E3A 2023 aPC Corrige
E3A 2023 aPC Corrige
Epreuve de Mathématiques PC
Exercice 1
1. Le polynôme P = X2 − 3X + 2 = (X − 1)(X − 2) est scindé sur R, à racines simples et annulateur de u. Donc, u est
diagonalisable.
2. Les éventuelles valeurs propres de u sont racines de P et sont donc éléments de {1, 2}. On pose α = 1 et β = 2.
3.
3.1. v − w = (β − α)IdE = IdE . Par suite, pur tout x de E,
E = Ker(v) ⊕ Ker(w).
4. Dans une base adaptée à la décomposition précédente, la matrice de u est D = diag(1, . . , 1}, 2,
| .{z . . , 2}) (avec éventuelle-
| .{z
k n−k
ment k = 0 ou k = n).
5. Application
1 1 0 1 1 0 1 3 0
5.1. U2 = 0 2 0 0 2 0 = 0 4 0 puis
−1 1 2 −1 1 2 −3 3 4
1 3 0 1 1 0 1 0 0 0 0 0
U2 − 3U + 2I3 = 0 4 0 − 3 0 2 0 + 2 0 1 0 = 0 0 0 .
−3 3 4 −1 1 2 0 0 1 0 0 0
Donc, Ker (u − IdE ) = Vect (u1 ) où u1 = e1 + e3 . Ker (u − IdE ) est une droite vectorielle et une base de cette droite est
B1 = (u1 ).
x
Soit X = y ∈ M3,1 (R).
z
−1 1 0 x 0 −x + y = 0
X ∈ Ker (U − 2I3 ) ⇔ 0 0 0 y = 0 ⇔ 0=0
−1 1 0 z 0 −x + y = 0
⇔ x − y = 0.
Donc, Ker (u − 2IdE ) est le plan d’équation x − y = 0 dans la base B. Une base de Ker (u − 2IdE ) est B2 = (u2 , u3 )n où
u2 = e1 + e2 et u3 = e3 .
1 1 0
5.4. Soient D = diag(1, 2, 2) et P = 0 1 0 . D et P sont respectivement une matrice diagonale et une matrice
1 0 1
−1
inversible telles que U = PDP .
Exercice 2
Question de cours
1. Soit α un réel non nul.
α(α − 1) α(α − 1) 2
(1 − x)α = (1 + (−x))α = 1 + α(−x) + (−x)2 + o x2 = 1 − αx + x + o x2 .
x→0 2 x→0 2
α(α − 1) 2
Par suite, 1 − (1 − x)α = αx − x + o x2 = αx + o(x) puis
x→0 2 x→0
p
X p
X
uk = (ak−1 − ak ) = a0 − ap (somme télescopique)
k=1 k=1
n−1 ! n−1
n−1
1 1
= 1 − (1 − 1) − 1− 1− p = 1− p
2 2
n−1
1
Ensuite, lim 1− p = 1. Ceci montre que la série de terme général uk , k ∈ N∗ , converge et que
p→+∞ 2
+∞
X
uk = 1.
k=1
1 n−1 n−1
3.2. Puisque lim k = 0, ak ∼ . La suite est strictement positive et la série géométrique de
k→+∞ 2 k→+∞ 2k 2k k∈N
n−1
terme général , k ∈ N, converge. On en déduit que la série de terme général ak , k ∈ N, converge.
2k
4. Etude d’une variable aléatoire
1 1 1 1
4.1. Soit k ∈ N∗ . k−1 > k puis 0 6 1 − k−1 < 1 − k . Puisque n − 1 > 0, la fonction t 7→ tn−1 est strictement
2 2 n−12 2
n−1 n−1 n−1
1 1 1 1
croissante sur [0, +∞[ et donc 1 − k−1 < 1− k puis 1 − 1 − k−1 > 1− 1− k ou encore
2 2 2 2
ak−1 > ak et finalement uk > 0.
On a montré que : ∀k ∈ N∗ , uk > 0.
+∞
X +∞
X
4.2. 1 = λuk = λ uk = λ. Donc, λ = 1 puis
k=1 k=1
n−1 n−1
∗ 1 1
∀k ∈ N , P (Xn = k) = uk = 1− k − 1− .
