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Int. J. Biol. Chem. Sci. 12(2): 940-957, April 2018
ISSN 1997-342X (Online), ISSN 1991-8631 (Print)
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Cartographie des écosystèmes du Cameroun
Jean Michel ONANA
Université de Yaoundé I, Faculté des Sciences, Département de Biologie et Physiologie Végétales,
BP. 812 Yaoundé; Herbier National du Cameroun, B.P. 1601 Yaoundé, Cameroun.
E-mail :
[email protected]RÉSUMÉ
Dans le cadre des recherches sur la diversité biologique du Cameroun, il a été constaté que sur les
cartes présentées comme représentant les écosystèmes du Cameroun, tous les six écosystèmes ne sont pas
représentés, aussi la dénomination des unités écosystémiques n’est pas celle des écosystèmes. C’est pourquoi
l’objectif de ce travail était d’élaborer une carte des écosystèmes du Cameroun conforme à la nomenclature de
la Convention sur la Diversité Biologique. Le matériel est constitué de cartes thématiques des caractères
biophysiques du milieu. La méthode est d’utiliser des documents déjà publiés. L’analyse de la nomenclature
des écosystèmes a permis d’identifier les six écosystèmes du Cameroun. Puis les couches des cartes
thématiques ont été superposées pour cartographier les écosystèmes. C’est la carte phytogéographique qui est
le modèle et la base de la délimitation des écosystèmes. Le résultat est la carte des six principaux écosystèmes:
l’écosystème d’eau douce qui comprend les lacs naturels et artificiels, les milieux humides, les cours d’eau
répartis dans tout le territoire ; l’écosystème semi-aride réparti sur la plaine du Diamaré et une partie de la
cuvette de la Bénoué ; l’écosystème de savane tropicale boisée sur la cuvette de la Bénoué, la plaine du nord, le
plateau de l’Adamaoua, les hautes terres de l’Ouest et le nord du plateau méridional ; l’écosystème de
montagne qui est un archipel réparti sur les montagnes au-dessus de 1200 m au nord et 1500 m au sud réparti
sur la ligne volcanique du Cameroun ; l’écosystème de forêt tropicale dense humide qui occupe la plaine
littorale et le plateau méridional ; et enfin l’écosystème marin et côtier localisé sur la côte et le plateau
continental. La superficie approximative occupée par chaque écosystème a été calculée. En conclusion cette
carte répond à une lacune par la documentation de la diversité biologique du Cameroun dans le volet de la
connaissance des écosystèmes. C’est un outil pour la planification, la gestion durable des ressources
biologiques, l’exercice de la souveraineté sur la biodiversité, l’enseignement et la recherche sur les ressources
biologiques en tenant compte de tous les milieux naturels.
© 2018 International Formulae Group. All rights reserved.
Mots clés: Cameroun, caractères, carte, écosystème, nomenclature, biodiversité.
Mapping the ecosystems of Cameroon
ABSTRACT
In the framework of the research on the biodiversity of Cameroon, it was found that on maps presenting
the ecosystems of Cameroon, not all the six main ecosystems are represented, and the denomination of the
ecosystem units is not that of ecosystems. The purpose of the present study was to develop a map of the
ecosystems of Cameroon to accommodate these ecosystems to the nomenclature of the Convention on
Biological Diversity. The material used consists of already published thematic maps of the biophysical
characters of the environment. The analysis of the nomenclature of ecosystem typology made it possible to
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DOI: https://dx.doi.org/10.4314/ijbcs.v12i2.25
J. M. ONANA / Int. J. Biol. Chem. Sci. 12(2): 940-957, 2018
identify the six ecosystems in Cameroon. Then the layers of the thematic maps were superimposed to map
ecosystems. The phytogeographic map is the model and the basis of the delimitation of the ecosystems. The
result is a map of the six main ecosystems in Cameroon: the freshwater ecosystems distributed throughout the
territory, including natural and artificial lakes, wetlands, and water courses; the semi-arid ecosystem spread
over the Diamaré plain and part of the Benoué basin; the wooded tropical savanna ecosystem on the Benoué
basin, the northern plain, the Adamawa plateau, and the western and the northern sections of the Cameroon
highlands; the montane ecosystem which is like an archipelago spread over the mountains above 1200 m in the
north and 1500 m in the south, distributed across the volcanic line of Cameroon; the dense humid tropical
forest ecosystem that occupies the coastal plain and the southern plateau; and finally the marine and coastal
ecosystem located along the coast and the continental shelf. The approximate area of occupation of each
ecosystem has been calculated. In conclusion, this map responds to a gap in the documentation of biological
diversity in the ecosystem classification, by taking into account all the natural environments. It is a tool for
planning, sustainable management of biological resources, exercise of sovereignty over biodiversity, teaching,
and research on biological resources.
© 2018 International Formulae Group. All rights reserved.
Keywords: Cameroon, characters, map, ecosystem, nomenclature, biodiversity.
INTRODUCTION écosystème, le terme "écosystème" renvoie à
Le Cameroun est situé en Afrique toute unité fonctionnelle, à quelque échelle
ouest-centrale entre les parallèles de latitude que ce soit. La notion d’écosystème repose
01º40’ et 13º 04’N et les méridiens de alors sur la relation qui existe entre un biotope
longitude 08º40’ et 16º 10’E; de forme (caractéristiques physico-chimiques d’un
générale triangulaire, il s’étend sur environ milieu) et les communautés vivantes qui le
800 km à la base et 1500 km sur la plus fréquentent (biocénoses).
grande longueur et l’altitude atteint 4070 m de On retrouve au Cameroun six
hauteur, pour une superficie d’environ écosystèmes (Republic of Cameroon, 2009 ;
475.442 km2. Le territoire est connu pour la République du Cameroun, 2012, 2014): zone
variété et la richesse de sa diversité floristique semi-aride, savane tropicale boisée, montagne,
(Onana, 2010, 2015). Afin d’atteindre les forêt tropicale dense humide, marin et côtier,
objectifs du développement durable, le et d’eau douce. Des cartes des écosystèmes
Gouvernement de la République a ratifié la ont été présentées dans les rapports
Convention sur la Diversité Biologique (CDB) quinquennaux de mise en œuvre de la
en 1994 et met en œuvre les engagements de convention (Republic of Cameroon, 2009 ;
la convention (Republic of Cameroon, 2009, République du Cameroun, 2012).
