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Ce document décrit les procédures et les risques associés à la médecine nucléaire, y compris les personnes concernées, le déroulement des procédures, l'évaluation des risques et les niveaux d'exposition. Le document fournit des informations détaillées sur la radioprotection dans le secteur médical.

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Ce document décrit les procédures et les risques associés à la médecine nucléaire, y compris les personnes concernées, le déroulement des procédures, l'évaluation des risques et les niveaux d'exposition. Le document fournit des informations détaillées sur la radioprotection dans le secteur médical.

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décembre 2011

RADIOPROTECTION : SECTEUR MÉDICAL FR 5

Médecine nucléaire
Cette fiche, qui fait partie
d’une collection réalisée par type
d’activité, concerne les installations
Diagnostic in vivo de médecine nucléaire. Elle est
hors TEP (1) destinée aux personnes impliquées
dans la radioprotection des
travailleurs : personnes compétentes
Définition : acte à visée diagnostique utilisant des radionucléides artificiels administrés en radioprotection (PCR), médecins
en sources non scellées à un patient. du travail et responsables
(employeurs…). Elle s’adresse aussi
La détention et l’utilisation de radionucléides à des fins de médecine nucléaire sont
aux utilisateurs de ces techniques
subordonnées à une autorisation préalable de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN)(2) en
(manipulateurs, médecins…), mais
application du Code de la santé publique.
n’a pas pour objet d’aborder
L’autorisation est personnelle, non transférable et délivrée pour une période n’excé- les aspects concernant la
dant pas 5 ans, renouvelable à la demande de l’intéressé, à un médecin possédant les radioprotection des patients.
qualifications requises ; elle implique le respect des dispositions en matière de radio-
protection prévues au titre du Code du travail et du Code de la santé publique. Chaque fiche présente les différentes
procédures, les types de dangers
spécifiques, l’analyse des risques
et leur évaluation ainsi que les
méthodes de prévention.
1. PERSONNEL CONCERNÉ
L’ensemble des dispositions ci-après s’applique aux salariés de l’établissement, aux L’IRSN a complété cette fiche en
travailleurs indépendants, aux intérimaires et aux salariés des entreprises intervenan- proposant un exemple d’étude
tes. Ces dispositions imposent une coordination des mesures de radioprotection entre de poste représentatif d’une
les différents intervenants, assurée par l’employeur de l’établissement où sont mises installation-type présentant
en œuvre les sources. une application de la démarche
de mise en place du zonage et
Ces dispositions doivent être incluses dans le plan de prévention pour les entreprises
du classement des travailleurs.
intervenantes.
Une information ciblée et le cas échéant une formation doit être délivrée aux membres Une fiche rappelle les textes de loi
de l’unité de médecine nucléaire, au personnel des services de soins, des services tech- et la réglementation concernant
niques et d’entretien concernés. la radioprotection dans le domaine
médical (cf. fiche FR3).
Une information adaptée doit être également délivrée au patient ou à son entourage
et, si nécessaire, au personnel du service hospitalier accompagnant ou accueillant le L’ensemble de cette collection a
patient (arrêté du 21 janvier 2004 (3)). été réalisé par un groupe de travail
Principaux personnels concernés : auquel ont participé l’ASN (Autorité
de sûreté nucléaire), la DGT
 médecin ; (Direction générale du travail),
 personnel paramédical : manipulateurs en électroradiologie médicale (MERM), l’IRSN (Institut de radioprotection
préparateur en pharmacie (4), infirmier ; et de sûreté nucléaire) et l’INRS
(Institut national de recherche et
 personne spécialisée en radiophysique médicale (PSRPM) ;
de sécurité). Voir la composition
 radiopharmacien (4); du groupe page 660.

Cette fiche annule et remplace


(1) TEP : Tomographie par émission de positons la fiche ED 4238 et la fiche
(2) www.asn.fr correspondante du TC 106.
(3) Arrêté du 21 janvier 2004 relatif à l’information des personnes exposées aux rayonnements ionisants lors
d’un examen de médecine nucléaire.
(4) Si existence d’une pharmacie à usage intérieur (PUI), soumise à une autorisation par l’agence régionale
de santé (ARS).
Médecine nucléaire 653
 stagiaire ; 5. ÉVALUATION DU RISQUE
 personnel d’entretien ; ET DÉTERMINATION DES NIVEAUX
 personnel de maintenance ;
D’EXPOSITION
 personnel du service technique.

Collaboration médecin du travail-personne compétente en


2. DÉROULEMENT DES PROCÉDURES radioprotection (PCR).

La PCR doit faire partie des salariés de l’établissement (art.


R. 4451-105 du Code du travail).
 La mise en œuvre des radionucléides se déroule selon diffé-
rentes séquences :
- réception, entreposage ; 1. Éléments d'évaluation du risque
- manipulation, préparation, contrôle de qualité et dispensation
L’étude dosimétrique des postes de travail liée au déroulement
des radiopharmaceutiques ;
des procédures prend en compte notamment l’activité et la
- administration des radiopharmaceutiques et attente des nature des radionucléides manipulés.
patients ;
Les niveaux d’exposition sont estimés par des :
- examens et interprétation ;
 données individuelles :
- entretien médical et consignes de sortie ;
- historique des expositions externes et internes du personnel ;
- collecte, gestion et élimination des déchets et effluents ;
- résultats de la dosimétrie individuelle passive et opération-
- contrôle de qualité et étalonnage des appareils avec utilisa- nelle ;
tion de sources scellées ou non scellées.
- résultats des dosimètres des extrémités ;
 Sauf exception appréciée par l’équipe médicale, les accompa-
- résultats de la surveillance systématique par l’examen radio-
gnants ne sont pas autorisés à pénétrer dans les zones réservées
toxicologique des urines et/ou si possible l’examen anthro-
à l’injection des radiopharmaceutiques aux patients, à l’attente
poradiamétrique.
des patients après injection et à l’examen.
 données collectives :

