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Méditations
Lawahn Shiva
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Copyright © 2021 Philippe Lawahn Zanotti
Code ISBN : 9798531213358
Tous droits réservés
Version : 001-2021.07.03
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Ces poèmes pavent le chemin vers la découverte de l'Être
éternel, cette part de nous qui nous échappe et que nous ne
pouvons décrire. Cette Être éternel est ce qui en nous est
absolu, libre et non-conditionné. Certains l'appellent l'âme
ou l'esprit, mais ces termes ne peuvent satisfaire la nature
profonde de ce que nous sommes réellement.
Ni notre corps, ni notre esprit ne nous appartiennent
véritablement, car ce ne sont que des productions
conditionnées. Nous héritons de notre génétique, comme
des schémas de nos pensées. Et pourtant, nous sommes
persuadés de faire des choix et d'avoir une identité. Est-ce
une illusion ?
L'Être éternel est ce qui est le plus susceptible d'être notre
véritable nature, hors de tout conditionnement. S'il existe
et si ces intentions influencent nos choix et nos actions, il
est alors absolu, libre et non-conditionné. Et s'il est absolu,
libre et non-conditionné, il n'est ni Un, ni Tout, ni Un et
ni Tout. Il ici et maintenant, il est partout et tout le temps.
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Sommaire
CONTES SPIRITUELS ................................................7
L’ALCHIMISTE............................................................. 8
LE BATELEUR ............................................................ 12
LE CHARIOT ............................................................. 14
L’ADVERSAIRE .......................................................... 16
MEDITATIONS PSYCHEDELIQUES .......................... 19
LE DENI................................................................... 20
LA PEUR .................................................................. 22
DUKKHA .................................................................. 24
ANAMORPHOSE ........................................................ 28
ESPRIT LIBERE........................................................... 30
LA SOURCE DU DESIR ................................................. 34
VALEURS VERITABLES ET NOBLES CHEMINS .......... 39
LIBERTE ................................................................... 40
LA FOLIE.................................................................. 42
LE PARDON DE L’ETOILE ............................................. 44
LA REUSSITE ............................................................. 46
SOLITUDE LIBERATRICE ............................................... 48
LIBERE-TOI .............................................................. 52
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Contes Spirituels
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L!Alchimiste
Il est de ces gens d’une intelligence infinie
Comme celui-là qui excellait dans l’art
Dans la technique, la compétence et le savoir
Et qui choisit de suivre la voie de l’alchimie
Rêvant un jour de réaliser le grand œuvre
Il accumula maintes ressources et trésors
Découvrant les recettes et manœuvres
Qui mènent à la transmutation du plomb en or
« Si je réussis mes manipulations, il pensait
Je serais le plus riche et le plus influent ! »
Il choisit un endroit préparant en secret
D’installer équipements, outils, et instruments
Dans une coupelle faite de cendres et d’os
Il dépose un liquide à base de vils métaux
D’ingrédients occultes préparés minutieusement
Et place l’appareil sur un charbon ardent
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Il est bien évident que toute recette quelle qu’elle soit
N’a que peu de chance d’aboutir au succès
la première fois
Cette initiale tentative bien entendu échoua
Bien que fort prometteur en fut le résultat
De l’or il n'en eut point mais une matière jaunie
Ni brillance ni valeur une insipide bouillie
Et pourtant l’alchimiste vit en cela un bien
Motivé par l’idée d’être sur le bon chemin
La seconde tentative fut un échec complet
