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Evaluation Des Entreprises Et Des Groupes: IFSM 2023-2024

Ce document décrit les étapes nécessaires à l'évaluation d'une entreprise ou d'un groupe. Il présente différentes méthodes d'évaluation comme celles basées sur le rendement, l'actif net ou le goodwill. L'évaluation doit prendre en compte des facteurs financiers mais aussi des éléments contextuels comme le marché, la concurrence ou le savoir-faire de l'entreprise.
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Evaluation Des Entreprises Et Des Groupes: IFSM 2023-2024

Ce document décrit les étapes nécessaires à l'évaluation d'une entreprise ou d'un groupe. Il présente différentes méthodes d'évaluation comme celles basées sur le rendement, l'actif net ou le goodwill. L'évaluation doit prendre en compte des facteurs financiers mais aussi des éléments contextuels comme le marché, la concurrence ou le savoir-faire de l'entreprise.
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IFSM 2023-2024

MASTER 1 FC

EVALUATION DES ENTREPRISES ET DES GROUPES

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INTRODUCTION

L’évaluation d’une entreprise ou d’un groupe d’entités est effectuée lorsque :

- le chef d’entreprise souhaite connaître la croissance de la « valeur » de la société ou du


groupe d’entités ;

- l’investisseur veut assurer à ses capitaux le meilleur rendement.

C’est pourquoi les deux types d’évaluation les plus utilisés sont ceux basés sur l’actif net, c’est-
à-dire le patrimoine propre de l’entreprise, et ceux basés sur le rendement de la société.

Des situations peuvent donner l’occasion d’utiliser d’autres méthodes d’évaluation :

- le banquier qui prête des moyens de financement étudie le cashflow dégagé par la société
pour voir si elle a les moyens de le rembourser, et analyse les immobilisations de la
société sur lesquels, en général il prend des hypothèques (immeubles) et des
nantissements (fonds de commerce) ;

- le commissaire aux comptes qui, à la suite de la réévaluation des biens non amortissables
et amortissables des sociétés, vérifie l’écart calculé par la société. Également lors de la
première consolidation d’une société fille par sa mère. Il vérifie le calcul de la différence
de première consolidation qui correspond à la différence entre le coût d’acquisition des
titres de la fille tel qu’il figure dans les comptes « titres de participation » de la mère, et
entre la « valeur » qui est attribuée à la fille lors de cette première consolidation ;

- le commissaire aux apports qui doit déterminer la valeur à attribuer aux divers apports
en nature ou la valeur à attribuer aux divers apports en nature, ou la valeur à attribuer
aux titres des sociétés lors d’une fusion ;

- la société qui veut acquérir la majorité d’une autre société et qui, selon le but recherché,
utilise différents moyens :
• s’il s’agit d’augmenter sa capacité de production, elle se penche principalement sur
les immobilisations ;

• s’il s’agit d’augmenter sa clientèle, elle se penche sur les débouchés ;

• s’il s’agit de lancer de nouvelles fabrications, elle se réoccupe surtout de la valeur


des brevets et des capacités des ingénieurs de fabrication ;

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• s’il s’agit d’améliorer son rendement, elle étudie le cash-flow etc.

Evaluer une entreprise ne consiste pas seulement à calculer quelques ratios, un actif net ou des
rentabilités. Il faut adapter l’évaluation au but que poursuit la personne qui a demandé cette
évaluation, en choisissant les méthodes les mieux appropriées à son objectif.

La seule « vraie valeur » d’une société n’est pas en définitive que celle qu’accepte de payer un
acheteur ou, à la rigueur, celle que quelqu’un accepte de rendre en sûreté réelle.

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CHAPITRE 1 : SYNTHESE DES ETAPES NECESSAIRES A L’EVALUATION D’UNE
ENTREPRISE OU D’UN GROUPE

Quatre étapes sont nécessaires pour l’évaluation d’une entreprise. Ce sont :

• La vérification des chiffres proposés ;


• L’analyse financière de la société ;
• Les méthodes d’évaluation proprement dites ;
• Les moyens et les possibilités de la société.

1.1 La vérification des chiffres proposés

Cette étape intéresse peu l’investisseur, qui se contente d’étudier les dividendes versés par
l’entreprise et ses possibilités générales d’expansion, mais elle est par contre essentielle pour la
société qui veut en acquérir une autre, ou pour un organisme qui s’apprête à fournir des fonds
importants. La vérification des chiffres proposés s’opère par la mise en œuvre de « méthodes
et techniques de révision des comptes »

1.2 L’analyse financière de la société

La première étape permet d’obtenir une image fidèle des comptes sociaux. La deuxième étape
a pour objet d’analyser les chiffres pour voir si la structure de la société est saine, et pour la
situer par rapport aux entreprises du même secteur ou branche d’activité.

1.3 Les méthodes d’évaluation proprement dites

Les méthodes d’évaluation sont principalement au nombre de cinq (5) :

➢ celles basées sur le rendement ;


➢ celles basées sur la valeur boursière ;
➢ celles basées sur l’actif net ;
➢ celles basées sur la Valeur Substantielles Brute (VSB) et sur les Capitaux Permanents
Nécessaires à l’Exploitation (CPNE) ;
➢ et celles fondées sur le goodwill (GW)

La valeur de l’entreprise est déterminée à partir du résultat obtenu par une seule de ces
méthodes, ou par une moyenne des résultats obtenus par deux ou plus de ces cinq méthodes.

Aussi, pour peaufiner l’évaluation, d’autres méthodes particulières sont utilisées :

➢ Price Earning Ratio (PER) ou ratio multiplicateur de bénéfice ;


➢ Discounted Cash Flow (DCF) ;
➢ Sinking fund ;

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➢ Formules de retail

1.4. Les moyens et les possibilités de la société

La troisième étape permet de déterminer le « prix » de la société selon l’objectif poursuivi


(acquérir un patrimoine, réaliser un placement,…). La dernière étape quant à elle permet à celui
qui souhaite porter un jugement aussi exhaustif que possible allant au-delà des chiffres et de
leurs apparences. Cette étape intéresse le repreneur d’entreprise et le cadre d’état-major nommé
à la présidence d’une filiale, mais aussi le « bon père de famille » qui souhaite réaliser un
placement sans risque et qui s’attachera au moins à la notoriété de l’entreprise dont il va acquérir
des actions.

