Analyse du discours journalistique algérien
Analyse du discours journalistique algérien
THÈSE
En vue de l’obtention du diplôme de
DOCTORAT EN SCIENCES
THÈSE
En vue de l’obtention du diplôme de
DOCTORAT EN SCIENCES
Je tiens aussi à remercier mes parents, pour leur soutien infaillible, leur patience
et l'intérêt manifesté pour mon travail. Je leur souhaite santé, bonheur et longue vie.
Introduction …………………………………………………..……………..19
3. Le texte……………………………………………………………………….40
3.1 Le cadre étroit de la phrase ……………………………………………………….40
3.2 Texte vs phrase …………………………………………………………………...41
Conclusion ………………………………………………………………………….47
Introduction …………………………………………………………….……49
Conclusion ……………………………………………...…………………………..82
Introduction ………………………………………………………………………………84
1. « Le Soir d’Algérie », le journal en question …………………………..85
Conclusion ………………………………………………….……………………….127
Introduction …………...…………………………………………………………….129
1. Points de vue énonciatif/stylistique …………………...………………....130
Introduction ……………………………………..……………………………….………….179
Conclusion …………………………………………………………………………………218
Cette communication repose essentiellement sur les deux volets de l’énonciation qu’on
peut illustrer avec E. Benveniste1qui en proposant une analyse des temps des verbes du
français, explique que ces derniers se distribuent en « deux sujets distincts et
complémentaires ». Cette dichotomie traduit ou « manifeste deux plans d’énonciation
différents : celui du discours et celui de l’histoire ». De ce fait, deux plans d’énonciation sont
à considérer : l’énonciation historique et l’énonciation du discours. La première sera réservée
à la langue écrite, ce qui constitue une matière grise pour notre travail de recherche, étant
donné qu’il est réalisé dans cette optique avec l’étude de la chronique quotidienne « Pousse
avec eux » du journaliste du quotidien algérien d’expression française « Le Soir d’Algérie ».
Cette énonciation se caractérise par un récit d’événements passés. Alors qu’il précise encore
qu’ « il s’agit de la présentation des faits survenus à un certain moment du temps »2. Ce qui
est important c’est qu’il insiste sur le fait que dans l’énonciation de type historique, « il n’y
aucune intervention du locuteur ».
1
BENVENISTE , (1966),« Les relations de temps dans les verbes français », in « Problèmes de
linguistique générale » Tome n° l, pp.237-250
2
Op, cit p : 239
11
Pour le second type d’énonciation, en l’occurrence celle du discours, qui par
opposition à la première, se définit comme« toute énonciation supposant un locuteur et un
auditeur et chez le premier l’intention d’influencer l’autre de quelque manière ».3
L’une des disciplines qui vise l’étude de ces effets interactionnels est la pragmatique,
une discipline nouvelle qui s'est développée au cours des années soixante-dix. Son champ
d'investigation est l'étude des relations unissant la langue en tant que système à son emploi en
situation. En effet, le sens d'un mot n'est pas uniquement celui de l'énoncé, il se produit selon
les co-textes de communication toujours spécifiques aux interlocuteurs de cette opération
d’échange. Dans cette nouvelle approche, nous allons étudier de manière minutieuse les
actes de langage (promesse, ordre, insinuation…), les connecteurs logiques (car, cependant,
mais…), les embrayeurs, soit de personne (je, tu…), de temps ou de lieu (maintenant, ici…),
les présupposés et les sous-entendus, ainsi que l’emploi des temps verbaux qui renvoient à la
situation d’énonciation.4
Le discours est une production oratoire, il consiste à chercher le rapport existant entre celui
qui parle et celui qui écrit, « il est l'expression verbale de la pensée, un écrit qui traite
3
Ibid p241
4
Chiss J-L, Filliolet J, Maigueneau D, « Introduction à la linguistique française », Tome I, « Notions
fondamentales, Phonétique, lexique ». Ed, Hachette Supérieur, Paris, 2001.
5
Charaudeau P :« Les discours d’information médiatique, la construction du miroir social »,
NATHAN Paris,1997, p, 15.
6
Anne Reboul, Jacques Moeschler : « La pragmatique aujourd’hui, une nouvelle science de la
communication », Ed. Seuil , 1998, p. 68.
12
méthodiquement d'un sujet, une œuvre littéraire ou simplement toute suite de paroles
ordonnées»7
Dans les dernières années, le mot discours a été employé comme un terme de même
sens que texte et parole en situation et qui représentent proprement deux activités paradoxales
: l'une orale et l'autre écrite. De ce fait, « le discours, dont le but, mise à part les différences
entre auteurs, était de comprendre la différence entre une collection de phrases sans lien et
un texte bien formé».8 Et cela, parce que l'activité de l'analyse du discours est une activité
inconsciente et inséparable de l'exercice de la langue: chaque être humain est en train
d'analyser chaque jour son journal, ses lettres et tout ce qu'il entend de la part des autres.
Le discours reste ainsi une manière de s’exprimer, un mode de parler pour montrer un point
de vue ou une vision dans un domaine précis. C’est pourquoi, nous allons essayer, lors de
notre travail, d’étudier un discours spécifique déstiné à une grande catégorie de la
communauté linguistique. Cela s’effectue en prenant en compte l’émergence de la
globalisation et la mondialisation du système médiatique grâce aux moyens technologiques de
communication qui ont permis aux individus d’avoir des champs de communication plus
larges et plus importants.
Le contexte agit donc sur la production des discours, celui-ci en retour le reconstruit à chaque
lecture. Il est de ce fait indispensable à la communication, et à l’origine de toute construction
langagière. Selon Sperber et Wilson, « l’interprétation des énoncés se fait par des processus
inférentiels qui ont pour prémisses la forme logique de l’énoncé et d’autres informations, ces
autres informations constituant ce qu’ils appellent le contexte ».9
Le choix de notre thème est motivé par une tendance stratégique du quotidien
d’expression française « Le Soir d’Algérie », le journal est la sphère parfaite de la presse
écrite et l’espace privilégié de la représentation des exigences et les différentes réflexions de
7
Chistian Baylon, Xavier Mignot, Initiation à la sémantique du langage, NATHAN, Paris, 2000, p. 196.
8
Op, cit, p. 197.
9
Anne Reboul, Jacques Moeschler, La pragmatique aujourd’hui, une nouvelle science de la communication, Ed.
Seuil , 1998, p, 69
13
la vie publique algérienne, c’est pourquoi, le français a eu un statut relativement spécifique
surtout dans un pays comme le nôtre.
Etant donné qu’une thèse représente généralement un vecteur de formation à travers l’étude
approfondie d’un sujet bien déterminé, nous avons ciblé la thématique abordée dans ce travail
suite à une motivation personnelle, celle d’une lectrice fidèle de ce quotidien en général et la
chronique de Hakim LAALAM en particulier, vient s’ajouter à ceci et à cela ; le profil d’une
enseignante en sciences du langage dont les préoccupations portent essentiellement sur deux
domaines, celui de l’analyse du discours et celui de la sociolinguistique. Cela nous a poussé à
examiner avec rigueur, tantôt douteuse, tantôt minutieuse les modes d'exposition du français
en Algérie, d’inventorier les différentes manifestations de la subjectivité du scripteur,
d'analyser les orientations socio-pragmatiques du discours et de voir comment les faits
analysés serviraient dans le perfectionnement linguistique des lecteurs d'abord et dans les
apprentissages sociaux par la suite.
A cet égard, nous avons voulu cerner le style et le point de vue du journaliste ainsi que la
langue utilisée dans ces articles journalistiques, cette langue qui se situe devant une situation
paradoxale, la confection des différents aspects fondamentaux de qualité de ce métier surtout
pour manifester la crédibilité et la fiabilité de la presse algérienne, considérée parmi les
presses libres dans le monde arabe et même en Afrique.
Dans cette perspective et pour en avoir une idée plus cernée et plus concise, nous
nous sommes appuyés dans dotre travail de recherche sur l’un des quotidiens d’informations
les plus importantes dans le paysage médiatique algérien et dont les différentes analyses qui
seront entreprises dans le présent travail serviront d'illustration à l’idée emise plus haut.
Pour y parvenir, nous nous sommes penchés sur un questionnement fondamental qui servira
de problématique à notre présente recherche et que nous formulons comme suit : quelles sont
les particularités du discours journalistique algérien? Quels sont les acte du langage réalisés
dans ce genre de discours ? Comment ces actes de langage peuvent-ils concrétiser, par leurs
formes langagières, le positionnement identitaire de l’énonciateur ?
Pour cerner la problématique dans toute son acuité et dans le but de prendre en compte ses
différents aspects et composantes, nous nous sommes appuyés dans notre travail sur un
ensemble de paramètres qu’elle renferme et que nous présentons ici sous forme d’un
ensemble d’hypothèses.
Deuxiement, le discours journalistique est une énonciation pure sur sa pratique et sur
son domaine de compétence .En fait , le processus de transformation de l’information change
d’une situation de communication à une autre selon la source de l’énonciation.Dans ce cas, il
ya des conditions internes discursives qui gérent la production de l’énonciation, si la
15
pragmatique permet d’étudier les techniques discursives, l’interlocuteur pourrait se référer à la
théorie des actes du langage pour traiter le discours médiatique ?
Dans cette optique, une question majeure relative à l’idéologie s’impose avec insistance, ce
qui nous permettra de comprendre comment une idéologie telle que celle du journaliste peut
etre véhiculée dans ses écrits et de connaitre également les aspects d’ordre linguistique et
culturel que renferme le discours et qui peuvent avoir un impact sur les lecteurs.
L’objectif de notre recherche à travers une étude pragmatique de ces articles médiatiques est
donc orienté vers les textes journalistiques dont l’étude permet d’élaborer des indices relatifs
aux comportements langagiers afin de cerner toute la dimension communicationnelle de ces
derniers, en essayant de distinguer particulièrement les traits importants du contexte et
d’autres traits d’égale importance.
Dans la deuxième phase, il sera question, d’étudier les actes de langage récurrents
dans les différents articles de presse choisis de notre corpus, ainsi que les procédés de
l’objectivation optés pour toute analyse du discours journalistique.
La présente étude n’a évidemment pas la prétention de circonscrire tous les aspects liés
à la thématique et aux différentes contraintes qui y sont associées, mais se limite uniquement
à des réflexions qui pourraient éclairer même d’une faible lueur, l’un des plus importants
volets des travaux effectués sur l’analyse du discours
17
PREMIER CHAPITRE
Cadre théorique et
épistémologique
Introduction
Cette discipline est en vérité une branche de la linguistique, cependant elle s’intéresse
beaucoup plus aux éléments du langage dont la signification ne peut être comprise qu'en
connaissant le co-texte de leur emploi, voire de production/réception. Cet objectif serait l'un
des principales visées des études ciblant la mise en exergue de la cohérence propre du langage
naturel. Intra-muros de son d’étude et d’investigation, cette approche s'intéressera aussi aux
phénomènes de dépendances contextuelles propres aux termes indexicaux, en d’autres termes
ceux qui, à l’instar de « je, ici ou maintenant », ont leur référence déterminée par des critères
reliés au co-texte d'énonciation.
Il convient de dire que l’instauration d’un fait interactionnel entre les divers
partenaires de l’acte énonciatif où le sujet parlant se constitue comme sujet et implante un
autre sujet interlocuté. C'est-à-dire que le sujet se définit par sa subjectivité qui, elle, se définit
par la permanence de sa conscience . Or, cette consciene de soi implique nécessairement
l’existence de l’autre. Ce qui implique par ailleurs que le dialogue est la condition primordiale
de toute communication. « Le langage n’est possible que parce que chaque locuteur se pose
comme sujet en renvoyant à lui-même comme ‘’je’’ dans son discours. De ce fait, ‘’je’’ pose
une autre personne, celle qui, toute extérieure qu’elle est à ‘’moi’’ devient mon écho quand je
dis ‘’tu’’ et qui me dit ‘’tu’’ »10. Cette insistance sur les deux instances du discours « je » et
« tu » fonde le dialogue.
10
BENVENISTE, E. (1966) :« Problèmes de linguistique générale », Gallimard, Paris.p145
19
de Saussure et rend hommage à Roman Jakobson. Cependant il remet en question la
dichotomie langue /parole, opposition introduite de façon opératoire par Saussure. Il dit en
l’occurrence que « rien n’est dans la langue qui n’ait d’abord été dans le discours ».On lui
reproche cependant de mélanger l’activité de langage et le monde.
20
1. Naissance de la théorie des actes du langage/de parole (speechacts)
Les philosophes classiques considèrent les phrases comme représentant des états de
choses qui peuvent être vrais ou faux. Alors qu’Austin, le philosophe britannique dans son
ouvrage intitulé : « How to do thingswithwords », (Comment faire des choses avec des
mots ?) (1962),titre magistralement traduit en « Quand dire, c’est faire »(1970), sonne comme
un manifeste. L’arrière-plan des conférences regroupées dans cet ouvrage et en effet
polémique : il s’agit pour Austin de s’élever contre le privilège généralement accordé par les
philosophes du langage aux énoncés de type statement (qu’Austin préfère dire « constatifs »),
et corrélativement, à la question du vrai et du faux ; de s’élever donc tout à la fois contre
l’ « illusion constative », et contre l’impérialisme de la sémantique « véri-conditionnelle », en
mettant en pièce « le fétiche vérité-fausseté »11.
« Quand dire, c’est faire », plutôt que d’opposer la parole à l’action, il convient de
considérer que la parole est elle-même une forme d’action : telle est l’hypothèse qui fonde la
pragmatique linguistique, et plus particulièrement la théorie des actes de langage, élaborée il y
a près d’un demi-siècle par John Austin. L’ouvrage présente d’abord les aspects les plus «
classiques » de cette théorie, puis il envisage les remaniements et enrichissements apportés à
la notion d’acte de langage par la perspective interactionniste : dire, c’est faire, mais c’est
aussi faire faire ; parler, c’est échanger, et c’est changer en échangeant. Pour tous ceux qui
considèrent qu’on ne peut décrire la langue sans envisager son fonctionnement dans la
communication, la notion d’acte de langage est centrale et fonda12mentale. Or elle n’avait
jusqu’à présent jamais fait l’objet d’un travail de synthèse qui à la fois incorpore différentes
approches de la notion, et l’applique à divers types de discours (dialogue littéraire,
conversations naturelles, échanges médiatiques). L’ouvrage se destine à tous ceux qui, dans
les différents secteurs des sciences humaines et sociales, s’intéressent au fonctionnement des
langues et des discours.
Austin est l'initiateur de cette nouvelle théorie qui va prendre pour objet d'analyse le
langage ordinaire par laquelle, il montre aussi que la fonction principale du langage n'est pas
essentiellement la description du monde, mais aussi l'accomplissement des actions. Cette
théorie est développée par la suite par J.-R. Searle dans deux ouvrages « Les Actes de
Langage » (1972), et « Sens et expression » (1982). Le développement le plus récent de la
11
Austin, Searle et Ducrot, « Dire et ne pas dire », Herman, Paris, 1972, p. 14.
21
pragmatique linguistique est la pragmatique cognitive (issue de la théorie de la pertinence de
Sperber et Wilson) qui réduit l'importance des actes de langage et qui simplifie la théorie.
C’est ici le point de départ de la recherche d’Austin qu'il précise dans sa 8 e conférence:
« Les philosophes du langage ordinaire objectent que ce ne sont pas
les phrases en tant qu’entités grammaticales qui représentent des
états de choses et sont vraies ou fausses : on se sert des phrases dans
un contexte donné pour dire des choses vraies ou fausses. Il faut donc
distinguer la phrase en tant qu’entité grammaticale et l’énoncé fait au
moyen de cette phrase : c’est l’énoncé contextuellement situé, non la
phrase qui représente un état de choses simplement vrai ou faux. »13
Austin conclut ensuite qu’il ne suffit pas d’utiliser uniquement les mots producteurs
d’une énonciation performative pour que l’action soit accomplie, il faut aussi que le contexte
soit approprié (la réunion obligatoire des personnes concernés à la Mairie afin de pouvoir
célébrer leur mariage, et ce en la présence d’un représentant municipal habilité à réaliser cet
acte). Par contre, si ce contexte n’est pas approprié, voire absent, l’énonciation ne sera pas
fausse comme pourrait l’être une affirmation mais elle n’a pas abouti à ses fins, elle est
« malheureuse » car elle s’est dénouée par un échec.
13
Trad. Française par G. Lane (1970) : « Quand dire, c’est faire », Seuil, p. 112.
14
Ibid.
22
Par conséquent, il va élaborer une théorie générale de la parole comme action. Dans sa
nouvelle théorie, tous les énoncés, sont investis d’une fonction pragmatique.
Austin propose donc que dire quelque chose c’est toujours au moins :
23
Si l'énoncé est compris du récepteur, c’est-à-dire s'il y a correspondance entre
ce qui est dit et ce qui est fait.
Exemple
dire« je ne suis pas content » en colère / en riant.15
A la source de la théorie austinienne des actes de langage, il y a en effet la
« découverte » du performatif.
L’énoncé (B) ne décrit rien en réalité, il n’est donc ni vrai ni faux ; il réalise (performe)
une action par un seul acte énonciatif. Dire dans ce sens, c’est faire, ou, au moins ;
prétendre faire, ce faire prétendu ne devient effectif que lorsqu’il est réussi.
Un énoncé performatif est donc, un énoncé réussi, accomplit l’acte qu’il dénomme.
Or, par cet énoncé le sujet parlant fait ce qu’il dit, ou il fait en disant (cas de l’exemple n° 1),
ou accomplir automatiquement un acte, celui de promettre, même si l’énoncé est marqué par
la sincérité ou non par le « je ». Cependant, il n’est ni vrai ni faux même si ce (je) ne tiens pas
à ses paroles (cas de l’exemple n° 2).
Exemples
(1) Je me promène.
(2) Je te promets de venir.
Ces définitions et autres ont posé de sérieux problèmes à Austin et qu’ils lui ont
permis par la suite de faire une subdivision détaillée des classes de performativité.
15
Austin travaille sur des énoncés déclaratifs, affirmatifs, de 1re pers. Sg, à l'indicatif présent, voix
active, non descriptifs.
24
1.1.1. Degrés de performativité
1.1.1.1. Les performatifs purs
Ce genre d’énoncés est centré autour d’un verbe conjugué à la première personne du
singulier au présent de l’indicatif.
Exemples
Je parie (au jeu).
Je parie qu’il ne viendra pas.
Je vous remercie pour ce bel exposé et j’ouvre tout de suite la discussion.
Les exemples donnés par Austin sont regroupés en deux catégories selon que le verbe
en question est un verbe de parole (ou dicendi)--------série(2)---------ou ne l’est pas----série
(1) :
Les verbes de parole, qu’ils soient employés transitivement ou non, sont de généreux
pourvoyeurs de formules performatives. Par ailleurs certains verbes performatifs ne sont pas
des verbes de parole « baptiser » ne dénote pas une activité de parole, mais un acte qui peut
et même doit se réaliser en partie par des moyens linguistiques, ce n’est pas la même
chose16.
16
C. K. ORECCHIONI (2003) : « Les actes de langage dans le discours », Paris, Nathan/VUEF, p. 10.
25
1.1.1.2. Les quasi-performatifs
Exemples
Les voyageurs sont avisés que… ;
Vous êtes autorisé par la présente… ;
Il est formellement interdit d’entrer dans les cuisines.
Dans les deux derniers exemples, les énoncés accomplissent des actes d’excuse ou de
salutation, et non de présentation ou de prière ; dans ce sens Austin écrit : « Je propose d’appeler
17
Ibid., p.11.
18
Dans la littérature post-austinienne ces emplois sont souvent appelés hedgedperformatives(voir
Fraser, 1975).
26
(une énonciation de ce type) une phrase performative ou une énonciation performative »19. Dans ce sens,
Austin un acte d’ « appellation » plus qu’un acte de « proposition » où le verbe introducteur
sera considéré comme un simple préfixe adoucisseur.
Ce sont selon Austin des énoncés mixtes, qu’ils situent au centre ou au mi-chemin entre
le performatif et le constatif. Ils ne dénomment pas explicitement l’acte qu’ils effectuent. A ce
titre, on peut citer l’exemple suivant : « Je m’excuse » ou « je vous remercie », au lieu de dire
de manière performative pure : « Je suis désolé » ou « Je vous suis reconnaissant ».
Par opposition aux énoncés explicites, cas des exemples : « Je t’ordonne de fermer la
porte », de même « Ferme la porte » qui accomplissent un acte de proche en proche et dit
explicitement, Austin soulève d’autres énoncés dotés d’une force illocutionnaire, ou
illocutoire, traduits de l’anglais illocutionary20. Au terme de cette recherche, il affirme que : « la
question du performatif finit par s’absorber dans la problématique plus générale des actes
illocutionnaire »21.
Il serait utile donc de maintenir une distinction de principe entre les principes qui
accomplissent des actes en les dénommant explicitement, et les autres énoncés, qui
accomplissent des actes par d’autres moyens plus implicites : « utiles corrélativement de réserver ‘’
performatif ’’ à la première catégorie, et de parler dans tous les autres cas ‘’ d’actes illocutoires’’ »22.
19
John R. Austin., op. Cit., p. 41.
20
Pour ce qui est par exemple des deux ouvrages de Searle « Les actes de langage » et « Sens et
expression », le traducteur du premier a choisi illocutionnaire, alors que le traducteur du second a
préféré illocutoire.
21
Austin, cité par C. K. ORECCHIONI (2003) :Op. Cit., p. 12.
22
Austin, cité par C. K. ORECCHIONI (2003) :Op. Cit., p. 13.
23
Mentionnons aussi le cas très particulier des pseudo-performatifs, comme « je t’embrasse » énoncé
au téléphone ou par écrit : quand dire, ce n’est pas vraiment faire…
27
tous les moyens par lesquels s’exerce la fonction agissante inhérente au langage, donc aux
réalisations implicites aussi bien qu’explicites de valeurs illocutoires 24. Austin s’engage
résolument dans la voie d’une théorie générale des actes de langage.
A partir de ses conférences, Austin baptise une réelle théorie complète des actes de
langage, mettant en exergue toutes les composantes des speech acts, où les successeurs n’ont
qu’à les suivre ou approfondir ces recherches. On déduit donc l’existence de :
a. L’affirmation selon laquelle tous les énoncés sont dotés d’une force illocutoire, y
compris les « constatifs » ;
b. Prémisses de distinction entre trois types d’actes, en l’occurrence ; les locutoires, les
illocutoires et les perlocutoires (8e, 9e et 10e conférences).
c. Essai de classification des diverses valeurs des actes illocutoires que peut subir une
quelconque énonciation (12e conférences) et retiendra cinq classes énumérées comme
suit :
1) Les verdictifs ou actes judiciaires par le fait de prononcer un jugement (un
verdict) : acquitter, considérer comme, calculer, décrire, analyser, estimer,
classer, évaluer, caractériser, condamner, décréter, etc.
24
Austin, cité par C. K. ORECCHIONI (2003) :Op. Cit., p. 14.
28
Ils expriment l’attitude du locuteur envers la conduite antérieure ou imminente
de quelqu’un : s'excuser, remercier, féliciter, souhaiter la bienvenue, critiquer,
exprimer des doléances, bénir, maudire, porter un toast, boire à la santé,
protester, défier, mettre au défi de, déplorer, etc.
5) Les expositifs qui souvent utilisés dans l’exposition des idées, défendre par
argumentation, clarifier. Ils sont utilisés pour exposer des conceptions,
conduire une argumentation, clarifier l'emploi des mots, assurer les références
: affirmer, nier, répondre, objecter, concéder, exemplifier, paraphraser,
rapporter des propos, expliquer, etc.
Austin a conclu comme suit : « J’ai présenté un programme, c'est-à-dire que j’ai dit
ce qui doit être fait, plutôt que je n’ai fait quelque chose (…) »25.
Searle travaille sur un concept peu utilisé par Austin : les speech acts. C'est avec cette
expression qu’il intitule son ouvrage apparut en 1969 (en français actes de langage, 1972).
Austin et Searle parlent bien du même phénomène et ils considèrent que tout énoncé
linguistique fonctionne comme un acte particulier, visant à produire un certain effet et à
causer une modification dans la situation communicationnelle.
Les travaux qui se basent sur la théorie des actes de langage partent du principe que
l’on peut faire des choses par la simple production d’énoncés langagiers. Effectivement, tous
les énoncés possèdent implicitement ou explicitement une valeur d’acte. Même les assertions
ne se contentent pas de faire savoir à l’auditeur ce que le locuteur pense à propos de quelque
chose, mais elles visent à influer d’une manière ou d’une autre sur la manière de voir «
quelque chose ». De cette façon,
Tout énoncé est ainsi doté d’une charge pragmatique, certes plus ou moins forte et
évidente selon le cas, mais toujours présente. En d’autres termes : le « contenu propositionnel »
25
Austin, cité par C. K. ORECCHIONI (2003) : Op. Cit., p. 15.
29
ne s’actualise jamais seul, il est toujours pris en charge par une « valeur illocutoire » de nature
variable26.
1.2.1. Actes de langage et valeurs illocutoires
Searle comme Austin considère que tout énoncé linguistique fonctionne comme un
acte particulier (ordre, question, promesse, etc.), en d’autres mots, il vise à produire certain
effet afin d’entrainer certaine modification de la situation interlocutive.
26
C. K. ORECCHIONI remarque en outre : Certains énoncés, en revanche, étant dépourvus de tout
contenu propositionnel, se réduisent à leur valeur illocutoire, comme les interjections, ou certains
rituels tels que les salutations.
30
« Si l’on considère la notion d’acte illocutionnaire, il faut aussi considérer
les conséquences, les effets que de tels actes ont sur les actions, les
pensées ou les croyances, etc. Par exemple, si je soutiens un argument je
peux persuader, ou convaincre mon interlocuteur ; si je l’avertis de
quelque chose, je peux l’amener à faire ce que je lui demande ; si je lui
fournis une information je peux le convaincre, l’éclairer, l’édifier,
l’inspirer, lui faire prendre conscience. Les expressions notées en italique
ci-dessus désignent des actes perlocutionnaires »27
Mais on peut aussi considérer que la perlocutoire réside déjà dans l’énoncé, sous la
forme d’effets voulus ou « prétendus » (intended) __ et c’est alors que les choses se
compliquent, car les valeurs illocutoires sont elles aussi « prétendues » par l’énoncé(elles
correspondent à l’intention que le locuteur manifeste à travers la formulation de son énoncé).
Pour distinguer les deux types de valeurs, on aura alors recours à la notion de règle, ou de
convention :
Par exemple ils font intervenir des ressorts psychologiques ou cognitifs relevant des
systèmes de croyances, des mécanismes de l persuasion, ou du fonctionnement des affectes29.
Plus concrètement, certains tests ont été proposés pour discriminer ce qui relève de
l’illocutoire et du perlocutoire :
Le test de trytoproposé par Leech(1983,p.204):
(1)She tried to persuade me to accompany her
27
Austin John L., Op. Cit., p. 62.
28
Ducrot O., « Introduction aux Actes de langages », p .16.
29
C. K. ORECCHIONI (2003):Op.Cit., p. 23.
31
(2) She tried to ask me to accompany her
En (1), try implique que l’énoncé n’a pas atteint sa visée perlocutoire ; en (2), c’est
l’acte locutoire et non illocutoire qui pour telle ou telle raison n’a pas pu avoir lieu: trypeut
porter sur un acte perlocutoire comme « persuader », mais non sur un acte illocutoire comme
« demander ».
L’énoncé (2) est à coup sûr plus bizarre que (1), ce qui tend à prouver que dans « Pierre
travaille mieux que toi », la valeur de reproche relève de l’illocutoire (elle est incontestablement
inscrite dans l’énoncé), alors que la valeur de « vexation » n’est qu’un effet secondaire, et
nettement plus aléatoire, que l’énoncé est susceptible de produire sur A.30
A cet effet, Austin déclare : « Premièrement, parler une langue, c’est réaliser des
actes de langage, des actes comme : poser des affirmations, donner des ordres, poser des
questions, faire des promesses, et ainsi de suite(…) ; deuxièmement, ces actes sont en général
rendus possibles par l’évidence de certaines règles régissant l’emploi des éléments
linguistiques, et conformément à ces règles qu’ils se réalisent. »31
30
Ibid., p. 24.
31
J. R. SEARLE (1972),« Les actes de langage », Hermann, coll. Savoir, Paris, p. 52.
32
Nous remarquons que les quatre énoncés ont le même contenu propositionnel dont le
sujet de référence est (Jean) et le même prédicat (fumer beaucoup), cependant, ils s’opposent
par leurs forces illocutoires, respectivement, on aura :
(1) – Assertion ;
(2) - Interrogation (question) ;
(3) - Ordre ;
(4) - Expression de souhait.
Searle appelle force illocutoire l’élément dans l’énoncé qui lui donne sa valeur d’acte.
Cette force agit dans le contenu propositionnel de l’énoncé. Observons ces trois énoncés :
o Olivier lit beaucoup.
o Olivier lit-il beaucoup ?
o Lis beaucoup, Olivier.
On peut dire que ces trois énoncés possèdent le même contenu propositionnel (sujet –
Olivier / prédicat – lire beaucoup). Ils ont cependant des forces illocutoires différentes : le
locuteur n’aligne pas seulement des mots de la langue française mais il dit effectivement
quelque chose. Un locuteur, en énonçant la première phrase, fait une assertion.Dans la
seconde, il pose une question (interrogation), alors que dans la troisième, il donne un ordre.
Il est donc important de distinguer les actes de langage, qualifiés aussi d'acte
illocutoire, et les forces illocutoires. Les premiers concernent les différentes actions qu’on
peut accomplir par le langage (l’action d’ordonner par exemple) et les deuxièmes
correspondent, dans une certaine proposition, à la composante qui rend possible à l’énoncé de
fonctionner comme un acte particulier. L’énoncé « lis beaucoup, Olivier » possède une force
illocutoire d’ordre.
33
c. Affirmer, poser une question, donner un ordre, etc. – effectuer des actes
illocutionnaires.
Ces actes ne sont pas vus comme des actes indépendants que les locuteurs exécutent
simultanément, comme on pourrait simultanément boire, écouter de la musique et écrire.
Searle à ce propos écrit :
La notion d’acte perlocutoire proposée par Austin est très importante pour ce travail.
Si le locuteur insiste sur un argument, il peut persuader ou convaincre son auditeur. S'il
l’avertit de quelque chose, il peut l’effrayer ou l’inquiéter. S’il lui demande quelque chose,il
peut l’amener à faire ce qu’il lui demande. Il est important de remarquer que sans l’acte
perlocutoire, la persuasion n’aura pas lieu. Comme il signale que ce n’est pas toujours de la
même façon que le discours aura lieu.
32
SEARLE, 1972, Op. Cit., p. 61.
34
D’après lui toujours, dans certains cas, quand le locuteur émet un énoncé, il signifie ce
qu’il a voulu dire en y ajoutant d’autres informations. Il donne comme exemple l’énoncé « Je
veux que tu fasses cela »33. Cet énoncé peut être interprété incidentement comme une assertion,
alors qu’il a voulu d’abord signifier une demande ou plutôt un ordre qui nécessite, de facto,
une exécution.
Dans ces cas et autres, la proposition octroie une force illocutionnaire qui indique un
type d’acte illocutoire, mais qui peut aussi indiquer un autre type d’acte illocutoire. C’est un
acte réalisé indirectement à travers les formes linguistiques typiques d’autres actes.
Cette phrase a deux forces illocutionnaires, car un acte est réalisé sous la forme d’un
autre acte typique. Searle qualifie ce phénomène « d’acte de langage indirect ». Devant ces
phrases qui peuvent signifier effectivement deux choses liées aux deux forces illocutoires
existantes, on se demande comment il est possible pour le sujet parlant de dire quelque chose
en signifiant beaucoup plus que ce que la phrase propose, et comment l’allocutaire peut
comprendre cette subtilité ?
Marmaridou explique (2000 : 167) que la structure cognitive des actes de langage peut
donner lieu à des effets de prototypes dans cette catégorie, de sorte que le discours le plus
proche du prototype est attaché à son caractère conventionnel, tandis que les actes de langage
moins proches du prototype sont plutôt soumis à des normes de nature socioculturelle. De
33
-« I want you to doit» (Searle 1995:168).
35
cette façon, les actes de langage indirects sont établis sur la base d’une convention sociale et
de savoirs communs partagés par les interlocuteurs.
Searle avait déjà suggéré que certaines phrases pouvaient être expliquées par le fait
qu'elles concernent des conditions de félicité d’actes de langage employés indirectement, mais
il avoue que ces suggestions sont incomplètes et il essaie de développer de nouvelles
propositions explicatives. En dépit de ces incertitudes, une chose est certaine : dans les actes
de langage indirects, le locuteur communique plus que ce qu’il dit, et grâce à des
connaissances partagées, locuteur et allocutaire peuvent se comprendre. Searle rappelle que
l’existence de certains principes de la conversation coopérative (Grice), tout comme le
contexte, sont essentiels pour expliquer les actes de langage indirects.
Searle a trouvé quelques points pour que l’auditeur comprenne ce que le locuteur a
voulu dire en disant « peux-tu atteindre le sel ? ». Ainsi, on peut poser cette question, mais on ne
peut pas dire « Le sel est fait de chlorure de sodium » pour remplacer la première phrase, car notre
aptitude à passer le sel est une condition préparatoire pour passer effectivement le sel.
Pourtant, il est évident que la question n’est pas auto-suffisante, car ce ne sont pas toutes les
questions sur nos capacités qui concernent une demande. L’allocutaire a besoin de quelques
indices pour savoir quand la phrase est seulement une question sur les capacités de l’autre, et
quand elle est une demande / réquisition cachée derrière une question sur les habilités.
a. Maximes de quantité
1. Que votre contribution soit aussi informative que nécessaire ;
2. Que votre contribution ne soit pas plus informative que nécessaire.
b. Maximes de qualité
1. Ne dites pas ce que vous croyez être faux ;
36
2. Ne dites pas les choses pour lesquelles vous manquez de preuves.
c. Maximes de relation
1. Etre pertinent.
d. Maximes de manière
1. Éviter de vous exprimer de façon obscure ;
2.Éviter l’ambiguïté ;
3.Etre bref ;
4.Etre ordonné.
37
2. Notion de discours (essais de définition)
Le discours est production oratoire, il consiste à chercher le rapport existant entre celui
qui parle et celui qui écrit, « il est l’expression verbale de la pensée, un écrit qui traite
méthodiquement d’un sujet, une œuvre littéraire ou simplement toute suite de paroles
ordonnées »34. Comme il est polysémique. Maingueneau, donne six définitions de ce concept
35
:
a. Dans les dernières années, le mot discours été employé comme un terme de même
sens que parole en situation et texte, qui représentent proprement deux activités
paradoxes : l’une orale et l’autre écrite. De fait, « le discours, dont le but, mise à
part les différences entre auteurs, était de comprendre la différence entre une
collection de phrases sans lien et un texte bien formé ».36Tout simplement, c’est
parce que l’activité de l’analyse de discours est une activité inconsciente et
inséparable de l’exercice de la langue : chaque être humain est en train d’analyser
chaque jour son journal, ses lettres et tout ce qu’il entend des autres. Il est donc
synonyme de la parole sausurienne (définition qu’on retrouve dans la linguistique
structurale). De l’opposition langue /parole, on a retenu que l’opposition était
fondée sur le fait que la langue est quelque chose de figer par contre la parole est
synonyme de l’expression libre de l’individu. De là, on considéré le discours
comme synonyme de parole ;
34
Christian Baylon, Xavier Mignot, Initiation à la sémantique du langage, NATHAN, Paris, 2000, p.
