Fiabilité des transformateurs de puissance
Fiabilité des transformateurs de puissance
MÉMOIRE PRÉSENTÉ
COMME EXIGENCE PARTIELLE DE LA
PAR
MATHIEU PA YETTE
MARS 2020
Université du Québec à Trois-Rivières
Service de la bibliothèque
Avertissement
REMERCIEMENTS
Tout d'abord, je souhaiterais remercier mon directeur de recherche, le professeur
Georges Abdulnour, sans qui ce projet n'aurait pas été possible. Il a su me conseiller et
me diriger tout au long de ce projet enrichissant, je me sens particulièrement chanceux
d'avoir pu travailler sous sa direction.
SOMMAIRE
La modélisation statistique des défaillances auxquelles sont soumis les équipements est
une activité essentielle au processus de gestion des actifs du réseau de transport
d' électricité. Ces modèles affectent les stratégies et la planification organisationnelles de
même que la prise de décision en gestion des actifs. L'étude de la fiabilité est d' autant
plus complexe, considérant l 'hétérogénéité de la population d'équipements à traiter.
Effectivement, ces actifs possèdent différentes caractéristiques spécifiques, diverses
contraintes d'opérations, de même qu'un historique d'entretien particulier. En
conséquence, les méthodes appliquées doivent être adaptées à ces contraintes; ce projet
présente l' application de modèles spécifiques aux systèmes réparables, de même que des
modèles considérant l'effet de covariables sur le taux de défaillance. Un modèle de
Processus de Poisson Non-Homogène (NHPP) est appliqué aux données de maintenance,
afin d'estimer la fonction d' intensité générique de la population d'équipements. À cet
effet, une fonction de puissance est estimée par la méthode non paramétrique de la « Mean
Cumulative Function », prenant en compte les censures dans les données. Par la suite, des
modèles d' Intensité proportionnelle (modèles de Cox) sont appliqués aux données, afin
d'estimer l'effet des covariables d'intérêts sur la fiabilité. L'application de ces modèles
permettra d' analyser les équipements de transport d'électricité d'Hydro-Québec, en
particulier les transformateurs de puissance. Les résultats de l'étude démontrent la
pertinence de ces méthodes dans la gestion des actifs. En exprimant la fiabilité en fonction
du temps et de cofacteurs, les décideurs auront accès à de l'information plus complète et
plus spécifique pour prendre des décisions. De plus, ce projet permet de démontrer
l'importance de la qualité des données dans la gestion des actifs, compte tenu de la
sensibilité des modèles statistiques utilisés en fiabilité.
VB
REMERCIEMENTS ...... ....... .... ... ....... ..... ... .... .... ........... ...... ........ ............ ..... ..... ....... ... .. v
0.0 Liste des symboles et abréviations ........ ........... ...... ...... ........... ........ .... ... ........ xv
0.1 Lexique des termes en fiabilité ..... ... ............. .......................... .... .......... .. ...... xvi
INTRODUCTION ......... .... .... .............. ....... ..... ... ......... ......... .................... ........ ..... ...... .. 1
CHAPITRE 1 ............... ....... ....... .... ....... ................. ......... ........ .... .................. ........ ... ..... .... . 2
MISE EN CONTEXTE ..... ......... ....... ........... .... ...... ............... ...... ....... .... ..... ...... ..... ..... .. . 2
1.1 Problématique ... ... ..... ... .... .... ... ..... .. .......... ...... ........ ....... ....... ........ ... .. ... .......... .. 3
1.2 Questions de recherche .... ....... .......................... ..... ................ ...... ........... ........ . 3
1.3 Objectif de recherche .. ..... ...... ............... .... ................. ......... ... ......................... .4
1.5 Considérations et limites de l'étude ....................... ...... ....... ....... ... ....... ... ...... .. . 5
1.6 Concepts de base .......... .... ......... ....................... ...................... ........ .... .... .... ...... 6
CHAPITRE 2 .......................... ... ..... ......... ....... ..... .................... ... ... .... .... ... ........ ............... 10
REVUE DE LITTÉRATURE ........... ....... ......................... ........ ....... ....... ....... .. ..... ..... .. 10
2.0 Gestion des actifs ................. ....... ..... .......... ........ ........ ...... ................ ......... ..... 10
2.1 Concepts de base en fiabilité et maintenance ... ... .... ........... ..... ........ ..... ....... .. 17
2.2 Modèles statistiques en fiabilité ..... .................... .... .... ......... .. .... ........ ...... .... ... 18
2.3 Système non réparabl e .. ........ ....... .......... ..... ....................... ... .... ..................... 18
2.4 Système réparable ... ..... ......... ....... .... ........... ........ ............................... .......... .. 19
2.5 Modèle HPP .... ............... ....... ....... .......... ....... ..... ...... .... .......... ........ .... .. ........ .. 22
2.7 Analyse de survie ............ ......... ........ ....................... .... .......... ..... ................. ... 24
2.8 Qualité et nettoyage des données ................. ......... ...... ........ ............ .... ........... 33
CHAPITRE 3 ....................... ..... ........... ...... .... .... ................ ............. ... ... ... ..... ............ ..... .. 37
3.0 Analyse préliminaire et préparation des données ....... .. ....... ........ .... ............ .. 37
3.2 Modélisation et régression avancées ..... ....................... ........ ........ ... ..... ..... ... ..41
CHAPITRE 4 ............... ....... ....... ............................................ .... .... ........................ .... .... ..44
Analyse préliminaire ...... ........... ............. ......... .... ..... .. ............................ .......... ......... ... 44
4.1 Structure des données .... ......... ....... ............... .... ... ............... ... ......... ............... 46
4.3 Audit des données ................................ ....... ...................................... ...... .... ... 49
CHAPITRE 5 ............. .. ... ... ........... ... ................................. ..... ... .... ................................... 56
Modélisation du taux de défaillance .......... ..... ............. ..... ....... ........ ........... ................. 56
5.0 Données préliminaires ................................... ............ ....... .... .... ........ ........... .. 56
5.1 Résultats ........................ ............... ....... ......... ..................... ................ ........ ..... 58
5.2 Discussions et Recommandations ...... ........ ....... ........ ........ .......... ................... 60
CHAPITRE 6 ................ ................ .............. ... ............. .......... ...... .... ...... ...... ........ ... ..... ..... 62
Analyse de survie ..... .... ....... .. ... ............................... ........ ........ ........ ........... .... .... ... .. ..... 62
6.1 Préparation des données .............. ........... .... ....... ........ ........ ....... .... .................. 62
6.3 Résultats .............. ......... .... .... ....... ...... ................................................ ........ ..... 71
CONCLUSION .... .... ... .... ............................. ......... ......... .... ..... ................................ ..... 81
IX
Recommandations ... ....... ....... ............ ... .... .... ............... ............... .... ........... ........... ....... . 82
LISTE DE RÉFÉRENCES ..... ....... ......... ..... ....... ...... .......... ........ .. ..... ........ .. ...... .......... 84
x
Tableau 6.12: Résumé des coefficient et intervalle de confiance pour le modèle AG .... 74
Tableau 6.13: Résumé de l'impact des variables significatives pour le modèle PWP ..... 77
Tableau 6.14: Comparaison entre les deux modèles ........................................................ 77
Tableau 6.15: Résumé des coefficient et intervalle de confiance pour le modèle PWP .. 78
Tableau 6. 16:Paramètre de la fonction d'intensité ............ .. ............................................ . 80
XII
Sigle
Sigle Signification Traduction (anglais)
anglais
HQ - Hydro-Québec -
HQT - Hydro-Québec TransÉnergie -
Projet de Robustesse, d'Intégration et
PRIAD - d'Aide à la Décision pour la gestion -
d'actifs d'Hydro-Québec TransÉnergie
Institut de recherche en électricité du
IREQ - -
Québec.
