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Échantillon d'arabe dialectal algérien

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Inès Haddad

22002142
L2 arabe littéral

Dossier de collecte d’un échantillon d’arabe dialectal

1. Convention de transcription

‫ا‬ ā ‫د‬ d ‫ك‬ k ‫ض‬ ḍ ou u


‫ب‬ b ‫ذ‬ ḏ ‫ل‬ l ‫ط‬ ṭ - Au
‫ت‬ t ‫ر‬ r ‫م‬ m ‫ظ‬ ẓ dessus
‫ث‬ ṯ ‫ز‬ z ‫ن‬ n ‫ع‬ ‘ des
‫ج‬ j ‫س‬ s ‫ه‬ h ‫غ‬ ġ voyelles
‫ح‬ ḥ ‫ش‬ š ‫و‬ w ‫ف‬ f longues
‫خ‬ x ‫ص‬ ṣ ‫ي‬ y ‫ق‬ q a e
« allongé »

2. Profil sociolinguistique

Cet échantillon de collecte est en arabe algérien. Il a été réalisé auprès d’une jeune femme
étudiante de 18 ans qui parle couramment deux langues, l’arabe algérien qui est sa langue
maternelle ainsi que le français. Elle a donc grandi entre la France et l’Algérie ce qui lui
permet de concilier les deux langues et les deux cultures.
Son langage reflète une forte influence de l’est algérien en particulier de la ville d’Azzaba
située dans la région de Skikda d’où ses parents sont originaires ainsi que par une légère
influence française

3. Transcription

1. Mara ki kunt ‘omri 12 sna kunt fi l’blād fi l jazāir m’a bnāt xalāti kuna nela’bu gedām bāb
dar, dar jedi

2. Kuna nela’bu w mba’d ana xrājt men ura l bāb ḥabit za’ma nšuf xatarmāh keynīn kbāš
ḥdāna

3. W mba’d ḥabit nedxol u kānet l gāyla, kānet bin se’tin w rab’a

4. Ḥabit nedxol l dar bsaḥ ki ḥabit nedxol jit nḥel l bāb ma ḥabatš tetḥel

5. W ana kunt nxaf parceque ki kuna sġar kānet dima tgulālna mama w xalāti kānu igūlūlna
ma toxorjūš fi l gāyla xatar kāyen seraqin yejiw isarqūkam

6. Māla weš dert roḥt rkebt fūg l ḥajra w mba’d ‘adit fūg l portail bāh dxalt l dar

7. U ki dxalt, mama nedbetli parceque gātli « grib mati ‘la jāl bāb ma ḥabātš yetḥel »

8. Ana nẓon beli dāretha makra


Inès Haddad
22002142
L2 arabe littéral

9. Xatar ki kuna sġar kānet dima tġir menī u kuleš xatarmāh kunt kbira ‘liha

10. U kānu xwāli u xalāti iḥabu yahadru m’āya u yešaġlu m’āya

11. Sema belāk dāretha makra besaḥ ma’līš kuna sġar

12. U mba’d ki dxalt saqsitha ‘lāh dāret kima hak

13. Gātli «ma ‘lebeliš » u kuleš

4. Traduction

1. Une fois quand j’étais âgé de 12 ans j’étais au pays en Algérie avec mes cousines on jouait
devant la porte de la maison, la maison de mon grand père

2. On jouait puis je suis sortie derrière la porte je voulais voir parce qu’il y a des moutons à
côté de nous

3. Après je voulais rentrer c’était l’après-midi, il était entre 14h et 16h

4. Je voulais rentrer à la maison mais quand j’ai voulu rentrer j’ai voulu ouvrir la porte mais
elle ne voulait pas s’ouvrir

5. Et moi j’avais peur, quand on était petits ma mère et mes tantes nous disaient tout le
temps « ne sortez pas l’après-midi parce qu’il y a des voleurs qui vont venir vous voler »

6. Et moi qu’est-ce que j’ai fais ? Je suis allé monter sur une pierre puis je suis montée sur le
portail pour rentrer à la maison

7. Quand je suis rentrée ma maman m’a fortement disputée parce que j’ai failli mourir juste
parce que la porte ne voulait pas s’ouvrir

8. Moi je pense qu’elle l’a fait exprès

9. Parce que quand nous étions petites elle était tout le temps jalouse de moi et tout parce
que j’étais plus âgée qu’elle

10. Et mes oncles et mes tantes aimaient parler et discuter avec moi

11. Donc peut être qu’elle l’a fait exprès mais ce n’est pas grave nous étions petites

12. Et après quand je suis rentrée je lui ai demandé pourquoi elle a fait ça

13. Elle m’a dit « je ne sais pas » et tout


Inès Haddad
22002142
L2 arabe littéral

Commentaire linguistique

I. Phonétique et phonologie
1. Consonnes

Nous commençons notre étude par la réalisation du q/g


On constate qu’il y a une prédominance du g qui est tout le temps utilisé : « gadām » (L.1),
« tgūlālna » « igūlūlna » « gāyla » (L.5), « fūg » (L.6), « gātli » « grib » (L.7), « gātli » (L.13)
Tant dis que le q est utilisé uniquement 3 fois durant tout l’échantillon : « seraqin »
« isarqūkam » (L.5) et « saqsitha » (L.12)

Mais il y a aussi une légère réalisation du q qu’on peut relever « seraqin » « isarqukam » (L.5)
« saqsitha » (L.12)

On observe que la consonne « t » a tendance à être légèrement prononcé en « tš »

