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Épreuves de Mathématiques 2023

L'exercice présente une inégalité entre les sommes de deux séries. Il s'agit de prouver la convergence de la série des termes hn et de comparer sa somme à celle de la série des termes an. Plusieurs exemples sont donnés pour illustrer les démonstrations.

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Épreuves de Mathématiques 2023

L'exercice présente une inégalité entre les sommes de deux séries. Il s'agit de prouver la convergence de la série des termes hn et de comparer sa somme à celle de la série des termes an. Plusieurs exemples sont donnés pour illustrer les démonstrations.

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BÉCÉAS 2023

Banque d’Épreuves des Concours des Écoles


d’Actuariat et Statistique
Session 2023

Épreuve de mathématiques
Durée : 4h

L’épreuve est constituée de deux exercices indépendants.

Mathématiques Lundi 15 mai, matin Page 1/7


BÉCÉAS 2023

Exercice 1. Une inégalité entre sommes de séries


On note E l’ensemble des suites réelles (indexées par N∗ ) à termes strictement positifs
a n converge. On pose, pour tout élément (a n )n∈N∗ de E et pour tout
X
telles que la série
entier n non nul,

n
hn = n 1
·
X
k=1 ak
X
L’objet de l’exercice
X est de prouver la convergence de la série h n et de comparer sa somme
à celle de la série a n .

1. Un premier exemple
1
On pose, dans cette question, pour tout entier naturel n non nul, a n = ·
n(n + 1)
X +∞
X
(a) Montrer que la série a n converge et déterminer la somme an .
n=1
(b) i. Calculer, pour tout entier naturel n non nul, la valeur de h n .
X +∞
X
ii. Établir la convergence de la série h n et déterminer la somme hn .
n=1

2. Un second exemple
Soit q un réel de ]0, 1[. On pose, pour tout entier naturel n non nul, a n = q n−1 .
+∞
X
(a) Indiquer la valeur de la somme a n et pour tout entier naturel n non nul, la
n=1
valeur de h n .
X +∞
X 1
(b) Établir la convergence de la série h n et prouver la majoration : hn ⩽ ·
n=1 (1 − q)2

Mathématiques Lundi 15 mai, matin Page 2/7


BÉCÉAS 2023

3. Soit n un entier non nul et soit (x 1 , x 2 , . . . , x n ) et (y 1 , y 2 , . . . , y n ) deux n-uplets de nombres


réels.
n
³X ´2 ³ ´2 n
³X n
´³ X ´
x i2 y i2 .
X
(a) Prouver l’égalité : xi y i + xi y j − x j y i =
i =1 1⩽i < j ⩽n i =1 i =1
s s
¯Xn ¯ n
X n
X
(b) En déduire l’inégalité de Cauchy-Schwarz : ¯ x i y i ¯ ⩽ x i2 y i2 .
¯ ¯
i =1 i =1 i =1

1 1 +∞
X
4. Prouver, pour tout entier naturel k non nul, l’inégalité : 2
⩽ 2·
n=k n(n + 1) 2k
1 +∞
X 1
On s’intéressera à la monotonie de la suite de terme général u k = 2 − 2
·
2k n=k n(n + 1)

5. Soit (a n )n∈N∗ un élément de E .

(a) Prouver, pour tout entier naturel n non nul, l’inégalité :


³ n(n + 1) ´2 n
³X n 1 ´
´³ X
2
⩽ k ak ·
2 k=1 k=1 a k

(b) En déduire, pour tout entier naturel p non nul, l’inégalité :


p p n
X X 1 ³X
2
´
hn ⩽ 4 2
k a k .
n=1 n=1 n(n + 1) k=1

p
X p
X
(c) Prouver, pour tout entier naturel p non nul, l’inégalité : hn ⩽ 2 ak ·
n=1 k=1
X +∞
X +∞
X
(d) En déduire la convergence de la série h n et l’inégalité : hn ⩽ 2 an .
n=1 n=1

6. Soit C un réel strictement positif tel que, pour tout élément (a n )n∈N∗ de E , on a
+∞
X +∞
X
hn ⩽ C an .
n=1 n=1

On va montrer que C est au moins égal à 2.


1
On pose, pour tout entier naturel n non nul, a n = où α est un réel strictement

+∞
X 1 π2
supérieur à 1 et on rappelle qu’on dispose de l’égalité : 2
= ·
n=1 n 6

+∞
X n +∞
X 1 π2
(a) Prouver l’inégalité : α+1
⩾ α
− ·
n=1 (n + 1) n=1 n 6
n
(b) Prouver, pour tout entier naturel n non nul, l’inégalité : h n ⩾ (α + 1) ·
(n + 1)α+1
+∞
X1
(c) Prouver l’égalité : lim = +∞.
α→1 n=1 n α
>

Mathématiques Lundi 15 mai, matin Page 3/7


BÉCÉAS 2023

(d) Conclure que C ⩾ 2.

7. On suppose qu’il existe un réel K > 0 tel que, pour toute suite (a n )n∈N∗ à termes réels
X +∞
X +∞
X
strictement positifs dont la série a n converge, on a an ⩽ K hn .
n=1 n=1

(a) Justifier l’inégalité : K ⩾ 1.


On pourra utiliser le résultat de la question 2.
(b) Soit N ∈ N∗ . On pose g 0 = 1 et, pour tout entier naturel n non nul,

4
si ∃ p ∈ J1, N K n = p 2


 2n

(g n )n

gn = et an = ·

 1 (g n−1 )n−1
sinon.



2n

i. Calculer a n pour n > N 2 + 1 et en déduire la convergence de la série


X
an .
+∞
X +∞
X
ii. Prouver les inégalités : g n ⩽ 4 et a n ⩾ 2N .
n=1 n=1
n
(c) Établir l’égalité : (g n )n =
Y
ak .
k=1
(d) Prouver, pour tout entier naturel n non nul, l’inégalité h n ⩽ g n et en déduire
qu’un tel réel K n’existe pas.

Exercice 2. Premier numéro manquant


Soit N ∈ N∗ , n ∈ N∗ avec 1 ⩽ n < N et (X 1 , X 2 , . . . , X n ) une famille de variables aléatoires
indépendantes toutes définies sur un espace probabilisé (Ω, T , P) et toutes de loi uniforme
sur l’intervalle entier J1, N K. On note, pour tout entier naturel n non nul, T l’application qui,
à chaque ω ∈ Ω, associe
©
T (ω) = min k ∈ J1, N K ; ∀ i ∈ J1, n K X i (ω) ̸= k}.

Si on se représente l’expérience aléatoire consistant à tirer n fois successivement, avec re-


mise, une boule dans une urne contenant N boules numérotées de 1 à N , la valeur T (ω)
serait le numéro aléatoire du plus petit numéro qui n’est pas apparu dans la liste ω des nu-
méros tirés au cours de la succession de ces n tirages.
Partie A : Deux cas particuliers
Soit N un entier au moins égal à 4 et X , Y et Z trois variables aléatoires définies sur un
espace probabilisé (Ω, T , P), indépendantes et toutes trois de loi uniforme sur l’intervalle
entier J1, N K. On note U et V les applications qui, à chaque ω ∈ Ω, associent
n o
U (ω) = min k ∈ J1, N K ; X (ω) ̸= k et Y (ω) ̸= k .

et n o
V (ω) = min k ∈ J1, N K ; X (ω) ̸= k, Y (ω) ̸= k et Z (ω) ̸= k .