2 2k−1
4.3. Soit p > 2.
p
X p
X p
X
kP (Xn = k) = kuk = k (ak−1 − ak )
k=1 k=1 k=1
p
X p
X p−1
X p
X p−1
X
= kak−1 − kak = (k + 1)ak − kak = a0 + ak − pap
k=1 k=1 k=0 k=1 k=1
p−1
X
= ak − pap .
k=0
p
Ensuite, pap ∼ puis lim pap = 0 d’après un théorème de croissances comparées. On en déduit que la
(n − 1)
p→+∞ 2p p→+∞
série de terme général kP (Xn = k), k ∈ N∗ , converge et donc la variable aléatoire Xn admet une espérance. De plus,
+∞
X
E (Xn ) = ak = Sn .
k=0
5.
5.1. Soit p ∈ N∗ . La fonction fp est continue sur [0, +∞[. De plus, puisque lim e−t = 0, fp (t) ∼ pe−t puis
t→+∞ t→+∞
1
fp (t) = o 2 d’après un théorème de croissances comparées. La fonction fp est donc intégrable sur un voisinage de
t→+∞ t
+∞ et finalement la fonction fp est intégrable sur [0, +∞[. En particulier, l’intégrale Ip est une intégrale convergente.
5.2. Soit p ∈ N.
Z +∞ Z +∞
p p+1 p
1 − e−t − 1 − e−t 1 − e−t 1 − 1 − e−t
Ip+1 − Ip = dt = dt
0 0
Z +∞ +∞
−t −t p1 p+1
1 − e−t
= e 1−e dt =
0 p + 1 0
1 −t p+1
p+1
= lim 1 − e − (1 − 1)
p + 1 t→+∞
1
= .
p+1
n−1
X n−2
X 1 n−2
X
1
= = (Ip+1 − Ip )
k p+1
k=1 p=0 p=0
6. Un encadrement
1
6.1. Soit k ∈ N∗ . [k, k + 1] ⊂]0, +∞[ puis la fonction t 7→ est continue et décroissante sur [k, k + 1]. Donc, pour tout
t
1 1 1
t ∈ [k, k + 1], 6 6 . En intégrant, on obtient
k+1 t k
Z k+1
1 1 1 1 1
= (k + 1 − k) × 6 dt 6 (k + 1 − k) × = .
k+1 k+1 k t k k
Z k+1 Zk
1 dt 1 dt
6.2. Ainsi, pour tout k ∈ N∗ , > et pour tout k > 2, 6 . En additionnant membre à membre, on
k k t k k−1 t
obtient
n−1
X 1 X Z k+1 dt Z n dt
n−1
In−1 = > = = ln(n),
k k t 1 t
k=1 k=1
et
n−1
X 1 X Z k dt
n−1 Z n−1
dt
In−1 = 1 + 61+ =1+ = 1 + ln(n − 1).
k k−1 t 1 t
k=2 k=2
Zm X Z k+1
m−1
gn (t) dt = gn (t) dt
0 k=0 k
X Z k+1
m−1 m−1
X m−1
X
6 gn (k) dt = gn (k) = ak .
k=0 k k=0 k=0
et
Zm m Zk
X
gn (t) dt = gn (t) dt
0 k=1 k−1
Xm Zk m
X
> gn (k) dt = ak .
k=1 k−1 k=1
m
X Zm m−1
X
Donc, pour tout m > 2, ak 6 gn (t) dt 6 ak .
k=1 0 k=0
ln(n) ln(n − 1) 1
6 E (Sn ) 6 +1+ ,
ln(2) ln(2) ln(2)
puis
ln(2) ln(2) ln(n − 1) 1 ln(n − 1) 1 + ln(2)
16 E (Sn ) 6 +1+ = + .
ln(n) ln(n) ln(2) ln(2) ln(n) ln(n)
Puisque ln(n − 1) ∼ ln(n), les membres extrêmes de cet encadrement tendent vers 1 quand n tend vers +∞. Le
n→+∞
ln(2)
théorème des gendarmes permet d’affirmer que lim E (Sn ) = 1 et donc que
n→+∞ ln(n)
ln(n)
E (Sn ) ∼ .
n→+∞ ln(2)
Exercice 3
1. Etude de l’application ϕu
1.1. Soient (x, y) ∈ E2 et (λ, µ) ∈ R2 .
hλx + µy|ui hx|ui hy|ui
ϕu (λx + µy) = 2 u − (λx + µy) = λ 2 u−x +µ 2 u−y
hu|ui hu|ui hu|ui
= λϕu (x) + µϕu (y).