Il s’agit ici de compléter l’évaluation proprement dite (réalisée lors de la 3è étape) par une
analyse aussi objective que possible d’éléments endogènes et exogènes.

a) Le marché

Est-il en récession ?
En expansion ?

b) La concurrence

Comment se situe au sein de son secteur d’activité ?


A-t-elle une position dominante ?
Quelle est son image de marque ?

c) Les hommes

Les dirigeants sont-ils entreprenants ? Souhaitent-ils investir pour développer l’affaire ?


Le climat social est-il « bon » ?
Doit-on s’attendre à des grèves ?

d) Le savoir-faire (Know-how)

L’entreprise utilise-t-elle les hommes, les machines, les brevets au mieux de leur possibilité ?
Y-a-t-il un département de recherche dont les travaux débouchent sur des applications pratiques
?

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e) L’indépendance

La société est-elle liée à un client principal avec lequel elle fait plus de 10% de son chiffre
d’affaires (les dix principaux clients ne doivent pas fournir ensemble plus de 50% du chiffre
d’affaires de la société), ou avec un fournisseur dont elle dépend pour plus de 10% de son
approvisionnement ?

f) Les machines, les bâtiments

Sont-ils vétustes ?
Peuvent-ils suffire à faire face à un accroissement de la production ?

g) Financement

L’entreprise a-t-elle les moyens financiers pour investir ? Peut-elle les trouver ?

h) « Going concern » (avenir)

Quels sont les risques éventuels ?


Les possibilités latentes ?
L’avenir raisonnablement envisageable ?

Evaluer une entreprise ne consiste pas seulement à calculer quelques ratios, un actif net ou des
rentabilités. Il faut adapter l’évaluation au but que poursuit la personne qui a demandé cette
évaluation, en choisissant les méthodes les mieux appropriées à son souci.

La seule « vrai valeur » d’une société n’est pas en définitive que celle qu’accepte de payer un
acheteur ou, à la rigueur, celle que quelqu’un accepte de prendre en sûreté réelle.

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CHAPITRE 2 : L’EVALUATION DE L’ENTREPRISE

2.1 Définitions et facteurs de base de l’évaluation

Evaluer une entreprise, c’est estimer approximativement sa valeur. Il existe plusieurs définitions
de l’évaluation qui sont fonctions de l’environnement de sa réalisation :
- sur le plan financier, évaluer une entreprise c’est estimer la valeur d’un portefeuille
d’actifs en termes d’investissement pour l’acquéreur et de désinvestissement pour le
vendeur,

- sur le plan juridique, évaluer une entreprise c’est évaluer le patrimoine des actionnaires
qui sont les propriétaires de l’entreprise,

- d’un point de vue économique, évaluer une entreprise c’est estimer un potentiel
industriel ou commercial générateur de revenus. Selon J.M. Keynes, la valeur
fondamentale d’une entreprise correspond à une estimation de la valeur actuelle des flux
futurs de revenus attachés à la détention de son capital. En résumé, on peut retenir que
l’évaluation d’une entreprise consiste à déterminer le prix le plus probable auquel
une transaction pourrait se conclure dans des conditions normales de marché .

2.2 Valeur et prix

Il ne faut pas confondre une évaluation d’entreprise avec un prix sur lequel le vendeur et
l’acquéreur finissent par se mettre d’accord. Evaluer une entreprise consiste à proposer une
fourchette de valeur et en aucune manière à déterminer un prix. Le prix d’une entreprise suppose
une notion de transaction et de confrontation d’une offre et d’une demande. Le prix est une
somme d'argent due par l'acquéreur au vendeur au moment où les deux parties se sont mises
d'accord sur l'évaluation. Au contraire, la valeur n’implique pas nécessairement qu’il y ait
volonté de transaction. Si le prix est une donnée objective, la valeur est nettement plus
subjective. Selon la personne concernée, la valeur d’une même entreprise peut être très
différente. L’évaluation est toujours préalable et nécessaire ; c’est l’élément de base de la
négociation. Mais c’est de la négociation que se dégagera le prix effectivement payé. Des
éléments subjectifs peuvent influencer la détermination du prix.

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L’écart entre l’évaluation d’une entreprise et son prix de cession peut être plus ou moins forte
selon :
- l’urgence de la transaction,
- la rareté de l’affaire,
- la pluralité ou non d’acquéreurs,
- le montant net minimum que le vendeur entend retirer de sa vente, faute de quoi il préférera
ne pas vendre.

2.3 La démarche de l’évaluation d’une entreprise

La conduite d’une mission d’évaluation est un processus qui comporte plusieurs étapes.

2.3.1 Différentes étapes de la conduite d’une mission d’évaluation

Les différentes étapes de la conduite d’une mission d’évaluation peuvent être synthétisées de la
manière suivante :

- Prise de connaissance générale


- Préparation de mission
- Diagnostic interne Diagnostic externe
- Choix des méthodes d’évaluation
- Perspective stratégique et business plan
- Evaluation
- Négociation et Prix

2.3.2 Rapport d’évaluation

L’évaluateur exprime son opinion sur la valeur de l’entreprise. Le rapport d’évaluation doit
impérativement rappeler :

- le contexte dans lequel l’évaluation est opérée, les travaux effectués,


- les limites éventuellement apportées aux travaux, soit à la demande du client, soit en
raison de l’absence d’un expert technique qui serait seul compétent sur des points très
précis (audit environnemental, expertise immobilière…),
- les méthodes écartées dûment motivées et les méthodes retenues,
- la justification des hypothèses retenues dans la mise en œuvre des méthodes
d’évaluation (coefficient multiplicateur appliqué au chiffre d’affaires retenu, prime de
risque…),
- une synthèse des calculs avec renvoi des détails de calcul en annexe,
- et en conclusion, non pas une valeur figée, mais un intervalle de valeurs et/ou nuage
de points.
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2.4 Différentes méthodes d’évaluation d’une entreprise

2.4.1 Les méthodes basées sur les flux

2.4.1.1 Valeur de rendement

La valeur de rendement de l’entreprise est égale à la somme actualisée des bénéfices futurs. La
valeur de rendement VR de l’entreprise s’obtient en écrivant : Soit B= bénéfices futurs
-n
Si n = périodes : VR = B x 1 – (1+ i)
i

Ou si n tend vers l’infini : VR = B


i

B est le résultat des activités ordinaires après impôt ou résultat d’exploitation net d’impôt ou
encore le résultat retraité. On retient généralement un résultat moyen sur les trois derniers
exercices.

