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Livre Droit Commercial 2019-2020

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Avant propos Le droit commercial est le reflet de I"économie dun pays donné. ‘Au Maroc, celle-ci est marquée par un libéralisme empreint d'un fnterventionnisme étatique fort. Le droit commercial en fait ressortir fes traits saillants en consacrant d’abord le principe de la liberté du commerce et de l'industrie, mais en se limitant aussit6t par des régles dérogatoires' qui innervent Ia matiére jusqu’a dev majoritaires nir aujourd’hui Le droit marocain propose une originalité : celle de réseryer au droit commercial une législation spécifique, le code de commerce traduisant ce trait de caractére. Présenter l'état de cette spécificité oblige a se référer & Ia définition que I’on donne généralement au droit commercial, il s’agit « du droit applicable 4 certaines personnes, les commercants, et A certaines opérations juridiques, les actes de commerce ». Pour autant, V’originalité de ce droit se résume-t-elle a I'étude des commercants et des actes de commerce? Certainement pas Si ces notions constitu commercial, n’oublions effectivement 1’épine dorsale du droit pas des notions périphériques, comme les droits de la concurrence, de la consommation, ainsi que W"inévitable organisation judiciaire en matiére commerciale. En effet, le dom T qToute personne est libre d'exercer te commerce, sans avoir & justifies de compétences, ni de qualités particuliéres, encore moins d'une autorisaticn sdiinistrative. En revanche, tout commercant se doit de respecter un certain Hombre de dispositions Iégales ct réglementaires, tenant d'une part at Obligations administratives et comptables et, d’autre part, & la nationalive, Sut Serta ees et interdictions, aux incompatibilités professionnelles, ainsi qu’a la seture de lactiviteé commerciale, Par ailleurs, tous les contrats commerciau {els Gue le bail commercial, la location-aérance, la cession du fonds de Commerss or Tes opérations de erédit garanties par le fonds de commerce ou ses éléments, 8°ils obéissent par principe 4 la liberté contractuelle, sont néanmoins soutt des régles impératives strictes. L'existence de mentions obligatoires s08) te les formalités de publicité prescrites pour certains contrats sont autant de contraintes qui s‘imposent en droit commercial ». Voir, L. Randrianrina, cous de droit , , commercial, Gualino, 1° édition 2019- 1020, p.22. 2 1. Randrianrina, cours de droit commercial, Gualino, As Edition, 2019-2020, p.22 5 =>: | n’en demeure pas moins remarqu, r able ere du droit comme diversité des activit s Economiques Son : conce, = étendue et hu _ cere, extreme corn ~ trouve aujourd’hui au centre de iéey quiil se ’ siti au point qu lui opposent de ne plus rendre ec mpte de pesieurs ede I'e controverses AM sissent l’activité commerciale. I faudrait, dit-on 1 es qui régissent | é ria enclav erie le dh ine discipline plus large qui enclaverait Pensempie des storiente ‘i cables aux activités Economiques, aux entreprises, ae pplicables. a jonnels, des rep regles profe: L‘insuffisance est, certes, patent droit commercial est en repli. Il ne fait aucun doute que je Repli « conceptuel » car sous I’effet deg mutations économiques, de nouvelles notions sont proposées pour remplacer celles qui le fondaient jusqu’alors'. Repli aussi de ia perception que I’on peut en avoir car certaines des matiéres qui le composent sont devenues des d paradoxe que le droit commercial c de nature commerciale n’ont jamais ét ciplines propres; aboutissant ay sique recule alors que les régles aussi nombreuses Pour l'instant, cette mobilité obseryée n’affeete que trés peu les Principes de base du droit commercial car, les notions et oppositions aditionnelles qui immergent ce droit restent bien présentes au-dela des déplaci ents de frontiéres et 4 veel ets ce rontitres et que, si la réglementation de la vie Payee pobsubchretinsérée dans un ensemble plus va Pe doute sous «les views Wye" Ut ensemble plus vaste, c’est sans mee ‘abits “du droit commercial qu’il faut Crest d’ailleurs, Compréhension'de généraux a la S’orientent les pages de Ompréhension gre {36M Claire et simple le complexe, ‘comme