Fiscalité Internationale
Professeur : Khalifa AHSINA
Plan du Cours
1.Chapitre 1: le droit fiscal international.
2.Chapitre 2: les conventions fiscales
internationales.
3.Exposés-séminaires
CONTENU DU CHAPITRE 1
SECTION I :
Introduction au DFI
SECTION II:
La double imposition
3
SECTION I : Introduction au DFI
Concept de fiscalité internationale
• La fiscalité internationale recouvre l’ensemble des
règles qui déterminent où et comment, dans un
contexte transfrontalier, un revenu spécifique d’un
contribuable peut être imposé
Section 1: Introduction au DFI:
1- Emergence du droit fiscal international;
Pour le professeur B Castagnède « Les problèmes
fiscaux internationaux naissent de la contradiction entre
la mobilité des personnes, des marchandises, des
services ou des capitaux et la segmentation de l'espace
planétaire en juridictions fiscales distinctes
recherchant, à partir d'un territoire déterminé, la captation
des produits résultant de leur lois d'impôts.»
1- Emergence du droit fiscal international;
La cause première de ces problèmes est l'un des principes
clés du droit international public : celui de la souveraineté,
bien plus renforcée, en droit fiscal « manifestation du
« pouvoir régalien » de l'Etat ».
Ainsi, a émergé un droit fiscal international s'acclimatant avec
la souveraineté fiscale des États ; et ce, essentiellement, par
le biais de traités internationaux (clauses fiscales dans les
traités ou conventions purement fiscales) tendant à protéger
aussi bien les recettes de l'État que le contribuable.
2- La souveraineté dans le DFI;
La souveraineté fiscale réside dans le pouvoir de
créer des impôts et de les appliquer sur un
territoire déterminé.
Caractéristiques d’un système fiscal souverain:
- l’autonomie technique;
- l’exclusivité d’application sur un territoire donné.
Souveraineté des Etats: Les Principes
• « Etat est souverain sur son territoire »
Pouvoir normatif: liberté de légiférer et d’établir
son système fiscal
Pouvoir exécutif: territorial -> un Etat ne peut
exercer un pouvoir de contrainte que sur son
territoire (recouvrement de l’impôt)
Pouvoir juridictionnel -> lois marocaines
s’imposent aux juridictions marocaines.
Décision obtenue dans un Etat n’est en principe
exécutoire que dans cet Etat
Souveraineté des Etats: Exercice en matière fiscale
• Critères de rattachement nécessaire :
Personnel:
– Résidence (Maroc)
– Nationalité (USA : oui, le Maroc :non)
Territorial:
– Source du revenu national ou mondial
(Maroc)
Fonctionnel: en raison de l’exercice des fonctions
(ex. diplomates marocains)
Souveraineté des Etats: Exercice en matière
fiscale
• Critères de rattachement: IR (Impôt sur le revenu : art. 23 du
Code général des Impôts )
• I- Sont assujetties à l'impôt sur le revenu :
• 1°- les personnes physiques qui ont au Maroc leur domicile fiscal, à
raison de l’ensemble de leurs revenus et profits, de source
marocaine et étrangère ;
• 2°- les personnes physiques qui n'ont pas au Maroc leur domicile
fiscal, à raison de l’ensemble de leurs revenus et profits de source
marocaine ;
• 3°-les personnes, ayant ou non leur domicile fiscal au Maroc, qui
réalisent des bénéfices ou perçoivent des revenus dont le droit
d’imposition est attribué au Maroc en vertu des conventions tendant
à éviter la double imposition en matière d’impôts sur le revenu.
Souveraineté des Etats: Exercice en matière fiscale
• II.- Au sens du présent code, une personne physique a
son domicile fiscal au Maroc lorsqu'elle a au Maroc son
foyer d'habitation permanent, le centre de ses intérêts
économiques ou lorsque la durée continue ou
discontinue de ses séjours au Maroc dépasse 183 jours
pour toute période de 365 jours.