Temps moyen de fonctionnement avant « mean time to
- MTTF
la défaillance failure»
« me an time between
- MTBF Temps moyen de bon fonctionnement
failure»
Taux d'occurrence des événements de « rate of occurrence of
- ROCOF
défaillances failures »
« Reliability centered
MBF RCM Maintenance basée sur la fiabilité
maintenance »
« failure modes,
FMECA Analyse des modes de défaillance, de
AMDEC effects and criticality
IFMEA leurs effets et de leur criticité
analysis»
GDA AM Gestion des actifs Asset management
BD DB Base de données relationnelle « DataBase »
« Homogeneous
HPP HPP Processus de Poisson Homogène
Poisson Process »
« Non-Homogeneous
NHPP NHPP Processus de Poisson Non-Homogène
Poisson Process »
AG AG Modèle Andersen-Gill -
PWP PWP Modèle Prentice-Williams-Peterson -
WLW WLW Modèle Wei-Lin-Weissfeld -
XVI
Composant:
Partie élémentaire d'un système.
Défaillance:
Arrêt de la capacité d'un composant ou d'un système à accomplir une fonction requise
(Rausand & H0yland, 2003).
Disponibilité:
Capacité d'un bien à être en état d'accomplir une fonction requise, c'est-à-dire qu'il n'est
ni en réparation, ni en panne et dans des conditions données et à un instant donné (Rausand
& H0yland, 2003).
Fiabilité:
Aptitude d'un composant ou d'un système à accomplir sa fonction requise, dans des
conditions données et pendant un intervalle de temps connu (Rausand & H0yland, 2003).
Mécanisme de défaillance:
Processus physique ou chimique qui entraîne l'endommagement progressif d'un système
résultant en une perte progressive de la fonctionnalité et menant à une défaillance
(Lazzaroni, Cristaldi, Peretto, Rinaldi, & Catelani, 20 Il).
Mode de défaillance:
Effets/manifestations physiques résultant d'une défaillance (Lazzaroni et al., 2011).
INTRODUCTION
La complexification des équipements et des systèmes industriels requiert une
expertise très poussée, notamment dans le domaine de l' ingénierie et de la fiabilité. De
surcroît, certaines organisations ont à gérer des milliers d'équipements distincts qui
génèrent une importante quantité et diversité de données de maintenance. Ces facteurs
rendent la tâche difficile pour les gestionnaires, puisque les outils de gestion classique sont
souvent désuets. En effet, ces outils sont plutôt orientés vers la gestion des opérations
(planification, ordonnancement, etc.) et sont souvent moins robustes pour la modélisation
et les prédictions complexes. En revanche, le développement fulgurant de nouvelles
techniques permet désormais le traitement des mégadonnées, et de considérer beaucoup
plus de paramètres dans la prise de décision. À cet effet, ce mémoire proposera une
démarche de modélisation de la fiabilité des systèmes réparables, afin d'améliorer la
précision des informations nécessaires aux processus décisionnels en gestion des actifs
(GDA). Les méthodes identifiées seront ensuite appliquées au cas des transformateurs de
puissances du système de transport d'électricité d' Hydro-Québec.
CHAPITRE 1
MISE EN CONTEXTE
Pour commencer, il importe de mentionner que ce projet de recherche est effectué
en partenariat avec Hydro-Québec, par le biais de la Chaire de recherche Hydro-Québec
en gestion des actifs, à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Celui-ci fait partie d'un
plus grand projet d'innovation au sein d'Hydro-Québec, soit le Programme de Robustesse,
d'Intégration et d'Aide à la Décision pour la gestion d'actifs d 'Hydro-Québec
TransÉnergie (PRIAD). Le projet PRIAD est piloté par une équipe de chercheurs de
l'IREQ, l'institut de recherche d'Hydro-Québec.
Pour ce qui est d'Hydro-Québec (HQ), il s'agit d'une société d'État québécoise
dont l'unique actionnaire est le gouvernement du Québec. HQ est responsable de la
production, du transport et de la distribution de l'électricité de la province canadienne.
L'organisation d'Hydro-Québec a été scindée en plusieurs divisions fonctionnelles, afin de
respecter la réglementation de la « Federal Energy Regulatory Commission ». Ainsi, pour
exporter l'électricité à l' extérieur du Québec, les divisions de production (Hydro-Québec
Production), de distribution (Hydro-Québec Distribution) et de transport (Hydro-Québec
TransÉnergie) ont été créées. Hydro-Québec TransÉnergie (HQT) est la division d'HQ qui
est responsable du transport de l' électricité à travers la province. Cette division est sous la
réglementation de la Régie de l'énergie du Québec, qui détermine notamment les tarifs du
transport de l' énergie. Ainsi , l' institut de recherche d'HQ (IREQ) est mandaté pour mener
les projets d' innovations tout en conservant cette division fonctionnelle.
Quant au projet PRIAD, il a été initié afin de répondre aux besoins de l'équipe de
Planification et gestion des actifs (PGA) et de la direction principale Planification,
expertise et soutien opérationnel (DESO) qui a identifié différentes problématiques,
notamment sur la qualité des données ainsi que sur les modèles et les systèmes
informatiques utilisés dans leurs modèles de GDA. L'équipe de l'IREQ a comme mandat
de regrouper et de traiter les données pertinentes à la GDA de TransÉnergie tout en
améliorant les différents modèles de comportement des actifs. Dans ce contexte, la
problématique et les objectifs du mémoire seront orientés vers le besoin du client.
3
1.1 Problématique
Comme mentionné, l'équipe qui est chargée de la gestion des actifs fait face à
différents enjeux, notamment en ce qui a trait à la qualité des données disponibles pour les
analyses de fiabilité. Les modèles de comportements des actifs, ainsi que les systèmes
informatiques en place ne répondent plus aux besoins de l'équipe PGA, qui requiert le
développement de nouveaux outils plus adaptés. Qui plus est, il existe peu d'étude sur
l'application de modèle de fiabilité pour les systèmes réparables permettant de quantifier
l'impact de variables d'intérêts et qui sont appliquées par des contextes réels (Shwu-Tzy,
Landers, & Rhoads, 2006).
Cette étude de cas vise à présenter une démarche d'analyse de la fiabilité des
équipements réparables de réseau électrique. Elle se concentrera en particulier sur les
transformateurs de puissance. Cela exclut donc les transformateurs de distribution, les
transformateurs de mesures, ou tout autre type d'équipements . Différentes techniques de
modélisation seront présentées et appliquées, mais le but de l'étude n'est pas le
développement ou l'amélioration de ces techniques.
6
Poste électrique:
Un poste électrique est une partie du réseau qui regroupe en un même lieu des
appareils de mesures électriques, des transformateurs de tension, des transformateurs de
courant et des transformateurs de puissance. Ils sont aussi munis d'équipements de
protection (parafoudre, disjoncteur, etc.), de sectionneurs et de plusieurs autres
équipements. Un poste sert non seulement à gérer la tension du courant, mais aussi à
minimiser les impacts reliés à la perte de courant d'un tronçon, en minimisant les distances
des lignes (Hydro-Québec, 2019d).
Transformateur:
Les transformateurs sont des appareils qui permettent d'élever ou d'abaisser soit la
tension (différence de potentiel en volt), le courant (intensité de courant en ampère) ou la
puissance (kilo volts) électrique dans un réseau.
Coasm •
d1IaiIt
Fiabilité:
La fiabilité se définit comme étant la probabilité qu'un système remplisse ses
fonctions d'usage, durant une certaine période de temps et selon certaines conditions
environnementales. Dans ce contexte, une défaillance est un événement qui rend le système
inapte à remplir ses fonctions. La défaillance peut causer un arrêt total du système, mais
dans certains cas, elle ne fait qu'empêcher le système de fonctionner correctement (Wildi
& Sybille, 2005). En addition, la fiabilité peut être exprimée soit en fonction du temps ou
en fonction du nombre de cycles d'utilisation, selon les particularités du système à l'étude.
Maintenance:
La maintenance est l'ensemble des activités exécutées dans le but de maintenir ou
de rétablir les fonctions d'usage d'un système. Dans cette étude de cas, les différents types
de maintenance seront définis comme suit:
Maintenance corrective:
La maintenance corrective survient lorsqu'une défaillance cause la panne du
système, signifiant un arrêt total des fonctions du système.
