Etude de l’impact du séisme d’Al Haouz sur les bâtiments
Introduction :
Le 8 septembre 2023, ce fut un jour tragique qui laissa une empreinte indélébile dans la
mémoire collective des Marocains, en particulier pour les résidents de la région d'Al Haouz et
ses environs.
Vers 23h, un violent séisme secoua la terre, déclenchant la panique et la désolation. Les
habitants furent pris au dépourvu, leurs vies bouleversées en quelques instants.
les conséquences dévastatrices du séisme ont eu un impact bien au-delà des frontières
régionales, déclenchant une mobilisation sans précédent tant au niveau national
qu'international. Les autorités locales, en collaboration avec des équipes de secours et des
organisations humanitaires, ont immédiatement réagi pour répondre aux besoins urgents des
victimes, que ce soit en termes de soins médicaux, d'abris d'urgence ou de fournitures
essentielles.
Les chiffres reflètent l'étendue de la tragédie : 2 600 000 personnes touchées, 5 674 blessés et
2 964 morts. En ce qui concerne les ménages, la province d'Al Haouz comptait la veille du
sinistre un total de 145 818 foyers. Parmi eux, 14 % étaient situés dans la région de
Chichaoua, 24 % à Marrakech, 21 % à Taroudant, tandis que la province de Ouarzazate
abritait 11 % des ménages touchés, avec les 30 % restants répartis dans le reste de la région.
Cet évènement est une preuve de l’esprit de solidarité qui lie les marocains, et qui les a
poussés à aider leurs compatriotes par tous les moyens. Dans ce contexte, la priorité fut
d’abord donnée à la reconstruction, à la solidarité et à la résilience, alors que la communauté
locale et nationale se mobilise pour surmonter les conséquences dévastatrices de ce séisme
dévastateur.
Problématique :
Face à cette situation tragique et urgente et qui nécessite une action immédiate,
nous sommes confrontés à une problématique épineuse : comment reconstruire
et réhabiliter les régions touchées tout en garantissant que les nouvelles
structures soient robustes et résistantes aux séismes ?
Cette question revêt une importance capitale puisque nous cherchons avant tout
à rétablir la stabilité et la sécurité dans les communautés touchées. Il est donc
nécessaire et impératif de prendre en compte divers critères bien choisis dans
nos efforts de reconstruction, on en cite à titre d’exemple : la conformité avec
l’architecture locale, la stabilité structurelle face aux séismes ainsi que les
considérations écologiques. pour remedier a ce probleme nous allons d’abord
analyser le rique sismique, les dommages czusés aux structures en BA, d’une
part, et en terre ou pierre et finalement des recommandations pour la
reconstruction.
Analyse des problèmes :
En effet le maroc est situé à proximité de la zone où la plaque africaine et la
plaque eurasienne convergent, ce qui explique en partie son exposition à
une activité sismique notable. Cependant, cette proximité des plaques n'est
pas la principale raison des séismes au Maroc. Jusqu'à présent, le pays n'a
jamais connu de séisme d'une magnitude supérieure à 7. Parmi les
exemples notables, on peut citer le séisme d'Al Hoceima en 2004, le séisme
d'Agadir en 1960 et le séisme de Taounate en 1923. Ces événements ont
tous été caractérisés par des magnitudes variant entre 5,8 et 6,4, ce qui
suggère un niveau d'aléa sismique modéré au Maroc. L'aléa sismique se
réfère à l'évaluation des séismes potentiels et de leurs caractéristiques,
comme la fréquence et la magnitude, et il est étroitement lié à l'historique
sismique de la région concernée.
Dans cette carte illustrant la simulation du mouvement sismique de la région
d'Al Haouz, réalisée par l'USGS (United States Geological Survey), on observe
une décroissance de l'accélération du séisme à mesure que l'on s'éloigne de
l'épicentre. Cela signifie qu'à mesure que l'on s'éloigne de la zone centrale,
l'impact du séisme diminue et on a la simulation de l'accélération maximale du sol près
de l'épicentre a atteint environ 50% de l'accélération gravitationnelle (Figure 2). Cette valeur
est cinq fois plus élevée que les 10% de l'accélération gravitationnelle évalués dans la version
actuelle du code sismique marocain. De plus, la carte met en évidence des lignes
d'iso-accelération, qui représentent les points présentant la même accélération
horizontale du sol. Ces données ont été obtenues à partir de simulations utilisant
le PGA (Peak Ground Acceleration).
Or malgré cela, les conséquences des séismes sont souvent, si ce n’est toujours,
dévastatrices, avec des morts qui se comptent par milliers, cela est dû
majoritairement à la vulnérabilité extrême des bâtiments face à ces événements.
Cela souligne l'urgence d'agir dans les plus brefs délais pour renforcer la
résilience des infrastructures et des constructions.
Explorons maintenant quelques dommages observés sur les structures en beton armé. Dans le
premier exemple, nous constatons un effondrement total des étages souples, ce qui suggère
une mauvaise construction du bâtiment malgré l'utilisation de béton armé. Dans ce cas, l'étage
souple correspond au rez-de-chaussée et présente de grandes ouvertures. Dans l'exemple
suivant, nous remarquons une rupture par cisaillement des poteaux, ainsi que des ruptures
dans les remplissages en maçonnerie et une défaillance de l'articulation poteau/poutre,
indiquant une détérioration du béton. Ensuite, un autre exemple montre un effondrement total
du bâtiment, suggérant une conception et une construction inadéquates malgré l'utilisation de
béton armé. Enfin, une rupture par cisaillement de la poutre est observée, accompagnée de
ruptures diagonales, ce qui témoigne également d'une conception déficiente. Un dernier point
concerne une mauvaise exécution du joint sismique, où le remplissage du joint avec du
polyester ou du ciment est à éviter pour prévenir les chocs entre les bâtiments.
