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Guide du Maïs Ensilage

Ce document décrit le développement du maïs ensilage en France, son importance dans l'alimentation des ruminants, et les raisons de sa popularité continue malgré la mise en place des quotas laitiers. Il examine également la place du maïs ensilage dans différents systèmes fourragers régionaux.

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Guide du Maïs Ensilage

Ce document décrit le développement du maïs ensilage en France, son importance dans l'alimentation des ruminants, et les raisons de sa popularité continue malgré la mise en place des quotas laitiers. Il examine également la place du maïs ensilage dans différents systèmes fourragers régionaux.

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2211TA

LE MAÏS ENSILAGE
par
D. BLOC
Chef du Service Production, (Association Générale des Producteurs de Maïs)
et
C. mesnil
Ingénieur lait, (Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor)

SOMMAIRE
Introduction (1)

I. Développement du maïs (2 à 10)


A. Phase végétative (2 à 4)
Liste
B. Phase de reproduction (5 à 7)
C. Phase de formation du grain et maturation (8 à 10)

Ta b l e II. Formation de la matière sèche (11 à 14)

III. Valeur alimentaire (15 à 20)

IV. Choix des variétés (21 et 22)


Index
V. Culture du maïs ensilage
A. Préparation du sol (23 à 27)
1. Labour (24 et 25)
Glossaire 2. Préparation superficielle (26 et 27)
B. Désinfection du sol (28 à 31)
C. Fumure (32 à 37)
1. Prélèvements d’éléments fertilisants (32)
2. Fertilisation azotée (33 à 36)
3. Fumure phosphatée et potassique (37)
D. Semis (38 à 42)
1. Date de semis (38)
2. Choix et traitement des semences (39)
3. Ecartement entre les rangs (40)
4. Densités de peuplement (41)
5. Conduite (42)
E. Entretien de la culture - Désherbage (43 à 46)
F. Récolte (47 à 49)

VI. Conclusion (50)

©Techniques Agricoles 2211

Document à usage pédagogique


LE MAÏS ENSILAGE
TA 2211
INDEX ALPHABÉTIQUE
Azote, 33. Grain Récolte, 9, 17, 47.
Rendement, 12, 18, 21, 34.
Certification, 39. Hachage, 16, 49.
Semences (choix des), 39.
Charbon, 39.
Ingestibilité, 1, 15. — (traitement des), 39.
Conservation, 1.
Insecticide, 31.
Cycle, 1. Semis, 2, 27, 38.
Labour, 24. Sol, 23, 28.
Densité de semis, 41.
Levée, 2. Stade laiteux, 9.
Désherbage, 43.
Lisier, 34. — pâteux, 9.
Désinfection, 28.
— vitreux, 9, 17.
Digestibilité, 17. Matière sèche, 8, 11, 16, 18, 32.
Maturation, 1, 8, 14. Température, 13.
Ensilage, 9, 16.
Epis, 7, 11. Panicule, 5. Valeur alimentaire, 15.
Phosphore, 37. — énergétique, 1, 17, 21.
Floraison, 7, 11, 21, 48.
Potassium, 37. Variétés, 21.
Fonte de semis, 39.
Précocité, 21.
Fumier, 34.
Productivité, 1.
Fumure, 32, 37.

Liste

Ta b l e

I n dex

Glossaire

Document à usage pédagogique


2211TA LE MAÏS ENSILAGE

INTRODUCTION Ces systèmes largement basés sur la prairie permanente et


représentant plus de 50 % de la SFP, ont fondé leur intensifi-
1. — Après un développement important de la culture cation fourragère presque exclusivement sur le maïs ensilage.
jusqu’en 1973, la culture du maïs grain s’est stabilisée Plus de 70 % des surfaces fourragères cultivées sont consa-
depuis 10 ans en France autour de 1,7 million d’hectares. crées au maïs ensilage.
En ensilage, les surfaces ont doublé de 1973 à 1983 pas-
sant de 640 000 hectares à 1,4 million d’hectares. La mise Les systèmes du sud-ouest et du Centre
en place des quotas laitiers en 1984 et la réduction du — Les zones de montagne et de demi-montagne : l’ali-
cheptel laitier n’ont pas pour autant freiné cette progres- mentation des troupeaux y est assurée essentiellement
sion.
par des herbages extensifs (prairies naturelles) ; le maïs
Les surfaces ont encore progressé de 25 % entre 1983 et ensilage avec moins de 3 % de la SFP n’y joue qu’un
1990 pour se stabiliser depuis cette date entre 1,5 et 1,7 rôle d’appoint.
million d’hectares. La moitié de cette croissance a été réa-
lisée dans l’ouest : — Le Grand Sud-Ouest (Aquitaine - Midi-Pyrénées -
+ 180 000 hectares en Bretagne et Pays de Loire. Les plus forts Poitou-Charentes - Centre) : dans ces régions, l’inten-
taux de progression se situent cependant hors de ces deux sification a d’abord concerné la culture de l’herbe. En
régions : Aquitaine (+ 57 %), Limousin (+ 83 %), Nord Pas 1990, les prairies temporaires et artificielles représen-
de Calais (+ 61%), Lorraine (+ 37 %). En 1990, le maïs tent plus de 60 % de la surface en fourrages cultivés.
ensilage représente 37 % des cultures fourragères (fig. 1) ; c’est
Dans ces systèmes du sud-ouest et du centre une dynamique
Liste dire l’importance de la culture dans l’alimentation des rumi-
maïs ensilage s’est développée plus tardivement que dans les
nants.
autres régions.
• Raisons de ce maintien des surfaces
1,7 Autres fourrages 1,9% Racines et
Ta b l e tubercules fourragère Le maïs a résisté à l’instauration des quotas laitiers. Ce main-
tien est dû à plusieurs qualités de la plante.
11,8% Prairies
artificielles — productivité très bonne : depuis 10 ans les rendements
ont encore progressé d’environ 10 %. Avec une bonne
37% tenue à la verse, une meilleure résistance à la sécheresse
Index Maïs ensilage et aux conditions défavorables du printemps, les nou-
veaux hybrides ont su garder leur place dans le système
fourrager ;
— valeur énergétique et ingestibilité élevées. Elles per-
Glossaire mettent au maïs ensilage de couvrir une part impor-
47,6% Prairies temporaires tante des besoins énergétiques d’animaux à haut
potentiel tout en limitant la complémentation énergé-
Fig. 1. – Composition de la surface fourragère 1990 tique ;
• Place du maïs dans les systèmes fourragers régionaux — maîtrise des techniques culturales et de la récolte ;
L’augmentation de la part du maïs ensilage dans le paysage
— conservation en ensilage très facile ; c’est la plante
fourrager s’est réalisée à travers des structures de production
et à partir de stratégies fourragères propres à chaque région. idéale pour assurer des réserves hivernales ou estivales
et pour combler le déficit de production des graminées
Schématiquement, trois stratégies peuvent être dégagées : fourragères ;
• Le modèle Bretagne-Pays de Loire
— plante à deux destinations : utilisée en ensilage, ou
Ces deux régions concentrent 45 % de la surface nationale de récoltée pour son grain ; ce critère est particulièrement
maïs ensilage en 1990. L’intensification fourragère a été basée sécurisant pour la constitution de stocks de fourrages.
dans un premier temps simultanément sur le maïs et le ray-
grass d’Italie. A partir de 1976-1980, les graminées pérennes
(notamment le ray-grass anglais) et le maïs ensilage ont pris le I. DÉVELOPPEMENT ET CROISSANCE
relais du ray-grass d’Italie.
On distingue trois phases dans le développement d’une
Avec une progression de 28 % de ses surfaces de 1983 à 1990, plante : les périodes de végétation, de reproduction et de matu-
le maïs ensilage a, dans ces deux régions, consolidé sa place de rité. Le cycle du maïs, qui dure environ 5 à 6 mois, est égale-
pivot du système fourrager. Il représente dans de nombreuses ment marqué par ces périodes.
exploitations plus de 35 % de la surface fourragère principale
(SFP). La durée des différentes phases dépend essentiellement des
températures reçues par la plante (fig. 2). La connaissance de
Les systèmes des plaines labourables du Nord et des zones ces périodes permet de mieux prévoir, grâce aux relevés cli-
herbagères du nord-est (Basse et Haute-Normandie- matiques, les principaux stades de la plante (date de floraison,
Picardie-Lorraine-Nord) dates de récolte ensilage).