La suivante quant à elle manqua de le tuer
Plusieurs années passèrent par son acharnement
De sa quête il n’y eut aucun avancement
Sauf peut-être ce jour-là observant son humeur
Au constat des protocoles qu’il suivait avec rigueur
Le liquide alchimique avait des réactions
Liées à ses pensées et à ses émotions
S’en suivit une quête qu’il lui donnait espoir
Il fit un long travail de connaissance de soi
Il chercha en son être ses peurs et ses tracas
Il comprit qu’en son cœur était le vrai pouvoir
Puis à la fin de sa vie il atteint son but
Il réussit alors la noble mutation
D’un métal sans éclat il en fit une vertu
Le pouvoir de Midas, divine transmutation
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Le bonheur qu’il obtint était incommensurable
Mais il ne venait pas des perspectives de l’or
Mais plutôt d’un trésor d’une valeur inestimable
Qu’il trouva en son âme dans son for intérieur
Même si au départ son rêve était vulgaire
Poussé par l’illusion de buts bien ordinaires
Il vit qu’en vérité une noble intention
Avait depuis toujours guidé son cœur de plomb
Voyons nous aussi qu’aux sources des pulsions
D’ambitions égoïstes et de penchants infâmes
Qu’il est possible qu’il soit présent en filigrane
L’aspiration divine d’une digne ascension
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Le Bateleur
Que faire quand l’ennui s’installe
Lorsque je n’ai ni envie ni besoin
Nulle corvée, nulle tâche, nul travail
Qu’il ne me serait possible de remettre à demain
Alors qu’une énergie palpable s’agite en mon sein
Une pulsion profonde d’animer le destin
Je ne sais décider ce qu’il me faut agir
Je n’ai aucun moyen d’activer mon désir
Je suis seul auprès d’un établi bancal
Outils et bibelots disposés devant moi
D’une main je saisis un bâtonnet banal
De l’autre un denier sans valeur ni éclat
Il me semble que ces objets d’apparence ordinaire
Soient les clés de la porte contenant le mystère
Je réfléchis un instant, je cherche mais ne trouve rien
Mes pensées sont-elles claires, mon esprit est-il vain ?
J’ai pourtant tout en tête, je connais l’Univers
Je l’ai plus d’une fois observé dans mon imaginaire
J’ai maintes fois exploré les recoins du savoir
Conservé à l’abri d’une coiffe ostentatoire
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Et pourtant c’est un fait je regarde en arrière
De nouveau se bousculent les démons du passé
Toujours à m’attacher à ce terrible anniversaire
Mon attention accaparée d’une illusoire identité
Et si j’osais un premier geste
Qu’est-ce que cela m’en coûterait
Moins d’un écu, une petite pièce
Je pourrais bien y laisser un denier
Faisons tourner cette baguette
Apprenons-lui à virevolter
Chantons ensemble et à tue-tête
Et perdons nous dans nos pensées
Jouons ensemble dans ce monde merveilleux
Car ici rien n’a de sens, rien n’est important
Ni bien, ni mal, ni salut, ni châtiment
L’Univers tout entier est un terrain de jeu
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Le Chariot
Le Chariot s'élance au combat
Détaché de tout résultat
Nulle victoire, nulle défaite, nulle conséquence
Nulle issue n'est acquise par avance
Si au cœur de l'action ton cœur se balance
Que les choix ne présentent aucune fin satisfaisante
Qu'indécis, à l'arrêt, tu ne sais qu'entreprendre
Les étoiles sont tes guides et te montrent la voie
Si le doute te submerge dans un cycle incessant
Que l'appel du néant afflige ton mouvement
Que ton esprit se fige dans un triste moment
Fais en sorte que tes valeurs se rappellent à toi
Un espoir trop intense peut être source de tracas
Et dans l'acte et le geste limiter l'attention
L'énergie dispersée entre la peur et l'action
T'éloigne assurément du meilleur résultat
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L'abandon par ailleurs n'est pas une solution
Refuser la souffrance que suggèrent tes projections
Est un sort que tu jettes à ton esprit tiraillé
L'enfermant plus encore dans les limbes du passé
C'est ainsi que Krishna parle à son prince désemparé
Lui rappelle ce qu'est l'être et le sens du vivant
Que son âme lui indique la posture à adopter