3. DANGERS - résultats des contrôles d’ambiance (mesures du rayonne-


ment photonique ambiant) ;
- résultats des contrôles de non-contamination de locaux avec
Sources scellées et Sources non scellées
des radiamètres adaptés ;
générateur X
Émission de rayonnements X, , 
Émission de rayonnements  - résultats des contrôles de radioprotection de l’installation
et dispersion de radionucléides
provenant de sources d’étalonnage (à la mise en service puis périodiquement).
et de sources de repérage
Exemples : technétium 99m, Pour la réalisation de cette étude, la PCR peut faire appel aux
Exemples : cobalt 57 pour les caméras iode 123, thallium 201... compétences de la PSRPM.
à scintillations…, baryum 133 ou
césium 137 pour les activimètres… 2. Délimitation des zones contrôlées et surveillées
Émission de rayonnements X si
utilisation d’un scanner (cf. fiche Ces zones sont définies par l'employeur sur proposition de la
FR4) PCR, sur la base de l’évaluation des risques radiologiques, s’ap-
puyant notamment sur les niveaux d’exposition, les caractéris-
tiques des sources et les résultats des contrôles techniques de
radioprotection.
4. IDENTIFICATION DU RISQUE Compte tenu des conditions habituelles de pratique :
RAYONNEMENT IONISANT
 Les locaux dans lesquels des radionucléides sont susceptibles
d’être manipulés régulièrement sont classés en zone contrôlée :
Sources scellées et Sources non scellées
générateur X - zone de réception des produits radioactifs ;
- laboratoire chaud (radiopharmacie PUI (5)) ;
Exposition externe à distance ou au
Exposition externe à distance ou au contact - salles d’administration des radionucléides (RN) ;
contact
Exposition interne (inhalation ou
(5) PUI : Pharmacie à usage intérieur.
ingestion ou plaie cutanée)

Cf. tableaux des principaux radionucléides (RN) en annexe 1.

654 Médecine nucléaire


- zones de manipulation et d’entreposage des déchets solides 4. Choix de la surveillance dosimétrique
et liquides.
- les salles d’examens sont classées en zone contrôlée, Dosimétrie Dosimétrie Dosimétrie
externe passive opérationnelle interne
- les autres locaux d’accès réglementé sont classés en zone
surveillée. CATÉGORIE A
• Dosimétrie poitrine Obligatoire en zone Examen radiotoxi-
Toutefois, ce classement peut être requalifié, en fonction des
mensuelle contrôlée cologique des urines
niveaux d’exposition ; ainsi, s’assurer que les valeurs mesurées
• Dosimétrie (difficilement
respectent les prescriptions de l’arrêté relatif à la délimitation
des extrémités par adaptable aux radio-
des zones réglementées. De même, certaines parties de locaux
bague si manipulation nucléides de très courte
peuvent nécessiter un classement spécifique (exemple : boîte à
de sources radioactives période : technétium
gants).
99m, fluor 18) et/ou
Cette fiche est complétée par un exemple d’étude de poste en si possible
CATÉGORIE B
annexe 2. anthroporadiamétrique
• Dosimétrie poitrine
mensuelle ou
trimestrielle selon
3. Classement du personnel en catégories A et B l’étude de poste
Le classement est défini par l’employeur après avis du médecin • Dosimétrie des
du travail. extrémités par bague
si manipulation
Il sera apprécié avec la PCR selon les études de poste propres à
de sources radioactives
chaque service.
Nota : vérifier si les
valeurs obtenues en
expositions annuelles
À titre indicatif :
des extrémités permet
toujours un classement
Personnel concerné Catégorie proposée en catégorie B

Médecin nucléaire A ou B en fonction des pratiques NON CLASSÉ


Radiopharmacien et de l’évaluation des risques
Appréciation au cas Obligatoire Sans objet
au poste de travail
par cas pour pénétrer
Cardiologue surveillant B en zone contrôlée
l’examen (dosimètre opérationnel
ou tout autre moyen
Manipulateur, technicien A
de mesure)
de laboratoire, infirmier B en l’absence de manipulation de source
et en fonction des études de poste

Radiophysicien (personne B
spécialisée en radiophysique
médicale – PSRPM)
6. STRATÉGIE DE MAÎTRISE DE RISQUE
Personnel d'entretien B
1. Réduction des risques
Stagiaire A ou B selon le poste d’affectation
Mise en œuvre des sources et installation par des profession-
Nota : pas de poste d’affectation
nels formés et qualifiés
impliquant un classement en cat. A
pour un stagiaire < 18 ans
 Prévention générale :
Autre personne susceptible Appréciation au cas par cas avec la PCR
- connaître et respecter les consignes de travail et de sécurité ;
de pénétrer occasionnellement
en zone surveillée ou contrôlée - utiliser des accessoires de protection (cf. § 6.3), en donnant la
priorité aux équipements de protection collective.
Secrétaire, personnel d’accueil Ne devant pas être affectés en zones
réglementées, ne sont donc pas concernés  Manipulation :
par le classement
- confiner les sources, utiliser les activités strictement
nécessaires et ranger les sources après utilisation ;
- limiter le temps de manipulation des sources ;