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LE MAÏS ENSILAGE
TA 2211
A. Phase végétative 7. — La floraison mâle correspond à la libération du pol-
len, la floraison femelle à la sortie des soies. En général, la
2. — La période qui va du semis à la levée est caractérisée
floraison mâle (50 % des panicules émettant du pollen)
par le passage de la graine d’une vie ralentie à une vie
se produit 1 à 2 jours avant la floraison femelle (50 % des
active. Avant de germer, la graine absorbe de l’eau et gon-
épis avec des soies apparentes).
fle. Ce sont cette eau et les propres réserves de la graine
qui servent au développement de la plantule. La germi- Le pollen tombe sur les soies, germe et féconde les ovules
nation dure plus ou moins longtemps (2 à 8 jours) selon situés à leur base.
la température et l’humidité du sol. Elle aboutit à l’émis- Dans les conditions favorables, la plupart des soies sont polli-
sion de la radicule et de la tigelle. nisées dès leur sortie des spathes ; la pollinisation de l’ensem-
3. — La levée a lieu lorsque le coléoptile perce la surface ble des plantes dure habituellement trois à quatre jours.
du sol. Le maïs lève 6 à 15 jours après le semis suivant la L’humidité de l’air, la température et l’alimentation en eau au
température du sol. Dans le même temps, la graine émet cours de cette période constituent des facteurs limitants de la
les premières racines séminales. Pendant toute cette fécondation. En effet, la sécheresse, les températures élevées
période (germination - stade 4-6 feuilles), la plantule vit peuvent être à l’origine de mauvaises fécondations.
sur les réserves de la graine.
4. — Les racines primaires issues des premiers entrenœuds C. Phase de formation du grain et
de la tige se forment progressivement et prennent le relais de maturation
de celles issues de la graine. 8. — A la fécondation, le maïs n’a fabriqué que 50 % de la
Au stade 4-6 feuilles, la plante devient progressivement indé- matière sèche qu’il est capable d’élaborer. Seule la char- Liste
pendante de la graine. pente de la plante constituée par les tiges, les feuilles et les
La formation de feuilles s’effectue à partir du bourgeon termi- racines est mise en place pour fabriquer le grain (fig. 3).
nal situé à proximité du sol. Cette phase dure de 2 à 6 semai- 9. — La formation du grain commence à la fécondation :
nes, en fonction de la précocité de la variété et des conditions pendant les 2 à 3 premières semaines (phase de latence), Ta b l e
du milieu. La température, l’humidité et l’aération du sol sont l’embryon et les cellules de l’albumen se forment ; c’est la
les trois facteurs qui favorisent une bonne levée et un bon phase de latence qui dure environ 250 degrés-jours après
démarrage en végétation. la floraison. À partir de ce moment, seuls les grains vont
accumuler des réserves.
B. Phase de reproduction 10. — On distingue, dans la phase de maturation des I n dex
5. — La panicule se forme après la dernière feuille à par- grains, les stades laiteux (humidité du grain supérieure à
tir du bourgeon terminal environ un mois et demi avant 48 %), pâteux laiteux (humidité du grain aux environs de
la floraison. La plante a fabriqué toutes ses feuilles mais 48 %), pâteux (humidité du grain voisine de 45 %),
seule la moitié de celles-ci est déroulée et visible. Sur la pâteux-dur (humidité du grain voisine de 42 %), vitreux
panicule se forment successivement les ramifications, les (humidité du grain inférieure à 42 %). La récolte en Glossaire
épillets, les fleurs, les étamines et enfin le pollen 2 à 3 ensilage s’effectue suivant le lieu, les conditions climati-
semaines avant la floraison. ques, ou l’année, lorsque le grain est au stade pâteux à
pâteux dur (voir chapitre Formation de la matière sèche).
6. — L’épi issu d’un bourgeon axillaire du milieu de la En maïs-ensilage, la teneur en matière sèche dans la plante
tige se forme environ un mois avant la floraison. Dès entière est l’indicateur utilisé traditionnellement pour
cette date, le nombre d’ovules (futurs grains) qu’il por- caractériser le maïs récolté en ensilage. Une bonne con-
tera, se détermine sur l’ébauche. naissance des besoins en degrés-jours entre la floraison et
Pendant cette période, les entrenœuds de la tige s’allongent différentes valeurs de teneurs en matière sèche dans la
rapidement, la plante est dans sa période de croissance maxi- plante entière (fig. 2) permet de mieux ajuster la prévi-
male. sion de la date de récolte (voir chapitre récolte).

Du semis De la floraison à différentes teneurs


à la floraison en matière sèche plante entière
25 % 28 % 30 % 32 % 35 %
Très précoces 750 à 800 470 540 580 620 670
Précoces 800 à 850 485 555 600 640 690
Demi-précoces 850 à 925 500 570 620 660 710
Sécheresse après floraison — – 35 – 40 – 45 – 50 – 55
et rendement faible : valeurs à retrancher
Effets régions : Ajouter, sur le total des besoins, environ 40 degrés-jours
– zones océaniques Retrancher, sur le total des besoins, environ 30 degrés-jours
– zones continentales

Fig. 2. – Besoins moyens en degrés-jours (sommes de températures au seuil 6°C) nécessaires pour atteindre la floraison ou
différents niveaux de teneurs en matière sèche

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2211TA LE MAÏS ENSILAGE

II. FORMATION DE LA MATIÈRE SÈCHE sance après la fin de la période de latence. En années à
11. — A la floraison femelle (sortie des soies de l’épi), dates de floraison normales et en bonnes conditions de
partir de la quantité de matière sèche contenus dans les culture, l’accumulation de la matière sèche est le fait de la
tiges et les feuilles n’augmente pratiquement plus. Seuls photosynthèse par les feuilles ; elle peut être de l’ordre de
les grains vont accumuler des réserves, les tiges et les 2,5 à 3 t/ha au cours du mois de septembre pour des
feuilles n’étant plus que des organes de fabrication et de hybrides précoces. Cette migration se poursuit jusqu’au
transmission des sucres solubles. stade 35 % de teneur en matière sèche dans la plante
12. — Les augmentations de rendement en plante entière entière. Au-delà, le rendement des plantes évolue peu
sont dues à celles des grains, les seuls organes en crois- (fig. 4).