Donc, ϕu est un endomorphisme de E.
hu, ui
1.2. On note que ϕu (u) = 2 u − u = 2u − u = u. Soit x ∈ E.
hu, ui
hx|ui hx|ui
ϕu ◦ ϕu (x) = ϕu 2 u−x = 2 ϕu (u) − ϕu (x)
hu|ui hu|ui
hx|ui
=2 u − ϕu (x)
hu|ui
= x.
Donc, ϕu ◦ ϕu = IdE . Ainsi, ϕu est une involution et en particulier une bijection de E sur lui-même. Puisque ϕu est
linéaire, ϕu est un automorphisme de E. De plus, ϕ−1
u = ϕu .
1.3. Soit x ∈ E.
hx|ui2
hx|ui hx|ui hx|ui
hϕu (x)|ϕu (x)i = 2 u − x|2 u−x =4 hu|ui − 4 hx|ui + hx|xi = hx|xi.
hu|ui hu|ui hu|ui2 hu|ui
Ainsi, pour tout x ∈ E, kϕu (x)k2 = kxk2 puis kϕu (x)k = kxk.
1.4. Soit (x, y) ∈ E2 . D’après une identité de polarisation,
1 2 2
hϕu (x)|ϕu (y)i = kϕu (x) + ϕu (y)k − kϕu (x) − ϕu (y)k
4
1 2 2
1
2 2
= kϕu (x + y)k − kϕu (x − y)k = kx + yk − kx − yk
4 4
= hx|yi.
Donc, ϕu conserve le produit scalaire.
1.5. On a vu que ϕu (u) = u. Donc, ϕu (Du ) = ϕu (Vect(u)) = Vect (ϕu (u)) = Vect(u) = Du .
⊥
Hu = (Vect(u)) = u⊥ . Mais alors, puisque ϕu conserve le produit scalaire, l’image par ϕu d’un vecteur orthogonal à u
est encore un vecteur orthogonal à u. Donc, ϕu (Hu ) ⊂ Hu .
1.6. Puisque ϕu (u) = u, plus généralement, pour tout x ∈ Du , ϕu (x) = x. D’autre part, si x ∈ Hu , hx|ui = 0 et donc
ϕu (x) = −x. ϕu coïncide sur les deux sous-espaces supplémentaires Du et Hu avec la symétrie par rapport à Du par
rapport à Hu = D⊥u . Donc, ϕu est la symétrie orthogonale par rapport à Du .
2.2. On note pv la projection orthogonale sur H⊥ et pH la projection orthogonale sur H. Pour tout u = (x, y, z) ∈ R3 ,
puisque v est unitaire,
x+y+z 1 x+y+z x+y+z x+y+z
pv (u) = hv|uiv = √ . √ (1, 1, 1) = , , .
3 3 3 3 3
1 1 1
1
La matrice de pv dans la base canonique est Pv = 1 1 1 .
3 1 1 1
Ensuite, pH = IdR3 − pv et donc la matrice de pH dans la base canonique est
2 −1 −1
1
PH = I 3 − Pu = −1 2 −1 .
3
−1 −1 2
ψ(ψ(x)) = ψ(y − z) = y + z = x.
Donc, ψ ◦ ψ = IdE . Ensuite, si x ′ est un vecteur de E que l’on écrit sous la forme x ′ = y ′ + z ′ avec (y, z) ∈ ∆ × ∆⊥ ,
Exercice 4
1. Soit n ∈ N. Pour tout réel x,
Z1 Z1
1 − t2 cos(−tx) dt = 1 − t2 cos(tx) dt = In (x).
In (−x) =
0 0
Pour tout n ∈ N, la fonction In est paire.
Z1
2. Soit n ∈ N. Posons Φ : R × [0, 1] → R de sorte que, pour tout réel x, In (x) = Φ(x, t) dt.
1 − t2 cos(tx)
(x, t) 7 → 0
• Pour tout réel x, la fonction t 7→ Φ(x, t) est continue par morceaux et intégrable sur [0, 1].
