pour fructifier
l’avoir familial. Mais de nos jours, elle est condamnée à disparaître parce que les conditions
économiques ne la permettent plus. En plus, aucune femme ne souhaite partager son mari.
II/ Emancipation de la femme dans Une si longue lettre :
En nous plongeant dans l’intimité de la narratrice, ses joies, ses souffrances et ses
frustrations, la romancière questionne la condition féminine : les codes régissant les
relations avec les hommes, l’importance des castes et, surtout, la polygamie. La lettre de
Ramatoulaye se déploie comme le témoignage douloureux d’une femme lettrée et idéaliste,
prise à revers par la société dans laquelle elle a pourtant grandi.
Ainsi va-t-elle découvrir, incrédule, le remariage de son mari, comme son amie avant elle :
« Je savais. Modou savait. La ville savait. Toi Aïssatou tu ne soupçonnais rien et
rayonnais toujours. » écrit-elle.
Si Aïssatou divorce alors que Ramatoulaye préfère s’effacer, l’une comme l’autre va payer
leur humiliation au prix fort : une solitude choisie, mais que l’entourage rend difficile à
assumer.
En évoquant ainsi la société sénégalaise, c’est plus largement à l’émancipation féminine que
Mariama Bâ fait écho, en cette fin des années 1970 où les revendications des femmes se font
plus que jamais entendre à travers le monde.
1/Origines de l’émancipation de la femme dans une si longue lettre :
La société Africaine, en général, est une société ” masculin pluriel ”. Il en est de même
particulièrement de la société sénégalaise. L’homme y fait la loi. Il se sert de parapluie de
coutume et de religion pour gérer la société à ses fins. Ainsi, la femme, marginalisée, devient
un instrument, un objet selon les lois des institutions aménagées par l’homme au gré de ses
goûts. Du toit paternel au toit conjugal, la femme est à la merci de la sacrée coutume auxquelles
d’autres femmes participent en faveur de l’homme et de ses institutions.
En ce travail, nous allons présenter l’image de la femme du Sénégal telle quelle est vue par
Mariama Bâ dans Une si longue lettre, selon la tradition africaine et la religion musulmane. A
travers Ramatoulaye, son personnage principal et la technique épistolaire choisis sciemment
pour plaider la cause de la femme, l’auteur nous conduit dans sa conception romanesque. Elle
nous y montre la considération générale accordée à la femme dans tous les domaines de la vie
au Sénégal. En tout et pour tout, la femme – jeune ou mature soit-elle, est vouée au silence en
dépit de la gravité de ses peines. Ses droits sont taillés à la hauteur de la volonté de l’homme.
Il en est même en amour. On le verra avec le cas des foyers de Ramatoulaye et de celui de
Aïssatou, deux amies de très longue date dont les maris s’étaient engagés en de nouvelles
aventures amoureuses contre toute attente de leurs épouses respectives. Ni la coutume ni la
religion musulmane n’ont, ici, réservé aucun droit à ces deux femmes même au sujet de ce qui
les concerne très intimement chacune. Bintou et La petite Nabou, les co-épouses qui leurs
avaient été adjointes au nom de ces sacrées institutions ne purent elles aussi que fléchir contre
leur propre liberté devant ces susdites institutions.
Ainsi, en l’univers romanesque d’Une si longue lettre la parole ou l’action de la femme opposée
à la sacro-sainte volonté de l’homme, de la coutume et de la religion est une atteinte à l’honneur-
un tel acte serait donc une transgression de la loi.
2/Manifestation de l’émancipation de la femme dans le roman :
Au fait, l’univers romanesque de Mariama Bâ dans Une si longue lettre est un univers plein
de haram, interdits. Ces derniers frappent surtout la femme. Parmi ces interdits, on citera la
modernité sous toutes ses formes. Le cas de l’école occidentale est très frappant.
