CoursM2 Modelisation
CoursM2 Modelisation
G. Barles
23 novembre 2015
4 Modélisation et optimisation 31
5 Appendice : Compléments 34
5.1 Étude générale des méthodes à un pas . . . . . . . . . . . . . 34
5.1.1 Propriétés importantes d’une méthode à un pas . . . . 34
5.1.2 Condition nécessaire et suffisante de consistance . . . 35
5.1.3 Condition suffisante de stabilité . . . . . . . . . . . . . 36
5.1.4 Ordre d’un schéma . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
5.1.5 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
1
1 Introduction
Le but de ce cours est de décrire quelques aspects de la modélisation de
phénomènes essentiellement déterministes mais avant cela, on peut légitimemement
se poser la question :
Ceci crée des différences entre les disciplines : dans le cas des sciences
physiques ou des sciences pour l’ingénieur, la modélisation s’appuie sur des
siècles de pratique et d’expérience ainsi que sur l’existence d’un nombre im-
portant de lois physiques bien établies ; on s’intéresse aussi à des phénomènes
clairement déterministes, les mêmes causes induisants les mêmes effets, iné-
luctablement.
2
plines, on doit mettre en évidence des “lois de comportement” qui s’appuie
souvent sur des méthodes de modélisation “traditionnelles” mais on observe
un peu plus l’intervention d’aspects aléatoires, déjà présent en mécanique
statistique. L’exemple de la mécanique statistique montre bien comment
l’aléatoire peut conduire à des phénomènes déterministes si on a un effet de
moyennisation.
3
ces variables et ces paramètres (lois de comportement) ainsi que des
équations régissant l’évolution des inconnues.
4
numériques : les méthodes numériques peuvent générer des arte fact de cal-
cul n’ayant rien à voir avec la réalité... cela a conduit pendant quelques
années des patients sur le billard parce que l’image ”montrait” une région
suspecte (avec possibilité de tumeur cancéreuse) . Une remarque essentielle :
en général, on teste les méthodes numériques sur des exemples simples puis
on les utilise dans des cas plus complexes. On ne fait jamais confiance à une
méthode numérique les yeux fermés.
La question des limites des modèles est trop souvent négligée par les
utilisateurs et même par les scientifiques eux-mêmes : quelles ont été les
hypothèses utilisées pour élaborer le modèle ? Sont-elles satisfaites dans la
situation considérée ?
Pour d’autres raisons, certains phénomènes ne sont pas non plus prédictibles
5
comme en sciences économiques, où les modèles complexes sont (ou de-
vraient) être utilisés pour mieux comprendre les phénomènes, pour donner
une tendance et pas de manière prédictive ou alors en étant bien conscient
des limites d’un tel modèle.
F = mγ ,
F = −∇U ,
où U est le potentiel. Ceci nous amène à parler d’énergie car si on est dans
le cas d’une force dérivant d’un potentiel, le principe fondamental de la
dynamique nous dit que :
6
et on voit facilement (en dérivant) que :
1
E(t) = m(ẋ(t))2 + U (x(t)) = constante .
2
La quantité constante (“conservé”) E(t) est l’énergie du système, le premier
terme désignant l’énergie cinétique et le second l’énergie potentielle.
x(t) = r exp(iθ(t)) .
On peut faire les calculs soit en repère mobile soit via les nombres complexes :
dans ce dernier cas, on a :
et donc :
θ̈(t)r = −g sin(θ(t)) .
(1). Il est à noter ici que l’on écrit tout dans le repère mobile formé des vecteurs exp(iθ(t))
et i exp(iθ(t)).
7
En normalisant les constantes à 1 (r = g = 1), on a donc une équation
différentielle ordinaire simple :
θ̈(t) = − sin(θ(t)) ,
qui nécessite la connaissance de (par exemple) θ(0), θ̇(0) pour être résolue.
Quelques remarques :
1. Il s’agit d’une équation non linéaire qui n’est pas évidente à résoudre...
2. En multipliant par θ̇(t) et en intégrant, on voit que :
1
(θ̇(t))2 − cos(θ(t)) = constante .