Maintenance préventive:
La maintenance préventive est un type de maintenance qui survient avant l'arrivée
d'une défaillance. Elle peut être effectuée à intervalles constants ou selon certaines
conditions. Le but est donc de diminuer la probabilité qu'une défaillance ait lieu. Elle
regroupe entre autres la maintenance systématique, conditionnelle et prévisionnelle.
Mégadonnées :
Mégadonnées, plus communément appelé « Big Data », est le terme usuel pour
désigner un ensemble de données très volumineux, dans lequel il est difficile d'extraire des
connaIssances par les capacités humaines, et même par les techniques informatiques
classiques.
CHAPITRE 2
REVUE DE LITTÉRATURE
Le chapitre précédent a permis de définir les objectifs et les limites en lien avec ce
projet. La revue de littérature permettra d' établir les connaissances scientifiques existantes
en lien avec le domaine de recherche, en plus de présenter les différents avancements.
Décisioos et modèles
Systèmes d'Itlfonuation de trestion
Pour continuer, la série de norme ISO 55000, publiée en 2014, a permis d'accroître
l'acceptation et la reconnaissance de la discipline de la gestion des actifs (IAM, 2015). La
norme ISO 55000 décrit la gestion des actifs comme étant l'ensemble des activités
11
coordonnées d'une organisation pour réaliser la valeur d'un actif. L'actifse définit comme
un bien, une chose ou une entité qui a de la valeur, potentielle ou actuelle, pour une
organisation. La réalisation de l'actif implique la balance des coûts, des risques, des
opportunités et des bénéfices de performance [Traduction libre]. (International
Organisation for Standardization, 2015). À cet effet, chaque organisation doit établir ce
que représente la valeur, selon le contexte et les objectifs qui lui sont propres. La norme
ISO établit aussi les principes fondamentaux de la gestion des actifs:
• Valeur :
o La fonction de l'actif est de générer de la valeur pour une organisation et la
GDA a pour objectif la réalisation de cette valeur (International
Organisation for Standardization, 2015).
• Positionnement:
o La GDA s'aligne aux objectifs d'entreprise (positionnement). Ces objectifs
se concrétisent par les décisions, la planification et les activités financières
et techniques de l'entreprise (International Organisation for
Standardization, 2015). Les objectifs doivent se transposer dans les
politiques et les stratégies de gestion (lAM, 2015).
• Leadership:
o Le leadership et la culture d ' entreprise sont des déterminants essentiels à la
réalisation de la valeur des actifs. Un engagement à tous les niveaux est
essentiel à l'atteinte des objectifs de GDA (International Organisation for
Standardization, 2015).
• Garantie:
o La GDA doit garantir que les actifs rempliront leurs fonctions, et ce, de
façon régulière et durable (IAM, 2015 ; International Organisation for
Standardization, 2015).
r~' -- '. A • -
• Stratégie et planification:
o Regroupe les activités qui favorisent la mise en œuvre du positionnement
de l'entreprise sur les besoins (lAM, 2015).
• Prise de décisions de gestion des actifs:
o Regroupe les activités de prise de décision sur l'acquisition et la création,
de même que les opérations et la maintenance de l'actif (lAM, 2015).
• Livraison du cycle de vie :
o Regroupe les activités d'exécution et de contrôle des plans et des stratégies
de l'entreprise définis préalablement (lAM, 2015).
• Information de l'actif:
o Regroupe les activités relatives à la mise en place des structures
informatiques pour le traitement des données, de même que l' identification
de l'information et de la qualité de données requise (lAM, 2015).
• Organisations et personnes:
o Regroupe les activités de mise en place et/ou de restructuration
organisationnelle favorisant la gestion des actifs. La GDA peut mener à des
changements importants, notamment dans les rôles et responsabilités (lAM,
13
2015). Dans cette sphère d'activité, les principes de leadership énoncés plus
haut sont fondamentaux.
• Risque et suivi :
o Regroupe les activités d'identifications et de gestion des risques inhérents
aux actifs. Cela inclut aussi les activités de suivi, qui assure entre autres
l'atteinte des objectifs d'entreprise, de même que l'amélioration continue
de ces processus.
RéPMmlon des Activités d@ GesHolls dl"S Actifs, selon le Modèle ConcepTuel de LAM
Davis (2007) propose une définition intégrée des concepts clés en GDA. Selon lui,
la GDA est un processus d'amélioration continue visant l'amélioration de la fiabilité, de la
disponibilité, de la sécurité et de la longévité des actifs. La GDA ne se limite pas à la
maintenance, mais doit mettre en œuvre toutes les fonctions d'une organisation. Les piliers
14
en gestion des actifs reposent principalement sur la connaissance des équipements, de leur
contexte opérationnel, de leur design, etc. Elle repose évidemment sur les activités de
maintenance, mais doit être considérée dans une vue de performance globale au sein de
l'organisation (Davis, 2007).
À cet effet, les transformateurs de puissances sont des actifs critiques du réseau de
transport d'électricité. Ce projet permettra d'appliquer de nouvelles techniques de
modélisation et, en conséquence, augmenter la compréhension du risque de défaillance des
transformateurs dans le réseau électrique. Cela permettra de mettre en lien les
caractéristiques techniques, les conditions d'utilisations, ainsi que les politiques de
maintenance avec la probabilité de défaillance des équipements dans le but d'améliorer les
performances des actifs.
Application de la GDA
Les articles suivants présentent les applications de la GDA, en particulier celles portant sur
les réseaux électriques et aux transformateurs de puissance.
Pour commencer, Cameiro (2013) présente les détails d'une méthode de priorisation des
équipements à risque, centrée sur la maintenance prédictive et appliquée aux
transformateurs de puissance. L'étude se concentre sur la simulation de différents scénarios
de maintenance, en utilisant les données historiques des équipements, l'analyse des types
et des modes de défaillances et les caractéristiques techniques des équipements. Le but est
d'optimiser en parallèle les coûts ainsi que l'effet de la maintenance sur la fiabilité des
équipements, pour finalement produire un plan de maintenance qui tient compte des
caractéristiques du système (Cameiro, 2013).
Singh, Sinha et Joshi (2016) présentent une revue des différentes démarches
d'application en maintenance basée sur la fiabilité (MBF) comme stratégie de GDA, dans
le contexte d'un poste électrique. Tout d'abord, les étapes de la MBF sont définies:
réseau de neurones. Le réseau de neurones est entraîné pour détecter l'apparition de modes
de défaillance. Un module de diagnostic permet d'évaluer les conditions obtenues sur l'état
du système et de confirmer s'il y a apparition de modes de défaillances. Ces deux modules
enregistrent les données, qui sont transférées dans un module d'optimisation. Un autre
module est utilisé afin d'estimer le taux de défaillance des équipements; un modèle de
Markov caché a été utilisé pour déterminer les probabilités de transitions du système. Une
estimation des taux de défaillance permet de calculer le MTTF, ainsi que différents
indicateurs d' état du système. Tous les modules développés servent d' intrants à un
optimiseur, qui prend en considération l'ensemble de ces variables pour proposer des plans
de maintenance optimisée (Velasquez-Contreras, Sanz-Bobi, & Galceran Arellano, 20 Il).
Rexhepi (2017) présente les résultats d' analyses statistiques des transformateurs de
puissances du système de transport d'énergie au Kosovo. L'étude recense les types de
défaillances, les analyses de fiabilité et les politiques de maintenances adoptées. Les
données obtenues démontrent que 61 % des pannes sont causées par un court-circuit externe
du système de distribution et 7% par une trop grande intensité du courant dans le système.
Pour chaque composante impliquée, il calcule la probabilité de défaillance, selon le type
de panne entraînée, démontré à la Figure 2.4. L'étude confirme l'importance de surveiller
(monitoring) les conditions d'opération des équipements, dans le but de mieux gérer les
transformateurs de puissance (Rexhepi, 2017).
les différents changements technologiques qui ont permis d'améliorer les matériaux et la
structure des composantes, notamment par l'évolution des techniques de modélisation par
ordinateur. La publication fait aussi état des avancements dans le monitorage des
équipements à l'aide de capteurs, ce qui permet une meilleure application de la MBF et un
meilleur suivi de la santé des équipements (Amadi-Echendu & Mafutsana, 2016).
