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Rotations et assolements en agriculture

Ce document traite des rotations et assolements agricoles. Il définit ces termes et explique leurs objectifs. Il examine ensuite les fondements naturels des rotations et alternances de cultures, en considérant les facteurs du milieu physique et biologique. Finalement, il présente les raisons des assolements en agriculture.

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Rotations et assolements en agriculture

Ce document traite des rotations et assolements agricoles. Il définit ces termes et explique leurs objectifs. Il examine ensuite les fondements naturels des rotations et alternances de cultures, en considérant les facteurs du milieu physique et biologique. Finalement, il présente les raisons des assolements en agriculture.

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2420TA

ROTATIONS ET ASSOLEMENTS
par
Jacques Boyeldieu
Ingénieur Agricole Professeur à l’Institut National Agronomique Paris-Grignon (INA–PG)

SOMMAIRE ANALYTIQUE
I. Définitions et objectifs (1 à 4)
II. Fondements naturels de la rotation ou de l’alternance des cultures (5 à 29)
A. Cultures répétées ou cultures alternées (5 à 8)
B. Facteurs du milieu physique (9 à 16)
1. Climat (10 à 15)
2. Sol (16 et 17)
C. Facteurs biologiques (18 à 29)
Liste 1. Parasitisme (19 à 21)
2. Flore adventice (22 à 27)
3. Phénomènes d’allélopathie et autres effets de précédents (28 et 29)

III. Raisons de l’assolement (30 à 46)


Ta b l e
A. Organisation des travaux agricoles (33 à 35)
B. Impératifs économiques (36 à 38)
C. Structures et caractéristiques de l’exploitation (39 à 42)
D. Facteurs humains (43 à 46)
Index 1. Facteurs humains de l’exploitation (44)
2. Facteurs socio-professionnels de l’environnement (45 et 46)

IV. Adaptation de l’assolement (47 à 64)


Glossaire A. Extension d’une culture au détriment d’une autre (54 à 56)
B. Introduction d’une culture nouvelle (57 et 58)
C. Modification de la structure de l’exploitation (59 à 64)

V. Conclusion (65)

©Techniques Agricoles 2420

Document à usage pédagogique


ROTATIONS ET ASSOLEMENTS
TA 2420
INDEX ALPHABÉTIQUE
Adventice, 22. Facteurs biologiques, 18. Précipitations, 11, 14.
Allélopathie, 29. – économiques, 36. Ravageurs, 19.
Assolement, 2. – humains, 43. Réserve en eau, 17.
– (choix de l’), 47. Faune du sol, 29. Rotation, 3.
– (plan d’), 39. Flore adventice, 22. – biennale, 3, 35.
– microbienne, 29. – fourragère, 3, 35.
Calcaire, 17.
Froid, 10. – quadriennale, 3, 35.
Chaleur, 10.
– triennale, 3, 35.
Chlorose, 16. Gelées, 10, 14.
Climat, 9. Grêle, 13. Sécheresse, 11, 15.
Coupure, 8. Sol, 9, 16.
Humus, 29.
Cultures (alternance des), 5, 20, 24. – acide, 17.
– associées, 7. Intensification, 9, 59. – (fatigue du), 28.
– alternées, 5. Irrigation, 9, 63. – (profondeur du), 17.
– annuelles, 4. – (texture du), 17.
Lutte intégrée, 20.
– dérobées, 8. Structures d’exploitation, 39, 59.
– intercalaires, 8. Milieu, 9.
Température, 10.
– répétées, 5. – édaphique, 16.
Texture du sol, 17.
Monoculture, 4.
Déchaumage, 24. Travaux agricoles, 33.
Demi-jachère, 25. Parasitisme, 19.
Vent, 13.
Désherbage chimique, 23. Parcelle, 39. Liste
Drainage, 8, 63. Perméabilité, 17.
Photopériode, 13.
Echaudage, 12.
Plan d’assolement, 39.
Ensoleillement, 13.
Pluies, 11.
Environnement, 45.
Extensification, 59.
Précédents, 28. Ta b l e

I n dex

Glossaire

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2420TA ROTATIONS ET ASSOLEMENTS

I. DÉFINITIONS ET OBJECTIFS II. FONDEMENTS NATURELS


DE LA ROTATION OU DE L’ALTERNANCE
1.– Au sein d’une exploitation agricole, la répartition des
différentes cultures selon les parcelles de terre varie géné- DES CULTURES
ralement d’une année à l’autre.
A. Cultures répétées ou cultures alternées
L’ensemble des choix concernant cette répartition intègre
explicitement ou non un très grand nombre de facteurs 5.– Depuis longtemps et dans les milieux les plus divers
de l’exploitation et de son environnement. l’homme a observé certains inconvénients pouvant
découler de la répétition d’une même culture sur le
2.– L’assolement, ou division de la surface cultivée en même terrain, et les bénéfices que pouvait apporter
plusieurs « soles » portant chacune une culture détermi- l’alternance.
née, considère la répartition des cultures pour une année Par contre certains milieux sont particulièrement favora-
donnée ; il exprime donc le travail de l’agriculteur et les bles à une plante précise, et l’on y constate sa répétition
productions qui en découlent. L’assolement permet une parfois très prolongée.
répartition des risques et des travaux agricoles.
Ainsi nous rencontrons, selon les conditions de milieu,
3.– La rotation , ou succession des cultures, exprime, soit des cultures en rotation, dont la pratique ancienne
pour une parcelle précise, les diverses cultures qui se suc- est déjà attestée par les auteurs latins, soit la production
cèdent au cours des années. Cette succession présentant répétée d’une même culture.
souvent une certaine périodicité, on retrouve tous les 2 Chaque habitude culturale mérite d’être analysée, afin
Liste (biennales), 3 (triennales), 8 ou 12 ans, la même suite de d’en saisir les justifications et les conséquences possibles.
plantes occupant le terrain. Cette suite de quelques cul- Avec l’introduction de nouveaux moyens de travail et
tures revenant (plus ou moins) régulièrement est nom- d’intervention, l’agriculteur est conduit à remettre en
mée rotation. question ces habitudes, et il peut adopter de nouvelles
Ta b l e méthodes dans la mesure où il est capable d’en contrôler
Par exemple, dans la rotation triennale classique, à une
les risques et inconvénients éventuels. Lorsque le choix
plante sarclée (betterave, pomme de terre, ou autre…),
est possible entre une culture répétée et la rotation de
succédait un blé d’hiver, puis une céréale de printemps
plantes différentes, le praticien arrête ses décisions en
(avoine ou orge) (cf. fig. 1 à 4).
fonction de deux séries de facteurs : d’abord les données
Index Bien entendu ces 3 cultures étaient entreprises, chaque agronomiques, provenant des observations empiriques
année, sur des parcelles différentes de l’exploitation. Par et des études scientifiques, et d’autre part les impératifs
conséquent à une rotation betterave – blé – orge corres- économiques et d’organisation du travail. On retient la
pondait un assolement comportant approximativement solution qui présente le moins d’inconvénients, mais
un tiers de chacune de ces productions. l’appréciation du poids des divers inconvénients possi-
Glossaire bles peut varier largement avec les caractéristiques des
D’où la confusion courante des termes assolement et exploitations.
rotation. Précisons que les surfaces occupées par des
Par exemple, si les sols, comme dans les Landes, restent
plantes pérennes (prairie permanente, plantations frui-
gorgés d’eau tout l’hiver, interdisant la culture des céréa-
tières ou vigne, etc.) n’entrent pas dans la rotation.
les d’automne, le maïs s’avère la plante capable de tirer le
4.– Les cultures annuelles peuvent, pour certaines d’entre meilleur parti de ces sols sableux et c’est une quasi
elles, être répétées chaque année sur le même terrain : on monoculture de maïs qui s’est imposée.
parle alors de monoculture (par exemple, monoculture Cependant les exploitations qui entretiennent des éleva-
du maïs dans diverses zones du sud-ouest). Ce terme est ges bovins ou ovins comportent des cultures fourragères,
d’ailleurs impropre puisqu’on rencontre souvent plu- en particulier des prairies temporaires, qui entrent alors
sieurs « monocultures » juxtaposées ; maïs se succédant à en rotation avec le maïs.
lui-même, vigne, aspergeraie, prairie permanente ou 6.– On doit souligner que la première contrainte qui
semée plusieurs fois sur le même sol. Il ne s’agit donc pas s’impose à l’agriculteur est la gamme des cultures possibles.
forcément d’une « monoproduction » occupant quasi
tout l’espace agricole d’une région, ou d’une exploita- Cette possibilité est toujours relative, c’est-à-dire que cer-
tion, mais simplement d’un retour d’une même culture taines cultures, sans être absolument impossibles, sont
sur une surface donnée. mal placées, au point de vue écologique ou au point de
vue économique.
Dans ce cas, il n’y a pas de rotation et cette situation jus- 7.– Les cultures associées. L’effet sanitaire de la rotation
tement fait apparaître des problèmes agronomiques. ne dépend pas seulement du changement de culture ; il
L’assolement dépend des décisions prises chaque année, faut aussi choisir des variétés résistantes ou tolérantes, et
en fonction de l’organisation du travail, des nécessités mettre en œuvre les techniques propres à réduire le
économiques, et de toutes les données humaines. La niveau des ennemis des cultures.
rotation découle certes du choix des cultures, mais en Par exemple, on peut cultiver en dérobée une variété de
tenant compte de toute une série de connaissances et radis fourrager servant de plante-piége pour le nématode
d’observations agronomiques, en interaction avec les de la betterave. La population de ces vers est alors sensi-
techniques de travail et la conduite des cultures. blement abaissée.