500
Grammes de matière sèche par plante

400
P.E.
Premier grain bien formé
(60 % de M.S.)

300 Sortie des soies


Liste (40 % de M.S.)
G
Sortie des panicules
200 (32% de M.S.)
T

Ta b l e R
F S
100

0
Index 17 20 23 26 29 2 5 8 11 14 17 20 23 26 29 1 4 7 10 13 16 19 22 25 28 31 3 6 9 12 15
JUIN JUILLET AOÛT SEPTEMBRE

Fig. 3. – Formation de la matière sèche dans les différents organes de la plante d’après les documents de l’AGPM
P.E. : plante entière - F. : feuille - S : spathes - T : tige - G : grain - R : rafle
Glossaire
Rendements (TMS /ha) plante entière maximal peut donc être obtenu à des
niveaux de maturité plus faibles qu’à 35 % de teneur en
15 PLANTE ENTIÈRE
matière sèche : cas de floraisons tardives, d’années froi-
des, de parcelles touchées par la sécheresse.
13. — L’évolution de la teneur en matière sèche de la plante
10 ÉPIS COMPLETS entière résulte d’une part de la proportion respective de
grains et d’appareil végétatif et d’autre part de l’évolution
de la dessiccation de chacun des constituants.
En conditions normales de végétation, on considère qu’il faut
20 à 25 °C (base 6) pour gagner un point de teneur en matière
TIGE + FEUILLES
sèche entre 23 et 33 % de teneur en matière sèche dans la
plante entière et 16 à 18 °C suffisent au-delà de 33 %. En
1
Évolution de
la plante moyenne la teneur en matière sèche s’accroit donc de 1 point
tous les 2-3 jours au mois de septembre mais seulement de 1
Teneur en MS (%) 16 25 30 35 point tous les 4 à 6 jours en octobre (fig. 5). Ce nombre de
Rapport Épi / Plante entière 10 50 60 65 jours peut être encore plus important dans les zones limites
Rapport Grain / Plante entière 5 30 40 45 de la culture ou lorsque l’arrière-saison est froide.
Fig. 4. – Evolution du rendement et de la composition En situation de déficit hydrique prononcé, au-delà de 25 % de
du maïs plante entière
teneur en matière sèche dans la plante entière, chaque point
En cas de déficit hydrique, d’années froides et tardives, de teneur en matière sèche supplémentaire correspond à un
cette activité est fortement diminuée et la croissance des cumul de température de 16 à 18 °C soit environ 2 points
grains s’effectue pour l’essentiel à partir de la matière tous les 3 jours à la fin du mois d’août voire même plus d’un
sèche stockée dans les tiges et les feuilles (transferts qui point par jour en conditions extrêmes. Cette accélération de
peuvent atteindre 1 t/ha). Selon l’année climatique, les la dessiccation est due à un dessèchement anticipé de l’appa-
régions et les conditions de culture, le rendement en reil végétatif (fig. 6).

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LE MAÏS ENSILAGE
TA 2211
Zones à disponibilités en DEGRÉS-JOURS
FAIBLES MOYENNES
(St Quentin, Metz, Rouen, Alençon, Brest) (Rennes, Nantes, Angers, Poitiers)
Points de % Nbre jours pour Points de % Nbre jours pour
MOIS Décade Degrés-jours Degrés-jour
MS/décade gagner 1 point % MS MS/décade gagner 1 point % MS
Août 03 115 5,2 2,0 125 5,8 1,9
Septembre 01 100 4,7 2,1 110 5,0 2,1
02 90 4,2 2,4 100 4,3 2,2
03 80 3,9 2,6 95 4,0 2,3
Octobre 01 70 3,2 3,3 80 3,6 2,8
02 50 2,2 4,5 65 3,0 3,6

Fig. 5. – Disponibilités en degrés-jours et nombre de jours nécessaires pour gagner 1 point de teneur en matière sèche
entre le 20 août et le 20 octobre (teneur en matière sèche dans la plante entière entre 25 et 35 %)

MS (%) La finesse de hachage influence le niveau d’ingestion. Un


Epis ensilage haché fin avec peu de gros morceaux (moins de
65 Tiges + feuilles 1 %) est mieux consommé qu’un ensilage haché plus
Epis complets
grossièrement
Liste
55
Sécheresse B. La valeur énergétique

Condition normales 1. Influence de la maturité


45
17. — À la différence des graminées et des légumineuses, Ta b l e
la digestibilité de la matière organique de la plante de
35 Tige + feuille maïs ne diminue pas avec l’avancement de la maturité.
Dans des conditions très favorables de végétation (tem-
pératures élevées, alimentation en eau non limitante),
25 elle aurait tendance à augmenter jusqu’à un maximum I n dex
situé au stade vitreux du grain (environ 35 % de MS
MS plante entière
plante entière) (fig. 9).
15 (%) Même en conditions moyennes de végétation, il est ainsi
20 30 40 50
possible de différer la récolte jusqu’au stade pâteux-
Fig. 6. – Evolution de la teneur en matière sèche de la plante vitreux du grain (32-35 % de matière sèche), sans dom- Glossaire
entière et de ses constituants mage aucun pour la valeur énergétique.
18. — Du point de vue de l’utilisation par l’animal, le
14. — Au champ, la teneur en matière sèche dans la taux optimum de teneur en matière sèche dans la plante
plante entière peut s’estimer de manière approximative entière doit se situer entre 32 et 35 %. Il correspond à un
par l’observation de l’état de maturité du grain et du des- rendement voisin du maximum et à des pertes en conser-
sèchement de l’appareil végétatif (fig. 7). Des mesures de vation minimales. Au-delà de 35 %, l’augmentation des
teneurs en matière sèche permettent de conforter ces pre- quantités ingérées est aléatoire, tandis que la conserva-
mières estimations. tion peut être compromise par un tassement difficile du
silo à la récolte.
III. VALEUR ALIMENTAIRE
15. — Le maïs ensilage s’est imposé principalement grâce 2. Effet des conditions de végétation
à sa bonne valeur alimentaire produit de sa richesse en 19. — Les conditions de végétation (disponibilités en
énergie et de son ingestibilité élevée. température — gelées – alimentation en eau…) influen-
çant la composition morphologique et chimique du maïs
A. Le niveau d’ingestion par les bovins vont se traduire par des modifications de la digestibilité
et de la valeur énergétique (fig. 10).
16. — Il dépend notamment de la teneur en matière
20. — Lorsque la digestibilité est mesurée sur moutons
sèche de l’ensilage de maïs (fig. 8). L’ingestion maximale
dans des conditions de référence précises, des différences
que ce soit pour la vache laitière ou le taurillon est obser-
notables de digestibilité de la matière organique et de
vée à des teneurs en matière sèche proches de 35 %. Au-
valeur énergétique apparaissent entre hybrides ; au sein
delà le niveau d’ingestion se stabilise le plus souvent car
d’un même groupe de précocité et pour des variétés cul-
la finesse de hachage et la qualité de conservation sont
tivées dans un même milieu, des écarts de digestibilité de
plus difficiles à maîtriser. Si ces points sont bien contrôlés
3-4 points (0,06-0,08 UF) peuvent être observés.
on peut toutefois observer une augmentation des quanti-
tés ingérées jusqu’à des teneurs de 40 % de matière sèche
dans l’ensilage.

