Épreuves de Mathématiques 2023
Épreuves de Mathématiques 2023
Épreuve de mathématiques
Durée : 4h
n
hn = n 1
·
X
k=1 ak
X
L’objet de l’exercice
X est de prouver la convergence de la série h n et de comparer sa somme
à celle de la série a n .
1. Un premier exemple
1
On pose, dans cette question, pour tout entier naturel n non nul, a n = ·
n(n + 1)
X +∞
X
(a) Montrer que la série a n converge et déterminer la somme an .
n=1
(b) i. Calculer, pour tout entier naturel n non nul, la valeur de h n .
X +∞
X
ii. Établir la convergence de la série h n et déterminer la somme hn .
n=1
2. Un second exemple
Soit q un réel de ]0, 1[. On pose, pour tout entier naturel n non nul, a n = q n−1 .
+∞
X
(a) Indiquer la valeur de la somme a n et pour tout entier naturel n non nul, la
n=1
valeur de h n .
X +∞
X 1
(b) Établir la convergence de la série h n et prouver la majoration : hn ⩽ ·
n=1 (1 − q)2
1 1 +∞
X
4. Prouver, pour tout entier naturel k non nul, l’inégalité : 2
⩽ 2·
n=k n(n + 1) 2k
1 +∞
X 1
On s’intéressera à la monotonie de la suite de terme général u k = 2 − 2
·
2k n=k n(n + 1)
p
X p
X
(c) Prouver, pour tout entier naturel p non nul, l’inégalité : hn ⩽ 2 ak ·
n=1 k=1
X +∞
X +∞
X
(d) En déduire la convergence de la série h n et l’inégalité : hn ⩽ 2 an .
n=1 n=1
6. Soit C un réel strictement positif tel que, pour tout élément (a n )n∈N∗ de E , on a
+∞
X +∞
X
hn ⩽ C an .
n=1 n=1
+∞
X n +∞
X 1 π2
(a) Prouver l’inégalité : α+1
⩾ α
− ·
n=1 (n + 1) n=1 n 6
n
(b) Prouver, pour tout entier naturel n non nul, l’inégalité : h n ⩾ (α + 1) ·
(n + 1)α+1
+∞
X1
(c) Prouver l’égalité : lim = +∞.
α→1 n=1 n α
>
7. On suppose qu’il existe un réel K > 0 tel que, pour toute suite (a n )n∈N∗ à termes réels
X +∞
X +∞
X
strictement positifs dont la série a n converge, on a an ⩽ K hn .
n=1 n=1
et n o
V (ω) = min k ∈ J1, N K ; X (ω) ̸= k, Y (ω) ̸= k et Z (ω) ̸= k .
1. (a) Quelles sont les valeurs que peut prendre la variable aléatoire U ?
∆(P )(X ) = P (X + 1) − P (X ).
n
2. Soit n ∈ N et P := ak X k .
X
k=0
Prouver, pour tout entier naturel m, l’égalité :
à !
m m
m m− j
∆ (P )(X ) =
X
(−1) P (X + j ).
j =0 j
5. Soit (n, N ) ∈ N × N∗ .
n
\
On pose, pour tout entier p ∈ J1, n K, A p = [X i ̸= p].
i =1
4. Calcul de l’espérance de T
Soit (N , n) ∈ N2 avec 1 ⩽ n < N .
On note L 2 l’ensemble
Z +∞ des applications u de dans R R, continues sur R et telles que
¡ ¢2 −x 2
l’intégrale généralisée u(x) e dx converge.
−∞
R R
On note R le -espace vectoriel des applications polynomiales de dans , qu’on peut R
R
confondre avec les polynômes de [X ] pour en définir les coefficients et le degré (égal à −∞
pour la fonction nulle).
N R
Pour tout n ∈ , on note R n le -espace vectoriel des applications polynomiales de R
R
dans , de degré inférieur ou égal à n.
1. Justifier que f est de classe C ∞ sur R2 et que son seul point critique est l’origine (0, 0).
La fonction f admet-elle un extremum local en ce point ?