1. (a) Quelles sont les valeurs que peut prendre la variable aléatoire U ?

Mathématiques Lundi 15 mai, matin Page 4/7


BÉCÉAS 2023

(b) Déterminer la loi de la variable aléatoire U .


(c) Calculer l’espérance de U .

2. (a) Calculer P (V = 1) et P (V = 4).


6N − 12
(b) Établir l’égalité : P (V = 3) = ·
N3
³ 1 ´3
(c) En déduire que l’espérance de V vaut 1 + ·
N

Partie B : Des égalités


On note ∆ l’application qui, à tout polynôme réel P (X ), associe le polynôme

∆(P )(X ) = P (X + 1) − P (X ).

On observera que l’application ∆ est linéaire.


On note, pour tout entier naturel k non nul, ∆k l’application ∆
| ◦ ∆ {z
◦ . . . ◦ ∆}
k fois ∆
et on pose ∆0 = idR[X ] .
à ! à !
n k n + 1
1. Soit ( j , n) ∈ N2 avec j ⩽ n. Établir l’égalité :
X
= .
k= j j j +1

n
2. Soit n ∈ N et P := ak X k .
X
k=0
Prouver, pour tout entier naturel m, l’égalité :
à !
m m
m m− j
∆ (P )(X ) =
X
(−1) P (X + j ).
j =0 j

On pourra procéder par récurrence sur l’entier m.

3. (a) Soit q ∈ N et Q(X ) ∈ R[X ] de degré q.


Quel est, pour tout entier r ∈ J0, q K, le degré de ∆r (Q)(X ) ?
(b) Soit n ∈ N et Q = X n . Que vaut ∆n (Q)(X ) ?
n
4. Soit n ∈ N et P := a k X k un polynôme réel de degré n.
X
k=0

(a) Déduire des questions précédentes l’égalité :


à !
n n
(−1)n− j
X
a n n! = P (X + j ).
j =0 j

(b) En déduire l’égalité : Ã !


n n ³ j ´n n!
j
X
(−1) 1− = n·
j =0 j N N
On utilisera le résultat précédent pour un polynôme P bien choisi.

Mathématiques Lundi 15 mai, matin Page 5/7


BÉCÉAS 2023

5. Soit (n, N ) ∈ N × N∗ .

(a) Établir, pour tout entier m ⩾ n + 1, l’égalité :


à !
m
j m j ´n
X ³
(−1) 1− = 0.
j =0 j N
à !
n+1 n +1 ³ j ´n
j −1
X
(b) En déduire la valeur de la somme (−1) 1− .
j =1 j N

Partie C : Le cas général


On reprend maintenant les notations du préambule.
Soit (N , n) ∈ N2 avec 1 ⩽ n < N .

1. (a) Déterminer la valeur de P (T = 1).


(b) Déterminer la valeur de P (T = n + 1).
(c) Établir l’égalité
à !
X n n ³ 1 ´i ³ 2 ´n−i ³ 1 ´n ³ 2 ´n
P (T = 2) = 1− puis l’égalité P (T = 2) = 1− − 1− .
i =1 i N N N N
³ 1 ´n ³ 2 ´n ³ 3 ´n
(d) Établir l’égalité : P (T = 3) = 1 − −2 1− + 1− .
N N N
2. On admet que si A 1 , A 2 , . . . , A n sont n événements d’un espace probabilisé (Ω, T , P)
alors on dispose de la formule du crible suivante :
n n
(−1) j −1
[ X X
P( Ai ) = P (A i 1 ∩ A i 2 ∩ . . . ∩ A i j ).
i =1 j =1 1⩽i 1 <i 2 <···<i j ⩽n

n
\
On pose, pour tout entier p ∈ J1, n K, A p = [X i ̸= p].
i =1

(a) Soit j ∈ J1, n K. Que vaut la probabilité de l’intersection de j événements distincts


pris parmi A 1 , A 2 , . . . , A n ?
(b) On note E c le complémentaire d’un événement E . Justifier, pour tout entier k ∈ J1, n K,
k
³[ ´c
l’égalité : [T > k] = Ai .
i =1
(c) Obtenir, pour tout entier k ∈ J1, n K, une expression de P (T > k) faisant intervenir
un symbole de sommation.
à !
k k − 1 ³ i ´n
(a) Soit k ∈ J1, n + 1K. Établir l’égalité : P (T = k) = (−1)i −1
X
3. 1− .
i =1 i −1 N
(b) Retrouver, à l’aide du résultat précédent, les valeurs trouvées en fin de partie A
pour les sommes
à ! à !
n n ³ j + 1 ´n n+1 n + 1 ³ i ´n
(−1) j (−1)i −1
X X
1− et 1− .
j =0 j N i =1 i N

Mathématiques Lundi 15 mai, matin Page 6/7


BÉCÉAS 2023

4. Calcul de l’espérance de T
Soit (N , n) ∈ N2 avec 1 ⩽ n < N .

(a) Établir, pour tout entier k ∈ J1, n K, l’égalité :


à !
k
³ N + 1 ´n X k ³ N + 1 − j ´n
P (T > k) = (−1) j .
N j =0 j N +1

(b) En utilisant le résultat de la question B-5-b) (avec N ← N +1) conclure à l’égalité :


³ 1 ´n
E (T ) = 1 + .
N

Mathématiques Lundi 15 mai, matin Page 7/7


BÉCÉAS 2023

Banque d’Épreuves des Concours des Écoles


d’Actuariat et Statistique
Session 2023

Épreuve à option (A) : Mathématiques


Durée : 4h

Le problème porte sur une famille de polynômes orthogonaux, appelés polynômes de


Hermite, qui interviennent dans de nombreuses applications, en physique, en théorie du
signal et en probabilité, par exemple.
L’énoncé est divisé en trois parties, largement indépendantes, que les candidats ne sont
pas tenus de traiter dans l’ordre.
L’évaluation des copies sera étroitement liée à la rigueur des raisonnements et à une utili-
sation dûment justifiée du cours. Une présentation soignée sera appréciée, une présentation
par trop négligée sanctionnée.

Option A Mardi 16 mai, matin Page 1/7


BÉCÉAS 2023

On note L 2 l’ensemble
Z +∞ des applications u de dans R R, continues sur R et telles que
¡ ¢2 −x 2
l’intégrale généralisée u(x) e dx converge.
−∞
R R
On note R le -espace vectoriel des applications polynomiales de dans , qu’on peut R
R
confondre avec les polynômes de [X ] pour en définir les coefficients et le degré (égal à −∞
pour la fonction nulle).
N R
Pour tout n ∈ , on note R n le -espace vectoriel des applications polynomiales de R
R
dans , de degré inférieur ou égal à n.

Partie 1 Étude et développements en séries d’une fonction de deux variables

On note f la fonction définie sur R2 par :


∀ (x, y) ∈ R2 , f (x, y) = e2x y−x .
2

1. Justifier que f est de classe C ∞ sur R2 et que son seul point critique est l’origine (0, 0).
La fonction f admet-elle un extremum local en ce point ?

R2 tels que x4 + y 2 ≤ 1 .
2
2. On note K l’ensemble des éléments (x, y) de

a) Justifier que f admet un maximum et un minimum sur K .

R
b) Soit (x, y) ∈ 2 tel que
x2
4
+ y 2 = 1.
(
x = 2 cos t
Justifier qu’il existe un réel t tel que, pour cette valeur de t , et :
y = sin t
p π
2x y − x 2 = 2 2 sin(2t − ) − 2 .
4

c) En déduire le maximum et le minimum de f sur K , puis les points de K où ils


sont atteints.