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2211TA LE MAÏS ENSILAGE

PATEUX
STADE LAITEUX LAITEUX PATEUX PATEUX DUR VITREUX

ASPECT Laiteux 1/2 pâteux 2/3 pâteux 1/4 vitreux 1/2 vitreux
DU GRAIN 1/2 laiteux 1/3 laiteux 1/2 pâteux
(couronne 1/4 laiteux
centrale)
vitreux
pâteux
laiteux

SPATHES Vertes Vertes Jaunissantes Jaunissantes Desséchées

% MS Inférieur 28 30 32 Supérieur
PLANTE à à à à à
ENTIÈRE 28 32 32 35 28

% Inférieur Inférieur Supérieur


REMPLISSAGE à à 85 90 à
DES GRAINS* 75 75 75
Liste

% Supérieur Supérieur Inférieur


HUMIDITÉ à à 45 42 à
DU GRAIN 48 48 42
Ta b l e
* Bonnes conditions de croissance des grains AGPM 1993

Fig. 7. – Relation entre l’état de remplissage du grain et la teneur en matière sèche plante entière
en bonnes conditions de culture

Index
Quantités ingérées Digestibilité Conditions de
(kg MS/V/jour) de la MO végétation :
(%) 1 : normales
18 16,5 ? 2 : très bonnes
15,5 77 3 : mauvaises
2
16 15,5
14 13
Glossaire 11,5 14,5 ?
12 10,5
1
10 71
8 3
6
4
Temps
2 ensilage MS plante entière
Floraison 25 35
0
20 25 30 35 40 % MS
Fig. 9. – Évolution de la digestibilité de la matière organique
Fig. 8. – Variation des quantités de maïs ingérées par la vache de la plante de maïs en fonction du stade de maturité et des
laitière en fonction du taux de matière sèche : plus de niveau conditions de végétation (Struik et al.)
d’ingestion est élevé, plus la production de lait permise par
l’énergie de la ration est importante (d’après Institut de l’Elevage)

Conditions de MS plante Teneur Digestibilité


UFL/kg MS UFV/kg MS
végétation entière (%) grains (%) in vivo (%)

Très bonnes 30-35 50-55 74 0,96 0,87


Normales 25-35 35-45 71 0,90 0,80
Séchantes 30-35 20-30 68 0,84 0,73
Froides en fin de cycle 28 35-40 68 0,84 0,73
Gel au stade laiteux 28 25-30 67 0,82 0,74

Fig. 10. – La valeur énergétique du maïs ensilage est liée aux conditions de végétation (d’après INRA 88)

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LE MAÏS ENSILAGE
TA 2211
Toutefois, les mesures de laboratoire utilisées en routine V. CULTURE DU MAÏS ENSILAGE
pour prédire la valeur énergétique du maïs ensilage
(dosage des teneurs en cellulose brute et amidon, mesure A. Préparation du sol
de la solubilité enzymatique de la matière organique) ne
sont pas pour l’instant reliées avec suffisamment de préci- 23. — Le but à atteindre est d’obtenir des terres à la fois
sion aux valeurs mesurées sur moutons. Des équations bien pourvues en eau et saines, car le cycle végétatif du
sont actuellement proposées à partir des résultats d’un « maïs est court.
Club digestibilité » regroupant l’INRA, l’AGPM, l’ITCF, la
station de recherches de Haute Belgique et 16 sociétés de 1. Labours
semences. Ces équations proposées expliquent 60 à 70 % 24. — Les labours précoces, qui permettent de profiter de
de la variation observée, ce qui est très satisfaisant l’action du gel et de l’alternance de la sécheresse et de
lorsqu’on connaît les variations résiduelles inévitables de l’humidité sur les mottes, sont conseillés sur les terres
l’expérimentation réalisée in vivo sur moutons et des lourdes (taux d’argile élevé).
déterminations de laboratoire. Il est par conséquent diffi-
cile de mesurer la digestibilité de tous les hybrides cultivés Les terres battantes, ou de structure instable (pauvres en
et d’apprécier ainsi l’incidence du choix variétal sur la argile) seront, de préférence, labourées au printemps
valorisation de l’ensilage par les animaux. Cependant, pour éviter le compactage et l’asphyxie.
l’amélioration des connaissances sur la prédiction en rou- Les labours d’hiver doivent laisser de grosses mottes,
tine de la digestibilité du maïs ensilage devrait éviter l’utili- alors que les labours de printemps doivent être assez
sation de variétés dont la valeur énergétique est inférieure émiettés.
à 0,9 UFL (0,8 UFV). Liste
25. — Le maïs a besoin, pour trouver l’humidité, de des-
cendre ses racines le plus profondément possible. Il est
IV. CHOIX DES VARIÉTÉS donc indispensable de bien réaliser les labours afin d’évi-
21. — Pour le maïs ensilage, l’objectif étant d’assurer une ter la formation de semelles. Il est également recom-
mandé d’enfouir convenablement les résidus de récolte Ta b l e
productivité maximale et régulière d’un produit à haute
valeur énergétique et bien ingéré par les animaux, le préalablement broyés qui, s’ils étaient stockés en fond de
choix variétal sera guidé autant par des exigences zoo- raie, formeraient une barrière infranchissable pour les
techniques que par des critères agronomiques. racines.

Il est cependant prématuré pour l’instant d’introduire le 2. Préparation superficielle I n dex


critère valeur énergétique parmi les critères d’inscription
au catalogue français (voir chapitre valeur alimentaire). 26. — Afin que la germination s’effectue dans de bonnes
Ainsi, en attendant la mise sur le marché d’hybrides spé- conditions, le sol doit être sain en surface pour se
cifiquement sélectionnés pour leur supériorité en valeur réchauffer facilement. Mais, pour que la levée soit rapide,
énergétique, il faut continuer à privilégier les critères il ne faut pas un sol trop fin en surface, sinon la terre ris-
Glossaire
agronomiques classiques. que de devenir battante. L’objectif est donc d’obtenir
quelques mottes en surface pour limiter la battance et de
22. — Les variétés cultivées pour une destination disposer de suffisamment de terre fine pour assurer un
ensilage sont à choisir parmi les variétés disposant de bon contact avec la graine et une bonne aération. Enfin,
références ensilage. Ces références sont obtenues lors de pour assurer une remontée de l’eau nécessaire à la réhy-
l’inscription au catalogue français. Pour les variétés non dratation des graines et pour que les racines se dévelop-
inscrites avec la mention ensilage, une expérimentation pent au maximum, il est indispensable que le sol ne pré-
complémentaire est réalisée dans un réseau national sente ni zones tassées, ni semelles superficielles.
d’expérimentation. Un réseau régional permet d’obtenir
des références plus proches des conditions locales. Le Il ne faut donc reprendre le sol que lorsqu’il est suffisam-
choix variétal est orienté par : ment ressuyé, en limitant le nombre de façons superfi-
cielles, éviter des appareils trop énergiques ou trop
— l’obtention d’une teneur en matière sèche suffisante à lourds. Il est préférable d’employer des outils à dents
la récolte afin d’obtenir un bon niveau d’[Link] vibrantes, dont on fera varier la profondeur de travail,
choix d’un groupe de précocité adapté aux disponibili- plutôt que des appareils à disques.
tés thermiques locales et à la date de semis sera la seule 27. — La technique de semis sans labour ou après un tra-
assurance permettant d’atteindre l’objectif de teneur vail minimum du sol ne s’est jamais beaucoup dévelop-
en matière sèche recherché. La précocité à la floraison pée en maïs. Elle devrait peut-être se vulgariser dans les
peut être un bon critère de choix en zone limite ; zones vulnérables où les contraintes liées à l’environne-
— la recherche d’une sécurité de rendement (bon rende- ment rendront obligatoire un couvert végétal en période
hivernale. Celui-ci pourrait être imposé, dans un certain
ment en ensilage, régularité de ce potentiel, résistance
nombre de zones, dans le but de limiter les pollutions des
au stress climatique) ; eaux de captage par les nitrates.
— la recherche de qualités liées aux conditions climati- Dans ce cas précis, le couvert végétal est détruit en mars à
ques locales (vigueur au départ en zones froides, résis- l’aide d’un produit chimique (Round Up, Sting, Gra-
tance à la verse en végétation ou à la récolte en zones moxone). Cette application est suivie d’une préparation
ventées…). superficielle ou d’un semis direct. Ces méthodes ne sont