a fortemeni pene Matisie aus ee commercial constitue « un Pisa vouloir pénétrer et in d’aventure on ven: Le professionnel se. substitucr commerce. Paulet, droit com ait 40 comme, TANK, «1p, *L, Paulet Op.cit, p.5 ercial, Ellipses, éditi saurait done ¢étre question d’identifier tous les réglements qui concernent les activités industriel aa et commerciales '» Par conséquent, aborder une matiére aussi complexe que le droit commercial impose de prime abord, d’en préciser les contours, puis les sources avant de s’intéresser a ses principales caractéristiques. Une premiére partic est consacrée aux éléments de la commercialité, notamment les activités commerciales qui viennent nécessairement caractériser Ivexercice du commerce. Sera abordé également [acteur principal du droit commercial, & savoir le commercant. Qu’il soit d’ailleurs personne physique ou morale, sa définition et son statut sont particuliérement développés. Une deuxiéme partie traite du pilier du droit commercial: le fonds de commerce. Notion abstraite et difficile a appréhender, le fonds de commerce se compose d’éléments disparates (clientéle, droit au bail, propriété industrielle...) et il est susceptible d’étre soumis a idiques (vente, location, apport en société. diverses opérations j ee eee 1 ‘industrie, 1°3- M.Guibal, Répertoire,. Dalloz, Commerce et de Vindustrie. 7 INTRODUCTION AU DROIT COMMERCIAL jection 1 : Définition du droit commercial §1. L’objet du droit commercial §2. Le droit commercial dans |’espace juridique §3. Le droit commercial dans le temps Section 2 : Les sources du droit commercial §1. Les sources du droit commun §2. Les sources spécifiques au droit commercial Section 3 : Poriginalité du droit commercial §1. La particularité des fondements du droit commercial ‘echniques du droit commercial §2. La particularité des t Section 1 Définition du droit commercial Introduisant leur traité de droit commercial. G. Ri ¢ ; ercial, G. Roblot, s’interrogeaient, en 1947, sur ce miper ee I e qu’est le droit commercial Quelques décennies plus tard, les hésitations sont loin d’aveir lean: peut étre méme sont-elles plus grandes. En effet, le droit commercial ne se laisse pas aisément définir' si on peut avec I’étymologie ou méme intuitivement, se faire une jdée de ce A quoi sert le droit commercial: « L’ensemble des régles qui régissent les commergants et les affaires commerciales», il est plus difficile de dire ot: il commence, oi il finit et quelle est sa place par rapport aux autres disciplines juridiques. Ainsi, la recherche d’une définition du droit commercial ne s’en trouve pas facilitée, mais la démarche peut étre éclairée par I’ étude de son objet (§1), Vamalyse de sa situation actuelle dans Vespace juridique (§2) et la compréhension de son évolution historique (§3). ' Le mot lui-méme pri © & confusion ; en effet, le droit commercial ne se limite pas 4 l'étude du phénoméne commercial, au sens oi l’entend le langage courant. Certes, s’il a naturellement vocation a régir les opérations de négoce désignées sous le nom de distribution, Vindustrie et les grandes entreprises qui en composent le tissu relévent aussi de cette branche du droit. ¢ droit commercial ne régit pas pour autant toutes les activités économiques. Seules les activités économiques lucratives, ou qui tendent @ T’étre, sont concernées par cette matiére. Les activités non lucratives, qui forment T’économie dite sociale ou solidaire et les associations mutuelles et cooperatives, en sont done exclues. Le domaine du droit commercial n’en demeure pas moins remarquable par son extreme étendue, et la diversité des activités économiques conceméss (distribution, banques et assurances, services, entreprises industrielles) explique au demeurant Phétérogénéité des techniques utilisées : il n'y @ guére de parenté entre l’exploitation dune entreprise individuelle et le recours, plus Elaboré, a la technique sociétaire, De méme, il existe peu de points communs ene aS. F société familiale et de grands groupes nationaux. Tous relévent pourtant du} commercial. . Ces indications rendent compte de la complexité du droit régles générales tendent finalement & s’estomper au profit de qui se diversifient pour s’adapter 