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ROTATIONS ET ASSOLEMENTS
TA 2420

jachère (s Récolte Implantation


e de
riod ol n du blé
Pé u)
A S O N
J J
F M A M Implantation M D
J A J
D J

F
1

M
N

J
Plante

O N D J

A M
Demi-jachère

A
O

Jachère sarclée 2
Blé
S

J J A
d’hive
3 r
A

A S
Récolte Céréale
Blé d’hiver

S
J

S
Sem secondaire

O
is (de printemps) Récolte
J

J
Récolte du blé
O

M
M

N D A
A N J F M
M D
F J
Demi-jachère
Implantation

Fig. 1. – Rotation biennale Fig. 2. – Rotation triennale

Liste
Récolte Implantation R Semis

AS O N D J F M A M
Implantation JJ M F J
M A J Ta b l e
A J
M
FM

Ray-grass

A
Récolte
JJ

1 2 d’Italie
Plante Blé Implantation
AS O N D J

AS

Maïs
N

Demi-jachère sarclée d’hive


r
A N D J

Fourrages
Récolte I n dex
S

S
4 3 Blé d’hiver Implantation
F
JJ

Blé Trèfle Semis du


O
Récolte
M

ray-grass
M

J
A
A

N
M

J
M JA Récolte du blé D
J F S O M
N D A J
M F Glossaire
Implantation Récolte (fin)

Fig. 3. – Rotation quadrienna Fig. 4. – Rotation fourragère

Les nématodes à kyste de la pomme de terre obligent égale- effets résiduels néfastes, en particulier à réduire les ris-
ment à faire un choix judicieux des cultivars mis en place. ques d’explosion de certains compétiteurs des végétaux
Il faut mentionner l’intérêt écologique présenté par cultivés.
l’association ou le mélange de cultures différentes, ou de Ainsi l’introduction d’une « coupure », c’est-à-dire d’une
cultivars différents d’une même espèce. plante très différente de la culture précédente, est intéres-
Cette pratique ancienne, encore répandue dans les régions sante dans la mesure où elle abaisse par elle-même, ou
du globe où le travail agricole reste essentiellement permet de diminuer par des techniques appropriées, le
manuel, permet de valoriser au mieux le potentiel du niveau des risques encourus lors du retour à la culture
milieu et de limiter certains risques culturaux. C’est le cas précédente.
de la juxtaposition de quelques lignes de maïs et de bandes Des cultures dérobées (inter-cultures) ou des cultures
de cultures basses (haricots, cucurbitacées, pommes de intercalaires conduites dans un intervalle séparant deux
terre…), dans une même parcelle. C’est aussi le cas des cultures principales peuvent parfois jouer ce rôle de cou-
associations fourragères de graminées et de légumineuses. pure.
Les études les plus poussées sur ces associations ont été
conduites sur les « cultures en strates » dans les Oasis. B. Facteurs du milieu physique
Mais le simple mélange de plusieurs variétés d’une 9.– Le climat et le sol sont les données fondamentales de
céréale permet déjà de freiner la rapidité d’extension de l’exploitation agricole. Certes les progrès techniques à la
certains parasites. disposition de l’agriculture permettent à l’exploitant de
8.– La rotation ou l’alternance des cultures ne peut se lever certaines contraintes du milieu, mais les coûts de
réduire à un simple changement d’espèce cultivée, mais ces interventions ne permettent pas toujours de les met-
inclut une série d’interventions destinées à supprimer les tre en œuvre.

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2420TA ROTATIONS ET ASSOLEMENTS