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2211TA LE MAÏS ENSILAGE

pas sans contraintes techniques (dessèchement préma- dégrade rapidement l’insecticide. En cas d’insuffisance, il
turé du sol par le couvert végétal, difficultés d’implanta- conviendra de changer de famille chimique : lindane
tions du maïs, attaques parasitaires). Pour l’instant, elles quand le parasitisme est représenté par les seuls taupins,
ne peuvent être préconisées que dans des situations très organophosphorés systémiques contre les attaques
particulières. d’oscinies ou de géomyza.
31. — Une grande évolution dans la désinfection des
B. Désinfection du sol sols, en culture du maïs, est l’arrivée d’un produit utilisa-
28. — Il est indispensable de protéger la plante des atta- ble en traitement de semences (Imidaclopride).
ques de ravageurs de sol (taupins, vers blancs, mouche Cet insecticide issu d’une famille chimique nouvelle (les
des semis) ou des insectes présents sur la partie aérienne nitroguanidines) est très efficace, aussi bien sur les ravageurs
au stade jeune (oscinies, géomyza). Les attaques sont de sol (taupins) que vis-à-vis des insectes aériens qui atta-
d’autant plus redoutables que les conditions climatiques quent la jeune plante (oscinies, géomyza, cicadelles, puce-
froides du printemps ralentissent la croissance de la rons).
jeune plante.
Malheureusement, le coût encore trop élevé du traitement
29. — L’utilisation de Lindane à raison de 1 350 g de gêne le développement de cette technique. Elle ne peut,
matière active par hectare permet une lutte efficace con- pour l’instant, être préconisée que dans des cas bien parti-
tre les taupins. Le lindane doit être épandu et incorporé culiers : attaques systématiques de pucerons ou de cicadel-
environ 8 à 10 jours avant le semis de façon à éviter les les nécessitant une intervention tous les ans, en plus du
phytotoxicités éventuelles. traitement de sol.
Liste
30. — Les produits utilisés en localisation dans la ligne de
semis sous forme de microgranulés permettent en géné- C. Fumure
ral de protéger la plante, non seulement contre ces rava-
geurs, mais également contre ceux qui sont présents sur
les parties aériennes (oscinies, géomyza). Les insecticides 1. Prélèvement d’éléments fertilisants
Ta b l e
à base de carbamates sont plus systémiques que ceux à 32. — La figure 11 indique les prélèvements et exporta-
base d’organophosphorés. On doit cependant tenir tions pour une production de 21 tonnes de matière sèche
compte de la perte d’efficacité des carbamates observée à l’hectare relevés dans un essai. Ces exigences sont natu-
depuis quelques années dans certaines zones du fait rellement proportionnelles au rendement. La lecture du
Index d’emplois répétitifs sur la même parcelle. Elles sont dues tableau indique que l’on doit particulièrement veiller à la
à une adaptation de la flore microbienne du sol qui fourniture en azote et en potasse.

Glossaire En kg/ha En g/ha

N P2O5 K2O CaO MgO SO3 B Cu Zn Mn

Prélèvements maxima 241 90 322 56 36 62,5 75 90 594 1794


Exportations par :
- parties aériennes 206 84 260 50 32 52,5 66 62 455 1345
stade ensilage ;
- récolte épis 135 62 50 1,6 15 37,5 45 23 222 55
(grain + rafle) ;
- grain récolte 131 62 40 1,4 15 32,5 41 19 203 48
29 % humidité.
Restitution au sol après
:
- récolte grain : 100 21 259 52 19 32,5 57 70 312 1660
- récolte ensilage. 35 6 62 6 4 10 9 28 139 449

Fig. 11. – Prélèvements et importations effectifs pour une production de 115 q/ha de grain à 15 % d’humidité (21,5 t MS/ha)
(1983 - Résultats INRA - Station d’Agronomie de Bordeaux)

2. Fertilisation azotée 34. — Une approche nouvelle de la fertilisation azotée


33. — En dehors des engrais, le maïs dispose de deux (méthode du bilan simplifié) permet de prendre en con-
sources : les reliquats de l’année précédente et l’azote sidération l’objectif de rendement, les besoins en azote
libéré par la destruction de l’humus et des déjections ani- par tonne de matière sèche et la fourniture d’azote par le
males. Jusqu’à ces dernières années, les conseils ne sol, les engrais minéraux et organiques :
tenaient compte que du rendement espéré et de la parti-
cipation du sol évaluée à 30 % des besoins du maïs soit — l’objectif de rendement (Y) est défini à partir des ren-
un total de 13 à 14 kg d’azote par tonne de matière sèche dements déjà réalisés sur la parcelle, en laissant de côté
produite. les valeurs extrêmes ;

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TA 2211
— le besoin en azote du maïs par tonne de matière sèche apportées les années précédentes. L’étude statistique
(b) est d’autant plus faible que le rendement s’est élevé pendant plusieurs années des fournitures d’azote
(13 kg/t MS jusqu’à 18 tonnes, 12 au-dessus) ; mesurées sur des témoins sans azote permet de retenir
— la fourniture d’azote par le sol (FS) dépend des reli- une valeur propre à chaque type de situation. La figure
quats de l’année précédente, de la minéralisation de 12 indique les résultats provisoires du travail en cours
l’humus, ou de l’arrière-effet des déjections animales en Bretagne.

Déjections animales N libéré par le sol


Département Précédent
apportées (kg/ha)

29 fumier ou rien maïs 115


56 fumier ou rien tout 120
22 ou 35 fumier ou rien tout 145
22 ou 35 ou 56 lisier maïs 160
35 ou 56 lisier céréale ou prairie 175
22 lisier céréale ou prairie 210

Fig. 12. – Quantités moyennes d’azote libérées par le sol en Bretagne (FS)
( Résultats AGPM - Chambre d’agriculture)
Liste
— L’azote utile (X) apporté par les engrais minéraux ou Le coefficient d’utilisation de l’azote ammoniacal du lisier est
organiques est ajusté par rapport aux chiffres précé- le même que celui des engrais azotés. Le raisonnement de la
dents. On doit toutefois tenir compte de son coefficient dose peut donc se faire à partir de la teneur en azote ammo-
d’utilisation (c). niacal du lisier. Par contre, pour le fumier, ce coefficient est
toujours très inférieur. Il est alors préférable de se référer aux Ta b l e
Pour les engrais minéraux, les essais réalisés par l’AGPM indi- normes publiées dans la brochure « Engrais de ferme » (ITCF,
quent que ce coefficient est égal à 0,6 pour un apport réalisé ITEB, ITP) en prenant l’effet direct du fumier.
au stade 6-8 feuilles du maïs. Il traduit le fait que l’azote
apporté n’est jamais utilisé à 100 % l’année même et que cette 35. — Le bilan simplifié se résume donc par la formule
utilisation est accrue lorsque l’apport est retardé. suivante Y.b = FS + c.X. I n dex
— Pour les engrais organiques, l’objectif de l’éleveur est
La prise en compte de ces différents éléments aboutit pour
d’obtenir un rendement en matière sèche qui lui per-
une région donnée à définir par type de situation une dose
mette d’assurer de façon régulière l’alimentation de d’azote à ne pas dépasser (fig. 13)
son troupeau. Un de ses problèmes réside dans l’élimi-
nation des sous-produits de son élevage, tels que Cette dose permet en limitant le risque de perte de rendement Glossaire
fumiers et lisiers, longtemps considérés comme des de garantir le revenu de l’agriculteur et d’assurer une utilisa-
déchets. La culture du maïs se prête bien à l’épandage tion optimale de l’azote libéré gratuitement par le sol. Elle
des déjections animales et les parcelles de maïs ont trop évite aussi l’accumulation de nitrates dans les sols à la récolte
et leur descente en profondeur avec les pluies de l’automne et
souvent été considérées comme des parcelles-poubel-
de l’hiver.
les. En fait, les apports doivent être raisonnés comme
ceux d’une fumure minérale. .

