Techniques OFDM et MCM modernes
Techniques OFDM et MCM modernes
20151
Georges Rodriguez-Guisantes
Dépt. COMELEC
1
Dernière mise à jour : janvier 2015
OFDM.
L’OFDM.
I Introduction
bandonnées depuis très longtemps, à cause de la complexité de leur mise
A en oeuvre, les techniques multiporteuses (Multi Carrier Modulation,
MCM dans la suite) sont devenues le choix stratégique de plusieurs systèmes
numériques modernes. Les propriétés spectrales, ainsi que les débits de
transmission très élevés, les rendent particulièrement intéressantes pour les
systèmes de communication wireless .
À la base l’idée de la transmission multiporteuse est très simple : on
divise le flux de bits de source en plusieurs sous-flux, et on envoie chaque
sous-flux dans un canal différent. Les sous-canaux de transmission utilisent
de signaux orthogonaux, lesquels, sous une condition de canal idéal, peuvent
être facilement récupérés en réception. La largeur de bande de chaque sous-
canal est beaucoup plus petite de la largeur de bande totale disponible et en
conséquence le débit de transmission dans chaque sous-canal, est plus faible
que le débit total. Le nombre de sous-canaux est choisi de sorte qu’il soit
plus petit que la bande de cohérence du canal : chaque sous-canal est soumis
à un flat fading . Ainsi l’interférence entre symboles dans chaque sous-canal
est faible. Les sous-canaux ne sont pas nécessairement contigüs, donc on
peut récupérer des « bouts » de spectre éliminant le besoin d’une trop large
bande. Aujourd’hui la MCM peut être totalement réalisée en numérique
grâce aux algorithmes de transformée discrète de Fourier (DFT), qui sont à
l’origine de l’OFDM .
Les techniques MCM ne sont pas nouvelles. Utilisées pour des applica-
tions militaires en HF à la fin des années 50, début des 60 (une référence).
Début des années 90[?], on les retrouve dans plusieurs systèmes câblés et
wireless : le DAB et le DVB en Europe[?][?], l’ADSL[?] et plus récemment
dans les systèmes de réseaux locaux sans fil WLAN[?][?].
Résumé historique à suivre...
2
OFDM.
c’est à dire que nous sommes en présence d’un fading sélectif en fréquence.
Décomposons le système en N sous-systèmes en parallèle, chacun d’entre
eux, linéairement modulés sur une bande passante,
B
BN = ,
N
transporte un débit,
D
DN = .
N
Pour un N suffisament grand, on aura :
BN Bc ,
3
OFDM.
B = N.BN
i=0
fi = f0 + iBN .
B = N (1 + β + ξ)BN .
4
OFDM.
5
OFDM.
Exemple 1 Soit un système MCM avec TN = 0.1 ms, qui fonctionne avec N = 256.
On utilise un filtre de mise en forme en bande de base en cosinus surélevé avec
β = 0.22. Pour asurer une impulsion limitée en temps on élargit la bande d’un excès
de rolloff ξ = 0.05. La largeur de bande totale vaut :
6
OFDM.
• Egalisation de fréquences
• Précodage
• Charge adaptive
7
OFDM.
B Égalization de fréquences
L’égalisation de fréquences consiste tout simplement à inverser l’atténuation
αi du i-ème sous-canal au récepteur. Cette technique nécessite la connaissance
du canal au récepteur. Plus ponctuellement, si on estime l’atténuation du
canal αi , alors on multiplie le signal reçu par 1/αi . Ainsi on restitue la
puissance du signal à sa valeur
αi2 Pi
= Pi .
αi2
Malheureusement, le bruit en réception et aussi multiplié par le facteur 1/αi ,
ce qui résulte :
N0 Bn
,
αi2
d’où le rapport SNR après égalisation,
αi Pi
SN R = ,
N0 BN
et donc l’égalisation n’améliore pas la performance du système. Cette
technique est à l’origine du précodage.
C Précodage
Si on dispose de l’information de l’état du canal à l’émetteur, on peux inverser
le canal avant transmission. Si l’atténuation du i-ème sous-canal est αi , alors
on « amplifie » la puissance de ce sous-canal d’un facteur 1/αi . Ceci assure
que la puissance du signal après réception sera Pi . Puisque l’égalisation a
eu lieu en émission, le bruit en réception reste N0 BN , d’où l’intérêt de la
technique. Le précodage est utilisé régulièrement dans les système MCM sur
lignes filaires DSL. Cette technique présente des points faibles importants : le
premier est la mauvaise gestion de l’énergie en émission, puisque la puisance
totale émise peut être très importante pour compenser les évanouissements
forts, et le deuxième point faible est qu’elle nécessite d’une bonne estimation
du canal en transmmission, estimation qui est très difficile d’obtenir en cas
de dynamique rapide du canal.