196.
35
Maingueneau. D : « Analyse du discours », Hachette Université, Paris, 1976, p. 11
36
-Op, cit, p. 197.
38
e. Benveniste oppose le discours au récit37 ;
Maingueneau relève d’autres usages qui sont moins reçus par les linguistes notamment
Derrida pour lequel « le discours est n’importe quel ensemble de signes » et Foucault dans
« Archéologie du savoir » qui utilise le terme de discours à propos de productions discursives
sans analyser et définir ce terme.
Le deuxième point sur lequel insiste Maigueneau est celui selon lequel il faut tenir
compte, dans la prise en charge de la nouvelle définition de l’unité de langages, des conditions
de productions langagières qui impriment nécessairement leur influence sur la production
linguistique (remise en cause de la phrase et insistance sur la notion de discours). Il conclut
par une proposition : « on considérera plutôt le discours comme le résultat de l’articulation
d’une pluralité plus ou moins grande de structuration transphrastiques en fonction des
conditions de production »38 (prise en compte du niveau linguistique des conditions de
productions langagières).
37
Benveniste E., « Delasubjectivitédulangage » inproblèmesdelinguistiquegénérale, T. 1, 1966, pp. 258-
266.
38
Maigueneau D., Op. Cit., p. 16.
39
stratégie particulière, qui dépend surtout des objectifs supervisés, soumis à une rhétorique qui
lui est liée, ainsi qu’un système qui permet sa reproduction et sa reprise.
Bref ; de leur « je » entre elles, jeu au sens ludique (de là vient en partie l’ironie d’un
texte), ou de leur sens mécanique (leur « fiction », leur concurrence produit des effets). Cette
définition du terme « discours » a son emploi dans les sciences du langage, notamment la
pragmatique, qui a dégagé un certain nombre de caractéristiques et de lois de la
communication, dont voici un aperçu :
3. Le texte
Maingueneau a montré comment la notion de texte a émergé à partir d’une certaine
insatisfaction39 :
Les anaphoriques (ou éléments qui reprennent un autre segment du discours par
exemple les pronoms personnels) qui montrent bien que la relation sémantique est
39
Maingueneau D : Op. Cit., pp. 154-155.
40
bien une relation inter phrastique. Ils ont valeur de reprise d’un terme antérieur
mais aussi valeur d’identification :
Exemples
- Il aime sa sœur à la folie. Cela est déplaisant.
« Cela » renvoie à un contexte sémantique antérieur. Cette affection pluralité
de signifiés que seul, la passion, le contexte, l’extralinguistique ainsi que la
perversion permettront de déterminer « les problèmes que soulèvent las anaphores
mettent en jeu des phénomènes syntaxiques et sémantique complexes », nous dit
Maingueneau 40.
40
Ibid., p. 156.
41
cf. Courtés et Greimas : « Dictionnaire de sémiotique », Hachette Université, 1979.
41
Dans la définition moderne, on prend en ligne de compte, les conditions de
productions.
- Avant
Unicité du discours ; -
Passivité du lecteur.
- Maintenant
Plurivocité du discours ;
Remise en compte du producteur ;
Remise en question de la producteur /récepteur.
C’est une nouvelle conception de la notion du texte qui va avoir des répercussions en
littérature et en linguistique (étude des langues naturelles). F, François précise que « le terme ‘
texte’ renvoie généralement au maniement de la langue écrite, ici, au contraire, il s’agit d’étudier tout
message oral ou écrit indépendamment de sa longueur en le remplaçant dans ses conditions d’échanges.»42
L’étude du discours ne relève pas de la syntaxe, mais il mobilise des structures assez
complexes qui se concentrent sur les conditions de production des énoncés. Cela s’affecterait
sans mettre à l’écart ses conditions de réception. En réalité le discours a de diverses
caractéristiques quand peut citer comme suit selon leur degré de gravité. 43
Non seulement parce qu’il est construit en fonction d’une visée, mais, parce qu’il est une
forme d’action sur autre. Toute énonciation constitue un acte (promettre, suggérer, affirmer,
interroger…)qui vise à modifier une situation : c’est ce que J.L. Austin 44appelle : « des actes de
langage » mais que l’on appelle aussi « actes des paroles » ou « actes de discours ».45
42
François F., « Linguistique et analyse de texte », ch.8, in Linguistique, PUF, 1980.
43
-Charaudeau. P., « Langage et discours, éléments de sémiolinguistique (Théorie et pratique) », éd.
Hachette, p. 101, 1983.
44
Austin J.L.
45
Ibid.
42
Cette caractéristique est évidente sous sa forme orale (le dialogue entraîne une interaction),
mais elle ne s’y réduit pas. Il y a une interactivité fondamental (ou dialogue), dans tout texte,
car le discours qu’il met en place prend en considération son destinataire.
Il ne prend sens qu’à l’intérieur d’un univers d’autres discours à travers lequel il doit se frayer
un itinéraire. Autrement dit, un discours ne prend souvent de sens que par rapport à un autre
discours.46
Et l’on trouve ses catégories fécondes dans l’analyse d’un texte de « parodie » (prendre
un discours pour le ridiculiser), « commentaire » (« dialoguer » de manière polémique avec un
autre discours), « commentaire » (mettre son discours au service d’un autre), « citation »
(reprendre un discours), etc.
Grice fait dépendre les lois du discours à une sorte de méta-principe, le principe de
coopération « que votre contribution conversationnelle corresponde à ce qui est exigé de
vous, au stade atteint par celle-ci, par le but ou la direction acceptée de l’échange parlé dans
lequel vous êtes engagé ».47
Ce principe chez Grice est le statut d’un méta-principe. Les sujets parlants qui
communiquent s’efforcent de ne pas bloquer l’échange, de faire aboutir l’activité discursive.
46
- Charaudeau. P., op. Cit., p. 103.
47
-Convention, Cambridge (Mass), Haward Université Press, 1969.
43
Les protagonistes de l’énonciation reconnaissent et se reconnaissent, leurs droits comme leurs
devoirs attachés à l’élaboration de l’échange dans la mesure où il faut être deux pour
conserver, le sujet le plus égoïste est bien obligé de s’y soumettre.
C’est un principe de grosse pointure plus que celui de coopération. Ce serait l’axiome
fondamental de l’échange verbal : Toute énonciation implique une pertinence, elle produit
l’information convenable qui stipule qu’un énoncé n’est à saisir, que s’il est approprié au
contexte énonciatif.48C’est-à-dire ; qu’il doit s’intégrer aux attentes prédéterminées qui
intéressent son destinataire. Ainsi « il pleut » ; sera moins pertinent dit comme simple constat
qu’en réponse à la question d’un interlocuteur qui veut savoir s’il doit ou non arroser son
jardin. Il s’en suit que l’évaluation de la pertinence dépend des destinataires : le locuteur fait
de son mieux pour produire l’énoncé le plus pertinent possible.
Toute énonciation est présumée sincère, dont les locuteurs sont censés s’asserter que ce qu’ils
tiennent vrai, n’ordonner que ce qu’ils veulent réaliser, ne demander que ce dont ils veulent
effectivement connaître la réponse. En d’autres termes, les locuteurs sont supposés adhérer à
leurs propos et y croire. Ils s’engagent dans l’acte de discours qu’ils doivent accomplir. (Ils
sont censés dire ce qu’ils pensent et assumer ce qu’ils disent).
Ce principe implique et engage l’énonciateur dans son discours, il doit faire preuve de
bonne foi et rapporter les faits comme ils se sont produits dans la réalité sans essayer de les
trahir. Cette loi fait partie de ce que P. Charaudeau nomme « le contrat d’authenticité », ou de ce
qu’il appelle « le contrat énonciatif » propre aux genres discursifs informationnels.49
Ce sont les conventions tacites ou implicites entre les gens, mais de façon
pragmatique. Lorsque je parle, il faut qu’il y ait quelqu’un ou quelques uns qui m’entende
(ent). Comme, il y a des lois qui régissent et assurent les conversations. Cette coopération
48
Voir à ce sujet le livre de P. Charaudeau : op. Cit., 1983, p. 101.
49
Ibid.
44
entre les (s) locuteurs et l’allocutaire(s) (la maxime de coopération est indispensable dans la
communication), qui serait régie par des lois ; un ensemble de normes, une sorte de code que
Grice appelle « maximes conversationnelles », issues de la dérivation du sous-entendu, que
nous avons élaboré précédemment. Nous utiliserons ici le terme d’O. Ducrot, lois du discours.
Ces « lois » jouent un rôle considérable dans l’interprétation des énoncés et définissent
une sorte de compétence pragmatique (d’autres disent « une compétence rhétorique »). Il ne s’agit
pas de lois comparables à celles qui régissent la grammaticalité des phrases, mais de normes
que l’on est supposé respecter quand on joue le jeu.
6.1 La loi d’informativité
A côté de ces principes généraux, on peut mentionner des lois du discours les plus spécifiques
qui portent sur le contenu des énoncés. La loi d’informativité est l’une des plus utilisée. Sa
devise est ; parler pour informer, puisqu’elle exclut qu’on parle «pour ne rien dire ».50
50
- Charaudeau .P : op. Cit, 1983, p. 101.
51
-Charaudeau . P : op. Cit, 1983, p. 101.
45
Par conséquent, il ne doit pas laisser penser un seul instant que l’évènement dont il a
la responsabilité de rapporter et imprégner de sa subjectivité, mais plutôt qu’il est le fruit de la
vérité employée au service de la mise en scène de la réalité.52
A cet effet le scripteur utilise plusieurs techniques comme par exemple l’emploi
d’énoncé délocutif,53 qui ont un caractère d’irréversibilité, ou bien l’emploi du présent qui a
pour but la production d’« un effet d’actualisation existentielle»54, c’est-à-dire de récré
(récréation) ce qu’appelle P. Charaudeau« l’illusion du direct».
Cela peut s’effectuer en optant aux tournures et aux formules les plus simples et les
plus directes, pour ne pas induire les lecteurs en erreur, ou les encombrer avec l’abus de
détails, qui peut provoquer l’indifférence.
Ces lois définissent bien évidemment un discours classé « idéal »,celui qu’on suppose
dans l’absolu, l’acte de communication (qui vise à priori la compréhension la plus rapide et la
plus totale entre ses différents partenaires).
52
-Cette mise en scène commence au niveau des titres qui annoncent ce travail de représentation et qui
obligent le lecteur à considérer par évidence les faits comme des « évènementsréels ».
53
-Ce type d’énoncé a pour caractéristique de présenter l’événement comme une évidence, un fait posé
et rapporté sans altération, un événement que l’on ne peut pas changer.
54
-P. Charaudeau : op., cit, 1983, p.114.
55
-Freud parle à propos d’un sujet annexe, qui est le langage publicitaire (langage qui exploite les
mêmes techniques que le discours médiatique), de langage hypnotique dans lequel « des pensées
contradictoires, non seulement ne se distinguent pas, mais encore se juxtaposent, se condensent et
forment un compromis que nous n’admettrions jamais dans la pensée normale » (l’interprétation des
rêves), voir à ce sujet l’article de « tautologie » dans l’encyclopédie Universalis 9 multimédia.
46
intégrante de notre travail, que l’on va développer plus en détail dans les rubriques qui vont
suivre.
Conclusion
Pour conclure notre premier chapitre, nous pouvons attester que la subjectivité, la
modalité se réalise à travers des indicateurs linguistiques qui permettent d’observer l’attitude
énonciative du locuteur devant ce qu’il énonce.
Dans le cas de notre recherche sur le discours journalistique, certes, il s’agit d’analyser
les informations émises par le journal, mais il s’agit également d’analyser comment les
actants de l’énonciation se positionnent en s’appuyant et travaillant sur les dispositifs
énonciatifs.
47
DEUXIEME CHAPITRE
Modèles d’analyse des actes du
langage &
Points de vue énonciatif
Introduction
Définir clairement l’analyse du discours et limites est devenu une tâche très difficile parce que
cette dernière possède une pluralité des visées complexes qui sont toujours en situation de
développement. Cet objet est en effet interdisplinaire, il faut attendre donc les années 60 pour
discerner ses frontières, pour que les courants linguistiques se dessinent et façonnent l’actuel
champs de l’analyse du discours, de cela s’ajoute également un renouvellement de travaux et
l’apparition d’autres approches.
Cette diversité, cependant, ne fait que refléter la multiplicité parfois antinomique de points de
vue et c’est sans doute parce que l’objet du discours est désormais situé en position centrale et
incontournable dans toutes les sciences.
L’énonciation n’est pas un objet d’étude récent car ses aspects linguistiques se trouvent déjà
dans la grammaire et la deixis. Ainsi, ce domaine d’étude a connu son essor surtout avec les
travaux d’Emile Benveniste qui se basent sur l’existence d’un sujet qui donne du sens à son
discours.
L’énonciation est une activité linguistique liée par son énonciation qui annonce son
discours à un moment donné.
Nous essayerons dans ce chapitre d’éclaircir toutes les nuances qui distinguent l’énoncé aussi
que le discours et l’énonciation : « il s’agit en fait du même objet, et la différence réside dans
la mise en perspective de cet objet » 56
56
Orrechioni.p 34
57
Orrechioni , p 173
49
1. La sémiologie de la communication
Elle est née avec EricBuyssens qui sera l’un des ses premiers partisans. Des linguistes
comme Georges Mounin, (Introduction à la sémiologie, Ed. Minuit, Paris.1970), Luis J.
Prieto, (Messages et signaux, P.U.F., Paris, 1966, « La sémiologie », in A. Martinet, Le
langage, Coll. La Pléiade, 1968), Jeanne Martinet (Clefs pour la sémiologie, Seghers, Paris,
1973) ont travaillé à définir une sémiologie de la communication et à constituer ses principes
et ses fondements.
Les signes évocateurs à eux-mêmes de sens, sont explicitables par les fonctions qu’ils
remplissent dans les différentes sociétés où ils existent et dans lesquelles ; ils feront l’objet de
la sémiologie. " La sémiologie peut se définir comme l’étude des procédés de communication,
c'est-à-dire des moyens utilisés pour influencer autrui reconnu comme tels par celui qu’on
veut influencer".58
Donc, pour E.Buyssens, la sémiologie est une étude qui vise la communication par les
moyens qu’elle utilise afin d’influencer et agir sur autrui comme objectif de première tache
que doit accomplir cette science. " Le point de vue sémiologique nous oblige à revenir à la
fonction primordiale des langages : agir sur autrui", en parlant, en agissant.59 La langue ne
sert pas à révéler le monde mais à influencer l’autre.
58
E. Buyssens, La communication et l’articulation linguistique, Presse universitaire de Bruxelles,
1967, p.11.
59
Idem, p.12.
60
L.J.Prieto, op. cit., p.94
50
Alors nous pouvons résumer ce qu’on vient de citer comme suit : il y a processus
sémiologique quand il y a :
Par ailleurs, chaque élément composant ce célèbre schéma est suivi d’une fonction
qu’il doit accomplir
61
E. Buyssens, op.,cit, p.20
51
Schéma de la communication verbale, d'après Jakobson62
Néanmoins, ce schéma a été critiqué par la suite, revu et corrigé par E. Benveniste
sous prétexte qu’il n’y a aucune coopération entre ses interlocuteurs, c’est que le rapport qui
unit les deux protagonistes de la communication est plus que pragmatique et exécutif, il faut
qu’il y ait échange et participation, caractérisé par un aspect passif de la part du récepteur.On
remarquera donc que ce schéma est centré sur une structure d’échange et de permutation des
rôles. Ce qui crée un certain dynamisme et activité chez les deux acteurs de la
communication.- cette communication s’appuie en second lieu sur un deuxième axe non
62
D’après Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
52
linguistique, reposant sur les systèmes extralinguistiques classés par G. Mounin et E.
Buyssens en trois catégories principales :
Schéma N°3
Compétences Compétences
REFERENT
linguistiques linguistiques
Déterminations Déterminations
« psy » « psy »
Contraintes de Contraintes de
l’univers de discours l’univers de discours
Modèle de Modèle de
production production
Commentaire
53
jeux une inégalité de leur compétence, qui s’identifie avec « l’archi français d’une « archi-
locuteur- allocutaire »
En outre, en 1975, P.Bousolier s’y arrêter avec force sur cette idée « langue commune » joue
un rôle idéologique bien précis : elle sert à masquer pour l’apparence euphorisante d’une
harmonie imaginaire l’existence de tensions, d’affronteurs et d’oppressions bien réels »2
Cette idée également renforce la distinction qu’à dégagée O.Ducrotautre sens signification, il
déclare : « J’appelle signification une valeur sémantique attachée à la phrase, et » sens »,
celle de l’énoncé, c’est-à dire l’ensemble des actes de langage (…) que le locuteur prétend
accomplir au moyen de son « énonciation » : le sens de l’énoncé constitue ainsi une
présentation partielle de l’énonciation par l’énonciateur ».1
En fait, les mots construisent une composante lexicale où se rencontrent le plus massivement
les divergences idiolectales, ils sont dotés de significations spécifiques au service d’une
création de multiples situations d’échanges d’idées, cependant, ces mots incarnent aussi de
nombreux sens selon la situation d’énonciation visée.
Cela, s’établit pour assurer ce que Cathrine Orecchioni appelait une intercompréhension
partielle.
Par ailleurs, l’émetteur doit forger son idéologie et ses idées et c’est à ses récepteurs de la
remodeler Solon la convention entreprise entre ces deux partenaires.
En fait, l’un de ces partenaires doit imposer son propre idiolecte et s’est le plus fort qui peut
s’imposer
2
Boundien.
1
C.K.O : op.cit,1999,p 17.
54
La mise en œuvre de cette communication implique l’existence de deux idiolectes et non pas
un code unifié cela veut dire : « idéalisation théorique qu’implique le fait d’identifier la
compétence du locuteur à celle de l’auditeur ». Donc le sens subit a des changements et il
s’identifie selon la compétence du locuteur.2
C.Kerbat Orrechioni revient une autre fois à ce qu’elle a appelé la compétence implicite qui
doit comporter les deux partenaires. Elle précise que le choix d’une
C.Kerbat Orrechioni revient une autre fois à ce qu’elle a appelé la compétence implicite qui
doit comporter les deux partenaires. Elle précise que le choix d’une quelconque
communication est lié par un ensemble d’aptitudes « on pourrait même considérer que
chacun des deux idiolectes Comportant deux aspects : compétence du point de vue de la
production, compétence du point de vue de l’interprétation 3
D’autre part, le mécanisme des deux opérations l’encodage et le décodage d’un discours
fonctionnement selon la propre culture, idéologie des deux et le rôle énonciatif de chaque
partenaire.
Parler une telle langue n’est pas seulement la maitriser, mais on doit connaitre la culture et les
conditions auxquels vit l’interlocuteur
Qrrechioni ajoute également de la compétence d’un sujet. En effet, la compétence est selon
elle : « la somme de toutes ses possibilités linguistiques, l’éventail complet de ce qui est
susceptible de produire et d’interpréter.»
Toutefois le décodeur d’un discours doit se baser sur un ensemble de contraintes pour
arriver à la fin à l’interprétation du message ciblé.
Les compétences linguistiques qu’on a parlées au-dessus devraient être associées, d’une part,
déterminations psychologique et psychanalytiques qui facilitent bien évidement la tâche de
l’interlocutaire, et, d’autre part des compétences culturelles et idéologiques qui permettent
également le récepteur à faire une adaptation avec les données visualisées et ses propres
conditions.
2
Yon 1978, p 71 in énonciation/ Orrechioni, p18.
3
énonciation, p 19.
55
A l’aide de toutes indications tangibles dans l’énoncé et avec toutes les connaissances qu’elles
soient langagières ou contextuelles le décodeur peut accéder approximativement au sens
encodé afin que son interprétation soit authentique.
A ce propos, Orrechioni confirme : « en vue d’un acte énonciatif les sujets, émetteur et
récepteur font fonctionner des règles générales qui régissent les processus d’encodage et de
décodage, et dont l’ensemble une fois explicité »(ce qui encore loin d’être le cas).
Par conséquent, l’interprétation des différents énoncés s’appuient forcement sur l’association
d’un ensemble des éléments qui mènent la reconstruction du sens, cela, nous même à dire
aussi que cet échange d’interaction entre l’émetteur et le récepteur du message nécessite une
collaboration entre eux afin que chacun d’eux attend l’autre .
Le discours journalistique doit donc être perçu comme un acte de langage. Or cet acte
met en exergue une production langagière impliquant non pas seulement les relations entre les
protagonistes de l'interlocution, au contraire, celles entre le producteur de l'énoncé, à savoir le
journaliste et le monde, en l’occurrence du public. Alors que les éléments sémiologiques
d'une situation de communication se trouvent dans la situation elle-même et ne se manifestent
que dans ou par le langage, la situation de communication dans les médias écrits se dégage
l’obstacle de la déficience interactive que ces médias et leurs discours doivent dépasser.
63
Il faut refuser de croire que le sens est une donnée conventionnelle dans l'absolu. Dans
l'interprétation de l'énoncé, un certain nombre d'éléments involontaires, un certain nombre de bruits de
l'émission apportent des informations au destinataire. Cela veut donc dire que l'énonciation est au
moins aussi importante que l'énoncé lui-même.
56
Le discours écrit pour Benveniste (1974 : 88) en revanche, pour peu qu'il réunisse les
éléments de l'instrument linguistique de l'acte énonciatif, représente une situation
d'interlocution immédiate. Kerbrat-Orecchioni (1998) demande un dépassement de la
conception abstraite, "non-adressée" des communications écrites. Pour elle, les pratiques
écrites sont sémantiquement, voire stylistiquement "marquées", induisent une réaction, et sont
donc des interlocutions. En fait, nous sommes à la recherche de traits linguistiques qui vont
constituer l'objet d'étude de discours effectifs, produits dans le cadre "normal" d'une
communication et reflet de ce cadre. Le fait linguistique doit donc porter les marques de la
situation énonciative, celles de l'investissement du locuteur dans son discours.
Dans cette tendance, il faut refuser de croire que le sens est une donnée
conventionnelle dans l'absolu. Or, dans l'interprétation de l'énoncé, un certain nombre
d'éléments involontaires, voire inconscients et un certain nombre de bruits de l'émission
apportent des informations au destinataire, comme ils peuvent l’affecter. Cela veut donc dire
que l'énonciation est au moins aussi importante que l'énoncé lui-même. L'objectif est de
retrouver les traces d'inscription des catégories énonciatives dans les énoncés, de leur donner
une interprétation, et aussi de voir les formes de subjectivation dans le langage.
Cela suppose qu'on admette un état de langue normale, objectivée et qui serait le
Degré zéro d'écriture selon (Roland Barthes), état qui correspondrait, dans la dichotomie
saussurienne, à la langue. C'est dire qu'il existe un niveau de la langue qui se réduirait à la
construction de la référence, le discours se réduisant à son contenu propositionnel.
Quant à Oswald Ducrot (1993), il parle de la partie isolable de la signification qui soit
une pure description de la réalité. Or, pour lui, cette distinction du subjectif et de l'objectif
dans le langage est davantage théorique. En admettant avec Jean-Claude Coquet (1984) le
primat des discours effectifs sur la langue, on reconnaît que l'instance énonçante, qui
engendre le discours, oriente la sélection des éléments sémiologiques des énoncés.
Dans ce chapitre, nous allons certes poser le problème du sujet énonciateur dans les
articles journalistiques, mais il faudrait aller au-delà afin de pouvoir voir comment fonctionne
la subjectivation du discours dans notre corpus et examiner la question de la cohérence
argumentative des articles en question.
57
rôle de l'interlocuteur, et le rapport de l'énonciateur à son énoncé ; et ce dans une prise en
charge historicisée des phénomènes tels que les actes de langage, les indexicaux, la
construction de la référenciation, la performativité, le dialogisme sous ses différentes formes
ou l'hétérogénéité du discours. Cette analyse a comme point d'aboutissement la conception de
la cohérence textuelle comme un rapport constant à l'instance d'énonciation (Janetta
Ouzounova, 1996 : 137). Cette cohérence implique des choix linguistiques et
métalinguistiques de la part du locuteur.
Ceci place d'emblée le sujet au centre de l'énonciation, puisque nous devons classer et
dégager l'interprétation des formes d'expression de cette énonciation : marques d'énonciation,
choix linguistiques, structures de subjectivité des énoncés.
La notion d'énonciation vient du latin "enuntiatio" qui désignait en général le lien qui
existait entre ce qui est dit et celui qui le dit. La notion a d'abord été philosophique,
grammaticale avant d'être au centre des préoccupations linguistiques. L'approche énonciative
s'est développée avec les discours aussi bien de Platon, d'Aristote que ceux de Husserl et Kant
sur le sujet du langage. L'énonciation linguistique s'est fixée dans les années 1920 avec des
post-saussuriens comme Albert Sechehaye, Charles Bally, Gustave Guillaume, Émile
Benveniste entre autres. Elle représente l'ensemble des actes qu'effectue le sujet parlant pour
construire, dans un énoncé, un ensemble de représentations communicables. Elle repose sur
l'intuition que les déterminations du langage humain se trouvent dans l'énonciation et non
dans des réalités abstraites préconstruites comme la langue ou la proposition. Elle reconnaît
par conséquent le lien de la langue et de la parole, l'implication des protagonistes de l'acte de
langage dans l'étude du langage. Ainsi, on insiste sur le caractère actif et individuel ainsi que
sur le caractère intentionnel de l'acte de communication.
58
Sur le plan théorique, Émile Benveniste (1966 : 238-245) se veut systématique en
établissant l'appareil formel de l'énonciation comme un classement des points d'ancrage
énonciatifs qui structurent la communication dans les circonstances de sa production, car
l'énonciation est la mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d'utilisation
(ibid., 1974 : 80). L'analyse du discours doit alors commencer par une mise en place du statut
intra-textuel des différents actants de la communication (Catherine Kerbrat-Orecchioni, 1980 :
159), à travers un certain nombre de paradigmes. Par exemple, l’article journalistique est un
discours écrit que nous assimilons, sur le plan dialogique et dans la taxinomie de Catherine
Kerbrat-Orecchioni, au dialogue, qui est tout discours adressé qui n'attend pas de réponse, du
fait du dispositif énonciatif où il s'inscrit, ou des normes particulières qui régissent son
fonctionnement (1998 : 15). Autrement dit, l’article journalistique ressemble à une bouteille à
la mer, jamais assurée de sa destination ni de son destinataire.
Par ailleurs, même s'il faut reconnaître que le dialogisme "externe" du genre est
embryonnaire, à partir des discours rapportés (du discours représenté, de l'interdiscursivité)
récurrents ici, force est de constater le dynamisme d'un dialogisme "interne" aux énoncés
articles journalistiques. Ces paramètres constituent l'essentiel de notre analyse énonciative.
59
individuel de volonté et d'intelligence (F. De Saussure, 1916: 30). Comme l'analyse Mathieu
Valette (2004), les définitions successives que la linguistique a données des notions jumelles
parole/énonciation mettent en évidence deux composantes : acte/individu; et donc
actualisation/sujet parlant.
Ce d'autant plus que l'acte d'énonciation ne nécessite pas toujours d'être assumé. Des
textes sans marques linguistiques formelles mettent quand même en scène des expressions
linguistiques et des réalités discursives projetées par une instance énonçante. Jean-Claude
Coquet (1993 : 13) admet une instance dépourvue de jugement et donc d'intentionnalité
comme instance énonçante : c'est l'instance non-sujet.
Pour que le discours garde sa cohérence, il doit y avoir un rapport constant à l'instance
qui l'énonce. Ainsi, le statut indiciel n'est qu'une étape vers le statut instanciel. Seul ce dernier
statut, par la présence ou l'absence de jugement permet de reconnaître le sujet du non-sujet.
Actualiser le discours c'est ainsi le poser comme l'acte d'un sujet protéiforme, d'une
hétérogénéité énonciative. Il est nécessaire de stratifier l'instance énonçante, de voir ses
manifestations dans le discours à travers les formes linguistiques systématisées par
64
Ceci a été développé par Arrivé (1999)
60
Benveniste à travers l'appareil formel de l'énonciation. Il convient donc de mettre en évidence
les éléments du passage du virtuel de la langue à l'actuel de la pragmatique discursive.
Enonceur, locuteur ou énonciateur dit-on ? Le statut du locuteur dans les textes écrits,
surtout médiatique a toujours été assez complexe. Un journal met en scène une hétérogénéité
de sources. Le parcours le plus courant de la communication par l’article de presse consiste
pour l'auteur d'un article à proposer un titre, un sous-tire, un chapeau ou intertitre qui peuvent
être corrigés par le responsable ou un membre de la rédaction ou le maquettiste, pour
respecter les impératifs d'espace ou pour des raisons d'efficacité. La complexité énonciative
du support rend caduque une catégorisation de l'instance de production qui se figerait au
locuteur et à l'énonciateur.
En admettant que nommer c'est segmenter la réalité au moyen des signes, et que ces
signes ne prennent sens qu'à partir des communicants, il est aisé d'affirmer que les
dénominations servant à évoquer les participants à la communication par le langage ont une
incidence sur les contenus des énoncés. Le plus souvent, on distingue le couple
locuteur/auditeur pour les communications orales et le couple scripteur/lecteur pour les
communications écrites. Du moment où on constate l'imbrication de l'oral et de l'écrit, des
termes génériques de chaque instance auraient été plus efficaces. Le couple
émetteur/récepteur par contre a le défaut d'être un peu trop lié à la technologie. Quant au
couple destinateur/destinataire, sa généralité est insuffisante puisqu'un destinataire par
exemple n'est pas toujours celui que l'on a l'intention de toucher, mais peut être quelqu'un qui
fortuitement saisit le message. Il faut donc adapter la nomenclature des communicants, à
l'image même de la communication, en rapport avec le genre.
61
processus de "création"65) à partir d'un matériau tangible (le texte). Il conçoit donc l'étape de
l'actualisation comme un processus ontologique qui, dans sa théorie des opérations
énonciatives occupe les niveaux I et II66.
L'énonceur est par conséquent l'être discursif à l'origine de l'énoncé, celui qui participe
à sa conception : c'est le véritable metteur en scène de l'énoncé, statut que Ducrot accordait
plutôt au locuteur. Chaque énonceur est une motivation suffisante du locuteur. On retrouve
des traits de cette instance dans le niveau I du système de représentation de la théorie des
opérations énonciatives de Culioli, l'instanciation. Ce niveau est celui de la cognition, des
activités affectives et sensori-motrices, de l'expérience physico-culturelle du monde. Il est
aussi le siège de la mémoire discursive, celle des interdiscours. Cette instance appartient au
plan puissanciel du discours chez Gustave Guillaume, le plan de l'idéation, celui de la visée
des discours et des choix linguistiques, bref, celui de la compétence communicative. Dans ce
sens, Janeta Ouzounova, (1996 : 3) affirme que:« L'instance se révèle à partir d'une
expérience subjective, le pouvoir de signifier commence avant la prise en charge par le
jugement de cette même expérience ».
J.C. Coquet (1996) suppose d'ailleurs aussi qu'il y a dans le langage une instance de
production, un moi premier dans lequel on perçoit, à côté d'une instance projetée, celle qui se
matérialise dans la communication, qui est dotée du pouvoir d'assumer un jugement. Dans ce
phénomène de double instance, l'une, par la parole (ici l'écrit) donne corps à l'autre. Kronning
(2002) détache aussi une instance correspondant à l'énonceur, le locuteur source, distinct
65
Arrivé et alii (1986)
66
Le niveau I est celui des opérations mentales, des notions, l'instanciation et le niveau II est celui de
l'agencement des marqueurs, des traces textuelles, l'énonciation.
62
d'instances comme le locuteur de l'énoncé et le locuteur du discours. Chaque journaliste,
chaque membre de la rédaction du journal agit comme sujet énonçant unique d'une globalité
énonciative complexe liée au support. Il est de ce fait une complexité singulière qui se
construit pour une autre complexité collective. Il constitue de facto un énonceur potentiel et,
au moment où il intervient dans l'élaboration de l’article, il devient un énonceur actif.
L'énonceur dans la construction cet article est un mutant (il voudra par exemple "arranger" sa
pensée pour être en conformité avec la ligne éditoriale du journal67.
Ce plan puissanciel n'est ainsi nullement disjoint du plan d'effet. Le plan de l'effection
est celui de la perception du discours par l'interlocuteur comme émanant d'un sujet, autrement
dit, c'est le second aspect de la vision que Baylon et Mignot avaient de leur énonceur,
l'instance de l'émission de l'énoncé : appelons-la"locuteur". Ce sujet constitue à quelques
nuances près chez Oswald Ducrot le "Locuteur λ" (locuteur du discours), sujet de la
production de l'énoncé et le "Locuteur-L" (locuteur de l'énoncé), sujet de la référence et des
points de vue exprimés. Autant l'énonceur n'a pas de réalité discursive et sa virtualité lui
refuserait un véritable statut linguistique dans la hiérarchisation des instances de l'énonciation,
autant le locuteur voit sa concrétisation à travers le discours proprement dit ou par des
marques formelles inscrites dans l'énoncé. Autrement dit, le locuteur a la particularité d'être
l'instance d'objectivité, la manifestation définitivement physique de/par l'énoncé, celle dont
les marques objectives donnent une forme et une référence à la situation de communication
(et au mode d'organisation énonciatif du discours, en suivant le sens que Ducrot donne au
Locuteur-L).
Sans doute, le locuteur peut-il dans certains énoncés s'assimiler à l'énonciateur, mais
entre celui qui produit l'énoncé et celui qui assume tout ce qui est dit dans cet énoncé, il y a
une différence nette. L'énonciateur est la source du jugement, des plans de l'énonciation. Les
67
Cette entité surdéterminante de l'énoncé est elle-même le produit d'une énonciation.
63
opérations de l'énonciateur sont celles « qui sont liées à une modélisation, et ne sont pas, en
tout cas pas directement, de nature cognitive » (Franckel J.-J. et Lebaud D, 1992 : 90).
L'énonciateur peut être dissocié des marques formelles d'indication déictique et apparaître
dans l'énoncé à travers un certain nombre de "subjectivèmes". Quand cependant l'actualisation
déictique concorde avec l'actualisation modale on parle de "subjectivité".
Selon Sophie Moirand (2006), ce ne sont pas les interlocuteurs qui interagissent
directement dans la presse, alors il y a, « surplombant la diversité des intervenants et la
diversité des scripteurs, une responsabilité singulière, celle de l'instance socio-institutionnelle
du journal ». Autrement dit, la responsabilité dans la presse est essentiellement éditoriale sur
le plan de la justice, elle incombe au locuteur.
64
Le statut informationnel est indéterminé et semble fonctionner comme si l'article de
presse était une construction collective [Nous = Je+(Tu) +(Lui)], et que l'indétermination des
énonceurs régissait l'usage du pluriel en titre. Les énonceurs vont subsumer leurs
personnalités au bénéfice de l'abstraction qu'est le journal qui, en situation d'énonciation et de
contact avec le lecteur, devient locuteur (l'instance énonçante, et aussi le sujet qui "s'engage"
à échanger avec le lectorat). On pourrait gloser ce nous par un "Notre équipe de rédaction". A
ce moment, l'énonceur partage avec d'autres personnes des liens d'appartenance corporative.
