Le prologue
1. Qui parle? Que désignent les pronoms "vous" et "nous" (P. 9 et 10)? Quelle est la situation
d'énonciation? Est-ce l'usage au théâtre?
2. Quelles sont les fonctions des didascalies?
3. Quelles indications sont données dans la didascalie initiale?
4. Le prologue est-il un personnage de l'histoire?
5. Quelle est la fonction du Prologue? Quelle est la différence entre un "chœur" et le prologue ici?
6. Dessinez un arbre généalogique qui montre les rapports entre Antigone, Créon, Ismène, Hémon,
Oedipe, Jocaste, Eurydice, Etéocle, et Polynice.
7. Qu'est-ce que le Prologue nous apprend sur les personnages suivants: Antigone, Ismène,
Hémon, Créon, et Eurydice? Faites une liste des adjectifs, des verbes, et des expressions que le
Prologue emploie pour décrire chaque personnage. et complétez le tableau suivant :
Antigone Ismène Hémon Créon Eurydice
8. Quelles sont les deux époques qui se mêlent dans cette scène? Justifiez en relevant quelques
anachronismes.
9. Quels niveaux de langue sont employés dans ce texte? Justifiez par des exemples.
10. Expliquez la situation au début de la pièce (pp. 12-13). Quels "faits" est-ce qu'il faut savoir?
11. Comment le prologue met-il en place le tragique? Que signifie l'expression "il n'y a rien à faire"?
ACTIVITE / LECTURE
OBJECTIF : RECONNAÎTRE L'ENNONCIATION DANS LE PROLOGUE( DANS LA TRAGEDIE
DE [Link] )
RECONNAÏTRE LA MODERNITE DANS L'OEUVRE
public :1ère année bac
Démarche
Mise en route
Répondre aux questions (travail hors classe )
Lecture à haute voix
Explication du texte
I. SIGNIFICATIONS DU MOT "PROLOGUE" :
A. DIFFERENTES SIGNIFICATIONS :
Partie d'une œuvre
1. Scène d'exposition
2. Partie de la pièce qui précède l'entrée du chœur
3. Discours qui précède la pièce et dans lequel on introduit plusieurs personnages (Antigone de J.
Anouilh)
B. Etymologie :
Le terme prologue se compose de "pro" qui signifie "avant" et de "logue" qui signifie "texte". Il
s'agit donc d'un texte/discours placé avant le texte (l'histoire).
Dans Antigone, le prologue correspond au texte d'exposition et, en même temps, au personnage-
narrateur omniscient qui présente les comédiens personnages et toutes les données qui précèdent la
pièce, s'y déroulent et la terminent. Il sait tout de tout (le passé, le présent, le futur) et informe les
lecteurs/spectateurs de tout.
II. L'ENONCIATION
1. Les fonctions du langage :
Elles sont au nombre de six et correspondent aux différents paramètres de la situation d'énonciation.
Seules quatre de ces fonctions seront abordées :
la fonction expressive concerne le locuteur, sa présence dans son discours (qui parle?)
la fonction conative correspond à l'interlocuteur (à qui?). On l'identifie par les indices de la
2ème personne (tu/vous, les adjectifs possessifs, les terminaisons verbales...)
La Fonction référentielle correspond au sujet traité dans le discours (de quoi?)
La fonction phatique concerne les moyens que le locuteur utilise pour attirer l'attention de
son récepteur et l'encourager à l'écouter et à réagir à ce qu'il lui dit.
2. Le schéma de la communication
III. LA STRUCTURE DU PROLOGUE
1) Présentation des personnages :
présentation d'Antigone
présentation d'Ismène et d'Hémon
présentation de Créon
présentation de sa femme Eurydice, de la nourrice et du page
présentation du messager
présentation des trois gardes
La présentation des personnages s'effectue par ordre de proximité avec Antigone. Eurydice est quand
même présentée alors qu'elle n'interviendra pas dans la pièce. La nourrice qui était pourtant avec
Antigone depuis sa jeunesse n'est mentionnée qu'après Eurydice, ceci s'explique sans doute par le
fait que la nourrice ne fait pas partie de la famille royale.
Portrait
Personnages Portrait moral Autres informations
physique
Renfermée
La petite maigre
Se dresser seule en face du
Antigone monde Elle va mourir
La maigre jeune
fille noiraude
être marginal, obstiné qui se
révolte
Ismène Blonde Heureuse Ø
Caractère superficiel :
Goût de la danse et des jeux
belle Goût du bonheur et de la réussite
Sensualité
Bien plus belle
Fiancé d’Antigone
Caractère superficiel : aime la
Hémon Jeune homme
danse, les jeux…
Il va mourir
Aime la musique, les belles
Homme robuste C’est le roi
reliures, les longues flâneries
chez les antiquaires
Aux cheveux Il joue au jeu difficile de
Créon
blancs conduire les hommes
Etre délicat
Il a des rides Il est fatigué d’être roi
Seul
Elle tricotera pendant toute la
pièce
Bonne
Elle ne s’arrêtera que pour se
Eurydice Vieille femme Digne
lever et mourir
Aimante
Elle n’est d’aucun secours
pour Créon
La nourrice Ø Ø A élevé Ismène et Antigone
Le page Trop petit Ø Il ne peut rien pour Créon
Le messager Garçon pâle Ø Solitaire :
Il viendra annoncer la mort
d’Hémon
N’a pas envie de bavarder ni
de se mêler aux autres
Il sait déjà
Ils ne sont pas de mauvais
Hommes
bougres Ils jouent aux cartes
rougeauds
Ils ont la conscience tranquille Ils ont des femmes, des
Chapeaux sur la
enfants et de petits ennuis
Les gardes nuque
Ils sont dépourvus de toute
imagination Ce sont les auxiliaires
Sentent l’ail, le
toujours innocents de la
cuir et le vin
Toujours satisfaits d’eux-mêmes justice de Créon
rouge
et de la justice
2) Présentation de l'histoire :
Temporellement et spatialement, cette présentation est résumée "d'un bloc". On y annonce que c'est
une tragédie et que la mort d'Antigone, d'Hémon et d'Eurydice est inéluctable.