2
On a affaire à un système “conservatif” où l’énergie est préservée, le
premier terme étant, comme ci-dessus, un terme d’énergie cinétique
et le second un terme d’énergie potentielle.
3. Nous avons fait beaucoup d’hypothèses simplificatrices pour arriver
à ce modèle élémentaire : point matériel, absence de frottements (en
pratique, le pendule s’arrête... ici, non), la terre est plate,...etc.
Une attention est toujours portée sur les points d’équilibre, c’est-à-dire
ceux pour lesquels la solution ne bouge pas. Pour le pendule, cela semble
assez évident mais en résolvant θ̇(t) = θ̈(t) = 0 pour tout t, on trouve deux
équilibre : (0, 0) et (π, 0) (modulo 2π).
ḧ(t) = − cos(θ(t))h(t) .
8
Si on utilise la solution d’équilibre θ(t) ≡ 0, on est amené à considérer l’edo
ḧ(t) = −h(t) dont les solutions sont des sin et cos et on conclut à la stabilité.
Par contre, pour la solution d’équilibre θ(t) ≡ π, on est amené à considérer
l’edo ḧ(t) = h(t) dont les solutions sont exp(t) et exp(−t), la première étant
non bornée pour les t > 0.
Un modèle plus général prend en compte un terme de frottement qui
s’oppose au mouvement, par exemple en −αẋ(t). On vérifie facilement que
la nouvelle équation est de la forme :
où, ici, y(t) = (θ(t), θ̇(t)) et f (t, (y1 , y2 )) := (y2 , − sin(y1 )).
Pour simplifier la présentation, on utilisera l’hypothèse simplifiée sui-
vante (f est “globalement lipschitzienne” en y) :
9
dans les méthodes numériques un “rapport qualité - prix ” : précision vs
temps de calcul ou complexité.
Essentiellement il y a deux approches pour calculer les yi qui, dans le
cas de la méthode d’Euler, vont aboutir au même résultat : soit on approche
directement l’EDO par “différences finies” en utilisant une approximation
de la dérivée y 0 (t), soit on intègre l’EDO, se rapprochant ainsi de la preuve
d’existence.
L’approche par “différences finies” consiste à approcher y 0 (ti ) par différences
finies ; par exemple :
y(ti+1 ) − y(ti )
y 0 (ti ) ' .
ti+1 − ti
L’EDO se réécrit alors sous la forme :
y(ti+1 ) − y(ti )
' f (ti , y(ti )) ,
ti+1 − ti
et donc :
y(ti+1 ) ' y(ti ) + (ti+1 − ti )f (ti , y(ti )) .
Ceci suggère que l’on peut calculer les yk via la relation de récurrence :
10
La méthode d’Euler s’écrit alors :
yi+1 = yi + hf (ti , yi ) .
On notera :
ei = y(ti ) − yi ,
l’erreur commise au point ti et :
D’où :
11
Lemme 1. (Lemme de Gronwall discret)
Si (θi )i est une suite de réels positifs qui satisfait :
θi+1 ≤ (1 + A)θi + B ,
exp(iA) − 1
θi ≤ exp(iA)θ0 + B.
A
exp(Lih) − 1
|ei | ≤ exp(Lih)|e0 | + h.ω(h, y 0 ) .
Lh
Mais ih = ti et (a priori) e0 = 0 [ou du moins, e0 est très petit] donc :
exp(Lti ) − 1 exp(LT ) − 1
|ei | ≤ ω(h, y 0 ) ≤ ω(h, y 0 ) .
L L
On vient donc de prouver le :
exp(LT ) − 1
max |ei | ≤ ω(h, y 0 ) .
0≤i≤N L
On donne maintenant la :
Preuve du Lemme de Gronwall discret : On note (ui )i la suite définie
par :
θi
ui = .
(1 + A)i
En divisant la propriété satisfait par la suite (θi )i par (1 + A)i+1 , on voit
que :
B
ui+1 ≤ ui + .