Pour illustrer le manque de liberté en amour pour les filles sénégalaises, le cas de
Ramatoulaye devant son fiancé Modou, nous est ici d’une portée exemplative. Ramatoulaye,
avait comme vrai fiancé Modou. Par contre la mère de la fille préférait Daouda Dieng, un
homme trop âgé mais nanti. Mais grâce à la lumière reçue à l’école, Ramatoulaye était libre
de faire son propre choix et de le respecter en dépit de la proposition et des réels motifs de
sa mère. Elle nous le dit clairement :
“Libérée donc des tabous qui frustrent, apte à l’analyse, pourquoi devrais-je suivre
l’index de ma mère pointé sur Daouda Dieng, célibataire encore, mais trop âgé pour
mes dix-huit hivernages.” (p.28).
On voit très bien l’aspect économique primer dans le choix de la mère. Si Ramatoulaye ne
put s’incliner devant ce choix fondé sur des motifs différents de ses propres sentiments, ceci
est très compréhensible. Le vrai amour étant l’expression de sentiments libres entre deux
personnes nul ne devrait se marier sous une quelconque condition, imposée par les parents.
Ainsi, pour Ramatoulaye rien ne l’avait privée de cet étudiant, son vrai choix d’amour en
dépit de ses conditions de vie :
“Je préférais l’homme à l’éternel kaki. Notre mariage se fit sans dot, sans faste, sous
les regards désapprobateurs de mon père, devant l’indignation douloureuse de ma
mère frustrée, sous les sarcasmes de mes sœurs surprises, dans notre ville muette
d’étonnement.” (p.29).
Ce passage donne non seulement l’image d’une femme émanciper, d’un mariage refusé par
les parents mais aussi celle de la valeur de la dot dans la société sénégalaise en particulier
et dans les sociétés africaines en général.
Privée de sa liberté de ses droits, surtout de sa liberté d’expression, la femme a toujours une
place secondaire juste après celle du père. Et si cette énumération se termine bellement par
le village, c’est tout simplement puisque le mariage, source d’enrichissement de la famille,
est une affaire de tout le village. Le village c’est le symbole de la communauté entièrement
englobée dans la coutume et dans la religion. Ainsi, les deux actes de Ramatoulaye, celui
d’avoir refusé le fiancé proposé (p.28) par la mère et celui de se marier sans dot (p.29),
constituent une très grave transgression de la loi coutumière :
Un tel comportement rebêle de Ramatoulaye ne fut pas gratuit. Il était porteur d’un message
pour le compte de la femme sénégalaise liée par la coutume. Ramatoulaye manifestait ainsi
son mécontentement contre cette sacrée coutume, cette religion musulmane et leurs
représentants. Alors, elle s’engageait en une lutte ayant pour objectif fondamental la
libération et l’émancipation de la femme opprimée par l’homme. Ramatoulaye et Aïssatou,
son amie, sa condisciple en étaient chargées comme le stipule le passage suivant :
“Nous étions des véritables sœurs destinées à la même mission émancipatrice. Nous
sortir de l’enlisement des traditions, superstitions et mœurs ; nous faire apprécier de
multiples civilisations sans reniement de la nôtre, cultiver notre personnalité,
renforcer nos qualités, mater nos défauts […]”. (Pp.25-26).
Conclusion :
La femme, dans Une si longue lettre de Mariama Bâ est vue comme un objet. D’un côté
objet de sa propre famille et de l’autre côté, objet de sa belle-famille.
Mais dans l’ensemble l’image de la femme reste sombre dans Une si longue lettre. Ce texte
démontre comment et combien la liberté de la femme est confisquée par l’homme au nom
de la sacrée coutume et aussi de la sacrée religion islamique. La femme est donc à la croisée
de deux feux. C’est pour cette raison qu’à travers ce texte l’auteur dénonce les tares de
l’homme dans sa gestion masculine dictatoriale et égoïste de la société sénégalaise en
particulier, et africaine en général. Le texte est une lutte pour la libération et la liberté de la
femme de la tutelle masculine et de son oppression sous toutes les formes.

Merci de votre aimable attention !

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