CONSEIL SUPERIEUR DE LA MAGISTRATURE
SECRETARIAT PERMANENT
ET
INSTITUT NATIONAL DE FORMATION JUDICIAIRE
FORMATION INITIALE DE NOUVEAUX MAGISTRATS
TROUSSE DE FORMATION SUR LA PRISE EN CHARGE
JUDICIAIRE DE L’ENFANT
TROUSSE ELABOREE PAR LES MAGISTRATS :
- LAZUMUKEN BWALWEL, PG/Inspectorat
- Arlette NZATI TSIMBA, Présidente du Tribunal des enfants
- BEPALY ITOKO Charlie, Conseiller à la Cour d’Appel
- NKASHAMA NGOY Serge, Président
Janvier 2023
PREMIERE PARTIE : NOTIONS ESSENTIELLES SUR L’ENFANT
Il s’agit, au regard des conventions internationales, des lois nationales et des pratiques
éprouvées, de se fixer sur la définition de l’enfant et les caractéristiques de l’enfance ;
d’appréhender les règles essentielles devant guider toute intervention à l’égard de l’enfant ;
d’acquérir des compétences sur la manière d’entrer en interaction constructive avec l’enfant ;
de souligner l’importance de l’intervention d’expertises diversifiées pour accompagner un
enfant dans la quête de son épanouissement intégral.
Supports pédagogiques
- Code de la famille ;
- Loi portant protection de l’enfant ;
- Convention relative aux droits de l’enfant ;
- Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant ;
- Tableau ou chevalet et flipchart, craie et frottoir ou feutres.
MODULE I : Connaître l’enfant (durée 30 minutes)
Objectifs
- Avoir la même compréhension du concept enfant, du point de vue tant sociologique
que juridique ;
- Acquérir des compétences (savoir, savoir-faire, savoir-être) relatives à la période de
l’enfance.
Déroulement de l’activité
En plénière
Poser aux apprenants des questions sures :
- leur compréhension de la notion de l’enfant ;
- les caractéristiques de l’enfance ;
- les différentes étapes de la croissance de l’enfant ;
- les dimensions de la croissance de l’enfant.
Demander aux apprenants la base juridique et les sources sociologiques ou autres de leurs
réponses.
Demander aux apprenants s’il y a, entre les filles et les garçons, des différences quant à la
croissance physique, physiologique, psychologique, morale, affective, etc…
Demander aux apprenants quelles sont les attentes de la société de la part des filles et des
garçons et en donner la raison et la motivation.
Résumer les bonnes réponses et les commenter brièvement.
Contenu pédagogique
a. Définition de l’enfant
L’enfant est toute personne, fille ou garçon, âgée de moins de 18 ans (Constitution, art. 41 ;
Convention relative aux droits de l’enfant, art. 1 er ; Charte africaine des droits et du bien-être
de l’enfant, art. 2 ; Code de la famille, art. 219 ; Loi portant protection de l’enfant, art. 2.1).
b. Caractéristiques de l’enfance
L’enfance est une période de la vie psychologiquement caractérisée par l’insouciance,
l’immaturité, la spontanéité, la vulnérabilité, l’irrationalité, l’influençabilité, etc …
Les caractéristiques physiques, physiologiques et sociales sont également différentes de celles
d’un adulte.
c. Les stades de développement de l’enfant
Les grandes subdivisions de la croissance de l’enfant sont techniquement étiquetées, à savoir
la petite enfance (nourrisson), l’enfance, l’adolescent et l’âge adulte.
Des tranches sont également marquées au sein de ces grandes subdivisions. Sur le plan
psychique, l’enfant passe d’une totale dépendance, vers une indépendance totale, en passant
par diverses étapes d’élargissement du cercle de ses relations.
d. Les dimensions du développement de l’enfant
Petit à petit l’enfant se développe sous les six dimensions à savoir :
- Physique : croissance corporelle, mobilité ;
- Psychologique : l’identité de soi, perception de son existence et de son entourage ;
- Cognitive : réflexion et analyse, développement du langage et de la mémoire ;
- Morale : distinguer le bien du mal, intérioriser les normes sociales ;
- Affective : émotions et sentiments ;
- Sociale : relations avec les membres de la famille, les amis, les autres milieux.
MODULE II : Principes fondamentaux de protection de l’enfant (60 minutes)
Objectifs
- Faire acquérir aux apprenants les règles essentielles à observer, dans toute intervention
à l’égard d’un enfant ;
- Développer au sein des apprenants les attitudes adéquates dans leur interaction avec
les enfants.
Déroulement de l’activité
En plénière
Demander aux apprenants de citer les divers droits de l’enfant tels qu’énoncés dans différents
instruments internationaux et nationaux des droits de l’enfant.
Demander aux apprenants d’énoncer les principes fondamentaux de protection de l’enfant
contenus dans différents instruments internationaux et nationaux des droits de l’enfant.
En groupe
Chaque groupe d’apprenants donne brièvement la signification d’un principe fondamental
retenu et l’illustre par un exemple.
En plénière
- Exposé de chaque groupe ;
- Echanges et harmonisation des vues ;
- Résumé du consensus trouvé.
1. Contenu pédagogique
Les principes fondamentaux sont des règles essentielles dont chaque praticien, intervenant
auprès des enfants, doit avoir à l’esprit et observer pour assurer une jouissance optimale de
leurs droits.
Ces principes sont énoncés notamment dans la Convention relative aux droits de l’enfant
(CDE) et dans la Loi portant protection de l’enfant (LPE). Il s’agit de :
- l’intérêt supérieur de l’enfant ;
- la non-discrimination ;
- la survie et le développement ;
- la participation.
a. De l’intérêt supérieur de l’enfant
L’article 3.1 de la CDE stipule :
« Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions
publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des
organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ».