(1 + A)i+1
Une récurrence immédiate montre que :
i−1
X B B 1 − ai
ui ≤ u0 + k+1
= u0 + ,
(1 + A) 1+A 1−a
k=0
1 1+A
= ,
1−a A
12
il en résulte :
1 − ai
ui ≤ u0 + B ,
A
et donc :
(1 + A)i − 1
θi ≤ (1 + A)i u0 + B .
A
Il reste à remarquer que 1 + A ≤ exp(A), ce qui est clair puisque :
A2 An
exp(A) = 1 + A + + ··· + + ··· .
2! n!
D’après les résultats sur les équations différentielles, |y(t)| ≤ D pour une
certaine constante D sur l’intervalle [0, T ] et le premier terme est estimé par
le module de continuité de f sur [0, T ] × B(0, D), noté ωD (·, f ).
Quant au second, par le Théorème des Accroissements Finis :
|y(t) − y(s)| ≤ Mf |t − s| ,
où :
Mf = max |f (t, y)| .
[0,T ]×B(0,D)
Finalement :
ω(h, y 0 ) ≤ ωD (h, f ) + LMf h ,
ce qui donne le résultat suivant qui était notre objectif :
13
Théorème 3. Sous l’hypothèse (GL) :
exp(LT ) − 1
max |ei | ≤ (ωD (h, f ) + LMf h) .
0≤i≤N L
On renvoit à l’appendice pour l’étude générale des méthodes à un pas
qui s’écrivent
yi+1 = yi + hΦ(ti , yi , h)
y0 = y0,h
où Φ est une fonction continue sur [0, T ] × Rn × [0, H], H désignant un pas
de discrétisation maximal.
Nous avons vu dans la deuxième partie que pour calculer une intégrale, on
utilise une formule de quadrature :
Z 1 q
X
ψ(s)ds ' bj ψ(cj ) ,
0 j=0
où c0 < c1 < · · · < cq , ce qui, en prenant ψ(s) = f (ti + sh, y(ti + sh)), nous
donne :
q
X
y(ti+1 ) ' y(ti ) + h bj f (ti,j , y(ti,j )) ,
j=0
où ti,j = ti + cj h. Ceci suggère une méthode que l’on peut écrire :
q
X
yi+1 = yi + h bj ki,j ,
j=0
14
dépendent que des points déjà calculés, c’est-à-dire des yi,k pour k < j. On
a donc :
j−1
X
yi,j = yi + h aj,k f (ti,k , y(ti,k )) ,
k=0
et les yi,j , ainsi que les ki,j , sont calculés de proche en proche.
On résume souvent une méthode de Runge-Kutta grâce à un tableau de
la forme :
c1 a1,1 · · · a1,q
.. .. .
. . · · · ..
cq aq,1 · · · aq,q
b1 · · · bq
Exemples :
• q = 1 : C’est la méthode d’Euler basée sur la méthode des rectangles.
• q = 2 C’est l’exemple de la section précédente, basée sur la méthode des
trapèzes, avec le tableau :
0 0 0
β β 0
1 1
1 − 2β 2β
NB : β = (2α)−1 .
0 0 0 0 0
1/2 1/2 0 0 0
1/2 0 1/2 0 0
1 0 0 1 0
1/6 2/6 2/6 1/6
La méthode s’écrit aussi :
1
Φ(t, y, h) = [k1 + 2k2 + 2k3 + k4 ]
6
15
avec :
k1 = f (t, y)
h h
k2 = f (t + , y + k1 )
2 2
h h
k3 = f (t + , y + k2 )
2 2
k4 = f (t + h, y + hk3 )
La méthode est d’ordre 4 mais il vaut mieux avoir Maple pour le vérifier !
où c est une constante qui prend en compte les différentes masses et la
constante de gravitation g.
(i) Montrer que, si ∧ est le produit vectoriel dans R3 , x(t)∧ ẋ(t) est constant.
En déduire que le mouvement est plan et suit la “loi des aires” (l’aire ba-
layée par le vecteur x(t) pendant l’intervalle de temps [t1 , t2 ] ne dépend que
de t2 − t1 .
