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Fiche 7

Ce document présente trois cas pratiques liés au droit de la famille, notamment sur la filiation. Le premier cas concerne la reconnaissance de paternité entre frère et sœur. Le deuxième présente un arrêt de la Cour de cassation sur l'expertise biologique en matière de filiation. Le troisième concerne également un arrêt de la Cour de cassation sur l'action en recherche de paternité.

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Fiche 7

Ce document présente trois cas pratiques liés au droit de la famille, notamment sur la filiation. Le premier cas concerne la reconnaissance de paternité entre frère et sœur. Le deuxième présente un arrêt de la Cour de cassation sur l'expertise biologique en matière de filiation. Le troisième concerne également un arrêt de la Cour de cassation sur l'action en recherche de paternité.

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TD DROIT DE LA FAMILLE

FICHE N° 6
THEME : LES PRINCIPES DIRECTEURS DE LA FILIATION

1) Analyse des d cisions reproduites ci-apr s, pour le document : A. Batteur, « L’interdit de l’inceste, Principe fondateur du droit de la
famille », RTD civ. 2000, p. 759 s. (extraits), r alisez une note de lecture.
2) R digez un commentaire d’arr t de la d cision de la Cour de cassation du 5 octobre 2016
3) Cas pratiques

Patrick et Caroline se sont rencontr s l’ ge adulte, alors que le premier tait g de 31 ans et la seconde de 27 ans : leurs parents se
sont en e et s par s la naissance de Patrick, chacun emportant avec lui un enfant commun, avec la promesse de ne plus jamais se
revoir. Ce fut donc l’occasion de l’enterrement de leur m re qu’ils se rencontr rent pour la premi re fois... et tomb rent perdument
amoureux l’un de l’autre. Lorsque Patrick apprit que Caroline tait enceinte, il fut tr s heureux et s’empressa d’aller reconna tre l’enfant
na tre l’o cier de l’ tat civil. Plusieurs de ses proches, l’interrogeant, apprenant que Patrick et Caroline taient fr re et sœur,
s’horri rent de la situation et convainquirent Patrick de l’ignominie celle-ci. Patrick d cida donc de couper les ponts avec Caroline.
Cette derni re vient d’accoucher de Th o et souhaite faire tablir son lien de liation avec lui ; elle s’interroge en outre sur la possibilit
de forcer Paul contribuer nanci rement l’ ducation de l’enfant.

CIV. 1RE, 28 MARS 2000, N° 98-12.806.

NB. Attention, cet arr t a t rendu avant la r forme de la liation de 2005.

Sur le moyen unique :

Vu les articles 339 et 311-12 du Code civil, ensemble l'article 146 du nouveau Code de proc dure civile ;

Attendu que l'expertise biologique est de droit en mati re de liation, sauf s'il existe un motif l gitime de ne pas y proc der ;

Attendu que Mme X... a donn naissance, le 29 octobre 1994, un enfant pr nomm Emmanuel Jean-Marc qui a t reconnu dans
l'acte de naissance par M. Y... ; que, le 26 juin 1995, elle a form une action en contestation de cette reconnaissance et sollicit une
expertise sanguine ;

Attendu que pour la d bouter de sa demande, l'arr t attaqu nonce que Mme X... ne rapporte pas la preuve du caract re mensonger
de la reconnaissance et qu'une expertise m dicale ne peut tre ordonn e en vue de suppl er la carence de la partie dans
l'administration de la preuve ;

Attendu qu'en statuant ainsi, la cour d'appel a viol les deux premiers des textes susvis s par refus d'application et le troisi me, par
fausse application ;

PAR CES MOTIFS :


CASSE ET ANNULE [...]

CIV. 1RE, 2 DECEMBRE 2020, N° 19-21.850.

Faits et proc dure


1. Selon l'arr t attaqu (Douai, 27 juin 2019), Y... V... est n e le [...] Seclin, de Mme V.... Le 26 mai 2017, celle-ci a assign M. W... en
recherche de paternit .
[...]
Sur le moyen, pris en ses premi re, deuxi me, troisi me, sixi me et septi me branches

nonc du moyen

3. Mme V... fait grief l'arr t de rejeter sa demande, alors :

« 1°/ qu'aucun texte ne subordonne le bien-fond de l'action en recherche de paternit la production de la copie int grale de l'acte
de naissance de l'enfant, actualis e au jour o le juge statue ; qu'en d boutant pourtant Mme V... de son action en recherche de
paternit , aux motifs que la copie int grale de l'acte de naissance de la jeune Y... V... qu'elle versait aux d bats datait du 26 novembre
2016 et n'avait pas t actualis e depuis cette date, la cour d'appel, qui a ajout la loi une condition qu'elle ne contient pas, a viol
les articles 310-3 et 327 du code civil ;

2°/ en toute hypoth se, que le juge ne peut se prononcer par des motifs dubitatifs ou hypoth tiques ; que pour d bouter Mme V... de
son action en recherche de paternit , la cour d'appel a retenu que, depuis le 26 novembre 2016, Mme V... n'avait pas actualis la
copie int grale de l'acte de naissance de sa lle Y..., de sorte que cet enfant avait tr s bien « pu tre reconnue dans l'intervalle par M.
Q... W... ou un tiers » ; qu'en se pronon ant ainsi, par un motif hypoth tique relatif l'existence d'un lien de liation paternelle l' gard
de la jeune Y... V..., la cour d'appel a viol l'article 455 du code de proc dure civile ;