L’article 6 de la LPE énonce quant à lui :
« L’intérêt supérieur de l'enfant doit être une préoccupation primordiale dans toutes les
décisions et mesures prises à son égard.
Par intérêt supérieur de l’enfant, il faut entendre le souci de sauvegarder et de privilégier à
tout prix ses droits.
Sont pris en considération, avec les besoins moraux, affectifs et physiques de l'enfant, son
âge, son état de santé, son milieu familial et les différents aspects relatifs à sa situation ».
Prendre en compte l’intérêt supérieur de l’enfant c’est opter pour l’intervention la plus
favorable à son bien-être et à son développement.
Illustrations
L’intérêt supérieur de l’enfant implique pour le magistrat le respect et la prise en compte, à
toutes les étapes de la procédure : de la sécurité de l’enfant, de son intégrité physique, de sa
dignité, de la confidentialité de toutes les informations le concernant et concernant sa famille,
etc …
Prendre en compte l’intérêt supérieur de l’enfant, implique que le juge ne recourt à la
privation de sa liberté qu’au cas où aucune autre mesure ne peut être prise.
b. De la non-discrimination
Le principe de la non-discrimination implique l’idée de traitement égalitaire, mieux,
équitable, de tous les enfants.
La loi portant protection de l’enfant définit la discrimination comme suit :
« Toute exclusion, toute distinction arbitraire dans la jouissance des droits garantis par la
présente loi, fondées sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, les opinions
politiques ou toutes autres opinions de l'enfant, de ses parents ou représentants légaux,
l’origine nationale, ethnique, tribale ou sociale, la fortune, la santé, le handicap physique,
l’incapacité, l’âge, l’appartenance à une minorité nationale, la naissance, la situation familiale
ou toute autre situation ».
L’article 2 de la CDE stipule le principe de la non-discrimination en ces termes :
« 1. Les Etats parties s'engagent à respecter les droits qui sont énoncés dans la présente
Convention et à les garantir à tout enfant relevant de leur juridiction, sans distinction aucune,
indépendamment de toute considération de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion,
d'opinion politique ou autre de l'enfant ou de ses parents ou représentants légaux, de leur
origine nationale, ethnique ou sociale, de leur situation de fortune, de leur incapacité, de leur
naissance ou de toute autre situation.
2. Les Etats parties prennent toutes les mesures appropriées pour que l'enfant soit
effectivement protégé contre toutes formes de discrimination ou de sanction motivées par la
situation juridique, les activités, les opinions déclarées ou les convictions de ses parents, de
ses représentants légaux ou des membres de sa famille ».
La Charte africaine des droits et du bien-être des enfants (CADBE) le stipule comme suit à
son article 3 : « Tout enfant a droit de jouir de tous les droits et libertés reconnus et garantis
par la présente Charte, sans distinction de race, de groupe ethnique, de couleur, de sexe, de
langue, de religion, d’appartenance politique ou autre opinion, d’origine nationale ou sociale,
de fortune, de naissance ou autre statut, et sans distinction du même ordre pour ses parents ou
son tuteur ».
Cependant, la non-discrimination n’exclue pas la prise des mesures sexospécifiques, dictées
par la différenciation physiologique. Les filles devraient avoir un lieu approprié pour leurs
soins intimes ; il doit être pris en compte le fait qu’elles sont plus exposées aux violences
sexuelles, et donc privilégier des mesures qui leur épargnent ces risques.
c. De la survie et du développement
Ce principe veut d’une part que tout enfant soit épargné de la maltraitance, de la négligence,
de toute forme de violence ou d’exploitation, facteurs compromettant sa santé voire sa survie.
Il implique d’autre part la mise en place des facteurs favorisant l’éducation des enfants et des
loisirs sains ; toute chose relevant de la responsabilité de l’Etat.
Dans le cadre judiciaire, il appartient à l’Etat de construire les infrastructures permettant de
placer les enfants dans de bonnes conditions : TPE, centres publics à caractère social, EGEE,
ERE.
Le principe de la survie et du développement de l’enfant est exprimé dans la CDE et la
CADBE respectivement aux articles 6 et 5.
d. De la participation
La participation de l’enfant signifie que celui-ci, soit consulté pour toute question le
concernant, eu égard à son âge et au degré de sa maturité ; que son opinion soit prise en
compte dans la décision à prendre.
Ceci est porté par l’article 12.1 de la CDE en ces termes :
« Les Etats parties garantissent à l'enfant qui est capable de discernement le droit d'exprimer
librement son opinion sur toute question l'intéressant, les opinions de l'enfant étant dûment
prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité ».
Pour qu’il s’exprime à bon escient, l’enfant doit recevoir l’information nécessaire sur le sujet
en cause. Il doit avoir la possibilité de poser des questions sur le sujet.
MODULE III : Communiquer adéquatement avec l’enfant
Objectifs
- Acquérir des aptitudes pour entrer en interaction positive avec les enfants : une bonne
communication fait naître la confiance.
Déroulement de l’activité
Poser la question aux apprenants, selon leur expérience, sur les étapes de développement
d’un enfant.
Recueillir les réponses, et trouver un consensus parmi les réponses données.
Exposer les données scientifiques au sujet des étapes de développement d’un enfant.
Poser la question aux apprenants comment ils communiquent avec :
- un nouveau-né ;
- un enfant de 2 ans ;
- un enfant de 6 ans ;
- un enfant de 12 ans ;
- un enfant de 17 ans.
Contenu pédagogique
Communiquer signifie interagir avec une autre personne par le langage verbal ou gestuel, ou
même par les attitudes.
