LA PRAGMATIQUE
Khelifa Chahramane
Hannani Imene
Le Plan
• 1 - Introduction : Aperçu historique sur la pragmatique
• 2 - Comment le point de vue pragmatique est-il apparu ?
• 3 - Définition de la pragmatique
• 4 - Évolution de la Pragmatique
• 5 - Concepts de la pragmatique
• 6 – Intérêts de la pragmatique
• 7 - Outils d’analyse pragmatique
• 8 - Bibliographie
1 - Aperçu historique sur la pragmatique :
• La pragmatique est une discipline américaine née au XIXe siècle
aux États-Unis, elle a commencé à se développer surtout après la
Seconde Guerre mondiale.
• En 1898 le philosophe américain William James développe une
doctrine qu’il appelle pragmatique (du grec « pragma » qui
signifie « Action »).
• En 1907 Charles S. Peirce emploie le terme de “pragmatisme”
dont la réflexion porte sur les signes linguistiques et leur emploi.
• En 1946, l’introduction de la pragmatique dans l’étude du langage
par le philosophe Charles William Morris « l’étude de la relation
entre les signes et leurs utilisateurs ou “ interprétants”»
• Développement de la pragmatique dans les années 1960 avec la
publication de l’ouvrage de l’anglais John Langshaw Austin « How
to do things with words » dont la version française est « Quand
dire, c’est faire » et celui de l’américain John Rogers Searle « Les
actes de langage » en 1972.
2 - Comment le point de vue pragmatique est-il apparu ?
• L’approche syntaxique : étudie les relations des signes entre eux.
C'est la partie de la grammaire décrivant les règles par lesquelles se
combinent en phrases les unités significatives.
• L’approche sémantique : traite de la relation des signes aux objets
avec la réalité. C’est l’étude conjointe du sens, de la référence et de
la vérité.
• L’approche pragmatique : intervient pour étudier la relation des
signes avec leurs utilisateurs et s'intéresse à leurs emplois et leurs
effets sur les interlocuteurs.
3 - Qu’est-ce que la pragmatique ?
• L'objet d’étude principal de la pragmatique est l'usage du langage
à partir de la relation établie entre: énoncés - contexte -
interlocuteurs.
• Selon la linguiste française Anne-Marie Diller et le philosophe
François Récanati : « la pragmatique étudie l’utilisation du langage
dans le discours, et les marques spécifiques qui, dans la langue,
attestent sa vocation discursive ».
• Selon le philosophe Françis Jacques “ La pragmatique aborde le
langage comme phénomène à la fois discursif, communicatif et
social”.
• La pragmatique désigne la science des signes par rapport à leurs
interprètes. Cette discipline linguistique étudie la
contextualisation des phrases et des énoncés ainsi que la manière
dont ils réagissent dans les situations langagières.
Exemple 01 : un écriteau « je reviens dans 5 minutes » accroché sur
la porte d’un magasin ne vous aidera pas forcément si vous ne savez
pas à quelle heure le panneau a été posé.
• La pragmatique se propose d'intégrer à l'étude du langage le rôle
des utilisateurs de celui-ci, ainsi que les situations dans lesquelles
il est utilisé en abordant les présuppositions, les sous-
entendus…etc.
Exemple 02 : dans certaines circonstances, l’énoncé : « il se fait tard
» peut « sous-entendre » qu’il est temps pour l’interlocuteur de
partir.
4 - L’évolution de la pragmatique :
On peut diviser l'évolution de la Pragmatique en trois grandes étapes :
• La Pragmatique formaliste et radicale (années 1930 et 1940)
(Pierce et Moris) :
• La pragmatique est conçue comme faisant partie intégrante d'un
système sémiotique
• La pragmatique n’est pas une discipline à part entière.
• Dans cette époque, la pragmatique traite une petite partie des
éléments qui échappent à d'autres niveaux d'étude linguistique,
comme les déictiques.
• Les philosophes du langage (entre les années 50 et 70)
• Remise en question de la philosophie analytique et le modèle
logico-mathématique qui soutenaient la pragmatique.
• Les philosophes du langage, d'abord anglo-saxons (Strawson,
Austin, Grice) puis nord-américains (Searle) se tournent vers
l'étude du langage ordinaire, convaincus, d’ailleurs, que le langage
est utilisé pour effectuer des actions.
• La pragmatique acquiert le statut de discipline à part entière.
• La pragmatique cognitive et pragmatique intégrée (années 80 et
90): On distingue :
La pragmatique cognitive :
• La pragmatique s'oriente vers la sociolinguistique lorsqu'elle met
l'accent sur les fonctions du langage.
• Elle est orientée vers la psycholinguistique lorsqu'elle met l'accent
sur les processus d'acquisition et de traitement de l’information.
• Elle est orientée vers les sciences cognitives, et tente d'étudier les
relations entre le langage et ses utilisateurs en relation avec leur
traitement de l'information.
La pragmatique intégrée :
• Des chercheurs français ( Ducrot, Récanati ) mènent une étude
complémentaire entre Pragmatique et Sémantique.