Que son corps attend de lui qu'il soit digne de son rang
C'est ainsi qu'Arjuna écoute son divin cocher
Accepte le présent et le feu du mouvement
Se lève avec la force du courage retrouvé
Et pour seule intention d'être ici et maintenant
C'est alors que le Chariot s'élance au combat
Que ses rênes sont guidées par son Être éternel
Que l'Esprit détaché de toute forme de résultat
Fait que son véhicule chemine sur la voie de l'Éveil
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L!Adversaire
Il est un adversaire qui toujours me défie
Et pour qui le mensonge est une arme acceptable
Qui se présente à moi en meilleur ennemi
Connaissant mes points faibles, me sachant vulnérable
Chaque fois qu’une douleur me semble insoutenable
C’est bien lui que je vois me narguer en coulisse
Ricanant de mon sort, d’une souffrance ineffable
Que je tombe à nouveaux dans ses vils artifices
Je l’entends chuchoter à l’oreille de mon âme
Et je sens qu’il me pousse au bord du précipice
Je ressens dans mon corps le verrou de l'infâme
Me liant à jamais à ses pires maléfices
Et je lutte pour enfin libérer mon essence
Trouver le moyen de franchir cette porte
Cette lumière qui au loin me remplit d’espérance
Mais encore il est là refusant que je sorte
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C’est alors que me vient une pensée inédite
Une idée si triviale que l’on ne saurait douter
Que la porte est ouverte à celui qui mérite
Simplement pour cela il doit avoir la clé
Je comprends à présent que mon cher ennemi
N’a jamais été là pour enfermer mon cœur
C’est mon ombre éternelle qui cachait dans l’oubli
Les secrets de mon être, la clé de mon bonheur
Il est moi, je suis lui, nous formons de la sorte
L’éternelle alchimie des facettes de notre esprit
L’évidente harmonie de nos jours et de nos nuits
Que l’envers est à l’endroit, comme la clé est la porte
Observant la nature de mon adversité
Je distingue à présent l’apparence erronée
D’un espace insécable entre chaque élément
De ce monde de nous même nous semble séparé
Acceptant maintenant d’être uni à mes peurs
Accueillant les errances des fragments de mon cœur
L’infini est un point qui n’a ni lieu ni temps
Et le Monde y demeure, ici-même, à cet instant
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Méditations
Psychédéliques
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Le D"ni
Le déni est l’ennemi
Le déni de la mort, le déni de la vie
Le déni empoisonne la source des ressources de l’Esprit
Le déni de ce qui est, en vérité
Le déni d’une ineffable réalité
Le déni est le voile qui masque le chemin
Vers l’étincelante étoile à portée de nos mains
Le déni nous empêche d’accepter l’évidence
En dissimulant les portes de notre conscience
En cachant sous nos pieds les clés de la liberté
Verrouillée sans procès par notre identité
Le déni apparaît lorsque l’ego menacé
Par tout ce qui peut son jugement altérer
Il masque l’ignorance d’une illusion grossière
D’artifice des sens, de croyances délétères
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Le déni est le fruit du miroir déformant
Qui à nos yeux s’impose comme une lucidité
Construit par l’autre dans notre esprit inconscient
Transmis à d’autres par notre servilité
Le déni c’est de croire que notre perception
Pas plus que nos rêves et notre réflexion
Ne soit qu’une construction de paroles et d’images
Qui ne sont tout au plus qu’un sinistre héritage
Le déni est puissant car il est indéniable
Infiltrant sans un bruit notre subjectivité
Grandissant lentement au sein de nos idées
Il connaît nos faiblesses, il nous sait vulnérables
Le déni est en nous, pauvres fous que nous sommes
Sous couvert d’un bon sens qui nous semble évident
Il réduit nos défenses en biaisant nos jugements
Nous fait croire qu’il nous aide alors qu’il nous
assomme
Pour guérir du déni il n’y a guère de remède
À part savoir douter de ses propres pensées
Repérer quand elles sont figées dans un modèle
Et remettre en question sa propre identité
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La Peur
Latente ou saisissante, la peur nous accompagne