R
3. Justifier que, pour tout x ∈ , la fonction y 7−→ f (x, y) est développable en série en-
R
tière sur et en donner le développement en série entière.

4. On note w l’application de R dans R, de classe C ∞, définie par


∀ x ∈ R, w(x) = e−x .
2

Pour tout n ∈ N, on note Hn l’application de R dans R définie par

∀x ∈ R, 2
Hn (x) = (−1)n ex w (n) (x)
où w (n) désigne la dérivée n-ième de w.
En particulier : H0 (x) = 1 .

a) Calculer, pour tout x ∈ R, H1(x), H2(x), H3(x) .


Option A Mardi 16 mai, matin Page 2/7
BÉCÉAS 2023

b) Montrer, pour tout n ∈ N et tout x ∈ R :


Hn+1 (x) = 2x Hn (x) − Hn′ (x) .

c) En déduire que, pour tout n ∈ N, Hn est un polynôme de degré n et trouver son


coefficient dominant.

5. a) Compléter l’avant-dernière ligne du code Python suivant (en substituant une


expression convenable aux trois points d’interrogation) pour que la fonction "coefH"
calcule les coefficients du polynôme P n pour la valeur de n entrée en paramètre.
def coefH(n):
coeff=[Link]((n+1,n+1))
coeff[0,0]=1
coeff[1,1]=2
for k in range(1,n):
coeff[k+1,0]=-coeff[k,1]
coeff[k+1,k+1]=2**(k+1)
for i in range(1,k+1):
coeff[k+1,i]=2*coeff[k,i-1]- ??? # ligne à modifier
return coeff[n,:]

coefH(4) # exemple: les coefficients de H4, égal à 16 X^4 - 48 X^2 + 12


Out: array([ 12., -0., -48., 0., 16.])

b) Qu’obtiendrait-on pour "coefH(5)" après avoir modifié le code de la fonction


"coefH" en insérant avant sa dernière ligne ("return coeff[n, :]") l’instruction sui-
vante ?
print(coeff)

6. a) Justifier que, pour tout y ∈ R, la fonction x 7−→ f (x, y) est développable en série
R
entière sur .
R2, établir l’égalité :
+∞
X Hn (y) n
b) Pour tout (x, y) ∈ f (x, y) = x .
n=0 n!

Partie 2 Un produit scalaire sur L 2

Z +∞ 2
1. a) Justifier que, pour tout (u, v) ∈ L 2 2 , l’intégrale u(x)v(x)e−x dx converge.
−∞

On note (.|.) l’application de L 2 2 dans R définie par :


Z +∞ 2
2
∀ (u, v) ∈ L 2 , (u|v) = u(x)v(x)e−x dx .
−∞

b) Justifier que L 2 est un R-espace vectoriel et que l’application (.|.) est un pro-
duit scalaire sur L 2 .

On note ||.|| la norme sur L 2 associée au produit scalaire (.|.), définie par :
p
∀ u ∈ L 2 , ||u|| = (u|u) .

Option A Mardi 16 mai, matin Page 3/7


BÉCÉAS 2023

2. On note P l’ensemble des fonctions paires de L 2 et I l’ensemble des fonctions im-


paires de L 2 .

a) Justifier l’égalité :
L2 = P ⊕ I . (1)

b) Pour tout entier n ∈ N∗, on note P n = P ∩ R n et In = I ∩ R n .


N
Trouver, pour tout n ∈ ∗ , la dimension de P n et la dimension de In (on distinguera
le cas où n est pair du cas où n est impair).

N
nR ¢2 o
+∞ ¡ 2
c) Pour tout u ∈ I et tout n ∈ ∗ , calculer min −∞ u(x) − P (x) e−x dx ; P ∈ P n .

3. On note K l’ensemble des fonctions de L 2 qui sont nulles hors d’un segment inclus
dans l’intervalle ouvert ]0, +∞[ :

K = {v ∈ L 2 ; ∃ α > 0, ∃ A > α, ∀ x ∉ [α, A], v(x) = 0} .

Soit u une fonction bornée appartenant à L 2 et ε un nombre réel strictement positif.

a) Pour tout entier n strictement supérieur à 1, on pose :





 0 si x < n1
 2
si n1 ≤ x ≤ n2

(nx − 1) u( )


n



v n (x) = u(x) si n2 < x < n − n1 ·
1


n(n − x) u(n − ) si n − n1 ≤ x ≤ n



n




 0 si x > n
Z +∞ ¡ ¢2 2
Démontrer que l’intégrale u(x) − v n (x) e−x dx tend vers 0 quand n tend vers
0
l’infini.
On pourra utiliser le théorème de convergence dominée.

b) Justifier l’existence d’un élément v de K tel que :


Z +∞ ¡ ¢2 2
u(x) − v(x) e−x dx ≤ ε .
0

c) Justifier que si la fonction u est paire, alors il existe un élément v de K tel que :
(
v(x) si x ≥ 0
||u − v p ||2 ≤ 2 ε où v p (x) = ·
v(−x) si x < 0

On démontre de même, et on pourra l’admettre, que si la fonction u est impaire, alors


il existe un élément v de K tel que :
(
v(x) si x ≥ 0
||u − v i ||2 ≤ 2 ε où v i (x) = ·
−v(−x) si x < 0

Option A Mardi 16 mai, matin Page 4/7


BÉCÉAS 2023

Partie 3 Un endomorphisme autoadjoint de R

On note g et h les endomorphismes de R définis par :


(
g (P ) = −P ′′ + 2X P ′ + P
∀ P ∈ R, ·
h(P ) = 2X P − P ′
Ainsi, par exemple, pour tout P ∈ R et tout x ∈ R: ¡
h(P ) (x) = 2xP (x) − P ′ (x).
¢

1. a) Établir l’égalité : g ◦ h − h ◦ g = 2h.


R
b) Montrer que, pour tout λ ∈ et tout P ∈ R, si g (P ) = λP , alors
¡ ¢
g h(P ) = (λ + 2) h(P ) (∗)

2. Établir, pour tout (P,Q) ∈ R 2 :

(P ′ |Q ′ ) = (g (P )|Q) − (P |Q) .

3. Soit n ∈ . N
a) Montrer : ∀ P ∈ Rn , g (P ) ∈ R n .

b) On note g n l’endomorphisme de R n défini par :

∀P ∈ R n , g n (P ) = g (P ).

Montrer que g n est un endomorphisme autoadjoint de R n , pour le produit scalaire


(.|.) .

4. Les polynômes Hn utilisés dans la suite sont ceux de la partie 1.

a) Calculer, pour tout k ∈ N, h(Hk ), et en déduire que :


∀ k ∈ N, g (Hk ) = (2k + 1)Hk .

b) Justifier que, pour tout n ∈ N∗ , la famille (H0 , . . . , Hn ) est une base orthogonale
de R n .
X (u|Hn )2
c) En déduire, pour tout u ∈ L 2 , la convergence de la série 2
et l’inéga-
n≥0 ∥ Hn ∥
lité :
+∞ (u|Hn )2 +∞ ¡
Z
¢2 2
u(x) e−x dx
X
≤ . (2)
n=0 ∥ Hn ∥2 −∞

5. Pour tout entier p ∈ N∗, on note e p la fonction x 7−→ e−px .


a) Établir, pour tout n ∈ N et tout réel x > 0, les inégalités :
n (−1)k x n+1 −x (n + 1)n −n−1
|e−2x − x k e−x | ≤
X
e ≤ e .
k=0 k! (n + 1)! n!

b) En déduire une suite de polynômes (Q 2,n )n∈N telle que la suite des
R
fonctions x 7−→ Q 2,n (x)e−x converge uniformément sur + vers la fonction e 2 .