(ii) Comme le mouvement est plan, on peut écrire x(t) = r(t) exp(iθ(t)).
Donner les équations satisfaites par r(t) et θ(t) et retrouver la loi des aires.
(iii) On suppose que θ est une fonction strictement croissante de t [on pourra
se demander pourquoi on peut supposer cela]. Si ψ(θ) = t (au moins locale-
ment) et on s’intéresse à u(θ) = [r(ψ(θ))]−1 . Prouver que :
16
Exercice 3. Équation logistique :
Quand on s’intéresse à l’évolution d’une population de taille N (t) à l’instant
t, on doit prendre en compte un taux de natalité n et de mortalité d et
l’équation la plus simple que l’on peut écrire est :
dL(t)
= aL − bLR ,
dt
dR(t)
= −pR + qLR .
dt
où L(t) est le nombre de proies à l’instant t, R(t) le nombre de prédateurs
et a, b, p, q sont des constantes positives.
Les différents termes s’interprètent comme suit :
– AL est la croissance du nombre des proies grâce aux naissances.
– −bLR est sa diminution due aux repas des prédateurs !
– −pR est la diminution du nombre de prédateurs en l’absence de proies.
– Dès qu’il y a présence de proies, le nombre de prédateurs augmente et
ceci d’autant plus vite qu’il y a de proies d’où le terme qLR.
Il s’agit là encore d’un cas modèle car l’étude mathématique de ce système
d’équations n’est pas trop difficile. De plus, on simule facilement (en utili-
sant par exemple la méthode de Runge-Kutta) les évolutions des populations
régies par ces équations à partir d’un quelconque état initial.
17
Étudier ce système en montrant qu’il existe une intégrale première de la
forme :
c1 L(t) + c2 R(t) + c3 log(L(t)) + c4 log(R(t)) ,
en caculant le ou les points d’équilibre et en discutant sa (ou leur) stabilité.
Programmer un schéma d’Euler et un schémas RK4 : que constate-t-on ?
∂T ∂2T
(1) −λ 2 =0 dans R × (0, tmax ) .
∂t ∂x
(on prendra désormais λ = 1/2 pour simplifier).
La première remarque c’est que la modélisation s’appuie effectivement
ici sur des lois de la physique qui existent et sont bien établies.
L’équation ci-dessus revient à peu près à dire que si on connait la température
T à l’instant t, on la calcule à l’instant t + ∆t en moyennant la température
autour de x de la manière suivante :
1h √ √ i
(2) T (x, t + ∆t) ' T (x + ∆t, t) + T (x − ∆t, t) .
2
Ce cas est un exemple modèle car :
18
1. On connait explicitement la solution :
Z +∞
|x − y|2
1
(3) T (x, t) = √ T0 (y) exp − dy .
2π −∞ 2t
pour une certaine constante A > 0, alors la fonction T définie par (3) est
une solution de (1) avec la donnée initiale :
et cette solution est définie sur un intervalle de temps [0, tmax [ avec tmax =
1/(2A). De plus, cette solution est unique dans la classe des solutions qui
croissent au plus en exp(Cx2 ) à l’infini.
Remarque : si t ∈]0, tmax [ avec tmax = 1/(2A), l’intégrale écrite dans la
proposition a bien un sens, d’où le choix de tmax qui est optimal.
Preuve : On va calculer la solution fondamentale de l’équation (1) i.e. la
solution ρ de (1) associée à la donnée initiale suivante :
19
où δ0 est la masse de Dirac centrée en x = 0. On notera ρ(x, t) cette solution.
La solution T sera alors donnée à partir de ρ via la formule :
T (x, t) = ρ(·, t) ∗ T0 (x)
∂ρ
c ∂ ρ̂
(ξ, t) = (ξ, t)
∂t ∂t
2ρ
∂d
(ξ, t) = −ξ 2 ρ̂(ξ, t)
∂x2
d’où : ∂ ρ̂
+ ξ 2 ρ̂ (ξ, t) = 0 dans R × (0, tmax )
∂t
avec :
ρ̂(ξ, 0) = 1 dans R .
