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Phonétique Contrastive

Ce document compare les systèmes phonétiques de l'arabe et du français. Il donne d'abord un aperçu historique de la phonétique arabe puis décrit les consonnes et voyelles des deux langues en fonction de leurs traits articulatoires, lieux et modes d'articulation.

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Phonétique Contrastive

Ce document compare les systèmes phonétiques de l'arabe et du français. Il donne d'abord un aperçu historique de la phonétique arabe puis décrit les consonnes et voyelles des deux langues en fonction de leurs traits articulatoires, lieux et modes d'articulation.

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Exercices :

1- Donnez les traits articulatoires des voyelles [i, u, y, e, œ, ɔ]

2- Quelle est la différence entre une voyelle orale et nasale dans leur réalisation ?

3- Quelles sont les voyelles ayant les traits articulatoires suivant :

- antérieure, fermée, non arrondie, orale

- postérieure, fermée, arrondie, orale

- antérieure, mi fermée, arrondie, orale


- antérieure, ouverte, non arrondie, orale
Aperçu historique de la phonétique arabe, les systèmes phonétiques
Panneau latéral
3067 Phonétique contrastive et corrective du français
Aperçu historique de la phonétique arabe, les systèmes phonétiques

Aperçu historique de la phonétique arabe, les systèmes phonétiques


Conditions d'achèvement
Il est utile, à mon sens, de faire une étude comparative entre le système phonétique français
et arabe du fait que l’apprenant va se confronter à la langue cible lors de son apprentissage et
aura peut être des difficultés dans la réalisation de certains sons.

Je commence d’abord par donner un aperçu historique de la phonétique arabe, puis faire une
comparaison entre la langue cible et la langue source se rapportant à leurs systèmes
consonantique, vocalique, syllabique, la pause, l’accent et l’intonation.

1. Aperçu historique sur la phonétique arabe

La phonétique arabe est une vieille science. Les anciens grammairiens comme Sibawayhi, Ibn
Ginni as- sirāfi, Raḍiad-Din Astarābāḏi, Zamaḫšari- Ibn Ya‘i š ont été les premiers phonéticiens.
Sibawayhi, au milieu du deuxième siècle de l’Hégire (VIIIème siècle de notre ère) a élaboré un
classement des consonnes. Il a travaillé sur le lieu et le mode d’articulation, la durée vocalique
et les timbres des voyelles.

Cantineau[1] révèle que la phonétique des grammairiens arabes est purement descriptive et
normative, et ignore l’évolution historique de la langue ; elle se borne à déclarer certaines
prononciations correctes et d’autres vicieuses, sans apporter d’autres arguments. (Cantineau,
1960, p.158)

La phonétique des grammairiens arabes a pris essor par la pratique et la comparaison des
réalisations entre l’arabe classique et les diverses dialectes. Elle émerge en Europe, au XXème
siècle, grâce aux études effectuées par les orientalistes allemands à savoir : Wallin (1855),
Brücke (1860), Lepsius (1861) et Vollers (1892) dans son article « The system of Arabic Sounds
»[2]. (Op,cit., p.159).

Le développement de la dialectologie arabe va procurer à la phonétique de récentes données


avec l’apparition d’ouvrages de Stumme sur « le parler de Tunis » (1896) et de « Tripoli » (1898),
ceux de W. Marçais sur « le parler de Tlemcen » (1902) et « des Ūlād Brāhim de Saida » (1908)
[3]. (Op,cit., p.129).

La première guerre mondiale n’arrêta pas l’impulsion d’une considération de la

phonétique dialectale avec la parution de plusieurs livres de G. Bergstässer (1915), Fischer


(1917), Mgr M. Feghali (1919) sur le « parler de Kfarзabida », J. Cantineau sur « Le parler Arabe
de Palmyre (1934), « Etudes sur quelques parlers de nomades arabes d’Orient I (1936), (1937)
ainsi que « Les parlers arabes du Hōrān avec un atlas linguistique qui contient des cartes
phonétiques »[4]. (Ibid)

D’après Fischer, D. Jones qui écrit un article en 1935 « The Arab Phoneticians of consonants
and vowels », a repris les notions de Vollers (1892)[5]. (Ibid)

La phonologie du Cercle de Prague demeure longtemps passive à l’égard de l’arabe par un


manque élevé de recherche. A l’exception de [Link] qui a introduit quelques passages
se rapportant au système consonantique.

