Enseignante de module Mme.
Boudraa Randa
Le travail réalisé par : Gouasmia Nour el imene M1 SDL
Texte:
« Je me souviens de ce jour-là comme si c’était hier. J’avais douze ans. Je dormais dans la chambre de
mes parents, lorsque j’ai entendu un bruit. Je me suis réveillée et j’ai vu mon père se lever. Il était
pâle et il avait l’air effrayé. Il a pris son fusil et il est sorti de la maison. Je suis restée là, immobile, à
écouter le bruit des tirs. Les tirs étaient de plus en plus forts. Je me suis levé et je suis allée voir par la
fenêtre. Je voyais des hommes dans la rue, armés de fusils. Ils criaient et hurlaient. Je n’avais jamais
vu ça auparavant. J’ai eu peur. Je me suis cachée sous le lit. Je ne savais pas quoi faire. Je voulais que
ça s’arrête. Les tirs ont duré longtemps. Quand ils ont cessé, j’ai entendu des cris de douleur. Je me
suis approchée de la fenêtre. Je voyais des hommes blessés, couchés sur le sol. Je n’ai jamais oublié
ce jour-là. Il a marqué ma vie à jamais. »
Un extrait du roman d’Assia Djebbar, L’Amour, la fantasia .
Introduction
« L’Amour, la fantasia ». Ce roman a été écrit par Fatima-Zohra Imalayène, plus connue sous le nom
d’Assia Djebar, qui était une écrivaine et cinéaste algérienne.
L’analyse
Analysons cet extrait en utilisant la théorie de l’énonciation d’Émile Benveniste :
Le cadre formel de l’énonciation :
1. **Qui ?**
- L’énonciateur est la narratrice du récit. Elle utilise le pronom personnel « je » pour se référer à elle-
même, relatant ses propres expériences et perceptions.
2. **À qui ?**
- Le destinataire du discours n’est pas explicitement mentionné dans cet extrait. Cependant, le choix
du pronom « je » indique que la narratrice partage son récit avec un auditoire implicite ou potentiel.
3. **Où ?**
- L’action se déroule dans la chambre des parents de l’énonciateur, puis dans la rue où des
événements inhabituels se produisent. Les détails exacts du lieu ne sont pas spécifiés, mais
l’importance réside dans le contraste entre l’intimité du domicile familial et l’inconnu extérieur.
4. **Quand ?**
- Le moment temporel est situé dans le passé, lorsque l’énonciateur avait douze ans. Le récit évoque
un événement marquant de son enfance. L’expression « comme si c’était hier » souligne la vivacité
des souvenirs malgré le temps écoulé.
**Embrayeurs :**
1. * »Je me souviens de ce jour-là comme si c’était hier. »* - L’utilisation de la première personne
(« je ») engage l’énonciateur dans son récit, situant l’énonciation dans le temps.
2. * »J’avais douze ans. »* - L’indication de l’âge sert également à situer l’énonciation dans le passé,
renforçant le caractère rétrospectif du discours.
**Diététiques :**
1. * »Je me suis réveillée et j’ai vu mon père se lever. »* - L’utilisation des pronoms personnels (« je, »
« mon père ») ancre l’énonciateur dans le récit, témoignant de son implication directe.
2. * »Il a pris son fusil et il est sorti de la maison. »* - Les pronoms possessifs et le choix des verbes
(« pris, » « sorti ») soulignent l’implication du père, établissant une connexion étroite entre
l’énonciateur et les événements racontés.
3. * »Je n’avais jamais vu ça auparavant. »* - L’emploi du passé composé renvoie à une expérience
personnelle de l’énonciateur, soulignant le contraste entre le passé et le présent.
. **Modalités énonciatives :**
1. **Modalité déontique :**
- * »Il a pris son fusil et il est sorti de la maison. »* - L’utilisation du verbe « pris » exprime une
obligation ou une nécessité, soulignant l’action du père face à la situation.
2. **Modalité épistémique :**
- * »J’ai eu peur. »* - L’emploi du verbe « avoir » exprime une certitude subjective, indiquant l’état
émotionnel de l’énonciateur.
- * »Je ne savais pas quoi faire. »* - L’utilisation du verbe « savoir » exprime l’incertitude de
l’énonciateur face à la situation, soulignant son désarroi.
3. **Modalité dynamique :**
- * »Je voulais que ça s’arrête. »* - L’expression du désir (« voulais ») reflète la volonté de
l’énonciateur de mettre fin aux événements décrits, ajoutant une dimension dynamique à son
discours.
4. **Modalité boulangère (volonté) :**
- * »Les tirs ont duré longtemps. »* - L’utilisation du verbe « ont duré » met en évidence la
perception de la durée par l’énonciateur, soulignant la persistance des tirs.
1. **Plan du discours (ou niveau de l’énonciation) :**
- * »Je me souviens de ce jour-là comme si c’était hier. »* - L’utilisation du pronom personnel « je »
et du verbe « souviens » ancre l’énonciation au niveau du discours. L’énonciateur exprime ses propres
réflexions et sentiments par rapport à l’événement, ce qui constitue le plan du discours.
2. **Plan du récit (ou niveau de l’énoncé) :**
- * »Il a pris son fusil et il est sorti de la maison. »* - Cette phrase décrit les actions du père de
l’énonciateur. Le focus est sur les événements externes au discours, sur ce qui s’est passé. Cela
représente le plan du récit, où l’énonciateur relate les actions et les détails des événements.
Conclusion
En utilisant ces éléments de la théorie énonciative de Benveniste, on peut mieux comprendre
comment le narrateur s’approprie le discours, relate des événements vécus, et exprime des états
émotionnels dans cet extrait.