La communication avec l’enfant prend en compte son stade de développement mental, son
état affectif ou émotionnel.
Les différentes techniques de communication permettent d’interagir efficacement avec un
enfant.
a. Montrer des signes d’encouragement
Lorsque l’enfant s’exprime, l’agent, par des signes gestuels ou vocaux, lui démontre qu’il est
écouté. Cette attitude incite l’enfant à donner plus d’informations sur sa situation et sur ce qui
s’est passé.
b. Utiliser les bonnes techniques
Relativement à la communication verbale, l’agent reprend dans ses mots ou répète les derniers
mots exprimés par l’enfant. On parle de la technique de reformulation, dans le premier cas,
et de la technique du reflet ou écho, dans le second.
c. Identifier les émotions
Par des questions directes, l’agent aide l’enfant à identifier et à mettre des mots sur ses
émotions. Il en prendra ainsi formellement conscience, en extériorisant ses émotions. Cet
exercice à l’avantage de détendre l’enfant, de l’apaiser.
d. Utiliser des questions ouvertes
Les questions ouvertes sont celles qui laissent l’interlocuteur la possibilité de formuler des
réponses plus élaborées, plutôt que de répondre par les « oui » ou les « non ».
e. Utiliser « me » et « je »
Par cet usage, l’agent fait sentir à l’enfant qu’il est aussi concerné par la situation qui lui est
arrivée. Ce qui renforce la confiance entre interlocuteurs
f. Respecter les silences
Les silences sont des courts moments où un enfant interrompt la communication. L’agent ne
devra pas chercher à y mettre fin.
Il doit plutôt chercher à les comprendre, car dit-on, le silence parle.
Ce sont des occasions pour réfléchir, faire le point sur la stratégie de communication, observer
et interpréter le langage non verbal de l’enfant.
g. Prendre en compte la communication non verbale
La communication verbale de l’enfant s’accompagne souvent des gestes et attitudes qui
permettent de comprendre au-delà des mots et mieux que les mots.
Le magistrat devrait apprendre à associer les deux formes de langage de l’enfant pour mieux
comprendre sa situation ou appréhender ses sentiments et émotions.
MODULE IV : Approche multisectorielle de la protection de l’enfant
Objectif
- Faire connaître aux apprenants les diverses facettes des besoins de l’enfant victime ;
- Faire acquérir aux apprenants le réflexe d’associer d’autres expertises à son travail
judiciaire.
Déroulement de l’activité
En groupe
Donner le casus d’une fille de 14, vivant auprès de sa mère qui s’est remarié, souvent
maltraitée dans cette famille recomposée, qui est de ce fait partie de la maison pour vivre
dans la rue et qui est victime d’exploitation sexuelle par des proxénètes et qui porte cette
dernière situation en justice.
Demander aux apprenants de dégager tous les besoins de cette victime et auprès de qui les
obtenir.
En plénière
Un groupe présente la liste des besoins de cette enfant, les autres groupes complètent
éventuellement cette liste.
Un autre groupe cite les experts correspondant aux différents besoins.
Dessiner un diagramme dont le centre représente l’enfant et les autres cercles
concentriques représente différents niveaux de protection : famille, communauté,
institutions publiques, communauté internationale.
Contenu pédagogique
Il s’agit de considérer que le magistrat n’a pas de réponse à tous les besoins de l’enfant qui
entre en contact avec la justice.
Le magistrat devra avoir une liste de partenaires auxquels il peut faire recours ou référer
l’enfant victime, pour une prise en charge holistique. Ils sont de plusieurs ordres. Ce
partenariat se construira autour d’un certain nombre de principes qui en assurent l’efficacité.
a. Les partenaires dans l’accompagnement de l’enfant victime
i. La famille de l’enfant
Le premier partenaire c’est la famille de l’enfant : celle-ci constitue à la fois un refuge naturel
et primordial, en même temps qu’une source de riches informations sur l’enfant en contact
avec la justice. Généralement c’est un membre de la famille qui saisit la justice pour des
violences dont leur enfant est victime.
ii. Les travailleurs sociaux
Les travailleurs sociaux sont des agents œuvrant au sein des structures publiques ou privées
agréées qui, en fonction de leur spécialisation, notamment encadrent professionnellement les
enfants (moniteurs) ou contribuent à harmoniser les relations sociales (assistants sociaux).
Ils sont utiles au magistrat notamment pour mener des enquêtes sociales, placer les enfants
dans les institutions et assurer leur suivi.
Ils permettent également la réinsertion des enfants rejetés ou stigmatisés dans leurs familles
ou communauté.
iii. La Police Nationale
Le premier auxiliaire judiciaire du magistrat, c’est l’officier de police judiciaire. Il est souvent
le plus proche des faits qu’il rapporte au magistrat.
Il sera requis pour accomplir les devoirs de sa charge en cours d’instruction.
iv. Les conseils (avocats, défenseurs judiciaires)
A chaque stade de la procédure, l’enfant victime a besoin d’une assistance judiciaire, l’une
des garanties procédurales prévues notamment par l’article 104 de la Loi portant protection de
l’enfant.
v. Les services médicaux
Le premier réflexe du magistrat qui reçoit une enfant victime est de le référer un service
médical pour une évaluation de son état général.
Souvent victimes des traumatismes somatiques, les enfants bénéficier des soins médicaux.
vi. Les psychologues et autres spécialistes
Aux traumatismes physiques sont souvent associés ceux à caractère psychique. Les
psychologues, bien que peu nombreux, constituent également des experts partenaires du
magistrat.
vii. Les centres d’hébergement
L'enfant victime amené auprès du magistrat peut avoir besoin d’un hébergement soit
d’urgence, soit comme mesure de sécurisation.