Au regard de la taxinomie des instances de production de discours médiatiques de
Charaudeau, on a affaire à un chercheur–pourvoyeur-transmetteur d'informations.
Dans tout article et quel que soit son genre textuel, le locuteur-journal est une instance
de repérage des faits, il se présente comme sujet d'une expérience perceptive, sa présence
donne comme une garantie d'objectivité, d'authenticité à la référence. Paradoxalement, le
contrat de lecture oblitère que la compétence et les commentaires du nous ont une telle charge
cognitive qu'il ne peut être qu'un "sujet évaluant", le produit d'une subjectivité. Il va alors
commenter l'information et provoquer le débat .
Pour étudier la communication, il faut pouvoir se placer dans les conditions qui
président à la production des énoncés (la situation de communication). Des structuralistes
comme Otto Jespersen ou Roman Jakobson ainsi qu’Emile Benveniste se sont attelés à une
construction théorique de l'énonciation, en opposition avec l'énoncé. Ils vont concevoir la
mise dans la chaîne du discours de l'instance énonçante [appelons-la"Locuteur", comme
Benveniste (1974) et Ducrot (1984)], son appropriation des faits évoqués, sa position par
rapport auxdits faits, à travers un ensemble de signes appelés déictiques. La valeur des termes
appelés déictiques ou deixis ou "shifters" selon les termes de Jespersen ou embrayeurs de
Ruwet, est fonction de leur actualisation dans l'énoncé où ils apparaissent. En d'autres termes,
les unités déictiques forment une classe de mots promus à l'existence par l'acte d'énonciation
(Benveniste, 1974). De l'acte individuel de production dont les mécanismes devaient
intéresser le linguiste (selon le projet de la notion d'actualisateur de Bally), l'énonciation
devient l'impact du sujet dans le texte.
Émile Benveniste (1966) parle d'indiciels et distingue les indiciels de personne, les
indiciels temporels et les indiciels spatiaux. Ceux-ci correspondent à des séries
paradigmatiques pronominales, à des indices d'ostentation (pronoms, adverbes, déterminants à
base démonstrative), à des marques temporelles égocentrées (verbales et adverbiales). Ils
situent par rapport au "Moi", "Ici" et "Maintenant" du sujet parlant. En plus des deixis
indiciels, les deixis anaphoriques permettent de leur côté de référer anaphoriquement à un
élément en contexte : Le contexte joue alors, dans le discours, un rôle analogue à la situation,
créant une série d'"ancrages" pour la suite (Fuchs C. et Le Goffic P., 1992 : 133)
68
La situation de communication médiatique est relative à un acte de communication, à une
instruction discursive, et renvoie aux caractéristiques du dispositif impliquant une instance de
production médiatique et une instance de réception-public, reliés par une visée d'information. Le
contrat d'énonciation journalistique, relatif au positionnement énonciatif du sujet journaliste, est la
façon dont cet énonciateur journalistique met en scène le discours d'information à l'adresse d'un
destinataire imposé en partie par le dispositif et en plus imaginé et construit par lui.
66
3.2.1. Les indices de personne
Pour comprendre l'usage du vous dans l'énoncé, il faut le considérer comme relevant
d'une propriété du discours du titre de presse que Kronning (2002) appelle discours de " la
catégorie médiative ". Cela signifie que le locuteur reprend une information empruntée à un
énonceur donné (dans ce cadre appelé locuteur-source). Les journaux essaient de présenter de
chacun sa lecture de l’article. Nous pouvons également penser à ce genre d’énoncés comme
des interprétations de discours en circulation dans le sens de Laurence Rosier (2005 : 160),
« un discours (qui) doit avoir fait l'objet de plusieurs transmissions et progressivement
s'imposer comme une évidence, par sa transmission ». Ces interprétations donnent lieu à des
discours nouveaux sur le sujet, discours qui positionnent le locuteur comme source et
transmetteur d'information. La particularité de l'allocutaire ici c'est qu'il ne peut répondre
directement à son interlocuteur, la situation de communication immédiate entre le journal et
ses lecteurs refusant la co-locution. La conséquence de cette pseudo co-locution est la valeur
de vérité générale attribuable à l'énoncé, valeur que l'on reconnaît aux maximes ainsi qu’aux
proverbes. Cette valeur se retrouve même dans les énoncés moins impératifs.
Pour conclure, on peut dire que le locuteur-journal peut aussi manifester assez souvent
une certaine identité par les pronoms personnels de la première personne du pluriel. Ces
marques grammaticales indiquent tantôt le caractère collectif de l'ontologie du locuteur, tantôt
67
visent à manifester un locuteur social, ayant des traits identitaires avec ses lecteurs-
destinataires. Comme on peut remarquer dans un article une faible proportion de pronoms de
la deuxième personne, cela illustre le souci constant du locuteur de ne pas se disjoindre de ses
lecteurs. Le sentiment d'appartenance à une entité commune, à une communauté est un facteur
du sentiment d'interpellation et d'adhésion du lecteur par/aux les sujets développés et donc un
argument d'attraction.
Les unités de repérage, des points d'ancrage du texte à la situation d'énonciation, outre
ceux de la personne forment un véritable système autour des marqueurs de la temporalité et
ceux de la localisation spatiale. Ils permettent d'assigner des "valeurs référentielles" aux
éléments de l'énoncé par rapport au sujet de l'énonciation. Entre ces unités et le contexte, se
noue une relation d'interdépendance et Calame (1986 : 15) pense qu'il y a non seulement
échange entre le contexte signifiant de production du discours et ce discours même, mais il y a
constitution mutuelle par l'intermédiaire du sujet parlant et énonçant, de l'un par l'autre, de
l'un dans l'autre. Il ne s'agit donc pas seulement d'examiner le statut du sujet et de son
contexte situationnel dans le discours, on devra également déterminer l'influence dudit
contexte sur le comportement linguistique, sur la perception du sujet. Les unités linguistiques
du système indiciel du temps et de l'espace se rencontrent dans la catégorie des verbes (et des
temps) et des adverbes.
68
a- L'avenir peut s'exprimer par le futur simple, temps très souvent associé à la valeur
de vérité. Gustave Guillaume le nomme d'ailleurs futur catégorique, distinct entre
autres d'un futur hypothétique (le conditionnel) ;
b- La valeur de certitude attribuée à certains verbes peut venir d'une circonstance
précisée en titre par exemple, dans un raisonnement faussement déductif ;
c- Le futur périphrastique partage les valeurs du futur catégorique, le modal portant
imperceptiblement lesdites valeurs. Le futur périphrastique renforce le caractère
absolu du procès ;
d- L'évocation récurrente de ces procès à-venir peut être interprétée comme la volonté
de protéger son public des mensonges et des non-dits institutionnels. Le journal
apparaît comme remplissant de réelles missions de service public ;
e- L'accompli, en rapport avec l'espace-temps de l'énonciation, est marqué par des
adverbes comme dernier. Il indique la situation d'un événement accompli par
rapport à d'autres faits similaires et par rapport au moment de l'énonciation ;
f- Le repère est le moment où l'on parle, le dernier est donc le plus proche de ce
moment-là. Actualiser des faits, c'est les classer dans le temps ;
g- Le passé composé situe dans un passé avec une incidence psychologique au
présent ;
h- L'usage du présent de l'indicatif est problématique car, comme nous l'avons vu, il a
souvent la valeur narrative, itérative et même la valeur de vérité générale. Quand
bien même le présent serait celui de l'énonciation, il est difficile de circonscrire le
moment dit de l'énonciation. La communication écrite étant une communication
différée, il est très difficile que les faits soient exactement concomitants au temps
de l'écriture ou au temps de lecture. Il ne peut s'agir dans l'absolu du jour de la
lecture (celle-ci pouvant être de longtemps différée), mais est-ce le jour de
parution ?
i- Le procès peut relever de l'accompli. Un participe passé adjectif épithète sera la
marque de l'accompli. Le passif permet de mettre en exergue la victime de
l'action ;
j- Des déictiques anaphoriques peuvent servir à la situation du contenu du journal
dans la situation de communication immédiate. On se réfère ainsi à des "objets"
perceptibles par les interlocuteurs.
o Exemples :
Voici le futur président de l’Algérie ;
69
Toute l'actualité politique dans ce journal.
Ces déictiques (voici, ce) illustrent à suffisance l'acception que cette catégorie de mots
n'a de sens que par rapport à une référence situationnelle ou contextuelle. On situe le contenu
de l’éditorial par rapport au contenu des autres éditoriaux dans les journaux, par rapport aussi
aux précédentes publications des journaux (ce) et aussi par rapport à un élément sensé être
perçu par le destinataire. Cette auto-référenciation marque comme nécessaire la démarcation
de la doxa69, positionner le journal en rupture avec les discours en circulation, et donc inviter
le lecteur à se rapprocher du "bon" journal. Malgré l'imprécision du point de référence, les
anaphoriques affirment la présence de la réalité désignée dans un espace que le lecteur est
"naturellement" capable de situer : l'intérieur du journal, en plus signalé par le numéro de
page à la suite. Ces déictiques sont autant de promesses de récit et d'analyse qui rendent
indispensable la lecture suivie du journal. Les déictiques assurent à la fois les fonctions de
cohérence intertextuelle et des fonctions commerciales.
Nous avons admis que les repères objectifs permettent d'identifier le locuteur-journal
comme lieu de référence des marques d'énonciation. Nous avons cependant distingué ce
69
Le terme de doxa, (du grec δόξα) désigne selon dictionnaire Bailly l'«opinion », l'« avis » ou le «
jugement » et dans un sens étendu la « réputation ». Le mot « doxa » tire son origine du grec dokéo
(δοκέῶ) qui signifie « sembler », « paraître » ou « avoir l'apparence ».
70
Patrick Charaudeau (2006) dit à ce propos que le temps des médias n'a pas d'épaisseur […], et
l'événement qui s'y trouve est comme un îlot perdu dans un espace archipélique dépourvu de tout
principe de cohérence.
70
producteur d'énoncé des sources d'éventuels jugements qui se manifestent, suivant ainsi la
voie déjà tracée par Ducrot.
71
Notons que la théorie de Benveniste a souvent évolué, mais on n'a retenu que le Benveniste de 1974
et son appareil formel d'énonciation.
71
L'énonciation pour lui est certes un acte, mais surtout le produit de cet acte, et elle se confond
avec l'énoncé. Jeanne-Marie Barberis (citée par Rabatel, 2005 : 119) a le même souci d'aller
plus loin que l'appareil formel de l'énonciation pour systématiser les marques de l'énonciation
et retrouver l'origine énonciative de l'énoncé .La présence du locuteur et de l’interlocuteur
dans l’énoncé signalée par les pronoms personnel, Benveniste ne montre que les deux
pronoms personnels du 1eret du 2emepersonne ont un statut différent de ceux de3eme personne.
En effet, et Selon lui toujours, ces deux pronoms personnels représentent les deux
protagonistes de toute énonciation le » je » c’est l’énonciateur et le » tu » à qui
l’énonciateur énonce son message, ces personnes qui n’ont pas de contenu sémantique mais
constituent seulement des réalités de discours. Par contre le il »représente un élément
extérieur en dehors de l’énonciation, c’est une non-personne, par ce que chacun, construit à
la fois la production et la réception de l’autre.
A ce propos il définit : « la subjectivité dont nous traitons ici est la capacité du locuteur à ce
posé comme sujet ». Elle se défini, nom par le sentiment que chacun éprouve d’être lui-même
(…) mais comme l’unité psychique qui transcende la totalité des expériences récuse qu’elle
assemble et qui assure la permanence de la conscience ».
Voici la structuration hiérarchique des pronoms personnels selon Emile Benveniste (19.
Référent à une
« je » « tu »
Le linguiste continue à chercher les statuts que s’occupent les (2) pronoms personnels le« je »
et le « tu » ne peuvent pas se référer à une réalité de discours que Benveniste l’appelle « très
singulière ».
« je » désigne toujours la personne qui prend la parole dans la présente instance de discours
contenant « je » et« tu » est la personne à qui « je » dit « tu » dans la mesure où tous les
différents locuteurs utilisent ces formes.
Il critique également les énonces qui contiennent deux « je » donc nous serons en face deux
instances successive de discours nous ne serons pas sur si le 2 eme ne s’agit pas d’un discours
rapporté.
« […]On obtient une définition symétrique pour tu, comme «l’individuel locuteur ».
En conséquence, il critique dans tour l’unicité de ces pronoms comme catégorie homogène
universel existante dans toute langue. Parallèlement, il revendique existence d’autres unités
appartenant à cette même catégorie (pronoms personnels) les pronoms démonstratifs, les
pronoms indéfinis, les pronoms interrogatifs.
72
Dominique Chapon et Emma Drieu(2003), « Les grandes théories de linguistique » Armand Colin,
France,p173
73
A propos de la temporalité dans le discours Benveniste affirme :
Benveniste dans ses études observe que toute énoncé du type (je+verbe au présent de
l’indicatif) sert à réaliser un fait et non pas de la décrire par exemple « je renonce » réalise
l’action de renoncer, en revanche « j’ai renoncé. » Ne réalise pas une action, mais l’a décrit.
Il affirme que l’énonciation est responsable de certaines catégories de signes dont elle a
donné existence, parce qu’ils ne pourraient pas exister dans l’usage cognitif de la langue. Ces
entités qui émanent de l’énonciation n’existent que dans le réseau d’individus.
La subjectivité n'est par conséquent pas à réduire à des marques d'inscription du sujet
dans son discours. Elle va exprimer le point de vue, une position, une attitude du
locuteur/énonciateur à partir du mode de donation des référents objets du discours.
73
Benveniste , p83.
74
pour "saturer" sémantiquement celle d'énonciateur. Ces êtres correspondent à la prise en
compte de l'incarnation sémantique de telle ou telle source de point de vue. On peut les
associer à un locuteur virtuel ou à un non-locuteur en fonction des mises en jeu énonciatives.
Ce qui veut dire qu'il est difficile de comprendre un énoncé sans s'intéresser à l'aspect cognitif
de sa source, à l'expérience culturelle et à l'histoire affective qui l'a fait naître. D'où la notion
d'être du discours qui associe directement l'instance de l'énonceur à celle de l'énonciateur. Le
contenu analytique de l'énonciation devient par conséquent un rapport entre l'origine de
l'énoncé (imagination et construction) et le sens "propre" de cet énoncé, la situation de
communication et la situation d'énonciation, l'acte de communication et l'acte d'énonciation.
On doit aller plus loin pour voir dans ce repère-origine de l'énoncé et donc en l'énonceur un
simple support, l'effet de discours.
Le Cercle de Bakhtine conçoit en général le dialogisme comme les relations que tout
énoncé entretient avec les énoncés produits antérieurement ou ceux qu'il est possible de
produire. Selon Authier-Revuz (1984 : 99), toute parole est déterminée en dehors de la
volonté d'un sujet, et que celui-ci est "parlé plutôt qu'il ne parle". Le discours du sujet n'est
donc que le produit de l'interdiscours, la subjectivité du sujet étant donc une représentation de
discours entendus ou imaginés. L'activation de ces discours est fonction de la pragmatique
énonciative.
Dans la même dynamique, Patrick Charaudeau (2006) établit comme base d'analyse
que le positionnement du sujet énonciateur dépend des données de la situation dans laquelle
se trouve le sujet communicant. La production de la signification n'opère donc pas seulement
à la source, c'est-à-dire au niveau de l'intention, mais ses données relèvent d'une structuration
et d'une négociation de sens entre acteurs de la communication. Ces données sont donc
d'ordre socio-communicationnel parce qu'elles déterminent l'identité des partenaires de la
communication, la relation qu'ils entretiennent entre eux, la visée pragmatique qui motive la
prise de parole. Ces données fonctionnent dans un cadre instaurant des places et des relations
75
autour d'un dispositif (ibid.) qui les déterminent réciproquement de même qu'il détermine le
propos échangé, le support matériel de transmission et les circonstances matérielles selon le
type de situation locutive.
Le discours d'information médiatique, dans le cadre d'un titre de presse, parce qu'il est
fonction de la diversité des objectifs pragmatiques, de la complexité de la hiérarchie des
relations entre les sujets de la communication, des thèmes abordés, révèle des postures
énonciatives diverses et complexes.
La posture que l'on ne rencontre pas souvent dans le genre, sauf dans le cas de
discours directs, est la posture dite du "author"par Goffman (1981 : 144) ; celle qui consiste
pour le locuteur de s'engager dans ce qui est dit, d'être la source du discours qu'il assume
entièrement. Cela signifie que ce type de discours comporte des marques de repérage du
locuteur et de la situation d'énonciation et des marques de subjectivité attribuées au locuteur.
L'auteur a tendance à prendre à la fois les traits de notre énonceur en ce qu'il est le point
source des sentiments, des choix lexicaux, de l'énonciateur en ce qu'il est la source des
jugements et du locuteur parce qu'il produit les énoncés.
En fait, le "principal" pose le problème des relations entre les instances énonciatives.
Pour ne pas encombrer ce que l'on appelle couramment le locuteur, nous l'avons divisé en
deux plans : un plan puissanciel qui est celui des imbrications psycho-socio-ethno-
linguistiques productrices des énoncés auquel nous avons donné la dénomination "énonceur".
76
Le "Locuteur" est l'instance de matérialisation de l'énoncé, de la référence formelle à la source
d'énonciation. C'est d'ailleurs du fait de la conjonction de ces deux instances comme Locuteur
que l'on a pu voir celui-ci comme un metteur en scène, "le fantasme d'un moi tout
puissant"(Bakhtine, 1975), une sorte de deus "exmachina" des relations avec les énonciateurs,
et cela n'a pas permis de saisir sa relation avec ceux-ci. Toutes ces postures de Goffman
montrent à suffisance l'importance de la diversité des discours et des énonciateurs, celle de
leur hiérarchie dans l'analyse des énoncés. Mais ces positions ne sont pas aussi cloisonnées
que cela dans la réalité discursive. Quelles relations donc entre la dynamique des formes
discursives et celle des énonciateurs pour l’énoncé dans l’article de presse ?
En ce sens, les mots permettent dans certains sens de transférer l’affectivité du locuteur qu’il
en fait et c’est ce que Robert Laffont (1976) souligne de considère tous les mots de langue
comme des « praxèmes » c’est-à-dire qu’ils connotent à des degrés divers les différents
« praxis » (technologique, socioculturelle) caractéristique de la société qui les manipule et
qu’ils charrient toutes sortes de jugements interprétatifs « subjectifs » Inscrit dans
l’inconscient linguistique de la communauté .
ce qui nous intéressent dans notre travail, ce sont les manifestations individuelles de la
subjectivité langagière, donc, on reprend la problématique d’Orrechioni citée dans la page 70
« lorsqu’un sujet d’énonciation se trouve confronté au problème de la verbalisation d’un
objet référentiel, réel ou imaginaire et que pour ce faire il doit sélectionner certains unités
dans le stock lexical et syntaxique que lui impose le code, il a en gros le choix entre deux
types de formulation :
- le discours « objectif » qui s’efforce de gommer toute trace de l’existence d’une énonciation
individuelle.
L’axe d’opposition objectif/subjectif n’est pas dichotomique mais graduel car les lexèmes
sont chargés d’une dose plus ou moins forte de subjectivité.
77
5. Types de discours et positionnements énonciatifs
5. 1 Le discours direct
« Le discours (ou style) est direct quand un narrateur, répétant les paroles de quelqu’un,
les reproduit telles qu’elles ont été dites : le discours direct maintient notamment toutes
les formes liées à la personne de celui qui parlait ou à celle du destinataire (pronoms), au
lieu où le locuteur parlait (opposition ici/là-bas), au moment où il parlait (temps des
verbes) »74.
Le discours de l’éditorial est marqué est souvent marqué par la présence des indices
typographiques comme les guillemets, les tirets, les deux points, la mise à la ligne ou un
grand espacement. Ces signes marquent l’indépendance syntaxique du (DD) par rapport au
verbe introducteur, quand il y en a un et marque l’objectivité, la fidélité, la distanciation du
journaliste. Il est en effet souvent introduit par un support qui indique l’identité de celui qui
parle et la manière dont il parle.
74
LAROUSSE, (2012): « Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage », Paris, p.151.
78
Dans le (DD), le locuteur, quand il parle, il ne parle pas uniquement au journaliste ou au
journal, mais il s’adresse par ses moyens à son public, à ses opposants comme à ses adhérents.
Il manifeste sa liberté, son indépendance et même son courage de prise de position face à tel
ou tel fait.
« Le discours est indirect quand la phrase répétée et non pas reproduite telle quelle
dans le récit, mais introduite par un subordonnant, généralement que (c’est-à-dire
transformée en un syntagme nominal). Cette transformation entraine aussitôt la
disparition des marques d’énonciation je, vous, tu et impose des références de lieu et
de temps non plus par rapport avec la personne qui a prononcé la phrase, mais avec
la personne qui fait le récit en répétant les paroles »75.
75
LAROUSSE, (2012): « Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage » : Op., cit, pp. 151-152.
79
Dans le discours narrativisé (DN), le locuteur/énonciateur rapporte non pas des
paroles, mais un acte locutoire, c'est-à-dire un ensemble de paroles prises comme évènement.
Autrement dit, on laisse le lecteur imaginer le récit des paroles citées, dont on n’a qu’une
paraphrase lointaine. On parle également de (DN) en termes de psycho-récit.
Par contre dans le (DI), nous n’avons qu’un seul locuteur certes, mais le discours
citant et le discours cité renvoient à deux énonciateurs différents. Le journaliste peut
incorporer l’énonciation du locuteur représenté dans son propre énoncé. De ce fait, l’énoncé
sera doublement subjectif, il s’agira donc de hiérarchiser les points de vues manifestant. Il est
à constater que dans les articles de presse, et à cause de leur condensation constructive, un
verbumdicendi (L. Rosier, 1999) est suivi d’une subordonnée complétive ou interrogative. Ce
verbumdicendi ou verbe introducteur qui permet de résumer ou plutôt de rapporter les propos
de quelqu’un est souvent éliminé dans les deux discours, soit (DI) ou (DN).
A ce propos, Maingueneau affirme : « dès lors qu’il n’y a plus qu’une seule situation
d’énonciation, celle du discours citant, au discours indirect le discours cité n’a plus
d’autonomie »76.
Vuillaume, dans La Signalisation du Discours indirect libre (2000), revenant sur les
formes du (DIL) et s'inspirant de Bally, énonce un certain nombre d'indices qui permettent de
caractériser ce style. Il regroupe ces indices selon qu'ils sont d'ouverture, de clôture ou
internes. Pêle-mêle, quelques-uns de ces indices sont : le (DIL) est différent de (DI) par
l'absence de marqueurs de subordination. Il marque une moins nette rupture au récit que le
76
D. MAINGUENEAU : Op., cit., p. 119.
80
(DD). Il s'agit d'un mélange entre les paroles d'un personnage, ses pensées et l'intervention du
locuteur-journaliste lui-même. Même si on rencontre les deux points ou l'alinéa, comme dans
notre exemple, la ponctuation marquant l'indépendance syntaxique et énonciative du (DD) est
relative, la vivacité du (DD) est maintenue entre autres par l'interrogation et l'exclamation, on
garde en outre l'aspect interprétatif du (DI), les personnes, les temps, les déictiques sont ceux
du DI.
a- L’absence de marqueurs de subordination, il s’agit d’un mélange entre les paroles d’un
personnage, ses pensées et l’intervention du locuteur-journaliste lui-même ;
c- L’emploi fréquent des adjectifs, des adverbes et la nominalisation dans les articles de
presse écrite en Algérie ;
Toutes les postures énonciatives montrent bien qu’un enjeu pesant et important se joue par
l’emploi et le choix des vocables utilisés par le journaliste en général et dans les éditoriaux en
particulier. L’objectif réside dans la captation des lecteurs pour des fins commerciales
77
LAROUSSE, (2012): « Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage » : Op., cit, p. 152.
81
dites « markéting ». Tout cela doit figurer nécessairement et obligatoirement dans nos
éditoriaux, et ce, par ; l’effacement, la distanciation, l’adhésion, le rejet du journal est du
journaliste importent peu par rapport à l’image qu’ils veulent donner d’eux même. Toujours
les articles essaient d’agir et faire réagir l’autre, positivement possible que négativement sur
les lecteurs surtout potentiels.
Conclusion
82
TROISIEME CHAPITRE
« Le Soir d’Algérie »
&
l’écriture journalistique
Introduction
Par ailleurs, le chroniqueur inscrit son objet dans un espace sociopolitique très
spécifique à la société algérienne par lequel il essaie de démontrer que sa chronique constitue
le moyen idéal, voire privilégié d'accès aux représentations. Il s'impose que nous devons
s’intéresser aux influences du paysage linguistique et social algériens sur ses chroniques
quotidiennes et aussi à l’inverse. En d’autres termes, à la manière dont la langue de ses
articles dans « Le Soir d’Algérie » est reçue dans le paysage sociolinguistique algérien. Il
s’agit donc d’une étude pragmatique qui, axiomatiquement épouserait la (socio)linguistique
d’un type particulier d’énoncés et de chronique.
84
1.« Le Soir d’Algérie », le journal en question
Pays :
Algérie
Langue :
Français
Périodicité :
Quotidien
Genre :
Généraliste
Diffusion :
70 800 exemplaires en2006 à titre d’exemple
Date de fondation :
3 septembre 1990
Ville d’édition :
Alger
ISSN
Site web : 1111-0074
Site web
http://www.lesoirdalgerie.com
85
1.1. Création et historique
Fondé le 3 septembre 1990, Le Soir d'Algérie fut l'un des tout premiers quotidiens de la
presse privée algérienne. D'abord journal du soir, le quotidien finira par s'aligner sur ses
concurrents en paraissant le matin à compter 6 octobre 2001 78. Le Soir d'Algérie a payé un lourd
tribut pendant la décennie noire. Un attentat terroriste le 11 février 1996 à Alger détruira le
siège du journal et coûtera la vie à Allaoua AÏT MEBAREK, son rédacteur en chef, Mohamed
DHORBAN, son caricaturiste-chroniqueur, et Mohamed DERRAZA, chargé des pages de
détente. Yasmina DRICI, correctrice, sera également assassinée à Rouiba la même année 2.
Le 23 août 2003, Le Soir d'Algérie fait partie des six quotidiens algériens suspendus de
parution. La raison officielle est le non paiement de dettes à l'imprimerie nationale. La
Fédération internationale des journalistes (FIJ)parlera de décision politique3. Le Soir d'Algérie revient
dans les kiosques une dizaine de jours plus tard, le 02 septembre 2003.
Le Soir d'Algérie est un quotidien généraliste qui traite aussi bien de politique que de
loisirs, de sport, d'économie ou d'actualité internationale. Parmi les rubriques phares du
journal79, citons:
78
Ce document provient de :
« http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Le_Soir_d%27Algérie&oldid=97421026».
79
Ce document provient de : Page wikipedia sur « Le Soir d’Algérie ». Op., cit.
86
Pousse avec eux, la fameuse chronique irrévérencieuse de Hakim Laâlam qui se
termine toujours par la phrase suivante: "Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue."80
1.3. Tirage
Les derniers chiffres officiels remontent à l'année 2006. Le Soir d'Algérie affichait un
tirage de 70 800 exemplaires selon le Ministère de la communication algérien. Ce chiffre la
classe en 6ème position des tirages de la presse quotidienne algérienne et en 4ème position si
l'on ne tient compte que des quotidiens francophones.
Les premiers journaux d'actualités (écrits) se présentaient également sous cette forme
chronologique, mais ont rapidement évolué vers une forme plus synthétique, en classant les
évènements par thèmes et rubriques. De là est venu le mot journal dans son acception de support
papier contenant des informations pour une période, remplaçant le mot gazette dans une partie
de ses usages.
Le premier journal imprimé connu, une gazette hebdomadaire de quatre pages intitulée
« Relation aller Fürnemmenundgedenckwürdigen Historien » (« Communication de toutes histoires
importantes et mémorables », parfois appelé die Straßburger Relation), est lancée à Strasbourg en 1605
par Johann Carolus1. Le Post ochInrikesTidningar, ou POIT, qui se traduit par Bulletins d'information
nationale, est un journal suédois fondé en 1645 par la reine Christine de Suède et est le plus
vieux journal existant en 2006. Le journal faisait référence en Suède à la fin du XVIIe siècle et
au XVIIIe siècle. En janvier 2007, la version papier disparait au profit d'une seule version web.
La dernière édition papier est datée du 29 décembre 200681.
En France, le premier journal est La Gazette, créée par Théophraste Renaudot, publiée à
Paris entre le 20 mai 1631 et le 30 septembre 1915. Avec l'industrialisation de la presse écrite,
de grands noms de journaux se sont créés, et le terme a servi à désigner à la fois le support
physique de l'information (le journal en papier journal) et la société éditrice : le journal employant
des journalistes et des reporters. Les plus anciens journaux français encore publiés sont, par ordre
d'âge, Le Figaro (1826), La Dépêche du Midi (1870), La Croix (1880), Le Chasseur
français(1885), Les Échos(1904) et L’Humanité (1908), Le Canard enchaîné(1915). Hormis le
troisième, qui est mensuel, et le dernier, qui est hebdomadaire, ce sont des quotidiens.
81
Ce document provient de : Page wikipedia sur « Le Soir d’Algérie » : Op., cit.
88
3. Format tabloïd
Le format tabloïd est un format de journal qui correspond à la moitié des dimensions
d’un journal traditionnel. Son format plié est 11 pouce × 17 pouce, soit 280 mm × 430 mm82.
En France, le format tabloïd a été longtemps réservé aux titres de la presse gratuite tels
que Métro et 20 minutes. Mais de nombreux quotidiens ont peu à peu adopté ce format
pratique. C'est le cas de Nice-Matin, de Charente libre, de Libération, de Havre Libre, de La
Montagne, du Télégramme, de La Nouvelle République du Centre-Ouest, de Paris-Normandie et de La
Voix du Nord.
Le terme « tabloïd » désigne aussi en anglais, par métonymie, les premiers journaux à
avoir utilisé ce format d'impression : les journaux à scandales et la presse people. Le terme est
parfois repris en français dans ce sens figuré, mais l'Académie française ne reconnait pas cet
emprunt.
83
Ce document provient de : Page wikipedia sur « Le Soir d’Algérie » : Op., cit.
89
C’est un quotidien national d’expression française et de l’information. Il est l’un des
principaux quotidiens de la presse algérienne. Il a été fondé en 1990, suite à l’initiative du
gouvernement qui avait décidé d’avancer deux années de salaires à tout journaliste qui décide
de se lancer dans la création d’un journal. Il paraissait le soir, aux côtés du journal
gouvernemental « Horizons », avant de changer son créneau horaire pour devenir le concurrent
direct des autres journaux du matin. Il était dirigé par Fouad BOUGHANEM, et dispose de
plusieurs bureaux régionaux, dans différentes villes du pays... 84
Durant la décennie noire, « Le Soir d’Algérie » fera face à deux problèmes majeurs: le
terrorisme et la censure gouvernementale. Il perdra ainsi plusieurs de ses journalistes en 1996,
lors d’un attentat qui a détruit ses locaux à la Maison de la presse à Alger. Son rédacteur en
chef, Allaoua AIT MEBAREK, et son chroniqueur et célèbre caricaturiste, Mohamed
DHORBAN, ainsi que Mohamed DERRAZA. La même année, une correctrice du journal sera
prise pour cible et y laissera la vie. Il s’agit de Yasmina Drissi. D’un autre côté, le
gouvernement fait pression sur les journaux dits indépendants et multiplie les embûches à leur
encontre. Evoquant des litiges ou des retards dans le règlement des factures dus à l’imprimerie
nationale, le Soir d’Algérie sera suspendu une dizaine de jours, en 2003.
« Le Soir d’Algérie » se veut un journal généraliste léger, mais sérieux. Son contenu
renferme des pages de politique nationale et internationale, des rubriques économiques,
culturelles, sportives et de détente. Son public est constitué essentiellement des cadres
moyens, des femmes, des retraités et des étudiants. La répartition de ses rubriques montre son
lectorat cible 85:
Periscoop, rumeurs et bruits de couloir, brèves et indiscrétions ;
Le Magazine de la femme, avec sa cible constituée essentiellement de femmes, ses
recettes de cuisines, ses astuces et conseils beauté,...
Le Soir Santé, comportant des conseils pour tous, avec des astuces et des remèdes et
traitements naturels,…
Le Bill'art du Soir, qui est la rubrique culturelle du journal ;
La rubrique du Numérique, consacrée à l'informatique et aux nouvelles technologies de
l’Information et de la Communication, prisée par les jeunes ;
Le Soir Retraite, qui est une page consacrée aux retraités ;
84
Ce document provient de : Page wikipedia sur « Le Soir d’Algérie» : Op., cit.
85
Ce document provient de : Page wikipedia sur « Le Soir d’Algérie » : Op., cit.
90
Et la célèbre chronique « Pousse avec eux », du non moins célèbre Hakim Laâlam,
ancien présentateur du journal du matin à la radio nationale Alger Chaîne Trois.
Occupant le bas de la dernière page, elle attire la majorité des lecteurs du Journal.
Avec humour et dérision, le chroniqueur y traite de l’actualité essentiellement
nationale, écorchant les hommes politiques et ridiculisant certains de leurs
comportements. Se voulant une sorte de sonneur d’alarme, il finit toujours ses papiers
par cette phrase : "Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue."
Avec tout cela, et en l’absence de chiffres officiels, le tirage du tabloïd« Le Soir d’Algérie
» tournerait autour de 80.000 exemplaires par jour. Il se situerait en sixième ou huitième
position des tirages des journaux quotidiens en Algérie.86
Page (1), c’est la présentation des titres principaux et d’autres secondaires la dont
l’organisation pertinente est d’une importance mondiale. Cette page est considérée comme la
vitrine du journal, elle « présente en gros titres les nouvelle qui sont les principales
informations du jour, annonçant ainsi le contenu du journal »87.
La une, une première page qui englobe les informations les plus importantes,
hiérarchisées par ordre d’importance. La nouvelle la plus importante se trouve en haut de la
page et prend l’espace le plus important.
Une deuxième partie réservée au sondage quotidien d’un sujet d’actualité toujours
avec une interrogation directe « pensez-vous que…? » (Oui, non ou sans opinion).
Une dernière partie de cette page, en bas et sur la droite, là où il s’agit d’une caricature
traitant toujours des sujets d’actualité et de grand format par une manière ironique assez
particulière uniquement au quotidien «Le Soir d’Algérie».
86
Ibid.
87
Voir à ce sujet ., « approche des genres : la presse (dossier) », Encyclopédie encarta Multimédia,
2005.
91
Pages (3), (4) et (5), sont réservées aux sujets d’actualité généralement c’est de
l’étalage des titres à la "une". Sur cette surface, on étend cette substance des informations,
qu’on expose en détails et qu’on répartit sur la largeur de ces pages afin de montrer, de
dévoiler et de mieux informer ses lecteurs. Cette rubrique traite généralement des évènements
récents, le plus souvent de politique intérieure et qui touchent de très prêt à celle-ci. Cette
catégorie est généralement suivie par une des rubriques de l’économie, des reportages ou de la
religion.
Page (6) et (7), souvent aussi destinées à un usage un peu particulier, celui de la
contribution apportée à la réalisation d’une œuvre
Page (8), c’est un espace réservé aux différentes régions du pays, dont chaque jour on
en entame une, y compris les informations internationales.