Médecine nucléaire 655


- limiter le temps de présence auprès d’un patient injecté ; susceptibles de recevoir des effluents liquides contaminés. Dans
ce cas, ces éviers doivent être clairement identifiés.
- travailler en évitant les contaminations de surface, contrôler
régulièrement l’absence de contamination.  La bonde au sol du laboratoire chaud et de la salle d’injection
est reliée aux cuves de décroissance.
 Les hottes et enceintes blindées de préparation des sources
2. Mesures techniques concernant l’installation (adaptées à la nature et à l’activité des radionucléides) sont
équipées de gants et d’un système de ventilation indépendant
L’installation doit être conçue, aménagée et équipée conformé-
avec filtres (ces filtres sont changés tous les ans). Il convient
ment aux règles de radioprotection en vigueur dont les princi-
d’obtenir du fournisseur les radionucléides et les activités maxi-
pales dispositions sont rappelées ci-après :
males pouvant y être stockés et manipulés.
 Du matériel de détection des contaminations et de mesure du
Mesures générales champ de rayonnement doit être présent. Ce matériel doit être
 La hiérarchisation des locaux est prévue en tenant compte du régulièrement entretenu et contrôlé.
niveau d’activité des sources.  Le stockage de radiopharmaceutiques destinés à la manipula-
 Les locaux où sont détenues et utilisées les sources doivent être : tion et les mesures d’activité des sources doivent avoir lieu dans
le laboratoire chaud.
- situés à l’écart des circulations générales,
- regroupés, Mesures concernant les déchets solides radioactifs (6)
- signalés.  Tri et conditionnement des déchets le plus en amont possible.
 L’accueil, le secrétariat, les bureaux, la salle de détente du per-  Dépôt des déchets dans des réceptacles adaptés aux radio-
sonnel doivent être implantés en zone non réglementée. nucléides (poubelles, boîtes à aiguilles plombées…).
 Le sas vestiaire pour le personnel est conçu et aménagé pour  Entreposage et réservé des déchets dans le local de l’unité de
permettre la séparation dans deux secteurs distincts des vête- médecine nucléaire conçu à cet effet, selon la nature et la
ments de ville et des vêtements de travail (y compris les chaus- période des radionucléides (moins de 24 heures, moins de 8
sures), et comporte douche et lavabo. jours, plus de 8 jours). La durée d’entreposage ne peut être infé-
 Un moyen de contrôle des contaminations externes des rieure à 10 périodes.
mains et des pieds à l’entrée du vestiaire (côté locaux tech-  Tenue d’un registre permettant d’assurer la traçabilité des
niques) est nécessaire. déchets.
 Dans les cas où la caméra est couplée à un scanner, la salle  Contrôle par détecteur dont le seuil est réglé de 1,5 à 2 fois le
devra répondre aux critères d’aménagement des scanographes bruit de fond.
(cf. fiche FR 4 « Scanographie en milieu médical »).
 Intégration des modalités de gestion des déchets précisées
dans le plan de gestion des déchets et effluents radioactifs de
Mesures techniques concernant les locaux classés l’établissement.
« zone contrôlée ou surveillée »

 Le revêtement des sols (à remonter sur les plinthes), des murs Mesures concernant les effluents liquides radioactifs (dits
et des surfaces de travail doit être en matériau lisse, imperméa- contaminés par des radionucléides (6))
ble, sans joint et facilement décontaminable.
 Cuves de décroissance recevant les liquides radioactifs des
 Les parois du laboratoire chaud et de la salle d’injection laboratoires :
doivent être spécialement renforcées.
- présence d’au moins 2 cuves fonctionnant alternativement
 Un guichet pour le transfert des sources est recommandé en remplissage et en stockage de décroissance, facilement
entre le laboratoire chaud et la salle d’injection. décontaminables, situées dans un local indépendant, correc-
tement ventilé, balisé et fermé à clef ;
 La ventilation doit être indépendante du système général de
ventilation et doit permettre une mise en dépression des locaux - équipement d’un indicateur de niveau (avec renvoi de l’infor-
et un renouvellement d’air de 10 volumes/heure pour le labora- mation dans l’unité de médecine nucléaire), d’un dispositif de
toire chaud et de 5 volumes/heure minimum pour les autres prélèvement en position haute et d’un indicateur de déborde-
locaux ; l’extraction de l’air se fera sans risque de recyclage et à ment (avec renvoi de l’information dans l’unité de médecine
distance de toute prise d’air neuf par cheminée (attention à ce nucléaire et au PC sécurité de l’établissement) ;
que les rejets de la cheminée n’entraînent pas de risque d’expo-
- cuvelage de sécurité recouvert d’un revêtement déconta-
sition humaine).
minable pour la rétention de liquide en cas de fuite. Ce cuve-
 Le dispositif de captation de l’air doit se situer au plus près de lage doit être muni d’un détecteur de fuite avec renvoi dans
la tête du patient lors des examens ventilatoires et être raccordé
à une gaine d’extraction indépendante.
(6) Arrêté du 23 juillet 2008 portant homologation de la décision n° 2008-
Les éviers doivent comporter des robinets à commande non DC-0095 fixant les règles techniques auxquellles doit satisfaire l’élimination
manuelle, reliés à des cuves de décroissance quand ils sont des effluents et des déchets contaminés par des radionucléides.