3°/ qu'aucun texte ne subordonne le succ s de l'action en recherche de paternit la production de documents o ciels permettant
de s'assurer de l' tat civil du p re pr sum , lorsqu'il est d faillant l'instance ; qu'en l'esp ce, en d boutant Mme V... de son action
en recherche de paternit , aux motifs que cette action avait t introduite sur la base des seules d clarations de Mme V..., qui ne
produisait aucun document o ciel permettant de s'assurer des pr noms, nom, date et lieu de naissance de M. W..., qui tait d faillant

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l'instance, la cour d'appel, qui a derechef ajout la loi une condition qu'elle ne pr voit pas, a viol les articles 310-3 et 327 du code
civil code ;

6°/ que la mesure d'expertise biologique tendant tablir la paternit du d fendeur n'est pas subordonn e la d livrance d'une
assignation personne ; qu'au cas pr sent, en d boutant Mme V... de sa demande d'expertise biologique aux ns d' tablir la paternit
de M. W... sur sa lle Y... V..., aux motifs que cette expertise, si elle tait ordonn e, serait manifestement vaine « dans la mesure o M.
Q... W... n'a pas t assign sa personne et que l'acte n'a pas t remis un proche ayant connaissance de ses coordonn es et
tant rest en contact avec lui », la cour d'appel, qui a une nouvelle fois ajout la loi une condition qu'elle ne pr voit pas, a viol les
articles 310-3 et 327 du code civil ;

7°/ que la possibilit de tirer des cons quences d'un ventuel refus du d fendeur l'action en recherche de paternit , de se soumettre
l'expertise biologique qui a t ordonn e son gard, n'est pas subordonn e au fait qu'il ait eu personnellement connaissance de
ladite mesure d'expertise ordonn e contre lui ; qu'en l'esp ce, en refusant d'ordonner l'expertise biologique sollicit e par Mme V...
pour d terminer la paternit de M. W... sur sa lle mineure, aux motifs « qu'il ne peut tre tir des cons quences d'un refus de se
soumettre l'expertise que si le d fendeur a eu personnellement connaissance que celle-ci a t ordonn e son gard », la cour
d'appel, qui a une fois encore ajout la loi une condition qu'elle ne contient pas, a viol les articles 310-3 et 327 du code civil. »

R ponse de la Cour

4. Il r sulte de l'article 310-3, alin a 2, du code civil que l'expertise biologique est de droit en mati re de liation, sauf s'il existe un
motif l gitime de ne pas y proc der.

5. L'impossibilit mat rielle de proc der l'expertise, en raison, notamment, de l'impossibilit de localiser le p re pr tendu, peut
constituer un tel motif l gitime.

6. La cour d'appel ayant relev que l'expertise serait vaine d s lors que l'adresse de M. W... tait inconnue, ainsi que cela ressortait du
proc s-verbal de recherches infructueuses du 31 juillet 2018, elle a, par ce seul motif, l galement justi sa d cision.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, la Cour :

REJETTE le pourvoi [...]

COUR D’APPEL DE CAEN, 8 JUIN 2017, N° 16/01314.

Sur les faits :

Oc ane B. est n e le 5 mai 2009 [...] et a t reconnue le 18 avril 2009 par M. Herv B.. L'acte de naissance de l'enfant, tabli le 6
mai 2009, d signe Mme Rose-Marie Caroline L. comme tant sa m re. Par actes d'huissier en date du 1er et du 13 juillet 2013, M. Le
Procureur de la R publique de Cherbourg a fait assigner M. B. et Mme L. aux ns de voir annuler le lien de liation entre celle-ci et
Oc ane B. et ordonner l' tablissement d'un nouvel acte de naissance de l'enfant sur le fondement de l’article 310-2 du Code civil. Par
ordonnance en date du 19 f vrier 2014, le juge de la mise en tat a d sign l'ACJM de la Manche en qualit d'administrateur ad hoc
pour repr senter Oc ane B. dans la pr sente instance.

Par jugement en date du 10 mars 2016 dont appel, auquel la cour se r f re pour un plus ample expos des faits, de la proc dure et
des pr tentions initiales des parties, le juge aux a aires familiales du tribunal de grande instance de Cherbourg a notamment :
- annul le lien de liation entre Mme L. et l'enfant Oc ane B.,
- ordonn l'annulation de l'acte de naissance de l'enfant Oc ane B.,
- ordonn que soit tabli un nouvel acte de naissance au nom de Oc ane Am lie Marie M lanie B., n e le 5 mai 2009 [...] avec
comme unique lien de liation son p re, M. Herv Christophe B., n le 25 f vrier 1964 [...], qui a reconnu l'enfant le 18 avril 2009 la
mairie de Maizi res-la- Grande- Paroisse (Aube),
- constat l'exercice exclusif par le p re de l'autorit parentale,
- constat son incomp tence pour statuer sur les demandes de d l gation d'autorit parentale et de contribution alimentaire form es
par Mme L.,
- con l'enfant Oc ane Mme L.,
- dit que Mme L. pourrait accomplir tous les actes usuels relatifs la surveillance et l' ducation de l'enfant Oc ane,
- condamn M. B. et Mme L. aux d pens qui seront partag s entre eux par moiti .

Mme L. a interjet appel le 30 mars 2016.

L'association ACJM s qualit s d'administrateur ad'hoc de l'enfant Oc ane a galement interjet appel par d clarations en date des 6
et 19 avril 2016.

Les proc dures ont t jointes.

Par ordonnance en date du 8 novembre 2016, le conseiller de la mise en tat a d clar M. B. irrecevable conclure en application de
l’article 909 du code de proc dure civile.