Rendement Besoins Fourniture


Description Azote utile
Situation espéré de la culture par le sol
du sol kg/ha
tMS/ha kg/ha kg/ha

Limons sur schistes du Massif Armoricain Sol sain, irrigué sans apport organique 21 250 120 160
(système à dominante élevage)
Culture sèche meilleures situations 16 210 160 80
apports organiques
Culture sèche réserve utile inf. à 120 mm mais 13 170 150 30
apport organiques réguliers
Culture sèche potentiel limité et apports 11 145 100 80
organiques

Fig. 13. – Doses d’azotes par type de situation - Exemple en Pays de Loire

36. — La technique d’apport doit prendre en compte la assez facile de compter le nombre de tonnes épandues.
répartition des besoins du maïs dans le temps, des sols, Pour le fumier, les variations de quantités sont plus
de l’exploitation et du matériel disponible. fortes et quelques pesées d’épandeur peuvent s’impo-
— Pour les engrais organiques, il faut être capable de ser pour se donner quelques repères.
mesurer les quantités apportées. Avec le lisier, il est

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2211TA LE MAÏS ENSILAGE

Le mode et la date d’apport ne se raisonnent pas aussi doses à apporter peuvent être définies à partir des ana-
librement que pour des engrais de synthèse. L’enfouisse- lyses de sol tout en sachant que les réserves mesurées
ment du fumier implique des apports avant le semis, si ne correspondent pas forcément à la capacité qu’ont les
possible plusieurs semaines avant pour éviter les problè- racines à extraire les éléments.
mes de levée du maïs. Pour le lisier, la valorisation opti-
male en tant qu’engrais azoté consiste à l’apporter après Au vu des résultats d’essais de longue durée, on peut dire
le stade 6 à 8 feuilles du maïs. La solution la plus élégante que, s’il n’y a pas d’apport annuel de fumier ou de lisier,
à tout point de vue (odeur, perte d’ammoniac par volati- une fertilisation apportant environ 100 unités de P205 et
lisation, risque de ruissellement) consiste alors à l’enfouir 200 de K2Ochaque année permet d’obtenir des rende-
dans l’interrang. ments régulièrement élevés, s’il n’y a pas d’autres facteurs
— Les engrais minéraux doivent être considérés comme limitants.
un complément à la fumure organique. Dans certains
cas, la fumure minérale peut être totalement suppri- D. Semis
mée (fig. 14). Lorsqu’elle reste nécessaire, la dose totale
est en général apportée avant le semis. Toutefois la 1. Date de semis
méthode la plus efficace consiste à fractionner les 38. — Le choix de la date de semis est lié à l’état du sol.
apports : 30 à 50 unités avant ou juste après le semis, le Pour une levée rapide, le maïs demande une terre res-
reste au stade 8-10 feuilles localisé et enfoui dans suyée et suffisamment réchauffée (températures au
l’interligne. moins égales à 10 °C). Au nord de la Loire, ces conditions
Liste sont atteintes entre le 15 et le 25 avril selon les conditions
de sol. Dans ces régions où la précocité est l’un des fac-
Dose d’azote Forme N Rendements tMS/ha
teurs limitants de la culture, il faudra se tenir prêt à
0 – 12,9 semer à partir du 15 avril. On ne pourra cependant
50 lisier 15,0 semer que lorsque les conditions de travail se révèlent
Ta b l e favorables donc, pas avant que le sol ne soit bien ressuyé
100 ammonitrate 14,9
surtout en terre lourde ou battante.
100 lisier 15,2
150 lisier 16,0
2. Choix et traitement des semences
200 lisier 16,2
Index 39. — Toutes les semences commercialisées sont certi-
Fig. 14. – Remplacement de la fumure minérale par du lisier fiées par le service officiel de contrôle du GNIS avec une
de porc (Pacé, 35 - année 1983) - AGPM garantie de faculté germinative (supérieure à 90 %) dans
des conditions précises de laboratoire.
Cette technique permet de limiter les risques de lessivage Elles sont traitées contre les maladies de fonte des semis
Glossaire et également de réduire les risques d’intoxication ammo- soit avec du captane, soit avec du thirame ou du méta-
niacale observée en sols limoneux ou acides. Par contre, laxyl (Apron) associés le plus souvent avec un produit
elle suppose un matériel spécifique et une organisation répulsif contre les oiseaux
qui permette d’avoir terminé le second apport avant le
En cas de semences contaminées par le charbon des inflo-
stade 10 feuilles. En l’absence de matériel et si la pluvio-
rescences, un traitement complémentaire est réalisé : car-
sité est suffisamment abondante en mai-juin, il est possi-
boxine déjà associée à l’anthraquinone, au captane ou au
ble d’apporter cet azote en plein au stade 8-10 feuilles,
thirame ; flutriafol (Stylor C).
soit sous forme d’ammonitrate en choisissant un
moment de la journée où les feuilles sont sèches, soit
sous forme de perlurée en prenant soin de biner aussitôt 3. Ecartement entre les rangs
afin d’éviter les risques de volatilisation. 40. — Il est compris entre 0,70 et 0,80 m. Pour des densi-
tés supérieures à 120 000 plantes par hectare et lorsque les
3. Fumure phosphatée et potassique conditions d’alimentation en eau ne sont pas limitantes, les
écartements réduits (0,40-0,50 m) permettent de gagner
37. — Il faut tenir compte des besoins de la plante en moyenne une demi-tonne de matière sèche à l’hectare
(fig. 11) et des caractéristiques du sol. mais avec des contraintes suivantes : des risques de verse
Les besoins en phosphore et en potassium sont directe- plus importants, et surtout la nécessité d’une adaptation
ment proportionnels à la quantité de matière sèche pro- de toute la chaîne de semis, de traitement ou de récolte.
duite. On peut retenir les exportations moyennes suivan-
tes par tonne de matière sèche produite : 4,5 kg par tonne 4. Densités de peuplement
de MS en P2O5 et 13 kg en K2O.
41. — Le progrès génétique, par l’amélioration de la
— pour le calcul de la fumure, il faut tenir compte : des tenue de tige, a permis d’augmenter les densités de cul-
réserves du sol, des exportations par la récolte, des ture au cours des dernières décennies.
apports par le lisier ou le fumier, des pertes par lessi- La densité de peuplement se choisit en fonction de la pré-
vage (très faible ou nulle pour le phosphore, elles sont cocité de la variété et des conditions de potentiel du
pour le potassium fonction de la teneur en argile du milieu (alimentation en eau). La rentabilité la plus élevée
sol), et de la fixation irréversible ou rétrogradation. Les est obtenue avec les peuplements qui procurent en année