En ce qui a trait à la maintenance, il s'agit des actions visant la mise en œuvre des
objectifs de production d ' une entreprise. Elle inclut l'ensemble des activités de
planification, de gestion et d'exécution de l'entretien des équipements, dans le but
d 'atteindre ces objectifs d 'entreprise. En fiabilité, on distingue deux types de systèmes, les
systèmes réparables et les systèmes non réparables.
18
Modèles paramétriques
De leur côté, les analyses paramétriques permettent de choisir la distribution de
probabilité appropriée et d' en évaluer les paramètres, à partir de données d'entretien des
équipements. Plusieurs facteurs viennent influencer le choix d' une distribution, que ce soit
selon l' ajustement de la courbe ou par le contexte opérationnel des phénomènes à l'étude
(Lewis, 1996).
Le taux de défaillance d'un système est caractérisé selon trois états, soit décroissant
en début de vie, constant durant la vie utile ou en croissance lors de la fin de vie. Ces
comportements sont généralement présentés sous la forme de la courbe baignoire.
19
Taux de
défaillance, À
Mortalité Vie Utile Fin de Vie
Infatile
Taux
croissant
•
\1allvalSC quali tc de picce ..
Prob lclllcs dOassemblage
Problcmc de procede
Probltille de capabilite
('p~
Stress> résistance:
•
E\'cncmcnt externe imprC\l..I
Accident
Dommage environnementaux
Sur\'oll age
i:
~ Us ure normale :
=..~~"...
Les défaillances en début de vie sont souvent associées à des défauts dus à la
production, à l'assemblage, etc. Différents contrôles sont utilisés afin d'empêcher ces
produits de se rendre au client. Lorsqu'il s'agit de défaillance durant la vie utile, il est
question de défaillance aléatoire, c'est-à-dire qu'un niveau de stress inhabituel sur le
système dépasse sa capacité et cause la défaillance. Finalement, lorsque le nombre de
défaillances est croissant (en fin de vie), elles sont généralement associées au vieillissement
et à la dégradation physique des composantes (King & Jewett, 2010).
décroissant, si une réparation vient améliorer l'état de santé d'un équipement. Finalement,
l'usure globale du système causera progressivement un taux de défaillance en croissance.
)( K l( K K K
o
Politique de remplacement li la défaillance
o 1- c -----.j 1- c -----.j
g li 9 g K .
1- c c -----.jf- c
o
Politique de remplacement en black
La Figure 2.6, tiré de Leemis (2009), permet d'identifier trois politiques de remplacement.
Les défaillances sont illustrées par un « x » et les remplacements par un « 0 ». La première
politique stipule qu'un remplacement de pièce est effectué seulement lorsque celle-ci subit
une défaillance. Dans la seconde politique, un remplacement de la pièce est effectué
lorsqu'elle atteint un âge prédéfini «c ». La troisième politique consiste à remplacer la
composante à chaque intervalle de temps « c », peu importe l'âge de la pièce (Leemis,
2009). Pour continuer, la seconde problématique se résout à l'aide des modèles de
maintenance. Ces modèles sont utilisés lorsqu'un système doit subir de la maintenance
21
préventive, ainsi que de la maintenance corrective. Le but est donc de déterminer à quel
moment il faut effectuer la maintenance préventive, par exemple, à quelle fréquence
changée l'huile d'un moteur à combustion. Finalement, il ya les modèles de réparation,
qui décrivent la situation où l'action de maintenance s'effectue seulement dans le cas où le
système défaillit (Leemis, 2009).
Afin de pouvoir répondre à ces situations, il faut utiliser des modèles de probabilités pour
déterminer l'occurrence des défaillances. Différents modèles ont été développés, se
distinguant selon plusieurs hypothèses. Si le temps de maintenance est négligeable par
rapport au temps de fonctionnement par exemple, le temps de défaillance est modélisé par
un processus ponctuel. Dans le cas contraire, certains utilisent notamment les modèles de
Markov (Leemis, 2009). Pour cette étude, il est raisonnable de faire l 'hypothèse que les
temps de réparations sont négligeables par rapport au temps de fonctionnement. Ainsi, les
probabilités peuvent être déterminées entre autres par les modèles HPP et NHPP, qui seront
décrits plus bas.
r T~I)ede
Réparation
r r 1
Réparation Répanuion Réparation
I)arfaite Imparfaite minimale
l~
r-
l HPP il Proces~us de
réj u\ énation
J\I od èle~ de
réparation
imparfaite
fi ~HPP
'-'-----
Figure 2.7: Processus ponctuel pOlir les systèmes réparables (Rausand & Hoyland. 2003)
Afin d'assurer une cohérence tout au long du texte, la notation suivante sera appliquée au
modèle HPP et NHPP :
Étant donné que le taux de réparation est constant, ce modèle est le plus souvent utilisé
lorsque le système est dans sa période de vie utile (voir Figure 2.5). De plus, cela implique
qu'une réparation ramène le système dans son état original «as good as new», c'est
pourquoi on parle de maintenance parfaite (Technology, 2003).
Modèle NHPP
Contrairement à HPP, le modèle NHPP « Non-Homogeneous Poisson Pro cess » ne
considère pas une maintenance parfaite. La fonction d'intensité (h(t) = À(t)) n'est pas
nécessairement constante, elle peut évoluer en fonction de l'âge des équipements et on y
réfère comme étant un processus de loi de puissance. En d'autres termes, les réparations
antérieures n'affecteront pas les performances futures du système (Technology, 2003). De
plus, le modèle HPP est un cas particulier de NHPP. Effectivement, ce modèle offre
beaucoup de flexibilité, en plus de permettre de modéliser des systèmes en détérioration ou
en régénération. Aussi, la fonction d'intensité de la loi de puissance possède la même forme
23
que la fonction de risque d'une distribution Weibull, présenté au tableau suivant (Leemis,
2009; Technology, 2003).
Fonctio
# Équation Nom Description
n
Éq.
2.6 Jet) (~) (~f-l Fonction de densité de probabilité
Eq. -CE.)k Probabilité que le système
Set) e À. Fonction de survie
2.7 fonctionne au temps t
Eq. t k Fonction de densité de Temps à la prochaine
F(t) 1 - e -CA)
2.8 probabilité cumulative défaillance Set) = 1 - Fet)
À(t)
(~) (1t-
1
Éq.
Jet) Fonction d'intensité taux de défaillance
2.9 --
Set)
(~f
Éq.
H(t) Fonction d'intensité cumulative
2.10
h(t) = 1 * 1 1
À1t - = À
Comme démontré ci-haut, la fonction d'intensité HPP est la même que pour NHPP lorsque
k = 1.
Dans le cas de NHPP, le système est considéré« as bad as old» après sa réparation.
Cela signifie que le système, plutôt que de revenir aux conditions initiales, est remis dans
son état précédant la défaillance (Gamiz, Kulasekera, Limnios, & Lindqvist, 20 Il).
Équation 1. /2
Let,8) = fl
i=l
fCti, 8)
Correction de la variance
Pour le modèle de Cox standard, la variance est estimée en considérant que chaque
observation (événements de défaillance) est indépendante. Cependant, lorsqu 'un
équipement subit plusieurs défaillances, ces observations ne peuvent plus être considérées
indépendantes. Ainsi, la variance est estimée par une méthode de rééchantillonnage
(Jackknife), afin de prendre en compte qu ' un équipement subit des défaillances de façon
récurrente (Themeau & Grambsch, 2000). De façon pratique, il suffit de considérer le
numéro d'identification de l'équipement comme l'identifiant d' un groupe d'observation.
id Identifiant du patient
tstart Temps du début de l'intervalle d'observation
tstop Temps de fin de l'intervalle d'observation
status status = 1 si l'événement est récurrent et 0 s'il est censuré
event le k ième événement
trt
numtum Covariables
Slze
Cet exemple illustre un essai clinique sur différents patients, ce jeu de données est
largement utilisé dans la littérature et est connu sous le nom de « bladder dataset ». Les
observations du patient 5,8 et 9 mettent en lumière que les observations sont soit l'entrée
dans l'étude ou bien un événement d'intérêt. Dans ce cas-ci, seulement trois patients ont
observé l'événement d'intérêt. Les autres données ont donc une censure à droite (status =
0), de même que pour la dernière observation de ces individus (5,8,9) (Amorim & Cai,
2014; Therneau & Grambsch, 2000). Dans ce jeu de données, la colonne « event », présente
une incrémentation à chaque événement, soit une nouvelle strate. Il peut donc être utilisé
pour le modèle AG, ainsi que le modèle PWP.