Du plus profond de notre être, au cœur de nos
entrailles
Tantôt bonne conseillère, tantôt elle nous assaille
Souvent elle nous empêche de gravir les montagnes
C’est la peur de la mort, celle qui glace le sang
L’idée de ne plus être, plonger dans le néant
Apportant la tristesse et la désolation
Contre elle un seul remède, une pleine acceptation
C’est la peur de souffrir, celle qui chauffe le sang
Elle contrôle notre corps et altère nos jugements
Une source intarissable de haine et de rancœur
Qu’une seule chose peut taire, le dialogue intérieur
C’est la peur de l’esprit, celle qui coupe le sang
Refusant la critique de notre raisonnement
Elle use de mauvaise foi, de folie, de déni
Modérée par la voie de l’ouverture d’esprit
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C’est la peur du mépris, celle qui perce le cœur
La honte qui nous tire dans d’atroces profondeurs
Creusant jour après jour un peu plus notre tombe
Il faut un grand courage pour émerger de l’ombre
La peur est un fardeau autant qu’un bouclier
Faite d’intentions pures, sensée nous protéger
Bien souvent maladroite à notre grand malheur
Il nous faudrait pourtant ne pas en avoir peur
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Dukkha
Tout est Dukkha
Dukkha est euphorie autant que souffrance
Flottant sur les vagues d'un océan sans fin
Au gré des crêtes culminantes et des creux incertains
Dukkha est le navire de la désespérance
Dukkha est la matière, et l'irrésistible désir d'être
Dukkha est le feu, et le profond désir de naître
Dukkha est conscience, et le besoin de reconnaître
Dukkha est l'expérience, le rêve et le paraître
Je est Dukkha, Dukkha est un jeu
C'est parce que Dukkha est que je crois être Je
Dukkha est le Monde tel que je le perçois
C'est parce que Dukkha est que je crois être Moi
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Dukkha est matière
Quand mon corps est fait de feu, d'eau, de terre et d'air
Quand se crée l'émotion quand il crie sa colère
Quand il fige l'instant quand s'agitent ses viscères
C'est Dukkha qui m'inscrit dans une vie éphémère
Dukkha est sensation
Quand j'éprouve le désir ou bien la répulsion
Quand l'excès de plaisir m'amène à l'addiction
Quand l'excès de douleur m'amène à l'affliction
C'est Dukkha qui m'attache à ma grande illusion
Dukkha est perception
Quand mes sens sont voilés par mes intentions
Mes peurs exarcerbées par mes spéculations
Quand je croise un objet quand je lui donne un nom
C'est Dukkha qui construit la grande usurpation
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Dukkha est volonté
Quand je pense faire un choix en pleine liberté
Quand je pense être moi dans mes activités
Quand je pense avoir le sens de mon identité
C'est Dukkha qui contrôle mon agentivité
Dukkha est conscience
Quand mon esprit s'égare dans le plaisir des sens
Que mon inattention définit mon errance
Que ma concentration se fissure d'impatience
C'est Dukkha qui bâtit les murs de l'ignorance
Tout est Dukkha
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Tout est Dukkha et Dukkha a une cause
Car ceci est cela parce que cela est
Car Dukkha est le fruit de l'esprit limité
En tant qu'unique réponse aux questions qu'il se pose
C'est parce que je désire être moi
Que je n'admets pas de ne pas être
Que je m'identifie à ce que je ne suis pas
Que chaque instant voit Dukkha apparaître
C'est en refusant l'évidente réalité
Que je ne sois qu'une production conditionnée
Un amas ponctuel de mouvements hasardeux
Que je m'attache incessamment à être Je
C'est en niant de mauvaise foi ma dépendance
La non-substance de ce qui fait mon existence
Que je m'éloigne de qui je suis en vérité
L'émanation de l'absolue infinité
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Anamorphose
La foudre s’abattant sur la cime forestière
D’un vacarme assourdissant faisant trembler la terre
D’un éclat flamboyant et illuminant le ciel
Vibrant d’une énergie mille fois éternelle
Mon esprit soudainement se remplit de lumière
Et s’étend à l’infini, aux confins de l’univers