Toutes les consonnes utilisées sont dentales, il n’y en a aucune qui est interdentale

2. Voyelles

Il y a beaucoup de voyelles longues marquées par un trait au-dessus des lettres qui sont
utilisées : « blād » « l jazāir » « bnāt » « gedām »(L.1), « bāb » (L.1/4), « xalāti » (L.1/5/10),
« xrājt » (L.2), « gāyla » (L.3/5), « xatarmāh » « keynīn » « kbāš » « ḥdāna » (L.2), « kānet »
(L.3/5/9), « igūlūlna » « toxorjūš » « kāyen » « isarqūkam » « kānu » (L.5/10), « Māla « fūg »
« bāh » (L.6), « gātli » (L.7/13), « dāretha » (L.8), « xatarmāh » (L.9), « xwāli » « m’āya »
(L.10), « belāk » « dāretha » « ma’līš » (L.11), « ‘lāh » « dāret » (L.12) il y a également
beaucoup de voyelles brèves en a comme « dxalt »(L.7), u comme « ura» (l.2), i « ḥabit »
(L.3), e comme « rkebt » (L.6)

II. Morphologie
1. Morphologie verbale

L’interlocutrice utilise le passé pour raconter son histoire


La première personne est formée avec l’adjonction d’un t à la fin des verbes comme « kūnt »
(L.1/5), « xrājt » (L2), « ḥabit » (L.2/3/4), « jit » (L.4), « dert » « roḥt » « rkebt » « ‘adit » (L.6)
« dxalt » (L.6/7)

La deuxième personne n’est pas exprimée dans cet échantillon

La troisième personne du féminin est marquée par une préfixation du et comme « kānet »
(L.3/9), « dāret » au passé (L.12).
Inès Haddad
22002142
L2 arabe littéral

Elle est aussi marquée par le a comme avec « ‘liha » (L.9) qui signifie littéralement par
rapport à elle mais dans le contexte cela signifie uniquement que-elle.
Si l’interlocutrice nous parlait d’un homme elle aurait dit « ‘lih » et au pluriel « ‘lihum »

La première personne du pluriel est marquée par la suffixation d’un na « kūna » (L.1/2),
ḥdāna (L.2), « tgulālna » « igūlūlna »

La deuxième personne du pluriel est marquée par la suffixation d’un am « isarqūkam » (L.5)

La troisième personne est exprimée par la suffixation du ū comme « kānū » « iḥabū »


« yahadru » « yešaġlu » (L.10)

Le « ha » renvoie le verbe directement à une action ou à un sujet « dāretha » (L.8/11) qui


signifie elle l’a fait et renvoie donc à l’action d’avoir enfermé dehors l’interlocutrice.
« saqsitha » (L.12) qui signifie je lui ai demandé le ha ici renvoie l’action demander de la part
de l’interlocutrice au sujet qui est donc la personne qui l’a enfermée dehors

L’interlocutrice nous parle de quelque chose qu’elle a vécue dans le passé nous avons donc
presque uniquement que des verbes à l’accompli. Cependant j’ai pu relever 2 verbes à
l’inaccompli : « tgūlālna » (L.5) qui signifie elle nous dit et « igūlūlna » (L.5) qui signifie ils
nous disent sous-entendu qu’elles avaient l’habitude de dire ces choses.

2. Morphologie nominale

On relève que parmi les pronoms personnels indépendants nous avons « ana » (L.2/5/8)
pour la première personne du singulier

Nous avons également des pronoms suffixes comme pour la première personne du singulier
avec i « meni » (L.9). Elle permet également de comprendre qu’une action a été faites envers
nous comme « nedbedtli » « mati » (L.7), « gātli » (L.7/13)

3. Syntaxe

La possession s’exprime par la suffixation d’un i comme par exemple «xalati» (L.1/5/10)
« xwāli » (L.10) dans l’échantillon pour designer respectivement ses tantes et ses oncles

La négation est exprimée par ma + š : « ma ḥabātš » (L.4/7) qui signifie elle ne voulait pas,
ma toxorjūš (L.5) qui signifie ne sortez pas « ma ‘lebāliš » (L.13) qui signifie je ne sais pas. Elle
est donc exprimée de manière discontinue

On relève la proposition « fi » qui indique la localisation « fi l blād fi l jazāir » au pays en


Algérie (L.1) mais aussi le temps « fi l gāyla » dans l’après-midi (L.5)

La particule « bāh » (L.6) marque le but ici souligner la volonté de rentrer chez elle
Inès Haddad
22002142
L2 arabe littéral

4. Lexique

On observe quelques emprunts au français notamment avec le mot « parce que » qui a été
employé deux fois (L.5 et 7) et le mot « portail » (L.6)

On note également qu’en Algérie « gāyla » désigne l’après-midi entre 12h et 16h aux heures
les plus chaudes de la journée où les habitants sont contraints d’arrêter toute activité
extérieure et se mettent à l’ombre. La plupart font la sieste à cette heure-ci et c’est d’ailleurs
pour cela que la sieste se dit « tagyāl »
Il y a donc des mots de temps spécifiques

On y voit une forte influence de l’arabe littéraire qui ont donnés des dérivés comme « grib »
(L.7) qui vient de « qarib », « gātli » (L.7/13) qui vient de « qalat li » ou encore « dxalt »
(L.6/7/12) qui vient de « daxaltu » on constate donc que certaines voyelles sont donc omises
et caractérisent donc la provenance du dialecte

Je vous joins ci-dessous l’enregistrement si besoin :

Partie 1 Partie 2

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