4 chaque type d’exploitatiow. * M. Drissi Alami Machichi, droit commercial fondamental au: 11 §1- Vobjet du droit commercial Généralement, le droit commercial est défini comme «le droit i 4 certaines personnes, les commergants, et 4 i applicable 4 certaines pi Snr eee cae opérations juridiques, les actes de co} , Cette définition, largement admise aujourd’hui contient, san conceptions doctrinales différentes du droit commercial. Une conception subjective qui fait du droit commercial le droit des profe jonnels du commerce et limite Son application aux ‘Seuls commergants. Toute personne a qu! serait reconnue cette qualité se verrait appliquer des régles spécifiques. Cette opinion peut se prévaloir de la tradition historique. Le droit commercial est apparu en raison d’usages et de réglementations existant dans les corporations. En effet, de nombreux actes juridiques passés par les commergants sont identiques 4 ceux passés par des non commercants. La vente en fournit Je meilleur exemple. La commercialité résultera alors de la qualité de commergant”. La conception subjective présente donc le mérite de la logique et de la simplicité ; le droit commercial est le droit des commergants, ¢’est un: droit professionnel et corporatiste*. Dans la conception objective, le droit commercial serait le droit des «actes de commerce » indépendamment de la qualité de celui qui les conclut et les exécute. Il en résulte qu’il peut s’appliquer a des personnes non commergantes dés lors qu’ils réalisent des actes de commer Cette conception a, comme la précédente sa part de vérité, Elle peut aussi se prévaloir d’une légitimité historique, puisque I suppression des corporations et le principe d°égalité des cito Plaidaient en faveur d'une définition objective du droit comme! qui ne serait pas le droit des commergants mais des opératio i L.Paulet, Op.cit, p.6. 2S, Piedelievre, droit commercial, Dallo: i *S, Pie , |, Dalloz, Lame éditi | Y Reinhard et S.Pierre, droit commercial, Lente Nealon 9 II est exact que Ia loi consacre parfois cette vision, exemple, le droit commercial aux letres de change, a2) commerce!. Certes, la thése objective se distin: gue essentielleme la_précédente par son domaine Olas commercial s’ouvre largement car elle considére que le droit au monde extérieur isque de ; pu ombreuses activités civiles relévent de procédures commerciales*. De ce fait, le droit commercial est applicable au monde des affaires plu: qu’a la seule profession commerciale* ue Cependant, ces deux conceptions n’ont guére satisfait la doctrine. Ia fallu admettre qu’aucune des deux visions ne pouvait, et ne prétendait d’ailleurs, rendre compte a clle seule de la réalité du droit commercial. La conception subjective était trop étroite car la iégislation commerciale ne s*applique pas seulement, et méme de moins en moins, aux seuls commergants*. La conception objective, quant a clle se révélait insuffisante car de nombreux actes peuvent étre attachés aussi bien a une activité civile que commerciale’. Ces insuffisances expliquent que les deux désormais combinées dans la plupart des conceptions sont systémes juridiques occidentaux, et particuligrement francais qui a largement influencé notre droit positif, En effet, I’énoncé de Varticle 1 du code de commerce marocain® suffit & montrer que le droit commercial accueille les deux points de vue. Cet article précise que: « La présente loi régit les actes de commerce et les commergants.». t la conséquence du principe de la liberté du commerce et de Vindustrie déclaré au lendemain de 1a révolution frangaise de 1789. Ce principe se justiiit par la nécessité de supprimer les corporations des professionnels et les obstacles qu’elles opposaient au libre exercice de l’activité commerciale. , Comme Vavait relevé Pardessus: «le commerce consiste dans lcs ssa. cinediations qui ont pour objet d"opérer ot. de faciliter les échanges des Prosar deri nature cu de Tandustrie, dans ta vac den tires queloves SOEs esau aeae anette compose de toutes Tes régles relatives & cos WaRese uci: ieaaatee maniare de juger les contestations qui en résultent>. Les réBies commercial __ S'appliqueront donc parfois & des non- commergants. " Y.Reinhard et