R2 tels que x4 + y 2 ≤ 1 .
2
2. On note K l’ensemble des éléments (x, y) de
R
b) Soit (x, y) ∈ 2 tel que
x2
4
+ y 2 = 1.
(
x = 2 cos t
Justifier qu’il existe un réel t tel que, pour cette valeur de t , et :
y = sin t
p π
2x y − x 2 = 2 2 sin(2t − ) − 2 .
4
R
3. Justifier que, pour tout x ∈ , la fonction y 7−→ f (x, y) est développable en série en-
R
tière sur et en donner le développement en série entière.
∀x ∈ R, 2
Hn (x) = (−1)n ex w (n) (x)
où w (n) désigne la dérivée n-ième de w.
En particulier : H0 (x) = 1 .
6. a) Justifier que, pour tout y ∈ R, la fonction x 7−→ f (x, y) est développable en série
R
entière sur .
R2, établir l’égalité :
+∞
X Hn (y) n
b) Pour tout (x, y) ∈ f (x, y) = x .
n=0 n!
Z +∞ 2
1. a) Justifier que, pour tout (u, v) ∈ L 2 2 , l’intégrale u(x)v(x)e−x dx converge.
−∞
b) Justifier que L 2 est un R-espace vectoriel et que l’application (.|.) est un pro-
duit scalaire sur L 2 .
On note ||.|| la norme sur L 2 associée au produit scalaire (.|.), définie par :
p
∀ u ∈ L 2 , ||u|| = (u|u) .
a) Justifier l’égalité :
L2 = P ⊕ I . (1)
N
nR ¢2 o
+∞ ¡ 2
c) Pour tout u ∈ I et tout n ∈ ∗ , calculer min −∞ u(x) − P (x) e−x dx ; P ∈ P n .
3. On note K l’ensemble des fonctions de L 2 qui sont nulles hors d’un segment inclus
dans l’intervalle ouvert ]0, +∞[ :
c) Justifier que si la fonction u est paire, alors il existe un élément v de K tel que :
(
v(x) si x ≥ 0
||u − v p ||2 ≤ 2 ε où v p (x) = ·
v(−x) si x < 0
(P ′ |Q ′ ) = (g (P )|Q) − (P |Q) .
3. Soit n ∈ . N
a) Montrer : ∀ P ∈ Rn , g (P ) ∈ R n .
∀P ∈ R n , g n (P ) = g (P ).
b) Justifier que, pour tout n ∈ N∗ , la famille (H0 , . . . , Hn ) est une base orthogonale
de R n .
X (u|Hn )2
c) En déduire, pour tout u ∈ L 2 , la convergence de la série 2
et l’inéga-
n≥0 ∥ Hn ∥
lité :
+∞ (u|Hn )2 +∞ ¡
Z
¢2 2
u(x) e−x dx
X
≤ . (2)
n=0 ∥ Hn ∥2 −∞
b) En déduire une suite de polynômes (Q 2,n )n∈N telle que la suite des
R
fonctions x 7−→ Q 2,n (x)e−x converge uniformément sur + vers la fonction e 2 .
c) Démontrer par récurrence que, pour tout entier p supérieur ou égal à 2, il existe
une suite de polynômes (Q p,n )n∈N telle que la suite des fonctions x 7−→ Q p,n (x)e−x
R
converge uniformément sur + vers la fonction e p .
n (−1)k (p + 1)k
x ³X ´
k
On pourra utiliser les fonctions polynomiales x 7−→ Q p,n ( ) x .
2 k=0 k! 2k
d) En déduire que, pour toute fonction polynomiale P , il existe une suite (Q n )n∈N
d’éléments de R telle que la suite des fonctions x 7−→ Q n (x)e−x converge uniformé-
R
ment sur + vers la fonction x 7−→ P (e−x ).
∀ x ≥ 0, |v(x) − P (e−x )| ≤ ε .