Page (9), page de la culture, avec une colonne à gauche réservée pour "le coup de bill
’art du soir ", bill qui signifie une proposition de loi soumise au parlement Anglais , mais ici,
à l’art de rédiger et de bien analyser par le journaliste (Kader Bakou), qui essaie de jouer au
billard avec un "d", non pas avec un "t", il essaye de faire rouler des mots, pas des billes sur
cette surface non pas sur la table à l’aide de sa canne appelée "stylo" sans queue (stylographe).
En bas de cette page, on trouve souvent une case appelée "Actu culte " c’est un mot-valise qui,
en réalité composé ou plutôt emboité ou empaqueté, suite à une troncation de queue et de tête
de deux mots : Actualité+ culturelle. Il s’agit des programmes culturels, conférences,
concerts, expositions, ventes d’objets d’artisanat et d’art, ou des célébrations d’anniversaires.
(date, lieu et horaires).
Pages (11), (12), (16), (21) et (22), ces pages largement exploitées, dans les procédés
publicitaires, qui sont en effet, inséparables du circuit de la communication journalistique. La
publicité est considérée comme une entité à part entière, et qui met en branle tous les éléments
qui entrent dans tout acte d’échange et d’influence. Car la publicité et "Le soir d’Algérie" ont
beaucoup de points convergents. Ils veulent tous les entraîner l’adhésion, convaincre,
persuader, agir pour faire réagir l’autre, positivement dans les meilleurs cas possibles, et
pourquoi pas l’influencer.
Puis viennent généralement dans les pages (14) et (15) le sport national et
international, toutes disciplines confondues, avec des commentaires accompagnés par des
images bien choisies, or, qui correspondent au sujet traité.
92
Pages (18) et (19), souvent réservés à la détente par des jeux de mot fléchés et des
mots fléchés géants, et du jeu d’énumération (colonnes qui abritent le nom ou les noms de
personnes connues), cette détente est suivie des solutions des jeux précédents.
En page (24), souvent répartie en deux moitiés : une première est constante ,ou plutôt
alternante entre "Kiosque barbe" de "Ahmed Halli", "ici mieux que là-bas" de "Arezki Metref", "Les
choses de la vie" de "Maamar Farah", " Lettre de Province" rédigée par "Boubakeur Hamidechi",
"Tendances" par "Youcef Merahi" et "A fond Perdus" par "Ammar BELHIMER".
Une deuxième moitié, immuable, constante et durable rédigée par "Hakim Laâlam" ou
l’emblème du quotidien " Le Soir d’Algérie" , dans sa rubrique souvent sarcastique, ludique
,ironique "pousse avec eux" et qui persévère dans ses entreprises néologiques, ses opinions qui se
suivent et qui se poursuivent toujours avec le même pessimisme et qui tendent à considérer
les évènements du mauvais côté, dans le présent ou dans l’avenir, même si sa rubrique est en
fond bleu-ciel, pacifique ,elle se dénoue éternellement par sa célèbre expression "Je fume du thé
et je reste éveillé, le cauchemar continue". Le cauchemar signifie, ce pessimisme, qui continue,
signifie une durée infinie, dont la fin est indéterminée. La signature de H. laâlam est marquée
par cette image du guignol qui fume, involontairement grotesque et de manière ridicule, ce
qui explique que c’est une personne qui cherche à amuser par son propre style, mais, pas
gratuite.
Cependant, la frontière entre les genres est souvent ténue. Dans la pratique, il
n’est pas toujours possible de déterminer avec précision à quel genre on a affaire, d’autant
plus que les auteurs de certains articles les mélangent allègrement !
Y. AGNES, (2008)., « Manuel de Journalisme ; écrire pour le journal », éd. La découverte, coll.
88
Repères, p. 448.
93
Genre Longueur Emplacement Intention
+ fréquence
1 à 4 phrases, Se perçoit Doit être d’actualité. Info
Brève 20 à 100 mots: facilement, « brute », mais également de plus en
un seul emplacement bien plus souvent, gros travail d’écriture.
paragraphe. défini, fréquence Répond, au moins, aux questions :
Parfois, pas de élevée qui ? quoi ? quand ? où ?
titre.
Filet 100 à 300 mots. Genre de plus en
Un titre, mais plus fréquent dans Comme « brève » réponses à :
souvent pas de les quotidiens et comment ? et pourquoi ?
chapeau les hebdomadaires
Compte rendu*
Restitution d’un évènement auquel
*sans trait Très variable
le journaliste a assisté ou
d’union et,au selon
Idem reconstitution d’unévènement (fait
pl. : comptes l’importance
diversnotamment) qui s’est déjà
rendus accordée à
produit
l’évènement)
Variable. Souvent
Jusqu’à placé en première
Reportage Description de choses vues,
plusieurs page d’un cahier
entendues et vécues
milliers de mots intérieur
94
Enquête Idem Idem articles permettant plusieurs angles.
On parle alors de mini-dossier ou
de dossier
Variable. Va de
l’interview
Interview En général Opinion ;
express à
ponctuelle prise de position
l’entretien
approfondi sur
une page
NB :
Nous avons retenu ici une douzaine de genres parmi les plus usités. Certains auteurs
en dénombrent une vingtaine, Yves Agnès va jusqu’à en décrire 27 ! 89
89
Y. AGNES : Op., cit, p.59.
95
En respectant les règles de toutes rédactions confondues qui codifient le contenu du
journal, le journaliste essaie à son tour de garantir une bonne lecture optimale de l’article et
donc une bonne transmission et sans aucun bruit (cacographie) des informations qu’il
contient. A partir de ces règles dites " de base ", nous pouvons détailler l’écriture journalistique
ou tout simplement expliciter la structure des articles de notre quotidien préféré « Le Soir
d’Algérie », et ce en se basant sur la tentative de définition élaborée parJean-Blaise HELD dans
son introduction générale au journalisme en semestre d’automne 2011.
Il s’agit de deux genres proches difficile à nuancer, car ils se confondent souvent,
bien que chaque genre a ses propres principes qui leurs sont spécifiques :
90
Yves AGNES: Op., cit, p.63.
96
4.1.1. Méthode de travail
L’objectif sera d’éclairer et non d’informer car le lecteur est censé connaitre les faits et
les évènements au préalable.
Réfléchir d’avance sur les réactions ou plutôt les échos envisageables de la part des
lecteurs ainsi qu’à leur développement au sein de la société et leurs répercussions
prévisibles ou imprévisibles.
Ecrire avec un style sans style pour qu’il soit à la portée de tout le monde, mais il
doit rester vif avec un vocabulaire journalistique personnel et précis surtout; le choix
des mots est très intéressant, voire indispensable en évitant toute formule qui risque de
faire mouche et éblouir la compréhension du lecteur.91
On peut par ailleurs se contenter de l’à-peu-près, mais avec une certaine vigilance,
voire distanciation.
L’emploi fréquent des figures de rhétorique afin de fuir la censure et toute tentative de
médisance, cela peut protéger en quelque sorte le journaliste qui peut se cacher
derrière ses non-dits.
Faire appel aux proverbes et au dicton dans ses titre, cas de ces exemples mis en
vigueur avec des points de suspension, et ce afin d’inclure et d’inculper le lecteur.
Le journalisme est un métier de médiation, alors que les journalistes sont des
personnes dites "médiateurs" (en anglais "a neutral" ou "mediator"). Il « consiste à recueillir
et traiter des informations à destination d’un public […]. Le métier de journaliste comporte
91
Jean-Blaise HELD: Op., cit, p. 18.
97
donc deux pans indissociables : la réception et la recherche des informations d’une part ;
leur mise en forme sous forme de journaux écrits, parlés, télévisés, d’autre part. »92 Cela
implique un travail d’interprétation et de « digestion » de la matière informative, et une parfaite
maîtrise de la langue (parlée ou orale) ainsi qu’une très bonne dominance technique,
intellectuelle, et scientifique de l’information et de l’outil informatique munie d’une parfaite
sûreté de recueil et de traitement des informations requises (selon le média concerné).
Elles sont multiples et variées mais d’une importance majeure. Yves Agnès en relève
cinq essentielles et qu’on peut énumérer comme suit :
5.1.1. L’utilité
Le lecteur achète un journal ou s’y abonne parce qu’il pense y trouver des
informations utiles et nouvelles. Ces renseignements peuvent concerner l’endroit où il vit, sa
commune, son département, son canton, la politique, l’économie, le sport, de nouveaux
produits, ses loisirs préférés, etc.
Yves Agnès., « Manuel de Journalisme ; écrire pour le journal », éd. La découverte, coll. Repères,
92
2008, p. 59.
98
5.1.2. La distraction, le rêve et l’émotion
Le lecteur aime qu’on parle de lui, des gens qui lui sont proches physiquement, par
l’esprit, par un sujet de préoccupation ou par la relation à un objet, un loisir, une culture. Il
apprécie donc de pouvoir symboliquement contempler son image dans le journal.
Le journal se doit d’être le reflet de tout ou partie de la vie de ses lecteurs. Mais il doit
également apporter des éclairages critiques. Un journal qui n’est qu’approbations, écho de la «
voix de son maître » devient vite lassant.93
6. Le mot journalistique
« Le choix des mots, c’est surtout le goût des mots. On peut se former le goût,
apprendre la circonspection en matière de signes, comme on s’entraîne à distinguer les
harmonies subtiles de saveurs, de parfums, de sons ou de couleurs. »94:
93
Yves Agnès, op. Cit., p. 59.
94
Jacques Claret., « Le choix des mots », Presses universitaires de France, 1976, Collection « Que sais-
je ? », N° 1630, dans l’édition de 1980.
99
6.1. Court
Statistiquement, les mots abstraits et difficiles sont plus longs que les autres : ils
comptent souvent plus de 10 lettres et 3 syllabes et plus ; il faut donc les remplacer par des
mots équivalents plus courts.
« Les mots de plus de quatre syllabes ne peuvent rien dire d’important. »Roger
Caillois
6.2. Concret
6.3. Connu
Connu du lecteur, bien entendu. Les mots les plus simples sont toujours plus efficaces
que les mots compliqués ; évitez une série de vocabulaires spécifiques : jargons, mots
étrangers, patois, archaïsmes, néologismes, noms propres, mots techniques, mots savants,
sigles, abréviations, mots polysémiques.
Quand le lecteur rencontre un mot inconnu de lui dans un texte, il rejette tout le texte
car il se dit : ce texte n’est pas pour moi ; et inversement, s’il ne rencontre que des mots
connus, des mots de son univers, il est rassuré.
6.4. Précis
Plus le mot est précis, plus il est porteur d’information. Utiliser le verbe « dire » est trop
général, il y a mille façons de dire et il y en a sûrement une adaptée au contexte du texte : on
peut murmurer, chuchoter, crier, etc. Il s’agit plus que d’une recherche de synonymes ; il faut
100
chercher ce qu’on appelle les EMS (Equivalents Sémantiques Précis), c’est-à-dire un mot qui
veut dire la même chose, en la précisant.
7. La phrase journalistique
7.1. Courte
En moyenne 12 ou 13 mots, pas plus ; entraînez-vous sur cette base-là et vous verrez
que ce n’est pas facile ! Comme disait, paraît-il, Georges Clémenceau, alors patron de
l’Aurore, à ses journalistes« Faites des phrases courtes. Un sujet, un verbe, un complément.
Pour les adjectifs, vous viendrez me voir ». « Je vous écris une longue lettre car je n’ai pas le
temps de vous écrire une courte », écrivait Voltaire à l’une de ses correspondantes.
Le message principal de la phrase doit se trouver dans sa première partie car c’est elle
que le lecteur retient le mieux ; cela sous-entend évidemment de respecter le principe de base
: une phrase = une info.
7.3. Simple
- De forme active Informer, c’est agir ; il faut donc préférer des phrases
avec des verbes d’action, directs.
- Sans incise, il faut éviter de rajouter une considération de plus, même si
on la trouve aussi importante que le premier message ; dans ce cas,
utilisons une deuxième phrase ; l’incise est surtout une figure littéraire
de style ; on n’écrit pas dans un journal comme dans un livre.
95
Cité in HERVOUET Loïc., « Ecrire pour son lecteur », ESJ Lille, Coll. J comme journalisme, 1979.
101
7.4. Au présent
Enfin, la phrase doit bien sûr être construite avec les mots qui ont les caractéristiques
que l’on vient de voir : court, concret, précis… Cette concision de la phrase se retrouve plus
ou moins selon les auteurs.
En français, le taux de redondance est d’environ 50%, un mot sur deux n’est pas utile à
une compréhension immédiate, rapide, de la phrase.
Exemple :
C’est-à-dire 3 mots sur 10, car cela lui suffit pour comprendre la phrase. C’est le
syndrome des « Oranges pas chères » du sketch de l’humoriste Fernand Raynaud, célèbre il y a
trente ans (il est mort en 1972).
Un épicier veut se faire un peu de pub devant son étal d’oranges ; il commence par
écrire sur un panneau « Ici, on vend de belles oranges pas chères. » Puis il se dit que c’est trop long,
redondant et il commence à rayer les mots en trop :
- « Ici » : bien sûr que c’est ici, ce n’est pas ailleurs ; rayé;
- « On vend » : évident qu’on vend, on ne va pas les donner, ce n’est pas gratuit ! On
raye ;
- « De belles », je ne vais quand même pas dire qu’elles sont pourries, mes oranges!
Allez, on raye ;
- « Pas chères », je ne vais pas raconter qu’elles sont hors de prix ! On enlève ;
102
Il ne reste plus que « Oranges » sur son panneau ; il regarde son étal uniquement rempli
d’oranges : on voit bien que ce ne sont pas des bananes ! Il raye aussi et il ne reste plus rien
sur le panneau.
9. Le pouvoir du verbe
Une phrase c’est d’abord un verbe. « Elle vaut ce que vaut son verbe » nous explique l’ESJ
de Lille96. Si le verbe est mou, la phrase est molle, elle s’alanguit ; s’il est tonique, elle est
nerveuse, active. S’il est passe-partout, elle n’existe pas. En dopant les verbes d’un texte, on
dope le texte. Il faudra éviter bien sûr les verbes creux être, faire ou les verbes passe-partout :
occasionner, entraîner, décider, permettre, s’inscrire dans, viser à. Littré s’est amusé à
recenser 82 sens possibles du mot faire : il en a sûrement oublié.
96
PUISEUX Alain et TRENTESAUX Jacques., « De si belles phrases », ESJ-Médias pour 01
Informatique, ESJ Lille, 18 septembre 1998.
103
11. Une formule mnémotechnique : C.L.A.I.R
Écrire un article, ce n’est pas seulement aligner des lignes de texte les unes en dessous
des autres, c’est aussi utiliser un certain nombre d’accroches supplémentaires destinées à
attirer le lecteur. Il vaut mieux connaître leur usage dans un journal pour imaginer ensuite
comment on pourra l’appliquer dans le cadre de documents de travail à rédiger au bureau.
Le mot titraille en presse définit tout ce qui se passe autour d’un titre, le titre lui-même
mais aussi éventuellement le surtitre, le sous-titre ou l’intertitre. On connait peut-être
l’anecdote suivante attribuée à Tristan Bernard : « Un apprenti écrivain apporte le gros
manuscrit d’un roman auquel il ne manque plus que le titre et prie le maître de lui en fournir
un après lecture. Lorsque le jeune homme revient quelques temps après, Tristan Bernard, qui
n’a évidemment pas ouvert le manuscrit, lui demande : « Est-ce qu’on parle de tambour dans
votre roman ? Et de trompette ? Non ? Alors appelez-le « sans tambour ni trompette »99.
Certes, c’est une anecdote plaisante, mais elle montre que le titre constitue une partie
restreinte, toutefois, indissociable du texte
Tout titre donc constitue un acte de parole performatif, c’est un pouvoir en soi. Primo,
parce qu’il nous promet savoir et plaisir. Secundo, il est facile à mémoriser suite à sa taille
minime en général, il se grave facilement et rapidement dans nos mémoires, et ne peut être
97
VOIROL Michel.,« Guide de la rédaction », CFPJ, 6e édition, Paris, 1997.
98
« Les fonctions des titres de presse » citées par Dr SLAIM Laid dans sa thèse de doctorat intitulée :
« Approche linguistique des titres à la une du quotidien algérien francophone « Le Soir d’Algérie », à
l’université LHADJ Lakhdar de Batna (Algérie), pp. 49-52.
99
J. P. GOLDENSTEIN, (1992):« Lire les titres. Entrée en littérature », Éd. Hachette, Paris, p. 68.
104
effacé ridiculement par le temps, mais peut l’être par l’atteinte d’une maladie. Tertio, il est
allusif parce qu’il ne dit pas tout et ne dit pas rien, sa petite taille ne lui permet nullement pas
de combler cette fonction. Cependant, il peut nous orienter, nous guider, bref, c’est une sorte
de balisage qui éclaire notre lecture. Comme il peut nous dérouter quelques fois, car on
rencontre parfois des titres de journaux avec une information qui n’existe même pas dans
l’article, voire avec une info contradictoire avec l’article et qu’on appelle des titres de « faux
fléchage », ou « sur-vendeurs » , par exemple dans la presse populaire mais là il s’agit aussi
souvent d’un jeu avec le lecteur qui s’amuse de l’exagération et en redemande quand même.
A cet effet, le titre de presse peut avoir plusieurs fonctions qu’on peut détailler comme suit :
Cette fonction est dite aussi ‘‘désignative’’ (Genette 1987), ‘‘appellative’’ (Grivel 1973),
‘‘dénominative’’ (Mitterrand 1979) et (Bokobza 1984, Dardel 1988) ‘‘déictique’’, car elle sert à
‘‘impliquer’’ chez (Kantorouvicz 1986). Le titre doit informer les lecteurs du sujet et de la
situation à laquelle renvoie le contenu global de ce qui suit, c’est-à-dire le texte. En général,
‘‘la référence nominale’’100 est le constituant fondamental et formel d’un titre. C’est le fait de
choisir un nom plutôt qu’un autre. Ce nom propre est le prince des signifiants pour
R.Barthes : « Un nom propre doit être toujours interrogé soigneusement (…). Ses connotations sont riches,
sociales et symboliques. »101
Par conséquent, un titre n’est référentiel que lorsqu’il nomme : (Nom propre + titre).
Cependant, il peut y avoir des titres qui ne comportent pas de noms propres, ce serait
méconnaitre l’essentiel. Or, le titre fait partie de son référent, le nom propre n’est guère
essentiel ou du lieu qu’il désigne : « On ne s’étonnera donc pas qu’un changement de titre
comporte un changement dans le texte et supprime, par le rapport de désignation qu’avait le
titre originaire ».102 En outre le titre désigne l’ensemble du texte et fonctionne comme un
nom propre. Sélectionné du même langage du roman, il est l’élément métalinguistique du
texte. Ce nom propre renvoie au référent qui est le livre et non à l’être humain, là par
exemple, Tombéza a comme référent l’œuvre elle-même, mais il se réfère au personnage dans
le contexte de l’histoire. Il existe deux sortes de titre :
100
L. ROSS, (1990) : « L’écriture de la presse : L’art d’informer », éd. Gaëtan Morin, Québec, p. 57.
101
R. BARTHES, (1985) : « L’aventure sémiologique », p.335.
102
M. VIROL: Op., cit, p. 106.
105
b. Titre objectal : il désigne le texte comme objet.
Elle vise la détermination chez le lecteur d’un comportement actif, afin de modifier
ses connaissances et ses acquis .C’est le fait de subir de nouvelles connaissances, distinctes de
celles déjà acquises au préalable. Dont l’objectif sera le raffinage de la bonne et de la
mauvaise connaissance. Ce qui implique une autre fonction, celle de nouveauté ou de
rhématique.
A ce propos, Jespersen distingue la fonction de « nexus »103 où le terme secondaire qui
ajoute quelque chose de nouveau au premier terme, par sa forme graphique autant que par sa
formulation (notamment les mots clés ou génériques qui le composent). D’ailleurs, un titre
doit accrocher le regard du lecteur au premier niveau de lecture, lors de l’arrivée sur le bloc, et
lors du défilement rapide de cette page, ou lors de la lecture du titre dans onglet d’agrégateur,
de digg–like contenant déjà des articles classés par thèmes. L’important serait de les feuilleter
en un clin d’œil et en un laps de temps jugé assez insuffisant. Par ailleurs, le lecteur peut
sélectionner les articles sur lesquels il compte revenir. La qualité des titres est donc, un
élément indispensable et non négligeable dans une tâche pareille.
Cette fonction est illustrée par R .Barthes : « (...) Il (le titre) complète un capital
idéologique »104. Comme le confirme S. Bokobza : « Il y a toujours autour du titre de
certaines œuvres un enjeu idéologique, puisque la pâleur de certains titres ne pouvait
s’expliquer que par la peur de nommer la réalité, une lecture idéologique qui voudrait
103
L. ROSS: Op., cit, p. 57.
104
R. BARTHES., Op., cit, p. 335.
106
analyser l’esthétisme en rapport avec une situation historique précise, devra aussi dégager le
vrai titre d’une œuvre ».105
En guise de récapitulatif de ces deux citations, on peut dire que le titre est très riche
bien chargé et bien dosé sémantiquement, tant qu’il s’instaure comme le témoin fiable d’une
prise de position et de conscience de certaines circonstances, qu’elles soient individuelles ou
collectives.
Parmi les fonctions primordiales d’un titre, est de donner envie de lire, éveiller
l’intérêt du lecteur, susciter sa curiosité, son admiration publicitaire et provoquer son envie
d’un savoir additionnel. « Stimuler la curiosité du lecteur »106 . Il est adéquat lorsqu’il attire
aisément son lecteur potentiel, et « réussi »107, s’il est authentique à son texte. Cette fonction est
apparue juste après la deuxième guerre où les journaux parisiens possédaient leur «titriers »,
ou leur journaliste par excellence spécialisé en la confection et l’élaboration des titres. Ces
derniers doivent être axiomatiquement bien ciblés et bien mesurés afin d’attirer les lecteurs.
En outre, ce métier est récompensé en chaque fin d’année dans la profession du meilleur titre
de l’année. Cette fonction est rattachée par Genette aux effets connotatifs du titre qui
s’ajoutent aux effets sémantiques dérivées de la fonction conative ou métalinguistique.
En effet, les titres et les sous-titres sont des éléments décisifs de la mise en page. Ils
éclairent ou écrasent le texte, comme ils servent ou desservent par leur forme à la réalisation
de l’objectif ciblé. Le lecteur passe d’un titre à un autre, dans la page ou dans les diverses
pages sans aucune peine, car ce sont eux qui structurent l’agencement de ces dernières. La
manière dont les styles choisis donc, permet de faire ressortir les titres sans écraser l’article
(choix des couleurs, des polices, des tailles de lettres et d’interligne, etc.). Le choix des
caractères et leur grosseur, ainsi la surface relative occupée par l’ensemble de la titraille
permet de hiérarchiser les informations dans une même page 108.
105
S. BOKOBZA., « Le nouveau français: théorie et pratique », p.26, in
www.books.google.com/books?
106
A. PETIT JEAN (1987) : « Les faits divers : polyphonie énonciative et hétérogénéité textuelle », in
Revue « Langue française », Numéro 74, Ed. Hachette, Paris, p.73.
107
G. GENETTE: Op., cit, p. 118.
108
Cité par Dr SLAIM Laid, op., cit, p. 52.
107
Par conséquent, le titre le plus visible est le plus lisible, est aussi celui que la rédaction
veut mettre en valeur. Tout cela revient au choix des mots en fonction des sens qu’ils
remplissent ou de leurs valeurs expressives. A ce propos, Léo Hoeck affirme que « le style du
titre est elliptique »109, c'est-à-dire qu’il doit avoir une structure syntaxique qui ne dit pas tout,
mais qui parle par allusion et sous-entendus. C’est le fait de garder et cacher cette énigme,
laisser le lecteur insatisfait et toujours curieux. Ce qui l’incite à lire jusqu’à la fin de l’extrait
pour mieux satisfaire cette curiosité affamée. Cette fonction conative ou publicitaire a pour
fonction principale ; de mettre en valeur l’œuvre ou séduire des lecteurs potentiels.
En revanche, pour Léo. Hoeck : « il ne s’agit pas simplement de remplacer les sens
possibles du titre par un seul sens, le juste ni de désambigüiser le titre, mais plutôt de voir
comment les différents sens possibles sont confirmés dans le co-texte, et comment ils
contribuent à fonder le sens pluriel du titre.»111
Enfin, cette fonction, on peut dire que le titre joue un double rôle, puisqu’il essaie
toujours, par sa condensation lexicale de satisfaire une attente et un désir du destinataire,
c’est-à-dire qu’il offre à l’esprit la jouissance et l’admiration, par le fait qu’il tente souvent de
préserver une partie cachée et énigmatique pour stimuler le suspens. Donc, il apparaît comme
un élément constitutif de la grammaire du texte. D’autre part, il informe ses lecteurs sur le
thème à aborder.
C’est aussi la fonction apéritive dont parle Barthes. En tant qu’ « opérateur de
marque », le titre exhibe son texte en marchandise et marque le début de ce texte. « Le récit
109
L. HOEK: Op., cit, p. 54.
110
G. VIGNER, (1980) : « Une unité discursive restreinte : letitre », Le Français dans le Monde
N°156, p. 30.
111
L. HOEK., ibid.,p.5.
112
C. DUCHET., Op., cit, p, 91.
108
est une marchandise, dont la proposition est précédée d’un boniment ».113 Ce boniment sert
sans doute à tromper puis à séduire son destinataire avec des propos trompeurs et abréviatifs,
qui servent d’intermédiaire avec le texte sous forme de très courts résumés, qui indiquent à
leur tour aussi le contenu par une formule trop condensée.
Le titre doit jouer avec les mots, avoir des raisons d’être, comme il doit être parlant,
et ce, par le fait de répondre aux questionnements inattendus des lecteurs, donc, il doit
satisfaire leurs interrogations illimitées de façon brève et claire, les fidéliser, en respectant les
lois de proximité pour leur faciliter un accès adéquat.
Comme il doit aussi entraîner ses lecteurs vers le vif du sujet et de façon immédiate
afin de leur permettre concentration et assimilation de l’essentiel. Ainsi les doter d’un élan
actif aux textes proposés ; par le fait d’être taillé et sur mesure, les surprendre pour apprendre
par l’incitation et le choc reliés. Par cela, le titre peut être alors considéré comme « Le
macrosome d’un microsome ou comme une partie représentant le tout ».114
Cet emblème, peut donc aisément constituer, comme tout autre message linguistique,
un support fiable de recherche, cela en le mettant en relation avec son co-texte. C’est pour
cette raison là, que les titres doivent dépasser la vie éphémère, puisqu’ils sont censés d’avoir
une vie longue et éternelle. C’est ainsi qu’on peut les considérer comme étant un ensemble de
syntagmes étagés les uns sur les autres, permettant un déchiffrage découpé qui, en répondant à
un certain nombre de questions, facilite et guide la lecture115, mais faut-il le dire, ce qui est
pour le lecteur une fonction proleptique, c'est-à-dire d’annonce, est pour l’auteur analeptique.
Or, c’est un fragment habituellement postérieur à son texte lors de sa rédaction ainsi que lors
de sa lecture. Sa fonction métalinguistique et la temporalité mensongère sont aux traits
préfaciers.
12.2. Le surtitre
Le surtitre (ou surtitre) est un titre additionnel qui surmonte le titre d’un article de
presse, ce segment dont les caractères contrastés par rapport au titre servent à poser le cadre
dans lequel celui-ci se développe. Il est sobre, dépouillé et obéit à la règle du parler qui peut
dire plus. En principe et en se référant aux manuels d'écriture journalistique, la relation du
113
R. BARTHES., « L’aventure sémiologique », op., cit, p. 335.
114
L. VAILLANCOURT dans un article web. Intitulé., « La rhétorique des titres chez Montaigne ». p.
77.
115
G. VIGNER, (1980)., « Une unité discursive restreinte : le titre », Le français dans le Monde, p.35.
109
surtitre au titre se fonde autour d'une altérité (caractère de ce qui est autre) sur le plan
pragmatique : lorsqu'il est incitatif, il favorise un développement informatif du titre, et
lorsqu'il est informatif, le titre est incitatif. L'enjeu étant à la fois une cohérence discursive
réciproque, l'accès immédiat au référent et l'économie maximale du langage, le surtitre a un
rôle capital dans la construction du titre. Cette conception du surtitre, par ailleurs
superficielle, ne nous dit pas quels sont les principaux éléments morpho-dispositionnels,
lexicaux et, surtout, quelles sont les fonctions assumées par le surtitre dans la construction du
texte-titre.
Les valeurs du surtitre en principe sont des valeurs topiques du moment où ce sont des
unités qui n'entrent pas directement dans la structure de l'énoncé - titre. Une reconstruction
cognitive permet d'établir le lien axiomatique entre le surtitre et la clause. Néanmoins, ces
opérations d'intégration et d'autonomisation étant à la fois sémantiques, logiques,
psychologiques, pragmatiques et syntaxiques, il est difficile de penser que l'usage d'une
structure peu saturée sur le plan informatif, le surtitre, sera exclusivement topique. Certes, la
typographie et la morphologie du surtitre le détachent également de la clause-titre (il n'est
souvent lié à elle par aucun item lexical ou autre élément à valeur syntaxique), pour renforcer
son caractère topique, mais il arrive que la construction du surtitre se confonde avec une
construction thématique.
12.3. Le sous-titre
110
Le travail typographique « va de paire avec une simplification de la syntaxe. Les
phrases nominales sont nombreuses, les articles manquent souvent, et plus souvent encore les
conjonctions de subordination ; les unités sémantiques sont isolées des blancs ».116
Cet habillage permet donc au lecteur de consulter, et de repérer dès la première page
l’essentiel du contenu du journal. De même, en feuilletant le journal, il se trouve facilement
grâce aux différents éléments de repérage dont les sous-titres font partie intégrante. Le lecteur
sait d’emblée où se trouve l’information qu’il recherche et reconnait le jeu de pistes qu’il doit
suivre pour la retrouver.
12.4. Le chapeau
12.5. L’intertitre
« Le titre a amené à lire, l’intertitre va empêcher de fuir »117. Certes, quand on lit, on
se fatigue vite, surtout lorsqu’il s’agit d’un long article. Dans ce cas, l’intertitre n’est guère
gratuit, au contraire, Il a une place un peu moins marginale que l’épigraphe ou le titre. Car il
est intérieur au texte et au livre mais fait encore partie du para texte. Même si dans notre
corpus ils ne se manifestent plus, on a vu nécessaire de faire appel aux intertitres, puisqu’ils
ont eux aussi une charge sémantique assez particulière. Toutefois, ils ne portent pas sens à un
lecteur non-engagé dans le texte, ils tendent plus à lui donner quelques pistes de lectures.
Bien trop longs pour en être des formules interprétatives, ils peuvent aussi constituer
de véritables chapitres isolés, de petites histoires dans l’histoire globale, des parenthèses dans
la longue parenthèse qu’est l’histoire du texte entre prologue et épilogue. Ils embrouillent les
pistes du lecteur, non seulement parce qu’ils sont des « expansions imprévisibles »118mais parce
116
C. ABASTADO (1980)., «Message des Medias», CEDIC, p. 150.
117
C. FURET, (1995) ., Op., cit, p. 97.
118
R. BARTHES (1966)., « Introduction à l’analyse structurale des récits » .communications No 8. p.
23.
111
que leur logique et quelques fois anaphorique, servant de rappel ou d’annonce, mais
n’apparaissent pas de manière évidente.
Genette explique que dans certains états de relation entre textes et para textes, les
intertitres peuvent poser la question de l’identité de leur énonciateur, ainsi déterminer le statut
générique de l’œuvre119 ; véritable zone de transition, entre le texte et l’extra-texte,
l’épigraphe, le titre et l’intertitre aident le lecteur « à passer sans trop de difficulté
respiratoire d’un monde à un autre »120. Avec eux, il est vrai qu’on est non seulement en
marge ou au bord du texte, mais aussi dans l’entre deux, avec tout ce que cela comporte de
va-et-vient , d’hésitation de non disjonction, d’ambivalence et d’incertitude.
L’intertitre maque une pause, car on ne peut jamais lire sans marquer d’arrêts, de
repos. Ce dernier permet l’aération, et ce, en hachant et en répartissant la lecture entre chaque
deux ou trois paragraphes. C’est une action de faire entrer l’air pour le renouveler, dans ce
lieu clos du texte, de pause et de reprise dans la lecture, de création et d’invention, de creux
blancs dans un monde gris au cours des lignes condensés et serrés. Biologiquement, on lit, on
doit respirer, inspirer comme expirer de l’air, prendre des pauses café pour qu’on puise
reprendre avec de nouvelles forces la suite. Il faut donc, se reposer de temps à autre, c’est
naturel. Toutefois, on ne doit pas lâcher cette lecture inutilement.
119
G. GENETTE, (1987)., « Seuils », Le Seuil, coll. "Poétique", Paris. p. 278.
120
Ibid., p. 375.
121
L. GUERY, (1991)., « Précis de mise en page », édition du centre de formation et de
perfectionnement des journalistes, p.118.
122
Ibid., p. 97.
112
12.5.2. Relancer l’intérêt
L’inter joue un rôle crucial de sommaire dans un livre, donc, le lecteur attiré saute
immédiatement sur ce qu’il l’intéresse. En plus, d’une manière accessoire, l’intertitre remplit
une fonction de repère et de guide, qui oriente la lecture, surtout, si le plan apparait
clairement dans le titre ou dans le chapeau. Ce jeu de mots consiste d’ailleurs, à favoriser une
lecture exhaustive et permanente. L’enchainement et l’articulation logique entre ce qui
précède et ce qui assure la continuité logique d’une lecture et d’une analyse strictement
soudées et herméneutiques.
C’est pour cette raison, que dans les articles journalistiques longs surtout, on aurait
recourt aux intertitres, dans le but d’ancrer et de fixer son lecteur, en lui évitant l’ennuie de
longues lectures, qui risquent, elles aussi, l’incompréhension et l’ambigüité, surtout au niveau
des derniers paragraphes, puisqu’on arrivant à ce taux des lectures, le sujet lecteur commence
à perdre sa concentration ainsi que son attention, et cela à cause de la fatigue de ses yeux.
Par conséquent, il peut faire des interprétations qui seront ensuite classées à côté de la
plaque. Or, les intertitres assurent, l’enchainement adéquat d’une lecture autrement dite
123
L. HERVOUET., « Ecrire pour son lecteur, guide de l’écriture journalistique », édité par l’école
supérieure de journalisme de Lille, p. 98.
113
inhérente et authentique. Ces titres ou ce qu’on appelle intertitres, sont marqués par une mise
en page particulière, en outre de ses fonctions citées124.
Le journaliste sait comment écrire et quelles sont les multiples fonctions d’un titre de
presse, il est dans les starting-blocks, comme il a ramassé plein d’infos, il sait aussi à peu près
ce qu’il veut dire et à quoi il veut arriver. Il ne faut jamais se précipiter sur l’écriture avant
d’être certain d’avoir construit son plan et s’être posé quelques questions simples.
a. Regrouper les infos par catégorie, par contexte, par utilisation possible ;
b. Hiérarchiser Ensuite les classer par ordre d’importance et mettre les plus
importantes sur le devant de la pile, ce sont celles que le lecteur devra lire
d’abord
c. Enchaîner Pour finir, organiser les transitions et les enchaînements et vérifier la
fluidité.