Le magistrat a intérêt d’avoir une liste des centres de proximité où il peut référer les enfants
qui en ont besoin.
Le partenariat avec ces institutions se construit sur base d’un certain nombre de principes à
savoir : l’égalité, la responsabilité, la complémentarité, la transparence, la recherche du
résultat.
b. Les principes du partenariat
i. Egalité
Qui suppose le respect mutuel entre partenaires, indépendamment de leur taille et de leur
statut.
ii. Responsabilité
Chaque partenaire accomplira sa part de tâche avec intégrité, de façon pertinente et appropriée
iii. Complémentarité
Chacun jouant sa partition, l’ensemble des interventions interdépendantes produira
certainement les résultats escomptés
iv. Transparence
Dialogue et concertation permanente entre partenaire constitue l’une des clés de la réussite
v. Recherche du résultat
Toute démarche entreprise et toute action posée se doit, dans une coordination, d’être guidée
par l’objectif à atteindre le résultat qui est la réparation et la réhabilitation de l’enfant victime
DEUXIEME PARTIE : ACCOMPAGNEMENT JUDICIAIRE DE L’ENFANT
MODULE V : Accompagnement de l’enfant en situation difficile
Introduction
La protection de l’enfant couvre diverses catégories d’enfants dont les enfants dits être en
situation difficile et qui, par conséquent, ont besoin d’une protection spéciale, mieux d’un
accompagnement approprié.
Le présent module, plus pratique que théorique, se fixe comme objectif de permettre aux
apprenants de démarquer les enfants en situation difficile et de maîtriser les principales règles
de leur accompagnement vers une réinsertion communautaire en leur offrant de meilleures
perspectives de vie. A côté de cet objectif ultime, les apprenants acquerront la capacité de
comprendre le rôle de différents intervenants, les interactions possibles entre les acteurs de la
chaîne de l’accompagnement des enfants en situation difficile, la rédaction d’un rapport
d’enquête sociale et d’une ordonnance d’homologation du placement social.
Par le jeu de questions/réponses, le formateur cherchera à connaître le background des
apprenants.
Question 1. Définir la protection de l’enfant.
Question 2. Les différents types de protection de l’enfant
Supports pédagogiques
- La Convention relative aux droits de l’enfant
- La Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant
- La Constitution
- La loi portant protection de l’enfant
- Le Code de la famille
- L’Arrêté n° RDC/0248/GC/CABMIN/[Link]/09 du 19 novembre 2009 portant
réglementation du placement social des enfants en situation difficile.
Déroulement de l’activité
L’activité se déroulera en plénière
Contenu pédagogique
a. Définir l’enfant
‘’Toute personne âgée de moins de dix-huit ans.’’ (Art.2.1 LPE)
b. Définir l’enfant en situation difficile
‘’ L’enfant qui ne jouit pas de ses droits fondamentaux et qui n’a pas accès aux
services sociaux de base tels que la santé, le logement, l’alimentation et l’éducation.’’ (Art.2.4
LPE)
c. Définir la protection spéciale
‘’Ensemble des règles, des principes, des procédures, des institutions et des acteurs
concourant à l’accompagnement des enfants en situation difficile.’’
d. Définir le placement social
Le placement social des enfants en situation difficile est une décision prise sur
ordonnance du juge pour enfants à la requête de l’assistant social de garder l’enfant soit dans
sa famille biologique ou d’accueil, soit en milieu alternatif sous le contrôle et le suivi régulier
du juge et de l’assistant social aux fins de réaliser le motif déclaré. (Art.5 A.M.)
e. Réunification familiale
Acte qui consiste à remettre l’enfant dans son milieu de vie d’origine.
f. Réinsertion sociale
Processus par lequel l’enfant retrouve une place dans la communauté, laquelle lui
permet de jouer un rôle actif et de tisser des liens essentiels pour son développement.
g. Les acteurs de l’accompagnement des enfants en situation difficile et leurs rôles
i. Le juge pour enfants
Le juge pour enfants est un magistrat de carrière affecté au tribunal pour enfants par le
Conseil supérieur de la magistrature et choisi parmi les magistrats spécialisés et manifestant
de l’intérêt sur les questions de l’enfance. (Art.88 LPE)
En matière d’accompagnement des enfants en situation difficile, le juge pour enfants a
principalement pour rôle de décider du placement social des ESD et d’homologuer
éventuellement le placement social effectué par l’assistant social. (Art. 63 LPE).
ii. L’Assistant social
‘’Un agent de l’Etat ou d’un organisme agréé spécialisé dans la résolution des problèmes liés
aux relations humaines afin d’améliorer le bien-être général. Il œuvre à la promotion de
bonnes mœurs.’’ (Art. 2.8 LPE) Dans l’accompagnement des ESD, il mène des enquêtes
sociales, effectue le placement social, sollicite du juge pour enfants l’homologation du
placement social, suit régulièrement l’enfant placé et fait rapport au juge pour enfants.
iii. Les institutions de placement social
Il s’agit de la famille élargie, de la famille d’accueil, une institution publique ou privée agréée
à caractère social ou encore un foyer autonome. (Art.64 LPE) Elles ont pour fonction de
recevoir en placement social les ESD.
Le formateur devra définir les termes famille d’accueil, foyer autonome et une
institution publique.
Est appelée famille d’accueil, une structure à caractère familial qui prend en charge de façon
temporaire au maximum deux enfants, sauf en cas de fratrie (Art.65 LPE).
Est appelé foyer autonome, une structure composée et entretenue par un groupe d’enfants
placée sous la supervision d’une institution publique ou privée agréée à caractère social. (Art.