Cantineau a quant à lui rédigé trois articles : le premier sur « La phonologie de l’arabe
classique »(1948), le deuxième « une analyse phonologique du parler arabe d’El Hāmma de
Gabes (Tunisie, 1951), le dernier, « Réflexions sur la phonologie de l’arabe marocain » (1950)

2. Comparaison des systèmes phonétiques français et arabe

2.1. Les consonnes


- Le français est une langue alphabétique constituée de 17 consonnes et 3 semi voyelles qui
sont classées selon :

Le mode d’articulation

- Sourd (non voisé) / sonore (voisée) : la réalisation des deux séries de consonnes est différente.
Les voisées à savoir [b, d, g, v, z, ʒ, m, n, ɲ,l, r, R ] sont produites avec une vibration des cordes
vocales tandis que les sourdes [p, t, k, f, s, ʃ] sont émises sans vibration.

Le type d’aperture pour l’articulation des consonnes comme d’une part les occlusives/
explosives [p, b, t, d, k, g, m, n, ɲ] : blocage total du passage de l’air au niveau de la cavité
buccale « tenue », puis l’explosion « métastase » dernière phase de l’émission du phonème ; et
de l’autre, les constrictives [f, v, s, z, ʃ, ʒ, R, l] : rétrécissement du conduit vocal, ainsi l’air qui
s’échappe avec une forte pression provoque une friction.

. Les consonnes occlusives nasales [m, n, ɲ] s’articulent avec l’abaissement du voile du palais
pour faire échapper l’air par la cavité nasale. Le son nasal est aussi appelé son oralo- nasal ou
bucco- nasal.

. 1 latérale [l] : fermeture du passage de l’air au niveau des alvéoles par l’apex de la langue qui
s’accompagne par une ouverture latérale qui permet à l’air s’échapper librement.

. 1 dorso uvulaire [R] : fermeture partielle du conduit vocal avec intermittence pour permettre
le passage de l’air de produire un battement de la racine de la langue.

Le lieu d’articulation

Le français possède huit (8) lieux d’articulation qui sont :

. 3 bilabiales [p, b, m] : contact des lèvres inférieure et supérieure.


. 2 labiodentales [f, v] : la lèvre inférieure avec les dents supérieures.

. 4 apico-dentales [t, d, n, l] : l’apex de la langue contre les dents.

. 3 apico-alvéolaires [s, z, r] : l’apex de la langue contre les alvéoles.

. 2 pré-palatales [ʃ,ʒ] : le dos de la langue contre les alvéoles.

. 2 dorso- vélaires [k, g] : le dos de la langue contre les vélaires.

. 1 dorso- palatale [ɲ]: le dos de la langue et le milieu du palais

. 1dorso- uvulaire [R] : dos de la langue contre l’uvule.

- L’arabe est aussi considérée comme une langue alphabétique constituée de 28 ḥurūf (sing,
ḥarf) « 26 consonnes et 2 semi-voyelles ».

Les unités phonétiques arabes ne sont composées que d’une seule classe à savoir les ḥurūf.

Fleisch[1] présente les notions de phonétique générale suivante d’après la conception arabe
de Ibn Ginni ainsi :

Le ḥarf est le produit d’un maqṭa (lieu de coupure), sur le sawt (résonance émise par la
poitrine), véhicule continument par le nafas (souffle) en ascension dans la gorge, puis dans la
bouche. Il y a un ḥarf partout où les organes articulatoires opposant ce maqṭa au sawt en
mouvement. (Op, cit., p.130).

Il rajoute que ce qui constitue proprement le ḥarf est un son particulier (ǧars), conséquence
de l’appuiement des organes en ce lieu de maqṭa. Pour chaque maqṭa, un ǧars, un ḥarf. Les
grammairiens arabes ont ignoré l’existence et le rôle des « cordes vocales » ; pour eux, la voix
est une résonance émise de la poitrine : le sawt aṣ - ṣadr. Avicenne, médecin, a eu la
connaissance de la physiologie du larynx ; mais on ne voit pas clairement le rôle qu’il lui attribue
dans la phonation.