L’intensification de la production agricole est obtenue par b) Précipitations


une artificialisation croissante du milieu, et a conduit à des 11.– Les précipitations jouent un rôle primordial dans
modifications profondes des fondements de la rotation. l’alimentation hydrique des cultures et dans l’accessibilité
Par exemple, la richesse naturelle du sol n’est plus à des terres pour les opérations de culture ou de récolte.
l’heure actuelle un facteur contraignant de l’agriculture Le régime des pluies doit être étudié en rapport avec les
dans les régions riches : le recours aux engrais chimiques cycles des cultures et avec les propriétés du sol. La succes-
permet de couvrir tous les besoins nutritifs des cultures. sion de périodes plus ou moins sèches et de périodes
Autres améliorations, le drainage (cf. fasc. 5550) et/ou arrosées commande les opérations de préparation du sol,
l’irrigation (cf. fasc. 5500) autorisent des cultures aupara- de semis des cultures, et bien sûr de récolte. Ainsi l’asso-
vant impossibles, ou leur permettent d’atteindre des lement doit choisir les espèces et les cultivars qui peuvent
niveaux de production rentable. s’intégrer dans les séquences climatiques prévisibles.
Mais à part le cas d’une artificialisation totale par la créa- Les besoins en eau varient avec les espèces et avec le
tion de chambres de culture, le milieu physique com- déroulement du cycle de chaque cultivar.
mande les choix de l’agriculteur.
Par exemple, il est connu que le sorgho résiste mieux que
le maïs à un déficit hydrique. Aussi en culture sèche le
1. Climat préfèrera-t-on si les pluies estivales sont réduites et si le
a) Températures sol a une réserve en eau limitée.
10.– Les températures constituent le premier groupe de 12.– Autre situation pédoclimatique entraînant fréquem-
Liste facteurs limitants. Elles agissent en éliminant dans une ment des conséquences pour le choix des variétés :
situation déterminée, les espèces et variétés dont le cycle Les risques d’échaudage des céréales à paille sont particu-
n’est pas compatible avec l’ensemble des conditions ther- lièrement élevés lorsque les pluies sont réduites et les
miques régnantes. températures élevées en fin de printemps, surtout si les
Ta b l e Des températures défavorables peuvent détruire la cul- réserves hydriques se trouvent vite épuisées.
ture ou seulement abaisser sensiblement son potentiel de Dans ces situations à niveau élevé de risque, une espèce
production. précoce (orge d’hiver), ou une variété précoce de blé
La température peut exercer une influence défavorable pourra échapper le plus souvent à l’échaudage. C’est
par de nombreuses voies : pour cela que les régions méridionales de la France, ou
Index les terres à faible réserve hydrique, utilisent des cultivars
• L’action du froid : gel hivernal de la plante, destruction précoces.
d’organes particulièrement sensibles, comme les bour-
geons, les fleurs, les fruits, par des gelées même fugaces c) Autres facteurs atmosphériques
au printemps ou à l’automne. 13.– D’autres facteurs atmosphériques influent sur le
Glossaire • L’insuffisance thermique freine l’activité du végétal et choix des cultures constituant la rotation :
empêche l’accomplissement de son cycle. Tout au moins • Le vent, en certaines situations, interdit les cultures fra-
elle retarde ce cycle, ou la maturité, donc les opérations giles, sensibles à la rupture ou à la verse. Ou du moins ces
de récolte. cultures nécessiteront l’établissement de protection
Aussi l’agriculteur attache-t-il une grande importance à comme les brise-vents.
la précocité des cultivars particulièrement pour des espè- • La grêle est un accident très grave pour toute culture,
ces comme le maïs, dont la maturité tardive peut soule- mais plus encore pour les cultures fruitières ou légumiè-
ver de grosses difficultés. res. Il y a certaines possibilités de s’assurer contre le ris-
• L’excès de chaleur peut inversement entraîner des acci- que de grêle, mais dans les zones à risque élevé les cultu-
dents comme la coulure (absence de fécondation d’une res sensibles doivent être bannies.
fleur) et l’échaudage des grains. • L’ensoleillement varie largement selon les régions et
En tout cas une température excessive provoque une l’exposition de la parcelle. Pour la qualité de certaines
transpiration élevée et entraîne une fermeture des sto- productions (fruits, fleurs), une durée élevée d’enso-
mates, ce qui freine la photosynthèse. leillement est nécessaire.
• Une insuffisance des basses températures, ou des écarts • La photopériode, ou durée journalière d’éclairement,
thermiques entre le jour et la nuit gène le déroulement conditionne le bon déroulement du cycle de nombreuses
du cycle des plantes ayant des exigences thermopériodi- plantes : toutes les variétés photosensibles ne peuvent
ques précises : ainsi certains cultivars fleurissent irrégu- mûrir correctement que dans certaines limites photopé-
lièrement ou ne fructifient pas sous certains climats. riodiques. C’est un des facteurs qui interdit le transfert
de plantes à des latitudes nettement différentes.
Les données thermiques doivent être étudiées non seule-
ment au niveau régional, mais aussi à l’échelle du micro- d) Méthodes de la prise en compte des données climatiques
climat. En effet les températures sont fortement influen- 14.– Il importe de souligner que, à part la durée du jour
cées par l’exposition, la pente de la parcelle, les abris ou qui est précisément connue en chaque point du globe, les
obstacles qui peuvent se trouver à proximité, et même la autres phénomènes climatiques sont aléatoires, c’est-à-
couleur et l’état de surface du sol (couverture végétale, dire varient d’une manière imprévisible entre certaines
tassement, humidité). limites extrêmes. La connaissance du climat d’un lieu ne

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ROTATIONS ET ASSOLEMENTS
TA 2420
se réduit pas à mesurer des moyennes pour chaque fac- Ce type de contrainte est une des premières perçues et se
teur physique de l’atmosphère, mais il faut également présente dans de très nombreuses exploitations où exis-
connaître les extrêmes et la probabilité de réalisation de tent des parcelles trop en pente, ou truffées de rochers,
chaque situation. ou encore gorgées d’eau ou inondables. Ces terrains sont
C’est ce qui constitue l’analyse fréquentielle, c’est-à-dire laissés en herbe par impossibilité de les labourer et d’y
la fréquence ou probabilité de manifestation d’une série effectuer les travaux culturaux.
de phénomènes. 17.– Les principaux caractères des sols susceptibles
L’expérience conduit à retenir d’une part quelques phé- d’influencer l’établissement de la rotation sont les suivants :
nomènes critiques pour les cultures, comme les gelées • La profondeur est peut-être le trait essentiel d’un sol,
d’hiver, de printemps et d’automne, et d’autre part des pour ses conséquences tant sur le système racinaire de la
seuils, en deçà ou au-delà desquels une plante va accuser plante que pour le travail du sol.
une baisse sensible de rendement. • La réserve en eau, qui dépend directement de la profon-
C’est le cas de l’insuffisance ou de l’excès de précipita- deur, est en culture sèche un facteur qui commande la
tions au cours de certaines périodes appelées « phases possibilité de faire ou non des cultures exigeantes en eau,
critiques » ou de niveaux thermiques, souvent exprimés spécialement les plantes estivales.
par des indices comme les « Sommes de température » • La texture du sol, c’est-à-dire sa constitution physique,
(cf. fasc. 1060). influe beaucoup sur la facilité de travail de la terre et de
L’analyse fréquentielle portera donc sur la réalisation de récolte des organes souterrains. Ainsi s’explique la locali-
chaque phénomène entraînant des conséquences nota- sation des aspergeraies dans les sols sableux. Liste
bles pour la culture. • La perméabilité et la facilité de drainage du sol condi-
15.– D’autre part, la rotation établie peut se trouver per- tionnent la possibilité de pénétrer sur le terrain aux
turbée, voire bouleversée, par la survenance de circons- périodes d’excédent hydrique. En milieu asphyxique,
tances météorologiques inattendues ou une attaque grave parce que gorgé d’eau, les racines des plantes dépérissent
par un ennemi de la culture. Ta b l e
et la plante elle-même meurt plus ou moins rapidement.
Ainsi nous constatons tous les ans le cas de cultures qui • L’excès ou l’insuffisance de calcaire sont également pris
ne peuvent être mises en places, ou qui disparaissent au en considération dans le choix des cultures : s’il est relati-
cours des premières phases de leur croissance et doivent vement aisé de corriger un sol trop acide, ce n’est pas le
être remplacées. cas d’un milieu trop riche en calcaire, qui provoque la I n dex
En France, cette situation survient surtout pour les chlorose ferrique chez de nombreuses variétés (surtout
emblavements d’automne, parfois sur des surfaces chez la vigne, le poirier, le pêcher).
importantes. Mais dans des régions à climat plus irrégu- Au total l’ensemble des propriétés du sol concourt, en
lier, on note chaque année un écart entre les superficies liaison avec le climat et les moyens disponibles sur
ensemencées et celles qui peuvent être récoltées. Excès l’exploitation, à fixer les contraintes orientant le choix Glossaire
d’eau, sécheresse prolongée, gelée, sont les causes physi- des cultures. On comprend que la réserve en eau du sol,
ques les plus fréquentes de la disparition des cultures. par exemple, n’exerce pas le même rôle limitant selon
Lorsqu’il n’est pas trop tard pour mettre en terre une cul- que la période de croissance des cultures est plus ou
ture de remplacement, cet accident soulève néanmoins moins arrosée, et en fonction de l’existence ou non d’une
une série de problèmes agronomiques : préparation du installation d’irrigation.
sol, mode de resemis, et, depuis l’extension des traite-
ments herbicides, la question de rémanence des produits C. Facteurs biologiques
de traitement dans le sol. 18.– Les plantes croissant dans une parcelle se trouvent
soumises à certaines influences provenant d’êtres vivants
2. Sol et découlant de l’histoire biologique du terrain. Nous pou-
16.– Le milieu édaphique peut présenter lui aussi des carac- vons distinguer trois catégories de facteurs biologiques : le
tères limitant l’implantation de certaines cultures et influant parasitisme, les plantes adventices et l’allélopathie.
par conséquent de manière directe sur la rotation.
Le sol impose des contraintes de deux sortes : 1. Parasitisme
– d’une part, sur le système racinaire de la plante ; par 19.– Parmi les parasites (cryptogamiques et autres) et les
exemple un sol superficiel exclut la betterave à sucre, ravageurs animaux (insectes, vers, etc.), il faut distinguer
puisqu’une couche rocheuse ou imperméable située à selon leur mode de propagation et leurs possibilités de
faible profondeur constitue un obstacle infranchissable maintien dans le milieu, ceux qui se conservent et se
pour le pivot de la betterave ; transmettent par le sol, et les autres dont la dissémina-
– d’autre part, la contrainte peut interdire une opération tion se fait par voie aérienne et parfois à des distances très
culturale indispensable à la culture. C’est le cas de la cul- importantes.
ture de la pomme de terre, maintenant récoltée mécani- 20.– Pour les ennemis des cultures appartenant à ce der-
quement, qui ne peut être placée dans un sol pourvu de nier groupe, les risques d’apparition et d’extension du
cailloux et pierres : les cailloux de la dimension des parasite ne dépendent qu’accessoirement des caractères
tubercules ne peuvent en être séparés par la machine. du terrain où croît la culture, et son histoire est sans