En mon cœur est le centre d’une conscience divine
L’impression d’unité qui en moi se dessine
Cet instant où je suis, un désert de pensées
Dénué de nuisance, le néant des idées
Nulle image je ne vois, seul un son est présent
Un sifflement aigu, continu et perçant
Je n’ai rien à y faire et nulle part où aller
Je n’ai qu’une intention : y rester à jamais
L’inaction est totale en cet instant figé
Immobile que je suis sans attente ni souhait
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Je vis l’expérience de ma disparition
De mon être dépouillé de toute distraction
Constatant que pourtant il reste quelque chose
Qui subsiste à l’effet de cette anamorphose
Une partie de moi-même qui observe l’expérience
Qui dit Je, qui entend, qui commente sans outrance
Qui recueille patiemment les phénomènes vécus
Qui traduit naïvement ce qui semble apparu
Et puis il y a cette autre chose qui est indéfinissable
Un endroit sans espace, un esprit sans objet
Percevoir sans les sens la nature véritable
Le sentiment sincère de l’union et la paix
Quel bonheur que de vivre cet état merveilleux
Où enfin prend la place de président du Je
L’être inné que je suis hors du monde et du temps
Que l’ego pour une fois ne soit qu’en second plan
Et ainsi s’offre à moi une vision subtile
D’avoir vécu l’instant de la liberté totale
Qui à présent en moi d’une encre indélébile
Est inscrite à jamais en lettres capitales
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Esprit Lib"r"
Il y a en nous une force invisible et éternelle
Quelque chose d’intangible qui échappe à nos sens
Une source intarissable d’énergie immatérielle
Une indicible idée hors de portée de la conscience
Et pourtant immobile explorant mon esprit
Attentif à l’ensemble des parties de mon corps
Je perçois sans entendre qu’en mon être infini
L’univers est ici et qu’il n’a pas de bord
Situé solidement au milieu de moi-même
Le plexus du soleil de mon feu éternel
J’observe en chaque membre de la chose que je suis
L’immanence perceptible de l’essence de la vie
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C’est comme si je sentais l’intérieur de mes mains
Des mouvements vibratoires dans mes bras dans mon
cœur
Dans ma tête ondulant des serpents intérieurs
De mes jambes une vague s’élevant en mon sein
Puis le son du silence sifflant continuellement
Doucement s’amplifie et déploie sa puissance
Apportant à l’instant son intense présence
Qui vide les pensées et arrête le temps
C’est alors que la porte d’un espace invisible
Se présente devant moi et devient accessible
Qu’il suffit pour passer comprendre que la clé
Est ce moment merveilleux de l’esprit libéré
Conservant le désir d’explorer l’autre monde
Et pourtant ne vouloir contrôler le destin
D’un total abandon de l’ego qui en vain
S’accroche à l’illusion sur laquelle il se fonde
Simplement je relâche la saisie du mental
Acceptant qu’il n’est rien qui en fin ne subsiste
Les portes de l’esprit de ce saint sacrifice
S’ouvrent grand me laissant traverser le portail
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D’un mouvement ascendant de la terre vers le ciel
De la plante des pieds au sommet de mon crâne
Une vague d’énergie se déploie en mon âme
Je jouis un instant de l’extase éternelle
L’ineffable expérience de l’ultime vacuité
Un esprit sans limite sans attache sans besoin
Effleurant une idée éphémère de la paix
D’être tout l’univers réuni en un point
Puis aussi étrange que cela paraît
Cet instant hors du temps ne persiste à jamais
Cet endroit sans espace n’est ouvert sans limite
De ce monde fabuleux s’interrompt la visite
De retour en ces lieux en ces temps illusoires
Sans pouvoir pour autant perdurer dans l’espoir
De sentir à jamais cette liberté intime
Me voici apaisé de ce souvenir infime
D’observer, de sentir, de toucher cet instant
Dans mon être une clé pour toujours est ancrée
Désormais sont ouvertes et pour moi dévoilées
Les portes éternelles de l’esprit libéré
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La Source du D"sir
Si l’on admet que toute chose à une cause
Quelle est la cause de toutes les causes ?