656 Médecine nucléaire


l’unité de médecine nucléaire et au PC sécurité de l’établisse-
Alors qu’il est efficace en radiologie classique, le port de tablier
ment ; de protection radiologique en médecine nucléaire n’apporte que
- mesure d’un échantillon avant la fermeture des cuves pour peu de gain en radioprotection :
calculer le temps nécessaire permettant d’atteindre une activité - en radiologie classique, atténuation d’un facteur 50,
volumique inférieure ou égale à 10 Bq/L ; - atténuation d’un facteur 2 en cas d’utilisation de technétium,
- tenue d’un registre réservé à la gestion des cuves où sont consi- - atténuation encore plus faible pour les énergies supérieures
gnés la nature des radionucléides, les activités initiales, les à 150 keV.
temps de séjour requis, les dates de début, de fin de remplissage
et de vidange des cuves ainsi que les résultats des contrôles ;
 Sanitaires réservés aux patients injectés : 4. Formation et information
- présence d’une fosse de décroissance (type fosse septique  Remise par l’employeur à chaque personne susceptible
ou système équivalent) interposée entre les sanitaires et le d’intervenir dans les zones contrôlées d’une notice d’informa-
collecteur de l’établissement afin d’éviter un rejet direct dans tion spécifique à l’unité.
le réseau d’assainissement. Il est recommandé de prévoir des
 Diffusion de consignes générales de sécurité applicables dans
dispositions permettant de maîtriser les dysfonctionnements
l’unité de médecine nucléaire (incluant notamment les consi-
éventuels de ce type d’installation.
gnes « incendie »).
 Contrôles réguliers de l’activité volumique à l’émissaire de l’é-
 Mise à disposition de la conduite à tenir en cas d’incident de
tablissement : fréquence à définir dans le plan de gestion des
contamination.
déchets et des effluents radioactifs de l’établissement.
 Affichage des consignes de travail adaptées à la nature des
 Intégration des modalités de gestion des déchets précisées
expositions et aux opérations réalisées et comportant les noms
dans le plan de gestion des déchets et effluents radioactifs de
et les coordonnées de la PCR et du médecin du travail.
l’établissement.
 Information et formation des personnels :
Contrôles réguliers : - organisées avec la PCR et le médecin du travail,
 du matériel de détection, - renouvellement de la formation, adaptée au risque encouru,
au moins tous les 3 ans,
 de l’activimètre,
- sensibilisation des femmes sur la nécessaire déclaration précoce
 des sources scellées,
de grossesse et sur les éventuels aménagements du poste
 des hottes et enceintes, de travail applicables après avis du médecin du travail.
 des filtres,  Information des personnes accompagnant les patients et des
services devant les accueillir visant à limiter l’exposition des per-
 de la ventilation générale.
sonnes qui seront en contact avec eux et à gérer les déchets
éventuels (couches, pansements…).
Rappel : à distinguer de la formation à la radioprotection des
3. Mesures de protection patients qui est renouvelée au moins tous les 10 ans.
 Gants à usage unique :
- à porter lors de toute manipulation de sources radioactives,
5. Prévention
y compris lors du travail dans les enceintes ou les hottes ;
 Fiche d’exposition :
- à enlever selon la procédure adaptée ;
- établie par l’employeur ;
- à éliminer avec les déchets radioactifs.
- comportant la nature du travail et des rayonnements, les
 Lavage régulier des mains.
caractéristiques des sources, les périodes d’expositions (avec
Contrôle systématique des mains et pieds après manipulation les expositions anormales éventuelles) et les autres risques ;
et avant la sortie de l’unité de médecine nucléaire.
- mention souhaitable de l’évaluation de dose prévisionnelle
 Port de vêtements de travail (tunique à manches longues individuelle.
recommandées) et surchaussures réservées à l’unité de méde-
cine nucléaire, sans objet personnel ni bijou.  Surveillance dosimétrique :
 Utilisation de pinces longues pour la manipulation des
 Dosimétrie passive :
flacons de radionucléides.
Mise en place :
 Écrans de protection dont la nature et l’épaisseur sont
adaptés à l’énergie des radiopharmaceutiques utilisés : • Chaque employeur (y compris le chef d’entreprise exté-
rieure ou de travail temporaire) est responsable de la dosi-
- protège-seringues, protège-flacons ;
métrie passive de ses salariés ; à ce titre, il est tenu de fournir
- écrans de protection mobile. les dosimètres passifs à son propre personnel.

Médecine nucléaire 657


• Le personnel non salarié prend les dispositions nécessaires  En cas d’événement significatif en radioprotection, s’il répond
pour assurer sa surveillance dosimétrique. aux critères définis dans le guide de l’ASN n° 11 (9) (notamment le
• Stagiaire : la dosimétrie passive est à la charge de l’em- critère 1 : exposition des travailleurs), déclarer l’événement à la
ployeur de la personne sous l’autorité de laquelle il est placé. Division de l’ASN (10) territorialement compétente.
Communication des résultats : En cas de suspicion de dépassement des valeurs limites régle-
• Le médecin du travail communique et commente les mentaires : prévenir l’inspecteur du travail.
résultats dosimétriques individuels au salarié.  En cas d’accident du travail, faire une déclaration à la Caisse
• L’organisme agréé chargé du traitement des dosimètres primaire d’assurance maladie (CPAM).
communique les résultats au travailleur une fois par an.

Dans le cas d’exercice sur différents sites, outre l’application des


règles générales relatives à la dosimétrie passive, il est recom-
mandé d’utiliser un dosimètre opérationnel quel que soit le 7. SURVEILLANCE MÉDICALE
type de zone réglementée afin de faciliter l’identification des
niveaux et de l’origine des expositions (7).
1. Surveillance médicale renforcée
 Dosimétrie opérationnelle :
 Personnel de l’établissement
Mise en place :  Visite médicale :
• Il appartient à chaque employeur de fournir les dosimètres
opérationnels à son propre personnel quand leur utilisation - avant affectation au poste puis visite au moins une fois par an ;
s’impose. - individualisée en s’appuyant sur la fiche d’exposition du
• Entreprise extérieure : des accords peuvent être conclus travailleur établie par l’employeur ;
entre le chef de l’entreprise utilisatrice et le chef de l’entreprise
- information spécifique aux femmes en âge de procréer sur
extérieure pour la fourniture des dosimètres opérationnels.
la compatibilité réglementaire et médicale du poste avec la
• Entreprise de travail temporaire : la dosimétrie opération-
grossesse et/ou l’allaitement ;
nelle est à la charge de l’entreprise utilisatrice.
• Stagiaires : la dosimétrie opérationnelle est à la charge de - recherche de lésions cutanéomuqueuses (y compris les
l’employeur de la personne sous l’autorité de laquelle il est tympans) pouvant favoriser la pénétration de radionucléides
placé. et gêner la décontamination ;
-
- évaluation au cas par cas des répercussions d’autres patholo-
Paramétrage :
gies sur les conséquences radiobiologiques d’une contamination.
• la PCR paramètre les seuils d’alarme des dosimètres opéra-
tionnels qu’elle fournit.  Examens complémentaires :
- le médecin du travail peut demander tout examen complé-
- Communication des résultats : mentaire et/ou spécialisé qu’il juge nécessaire ;
• La PCR communique les résultats aux intéressés, au
médecin du travail et à l’IRSN (SISERI (8)). En cas de mise à - examens anthroporadiamétriques et/ou radiotoxicolo-
disposition de dosimètres opérationnels par l’entreprise uti- giques urinaires en cas de risque de contamination interne ;
lisatrice, sa PCR communique ces résultats à la PCR de l’en- la fréquence est adaptée à la période effective et à l’évalua-
treprise extérieure. tion du risque de contamination ;
- numération formule sanguine (NFS) à l’embauche conseillée
comme examen de référence puis adaptée à la surveillance
6. Incident et dysfonctionnement individuelle.
 Prévoir les protocoles en cas de contamination des locaux  Carte individuelle de suivi médical remise par le médecin du
et/ou des personnes. travail à tout travailleur relevant des catégories A ou B (contac-
 Déclarer tout dysfonctionnement, incident et accident au
ter l’IRSN : www.siseri.com).
responsable de l’unité de médecine nucléaire et à la PCR qui  Personnel non salarié
prennent toutes dispositions pour maîtriser l’événement, en
Les travailleurs non-salariés sont tenus de prendre les disposi-
connaître les causes et en tirer les enseignements.
tions nécessaires afin d'être suivis par un médecin du travail,
 Prévenir les différentes personnes concernées : l’employeur, la dès lors qu’il existe, pour eux-mêmes, un risque d’exposition
PCR ainsi que le médecin du travail (cf §7). généré par leur activité.
 Si nécessaire, prévoir une déclaration de matériovigilance  Personnel d’entreprise de travail temporaire (manipulateur…)
auprès de l’AFSSAPS, Agence française de sécurité sanitaire des
- Le médecin du travail de l'entreprise utilisatrice est tenu de
produits de santé (et du référent éventuel du site).