27
5 6 1 1 1 4 1
5 10 0 2 1 4 1
5 10 0 3 1 4 1
5 10 0 4 1 4 1
9 12 1 1 1 1 1
9 16 1 2 1 1 1
9 18 0 3 1 1 1
9 18 0 4 1 1 1
Cet exemple de données stratifiées ne représente que les données des patients l, 5
et 9. Comme le nombre d'événements maximum est de quatre (incluant l'entrée dans
l'étude), chaque patient a quatre observations. Les strates sont identifiées par la variable
« evenl ». À titre comparatif, le jeu de donnée complet compte 190 observations dans le
premier format, tandis qu ' il en contient 340 dans l'autre.
Un autre facteur important de la structure des données est l'échelle de temps utilisé. Le
premier cas illustre un intervalle de temps entre deux événements. Dans le second cas, le
temps est calculé depuis le début de l'étude pour chaque observation. Dans la littérature,
on désigne souvent ce modèle comme « gap lime model ». De plus, les modèles peuvent
aussi contenir des cofacteurs variant dans le temps, c'est-à-dire que leurs valeurs peuvent
changer tout au long de l'étude. Finalement, le jeu de donnée peut être stratifié, donc
subdivisé en sous-population homogène. De plus, chaque observation est assignée à une
28
seule strate. À partir de ces concepts, les extensions du modèle de Cox se décrivent comme
suit:
Particularités:
• Données formatées selon un processus de comptage
• Chaque événement est assigné à une différente couche
• Échelles de temps possible:
o Temps depuis l'entrée dans l'étude
o Temps d'intervalle entre les événements
• La fonction de référence varie selon la strate
PWP-TT:
• Modèle PWP avec une structure de donnée de type « total time »
o Même échelle de temps que le modèle AG
o Évalue l'effet de variables d'intérêt pour un événement k depuis le début
de la période d'étude.
PWP-GT:
• Modèle PWP avec une structure de donnée de type « gap time »
o Assume un processus de renouvellement « renewal pro cess »
o Utile lorsque:
• Les défaillances ne sont pas fréquentes
• L'hypothèse du renouvellement est adéquate
o Évalue l'effet de variables d'intérêt pour un événement k depuis
l'événement précédant.
Modèles de survie
Fonction d'intensité/ de
Nom du modèle Particularité
risgue
Modèle à risque proportionnel - ÀJt) = Ào(t)ePXi(t)
Evénements
Modèle d'Andersen-Gill
récurrents
Ài(t) = Ào(t)ePXi(t)
Prentice-Williams-Peterson total Evénements
time récurrents
Àik(t) = ÀOk(t)ePkXi(t)
Prentice-Williams-Peterson gap Événements Àik(t)
time récurrents = ÀOk(t - tk_1)ePkXi(t)
Evénements
Méthode de Wei-Lin-Weissfeld
récurrents
Àik(t) = ÀOk(t)ePkXi(t)
Evénements
Modèles à fragilité partagés
récurrents
Àik(t) = ÀOk(t) Zi ePkXi(t)
30
Variable Signification
i Équipement! individus i de la population à l'étude
t Temps
ÀiCt) Risque/intensité de défaillance de l'équipement i au temps t
ÀaCt) Fonction de risquelintensité de référence
f3 Vecteur des coefficients (effet de la variable d'intérêt)
x·1 Matrice des covariables de l'équipement i
LC(3) Fonction de vraisemblance
Applications et avancées
Gorjian et al. (2010) proposent une synthèse des différents modèles de survie, ainsi que les
forces et faiblesses de chacun. Selon lui, la force du modèle de Cox est qu'il n'est pas
nécessaire de spécifier une distribution de référence. De plus, les coefficients peuvent être
estimés en utilisant une fonction de vraisemblance partielle, ce qui permet une estimation
efficace de l'effet des covariables. En revanche, le modèle de base permet seulement de
traiter les systèmes non réparables, puisqu'il considère les défaillances létales (Gorjian et
al. , 2010). De son côté, le modèle de risque additif permet de déterminer les variables
d'intérêts d'un système réparable, lorsque celui-ci subit une maintenance imparfaite.
Cependant, l'auteur souligne que l'hypothèse d'additivité du risque peut mener à une
estimation du risque négatif, et mène donc à des résultats peu réalistes (Gorjian et al.,
2010). Les modèles d'intensité proportionnelle, aussi produite par Cox, sont une famille
d'extensions permettant de traiter les systèmes réparables. Comme le modèle de base, il
s'agit de modèles simples d'utilisation et très répandus. Les coefficients sont calculés à
partir de l'estimation du maximum de vraisemblance (Gorjian et al., 2010). D'autre part,
Shwu-Tzy, Landers et Rhoads (2006) comparent différentes variantes des modèles
d'intensité proportionnelle. Ils s'intéressent à leur application à l'ingénierie. Toutefois,
puisque ces méthodes sont peu utilisées en ingénierie, ils considèrent aussi les approches
du domaine médical. En outre, ils testent des variantes semi-paramétriques, et des variantes
paramétriques (suivant un Processus de Poisson Non-Homogène). Les modèles à l'étude
sont le modèle AG, PWP et WLW. Le tableau suivant présente un réseau des contributions
évaluées par Shwu-Tzy, Landers et Rhoads (2006) :
31
Dans un premier temps, Ho et ses collaborateurs (2015) proposent une étude de cas,
appliquer dans la GDA des équipements du domaine minier, afin de recenser différents
problèmes issus des données. Ils soulignent que les données enregistrées sont souvent
erronées, manquant de détails et de précision, et par conséquent peu propice à aider la prise
de décision (Ho, Hodkiewicz, Pun, Petchey, & Li, 2015). L'attention se porte sur différents
champs des bases de données relationnelles (BD) et l'étude révèle des faiblesses au niveau
de:
équipements miniers, sur un jeu de données réelles . Celle-ci permet de démontrer qu'il est
possible de corriger les erreurs d'une base de données de maintenance et de les rendre aptes
au traitement statistique. Le nettoyage se fait en partie par la récupération d'informations
essentielles qui sont consignées dans les champs de texte libre.
Prasad et al. (2011) développent un ensemble d'outils pour personnaliser les règles
de nettoyages de données, ainsi que les dictionnaires. La principale contribution est de
développer un outil d'organisation des règles de nettoyage en élaborant une structure
arborescente. La méthodologie débute par l'examen des données, où sont recensées les
différentes erreurs. Ensuite, à partir de cette analyse, des règles et des dictionnaires de
synonymes et de variantes sont élaborés. Le client peut alors décider d'appliquer les règles
sur ces données, puis faire des analyses (Prasad et al., 20 Il).
App!'OdIes dil9nootlqu..
.............. ~ ..........
-~de""","''''''''''
-au.II6 ......
-Geollande p'aR
-MIrueoi _
- _ .... cIonnMo
-per--
-_Dota-..
-~.........,de""'-
Approches corTeCti"..
-Comparaison à la vérité terrain
-Consolidation des données dO .prè,
plusieurs sources ou bases de référence
-Nettovage. ETL
- Imputation des valeurs manquantes
-Ëli mination des doublons
Figure 2.8: Approches pour l'éval1lation et le contrôle de la qualité des données (Serti-Équille, 2018)
Nettoyer
StandardIsation
expliquer
ReparatIon
Exploitation des donnees basée
des metadonnees règtes et heuristiques
ConsolidatIon
des données
Figure 2.9: Cercle vertueux pour la gestion de la qualité des données (Serti-Équille, 2018)
36
CHAPITRE 3
MÉTHODOLOGIE
Ce chapitre présente la méthodologie mise en application à chaque étape du projet.