124
Cité par Dr SLAIM Laid., Op., cit. pp. 73-75.
125
BROUCKER José., « Pratique de l’information et écritures journalistiques », Editions du CFPJ,
1995.
114
La plupart des journaux mènent des enquêtes lecteurs très précises pour qualifier leurs
lecteurs, leurs modes de vie, leurs centres d’intérêt, leur mode de lecture. Ce peut-être des
études qualitatives (8 à 10 lecteurs débattent pendant 3 heures avec un animateur) ou 11
quantitatives (plusieurs centaines de lecteurs sont interrogés par téléphone ou mail). Le
résultat, c’est une base de données dans lesquelles on va piocher pour affiner la stratégie
éditoriale.
b. Contexte ?
Que savent-ils déjà ? Quelles lois de proximité, générales ou spécifiques faire jouer
pour intéresser ces lecteurs ?
c. Angle ?
Comme on dit dans les rédactions avec un superbe néologisme: « Le papier doit être
anglé » ; ai-je bien défini un angle pour ce texte ? Suis-je capable de l’exprimer simplement,
par exemple dans un titre ? Certains magazines comme Capital exigent que l’angle de l’article
soit défini très tôt, pratiquement dès qu’on se lance dans l’enquête et il sera affiné ensuite à
mi-parcours. Qu’est-ce que ce fameux angle ? Pour le lecteur, c’est l’endroit où il va
débarquer dans le texte un peu comme le coin de côte où un marin pose le pied. Le nombre
d’angles est donc infini car il dépend du contexte, de la nature des infos, du public visé, etc. Il
est souvent de deux types :
d. Message ?
Finalement qu’est-ce que le journaliste a vraiment envie de dire dans ce texte ?
Quel est le message qu’il veut faire passer ?
Comment pourrait-il le résumer par oral en deux ou trois phrases seulement, à
quelqu’un qui n’y connaît rien ?
Dans les écoles de journaliste, on dit : quel est le message essentiel ?
Ce qui reste quand on a tout oublié, dit-on à propos de la culture ; c’est valable aussi
pour ce qu’on lit. Dans les journaux et les magazines, la conférence de rédaction sert surtout à
115
cela : un rédacteur s’exprime devant les autres et « défend » son sujet en quelques minutes ;
s’il n’est pas clair, le sujet est refusé ou repoussé.126
Il faut à tout prix éviter de se mettre à écrire tout le document tout de suite, de peur de
perdre des idées. Cela risque de partir dans toutes les directions. Réfléchir à l’idée de départ.
Quel est le sujet principal de ma note ? Quel est l’objectif de cette note ? Et ensuite utiliser le
principe de la pyramide.
Commencer sa réflexion par la Situation qui servira d’éclairage pour ensuite poser les
autres éléments : Complication, Question, Réponse.
Il faut sans cesse revenir à l’introduction pour être certain de la bonne organisation
pyramidale et éviter les digressions. Une fois qu’une nouvelle idée est émise à partir de cette
organisation, alors on peut se concentrer dessus et l’exploiter au maximum.
Le corps du document ne doit contenir que les nouvelles idées et ces idées doivent se
relier entre elles uniquement logiquement. Des rappels historiques ne doivent pas exister à ce
niveau car un événement historique ne peut pas être la conclusion d’un cheminement logique.
L’introduction sert uniquement à dire au lecteur ce qu’il sait déjà. Si vous n’êtes pas sûr
de ce qu’il sait présentez-le d’une manière qui lui apparaisse comme vraisemblable.
La ligne-clé, dans la pyramide, est le niveau qui est juste en-dessous de l’introduction et
qui va déclencher tous les autres niveaux. Si vous y posez une idée vous devez pouvoir
répondre en-dessous à toutes les questions que cette idée peut suggérer.
126
Copyright Luc Fayard 2005 - [email protected] - http://lucfayard.blogs.com, pp. 16-17.
116
12.8. Conseils pour bien relire
La relecture de votre texte sera toujours une phase importante : c’est le moment où vous
allez appliquer stricto sensu tout ce que l’on vous a appris.
12.8.1. Dégraisser
« Dégraisser », c’est enlever le gras dans les mots, dans les phrases, dans les paragraphes
et même dans la structure du texte. Les adverbes, les adjectifs, les conjonctions inutiles, les
formules indirectes ou passives, etc. Dégraisser est une très bonne étape, elle vous rapproche
de votre texte et de vos idées : « est-ce vraiment cela que j’ai voulu dire ? »On peut aussi
restructurer la séquence des idées.
A la relecture, on peut en effet très bien s’apercevoir qu’un autre arrangement des
paragraphes est plus efficace que celui prévu au départ, c’est tout à fait normal et cela arrive
même souvent. Le résultat, c’est que vous allez « couper » votre texte : il n’en sera que plus
dense et plus efficace.
12.8.2. Couper
Les nouvelles de Félix Fénéon (bis)
On va reprendre quelques nouvelles en trois lignes de notre ami Fénéon pour s’inspirer
de quelques méthodes de coupes classiques127, dont voici quelques exemples tirés des
enseignements des écoles de journalisme ESJ et CFPJ :
Exemple :
« Un bœuf furieux traînait par la longe vers Poissy le cow-boy Bouyoux. Elle cassa. Alors ce bœuf démonta le
cycliste Gervet. »
« Le feu, 126, boulevard Voltaire. Un caporal fut blessé. Deux lieutenants reçurent
sur la tête, l’un une poutre, l’autre un pompier. »
c. Monosyllaber ; c’est le fait de former des mots d'une seule syllabe. Ne parler que
par monosyllabes, daigner à peine s'exprimer. Adj. ... Terme dérivé de
deux mots grecs se traduisant par : unique et syllabe.128
Exemple :
« Au lieu de 175 000 francs dans la caisse de réserve en dépôt chez le receveur des
contributions directes de Sousse, rien. »
Exemple :
128
https://www.notrefamille.com/dictionnaire/definition/monosyllabe/
129
https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/asynd%C3%A8te/6037
118
« relation clients » au lieu de « relation avec les clients » ; ou « exemplaire papier » au lieu de
« exemplaire sur papier »130.
Exemple :
Exemple :
Exemple :
Exemple :
« Séquestrées, martyrisées, affamées par leur marâtre, les fillettes du Brestois Joseph,
enfin délivrées, sont squelettiques. »
L’ellipse est l’omission d'un ou de plusieurs mots qui, dans une phrase, ne sont
pas utiles à la compréhension. On parle d'ellipse chaque fois qu'un élément linguistique
(mot, syntagme, énoncé) est considéré comme tronqué par rapport à une forme dite
« normale ».On définit la normalité de cette forme soit par rapport à des universaux, réels
ou supposés, du langage (la structure sujet-prédicat étant posée comme universelle, il y a
ellipse du sujet, en français, dans la forme de l'impératif « sors »), soit par rapport aux
structures canoniques de telle ou telle grammaire (étant posé que toute phrase française
contient un verbe, il y a ellipse du verbe dans « Combien ce bijou ? »)131.
130
https://fr.wikipedia.org/wiki/Parataxe
131
https://www.linternaute.fr/dictionnaire/fr/definition/ellipse/
119
Exemple :
120
13.1. Présent
132
Моrеn,M., K., Teterevnicova, N., 1970. « Stylistique Française». Moscou. p. 227.
133
Kouznetsov, V., G., 1991. « Les styles fonctionnels du français contemporain ». Moscou, p.
134.
134
Gintarė BACIUŠKIENĖ., « Emploi des temps et des modes dans la langue de presse française
d’aujourd’hui ». Mémoire,Vilnius, 2015.
121
raconter une histoire passée au présent. En effet, le présent peut exprimer beaucoup de choses
: une durée, la répétition, la permanence, le futur, l’action.
13.2. Imparfait
L’imparfait de l’indicatif reste moins visible que le présent. Il parait dans les annonces
nécrologiques en appoint au présent et au passé composé. Techniquement, l’imparfait de
l’indicatif « exprime les faits dans leur déroulement, leur inachèvement, sans que soient
définis ni leur début ni leur fin, c’est ce qui fait sa différence avec le passé simple» 135. De
même, il est dit que« l’imparfait, à strictement parler, ne réfère pas à un procès ‘’passé’’,
mais marque la coïncidence entre un procès et un point de repère qui est passé, c’est-à-dire
antérieur au moment d’énonciation»136. Sur le plan de la rédaction médiatique, l’imparfait de
l’indicatif embrasse à des degrés divers tous les genres mais il recoupe surtout, avec le biais
de l’imparfait de narration, les reportages journalistiques.
135
Grosse E.U et Siebold. E.,« Typologie des genres journalistiques. Panorama de la presse
parisienne ». Berne : Peter Lang, 1996, p. 40.
136
GRUNENWALD, J et al., (1978.). « Nouvel itinéraire grammatical ». Paris, Ferdinand Nathan. p.
158.
137
Maingueneau Dominique. « L’énonciation en linguistique française ». Paris : Hachette, 1995, p. 94.
122
remplacé par le passé composé». Ce temps fait partie des temps les plus ardus de la langue
française puisqu’il est employé surtout dans un langage de type élevé ou littéraire. Dans le
discours journalistique, on l’utilise rarement. Il apparaît surtout dans le cadre de narrations
historiques où dans la relation de faits divers.
En somme, le passé simple est surtout le temps des textes narratifs ; il remplit cette
fonction dans la rédaction informationnelle, il est à éviter au maximum bien qu’il fut
longtemps le temps préféré de la narration ; un côté désuet aujourd’hui; lui préférer le passé
composé chaque fois qu’on veut relater ou narrer138.Qu’en est-il du plus-que-parfait de
l’indicatif ? Il manifeste «une action entièrement accomplie, mais antérieure à une autre
action passée exprimée le plus souvent à l’imparfait, parfois au passé simple ou au passé
composé […]. L’action antérieure ainsi exprimée est en général plus reculée dans le passé
que celle qu’exprime le passé antérieur»139
Cependant, ce sont ceux qui relatent des informations «neuves» et qui prennent le dessus.
Néanmoins, malgré sa valeur fréquente de «passé récent», le passé composé «peut servir comme
forme du passé historique»142dans les colonnes de journaux. Hormis l’apport de ses valeurs
temporelles, le passé composé remplit une autre fonction, qu’il partage avec le présent de
138
Cayron Gaston et alii.,« Grammaire française ». Paris, Armand Colin, 1962, p. 218.
139
Ibid., p. 219.
140
Annick Mauffrey et Isdey Cohen.,« Grammaire française », Paris : Hachette Éducation, 1995, p.
225.
141
Grunenwald, J et al.,« Nouvel itinéraire grammatical ». Paris, Ferdinand Nathan, 1978, p.158.
142
Grunenwald, J et al, ibid., p. 158.
123
l’indicatif. En effet, l’usage des citations, exige du journaliste une identification de l’auteur
des propos cités. De manière générale, le passé composé se retrouve dans tous les types
génériques de la presse écrite. Cependant, il est communément perçu comme étant en
adéquation avec le fait divers.
Ce temps se caractérise par son extrême rareté dans l’écriture journalistique et même en
dehors. En effet, certains spécialistes affirment que ce temps est sur le point de disparaître au
profit du passé surcomposé. En tout état de cause, le passé antérieur indique « l’aspect achevé
et l’antériorité par rapport au passé simple. Comme celui-ci, il est exclu du langage de la
conversation courante… »143. Dans les colonnes de journaux, le passé antérieur apparaît dans
certaines séquences narratives racontant un événement dépassé ou expliquant une actualité.
13.6. Plus-que-parfait
Il est très utile, le plus-que-parfait est souvent employé pour indiquer l’antériorité
lointaine d’une action, par rapport à une autre du passé. Ex :« Le gouvernement avait formé
des projets dans ce domaine, mais la crise les a remis en question. » ; ou bien pour ajouter
une nuance d’habitude à une antériorité immédiate. « La messagerie avait bien fonctionné
jusque-là et en juin tout le monde était encore content. ».
Selon Françoise Revaz, le plus-que-parfait de l’indicatif fait partie des temps de base
des nécrologies brèves. En raison de sa nature (temps normatif ancré dans le passé), le plus-
que-parfait de l’indicatif apparaît dans les représentations d’événements accomplis. Sans être
aussi important par sa fréquence que le présent ou le passé composé, il reste quand même
passablement utilisé dans les articles de presse.
143
Ibid., p. 166.
124
nouveaux outils. ». L’usage du futur simple est beaucoup plus habituel. Ceci est dû au fait
qu’il est le seul temps qui se projette dans les événements à venir. Et d’une certaine manière,
il symbolise l’anticipation journalistique.
De même, le futur simple s’emploie pour évoquer «une action dans une époque
postérieure, non pas au présent, mais à un événement passé, même d’un passé lointain»15. Ce
type de futur est identifiable dans l’écriture informationnelle.
Enfin, et pour reprendre le terme de Dominique Maingueneau. Il est «le plus souvent
accompagné d’éléments adverbiaux comme « finalement, tout compte fait, etc ». […], mais
parfois sans adverbe, l’interprétation correcte étant assuré par le contexte […], on comprend
que ce ‘’futur antérieur de bilan’’ soit associé à des éléments comme « finalement, en
définitive, en fin de compte, etc. », qui indiquent que l’énonciateur a atteint la limite, (la
«fin») au-delà des calculs incertains, des doutes…»145.
144
Annick Mauffrey et Isdey Cohen, Op., cit, p. 229.
145
Maingueneau Dominique., Op, cit, p. 106.
125
Conclusion
Au terme de ce chapitre, nous pouvons dire que nous avons pu justifier notre choix au
discours journalistique, à la presse écrite au quotidien « Le Soir d’Algérie », au genre
journalistique, la chronique.
De ce fait, nous allons tenter dans la partie suivante d’étudier les différentes marques
linguistiques qui manifestent la présence de l’énonciateur dans son discours, dans la partie
immuable et constante rédigée par Hakim LAALAM dans sa rubrique souvent sarcastique,
ludique, ironique « pousse avec eux ! » ce journaliste doté par une curiosité extrême, et qui
représente une image d’un artiste qui cherche à amuser par un son propre style. Les
chroniques dans lesquelles ces procédés sont apparus, sont placés en annexe afin de faciliter
aux lecteurs de les repérer.
126
QUATRIEME CHAPITRE
De l’énonciation dans la
chronique « pousse avec
eux ! »
Introduction
Dans ce chapitre, nous allons aborder les modalisateurs et les déictiques comme
traces de manifestation de la subjectivité dans le discours de la presse écrite.
129
1. Points de vue énonciatif/stylistique
Une question est sûre, celle qui concerne les rapports unissant les médias, leur public
et le contexte, certainement, elle est avant tout linguistique. En effet, le sens que l'on peut
attribuer à ces relations se résume dans l'ajustement au public-lecteur, voire consommateur à
celui du contexte de production. L'information, le discours médiatique deviennent donc, le
résultat logique d'une négociation tacite entre le média et le contexte de réception (public). Or,
nous entendons par négociation une coopération, une influence réflexive et tacite média-
public dans la construction des formes, des contenus discursifs et informationnels qui en
portent la trace, mais aussi dans l'inconscient du message. Par ailleurs, il ne faut pas croire
que le sens est une donnée conventionnelle dans l'absolu. Dans toute interprétation des
énoncés et quelques soient leurs natures, un certain nombre d'éléments involontaires, un
certain nombre de bruits viennent affecter, voire perturber la bonne émission des informations
au destinataire.
Cela justifie que toute énonciation est au moins aussi importante que l'énoncé lui-
même. Le discours journalistique est à l’origine pris et perçu axiomatiquement comme un acte
de langage, et tout acte de langage doit mettre en avant une production langagière impliquant
non seulement les rapports unissant les protagonistes de l'interlocution, mais aussi, celles qui
réunissent le producteur de l'énoncé au monde de production. Les éléments sémiotico-
sémiologiques d'une telle situation se trouvent au centre de la situation de la communication
en question. Cependant, ils ne se manifestent que par le langage, là où se dégage le handicap
de la déficience interactive que ces médias et leurs discours doivent dépasser.
En revanche, le discours écrit pour Benveniste146, pour peu qu'il réunisse les éléments
de l'instrument linguistique de l'acte énonciatif, mime une situation d'interlocution immédiate.
Or que Kerbrat-Orecchioni (1998) suggère un dépassement au-delà de la conception abstraite,
et qu’on qualifie de« non-adressée »des communications écrites. Pour elle toujours, ces pratiques
dites écrites sont considérées sémantiquement et stylistiquement « marquées » et sollicitent
une/des réaction(s), et sont logiquement des interlocutions. En effet, nous serons dans
l’obligation de rechercher les traits linguistiques qui peuvent constituer l'objet d'étude de
discours effectifs, produits dans le cadre nommé « normal » d'une communication ainsi que le
146
E. Benveniste, (1974) : « Problèmes de linguistique générale », tome 2, Gallimard, Paris, p. 88.
130
reflet de ce cadre. Un fait linguistique doit de facto porter les marques de la situation
énonciative, celles de l'investissement du locuteur dans son discours. L'objectif serait donc de
retrouver les traces d'inscription des catégories énonciatives dans les énoncés, et ce afin de
leur donner ou les doter d’une/des interprétation(s) possibles, et de ce fait, voir aussi les
formes de subjectivation dans le/du langage journalistique. Cela suppose qu'on admette un
état de langue normal, objectivé qui serait « Le Degré zéro d'écriture »(Roland Barthes), état qui
correspondrait sans doute dans la dichotomie saussurienne langue/parole. Cela explique
l’existence d’un niveau de langue qui peut se réduire en la construction d’une référence, or
que le discours peut se réduire lui aussi en son contenu propositionnel. Quant à Oswald
Ducrot (1993), il parle de la « part isolable de la signification qui soit pure description de la
réalité ». Pour lui, cette distinction du subjectif et de l'objectif dans le langage est davantage
théorique.
147
S. Delesalle,. (1986)., « Histoire des conceptions de l'énonciation, Histoire, épistémologie, Langage », n°8,
vol.II, p. 7.
131
Cette analyse aura sans doute comme objectif la conception de « la cohérence
textuelle comme un rapport constant à l'instance d'énonciation »148. Cette cohérence
renfermera des choix linguistiques et métalinguistiques de la part du lecteur. Ces choix, cette
subjectivité, pour Kerbrat-Orecchioni149 signifient un obligatoire rapport d'intentionnalité
dans les échanges et donc un engagement mutuel des instances d'énonciation dans la
production des signes. Pour se faire, il faut d'abord comprendre les "observables" de
l'énonciation et le(s) effet(s) recherché(s) ou possible(s) sur les interlocuteurs : qui parle dans
cette chronique ? En effet, pour donner une meilleure ampleur à cette étude des stratégies
énonciatives, et spécifiquement à celle de la pragmatique d'une subjectivité discursive liée au
genre, il serait indispensable de jeter un regard sur les modalités stylistiques dans lesquelles
les données (construites) d'un style individuel seront distinctes des choix stylistiques aux
valeurs socioculturelles.
Cette notion vient du latin enuntiatio qui désignait en général le lien qui unit entre ce
qui est dit et celui qui le dit. A l’origine, elle a été philosophique, grammaticale avant d'être
au centre des préoccupations linguistiques, puis elle s'est développée avec les discours aussi
bien de Platon, d'Aristote que ceux de Husserl et Kant sur le sujet du langage. D’abord, elle
s'est fixée dans les années 1920 avec des post-saussuriens, à l’instar de ses disciples ; Albert
Sechehaye et Charles Bally, ainsi que Gustave Guillaume et Émile Benveniste. En effet, elle
représente l'ensemble des actes qu'effectue le sujet parlant pour construire, dans un énoncé, un
ensemble de représentations communicables. Comme elle se base sur l'intuition que les
déterminations du langage humain se trouvent dans l'énonciation et non dans des réalités
abstraites préconstruites comme la langue ou la proposition. Par conséquent, elle reconnaît le
lien de la langue et de la parole, l'implication des protagonistes de l'acte de langage dans
148
J. Ouzounova, (1996)., « À propos des instances énonçantes (d'après La Jeune Parque de Paul Valéry) » in
Sémiotiques, n°10, p. 137.
149
C. Kerbrat–Orecchioni, (1980)., « L’Énonciation : de la subjectivité dans le langage », A. Colin, Paris. p. 180.
132
l'étude du langage. Ainsi, on insiste sur le caractère actif et individuel et, nous l'avons évoqué,
sur le caractère intentionnel de l'acte de communication.
En outre, avec Oswald Ducrot (1984) et ses recherches de la responsabilité des actes
locutoires engagés par Austin et Searle, vient l’obligation du dépassement des tensions nées
de la conception benvenistienne de l'énonciation. Ceci pour permettre d'accéder à la
construction de la modalisation, de la responsabilité énonciative et des points de vue dans le
discours en interaction. Cependant, la reconnaissance du dialogisme "externe"serait plus
qu’indispensable du genre est embryonnaire, c’est à partir des discours qu’on appelle
rapportés (du discours représenté, de l'interdiscursivité) récurrents ici, force est d’examiner de
façon nette le dynamisme d'un dialogisme "interne" aux énoncés de la chronique journalistique
du quotidien algérien d’expression française « Le Soir d’Algérie » dans la célèbre rubrique de
Hakim LAALAM « Pousse avec eux ». Ces paramètres constituent l'essentiel de notre analyse
énonciative.
150
E. Benveniste, (1966)., op. Cit., pp. 238-245.
151
C. Kerbrat-Orecchioni, (1980)., op. Cit., p.159.
152
C. Kerbrat-Orecchioni, (1998)., « Les Interactions verbales. Approche interactionnelle et structure des
conversations », tome1, Armand Colin, Paris, 1re éd. 1990, p. 15.
133
2.1. Pour une théorie du sujet de l'énonciation et de sa relation au discours
Dans ce sens on peut citer les énoncés qui suivent tirés de la chronique « Pousse avec
eux » de Hakim LAALAM où le sujet parlant se manifeste de façon visible que lisible :
Non ! Je n’attends pas le 8 mars pour vous dire que vous êtes belles !
La preuve, je vous le balance le 10 !
Nous ne sommes pas une procession de tchadors !
J’ai lu une stupéfaction qui trahit !
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
Dans ces exemples, nous remarquons que le journaliste se manifeste de façon claire
par l’emploi du pronom personnel ’je’’, hormis, dans le 3e exemple où il emploie le ‘’nous’’ par
lequel il essaie d’inclure par extension toutes les femmes d’Algérie. Nous pouvons dire ou
concevoir ce type d'énonciation comme un acte d'appropriation linguistique qui se réalise par
la manière dont un sujet s'énonce. Dans cette optique, E. Benveniste suit en cela l'intuition
saussurienne de la parole, acteindividuel de volonté et d’intelligence 154. Comme l'analyse Mathieu
Valette (2004), les définitions successives que la linguistique a données des notions jumelles
parole/énonciation mettent en évidence deux composantes : acte/individu; et donc
actualisation/sujet parlant. En fait, celui qui énonce serait de facto l’origine ou la source de toute
production d’un tel ou tel énoncé et devient par la suite le repère principal du mécanisme
énonciatif au sein de cet énoncé. Dans ce cas, le journaliste est du quotidien algérien « Le Soir
d’Algérie » est devenu le pivot central de cette assertion, et ce par sa manifestation visible grâce
153
C. Baylon, & X. Mignot. (1995)., « Sémantique du langage », Nathan, Paris, pp. 43-44.
154
F. De Saussure, (1972)., « Cours de linguistique générale », Payot, Paris, 1ère éd. 1916, p. 30.
134
à ses différents emplois du pronom "je ". Comme le confirme Rabatel, le sujet centre de la
linguistique : « Or c'est bien le sujet dans la langue que les linguistes ont à tâche d'analyser »155. Il
permet l'actualisation, voire la réalisation de cet énoncé, et donc le passage du virtuel à l'actuel,
du collectif à l’individuel, donc de la langue à la parole de manière transitionnelle et non
oppositive. L'énonciation est donc un acte, un acte de langage dont les marques définissent les
modalités intersubjectives, elle est donc un acte pragmatique. Une autre conception de
l'énonciation a cours, que Benveniste a structurée par un appareil formel : l'énonciation
comme le surgissement du sujet dans l'énoncé156, un surgissement qui est remarquable et
observable par des indices, on parle aussi de traces ou de marques de personnes dans ce sens.
Tout choix est une liberté, et toute liberté doit être assumée à la fin par l’instance
énonçante ou l’énonceur. En effet, la responsabilité est une notion philosophique en partie liée
à la morale. Dans un journal comme le nôtre, à savoir « Le Soir d’Algérie » qui constitue un
espace privilégié de communication médiatique, voire publique, et dans ses formes de
l'exposition langagière, l’implication de ses journalistes est quasi-nécessaire afin de valider les
comportements langagiers. Quelle est la responsabilité du journaliste dans ce qui paraît dans
ce journal dès lors que toute une équipe entre dans sa confection ? La question est davantage
complexe lorsque Culioli asserte qu' « il n'y a pas d'énoncé sans énonciateur ». Qui parle est
responsable de l'énoncé dans un journal ?
155
A. Rabatel. (2005) ., « De la part de l'énonciateur dans la construction interactionnelle des points de vue », in
Marges linguistiques, n° 9, p. 135.
156
J.Dubois, (1969) « Énoncé et énonciation », in Langages, n°13, p ; 100.
157
P. Charaudeau, & D. Maingueneau., dir. (2002) « Dictionnaire d'analyse du Discours », Le Seuil, Paris, p.
124.
135
Exemple :
- « Non ! je n’attends pas le 8 mars pour vous dire que vous êtes belles ! La
preuve, je vous le balance le 10 ! (…) J’ai lu une stupéfaction qui trahit !
Elle trahit une méconnaissance profonde de notre société. »
Le: 08/03/2019
Dans ces exemples, le « me »et le« je »de la subjectivité sont sujet de la prédication et
sujet de référence, « transmetteur de l'information »selon Charaudeau (ibid.). Mais qui est cet
énonceur?
De toute façon, il est le lieu d'un projet de parole, et fait l'ontologie du discours
anthropomorphique. Malgré tout, juridiquement et socialement, le statut de responsabilité de
136
la parole est collectif, l'énonceur n'est pas comptable de son intention communicative, comme
il peut être le responsable de ce qu’il dit mais irresponsable de ce que comprend son lecteur.
En effet, il peut être accusé de médisance, dans ce cas là, il a l’entière liberté de se retrancher
derrière son non-dit ou derrière ses sens connotés comme le signale R. Barthes qui considère
la connotation comme bruit volontaire, cas de la cacophonie ou celui de la cacographie.
Selon Sophie Moirand (2006), parce que ce ne sont pas les interlocuteurs qui
interagissent directement dans la presse, alors il y a, surplombant la diversité des intervenants
et la diversité des scripteurs, une responsabilité singulière, celle de l'instance socio-
institutionnelle du journal. Autrement dit, la responsabilité dans la presse est essentiellement
éditoriale sur le plan de la justice, elle incombe au locuteur.
Dans ces énoncé, le locuteur-journal est une instance de repérage des faits, il
seprésente comme sujet d'une expérience perceptive, «J’assume ! », «je n’attends pas », « je vous le
balance »et « J’ai lu », sa présence et son émergence par la première personne du singulier
Dans ces exemples, on a toujours deux ontologies discursives différentes, celle d'un
énonceur du journal et celle du locuteur-journal. En effet, le premier(l’employé) est le
responsable du point de vue, puisqu'il interprète des discours du second (l’employeur). Ce
dernier peut nier l'interprétation du propos, mais il ne peut nier la réalité de celui-ci.
Par conséquent, on peut dire que : Énonceur, énonciateur et locuteur, il s'agit de trois
instances distinctes de l'énonciation dans un article de presse. Pour mieux comprendre, il
convient de revenir sur la théorie du statut de l'instance d'émission.
138
médiatique »ou s'il s'agit plutôt d'un « contrat d'énonciation journalistique »158. En d’autres
termes, la situation de communication dans le monde de la presse écrite en général et dans
« Le Soir d’Algérie »en particulier paraît relative à un acte de communication, à une instruction
discursive, et renvoie aux caractéristiques du dispositif impliquant une instance de production
médiatique et une instance de réception-public, reliés par une visée d'information et
d’informations nouvelles surtout. Le contrat d'énonciation journalistique, relatif au
positionnement énonciatif du sujet journaliste, est la façon dont cet énonciateur journalistique
met en exergue ce discours d'informativité à l'adresse d'un destinataire imposé en partie par le
dispositif et en plus imaginé et construit par lui. Cela ressemble à une bouteille dans la mer,
jamais sûre d’elle car elle ne connait ni la destination, ni le destinataire. Toujours est-il que la
délocutivité, malgré la présence du présent de l'indicatif, correspond à l'enjeu de neutralité de
l'énoncé. Ce présent, prend les valeurs de l'aoriste de Benveniste. Nous sommes dans ce cas
dans l'information et pas dans la communication.
Par ailleurs, pour faire une étude objective de la communication, il faut d’abord savoir
étudier les conditions de la production, voire de la réception des énoncés (le référent textuel
"linguistique" et situationnel "extralinguistique" de cette communication). Des structuralistes
comme Otto Jespersen ou Roman Jakobson ainsi qu’Emile Benveniste se sont attelés à une
construction théorique de l'énonciation (l’acte de parole), en opposition avec l'énoncé (le
produit ou le résultat de cette énonciation). Ils vont concevoir la mise dans la chaîne du
discours de l'instance énonçante [appelons-la Locuteur, comme Benveniste (1974) et Ducrot
(1984)], son appropriation des faits évoqués, sa position par rapport auxdits faits, à travers un
ensemble de signes appelés déictiques(Qui désignent un objet " locuteur, lieu, date…" dont le
référent dépend de la situation d'énonciation) . La valeur des termes appelés déictiques ou
deixis159ou shifters selon les termes de Jespersen ou embrayeurs de Ruwet, est fonction de leur
réalisation, voire leur actualisation dans tel ou tel énoncé de leur apparition. Or, ces unités
appelées déictiques constituent en elle mêmes « une classe de mots promus à l'existence par
l'acte d'énonciation »160. Benveniste (1966) parle d'indiciels, il distingue les indiciels de personne,
les indiciels temporels et les indiciels spatiaux. Ceux-ci correspondent à des séries paradigmatiques
158
P. Charaudeau, (2006) : « Discours journalistiques et positionnements énonciatifs. Frontières et
dérives »,Semen, n°22, En ligne.
159
La deixis est une notion linguistique dont la dénomination est directement empruntée au
grec δεῖξις (action de montrer, ou référence). La deixis est l'une des façons de conférer son référent à
une séquence linguistique ; elle intervient lorsque la compréhension de certaines parties d'un énoncé
nécessite une information contextuelle.Un mot ou une expression est déictique si son interprétation
varie en fonction du contexte, comme c'est le cas des pronoms par exemple.
160
E. Benveniste, (1974) « Problèmes de linguistique générale », tome 2, Gallimard, Paris.
139
pronominales, à des indices d'ostentation (pronoms, adverbes, déterminants à base
démonstrative), à des marques temporelles égocentrées (verbales et adverbiales). Ils situent
par rapport au Moi - Ici - Maintenant du sujet parlant. En plus des deixis indiciels, les deixis
anaphoriques permettent de leur côté de référer anaphoriquement à un élément en contexte :
« Le contexte joue alors, dans le discours, un rôle analogue à la situation, créant une série
"d'ancrages" pour la suite »161.Dans ce cas d'anaphore, le réfèrent est donné par le contexte,
soit directement (mention antérieure), soit indirectement (anaphore divergente) ; en cas
de deixis, il est donné par la situation d'énonciation, soit directement {in praesentia), soit
indirectement {in absentia).
1- La deixis in praesentia fait emploi de la situation immédiate (« Olivier, ferme bien la/cette
voiture ! » ; (avec pronom sans antécédent) « Attention, ne t'approche pas ! Il est
dangereux ! »).
Exemples :
2- La deixis in absentia se retrouve dans des expressions situationnelles indirectes qui sont :
Exemples :
161
C.FUCHS, & P. LEGOFFIC, (1992) : « Les Linguistiques contemporaines : repères théoriques »,
Hachette, Coll. « Langue, linguistique et Communication », Paris, p. 133.
140
o J’admets enfin face à vous que je suis en symbiose orgasmique avec
cette« tuerie » partisane.(…) Pour cette raison - majeure à mes yeux- j’implore
de ne pas intervenir.
(Le Soir d’Algérie, « Pousse avec eux », 25. 03. 2019)
Exemples :
Exemples :
o C’est là, inscrit sur mon tableau :en meeting à Oran, le samedi 23
février2019, Moad Bouchareb a lancé ceci aux marcheurs du 22, donc de la
veille.
d- la référence définie (de situation plus large) : l'identification du référent est acquise par
la prise en compte d'éléments constitutifs de la situation d'énonciation ; soit l'exemple
141
« Le président Chirac s'en prend au chef de l'État. » Ici importe le pays dans lequel
l'énoncé est prononcé pour ainsi identifier clairement le référent « chef de l'État ».
Exemples :
o Chiffrage ! El fariq Gaid-Saleh ! Purée ! A lui tout seul, c’est tout une…équipe !Le:
28/03/2019
o Et nous, nous forons, nous creusons pour découvrir grâce au Docteur Ammar, dit
le «Spéléologue de Neuilly »le « Pouvoir Profond » !
o Le Parti Présidentiel, lui qui n’a de scientifique que sa petite calculette et les bilans
de sa SCI, sa Société Civile Immobilière ?
(Le Soir d’Algérie, « Pousse avec eux », 27. 03. 2019)
Exemples :
o Il nous faut prier très très fort. Parce que la demande est énorme.(…) Peu importe,
prions avant qu’il ne soit trop tard !
(Le Soir d’Algérie, « Pousse avec eux », 03. 03. 2019)
162
https://fr.wikipedia.org/wiki/Deixis
163
E. Benveniste, (1974)., op. Cit., p. 200.
164
OUZOUNOVA, J. (1996) : « À propos des instances énonçantes (d'après La Jeune Parque de Paul
Valéry) » in « Sémiotiques », n°10, p. 2.
142
Exemples :
Mieux, et là, ceux qui n’avaient pas été encore choqués lorsque j’ai proposé
d’écrire à notre tour une lettre à Boutef vont l’être assurément (…) Je dévoile : en
retour, il faut que nous demandions nous aussi…pardon à Abdelaziz ex-1er, j’évite
une volée de bois vert. J’esquive un uppercut. Et je préserve mon visage d’une
giclée de crachats (…) Je peux enfin expliquer mon idée : Je souhaiterais que l’on
rédige à l’ancien régnant (…) Je le sens à votre mine qui s’apaise.
(Le Soir d’Algérie, « Pousse avec eux », 04. 04. 2019)
Dans cet extrait tiré du quotidien algérien d’expression française « Le Soir d’Algérie », on
constate clairement que ce journal assume la référence, car il a utilisé le Nous :Ce nous "interne"
par lequel on associe l'énonceur, cela ne dépasse pas l'expérience perceptive, et un locuteur
dont la caractéristique est le sentiment d'association avec l'interlocuteur. Il s'agit donc de
lal’équipe de la rédaction. Le nous énonceur (ou plutôt interlocuteur) englobe le destinataire
ainsi que lecteur de ces écrits. Le second nous, locuteur, qui est au contact du public, va
exprimer le soutien du nous premier, et peut-être le renforcer dans sa demande. Le nous en
première instance peut aussi inclure l’ensemble des lecteurs malgré son hétérogénéité, si le
journal en question veut réellement insister sur la convergence des idées, sur une
"communautarisation" de l'activité d'écriture-lecture. Malgré la présence remarquablement
marquée du nous, on a par conséquent, une multi-dimensionnalité de la personnalité du sujet
énonciateur qui incarne une identité corporative. Dans l'exemple suivant, le nous désigne
exclusivement la rédaction, le locuteur-journal et il participe à la construction d'un éthos
discursif :
- Nous aurions dû le libérer et nous en libérer bien plus tôt. Nous ne l’avons pas fait !