(7) Circulaire DGT ASN n°4 du 21 avril 2010. (9) ASN : www.asn.fr/Professionnels/Les guides de déclaration des événements signi-
(8) SISERI : système d’information de la surveillance de l’exposition aux ficatifs.
rayonnements ionisants. (10) Divisions de l’ASN: www.asn.fr/index.php/L-ASN-en-region

658 Médecine nucléaire


vérifier, avant le début de la mission, l’absence de contre-indi- 4. Dossier médical et suivi post-professionnel
cations médicales à l’affectation au poste occupé. Il prescrit les
 Le dossier médical
examens complémentaires éventuellement nécessaires et
informe de leurs résultats le médecin du travail de l'entreprise  Il comporte notamment :
de travail temporaire. Ces examens sont à la charge de l'entre- - le double de la fiche d’exposition établie par l’employeur
prise utilisatrice. avec l’aide du médecin du travail ;
- Le médecin du travail de l'entreprise utilisatrice suit médi- - les dates et les résultats des examens anthropora-
calement les salariés affectés aux postes nécessitant une diamétriques et radiotoxicologiques urinaires ;
surveillance médicale renforcée en raison du risque du poste
occupé pendant toute la durée de leur mission. - le relevé dosimétrique avec les doses efficaces et les
doses équivalentes.
 Entreprises extérieures (installateur, technicien de maintenance…)
 Il est conservé pendant au moins 50 ans après la fin de la

- Mise en place d’un plan de prévention précisant les obliga- période d’exposition.
tions respectives de l’employeur et de l’entreprise extérieure.
 Ce dossier est communiqué, sur sa demande, au médecin

- Le médecin du travail de l'entreprise utilisatrice assure, pour inspecteur régional du travail et de la main-d’œuvre et peut être
le compte de l'entreprise extérieure, la réalisation des adressé, avec l’accord du travailleur, au médecin choisi par celui-ci.
examens complémentaires rendus nécessaires par la nature
 Si l’établissement vient à disparaître, ou si le travailleur change
et la durée des travaux effectués par le salarié de l'entreprise d’établissement, l’ensemble du dossier est transmis au médecin
extérieure dans l'entreprise utilisatrice. inspecteur régional du travail, à charge pour celui-ci de l’adresser,
- Les résultats en sont communiqués au médecin du travail de à la demande de l’intéressé, au médecin du travail désormais
l'entreprise extérieure qui déterminera l’aptitude au poste. compétent.
 Suivi post-professionnel
- Le responsable de l'entreprise utilisatrice doit faciliter l’accès au
poste de travail au médecin du travail de l'entreprise extérieure. Il est établi conformément à l’arrêté du 28 février 1995 (pris en
application de l’article D. 481-25 du Code de la Sécurité sociale
2. Grossesse fixant le modèle type d'attestation d'exposition et les modalités
d'examen dans le cadre du suivi post-professionnel des salariés
 Il est indispensable d’inciter le personnel féminin à informer le
ayant été exposés à des agents ou procédés cancérogènes) ; l’at-
plus tôt possible le médecin du travail de sa grossesse pour per-
testation d’exposition est délivrée par l’employeur.
mettre la mise en place des mesures nécessaires : l’aménage-
ment du poste de travail ou le changement d’affectation est
laissé à l’entière appréciation du médecin du travail après 5. Prise en charge des anomalies et incidents
concertation avec l’intéressée.  Exposition externe
 Aucune femme enceinte ne peut être affectée à un poste - Le dosimètre opérationnel est paramétré par la PCR qui
impliquant un classement en catégorie A et l’exposition de définit les seuils d’alarme adaptés au poste de travail.
l’enfant à naître doit dans tous les cas rester inférieure à 1 mSv
entre la déclaration de la grossesse et l’accouchement (limita- - En l’absence de dosimétrie opérationnelle et en cas de suspi-
tion absolue). cion d’incident, un traitement en urgence du dosimètre passif
est effectué.
 Les tâches compatibles avec la poursuite de l’activité d’une
- Si l’exposition est supérieure au niveau habituel pour le poste
femme enceinte sont définies par le médecin du travail en
considéré, une enquête est dans tous les cas entreprise.
concertation avec la PCR en fonction des études de poste.
- En cas de discordance entre les résultats de dosimétrie passive
 En cas du maintien dans l’unité, une dosimétrie opérationnelle
et opérationnelle, le médecin du travail détermine, après
permanente est fortement recommandée et une attention par-
enquête, la dose reçue par le travailleur en ayant recours si
ticulière doit être portée sur les risques de contamination.
nécessaire à l’IRSN. La dose finalement retenue est transmise à
l’IRSN (SISERI).
3. Allaitement  Contamination – Principes généraux
 Aucune femme allaitant ne peut être affectée à un poste de - Évaluer rapidement l’importance de la contamination et
travail comportant un risque d’exposition interne à des rayon- mettre en œuvre le protocole de décontamination.
nements ionisants.
- Dans tous les cas, la PCR, le chef de service et le médecin du
 Les tâches compatibles avec la poursuite de l’activité d’une travail doivent être prévenus sans délai.
femme allaitant sont définies par le médecin du travail en
concertation avec la PCR en fonction des études de poste et - Si nécessaire, contacter le dispositif d’alerte de l’IRSN :
doivent exclure tout risque d’exposition interne particulière- 06 07 31 56 63
ment lors de la manipulation et l’administration des radiophar- - Dans tous les cas, prévoir dès le premier jour un test urinaire
maceutiques (lors des travaux au laboratoire chaud, lors d’injec- sur 24 h en vue d’une analyse radiotoxicologique en urgence ;
tion et réalisation de scintigraphie pulmonaire de ventilation). celle-ci sera associée si possible à un examen anthroporadia-