S.Pierre, Op.cit, p. 3. », On peut alors tenter de résumer, en affirmant que « le droit civil constitue le droit commun aux actes civils ct de commerce, le droit al ne se caractérisant qu’au moment of le métier du a imposé l’émergence de régles spécifiques, pour des raisons d’efficacité*, ou de construction d'outils juridiques inconnus du droit civil’ » commerce commerce Le droit commercial se subdivise en plusieurs matigres, par exemple le droit des sociétés, te droit de la concurrence, le droit des baux commerciatrx, le droit des instruments de paiement, le droit des entreprises en difficulté, te droit du fonds de commerce. ? L Paulet, Op.cit, p.7 * G. Ripert er R. Roblot, traité de droit commercial, par M.Germain ct L.Vogel, tl, n°3, p.9. Par ex ple, au moment de la mise en ouvre des moyens|de\preuve, ue effectivement originaux comparés 4 ceux du droit civil. En effet, La preuve die commergants pour les setes de commerce ebt libro eloks abseil i le __ Principe est I’ exigence de I’éerit. ueeoene P.Giron, droit commercial, Sup’Foucher, 5°" édition .2010s Be © Les rapports entre le droit commercial et le droit civil ne sont pas see droit civil emprunte aussi au droit commercial certaines de oe aes Risa) techniques : par exemple, les régles dacquisition de lat personnal = as: 1 entr Par ailleurs, le droit commere tient, des rapports ro, Uiesiplines juridiques. Hen est ainsi avec le droit figey ir certaines techniques commerciales! : sa ma cre, 1 droit ee = Ke aeait du travail s'empare également 4 sa mans , du droit commereia, droit du tava Gu code du travail s'appliquent en effet, & toutes eq les regles issues ¢ il s’ay ten eff cal hes reples issueh ercent le commerce en qualité de salariés sce qui personnes ae influence l'application des regles commerciales’, 1. dans cera yal est aussi sous emprise du droit pénal des affaires stoke eo iesial fixe les frontigres dans lesquelles il doit se tenir, en Gar cole! ans des textes tres nombreux Tes pratiques commerciales licites et illicites avec d'autres qui exerce son influence s let notions yoisines B- Droit commerci: Depuis quelques années, la crise du droit commercial s'est imposée comme une constante du discours juridique. Conffonte a des mMations sans précédent, le droit commercial serait insuffisant pour régir les aspects modernes de la vie économique Pour certains, la dénomination de droit comm répondrait plus A la réalité économique actuelle nombreux développements ial ne En effet, de législatifs ou réglementaires ont vocation a régir l'ensemble des entreprises, et non les seuls commerciaux (droit de la concurrence, droit de la cor méme, établissements so mmation). De la réalisation de certaines opérations commerciales nécessite Lintervention d’autres branches du droit, comme le droit fiscal, le ppliqi nmercial, sont reprises par le droit civil pour ére nes non-c s des person mmergante: I n'est pas rare que les commergants se déterminent en raison des conséquences fiscales de l'opération qu’ils envisagent d’accomplir C'est le cas, par exemple, lors de la vente d'une société commer alariés, le code du travail fait obligation a Vacheteur de maintenir It travail. Le d jale ayant des contrats dé ‘oit commercial subit encore l'influence du droit public notamment par Vintervention des pouvoirs publics qui disposent de moyens d’actions importan's pour influencer l’exercice du commerce (a travers notamment la réglementation: économique), Le droit commercial est aussi imprégné pat les régles du droit jnteuations ou blie et privé) qui, de plus en plus fréquemment, ont vocation, Pat ie ee oir application dans les rapports commerciaux. “LPs * M. Cabrillac, «vers Ia e 199 aaoe vers la disparition du droit commercial », Etudes Foyer, PUF: 16 qroit social ou le droit administr renouvell Ce phénoméne a p: é ment de analyse doctrinale qui parle done de plieteae i Requemment «de droit économique » et on surtout «de droit des affaires » Sa A l’évidence, Vappellation peut @tre plus réaliste et plus moderne, mais que recouyre t-elle en réalité 2 S Le concept de droit des affaires', est juridique du monde des affaires, lequel est a 1'é commergants mais aussi par des entr naturellement le consacré a I’étude