Le développement de celle-ci est basé sur les questions et les objectifs de recherche, de
même que sur la revue de littérature. L'objectif principal de cette recherche est d'améliorer
la compréhension des facteurs affectant la fiabilité des actifs d'un réseau de transport
d'électricité. Les moyens employés à cette fin sont l'application de modèles fiabilistes à
une étude de cas portant sur les transformateurs de puissances. Ces moyens sont détaillés
dans ce chapitre.
Une fois que des anomalies ont été détectées dans les données, il est impératif de
mettre en place des stratégies afin de pallier celles-ci. L'objectifvise à augmenter la qualité
des données afin de diminuer les biais et les incertitudes inhérentes à chaque type d'erreurs.
Ainsi, la création de règles d'exclusion de données favorisera l'élimination des données
aberrantes, des doublons, des entrées vides, etc. Ensuite, un audit de la qualité des données
permettra d'en apprécier la complétude, la précision (moyenne, écart type, mode, etc.) ainsi
que la compréhension.
Ensuite, les données seront filtrées, afin de cibler une population précise et de
réduire la quantité de données à traiter. Dans ce cas-ci, les filtres serviront à cibler la famille
d' équipement des transformateurs et à observer une fenêtre d'étude sur quelques années
seulement.
les modèles adaptés aux systèmes réparables. À partir de la littérature, deux méthodes de
calcul ont été relevées, soit le modèle HPP et le modèle NHPP qui sera appliqué pour le
projet. L'une de ces méthodes considère un taux de réparation optimiste comme constant
à travers la vie de l' équipement et l'autre pessimiste avec un taux de défaillance pouvant
évoluer au cours de la vie de l' équipement; le calcul du taux de défaillance permettra de
supporter le processus décisionnel en gestion des actifs. Pour déterminer la fonction
d'intensité du modèle NHPP, la méthode développée par le Dr Wayne B. Nelson sera
appliquée (Nelson, 2003). Cette méthode non paramétrique est basée sur la « mean
cumulative function » (MCF).
Tout d'abord, le type de donnée traité comporte certaines spécificités; bien que
certains équipements soient en service depuis plusieurs années, les données de maintenance
sont récentes . L'analyse est réalisée sur un échantillon dans un intervalle de temps récent,
avec un historique de donnée tronqué. Certains équipements ont donc des événements
censurés, c'est-à-dire qu'un équipement peut avoir subi une défaillance avant ou après la
période d'observation, sans en avoir connu durant la période étudiée. La méthode est
décrite selon les instructions tirées de (Nelson , 2003) :
La courbe d'ajustement sur les données permet donc de déterminer les paramètres de la loi
de puissance, donc du taux de défaillance. La méthode des moindres carrées permet de
produire une courbe en utilisant les paramètres de la loi minimisant la somme des écarts au
carré entre les points et cette courbe.
Les modèles retenus sont des extensions du modèle de Cox, soit les modèles
Prentice-Williams-Peterson (PWP) et le modèle Anderson-Gill. Selon l'étude menée par
Shwu-Tzy, Landers et Rhoads (2006), les modèles PWP offrent une bonne performance et
sont généralement ceux qui sont le plus utilisés en fiabilité. De plus, l 'hypothèse du modèle
PWP est que le risque d'occurrence d'un événement est influencé par les événements qui
l'ont précédé (Amorim & Cai, 2014). Cette hypothèse semble appropriée au contexte de la
fiabilité des transformateurs. Comme le modèle AG et le modèle PWP-TT utilisent la
même structure de données, il sera facile d'implémenter les deux modèles et de les
comparer.
Une fois que ceux-ci auront été appliqués, des tests statistiques permettront de
déterminer si les modèles développés sont statistiquement valides et ainsi discriminer
certaines méthodes. Les modèles valides seront alors analysés, afin de déterminer SI
Les méthodes d' application ont été développées à partir de l'ouvrage de Themeau
et Grambsch (2000), ainsi que du tutoriel d'Amorim et Cai (2014). Le code des modèles
de survie a été développé sur la plateforme Databricks, dans le langage de programmation
R. Pour ce faire, la librairie « survival » a été utilisée. Cette librairie est la référence dans
l' application des modèles de survie sur R et a été développée par Themeau et Lumley
(2014). Voici un exemple de la formulation qui sera utilisée :
library (survival) 1
modeAG = cox;E!hjSurv(tstart LtstoE ( status) - varl + var2+ ... + ~,
method="breslow", robust=TRUE, data = examplel)
summary(model.l)
• library (survival)
o Importation de la librairie
• coxph(Surv(tstart,tstop,status)
o Déclaration du modèle de survie Cox
o Les variables sont déclarées comme un processus de comptage
• - varl + var2 + ... + vark
o Déclaration des champs de covariables
• method="breslow"
o Cette méthode permet une estimation précise de la fonction de survie
• robust=TRUE
o Estimation de la variance par la méthode « Jackknife »
• data = examplel
o Déclaration du jeu de données
modelPWE'TT=coxph (Surv (tstart , ts top, sta tus) -varl+var2+ ...+vark+cl us ter (id) +s
t rata(event ) , method="breslow",data=examplel)
summary(modelE'WE'TT)
• cluster(id)
o Estimation de la variance par la méthode « grouped Jackknife »
• strata(event)
o Stratification sur la variable du nombre d'événements
modelWLW = co h Surv(time ( status) - varl + var2+ ... + ~ + cluster(id)
method="breslow" , data = ex l e 2)
summary (modelWLW) 1
• coxph(Surv(time,status)
o Déclaration des données par strate
• data = example2
43
Finalement, la Figure 3.5 résume les étapes qui seront appliquées au projet, et met
en relief que ce projet ne se veut pas une réponse absolue aux facteurs qui affectent la
fiabilité. Le projet permet plutôt de mettre en place une boucle d'amélioration des modèles
statistiques en application chez HQ et ouvre la discussion sur les variables d'influences.
En outre, ces modèles sont voués à évoluer; ils permettent de mettre à jour les
connaissances, mais surtout de soulever les informations à recueillir dans le futur.
Consultatioo d'expert
[ Extraction des variables d'intérêts
E3
Il
Élaboration du modèle
Appication de l 'algorithme
Ajustement
CHAPITRE 4
ANALYSE PRÉLIMINAIRE
Pour commencer, il est primordial d'analyser les données brutes, afin d'assurer la
qualité, la faisabilité et la validité des modèles qui seront appliqués. Pour ce projet,
l'approche de diagnostic est employée, plus précisément l'audit, le comptage, la fouille
exploratoire et l'analyse statistique des données. Par la suite, une approche corrective est
appliquée pour diminuer l'incertitude sur les données. L'élimination des doublons et un
nettoyage sont ensuite mis en œuvre. Étant donné le fonctionnement de l'IREQ par rapport
aux autres divisions d'Hydro-Québec, les champs d'action pour assurer la qualité des
données sont limités à ces deux approches. Toutefois, les analyses permettront de faire des
recommandations aux donneurs d'ordres, qui pourront initier la mise en place de mesures
préventives et/ou adaptatives.