2012 ; République du Cameroun, 2014). Pour Malheureusement, sur les deux cartes, tous les
cela, la stratégie utilisée par la CDB pour six écosystèmes ne sont pas représentés.
tenter de freiner la perte de biodiversité est de C’est le cas des écosystèmes d’eau douce, de
promouvoir une "approche par écosystème". Il montagne, et marins et côtiers. Enfin, dans
s'agit d'une stratégie qui soutient une gestion République du Cameroun (2012), c’est la
intégrée des ressources du sol, de l'eau et des carte des zones agro-écologiques et
ressources vivantes, afin d'encourager la administrative des structures de l’Institut de
conservation et l'utilisation durable réalisées Recherche Agricole pour le Développement
d'une manière équitable (Secrétariat de la (IRAD) qui tient compte des activités
Convention sur la Diversité Biologique, agricoles suivant les caractéristiques du climat
2004 ; CDB, 2012a, 2012b). et secondairement du relief sur la ligne
L’écosystème selon la CDB (1992) est volcanique du Cameroun ; aussi l’écosystème
" le complexe dynamique formé de de forêt est divisé par la considération du
communautés de plantes, d'animaux et de rythme des saisons, selon que l’on a deux
micro-organismes et de leur environnement saisons (pluviométrie monomodale du climat
non vivant qui par leur interaction, forment camerounien) ou quatre saisons (pluviométrie
une unité fonctionnelle". Selon l’approche par bimodale du climat équatorial), qui
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correspondent plutôt aux phytochories des 1/500.000e (Letouzey, 1985) accompagnée de
forêts tropicales denses humides toujours cinq notices qui décrivent les principaux
vertes atlantiques d’une part et de forêt dense groupements végétaux avec leurs paysage et
humide semi-décidue d’autre part. A flore caractéristique, discute du dynamisme
l’évidence donc, ces cartes ne peuvent être de cette végétation tant sur les plans
considérées comme représentant la paléobotaniques qu’actuels en tenant compte
distribution spatiale des écosystèmes du des influences des activités anthropiques. Elle
Cameroun. est accompagnée de cartes spécifiques portant
C’est pourquoi, dans le cadre des sur le relief, la topographie, l’hydrographie,
recherches sur la diversité biologique du les sols, le climat. Letouzey (1968,1985)
Cameroun, il a semblé nécessaire d’élaborer constituent donc une base scientifique robuste
une carte des écosystèmes conforme à la et un modèle appropriés pour l’objectif de ce
nomenclature de la CDB. La base de ce travail qui est de proposer une carte des
travail est la carte des groupements végétaux écosystèmes du Cameroun conforme à la
du Cameroun, la végétation et la flore étant les nomenclature de la CDB. Cette carte servira
meilleurs indicateurs de l’influence des d’outil de planification et de décision pour la
facteurs biophysiques du milieu, y compris la gestion durable des ressources biologiques, de
faune qui est distribuée selon les types de matériel dicdactique pour la biologie de la
végétation aussi bien dans le passé conservation en ce qui concerne les
qu’actuellement (Amiet 1987, 2012 ; Vivien écosystèmes et enfin de recherche pour les
2012 ; Vivien et Depierre, 2012) et des sciences environnementales.
activités anthropiques (Lézine et al., 2013 ;
Neumann et al., 2012) . C’est, en effet, à MATÉRIEL ET MÉTHODES
travers des études paléobotaniques qu’ont été Matériel
établies les tendances des Deux cartes ont été utilisées pour
paléoenvironnements ou écosystèmes du établir la carte des écosystèmes du
passé (Achoundong, 1994 ; Lézine, 2008 ; Cameroun : 1) la carte phytogéographique du
Maley, 1987, 2001). Ce travail est justifié du Cameroun (Letouzey, 1985) dont les huit
fait que l’écosystème est l’unité fonctionnelle feuillets originaux ont été scannés et
pour la gestion durable de la diversité assemblées, et la carte du relief et
biologique dans le cadre de la CDB dont le hydrographie (Tchawa, 2006). La
Cameroun est Partie. Aussi l’approche par superposition des deux cartes met ensemble
écosystème a été proposée comme une les données physiques et les phytochories du
stratégie de gestion intégrée des terres, des Cameroun.
eaux et des ressources biologiques pour
favoriser la conservation et l'utilisation Méthodes
durable de ces ressources d'une manière La méthode est d’utiliser les données
équitable. déjà publiées (Witté et Touroult, 2014 ; David
L’étude phytogéographique du et al., 2001). Puis l’analyse de la
Cameroun (Letouzey, 1968) présente le nomenclature de la CDB, la délimitation des
milieu camerounais avec les caractéristiques écosystèmes et le calcul des superficies
orohydrographique, géologique et permettront de cartographier les écosystèmes.
pédologique, climatologique, biodynamiques Référentiels bibliographiques
comportant les facteurs anthropiques d’une Les caractères écologiques ayant servi
part ; et d’autre part la végétation avec de critères pour la nomenclature, présentés
documents floristiques et vue d’ensemble dans les documents ci-dessous, ont été
phytogéographique. Il apparaît déjà dans ce exploités pour délimiter les écosystèmes du
travail la prise en compte de toutes les Cameroun :
composantes aussi bien physiques que 1) pour les caractères physiques:
biologiques d’un écosystème. C’est ce travail a) les climats : Morin (1979a, 1979b),
préalable qui a servi à l’élaboration de la carte Tsalefack (2006);
phytogéographique du Cameroun à l’échelle
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b) le relief: Ben Yamed et al. (2006) ; le Dja et la Boumba. Il faut noter le système
Ngako (2006) ; Tchawa (2006); intérieur de la vallée du Logone qui coule vers
c) l’hydrographie : Morin (1979) ; le Lac Tchad.