D Charge adaptive
L’idée de la charge adaptive, consiste à changer la puissance et le débit
sur chaque sous-canal en fonction de l’état du canal. En utilisant plusieurs
modulations de type M-QAM on pourra maximiser le débit total transmis
en fonction des coefficients αi du canal. La capacité du canal d’un système
MCM vaut :
N −1
!
α 2 Pi
CMCM = max BN log2 1+ i
X
.
N0 BN
P
Pi | Pi =P i=0
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OFDM.
γi
CMCM = BN log2
X
.
i|γi ≥γ0
γ0
où
−1.5
K= ,
log(5Pb )
Pb étant la probabilité d’erreur par bit cible dans chaque sous-canal.
Une optimisation par rapport à l’allocation des puissance donne un résultat
semblable :
(
1 1
KPi − γi ≥ γK
= γK γi
P 0 γi < γK
avec le taux de transmission correspondant :
γi
R= BN log2
X
,
i|γi ≥γK
γK
IV L’OFDM
Les techniques MCM furent découvertes en 1950, mais malheureusement la
complexité des modulateurs/démodulateurs en parfaite orthogonalité pour
chaque sous-canal, rendirent la méthode sans intérêt. Il faudra attendre
9
OFDM.
une vingtaine d’années pour que les circuits de traitement soient capables
de réaliser des transformées discrètes de Fourier de façon efficace et à bas
coût. L’usage de la DFT rendit les techniques MCM simples à engendrer
et surtout à démoduler. La suite présente une approche constructive des
MCM selon ce principe, ce qui depuis est connu sous le nom de Orthogonal
Frequency Division Multiplexing, ou plus simplement OFDM .
(n − k)N = (n − k) mod N.
10
OFDM.
Y (i) Y (i)
x(n) → X(i) → H(i) → Y (i) = X(i).H(i) → X(i) = → x(n) = IDFT .
H(i) X(i)
B Le préfixe cyclique
Considérons une séquence x(n) d’échantillons à l’entrée du canal de longueur
N . La réponse impulsionnelle du canal a une longueur µ + 1 échantillons où :
Tm
µ+1= ,
Te
Tm le delay spread du canal et Te l’intervalle d’échantillonnage. La séquence,
x̃(n) ={pc|x(n)} =
.
={x(N − µ) x(N − µ + 1) x(N − µ + 2) . . . x(N − 1) .. x(0) x(1) x(2) . . . x(N − 1)}.
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OFDM.
Il résulte :
x̃(−µ) = x(N − µ)
x̃(−µ + 1) = x(N − µ + 1)
.. ..
. = .
x̃(−1) = x(N − 1)
x̃(0) = x(0)
x̃(1) = x(1)
.. ..
. = .
x̃(N − 1) = x(N − 1)
Il est intéressant de remarquer à partir de cette définition que :
x̃(n) = x(n)N − µ ≤ n ≤ N − 1.
Cette propriété n’a rien de surprenant, elle résulte de la façon comment
la séquence étendue a été construite. Le figure 6 représente la façon de
construire cette séquence étendue.
12
OFDM.
C L’OFDM
La figure 7 représente un modulateur OFDM .
13
OFDM.
14
OFDM.
Y (i)
X(i) = .
H(i)
D Le PAPR
L’OFDM impose des contraintes de linéarité très strictes au modulateur. La
figure 9 représente une fonction de transfert “classique” d’un amplificateur
de puissance radio. On distingue deux régions de fonctionnement :
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OFDM.
maxt |x(t)|2
PAPR , h i .
E |x(t)|2
P rob[P AR ≥ P0 ] = 1 − (1 − e−P0 )N .
Considérons N variables x(n) gaussiennes indépendantes de moyenne
nulle et puissance 1.
h i −1
h 1 NX i
EN |x(n)|2
=E |x(i)|2 .
N i=0
−1 −1 −1
h i 1 h NX i 1 NX h i 1 NX N
EN |x(n)|2 = E |x(i)|2 = E |x(i)|2 = 1= = 1.
N i=0
N i=0 N i=0 N
maxt |x(t)|2 N
PAR , i = = N.
1
h
E |x(t)|2
16
OFDM.
ZTN
TN (1 − e−j2π(δ+m) )
Im = xi (t).x∗i+m (t) dt = .
j2π(m + δ)
0
17
OFDM.
ICIi =
X
|Im |2 ' k.(TN δ)2 ,
m6=i
xN −1
x
N −2
.
yN −1 νN −1
0 0 ... 0 ..
y h0 h1 h2 . . . hµ−1 hµ
N −2 νN −2
0 h0 h1 h2 . . . hµ−1 hµ 0 ... 0
. x2 .
..
0 x1 + ..
= 0 0 h0 h1 h2 . . . hµ−1 hµ . . .
y2 .. .. .. .. x ν2
. . . .