Exemple : Valeur de rendement

Les résultats nets d’impôt des trois derniers exercices de la société VISION SA sont les suivants
:
Années N-2 N-1 N
Résultats nets 3 000 16 700 3 000

Le taux d’actualisation sur un nombre infini de périodes est de 8%.

2.4.1.2 Valeur financière

La valeur financière de l’entreprise est égale à la somme actualisée des dividendes futurs. Soit
D = dividendes distribués ;
-n
Si n = périodes : VF = D x 1 – (1+ i)
i

Ou si n tend vers l’infini : VF = D


i

On retient généralement un dividende moyen sur les 3 derniers exercices.

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Exemple : Valeur financière

Au cours des deux derniers exercices, les dividendes distribués par la société ACTION au
capital de 120 000 000 divisé en 10 000 actions de nominal 12 000 chacune, se présentent
comme suit, avoir fiscal non compris.

Années N+3 N+4


Résultats nets 1 860 1 755

Le taux exigé par les investisseurs pour ce type d’activité est de 12%

Travail à faire : Calculer le dividende moyen, la valeur financière et la valeur de l’entreprise

2.4.1.3 Modèle de Gordon Shapiro

Ce modèle est basé sur l’hypothèse d’un taux de croissance du dividende croissant.

Si D1 est le dividende par action de la période t, nous avons la valeur de rentabilité Vo donnée
par la relation :

Vo = D1
i- g
Avec: D1 = Do (1+i)
i = taux d’actualisation
g = taux de croissance prévisionnel des dividendes
i >g

Ce modèle ne peut s’appliquer qu’aux entreprises de forte croissance

Exemple : Modèle de Gordon Shapiro

La société Shapiro au capital de 5 000 actions a distribué un dividende de 390 F en N, 375 F en


N-1 et 360,6 F en N-2. La tendance observée au cours de ces trois années devrait se poursuivre
dans le long terme. Le taux de rendement attendu par les actionnaires est de 12 %.
Le taux de croissance des dividendes est de 4%.

Travail à faire : Calculer la valeur de rentabilité selon le modèle de Gordon Shapiro et déduire
la valeur de la société Shapiro.

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2.4.1.4 Valeur du potentiel de croissance

La formule générale de la valorisation est :

V = ∑ CAFG t (1+i) -t

Elle exprime la somme actualisée des CAFG des exercices retenus.

2.4.2 Discounted cash-flow

2.4.2.1 Principes généraux

La valeur de marché peut s’estimer par l’actualisation de flux de trésorerie disponible (FTD)
sur un horizon infini :

V0 = ∑ FTt (1+R) -t
t=1

Le fait de retenir un horizon infini trouve sa justification dans le fait que la durée de vie d’une
entreprise est, sauf exception, indéfinie. La durée légale de 99 ans ne signifie pas que la société
cesse d’exister à l’issue de ce laps de temps, mais qu’il est nécessaire de modifier les statuts
lorsque cette échéance approche. Mais si la durée est indéfinie, pourquoi retenir un horizon
infini ? Tout d’abord parce que retenir un horizon fini serait purement arbitraire et reviendrait
à considérer que la société n’a plus aucune valeur au- delà de cet horizon. Par ailleurs, en matière
de valeur, il n’y a pas de grande différence entre une actualisation sur 50 ans ou sur un million
d’années car plus un flux est éloigné dans le temps, plus sa valeur actualisée tend vers zéro.
D’un point de vue opérationnel, il n’est évidemment pas possible de faire des prévisions sur un
tel horizon. C’est pourquoi l’horizon de l’entreprise va être décomposé en deux phases, la
première sur laquelle vont être réalisées des prévisions, et une seconde sur laquelle l’évolution
des flux de trésorerie va être modélisée :

Valeur = Valeur actualisée des FTD pendant la période explicite de prévision

+ Valeur actualisée des FTD après la période explicite de prévision

La modélisation de l’évolution des flux de trésorerie disponible aboutit au calcul d’une valeur
terminale (VTn), qui représente la valeur actualisée des flux de trésorerie sur cette seconde
phase. Généralement, il est fait l’hypothèse que les flux de trésorerie disponible sur cette
seconde phase vont évoluer, chaque année, à un taux constant (g). Nous nous retrouvons alors

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dans le cadre d’une rente perpétuelle en croissance géométrique dont la valeur actuelle s’obtient
simplement :

VTn = FTn+1
R- g

Cette valeur terminale en ncorrespond


à la valeur actualisée au taux R des
flux de trésorerie disponible (FTD)
qui vont apparaître à partir de l’année
n+1 jusqu’à l’infini, compte tenu
d’une croissance (ou décroissance)
annuelle de g pourcents. Cette valeur
terminale étant obtenue à l’année n, il
convient de l’actualiser à son tour
pour obtenir une valeur à l’année 0.
La formule devient alors :

V0 = ∑ FTt (1+R) -t + VTn x (1+R) –n
t= 1

2.4.2.2 L’actualisation des flux de trésorerie disponible (FTD)

L’approche la plus fréquemment utilisée consiste à évaluer la valeur de marché des capitaux
propres de façon indirecte :

Vcp = VGE - Vdf

La valeur globale de l’entreprise (VGE) s’obtient en actualisant au coût du capital (CMPC) les
flux nets qui reviennent à l’ensemble des apporteurs de fonds (actionnaires et créanciers
financiers). Ces flux de trésorerie disponibles (FTD) vont être estimés pendant n années, sur la
base du business plan de l’entreprise, puis seront modélisés au- delà, soit :

V0 = ∑ FTDt (1+CMPC) -t + VTn x (1+CMPC) –n
t= 1

Dès lors, la valeur de marché des capitaux propres est égale à :

avec : VT = FTDn+1
(CMPC – g)

FTD n+1 = FTD de la dernière période n x (1+g)

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NB : Lorsque les flux de la période implicite sont constants à l’infini, on a :

VT = FTDn+1
(CMPC)

Avec : FTD n+1 = FTD

Les flux de trésorerie disponibles (FTD) correspondent aux flux dégagés par l’activité de
l’entreprise, après déduction d’un impôt normatif et de la trésorerie nécessaire à la réalisation
des investissements futurs :

Flux de trésorerie disponible (FTD) =

Résultat d’exploitation ou opérationnel


- Impôt normatif
+ Dotations aux amortissements et provisions d’exploitation (DAP)
- Reprises sur amortissements et provisions d’exploitation (RAP)
- Variation du BFE
- Investissements bruts de l’exercice.