2) pour les caractères biologiques, la Les phytochories sont les forêts
végétation actuelle: Achoundong (2006) ; marécageuses, rupicoles ou périodiquement
Bikié et al. (2000) ; Guillaumet et al. (2009) ; inondées, et les prairies marécageuses ;
World Ressources Institute, USAID-CARPE 2) l’écosystème semi-aride: la non
(2008); Letouzey (1968, 1985) ; White disponibilité de l’eau du sol est caractérisée
(1979). par le degré d’aridité qui est le caractère
Analyse de la nomenclature des écosystèmes principal de cet écosystème. L’aridité est un
Les écosystèmes du Cameroun sont phénomène climatique impliquant
cartographiés par l’analyse de la une pluviométrie faible. On retrouve trois
nomenclature des écosystèmes selon la degrés communs à quasiment tous les indices
Conventions sur la Diverstié Biologique d’aridité selon les auteurs. Conformément à
(CDB). Il est admis que le territoire du cet indice, la zone semi-aride a un indice
Cameroun abrite six écosystèmes (Republic of d’aridité compris entre 0,20 et 0,50.
Cameroon, 2009 ; République du Cameroun, Le climat semi-aride est ainsi défini comme la
2014). Les caractéristiques de la nomenclature zone dans laquelle les précipitations sont,
sont présentées ainsi qu’il suit du nord vers le certaines années, insuffisantes pour y
sud, et de l’ouest vers l’est : maintenir les cultures et où l'évaporation
1) l’écosystème d’eau douce : le réseau excède souvent les précipitations. Il s'agit
hydrographique des eaux intérieures est le donc d'une zone subdésertique située entre le
critère de l’écosystème d’eau douce. Les sahel (au-dessus de la latitude 13° N et la zone
rivières et lacs forment un réseau soudanienne), caractérisée par une saison
hydrographique continental généralement sèche s'étendant sur la plus grande partie de
réparti en bassins versants. Le bassin versant l'année et une saison « humide », avec de
considéré comme un " système " est une faibles précipitations (pluviométrie comprise
surface élémentaire hydrologiquement close, entre 200 et 400 mm/an).
c'est-à-dire qu'aucun écoulement n'y pénètre Au Cameroun, la zone semi-aride
de l'extérieur et que tous les excédents de couvre la partie du territoire soumise au
précipitations s'évaporent ou s'écoulent par domaine des climats tropicaux, climat
une seule section à l'exutoire. tropical soudano-sahélien (Tsalefack, 2006)
Le réseau des cours d’eau est au nord entre 10º– 13º N avec de décembre à
étroitement lié au relief. En effet, les rivières avril, 7 mois et plus secs, peu de pluies
naissent dans les terres en hauteur (altitude pendant 3 mois en juillet–août –septembre
moyenne entre 700 et 1200 m) et coulent quand la mousson atteint cette région
dans les vallées ou parties basses des terres (pluviométrie annuelle de 810 mm à Maroua)
émergées. Ainsi les grands cours d’eau du et 1 mois moins humide en septembre–octobre
Cameroun prennent, pour la plupart, naissance pendant la période de non influence de la
dans les massifs de ligne volcanique du mousson. Les températures sont élevées
Cameroun dont les Monts Mandara pour le (Kousseri 35 ºC) à cause de la forte insolation
Mayo Louti, le Mayo Tsanaga ou le Mayo due à l’absence ou une faible présence de
Zouvou qui rejoignent plus bas le Mayo Kebi nuages pendant la majeure partie de l’année.
un affluent nord de la Bénoué ; le plateau de 3) l’écosystème de savane tropicale boisée: la
l’Adamaoua pour la Sanaga, le Faro, la végétation de savane tropicale est le principal
Bénoué ou le Mayo Rey ; les hautes terres de caractère écologique de cet écosystème.
l’Ouest pour le Noun, le Mbam ; ou les Le terme savane a été utilisé pour la
montagne du sud-ouest avec le Mungo ou le première fois en Amérique du sud pour
Wouri qui coulent vers l’Océan Atlantique ; désigner les plaines septentrionales et des
et le plateau central pour le Nyong, ou des Antilles couvertes d'herbes plus ou moins
affluents du Ntem qui coulent vers l’Océan xérophiles et de buissons avec quelques arbres
atlantique à l’ouest et le Congo vers l’Est pour ou arbustes (Adjanohoun 1964). L’appellation
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a, par la suite, été étendue à la végétation plissements qui ont provoqués des
d'Afrique tropicale qui comporte de bombements du socle cristallin) des monts de
nombreuses similitudes avec celle de moyenne hauteur, comme le massif de
l'Amérique centrale. Selon Aubréville (1957) Ngovayang ou des collines autour d’Ebolowa
et Descoings (1973, 1978) le terme savane pour le complexe du Ntem, des Mamelles vers
est définie comme une formation végétale Kribi pour la série du Nyong, des inselbergs
propre aux régions chaudes à longue saison pour la série d’Ayna, des massifs autour de
sèche et dominée par les plantes herbacées de Yaoundé tels que Eloumden, Kala et
la famille botanique des Poaceae (ou Mbamimkom, de Matomb au centre ; et à l’est
Graminae), plus ou moins parsemée d'arbres les Monts Guimbiri près d’Abong Mbang
ou d'arbustes. C’est donc une formation pour le groupe de Yaoundé.