idence animé par des eprises civiles; il régit tout a ct traite en définitive, tout autant relations d’affaire des structures que des opérations” De ce fait, le droit des affaires a un domaine plus vaste que le droit commercial. Il regroupe tous les droits utiles a activité économique. Il englobe notamment des questions qui relévent du droit public’, du droit fiscal, du droit du travail’ etc. Le droit des affaires pousse des incursions dans des domaines qui intéressent tout aussi bien le droit civil, notamment la protection des consommateurs. Enfin, le droit des affaires ne s mais aux a applique pas seulement aux commergants, griculteurs, aux artisans etc. «Le droit des affaires se raméne alors forcément A un droit de entreprise commerciale® gouvernant sa conception, sa structure, son organisation, son objet, sa gestion, ses rapports avec dialtres entreprises, avec les salariés, les clients et administration». Dans un sens encore plus moderne, une partie de la doctrine @ popularisé expression «droit économique »” ‘partageant ainsi assc= "H. Cherkaoui, droit des affaires, Y Reinhard et S.Pierre, Op-cit, p. 5. 5 Intervention de "Etat dans I’économie. + place des salariés dans les sociétés anonymes, 3 iin Cee aes trier vent que la théorie generale du conttal Ws HONG gasses s auteurs observer ag, evolution des activites agricole Tei eae arse emond plus aux idées consacrées par les Tois du steele peéeédent ht aujourd’hui d’acti' ités organis¢es et exercées dans le cadre similares aux entreprises industrielles © M. Drissi Alami Machichi, Op.cit, p-17- : Le droit économique est un eoncept relativement récent toujours ont neat i dro economies onten a sa place et sonirole Gln £ TEN Tp, Gopal point d’altérer sa valeur opérationnelle ». Pour plus de blanca, 2003. 17 at de Vinsuffisance du droit commercial, 4, largement le const tenants du «droit des af Vimportance du, développement des relations économiqu Coe aenlvs “éceme du droit économique définit ce petrine la soetne : « le droit de la con et de Porganisa Vy, Elle met ain aires » pq ites es. La ; L ce demie centration ou de la collectivisation a ion de économie par de i I’accent sur les relation, et sur les rapports de fores comme ¢ t biens de production pouvoirs publics ou privés ». © ee des agents économiques, prives O41 p qui fondent les activités commercial Certes, pour pertinentes que soit cee dows, concepiaaes elles Jaissent entidres un certain nombre de questions: Tei¢ ae économique néglige aspects que le droit OTe _ Priv égic, en Poccurrence les commergants et les sociétés et qui sont pourtant taunticls a la vision critique que le droit économique se propose @rexercer sur leur activité. Il apparait en conséquence que le droit commercial constitue l’élément nécessaire, le point de départ a partir duquel le droit économique développe son analyse propre, centrée sur le réle des pouvoirs publics et privé Comme par ailleurs, le droit commercial ne différe pas substantiellement du droit des affaires, dont le contenu est assez largement identique, ce n’est pas réduire le réle et importance du droit des affaires et du droit économique que d’affirmer que le droit commercial demeure le noyau dur a partir duquel d’ autres disciplines peuvent porter l’analyse sur les questions limitrophes*. §3- Le droit commercial dans le temps. a tude de Vhistoire du droit commercial permet d’obtenir une vision globale autorisant la compréhension du droit contemporain. En” effet, elle fait appel A des disciplines aussi diverses que la sei €conomique, la politique, la sociologie et le droit, Celui-ci prend sa dimension la plus forte, en ce sens qu’il n’apparait plus réduit 4 une somme de connai ns « Droit et économie », p. 17. 