Option A Mardi 16 mai, matin Page 5/7


BÉCÉAS 2023

c) Démontrer par récurrence que, pour tout entier p supérieur ou égal à 2, il existe
une suite de polynômes (Q p,n )n∈N telle que la suite des fonctions x 7−→ Q p,n (x)e−x
R
converge uniformément sur + vers la fonction e p .
n (−1)k (p + 1)k
x ³X ´
k
On pourra utiliser les fonctions polynomiales x 7−→ Q p,n ( ) x .
2 k=0 k! 2k
d) En déduire que, pour toute fonction polynomiale P , il existe une suite (Q n )n∈N
d’éléments de R telle que la suite des fonctions x 7−→ Q n (x)e−x converge uniformé-
R
ment sur + vers la fonction x 7−→ P (e−x ).

6. Soit v une fonction appartenant à l’ensemble K défini dans la partie 2.

a) En utilisant le théorème de Weierstrass et le changement de variable x = − ln(t ),


justifier, pour tout ε > 0, l’existence d’un polynôme P tel que :

∀ x ≥ 0, |v(x) − P (e−x )| ≤ ε .

b) En déduire qu’il existe une suite (Q n )n∈N de polynômes (éléments de R) telle


R
que la suite des fonctions x 7−→ Q n (x)e−x converge uniformément sur + vers la fonc-
tion v.

c) On note w la fonction définie sur R par


x 2 x 2 /4

v( )e si x ≥ 0

w(x) = 4
0 sinon

et, pour tout x ∈ R, on pose :


(
w p (x) = w(x) + w(−x)
·
w i (x) = w(x) − w(−x)

Pour tout réel ε > 0, justifier l’existence de deux polynômes Q et R vérifiant les inéga-
lités
x 2 ¢2 −x 2
Z
+∞ ¡ Z +∞
2 −x 2 /2
ε


 w p (x) −Q( ) e dx ≤ e dx
4

 −∞
 −∞
·
Z +∞ 2 ¢ Z +∞

 x 2 2 2
w i (x) − x R( ) e−x dx ≤ ε2 x 2 e−x /2 dx

 ¡


−∞ 4 −∞
Pour parvenir à la seconde inégalité, on pourra, en lieu et place de v, utiliser la fonction
 p
 w(2p t ) e−t si t > 0

t 7−→ 2 t .

0 sinon

Option A Mardi 16 mai, matin Page 6/7


BÉCÉAS 2023

d) Soit η > 0.

Déduire des résultats précédents que :

• pour toute fonction paire w p telle que la fonction


(
w p (x) si x ≥ 0
x 7−→
0 sinon

appartient à K , il existe un polynôme pair P p tel que

∥ wp − Pp ∥ ≤ η

• pour toute fonction impaire w i telle que la fonction


(
w i (x) si x ≥ 0
x 7−→
0 sinon

appartient à K , il existe un polynôme impair P i tel que

∥ wi − Pi ∥ ≤ η .

7. Soit u une fonction continue et bornée sur R.


a) En s’appuyant sur les derniers résultats de la partie 2 et sur ce qui précède,
démontrer qu’il existe une suite d’éléments de R qui converge vers u pour la norme
||.||.

b) Justifier l’égalité :
n (u|H )
X k
lim ∥ u − H ∥=0.
2 k
n→+∞
k=0 ∥ H k ∥

c) Justifier que l’inégalité (2) démontrée en question 4 est en fait une égalité :
+∞ (u|Hn )2 +∞ ¡
Z
¢2 2
u(x) e−x dx
X
= . (3)
n=0 ∥ Hn ∥2 −∞

d) Ces propriétés restent-elles vraies si u appartient à L 2 sans être bornée ?

Option A Mardi 16 mai, matin Page 7/7


BÉCÉAS 2023

Banque d’Épreuves des Concours des Écoles


d’Actuariat et Statistique
Session 2023

Épreuve à option (B) : Probabilités


Durée : 4h

Le sujet comporte un problème et un exercice qui peuvent être traités indépendamment.


La notation tiendra largement compte de la clarté et de la précision des réponses.

Option B Mardi 16 mai, matin Page 1/8


BÉCÉAS 2023

Quelques notations et rappels


Les notations et rappels ci-dessous vous seront utiles pour la résolution du problème et
de l’exercice. Pensez à vous y référer.

• Toutes les variables aléatoires considérées dans ce sujet seront définies sur le même
espace probabilisé (Ω, A , P).
• Soient (A i )i ∈N une suite d’éléments de A . On a
à !
P P(A i ).
[ X
Ai ≤
i ∈N i ∈N

• Soit E un ensemble quelconque. Pour tout A ⊂ E et B ⊂ E , on note

A \ B := {x ∈ E | x ∈ A et x ∉ B }.

• [Formule des espérances totales] Soient Y et N deux variables aléatoires. Si la va-


riable aléatoire N est à valeurs dans N et si Y est intégrable (i.e., E(|Y |) < ∞) alors

E(Y ) = P([N = k])E(Y | N = k).


X
k∈N

• La somme de n variables aléatoires indépendantes de loi de Poisson de paramètres


λ1 > 0, · · · , λn > 0 suit également une loi de Poisson de paramètre λ1 + · · · + λn .
• [Théorème des valeurs intermédiaires] Soit g : [a, b] → R une fonction continue.
Pour tout x tel que min(g (a), g (b)) ≤ x ≤ max(g (a), g (b)), il existe au moins un point
c ∈ [a, b] tel que g (c) = x.
• Une fonction ϕ définie sur un intervalle I ⊂ R et à valeurs dans R est strictement
convexe si pour tout x ̸= y ∈ I et λ ∈]0, 1[, on a ϕ(λx + (1 − λ)y) < λϕ(x) + (1 − λ)ϕ(y).
• Le développement en série entière de l’exponentielle est donné pour tout x ∈ R par

X xi
ex = .
i ∈N i !

Option B Mardi 16 mai, matin Page 2/8


BÉCÉAS 2023

Problème − Processus de Galton-Watson


On souhaite dans ce problème modéliser l’évolution de la taille d’une population de bac-
téries. On adopte pour se faire le modèle suivant.
,→ La population initiale (génération 0) est composée d’une seule bactérie.
,→ Cette bactérie va engendrer un nombre aléatoire de nouvelles bactéries. Ce nombre
est modélisé par une variable aléatoire X 1,0 à valeurs dans l’ensemble des entiers N.
La taille de la population de la génération 1 est donc Z1 := X 1,0 .
,→ Les Z1 bactéries de la première génération vont à leur tour engendrer de nouvelles
bactéries. Pour i = 1, · · · , Z1 , on notera X i ,1 la variable aléatoire (à valeurs dans N)
modélisant le nombre de descendants de la i -ème bactérie. Ainsi, la taille de la popu-
lation de la génération 2 est Z2 = 0 si Z1 = 0 et

Z1
X
Z2 := X i ,1 si Z1 > 0.
i =1

,→ De manière plus générale, pour tout n ∈ N, on notera Zn la variable aléatoire corres-


pondant au nombre d’individus de la génération n. On a donc Z0 = 1 et

 0
 si Zn−1 = 0,
Zn := ZP
n−1 (1)

 X i ,n−1 si Zn−1 > 0,
i =1

où pour tout i = 1, · · · , Zn−1 , la variable aléatoire X i ,n−1 est le nombre de descendants


de la i -ème bactérie de la génération n − 1.
,→ On supposera pour finir que les variables aléatoires {X i ,n ; i ∈ N \ {0}, n ∈ N} sont indé-
pendantes et de même loi qu’une variable aléatoire intégrable X prenant ses valeurs
dans N. La loi de X est déterminée par les valeurs {p k := P([X = k]); k ∈ N} et on a
donc
µ := E(X ) =
X
kp k < ∞.
k∈N

Le processus {Zn ; n ∈ N} ainsi construit est connu sous le nom de processus de Galton-
Watson. L’objectif de ce problème est d’étudier la probabilité d’extinction

π := P([∃n ∈ N tel que Zn = 0]),

de la population de bactéries.

