Audréeanne Lapointe
Sciences, lettres et arts
Gr. 0001
Approfondissement sur la théorie de la main invisible de Smith sous l’angle du bénévolat
La théorie de la main invisible de Smith a ébranlé mes valeurs. Dans une société où
on nous élève à dénoncer l’égoïsme, où le bénévolat est fortement encouragé dès le
secondaire, il m’est difficile d’envisager que c’est l’égoïsme humain qui nous rend plus riche.
Si on retirait l’appât du gain, y aurait-il un appauvrissement de notre société ? J’ai beau
vouloir prouver que non, par mon éducation catholique qui m’a enseigné à toujours donner
la charité, la seule conclusion possible semble être que l’égoïsme humain nous pousse au
mouvement et à un enrichissement significatif. Pour quelles raisons prenons-nous un
travail ? C’est bien entendu pour l’argent, peut-être aussi pour obtenir un certain sentiment
de pouvoir ou d’accomplissement. Prenons pour exemple le métier d’enseignant. Le salaire
n’est pas nécessairement assez pour inciter quelqu’un à aller enseigner, mais c’est peut-être
un travail qui nourrit le sentiment d’utilité ou qui fournit une sensation de fierté. Cela reste
que ce sont tous des sentiments égoïstes. Nous travaillons pour obtenir quelque chose, pour
répondre à un besoin que nous avons.
Pourquoi alors sommes-nous tant poussés à promouvoir le bénévolat et la charité, si
c’est l’égoïsme qui nous mène vers la richesse ? Le bénévolat, dans notre société, est défini
comme un acte de bienveillance qui vient d’une initiative libre et qui se fait sans
compensation monétaire. On a souvent tendance à opposer les concepts de travail et de
bénévolat, mais je pense que le bénévolat n’est pas totalement dépourvu d’égoïsme. Le
bénévolat peut aider notre réputation, il peut nous apporter un sentiment d’appartenance,
nous donner une sensation de sens trouvé, de but. Cet acte voulut charitable est tout de
même égoïsme, car il répond à des besoins qui sont davantage sociaux, mais qui sont tout
de même importants dans la société dans laquelle nous vivons. Notre société est si
instantanée qu’en un simple coup d’œil, nous jugeons les gens qui nous croisent. Le
bénévolat nous apporte donc beaucoup, tout comme le travail. Selon moi, Locke ne
qualifierait pas le bénévolat comme un travail productif, car pour lui, le travail productif doit
augmenter la valeur des biens. Toutefois, il ne faut pas oublier que les actes de charité
peuvent améliorer notre confort psychologique. Ne sommes-nous pas mieux avec nous-
même après avoir fait un acte que nous considérons de « sacrifice » ? N’avons-nous tous pas
une certaine conscience morale qui nous fait sentir bien quand nous aidons quelqu’un dans
la misère, par exemple, quand nous donnons de l’argent à un sans-abris dans la rue ? Nous
ne pouvons toutefois pas nous baser sur la conscience morale des humains, car à de
nombreuses reprises dans l’histoire, il nous a été prouvé que plusieurs dirigeants ont été
trop aveuglés par leurs ambitions pour écouter leur conscience. Ce qui revient à ma
question de départ : Si on retirait l’appât du gain, y aurait-il un appauvrissement de notre
société ? Oui, c’est certain. Si on arrêtait de payer nos professeurs, nos agriculteurs ou nos
médecins, combien d’entre eux arrêteraient tout simplement d’effectuer leur travail ? Il n’y
aurait plus d’hôpitaux ou d’écoles, ce qui limiterait le confort et la survie de notre espèce. En
enlevant l’égoïsme humain, on détruit le bien commun. C’est ainsi que Smith explique la
théorie de la main invisible. L’égoïsme est une main invisible qui nous pousse vers le bien,
vers notre solidarité.
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