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2420TA ROTATIONS ET ASSOLEMENTS

influence. Ils découlent essentiellement des conditions teur pour nettoyer ses champs par des déchaumages,
climatiques et de la présence d’un inoculum. Au con- labour, etc. Ce travail constitue ce qu’on nomme parfois
traire les champignons, insectes, nématodes et autres une demi-jachère. Aujourd’hui on peut utiliser une telle
ennemis transmis ou conservés par le sol doivent être période pour détruire chimiquement certaines herbes
pris en considération pour l’établissement de la succes- particulièrement difficiles à détruire, comme les vivaces
sion des cultures et des pratiques culturales. Ils consti- (chiendents, liseron, chardons, prêles, etc.) avec des pro-
tuent le parasitisme tellurique. C’est en effet toute l’his- duits très actifs mais non sélectifs, comme le glyphosate
toire culturale de la parcelle, parfois sur plusieurs années, (cf. fig. 1 à 4) ou pour implanter deux cultures dérobées.
qui aboutit à un certain niveau de population du parasite 26.– La prolifération de certaines adventices difficiles à
sur place, peut modifier son agressivité et se traduit par détruire conduit souvent à modifier une rotation afin de
un risque déterminé de nuisibilité du parasite dans la cultiver des plantes qui permettront de lutter contre ces
culture en cours. adventices.
21.– Lorsqu’il s’agit d’ennemis plus polyphages, l’alter- Bien entendu, ceci est fonction des possibilités techniques
nance de cultures n’apportera pas toujours d’améliora- du moment, puisque de nouveaux herbicides apparaissent
tion sanitaire. chaque année, qui modifient les conditions de lutte.
L’étude de la biologie et de l’écologie de chaque parasite
27.– En conclusion, la rotation des cultures doit s’envisa-
nous renseignera sur les possibilités de rompre les cycles
ger parallèlement avec l’examen des techniques cultura-
parasitaires.
les pratiquées ou envisageables, et généralement de
l’ensemble des facteurs phytotechniques, dont au pre-
Liste 2. Flore adventice mier chef les méthodes mécaniques et chimiques de lutte
22.– Les mauvaises herbes (adventices) ont constitué de contre les mauvaises herbes.
tout temps un souci pour l’agriculteur, et la rotation lui a De plus en plus, on y adjoint une rotation ou un change-
permis d’améliorer l’efficacité de sa lutte par deux voies : ment des matières actives utilisées, contre les ennemis
Ta b l e d’abord directement, la période de l’année durant des cultures, afin de réduire le risque d’apparition de
laquelle se déroule le cycle cultural favorisant certaines résistance à ces substances.
espèces et en défavorisant d’autres. On observe que le
spectre des adventices n’est pas le même pour les cultures
estivales (maïs, betteraves), que pour les semis 3. Phénomènes d’allélopathie et autres effets
d’automne (céréales, oléagineux d’hiver, etc.). de précédents
Index
Certes, il y a des espèces largement répandues dans les 28.– Dans les cas où l’influence défavorable d’une culture
diverses situations mais d’autres espèces sont assez stric- précédente se traduit par une mauvaise végétation et une
tement inféodées à telle culture, et il s’agit souvent baisse de rendement de la culture suivante sans que l’on
d’espèces envahissantes. La rotation permet alors de limi- puisse en trouver la cause dans une attaque parasitaire
Glossaire ter la prolifération de ces dernières espèces. précise ni une extension des adventices, on a parlé depuis
longtemps de phénomènes de « Fatigue du sol ».
23.– Indirectement, la culture exerce une grande
influence sur le nettoyage (ou le salissement) des terres, Autrefois, certaines de ces situations pouvaient ressortir
par les techniques particulières qui lui sont appliquées, d’une carence – ou sub-carence – alimentaire. Certaines
qu’il s’agisse des travaux mécaniques de préparation, de plantes, dites épuisantes, laissent derrière elles un sol
semis et de nettoyage du sol, ou, depuis l’apparition des appauvri en divers éléments minéraux.
désherbants chimiques, la possibilité d’intervenir avec les Les progrès de la fertilisation permettent aujourd’hui,
herbicides. dans les pays développés, de corriger l’appauvrissement
24.– On voit donc que l’intérêt de la rotation au regard du sol. L’utilisation d’une fumure adéquate a d’ailleurs
de la lutte contre les adventices subsiste, bien qu’il ait été fait disparaître certaines justifications des rotations. Ainsi
profondément modifié. l’usage d’engrais azotés à bas prix a permis de se passer
de l’apport d’azote très important des légumineuses
En effet la rotation des cultures entraîne une rotation des
(luzerne, trèfle, pois, etc.). Il reste que plusieurs plantes
produits de désherbage utilisables, ce qui permet d’attein-
sont réputées ne pas devoir revenir trop vite sur le même
dre un spectre différent d’adventices et de réduire les ris-
terrain.
ques d’apparition de types résistant à une matière active.
La pratique des déchaumages, visant d’abord à nettoyer le Ainsi le lin ne doit pas être cultivé au même emplace-
sol, illustre comment l’agriculteur valorise l’alternance ment avant sept ans, le pois avant cinq ans.
des cultures : les plantes libérant le sol de bonne heure lui Un terrain ayant porté de la luzerne devrait porter
permettent d’intervenir pour préparer les parcelles ren- d’autres cultures pendant une durée triple du temps qu’a
dues disponibles. été maintenue la luzernière.
25.– D’une manière analogue, on peut montrer l’intérêt Dans le cas de la luzerne, on sait que les bactéries sym-
de mettre à profit certains intervalles un peu longs entre biotiques des nodosités de la légumineuse sont attaquées
deux cultures d’une rotation. Entre la moisson d’une par des organismes submicroscopiques, les bactériopha-
céréale à paille et le semis de printemps de la culture sui- ges ; seule une coupure ou interruption suffisamment
vante, surtout s’il s’agit d’un maïs ou d’un sorgho, il y a 6 longue de la culture permet aux bactéries de jouer leur
à 8 mois qui ont toujours été utilisés par le bon cultiva- rôle si utile.