11

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LE MAÏS ENSILAGE
TA 2211
humide les meilleurs rendements et qui n’abaissent pas lité-prix. Cependant, la présence de résidus d’atrazine
pour autant les rendements en matière sèche en année dans les nappes phréatiques a conduit l’AGPM et le
sèche. Compte tenu des aléas éventuels, le nombre de ministère de l’Agriculture à prendre des mesures de limi-
graines à semer doit être de 10 à 15 % supérieur au nom- tation de l’atrazine à 1 500 g de matière active par hec-
bre de plantes souhaité à la récolte (figure 15). tare. Cette dose limite doit être respectée. De façon à
mieux maîtriser les adventices, elle est utilisée souvent en
Groupe Conditions Densité Peuplement association avec des produits antigraminées (alachlore,
de précocité pédo-climatiques semis récolte métolachlor, EPTC, vernolate, cyanazine, pendimétha-
Précoce normales 115-120 000 110 000
line, dimethenamid).
et 1/2 précoce
séchantes 105-110 000 100 000 Sauf pour la pendiméthaline qui doit être appliquée
1/2 tardif normales 105-110 000 100 000
impérativement entre le semis et la levée, il est préférable
de réaliser les applications avant le semis. En effet, des
séchantes 100 000 90 000 échecs sont parfois constatés lorsque le traitement est
Tardif normales (irriguées ou 95 000 90 000 effectué après le semis et qu’il fait sec. Une bonne humi-
bien arrosées)
séchantes 85 000 80 000 dité du sol est primordiale pour la plupart de ces herbici-
Très tardif normales (irriguées ou 85 000 80 000
des. Elle permet leur transport jusqu’aux racines des
bien arrosées) mauvaises herbes et assure leur absorption dans les plan-
séchantes 75 000 70 000
tes.
Fig. 15. – Nombre de pieds de maïs à l’hectare Pour les herbicides à base d’alachlore, métolachlor, atra-
à rechercher selon les conditions pédoclimatiques zine, cyanazine, une incorporation superficielle (3 à 5 cm Liste
et la précocité de la variété
de profondeur) est réalisée lors des dernières façons cul-
turales (vibroculteur, herse légère, outils animés). Pour le
5. Conduite vernolate et l’EPTC, produits volatils, l’incorporation
42. — La première qualité d’un semis est le respect de la doit être réalisée dans la journée à la suite du traitement
Ta b l e
densité de peuplement choisie. Il doit par ailleurs assurer et plus profondément (8 à 10 cm). Le vibroculteur en 1
une bonne régularité dans l’espace et la profondeur des ou 2 passages croisés utilisé à vitesse rapide (8 à 10 km/h)
graines. Cette dernière est un facteur essentiel pour une assure une bonne incorporation.
levée homogène.
b) Désherbage après la levée des adventices
La semence doit être placée peu profondément mais être I n dex
dans la terre fraîche. La profondeur varie de 3 à 6 cm. 45. — Il est dans la plupart des cas réalisé comme com-
plément nécessaire à un traitement de base, en présence
Les semoirs pneumatiques sont mieux adaptés au semis de levées mal contrôlées de dicotylédones résistant aux
du maïs que les semoirs mécaniques utilisés initialement. triazines, d’annuelles ou de plantes vivaces.
Ils sont en effet moins exigeants quant au calibrage des
semences. Ils sont plus souples d’emploi ; toutefois, En présence de dicotylédones résistant aux triazines, les Glossaire
même avec ces appareils, la vitesse de semis ne doit pas produits les plus efficaces sont le Dinoterbe, le pyridate,
excéder 5 km/h. l’association pyridate-clopyralid, la bentazone et le bro-
moxynil (phénol ou octanoate). Appliqués au stade 3 à 6
feuilles des adventices, ils peuvent être ou non associés à
E. Entretien de la culture - Désherbage l’atrazine. Pour cette dernière, il conviendra de tenir
Pour ce chapitre, les doses, modes d’emploi et limites compte des apports éventuels réalisés avant la levée de
d’utilisation de chaque produit ne sont pas indiqués (se façon à ne pas dépasser les doses maximales d’utilisation
reporter à la plaquette éditée annuellement par l’AGPM définies par le ministère de l’Agriculture.
et le SPV « Protection du maïs »). On peut noter la commercialisation en maïs de nouvelles
43. — Le contrôle des mauvaises herbes dans la culture molécules de la famille des sulfonylurées (Rimsulfuron,
doit être particulièrement soigné ; elles doivent être Nicosulfuron) utilisables à très faibles doses (30 à 50 g de
détruites très jeunes, voire même avant leur levée. matière active à l’ha) et après la levée du maïs. Elles per-
La matière active utilisée sera choisie en tenant compte mettent, par leur action foliaire, de contrôler les grami-
des mauvaises herbes à détruire, du type de sol et du coût nées estivales et un certain nombre de dicotylédones
du produit. (amarantes et, dans une moindre mesure, chénopode et
renouée persicaire).
Le désherbage du maïs est dans la majorité des cas basé
sur un traitement effectué avant la levée contre les grami- 46. — S’il est certain que le choix des produits devra se faire
nées estivales et les dicotylédones sensibles aux triazines. en fonction de leur efficacité et de leur coût, il faut signaler
Celui-ci est ensuite complété par une intervention après que, pour un certain nombre, des problèmes de sélectivité
la levée contre les dicotylédones résistant aux triazines et se posent. Certains de ces produits ont une sélectivité de
contre les vivaces. position. Leur application entre le semis et la levée est donc
impérative. Dans un certain nombre de cas (pluviométrie
a) Désherbage avant la levée importante, sol très filtrant) le produit peut migrer au
44. — Le produit de base est l’atrazine. Cette matière niveau des racines du maïs ; l’absorption du produit par les
active, encore indispensable, présente les avantage d’un racines entraîne des phytotoxicités. Pour d’autres produits,
spectre d’activité très large et un très bon rapport qua- l’application après la levée sous certaines conditions de cli-

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2211TA LE MAÏS ENSILAGE

mat bien particulières (chaleur, froid) peut provoquer des En bonnes conditions de végétation, ce compromis est
brûlures, des déformations ou des décolorations de feuilles. atteint au stade pâteux dur du grain soit entre 32 et 35 %
Il existe également des sensibilités variétales. Le choix du de teneur en matière sèche dans la plante entière (voir fig.
produit devra tenir compte de tous ces éléments (voir pla- 16 et fig. 4)
quette Protection du maïs AGPM-SPV).
48. — L’organisation du chantier doit être prévue suffi-
samment tôt de façon à récolter la plus grande partie des
H. Récolte parcelles à un stade optimum. La méthode des degrés-
47. — Le stade optimum de récolte est un arbitrage entre jours permet d’effectuer les premières prévisions des
rendement, qualité de conservation et valeur alimentaire. dates de récolte..