Médecine nucléaire 659


métrique lorsque le radionucléide manipulé est un émetteur  Le CHSCT (ou à défaut les délégués du personnel) a accès à
gamma. ces différents résultats :
 Contamination d’une personne : - bilan statistique des expositions de l’unité de médecine
nucléaire ;
 Avant d’entreprendre une action de décontamination,

contrôler ou faire contrôler les mains, la blouse, les cheveux, les - bilan des dysfonctionnements relevés : matériovigilance et
chaussures… (en cas de douche, lavage des mains préalable de compte rendu des interventions techniques… ;
façon à éviter toute contamination cutanée secondaire).
- bilan des contrôles effectués.
Procéder à la décontamination par lavage à l’eau savonneuse,

 La consultation régulière de SISERI à des fins d’optimisation et
sans frotter ou utiliser un détergent de décontamination (pH
d’information du médecin du travail ainsi que la consultation des
neutre) et contrôler l’efficacité de cette décontamination.
relevés annuels des doses individuelles permettent d’apprécier
 En cas de projection oculaire : laver sous l’eau à température l’évolution des expositions externes et internes des travailleurs.
ambiante.
 Les résultats des différents contrôles techniques et d’ambiance
 Le médecin du travail prévoit : (ainsi que l’analyse préalable du niveau d’exposition) sont inté-
grés au document unique concernant l’évaluation des risques.
- un nouvel essai en cas d’échec de décontamination. En cas
d’échec après 2 ou 3 essais, mettre un pansement étanche
sur la zone contaminée et contacter le dispositif d’alerte de
l’IRSN (le pansement a pour rôle de faire transpirer la peau en
cas de contamination cutanée profonde qui résiste au lavage
9. AUTRES RISQUES
et faciliter ainsi son élimination) ;  Risques biologiques : accident d’exposition au sang (AES),
tuberculose…
- un prélèvement nasal par mouchage dans un mouchoir
jetable et un contrôle de l’activité de ce papier ;  Port de charges lourdes : transfert de malades alités, matériels
et containers plombés avec risque de troubles musculosquelet-
- un renouvellement de l’examen anthroporadiamétrique
tiques (TMS).
et/ou de l’examen radiotoxicologique urinaire ;
 Risques physiques : électriques, UV…
- une mesure de l’activité surfacique cutanée (appui possible
de l’IRSN ).
 S’il le souhaite, le médecin du travail peut contacter le

dispositif d’alerte de l’IRSN qui l’aidera dans la prise en charge.


Composition du comité
scientifique
Tout incident ou accident de contamination d’un salarié doit
être déclaré ou inscrit sur le registre de déclaration des acci- Institutions
dents bénins.
 Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Paris
 Contamination des locaux et/ou du matériel : - C. Hérain
- C. Machacek
- Déterminer l’étendue de la zone contaminée et, si néces- - P. Ménéchal
saire, délimiter et baliser un périmètre de sécurité.
 Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN)
- Confiner le déversement ou la fuite avec un matériau absor- - B. Aubert (Fontenay-aux-Roses)
bant. - A. Biau (Le Vésinet)
- J.L. Rehel (Fontenay-aux-Roses)
- Toute contamination de locaux, de surface de travail ou de - J.P. Vidal (Fontenay-aux-Roses)
vêtement doit être éliminée dès sa détection, puis son origine
 Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé
recherchée. Elle doit faire suspecter une contamination éven-
Direction générale du travail (DGT), Paris :
tuelle de personne. - R. Barbe
- La PCR évalue l’importance de la contamination et effectue - T. Lahaye
la décontamination (port de gants, surblouse et surchaussures  Institut national de recherche et de sécurité (INRS), Paris
obligatoire) avec du matériel jetable selon les consignes affi- - C. Gauron
chées dans le local.
Experts
- C. Barret, Hôpital Salpetrière, AP-HP Paris
- D. Donnarieix, Centre Jean Perrin, Clermont-Ferrand
8. ÉVALUATION DE LA MAÎTRISE - D. Gambini, Service central de la médecine du travail, AP-HP Paris
- C. Gondran, Hôpital René Huguenin, Institut Curie, Paris
DES RISQUES - C. Guérin, Hôpital Necker, AP-HP Paris
 Afin d’optimiser la radioprotection des travailleurs et de l’ins- - J.L. Marande, Hôpital Cochin, Paris
tallation, l’employeur établit l’ensemble des bilans nécessaires à - J. Mercier, Association française des techniciens en médecine nucléaire,
Charleville-Mézières
l’évaluation de la maîtrise des risques. Les bilans font notam-
- F. Paycha, CHU Louis Mourier, AP-HP Colombes
ment état des dépassements des valeurs limites et des moyens
- N. Pierrat, Institut Curie, Paris
mis en œuvre pour y remédier.