Aux termes de ses derni res critures en date du 20 f vrier 2017, Mme L. demande la cour de : - r former la d cision dont appel en
ce qu'elle a annul le lien de liation entre elle-m me et Oc ane B.,

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- maintenir le lien de liation maternelle,
- subsidiairement, annuler le lien de liation entre M. B. et Oc ane B.,
- in niment subsidiairement, con rmer la d cision dont appel en ce qu'elle lui a con l'enfant Oc ane,
- statuer ce que de droit quant aux d pens qui seront recouvr s comme en mati re d'aide juridictionnelle.

En ses derni res critures, noti es le 5 juillet 2016, l'association ACJM s qualit s d'administrateur ad'hoc de l'enfant Oc ane
demande de son c t la cour de :
- r former le jugement entrepris en ce qu'il a annul le lien de liation entre Mme L. et l'enfant Oc ane,
- statuer ce que de droit quant aux d pens.

Par conclusions en date du 16 septembre 2016, le minist re public demande la cour de : - in rmer la d cision entreprise,
- le renvoyer mieux se pourvoir.

L'ordonnance de cl ture a t prononc e le 21 f vrier 2017.

MOTIFS DE LA DECISION

Sur l' tendue de la saisine de la cour

L'appel est g n ral et porte sur le lien de liation maternelle et les ventuelles cons quences de son annulation.

Mme L. et M. B. sont n s de la m me m re.

Ils ont l'un et l'autre fait l'objet d'une mesure de placement quand ils taient enfants, n'ont pas t lev s ensemble, se sont
rencontr s en 2006 et ont entretenu une liaison, laquelle a conduit la conception de Oc ane, que M. B. a reconnue avant sa
naissance.

Pour annuler le lien de liation maternelle entre Mme L. et Oc ane B., le premier juge a relev que sa liation maternelle avait t
tablie en second lieu, par la d signation du nom de la m re dans l'acte de naissance, ce qui tait impossible au regard de la
reconnaissance ant natale d j e ectu e par M. B. et que, l'int r t sup rieur de l'enfant, en commandant que l'origine incestueuse de
sa liation ne soit pas connue de tous, justi ait que soit annul le lien de liation tabli en second.

En cause d'appel, Mme L. soutient qu'elle s'occupe de l'enfant depuis sa naissance, qu'il y a entre elles des liens a ectifs tr s forts,
que les tiers et M. B. lui-m me ne remettent pas en cause sa qualit de m re et que l'annulation du lien de liation maternelle est
contraire l'int r t sup rieur de l'enfant.

Le minist re public soutient de son c t que, la reconnaissance pr natale de l'enfant ne produisant ses e ets qu' compter de la
naissance, soit au m me moment que l' tablissement de la liation maternelle, par la d signation de la personne de la m re dans
l'acte, les deux liens de liation ont nalement t tablis concomitamment. Il conclut l'in rmation de la d cision au regard de
l'int r t de l'enfant lequel impose selon lui en l'esp ce de maintenir le lien de liation maternelle d s lors que depuis sa naissance
l'enfant vit avec sa m re, qui assume seule l'ensemble de ses besoins tant a ectifs que mat riels.

Il rappelle en outre que, M. B. n'ayant pas t assign a n de voir annuler son lien de liation, la cour ne peut se prononcer sur le lien
de liation paternelle dans la pr sente proc dure.

***

L'article 8 de la convention europ enne de sauvegarde des droits de l'homme et des libert s fondamentales dispose que toute
personne a droit au respect de sa vie priv e et familiale, de son domicile et de sa correspondance et qu'il ne peut y avoir ing rence
d'une autorit publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ing rence est pr vue par la loi et qu'elle constitue une
mesure qui, dans une soci t d mocratique, est n cessaire la s curit nationale, la s ret publique, au bien- tre conomique du
pays, la d fense de l'ordre et la pr vention des infractions p nales, la protection de la sant ou de la morale, ou la protection
des droits et libert s d'autrui.

Par ailleurs, l'article 14 de la m me convention consacre l'interdiction de la discrimination en pr voyant que la jouissance des droits et
libert s reconnus dans la pr sente Convention doit tre assur e, sans distinction aucune, fond e notamment sur le sexe, la race, la
couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l'origine nationale ou sociale, l'appartenance une
minorit nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation

En n, l'article 7 de la convention de New York relative aux droits de l'enfant dispose que l'enfant est enregistr aussit t sa naissance et
a, d s celle-ci, le droit un nom, le droit d'acqu rir une nationalit et, dans la mesure du possible, le droit de conna tre ses parents et
d' tre lev par eux.

Au plan national, il r sulte des dispositions de l’article 310-2 du code civil que s'il existe entre les p re et m re de l'enfant un des
emp chements mariage pr vus par les articles 161 et 162 pour cause de parent , la liation tant d j tablie l' gard de l'un, il est
interdit d' tablir la liation l' gard de l'autre par quelque moyen que ce soit.

Si la loi fran aise prohibe l' tablissement d'un second lien de liation dans les hypoth ses o cet tablissement conduirait cr er une
liation incestueuse, l'esp ce soumise l'examen de la cour la conduit s'interroger sur ce que dicte l'int r t de l'enfant lorsque les
deux liations ont malgr tout t tablies, par ignorance ou dysfonctionnement, qui plus est concomitamment ou dans un temps tr s
voisin, puisqu'il a t relev juste titre par le minist re public que, la reconnaissance pr natale ne produisant ses e ets que dans
l'hypoth se o l'enfant na t vivant et viable, il y a lieu de consid rer en l'esp ce que c'est de mani re concurrente que les deux

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liations ont t tablies, l'acte de naissance ent rinant la naissance de l'enfant en m me temps qu'il y faisait gurer le nom de la
m re.