D’après Fleisch, la conception d’Ibn Ginni, se rapportant à la production d’une consonne


arabe, est similaire à celle avancée par d’autres phonéticiens. Elle a le même mécanisme pour
sa réalisation. L’air est transmis des poumons jusqu’à la cavité buccale, en passant par le larynx
et le pharynx. Il peut alors rencontrer des obstacles pour articuler un phonème du fait qu’il a
besoin de certains organes phonatoires pour sa production comme par exemple : une occlusion
totale du passage de l’air due au contact des deux lèvres, une ouverture légère pour permettre
à l’air de s’échapper entre la lèvre supérieure et les dents inférieures… Ainsi, les consonnes sont
classées d’après leurs modes et leurs lieux d’articulations, c'est-à-dire selon le passage de l’air et
les organes de leurs articulations respectives.

Taleb-Ibrahimi [1] définit les consonnes ainsi (Op, cit., p.204) :

‫األصوات البينية‬

‫نجد أن بعض األصوات ال يمكن اعتباره رخوة محضة و شديدة محضة ألن مخرجها يعرف الظاهر من قيمة‬
‫حبس من ناحية ورخاوة في ناحية أخرى فترى مثال بالنسبة للميم أن حبسا يتم على مستوى الشفتين و رخاوة‬
‫ على مستوى الخياشيم وتلك هي حالة النون أيضا بين الحبس النطعي و الرخاوة الخيشومية‬.

‫وتسمى‬. ‫وكذلك هو الحال بالنسبة للراء الرتعاد طرف اللسان و الالم العتراض طرف اللسان و انفتاح حافتيه‬
‫ هذه األصوات األصوات البينية‬.

Certains phonèmes ne peuvent être considérés comme des fricatives ou des occlusives : pour
les premières, elles se produisent avec une friction pour les deuxièmes avec une occlusion
totale du passage de l’air. On remarque, par exemple, que pour la production de la consonne
[m], la fermeture s’effectuée au niveau des lèvres et une constriction dans les fosses nasales. Le
même processus se produit pour prononcer la consonne [n] avec une occlusion alvéolaire et
une nasalisation. La vibrante [r] se réalise avec le battement de l’apex de la langue contre les
alvéoles. La consonne [l] s’articule aussi l’apex de la langue contre les alvéoles et une ouverture
latérale pour le passage de l’air. Les ḥurȗf ‘les phonèmes’ sont aussi catégorisées d’après leurs
traits articulatoires comme :

Les systèmes vocaliques Arabe et Français

Panneau latéral
3067 Phonétique contrastive et corrective du français
Les systèmes vocaliques Arabe et Français

Les systèmes vocaliques Arabe et Français


Conditions d'achèvement
2. Les systèmes vocaliques

1. Le système vocalique français se compose de 10 voyelles orales [i, y, u, e, ø, o, œ, , a, ε,]


et 3 nasales [ẽ, ã, õ]. Les voyelles françaises se caractérisent par l’absence d’obstacle de l’air.
Elles sont aussi classifiées d’après :

1.1. Le lieu d’articulation : elles sont réparties ainsi :

. 8 antérieures [i, y, e, ε, œ, ø, a, ẽ] : la partie supérieure de la langue va vers l’avant du palais.

. 5 postérieures [u, o, , ã, õ] : la partie supérieure de la langue est projetée vers l’arrière de la


cavité buccale.

1.2. Le mode d’articulation : L’aperture du maxillaire et de la hauteur de la langue:


. 3 voyelles hautes, fermées [i, y, u] d’où il y a rétrécissement du conduit vocal lors du passage
de l’air.

. 3 mi- hautes, mi-fermées [e, ø, o] : une légère ouverture du passage de l’air.

. 5 mi-basses, mi-ouvertes [ε, œ,ɔ, ẽ,õ] : le degré d’aperture est légèrement important.

. 2 basses, ouvertes [a, ã] : une grande ouverture de la cavité pour permettre à l’air de
s’échapper.