M’interrogeant sur la source de mes pensées
De mes intentions, de ce qui me fait avancer
Je vois que nombre de mes désirs sont factices
Ancrés en moi par un obscur mécanisme
Ces faux désirs m’amènent à de fausses intentions
Celles-ci m’amenant à de fausses pensées
Celles-ci m’amenant à de fausses paroles
Celles-ci m’amenant à de fausses actions
Et pourtant quelque chose de plus profond semble
exister
À la source du mouvement qui entraîne mes pensées
Des désirs sincères de mon être véritable
Par le monde où je vis enterrés sous le sable
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Un sable noir composé de langages et d’idées
D’interdits, de contraintes, de fausses nécessités
Irrigués par les flots de promesses et de menaces
Se cultive dans mon champ un chiendent fort tenace
Défrichant le terrain d’un labeur continu
Je découvre peu à peu les indices dissimulés
Sous les adventices néfastes solidement enchevêtrées
Quatre pousses apparaissent discrètes et menues
Celui de l’arbre cosmique
Qui porte l’univers depuis la nuit des temps
Celui de l’arbre de vie
Bien ancré dans la terre
Orienté vers le ciel
Celui de l’arbre de l’esprit
Qui aspire à l’expansion éternelle
Celui de l’arbre divin
N’existant qu’en un point
Ici et maintenant
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!
Ainsi, l’être de matière, fruit de l’univers
Est mû par le désir d’existence, le refus du néant
Une manifestation en ce monde à part entière
Sous quelque forme que ce soit
Dans l’espace et le temps
Ainsi, l’être de vie, fruit de la matière
Est mû par le désir de vivre éternellement
Naître, croître, mourir, fuyant et combattant
Dompter les éléments d’un passage éphémère
Ainsi, l’être pensant, fruit du vivant
Est mû par le désir de conscience
Par le rêve pas à pas trouver la délivrance
Être libre au-delà des limites du sang
Ainsi, l’être divin, fruit de la pensée
Est mû par le désir d’unité
Accepter l’extérieur comme reflet de lui-même
Retrouver en son cœur l’absolution suprême
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!
Alors, l’arbre cosmique
Se nourrit d’existence sans jugement sans raison
Alors, l’arbre de vie
Se nourrit d’expériences et de récréations
Alors, l’arbre de l’esprit
Se nourrit d’espace et de libres pensées
Alors, l’arbre divin
Se nourrit d’union et de non-dualité
Je comprends à présent la raison de mon être
Cette force infinie qui me tire et me pousse
Qu’il existe une cause qu’il importe de connaître
La source du désir est le désir de la source
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Valeurs Véritables et
Nobles Chemins
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!
Libert"
Liberté ! Liberté de l’être
D’aller et de venir
Dans l’espace et dans le temps
D’exister sans condition
Liberté ! Liberté de vivre
De faire battre son coeur
De respirer et de créer
D’aimer et d’être aimé
Liberté ! Liberté de penser
D’avoir mes propres désirs
D’avoir mes propres peurs
D’avoir mes propres valeurs
Liberté ! Liberté d’esprit
De mes propres émotions
De mes propres perceptions
De mes propres intuitions
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Liberté ! Liberté ! Liberté !
De ma spiritualité
D’être pour être
Et ne pas être jugé
Liberté ! Liberté ! Liberté !
De choisir ma destinée
De ne pas être ton objet
Une juste colère insensée
Liberté ! Liberté ! Liberté !
De me respecter et de me pardonner
De te respecter et de te pardonner
Sans pour autant cesser de lutter
Liberté ! Liberté ! Liberté !
Toi qui me la refuses
Sans savoir ou de ton plein gré
Saches que tu en as été privé
Liberté ! Liberté ! Liberté !
La seule valeur qui soit
La seule raison d’être soi
Vaut bien le don soi
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!