660 Médecine nucléaire


ANNEXE 1

Caractéristiques des principaux radionucléides utilisés en médecine nucléaire en diagnostic in vivo.

Radionucléides utilisés en sources non scellées Période Nature des principales émissions
pour le diagnostic in vivo
Chrome 51 51
Cr 27,7 jours Gamma
Gallium 67 67 Ga 3,26 jours Gamma
Iode 123 123 I 13,2 heures Gamma
Iode 131 131
I 8 jours Bêta et Gamma
Indium 111 111 In 2,8 jours Gamma
Krypton 81m 81m Kr 13 minutes Gamma
Technétium 99m 99m
Tc 6 heures Gamma
Thallium 201 201 Tl 3,04 jours X, Gamma

Caractéristiques des principaux radionucléides utilisés en médecine nucléaire pour l’étalonnage et le contrôle.

Radionucléides utilisés en sources Utilisation Période Nature des principales


scellées émissions
Baryum 133 133
Ba Étalonnage 10,5 ans Gamma
Cobalt 57 57
Co Étalonnage et repérage anatomique 272 jours Gamma
Césium 137 137 Cs Étalonnage 30 ans Bêta et Gamma

Ministère du Travail,
de l’Emploi
et de la Santé

Médecine nucléaire 661


ANNEXEExemple d’une étude de poste en médecine nucléaire
Diagnostic in vivo hors TEP
Attention, l’exemple ci-dessous est l'illustration d’une installation-type et de pratiques standards. Il ne saurait refléter la situation
de l’ensemble des installations et des pratiques dans les services de médecine nucléaire destinés au diagnostic in vivo hors TEP,
et ne doit pas être utilisé en l'état pour définir les zones réglementées. La méthodologie présentée ci-dessous doit être utilisée
sur la base des mesures réalisées sur chaque installation et appliquée en tenant compte des pratiques locales

Le zonage doit être réalisé en considérant l’heure de travail la plus pénalisante du point de vue de la radioprotection et en ne considé-
rant pas le port éventuel d’équipements de protection individuelle, seuls les équipements de protection collective étant à prendre en
compte. Pour mémoire, les protège-seringues, et protège-flacons, sont considérés comme équipement de protection collective et donc
sont pris en compte pour le zonage. En médecine nucléaire, le zonage doit prendre en compte l’exposition du corps entier et/ou celle
des extrémités en fonction des tâches réalisées et des risques associés.

 1. Vis-à-vis de l’exposition du corps entier, la méthodologie consiste à identifier pour chaque local la source, le radionucléide et
l’activité effectivement présente qui peuvent conduire à l’exposition la plus élevée sur une heure. Sur la base des informations précé-
dentes et des données du tableau 1, le rayon, R, de la zone réglementée est calculé à partir de la formule :

$Eßßß# $Eßßß#
$lßßß SOIT 2ßßß
2 $lßßß
avec : - Dl : valeur de la dose efficace en une heure (μSv) à la limite de la zone selon le type de zone choisi et les valeurs figurant dans
l’arrêté zonage,
- C : temps de présence de la source dans l’heure considérée (h),

- De : valeur en débit de dose due à l’exposition externe (μSv/h) à 1 m de la source mesurée ou déduite du tableau 1,
- R : rayon de la zone (m).

Si les dimensions calculées de la zone sont proches des dimensions de la pièce, la zone définie est étendue aux parois du local.
Pour un service de médecine nucléaire réalisant des diagnostics in vivo, le risque principal est dû à l’exposition externe et non à la
contamination atmosphérique même en cas d’exploration pulmonaire. La dose efficace engagée consécutive à la contamination
interne est généralement très faible (< 1 μSv par mois) et donc considérée comme négligeable.

Tableau I : Récapitulatif des principaux radionucléides utilisés, des activités administrées et des débits d’équivalent de dose associés (d’après
Delacroix D, Guerre JP, Leblanc P [Guide pratique radionucléides et radioprotection. Manuel pour la manipulation de substances radioactives
dans les laboratoires de faible et moyenne activité. 2e édition. Les Ulis : EDP Sciences ; 2006 : 262 p.] pour une source de 10 ml en flacon).

Radionucléide Débit à 1m (μSv/h/GBq) Radionucléide Débit à 1m (μSv/h/GBq)


51
Cr 5,3 111
ln 72
57
Co* 22 123
l 34
67
Ga 25 201
Tl 18
99m
Tc 22
* en source scellée pour contrôle de qualité des caméras à scintillations.

 2. En ce qui concerne les extrémités, il est difficile d’envisager que dans des conditions habituelles de travail, la limite de 50 mSv en
une heure (zone jaune/zone orange) puisse être dépassée, aussi les hottes et enceintes blindées seront au plus classées en zone jaune.

Exploitation de l’étude
Les valeurs numériques indiquées ci-après sont tirées d’une étude réalisée dans un service de médecine nucléaire.

Il s’agit d’un service de médecine nucléaire qui ne réalise que des explorations diagnostiques hors examens TEP. Il est composé de salles
d’examen, d’une radiopharmacie, d’une salle d’injection et d’une salle d’attente après injection (dite chaude). La première étape consiste
à faire, par type de local, le bilan des tâches réalisées, des radionucléides utilisés et des gammes d’activité associées pour l’heure la plus
pénalisante.

1. Circulaire DGT/ASN n°04 du 21 avril 2010 relative aux mesures de prévention des risques d’exposition des rayonnements ionisants.

662 Médecine nucléaire


 Sas de livraison
Lors de la réception de générateurs de 99mTc, les débits de d’équivalent de dose sont de l’ordre de 30 μSv/h dans le local au niveau de la
porte. Les colis peuvent rester dans ce local plus d’une heure : on classera cette zone en tant que zone contrôlée jaune même si d’autres
radionucléides sont présents.
Le hall, par lequel les livraisons sont effectuées, est en zone non réglementée (< 80 μSv par mois).