Je peux dire que les limites entre les voyelles mi-fermées et mi-ouvertes telles que [e /ε],
[ø / œ], [o / ] ne sont pas encore claires pour les apprenants arabophones ainsi que pour les
natifs. Leurs oppositions ne sont plus distinctives, elles tendent à se neutraliser dans la
prononciation du français.

1.3. La labialisation

. 8 voyelles arrondies [y, u, ø, o, œ, ɔ, ã, õ] : les lèvres arrondies et projetées vers l’avant.

. 5 non arrondies [i, e, ε, a, ẽ ] : les lèvres sont écartées et rétractées vers l’arrière.

1.4. Les voyelles nasales

Le français possède trois voyelles nasales [ã, õ, ẽ], tandis que l’arabe n’en comporte pas. Je
peux conclure que cette énorme différence entre les deux systèmes vocaliques va complexifier
aux apprenants arabophones la réalisation des voyelles dans leurs modes, leurs lieux
d’articulation, la labialisation ainsi que la nasalisation. Ces déformations seront causées par le
nombre très réduit de sons vocaliques dont dispose l’apprenant algérien.
Les voyelles cardinales[1] constituent des « points de référence » qui subdivisent l’espace de
résonance constitué par les cavités buccales et nasales. Dès lors, elles permettent de localiser
n’importe quelle voyelle de n’importe quelle langue. (2006, p.149).

Elles sont situées aux extrémités ouverte/ fermée et antérieure/ postérieure :

[i] : antérieure, fermée.

[u] : postérieure, fermée.

[a] : antérieure, ouverte.

[Link] système vocalique arabe quant à lui se caractérise aussi comme la voyelle française par
l’absence d’obstacle de l’air. Il n’a que 3 voyelles orales avec deux durées vocaliques : voyelles
brèves [i, u, a] et voyelles longues [î, ū, ā].

. La voyelle brève [1]: ‘haraka’, mouvement de la consonne, terme qui montre que la voyelle
brève est liée à la consonne précédente dont elle fait partie, elle est en quelque sorte un
appendice. (Op, cit., p. 202).

Fleish [2] mentionne que les ḥaraka sont essentiellement déficients : ils ne se soutiennent
pas par eux-mêmes, ils ont besoin pour exister du support d’un ḥarf ṣaḥiḥ ‘graphèmes’. La place
naturelle du ḥaraka est après le ḥarf. Il est comme le bien propre du ḥarf. Par l’iskān ‘l’implosion’
on dérobe au harf son ḥaraka. Il peut le supporter s’il bénéficie du ḥaraka ‘voyelle’ du ḥarf
’graphème’ précédent dans le cas contraire, l’iskān est inconcevable : le ḥarf se trouve sans
ḥaraka «voyelle » après et avant lui. (Op, cit., p.205).

Il rajoute que dans la conception arabe, une ḥaraka doit rester ḥaraka ou grandir et se
développer aux dimensions du ḥarf complet : fatḥa en ʾlif , kasra en yā, damma en wāw.
Taleb- Ibrahimi[3] considère que l’appellation du mot ḥaraka est due beaucoup plus au
mouvement de la langue (Op, cit., pp.60):

‫ الحركات في اللغة العربية‬:

‫إن تسمية الحركات الثالث في اللغة العربية ترجع إلى حركات هوائية عضوية و صوتية للسان الشفتين – فإذا‬
‫استعلى اللسان نحو مؤخر الفم و قع رفع وضمت الشفتان تلك هي الضمة‬.

‫و إذا إنخفض اللسان نحو مقدم الفم وقع خفض و كسرت الشفتان تلك هي الكسرة‬.

‫و أما الفتحة فينتصب فيها اللسان وسط الفم وتفتح الشفتان كما أسلفنا أوسع األصوات مخرجا‬.

. élévation de la langue vers l’arrière du palais avec l’arrondissement des lèvres c’est la ḍamma
‘articuler [u]’.

. projection vers l’avant avec un rétrécissement du passage de l’air, c’est la kasra ‘[i]’.

. dos de la langue au milieu du palais avec une grande ouverture de la cavité buccale c’est la
fatḥa ‘[a]’.