'M. Farjet, droit économi : |. Farjet, jomique, PUF, thémi 1, pil. . Y.Reinhard et §. Pierre, PERCE aa me " J.Mestre et M-E, Pancrazi, droit commercial, LGDJ, 26 in Archives de Philosophie dh yaste mouvement de pensées qui lui donne toute Sa force, toute s: justification! Zeus Aspirer appréhe ler et justifier place du ¢ juridiques historique des civilisations ou du moi culture, done notre droit ‘oit commercial impose done examen celles qui nourrissent notre ins notre systéme de valeurs Et comme le droit commercial maroca in est largement inspiré du droit occidental et plus précisément du droit frangais, il convient de retracer l’évolution de ce droit et les grandes périodes historiques qui Yon marqué (A) avant de voir celles qui ont caractérisé notre droit positif (B). A- Les grandes étapes de 1 occidental ’évolution du droit commercial Sile droit commercial a des orig s trés anciennes, chacune des andes périodes historiques n’a pas cu la méme incidence sur sa En effet, autant que les peuples Egyptiens, Grecs et Romains ont réalisé un apport remarquable au développement des civilisations, autant leur apport au droit du commerce reste marginal’. Dés lors, les caractéristiques essentielles du droit commercial apparaissent véritablement ayec le Moyen Age. création a- Du Moyen Age Al: codification du droit commercial En effet, le droit commercial connait son apogée A partir du Moyen Age. Période au cours de laquelle il va progressivement s’affirmer comme un droit utile et autonome. Cette consécration résulte de conditions particuliéres qui, accumulées sur plusieurs si¢cles, constituent un ensemble de facteurs favorables*. P.Giron, droit commercial, Op.cit, p. 14. Egyptiens : aucune trace tangible du droit du commerce Babyloniens : prét a intérét —notion de commission Phéniciens : certains apports au droit maritime i Grecs : aucune indication tangible de régles commerciales - Romains : mise au point de la représentation- opération de banque-théorie général des obligations. . 12. Voir, Y. Guyon, droit des affaires, Economica, 12° édition, tome 1, 2001, p-12- L.Paulet, Op.cit, p.15 19 L’avénement du droit commercial, coincide d'abord aves 4 sure du commerce entrepris a partir dy Syeloppement d’env neice Xie developpemere époque, le commerce terrestre prend une nouvetig siécle. A c i foires q eurel cu €1 Siecle. aa avec ln pratique des foires qui curent lieu en particule 38. een ee ee 7 M, Driss Drissi Alami Machichi, Op.cit, p.42 BOO Section 2 Les sources du droit commercial Loriginalité du droit comme par lore commun! (§1), de loin les plus importantes droit commercial, celui-ci propose, @ originales (§2). tial se manifeste trés clairement ge des sources de droit et les plus utilisées par Ie en sus, des sources spécifiques de nisation de ses sources, droit, qualifiée §1- Les sources du droit commun Classiquement, | S sources traditionnelles du droit commun sont composées de la loi (A), la jurisprudence (B) ct sont aussi I'euvre de la doctrine (C) A-La loi Au sens strict formel, la loi désigne tout acte émanant du Parlement, scul organe autorisé par la constitution a légiférer. Au sens large, le terme de loi désigne indifféremment une régle de droit prise isolément, un corps de régles cohérent, voire ensemble des régles d'un pays, et ce, quelle qu’en soit la qualité: priv pénale. Au sens de son origine, la loi r . publique ou ulte d’une cuvre interne ou externe L’ccuvre interne puise sa source dans une hiérarchisation entre la Constitution, le Parlement, l’exécutif. Ces trois pouvoirs marquent de leur influence le droit commercial ; la constitution, en affirmant, par exemple le principe de la liberté d’entreprendre®, le Parlement en votant les textes dont le commerce a besoin quand il ne satisfait pas @une solution du droit civil’, ou parce que cette solution n’existe pas et doit étre créée; l’exécutif, a travers les décrets et les arrétes: Nous savons que le droit commercial n‘offre qu’une spécificite et nom Rea indépendance des régles. Il appartient au droit privé et utilise les noses civil. > P.Giron, droit commercial, Op.cit, p.17. Voir article 35 de la constitution de 2011. = a 4 ; ae jes regles 4 Tel qu'il a été déja dit, le droit commercial puise une bons ae a Vencadre dans le code civil, qu'il s’agisse de certaines’s 25 Lreuvre externe se résume aux traités internationaux, Cog demiers sont ratifiés par le Parlement et ont vocation & s’appliquer aux activités commerciales. A ce niveau, une double distinction s*impoge Le droit du commerce international fait d’abord une place importante aux traités portant sur l'organisation du commerce L’accord général sur les tarifs douaniers ct le commerce (GATT) du 30 octobre 1947, la