Le point de départ de l’estimation des FTD est le résultat avant déduction des intérêts
d’emprunts (résultat d’exploitation ou résultat opérationnel). En effet, ces FTD doivent
notamment servir à rémunérer les créanciers financiers sous la forme d’intérêts. A ce résultat,
il faut déduire un impôt normatif au taux de droit commun, calculé sur le résultat d’exploitation
ou opérationnel. Mais un résultat compatible n’est pas un flux de trésorerie pour deux raisons.
Tout d’abord, il est calculé après dotation aux amortissements et provisions d’exploitation
(DAP) et ajout des reprises sur amortissements et provisions d’exploitation (RAP), qui n’ont
aucune incidence directe en matière de trésorerie. Pour les neutraliser dans le dans le calcul des
FTD, il faut donc ajouter les DAP et déduire les RAP. En second lieu, du fait du principe de
comptabilité d’engagement, il peut exister un décalage entre l’enregistrement comptable d’un
produit ou d’une charge et sa traduction en terme de flux de trésorerie. C’est pour cette raison
que la variation du besoin en fonds de roulement d’exploitation (BFE) est déduite ce qui permet
de passer d’un solde comptable à un solde de trésorerie. Enfin, les investissements qui seront à
réaliser dans le futur sont déduits l’année de leur réalisation car il s’agit d’autant d’argent qui
ne pourra être reversé aux apporteurs de fonds.

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Flux de trésorerie disponible (FTD) = Résultats d’exploitation ou opérationnel - Impôt normatif
+ Dotations aux amortissements et provisions d’exploitation (DAP) - Reprises sur
amortissements et provisions d’exploitation (RAP) - Variation du BFE - Investissements bruts
de l’exercice.

Exemple: Discounted cash-flow

La société VISION fait état des informations suivantes pour les cinq prochains exercices (en
KF) :
1 2 3 4 5
CAF 46 500 46 500 - 51 000 52 500 52 500
Variation du BFR - 1 500 1 500 - 3 000
Investissements - 10 000 - 21 000
Prix de cession HT brut 5 000

La valeur résiduelle de l’entreprise VISION au terme de la cinquième année correspondrait à


une actualisation sur un nombre de périodes infini d’un flux net de trésorerie de 22 500 KF.

Au moment de l’évaluation, la société VISION bénéficie d’un emprunt de 150 000 KF au taux
de 7 % sur une durée de 3 ans, le remboursement se fera in fine. Compte tenu du risque inhérent
à l’activité, le coût du capital peut être évalué à 8 %. Le taux de l’impôt sur les bénéfices est de
25 %.

Travail à faire

Evaluer l’entreprise selon la méthode Discounted cash-flow en calculant :

• La valeur finale ou résiduelle


• La valeur globale de l’entreprise
• La valeur actuelle de l’endettement
• La valeur des fonds propres de l’entreprise.

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2.5 Les méthodes basées sur le patrimoine

• Principe général

L’évaluation patrimoniale est une évaluation bilantielle de l’entreprise. En effet, la valeur de


l’entreprise est calculée à partir des éléments de son patrimoine, synthétisés dans le bilan. En
pratique, lors d’une évaluation, il est nécessaire de travailler sur un bilan certifié par un
commissaire aux comptes afin de s’assurer de la fiabilité des informations fournies. La méthode
des valeurs patrimoniales est intéressante dans la mesure où elle est souvent considérée comme
une valeur plancher. En effet, l’entreprise est alors évaluée comme un bien statique sans tenir
compte de sa capacité à dégager des résultats. Elle vaut au moins ses capitaux propres. De ce
fait, les méthodes patrimoniales sont les moins contestables et les plus simples à mettre en
œuvre. Elles trouvent tout leur intérêt quand la rentabilité de l’entreprise est faible.

• Juridiquement : le patrimoine de l’entreprise est l’ensemble des biens corporels et


incorporels dont l’entreprise est propriétaire, diminué le cas échéant des dettes.

• Comptablement : le patrimoine correspond à l’actif net comptable, qui est égal à l’actif
immobilisé + l’actif circulant (y compris trésorerie de l’actif) – le passif exigible (y
compris trésorerie du passif), ou aux capitaux propres.
Actif immobilisé Capitaux propres
+
Actif circulant Dettes

2.5.1 Evaluation patrimoniale dans une perspective de continuité de l’exploitation

2.5.1.1 L’actif net (AN)

Le patrimoine est constitué par l’ensemble des biens et des dettes de l’entreprise. C’est donc à
partir du bilan avant répartition du résultat que nous déterminerons la valeur de l’entreprise en
faisant la différence entre le cumul des valeurs des biens figurant à l’actif et des dettes et
provisions pour risques et charges du passif. Cette différence est appelée actif net. Cependant,
certains postes de l’actif ne représentent pas des biens mais des charges étalées. Ils n’ont pas de
valeur. Ces non valeurs sont qualifiés d’actif fictif. Elles comprennent :

- Les frais d’établissement,


- Les charges à répartir sur plusieurs exercices,
- Les primes de remboursement d’obligations,
- Les écarts de conversion actif mais uniquement dans la mesure où ils ne sont pas
compensés au passif par une provision pour pertes de change au passif. Par contre, les
écarts de conversion passif doivent être ajoutés à l’actif net car ils représentent des
gains latents.

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NB : Concernant ces actifs fictifs (FE, CARPES et PRO), conformément au SYSCOHADA
révisé en vigueur depuis le 24 janvier 2017, ils n’apparaissent plus au bilan des sociétés
soumises à l’Acte Uniforme sur le Droit Comptable et l’information financière de l’OHADA
(AUDCIF-OHADA).