66 LPE)
Est appelée institution publique, une structure ou un établissement de garde et d’éducation
créé par l’Etat, placé sous la tutelle du ministère ayant les affaires sociales dans ses
attributions en collaboration avec celui ayant la justice dans ses attributions avec comme
objectif la garde, la rééducation et la réinsertion sociale des enfants en situation difficile ou en
conflit avec la loi ayant entre autres comme agents, les assistants sociaux.
iv. La famille biologique (Art. 6 A.M)
v. Le Ministère public
Le ministère public est chargé de l’exploitation des rapports des services de l’inspection
sociale sur le respect des normes et conditions de placement social des enfants en situation
difficile. (Art. 24 A.M)
f. Les interactions entre les acteurs de la chaîne de l’accompagnement des ESD
Juge
Assistant Lieu
Pour
Social de
Enfants
Placement
N.B. Le formateur va mettre une emphase sur la pluridisciplinarité.
h. L’accompagnement proprement dit des enfants en situation difficile
1. L’Assistant social et l’ESD
L’Assistant
L’ESD
Social
(Emission de
(Enquête son avis sur le
sociale et placement
placement social envisagé
provisoire de par l’assistant
l’ESD) social
La première phase de l’accompagnement de l’ESD est le contact entre l’Assistant social et
l’ESD. Deux hypothèses peuvent se présenter : soit que l’ESD se trouve en famille, c’est-à-
dire il se retrouve entre les mains de ses parents ou de son tuteur ; soit qu’il est en rupture
familiale.
Dans l’une ou l’autre hypothèse, l’AS doit mener une enquête sociale. L’AS doit savoir
comment communiquer avec l’ESD en lui présentant (selon son âge et son degré de maturité)
le sens et les avantages de sa démarche. L’enquête sociale enclenchée par l’AS s’étendra si
possible au-delà de l’ESD. L’enquête sociale doit renseigner notamment le nom de
l’enquêteur (AS), l’identité de l’ESD, son état physique, ses conditions de vie sociale et
économique, l’opinion des parents ou du tuteur et de l’ESD, les motivations de la mesure du
placement social, le lieu de placement et justifier le choix du lieu ainsi que l’accord des
responsables du lieu de placement (lieu de référencement).
2. L’Assistant social et la structure d’accueil
Famille biologique
Assistant social Famille d’accueil
Institution publique
ou privée agréée
L’AS doit avoir une cartographie de différentes structures susceptibles d’accueillir les ESD et
les modalités de placement (tranches d’âge, sexe, capacité d’accueil, ressources humaines et
financières, etc.). L’AS n’impose pas à une structure d’accueil de recevoir un ESD.
L’Assistant social et le juge pour enfants
Assistant social Juge pour
enfants
Mesure
provisoire de Homologation
placement de la mesure
social provisoire
Après avoir pris la mesure provisoire de placement social et référé l’ESD dans une structure
d’accueil, l’AS doit adresser au juge pour enfants une requête aux fins d’homologation de la
mesure provisoire.
Le juge pour enfants appréciera souverainement de le l’efficacité et de la pertinence de la
mesure provisoire prise par l’AS. Ce dernier et le juge pour enfants ne sont commandés que
par la recherche de l’intérêt supérieur de l’ESD. (Cfr Art.6 LPE)
N.B. : Le formateur attirera l’attention des apprenants sur la responsabilité des AS et des JE
dans la lutte contre le trafic d’enfants et sur le suivi régulier du placement social dans
les structures d’accueil.
h. La durée du placement social
Il est de la plus haute importance de retenir que le placement en institution est pris en dernier
recours et sa durée maximale est de six mois. (Art. 64 LPE)
i. De la révision du placement social
La mesure provisoire prise par l’assistant social et homologuée par le juge pour
enfants ainsi que la décision de placement social prise par le juge sont susceptibles de révision
dans l’intérêt supérieur de l’ESD.
j. Rédaction d’un rapport d’enquête sociale, d’une requête aux fins
d’homologation, d’une ordonnance d’homologation, d’une décision de placement
et d’une décision de révision du placement social
N.B. : Travaux en groupes sous l’encadrement du formateur
MODULE VI : Accompagnement de l’enfant en conflit avec la loi
A. Accompagnement de l’enfant en conflit avec la loi dans la phase précédant le
Tribunal pour enfants
Dans l’administration de la justice au pénal, l’officier de police judiciaire (OPJ) et l’officier du
ministère public (OMP) ont un rôle important à jouer pour l’issue du dossier quant à ce qui
concerne les personnes adultes.
Mais en ce qui concerne la justice pour enfants, ce rôle est réduit à un simple accompagnement du
juge que le législateur a institué comme seul compétent pour décider de l’issue du dossier
concernant l’enfant.
Quels sont alors les actes que peuvent poser l’officier de police judiciaire et l’officier du ministère
public dans cet accompagnement, sans oublier également le rôle de l’Assistant social ?
Les actes relevant de l’officier de police judiciaire
Acteur important comme dit ci-haut dans l’administration de la justice pour adultes au pénal, il est,
dans la justice pour mineurs, confiné au rôle d’appréhender l’enfant qui commet un
manquement qualifié d’infraction à la loi pénale avec comme obligation de le conduire devant le
juge pour enfants ou devant l’officier du Ministère Public dont il dépend dans la chaine pénale.
Si l’officier de police judiciaire décide d’après les circonstances de saisir directement le tribunal
pour enfants, il adresse à celui-ci une lettre lui transmettant le dossier pour disposition et
compétence et ce, après avoir au préalable identifié le mineur, déterminé les faits répréhensibles
lui reprochés et informé la personne qui exerce l’autorité parentale ou qui a la garde de l’enfant.