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ROTATIONS ET ASSOLEMENTS
TA 2420
29.– La flore microbienne et la faune du sol (cf. fasc. 1320) céréales de printemps de l’autre constituaient des blocs
jouent également un rôle primordial dans la transformation où tous les travaux (labour, semailles, nettoyage, récolte)
de tous les matériaux laissés sur place par une culture. C’est étaient effectués aux mêmes périodes.
par leur intermédiaire que les plantes fournissent au sol de Un tel exemple laisse déjà deviner les aspects essentiels de
l’humus en plus ou moins grande quantité, et c’est par la l’assolement, dont la notion principale est la complé-
minéralisation microbienne que se trouvent libérés des élé- mentarité des cultures, tant au niveau des travaux qu’à
ments nutritifs, en particulier l’azote dont l’incidence est celui de la satisfaction des besoins : dans l’assolement
très importante pour les cultures suivantes. triennal ancien, le blé était destiné aux hommes tandis
Mais l’effet des substances organiques laissées par une que la jachère et les céréales secondaires servaient à
culture ne se borne pas à l’entretien de l’humus et à la entretenir le bétail.
restitution de substances alimentaires. Il est une autre 32.– L’assolement est l’expression annuelle, dans l’espace
série d’actions dues à l’émission ou à la libération de cultivé, de la rotation choisie. Par définition, cet assole-
corps organiques par différents organes végétaux vivants ment satisfait aux conditions du milieu, mais il doit en
ou morts et entraînant soit une inhibition soit une sti- outre être organisé en vue de faciliter le travail de
mulation de la croissance des plantes se développant au l’homme. Nous ne reviendrons pas sur la nécessaire adé-
voisinage ou ultérieurement sur le même terrain c’est ce quation de l’assolement aux données naturelles exami-
que l’on nomme phénomène d’allélopathie. nées dans la première partie. Rappelons seulement que
Des substances organiques très diverses ont été décelées, des superficies parfois importantes sont consacrées à des
provenant soit d’exsudats éliminés par les feuilles, soit au cultures pérennes, qui, du fait de l’occupation prolongée
niveau des racines de sécrétions (substances actives du du sol, ne rentrent pas dans la rotation. Ces productions Liste
métabolisme) ou d’excrétions dans le sol. sont souvent désignées comme « hors assolement ». Ce
Ces substances, ainsi que celles existant dans les résidus sont principalement les prairies permanentes et les plan-
végétaux laissés dans le sol ou à sa surface, sont l’objet de tations arbustives. Souvent elles s’imposent du fait des
transformations biologiques libérant une foule de pro- conditions du milieu naturel.
Ta b l e
duits plus ou moins éphémères. Quant aux nombreux facteurs qui régissent l’assolement,
Parmi tous les corps chimiques apparaissant ainsi à la nous les regrouperons sous 4 rubriques : organisation du
suite d’une culture ou de l’extension d’une adventice, un travail agricole, impératifs économiques, caractéristiques
grand nombre exerce une action notable envers les de l’exploitation, et facteurs humains.
semences ou les plantules de la même espèce ou d’autres I n dex
espèces végétales. De nombreux travaux de recherche ont A. Organisation des travaux agricoles
mis en évidence des effets phytotoxiques de ce type (inhi- 33.– Deux traits dominent le travail de la terre :
bition de germination ou de croissance). – d’une part la dépendance à l’égard des conditions
L’ensemble de ces influences biologiques fondent les règles météorologiques, dépendance qui rend aléatoire toute
souvent traditionnelles qui interdisent le retour trop fré- Glossaire
prévision et contraint l’organisateur à fixer une four-
quent d’une même culture sur une même parcelle. chette probable tant pour la réalisation des opérations
que pour les résultats espérés ;
III. RAISONS DE L’ASSOLEMENT – d’autre part la faible latitude existant pour mener à
30.– Dans le cadre d’une exploitation, ou d’une zone cul- bien chacune des interventions techniques sans faire
turale, la rotation pourrait être établie sans assolement : chuter le potentiel de production de la culture.
une culture unique couvrirait toute la surface une année, Plus le niveau de production s’intensifie, plus le potentiel
une autre lui succéderait l’année suivante, et ainsi de d’une plante est élevé, plus il apparaît dans l’expérience
suite. Une idée analogue avait été ébauchée pour lutter pratique comme dans l’expérimentation scientifique,
contre certains parasites et ravageurs du colza, dont la une exigence précise de chaque cultivar pour tous les tra-
dissémination se fait par voie aérienne sur de grandes vaux culturaux : date de semis, désherbage, protection
distances. Dans ce cas une coupure, pour être efficace, sanitaire, récolte.
doit intéresser une région entière, puisque l’inoculum L’agriculteur, prisonnier de ces deux groupes de con-
servant de source à la propagation peut se trouver dans traintes, a toujours cherché à élargir ses possibilités de
un champ distant de plusieurs kilomètres. travail en recourant à des cultures diversifiées. D’abord il
Mais dans la pratique, pour les raisons que nous allons ensemence des espèces différentes, qui se sèment puis se
examiner, chaque culture est le plus souvent présente cha- récoltent à des périodes décalées de la saison ; puis au
que année sur l’exploitation et l’assolement représente la sein même d’une espèce, il est souvent conduit à choisir
répartition des diverses cultures pour une année donnée. plusieurs cultivars.
31.– Dans les systèmes ruraux comportant des activités 34.– Dans le cas des blés d’hiver, il est patent que la
collectives, cet assolement est conçu et doit suivre certai- gamme des variétés comporte un large éventail d’alterna-
nes règles, au niveau de la communauté. C’était le cas de tivité, c’est-à-dire d’exigence quant à la durée d’action du
l’assolement triennal des capitulaires de Charlemagne : la froid hivernal, donc quant à la date du semis. Il est ainsi
sole de jachère de toute la commune était regroupée per- possible d’échelonner les semis de blé sur plus de six
mettant le gardiennage collectif des troupeaux pâturant semaines (dans la moitié nord de la France du début
la jachère. De même la sole de blé d’un côté et la sole de octobre à la mi-novembre).