La prohibition de l'inceste demeurant un interdit absolu, et l'annulation du lien de liation paternelle n' tant en l' tat pas d volu la
cour, il convient en cons quence de d terminer si, dans l'int r t sup rieur de l'enfant, le lien de liation maternelle doit n anmoins tre
maintenu.

Oc ane est g e de 8 ans. Elle vit avec sa m re depuis sa naissance, la maternit de Mme L. est certaine, son engagement dans la
parentalit n'est pas contest notamment par M. B., lequel ne d montre pas avoir entretenu ni entretenir actuellement avec sa lle des
liens particuli rement troits, sans rapporter la preuve qu'il a t emp ch de le faire par Mme L..

Au regard de l'int r t particulier de cette enfant, et des cons quences dommageables qu'aurait pour elle, dans la construction de son
identit , l'annulation d'un lien de liation sur lequel s'est construite jusqu' pr sent sa place dans l'histoire familiale, il y a lieu de
r former le jugement en toutes ses dispositions, tant observ que, les liens de liations produisant leurs e ets simultan ment,
l'autorit parentale est en cons quence exerc e en commun.

Sur les d pens


La nature de l'a aire et l'issue du litige prescrivent de faire masse des d pens et de dire qu'ils seront support s par moiti par chacune
des parties, la r partition de ceux de premi re instance tant con rm e.

PAR CES MOTIFS

La cour
In rme le jugement en toutes ses dispositions,
Statuant nouveau :
Dit ne pas y avoir lieu l'annulation du lien de liation entre Oc ane B. et Mme Rose-Marie L., Constate que l'autorit parentale
relativement Oc ane B. est exerc e en commun par Mme L. et M. B.,
Fait masse des d pens et dits qu'ils seront support s par moiti par chacune des parties, ceux a rents l'instance devant le premier
juge restant r partis conform ment sa d cision,
Rejette toute autre demande.

A. BATTEUR, « L’INTERDIT DE L’INCESTE, PRINCIPE FONDATEUR DU DROIT DE LA FAMILLE », RTD CIV. 2000, P. 759 S.
(EXTRAITS).
L'essentiel
De grands principes ont permis, au cours des si cles, au droit de la famille d'asseoir ses fondations. L'Interdit de l'inceste est la base
absolument fondamentale de ce droit. D laiss e par le juriste, son tude m rite pourtant d' tre men e. A travers l'examen des
emp chements mariage, on peut prendre la mesure de la fonction symbolique du droit. On d couvre aussi, en analysant les r gles
de la liation incestueuse et du droit p nal, l'existence d'un autre aspect du droit de la famille : tout inceste consomm doit rester
dissimul . Mais le manque de clart sur les valeurs qui fondent l'Interdit et la n cessit de voiler ce qui est trop choquant pour l'ordre
public conduit parfois le droit ne pas tenir compte de la prohibition de l'inceste. Des adoptions sont prononc es, des enfants sont
con us en toute insouciance sur les risques pris. Une prise de conscience des enjeux de l'Interdit fondamental permettrait au juriste
de contribuer la red nition des r les parentaux.

1. La famille est un lieu d' laboration de l'identit de la personne humaine, tant sur le plan psychique, sexuel que social. La loi exerce,
en mati re familiale, un r le exemplaire et prophylactique. C'est elle de dire ce qui est autoris et ce qui est interdit, tracer la
fronti re entre ce qui est « bien » et ce qui est « mal ». La loi incite adopter certains comportements, en dissuade d'autres. Si, de
mani re g n rale, les fonctions ducatrices et moralisatrices de la loi sont mises en doute par la doctrine contemporaine, sa fonction
normative n'a jamais t totalement ni e. Malgr certaines apparences, la loi exerce encore un r le majeur, notamment dans le
domaine des relations conjugales et parentales (1).

A ce titre, il est passionnant de se pencher sur un tabou aussi universel que celui de l'inceste, qui est n cessairement un pilier
fondamental de notre soci t . Naturellement, l'Interdit de l'inceste ne peut tre inscrit dans aucun texte : le droit ne peut se pr ter au
ridicule d'interdire directement les relations sexuelles entre proches parents. Tout au plus aurait-il pu les sanctionner p nalement, choix
que notre soci t n'a pas retenu. Ce n'est qu' travers les emp chements mariage et la r glementation de la liation incestueuse
que l'Interdit peut tre abord sur le terrain juridique.

2. Alors que l'anthropologue, le sociologue, le psychanalyste et tant d'autres sp cialistes des sciences sociales se passionnent pour
l' tude de ce tabou universel, le juriste lui consacre une place d risoire. Rares sont leurs crits sur le sujet de l'inceste (2). La
prohibition des mariages incestueux, le statut de l'enfant issu des rapports entre proches parents n'int ressent gu re, un peu comme
si la r gle morale sous-jacente aux r gles juridiques allait tellement de soi que le r le du juriste pouvait se r duire une chambre
d'enregistrement. Pour viter la critique, on pourrait tre tent de pr tendre que le droit ne se « d sengage » pas en se d pla ant vers
d'autres syst mes normatifs ; on assisterait au contraire une prise en compte totale de la morale par le droit. Mais cette analyse
r v le vite ses limites. Il y a quelque hypocrisie transformer le mutisme en r gle juridique, m me coutumi re, surtout sur un sujet
aussi d licat que l'inceste. Ne nous voilons pas la face : c'est un v ritable silence ou au minimum une indi rence totale qui entoure la
prohibition l gale de l'inceste. Un auteur a pu parler ce sujet il y a quelques ann es, de « pudeur du droit face l'inceste » (3). Sans
doute a-t-il sembl inutile de lier les mœurs aux lois. Mais nous penchons plus volontiers pour l'id e d'un sujet tabou.