La Folie
La folie, douce ou délétère, discrète ou ostentatoire
La folie, une chimère, entité réelle ou illusoire
La folie, un beau rêve ou un horrible cauchemar
La folie, éternelle compagnie jubilatoire
Je te vénère, chère amie de toujours
Ta beauté n’a d’égal que la peur que tu inspires
Quel péril que d’éprouver un tel amour
Et quelle erreur de ne pas te chérir
Le mépris de l’indigne quand il croit te connaître
Et pouvoir d’un simple mot te désigner
Niant d’un air vil ton éternelle divinité
M’inflige terrible souffrance au plus profond de mon
être
De sa vie d’ignorant tu en es l’étincelle
Qu’il refuse, l’impudent, de reconnaître comme telle
Et préfère la tristesse d’une vision ordinaire
À l’infinie liberté d’un esprit sans ornière
— 42 —
!
C’est lui le fou ! Il ne voit rien du tout !
Ce trésor éternel qui se trouve à ses pieds
Cette fortune sans limite qui implore à genoux
De cette chance inouïe il n’a même pas idée
Il dit de toi que tu es une maladie
Que celui qui t’attrape est un mort en sursis
Si cela est un fait qui pourrait s’avérer
Il en serait alors un des plus affectés
Car l’ivresse est en nous, c’est notre être
Seul le Sage est capable de l’admettre
Car il sait bien que ce que l’Homme nomme folie
Est en somme une de plus belles facettes de la vie
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!
Le Pardon de l!Etoile
Ô cieux obscurs et sombres nuages
Me voici devant vous délivrant ce message
Un présent de lumière rayonne à l’horizon
Car l’étoile que je suis s’élève dans le pardon
Je pardonne à mes pairs leurs terribles sévices
Les malheurs que la Terre supporte en ces temps tristes
La violence des peuples qui sombrent dans l’erreur
L’arrogance des maîtres qui s’érigent en sauveurs
Je pardonne à mon père de passer le témoin
Du retour incessant de l’angoisse ancestrale
Des fantômes du passé qui hantent mon destin
Des jugements fallacieux du divin tribunal
Je pardonne à ma mère d’enfanter la souffrance
D’établir à ma vie les termes de son existence
D’inviter en ce monde une âme non consentante
Sans armure et sans arme, vulnérable et mourante
— 44 —
!
Je pardonne à la vie de créer ce désir
Qui au fond de mon cœur me blesse et me déchire
De la peur de manquer à celui de mourir
Du besoin d’affection à celui de haïr
Je pardonne au néant de produire l’existant
Des plus belles floraisons aux pires égarements
Des esprits les plus clairs aux corps les plus vulgaires
Du repos éternel opposant la lumière
Je pardonne à l’ego mon terrible geôlier
Qui m’enferme en silence dans une cage dorée
Qui m’inflige la sentence si je cherche à m’enfuir
Qui transforme en souffrance le moindre de mes désirs
Je pardonne à quiconque se croyant innocent
Et à ceux convaincus qu’ils sont libres de choix
Aux légions d’enchaînés aux boulets inconscients
Prisonniers à jamais refusant le combat
Un pardon sincère et franc, je n’ai plus de rancœur
Acceptant ce qui est, le fardeau disparaît
Découvrant qu’un trésor en moi était caché
Une profonde liberté, la clé de mon bonheur
— 45 —
!