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2420TA ROTATIONS ET ASSOLEMENTS

De même en ce qui concerne la récolte, l’éventail des pré- Bien entendu les aménagements fonciers que sont le drai-
cocités de maturité, s’ajoutant au décalage des dates de nage et l’irrigation jouent un rôle important pour limiter
semis et aux différences entre sols, permet souvent d’éta- l’impact de circonstances météorologiques défavorables.
ler la date optimum de la moisson des blés dans une 38.– Quant aux risques économiques, l’agriculture cher-
même exploitation sur 2 à 3 semaines. che à les limiter par une politique agricole à moyen et
Mieux est connu le comportement d’un cultivar et plus long terme. Ainsi la définition d’objectifs, l’organisation
l’agriculteur est maître des moyens de travail, plus appa- des marchés, la conclusions de contrats avec les indus-
raît étroite la marge d’intervention pour chaque techni- tries utilisatrices ont permis d’éviter dans certains
que appliquée à la culture : préparation du sol, semis, fer- domaines des écarts trop importants de prix.
tilisation, protection, récolte.
C’est donc à la fois par les rendements atteints et les prix
Le fait que les périodes favorables soient à la fois restreintes de vente obtenus que l’économie pèse sur les décisions
et aléatoires est la première raison de l’assolement. C’est touchant à l’assolement.
aussi la justification d’un certain suréquipement de l’exploi-
tation. On peut ainsi expliquer la tendance nettement
observée à l’accroissement de la puissance de traction qui C. Structure et caractéristiques
permet d’intervenir plus rapidement au moment opportun. de l’exploitation
Il est certain que la mécanisation a permis un grand pro- 39.– Les parcelles constituant une exploitation sont
grès pour travailler dans les meilleures conditions, et diversifiées par leur taille, leur sol ou terroir, leur situa-
dans une certaine mesure permet de s’affranchir partiel- tion (éloignement, facilité d’accès, etc.) et d’autres
Liste lement de certaines contraintes de l’assolement. aspects qui constituent la structure de l’exploitation.
35.– Nous donnons aux figures 1 à 4, quatre exemples de Tous ces caractères sont présents à l’esprit de l’agricul-
rotations, classées par ordre d’intensification croissante. teur, et si l’assolement se traduit par un document écrit,
Le degré d’intensification s’apprécie par la durée durant celui-ci comporte un plan appelé « plan d’assolement ».
Ta b l e laquelle le sol reste nu entre les cultures successives :
moins le sol reste nu longtemps, mieux son potentiel est L’existence de sols de propriétés physiques différentes
exploité et plus apparaissent des pointes de travail. donne souvent lieu à l’établissement, explicite ou non, de
plusieurs rotations sur une même ferme. Par exemple,
certaines cultures estivales, plus exigeantes, seront
B. Impératifs économiques exclues de terres à faible réserve en eau. On évitera de
Index 36.– Au point de vue économique, l’assolement joue le placer des plantes-racines ou tubercules en sol caillou-
rôle d’une « assurance par répartition ». En effet l’agri- teux, etc.
culteur, entreprenant différentes productions, répartit les 40.– Le parcellaire entraîne des conséquences évidentes
risques agricoles et les aléas du marché. pour la répartition des productions et des travaux cultu-
Glossaire Au cours d’une année, les différentes cultures ne se trou- raux. Quelques exemples simples illustrent cette
vent pas affectées de la même manière par les conditions influence. Fréquemment des parcelles éloignées de la
météorologiques et les épidémies : certaines peuvent être ferme de plusieurs kilomètres sont pratiquement exclues
favorisées, d’autres non. Il en est de même en ce qui con- de la rotation. Pour limiter les déplacements, on y pour-
cerne l’écoulement des produits (débouchés, prix de suit une production extensive, exigeant une culture
vente). Au total, le résultat économique d’une produc- d’orge répétée chaque année.
tion comporte une marge dépendant des conditions cli-
matiques et de commercialisation. Les productions fourragères destinées à être paturées par
le bétail seront de préférence localisées à proximité des
Le recours à plusieurs types de production apporte une cer- locaux de stabulation.
taine sécurité, réalisant ce que le langage populaire appelle
« ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ». On comprend combien des aspects purement pratiques,
absolument indépendants de l’agronomie, interviennent
Cependant, si cette situation est toujours réelle, il con- dans l’établissement du plan d’assolement.
vient de montrer comment l’agriculture a cherché à se
garantir de ces divers aléas, et dans quelle mesure elle y 41.– Mais la structure de l’exploitation inclut générale-
est parvenue. ment les équipements disponibles et les troupeaux vivant
37.– En ce qui concerne les risques agricoles, les progrès sur la ferme. Certaines cultures nécessitent, pour être
des moyens et des méthodes de production ont permis conduites dans des conditions satisfaisantes, des appa-
non seulement d’élever les rendements obtenus, mais reils ou des chaînes spécifiques : semoirs de précision
aussi de les régulariser en atténuant les écarts interan- pour betteraves, maïs, haricots, tournesol, planteuse à
nuels. L’ensemble des techniques de culture tend à pomme de terre,… et les chaînes de récolte particulières
réduire ces écarts, en particulier la fertilisation et la lutte à beaucoup de ces cultures.
contre tous les ennemis des cultures. Mention doit être Ces équipements peuvent parfois être acquis en com-
faite aussi de la mécanisation du travail et de la mise au mun, ou être propriété d’entrepreneurs de travaux ou de
point de machines et d’équipements. Le résultat de ces l’industrie d’aval. En tous cas une telle culture ne peut
progrès est que chaque culture se trouve placée dans des être envisagée que si l’ensemble des équipements indis-
conditions plus adaptées, depuis sa mise en place, son pensables sont, sous une forme ou une autre, à la dispo-
entretien jusqu’à sa récolte et sa conservation. sition de l’exploitation.