Il ne dresse pas un procès-verbal de saisie de prévenu, comme pour adulte, l’enfant ne pouvant
être un prévenu mais simplement une personne immature et fragile à l’endroit de laquelle le juge
prendra les mesures de rééducation.
Il ne place pas non plus l’enfant au cachot mais dans un lieu lui permettant une surveillance avant
de l’acheminer devant le juge.
S’il transmet directement le dossier au juge, il a l’obligation de réserver copie de sa requête qui
saisit le juge, à l’officier du ministère public étant donné qu’il exerce ses attributions sous le
contrôle de ce dernier.
L’officier de police peut aussi acheminer l’enfant et son dossier devant l’officier du ministère
public et celui-ci se charge de saisir le juge.
Les actes de l’officier du ministère public
L’officier du ministère public peut être saisi des actes commis par le mineur soit par le dossier lui
transmis par l’officier de police judiciaire, soit par toute personne ayant vécu les faits qui lui porte
préjudice ou porte préjudice à autrui, soit d’office.
Dans le cas du dossier lui transmis par l’officier de police judiciaire, il vérifie si ce dernier a
procédé conformément à la loi en identifiant le mineur, en déterminant les faits répréhensibles lui
reprochés et en informant les parents ou la personne qui exerce l’autorité parentale sur le mineur
ou qui a sa garde.
Si ce n’est pas le cas, l’officier du ministère public agit comme si tout commençait par lui. Il ouvre
le dossier, procède à l’identification sommaire de l’enfant, à la détermination des faits
répréhensibles lui reprochés et à l’information immédiate des personnes ayant l’autorité parentale
sur lui avant de le transférer accompagné de son dossier auprès du juge.
L’identification sommaire consiste à recueillir précisément les éléments ci-après : le nom, le sexe,
l’âge, l’adresse de la personne qui exerce l’autorité parentale. Quant aux faits reprochés au mineur,
il se contente de les déterminer sans s’attribuer la compétence du juge en les vérifiant par
l’interrogatoire de l’enfant.
Il ne peut donc ni placer l’enfant sous mandat d’arrêt provisoire, ni le libérer, ni lui faire payer une
amende, ni appeler la victime des faits à entrer en négociation avec les parents du mineur pour
mettre fin au dossier, etc. L’OMP est totalement dépouillé de tout pouvoir d’appréciation en la
matière. Tous les actes et comportements lui interdits, relèvent de la compétence du juge pour
enfants à qui le dossier doit être transféré.
Par requête qui n’est autre qu’une lettre de transmission et non une requête aux fins de fixation
d’audience comme c’est le cas pour les adultes reconnus coupables des faits pénaux, il saisit le
juge pour enfants.
Il importe vraiment de souligner qu’avant de s’occuper du dossier de l’enfant au stade pré
juridictionnel, l’officier de police judiciaire ou l’officier du ministère public doit se rappeler ce
principe sacré qui constitue un dogme au regard de la législation en vigueur : l’enfant ne commet
pas d’infraction, commet plutôt un fait qui constitue un manquement qualifié d’infraction à
la loi pénale.
Ce qui entraîne comme conséquence qu’il ne peut ni faire l’objet d’arrestation, ni d’un procès-
verbal de saisie de prévenu, ni être menotté, ni être écroué. Il ne peut non plus faire l’objet d’un
interrogatoire, ni être placé sous mandat d’arrêt provisoire parce qu’il ne peut pas être un prévenu.
Les actes de l’Assistant social
Prévu à l’art. 73 de la LPE, l’Assistant social, précise l’article 76 al 1 de cette même loi, relève du
Ministère ayant les Affaires sociales dans ses attributions et est chargé des enquêtes sociales sur
les enfants, de la guidance psychosociale et de la réunification familiale de ces derniers.
Il résulte des actes posés par l’Assistant social qu’au stade pré juridictionnel, il a des pouvoirs
dépassant même ceux de l’officier de police judiciaire et du Ministère Public. En effet, il peut
décider des mesures provisoires à prendre sur l’enfant avant que le juge ne les entérine par
ordonnance. Il est ainsi du placement social d’un enfant que peut, eu égard aux circonstances,
prendre un Assistant social.
De tout ce qui précède, il n’y a pas d’instruction à la phase pré juridictionnelle pour le dossier du
mineur.
Accompagnement de l’ECL devant le Tribunal pour enfants
1. Objectif
- Les apprenants devront comprendre les rôles et responsabilités des acteurs clés au sein
du Tribunal pour Enfants ;
- Les apprenants devront maîtriser la trajectoire d’un ECL au sein du Tribunal pour
Enfants ;
- Les avantages d’un comité de médiation.
2. Déroulement de l’activité
En plénière (10 min)
- Demander aux apprenants d’identifier les institutions judiciaires et extrajudiciaires qui
s’occupent des enfants ;
- Demander aux apprenants d’identifier les institutions qui jouent le rôle de premier
plan dans la protection de l’enfant.
- N.B : Préciser aux apprenant que notre séance de travail vase focaliser sur le TPE ainsi
que le Tripaix et TGI faisant office des TPE (article 200 LPPE).
3. Procédure devant le Tribunal pour Enfants
a. Saisine du TPE (30 min)
En plénière :
- A votre avis comment le TPE peut être saisi et de quelle manière.