(Le Soir d’Algérie, « Pousse avec eux », 04. 04. 2019)
Le journal« Le Soir d’Algérie »s’interroge sur l’entité citoyenne et tente de présenter à ses
lecteurs"virtuels" une réalité qui est purement algérienne. Il affirme alors son identité
territoriale en tant que média algérien dont le public à son tour se veut exclusivement algérien.
Par conséquent, les interlocuteurs locuteurs-journal possèderont de facto un construit
commun sur la base duquel le sujet énonciateur fonde ses idées et ses opinions. Ces dernières
engageant en plus de ses lecteurs et toute la société algérienne (du moins par l’intention). De
ce fait, ces idées et ces opinions pourront être véhiculées de la sorte, avec patriotisme, voire
un brin de chauvinisme.
143
o Et ce n'est pas un chahut de gamins qui va nous faire dévier de notre
trajectoire continue dans la continuité
26-02-2019
o C'est notre signature, notre label, notre certification ISO machin chose…
11-03-2019
Dans ces exemples, le locuteur abstrait qu'est le journal « Le Soir d’Algérie » est un JE
s'adressant à des interlocuteurs virtuels. En effet, ses lecteurs ressemblent à une bouteille dans
la mère, elle ne connait ni destination, ni le destinataire. La situation d'énonciation dans le
premier énoncé permet l'implicite. Ce qu'il y a de commun entre le locuteur (leJE) et le public
(le VOUS), qui constitue la personne bipartie du nous, c'est probablement d'être en Algérie et
possiblement d'être des Algériens. Le locuteur présent dans cet énoncé décrit la réalité.
Cependant, dans le cas du deuxième exemple, le journaliste H. mènera tous les Algériens au
Paradis du cachet international de référence (ISO), il s'agit d'une évaluation du locuteur dont
les marques sont implicites dans le nous, répété trois fois consécutives dans le même énoncé.
Cette évaluation a des fins pragmatiques car il s'agit d'orienter favorablement le jugement de
ses interlocuteurs.
144
o J’espère qu’après ce coming-out, vous ne me détesterez pas. J’ose même
espérer que vous continuerez de me faire l’honneur de votre fidélité
journalière. Le: 25/03/2019
o Oui, je sais que c’est pervers, tordu de chez tordu, mais je vous ai avertis, je
n’allais pas vous faire des révélations d’écoliers boutonneux(…) J’admets
enfin face à vous que je suis en symbiose orgasmique avec cette « tuerie »
partisane. Le: 25/03/2019
165
L.Rosier, (1999) : « Le Discours rapporté. Histoire, théories, pratiques », Duculot, Louvain-La
Neuve, p. 160.
145
vecteur du sentiment d'interpellation et d'adhésion du lecteur par les sujets développés et donc
un argument d'attraction.
Par conséquent, la référence énonciative constitue un procès dans l'une des époques du
temps. Le temps dont il s'agit n'est pas du temps « indivis », mais bien un temps actualisé, le
temps triparti167. En d’autre terme, c'est un temps dont la localisation se fait en une série
d'époques se succédant sur la ligne progressive du temps. Les répartitions sont obtenues suite
à un point d'origine. Ce point dit d'origine dans le système est appelé « l'appareil formel de
l'énonciation » est le présent, pas le présent "réel", pas celui de la coïncidence avec le moment de
production du discours (parce que la communication ici est différée), mais un présent "absolu".
A partir du moment de l'énonciation, nous pouvons donc envisager l'avenir. Les
indices comme "bientôt" constituent des marques de la situation d'un moment à venir non
encore délimité, ni déterminé par rapport à celui du jour ou de la période de parution
(d'énonciation) du journal en question. Cela dépend de la prépondérance du temps
psychologique, insaisissable qui amène l'annonce de la situation encore incertaine.
166
Geneviève Calame-Griaule (2009) : « Ethnologie et langage. La parole chez les Dogon », 3e édition revue et
corrigée, Limoges, Lambert-Lucas, 600 p., bibl., ill, p. 15.
167
Ibid., p. 248.
146
3. Les modalités
Exemple 1:
168
C. ABASTADO, (1980) : « Message des médias », CEDIC, p.124.
169
C. KERBRAT–ORECCHIONI,(1980) : « L’énonciation : de la subjectivité dans le langage »,
A. Colin, Paris, p. 133.
170
G. E. SARFATI : Op., cit, p. 23.
147
Dans cet exemple, le journaliste vise la naissance d’une nouvelle Algérie. Ici l’énoncé
annonce une certitude forte affirmée par le verbe "être ".
Exemple 2:
Ici, il s'agit d'une évaluation négative par l'emploi de l’adjectif mal " qui veut dire, la
mauvaise situation politique et l’intervention des pays étrangers dans les affaires intérieures
de l’Algérie .
Exemple 3:
De même dans cet énoncé , l’évaluation est jugée négative par l'emploi de
l’adjectif masculin singulier "sourd", et le non masculin autisme Cela signifie, avoir
le silence, ne pas parler, le régime n’aime pas intervenir pour régler les problème du peuple.
Exemple 4:
o Et surtout montrer que nous sommes polis, civilisés et propres dans notre tête
comme mans les rues que nous nettoyons après les manifs du vendredi.
(08.04.2019).
Ici c'est une évaluation positive pour ce public, par l'emploi des adjectifs
Parmi les procédés de modalisation, on peut employer dans les chroniques dans le
journal en question :
Quant au vocabulaire péjoratif, est un vocabulaire qui contient une idée de mal qui
déprécie la personne ou la chose ciblée, en atténuant sa valeur marchande par exemple.
Déprécier, c'est ne pas apprécier à sa juste valeur en la déconsidérant afin de dissimuler sa
vraie valeur en émettant à son propre sujet des jugements défavorables.
148
Exemple:
-Elle trahit une méconnaissance profonde de notre société
-l’Algérie bourré de fautes , de jugements fantaisistes et d’approches à sa
limites de l’orientalisme malsain
(08.03.2019).
Les expressions soulignées comportent deux mots qui sont à souligner ici dans ces
énoncés, toujours dans le journal "Le Soir d'Algérie" sont toutes ces expressions expriment
sans exception, l'inclusion et la conception de touts genres de déceptions avec toutes ses
confusions, ce qui révèle un désespoir inévitable sur tous les
plans . En résumé, le mot « déception » est dit péjoratif, parce qu'il est venu lui-même
décevoir les algériens. C'est un concept qui comporte une idée dépréciative de la chose
désignée (l’Algérie), en diminuant les valeurs positives .
Tout simplement est un vocabulaire qui marque ce dont on exprime avec une manière
favorable, c'est-à-dire qui comporte des circonstances convenables pour se déployer et se
satisfaire. Ce vocabulaire mélioratif présente de bonnes dispositions à l'égard de quelqu'un ou
de quelque chose.
Exemple
L’expression qu'il faut souligner dans cet énoncé de la chronique du journal " Le soir
d'Algérie" est sans doute "envoyé par Dieu ", ce qui signifie que, BOUTEFLIKA à encore et
pour toujours doit rester au siège d’El-Mouradia, , malgré son état de santé critique, basculé
par les délais. Le président, même en chamboulant en quelque sorte le protocole, il a fait son
déplacement jusqu'à El-Mouradia et satisfaire à l'obligation institutionnelle de réunir et
présider le conseil des ministres.
149
Or est un président ambitieux, même s'il n'arrive pas à se lever de sa chaise, c'est tout
le problème de l’Algérie.
a- Des phrases exclamatives pour la traduire des sentiments forts, une émotion vive.
Exemples :
C'est un ensemble des énoncés extraits du journal quotidien francophone " Le Soir
d'Algérie", dans la rubrique qui figure désormais à la fin du journal, « Pousse avec
eux »l'exclamation est employée par le journaliste énonciateur afin de soupçonner des
impressions et des émotions. Or, le locuteur est alors appelé à avouer ces sentiments . Le
type exclamatif est souvent traduit par l’emploi de l’ adverbe (comme ! que!) ou un
déterminant exclamatif (quel!).
c-Le conditionnel pour évoquer l'incertitude absolue, ce mode est personnel, il manifeste
une action incertaine, soumise à des circonstances particulières, c'est, en quelque sorte,
apporter le lecteur au monde de l'imaginaire et de fiction.
150
d- Les verbes de sentiments ou d'opinion comme craindre, penser, estimer, croire, etc.
Nous pouvons aussi rajouter : les structures syntaxiques (verbe - sujet…), décalage énonciatif
de divers ordres (ironie, discours rapporté…) signaux typographiques (guillemets)…
Comme nous pouvons aussi faire aussi appel aux : aspects verbaux : accompli, non
accompli, mais aussi « Certaines transformations libres : négation, passif facultatif,
nominalisation : une négation implique toujours l'existence ou la présence qui est niée ; le
passif permet de supprimer l'agent ; la nominalisation neutralise les valeurs temporelles et
modales »171.
Néanmoins, ce découpage est imprévisible, nous allons nous appuyer dans notre
travail sur le classification faite par C.K. Orecchioni, qui recouvre une grande parti de ces
fragments dans la catégorie des modalisateurs, et qui classifie les autres catégories comme :
décalage énonciatif ou signaux typographique sous d'autres titres (dans un journal, ces
éléments conditionnent la lecture, en donnant un volet d'oralité au texte. Cependant la
typographie et la mise en page d'un article en précisant avec cette manière, la réception et
déchiffrement.
5. Les adjectifs
L’adjectif est une unité lexicale qu’on ajoute expressément au substantif avec
lequel il est attribué, il le qualifie ou il le identifie, l’adjectif permet aussi de porter une
appréciation à une personne désignée. Cette classe de modalisateurs bien déterminée
est l'une des plus édifiantes ; instructive et constructive, en ce qui concerne le stockage
et l'accumulation des autres unités surtout en charge subjective.
En outre, à l’aide de cette catégorie, l’énonciateur révèle, en montrant «la place d’où
l'on énonce »172 et surtout à indiquer, « la place d’où l'on énonce surtout pas »173. Par biais de
l’adjectif , le locuteur veut produire des appréciations, ou attribuer un jugement, c’est-à-dire
un point de vue employé par l’énonciateur dans les descriptions, par exemple, les adjectifs
objectifs et les adjectifs subjectifs servent à donner un certain détail qui appartient au locuteur,
dans le but de donner ou d’ajouter une information sur telle chose : « des jugements de valeur,
171
C. ABASTADO : Op., cit, p. 125.
172
D. MAIGUENEAU, (1991): « L’analyse du discours ». Ed, Hachette, p.33.
173
Ibid.
151
il les situe par rapport à des catégories d'opposition comme bien /mal, mélioratif/ péjoratif…
»174.
Cette classe un peu complexe, retient un large panel d'adjectif qui renferme selon
une hiérarchie, un très grand nombre de qualificatifs ; auquel D. Maingueneau incorpore «
Les unités lexicales qui lui sont liées derivationnellement»175classées selon le degré de leur
charge subjective.
Objectif……………Célibataire…………………Jeune
Subjectif……….………..Petit..……………………..Bon176
Dans notre travail, nous avons basé sur la classification du découpage proposée par
C.K Orecchioni, et qu'elle l’indique comme suit177:
Adjectifs
Objectifs. Ex:
célibataire/marié Subjectifs
Adjectifs de couleurs
Mâle / femelle
Non axiologiques :
Grand Axiologiques :
Loin Bon
Chaud Beau
Nombreux Bien
174
Ibidem., p. 11.
175
Ibidem.,p.120.
176
L’axe graduel de la charge subjective des adjectives selon : C.K ORECCHIONI: « L’énonciation »,
Ed. Armand Colin .1999, p. 81.
177
Classement des adjectifs selon : C. K. ORECCHIONI : Op., cit, p.94.
152
La détermination du découpage est très primordial, comme le souligne C. K
Orecchioni, il est important alors de: «Prendre conscience du fait que l'axe d'opposition
objectif /subjectif n'est pas dichotomique, mais graduel »178. Cette précision s'ajoute à un
autre constat qui prouve que les « Unités lexicales sont en elles-mêmes (en langue) chargées
d'une dose plus ou moins forte de subjectivité »179.
Ce genre d'adjectif est décrit par C.K Orecchioni comme force qui sert souvent à
«gommer toute trace de l'existence d'un énonciateur individuel »181. Selon elle, sa présence
est indispensable dans toute construction discursive, sous prétexte, qu’ils marquent et en forte
puissance une neutralité et une distanciation flagrante du moi du journaliste, par ses écrit il
démontre « Neutralité de surface »182.
178
C.K.ORECCHIONI: Op., cit, p.81.
179
Ibid.
180
P. BOURDIEU: Op., cit, p.101.
181
C. K. ORECCHIONI, (1999): Op., cit, p.80.
182
G.E.SARFATI: Op., cit, p. 47.
183
D. MAINGUENEAU, (1993) : « Elément de linguistique pour le texte littéraire », Ed. Dumond,
Paris, p.123.
153
qui l'exprime ni les circonstances dans lesquelles elle s'exprime (...) afin de les
interpréter »184.
Exemple :
-un jour peu être scientifique désœuvrés (10-04-2019)
-ni lampe économique à spirales blanches. (01-04-2019)
-Et….rien ! ils ne trouvent pas d’explications logiques , scientifiques à ce réveil (03-
03-2019)
-Et conclure par la voix du conseil constitutionnel à la vacance du peuple . ( 24-02-
2019)
-les revers des vestes de costumes comme les lourdes médailles des anciens du politburo
(06-04-2019)
184
C. K. ORECCHIONI: Op., cit, p. 166.
154
-l’essence jeune du mouvement du 22vire au vieux gazole polluant ! (06-04-2019)
Exemples :
Exemples :
(26-02-2019)
Exemples :
Exemples :
Exemples :
Après avoir élaboré cette liste, nous pouvons apporter un commentaire particulier dans
ce sens, en ce qui concerne : les adjectifs de couleurs dans « Le soir d'Algérie », en effet,
même si ces adjectifs font partie de la catégorie des objectifs, ils donnent, dans notre corpus
une coloration très particulière aux évènements décrits, car ils expriment un point de vue et
apportent une appréciation connotée, au-delà de toutes les définitions dictionnairiques, or en
dépassant le périmètre sémantique de la signification dans son état premier.
Par conséquent, même si ces adjectifs, font traditionnellement partie des adjectifs
objectifs, ils peuvent endosser, prendre la responsabilité comme dans ces exemples, une autre
signification subjective et appréciative sur les informations.
a- Les adjectifs affectifs, qui concernent les affects, les sensations, les émotions,
les sentiments et les états affectifs provoqués par des impressions.
156
La présence de ces deux catégories révèle les sentiments, les valeurs ou l'opinion de
l'auteur, c'est-à-dire qu'ils montrent l'effet des évènements sur les locuteurs. Contrairement des
adjectifs objectifs, les adjectifs subjectifs se caractérisent souvent par des contours flous car
ils portent une charge supplémentaire, cette charge subjective implique de gré ou de force son
énonciateur dans son propre discours ; parce que ce genre d’adjectifs dépend obligatoirement
de son cotexte ou de sa situation d’énonciation ; Car ils sont soumis au facteur spatio-
temporel de réalisation. A ce propos, D. Maingueneau affirme que : « les adjectifs ne
s'interprètent qu'à l'intérieur de l'énonciation singulière dans laquelle ils figurent ».185
Exemple :
-Un ancien président d’assemblée même pas de foutugarder son perchoir (05-
03-2019)
L'adjectif dans cet énoncé extrait du " Le soir d'Algérie" est placé avant le nom «
président » (antéposé). Ce placement peut affecter au sens ; au lieu de dire « un président
ancien», on postposant l'adjectif et en attirant l'attention des lecteurs sur le nom, l'inverse s'est
produit.
Cette catégorie renferme tous les adjectifs impliquant « en même temps qu’une
propriété de l'objet qu'ils déterminent »186. Qui suscite une réaction émotionnelle, une
impression, ou un engagement affectif de la part de l'énonciateur ; par exemple de la pitié, de
la sympathie, de la colère, de l’indignation, du mécontentement, ou de la souffrance.
Exemples :
185
D. MAIGUENEAU, (1993): Op., cit, p. 123.
186
D. MAIGUENEAU, (1993): Op., cit, p. 122.
187
C. K. ORECCHIONI, (1999): Op.,cit, p. 95.
157
-ça parait évidentpour peu (28-03-2019)
-nous cherchons encore et encore ce bien immense que leur gouvernement nous
aurait fait (07-03-2019)
- On est mal, très mal, tellement mal que rien n’y suffira ! (03-04-2019)
(25-02-2019)
ce répertoire est composé d’un ensemble d'adjectifs teintés , d’où Hakim LAALAM
cherche à évoquer les mêmes émotions ou sentiments qu'ils ressent , chez celui qui le lit ou
l'écoute ; et cela dans un but bien précis , résumé par C.K. Orecchioni comme tel « (…) en
affectivisant ainsi le récit , l'émetteur espère que la répulsion , l'enthousiasme ou
l'apitoiement qu'il manifeste atteindront par ricochet le récepteur , et favoriseront son
adhésion à l'interprétation qu'il propose des faits »188.
188
C. K. ORECHIONI, (1999): Op., cit, p. 140.
158
d’adjectifs . Leur charge affective est très puissante, cela dénote que la subjectivité est de
nature humaine, car elle exerce un taux considérable d’implication dans le discours du
journaliste concernant ce Hirakpesant.
Cette classe représente l’ensemble des adjectifs évaluatifs par lesquels l’énonciateur
cherche à inclure son énonciataire par ses valeurs et son point de vue; pour que ce dernier les
admettre avec souplesse implique un jugement de valeur émis par celui qui énonce.
Dans ce sens , Kerbrat Orrechioni déclare que : « les adjectifs évaluatifs sont tous
subjectifs dans la mesure où ils reflètent certains particularités de la compétence culturelle et
idéologique du sujet partant, mais ils sont à des degrés variables »192.
Dans notre corpus pris dans trente articles de la chronique « Pousse avec eux » du
quotidien « Le Soir d’Algérie », nous avons cité la catégorie précédente qui est la plus complexe,
189
LAROUSSE, (2014) : « Le dictionnaire Linguistique et des sciences du langage ».
190
D. MAIGUENEAU, (1993): Op., cit, p.125.
191
Ibid.
192
L. K. ORRECHIONI: Op., cit, p.106.
159
elle engendre deux grandes sous-catégories ; une classe d’adjectifs évaluatifs non
axiologiques et une seconde classe qui concerne les adjectifs évaluatifs axiologiques.
Cette catégorie parait un peu particulière car il comprend « Tous les adjectifs qui, sans
énoncer de jugements de valeur, ni d’engagement affectif du locuteur (…) impliquant une
évaluation qualitative ou qualitative de l’objet »193. Elle enchaine en disant que ces degrés de
variabilité sont soumis à des changements qui dépendent des sociétés dans lesquelles ils
survivent .Néanmoins, ils peuvent être stables et immuables au sein de la même communauté
linguistique.
Dans notre corpus nous avons trouvé ce type d’adjectifs dans plusieurs énoncés et nous
avons les répertoriés dans les exemples suivants :
Exemples
-Pour cet être doté de pouvoirs extraordinaire et capable de changer une créature fermée
à notre monde, traceuse au quotidien de lignes rouges à ne pas franchir en… Gandhi des
temps « modernes » (30-03-2019)
-A ton programme et aux attentes de tes « très très très nombreux électeurs » (23-02-
2019)
-Par la force de leur solitude du grand large, ont inventé cette autre
expression géniale (04-02-2019)
193
Ibid., p. 97.
160
la piraterie. (04-02-2019)
-Montrer que nous sommes polis ,civilisés , et propres dans notre tête (08-04-2019)
Néanmoins, les adjectifs choisis ont été sélectionné selon le sens global du dénoté et
en fonction de contextes qui pourra également modifie ou change le sens principal du
substantif qualifié.
D’une première vue, nous remarquons que, dans quelque exemples les adjectifs sont
antéposés, par opposition aux autres où ils sont postposés .Cela n’est pas émis par hasard, au
contraire une construction pareille est bien étudier avant d’être oralisé devant les lecteurs.
Cette norme est jugée relative car elle est posée les locuteurs d’une société, par
conséquent, elle n’est pas forcément la même d’une communauté linguistique à une autre. A
ce sujet, C. K. Orrechioni souligne : « L’usage d’un adjectif évaluatif est relatif à l’idée que le
locuteur se fait de la norme d’évaluation pour une catégorie d’objet donnée»194.
Cette catégorie des adjectifs évaluatifs non axiologique a une charge objective qui
qualifient des objets, personnes ou situations…etc. C’est-à-dire qu’ils ne font pas parti de
leurs trait qualificatifs habituels ; mais ce sont des éléments ajoutés et attribués par
l’énonciateur.
194
L. K. ORRECHIONI: Op., cit, p.97.
195
D. MAIGUENEAU, (1993) : Op., cit, p.122.
161
D’ailleurs, tous les adjectifs modifient le sens du mot d’une signification à une autre,
qu’il soit explicite ou implicite,et cela, tout dépend aux différentes situations de
l’énonciation du discours, par conséquent la prise en charge des conditions de la réception
qu’effectue le contexte vis-à-vis l’interprétation de ces adjectifs.
Cette catégorie est plus subjective que celle qualifiée de particulière, elle repose sur deux
règles.
a. La première règle stipule que : « on ne peut pas comparer axiologiquement que les
objets qui appartiennent à la même catégorie ».
b. La deuxième règle certifie que tous ces jugements sont dépendants car ils sont
soumis à des normes spécifiques des jugements relatifs au système d’évaluation des
locuteurs (ethnique, stylistique, déontologique…etc.). ce genre d’adjectifs vise des
prises de position (en faveur ou à l’encontre d’un objet , d’une situation ou d’un
évènement ), de la part de locuteur , à cet égard, D. Maingueneau déclare : « Une
double norme liée à l’objet support de la propriété et à l’énonciateur(…) »196, il
ajoute encore à cette idée : « qu’il ne faut pas oublier que les jugements de valeurs
les plus « personnels» s’appuient sur des codes culturels et que suivant les contextes,
le même adjectif apparaîtra plus au moins subjectifs»197.
Ces adjectifs sont soumis à des prises de position du locuteur qu’elles impliquent dans
notre corpus, l’émergence des adjectifs axiologiques dans notre corpus, nous citons les
exemples suivants :
196
Ibid.
197
Ibidem.
162
- Je préfère de dire maintenant, même au risque d’être traité de parano professionnel
(06-04-2019)
- Le grand corps malade s’en fout un peu des interrogations des médecins.
- (03-03-2019)
- Et c’est beau tous ces Grands Corps Malades (03-03-2019)
- Juste amateur de randonnées pédestres
(03-03-2019)
-Fouiller les sacs pour y confisquer les téléphones portables ?(24-02-2019)
-Que la rue qui a produit la plus belle des fresques mondiales (10-04-2019)
- Est-ce que les mecs et les nanas de l’opposition sont sérieux ? (23-02-2019)
-Pays en crise économique avec des réserves de change en chute libre. (05-03-2019)
- Cette désagréable sensation de culpabilité profonde (02-04-2019)
-Que le saut dans l’inconnu serait mortel pour le pays (14-03-2019)
Ces adjectifs ne sont pas liés axiomatiquement aux éléments qu’ils qualifient, mais ils
sont posés en fonction du point de vue personnelle de celui ou de celle qui les produit.
Ce qui leur donne une teinte purement individuelle et relative. De ce fait, leur
controverse est évidente de la part d’autres locuteurs qui n’auront pas peut être le point
de vue ou la même que le sujet parlant.
En résumé, on peut dire que par cet emploi des adjectifs et quelques leurs
nature (objective, subjective, axiologique, ou non axiologique), le journaliste veut et
par toutes ses forces langagières et discursives de rassurer le public de la communauté
francophone, à l’intérieur ou à l’extérieur du pays.
6-Les adverbes
En effet, les adverbes constituent une catégorie des mots invariables qui peuvent être
effaçables et qui peuvent également change le sens d’un verbe, d’un adjectif ou d’un autre
adverbe. A l’aide de cette catégorie de mots le scripteur peut transmettre aux lecteurs la
163
manière dont il évalue le sujet dont il interprète. Cet usage laisse dévoiler de la subjectivité
par le biais d’un dispositif énonciatif du journaliste énonciateur qui dénote sans aucun doute
son positionnement en tant que sujet écrivant ou parlant.
Les adverbes servent à faire partager donc aux lecteurs la façon dont l’énonciateur
évalue, apprécie ou déprécie et juge le sujet dont il parle. Ce partage submerge explicitement
dans les textes écrits ou oraux à travers le dispositif énonciatif. Ce dernier est souvent mis en
place par cet émetteur, ce qui dénote son positionnement
Parmi ces modalisateurs, émis dans la chronique du journal en question , "Le soir
d’Algérie", L'usage de ces adverbes , malgré leur abondance , le journaliste accentue l'image
caricaturale qu’il veut apporter aux lecteurs, et cela même si ces adverbes sont affectés,
quelques fois, au discours de personnes qui ne font pas inéluctablement partie des lecteurs
profanes de ce quotidien. Nous retrouvons les adverbes ou locutions adverbiales d’opinion, de
manière, d’intensité ou de sentiment.
Dans ces chroniques ciblées de Hakim LAALAM , nous avons tout d’abord relevé
tous les énoncés contenant les adverbes afin de pouvoir par la suite les classer en catégories,
ce qui nous permet de définir le rôle de chacun d’eux, et en même temps d’induire l’impact
pragmatique de ces emplois.
C’est la classe d’adverbes est l’une des plus révélatrice de l’engagement affectif des
énonciateurs surtout dans le discours politique, qui touche , les impressions, les émotions, et
les sentiments. Or, ces situations sont submergées par des tendances et qui échappe à
touteréflexion apprécie au contact d’un phénomène extérieur.
En effet, c’est par leurs moyens que nous pouvons filtrer et en même temps tamiser
l’état d’âme émotionnel de l’énonciateur journaliste et qui modifie l’état de conscience, voire
atténuer la partie d’objectivité des journalistes qui l’emploient.
Exemples
A -vendredi aussi .et peut être qu’un jour de marche de la foule encore et encore
grossie, s’élèvera enfin une voix pour dire « Eh !Oh ! »
164
(17-03-2019)
B -y aura-t-il du monde à la manif de vendredi prochain ? » ou encore « que faut-il
pour que les dézidiennes et les dézidiens ne soient pas gagnés par un sentiment de lassitude .
( 21-03-2019)
C - Mieux, et là, ceux qui n’avaient pas encore été choqué lorsque j’ai proposé
d’écrire à notre tour une lettre à Boutef
( 08-04-2019)
D -plus encore les Vendredis dézédiens sont en train de réécrire le combat des
peuples du monde pour leur dignité
(08-03-2019)
Cet adverbe cité dans les exemples ci-dessus » encore « a été utilisé par le journaliste
pour exprimer l’intensité, un soulagement d’un état émotionnel (exemple a)
Dans l’exemple (b), l’adverbeencore" est utilisé pour exprimer un point de vue de
l’énonciateur sur le sujet du HIRAK , par l’emploi de l’adverbe "encore" qui marque souvent
la persistance d’un état ou d’une action, qui signifie de nouveau, inclure et insérer les
lecteurs, pourquoi ne pas les impliquer dans cette affaire. Or, ce qui connote, ce qui est tout
récent, qui existe depuis peu et qui est moderne . c’est un adverbe marquer les sentiments, afin
de créer une situation d’une réaction psychologique face à ce phénomène nouveau.
Le journaliste par le moyen de cet adverbe laisse tamiser son point de vue, sa manière
de percevoir les évènements en Algérie ou la coloration particulière qu’il donne à ce sujet, et
comment il a ressenti envers un évènement vécu. Alors face à cette impuissance que le
journaliste s’est montré puissant.
d’adverbes le sujet parlant essaye de mettre en relief les autres élément du discours qui lui
semblent voir une importance additive, ils expriment aussi le niveau de puissance et de force,
quelques fois de la quantité même mesurée suivant le contexte.
165
Exemples
(04-04-2019)
B -L’impunité engendre toujours des drames
(11-03-2019)
C -ça peut aller très loin ce genre de remords.
(02-04-2019)
d- On est mal, très mal
(03-04-2019)
Ces adverbes soulignés ont été utilisé pour exprimer le degré de force et le niveau de
puissance par lesquels se sont déroulées les actions. (cet adverbe d’intensité décrit
l’amplitude. Ici l’adverbe "très" employé dans l’exemple c est synonyme de "plus" qui veut
dire ; plus, c’est un adverbe employé dans le but de marquer un état jugé préoccupant et cela
à travers la perception faite par le journaliste scripteur du quotidien" Le Soir d’Algérie".
Tantôt dans l’exemple b, l’adverbe "toujours", n’a pas la même signification ou plutôt
le même sens, dans cet exemple, "toujours" signifie encore et maintenant.
Cet adverbe acquiert le sens de « à chaque fois, sans cesse, éternellement même après
une semaine qui s’est déjà écoulée du mois de Ramadhan, les prix sont toujours
inaccessibles »198.
198
LEXIBOOK, (2005) : « Dictionnaire électronique de français ».
166
équivaut à un complément circonstanciel, l’adverbe d’opinion équivaut, lui à tout une
proposition199.
Exemples :
1-A quoi correspond cette soudaine flambée des docus animaliers sur ces TV là ?
(25-02-2019)
2-D’ailleurs, à ce sujet, j’ai une ch’tite demande à faire mes frères de ces TV off-shores .
(25-02-2019)
(03-03-2019)
(17-04-2019)
199
ALBERT HAMON, (1993) : « Grammaire », édition Hachette Livre, Paris, p.88.
167
- Qu’elle ne peut pas dormir après ça , après tout ça
(05-03-2019)
E – Et pourquoi pas des stylos avec plaquée dessus en sérigraphie la photo du premier
ministre
(04-04-2019)
La négation dans les exemples ( 8) « ne…jamais» ces adverbes peuvent trouver leur
sens négatif initial signifiant à aucun moment et en aucune circonstance et qui peuvent aussi
marquer la persistance d’un état ou d’une action.
Enfin l’interrogation dans les exemples (10). Le « après » qui marque le défi à
tendance provocatrice qui refuse de se soumettre. L’exemple (e) « Pourquoi », on cherche les
motifs et les causes ainsi que les raison de ce refus .
Ces adverbes sont utilisés par le journaliste pour exprimer, une façon d’être, de faire
ou de penser, de se comporter en société, de s’exprimer ou de faire des mouvements.
Exemples :
168
-Vivement que cet intérim se termine et qu’on le laisse faire ce qu’il sait faire le
mieux et le plus paisiblement .
(11-04-2019)
Notamment : adverbe de manière qui signifie la façon qui mérite d’etre notée
particulièrement, singulièrement et de manière un peu spéciale . 200
Ces adverbes sont utilisés par le locuteur pour se situer dans le temps par rapport surtout à la
situation d’énonciation. C’est une façon d’être, par leur intermédiaire, ils exposent la valeur
temporelle de son discours et sur le sujet qu’il compte décrire .
Exemples :
200
NB : Toutes les définitions des adverbes sont prises du dictionnaire électroniqueLEXIBOOK,
Limited,(2005) .
169
5 - ça , c'était avant.
( 23-02-2019)
6 -Quand je les ai vus
(6-02-2019)
7 -D'abord, les images, vous les avez vues ? Ah! vous comprenez maintenant que je puisse
avoir les chocottes!
( 26-02-2019)
8 - Une forte délégation du Congrès américain, laquelle est aussitôt reçue par H'mimed
(26-02-2019)
( 25-02-2019)
12 -...ma fifille finalement opté pour un exposé sur les chenilles processionnaires
( 25-02-02019)
13-D’où vient l’expression « les rats quittent le navire »( 04-03-2019)
14-La derija, les parlés de ma principauté qui se bousculaient jusque-là aux micros-
trottoirs sont aujourd’hui
Par leur emploi, l »énonciateur peut porter, soit des appréciation ou des
dépréciation, « des jugements de valeur, il les situe par rapport à des catégories
d’opposition comme : bien- mal, mélioratif/péjoratif… »204
En fait, les langages par le biais de ces adjectifs, qu’ils soient objectifs ou qu’ils soient
subjectifs, ils ne servent pas à décrire « la réalité », mais ils sont une interprétation directe
d’un point de vue, lancé sur une cette réalité multiple. C’est-à-dire que « tout sujet énonce
sa position de locuteur »205. Ces adjectifs se caractérisent comme le lieu où s’exposent
implicitement ou explicitement, les jugements de valeurs soient de manière consciente ou
inconsciente d’une personne ou d’un groupe de personnes.
201
C.K.Orecchioni : op.cit, 1999,p.51.
202
D. MAIGUENEAU : L’analyse du discours . Ed, Hachette, 1991, p.33.
203
Ibid.
204
Ibidem., p.118.
205
P.Bourdieu : Ce que parler veut dire, Ed Fayard , 1982, p.101.
171
7. Les verbes
Sur le plan linguistique, le verbe est un mot à double entité, par lequel on peut exprimer, soit
un état, soit un devenir et dans la plupart des cas une action .Cependant leur différence
d’emploi réside dans leurs valeurs d’expression, puisqu’il y aceux qui expriment des
sentiments, des points de vue ou opinion. Cela démontre en général leur subjectivité
d’emploi, car il est impératif de dire que ces éléments incontournables dans leur analyse
énonciative, sont eux aussi dotés d’une charge émotionnelle. Par ailleurs, cette charge est
souvent dépendante de l’appréciation de l’énonciateur, même différente d’un verbe à un
autre.
L’exemple montre que le journaliste de notre journal en question, était en train de supplier ses
interlocuteurs pour imaginer ce qu’il veut afin de pouvoir les transmettre ses idées. En outre,
cet exemple est suivi aussi après par l’interjection eh ben qu’il s’agit comme un arrêt pour
prendre soupire, et l’adjectif terrible qui signifie l’horreur et la crainte.
206
Le mot « expressif » est emprunt » à la terminologie de G.E. Sarfati
172
7.1.2. L’espérance
Exemples :
-je souhaiterais que l’on rédige à l’ancien régnant ayant abdiqué des excuses sur une des
failles (08-04-2019)
-Donnez-nous juste 12 mois de rab pour que nous puissions nettoyer les lieux. (05-03-
2019)
-Je vous livre tout cru, on sentiment : j’ai l’impression que le hirakest en train d’évoluer
(06-04-2019)
-Je les invite tous, gracieusement, dans ma grotte à crayons (04-04-2019)
-Que je n’ose imaginer (05-03-2019)
-vous n’entendrez plus parler de nous. (05-03-2019)
-Le tour suprême dont rêvent tous les magiciens. (30-03-2019)
- La rue exige de revivre enfin ( 10-04-2019)
7.1.3 Le désir
Exemples :
-Lorsque j’entends tellement de gens aujourd’hui le dire à l’unisson, nous aura autant » fait
chier » (08-04-2019)
173
7.1.4. La comparaison
Exemples :
Cet exemple est utilisé dans le but de pouvoir exprimer un sentiment spécifique qui
émanait l’actualité algérienne durant cette période sensible. Par ailleurs, en prospectant plus
en détail le corpus relevé, nous pouvons observer la présence d’autres verbes exprimant des
sentiments pour marquer la manière d’emprunter la voix des personnes et d’exprimer les
sentiments dominants dans cette période, qui semble la plus sensible et la plus décisive dans
l’histoire contemporaine de l’Algérie. Par conséquent, ce choix n’est pas laissé au hasard ; au
contraire, il est préalablement recherché et étudie par des spécialistes à ce genre
d’évènements.