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ROTATIONS ET ASSOLEMENTS
TA 2420
Les possibilités de stockage de la récolte interviennent l’aider, lui prêter du matériel, etc. L’existence – ou non –
également : si la totalité de la production ne peut être d’un réseau commercial a une importance primordiale.
écoulée à mesure de la récolte, il faut prévoir une conser- Les coopératives et/ou les négociants présents dans la
vation, c’est-à-dire des aménagements appropriés. Si le région exercent une action sur le devenir des cultures,
stockage n’est pas indispensable, il peut néanmoins d’abord par leur politique économique puis par leur
apporter une plus-value justifiant économiquement la influence technique.
culture (cas de certaines cultures fruitières, de la pomme Souvent ces organismes fournissent aux agriculteurs la
de terre de consommation,…). possibilité de s’informer et d’être aidés pour la conduite
42.– Un exemple très répandu du rôle de la chaîne de de telle culture.
récolte et des modalités de conservation est fourni par les 46.– De même, un ensemble d’autres organismes ou sys-
fourrages de réserve. Que l’éleveur constitue ses rations tèmes sont conçus pour apporter un appui au produc-
hivernales à partir de prairies naturelles, temporaires et/ou teur. Citons les CUMA (coopératives d’utilisation de
artificielles, ou encore de cultures fourragères annuelles matériel agricole), les SICA (sociétés d’intérêt collectif
(en premier lieu le maïs à ensiler), on sait l’importance très agricole), les services d’entr’aide et bien entendu toute
grande des machines de récolte, de l’organisation du chan- l’organisation de la recherche et du développement, des-
tier et des infrastructures de conservation sur la quantité et tinés à améliorer les conditions de la production.
surtout la qualité des fourrages obtenus, et sur leur prix de
revient, qu’il s’agisse de faire du foin ou de l’ensilage. L’impact de tout ce contexte est fort variable selon la
situation de l’agriculteur (mode de faire valoir, situation
Les décisions relatives à l’assolement ne sont donc pas familiale, âge, possibilité de se libérer, réceptivité, etc.).
dissociables de celles touchant aux équipements et, bien Liste
évidemment, aux besoins des troupeaux. IV. ADAPTATION DE L’ASSOLEMENT
D. Facteurs humains 47.– Pour le responsable d’une entreprise agricole, le
problème de la rotation se pose bien rarement d’une
43.– Outre les nombreux facteurs matériels envisagés manière globale. Ta b l e
jusqu’ici, des considérations humaines et sociales sont L’ordre de succession des cultures est établi habituellement,
plus ou moins consciemment prises en compte, et certai- le blé par exemple venant à la suite des « têtes de rotation »
nes décisions concernant l’assolement ne peuvent s’expli- (cultures non céréalières et maïs), puis étant suivi le cas
quer que par des raisons de cet ordre. échéant d’une céréale secondaire, ou d’un autre blé.
Ces facteurs humains peuvent tenir à l’exploitation elle- I n dex
48.– Deux types de questions doivent par contre être
même, ou au contexte socioprofessionnel dans lequel réglées – plus ou moins explicitement – chaque année :
l’exploitant est inséré.
• Va-t-on modifier la proportion des différentes cultures
entreprises, augmenter la surface de certaines aux dépens
1. Facteurs humains de l’exploitation d’autres ? Cette démarche, la plus simple puisqu’elle Glossaire
44.– La main-d’œuvre disponible, ses aptitudes, ses goûts n’entraîne généralement pas de bouleversement dans
vont influencer les choix de l’assolement. Certaines spé- l’exploitation, permet cependant une modification pro-
culations demandent un grand nombre d’heures de tra- gressive de l’assolement, et par conséquent de la rotation.
vail et ne pourront être entreprises que si la main C’est ce que l’on constate en permanence dans la prati-
d’œuvre est abondante. D’autres nécessitent une techni- que, puisque les superficies de chaque culture dans une
cité particulière ou une expérience professionnelle. région fluctuent plus ou moins vite d’année en année.
La pénibilité du travail entre de plus en plus en ligne de • Va-t-on introduire une culture nouvelle ? ou supprimer
compte. La tendance observée à une simplification du au contraire une culture pratiquée jusque là ?
travail et à la mécanisation des opérations se justifie par 49.– Il y a des cultures presque obligatoires dans une
l’allégement du travail de l’agriculteur : l’établissement région, mais d’autres, dont l’extension est moindre, ne
de l’assolement participe à cette simplification des tâches. sont pas cultivées par tous les agriculteurs.
Cela est si vrai que, dans les pays à niveau technique Sur le moyen terme, nous observons des mouvements
élevé, l’avenir des productions est subordonné à la méca- importants : apparition et/ou extension de productions,
nisation de leurs travaux. ou diminution de certaines autres.
Ainsi la culture du maïs en France a-t-elle vu sa surface
2. Facteurs socio-professionnels passer de 250 000 à trois millions d’hectares (maïs-grain
de l’environnement et maïs-fourrage) entre 1945 et 1982. Nous avons vu
45.– Le responsable d’une exploitation se trouve situé l’introduction en France du blé dur, du tournesol et nous
dans un milieu humain qui comporte des appuis, des enregistrons depuis 1975 une extension globale du colza
contraintes et des lacunes. et des protéagineux (pois en grains secs).
Selon son insertion, sa situation géographique, familiale, 50.– Une décision de l’un ou l’autre type ne se prend pas à
psychologique, il peut bénéficier ou non de différents la dernière minute, mais nécessite d’être prévue longtemps
conseils, d’un encadrement technique, d’exemples qu’il à l’avance, pour réaliser la préparation et la fertilisation des
peut voir et parfois analyser, ou même d’un soutien terres en vue de la plante à produire, et aussi pour s’appro-
logistique si des parents ou amis se proposent pour visionner en semence et produits de traitement.

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2420TA ROTATIONS ET ASSOLEMENTS