- Qui sont les acteurs clés du TPE et dites un mot sur le rôle de chacun d’eux.
b. Accueil de l’enfant (10 min)
- Au Secrétariat du Président, mise en confiance de l’enfant par l’assistant social
(préparation de l’enfant)
- Identifier les besoins immédiats de l’enfant etc…
c. Audition (ou Audience) du cabinet (20 min)
Lire article 106 de la LPE : demander aux apprenants de donner le résumé de la disposition
légale susvisé ;
Demander aux apprenants la procédure à suivre lorsque l’enfant référé est âgé de moins de 14
ans. Après échanges, lire l’article 96 de la LPE et présenter les pratiques judiciaires quant à
ce.
d. Instruction à l’audience (30min)
- Les garanties procédurales
N.B : Insister sur la présence de l’enfant à l’audience
En cas d’absence de l’enfant à l’audience, quid ?
e. Les décisions
- Les voies de recours (opposition et appel) ;
- Révision de la décision ;
- Les manquements violences sexuelles basés sur le genre.
f. Le comité de médiation (30 min)
- Quid la médiation : une procédure extraordinaire,
Objectifs
- Epargner à l’enfant les inconvénients d’une procédure judiciaire.
- Assurer la réparation des dommages causés à la personne lésée etc…
Cas à soumettre au comité de médiation cas bénin etc….
Cas à exclus au comité de médiation
- La pratique du comité de médiation
g. La trajectoire d’un ECL au sein du TPE
En Sous-groupe : Demander aux apprenants comment se présente la trajectoire d’un ECL au
sein du TPE (exercices).
Plénière : un sous-groupe expose son travail et les autres complètent.
Résumer : organiser la simulation d’une audience devant le TPE.
MODULE VII : Accompagnement de l’enfant victime et témoin
1. Objectifs : Les apprenants seront capables :
- d’identifier les besoins de protection des enfants victimes ;
- d’adopter les attitudes adéquates vis-à-vis des enfants victimes ;
- de décrire les parcours judiciaires des enfants victimes ;
- de mener un entretien efficace avec les enfants victimes ou témoins des
infractions.
Support pédagogique
- Constitution du 18 février 2006 (article 41)
- Décret du 29 août 1959 portant code de procédure pénale tel que modifié et
complété à ce jour (articles 7 bis, 14 et 74 bis)
- Convention relative aux droits de l’enfant (article 19)
- Charte africaine des droits et du bien-être des enfants (article XVI)
- Loi portant protection de l’enfant
- Lignes directrices en matière de justice dans les affaires impliquant les enfants
victimes et témoins des actes criminels (Résolution 2005/20 du 22 juillet 2005 du
Conseil économique et social de l’ONU
- Règlement de la Cour pénale internationale
Déroulement de l’activité
En sous-groupes
- exposer le cas d’une fille de 14 ans victime d’une violence sexuelle
- demander aux apprenants de décrire le processus de son accompagnement, de son
accueil au parquet jusqu’au déroulement du procès.
En plénière
- un sous-groupe expose son travail ;
- les autres sous-groupes interviennent pour compléter l’exposé du sous-groupe ;
- le facilitateur fait la synthèse
Contenu pédagogique
a. Plusieurs cas fréquents des enfants victimes et témoins font l’objet de dossiers
dont sont saisies la Police, les parquets, les tribunaux de droit commun
(tribunal de paix, tribunal de grande instance) et les tribunaux spécialisés
(tribunal pour enfants, chambres spécialisées des tribunaux de paix) ;
b. Les enfants concernés subissent les violences de toutes sortes au sein de la
famille, dans la communauté ou au sein des institutions : violences verbales,
voies de fait, privation de scolarité ou de soins essentiels, agressions sexuelles,
exploitation sexuelle, traite à des fins d’exploitation par le travail ou sexuelle,
exploitation dans les conflits armés, … ;
c. Cependant peu de place est réservée à la victime dans la procédure pénale
classique, tout l’arsenal juridique étant focalisé sur l’auteur d’infractions ou de
manquements dont on poursuit la correction par la voie des sanctions pénales
(si l’auteur est une personne majeures) ou par des mesures de rééducation (si
l’auteur est un enfant) ;
d. En effet, la législation est très pauvre sur l’accompagnement adéquat en justice
des enfants victimes et témoins : Code de procédure pénale (articles 7 bis, 14 et
74 bis) ;
e. Il faudra aussi glaner quelques dispositions de la loi portant protection de
l’enfant relatives aux garanties procédurales prévues pour les enfants en conflit
avec la loi et les appliquer aux enfants victimes et témoins (article 104) ;
f. Les textes internationaux comportent aussi quelques dispositions de portée très
générale : Convention relative aux droits de l’enfant (article 19), Charte
africaine des droits et du bien-être des enfants (article XVI).
Or, ces enfants ont besoin de plus d’attention de la part des intervenants.
Besoins des enfants victimes et témoins
g. Accueil
Ensemble de formalités administratives à accomplir dès l’arrivée de l’enfant dans une
structure judiciaire : police, parquet, tribunal.
L’accueil suppose principalement la présence d’un personnel préparé à cet effet.
Il suppose aussi la disponibilité d’un espace dédié, où la personne peut s’assoir et être à l’aise.
Il s’agit d’avoir un environnement rassurant pour l’enfant.
h. Mise en confiance
La mise en confiance découle déjà des conditions d’accueil telles que décrites au point a.
Elle résulte ensuite des premiers mots adressés à l’enfant qui est amené à l’institution
judiciaire.
i. Ecoute
Il s’agit de prendre le temps d’entendre ce que l’enfant a à dire, mais aussi de percevoir le
langage gestuel, et même ses silences.
Il y a lieu pour le surplus de référer au module qui concerne la manière de communiquer avec
un enfant.
j. Compassion
Compatir c’est sentir avec, se mettre à la place de l’interlocuteur, souffrir avec lui. La
compassion c’est le sentiment qui nous fait partager la souffrance d’autrui.
L’enfant qui sent l’empathie dans le chef d’un interlocuteur sera disposé à se confier sans
réserve.
k. Information
L’information à apporter à l’enfant concernera d’abord l’institution qui le reçoit (police,
parquet, tribunal), ensuite la personne qui le reçoit, enfin la situation qui l’amène devant
l’institution.