La série de dommages observés sur différentes structures en terre crue ou en pierre
offre des insights significatifs. Tout d'abord, on constate un effondrement total d'une
construction en pisé, suivi d'un effondrement partiel d'un bâtiment en maçonnerie de
pierre. Ensuite, un autre bâtiment en pierre s'est totalement écroulé, tandis qu'à côté,
une structure similaire est restée intacte malgré le séisme. Ces exemples soulignent la
possibilité d'utiliser des matériaux locaux dans la construction, mais également
l'importance de prendre le temps d'étudier et de comprendre leurs propriétés. Bien
qu'il soit difficile de fournir une explication scientifique précise de la résilience de
certaines structures, ces observations témoignent de la viabilité des matériaux locaux
dans la construction. Enfin, on note un effondrement total d'une construction en
terre, avec des dommages moins sévères dans les structures en béton armé et mixte
à proximité. Cela souligne la nécessité d'explorer davantage les matériaux
traditionnels tout en intégrant des approches modernes pour renforcer la résilience
sismique des bâtiments.
Analyse des photos des bâtiments :
D’ailleurs l’analyse du risque sismique montre que l'examen des
bâtiments touchés par le séisme révèle des tendances assez intéressantes. En
effet, certains bâtiments en béton armé ont survécu grâce à une conception et
une exécution soignées et respectueuses des normes, tandis que d'autres, mal
exécutés et/ou mal conçus, ont subi une ruine totale.
De même, on remarque que les bâtiments réalisés grâce à des matériaux
traditionnels tels que le pisé et la dobe ont présenté des résultats variés, certains
restant intacts tandis que d'autres ont subi des effondrements radicaux.
Toutefois, en raison du manque d'informations sur ces matériaux, il nous est
difficile de prononcer des conclusions définitives quant à la raison de ces
disparités de comportement.
-Critères choisis pour les propositions de réalisation de nouveaux
bâtiments :
Dans la proposition de nouveaux bâtiments, nous devons essayer de
suivre une approche multidimensionnelle, en tenant compte de la vision urbaine,
technique et technologique. Dans ce cadre, nous avons défini des critères
spécifiques, qui nous ont semblé adéquats, notamment : le respect de
l'architecture locale, la stabilité structurelle face aux charges gravitaires et
surtout sismiques, la disponibilité des matériaux choisis et leur facilité de mise
en œuvre, ainsi que le délai d'exécution.
- Recommandations :
En tenant compte de ces critères, nous avons d’abord considéré les solutions
usuelles utilisées dans ce cas, a titre d'exemple
Le renforcement des fondations, bien que bénéfique pour la sécurité des bâtiments, présente
des inconvénients tels que des coûts élevés, une complexité de construction, des impacts
environnementaux et des exigences de maintenance régulières.
Les fondations superficielles peuvent coûter entre 800 et 2000 euros/m², tandis que les
fondations profondes, comme les pieux, ajoutent des coûts supplémentaires, dépendant de
facteurs variés.
De même, les murs de refend, bien qu efficaces pour la stabilité, ont des inconvénients
potentiels liés à l'espace utilisable, à la difficulté de réaménagement, à l'impact esthétique et
au poids structurel supplémentaire.
Enfin, l'isolation parasismique, malgré ses avantages, présente des limites en termes de coût,
maintenance, complexité de conception, perte d'espace et incompatibilité avec certains types
de bâtiments.
Toutes ces solutions ,malgré leur innovation technologique et leur importance,
ont été omises lors de notre étude en raison de leur coût élevé, de leur
complexité d'exécution et de leur rareté sur le marché.
Au lieu de cela, et pour répondre aux défis de reconstruction posés suite au
séisme d'Al Haouz, nous proposons trois solutions :
Tout d'abord, la construction de bâtiments en béton armé avec
revêtements de pisé, cette solution offre une stabilité structurelle face aux
charges gravitaires et sismiques, tout en respectant l'architecture locale et
en garantissant la disponibilité des matériaux nécessaires.
De même, la réplication des bâtiments traditionnels résilients se démarque
comme étant une alternative viable, en préservant l'identité culturelle et
architecturale tout en tirant parti de la disponibilité des matériaux locaux
et de la facilité de mise en œuvre.
Enfin, la sensibilisation à l'évacuation en cas de séisme demeure une
mesure cruciale pour réduire les pertes humaines, offrant une solution
rapide et économique tout en renforçant la sécurité des communautés
touchées. En combinant ces recommandations, nous pouvons élaborer un
plan de reconstruction intégré qui garantit la résilience des structures tout
en préservant le tissu social et culturel des régions affectées.
- Conclusion :
En conclusion, la reconstruction des régions touchées par le séisme
d'Al Haouz exige une approche globale et bien pensée. Il est impératif
d'approfondir nos connaissances sur les matériaux traditionnels locaux afin de
comprendre leur comportement et pouvoir concevoir des solutions
parasismiques adaptées. En combinant
expertise technique
respect de l'architecture locale
et sensibilisation communautaire
nous pouvons reconstruire des communautés plus fortes et plus sûres pour
l'avenir.
cette solution se situe dans les fourchettes de prix convenable pour les habitants
et toutes les autres solutions qui incluent
seisme d’al haouz : on voit dans cette carte une simulation du mouvement de la terre via la usgs
the United States Geological Survey et on remarque que l’acceleration du seisme diminue en
s’eloignant de l’epicentre ceci dit on aura moins d’eloignant de l’epicentre. On voit aussi des
isoaccelerations qui sont les points qui partagent la meme accelerarion de la terre qui est en
direction horizontale. Ces accelerations ont été simulé avec le pga