L’actif net peut être calculé de deux manières :

Actif net = Total Actifs (autres que fictifs) – Total Dettes (y compris provisions pour risques et
charges)

Ou

Actif net = Capitaux propres – Actif fictif

2.5.1.2 Actif net comptable (ANC)

L’actif net comptable est calculé directement sur la base de la valeur comptable des postes du
bilan. Il s’agit d’un bilan après affectation du bénéfice. Les dividendes dont la distribution est
envisagée doivent donc être retranchés des capitaux propres avant le calcul de l’actif net
comptable. L’actif net comptable ne constitue qu’une approche très imparfaite de la valeur de
l’entreprise. Les valeurs comptables figurant au bilan sont en effet, souvent éloignées des
valeurs réelles. Le calcul de l’actif net comptable ne représente qu’une première étape
conduisant ensuite au calcul de l’actif net comptable corrigé.

Actif net comptable = Actif net – Dividendes mis en paiement

2.5.1.3 L’actif net comptable corrigé

(ANCC) L’actif net comptable corrigé encore appelé ou actif net intrinsèque est obtenu en
substituant, en tant que besoin, les valeurs réelles aux valeurs comptables et en intégrant les
incidences fiscales.

ANCC = ANC – Tout un ensemble de retraitements pour tenir compte


de la valeur économique potentielle de la société et des incidences
fiscales

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Corrections opérées sur les postes du bilan

De nombreux retraitements sont nécessaires. Sur les postes d’actifs, il convient :

- de supprimer les non-valeurs ;

- d’ajouter les plus-values latentes en considérant la valeur d’utilité pour les biens
d’exploitation et la valeur de marché nette d’impôt pour les biens hors exploitation
(l’impôt est seulement calculé sur la plus-value portant sur les biens hors exploitation)

- de supprimer les éléments incorporels tels que fonds commercial, brevet (seulement
lorsqu’il est confondu au fonds commercial) lorsque ceux-ci sont remplacés par une
évaluation de goodwill ;

- d’ajouter la fiscalité différée active. Sur les postes du passif, il convient :

- de distinguer les provisions à caractère de réserve de celles à caractère de dettes ;


d’ajouter la fiscalité différée passive.

- Enfin, tenir compte de l’impôt latent sur les réajustements des amortissements et
provisions, les créances nées du report des déficits fiscaux etc…

Postes et retraitements

Les actifs d’exploitation

Les actifs d’exploitation sont évalués à la valeur dite « d’usage », c'est-à-dire à l’utilité que le
bien procure à l’entreprise. La valeur d’utilité d’un bien sera fonction des flux de trésorerie
d’exploitation associés à l’usage du bien ; ces flux sont actualisés au coût du capital tout en
tenant compte d’une valeur résiduelle. En aucun cas on ne tiendra compte de la fiscalité latente
sur les plus-values dans la mesure où les biens sont nécessaires à l’exploitation et ne seront pas
cédés.

Evaluation des actifs hors exploitation

Les actifs d’exploitation sont évalués à la valeur du marché. On tiendra compte de la fiscalité
latente sur les plus-values dans la mesure où les biens ne pas sont nécessaires à l’exploitation
et seront vraisemblablement cédés. Exemple : Bâtiment destiné au logement du personnel,
terrain acquis dans un but spéculatif, friche industrielle…..

Les frais d’établissement

Les frais d’établissement sont générés par la création de l’entreprise ou des opérations
ultérieures. Celle-ci souhaite les étaler sur plusieurs exercices ; il s’agit donc d’une non-valeur
à ne pas considérer dans l’évaluation. Les amortissements des frais d’établissement sont
déductible fiscalement et donneront lieu à une fiscalité différé active.

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Les charges à répartir

Il s’agit de charges que l’entreprise ne souhaite pas faire supporter à un seul exercice. Ce sont
des actifs fictifs. Les frais d’émission d’emprunts sont porteurs d’économies d’impôt pour les
années à venir, Un impôt différé actif est à prendre en compte.

Les primes de remboursement

Les primes de remboursement des emprunts obligataires sont actifs fictifs ; il s’agit de la
différence entre le prix de remboursement de l’emprunt et son prix d’émission. Un impôt différé
actif est à prendre en compte.

Le fonds commercial

Le fonds commercial est composé du nom commercial, de l’achalandage, du droit au bail. Le


fonds commercial figurant à l’actif du bilan correspond à un coût historique d’achat qui ne peut
que rarement correspondre à sa valeur au moment de l’évaluation ; dans ce cas il ne sera pas
pris en compte au niveau de l’ANCC et sera remplacé par le calcul du goodwill ou une autre
méthode (par exemple pour les commerces par un pourcentage du CA annuel). Mais il est
maintenu dans l’ANCC dès lors que son évaluation n’est pas reprise par le calcul du goodwill.

Les brevets, marques, licences

Les brevets faisant l’objet d’une licence, sont évalués en actualisant les flux des redevances
attendus. Dans le cas contraire, l’évaluation des brevets exploités par l’entreprise, des modèles,
des marques ne se différencie pas du fonds commercial et est comprise dans le goodwill.

Les frais de recherche et développement

Lorsque les frais de RD représentent des charges étalées ou des charges récurrentes, ils sont
classés parmi les non valeurs de l’actif fictif ; Par contre, si ces frais représentent un
investissement qui aboutira au dépôt d’un brevet ou liés à un projet ayant de sérieuses chances
de réussite et de rentabilité ; alors les frais RD ont une valeur patrimoniale et doivent être
maintenus dans l’actif net.

Les immobilisations corporelles

La valeur historique d’entrée de la plupart des immobilisations corporelles se trouve fort


éloignée de leur valeur actuelle. La valeur des immobilisations corporelles doit être réestimée
:

- Soit à leur valeur d’utilité : le prix que les dirigeants de l’entreprise accepteraient de
payer pour se procurer des biens d’équipement équivalents. En pratique, la valeur d’utilité est
égale à la valeur de remplacement affectée d’un coefficient de vétusté. La valeur d’utilité est
utilisée dans le cadre de la continuité de l’exploitation.