Ce genre de verves est très particulier puisqu’il regroupe ceux qui expriment une
opinion et ceux qui renseignent sur la manière que le locuteur à exprimer et d’appréhender
son discours qu’il développe devant son propre public. Par leur biais, nous pouvons confirmer
ou infirmer si le journaliste adhère et avec une conviction rassurante à ses propos ou au
contraire ; si elle se distancie avec ce dont il chargé de relater. A ce propos, C. K. Orecchioni
déclare que « les verbes d’opinion renseignent sur le degrés d’assurance avec lequel les
locuteurs adhèrent à leurs croyances »208
Ces verbes ont été utilisés en masse dans notre corpus, dont voici leur liste :
Exemples :
1-Je suis sûr que Rachid Mimoun aurait aimé voir les foules récupérer les bras détournés de
ces fleuves (28-02-2019)
2-Il pourrait ne rien se passer demain, que tous nous soyons frappés d’interdiction de sortir
et de respirer.
207
Le mot « épistémique » est emprunter à la terminologie de G. E. Sarfati
208
C. KerbratOrecchioni :L’énonciation, Ed, Armand Colin, Paris, 1999, p. 118.
174
3- Merci !je ne serais pas long. (31-03-2019)
4-Je risque de passer pour un traitre (31-03-2019)
5-Ben, ça se voit , non ? Je note ! J’inscris sur mon calepin à spirales la liste.
(28-03-2019)
6-Je n’attends pas le 8 mars pour vous dire que vous êtes belles (08-03-2019)
7-Je peux compter sur ta discrétion, bien sûr ! (08-03-2019)
8-Je ne dis pas que ces warning partent d’une mauvaise intention. (14-03-2019)
9-Mais nous nous retrouvons sur l’essentiel. Nous sommes condamnés à nous retrouver sur
cet essentiel-là. (03-04-2019)
10-Je précise que cette liste est ouverte (01-04-02019)
-11-Je vais accueillir comme il se doit (20-03-2019)
Par l’utilisation de ces verbes soulignés, le journaliste tend à donner une interprétation de
l’état actuel ainsi que celui du futur la nouvelle Algérie, qu’elle délivre sa vision des choses.
Ces verbes sont, en réalité, porteurs des impressions gravées et laissées dans les mots qu’ils
les véhiculent.
Si nous prenons les exemples (1-2-3-4) , nous pouvons avoir une idée concrète sur le
point de vue et la position de LALAM sur l’actualité qu’il développe.En outre, nous
constatons que l’utilisation des verbes (attendre, préciser, noter, inscrire) dans les exemples 5-
6-10 est une manière claire de dénoncer ces manifestations et ces comportements des
ministres, le fait de poser ces verbes est une manière de marquer cet acte est interprété
comme un fait controversé et non comme une recherche légitime de renseignement des futurs
décisions qui aide l’Algérie de sortir de cette crise.
Dans les autres exemples où le journaliste a employé les verbes, (dire, aller, retrouver) il tente
d’ajouter une appréciation supplémentaire à sa prise de position faite par ses opposants.
En effet, il y a un autre sens qui se greffe sur ces verbes, qui est celui resté obstinément fidèle
à ses opinions. Cette ténacité qu’il veut signaler, ne peut être clairement transmise qu’en usant
de ces verbes.
175
discursifs. C’est par elle aussi que l’enchainement et la compréhension des paroles seront
possibles.
En effet, le locuteur est le seul maître à bord du temps qu’il doit utiliser dans les
constructions de ses énoncés. Nous retrouvons cette réflexion chez E. Benveniste lequel
pense que « l’énonciation est indissociable d’un processus de temporalisation par lequel
précisément le locuteur s’approprie la langue »209
Cette forme d’embrayeur est très particulière, car « les marques de présent, passé et futur
sont attachées au radical du verbe (…) et ont pour repère le moment de leur énonciation »
210. C’est-à-dire que le temps de base du discours est le présent de l’énonciation ; c’est autour
de lui que vont graviter les autres temps et c’est à partir de ce présent que vont s’organiser
les autres temps et toute énonciation. Il est, donc, clair que « c’est par rapport à son propre
acte d’énonciation que le locuteur ordonne la chronologie de son énoncé et l’impose à
l’allocutaire »211 , estime D. Maingueneau.
Aussi, étant donné que ce phénomène est commun à toutes les langues, atteste E . Benveniste
« les différents langues organisent le temps en référence à un présent »212
Enfin, nous pouvons dire que ce temps est fréquemment utilisé par le journaliste
LAALAM dans ses différents articles journalistiques car c’est un temps de base qui dénote
beaucoup de signification subjectives surtout, puisque c’est grâce à lui que cet écrivain
marque ses réserves, même une certaine distance envers ses allocutaires.
209
E.Benveniste : Essai d’application de la méthode sociologique en linguistique, éd. De Minuit, 1929, p.92.
210
D. Maingueneau :Op,cit,p. 88.
211
D. Maingueneau : L’énonciation en linguistique française, éd. Hachette, 1999, p. 36.
212
E.Benveniste : Op, cit, p.95.
176
Conclusion
A partir de l’analyse effectuée sur les différents articles de presse, qui appartiennent à
notre journal »Le Soir d’Algérie » émis précisément dans la chronique pousse avec eux ! ,
écrits par le journaliste francophone Hakim LAALAM nous pouvons dire que ces derniers
contiennent une compétence linguistique et un lexique spécifique et riche.
Certes, le discours journalistique est marqué par sa présence et ses constances, mais il
est toujours pris comme un discours de conviction, à cet égard le journaliste énonciateur opte
pour utiliser des facteurs linguistiques énonciatifs comme traces de subjectivité.
En somme, et à partir de notre analyse énonciative, nous pouvons dire que LAALAM
possède une stratégie discursive très particulière à lui seule à travers laquelle, il tend à créer
une nouvelle stratégie énonciative bien distinguée par son style claire et sophistiqué
177
CINQUIEME CHAPITRE
Vers une pragmatique du discours
médiatique dans « pousse avec eux ! »
Introduction
Les actes de langage sont réinsérés dans leur contexte communicatif, ils apparaissent donc,
comme des entités tout à la fois détachées de leur contexte d’actualisation dans
l’enchainement discursif.
Par ailleurs, Les actes de langage sont envisagés par rapport au rôle qu’ils jouent dans la
construction de l’énoncé, en particulier, en ce qu’ils sont susceptibles d’avoir de puissants
effets sur les actants en présence, tel qu’il est élaboré dans le cadre des derniers
développements de la pragmatique : «Tout acte de langage est un acte d’échange
interactionnel entre deux partenaires (sujet communicant et sujet interprétant) liés par un
principe d’intentionnalité, cet échange se produisant toujours dans une certaine situation de
communication. »213
Notre corpus présente quatre procédés d’objectivation . Ce ne sont pas les seuls
213
CHARAUDEAU, P. (2006) : « Discours journalistiques et positionnements énonciatifs. Frontières
et dérives », Semen, n° 22, En ligne.
179
procédés mais ce sont les plus récurrents et les plus visibles pour toute analyse du
discours de l’information. Nous avons classé ces procédées d’objectivation, en
fonction de leur fréquence dans l’éditorial comme suit:
Le recueil des données consiste alors à « construire un corpus exploratoire » (Moirand
2007 : 6) qui rendent compte d’un moment ou d’un instant discursif (la période de
HIRAK), et qui nous a permis de réunir ce corpus en se référant sur des bases moins
empiriques et mieux « pensées »
180
1.Le discours dans la presse écrite
a- La polyphonie lorsque l'auteur d'un énoncé peut faire parler plusieurs voix à travers son
texte, elle est la manière de s'approprier la voix de l'autre et de la faire entendre dans son
énoncé.
b- Le discours rapporté lors que le discours se présenté comme au moins une double
énonciation.
En effet, le discours rapporté est un procédé d'information qui traduit des aspects essentiels
des pratiques journalistiques. La manifestation du phénomène de distanciation / implication
du journaliste permet l'interprétation pragmatique du locuteur.
181
- le discours direct (DD).
- le discours indirect narrativisé
- le discours indirect (DI).
Dans ce cas, le journaliste est un porte parole car le (DD) est une reproduction des
énoncés de la source cité donc le (DD) sert à reproduire la textualité des discours. La
reproduction est constamment une production dans une nouvelle énonciation ainsi un contexte
discursif et argumentatif différent.
La citation dans la presse écrite est forcément, un extrait décontextualisé et recontextualisé du
discours d'autrui.
Le discours dans les articles de presse est présenté par des manques et des signes
typographiques comme les guillemets, les tirets, les deux points, des italiques, (dans le cas de
dialogues rapportés), des parenthèses ou par une combinaison de ces signes.Ces marques
permettent de marquer l'indépendance syntaxique du (DD) par rapport au verbe introducteur.
Exemples :
214
Cité par Charron, J et Loic, J. (1999 : 13-14), in Enonciation journalistique et subjectivité : les marques du
changement. p-p : 80-81
182
« vous vouez! On vient de vous faire entrer l'électricité chez vous!»
(07 - 03 - 2019)
-Je ne suis dit :
« aw! quoi? Déjà» (26 - 02 - 2019)
- ...et me lâcheavec une pointe d'extase mon dissimulé dans la voix :
« tout va bien si Hakim! C'est juste que je suis un peupris ces derniers jours »
(19 - 03 - 2019)
Les points d'exclamation ou les points d'interrogation, les marques de l'énonciation sont
reprises pour établir et retenir le mimétisme du contexte de l'énonciation. En effet, le
journaliste ne peut pas reconstituer l'énonciation naturelle ou authentique qu'à travers
l'imitation et la ressemblance des attitudes d'autrui.
En cas d’absence de ces marques typographiques, nous permettons à recourir à une autre
norme de cohérence, à l’aide de laquelle le passage d’un locuteur à un autre pourrait être
repérable par « des marques de discordance » (Authier, 1978), cela veut dire des outils qui
suscitent une interruption sur le plan énonciatif en proposant qu’il y’a changement de
locuteur. Cependant, ces marques se manifestent le plus souvent par la l’occurrence des
pronoms personnels à la première personne et qui ont valeur de déictique. En fait, Ces
pronoms expriment la manifestation du discours, au singulier (je, mon, mien, etc.), ils
reflètent aux locuteurs cité, et, au pluriel, à un ensemble composé du locuteur cité.
183
Pour marquer également le discours rapporté direct nous pouvons recourir à un principe de
cohérence. C'est-à-dire le journaliste peut créer une rupture sur le plan énonciatif en proposant
qu'il y a changement de locuteur à condition que le sens original ou premier de l'énoncé ne
s'en trouve pas significativement modifie.
Exemple:
Dans ces exemple, les verbes introducteurs peuvent à eux seuls modaliser le discours
cité, c'est-à-dire ils intègrent aussi des discours précédents.215
Les verbes introducteurs incitent également un état de réplique ou une attitude de réponse au
propos déjà énoncés.
215
- Rosier . L : le discours rapporté, histoire, théorie pratiques, ED Ducolot, BRUXELLE, P. 25
184
Cependant, l'omission du verbe introducteur comme c'est le plus souvent et soulevé
dans notre corpus que même le nom(identifié ou propos) peut permuter la réception qu'on a
d'un contenu du moment où il est émis d'une histoire qui équivaut des antécédents remplis de
sens, relatif logiquement à un contexte.
Par ailleurs, le discours doit réserver l'originalité de ses sources, en introduisant une position
précise, le journaliste marque dans son énoncé sa présence comme sujet énonçant, il veut
mettre en valeur un propos en fonction de la sensibilité d'un ensemble d'objectifs de son
journal qui est « le soir d'Algérie ».
En fait, il y a un discours subjectif et dialogique, l'énonciation, donc, neutre ne semble pas
manifestée, comme, dans tous les discours écrits.
Certes cet état est considéré comme une condition associée à la présence du récepteur, mais
également, elle a pour objectif de mettre la présence aussi du locuteur dans son énoncé.
216
- Ducrot O et T - Todorov,« Dictionnaire encyclopédique, des sciences du langage », Ed Seuil,
Paris, 1972, P. 21
185
1.1.2. Le discours indirect narrativisé
Exemples:
«
A cet égard, Maingueneau déclare: dés lors qu'il n'y a plus qu'une seule situation
d'énonciation celle du discours citant, au discours indirect, le discours cité n'a plus
d'autonomie»218
217
LAROUSSE, (2012): « Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage » : Op., cit, pp. 151-
152.
218
- MAINGUENEAU; op, cit, p.119.
186
1.1. 3 Le discours indirect libre
Dans la chronique, le journaliste utilise le style indirect dans le but d'incorporer des
propos d'autrui dans ses énoncés en maintenant sa position en tant que locuteur. Cependant, le
discours indirect libre est une forme particulière du discours rapporté.
Ainsi, dans l'énonciation (le journaliste assujettit) le discours d'autrui en s'adaptant aux
exigences de sa propre énonciation de sorte que le nouveau discours cité a des caractéristique
du discours indirect, ce qui manifeste une distanciation entre le discours de la source et le
discours du journaliste).
Exemples :
- Ces millions de la route enfin mise en blog. (24-02-2019).
219
- Larousse, (2012) : « Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage», op, cit, p.152.
187
- Une rafle géante du peuple hurlant pacifiquement. (24-02-2019).
- Les médecins en sont là dans leurs perplexités. (03-03-2019).
- Le peuple n'est déjà plus là. (07-03-2019).
- Les choses semblaient avoir changé. (19-03-2019).
- Les affaires continuent.
- Des miles d'étudiants à la bourse physique, sans moyens habitant les hameaux et zones
reculées du pays. (11-03-2019).
A partir de ces exemples, nous constatons que la subjectivité est présentée dans tous
les énoncés puisque l'élément introducteur destine péjorativement ou méliorativement
l'énoncé, comme il peut constituer un certain degré de certitude par rapport aux discours
rapporté.
Exemple :
Dans cet exemple, extrait de notre journal en question, le journaliste rapporteur se distancie
d'une manière explicite du discours cité, il apparait n'avoir aucune relation avec les propos du
discours cité, mais avec aucune prise en change de l'information, il essaie d'affirmer
l'ambigüité de la position du locuteur afin de prendre en charge certains nombres d'indices
(adjectifs, adverbes, nom…) pour confirmer la crédibilité de ses discours.
Dans ce sujet, Jean Michel ADAM affirme :« tout en conservant le clivage information-
commentaire, le linguiste propose une approche énonciative selon deux positions polaires : le
pôle distance-information et le pôle implication-commentaire, la distance opposée à
188
l’implication concerne à la fois la position du journaliste et le type de traitement de
l’information»220
Toutes fois, toutes les postures énonciatives citées dans les énoncés ci-dessus, décrit
explicitement qu’un enjeu pesant et important se manifeste par l’usage et le choix des mots
utilisés par le journaliste en général et dans sa chronique plus particulièrement. Par ailleurs
l’objectif figure dans la captation des lecteurs et leur attraction à ce journal Soir d’Algérie,
dans le discours journalistique l’effacement, la distanciation, l’adhésion, le rejet du journaliste
apparaissent nécessairement dans ses écritures en guise de créer une scène qu’il veut donner à
son lectorat en faisant agir et réagir l’autre, positivement possible que négativement sur les
lecteurs.
Il n'est donc plus question d'affirmer que le locuteur puisse s'éloigner de son
énonciation afin d'émettre des énoncés objectifs portant sur le monde ou de rapporter
directement des paroles d'autrui sans s'impliquer. Il est évident de pouvoir dire que le locuteur
puisse réellement s'effacer dans des discours rapportés d'une manière directe dont l'objectif est
de les reproduire dans leur authenticité.
220
Jean Michel ADAM, unité rédactionnelle et genres discursifs : cadre général pour une approche de
la presse écrite, pratique, N 94, 1997, P18.
221
Vion, R. (2001), « Effacement énonciatif’ et stratégies discursives », in De la syntaxe à
la narratologie énonciative, De Mattia, Monique et Joly, André (éds), pp. 331-354,
Ophrys, Gap, Paris. Cité in Rabatel, A. (2006).
189
Cet effacement apparent du locuteur correspond à une stratégie énonciative visant à créer un
"effet de réel" par la mise en scène d'une situation d'énonciation montrée.
-Le propos est un texte déjà produit par un autre locuteur et le sujet parlant
n’aurait donc qu’à jouer un rôle de rapporteur (dont on sait qu’en réalité il peut
être plus ou moins objectif. (…). C’est le cas des différentes formes de ‘’discours
rapporté’’.222 (
A cet égard, nous pouvons constater que le discoure rapporté direct est un discours qui se crée
avec volonté sous l'effet d'un effacement énonciatif volontier, cette situation qui implique la
présence énonciative de ce même locuteur en lui provoquant une antre orientation qui permet
à la coexistence de deux discours. Le nouveau discours donc a deux voix qui relèvent directe
de la dimension polyphonique.
222
Charaudeau (1992): op cite,pp 649-650.
190
recours à l’information en question est partagée par d’autres autorités et qu’elle ne lui
appartient pas. Il s’agit ici d’une position contradictoire.
191
Cet effacement énonciatif ferait le travail de gage d’impartialité etd’objectivité comme le
stipule Sophie Marnette223:
A partir de la citation, ci-dessus, nous constatons que S. Marnette puise une certaine
distance vis-à-vis de l’objectivité en disant que la plupart des articles apparaissent objectifs. A
partir de ses réserves à propos de l’objectivité, elle rejoint la vision de Robert Vion224 (2001)
pour qui « ce type de mise en scènes, que nous appelons effacement énonciatif, ne doit pas
nous faire prendre l’illusion de l’objectivité pour l’objectivité elle-même.»
Dans notre travail, nous révélons l’objectivité quand le journaliste, par ses choix langagiers,
s’efface et incarne une distance au point que sa position n’est pas assez facile à dévoiler.
Dans cette situation, le recours à plusieurs sources d’informations lui incommoder la tâche et
lui aide d’adopter une position de sous-énonciation en conformité avec la déontologie de son
métier.
Dans notre corpus, nous allons montrer comment le journaliste emploie des propos et des
paroles qui appartiennent à d’autres autorités considérées légitimes.
Nous étudions à travers les exemples relevés de notre corpus, comment le recours à d’autres
sources d’informations permet aux subjectivèmes de posséder une certaine objectivité sous
l’effacement de l’énonciateur qui sera la trace pertinente de la subjectivité et ce recours
comme manifestation implicite de la subjectivité dans son discours.
- En gros , Bedoui, Premier ministre, exhorte tout citoyen qui veut créer un parti
politique ou une association
prions aussi por qu’aucun forum mondial des Parlements et Sénats n’élise domicile en
Dézédie.
193
(Le Soir d’Algérie, « Pousse avec eux », 13. 04. 2019)
- il nous faut rester zen jusqu’au bout. Selmiya ! Selmiya ! N’est-ce pas ? khawa-
khawa !
- -c’est la phrase à la mode ! Le truc que les nanas et les mecs te brandissent à tout bout
de champ de puits quelques heures, comme un sauf-conduit, comme un badge
certifiant de leur engagement ancien dans la cause : Moi Bouteflika, je n’ai pas attendu
le 22 Février pour le dénoncer.
Analyse :
Dans toutes ces interventions illustrées, le journaliste Hakim LAALAM fait appel à une autre
source d’informations garante de l’information donnée. Ce procédé à unevaleur
argumentative selon O. Ducrot225 , qui le caractérise par une argumentation par autorité :
« Pour ce faire, il [le locuteur] se fonde sur l’idée que X, vu sa situation ou ses compétences,
ne peut pas se tromper, ou, au moins, a peu de chance de se tromper lorsqu’il dit P
[proposition dite par X]. »
Cette démarche garantie au chroniqueur du journal non seulement de s’effacer dans son
discours d’une manière totale ou partielle, mais de s’assimiler à la source évoquée. A cet
égard. nous pouvons constater que l’occurrence de ces sources présente une valeur éminente
dans le discours journalistique en revanche leur absence est jugée officielle et légitime chez
les lecteurs dans ces interventions.
225
DUCROT, O. (1993) « À quoi sert le concept de modalité ? », in N. Dittmar, A. Reich, éds. :
«Modalité et acquisition des langues», Walter de Gruyter, Berlin.pp158-159
194
Par conséquent l’absence de ces informations provoque les conséquences suivantes :
Exemples
- le boucan qu’elles produisent en tournant à fond depuis plusieurs jours rend toute
communication et réflexion impossibles.
- comment se fait-il qu’un grand corps Malade que l’on disait cloué sur son siège se
mette soudain à marcher.
(Le Soir d’Algérie, « Pousse avec eux », 03. 03. 2019)
- grâce au docteur Ammar , dit le « Pouvoir Profond » ! Cette Atlantide dont il a eu
la gentillesse de nous indiquer les coordonnées GPS .
(Le Soir d’Algérie, « Pousse avec eux ! », 03. 2019)
- Ce PP, ce Pouvoir , serait –il le même qui l’a extirpé un jour à des mariage et des
fêtes de circonstances et à des pleins d’essence pour le propulser dans la capitale
, dans le cœur du PP ?
(Le Soir d’Algérie, « Pousse avec eux !», 03. 2019)
- les derniers bisons d’Amérique du temps de David Crockett et la façon dont leur
population a pu être reconstitué et sauvée de l’extinction.
195
(Le Soir d’Algérie, « Pousse avec eux ! », 25. 02. 2019)
Analyse
En effet, toutes les articles d’informations se définissent dans la plus part des cas, par
l’objectivité du journaliste où ce dernier se manifeste comme un locuteur en marquant sa
présence dans un discours d’autrui. Nous remarquons, dans les exemples ci-dessus, l’emploi
du discours rapporté qui manifeste dans son tour des différences significatives en vu de la
subjectivité énonciative.
A l’instar de ces exemples, nous constatons également, que les énoncés dans le discours
rapporté conviennent proprement au journaliste d’où il emploie des locutions introductives
neutres comme dit-on , l’on dit que , explique que, a exprimé, pour dire, afin de donner à
l’information un caractère événementiel, c’est-à-dire en précisant les circonstances et les
conditions de l’énonciation : le temps, le lieu sont bien précis , le journaliste lors la rédaction
de son discours , il a l’intention de créer un cadre spatio-temporel chaque vendredi ) par la
prise de parole d’autrui car ce dernier a des preuves concrètes qui lui permettent de produire
des discours en se basant sur d’autres sources car tout simplement c’est une tâche qui
appartient à sa fonction journalistique .
Le journaliste produit le propos d’autrui selon les exigences, les règles et les
contraintes de son énonciation personnelle, ce qui manifeste une distanciation entre son
propre discours et le discours de la source et ce, ce qu’il explique le privilège de d
l’utilisation du style indirect car il tend d’intégrer entre deux discours sous une version
subjective.
196
Dans ce cadre, Le style directe et le style indirecte présentent des relation différentes entre les
acteurs de la communication (le locuteur citant , le locuteur cité, allocutaire ), le chroniqueur
assujetti son discours dans une nouvelle énonciation propre à son identité qui incarne un style
propre à lui , il ne se contente pas de rapporter les paroles d’autrui, il les contextualise , en
donnant une explication à ces significations .
Néanmoins dans ces exemples où la charge subjective est partiellement atténuée par le
recours à une autre source d’informations qui se porte garante et objective. Ce procédé se base
sur le principe de « captation » qui, selon D. Maingueneau (1996 :14), « consiste à transférer
sur le discours citant l’autorité attachée au texte source ». Cela implique à attribuer
clairement et explicitement la responsabilité de l’information à la source en question.
Exemple
Et il conclut en affirmant que la liste de papiers qu’il faut a été réduite au maximum.
Dans cet exemple le renvoi est implicite, car il s’agit d’une une simple allusion
connotative à un discours dominant officiel et crédible qui est marquée surtout
par l’emploi de la locution « il faut ».
-un bon entrainement sur soi .une bonne dose de méditation et de yoga .des tisanes « bonne
nuit ». et pourquoi pas des gélules de toutes les couleurs (Le Soir d’Algérie, « Pousse avec
eux », 02.04. 2019)
197
A partir de notre analyse, nous constatons que le recours à une autre
source d’informations s’établit souvent d’une manière implicite. Cela se manifeste
par une volonté de ne pas dissocier nettement les propos cités des propos du
présentateur qui demeurent, de ce fait, objectifs, neutres et impartiaux.
Il convient de dire que chaque unité linguistique à des emplois différents. Des emplois qui se
changent selon plusieurs critères parmi lesquels nous citons un critère très pertinent , le
contexte. Les questions qui se posent et qui s’imposent sont les suivantes : comment influe le
contexte sur les sens diffusé par les différentes unités lexicales proposées dans les énoncés?
Est-ce les unités lexicales déterminent le contexte ou c’est le contexte
Selon la conception restreinte celle de J. Dubois et al (1973 :116) pour qui le contexte est
« l’ensemble du texte dans lequel se situe une unité déterminée », nous pouvons dire que la
notion du contexte est elle-même problématique et c’est pour cette raison que nous allons
l’aborder attentivement à une conception plusétendue.
Il est évident de dire que le sens de chaque unité lexicale est strictement lié au contexte dans
lequel elle est énoncée. et comme il l’affirme Véronique Magaud (2005 :23) dans sa
citation , c’est le contexte qui définit le sens de l’unité lexicale :
Alors, c’est en fonction du contexte que d’autres sèmes figurent. Selon ce principe, il est fort
probable que des sèmes existants disparaissent ou restent moins perceptibles.
198
Pour masquer, la subjectivité réalisée par l’énonciateur dans son discours, le journaliste crée
des contextes spécifiques. Des contextes qui comprennent des éléments susceptibles
d’orienter l’attention des lecteurs et qui permettent au journaliste d’installer une certaine
distance vis-à-vis de ses écrits.
Par son caractère problématique, la notion du contexte suscite encore les débats. C. Kerbrat-
Orecchioni, dans ses travaux (1994, 1996,2005), distingue le contexte discursif et le
cotexte. Pour G-E. Sarfati (2001 :47), il a évoqué la notion du contexte externe et il parle
sur la nature du contexte par rapport au texte. Le contexte discursif, dit aussi endogène ou
séquentiel, dorénavant cotexte, est de même nature que le texte lui-même. Le cotexte peut
être immédiat ou lointain, étroit ou large. Lors de l’analyse du discours, la délimitation du
texte et de son contexte est primordiale. Autrement-dit, l’analyste est appelé à déterminer le
texte et son contexte, bien que cette différence ne soit pas sans conséquences, signalons
qu’au fur et à mesure de l’analyse, ce qui est texte devient cotexte et ce qui est pris pour
contexte demeure le texte.
En effet, le contexte externe est de nature hétérogène au texte et possède des éléments de
natures hétérogènes. En outre les éléments standards du contexte à savoir le cadre spatio-
temporel, nature du canal, les participants, etc., nous joignons d’autres éléments d’ordre
idéologique et pragmatique comme le but du discours, le genre du discours. Ces derniers
éléments ont amplement suscité l’intérêt des analystes du discours.
A l’instar de ces divergences, nous nous sommes trouvé d’interroger sur les
frontières entre le cotexte et le contexte d’une part, et entre le texte et le contexte, d’autre part
,nous trouvons que la distinction entre cotexte et contexte n’est pas dichotomique et n’est faite
que pour des raisons didactiques car, en réalité, il s’agit d’un seul environnement hétérogène.
Quant au rapport du texte au contexte, il faut démontrer de la conception statique selon
laquelle le contexte conditionne et détermine le sens du texte. En fait, le rapport entre texte et
contexte est un rapport réflexif. Le texte crée son contexte qui le recadre sans cesse.
Le journaliste n’ignore absolument pas ce que lui offre le contexte. Au contraire, il choisit
délicatement les données qui disposent son discours. En fait, en analyse de discours, on est
toujours en contexte comme le souligne J.-M Adam (2006 :21) :
199
contexte » que si on se donne la phrase
syntaxiquement définie pour objet ou le phonème
phonologiquement délimité. »
Le contexte, qui est toujours là, figure plusieurs éléments qui ne sont pas tous
obligatoirement au profit du journaliste. C’est ce dernier qui choisit les éléments les plus
adéquats et appropriés. Cela, nous le voyons nettement lors des vendredis du HIRAK où
seules les attentes des manifestants sont mises en évidence afin de justifier l’usage de discours
subjectifs, notre corpus montrera clairement comment le journaliste entasse des données
contextuelles discursivement importantes
C’est l’objectivation par le contexte que nous étudierons à travers les exemples
suivent :
Exemples :
1-comment se fait-il qu’un grand corps malade que l’on disait cloué sur son siège se mette
soudain à marcher ?quel est ce processus incroyable qu’un corps et matière associés puisse
à nouveau se mouvoir.(Le Soir d’Algérie, « Pousse avec eux », 03. 03. 2019)
2-il marche comme s’il n’avait jamais été malade .il sort comme s’il n’avait jamais été cloué
au lit . et il marche comme s’il n’avait jamais été longtemps immobilisé. Les médecins en
sont là dans leur perplexité .ils se sont consultés entre eux . ils ont été consulté .ils ont été
consulté. Et … rien ! ils ne trouvent pas d’explication logique , scientifique à ce réveil , à
cette sortie d’un immobilisme qui ressemblait plus à une hibernation qu’à une crampe aux
mollets.
200
3- le vœu gigantesque .et nous devons d’abord et avant tout compter sur l’immense
mansuétude du Créateur, ou de la Créatrice , ou des Créateurs Associés, selon votre
croyance .peu importe, prion avant qu’il ne soit trop tard ! Prions pour que cette contrée,
cette Principauté qui a vécu et traversé tant et tant d’épreuve terrible soit encore une fois
épargnée. Nous pouvons avec des approches différentes. Des points de vue divergents. Des
opinions diamétralement opposées. C’est normal ! C’est sain. c’est , même souhaitable pour
la bonne santé du pays que nous voulons voir se construire. (Le Soir d’Algérie, « Pousse
avec eux »,03. 04. 2019)
Analyse :
Lors qu’on a fait l’analyse de ces exemples auxquels, nous avons procédé les notions
adoptées par Kerbrat-Orecchioni (1998) et qui sont:
L’emploie des deux adjectifs logique et scientifique ce sont des adjectifs axiologiques
pour démarquer l’objectivité implicite de discours de l’information, ils portent une charge
subjective connotative du journaliste et du journal même.
D’ailleurs, le journaliste tenteà dissimuler sa subjectivité et pour qu’elle ne soit pas flagrante,
il opte quasiment pour l’emploie des adjectifs subjectifs. Cela se fait typiquement par le
recours à des contextes spécifiques.
201
Outre, il est convient d’intervenir les différents aspects du contexte qui contribuent à
l’identification du sens des énoncés, l’aspect culturel, l’aspect idéologique et pragmatique, ce
sont des contributions qui renforcent le contexte. A cet égard, C. Kerbrat-Orecchioni (1998),
affirme que la quasi-totalité des énoncés possèdent en plus de leurs contenus explicites, un ou
plusieurs contenus implicites qui viennent se greffer sur les précédents. La prise en compte
des contenus implicites qui ont reçu divers noms est devenue incontournable en analyse de
discours.
Il est nécessaire également de signaler que les présupposés et sous-entendus sont deux
procédés qui contiennent des contenus implicites qui ne doivent pas être scindés des contenus
explicites. Ainsi dans leur interprétation, les présupposés nécessitent des savoirs linguistiques
tandis que les sous-entendus nécessitent des savoirs encyclopédiques.
Dans ces exemples , les propos implicites auxquels le journaliste locuteur met mention dans
les exemples -suivants :
1-Ce sont des modules robotisés, d’appartenance humaine et dont la particularité ce que t’as
envie d’entendre dans un arabe « m’kattar », bourré de circonvolution, de moucharabiés et,
bien évidemment farci aux arabesques.
(Le Soir d’Algérie, « Pousse avec eux !», 13. 04. 2019)
Le journaliste ici vise les pays les plus forts et qui veulent intervenir dans les affaires
intérieures de l’Algérie.
3-l’espèce de lièvres vivant en Dézidie ne sait pas chasser la carotte par elle-même.
Et donc, en gros, vous avez lâché les lièvres, et ils errent. Ça va prendre du temps de leur
expliquer que les élections.
5- ce n’est pas sorcier !on est en plein dans la sorcellerie et mon vœu ardent est celui-la : je
voudrais que l’on me présente enfin ce sorcier , ce taleb ce chaman ce magicien , ce
Prestidigitateur qui a soudain transformé le bloc de granit posé sur nos espoirs ces toutes
vingt dernière année , placé sur notre poitrine et bloquant notre respiration .
(Le Soir d’Algérie, « Pousse avec eux !», 30. 03. 2019)
Si l’acte de langage sert à agir sur autrui et à travers ce dernier agir sur toute la société, il doit
reposer sur les relations unissant les partenaires de la situation discursive avec des visées
pragmatiques bien ciblées. On doit donc considérer l’énoncé-titre dans « Le Soir d’Algérie »
comme un reflet authentique de la situation sociologique, traduisant les pensées et les
intentions du journaliste. Selon Rabatel, l’intervention de l’énonciateur dans le discours fait
de l’énoncé, directement ou indirectement, un acte de langage :
« Dès lors que le point de vu ne se limite pas à sa seule dimension constative, mais
intègre un faire-voir, un faire-penser, un faire-agir, un faire-dire, fût-ce indirectement, dès
lors que les énoncés cumulent une valeur descriptive, dénotant des états de faits et une valeur
interprétative exprimant des jugements de l’énonciateur en vers les objets du discours
dénotés, ces derniers équivalent à l’acte du langage indirect»226. (2005.122)
Ces contenus implicites qui s’ajoutent aux contenus explicites précédemment cités dans le
cotexte permettent de justifier l’usage des adjectifs employés qui ont pour but la qualification
226
A.RABATEL, (2005) : "De la part de l'énonciateur dans la construction interactionnelle des points
de vue", in "Marges linguistiques", n° 9, p. 122.
203
des images d’une telle situation catastrophique.
La polyphonie énonciative est une notion qui concerne le sujet de l’énonciation et les voix
qu’il fait entendre dans l’énoncé, il faut entendra la pluralité des mots d’énonciation au sein
d’un même énoncé, qui peuvent se superposer et se mêler, par conséquent, le sens consiste
non seulement à décrire le monde, mais à montrer l’énonciation, et à présenter une image à
travers un style aussi bien que de certaines formules expressives ou modales au sens large.