Il en résulte de l’intégration de cette équation différentielle en t que :
tξ 2
ρ̂(ξ, t) = exp − dans R × (0, tmax ) .
2
x2
r
2 π
Or la transformée de Fourier de exp(−aξ ) est : exp − , de sorte
a 4a
que l’on obtient une formule explicite pour ρ :
1 x2
ρ(x, t) = √ exp − ,
2πt 2t
puisqu’en effet la transformée de Fourier inverse est :
Z
1
ρ(x, t) = ρ̂(ξ, t)εiξx dξ .
2π R
20
On peut aussi vérifier directement et de manière élémentaire (mais cela de-
mande un peu de travail autour du Théorème de Lebesgue de dérivation sous
le signe somme) que la fonction T donnée dans l’énoncé de la proposition
est bien solution de l’équation (exo !).
Pour l’unicité, on va prouver que l’on a une propriété un peu plus forte :
le Principe du Maximum.
Lemme 2. Si T1 et T2 sont des fonctions régulières (C 2 en x et C 1 en t)
sur R × [0, tmax [ qui satisfont la condition de croissance :
|T1 (x, t)|, |T2 (x, t)| ≤ C exp(Cx2 ) dans R × (0, tmax ) ,
où K1 , K2 > 1 sont des constantes à fixer. Des calculs élémentaires montrent
que, si on choisit K2 > 1 quelconque et K1 assez grand alors :
∂χ 1 ∂ 2 χ
− >0 dans R × (0, τ ] ,
∂t 2 ∂x2
21
pour τ assez petit (typiquement K1 τ = K2 ).
Ce “sup” est en fait un “max” car T (x, t)−αχ(x, t) → −∞ quand |x| → +∞.
Il existe donc (x0 , t0 ) ∈ R × [0, τ ] qui est un point de maximum de T − χ
sur R × [0, τ ].
Se présente alors deux cas :
∂T ∂χ ∂2T ∂2χ
(x0 , t0 ) = α (x0 , t0 ) et (x 0 , t0 ) ≤ α (x0 , t0 ) ,
∂t ∂t ∂x2 ∂x2
mais on aurait alors :
∂T 1 ∂2T ∂χ ∂2χ
0≥ (x0 , t0 ) − (x 0 , t0 ) ≥ α( (x0 , t0 ) − (x0 , t0 )) > 0 ,
∂t 2 ∂x2 ∂t ∂x2
une contradiction.
On est donc toujours dans le premier cas, T (x, t) − αχ(x, t) ≤ 0 dans
R × [0, τ ] pour tout α > 0 et on conclut en faisant tendre α vers 0.
NB : une petite erreur s’est glissée dans le raisonnement ci-dessus : la trou-
ver !
u(x, t) = U (P, T − t) ,
puis :
v(x, t) = exp(Kt)u(x − ct, t) .
22
3.3 Évolution de la température le long d’une barre : étude
numérique
On va s’intéresser à la résolution numérique de :
∂u 1 ∂ 2 u
(7) − =0 dans R × (0, T ) .
∂t 2 ∂x2
xj = j∆x, j ∈ Z,
tn = n∆t, n ∈ {0, 1, · · · , N }, N ∆t = T,
∆t
un+1
j = g(λ, k∆x)unj , avec λ= .
2(∆x)2
Le calcul de g donne :
g(λ, k∆x) = 1 + 2λ cos(k∆x) − 1
k∆x
= 1 − 4λ sin2 .
2
23
Tout d’abord, comme λ ≥ 0, on a bien g(λ, k∆x) ≤ 1. Pour avoir maintenant
g(λ, k∆x) ≥ −1, il est nécessaire d’avoir λ ≤ 1/2, i.e.