Détection
InspectIOn
1 0 8
Cltilurc: J(' r nn.....('
1 0
8
Clôttlri;: d..: r ,IÙS
DECLENCHE PROBLEME
TYPE ÉMIS PAR
PAR DÉTECTÉ
Détection
Problème constaté
AVIS Préventif Conditionnel d'anomalie Opérateur
sur un équipement
(sans ordre)
Problème constaté
Ordre sur un autre
AVIS Préventif Conditionnel d'inspection équipement que Inspecteur
systématique celui qui doit être
inspecté
Ordre
Problème sur
AVIS Préventif Systématique d'inspection Inspecteur
l'appareil inspecté
systématique
Détection
AVIS Correctif Correctif d'anomalie Défaillance Opérateur
(sans ordre)
Avis Problème constaté
conditionnel sur un équipement Chef de
ORDRE Préventif Conditionnel
ou Avis et validé par le chef maintenance
systématique de maintenance
Planification
ORDRE Préventif Systématique de Aucun Ordonnanceur
maintenance
Défaillance
constatée et validée Chef de
ORDRE Correctif Correctif A vis correctif
par le chef de maintenance
maintenance
D'un point de vue pratique, cela signifie qu'un événement de défaillance sera
signalé par un avis correctif, auxquels un ordre correctif est rattaché. En contrepartie, la
méthode n'a pas toujours été employée de cette manière, et la codification des activités de
maintenances a évolué au fil du temps. Ces facteurs influenceront la façon dont les données
seront analysées ultérieurement.
les études de fiabilité. Une base de données relationnelle est dotée de plusieurs tables. Ces
tables contiennent des champs (variables/attributs), ainsi que l'information permettant de
faire la relation d'une table à l'autre (clés). Chaque ligne d'une table représente un
enregistrement d'information distinct. Pour traduire les informations récoltées lors des
tâches de maintenance, il y a trois tables qui sont principalement utilisées. La table des avis
de maintenance, la table des ordres, ainsi que la table des équipements.
Qui plus est, il est important de considérer qu'il s'agit d'un jeu de données réelles
et que certaines données sont enregistrées par un opérateur (tables d'avis et d'ordre).
Certains champs sont remplis automatiquement, par exemple la date d'émission et
l' identifiant de l'avis/ordre. D'autres champs sont entrés manuellement, mais le risque
d'erreur de saisies est peu probable, par exemple, l'identifiant de l'équipement. Les experts
estiment qu'il peut y avoir plus d'incertitude sur le type d'avis émis ou le type d'ordre. De
plus, le processus peut engendrer des écarts de temps quant aux activités de maintenance.
La Figure 4.2 permet d'illustrer ces écarts:
1
cn;allon) du
Correction
Ordre problème
-- ----- ----
Numéro d'équipe:mem
Type d'mis
Fabricant
Numéro d'cquipc mcnt
Locnl ls.1lioll
NUUlêro d'a' 1S
T) pc d'ordre
Comme l'illustre la Figure 4.3, la clé primaire de chaque table est un numéro
d'identifiant unique, indiqué par la clé et les initiales PK (<< primary key »). Les numéros
50
d'identifiant se retrouvent dans les autres tables à titre de clé étrangère, afin d'assurer la
relation . Effectivement, on retrouve le numéro d'équipement comme attribut de la table
des ordres, par exemple.
Il faut auditer les données, afin de déceler les entrées qui peuvent être nuisibles à
l'analyse. À cet effet, les données d'inventaires, d'ordre et d'avis de maintenance ont été
croisées, de façon à ce que chaque entrée corresponde à un événement de maintenance.
Chaque événement de maintenance correspond donc à une combinaison unique entre le
code d'équipement, le numéro d'ordre et le numéro d'avis (s'il yen a un). Pour chaque
champ, le nombre de valeurs nulles ou vides a été décompté à la Figure 4.4.
51
120%
100%
80%
60%
40%
20%
0%
o- -
0 ,~ ,~ 0 ,~
»->
QJ C V')
C
Q) Q) C
0
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1
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1 ~ tU :=1
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0
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QJ
QJ
1- 0
U
QJ
1-
QJ
1-
U 1-
0- 0
>-
1-
Figure 4.4: Pourcel1tage des champs remplis par caractéristiques
Cette figure démontre qu'il y a plusieurs champs qUI ne sont presque jamaIs
remplis. Comme les données à saisir n'ont pas toujours été les mêmes, ces observations ne
sont pas surprenantes. Cependant, les données qui permettent d' identifier les événements
de défaillances semblent généralement bien remplies, soit les numéros d'équipements,
d'ordres et d'avis, ainsi que les dates d'émission . Ce sont principalement ces données qui
serviront à modéliser le taux de défaillance. Comme mentionné précédemment, certains
équipements d'Hydro-Québec sont en service depuis plusieurs décennies. Cependant, les
politiques de maintenance ainsi que les systèmes d ' information ont pu changer au cours de
ces années. La Figure 4.5 présente l'évo lution du nombre d'ordres émis au fil des années.
52
.--
1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015
En observant la Figure 4.5, il semble que peu d'ordres aient été enregistrés avant
2010, ce qui soulève pl usieurs questions. En outre, les données débutent en 1982 et
s'échelonnent sur une période de plus de trente ans. Selon les experts de TransÉnergie,
plusieurs changements de système ont eu lieu; les plus récents en 2008 et en 2013. Cette
absence de données peut être expliquée par plusieurs hypothèses:
À partir de tous ces facteurs, des règles d'exclusion ont été élaborées, afin de
pouvoir assurer la qualité des analyses subséquentes. Le Tableau 4.2 décrit les différentes
règles qui ont été appliquées pour contrôler la qualité des données.
53
Aucune règle
Tout avis/ordre doit être lié à un
Inventaire Avis sans numéro d'équipement
équipement
Equipement présent dans la table Si l'équipement n'est pas dans
Inventaire d'avis, mais qui n'est pas dans la l'inventaire, il ne peut être lié à son
table d'inventaire historique complet
Equipement sans date de mise en Impossible de connaître l'âge de
Inventaire
service l'équipement
Mise en service en 1901-01-01 Valeur automatique, donc pas une date
Inventaire
exclue réelle
Date de remise à neuf Date de remise à neuf avant la mise en
Inventaire
incohérente service
Date de remplacement Date de remplacement avant la mise en
Inventaire
incohérente service
Avis Date avis nulle Date avis nulle
Avis Date d'avis incohérente Date d'avis avant la mise en service
Tout avis doit être lié à un ordre;
Avis Avis sans ordre assume qu'aucune maintenance n'a eu
lieu
L'avis a été rejeté par le chef de
Avis Avis Rejeté
maintenance
Avis Avis Doublon Entrée en double
Ces règles permettront donc de ne conserver que les entrées qui sont réellement des
événements de maintenance. De plus, cela assure que les dates qui sont entrées dans le
système sont valides et suivent la chronologie des événements. À partir de l'outil
DataBricks, ces règles ont pu être écrites avec une syntaxe similaire à une requête SQL,
soit avec le module [Link]. L'Équation 4.1 permet d'illustrer la structure d'écriture de
chacune des règles :
Équation 4.1:
Ces règles permettent de créer un « DataFrame » qui pourra être utilisé pour les analyses
de fiabilités. Les résultats de l'application de ces filtres, pour tous les équipements de
TransÉnergie, sont présentés au tableau suivant.
sont cohérentes avec la chronologie des événements. En plus d ' appliquer ces règles
génériques, il a été nécessaire d'appliquer des filtres, dans le but de réduire la population à
l'étude. La Figure 4.5 démontre le besoin de filtrer sur un intervalle de temps, pour que les
données de défaillances soient bien identifiées. Ainsi, la période de 2013 à 2018 sera
étudiée dans le but de produire les analyses de fiabilité.
Enfin, le jeu de données initial contient toutes les familles équipements, il faut donc
le filtrer pour n'avoir que les transformateurs de puissances. Ces règles et ces filtres sont
génériques. Les modèles qui seront présentés exigent de nouvelles mises en forme pour le
jeu de données, ainsi que différentes spécificités. Des filtres supplémentaires seront
employés en vue d'obtenir de meilleurs résultats. Ces filtres seront présentés dans les deux
prochains chapitres, qui concernent respectivement l'application de la modél isation du taux
de défaillance et des modèles de survie.
56
CHAPITRE 5
Préparation
Ensuite, le chapitre 3 a permis de déterminer les exigences pour les données, en ce
qui a trait à l' application de la méthode de la MCF :
1
1 176
1 177
0 0 1 177
0 0 1 177
0 0 1 177 0.0056 0.0554
0.3548 0 0 1 177 0.0056 0.0611
0.4167 0 0 1 174 0.0057 0.0668
0.4274 0 0 1 174 0.0057 0.0726
0.4866 0 0 1 175 0.0057 0.0783
0.5134 0 0 1 176 0.0057 0.0840
0.6183 0 0 1 173 0.0058 0.0955
58
5.1 Résultats
Les données calculées à partir de la méthode MCF permettent de produire le
graphique de la Figure 5.1.