herbeuse par définition, la présence de Puis s’est produit le cycle orogénique
l’élément ligneux est signalée par le Panafricain qui a d’une part provoqué la
qualificatif "boisée". Savane boisé est donc formation des failles structurantes de
une formation herbacée avec la présence de direction SW–NE, avec l’effondrement du
ligneux qui peuvent être de petits arbres, des socle; et d’autre part le volcanisme avec
arbustes, ou des arbrisseaux rabougris en une l’infiltration et l’émergence en surface du
seule strate (savane arbustive) ; ou alors de magma qui est remonté par les fractures et a
petits arbres disséminés avec la présence bâti les hautes terres (altitude jusqu’à 4000 m
d’arbustes, donc deux strates (savane arborée). de hauteur) formant la ligne volcanique du
Le terme « tropical » renvoie aux climats Cameroun ou dorsale camerounaise. Les
tropicaux (Tsaléfac 2006). L’écosystème de montagnes sont réparties ainsi qu’il suit :
savane tropicale boisée au Cameroun englobe - à l’extrême nord les Monts Mandara (900 m
alors sur le plan géographique tout le territoire d’altitude) avec des pics au nord de Mokolo
du domaine des climats tropicaux et la partie (1442 m) et au sud de Mogode (1224 m) qui
nord du domaine des climats subéquatoriaux sont sur le prolongent septentrional de la ligne
et équatoriaux. Les phytochories rencontrées volcanique du Cameroun. Ces collines bien
sont les savanes arbustives soudano- que n’atteignant que l’étage submontagnard
sahéliennes (climat tropical soudanien de font bien partie de cet écosystème à cause de
cuvette), arbustives et arborées médio- leur flore où on trouve des espèces végétales
soudaniennes, voire des forêts claires (à ne véritablement montagnardes dont certaines
pas confondre avec les forêts sèches qu’on apparentées à celles des hautes montagnes de
rencontre en Australie) soudano-guinéennes l’Afrique orientale et d’Abyssinie en
(climat tropical humide d’altitude) ; les particulier, sans qu’elles existent sur les autres
savanes péri-forestières ou arbustives guinéo- montagnes camerounaises plus au sud
soudaniennes (climat subéquatorial) ; (Letouzey, 1985) ;
4) l’écosystème de montagne : le relief est le - au nord les Monts Alantika (1885 m) dont le
principal caractère physique du milieu de cet sommet se trouve au Nigeria voisin et les
écosystème. Une montagne est une élévation Monts de Poli avec l’Hosséré Vokré (2049
importante et naturelle du sol caractérisée par m) ;
une forte dénivellation entre sommets et fonds - sur le plateau de l’Adamaoua, les sommets
de vallées. Le relief est le résultat des granitoïdes ou volcaniques ici sont des
mouvements tectoniques qui se déroulent au "Hosséré", ou des massifs surrélévés appelés
cours de l’histoire d’un continent. Ainsi "Tchabal" avec les plus hauts sommets à
l’histoire géologique du Cameroun est faite l’Ouest dont Tchabal Ouadé (2418 m),
des grands mouvements tectoniques du socle Tchabal Mbabo (2460 m), Tchabal
africain qui se sont déroulés durant les Ngangdaba (1960 m) et Tchabal Ngangha
dernières quatre milliards d’années (Ben (1923 m) ; et vers l’Est des pointements dont
Yamed, 2006; Ngako, 2006). les Monts Wal ou la Montagne de la Ngaï
D’après ces auteurs, il y a eu formation éparpillés çà et là ;
durant deux premiers cycles orogéniques non - à l’ouest les hautes terres de l’Ouest
volcaniques (étant essentiellement dus à des constitués d’une succession de massifs
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montagneux d’altitude 1500 à 3000 m dont le arbres atteignant une hauteur supérieure à cinq
Montt Oku (3008 m), les Monts Bamboutos mètres et un couvert arboré de plus de 10%,
(2740 m), les Monts Manengouba (2396 m), ou avec des arbres capables d’atteindre ces
le Mont Koupé 2050 m ou les Monts Rumpi seuils in situ. C’est cette dernière définition
(1764 m) ; qui est la plus utilisée par les administrations
- au sud-ouest, sur la plaine littorale dont le et autres institutions. L'arbre est défini ici
relief plat est brusquement surélevé au centre comme une plante pérenne avec une seule tige
par la dorsale camerounaise qui forme sur la (ou plusieurs si elle est recépée) atteignant au
côte le massif isolé du Mont Cameroun qui moins cinq mètres à maturité. Cette définition
culmine à 4070 m. exclut les terres dont la vocation
L’écosystème de montagne est donc un prédominante est agricole ou urbaine. Quant à
archipel de massifs montagneux d’au moins la superficie 0,5 ha, elle semble liée au
800-1200 m au nord à 1800–2000 m concept écologique de l’aire minimale en zone
d’altitude au sud et comporte les étages forestière qui est "une surface suffisamment
submontagnards et montagnards où la grande pour contenir la quasi-totalité des
végétation est constituée de forêts qui espèces présentes sur l'individu d'association"
poussent à des altitudes comprises entre 1.000 (Guinochet, 1973). En effet, Letouzey (1968)
et 3000 m ; et l’étage subalpin (3000-4000 m indique qu’en forêt tropicale dense humide au
d’altitude) qui est couvert de prairies Cameroun, une aire de 0,5 ha est suffisante
subalpines, de mousses et lichens sur les pour contenir l’aire minimale quel que soit le
rochers; type de forêt. Des définitions plus spécifiques
5) l’écosystème de forêt tropicale dense ont été énoncées par d’autres institutions dont
humide : La forêt dense humide est le les deux exemples suivants :
principal caractère écologique de cet - le Programme des Nations unies pour
écosystème. La végétation est entendue l'environnement (PNUE) utilise 40% de
comme l’ensemble des groupements végétaux couverture comme le seuil pour les « forêts
d’une aire géographique. Elle est caractérisée fermées » et 10 à 40% de couverture pour
par sa physionomie et sa structure. Ces les « forêts ouvertes » (Food and Agriculture
caractéristiques sont étroitement liées aux Organization of the United Nations, 1998),
caractères physiques du milieu dont le climat - le projet Tropical Ecosystem Environment
en est le principal. A l’observation, il apparaît Observations by Satellite (TREES), fondé
d’ailleurs une correspondance forte entre les en 1991 par la Commission Européenne,
limites des types de climat (Tsalefack, 2006) classifie les surfaces avec plus de 70% de
et celles des types de végétation couverture de canopée comme étant
(Achoundong, 2006; Letouzey, 1985). des « forêts denses » et celles avec 40-70% de
Il existe beaucoup de définitions du couverture comme des « forêts fragmentées »
terme forêt (Arnould, 2001). Aussi le mot (Tchatchou et al., 2015).