3. La r gle qui interdit le mariage entre proches parents et celle qui prohibe l' tablissement de la liation incestueuse sont des bases
constantes du droit familial fran ais travers les si cles. La loi et la soci t limitent le pouvoir de l'individu sur sa condition familiale au
sein du cercle de famille. Le droit occupe une charge symbolique par rapport aux enjeux de l'esp ce humaine consid r e comme telle,
et ce r le, m me ignor par les principaux int ress s - les juristes - ne peut tre occult . Paradoxalement, le tabou de l'inceste n'est
inscrit dans aucun texte (4). Le mot m me d'inceste n'est pas dans la loi. Le silence du droit face l'inceste m rite d'autant plus

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d' tre analys que sa fonction symbolique peut tre consid r e comme une constante du droit de la famille. Pourtant elle est aussi
insidieusement occult e dans certaines situations particuli res. Certes, on ne saurait induire de quelques cas marginaux une remise en
cause d'un pilier de notre droit de la famille. Mais le ph nom ne nous para t su samment grave sur le terrain des principes pour que
l'on fasse l'e ort de prendre la mesure de ce quoi touche le droit lorsqu'il refuse d' tre partie prenante dans la xation de l'Interdit
fondamental. Ainsi le droit, face au danger que repr sente l'inceste, se r v le non seulement silencieux (I) mais encore insouciant (II).

I. - Le silence du droit (l'inceste et la fonction symbolique du droit)


4. Le droit a la charge de la conservation de l'esp ce humaine. Il doit ordonner. L' tude des quelques textes concernant les
emp chements mariage r v le qu'e ectivement le droit remplit sa fonction symbolique en interdisant certaines unions. Comme
l' crit le doyen Cornu « ces interdictions ne sont pas des directives mais des sabres » (5). La r gle du jeu social est x e : certains
rapports sexuels ne peuvent tre l galis s. Tout au plus peut-on reprocher au l gislateur quelques approximations. L'impr cision
technique de certains textes ne remet pas en cause cet aspect essentiel du droit positif : ce qui est interdit en mati re de mariage a
valeur de symbole.

D s qu'il s'agit de prendre acte de ce que l'Interdit a t transgress , en ce sens que des rapports sexuels ont eu lieu entre proches
parents, la r action du droit est moins nette. Il faut rechercher ce que veut le droit ailleurs que dans l'existence d'une sanction qui
serait attach e une commission d'un acte prohib . A travers l'examen des r gles r gissant la liation incestueuse et l'attitude du
droit en mati re p nale, il appara t que le l gislateur, approuv en cela implicitement par la doctrine, poursuit un objectif non avou
publiquement. Il faut emp cher que soit r v l ce qu'il consid re comme innommable. Si des rapports sexuels entre proches parents
s' tablissent, ils doivent demeurer cach s. Les unions doivent rester dans la nuit. Le droit n'est pas simplement pudique, frileux : c'est
notre avis une v ritable dissimulation de l'acte r pr hensible au regard de la morale que la loi veut imposer.

Ainsi, la recherche de la fonction symbolique du droit conduit mettre en exergue deux objectifs dont l'un est non r v l : interdire le
mariage incestueux (A), ce qui permet au droit d'exercer son r le pr ventif, et, plus insidieusement, imposer le secret lorsque l'inceste
est consomm (B).

A. - L'union incestueuse : l' vidence de l'Interdit


[...]

B. - La liation incestueuse : l'exigence du secret

13. Tout inceste fait l'objet d'une condamnation sociale. Mais dans le m me temps, il fascine et hante les esprits. Il scandalise par son
c t scabreux, mais tourmente, suscitant par l le discours. Le juriste, lui, a choisi de se taire. Sagesse ou d mission ? Que l'on se
tourne du c t du droit civil ou vers le droit p nal, transpara t la volont non d clar e, mais ferme, que l'inceste consomm reste dans
le secret des alc ves.

Le sort de l'enfant n de relations incestueuses r v le quel point l'ordre de la loi est celui du silence. Dans les cas jug s les moins
intol rables, est ouvert un droit mariage aux parents : en usant de son pouvoir r galien, le chef de l' tat pourra autoriser le mariage
du couple incestueux (30). L'enfant devenant l gitime, tout se passera comme si l'inceste n'avait pas eu lieu. Si les parents n'ont pu
ou voulu se marier, l'enfant pourra cependant voir sa liation tablie l' gard des deux auteurs. Il sera un enfant naturel parmi tant
d'autres (31).

Sous un autre aspect, le l gislateur a aussi am lior le sort de l'enfant incestueux sans prendre la mesure de la modi cation. Dans le
cas o le mariage entre proches parents est annul , et alors qu'un enfant serait n de cette union, la r gle pos e l'article 202 du
code civil permet de traiter l'enfant incestueux comme un enfant l gitime. Comme on l'a crit, « cette l gitimit a en quelque sorte
pour e et de renvoyer l'inceste dans l'ombre ; en vertu de l'article 202 du code civil, la v ritable situation est compl tement camou e
par le mariage annul » (32). De fait, que l'article 202 puisse s'appliquer au mariage entre proches parents comme l'ensemble des
autres mariages annul s est assez tonnant. Aucune exception la th orie du mariage putatif n'a t pos e, m me en cas d'inceste
absolu. L'enfant incestueux restera l gitime, en d pit de la commune mauvaise foi de ses parents.