Pour tout réel ε > 0, justifier l’existence de deux polynômes Q et R vérifiant les inéga-
lités
x 2 ¢2 −x 2
Z
+∞ ¡ Z +∞
2 −x 2 /2
ε
w p (x) −Q( ) e dx ≤ e dx
4
−∞
−∞
·
Z +∞ 2 ¢ Z +∞
x 2 2 2
w i (x) − x R( ) e−x dx ≤ ε2 x 2 e−x /2 dx
¡
−∞ 4 −∞
Pour parvenir à la seconde inégalité, on pourra, en lieu et place de v, utiliser la fonction
p
w(2p t ) e−t si t > 0
t 7−→ 2 t .
0 sinon
d) Soit η > 0.
∥ wp − Pp ∥ ≤ η
∥ wi − Pi ∥ ≤ η .
b) Justifier l’égalité :
n (u|H )
X k
lim ∥ u − H ∥=0.
2 k
n→+∞
k=0 ∥ H k ∥
c) Justifier que l’inégalité (2) démontrée en question 4 est en fait une égalité :
+∞ (u|Hn )2 +∞ ¡
Z
¢2 2
u(x) e−x dx
X
= . (3)
n=0 ∥ Hn ∥2 −∞
• Toutes les variables aléatoires considérées dans ce sujet seront définies sur le même
espace probabilisé (Ω, A , P).
• Soient (A i )i ∈N une suite d’éléments de A . On a
à !
P P(A i ).
[ X
Ai ≤
i ∈N i ∈N
A \ B := {x ∈ E | x ∈ A et x ∉ B }.
X xi
ex = .
i ∈N i !
Z1
X
Z2 := X i ,1 si Z1 > 0.
i =1
Le processus {Zn ; n ∈ N} ainsi construit est connu sous le nom de processus de Galton-
Watson. L’objectif de ce problème est d’étudier la probabilité d’extinction
de la population de bactéries.
Nous allons dans un premier temps calculer la probabilité d’extinction dans des cas simples.
Dans toute la suite de ce problème, pour tout n ∈ N, on notera πn la probabilité que la popu-
lation soit éteinte à la génération n. On a donc πn = P([Zn = 0]).
2) Montrer que (πn )n∈N est une suite croissante et en déduire qu’elle converge vers une
limite finie.
3) On introduit les événements B 1 = [Z1 = 0] et {B i := [Zi = 0] \ [Zi −1 = 0]; i ≥ 2}. Montrer
que pour n ∈ N \ {0},
n
πn = P(B i ).
X
i =1
Pour déterminer la probabilité d’extinction, on doit étudier la fonction génératrice des proba-
bilités de la variable aléatoire X modélisant le nombre de descendants d’une bactérie. Cette
fonction est définie pour tout s ∈ [0, 1] par G X (s) := E(s X ).
On admettra que la fonction G X est indéfiniment dérivable sur ]0, 1[. Pour tout j ∈ N \ {0}, la
dérivée d’ordre j est donnée par
(j) X (j)
G X (s) = a k f k (s), s ∈]0, 1[.
k∈N
11) Que faut-il imposer sur la valeur de p 0 pour assurer que G X est strictement crois-
sante sur ]0, 1[ ?
12) Montrer que si p 0 + p 1 < 1 alors G X est strictement convexe.
13) Montrer que pour tout n ≥ 2, la variable aléatoire Zn−1 est indépendante des va-
riables aléatoires {X i ,n−1 ; i ≥ 1}.
14) En utilisant la question précédente ainsi que la formule des espérances totales, mon-
trer que pour tout n ≥ 1 et s ∈ [0, 1] on a G Zn (s) = G Zn−1 (G X (s)).
15) Montrer par récurrence que pour n ≥ 1 et s ∈ [0, 1] on a G Zn (s) = G X (G Zn−1 (s)). En
déduire que πn = G X (πn−1 ).
16) En utilisant la question 4), montrer que π = G X π .
¡ ¢
G X (1) −G X (1 − ε)
G (1)
X (1) = lim .