Rendement (t/h)

Rendement UFL - UVF/ha

1
e
v ach 2
kg/
Liste ée
ingér 3
antité S)
Qu g de M
(g/k
idon
Am
Ta b l e
UFL - UFV/kg de MS

Conservation en %
2
Index
3
% Matière sèche plante entière

22 25 28 30 32 35 39
Glossaire
1 : Bonne conservation, bonne finesse de hachage et consommation par des animaux performants
2 : Bonne conservation de l'ensilage
3 : Conservation médiocre et/ou hachage trop grossier

Fig. 16. – Évolution de plusieurs critères qualitatifs et quantitatifs du maïs ensilage en fonction du stade ds plantes
Source AGPM d’après données AGPM et INRA

Ainsi, en connaissant la date de floraison moyenne d’une seulement de la vitesse de maturation du grain et de tiges
parcelle, les besoins en degrés-jours de la variété (fig. 2) et feuilles, mais également du rapport entre le poids de
et les sommes de degrés-jours enregistrées depuis la date grain et celui de la plante entière.
de floraison, il est possible d’estimer au cours du mois
Ce rapport est lui-même fortement déterminé par la
d’août les dates de récoltes probables pour différents scé-
matière sèche accumulée dans les tiges et feuilles avant la
narios de teneur en matière sèche.
floraison et le nombre de grains en croissance.
Une telle prévision nécessite cependant une notation
précise des dates de floraison, la connaissance des tempé- L’ajustement d’un premier calendrier de récolte peut
ratures susceptibles d’être observées dans les semaines à toutefois être réalisé à partir de ces méthodes (fig. 2 et 5).
venir (analyse des sommes de températures fréquentiel- Les observations au champ sur l’état de la culture, le
les sur 30 ans) et des relevés journaliers fiables des tem- degré de dessèchement de l’appareil végétatif et le stade
pératures. La prévision sera d’autant plus précise que les du grain (fig. 7) ou même des mesures de teneurs en
conditions de culture ont été satisfaisantes et que les tem- matière sèche permettent de conforter les premières esti-
pératures observées sont comparables aux hypothèses mations.
retenues. Tous les éléments de diagnostic qui tiennent compte des
Dans le cas de sécheresse, qui se traduit souvent par un conditions climatiques et des conditions de la culture
nombre de grains par m2 plus faible, les prévisions sont sont regroupés à titre d’exemple dans la figure 17. Ce
moins bonnes, même si l’effet du déficit hydrique peut schéma établi pour la zone ouest et Pays de Loire devra
être pris en compte (fig. 2). En effet, l’évolution de la être légèrement adapté en zone plus continentale où les
teneur en matière sèche de la plante entière résulte non températures chutent plus rapidement dès le 1er octobre

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LE MAÏS ENSILAGE
TA 2211
49. — Le jour de la récolte il faudra être particulièrement VI. CONCLUSIONS
attentif à la finesse de hachage de l’ensilage et ce d’autant 50. — Le maïs ensilage est une culture capable de fournir
plus que le maïs sera plus sec. En effet, la qualité du de hauts rendements à l’hectare. De plus, c’est un fourrage
hachage détermine l’aptitude au tassement, la qualité de facile à conserver et qui, de ce fait, peut être disponible tant
conservation et le potentiel d’ingestion par les bovins. pour l’alimentation hivernale des animaux que pour com-
bler les « trous » de la production fourragère en été.
Le réglage et l’entretien des ensileuses permettent dans la
Un avantage qui ne doit pas être négligé c’est celui, à par-
plupart des situations d’obtenir une finesse de hachage
tir d’une même plante, de raisonner ses stocks fourragers
correcte. Le réglage peut être jugé bon si la proportion de et d’utiliser les surfaces restantes en grain pour complé-
gros morceaux (tranches de rafle – fragments de tiges et mentation éventuelle de la ration ou cultures de vente.
de feuilles) est inférieure à 1 %. Un appareil simple, le
Productivité, qualité du produit animal, rentabilité de
tamis secoueur, permet d’estimer approximativement la
l’atelier, souplesse d’utilisation, ces exigences font que le
quantité de gros morceaux (tamis secoueur muni d’une maïs devrait avoir une place prépondérante dans l’équili-
grille de 20 mm) : moins d’un verre de gros morceaux bre fourrager futur...
pour un seau de 10 litres de fourrage haché correspond à
moins de 1 % de gros morceaux.

Pour favoriser la mastication et la rumination des ani-


maux et éviter les problèmes d’acidose il ne faut toutefois
pas aller trop loin dans la finesse de hachage. Il faut con- Liste
server suffisamment de particules moyennes (particules
retenues sur la grille de 10 mm du tamis secoueur). Une
proportion de 10-15 % de ces particules semble un bon
compromis. Ta b l e

I n dex

Glossaire

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2211TA LE MAÏS ENSILAGE

FIN AOUT (année chaude) DÉBUT SEPTEMBRE (année froide)

GRAIN PATEUX GRAIN LAITEUX


% Matière sèche estimée à 30 % % Matière sèche estimée à 22-25 %
MAIS ANORMAL MAIS NORMAL MAIS ANORMAL MAIS NORMAL
• Pauvre en grains •Normal en grains • feuilles sous l’épi • plantes vertes jusqu’à
• feuilles sous l’épi (plus de 2 000 g/m2) desséchées 2 feuilles
desséchées • 8-9 feuilles vertes (Dea - 5 à 6 feuilles sous l’épi
vertes) (Dea = 8 F. vertes)
Tiges vides Tiges encore Pauvre Normal Semis tardifs Maïs normal
turgescentes en grains en grains ou maïs et/ou riche
pauvres en grains
grains
Réserve Réserve Réserve Réserve
sol vide sol supérieur à 0 sol vide sol supérieur à 0
Risque Remobilisations Grains de rendement Grains de Grains de Gain taux Grains de
de fusariose d’assimilats et de qualité encore rendement rendement et MS possible mais rendement et
vers grains possibles négligeable qualité possibles évolution lente qualité possibles
possibles Gain de taux Grain taux MS
MS possible, possible
mais faible
Ne pas Viser 33-36 % MS Viser 33-36 % MS Viser 28-30 % MS Viser 30-32 % MS Viser 30-32 % MS Viser 33-36 % MS
attendre
Temp. Temp.s Temp. Temp.
élevées normales élev. normal.
Liste
PRIORITÉ 1 PRIORITÉ 2 PRIORITÉ 1 PRIORITÉ 2 PRIORITÉ PRIORITÉ 2 PRIORITÉ 2 PRIORITÉ 3
1 2

Ta b l e
AU-DELA DU
DÉBUT OCTOBRE
15 OCTOBRE

PATEUX PATEUX LAITEUX LAITEUX quel que soit le stade


0 % matière sèche proche 0 % matière sèche proche 0 % matière sèche proche du maïs
ou supérieure à 32 % de 30 % de 25%
Index
ANNÉE NORMALE maïs en RETARD année FROIDE
– quel que soit l’état – quel que soit l’état – quel que soit l’état – quel que soit l’état
des plantes des plantes des plantes des plantes
– pas de problème de – pas à peu de problème de – quel que soit le type
portance des sols portance des sols de sol
Glossaire Gain de rendement Évolution faible de la Évolution faible de la Perspectives de grain
négligeable maturation et maturation et de rendement et
Qualité optimale de la matière sèche de la matière sèche qualité nulles
Croissance des grains Croissance des grains
très lente du fait d’une très lente du fait d’une
offre climatique offre climatique
décroissante décroissante
Ne pas attendre Viser 32 % MS et améliorer Viser 28-30 % MS Ne pas attendre
pour récolter qualité sans prendre pour meilleure conservation pour récolter
de risques climatiques Attendre limites climatiques
PRIORITÉ 1 PRIORITÉ 2 PRIORITÉ 3 PRIORITÉ 1
Attention : ajuster la ration Attention : ajuster la ration
si décision de récolte si maïs récolté à stade
immédiate immature

Priorité 1 : récolte dans les 4 à 6 jours


Priorité 2 : récolte dans les 8 à 10 jours
Priorité 3 : récolte dans les 12 à 18 jours : Refaire un diagnostic dans les 10 jours.
Fig. 17. – Grille de décision des priorités de récolte région Ouest-Bretagne-Pays de Loire (AGPM-1993)

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