14. Dans les situations les plus graves, - le carr noir des articles 161 et 162 selon l'expression du doyen Carbonnier. La loi refuse que
soit r v l e la nature incestueuse de la liation, ce sans aucune possibilit de dispense. Les textes ont toujours interdit la constatation
o cielle de l'origine incestueuse de l'enfant lorsqu'il est issu de relations entre un fr re et une sœur, ou entre un ascendant et un
descendant. La formule l gale utilis e autrefois tait claire et nette : l'article 335 interdisait la reconnaissance « au pro t d'un enfant n
d'un commerce incestueux ». Elle est aujourd'hui plus discr te, ces termes jug s p joratifs, ignominieux, ont t remplac s depuis la
loi du 3 janvier 1972 par une p riphrase : l'article 334-10 dispose d sormais que « s'il existe entre les p re et m re de l'enfant naturel
un des emp chements mariage pr vus par les articles 161 et 162 ci-dessus pour cause de parent , la liation tant d j tablie
l' gard de l'un il est interdit d' tablir la liation l' gard de l'autre » (33). A vouloir trop bien faire, en refusant d'appeler un chat un
chat, certaines situations sont pass es la trappe. Ainsi, les prohibitions mariage r sultant de la parent adoptive n'entrent pas dans
le champ d'application de l'article 334-10. O ciellement, un enfant issu de relations incestueuses entre un adoptant et un adopt
pourrait voir sa liation tablie l' gard de ses deux auteurs. C'est l une cons quence saugrenue de la r forme op r e en 1972.

15. Il d coule de l'article 334-10 que la liation de l'enfant ne peut- tre l galement tablie qu' l' gard de l'un des auteurs de l'inceste
(soit volontairement, soit judiciairement) (34). Mais quand ce premier lien est tabli, son existence exclut totalement que l'autre le soit
son tour. L'objectif est net : l'enfant est destin n'avoir o ciellement qu'un p re ou une m re pour que n'apparaisse pas le fait qu'il
est le fruit d'un inceste. A l' gard de l'autre parent, l'enfant demeurera l galement fr re, sœur, neveu, ni ce, petit- ls ou petite- lle de
celui qui est pourtant biologiquement son p re ou sa m re.

Le b n ce de l'action n de subsides lui est accord contre ce parent (art. 342 al. 3). En th orie, le syst me reste coh rent puisque
la condamnation subsides ne repose pas sur l'existence d'une liation d montr e mais sur le simple risque de paternit : mais il faut
reconna tre qu'il y a l une faille, puisque de toute fa on sera r v l e, au moins au cours du proc s (35), l'existence de l'inceste. Ici, la
n cessit de faire b n cier l'enfant incestueux d'un minimum pour vivre l'a emport sur l'exigence du secret. Au demeurant, cette

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am lioration du statut de l'enfant incestueux tait une concession indispensable pour que soit maintenue la prohibition de la liation
incestueuse : « la r gle pr tend prot ger la moralit publique et l'enfant en dissimulant l'inceste ; mais dans le m me temps, elle ouvre
l'enfant une action qui, faisant appara tre les relations des parents, fait n cessairement appara tre l'inceste. Un tel droit qui cache une
liation pour dissimuler un inceste, tout en se fondant quoi qu'on en dise, sur cet inceste pour condamner un individu verser des
subsides l'enfant pourra para tre d'une parfaite hypocrisie » (36).

Au surcro t, la lev e du secret ne joue que dans une hypoth se : lorsque la femme a reconnu en premier l'enfant. Si c'est l'homme qui
souscrit une reconnaissance avant la femme, le sort de l'enfant est scell . Il est exclu que des subsides soient r clam s la femme.
Le secret pourra tre maintenu.

L'enfant incestueux est le seul enfant l' gard de qui subsiste une prohibition en mati re d' tablissement du lien de liation. Cette
discrimination est jug e, implicitement le plus souvent, comme licite. On admet g n ralement qu'une discrimination est bien fond e si
elle tend vers un but l gitime (37). On se garde bien de citer, parmi les discriminations autoris es, celles concernant les enfants
incestueux. Indiscutablement pourtant, l'impossibilit pour cette cat gorie d'enfant d'avoir o ciellement un p re et une m re constitue
une in galit entre les enfants. Cette in galit de traitement ne choque quasiment personne. Au contraire, elle se double de la loi du
silence. Tout le monde admet comme une vidence que la v rit n'est pas bonne dire en ce domaine. La liation d'un enfant ne doit
pas l galement faire appara tre que son grand-p re est aussi son p re ou son oncle, ou que sa m re est tout la fois sa grand-m re
ou sa tante. A notre connaissance, seul A. Breton a ouvertement d nonc cette situation (38).