ε→0+ ε
21) Utiliser les résultats de la question 20) pour montrer le résultat suivant.
24) Montrer par récurrence que pour tout n ≥ 1 on a E(Zn ) = µn = [E(X )]n (Aide : utiliser
la formule des espérances totales).
25) En déduire que P(τ ≥ n) ≤ µn .
k ¯¯
−λ λ ¯
¯
¯P([Tn = k]) − e
X¯
lim ¯ = 0.
n→∞
k∈N k! ¯
En d’autres termes, la loi binomiale de paramètres n et λ/n peut être approchée pour n suf-
fisamment grand par une loi de Poisson de paramètre λ.
duit tout d’abord le couple aléatoire (X , Y ) : (Ω, A , P) → (N2 , P (N2 )) tel que, pour p ∈]0, 1[,
e−p − p + pe−p si i = j = 0,
p − pe−p
si i = 0 et j = 1,
P([X = i ] ∩ [Y = j ]) =
pe−p si i = j = 1,
−p i
e p /i ! si i ≥ 2 et j = 0
On introduit à présent les n ∈ N\{0} couples aléatoires {(X i , Yi ), i = 1, · · · , n} que l’on suppose
indépendants et de même loi que le couple aléatoire (X , Y ) introduit en début d’exercice. On
pose
n
X n
X
S n := X i et Tn := Yi .
i =1 i =1
8) Quelle est la loi suivie par la variable aléatoire S n ? Même question pour la variable
aléatoire Tn .
9) En utilisant le fait que si X i = Yi pour tout i = 1, · · · , n alors S n = Tn , montrer que
n
[
[S n ̸= Tn ] ⊂ [X i ̸= Yi ].
i =1
Épreuve de français
Durée : 2h
Ce texte doit être résumé en 200 mots (au sens où l’entendent les typographes ; par exem-
ple : il n’est pas, c’est-à-dire, le plus grand, comptent respectivement pour 4, 4, 3 mots). Une
marge de plus ou moins dix pour cent est tolérée. Tout dépassement de cette marge est pé-
nalisé.
Vous placerez une simple barre tous les 10 mots et une double barre tous les 50 mots.
Vous indiquerez le total des mots utilisés. Vous écrirez une ligne sur deux pour faciliter la
correction.
« Déclassement » : le mot est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Il désigne un phénomène
de rupture qui conduit un individu à perdre sa position sociale. Plus de 300.000 salariés, hier
encore protégés par un contrat à durée indéterminée, ont été licenciés au cours de l’année
2009 et sont aujourd’hui au chômage, sans autre perspective que de longs mois d’incertitude
financière et psychologique.
Cette angoisse sourde, qui taraude un nombre croissant de Français, repose sur la convic-
tion que personne n’est « à l’abri », qu’une épée de Damoclès pèse sur les salariés et leurs
familles, que tout un chacun risque à tout moment de perdre son emploi, son salaire, ses
prérogatives, en un mot son statut. La peur du déclassement ne règne pas tant aux marges
de la société qu’en son cœur. Elle assiège les ouvriers, les employés, les travailleurs précaires,
mais, plus encore, les classes moyennes et supérieures, celles qui bénéficient des meilleurs
statuts et des protections les plus efficaces et qui ont donc beaucoup à perdre. Elle com-
mande la perception de soi, les formes de la confiance, les attentes, la représentation que
l’on se fait de l’avenir.
Si le déclassement est un fait que l’on peut mesurer statistiquement et qui touche d’abord
les populations fragiles, la peur du déclassement est d’un autre ordre : elle est un phénomène
global et diffus qui, en gouvernant l’imaginaire des individus et des groupes, commande de
très nombreux comportements et mouvements sociaux. Elle n’a rien d’une idéologie abs-
traite ; au contraire, elle repose sur un ensemble de faits bien réels, mais elle en extrapole le
sens et en redouble l’ampleur. Elle est une variable-clé pour rendre compte du fonctionne-
ment de la politique, de l’économie et de la société françaises.