Nous allons dans un premier temps calculer la probabilité d’extinction dans des cas simples.

1) Quelle est la valeur de π lorsque p 0 = P([X = 0]) = 0 ? Même question lorsque p 0 = 1.

Option B Mardi 16 mai, matin Page 3/8


BÉCÉAS 2023

Dans toute la suite de ce problème, pour tout n ∈ N, on notera πn la probabilité que la popu-
lation soit éteinte à la génération n. On a donc πn = P([Zn = 0]).

2) Montrer que (πn )n∈N est une suite croissante et en déduire qu’elle converge vers une
limite finie.
3) On introduit les événements B 1 = [Z1 = 0] et {B i := [Zi = 0] \ [Zi −1 = 0]; i ≥ 2}. Montrer
que pour n ∈ N \ {0},
n
πn = P(B i ).
X
i =1

4) En déduire que π = lim πn lorsque n → ∞.


5) Pour cette question, on suppose que p 0 + p 1 = 1 avec p 0 ∈]0, 1[.
5.1) Montrer que pour tout n ∈ N, la variable aléatoire Zn prend ses valeurs dans l’en-
semble {0, 1}.
5.2) Donner, en fonction de n et p 1 , la valeur de πn .
5.3) En déduire la valeur de π.

Pour déterminer la probabilité d’extinction, on doit étudier la fonction génératrice des proba-
bilités de la variable aléatoire X modélisant le nombre de descendants d’une bactérie. Cette
fonction est définie pour tout s ∈ [0, 1] par G X (s) := E(s X ).

6) Donner, en fonction des probabilités {p k ; k ∈ N}, les expressions de la suite positive


(a k )k∈N et des fonctions positives f k telles que pour tout s ∈ [0, 1],
X
G X (s) = a k f k (s).
k∈N

7) Montrer que la série ci-dessus est absolument convergente.


8) Dans le cas particulier où X suit une loi de Poisson de paramètre λ > 0, donner l’ex-
pression de G X (s) (vous devrez expliciter les calculs faits pour trouver cette expres-
sion).
9) Donner l’expression de G X (0) en fonction des {p k ; k ∈ N} (on utilisera la convention
00 = 1). Quelle est la valeur de G X (1) ?

On admettra que la fonction G X est indéfiniment dérivable sur ]0, 1[. Pour tout j ∈ N \ {0}, la
dérivée d’ordre j est donnée par

(j) X (j)
G X (s) = a k f k (s), s ∈]0, 1[.
k∈N

On admettra enfin que les fonctions G X et G (1)


X sont continues à droite en 0 et à gauche en 1.

10) Que représente la valeur G (1)


X (1) ?

Option B Mardi 16 mai, matin Page 4/8


BÉCÉAS 2023

11) Que faut-il imposer sur la valeur de p 0 pour assurer que G X est strictement crois-
sante sur ]0, 1[ ?
12) Montrer que si p 0 + p 1 < 1 alors G X est strictement convexe.

On souhaite à présent trouver l’expression de la fonction génératrice des probabilités G Zn


de la variable aléatoire Zn définie par l’équation 1. Remarquons tout d’abord que puisque
Z1 = X 1,0 , la variable aléatoire Z1 a même loi que X et donc G Z1 (s) = G X (s) pour tout s ∈ [0, 1].

13) Montrer que pour tout n ≥ 2, la variable aléatoire Zn−1 est indépendante des va-
riables aléatoires {X i ,n−1 ; i ≥ 1}.
14) En utilisant la question précédente ainsi que la formule des espérances totales, mon-
trer que pour tout n ≥ 1 et s ∈ [0, 1] on a G Zn (s) = G Zn−1 (G X (s)).
15) Montrer par récurrence que pour n ≥ 1 et s ∈ [0, 1] on a G Zn (s) = G X (G Zn−1 (s)). En
déduire que πn = G X (πn−1 ).
16) En utilisant la question 4), montrer que π = G X π .
¡ ¢

On s’intéresse à présent à l’équation

G X (s) = s, s ∈ [0, 1]. (2)

17) Donner une solution évidente de l’équation (2).


18) Montrer que si u ∈ [0, 1] est solution de (2) alors πn ≤ u pour tout n ∈ N. (Aide : vous
pourrez démontrer ce résultat par récurrence.)
19) En déduire que π est la plus petite solution de (2).
20) Pour cette question on suppose que p 0 + p 1 < 1 et qu’il existe au moins un point
x 0 ∈]0, 1[ tel que G X (x 0 ) < x 0 .
20.1) Montrer qu’il existe au moins un point x 1 ∈ [0, 1[ solution de (2). (Aide : ap-
pliquer le théorème des valeurs intermédiaires à la fonction définie sur [0, 1] par
g (s) := G X (s) − s).
20.2) Montrer que x 1 est l’unique élément de [0, 1[ solution de (2). (Aide : montrer
que si G X est une fonction strictement convexe alors pour tout x 2 ∈]x 1 , 1[ on a
G X (x 2 ) < x 2 ).
20.3) Montrer que si G (1)
X (1) ≤ 1 alors pour tout s ∈ [0, 1[ on a G X (s) > s. (Aide : utiliser
le fait que le graphe d’une fonction strictement convexe est au dessus de toutes
ses tangentes).
20.4) Démontrer que la réciproque du résultat établi dans la question précédente est
vraie. Vous pourrez utiliser le fait que

G X (1) −G X (1 − ε)
G (1)
X (1) = lim .
ε→0+ ε

21) Utiliser les résultats de la question 20) pour montrer le résultat suivant.

Option B Mardi 16 mai, matin Page 5/8


BÉCÉAS 2023

Proposition − i) Si p 0 + p 1 < 1 et µ := E(X ) ∈ [0, 1] alors π = 1.


ii) Si p 0 + p 1 < 1 et µ > 1 alors π ∈ [0, 1[ est l’unique solution sur [0, 1[ de l’équation
G X (s) = s.

On s’intéresse à présent au nombre de générations de bactéries observées avant l’extinction


de la population. Plus précisément, on introduit la variable aléatoire τ à valeurs dans N \ {0}
et telle que Zτ > 0 et Zτ+1 = 0.

22) Montrer que P(τ ≥ n) = P(Zn > 0).


23) En utilisant l’indépendance entre Zn et les variables aléatoires (X i ,n , i ∈ N), montrer
que pour tout k ≥ 1,
E (Zn+1 | Zn = k) = kµ.