16. Depuis plusieurs ann es, une partie de la doctrine fran aise revendique pour les enfants adopt s, et parfois aussi pour les enfants
n s par procr ation m dicalement assist e, le droit conna tre leurs origines (39). Le vœu n'a aucun quivalent en mati re
incestueuse. Clandestine, l'union incestueuse doit rester secr te, et nul n'est int ress ni n'ose appeler de ses vœux une modi cation
du sort de l'enfant incestueux. Il est vrai que les principaux int ress s eux-m mes sont loin de revendiquer un statut. Les unions
incestueuses ne s'a chent pas (40) : comme l'a not F. Dekeuwer- Defossez, il est peu probable que les couples incestueux
demandent b n cier d'une quelconque reconnaissance sociale (41). Cet attachement des juristes au secret devant entourer tout
inceste consomm doit tre soulign . Il ne peut tre seulement la marque d'une doctrine conservatrice, mais r v le l'un des piliers
fondateurs du droit de la famille. L'enfant n de l'inceste ne doit pas o ciellement tre reconnu comme tel. Il nous semble possible
d'a rmer que non seulement la rupture de l' galit dont sont victimes les enfants incestueux n'est pas jug e choquante par les
juristes (42), mais encore que le voile dress autour des origines de ces enfants est jug indispensable tant pour l'enfant lui- m me que
pour la soci t .

[...]

(1) J. Carbonnier, Droit civil, Introduction, PUF, 25e d. p. 44 et s. ; Ph. Malaurie, La famille, 6e d. Cujas, n° 20 et 21. Sur les rapports
entre le droit et la morale, V. notamment Ph. Jestaz, Pouvoir juridique et pouvoir moral, RTD civ. 1990.626 et s.
(2) D. Mayer, La pudeur du droit face l'inceste, D. [Link].213 ; Breton, L'enfant incestueux, in M langes Ancel, 1973, p. 309 et
s.
(3) D. Mayer, op. cit. p. 213.
(4) J. Carbonnier, La famille, l'enfant, le couple, 20e d. p. 422 et s.
(5) G. Cornu, Droit de la famille, Montchrestien, Pr cis Domat, 5e d. n° 181.

(30) Nous n'avons pas pu obtenir de renseignements o ciels sur le nombre de dispenses accord es annuellement, les services
o ciels mettant en avant une contrainte li e la con dentialit des a aires.
(31) C. Colombet, J. Foyer, D. Huet-Weiller, C. Lasbrusse-Riou, La liation l gitime et naturelle. Etude de la loi du 3 janvier 1972 et de
son interpr tation, Dalloz, 1977, p. 12 et s. ; A. Breton, article pr c. p. 310. Sur la question de l'incidence de la l gitimation par autorit
de justice, V. A. Breton, article pr c. p. 320.
(32) D. Mayer, article pr c. p. 213, V. galement A. Breton, article pr c. p. 313. Sur la situation ant rieure la r forme de 1972, V.
notamment Planiol et Ripert, Trait pratique de droit civil fran ais, 2e d. t. 2 par Rouast, 1952, n° 355.
(33) Breton, article pr c. p. 319, V. galement Massip, Morin et Aubert, La r forme de la liation, n° 51, qui font tat non seulement des
raisons sociales, mais aussi des cons quences absurdes que l' tablissement des deux liations entra nerait au plan successoral.
(34) L'enfant incestueux est le seul actuellement dont la liation ne peut tre tablie o ciellement, depuis que la loi du 3 janvier 1972 a
supprim l'interdiction d' tablir la liation adult rine.
(35) On peut se demander dans quelle mesure le juge ne pourrait pas, en tant que de raison, user de la facult ouverte par l'article
342-3 de faire recouvrer l'indemnit par un tiers a n que nul ne d couvre qui en est le d biteur. (36) Fr. Terr et D. Fenouillet, Droit civil,
Les personnes, La famille, Les incapacit s, 6e d. n° 687.
(37) Fr. Terr et D. Fenouillet, pr c. n° 48 et s.
(38) A. Breton, L'enfant incestueux, in M langes Ancel, p. 320. « S'il existe un fait si d plaisant ou m me si abominable qu'il soit, on ne
le fait pas dispara tre en le niant ». Rappr. A. B nabent, La famille, pr c. n° 477 qui estime que l'interdiction d' tablir le double lien de
liation est une « r gle archa que qui est tr s probablement contraire la Convention europ enne des droits de l'homme ». Contra, J.
Hauser et D. Huet-Weiller, Trait de droit civil, La famille, 2e d. LGDJ, n° 694 qui se demandent si la solution d'interdiction d' tablir les
deux liens de liation ne pourrait pas se trouver dans l'adoption simple, mais avec le risque de se voir opposer un d tournement de
l'institution de l'adoption dans le but de faire chec une loi imp rative. Ce serait e ectivement le cas. Il n'y a pas de demi-mesure en
mati re d'inceste : une fois le mal fait, il n'est pas r parable, sauf ventuellement sous forme nanci re (infra n° 21).
(39) Cette question, autrefois peu soulev e, est aujourd'hui r guli rement voqu e, sp cialement depuis que la loi du 8 janvier 1993 a
introduit dans le code civil le droit accouchement sous X. Sur cette question, on consultera entre autres : Claire Neyrinck, Savoir d'o
l'on vient : la r ponse du droit, in L'enfant a-t-il droit son histoire, ERES, 1999 ; S. Mirabail, Les obstacles juridiques la recherche de
la v rit biologique en mati re de liation : discordance et anachronisme, D. [Link].146 ; Genevi ve Delais de Perceval et P.
Verdier, Enfant de personne, d. O. Jacob, 1999 ; B. Trillat, L'accouchement anonyme : de l'opprobre la cons cration, in M langes
Huet-Weiller, 1994, p. 513 ; I. Laurent-Merle, La connaissance de ses origines familiales depuis la loi du 5 juillet 1996, D.
[Link].373 ; M.- F. Nicolas-Maguin, L'enfant et les sortil ges : r exions propos du sort que r serve les lois sur la bio thique
au droit de conna tre ses origines, D. [Link].75 ; H. Gaumont-Prat, Le droit la v rit est-il un droit la connaissance de ses
origines ?, Rev. dr. fam. oct. 1999.