"forêt" s’applique à des formations Du point de vue de l'écologie, la forêt
excessivement variées de toutes les zones est un écosystème complexe et riche, offrant
climatiques (Aubréville, 1965) en tenant des habitats à de nombreuses espèces et
compte du contexte biogéographique. Par populations animales, végétales, fongiques et
exemple au Sahel, un boisement est considéré microbiennes entretenant entre elles, pour la
comme forêt à partir d'un taux de plupart, des relations d'interdépendance.
recouvrement de 10%, alors qu'en Europe , Selon Aubréville (1965), la définition
on ne parle de forêt qu'à partir d'un taux de des formations végétales, leur classification et
recouvrement de 20% et d'une surface de plus leur nomenclature peuvent être considérées
d'un demi-hectare. Selon l’Organisation des d’après quatre ordres de considération :
Nations Unies pour l’Agriculture et physionomiques, écologiques, floristiques et
l’Alimentation (Food and Agriculture évolutives (ou syngénétiques c’est-à-dire liés
Organization of the United Nations, 1998), la au dynamisme du groupement végétal bien
forêt est définie comme des terres occupant souvent dû aux activités anthropiques).
une superficie de plus de 0,5 ha avec des
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La désignation "forêt tropicale dense Sous les eaux marines, le plateau
humide" se réfère à la forêt comme type de continental constitue la partie immergée du
végétation dominante ; le climat est de type littoral. Il comprend la partie située sous la
tropical avec alternance d’une ou de deux mer intérieure (12 miles) et la zone contiguë
saisons de pluies et d’une ou de deux saisons (12 miles) ou jusqu'à 200 milles
sèches respectivement ; le couvert végétal marins des lignes de base, lorsque ce rebord
fermé qui implique la densité élevée d’arbres externe se trouve à une distance inférieure. Sa
et l’humidité est due à une pluviométrie limite coïncide alors avec celle de l'extension
élevée au moins égale à 1500 mm par an. maximale de la zone économique
Dans cette nomenclature, il n’est pas tenu exclusive (ZEE). Comme la ZEE, sa limite
compte de la considération évolutive (forêt peut, toutefois, se situer à moins de 200 milles
primaire, mature, secondaire, fragmentée, dans le cas où les côtes de deux États sont
dégradée ou en cours de reconstitution) ; adjacentes ou se font face (cas entre le
6) l’écosystème marin et côtier: le caractère Cameroun et la Guinée Equatoriale, île
écologique de l’écosystème marin et côtier est Bioko). Le Cameroun est ouvert à l’Océan
l’hydrographie dans sa composante de l’eau Atlantique au fond du Golfe de Guinée sur
salée de la mer et l’eau saumâtre des une longueur de 420 km, le relief du rivage et
mangroves. de la côte est une plaine d’altitude 0 à 300 m
La mer est l’ensemble des eaux en arc de cercle autour du golfe de Guinée sur
océaniques, communiquant entre elles et ayant une largeur d’environ 100 à 200 km. Mais la
le même niveau de base. C’est aussi une côte concerne une bande environ 50 km sur
division de l'océan mondial définie du point sol jaune hydromorphe.
de vue hydrographique (limites continentales La végétation de l’écosystème marin et
ou insulaires) et hydrologique (température, côtier est constituée de phytoplancton dans
salinité, courants) (Dictionnaire de français l’eau, d’algues marines, de mangroves sur la
Larousse). Le terme générique "mer" peut côte et forêts sur cordons littoraux du rivage.
aussi désigner une grande étendue d’eau Délimitation des écosystèmes
salée différente des océans, l'ensemble des La délimitation d’unités
espaces d'eau salée en communication libre et écosystémiques tient d’abord compte des
naturelle sur toute l'étendue du globe ou phytochories ou unités de végétation au
encore une grande étendue sombre à la surface niveau des secteurs phytogéographiques
de la Lune. Le terme "mer" est aussi utilisé (Letouzey, 1985). C’est pourquoi il a été
pour désigner certains grands lacs, en nécessaire d’établir une carte de végétation
particulier lorsqu’ils n’ont pas de cours « simplifiée » qui ne tienne compte que des
d'eau dans lesquels ils se déversent secteurs phytogéographiques. Cette
(Wikipedia, 2017). délimitation se réfère à celles des royaumes
Le littoral est la zone sinueuse où biogéographiques (biogeographical-realms), et
s’établit le contact entre la mer ou un lac et la des biomes qui sont basées sur les divisions
terre ferme. C’est une bande de terre floristiques (David et al., 2001) bien que les
constituant la zone comprise entre une critères tiennent compte de toutes les
étendue maritime et la terre ferme, le composantes de la diversité biologique
continent, ou l'arrière-pays. Selon (Morrone, 2015).