commission des nations unies pour je commerce et le développement (CNUCED) de 1964, ou encore (OMC) du 14 avril 1994), en sont des exemples. Ils mettent en ceuvre des instances, ‘des Sreanisations ou des systémes institutionnels investis, selon le cas de = voir répressives”. mondial. Vorganisation mondiale du commerce: fonctions régulatrices, normative Il existe ensuite, des traités internationaux qui reproduisent deux procédés juridiques de collaboration entre les Etats traduisant deux préoccupations distinctes. Certains traités internationaux appliquent la notion de «loi uniforme » destinée A régir une question déterminée @ la fois aux niveaux international ct national. Ce type de traités tend a unifier le droit applicable une situation juridique dans tous les droits des pays nataires. Les accords de Genéve de 1930 et 1931 sur les effets de commerce et le chéque restent significatifs de cette expérience, Cependant, malgré son utilité et les efforts intenses des Etats et des organisations internationales, ce procédé n’a connu qu’un succes limite. D’autres traités se superp ent a la législation interne des Etats signataires. Sans modificr le contenu des droits nationaux, ils y ajoutent des régles nouvelles destinées A régir uniquement les opérations internationales. Ainsi, la convention de Vienne du 11 avril sociétés ou du droit |, ,Particuliéres comme le organisation mondiale des obligations, ou encore de certaines techniques cautionnement du commerce, nerciaux, dispose du pouveir non seulement d& Bt aussi d'infliger des sanctions telles que celles d’autoriset le rétorsion, LPaulet, Op.cit, p.22 surveillance des échan; régler les conflits mais. des mesur 1980 institue des régles communes applicables dans 1 internationales de marchandises entre pays signataire: i les ventes B- La jurisprudence La jurisprudence en droit commercial présente une 4 @ grande importance dans la formation du droit*. Elle répond a la né la nécessité dune intervention rapide des juridictions dans la vie commerciale. - D’abord, les juges assument, en droit commercial un réle traditionnel de transposition du droit aux fait. En effet, les textes & " : es de nérale ont besoin d’étre adaptés aux situations concrétes. portée g Mais la jurisprudence joue, en droit commercial, une fonction qui dépasse la simple adaptation des textes. Il est d’hypothéses oft Texercice du commerce donne naissance a de nouvelles pratiques dont il faut, en absence de texte, apprécier t > ¢ validité et préciser le régime juridique, C’est la, le rdle prétorien de la jurisprudence®. Le droit commercial présente ainsi de nombreuses régles issues de constructions jurisprudentielles*. C”est le cas par exemple de la théorie de 'abus de majorité ou de minorité en droit des sociétés ou de celle de la concurrence déloyale: L.Paulet, Op.cit, F JP. Haehl, «[apport des tribunaux de commerce a la jurisprudence et @ la législation », Revue de jurisprudence commerciale, 1999, 32. 3 En effet, selon les dispositions de l'article 2 du code de procédure civile: « Leguge ne peut se dispenser de j oti de rendre une décision; toute affaire portée devant une juridiction doit donner lieu a un jugement >. - En conséquence tout juge est tenu d'interpréter In) Jol, Lajdoctrine anaes pouvoir de création selon trois axes: le juge précise et complete la loi; le juge Uiimine lee incohérences de 1a lol; te juge adapte) Im loi ison) ea sas aa Lorsque le juge précise et complete 1a loi, cela si jgnifie que dans 'hypothése Cae ee ee ouse d'un textes il doit cisrermminee 040 ey comprendre, A lidentique, Iincohérence contenu dans His régle doit ee Glimmeés, Eafin l'adaptation dune regle & son €poqus Beul Tak eis ose défaillance ou de lenteur du législateur, en principe seul compétent & agir. en . ‘des solutions données & des ce fait le juge tranchera un litige en s’inspirant d©® 0C Se idiaies conflite id aires Cette attitude est dicts parun SONS: aa ie Pacis conflits auront été soumis aux controle de la juridiction supe 4 Cour de cassation. eet ive A. Sayag ct J.Hilaire, quel droit des affaires pour demais Essai de prospect! juridique, librairie technique, p.218. 27

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