 Radiopharmacie (laboratoire chaud)


Les résultats des mesures d’ambiance et de la dosimétrie permettent de classer ce local en zone surveillée du point de vue de l’exposition
due aux radiopharmaceutiques stockés dans les enceintes blindées. Cependant, aux abords des poubelles plombées, le personnel peut
être exposé à des débits de dose entre 7,5 et 10 μSv/h à 50 cm.
Ainsi, le local sera classé en zone contrôlée verte. Compte tenu de la manipulation de flacons et seringues, et de niveaux d’activité élevés
(jusqu’à 20 GBq de 99mTc), l’enceinte blindée sera classée en zone contrôlée jaune.

 Salle d’injection
La source considérée est le patient après injection. Le débit à 1 m d’un patient injecté pour une scintigraphie osseuse avec 700 MBq de
99m
Tc (cas le plus pénalisant) est de l’ordre de 15 μSv/h. Si on procède à 6 injections en une heure, à raison de 5 mn par patient (en prenant
en considération les patients difficiles à injecter), la dose efficace susceptible d’être reçue en 1 heure est de 7,5 μSv d’où une zone contrôlée
jaune de 50 cm de rayon autour du patient qui peut être étendue à l’ensemble du local. L’exposition des extrémités ne conduit pas à
modifier ce zonage.
 Salle d’attente chaude
Cette salle peut accueillir 9 patients en même temps. Avec une hypothèse majorante de 6 patients injectés avec 700 MBq de 99mTc, le
débit de dose instantané mesuré au centre de la pièce est de 40 μSv/h. Cette zone sera donc classée en zone contrôlée jaune.
 Salle d’effort
Dans cet exemple les scintigraphies cardiaques sont réalisées avec du 201Tl. À 1 m du patient, le débit mesuré est d’environ 2 μSv/h. Ce
local sera donc classé en zone contrôlée verte. Il n’y a pas lieu de définir une zone contrôlée jaune car elle se confond avec le patient. Si
des examens sont réalisés avec du 99mTc, avec une zone contrôlée jaune d’environ 50 cm pourra être définie autour du patient.
 Salle caméra à scintillations
Cette salle est utilisée pour la réalisation des scintigraphies thyroïdiennes à l’123I et de scintigraphies osseuses au 99mTc. Le cas le plus pé-
nalisant (scintigraphie osseuse) est retenu. Le débit d’équivalent de dose à un mètre d’un patient est d’environ 8 μSv/h (délai de 2,5 à
3 h après injection). Deux examens sont réalisés par heure. En prenant en compte un temps de présence des patients en salle de 50 min
(25 min par examen et 10 min entre chaque examen), la dose susceptible d’être reçue à un mètre en une heure est d’environ 7 μSv.
La salle sera donc classée en zone contrôlée verte avec une zone contrôlée jaune d’environ 50 cm autour du patient.
À la console d’acquisition, derrière le paravent plombé (1 mm équivalent plomb), le débit d’équivalent de dose est < 1 μSv/h. Cette zone
peut donc être classée en zone surveillée.
Si cette salle est dédiée exclusivement à une autre application clinique (cœur, thyroïde…) le calcul sera fait selon la méthodologie ci-
dessus adaptée au radionucléide et à l’activité utilisé ainsi qu’au nombre et à la durée des examens.
Si la caméra est couplée à un scanner, se rajoute l’exposition consécutive à l’acquisition scanographique. Un scanner (abdominopelvien)
délivre une dose à un mètre d’environ 40 μSv, soit 80 μSv pour 2 scanners dans l’heure. Au total l’exposition sur une heure s’élève à
90 μSv à 1 m. La salle caméra-TDM sera classée en zone contrôlée jaune (la zone orange se confondrait avec le patient).

 Bureaux médicaux
Dans ces bureaux sont reçus les patients (injectés ou non) pour un entretien avec un médecin.
L’entretien dure environ 25 à 30 minutes et 2 patients sont reçus par heure. Dans le cas le plus pénalisant (scintigraphie osseuse), on se
retrouve dans la situation de la salle n° 1. Ainsi la dose susceptible d’être reçue à un mètre en une heure est d’environ 7 μSv. Le local sera
classé en zone surveillée avec une zone contrôlée verte de 1 m autour du patient.

 Couloir
Les mesures dans le couloir, y compris en regard de la salle d’attente chaude, montrent un niveau d’exposition inférieur à 7,5 μSv en une
heure. Ainsi, le couloir est classé en zone surveillée.

Classification des travailleurs affectés à la médecine nucléaire


Compte tenu des différentes tâches (préparation de radiopharmaceutiques, injections, réalisation de l’examen…) et des différences d’or-
ganisation d’un service à l’autre, il est difficile de proposer un exemple de classification. Il est recommandé de se reporter au classement
proposé dans cette même fiche (cf. page 655), en portant une attention particulière à l’exposition des extrémités lors des préparations
et des injections.

Médecine nucléaire 663


Attente
secteur
froid
froid

Secrétariat

Interprétation

Attente
malades couchés

ENTRÉE

Bureau
Bureau
chef de service
ser vice

Vestiaire
Vestiair
e e froid
froid Accueil
R DV
RDV

Injection  Zone contr


contrôlée
ôlée v
verte
erte
Bureau
Bureau
Ve
estiaire chaud
Vestiaire
 Zone contr
contrôlée
ôlée jaune

Monte-plat
p
Enceinte  Zone sur veillée b
surveillée leue
bleue
b
blindée
lindée

Radiopharmacie
Caméra
C é

Commande

SORTIE
SOR
RTIE
T
Hall

local
Tests
Te
ests d'efforts
d'efforts de livraison

Salle d'attente
Caméra-TDM

chaude
Commande

Bureau
Bureau
médical

Proposition de zonage d’un service de médecine nucléaire diagnostique sans unité TEP-TDM.

664 Médecine nucléaire

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