Tout au long de la procédure, l’agent tiendra à informer l’enfant de l’évolution de l’affaire et
de la suite y réservée.
l. Protection physique (sécurité)
L’enfant victime est le premier témoin des actes commis à son endroit. De ce fait, l’auteur est
enclin soit de l’éliminer en tant que témoin soit de se venger pour la plainte ou la dénonciation
contre lui.
D’où la nécessité, en cas de besoin, de sécuriser l’enfant victime des actes criminels, sur base
de bonnes pratiques découlant notamment du Règlement de la Cour pénale internationale.
m. Protection de la vie privée
Cette protection sera opérée, au niveau préjuridictionnel, en menant l’entretien ou l’écoute en
dehors de toute oreille indiscrète, à l’audience, par l’escamotage des éléments d’identité de
l’enfant et par le huis clos à décréter d’office par le juge ou sur réquisition du ministère
public.
D’une manière générale, les renseignements recueillis dans le cadre d’une procédure
impliquant un enfant victime demeurent confidentiels.
L’exigence du respect de la vie privée de l’enfant lui évite la stigmatisation.
n. Prise en charge médicale et accompagnement psychologique
Les enfants victimes ont le plus souvent besoin de soins urgents, pour faire face aux
traumatismes et d’un accompagnement psychologique afin de surmonter les traumatismes.
Ces besoins se poursuivent généralement même après l’issue du procès.
o. Assistance juridique et judiciaire
Il s’agit d’une garantie procédurale nécessaire pour rassurer l’enfant mais surtout lui procurer
une expertise juridique afin de faire prospérer sa cause.
p. Réparation, réhabilitation et réinsertion sociale
Le préjudice subi par l’enfant victime devra, à l’issue de la procédure judiciaire ou la
médiation, être réparé par l’auteur des faits ou ses ayant droits, selon que l’auteur est majeur
ou mineur.
La réhabilitation va au-delà de la réparation. Il s’agit pour la victime de retrouver sa dignité.
Elle permet à la victime de retrouver sa place dans sa communauté et se faire accepter par
celle-ci.
q. Prévention d’une nouvelle victimisation
Il s’agit des mesures à prendre pour éviter à l’enfant d’être de nouveau victime. En fonction
des risques qu’encore un enfant, il peut s’agir de l’éloigner du milieu familial ou d’une
communauté, de le sortir d’une institution ou de le placer dans une autre structure.
2. Trajectoire judiciaire des enfants victimes et témoins
Deux sortes de trajectoires en fonction du statut de l’auteur des actes infractionnels :
a. Lorsque l’auteur des actes infractionnels est une personne majeure : Police –
parquet – Tribunal de droit commun (Tribunal de paix et/ou tribunal de grande
instance et Cour d’appel)
b. Lorsque l’auteur des actes infractionnels est un enfant : Police ou parquet –
Tribunal pour enfants – Comité de médiation.
c. Police (PEPVS) : mise en confiance – recueil des besoins urgents –
sécurisation physique – isolement vis-à-vis de l’auteur – réquisition
d’assistance judiciaire – référencements.
d. Parquet : mise en confiance – recueil des besoins urgents – sécurisation
physique – isolement vis-à-vis de l’auteur – réquisition d’assistance judiciaire
– référencements.
e. Tribunal : mise en confiance – recueil des besoins urgents – sécurisation
physique – isolement vis-à-vis de l’auteur – référencements – réparation –
réhabilitation – prévention d’une nouvelle victimisation.
f. Comité de médiation : mise en confiance – réparation – réinsertion sociale
g. Assistance sociale : mise en confiance – sécurisation physique – réinsertion
sociale.
Table des matières
PREMIERE PARTIE : NOTIONS ESSENTIELLES SUR L’ENFANT.........................................2
MODULE I : Connaître l’enfant (durée 30 minutes)........................................................................2
Objectifs................................................................................................................................................2
Déroulement de l’activité.....................................................................................................................2
Contenu pédagogique...........................................................................................................................3
MODULE II : Principes fondamentaux de protection de l’enfant (60 minutes).....................................3
Objectifs.................................................................................................................................................3
Déroulement de l’activité.....................................................................................................................3
MODULE III : Communiquer adéquatement avec l’enfant.............................................................6
Objectifs................................................................................................................................................6
Déroulement de l’activité.....................................................................................................................6
Contenu pédagogique...........................................................................................................................6
MODULE IV : Approche multisectorielle de la protection de l’enfant............................................7
Objectif..................................................................................................................................................7
Déroulement de l’activité.....................................................................................................................7
Contenu pédagogique...........................................................................................................................8
DEUXIEME PARTIE : ACCOMPAGNEMENT JUDICIAIRE DE L’ENFANT........................10
Supports pédagogiques......................................................................................................................10
Déroulement de l’activité...................................................................................................................10
Contenu pédagogique.........................................................................................................................10
2. L’Assistant social et la structure...................................................................................................13
L’Assistant social et le juge pour enfants.........................................................................................13
MODULE VI : Accompagnement de l’enfant en conflit avec la loi................................................14
Les actes relevant de l’officier de police judiciaire..............................................................................14
Les actes de l’officier du ministère public............................................................................................15
Les actes de l’Assistant social............................................................................................................16
Accompagnement de l’ECL devant le Tribunal pour enfants........................................................16
MODULE VII : Accompagnement de l’enfant victime et témoin...................................................18
Support pédagogique.........................................................................................................................18
Déroulement de l’activité...................................................................................................................18
Contenu pédagogique.........................................................................................................................18
Besoins des enfants victimes et témoins............................................................................................19