les échelles retenues, le littoral peut s'étendre Calcul des superficies occupées par les
de quelques centaines de mètres à écosystèmes. La carte des écosystèmes a été
plusieurs kilomètres de part et d'autre de la quadrillée par unités d’un degré carré. C’est
limite terre-eau ou au sens strict, correspondre une méthode pour quantifier la biodiversité
à l'estran qui est la zone de balancement des par unité de surface (Chirio et LeBreton,
vagues ou la côte. Il est typiquement constitué 2007 ; Onana, 2011). Au niveau de l’équateur,
de l'étage infralittoral ou plateau continental la distance entre deux parallèles d’un degré de
qui est la partie marine, et l'étage supra-littoral longitude est estimée à environ 111 km,
qui est la terre ferme ou rivage. souvent on ramène à environ 100 km ; tandis
que pour la latitude la distance entre deux
946
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méridiens est de 11 km. Afin de rendre plus Écosystème de savane tropicale boisée
facile une évaluation des distances et donc du Il couvre une partie de la cuvette de la
calcul d’une superficie d’une aire donnée, on Bénoué, la plaine du Nord, le plateau de
utilise une représentation plane ou projection l’Adamaoua et les hautes terres de l’Ouest. Il
de la terre (IGN, 2008). Dans notre cas, nous est réparti sur les cartes IGN 1/200.000 e qui
considérons les cartes planes IGN au forme le polygone Mokolo-Mamfe-Bafia-
1/200.000e du Cameroun dont le côté Batouri-Mokolo sur une superficie d’environ
correspond à une distance de 111 km entre 166.000.km2.
deux parallèles, soit une aire d’environ
12.321 km2 par degré carré. Etant donné que Ecosystème de montagne
certaines unités sont des limites d’au moins Il est réparti sur un archipel sur les
deux écosystèmes, et d’autres se trouvent à montagnes d’au moins 1500-1800 m
cheval sur un pays voisin du Cameroun d’altitude sur la ligne volcanique ou dorsale
(Figure 3), un pourcentage d’occupation de du Cameroun. Les cartes IGN 1/200.000e sont
chaque écosystème a été appliqué afin d’en celles de Mokolo, Tignère, Baléké-Mbéré,
évaluer la superficie correspondante. Akwaya, Nkambe, Mamfe, Bafoussam, Buea-
Douala. C’est le plus petit des écosystèmes
RÉSULTATS car iI couvre une superficie totale d’environ
La carte de la végétation a été élaborée 15.400 km2.
(Figure 1). Puis la superposition de la carte
hydrographique et des couches des cartes du Ecosystème de forêt tropicale dense humide
relief sur celle de la végétation a permis Cet écosystème couvre l’ensemble du
d’établir la délimitation spatiale et la plateau méridional à l’exception du rebord sud
superficie approximative des écosystèmes du du plateau de l’Adamaoua (occupé par des
nord au sud et de l’ouest à l’est (Tableaux 1, savanes péri-forestières) jusqu’à la frontière
2 ; Figures 2, 3). sud du territoire sur toute la largeur
(Guillaumet et al., 2009). C’est le plus grand
Écosystème d’eau douce écosystème car il couvre près de la moitié du
Il couvre la partie camerounaise du Lac territoire en superficie (47%). Il est réparti sur
Tchad, la vallée inondable du Logone, les les cartes IGN 1/200.000e du polygone
rivières, fleuves et zones inondables induites, Nkambe-Buea-Douala-Kribi-Moloundou-
lacs, marécages permanents ou périodiques. Batouri-Bertoua-Deng Deng-Linte-
Les cartes IGN au 1/200.000e sont celles de Ndikinimeki-Mamfe-Nkambe. La superficie
l’ensemble du territoire parfois sur moins de est estimée à environ 226.000 km2.
1%, si bien que la superficie totale occupée Cependant, c’est dans cet écosystème que se
est difficile à estimer. Cependant, il a été trouvent les plus grandes agglomérations, les
estimé à un peu plus de 7800 km2 la plus grandes exploitations des ressources
superficie occupée par les lacs naturels ou naturelles, si bien que l’écosystème est
artificiels, les marécages et zones inondables. fragmenté et la superficie actuelle des forêts
est plus réduite.
Écosystème semi-aride
Il couvre les abords du Lac Tchad, la Ecosystème marin et côtier
plaine du Diamaré et en partie la cuvette de la Il est localisé sur la partie
Bénoué. Les cartes IGN 1/200.000e sont celles camerounaise du golfe de Guinée sur les
de Makary, Mora, Mokolo, Maroua, Garoua cartes IGN 1/200.000e de Buea-Douala et
(et Léré), Yagoua (Bongor) sur une superficie Kribi. Il couvre une superficie d’environ
d’environ 25.000 km2. 18.000 km2 dont 2.494 km2 de mangrove
(Beentje et Bandeira, 2007).
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Figure 1: Carte de la végétation du Cameroun.
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Tableau 1: Répartitions spatiale et administrative des écosystèmes du Cameroun.
Ecosystème Répartition spatiale Répartition
administrative
(Régions)
Eau douce rivières, fleuves, lacs, zones continentales Toutes les Régions
humides (marécages, zones inondables)
Semi-aride plaine du Diamaré , cuvette de la Bénoué Extrême-Nord, Nord
Savane cuvette de la Bénoué, plateau de l’Adamaoua, Grass Nord, Adamaoua, Nord-
tropicale et plateau Bamiléké (moins de 800 -1200 m Ouest, Ouest, Centre, Est
boisée d’altitude) ; nord et nord-est du plateau sud-
camerounais
Montagne Dorsale camerounaise ou Ligne volcanique du Extrême nord, Nord,
Cameroun (altitude supérieure à 1200m à l’extrême Adamaoua, Nord-Ouest,
nord) : Monts Mandara ; (altitude supérieure à Ouest, Sud-Ouest, Littoral
1800-2000 m ailleurs) : Monts de Poli (Hosséré
Vokré), Tchabal Ouadé, Tchabal Mbabo , Tchabal
Ngangdaba, Tchabal Ngangha, Monts Bamboutos,
Monts du Mbam ; Monts Oku ; Monts de Bamenda;
Monts des Bakossi, Monts Rumpi, Monts
Manengouba, Mont Koupé, Mont Nlonako, Mont
Cameroun.