- Soit à leur valeur vénale : « La valeur vénale d'un bien correspond au prix qui aurait été
acquitté dans les conditions normales de marché. A défaut de marché, la valeur vénale d'un bien
est le prix présumé qu'accepterait d'en donner un acquéreur éventuel de l'entité dans l'état et le

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lieu où se trouve ledit bien ». La valeur vénale est déterminée selon différentes manières, soit
par voie d’expertise, soit par cotation, soit par comparaison, soit par calcul, etc. Cette valeur
est utilisée pour les biens hors exploitation. C’est-à-dire pour les immobilisations inscrites à
l’actif du bilan mais qui ne sont pas utiles à l’exploitation de l’entreprise.

Les montants des immobilisations acquises par crédit-bail sont inscrits au bilan (principe de la
prééminence de la substance sur la forme préconisée par le droit comptable et le système
comptable OHADA).

Les titres de participation

Les titres de participation sont évalués pour la quote-part de l’évaluation de la société dont on
possède le titre par exemple quote-part de l’ANCC majoré de goodwill.

Les portefeuilles titres :

Ils sont évalués selon les méthodes précitées. Il ressort de l’évaluation :

- Soit une moins-value constatée sous forme de provisions (tenir compte d’un impôt latent
engendré par la prise en compte de la provision); - Soit une plus-value qui ajoutée à la valeur
comptable du titre donne la valeur d’évaluation.

Les valeurs mobilières de placement

Elles sont évaluées au cours boursier au moment de l’évaluation ; en l’absence de cotation il


convient d’apprécier la valeur liquidative s’agissant d’actifs hors exploitation. La valeur de
marché sera toujours appréciée nette d’impôt sur plus- values.

Le résultat de l’exercice

Le dividende à payer doit être assimilé à une dette.

Les subventions d’investissements

Les subventions d’investissements feront l’objet d’une reprise le plus souvent au même rythme
que les amortissements de l’immobilisation acquise. Cette reprise est imposable. Un impôt
différé passif est à considérer.

Les provisions réglementées

Il s’agit de provisions à caractère fiscal qui sont à considérer comme des réserves. Dans la
plupart des cas il convient de considérer une fiscalité différée passive dans la mesure où la
reprise de ces provisions est imposable.

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Les provisions pour risques et charges

Lorsque les provisions sont justifiées, elles sont assimilées à des dettes. Mais lorsqu’elles sont
injustifiées, elles sont assimilées à des réserves. Il convient dans ce dernier cas de procéder à la
ventilation suivante :

Provisions non justifiées En Réserves : Provisions injustifiées (1- taux d’impôt)

En dettes fiscales : Provisions injustifiées x taux d’impôt

2.5.1.4 Valeur mathématique ou valeur intrinsèque de l’action ou de la part

C’est la valeur d’estimation de l’action ou de la part obtenue grâce au rapport de la valeur de


l’actif net comptable corrigé par le nombre d’actions ou de parts :

Valeur mathématique intrinsèque = Actif net comptable corrigé


Nombre d’actions ou de part

La valeur mathématique peut être calculée coupon attaché (avant distribution de dividende) ou
coupon détaché ou ex-coupon (après distribution de dividende).

2.5.1.5 Les corrections pour la fiscalité différée et la fiscalité latente

Dans l’espace OHADA, seuls les impôts exigibles sont comptabilisés ; or certains postes de
bilan sont grevés d’une fiscalité certaine, non exigible au jour d’élaboration du bilan, à échéance
plus ou moins lointaine. Cette fiscalité est qualifiée de fiscalité différée.

Les sources de fiscalité passive (dettes non comptabilisées) découlant essentiellement des
provisions réglementées en franchise temporaire d’impôt telles que les provisions pour hausse
de prix, les amortissements dérogatoires et les subventions d’investissement pour la part non
encore virée au compte de résultat.

La fiscalité différée active (créance fiscale non comptabilisée) trouve son origine :

• Dans les décalages temporaires entre la fiscalisation et la comptabilisation d’une charge


(congés payés, amortissement différé, déficits fiscaux reportables, etc.) ;

• Dans les charges activées non imposées immédiatement telles que les frais
d’établissement, les frais de recherche et de développement, les charges à répartir sauf
les charges différées et les charges à étaler dont la déduction fiscale est immédiate.

La fiscalité latente est fondée sur des éventualités dépendantes d’actes de gestion futurs. Cette
fiscalité conditionnelle liée à la réalisation d’une opération, d’une décision, d’un évènement est
très hypothétique. L’évaluation doit tenir compte cependant de deux types de fiscalité latente :

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• L’imposition des plus-values latentes sur éléments de l’actif hors exploitation pour
lesquels une cession est envisagée ;

• La fiscalité latente liée aux corrections introduites lors de l’évaluation. Par exemple :
les économies d’impôt liées à une augmentation des provisions ou des amortissements.

Tableau de synthèse de calcul des impôts différés

Impôts différés – Passif Impôt différés Actif


(calculé sur des éléments (calculé sur des éléments de l’Actif Fictif supportant
figurant dans les capitaux un impôt différé)
propres et qui supportent un
impôt).
Les subventions Les frais d’établissements
d’investissement Les frais de R&D s’ils sont
considérés comme actif fictif. Calcul de l’impôt
sur la VNC (taux
de l’impôt x
Les provisions réglementées Les primes de remboursement
VNC)
(amortissement dérogatoire, Les charges à répartir
provisions pour hausse de
prix…).

La synthèse de toutes ces règles donne le calcul de l’ANCC suivant :

ANCC = capital propres – Actif fictif +/- Values + Impôt différés actif – impôt différés passif
+/- impôt latent

NB :

L’impôt différé est calculé sur la valeur bilantielle (exemple : la subvention d’investissement
représente la différence entre la subvention reçue et la reprise de cette même subvention).
L’impôt différé passif sur cette subvention égale à :

Subvention figurant au bilan X taux d’impôt de droit commun.

2.5.1.6 Actif net comptable corrigé d’exploitation

L’ANCC d’exploitation représente la différence entre l’ANCC et les biens hors exploitation.
Toutefois, si lors du calcul de l’ANCC, l’impôt latent sur la plus-value des biens hors
exploitation a été pris en compte, il faut neutraliser l’effet de cet impôt sur l’ANCC
d’exploitation.