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(40) Carbonnier, Droit de la famille, pr c. p. 44, infra.

CIV. 1RE, 5 OCTOBRE 2016, N° 15-25.507.

Sur le moyen unique :

Attendu, selon l'arr t attaqu (Rouen, 13 mai 2015), que Mme X... pouse Y... est n e le 9 f vrier 1946 de Mme Z... et a t reconnue le
30 juin 1965 par Roger X..., qui l'a l gitim e par son mariage avec sa m re le m me jour ; que ce dernier est d c d le 12 juillet 2001 ;
que, le 25 novembre 2005, Mme Y... a t reconnue par Robert A..., lequel est d c d le 13 mai 2006 ; qu'un jugement irr vocable du
20 novembre 2007 a d clar irrecevable comme prescrite la contestation de la reconnaissance de Roger X... form e par Mme Y... et sa
m re et a annul la reconnaissance de paternit e ectu e par Robert A... ; que, par acte du 29 juillet 2011, Mme Y... a assign les
enfants de Robert A... (les consorts A...) sur le fondement de l'article 327 du code civil, a n que soit ordonn e une expertise biologique
et que sa liation avec Robert A... soit tablie ;

Attendu qu'elle fait grief l'arr t de rejeter ses demandes alors, selon le moyen :

1°/ que l'e ectivit du droit de conna tre ses origines et de voir tablie la liation correspondante, garantis par l'article 8 de la
Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libert s fondamentales commande au juge national de d laisser les
restrictions pos es par des dispositions internes d s lors que celles-ci portent une atteinte substantielle au droit revendiqu ; qu'est
cet gard excessive la restriction proc dant de la prescription de l'action en contestation de la paternit pr vue par les articles 320 et
321 du code civil quand le d lai de prescription ne peut commencer courir avant que l'enfant, devenu adulte, n'ait eu connaissance
de l'identit de son p re biologique ; qu'en retenant pour point de d part de la prescription de l'action en contestation de paternit le 9
f vrier 1967, date de la majorit de la requ rante, sans tenir compte de l'ignorance de sa liation r elle, qui ne sera d couverte qu'en
2005, la cour a m connu les exigences de l'article 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libert s
fondamentales ;

2°/ que toute restriction au droit la connaissance de ses origines doit tre n cessaire et proportionn e ; qu'en retenant que l'int r t
de la famille du p re l gitime, d c d avant la r v lation des origines de la requ rante, justi ait une restriction au droit la
connaissance de ses origines, sans autre examen de la position propre du p re biologique qui, de son vivant, souhaitait voir
reconna tre ledit lien de liation, la cour n'a pas op r la balance proportionn e des int r ts en pr sence et m connu de ce chef
encore les exigences de l'article 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libert s fondamentales ;

3°/ qu'aux termes des articles 146 du code de proc dure civile et 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des
libert s fondamentales, l'expertise biologique est de droit en mati re de liation, sauf s'il existe un motif l gitime de ne pas y
proc der ; qu'en refusant d'examiner la demande d'expertise biologique formul e par la requ rante, lors m me que le p re biologique
avait consenti de son vivant la r alisation d'un test g n tique et souhaitait voir reconna tre le lien de liation dont s'agit, sans
s'expliquer autrement sur l' ventuelle l gitimit d'interdire la requ rante de conna tre ses origines et d' tablir sa liation, la cour a
derechef m connu les textes susvis s ;

Mais attendu, en premier lieu, que, contrairement aux nonciations de la premi re branche du moyen, la cour d'appel n'a pas d clar
l'action en contestation de paternit de Mme Y... irrecevable comme prescrite, mais a constat l'autorit de la chose jug e attach e au
jugement du 20 novembre 2007 et, par suite, l'existence d'une liation d nitivement tablie entre Mme Y... et Roger X..., faisant
obstacle, en application de l'article 320 du code civil, l' tablissement d'une autre liation qui la contredirait ;

Attendu, en second lieu, d'abord, que si l'impossibilit pour une personne de faire reconna tre son lien de liation paternelle constitue
une ing rence dans l'exercice du droit au respect de sa vie priv e et familiale garanti par l'article 8 de la Convention de sauvegarde
des droits de l'homme et des libert s fondamentales, l'obstacle oppos Mme Y... est pr vu l'article 320 du code civil et poursuit un
but l gitime en ce qu'il tend garantir la stabilit du lien de liation et mettre les enfants l'abri des con its de liations ;

Attendu, ensuite, que l'arr t rel ve que Roger X... a reconnu Mme Y... en 1965 et a t son p re aux yeux de tous jusqu' son d c s en
2001, sans que personne ne remette en cause ce lien de liation confort par la possession d' tat ; qu'il ajoute que Mme Y..., elle-
m me, a dispos d'un d lai de trente ans compter de sa majorit pour contester la paternit de Roger X..., ce qu'elle n'a pas fait, et
qu'elle a h rit de ce dernier son d c s ; qu'ayant ainsi constat que l'int ress e avait dispos de proc dures lui permettant de
mettre sa situation juridique en conformit avec la r alit biologique, la cour d'appel a pu en d duire que l'atteinte port e au droit au
respect de sa vie priv e n' tait pas disproportionn e au regard du but l gitime poursuivi ; qu'en d clarant irrecevable l'action en
recherche de paternit et, par suite, la demande d'expertise biologique, elle n'a donc pas m connu les exigences r sultant de la
Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libert s fondamentales ;

D'o il suit que le moyen n'est pas fond ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi [...]

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