24) Montrer par récurrence que pour tout n ≥ 1 on a E(Zn ) = µn = [E(X )]n (Aide : utiliser
la formule des espérances totales).
25) En déduire que P(τ ≥ n) ≤ µn .

Exercice − Approximation d’une loi binomiale par une loi de


Poisson
L’objectif de cet exercice est de démontrer un résultat sur l’approximation d’une loi bi-
nomiale par une loi de Poisson. Ce résultat, établi par Lucien Le Cam, s’énonce ainsi.

Pour n ∈ N \ {0}, soient S n et Tn deux variables aléatoires distribuées respectivement selon


une loi de poisson de paramètres np avec p ∈]0, 1[ et une loi binomiale de paramètres n et p.
Pour tout n ∈ N \ {0} et p ∈]0, 1[,

|P([S n = k]) − P([Tn = k])| ≤ 4np 2 .


X
(3)
k∈N

En particulier, si p = p n = λ/n avec λ > 0, l’inégalité ci-dessus implique que

k ¯¯
−λ λ ¯
¯
¯P([Tn = k]) − e

lim ¯ = 0.
n→∞
k∈N k! ¯

En d’autres termes, la loi binomiale de paramètres n et λ/n peut être approchée pour n suf-
fisamment grand par une loi de Poisson de paramètre λ.

Les questions ci-dessus reprennent le schéma de la démonstration de L. Le Cam. On intro-

Option B Mardi 16 mai, matin Page 6/8


BÉCÉAS 2023

duit tout d’abord le couple aléatoire (X , Y ) : (Ω, A , P) → (N2 , P (N2 )) tel que, pour p ∈]0, 1[,


 e−p − p + pe−p si i = j = 0,

 p − pe−p

si i = 0 et j = 1,
P([X = i ] ∩ [Y = j ]) =


 pe−p si i = j = 1,
 −p i

e p /i ! si i ≥ 2 et j = 0

1) Donner l’expression, en fonction de p, de la probabilité P([X ≥ 2] ∩ [Y = 0]).


2) Déterminer l’ensemble E ⊂ N2 des valeurs prises par le couple aléatoire (X , Y ).
3) Pour tout k ∈ N, donner en fonction de p l’expression de la probabilité P([X = k]).
Quelle est la loi suivie par la variable aléatoire X ?
4) Donner les expressions des probabilités P([Y = 0]) et P([Y = 1]). Quelle est la loi suivie
par la variable aléatoire Y ?
5) Justifier le fait que P([X = Y ]) = P([X = 0] ∩ [Y = 0]) + P([X = 1] ∩ [Y = 1]).
6) Montrer que pour tout x ≥ 0 on a l’inégalité e−x ≥ 1 − x.
7) Déduire des questions 5) et 6) que P([X = Y ]) ≥ 1 − 2p 2 .

On introduit à présent les n ∈ N\{0} couples aléatoires {(X i , Yi ), i = 1, · · · , n} que l’on suppose
indépendants et de même loi que le couple aléatoire (X , Y ) introduit en début d’exercice. On
pose
n
X n
X
S n := X i et Tn := Yi .
i =1 i =1

8) Quelle est la loi suivie par la variable aléatoire S n ? Même question pour la variable
aléatoire Tn .
9) En utilisant le fait que si X i = Yi pour tout i = 1, · · · , n alors S n = Tn , montrer que

n
[
[S n ̸= Tn ] ⊂ [X i ̸= Yi ].
i =1

10) En déduire que P([S n ̸= Tn ]) ≤ 2np 2 .


11) Montrer que P([S n ∈ A]) ≤ P([Tn ∈ A])+P([S n ̸= Tn ]) pour tout sous-ensemble A de N.
(Aide : exprimer la probabilité P([S n ∈ A]) en utilisant la formule des probabilités to-
tales avec la partition de Ω suivante : {[S n = Tn ], [S n ̸= Tn ]}).
12) En déduire que pour tout A ⊂ N, on a P([S n ∈ A]) − P([Tn ∈ A]) ≤ 2np 2 .
13) Montrer que l’on a également P([Tn ∈ A]) − P([S n ∈ A]) ≤ 2np 2 .

On introduit l’ensemble A n := {k ∈ N | P([S n = k]) > P([Tn = k])} ⊂ N.

Option B Mardi 16 mai, matin Page 7/8


BÉCÉAS 2023

14) Montrer que

|P([S n = k]) − P([Tn = k])| = P([S n ∈ A n ]) − P([Tn ∈ A n ])


X
k∈N
+ P([Tn ∈ N \ A n ]) − P([S n ∈ N \ A n ]).

15) Déduire l’inégalité (3) des questions précédentes.

Option B Mardi 16 mai, matin Page 8/8


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Banque d’Épreuves des Concours des Écoles


d’Actuariat et Statistique
Session 2023

Épreuve de français
Durée : 2h

Ce texte doit être résumé en 200 mots (au sens où l’entendent les typographes ; par exem-
ple : il n’est pas, c’est-à-dire, le plus grand, comptent respectivement pour 4, 4, 3 mots). Une
marge de plus ou moins dix pour cent est tolérée. Tout dépassement de cette marge est pé-
nalisé.
Vous placerez une simple barre tous les 10 mots et une double barre tous les 50 mots.
Vous indiquerez le total des mots utilisés. Vous écrirez une ligne sur deux pour faciliter la
correction.

Français Lundi 15 mai, après-midi Page 1/4


BÉCÉAS 2023

« Déclassement » : le mot est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Il désigne un phénomène
de rupture qui conduit un individu à perdre sa position sociale. Plus de 300.000 salariés, hier
encore protégés par un contrat à durée indéterminée, ont été licenciés au cours de l’année
2009 et sont aujourd’hui au chômage, sans autre perspective que de longs mois d’incertitude
financière et psychologique.

[. . .] Aujourd’hui omniprésente, la notion de déclassement traduit donc une réalité pres-


sante et sensible, dont de nombreux travaux ont tenté récemment de prendre la mesure.
Mais elle doit être distinguée d’un autre phénomène, encore plus décisif : la peur du déclas-
sement.

Cette angoisse sourde, qui taraude un nombre croissant de Français, repose sur la convic-
tion que personne n’est « à l’abri », qu’une épée de Damoclès pèse sur les salariés et leurs
familles, que tout un chacun risque à tout moment de perdre son emploi, son salaire, ses
prérogatives, en un mot son statut. La peur du déclassement ne règne pas tant aux marges
de la société qu’en son cœur. Elle assiège les ouvriers, les employés, les travailleurs précaires,
mais, plus encore, les classes moyennes et supérieures, celles qui bénéficient des meilleurs
statuts et des protections les plus efficaces et qui ont donc beaucoup à perdre. Elle com-
mande la perception de soi, les formes de la confiance, les attentes, la représentation que
l’on se fait de l’avenir.

Le déclassement et la peur du déclassement : les deux phénomènes ne sont ni de même


nature, ni de même ampleur, et il est essentiel de ne pas les confondre si l’on veut com-
prendre les problèmes dont souffre aujourd’hui la société française. Un exemple suffira à
montrer tout ce qui les distingue. En 2007, l’INSEE recensait 14.600 sans-abri ; si l’on retient
le chiffre de 100.000 personnes, avancé par les associations d’aide aux SDF, on peut calculer
que 0,16 % de la population vit dans la rue. Or, d’après un sondage réalisé en 2006, 48 % des
Français pensent qu’ils pourraient un jour devenir SDF ; deux ans plus tard, avec la récession,
cette peur s’est encore accrue, 60 % des personnes s’estimant désormais menacées.