Ducrot dans son ouvrage les mots du discours (1980) affirme sa théorie « si l’on
« s’exprimer » être responsable d’un acte de parole, colts ma thèse permet lors qu’on
interprète un énoncé, d’y entendre s’exprimer une pluralité de voix, différentes de celles du
locuteur, ou encore comme disent certaines grammairiens à propos des mots que les
locuteurs ne répond pas a son compte, mais met explicitement ou non, entre guillemets une
« polyphonie »(1980.p44) »227
Le locuteur est obligé peut être à adopter simultanément deux points de vue
différentes, c’est-à-dire maintenir deux choses en même temps, ou produire un énoncé en
même temps qu'il le commente. Il pourrait aussi organiser plusieurs points de vue et construit
des énonciateurs censés de les soutenir. Il présente ces points de vue en s'effaçant devant eux.
227
Les grandes théories linguistiques. Page 177
204
Quand le journaliste veut passer une information en gardant l'authenticité de ses sources et
que ce locuteur rapporteur veut révéler une certaines réalité afin d'influencer sur le lecteur en
dehors bien sur de la commercialisation du journal en question «Le soir d'Algérie ».
« Le discours journalistique, ne peut se contenter de rapporter des faits et des dits, son
rôle est également d’en expliquer le pourquoi et le comment, afin d’éclairer le citoyen.
D’où une activité discursive qui consiste à proposer un questionnement, mais pas
d’explication possible. Une fois de plus, l’enjeu de crédibilité exige que le journaliste
énonciateur ne prend pas lui-même parti, qu’il explique sans esprit partisan et sans
volonté d’influencer son lecteur. »228
En effet, dans tout discours journalistique, il y a une interactivité d’un échange entre le
locuteur et son interlocuteur. Tout journaliste n’échappe pas des contraintes et des exigences
politiques et socioculturelles de sa société afin d’adopter la perspective de l’activité
journalistique, outre, les contraintes imposées par la déontologie de la fonction journalistique,
ce qui l’incite à prendre en compte tous ces facteurs régissant son métier notamment la réalité
socioculturelle de sa société.
La théorie des actes de langages met que l'accomplissement d'un acte de langage requiert
certaines conditions, l'accomplissement de tel ou tel acte implique d'introduire dans l'énonce
une référence au lecteur ou au récepteur. A cet égard, J.L. Austin explique la différence entre
le constatif et le performatif et c'est le contexte, l'élément le plus fondamental dans la création
de parole.
Il souligne :« [...] devrait faire quelque chose (par opposition à simplement dire quelque
chose), et être heureux ou malheureux (plutôt que vrai ou faux), [...] chaque fois que
228
CHARAUDEAU: op, cit,32-34.
205
nous"disons" quelque chose, nous produisons des actes de locutions (actes de dire quelque
chose), et des actes d'illocution (actes de faire quelque chose) »229
Nous observons donc, qu'il y a le vouloir dire de la part du journaliste de la chronique, ainsi
que son impact qui veut l'influencer sur son lecteur et c'est sous l'effet des circonstances de la
réception du discours que cet impact soit heureux ou malheureux.
A ce propos Austin ajoute : «Lorsqu’une telle énonciation ne parvient pas à faire ce qu'elle
était destinée à faire, nous disons non pas qu'elle est fausse; mais qu'elle est malheureuse. Le
malheur est dû, la plupart du temps à ce que les circonstances qui devraient accompagner le
performatif ne se présentent pas« comme il faut »230
229
- J.L. AUSTIN: op, cit, p. 29
230
-I bid, p. 25.
206
6 .Les actes de langage dans le discours
Les actes de langages qui apparaissent dans les articles ciblés dans notre quotidien Le
soir d’Algérie tel que les envisagent Austin et Searle sont comme des entités abstraites et
isolées, c’est-à-dire ils sont impérativement détachés de leur contexte d’actualisation.
Autrement dit, les actes de langage sont réintégrés dans leur cadre communicatif. Tout
simplement leur interprétation exige les réinsérer dans leur contexte communicatif.
A l’instar de la fameuse citation d’Emile Benveniste (1966, P. 130) qui sert à faire une
distinction radicale entre ces trois « archi-actes » :
assertion.
question.
ordre.
« On reconnaît partout qu’il y a des propositions assertives, des propositions interrogatives,
des propositions impérative distinguées par des trais spécifique de syntaxe et de grammaire
[…]. Or ces trois modalité ne font que refléter les trois comportement fondamentale de
l’homme parlant et agissant par le discours sur l’interlocuteur : il veut lui transmettre un
élément de connaissance, ou obtenir de lui une information ou lui intimer un ordre ».231
231
- Orrechioni. C.K, les actes de langage dans le théorie et fonctionnement, Armand Colin, France, 2016, P. 83.
207
6.1.1 Les modes de construction des titres
Le choix des titres fait ressortir pour des phrases nominales interrogatives, et
exclamatives, la caractéristique générale de ce mode de construction est de déclarer en se
soustrayant à tout repère personnel ou aspectuel.
La phrase nominale énonce un constat de la réalité tandis que la phrase verbale met en
relation le locuteur qui asserte, à propos d’un sujet, un prédicat et son assertion. Nous avons
remarqué que le journaliste opte pour utiliser des phrases nominales qui ont des énoncées
surtout interrogatifs et exclamatifs.
Exemples
La plupart de ces questions sont des questions ouverte, or ces actes interrogatifs sont
nombreux dans « Le Soir d’Algérie » parce qu’ils ont une valeur modale, une valeur qui
permet aux journalistes de ce quotidien une certaine distanciation de leurs propos discursifs.
L’énonciateur, par cette technique d’interrogation, mettent la balle dans le camp de leurs co-
énonciateurs, qui peuvent à leur tour proposer une ou des réponses à travers ce genre de
constructions phrastiques . Par ses réactions, le lecteur fictif peut se manifester même
virtuellement et malgré l’absence de ses réponses dans la réalité du journal.
En guise de ce que nous venons d’entamer là-dessus, nous pouvons dire que le
discours dans la chronique du « Soir d’Algérie » joue, en définitive, sur l’implication des
lecteurs par leur stimulation. Un discours bien préparé et traité doit stimuler une intégration
chez son destinataire ou au moins, une réaction et des stratégies d’inculpation visant cet effet
abondant.
Certaines questions font un appel direct à la réflexion du public et semblent avoir des
réponses que le journaliste veut consensuelles. Cependant, ce dernier ne manifeste aucune
contrainte explicite pour ses lecteurs.
208
6.3 Les exclamatifs
Exemples
Le signe d’exclamation est présent partout, et dans tout les énoncés de la chronique de
H. Laâlem « Pousse avec eux ! » déjà, d’emblée le titre de cette rubrique est marqué par le
point d’exclamation, c’est un point de repère et de référence. Ici, il ne s’agit pas d’un acte de
langage isolé, mais nous devons reconnaitre ces incidents pragmatiques. D’abord à l’oral,
l’intonation exclamative se caractérise par une voix plus forte et par une mélodie descendante.
Cette intonation suffit souvent à assurer la cohérence sémantique. A l’écrit, elle est marquée
par le point d’exclamation. Il faut admettre alors que ce genre de construction phrastique
marque la réaction du locuteur face à des évènements réels ou imaginaires. Ce type se
différencie du déclaratif et de l’impératif par une charge émotive, schématiquement parlant, il
209
correspond à la fonction expressive du langage. L’exclamation dans les exemples énumérés
indique un soulagement d’une attente comblée manifestée par une surcharge émotive
génératrice.
- Dans (Le Bonjour du « Soir »), on peut citer dans la catégorie : A ; le cas
des exemples : b, d, g, h, i, p ;
- Dans « Pousse avec eux ! », dans la catégorie : B ; le cas des exemples : c,
e, i, m, o, p.
Néanmoins, les valeurs modales des phrases exclamatives ne respectent pas souvent
les contraintes typologiques. Elles peuvent exprimer la demande ou l’ordre. Exemple : A
(s), B (e) et (q). Les objets stylistiques peuvent toutefois, permettre une observation des jeux
internes d’organisation de la signification dans la phrase de titre.
6.4 Assertif :
- Les rats quittent le navire. (04 - 03 - 2019).
210
Cet énoncé (a) présuppose pour le lecteur du journal un savoir de l’antériorité du
terroriste en question, en l’occurrence l’émir "Gouri", ses origines, son niveau culturel et
intellectuel, ses traits moraux "violent ", son âge, etc.… ce présupposé assure la félicité de
l’acte informatif de ce genre de titres, puis qu’ils informent le lecteur sur ce qu’il ne sait pas
par des informations fiables.
Qui savait que ce "émir " a le niveau primaire, même pas le CEP, qu’il est natif de
Boudhar, très jeune, la preuve qu’en 1999, il n’a que 22 ans ? « Le Soir d’Algérie » est
responsable de ses propos et cette responsabilité n’affaiblit pas quand bien même, le public
partagerait l’univers prépositionnel de ces informations. Bref, l’acte d’informer est un acte
responsable.
Par ailleurs dans l’exemple (d), le journaliste veut faire comprendre au public par le
biais du verbe « découvrir » la violence, la barbarie et le danger des djihadistes que l’occident
ne connait peut-être réellement pas. Cela s’est fait par l’interpellation directe du locuteur sur
la réalité présupposé d’une intention cachée de l’islamophobie. Le journal invite ses lecteurs à
plus de prudence dans la perception des évènements, par l’emploi d’un vocabulaire qui vise la
prise de conscience de l’inquiétude que pourrait causer les djihadistes par leurs actes barbares
et irresponsables. En outre, le disqualifiant « barbarie », signifie chez les grecs « étranger »,
et c’est étranger par rapport à l’islam, qui condamne ces actes primitifs et sauvages. Ces
djihadistes est l’état d’un groupe considéré comme non civilisé, grossier et choquant dans ses
211
comportements232. Notons qu’il faut signaler l’engagement et la prise de position du
journaliste du « Soir d’Algérie », même subjectif, il relève du caractère performatif pure qui
vise à dénigrer ce genre d’actes sauvages.
Alors dans l’exemple (e) dans lequel : La Kabylie s’interroge après l’exécution du
français Hervé Gourdel par un groupe de terroristes. L’article intérieur du journal devra
répondre aux questions sur quoi et pour quelles raisons posées dans le titre et l’imperfection
informative de ce dernier même incitative, il ne sert qu’à construire une propre opinion en
suspens : sur quoi s’interroge la Kabylie ? Pour quelles raisons on a exécuté cet alpiniste
français ?
L’acte constatif peut être l’explication d’un fait isolé qui n’engage que ses exécuteurs,
mais déjà connu par le lecteur. Le journaliste essaie d’élucider ce fait en lui apportant
l’information nouvelle qui lui manquait. L’énoncé comporte un présupposé par lequel il relate
l’histoire d’un kidnapping par son propre déplacement dans la forêt d’Ath-Ouaâbane de Tizi-
ouzou dans la région de Tikjda, afin de reconstituer le puzzle de ce kidnapping.
Le titre, en général nous donne une explication préalable sur le texte, et nous informe
sur le temps et le lien.
232
Le ROBERT pour tous, (1994) : « Dictionnaire de la langue française »
233
-Ibid, P. 86.
212
- L’interrogation comme modalité peut être utilisé pour masquer ou exprimer
indirectement d’autre actes d’énonciation. Elle peut avoir également une valeur
argumentative : le sujet choisit de ne pas s’impliquer personnellement et directement dans
l’argumentation. (non engagement) et tenir une distance.
Grâce à l’interrogation le locuteur exprime une demande ou une question.
Maingueseau (1999 : 48) stipule une autre fonction de l’interrogation : « interroger quelqu’un
c’est se placer dans l’alternative de répondre ou de ne pas répondre, c’est aussi lui imposer
le cadre dans lequel il doit inscrire sa réplique ».234
Directifs
Autre cas
Demande
Requête
Question
Ordre
Autre cas
1. Questions :
234
- Ibid, P. 86.
213
- la valeur taxémique de la question, et ses effets sur la relation interpersonnelle, l’acte de
question étant à cet égard intrinsèquement ambivalent.
- d’une part, la question convie d’autorité son destinataire à répondre : c’est une forme de
sommation. Dans ce cas le questionneur sera dans une position dominante sur le questionné.
- mais d’autre part, toute véritable demande d’information est l’aveu d’un manque et d’une
supériorité de savoir du questionné sur le questionneur.
Ce que nous pouvons déduire, la valeur taxémique d’une question est donc impérativement
lié au type de la question ainsi que le contexte dans lequel est inscrite.
1-1 Les marqueurs de la question.
Il ya plusieurs types de question sur le plan morphologique :
a- la valeur de question s’inscrit dans un énoncé possédant une structure interrogative du fait
de l’existence de certains marqueurs spécifique.
Ces marqueurs peuvent être de nature :
* Lexicale : verbe performatif.
- mais, il m’a demandé de ne pas ébruiter la chose. (18 - 03 - 2019).
a. assertion:
- Les rats quittent le navire. (04 - 03 - 2019).
- Le peuple est heureux. (07 - 03 - 2019).
b- la valeur de question est exprimée indirectement venant se greffer sur un autre acte de
langage.
* je ne sais pas comment va se dérouler la manifestation. (28 - 02 - 2019).
* je ne peux le savoir.
Tous ces énoncés étant eux aussi susceptibles dans certaines circonstances de fonctionner
et figurer comme des questions ambigües et implicites (demande de confirmation), en vertu
de la règle de dérivation illocutoire suivante :
214
«
toute assertion accompagnée d’un modalisateur de doute ou d’incertitude portant sur un état
de chose supposé connu du destinataire peut fonctionner comme une question indirecte sur cet
état de choses ».
* Cette règle fait intervenir une donnée contextuelle, c’est-à-dire l’état supposé des savoirs du
destinataire au moment de l’énonciation de l’énoncé.
Ces réponses enchaînent sur le contenu de la question alors que les répliques, réponses
mettent en cause sa pertinence (réactions plus rares, et que l’on peut même considérer comme
exceptionnelles).
8.L’aveu d’ignorance.
La réponse a une question totale ou partielle peut prendre la forme particulière d’un aveu
d’ignorance. Sans être aussi transgressive que les nom-réponse, ni aussi « marquée » que les
répliques (car après tout si le destinataire est supposé susceptible de fournir l’information
demandée, il ne saurait tenu de la posséder).
La réponse Je ne sais pas est toute fois ‘‘ décevante ’’ par rapport aux attentes du
questionneur :
* A quoi correspond cette soudaine flambée des docus animaliers sur ces TV-là ?
- Je ne sais rien ! ( ).
* Et la flûte traversière, aussi, yek ?
215
A quoi correspond cette soudaine flambée des docus animaliers sur ces TV-là ?
On croit que la flûte traversière est un instrument doux ( ).
9. La requête
La requête reste un autre type de demander quelque chose à quelqu’un, par exemple :
- Zut, j’a i fini mon paquet !
- Tien tu as trouvé des players ?
- C’est à toi ces cigarettes ?
- Elle sont bonnes ces cigarettes-là !
Ce qu’on remarque, la requête est une forme de formulation possible que les locuteurs
disposent : formulations indirectes non conventionnelles mais aussi formulations indirectes
conventionnelles, dont le grand nombre s’explique sans doute par le caractes éminemment de
cet acte de langage et :
* Cependant la requête est considéré comme un acte incurve, elle est donc pourvue d’une
forte charge relationnelle, d’où les précautions avec lesquelles on la manipule dans
l’interaction.
D’ailleurs, lorsque le locuteur (journaliste) produit un énoncé pour demander à son
interlocuteur d’accomplir un acte quelconque.
* En effet, l’ordre est un cas parmi les cas les plus particuliers de la requête auquel le locuteur
manifeste sa volonté par un ensemble de dispositions et formulations impératives dont
l’objectif est de présenter un acte « autoritaire ».
Le classement de ces énoncés peut reposer sur des critères tel que :
1. le type d’acte de langage « squatte » par la requête, est détourné à son profit :
une question :
- resteras-tu éveillé malgré ton âge à ce cauchemar qui continue. (15-03-2019).
216
une suggestion :
- Si t’en veux pas de tes vacances. (11-03-2019).
10. L’excuse
- Moi, je suis désolé. (27-02-2019)
- Je suis d’abord mû envers lui par des sentiments de compassions. (27-02-2019)
217
d’emploi et d’avoir une fonction surtout relationnelle, leur contenu étant en revanche
relativement pauvre235
- L’excuse comme acte rituel qui est considéré particulièrement comme une formule de
politesse.
C’est un acte très fréquent dans toutes sortes de situations communicatives, il se peut
considéré également comme un acte expressif consistant à exprimer un certain état
psychologique du locuteur vis-à-vis d’un état de chose spécifié dans le contenue
propositionnel.
«
Je suis désolé » est une réalisation directe.
Cette performative a une finalité de chercher à restaurer l’équilibre rituel de l’interaction,
d’ailleurs elle vise à neutraliser symboliquement un acte offensant que le locuteur et
impertinant envers son partenaire.
Selon Goffman (1973, P. 113), l’excuse est un acte réparateur qui a pour but de « transformer
ce
qu’on pourrait considérer comme offensant en ce qu’on peut tenir pour acceptable ».
C’est un acte de langage a une visée illocutoire qui est précisément, obtenir le pardon.
235
- Catherine Kerbrat-Orrecchioni, « les actes de langage dans le discours théorie et fonctionnement »,
ARMAND Colin, CURSUS.
218
Conclusion
Durant toute cette étape de l’analyse, nous avons fait la collecte de tout énoncé qui
exprime la subjectivité de l’énonciateur et son positionnement dans les discours de LAALAM
émis précisément dans les chroniques du quotidien « Le Soir d’Algérie », dont l’étendue
chronologique s’étale sur quatre mois. Les textes de presse traitent un événement relatif à
l’actualité des activités politiques de l’état algérien, il s’agit de s’intéresser au contenu des
événements pris pour exemples aussi que de s’intéresser sur la façon dont ils sont traités et
évoqués et de démontrer l’incidence des formes du discours sur les manières de dire.
219
CONCLUSION
GENERALE
Conclusion générale
En définitive, au cours de la réalisation de ce travail, à savoir notre recherche, qui,
appartient au domaine des sciences du langage de façon générique, et qui s’inscrit dans une
sphère médiatique, voire journalistique de façon spécifique. Par cette recherche, nous
voudrions faire œuvre utile au moyen d’une approche pragmatique dont la matière grise est
quotidiennement disponible, même diversifiée chaque matin devant nos kiosque suite à une
floraison médiatique. Il s’agit de la dernière page ou numéro 24 de notre quotidien algérien
d’expression française, en l’occurrence « Le Soir d’Algérie »dans sa chronique« pousse avec eux !»
du célèbre journaliste Hakim LAALAM, dont la durée de la collecte du corpus et qui s’est
étalée autour de quatre mois, pendant la période du ‘’HIRAK’’. Notre recherche s’installe dans
une optique descriptive dans un premier rang et analytique dans un second. Pour ce faire, nous
avons jugé nécessaire que le discours en question équivaut logiquement la présence de deux
composants primordiaux, à savoir celui de l’énoncé et celui de l’énonciation. Ces deux pôles
entretiennent entre eux une relation de réciprocité présupposition elle, considérée comme un
acte qui implantant un énonciateur et un co-énonciataire.
A cet effet, il nous a paru que la chronique en vigueur possède un statut particulièrement
autonome à travers laquelle le journaliste se livre à lui-même par son regard des choses et des
événements ainsi que ses enjeux et jonglages des/par les mots très particuliers, même
extraordinaires. Il annonce ses sujets, souvent par des titres objectaux, cependant, le code
implicite et tacite reste la stratégie dominante de ses écrits. En effet, il vise maintien de son
héroïsme de rôle principal sur la scène de l’information, et ce en imposant son point de vue
sur ses lecteurs, qu’ils soient fidèles ou non-avertis, d’où résulte une interaction socialement
paradoxale entre ce qu’il énonce et ce qu’on considère comme acte de langage supposant un
échange même virtuel.
221
cette complexité, il est l’unique responsable conscient de ses écrits, surtout ceux des
chroniques audacieuses du journaliste en question. En fait, cela n’est pas nouveau ni
hasardeux de sa part malgré les multiples abstractions qu’il essaie de personnifier à sa guise, il
est manifestement visible que lisible de décrypter clairement l’arrière-fond idéologiques de
ses tendances et celle de l’institution de son appartenance. Ex aequo de ses lecteurs avertis ou
non et avec toute leur hétérogénéité complexe et disparates dans la (dé)construction et dans
l’interprétation mentales de ces fragments textuels, ces lecteurs collectifs érigent et s’érigent
avec toutes leurs constances un élément principal de la mémoire sociale des Algériens.
Le journaliste opte souvent pour l’usage d’une langue courante, facile à la portée d’un
public moyen avec l’emploi de phrases simples et courtes qui n’échappent pas aux
règles de base et aux constructions scolaires de la langue. Ceci est clairement apparent
par le recours fréquent aux phénomènes sociolinguistiques, à l’instar des xénismes,
des calques, des sobriquets.
L’usage fréquent de tournures nouvelles, cas des emprunts, et de néologisme en
transgressant même la norme usuelle de la langue par des mots hybrides non adoptés
par les dictionnaires, et ce par le fait d’emboiter et d’empaqueter deux bases d’origines
différentes, généralement de l’arabe et du français en ex cathedra personnelle. En
outre de tout cela, le chroniqueur se permet de l’usage fréquent des archaïsmes, ou les
mots tombés dans la désuétude et disparus des dictionnaires .
Le chroniqueur fait souvent appel aux janotismes, sorte de constructions maladroites
de phrases donnant lieu à des équivoques.
222
Le journaliste-énonciateur a tendance au recourt fréquent aux abréviations et aux
abrègements non-justifiés et ambigus de temps à autre suite à ses créations
personnelles, tels ; les sigles épelés ou prononcés (cas des acronymes). A notre avis,
cela est dû à sa liberté excessive d’expression, soit dans la presse écrite ou sur
YouTube, et ce suite à sa longue expérience dans le domaine ainsi que son charisme
personnel et sa vaste culture et son pouvoir magique dans le jongle avec les mots,
même en dépassant les lignes rouges de ce quatrième pouvoir. Grosso modo, il est un
stratège professionnel et un loup-garou dans ses fuites non déclarées à la censure une
fois accusé de médisance.
Sur le plan morphologico-sémantique ainsi que stylistique, nous constatons que notre
chroniqueur opte pour un usage usuel, voire courant de la langue française malgré ses
moult transgression non-justifiées par son échappatoire à la norme. Or nous avons souvent
remarqué l’emploi fréquent d’un vocabulaire simple et vulgarisé dans ses divers énoncés,
qu’ils soient longs ou courts, avec des phrases incomplètes marquées par les points de
suspension et d’exclamation surtout, avec des titres fourre-tout et de faux-fléchage et avec
trop de digressions et de distanciation.
Par conséquent, nous sommes arrivés à démontrer que la langue utilisée dans cette
chronique du quotidien « Le Soir d’Algérie » est dans sa quasi-totalité hermétique,
compréhensible et accessible, malgré les redondances remarquablement récurrentes, par
lesquels on a pu rencontrer des traces de l’empreinte stéréotypée de cette chronique et qui
resteront gravées dans nos mémoires.
Quant au temps utilisé, il est clairement constatable que le chroniqueur à souvent tendance
au présent de l’indicatif dans ses narrations des faits étant donné qu’il est le temps par
excellence de l’énonciation et du discours par lequel il essaie d’inculper ses lecteurs en les
mettant dans les mêmes circonstances spatio-temporelles.
Il est à signaler que Hakim LAALAM a tendance à recourir aux différents codes switching
suite au contact permanent de ses deux langues phares, à savoir, le français d’une part, et
l’arabe d’une seconde part. Cet emploi récurent se manifeste par ses recours endurants aux
emprunts, aux calques et aux xénismes surtout reflétant authentiquement la réalité
inhérente du contexte algérien. Par ses gymnastiques souples, le chroniqueur tente par ses
discours linguistiques identitaires refléter les représentations d’altérité. Bref, ces variations
et variétés des deux langues en question, amènent le journaliste à mieux gérer ses
contradictions d’usage malgré cette pluralité discursive et dans un cadre purement
normatif, afin de mieux le discréditer auprès de ses lecteurs. Tout cela s’est vérifié, au
cours de notre recherche, sur le plan linguistique par l’emploi d’un lexique actualisé dans
223
ses chroniques, du moment où celui-ci est très souvent puisé des réalités algériennes. Avec
cette diversité linguistique qui apparait quotidiennement à la dernière page de cette forme
tabloïd du journal « Le Soir d’Algérie », nait une stabilisation inédite d’une variété spécifique
à cette chronique.
Les résultats auxquels nous sommes parvenues depuis le recensement des déictiques
ainsi le degré de l’inclusion du locuteur dans son discours que les indices marqueurs
d’énonciation sont des marqueurs qui montrent le degré de l’implication de l’énonciation dans
son discours, nous avons constaté également l’existence de la subjectivité dans la presse écrite
à travers la stratégie de l’effacement énonciative.
Nous avons illustré dans ce travail, les différents procédés linguistiques qui permettent
au journaliste locuteurs de s’effacer pour se tenir en retrait des faits rapportés. Nous avons
bien démontré cet effacement crée formellement des structures discursives révélatrices du
degré de l’effacement ou la présence du journaliste dans son discours écrit.
Cet effacement énonciatif qui a été constaté et mise en exergue, se manifeste dans nos
articles par la présence de plusieurs instances énonciatives, la subjectivité est manifestée par
l’attitude de l’énonciation à partir de son propre style en défendant ses sentiments et ses
impressions, ses intentions et son propre point de vue.
En parallèle et suite au ménage que nous avons élaboré au cours de cet interminable chantier,
nous avons pu constater que notre chroniqueur prend souvent ses mises en garde et ses
distances vis-à-vis les événements abordés. En effet, il est totalement absent comme si ces
événements se racontent d’eux-mêmes avec un effacement intégral des déictiques de
personnes lui renvoyant, soit de prêt ou de loin. Cependant sa présence est remarquablement
visible que lisible dans ses écrits, et ce par ses opinions et ses déclarations à partir de ses titres
souvent accrocheurs et sur-vendeurs. In extenso, cela signifie que ce genre de discours
journalistique a souvent existé pour l’objectif de cultiver« l’idéologie du miroir », une stratégie
simpliste héritée et inspirée des anciennes théories sur le processus de communication par le
quatrième pouvoir, à savoir celui de la presse qui s’est consolidée avec les travaux des
chercheurs en énonciation. Le sentiment d’appartenance : Le lecteur parle volontiers de « mon
journal ». A ce titre, il s’identifie à cette publication et au-delà marque son appartenance à la «
communauté » des lecteurs, au groupe social qui lit ce journal.
Toutefois, cette vision , n’est que le revers d’une même pièce de la subjectivité
caractérisant l’existence d’un rapport très restreint unissant le sujet parlant en la personne du
journaliste en question et son environnement extérieur bourré d’événements quotidiens
224
nationaux et internationaux. Ceci dit, le positionnement identitaire du locuteur dans ses
propos reste le reflet immédiat des circonstances vécues d’une part et la langue d’expression
d’une seconde part, qui, elle aussi est celle de ses lecteurs afin le message à vouloir
transmettre ne subit aucun ‘’bruit’’ ni parasite et peut passer de manière très limpide et en toute
transparence, même si les hypothèses resteront toujours prévisibles pour certaines
cacophonies ou certaines cacographies.
De ce fait, nous avons tenté de démontrer que la subjectivité est partout malgré les
prises de distanciation conscientes ou autres par le chroniqueur, car il s’agit d’un processus
adopté par ce dernier en vue d’inculper ses lecteurs en leur laissant le choix de lire, de
construire, de déconstruire et de reconstruire le(s) sens de ses macro-textes mis en vigueur,
sous prétexte que tout choix est une liberté et toute liberté doit être assumée de part et
d’autre.En fait, et par rapport au phénomène énonciatif, la mise en fonction de la subjectivité
par notre journaliste au sein de son discours médiatique n’est avancée que pour la délivrance
des informations à vouloir transmettre, présentées comme objectives. Cette redoutable
stratégie incontournable, même vulnérable permet aux lecteurs de parvenir à leurs fins
illocutoires avec maintes forces illocutionnaires à se procurer savoir et plaisir, savoir de
s’informer et plaisir de lire.
225
Grosso modo, cette chronique comme support textuel est doté bien souvent d’un fond
culturel assez rigide, soit sur un plan culturellement historique, soit sur celui du sens de
l’informativité et de culture de l’actualité. Cela fonctionne comme sorte de mise à jour
constante et permanente des mémoires sociales et individuelles des lecteurs fidèles de la
célèbre chronique « Pousse avec eux » de Hakim LAALAM. Cela est confirmée tout au long de
notre recherche par le lexique employé, souvent actuel et actualisé, du moment où celui-ci est
souvent tiré des réalités vécue par les Algériens, alors que les mots étrangers, non naturalisés
et sans lexicographie du dictionnaire de langue française sont souvent mis entre guillemet.
Quant aux mots inconnus, nous avons constaté qu’ils constituent un vrai obstacle
embarrassant la lisibilité du texte et qui fait fuir ses lecteurs, parce qu’on en réalité, si ces
derniers rencontrent un/des mot(s) inconnu(s), axiomatiquement, ils vont finir par rejeter le
texte dans sa globalité, et se disent au fond d’eux : Ah bon ! Ce texte n’est pas pour nous. Or
cette chronique est bourrée de jeux stylistiques dont son objectif escompté est de séduire,
voire divertir les lecteurs-publics par des emprunts aux dialectes locaux amalgamés au
français, dans un registre très souvent familier, même vulgaire des fois, mais avec humour et
dérision, en ridiculisant certains comportements du vécu des Algériens et des hauts
responsables de l’Etat surtout.
Pour conclure, il est aujourd'hui plus que jamais important de faire des parallèles entre
la langue, entant que système de combinaisons qui appartiennent à l’espèce immense des
signes, ces réalités psychiques qui donnent aux humains accès au réel et à l’imaginaire, au
concret et à l’abstrait, à la matière et à l’Esprit, et le discours, entant que réalisation et
actualisation de cette langue par un acte individuel de parole, en l’occurrence le discours
médiatique en particulier et entre les formes discursives et les contenus discursifs. Cela
s’explique par la distinction de méthodes d’écriture, on n’écrit pas dans un journal comme on
écrit dans un livre. Or dans un journal l’essentiel doit être exposé au début, c'est-à-dire dans
ce qu’on appelle dans le monde de la presse ‘’l’accroche’’, développé dans ‘’ l’attaque’’ et
226
synthétisé en ‘’chute’’. Alors que dans un roman, c’est le nom de l’écrivain qui est mis en tête
puisqu’il porte son cachet personnel (la preuve, il est placé en haut de la jaquette), cependant,
dans le journal, il est surclassé ou postposé.
Enfin, par ce travail de recherche que nous voudrions utile, travail de fond réalisé
simultanément et de longue haleine dont le processus de subjectivité dans la chronique
« Pousse avec eux » de H. LAALAM du quotidien algérien d’expression française « Le Soir
d’Algérie » était notre cheval noir de bataille, nous pouvons juger nécessaire que ce genre
textuel mérite amplement des études ultérieures de fonds qui équivaut des recherches dans des
laboratoires de sciences du langage et nécessite son enseignement dans les écoles de
journalisme qui est un métier de médiation et de communication qui « consiste à recueillir et
traiter des informations à destination d’un public ». Ce métier comprend deux pôles insécables qui
sont :
236
Yves Agnès, Manuel de Journalisme ; écrire pour le journal, éd. La découverte, coll. Repères,
2008, p. 448
227
divers ou « les chiens écrasés ». Au contraire, il doit être un professionnel, conscient et
responsable de son rôle sociétal et de sa responsabilité sociale.
En effet, la crédibilité du journal est un élément sine qua non dans le monde
médiatique qui dépend en bonne partie de la fiabilité des sources auxquelles le journaliste doit
puiser ses informations à diffuser et à ne pas mettre sous le boisseau, car il s’agit d’un
paramètre très difficile à estimer. Traditionnellement, les agences de presse servent de source
première pour les médias et qui elles-mêmes font appel à diverses sources officielles,
officieuses ou privées. D’une façon plus générale, les sources à disposition de notre
chroniqueur semblent d’une extrême et extraordinaire richesse et fiabilité avec une analyse
critique où notre chroniqueur s’implante comme le vrai reflet de tout ou partie de la vie de ses
lecteurs francophones algériens. Mais, à notre humble avis, il doit également apporter des
éclairages critiques plus francs, car il n’est qu’approbations et écho de la « voix de son maître », à
savoir le journal en question entant qu’employeur et éviter les infox (fausses informations
pour tromper le public).
237
http://cultureco.com
228
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www.uqar.uquebec.ca/chaires/historlit.eraire/document/cv-
http://wfms.ncl.ac.uk/engelust.htm
http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Le_Soir_d%27Algérie&oldid=97421026».
235
- ww.microplume.ch/.../2011/.../cours_intro_journalisme...2011 — Jean-Blaise
Held. Introduction au journalisme.Tentative de définition.
- Copyright Luc Fayard 2005 - http://lucfayard.blogs.com, p. 01
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Deixis
- http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Le_Soir_d%27Algérie&oldid=974210
26
- wikipedia sur « Le Soir d’Algérie ».
- Encyclopédie encarta Multimédia, 2005.
- Copyright Luc Fayard 2005 - [email protected] - http://lucfayard.blogs.com,
https://www.notrefamille.com/dictionnaire/definition/monosyllabe/
- https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/asynd%C3%A8te/6037
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Parataxe
- https://www.linternaute.fr/dictionnaire/fr/definition/ellipse/
- www.books.google.com/books
236
ANNEXE
Résumé
La chronique « Pousse avec eux » du quotidien algérien d’expression française « Le Soir
d’Algérie » est devenue à la fois l'une des formes privilégiées d'exposition langagière et l'un
des modes de lecture les plus courants. Ce travail voudrait dans une approche dite
pragmatique, à la fois examiner les spécificités de ce genre textuel particulier, analyser les
procédés de la subjectivité et comprendre comment le chroniqueur illustre une identité sociale
et linguistique algérienne. Ainsi, les structures ; syntaxique et lexico-sémantique de cette
chronique à la dernière page du journal sont variables, avec, cependant une constance autour
d'une structure énonciative complexe. C’est un lieu d'interactions langagières et sociales
particulières et le reflet des pratiques linguistiques de la société algérienne. On peut donc y
retrouver une hiérarchisation du français à laquelle s'identifient ces lecteurs avertis en se
retrouvant aussi dans les représentations socio-discursives reflétant les discours et les attitudes
dans la société algérienne moderne. En somme, cette chronique est devenue un espace de
rencontre pragmatico-politique.
Mots clés :pragmatique, discours, subjectivité, énonciation.
ملخص
Le Soir d'Algérie " Pousse aveceux
Summary
The chronicle "Pousse avec eux!" of the French-language Algerian daily "Le Soird'Algérie"
has become both one of the preferred forms of languageexposure and one of the most
common modes of reading. This work would like in a so-called pragmatic approach, both to
examine the specificities of this particular textual genre, to analyze the processes of
subjectivity and to understand how the chronicler illustrates an Algerian social and linguistic
identity. Thus, the structures; syntactic and lexico-semantic from this chronicle to the last
page of the journal are variable, with, however, a constancy around a complex enunciative
structure. It is a place of specific linguistic and social interactions and reflects the linguistic
practices of Algerian society. We can therefore find there a hierarchy of French with which
these informed readers identify by also finding themselves in the socio-discursive
representations reflecting the discourses and attitudes in modern Algerian society. In short,
this chronicle has become a pragmatico-political meeting place.