IV. LA DIDASCALIE D'OUVERTURE
IV.1. Qu'est ce qu'une didascalie?
La didascalie est une indication de jeu dans une œuvre théâtrale, un scénario.
Il y a deux sortes de didascalies (indications scéniques) :
Les Didascalies de mise en scène: ce sont les Instructions que le dramaturge adresse à ses
comédiens : elles montrent les gestes et les mouvements, lesdéplacements sur scène, la façon de
parler (intonation, voix) que les acteurs doivent adopter.
Les Didascalies d’organisation de la scène : elles donnent des informations sur le décor, la structure
de la pièce en actes et en scène, les personnages sur scène (ceux qui entrent, et ceux qui quittent la
scène)
IV.2. La didascalie d'ouverture d'Antigone
La didascalie d’ouverture d’Antigone de J. Anouilh sort de l’ordinaire. Normalement, quand le rideau
se lève, il s’ouvre sur un ou plusieurs personnages qui dialoguent. Dans Antigone, au contraire, tous
les personnages sont sur scène, même ceux qui n’apparaitront qu’au milieu ou à la fin de la pièce. Ils
sont occupés à bavarder, jouer aux cartes, tricoter. Ces occupations familières sont inattendues
dans une tragédie. Les personnages ne semblent pas vraiment communiquer entre. C’est le
prologue qui se charge donc de les présenter.
Le décor, quant à lui, est neutre (juste 3 portes semblables). Cette absence de décor peut s’expliquer
par le fait que le mythe est intemporel, que ce n’est pas important (ne pas donner d’indications sur le
décor pour focaliser l’attention sur les personnages (ce sera aussi le cas des costumes)).
Le prologue dans les Antigone d'Anouilh et de Sophocle.
L'œuvre de Jean Anouilh, apporte une nouvelle vision d'Antigone de Sophocle. Ainsi, nous allons
comparer le prologue d'Antigone de Sophocle et le prologue de Jean Anouilh. l'analyse porte sur les
éléments qui relèvent de « l'anti -théâtre ».
Dans Antigone d'Anouilh, le prologue annonce déjà le dénouement de la pièce. Il est à la fois un
personnage et une fonction : Il est omniscient, il sait tout :
« Elle pense qu'elle va mourir », « C'est lui qui viendra annoncer la mort d'Hémon tout à
l'heure ».
Le prologue est un personnage qui présente de façon démonstrative les personnages de la
pièce : « Ce garçon pâle, là-bas, au fond, qui rêve... ». « Antigone, c'est la petite maigre qui est
assise là -bas... », « le jeune homme avec qui parle la blonde, la belle (...), c'est Hémon. ».
Il les désigne au public.
Ce prologue ne rentre pas directement dans l'action, il fait juste une description physique et morale des
personnages : « Cet homme robuste, aux cheveux blancs », « Ce garçon pâle », « La maigre
jeune fille noiraude et renfermée... »
Il ébauche leur rôle dans la pièce en les présentant avec une certaine hiérarchie, selon leurs rôles plus ou
moins importants. D'abord, la protagoniste Antigone puis Créon.
Anouilh, à travers le prologue, identifie l'acteur à son personnage : « Elle pense qu'elle va être
Antigone tout à l'heure ». Il s'approprie un style différent des prologues antiques où les informations
peuvent être données par le chœur ou dans un dialogue, comme c'est le cas dans Antigone de Sophocle.
Dans le version originale (celle de Sophocle), les personnages sont directement dans l'action dès le
prologue : nous assistons donc à un dialogue entre Antigone et Ismène, où nous savons déjà de quoi il est
question puisque Antigone pousse un cri de révolte contre la tyrannie de son oncle. Le contraste entre les
deux sœurs est alors révélé.
Anouilh présente la situation présente des personnages et annonce leurs vies futures sans faire référence
aux dieux de l'Olympe dans toute l'œuvre.
En fait, Antigone de Sophocle représente aux yeux d'Anouilh un prétexte pour ne pas se conformer aux
règles habituelles du théâtre, ce qui est particulièrement évident dans son prologue.
2- la modernité dans l'œuvre de [Link]:
- le prologue dans [Link] est un personnage qui fait partie de la scène : il sait tout et dit tout dans
Sophocle c'est le chœur qui prennent en charge d'annoncer les nouvelles par le biais d'un dialogue
(attention il yavait 15 choeurs) dans Antigone de [Link] . il n'ya qu'un seul chœur
-le langage utilisé par le prologue est courant voire familier
-le texte est dit en prose
- l'anachronisme : mettre des objet hors temps de l'action : chapeau , lunette jouent aux cartes tous ces
éléments n'existaient pas dans l'antiquité