• Sont considérés comme ayant leur domicile fiscal au
Maroc les agents de l'Etat qui exercent leurs fonctions
ou sont chargés de mission à l'étranger lorsqu'ils sont
exonérés de l'impôt personnel sur le revenu dans le
pays étranger où ils résident.
Souveraineté des Etats: Exercice en matière fiscale
• Critères de rattachement: Impôt des sociétés (art. 5 du
CGI)
• I.- Les sociétés, qu'elles aient ou non un siège au Maroc, sont
imposables à raison de l'ensemble des produits, bénéfices et revenus :
• - se rapportant aux biens qu'elles possèdent, à l’activité qu'elles
exercent et aux opérations lucratives qu'elles réalisent au Maroc, même
à titre occasionnel ;
• - dont le droit d’imposition est attribué au Maroc en vertu des
conventions tendant à éviter la double imposition en matière d’impôts
sur le revenu.
• II.- Les sociétés n'ayant pas leur siège au Maroc, appelées « sociétés
non résidentes » dans le présent code sont en outre, imposables à
raison des produits bruts énumérés à l'article 15 ci-dessous qu'elles
perçoivent en contrepartie de travaux qu'elles exécutent ou de services
qu'elles rendent, soit pour le compte de leurs propres succursales ou
leurs établissements au Maroc, soit pour le compte de personnes physiques
ou morales indépendantes, domiciliés ou exerçant une activité au Maroc.
Statut fiscal du groupe: la consolidation Fiscale?
- En France, la réglementation fiscale est comparativement
plus avancée dans le traitement de l’intérêt de groupe, le
régime fiscal est plus adapté à la réalité économique des
groupes. Il s’agit des régimes de la société mère-fille, de
l’intégration fiscale et du bénéfice mondial ou consolidé.
- La réglementation fiscale marocaine ne reconnaît aucune
existence au groupe. Les sociétés formant le groupe sont
imposables individuellement et séparément les unes des
autres.
- Il existe toutefois une exception au Maroc pour le Groupe
des Banques Populaires qui, en raison de son statut juridique
particulier, bénéficie, depuis l’institution de l’IS, d’une
dérogation pour l’application de l’unicité fiscale à l’ensemble du
groupe composé de la BCP et des BPR.
Statut fiscal du groupe: la consolidation Fiscale?
Toutefois, l’application stricte de ce principe
d’autonomie des sociétés, est atténué par une
mesure fiscale visant à réduire les
inconvénients d’une fiscalisation en cascade
des bénéfices distribués à l’intérieur des
groupes.
.
Statut fiscal du groupe: la consolidation Fiscale?
En effet, l’article 29-C du CGI, consiste à
faire bénéficier les dividendes perçus par
les sociétés soumises à l’impôt sur les
sociétés d’un abattement de 100%.
Section 2: La double imposition
La double imposition est définie comme étant la
perception d’un impôt comparable dans deux ou
plusieurs Etats auprès d’un même contribuable, sur
une même matière imposable pour une même
période.
La double imposition juridique
La double imposition juridique vise le cas où
le revenu d’un même contribuable est
imposé par deux autorités fiscales distinctes.
Double imposition juridique
• Exemple de double imposition juridique:
J’ai une maison que je loue dans l’Etat A mais je suis
résident de l’Etat B. L’Etat A soumettra mon
revenu généré sur son territoire à l’impôt et l’Etat B
voudra imposer mon revenu mondial puisque je
suis résident de cet Etat.
Exemple de double imposition juridique
Etat B de Résidence Resident
Revenu
locatif
Etat A de la Source
Non-resident
Double imposition économique
La double imposition économique survient
lorsque deux personnes différentes sont
imposables au titre d’un même revenu ou d’une
même fortune par deux autorités fiscales.
Double imposition économique
• Exemple:
Une société-mère accorde un prêt à sa filiale.
L’Etat de la filiale refuse la déductibilité des
intérêts versés à la société-mère et l’Etat de la
société bénéficiaire impose les intérêts en les
ajoutant à la base imposable.
Exemple de double imposition économique
ER
Intérêts Prêt
ES
Filiale