Je peux dire que les ḥaraka, à savoir, fatḥa, kasra et damma, peuvent se transformer en ḥurūf
al- madd ‘graphèmes d’allongement’ pour augmenter la durée de la voyelle. Par exemple le mot
livre, « ‫[ » ﻛﺘﺎب‬kitāb], le aṣl c'est-à-dire ʺl’origine du motʺ est [kitaab]. Pour éviter la présence de
deux ḥaraka fatḥa (aa) successives, les grammairiens arabes ont remplacé la deuxième fatḥa
(aa) par un ḥarf al-mad, le alif « ‫» ا‬, le graphème d’allongement, d’où on obtient [kitāb]. .

Ce phénomène se trouve aussi en français qui ne possède pas de voyelles longues mais elles
le deviennent quand elles sont suivies de consonnes allongeantes comme [v, z, R, ʒ] ; ainsi la
durée de la voyelle s’accroit comme dans [riv, viz, miR, buʒ].
Il y a 3 voyelles brèves trois timbres fondamentaux « haraka » qui sont empruntés à l’écriture
syriaque jacobite (chrétienne)[1] :

Le triangle vocalique est constitué de :

- deux voyelles antérieures [i, a], une postérieure [u].

- deux fermées [i, u], une ouverte [a].

- une arrondie [u], deux non arrondies [i, a].

L’arabe renferme des voyelles longues. Leurs durées vocaliques augmentent grâce à la
combinaison d’une voyelle brève ‘ḥaraka’ avec une des semi- voyelles [w], [y] ou [ʾalif] appelées
ḥurŪf al- madd ‘lettres/ graphèmes d’allongement’.

Fleisch[1] révèle que les Arabes ont attribué à ḥarf al-madd un faux sens qui égare, quand on
traduit par « lettre de prolongation », en comprenant un allongement quantitatif. Ils n'ont pas
mesuré la durée de l'émission de ces ḥurŪf. Ils n’ont envisagé que la quantité de leur
émission : son continu.

2.3. Les semi-voyelles

Le français a trois semi voyelles, tandis que l’arabe ne possède que deux [w, j (y)[1]] qui
peuvent se combiner avec les voyelles correspondantes [u] et [i] pour avoir des voyelles longues
alors « uw » suivi d’une consonne devient [Ū], une voyelle longue comme dans [yŪqifu], ‘il
l’arrête’. En français la semi-voyelle et la voyelle ne se combinent avec une consonne que pour
former une syllabe, car à elle seule, elle ne le peut pas.

La semi- voyelle française est toujours suivie d’une voyelle comme dans [w] dans « bois »,
[[Link] dans « lui » et [j] dans « bille ». Elle se prononce très
fermée.
- [w] : postérieur, arrondie.

- [j] : antérieure, non arrondie.

- [[Link] : antérieure, arrondie.

Les semi- voyelles arabes [w] et [j] ont les traits articulatoires suivants :

- [w]: constrictive, bilabio-vélaire, sonore

- [j] : constrictive, médio palatale, sonore

Elles sont considérées comme des spirantes du fait que :

- le dos de la langue est vers l’avant de la cavité buccale avec une fermeture du passage de
l’air pour [j], comme pour la réalisation de la voyelle antérieure [i].

- il est vers l’arrière de la cavité buccale avec aussi une fermeture du passage de l’air pour [w],
comme pour la production de la voyelle arrondie [u].

[1] La semi- voyelle transcrite : [y] chez Cantineau et [j] chez Henri Fleisch.

Les semi voyelles


2.3 : Les semi- voyelles
Le français a trois semi voyelles [w, j, ] tandis que l’arabe ne possède que deux [w, j (y)[1]]
qui peuvent se combiner avec les voyelles correspondantes [u] et [i] pour avoir des voyelles
longues alors « uw » suivi d’une consonne devient [Ū], une voyelle longue comme dans
[yŪqifu], ‘il l’arrête’. Tandis qu’en français la semi- voyelle et la voyelle ne se combinent que
pour former une syllabe, car à elle seule, elle ne le peut pas.

La semi- voyelle française est toujours suivie d’une voyelle comme dans [w] dans « bois », [
] dans « lui » et [j] dans « bille ». Elle se prononce très fermée.