∆t
≤ 1,
(∆x)2
c’est la condition de CFL. Il est à noter que cette condition est équivalente à
la monotonie du schéma ; en effet, on peut le réécrire sous la forme suivante :
un+1
j = λunj+1 + λunj−1 + (1 − 2λ)unj
ou encore :
24
Cette propriété peut être obtenue par un argument heuristique de type
principe de maximum. Supposons (unj )j∈Z borné et montrons que :
max |un+1
j | ≤ max |unj | .
j∈Z j∈Z
max un+1
j ≤ max unj ,
j∈Z j∈Z
(ce qui n’est rien d’autre qu’une version “discrète” du fait que la dérivée
seconde est négative au sens large en un point de maximum !) et ainsi :
max un+1
j = un+1
j0 ≤ unj0 ≤ max unj .
j∈Z j∈Z
Il est à noter que cette propriété signifie que le schéma est incondition-
nellement monotone, i.e.
25
Preuve :
(k)
Etape 1 : on traite le cas où u0 est de classe C 4 avec u0 bornées pour
0 ≤ k ≤ 4. On injecte les valeurs de u(j∆x, n∆t) dans le schéma et on utilise
la monotonie pour montrer que :
où C[(∆x)2 + ∆t] est le terme d’erreur que l’on commet à chaque étape en
remplaçant unj par u(j∆x, n∆t), et :
Cn∆t (∆x)2 + ∆t
et la condition de bord :
26
3.7 Équation de la chaleur en domaines bornés
On peut s’intéresser à l’équation de la chaleur dans un domaine borné
(par exemple [0, 1]) :
∂u 1 ∂ 2 u
(9) − =0 dans [0, 1] × (0, T ) .
∂t 2 ∂x2
avec une donnée initiale :
Mais il faut ajouter des conditions aux limites sur les bords de l’intervalle
[0, 1] (ou sur les ensembles {0} × (0, T ) et {1} × (0, T )). Parmi les diverses
conditions existentes, deux jouent un rôle plus importants :
1. Conditions de Dirichlet : u(a, t) = g(t) pour a = 0 et/ou 1. On fixe
donc la température à une extrémité de l’intervalle ou aux deux.
∂u
2. Conditions de Neumann : = h(t). Ici on fixe le flux de chaleur.
∂x
Par exemple, si h ≡ 0, on a une condition d’adiabaticité : aucun flux
de chaleur ne traverse la paroi (isolation parfaite).
Évidemment on peut combiner ces deux types de conditions au limites
en imposant Dirichlet à une extremité et Neumann à l’autre.
u(x, t) = ψ(t)φ(x) .
On a donc :
ψ 0 (t)φ(x) − ψ(t)φ00 (x) = 0 ,
pour tous x et t. Seule possibilité pour obtenir des solutions non triviales :
φ(0) = φ(1) = 0 .
27
Pour ψ, on a ψ(t) = c exp(λt) où c ∈ R et pour φ, on a un problème de type
valeur propre qui conduit à :
λk = k 2 π 2 et φk (x) = sin(kπx) ,
pour k ∈ N∗ .
Phrase compliquée : la théorie des opérateurs compacts dans L2 ([0, 1])
implique que les φk forment une base hilbertienne de L2 ([0, 1]) (l’opérateur
compact est T : L2 ([0, 1]) → L2 ([0, 1]) tel que T (f ) = u où u est l’unique
solution de :
−u00 (x) = f dans (0, 1) ,
avec la condition aux limites :
u(0) = u(1) = 0 .)
et on voit facilement que même si u0 ∈ L2 ([0, 1]) alors u est C ∞ (car ? ? ? ?).
∂2u 2
2∂ u
(12) − c =0 dans R × (0, T ) ,
∂t2 ∂x2
où c > 0. Quelles sont les différences avec l’équation de la chaleur ? Com-
ment s’interprète c ?
28
flux entrant (par le point x − ∆x) et sortant (par le point x + ∆x). Si φ est
ce flux, on a :
Z x+∆x
d
u(y, t)dy = φ(x − ∆x, t) − φ(x + ∆x, t) ,
dt x−∆x
29
Le problème de Riemann est un cas particulièrement intéressant car on
sait calculer l’unique solution entropique pour l’équation de Burgers. C’est
le cas où la donnée initiale est donnée par :
(
v− si x < 0 ,
v(x, 0) =
v + si x ≥ 0 .