0
y1 x
ν1
0 0 0
... h0 h1 h2 . . . hµ N −1
y0 } .. ν0
. | {z }
| {z
H̃ ((N +µ)×N )
| {z }
ȳ (N ×1) ν̄ N ×1
xN −µ
| {z }
¯ (N +µ)×1)
x̃
¯ + ν̄,
ȳ = H̃ x̃
avec dimensions respectives :
ȳ = N × 1,
18
OFDM.
H̃ = (N + µ) × N,
¯ = (N + µ) × 1,
x̃
et
ν̄ = N × 1.
¯ sont “ redondantes” , la matrice
Vu que les µ dernières composantes de x̃
H̃, peut être écrite sous une forme plus compacte :
0 0 ... 0
h0 h1 h2 . . . hµ−1 hµ
0 h0 h1 h2 . . . hµ−1 hµ 0 ... 0
0 0 h0 h1 h2 . . . hµ−1 hµ . . . 0
.. .. .. ..
. . . .
0
H= 0 0
... h0 h1 h2 . . . hµ
h
µ 0 ... 0 h0 h1 h2 . . . hµ−1
hµ−1 hµ ... 0 h0 h1 h2 . . . hµ−2
.. .. .. ..
. . . .
h1 h2 ... 0 h0 0 0 . . . h0
| {z }
H (N ×N )
ȳ = H x̄ + ν̄,
cette fois-ci avec dimensions respectives :
ȳ = N × 1,
H = N × N,
x̄ = N × 1,
et
ν̄ = N × 1.
L’insertion du préfixe cyclique transforme la matrice H du canal en
matrice carré qui a la propriété d’être circulante sur les N échantillons de x̄.
Issue de la réponse du canal, H est normale :
HH .H = H.HH ,
où Hreprésente l’opérateur conjugué-transposé (opérateur hermitien).
On peut décomposer H en SVD :
H = M Λ MH ,
19
OFDM.
X̄ = Q.x̄,
avec
1 1 1 1
...
1 N −1
WN WN2 . . . WN
2(N −1)
Q = 1 WN2 WN4
. . . WN
. .. .. ..
..
. . .
2(N −1) (N −1)2
1 WNN −1 WN . . . WN
où on a défini :
2π
WN = e−j N .
Q vérifie la propriété :
Q−1 = QH
En vu de cette propriété, on conclut que :
x̄ = Q−1 X̄ = QH X̄.
Ces propriétés de la DFT conduisent à la conclusion suivante :
soit λ une valeur propre de H et soit v̄ le vesteur propre associé.
H.v̄ = λ.v̄.
La matrice unitaire M est formée par les valeurs propres de H. Si m̄i est
la ième colonne de M, alors,
H.m̄i = λi .m̄i .
En annexe on démontre que les colonnes de QH sont les vecteurs propres
de H, d’où :
Q = MH (QH = M).
La transformation discrète de Fourier représente une base propre d’un
système linéaire et en conséquece on peut établir :
20
OFDM.
Ȳ = Q.ȳ = MH .ȳ.
Vu que,
ȳ = H x̄ + ν̄ = ȳ = H QH X̄ + ν̄,
il résulte :
Ȳ = MH {H QH X̄ + ν̄}
= MH {M Λ MH QH X̄ + ν̄}
= MH M Λ MH M X̄ + MH ν̄
= Λ X̄ + MH ν̄
= Λ X̄ + ν̄Q ,
où on a défini,
ν̄Q = MH ν̄.
Puisque MH est une matrice unitaire, alors ν̄Q = MH ν̄ = Qν̄, a la même
corrélation que ν̄.
Ceci permet d’aboutir à la conclusion suivante (très importante) :
21
OFDM.
Annexes
B Codage vectoriel
Les propriétés de la DFT ont induit la décomposition en valeurs singulières
dnas le domaine transformé. On aurait pu directement décomposer la matrice
H du canal en SVD pour obtenir :
H = UΣVH ,
où U et V sont des matrices unitaires, et Σ et une matrice diagonale
contenants les valeurs propres de H. Les valeurs de la diagonale de Σ
dépendent de ceux de HHH selon :
σi =
p
λi ,
avec λi la ième valeur propre de HHH . Vu que H est de rang N , il y
a donc N valeurs propres σi . Cette décomposition suggère le traitement
suivant au vecteur de données X̄ :
X̄ = (X0 X1 X2 . . . XN −1 XN XN +1 . . . XN −1+µ ).
| {z }
µ 0 00
x̄ = V.X̄.
En définissant,
Ȳ = UH .ȳ,
Ȳ = UH .ȳ
= UH .(H.x̄ + ν)
= UH .(U.Σ.VH .x̄ + ν)
= UH .(U.Σ.VH .VX̄ + ν)
= Σ X̄ + UH ν̄
Ȳ = Σ X̄ + ν̄U ,
où on a défini,
ν̄U = UH ν̄.
22
OFDM.
23
OFDM.
Exercices
Exercice No 1 -
24