- [w] : postérieur, arrondie.

- [j] : antérieure, non arrondie.

- [ ] : antérieure, arrondie.

Les semi- voyelles arabes [w] et [y] ont les traits articulatoires suivants :

- [w]: constrictive, bilabio-vélaire, sonore

- [y] : constrictive, médio palatale, sonore

Elles sont considérées comme des spirantes du fait que :

- le dos de la langue est vers l’avant de la cavité buccale avec une fermeture du passage de
l’air pour [j], comme pour la réalisation de la voyelle antérieure [i].

- il est vers l’arrière de la cavité buccale avec aussi une fermeture du passage de l’air pour [w],
comme pour la production de la voyelle arrondie [u].
La syllabe
2.4 : La syllabe

Elle est importante en phonologie parce qu’elle nous permet de persuader comment les
phonèmes sont articulés en groupes séparables à l’intérieur du mot. En français, la syllabe peut
être constituée ainsi (V : voyelle, C : consonne): V, CV, CVC, CCVC, CCCVC. Elle est ouverte,
quand elle se termine par une voyelle, et fermée par une consonne. Le noyau est la voyelle
considérée comme la partie importante et essentielle.

La syllabe en français est composée d’une attaque et d’une rime comme par exemple les
mots « cartable et champion» peuvent être syllabés de cette manière : A : attaque, R : Rime, C :
coda.

Toutes les syllabes sont égales dans la durée à l’exception de la syllabe accentuée qui est
plus longue que les autres à cause de l’énergie intense sur cette dernière.

En arabe, la syllabe commence toujours par une consonne et une seule et se termine par
une voyelle.

Cantineau[1] a défini la syllabe comme étant une suite de sons dont l’articulation nécessite
une série de mouvements d’ouverture et de fermeture de l’appareil phonatoire. L’intervalle
compris entre deux mots de fermeture (partielle ou totale) constitue une syllabe.

L’arabe possède aussi des syllabes ouvertes quand elle se termine par une voyelle et
fermée lorsqu’elle se termine par une consonne. Il y a en outre des syllabes longues comme
dans « élèves » [ta lā mî ḏun où [lā] et [mî] qui se terminent respectivement par les voyelles
longues [ā] et [î]. Une syllabe est par contre brève quand elle finit par une voyelle brève.

Fleisch[2] soulève le comportement et montre l’existence de 3 types de syllabe

- Consonne + voyelle brève syllabe ouverte brève


- Consonne + voyelle longue syllabe ouverte longue

- Consonne + voyelle brève + consonne syllabe fermée

Il rajoute qu’en arabe, la syllabe commence toujours par une consonne et une seule et se
termine ou bien par une voyelle (syllabe ouverte) ou bien par une consonne et une seule
consonne (syllabe fermée) qui ainsi ne peut être doublement fermée. Ceci exclut à l’initiale du
mot les groupes combinés explosifs, à l’intérieur du mot les groupes de plus de deux consonnes,
à la finale du mot les groupes combinés implosifs comme par exemple :

Le verbe [imši] (marches) commence par une voyelle. On doit alors rajouter la consonne
hamza [ɔ,ʾ] du fait qu’en arabe la syllabe commence toujours par une consonne, d’où on aura
[ʾim ši] « marches » avec S1: CVC et S2 : CV.

J’ai aussi utilisé la méthode de Kaye et Lowenstamm pour syllaber le mot arabe [ɔimši] «
marches ».

En arabe, il ne peut y avoir d’attaque, de noyau ou de coda branchants comme ce fut le cas
en français dans l’exemple ci-dessus.

La syllabe commence toujours par une consonne et par une seule, ainsi à l’intérieur d’un
mot qui a deux consonnes qui se suivent, ces dernières se divisent entre la syllabe précédente
et la syllabe suivante comme dans ‫[ ﻛﺜﺮﺓ‬kaṯratun] « beaucoup » le mot sera syllabé [kaṯ ra
tun] avec la séparation de [ṯ] et [r]. Le même phénomène se produit en français avec comme
exemple « distinguer », on sépare [s] et [t] et on aura : [dis tẽ ge].

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