On a deux cas :
Si v− > v+ , la solution présente une discontinuité et elle est donnée par :
v+ + v−
t x= t
6 2
v(x, t) = v− v(x, t) = v+
-
x
Si v− < v+ , la solution est continue et elle est donnée par :
t x = v− t x = v+ t
6
v(x, t) = x
t
v(x, t) = v−
v(x, t) = v+
-
x
30
Si v− > v+ , comme le trafic a lieu vers la droite, il y a plus de véhicule en
aval qu’en amont : les véhicules arrivant de l’amont se retrouve donc face
à une concentration de véhicules plus grande devant eux et donc face à un
embouteillage (un “choc”). Au contraire, v− < v+ , il y a plus de véhicule en
amont qu’en aval : les véhicules arrivant de l’amont se retrouve donc face à
une concentration de véhicules plus faible devant eux. La route se dégage,
c’est une “onde de détente”.
Reste à calculer numériquement ces solutions : les trois schémas les plus
classiques se mettent sous forme conservative :
4 Modélisation et optimisation
On se propose ici de traiter un problème particulier sur la composition
chimique d’un mélange de gaz à pression et température données (texte
proposé à l’épreuve de Calcul scientifique de l’agrégation).
Après réaction chimique, un mélange de différents gaz à température T et
pression p fixées doit normalement se trouver à l’équilibre thermodynamique.
31
On suppose que ce mélange est composé de ns espèces chimiques contenant
au total ne types d’atomes différents, que l’on nomme les éléments.
Une mole de l’espèce k est la quantité de matière correspondant à un
nombre de molécules de cette espèce égal au nombre d’Avogadro. On note Nk
le nombre de moles de l’espèce k et on introduit le vecteur N = (N1 , · · · , Nns )
de Rns et si N̄ = N1 + · · · + Nns , on appelle fraction molaire de l’espèce k,
la quantité :
Nk
Xk = .
N̄
Et X = (X1 , · · · , Xns ). À l’équilibre chimique, les Nk et les Xk sont des
inconnues.
(15) N e = N.E = N0 .E ,
32
Il s’agit d’abord de considérer l’existence et l’unicité de la solution. Pour
cela, on se ramène à un théorème classique puisque les Nk satisfont :
33
5 Appendice : Compléments
5.1 Étude générale des méthodes à un pas
T
On conserve, dans cette section, une grille uniforme de pas h = N. Les
méthodes à un pas sont des méthodes de la forme :
yi+1 = yi + hΦ(ti , yi , h)
y0 = y0,h
où Φ est une fonction continue sur [0, T ] × Rn × [0, H], H désignant un pas
de discrétisation maximal.
• STABILITÉ
Définition 2. La méthode à un pas est dite stable s’il existe deux constantes
S1 , S2 telles que, si (ỹi )i est défini par :
ỹi+1 = ỹi + hΦ(ti , ỹi , h) + εi
,
ỹ0 = ỹ0,h
alors :
N
X −1
max |yi − ỹi | ≤ S1 |y0,h − ỹ0,h | + S2 |εi | .
i
i=0
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La dernière condition étant toujours satisfaite en pratique, l’étude de la
convergence des méthodes à un pas se réduit à l’étude de leur consistance
et de leur stabilité, ce qui est plus simple comme on va le voir.
Preuve : Si on note ỹi = y(ti ), on a par définition de εi (juste après la
définition de la consistance) :
Hors, les deux quantités du membre de droite tendent vers 0 quand h tend
vers 0 par consistance, donc le résultat est acquis.
Φ(t, z, 0) = f (t, z) ,
|f (s, y(s)) − Φ(ti , y(ti ), h)| ≤ |f (s, y(s)) − f (ti , y(ti ))|+
|f (ti , y(ti )) − Φ(ti , y(ti ), 0)| + |Φ(ti , y(ti ), 0) − Φ(ti , y(ti ), h)|
Le premier et le troisième terme sont des termes petits (uniformément en i)
par l’uniforme continuité de f , y et Φ ; on les estime par un δ(h) qui tend
vers 0 avec h.