ANCC d’exploitation = ANCC – Biens hors exploitation +/- impôt latent sur plus- value sur
bien hors exploitation.

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2.5.1.7 L’actif net comptable réévalué

Cette méthode a pour ambition d’apporter une correction à la méthode de l’actif net comptable.
Les incidences de l’évolution des prix sont corrigées par l’affectation d’un indice aux valeurs
comptables d’origine.

Inconvénients

La valeur des actifs peut être fortement biaisée par l’utilisation d’indices arbitrairement choisis.
A performance constante, tous les matériels ne suivent pas une courbe parallèle à l’évolution
de l’indice générale des prix (par exemple le matériel informatique). Cette méthode n’est
efficace que dans un environnement inflationniste où l’actif est réévalué à partir d’indices
représentant l’évolution du pouvoir d’achat. La valeur de l’entreprise calculée à partir des
indices généraux peut être faussée dans certains cas, par des plus-values artificielles.

2.6 Evaluation de l’entreprise dans une perspective de cessation d’activité

L’actif net comptable corrigé et la valeur mathématique s’inscrivent dans une perspective de
continuité de l’exploitation. La méthodologie d’évaluation doit changer, lorsque l’entreprise se
trouve dans une logique de cessation d’activité.

2.6.1 La valeur liquidative

L’actif net liquidatif de l’entreprise et la valeur liquidative de l’action sont évalués en appréciant
les éléments d’actif en se référant au marché d’occasion. L’actif net liquidatif ne reflète donc
pas la valeur de remplacement des biens d’exploitation.

2.6.1.1 La valeur de liquidation

La valeur de liquidation doit prendre en compte l‘imposition des plus-values de cession, mais
également les frais induites par la liquidation : indemnité de licenciement, honoraires des
liquidateurs, les pénalités de rupture des contrats en cours.

Valeur de liquidation = [(Valeurs liquidative) – (impôts sur plus-value + frais induits par la
liquidation)]

2.6.1.2 La valeur à la casse

La valeur à la « casse » représente la valeur de liquidation dans une hypothèse très défavorable
à l’entreprise. Les biens composant le patrimoine sont cédés à des « prix sacrifiés ».

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2.6.1.3 Valeur de fusion

Lors de la fusion de deux sociétés, la parité d’échange adoptée se fonde sur leurs valeurs
respectives. Ces valeurs appelées valeurs de fusion sont déterminées en respectant la même
méthodologie d’évaluation pour les deux sociétés.

Pour leur détermination, ces valeurs tiennent compte des incidences de la fiscalité relative à la
fusion.

2.7 Valeurs fonctionnelles

D’autres méthodes d’évaluation patrimoniale peuvent être utilisées. Les méthodes de


détermination de valeurs fonctionnelles reposent sur l’aptitude de l’entreprise à exercer son
activité.

2.7.1 La Valeur Substantielle Brute (VSB)

La différence entre la valeur substantielle brute et l’actif net comptable corrigé réside sur le fait
que l’entreprise a la possibilité d’utiliser des actifs dont elle n’est pas propriétaire. Ces actifs
peuvent alors être intégrés dans la valeur de l’entreprise. En fait, la VSB correspond à la valeur
des biens utilisés dans l’entreprise pour la réalisation de l’exploitation. Les biens sont évalués
à la valeur d’utilité. Le calcul de la VSB nécessite d’exclure :

- Les actifs hors exploitation ;


- L’actif fictif ;
- Le fond commercial

La VSB n’introduit pas la prise en charge du passif, elle ne tient compte que de l’outil de travail.
La VSB correspond à la valeur de l’outil de production en bon état de marche sans tenir compte
de son financement.

Valeur substantielle brute


=
Valeur d’utilité de l’actif (hors actif fictif, actif hors exploitation, fond commercial) +
Valeur des actifs loués, prêtés, faisant l’objet d’un contrat de crédit-bail et exploités dans
l’entreprise
+
Coût de réparation et de remise en état de ces actifs
+
Ecart de conversion-Actif même si compensé par une provision pour perte de change

Valeur substantielle nette


=
Valeur substantielle brute
-
Passif exigible

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Valeur substantielle réduite
=
Valeur substantielle brute
-
Capitaux laissés à la disposition de l’entreprise gratuitement dans des comptes courants
créditeurs
-
Supplément de crédit inter-entreprise accordé par les fournisseurs

2.7.2 Les capitaux permanents nécessaires à l’exploitation (CPNE) Cette

notion est très proche de la notion de « capital économique ».

Capitaux permanents nécessaires à l’exploitation


=
Valeurs immobilisées nécessaires à l’exploitation
+
Besoin de financement d’Exploitation normatif

2.8 La méthode dualiste

Les approches dualistes mettent en exergue la notion de survaleur ou goodwill (GW). Le


goodwill se définit comme l’excédent de la valeur global de l’entreprise sur la somme des
valeurs des divers éléments corporels ou incorporels dont elle est composée. Cette différence
(goodwill) peut être expliquée comme la rétribution ou la récompense des performances
induites par la qualité du management de l’entreprise: la stabilité de ses sources
d’approvisionnement, sa notoriété, ses compétences, son savoir-faire et la somme d’expérience
accumulée par le personnel, son organisation industrielle et/ou administrative, commerciale, sa
clientèle, sa rentabilité financière et/ou économique. Cependant, toutes les entreprises ne se
négocient pas à un prix supérieur à la valeur de leur ANCC. C’est le cas des entreprises en
difficulté, un badwill (BW) vient alors minorer leur valeur patrimoniale. La valeur de
l’entreprise peut alors se résumer par l’une ou l’autre de deux équations ci – dessous

VE = ANCC hors fonds commercial + GW ou


VE = ANCC hors fonds commercial - BW

De ces remarques sont nées plusieurs méthodes d’évaluation du goodwill ou badwill.

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2.8.1 Les approches fondées sur le capital économique

La méthode patrimoniale présente un défaut majeur, elle ne prend pas en compte, la capacité
bénéficiaire de l’entreprise. De ce fait, l’entreprise est soit sous-évaluée, soit surévaluée. La
méthode du goodwill permet de corriger cette déficience de la méthode patrimoniale.