Avant de comprendre pourquoi cette angoisse est devenue aussi répandue, il faut prendre
la mesure du drame personnel et familial que constitue le déclassement dans la France d’au-
jourd’hui, tout particulièrement quand il frappe des salariés au beau milieu de leur carrière.
Dans un rapport remis en juillet 2009 à la secrétaire d’État à la prospective, les chercheurs
du Centre d’analyse stratégique ont bien mis en lumière la complexité du phénomène. Être
licencié, en France, c’est d’abord subir une période de chômage parmi les plus longues des
pays développés ; c’est ensuite être condamné à ne retrouver que des formes précaires et
dégradées d’emploi, sans rapport avec le statut initialement perdu ; et il va sans dire qu’une
telle relégation est lourde de conséquences financières et psychologiques. Ainsi entendu, le
déclassement frappe en priorité les ouvriers et les employés, notamment dans les PME ; mais
il touche de plus en plus les cadres du privé, dont les statuts, naguère si solides, se sont fra-
gilisés à mesure que leurs emplois se banalisaient. Les fonctionnaires restent à l’abri de ces
formes radicales de déclassement, mais ils ne sont pas protégés contre les remises en cause
rampantes de leurs avantages statutaires (en termes de retraite par exemple), ni contre la
progressive détérioration de leurs conditions de travail, aggravée par les départs à la retraite
non renouvelés et les baisses d’effectifs.
Il y a donc une réalité du déclassement, et celle-ci est terrible : elle affecte l’équilibre des
individus et des familles tout en minant les fondements du pacte social. Et pourtant, l’im-
mense majorité des Français reste à l’abri d’un déclassement effectif. Si le déclassement est
au cœur des préoccupations d’un si grand nombre de personnes, ce n’est pas parce qu’elles
ou leurs proches l’ont subi ; c’est parce que son coût potentiel n’a jamais été aussi impor-
tant. Ce que l’on pourrait perdre est tellement fondamental, constitue à tel point le socle de
tout notre être social, que ce seul risque suffit à nourrir une anxiété d’ordre existentiel. Les
pays où les pertes d’emploi suscitent la plus grande peur sont paradoxalement ceux où les
emplois sont les mieux protégés et les statuts les plus difficiles à perdre : la probabilité de
retrouver un emploi protégé y étant mécaniquement plus faible, ce qui se perd est beaucoup
plus précieux qu’ailleurs. [. . .]
La notion française de déclassement n’a guère d’équivalent aujourd’hui dans les pays
anglo-saxons et scandinaves. Elle est symptomatique de notre vieille société inégalitaire et
hiérarchique, encore aristocratique à de nombreux égards, où rangs et dignités s’accordent
pour la vie et ont vocation à rester dans la famille. [. . .] Ce qui se développe en premier lieu
aujourd’hui n’est pas le déclassement effectif des classes populaires, mais la peur du dé-
classement au sein des classes moyennes et supérieures, avec tout ce que cela implique de
comportements séparatistes en matière résidentielle et scolaire. [. . .]
Les découvertes scientifiques, les progrès techniques, la croissance économique sont des
facteurs de changement social ; mais les périodes de stagnation jouent aussi un rôle primor-
dial dans l’élaboration des sociétés. Quand elles surviennent, les récessions ont pour consé-
quence première d’augmenter la polarisation sociale et le coût que représente la perte d’un
statut protégé. Cet effet social entraîne la diffusion, dans toute la société, d’une peur du dé-
classement (effet psychologique), laquelle déclenche à son tour un ensemble de décisions
et de comportements qui remodèlent de fond en comble le paysage idéologique (effet po-
litique), même longtemps après que la récession a pris fin. Ici résident ses effets les plus
durables. L’expérience universellement partagée n’est donc pas celle du déclassement (qui
ne survient qu’au prix d’une destruction de la société, comme dans l’Allemagne des années
1920), mais celle de la peur du déclassement. [. . .]