La R"ussite
Il est un rituel parmi les plus efficaces
Qui d’un éclair instantané révolutionne l’esprit
Qui dans le corps fait naître une fertile énergie
Qui transforme la vie et qui ouvre l’espace
Conséquence d’un chemin traversant une épreuve
D’une douleur, d’un effort, et d’un moment de grâce
En mon for intérieur, la source nouvelle d’un fleuve
Ce mouvement qui m’entraîne et jamais ne s’efface
Cet instant où l’esprit réalise l’évidence
Que l’objet d’un dessein se présente comme une fin
Réussir un projet amplifie l’espérance
Dépasser un échec remanie le destin
Plus le gain est intense, plus le sort est certain
Plus le risque est immense, plus l’élan se maintient
La victoire est l’outil d’un changement permanent
Qui des échecs surpasse tous les enseignements
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Est-ce à dire qu’il s’agisse du mouvement de la vie
Le Graal qui de nos rêves est le seul but qui soit
Il ne faut se méprendre de ce qui forme nos pas
Réussir n’est pas un but, c’est une main qui agit
Plus encore il n’est dit si d’un bon résultat
Soit porté au vainqueur un réel bénéfice
Il est plus que probable que bien nombre de cas
Constituent à long terme la formation d’un vice
Ainsi donc il n’est pas conseillé d’adopter
La poursuite effrénée de la seule réussite
Mais ne pas négliger son pouvoir aiguisé
De créer dans l’esprit une croyance inédite
Ton chemin est jonché de possibles victoires
C’est à toi de choisir la meilleure trajectoire
Car c’est là que tes choix mèneront tôt ou tard
Ton voyage vers la ruine ou un heureux hasard
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Solitude Lib"ratrice
Seul dans ce monde, seul à jamais
Tout ce que tu perçois n'est qu'un reflet de toi même
Et quoi que tu fasses en vérité
Ne soulage un instant ce terrible anathème
Les autres sont dans tes pensées
Le monde est dans tes pensées
Tes actions sont dans tes pensées
Leurs conséquences t'apparaissent en pensées
Les perturbations extérieures sont intérieures
Les gratifications extérieures sont intérieures
Les objets extérieurs sont intérieurs
Les personnes qui t'entourent sont dans ton cœur
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Certains disent que tout est illusion
D'autres que tout est un rêve
Il faut comprendre que tout est perception
Que l'univers tout entier se dissout quand elle s'achève
Quand tu as accepté que la réalité
N'apparaît jamais nue à travers la pensée
Qu'elle n'est pas accessible à ton esprit conditionné
Tu ne peux qu'admettre l'impérieuse vérité
Si tu ne peux accéder au monde qu'à travers des idées
Des mots, des concepts, des constructions mentales
Des symboles hérités d'un patrimoine ancestral
Il ne reste plus que toi, seul dans cette immensité
Toutefois la douleur que tu sembles éprouver
À l'idée toute simple de perdre toute identité
Par l'absence d'autres âmes auxquelles tu te serais lié
Elle aussi est un leurre, une croyance inculquée
Car en explorant ce monde qui se trouve dans ton coeur
Cet espace infini dans ton for intérieur
Il se peut qu'au hasard d'un voyage sans retour
Tu y trouves ce que tu cherches depuis toujours
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L'être qui t'es le plus cher
Celui qui ne veut que ton bien
La personne qui te voue son amour
Sans condition et sans fin
Compagnie éternelle de tes rêves et de tes pensées
C'est toi même qu'enfin tu retrouves à jamais
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Lib#re-Toi
Prend conscience
Que ce qui est n'est pas ce que tu perçois
Que ce qui dit « Je » n'est pas ce que tu crois
Que ton raisonnement
Est constamment altéré
Que le corps par l'émotion
Voile ta lucidité
Accepte sans condition
Que tout désir de contrôle est un réflexe conditionné
Que les mots et les concepts structurent ta pensée
Que ton identité est artifice
Qu'elle n'est qu'une illusion
Que l'espace et le temps
Ne sont que conventions
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Abandonne l'idée d'une accessible réalité
De posséder ton corps ou même ton esprit
De savoir ce qui est bon ou ce qui est mauvais
De trouver un sens à ta vie
Affronte sans relâche les obstacles quotidiens
Le chant des sirènes d'hier et d'aujourd’hui
Les peurs que tu as héritées de tes vies du passé
La douleur des chaînes qui entravent ta liberté
Je ne peux te promettre l'ultime félicité
Le bonheur permanent ou l'amour du divin
Seulement c'est ainsi que se pave le chemin
De celui qui aspire à pouvoir se libérer
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