Marin et Plateau continental du golfe de guinée ; mangrove Sud-Ouest, Littoral, Sud
côtier
Forêt Plaine littorale, plateau sud-camerounais, plaine de Sud-Ouest, Littoral, Centre,
tropicale l’est Sud, Est
dense humide
Tableau 2: Superficies des écosystèmes et taux d’occupation par rapport à la superficie totale du
territoire. Les superficies des écosystèmes ont été arrondies par excès à la centaine supérieure. La
superficie du territoire a été arrondie à 476.000 km2 en prenant en compte le plateau continental.
Ecosystème Superficie approximative Pourcentage par
2
(km ) rapport à la superficie
totale approximative du
territoire (%)
Eau douce 7.800 1,64
Semi-aride 25.000 5,25
Savane tropicale boisée 166.000 34,87
Montagne 15.500 3,26
Forêt tropicale dense humide 226.000 47,48
Marin et côtier 18.000 3,78
Total 458.300 96,28
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Figure 2: Carte des écosystèmes du Cameroun.
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Figure 3: Aperçu de l’occupation des écosystèmes par région administrative et par unités
géographiques d’un degré carré. Les régions administratives : A = Adamaoua, C = Centre, E =
Est, EN = Extrême-Nord, L = Littoral, N = Nord, NO = Nord-Ouest, O = Ouest, S = Sud, SO =
Sud-Ouest ; pour les gazzetiers des cartes IGN. 1/200.000’ (Annexe en Afrique de l’I.G.N. 1964,
voir couverture des pochettes des cartes ; Onana 2013, p. 35).
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DISCUSSION comme des forêts. Les superficies des autres
La délimitation des écosystèmes reste écosystèmes ont été estimées pour la première
approximative à cause principalement de fois dans ce travail.
l’interpénétration des groupements végétaux Comme on peut le voir sur les cartes de
(forêts mixtes, savanes péri-forestières ou la végétation (Cameroon Ministry of Forestry
contacts forêt-savane) et le caractère continue and Fauna, World Resources Institute, 2007 ;
de la variation des caractères écologiques dont Letouzey, 1985), les écosystèmes de forêt
principalement le climat. Aussi la présence de tropicale dense humide, de savane tropicale
savanes relictuelles incluses dans boisée et semi-aride sont fortement dégradés,
l’écosystème de forêt (cas des savanes si bien que les formations naturelles laissent la
d’Akonolinga et d’Ayos ou au pied du mont place aux mosaïques forêt-cultures, savane-
Cameroun sur la pente nord selon Letouzey cultures ou formations herbeuses-cultures. De
(1985) pose le problème des écosystèmes en même avec l’urbanisation, ces écosystèmes
bloc homogène ; de même les avancées de la sont fragmentés et complètement modifiés par
forêt qui colonisent les savanes péri- l’installation d’agglomérations qui
forestières (cas à Batouri) induisent la constituent ainsi des écosystèmes urbains
différence dans l’étendue de la zone forestière, (Duvigneaud, 1970) inclus dans les
soit qu’on considère la couverture aérienne ou écosystèmes naturels.
les groupements phytogéographiques. Par ailleurs, à cause du changement
La superficie totale des écosystèmes climatique et des activités anthropiques, les
est estimée à 458.300 km2 soit un écart caractéristiques des écosystèmes sont
d’environ 17.700 km2 (environ 3,71%) par dynamiques (Tchouto, 2004 ; van
rapport à la superficie totale d’environ Germerden, 2003 ; Maley, 1987, 1990, 1994,
476.000 km2 en prenant en compte le plateau 2001 ; Mittermeier et al., 2004 ; Momo
continental. En dehors de la superficie 2009 ; Momo et al., 2012 ; Neumann et
couverte par le domaine forestier dont al., 2012). Par exemple, au nord Cameroun, à
l’estimation des superficies varie selon les cause du phénomène de la désertification, on
auteurs, soit entre 19.600 et 22.800 km2 pour pourrait passer de l’écosystème de zone semi-
la décennie 90 (Bikié et al. 2000), 21.200- aride à l’écosystème du désert du fait de
22.000 km2 (Gonmadje et al. 2012 ; Unité l’aggravation de l’aridité (Ntoupka, 1999). De
Technique du Projet d’Inventaire forestier même, les paysages forestiers de l’écosystème
national, FAO 2006) ou 285.000 km2 de forêt tropicale dense humide subissent de
(environ 60% du territoire national) d’après profondes modifications du fait des activités
l’Atlas Forestier Interactif du Cameroun humaines (Ngomanda et al., 2009), en
(Cameroon Ministry of Forestry and Fauna, particulier l’urbanisation et de ce fait les zones
World Resources Institute, 2007) qui est un urbanisées deviennes des hotspots de
système d’information mise à jour en continu biodiversité (Onana et Cheek, 2011). De ce
et combinant l’utilisation de la télédétection, fait, la connaissance de la distribution des
les Systèmes d’Information Géographiques écosystèmes sera un instrument pour la
(SIG) et les vérifications de terrain pour le gestion durable selon d’autres concepts tels
suivi et la gestion des forêts (Tessa, 2012). que Tropical Important Plant Areas
Ces chiffres qui correspondent à l’aire de (Darbyshire et al., 2017) ou Key Biodiversity
l’écosystème de forêt tropicale dense humide Areas (IUCN, 2016). Aussi les services
corroborent le chiffre d’environ 230.000 km2 écosystémiques seront mieux identifiés par
obtenu dans le cadre de ce travail. Cependant, écosystème et plus efficacement gérés, alors
la superficie obtenue à partir de la carte de la que jusqu’ici, les différents travaux et rapports
couverture forestière (Cameroon Ministry of ne portent que sur la forêt bien que la
Forestry and Fauna, World Resources définition adoptée incluait aussi les savanes
Institute, 2007) semble élevée, car les boisées (Gonmadje, 2012 ; Ministère de
mosaiques forêts-savanes sont considérées l’Environnement et des Forêts et al., 1995 ;
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Unité Technique du Projet d’Inventaire distribution des écosystèmes tels qu’éditée par
forestier national, FAO, 2006 ; République du la nomenclature de la CDB. C’est un outil
Cameroun, 2014). essentiel de l’exercice de la souveraineté sur
Plusieurs concepts tels que celui des la biodiversité, pour la planification des
royaumes ou domaines biogéographiques activités tant de développement que de
divisés en biomes puis en écorégions ont été recherche et de conservation de la diversité
proposés pour la gestion des ressources biologique à l’échelle nationale (Williams et
biologiques dans le monde en harmonie avec al., 1997 ; David et al., 2001 ; Republic of
les activités humaines afin de favoriser la Cameroon, 2012; Morrone, 2015).