Si le terme du milieu est nul (condition de consistance) alors |εi | ≤ hδ(h)
et Σh ≤ N hδ(h) = T δ(h) → 0 quand h → 0. D’où la consistance.
NB : la condition suffisante se prouve en examinant la preuve d’un peu plus
près : si le terme du milieu n’est pas nul...
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5.1.3 Condition suffisante de stabilité
Théorème 8. La méthode à un pas est stable si Φ(t, z, h) est lipschitzien en
z pour tous t ∈ [0, T ], h ∈ [0, H] avec une constante de lipschitz indépendante
de t et h.
D’où :
θi+1 ≤ θi + h|Φ(ti , yi , h) − Φ(ti , ỹi , h)| + |εi | .
Si Φ est lipschitzienne en sa deuxième variable de constante de lipschitz L̃ :
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Corollaire 1. Si la méthode à un pas est d’ordre p ≥ 1 et si |y(0) − y0,h | ≤
C̃hp alors maxi |yi − y(ti )| ≤ Ĉhp .
∂ [k] ∂
f [k+1] (t, z) = f (t, z) + f (t, z) f [k] (t, z) ,
∂t ∂y
pour k = 0, 1, · · · , p − 1.
La preuve se fait facilement et elle est laissée en exercice (où l’on pourra
aussi réfléchir à la formulation de ce résultat si y est à valeurs dans Rn ).
La condition nécessaire et suffisante pour qu’une méthode à un pas soit
d’ordre p dans R est donnée par le :
Φ(t, z, 0) = f (t, z)
∂Φ 1 [1]
(t, z, 0) = f (t, z)
∂h 2
.. .. ..
. . .
k
∂ Φ 1
(t, z, 0) = f [k] (t, z), k ≤p−1.
∂hk k+1
Dans ce cas :
∂pΦ
1 1
|εi | = hp+1 [p]
f (ti , y(ti )) − (ti , y(ti ), 0) + o(hp+1 ) .
i! p+1 ∂hp
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Par la formule de Taylor, on a :
p
X hk
y(ti+1 ) − y(ti ) = y (k) (ti ) + O(hp+1 )
k!
k=1
p
X hk [k−1]
= f (ti , y(ti )) + O(hp+1 )
k!
k=1
et :
p
X hk ∂ k Φ
Φ(ti , y(ti ), h) = (ti , y(ti ), 0) + o(hp ) .
k! ∂hk
k=0
Il en résulte que :
p
X hk+1 ∂ k Φ
hΦ(ti , y(ti ), h) = (ti , y(ti ), 0) + o(hp+1 )
k! ∂hk
k=0
p+1
X hk ∂ k−1 Φ
= (ti , y(ti ), 0) + o(hp+1 )
(k − 1)! ∂hk−1
k=1
et :
p
∂ k−1 Φ hk
X 1 [k−1]
εi = f (ti , y(ti )) − (ti , y(ti ), 0) + O(hp+1 ) .
k ∂hk−1 (k − 1)!
k=1
Sous les hypothèses du théorème, tous les termes entre crochets sont nuls et
le résultat est acquis.
On peut le préciser avec la formule de Taylor avec reste intégral, ce qui
donne la deuxième partie du théorème.
5.1.5 Exemples
On va chercher la meilleure fonction Φ, c’est-à-dire celle qui donne le
meilleur ordre de convergence, parmi celles qui sont de la forme :
Φ(t, z, 0) = f (t, z) ,
donc si :
a1 f (t, z) + a2 f (t, z) = f (t, z) ,
d’où la première condition a1 + a2 = 1.
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Pour avoir de l’ordre 2, il faut que :
∂Φ 1 1 ∂f ∂f
(t, z, 0) = f [1] (t, z)) = (t, z) + f (t, z) (t, z) .
∂h 2 2 ∂t ∂y
Or :
∂Φ ∂f ∂f
(t, z, h) = a2 p1 (t+p1 h, z+p2 hf (t, z))+a2 p2 f (t, z) (t+p1 h, z+p2 hf (t, z)) .
∂h ∂t ∂y
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