2.8.1.1 Le goodwill

Principe

- Evaluation de l’entreprise par le flux = V


- Actif net comptable corrigé = ANCC
- Goodwill = GW

Nous pouvons déduire : V - ANCC = GW

La rente annuelle du goodwill

La détermination de la rente du goodwill est basée sur la prévision du résultat des activités
ordinaires (RAO) après impôt et des actifs de l’entreprise au cours des années à venir.
Hypothèse

Soient :

- n = une année
- Bn = le bénéfice prévu (RAO après impôt)
- An = actif nécessaire à l’exploitation
- r = le taux de rentabilité exigé de l’actif
- Rn = rente du goodwill pour l’année n

On en déduit :

Rn = Bn – r*An

Valeur du goodwill

Le goodwill se définit comme la valeur actualisée des rentes de goodwill prévues.

Soient :

- n = nombre limité d’année. En pratique au-delà d’un seuil de 5 ans, la prévision de la


rente de goodwill devient incertaine ;
- i = le taux d’actualisation de la rente de goodwill ;
- GW = le goodwill
- Rn = rente du goodwill pour l’année n

GW = R1 (1+i)-1 + R2 (1+i)-2 + R3 (1+i)-3 +…+ Rn (1+i)-n

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Si Rn constant sur n périodes:

GW = R * 1- (1+i)- n
i

Lorsque qu’il s’agit d’une suite infinie de rentes perpétuelles supposée constantes,

Lorsque n → ∞ et R constant on obtient GW = R


i

Mise en œuvre de la méthode du goodwill

Les méthodes de calcul de la rente du goodwill diffère selon l’interprétation faite des paramètres
de calcul de cette rente de goodwill : (Rn = Bn- r *An) .

L’actif économique (An) et le bénéfice économique prévu (Bn) peuvent diverger selon les
interprétations qui leur sont données.

L’actif économique (An)

Il peut correspondre selon l’interprétation qui en est faite :

- à l’actif net comptable corrigé (ANCC) ou l’ANCC d’exploitation


- à la valeur substantielle brute (VSB) ;
- aux capitaux permanents nécessaires à l’exploitation (CPNE)

Exemple

Afin de préparer le dossier de reprise de l'entreprise, un auditeur a évalué l'actif net comptable
d'une SA (capital composé de 160000 actions) à 1 500 K€. Il indique d'autre part que, dans
cette évaluation, figurent:

- le fonds de commerce pour une valeur de 300 K€ mais il est estimé à 400 K€ ;

- un immeuble de rapport pour une valeur nette comptable de 60 K€ ;

- une subvention d'investissement figurant dans le bilan N pour 21 K€ mais obtenue en N-3.

Les services financiers de la société ont évalué la valeur d'utilité de l'actif immobilisé à 2000
K€ incluant la valeur estimée du fonds de commerce). Il leur semble également qu'un BFR de
50 K€ est nécessaire au fonctionnement normal de l'entreprise. Le résultat courant avant impôt
est de 120 K€. Il tient compte des loyers de l'immeuble à hauteur de 2 K€ et des intérêts des
dettes financières à long terme pour 5 K€.

Le taux d'imposition de la société est de 25%. Le taux de rémunération des obligations est de 4
%. Le coût des fonds propres est de 10 %. Le coût moyen du capital est de 9 %. Il correspond
au coût des ressources à long terme.

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Calculer la valeur de la société en actualisant la rente du goodwill sur 5 ans à partir de la
rémunération de l'ANCC et des CPNE.

Solution

- Calcul de l'actif net comptable corrigé (ANCC)

Actif net comptable = 1 500 K€


+ plus value liée au fonds de commerce = 100 K€
- impôts différés passif = 21 K€ x 25% = 5,25 K€

Soit 1 594,75 K€.

- Rente du goodwill à partir de l'ANCC

RCAI = 120 K€

RCAI après IS = 120 K€ x (1- 25 %) = 90 K€


ANCC hors fonds de commerce = 1 594,75K€ - 400 K€ = 1 194,75K€
Superbénéfice = (90 K€ - 4 % x 1 194,75 K€) = 42,21 K€
Rente du goodwill = 42, 21 (1 – (1 + 10%)-5/ 10%) = 160,01K€

- Valeur de la société par la rémunération de l'ANCC Valeur

société = ANCC (hors fonds de commerce) + rente du goodwill

Soit 1 194,75 K€ + 160,01 K€ = 1 354,76 K€.

L'action vaut donc 8,47euros.

- Calcul des CPNE

CPNE = valeur d'utilité de l'actif immobilisé (hors fonds de commerce) + BFR normatif Soit
2 000 K€ - 400 K€ + 50 K€ = 1 650 K€

- Rente du goodwill à partir des CPNE

Résultat CPNE avant IS = RCAI - produits hors exploitation + dettes financières LT

Soit 120 K€ - 2 K€ + 5 K€ = 123 K€

Résultat CPNE après IS = 93,75 K€

Superbénéfice = (93,75 K€ - 4 % x 1650 K€) = 27,75 K€

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Rente du goodwill = 27,75 * 1- (1 + 9%)-5 = 107,94 K€
9%
- Valeur de la société par la rémunération des CPNE

Valeur société = ANCC (hors fonds de commerce) + rente du goodwill

Soit 1 194,75 K€ + 107,94 K€ = 1 302,69 K€.

L'action vaut donc 8,14 euros.

2.8.1.2 Le bénéfice économique (Bn)

Le bénéfice économique est fonction de l’actif économique retenu pour le calcul du goodwill.
Il doit être également homogénéisé avec la variante de l’actif économique choisi. La démarche
peut être résumée de la façon suivante :
RESULTAT NET COMPTABLE

+ Élimination du résultat hors activité ordinaire


+ Dotations aux amortissements des actifs fictifs
- Compléments d’amortissements issus des valeurs d’utilité (différence entre l’annuité
d’amortissement calculée sur la base de la valeur d’utilité et celle calculée sur la base du coût
historique)

= BENEFICE ECONOMIQUE ISSU DE L’ANCC

+/- Produits et charges sur biens hors exploitation


= BENEFICE ISSU DE L’ANCC D’EXPLOITATION

+ Intérêts sur dettes non financières

= BENEFICE ISSU DES CPNE

+ Intérêts sur dettes non financière (dettes à court terme)

= BENEFICE ISSU DE LA VSB

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