conservation (David et al., 2001). Les
royaumes biogéographiques sont définis Conclusion
comme étant de grandes régions spatiales au Les six écosystèmes: eau douce, semi-
sein desquelles les écosystèmes partagent une aride, savane tropicale boisée, montagne, forêt
histoire biologique évolutive globalement tropicale dense humide, marin et côtier du
similaire. Huit royaumes biogéographiques Cameroun ont été cartographiés. La
terrestres sont typiquement reconnus, production de la carte a été réalisée suivant
correspondant approximativement aux les critères retenus dans la nomenclature des
continents. L’Afrique est dans le royaume écosystèmes de la CDB, en tenant
Afrotropique et on retrouve 10 écorégions au rigoureusement compte des caractères
Cameroun (WWF, 2017). Bien que des biophysiques. La carte des écosystèmes vise à
écosystèmes similaires (tels que les forêts combler une lacune dans le dispositif des
tropicales humides) partagent des processus outils de la gestion durable de la diversité
similaires et des types de végétation biologique au Cameroun. C’est aussi une
importants partout où ils sont trouvés, leur contribution à la mise en œuvre du premier
composition en espèces végétales varie engagement de la CBD relatif à l’amélioration
considérablement en fonction du domaine des connaissances pour la conservation de la
biogéographique dans lequel ils se trouvent. diversité biologique dans toutes ses
L'évaluation de la biodiversité au niveau des composantes et ainsi l’exercice de la
domaines biogéographiques est confrontée à souveraineté sur les ressources biologiques.
différents moteurs de changement, et il peut y Aussi les recherches et les enseignements en
avoir des différences dans les options biologie de la conservation ou sciences
d'atténuation ou de gestion des facteurs. C’est environnementales seront améliorés car il n’y
pourquoi il est plus rationnel que la gestion aura plus d’ambiguïté sur le concept
durable des ressources biologiques se fasse d’écosystème et la distribution des
par l’approche écosystème et tienne compte écosystèmes au Cameroun. Cependant, étant
des secteurs de gestion des ressources donné que la méthode de gestion des
(République du Cameroun, 2014 ; Secrétariat ressources biologique préconisée est
de la Convention sur la Diversité Biologique, l’approche par écosystème, la carte des
2004). L'approche par écosystème est fondée écosystèmes est d’abord un outil de
sur l'application de méthodologies planification stratégique au niveau national.
scientifiques adéquates concentrées sur des C’est pourquoi, dans le prochain article, les
paliers d'organisation biologique. C’est une caractéristiques des habitats dans les
excellente stratégie de gestion intégrée à une écosystèmes seront présentées afin de
échelle variable selon la nécessité : ce pourrait permettre une planification ou une
être, par exemple, un grain de terre arable, un exploitation à l’échelle régionale ou locale.
étang, une forêt ou une espèce emblématique
de la faune sauvage (Williams et al., 2000). La CONFLIT D’INTERETS
cartographie d’unités écosystémiques est ainsi L’auteur déclare n’avoir aucun conflit
une réponse à une lacune qui permet de d’intérêts.
visualiser sur la carte du Cameroun, la
953
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CONTRIBUTIONS DES AUTEURS édition. Institut Géographique National:
Cet article a été préparé par le seul Paris.
présent auteur. Arnould P. 2001. Qu’est-ce qu’une forêt. In
Forêts, Lorgnier A (ed). Collection
REMERCIEMENTS l’Aventure du Monde. Ed. Georges
Les remerciements de l’auteur vont à Neaf.: France; 23.
Monsieur Ngansop Eric, étudiant en Master de Aubréville A. 1965. Principe d’une
biologie végétale à la Faculté des Sciences de systématique des formations végétales
tropicales. Adansonia sér., 2(5): 153-
l’Université de Yaoundé I et cadre
196.
scientifique de recherche à l’Herbier national
Beentje H, Bandeira S. 2007. Field guide to
du Cameroun pour la mise en forme des
the mangrove trees of Africa and
cartes ; au Dr Marie Florence Ngo Ngwé, Madagascar. Kew Publishing. Royal
Chef de Station de l’Herbier National pour Botanic Gardens, Kew; 13.
l’utilisation du matériel technique ; à Ben Yamed D, Houstin N, Seignobos C (eds)
Monsieur Xander van der Burgt de Royal 2006. Le continent africain. Géologie. In
Botanic Gardens, Kew (R.U. de Grande Atlas du Cameroun, Collection Atlas de
Bretagne) et Monsieur Hervé Chevillotte de l’Afrique. Les Editions J.A Paris ; 12-
l’Institut de Recherche pour le 13.
Développement (France) pour leur assistance Bikié H, Collomb J-G, Djomo L,
au cours de la rédaction du manuscrit. Minnemeyer S, Ngoufo R , Nguiffo S.
2000. Aperçu de la Situation de
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