• Φ admet sur R × [0, 1] une dérivée partielle par rapport à sa première variable x définie par
∂Φ n
∀(x, t) ∈ R × [0, 1], (x, t) = −t 1 − t2 sin(tx).
∂x
De plus,
∂Φ
- pour tout réel x, la fonction t 7→ (x, t) est continue par morceaux sur [0, 1],
∂x
∂Φ
- pour tout t ∈ [0, 1], la fonction x 7→ (x, t) est continue sur R,
∂x
∂Φ n n
- pour tout (x, t) ∈ R × [0, 1], (x, t) = t 1 − t2 | sin(xt)| 6 t 1 − t2 = ϕ(t) où de plus la fonction ϕ
∂x
est continue par morceaux, positive et intégrable sur [0, 1].
D’après le théorème de dérivation des intégrales à paramètres, la fonction In est de classe C1 sur R et pour tout réel x,
Z1 Z1
∂Φ n
In′ (x) = (x, t) dt = −t 1 − t2 sin(xt) dt.
0 ∂x 0
1 n+1
3. Soit n ∈ N. Soit x ∈ R. Les deux fonctions t 7→ 1 − t2 et t 7→ sin(xt) sont de classe C1 sur le segment
2(n + 1)
[0, 1]. On peut donc effectuer une intégration par parties qui fournit
Z1 1 Z 1
2 n 1 2 n+1 1 n+1
In′ (x) 1 − t2
= −t 1 − t sin(tx) dt = 1−t sin(tx) − x cos(xt) dt
0 2(n + 1) 0 0 2(n + 1)
Z1
x x
1 − t2 cos(tx) dt = −
=− In+1 (x).
2(n + 1) 0 2(n + 1)
4. Montrons par récurrence que pour tout k ∈ N, pour tout n ∈ N, la fonction In est de classe Ck sur R.
• D’après la question 2, les fonctions In , n ∈ N, sont de classe C1 sur R et en particulier continues sur R. L’affirmation
est donc vraie quand k = 0.
• Soit k > 0. Supposons que pour tout n ∈ N, la fonction In est de classe Ck sur R. Soit n ∈ N. D’après les deux
x
questions précédentes, la fonction In est de classe C1 sur R et pour tout réel x, In′ (x) = − In+1 (x). Par
2(n + 1)
hypothèse de récurrence, la fonction In+1 est de classe Ck sur R et il en est de même de la fonction In′ . Mais alors,
la fonction In est de classe Ck+1 sur R.
On a montré par récurrence que pour tout n ∈ N, la fonction In est de classe Ck sur R pour tout k ∈ N.
5. Calcul de In (0)
5.1. Soit p ∈ N.
Z1 Z1 Z1 Z1
2 p+1 2 p 2 p
2
p
t2 1 − t2
Ip+1 (0) = 1−t dt = 1−t 1−t dt = 1−t dt − dt
0 0 0 0
Z1
p
= Ip (0) − t2 1 − t2 dt.
0
Z1 Z1 1 Z1
p p 1 p+1 1 p+1
t2 1 − t2 dt = t × t 1 − t2 dt = t × − 1 − t2 − − 1 − t2 dt
0 0 2(p + 1) 0 0 2(p + 1)
1
= Ip+1 (0).
2(p + 1)
1 2p + 2
On en déduit que Ip+1 (0) = Ip (0) − Ip+1 (0) puis que Ip+1 (0) = Ip (0).
2p + 2 2p + 3
Z1
5.2. Mais alors, pour n ∈ N∗ , en tenant compte de I0 (0) = dt = 1,
0
Z1 n
X ! n
X n
X
k n 2k k n 1 1
In (0) = (−1) t dt = (−1) = n! (−1)k
0 k k 2k + 1 (2k + 1)k!(n − k)!
k=0 k=0 k=0
et donc
n
X 1 In (0) 22n n!
(−1)k = = .
(2k + 1)k!(n − k)! n! (2n + 1)!
k=0
+∞
X u2k
7. Pour tout réel u, cos(u) = (−1)k .
(2k)!
k=0
Cette égalité étant valable pour tout réel x, on a montré que la fonction In est développable en série entière sur R.
9. On sait que la somme d’une série entière est de classe C∞ sur son intervalle ouvert de convergence. Donc, la fonction
In est de classe C∞ sur R, ce qui a été démontré à la question 4.