Cependant s’il ne s’agit que de l’extension d’une culture, 53.– En dehors du cas fortuit où l’agriculteur est obligé de
il n’est souvent pas nécessaire de prévoir une technique remplacer une culture, nous pouvons ramener les décisions
de travail et des équipements nouveaux. Tandis qu’une de modification de l’assolement à trois types de situation.
culture nouvelle exige de l’agriculteur une information et
une étude préalables, et souvent aussi une organisation A. Extension d’une culture au détriment
différente : achat ou location d’équipements spécifiques,
d’une autre
recherche de débouchés, etc. Si la culture à introduire
suppose des matériels tout à fait différents et d’un coût 54.– C’est la situation la plus fréquente. L’agriculteur
important, comme c’est le cas pour la betterave, la constate l’intérêt plus marqué de certaines productions,
pomme de terre, les plantes fourragères à ensiler (maïs), soit sur sa propre exploitation soit dans le voisinage : en
c’est un véritable bouleversement de l’exploitation et son général, il ne se base pas sur les résultats d’une seule cam-
étude doit être poursuivie pendant des années. pagne, mais l’ensemble des informations qu’il recueille et
En effet, une telle décision, pour être prise en connaissance des observations qu’il effectue lui permettent d’apprécier
de cause, doit pouvoir s’appuyer sur une série de référen- d’une part le rendement qu’il peut raisonnablement
ces techniques (méthodes de production, rendements…), espérer de chaque culture, d’autre part les principaux
sur des résultats d’organisation de chantiers, et sur des étu- coûts de production et le prix qu’il en obtiendra.
des économiques de marchés et de rentabilité. Lorsqu’une culture lui semble apporter plus de possibili-
De plus l’économie d’une production est indissociable de tés de profit, il examine alors les possibilités agronomi-
celle de l’utilisation des produits, ce qui suppose un lien ques et pratiques d’en accroître la surface.
Liste avec l’aval du circuit (contrats d’écoulement, organisa- 55.– Pour mesurer l’intérêt de substituer une culture à une
tion des marchés, stockage ou transformation). autre, on compare entre elles les marges brutes de ces cul-
51.– Une exploitation agricole n’est pas un système stati- tures ; la marge brute est la différence entre le produit brut,
que, et son assolement est toujours susceptible d’être c’est-à-dire le prix obtenu par le producteur d’un hectare
Ta b l e remis en question. Mais le rythme annuel des emblave- de la culture, et les charges proportionnelles, c’est-à-dire
ments fait que les problèmes évoqués, toujours sous- l’ensemble des frais directement supportés pour un hec-
jacents dans l’esprit de l’agriculteur, n’apparaissent clai- tare de cette culture. Bien entendu un tel raisonnement ne
rement qu’à des intervalles éloignés. peut s’appuyer sur des résultats exceptionnellement bons
ou mauvais d’une des cultures, mais sur des estimations
Ils sont évoqués chaque année lorsqu’il s’agit d’aménage- moyennes, dans la situation de l’exploitation.
Index ments limités, et en des occasions plus rares en ce qui
concerne les changements affectant la structure même de 56.– On voit aisément ici le rôle important joué par les
l’exploitation. L’occasion peut en être le renouvellement organismes de comptabilité et de gestion, susceptibles
d’équipements importants (tracteur, machine de d’apporter leur appui à l’agriculteur pour éclairer sa
récolte), une modification de la surface ou de l’effectif décision en lui fournissant des références.
Glossaire des travailleurs, les résultats d’études économiques con- En France, au cours des années récentes, de telles adapta-
duites sur l’exploitation ou à proximité. Mais le pro- tions des assolements sont décelables. Ainsi la superficie
blème se posera aussi lorsqu’une modification apparaît d’orge de printemps s’est trouvée réduite au profit des
dans le contexte socio-économique : constitution d’un escourgeons et orges d’hiver, plus productifs en
groupement ou d’une coopérative, implantation d’une moyenne. La sole d’orge totale s’est trouvée elle-même
usine utilisant des productions agricoles, initiatives des réduite au bénéfice du blé. Il s’agit là de cultures facile-
organes de développement (chambres d’agriculture, ins- ment substituables, puisque très voisines et mettant en
tituts techniques) ou de l’interprofession. jeu des techniques et des matériels identiques.
52.– Outre les modifications introduites volontairement
dans l’assolement, le producteur est parfois conduit par B. Introduction d’une culture nouvelle
les circonstances à remplacer des cultures prévues qui
57.– Ce problème est évidemment plus complexe que le
n’ont pas pu être mises en place ou qui ont été détruites
précédent puisque le décideur ne dispose pas de référen-
par le gel, l’excès d’humidité, une mauvaise levée, une
ces propres pour la culture envisagée.
attaque parasitaire grave, etc.
Dans ce cas l’agriculteur réfléchit aux diverses répercus- Il lui faut alors suivre une double démarche : d’abord
sions prévisibles du remplacement de la culture. La pre- s’informer et trouver des résultats qui puissent être trans-
mière précaution à prendre consiste à étudier l’état de la posables à son cas particulier. C’est parfois facile, si la
parcelle, en particulier les possibles reliquats d’herbicide culture, nouvelle pour l’exploitation, est cependant déjà
rémanent et de fertilisation. L’expérimentation a montré bien connue dans la région.
que les désherbants utilisés en présemis ou en pré-levée, D’autre part expérimenter lui-même afin de se familiari-
exerçant une action prolongée sur plusieurs mois pou- ser avec cette culture. Ce qui signifie que, dans la mesure
vaient entraîner une phyto-toxicité sur diverses cultures du possible, l’introduction se fera progressivement.
semées en remplacement de la culture désherbée disparue. 58.– Dans la plupart des cas, un tel problème n’est pas
Cette arrière-action varie fortement selon le mode de tra- abordé isolément par un agriculteur. Ou bien l’étude se
vail du sol (labour ou non-labour), qui modifie la réparti- fait en groupe, en équipe, dans une structure qui permet-
tion du produit, et aussi selon les conditions climatiques. tra une entr’aide technique, intellectuelle et économique.

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ROTATIONS ET ASSOLEMENTS
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Ou bien l’introduction est appuyée par un organisme de phénomène qui a été clairement mis en évidence dans
développement (Service d’utilité agricole et de dévelop- l’agriculture française depuis 40 ans.
pement d’une Chambre d’Agriculture, par exemple) ou
un organisme économique (Coopérative, ou industrie 62.– La situation est très comparable si l’exploitant
d’aval, etc.). Dans ce cas, l’agriculteur bénéficie d’un change la chaîne de récolte ou les possibilités de conser-
encadrement et d’une source d’informations. Parfois vation de telle production.
aussi on peut lui proposer des contrats réduisant l’aléa
commercial de la production nouvelle. 63.– Dans tous les cas de modification notable, une étude
économique prévisionnelle doit être établie pour laquelle
C. Modification de la structure les organismes techniques fourniront des références et les
de l’exploitation organismes de comptabilité et de gestion dresseront les
budgets.
59.– Chaque fois qu’un changement substantiel intervient
dans la structure de l’exploitation, des retentissements Cependant ces outils, indispensables, ne sont pas suffi-
peuvent en découler pour l’assolement. Ce lien étroit entre sants. Pour montrer les limites des calculs par marges bru-
les facteurs de production (travail, terre, capitaux) et tes et par culture, il faut rappeler que la rotation est l’occa-
l’assolement-rotation apparaît nettement à travers quel- sion de transferts non comptables entre cultures. Ainsi en
ques exemples (cf. fig. 1 à 4). Nous pouvons en particulier est-il des reports ou reliquats de fertilisation, des restitu-
saisir comment ces facteurs influent sur l’intensification tions de matière organique, de l’amélioration possible de
ou l’extensification de la production agricole. la fertilité du sol (azote des légumineuses, rôle des prairies Liste
L’augmentation de la main-d’œuvre disponible sur temporaires), du nettoyage ou du salissement des terres.
l’exploitation se produit, entre autres, lorsqu’un enfant
vient travailler avec le chef d’exploitation. 64.– Il incombe donc au responsable, muni de documents
qui lui sont nécessaires, d’intégrer l’ensemble des consé-
Ce surcroît de main-d’œuvre nécessite à la fois une acti- quences prévisibles et des risques encourus avant de déci- Ta b l e
vité et un revenu accrus, c’est-à-dire l’intensification de
der toute modification d’assolement et de rotation.
la production. Parmi les solutions pratiquées, citons :
l’introduction ou l’extension d’un élevage ou d’une cul-
ture exigeante en travail et à profit brut élevé, la transfor- V. CONCLUSION
mation et/ou la commercialisation de certains produits I n dex
de la ferme, l’élévation des rendements par des méthodes 65.– La rotation et l’assolement conservent une grande
plus intensives de culture. Toutes ces solutions entraînent importance dans l’organisation de la production agri-
des répercussions sur la répartition des cultures. cole, mais les raisons qui les fondent ont évolué. L’agri-
60.– Inversement lorsque la main-d’œuvre diminue, ou culteur s’est affranchi de certaines contraintes, car il maî-
bien que l’exploitant désire alléger son travail, il recourra trise la nutrition de ses cultures et peut lutter contre Glossaire
aux solutions opposées, éliminant les cultures ou les opé- beaucoup de leurs ennemis.
rations demandant beaucoup de soins, même au risque
de diminuer le revenu d’exploitation. C’est une situation Cependant, il doit intégrer de nouvelles données : con-
typique d’extensification. naître les caractéristiques des espèces et cultivars dispo-
nibles, être au courant de tous les moyens de lutte contre
Tout changement important dans les équipements ou
les ennemis des plantes, en particulier par la protection
toute amélioration foncière pose en termes nouveaux la
question de l’assolement. de la semence.

61.– L’exemple le plus fréquent est celui du remplace- La rotation fait partie des moyens de protection des plan-
ment d’un tracteur par un autre de puissance supérieure, tes et ne doit pas être négligée.

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