• La pragmatique est chargée de décrire la situation de
communication, les conditions de réussite d'une communication et
l'étude des situations de mots.
• Elle accueille les aspects du code liés à l'énonciation.
• Contrairement à la pragmatique cognitive, la pragmatique intégrée
est non vériconditionnelle ; elle vise à montrer les différences entre
langage naturel et formel.
Actuellement :
• La pragmatique est devenue un domaine d'étude incontournable
pour les sciences cognitives, l'intelligence artificielle, la traduction
automatique, l'informatique, les neurosciences ou les pathologies
du langage…
5 - Les concepts de la pragmatique :
• Le concept d’acte : le langage ne sert pas seulement à
représenter le monde, mais il sert à accomplir des actions. Parler,
c’est agir, en un sens moins apparent mais tout aussi réel.
• Le concept du contexte : la situation concrète où des propos sont
émis (le lieu, le temps, l’identité des locuteurs, etc…). Il s'agit de
toutes les informations contextuelles nécessaires à la bonne
compréhension de ce qui est formulé.
• Le concept de performance : l’accomplissement de l’acte en
contexte.
6 - Les intérêts de la pragmatique :
• La pragmatique s'intéresse au langage en contexte et aux
relations entre les signes et leurs utilisateurs.
• La pragmatique s'intéresse à l'analyse de la manière dont les
locuteurs produisent et interprètent les énoncés à un auditeur
dans un contexte linguistique ou extralinguistique.
• La pragmatique s'intéresse à l’étude de n’importe quel discours.
• La pragmatique s'intéresse aux phénomènes de dépendances
contextuelles propres aux termes indexicaux, ainsi qu'aux
phénomènes de présupposition.
7 - Outils pour l’analyse pragmatique :
1 - Les symboles indexicaux ou deixis :
• On distingue les déictiques et les embrayeurs (mettre en rapport
le message linguistique et la réalité extralinguistique).
• Un repère subjectif : la « première personne », le je, (le locuteur ) ,
• la « deuxième personne », c’est-à-dire le destinataire de l’énoncé,
le tu (ou le vous) ( interlocuteur).
• Un repère temporel : le maintenant, c’est à dire le moment de
l’énonciation (définit généralement par le présent ou le futur).
• Un repère spatial : le ici, c’est-à-dire l’endroit où se trouve
l’énonciateur, ce qui permet de définir la proximité́ et
l’éloignement
3 - Les actes de langage :
• L’acte locutoire : c’est un acte de dire quelque chose, c’est le simple
fait de produire des signes vocaux selon le code interne d’une
langue auxquels est associée une signification linguistique.
• L’acte illocutoire : c’est l’acte effectué en disant quelque chose ou
l'action réalisée en direction de l'interlocuteur (question, promesse,
ordre...). C’est l’action exercée sur l’auditeur par le locuteur.
• L’acte perlocutoire : c’est l’effet que l'énonciateur vise à produire
sur son interlocuteur : le convaincre, l'émouvoir, l'intimider, effectuer
un mouvement, la peur, le rire, le chagrin...etc.
Exemple :
• Il y a deux personnes (A et B) dans une salle. B ouvre la fenêtre.
• A dit : « il fait froid » à B qui est à côté de la fenêtre ouverte.
• Dans cette circonstance, l’acte locutoire est « il fait froid ».
• A émet cette énonciation à B en espérant qu’il ferme la fenêtre.
• A produit également un acte illocutoire (cet acte apporte implicitement
le sens d’une demande pour fermer la fenêtre).
• En tant que récepteur de ce message, il est possible que B comprenne
que cette énonciation est faite pour lui demander de fermer la fenêtre.
• La compréhension de B et sa réaction représentent l’acte perlocutoire.
Pour résumer, dans la phrase : il fait froid
• Acte locutoire : c'est la production de la phrase par le locuteur
selon les règles grammaticales.
• Acte illocutoire : intention de l'énonciateur en ce qui concerne le
type d'information contenue dans l’énoncé : là il s’agit d’une
demande.
• Acte perlocutoire : Le co-énonciateur se lève et ferme la fenêtre.
Bibliographie :
• Anne & Jacques Moeschler. 1998b. Pragmatique du discours. De l’interprétation de
l’énoncé à l’interprétation du discours.
• Recanati, François. 1979. La transparence et l’énonciation. Pour introduire à la
pragmatique.
• Introduction à la pragmatique ; Martine bracops ; les théories fondatrices actes de
langage pragmatique cognitives deuxième édition ; pragmatique intégrée.
• Ducrot ; les échelles argumentatives 1980. De Minuit. Ducrot alu 1980; les mots de
discours.
• Ducrot 1972 ; dire et ne pas dire.
• Van Dijk, A. Teun. 1977. Text and Context. Explorations in the Semantics and Pragmatics
of Discourse. London : Longman.
• Zufferey Sandrine & Jacques Moeschler. 2012. Initiation à l’étude du sens. Sémantique et
pragmatique. Auxerre : Sciences Humaines Éditions.