Si le déclassement est un fait que l’on peut mesurer statistiquement et qui touche d’abord
les populations fragiles, la peur du déclassement est d’un autre ordre : elle est un phénomène
global et diffus qui, en gouvernant l’imaginaire des individus et des groupes, commande de
très nombreux comportements et mouvements sociaux. Elle n’a rien d’une idéologie abs-
traite ; au contraire, elle repose sur un ensemble de faits bien réels, mais elle en extrapole le
sens et en redouble l’ampleur. Elle est une variable-clé pour rendre compte du fonctionne-
ment de la politique, de l’économie et de la société françaises.

Avant de comprendre pourquoi cette angoisse est devenue aussi répandue, il faut prendre
la mesure du drame personnel et familial que constitue le déclassement dans la France d’au-
jourd’hui, tout particulièrement quand il frappe des salariés au beau milieu de leur carrière.
Dans un rapport remis en juillet 2009 à la secrétaire d’État à la prospective, les chercheurs
du Centre d’analyse stratégique ont bien mis en lumière la complexité du phénomène. Être
licencié, en France, c’est d’abord subir une période de chômage parmi les plus longues des
pays développés ; c’est ensuite être condamné à ne retrouver que des formes précaires et
dégradées d’emploi, sans rapport avec le statut initialement perdu ; et il va sans dire qu’une
telle relégation est lourde de conséquences financières et psychologiques. Ainsi entendu, le
déclassement frappe en priorité les ouvriers et les employés, notamment dans les PME ; mais
il touche de plus en plus les cadres du privé, dont les statuts, naguère si solides, se sont fra-
gilisés à mesure que leurs emplois se banalisaient. Les fonctionnaires restent à l’abri de ces

Français Lundi 15 mai, après-midi Page 2/4


BÉCÉAS 2023

formes radicales de déclassement, mais ils ne sont pas protégés contre les remises en cause
rampantes de leurs avantages statutaires (en termes de retraite par exemple), ni contre la
progressive détérioration de leurs conditions de travail, aggravée par les départs à la retraite
non renouvelés et les baisses d’effectifs.

Qu’elles travaillent dans le public ou le privé, qu’elles soient salariées ou indépendantes,


les familles sont menacées par une autre forme de déclassement : celle qui survient lorsque
les enfants ne parviennent pas à se faire une place sur le marché du travail et dans la société.
[. . .] En 2008, parmi les jeunes sortis de l’école depuis moins de 5 ans, 47 % des non-diplômés
étaient au chômage contre à peine 7 % des diplômés du supérieur, soit un écart de 40 points
encore jamais atteint par le passé. Échouer à l’école n’a jamais été aussi disqualifiant.

Il y a donc une réalité du déclassement, et celle-ci est terrible : elle affecte l’équilibre des
individus et des familles tout en minant les fondements du pacte social. Et pourtant, l’im-
mense majorité des Français reste à l’abri d’un déclassement effectif. Si le déclassement est
au cœur des préoccupations d’un si grand nombre de personnes, ce n’est pas parce qu’elles
ou leurs proches l’ont subi ; c’est parce que son coût potentiel n’a jamais été aussi impor-
tant. Ce que l’on pourrait perdre est tellement fondamental, constitue à tel point le socle de
tout notre être social, que ce seul risque suffit à nourrir une anxiété d’ordre existentiel. Les
pays où les pertes d’emploi suscitent la plus grande peur sont paradoxalement ceux où les
emplois sont les mieux protégés et les statuts les plus difficiles à perdre : la probabilité de
retrouver un emploi protégé y étant mécaniquement plus faible, ce qui se perd est beaucoup
plus précieux qu’ailleurs. [. . .]

La notion française de déclassement n’a guère d’équivalent aujourd’hui dans les pays
anglo-saxons et scandinaves. Elle est symptomatique de notre vieille société inégalitaire et
hiérarchique, encore aristocratique à de nombreux égards, où rangs et dignités s’accordent
pour la vie et ont vocation à rester dans la famille. [. . .] Ce qui se développe en premier lieu
aujourd’hui n’est pas le déclassement effectif des classes populaires, mais la peur du dé-
classement au sein des classes moyennes et supérieures, avec tout ce que cela implique de
comportements séparatistes en matière résidentielle et scolaire. [. . .]

Les découvertes scientifiques, les progrès techniques, la croissance économique sont des
facteurs de changement social ; mais les périodes de stagnation jouent aussi un rôle primor-
dial dans l’élaboration des sociétés. Quand elles surviennent, les récessions ont pour consé-
quence première d’augmenter la polarisation sociale et le coût que représente la perte d’un
statut protégé. Cet effet social entraîne la diffusion, dans toute la société, d’une peur du dé-
classement (effet psychologique), laquelle déclenche à son tour un ensemble de décisions
et de comportements qui remodèlent de fond en comble le paysage idéologique (effet po-
litique), même longtemps après que la récession a pris fin. Ici résident ses effets les plus
durables. L’expérience universellement partagée n’est donc pas celle du déclassement (qui
ne survient qu’au prix d’une destruction de la société, comme dans l’Allemagne des années
1920), mais celle de la peur du déclassement. [. . .]

Pour étudier ce phénomène, observable lors des grandes crises que la France a traver-
sées (par exemple en 1974 et en 1993), il faut esquisser une sociologie des récessions, qui ne
peut se déployer que sur le long terme et dans un triple registre social, psychologique et po-
litique... L’Enquête emploi de l’INSEE qui couvre la période 1975-2008 livre des informations
capitales sur le rôle respectif de l’origine sociale et des diplômes au moment de l’insertion
sur le marché du travail. On voit alors à quel point les récessions influencent les comporte-

Français Lundi 15 mai, après-midi Page 3/4


BÉCÉAS 2023

ments et infléchissent les attentes, tout particulièrement au sein des générations qui les ont
subies au moment d’entrer sur le marché du travail ; en un mot, à quel point les récessions,
en raison de leur caractère profondément anxiogène, façonnent les sociétés en accentuant
leur propension au pessimisme et au conservatisme social.

Éric Maurin, « La peur du déclassement. Une sociologie des récessions ».


Seuil (La République des Idées) 2009, pp. 5-11.

Français Lundi 15 mai, après-midi Page 4/4


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Banque d’Épreuves des Concours des Écoles


d’Actuariat et Statistique
Session 2023

Épreuve d’anglais
Durée : 2h

L’épreuve est constituée de deux parties : un résumé et une traduction. Vous rédigerez
ces deux parties sur deux copies séparées, sur lesquelles vous indiquerez respectivement
« Anglais / résumé » et « Anglais / traduction ».

Anglais Mardi 16 mai, après-midi Page 1/4


BÉCÉAS 2023

1 Summarize this text in English in 200 words (+/- 10%)


Indicate the number of words on your exam paper.