Pour étudier ce phénomène, observable lors des grandes crises que la France a traver-
sées (par exemple en 1974 et en 1993), il faut esquisser une sociologie des récessions, qui ne
peut se déployer que sur le long terme et dans un triple registre social, psychologique et po-
litique... L’Enquête emploi de l’INSEE qui couvre la période 1975-2008 livre des informations
capitales sur le rôle respectif de l’origine sociale et des diplômes au moment de l’insertion
sur le marché du travail. On voit alors à quel point les récessions influencent les comporte-
ments et infléchissent les attentes, tout particulièrement au sein des générations qui les ont
subies au moment d’entrer sur le marché du travail ; en un mot, à quel point les récessions,
en raison de leur caractère profondément anxiogène, façonnent les sociétés en accentuant
leur propension au pessimisme et au conservatisme social.
Épreuve d’anglais
Durée : 2h
L’épreuve est constituée de deux parties : un résumé et une traduction. Vous rédigerez
ces deux parties sur deux copies séparées, sur lesquelles vous indiquerez respectivement
« Anglais / résumé » et « Anglais / traduction ».
Their massive energy consumption combined with their ability to shut off almost in-
stantly allows some companies to save money and make money by deftly pulling the levers of
U.S. power markets. They can avoid fees charged during peak demand, resell their electricity
at a premium when prices spike and even be paid for offering to turn off. Other major energy
users, like factories and hospitals, cannot reduce their power use as routinely or dramatically
without severe consequences.
In some states, notably New York, Pennsylvania and Texas, Bitcoin operators’ revenue can
ultimately come from other power customers. The clearest example is Texas, where Bitcoin
companies are paid by the grid operator for promising to quickly power down if necessary to
prevent blackouts. In practice, they rarely are asked to shut down and instead earn additional
money while doing exactly what they would have been doing anyway: seeking Bitcoin. Five
operations have collectively made at least $60 million from that program since 2020, records
show.
Several of the companies are being paid through these agreements a majority of the time
they operate. Most years, they are asked to turn off for only a few hours, at which point they
are paid even more.
The windfall for Bitdeer during Winter Storm Uri came through this program, in ex-
change for a fraction of the power it typically used. The company did not respond to requests
for comment. Another Bitcoin company made tens of millions of dollars reselling electricity
during the storm — and ultimately stands to earn as much as $125 million — according to its
financial filings, which were previously reported by the Tech Transparency Project. A third
company told investors that another natural disaster like Uri could be a significant business
opportunity.
“Ironically, when people are paying the most for their power, or losing it altogether, the
miners are making money selling energy back to Texans at rates 100 times what they paid,”
said Ed Hirs, who teaches energy economics at the University of Houston and has been crit-
ical of the industry. In interviews and statements, many of the companies said they were
no different from other large power users except for their willingness to shut off quickly to
benefit the grid. Several objected to the method The Times and WattTime used to estimate
their emissions, which calculated the pollution caused by the additional power generated to
satisfy the mines’ demand, showing it to overwhelmingly come from fossil fuels.
The companies said this method held them to an unfair standard. “The analysis cited
could be used to attack any industry that consumes power,” said David Fogel, the chief exec-
utive of Coinmint, which operates in upstate New York. “I think the entire notion of singling
out specific industries like this is unfair.”
But WattTime’s method is the one many energy and climate experts recommend for mea-
suring the environmental effects of increased power use by any industry, particularly one
that grows so large so suddenly.
Some in the industry have pushed back against suggestions that it is directly responsible
for any environmental harm.
A May 2022 letter to the Environmental Protection Agency, signed by many of the biggest
companies, said their operations “released” no pollutants. “Bitcoin miners have no emis-
sions whatsoever,” it said. “Associated emissions are a function of electricity generation.”
Nic Carter, a partner at a crypto-focused venture capital firm and a prominent Bitcoin
advocate who told The Times he was the letter’s primary author, said he was playing a “lan-
guage game” when he wrote that Bitcoin mining has no emissions. At the time, he said, he
felt the industry was being unfairly singled out.
“Maybe the more sincere point is like, we’re already fully aware of the emissions associ-