The Real World Costs of the digital race for bitcoin


By Gabriel J.X. Dance. April 9, 2023
Texas was gasping for electricity. Winter Storm Uri had knocked out power plants across
the state, leaving tens of thousands of homes in icy darkness. By the end of Feb. 14, 2021,
nearly 40 people had died, some from the freezing cold.
Meanwhile, in the husk of a onetime aluminum smelting plant an hour outside of Austin,
row upon row of computers were using enough electricity to power about 6,500 homes as
they raced to earn Bitcoin, the world’s largest cryptocurrency.
The computers were performing trillions of calculations per second, hunting for an elu-
sive combination of numbers that Bitcoin’s algorithm would accept. About every 10 minutes,
a computer somewhere guesses correctly and wins a small number of Bitcoins worth, in re-
cent weeks, about $170,000. Anyone can try, but to make a business of it can require as much
electricity as a small city.
In Texas, the computers kept running until just after midnight. Then the state’s power
grid operator ordered them shut off, under an agreement that allowed it to do so if the sys-
tem was about to fail. In return, it began paying the Bitcoin company, Bitdeer, an average
of $175,000 an hour to keep the computers offline. Over the next four days, Bitdeer would
make more than $18 million for not operating, from fees ultimately paid by Texans who had
endured the storm.
The New York Times has identified 34 such large-scale operations, known as Bitcoin
mines, in the United States, all putting immense pressure on the power grid and most find-
ing novel ways to profit from doing so. Their operations can create costs — including higher
electricity bills and enormous carbon pollution — for everyone around them, most of whom
have nothing to do with Bitcoin.
Until June 2021, most Bitcoin mining was in China. Then it drove out Bitcoin operations,
at least for a time, citing their power use among other reasons. The United States quickly
became the industry’s global leader.
Since then, precisely how much electricity Bitcoin mines are using in America and their
effect on energy markets and the environment have been unclear. The Times, using both
public and confidential records as well as the results of studies it commissioned, put the
most comprehensive estimates to date on the largest operations’ power use and the ripple
effects of their voracious demand.00 It is as if another New York City’s worth of residences
were now drawing on the nation’s power supply, The Times found.
In some areas, this has led prices to surge. In Texas, where 10 of the 34 mines are con-
nected to the state’s grid, the increased demand has caused electric bills for power customers
to rise nearly 5 percent, or $1.8 billion per year, according to a simulation performed for The
Times by the energy research and consulting firm Wood Mackenzie.
The additional power use across the country also causes as much carbon pollution as
adding 3.5 million gas-powered cars to America’s roads, according to an analysis by Watt-
Time, a nonprofit tech company. Many of the Bitcoin operations promote themselves as
environmentally friendly and set up in areas rich with renewable energy, but their power
needs are far too great to be satisfied by those sources alone. As a result, they have become a
boon for the fossil fuel industry: WattTime found that coal and natural gas plants kick in to
meet 85 percent of the demand these Bitcoin operations add to their grids.

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Their massive energy consumption combined with their ability to shut off almost in-
stantly allows some companies to save money and make money by deftly pulling the levers of
U.S. power markets. They can avoid fees charged during peak demand, resell their electricity
at a premium when prices spike and even be paid for offering to turn off. Other major energy
users, like factories and hospitals, cannot reduce their power use as routinely or dramatically
without severe consequences.
In some states, notably New York, Pennsylvania and Texas, Bitcoin operators’ revenue can
ultimately come from other power customers. The clearest example is Texas, where Bitcoin
companies are paid by the grid operator for promising to quickly power down if necessary to
prevent blackouts. In practice, they rarely are asked to shut down and instead earn additional
money while doing exactly what they would have been doing anyway: seeking Bitcoin. Five
operations have collectively made at least $60 million from that program since 2020, records
show.
Several of the companies are being paid through these agreements a majority of the time
they operate. Most years, they are asked to turn off for only a few hours, at which point they
are paid even more.
The windfall for Bitdeer during Winter Storm Uri came through this program, in ex-
change for a fraction of the power it typically used. The company did not respond to requests
for comment. Another Bitcoin company made tens of millions of dollars reselling electricity
during the storm — and ultimately stands to earn as much as $125 million — according to its
financial filings, which were previously reported by the Tech Transparency Project. A third
company told investors that another natural disaster like Uri could be a significant business
opportunity.
“Ironically, when people are paying the most for their power, or losing it altogether, the
miners are making money selling energy back to Texans at rates 100 times what they paid,”
said Ed Hirs, who teaches energy economics at the University of Houston and has been crit-
ical of the industry. In interviews and statements, many of the companies said they were
no different from other large power users except for their willingness to shut off quickly to
benefit the grid. Several objected to the method The Times and WattTime used to estimate
their emissions, which calculated the pollution caused by the additional power generated to
satisfy the mines’ demand, showing it to overwhelmingly come from fossil fuels.
The companies said this method held them to an unfair standard. “The analysis cited
could be used to attack any industry that consumes power,” said David Fogel, the chief exec-
utive of Coinmint, which operates in upstate New York. “I think the entire notion of singling
out specific industries like this is unfair.”
But WattTime’s method is the one many energy and climate experts recommend for mea-
suring the environmental effects of increased power use by any industry, particularly one
that grows so large so suddenly.
Some in the industry have pushed back against suggestions that it is directly responsible
for any environmental harm.
A May 2022 letter to the Environmental Protection Agency, signed by many of the biggest
companies, said their operations “released” no pollutants. “Bitcoin miners have no emis-
sions whatsoever,” it said. “Associated emissions are a function of electricity generation.”
Nic Carter, a partner at a crypto-focused venture capital firm and a prominent Bitcoin
advocate who told The Times he was the letter’s primary author, said he was playing a “lan-
guage game” when he wrote that Bitcoin mining has no emissions. At the time, he said, he
felt the industry was being unfairly singled out.
“Maybe the more sincere point is like, we’re already fully aware of the emissions associ-

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ated with utilities generating grid power,” he said.


Many academics who study the energy industry said Bitcoin mining was undoubtedly
having significant environmental effects.
“They’re adding hundreds of megawatts of new demand when we already face the need
to rapidly cut fossil power,” said Jesse Jenkins, a Princeton professor who studies electrical
grid emissions. “If you care about climate change,” he added, “then that’s a problem.”

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FTX founder Sam Bankman-Fried to be released on $250 million bail and will live with his
parents
By Associated Press. Updated: 23/12/2022
Cryptocurrency entrepreneur Sam Bankman-Fried walked out of a Manhattan court-
house on Thursday with his parents after they agreed to sign a $250 million bond and keep
him at their California home while he awaits trial on charges that he swindled investors and
looted customer deposits on his FTX trading platform.
Assistant US Attorney Nicolas Roos said in federal court that Bankman-Fried, 30, "perpe-
trated a fraud of epic proportions".
Roos proposed strict bail terms, including the $250 million bond — which he said is be-
lieved to be the largest federal pretrial bond ever — and house arrest at his parents’ home
in Palo Alto. An important reason for allowing bail was that Bankman-Fried, who had been
jailed in the Bahamas, agreed to be extradited to the US, Roos said.
Reunited with his parents and lawyers inside the courthouse, an apparently silent Bankman-
Fried shook the hands of a supporter before heading out the door, where photographers and
video crews rushed him until he left in a car.
Magistrate Judge Gabriel W Gorenstein agreed to the bond and house arrest, though he
required that an electronic monitoring bracelet be affixed to Bankman-Fried before he left
the courthouse. Roos had asked it be attached Friday in California.
Bankman-Fried was shackled at the ankles when he entered the courtroom in a suit and
tie to take a seat between his attorneys. Near the end of the hearing, he was asked by Goren-
stein whether he understood he would face arrest and owe $250 million if he chose to flee.
"Yes, I do," Bankman-Fried answered.
Soon afterwards, the hearing ended and Bankman-Fried, his hands in his front pants
pockets, was led out by two US marshals. His next court date was scheduled for Jan. 3, when
he is to appear before the judge who will preside over the case.

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