12
10
' UJ
-'
::J
:?:
Cl 8
UJ
u
z
::5
-'
<i:
u...
6 paramètre À: 0,054
' UJ
o paramètre k: 1,339
UJ
o
UJ
cr::
co
4
:?:
o
z
2
o
o 10 20 30 40 50 60
ÂGE DE L'ÉQUIPEMENT (ANNÉES)
# Fonction Equation
Équation 5.1 [Ct) k;ttk-l e - Àt k
k
Équation 5.2 Set) e -Àt
Équation 5.3 Fet) 1 -e -u k
Le taux de défaillance instantanée peut donc être obtenu par l'équation suivante:
0,3
0,25
LL
o 0,2
u
ocr:
c
o
:;:::;
~ 0,15
ro
0.
.~
<lJ
-0
X
~ 0,1
f-
0,05
o
o 10 20 30 40 50 60
Temps (année)
12
'W
.....l
~ 10
;E
~
U
W
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OMN~OMO~~~NOMM~MM~~NOO~~M~~~~M~
àN~~~~àNM~~ooà~NM~~~~~oooom~NM~~~OO
rlHNNNNNNMMMMMMMMmmmm~~qqqqq
approche tient compte des censures, ce qui est une avancée importante compte tenu de la
structure des données présentées par la Figure 4.5. Cela permettra de prendre des décisions
plus appropriées, en tenant compte du nombre d'équipements en service pour chaque
tranche d'âge, plutôt que de considérer un taux constant. De plus, les valeurs obtenues
permettront de réaliser des simulations, afin de déterminer des politiques d'entretien qui
maximisent les objectifs d' entreprise.
62
CHAPITRE 6
ANALYSE DE SURVIE
Type de % bonne
Variables Description
variable donnée
Temps du début de l'intervalle
tstart Modèle 100
d'observation
status = 1 si l'événement est récurrent
status Modèle 100
et 0 s'il est censuré
Temps de fin de l'intervalle
tstop Modèle 100
d'observation
Equip ID Identifiant de l'équipement Modèle 100
numEveneme
le k- ième événement Modèle 100
nt
63
Tableau 6.1 présente les variables de base du modèle, tel que présenté dans la
méthodologie.
Tableau 6.2: Descriptions des variables d'indicateur d'état
Le Tableau 6.2 présente les variables indiquant l'état des équipements selon une
cote. Ces champs permettent aux opérateurs terrain de mettre une cote de « santé» de
l'équipement, selon l'état qui est constaté lors d'une maintenance. Ces variables sont
ordinales, c'est-à-dire qu'elles sont qualitatives, mais qu'il existe une échelle de valeurs
qui permet de les ordonner.
Quant au Tableau 6.3, il présente les variables qui sont relatives aux
caractéristiques de l'équipement. Les variables CPC_Bin, CARACT_TENSION, Classe
d'actif et Fabricant, sont des variables qualitatives et devront donc être traitées telles que
décrites dans la méthodologie. Aussi, certaines variables comportent des données
manquantes (94% de complétude). Cependant, l'information que ces variables pourraient
apporter au modèle fait en sorte qu 'elles seront tout de même incluses, et donc une partie
des entrées seront rejetées.
64
Type de % bonne
Variables Description
variable donnée
Nom du fabricant de
Fabricant Équipement 100
l'équipement
CPC Bin Présence d'un CPC = 1 E~u~ement 100
Tension maximum de
CARACT TENSION Équipement 100
l'équipement
Si l'équipement a une
Classe d'actif Équipement 100
inductance shunt
Nombre de phases Triphasé ou Monophasé Eilu~ement 100
Latitude Latitude Equipement 94.13
Longitude Longitude Equipement 94.13
EQUI_AnneeConstru Année de fabrication de
Équipement 98.94
ction l'équipement
Les Tableau 6.4 et Tableau 6.5 présentent les variables sur les ordres et les avis. Il
s'agit en fait du décompte de nombre d'ordre et d'avis émis par type.
65
Cri::lnoad'ua.:lVU
œmco!
1'yp<1l
Décision du
> - - - -{)rdre rejeté - - - r - --ordre
Planificateur
1. Les variables hybrides n'ont pas d'impact, comparativement aux variables d'ordre
et d'avis (à un seuil de signification de 5%)
2. Le modèle n'a pas réussi à calculer de coefficient pour la variable classe d'actif et
sur le nombre de phases.
3. Plusieurs fabricants similaires sont entrés sous des noms différents
a. De ce fait, certaines des variables tendent à l'infini
La Figure 6.4 illustre les courbes d'intensité en fonction du temps pour chaque
strate. Chaque strate correspond au nombre d'événements cumulés, tel que présenté au
CHAPITRE 2. Cela permet de mettre en évidence un nombre important de courbes (16),
ce qui est anormal compte tenu de la fiabilité élevée des transformateurs de puissance. En
effet, la présence de 16 courbes signifierait que certains transformateurs ont subi jusqu'à
16 défaillances pour la période observée.
70
~
:::J q
E
:::J
u
QI
:::J
CT
en
iï
l{)
a
o 10 20 30 40
Une analyse plus approfondie a permis de déterminer les causes de ces anomalies,
notamment en retraçant certains champs texte. Comme démontré par le Tableau 6.9,
plusieurs des événements qui ont été enregistrés comme des ordres correctifs ne
correspondent pas à une défaillance. Comme défini, une défaillance cause l'arrêt des
fonctions du système. Plusieurs de ces champs ont une référence « à vérifier », ce qui ne
correspond vraisemblablement pas à une perte de fonction. De plus, les champs du
Correctif 14 sont intéressants. Le champ 1 désigne que l'action effectuée est l'achat d ' un
composant de rechange supplémentaire, tandis que le champ 2 fait état d'un bris majeur à
comger. L ' interprétation de ces deux champs est donc contradictoire. Bien que ces
données sont peu nombreuses, elles peuvent avoir un impact important sur la
modélisation.
71
Tableall 6.9: Extraction de champs textes pour les Ordres de défaillances anormales
6.3 Résultats
Préparation des données
Les résultats préliminaires permettent de faire une première itération pour déceler
les problèmes relatifs aux données et aux variables qui n'auraient pas été détectées avant.
Ainsi, quelques règles peuvent être ajoutées pour produire un modèle plus robuste et plus
représentatif de la réalité. Les modifications suivantes ont été appliquées au jeu de
données:
Plutôt que d'exclure les équipements qui semblaient problématiques, il a été décidé de
limiter le nombre de défaillances à 7. De cette façon, les valeurs aberrantes sont exclues,
sans toutefois éliminer certaines valeurs des variables.
Modèle Andersen-Gill
Le modèle Anderson-Gill a été appliqué sur le nouveau jeu de données des
défaillances des transformateurs de puissance de HQT. Le Tableau 6.10 présente les
résultats obtenus par l'application du modèle AG.
Tableau 6. Il: Résumé de l'impact des variables significatives pOlir la période terminant en 2018
Le
Le Tableau 6.12 présente les coefficients pour chacune des variables, ainsi que l'intervalle
de confiance à un niveau de 95%. Bien que ces variables soient significatives (<< p-
value »), l' intervalle de confiance est assez grand, en particulier pour les variables
catégorielles. Pour les variables continues, l 'IC semble assez près du coefficient, ce qui
suggère que le modèle performe mieux dans l'estimation de ce type de paramètres.
La Figure 6.5 résume les tests statistiques effectués pour valider le modèle. Il s'agit
de tests permettant de vérifier la signification statistique globale du modèle. Chacun de
ceux-ci évalue l' hypothèse nulle que toutes les covariables fJ sont égales à o. Chacun des
« p-value » est inférieur à 5%; l' hypothèse nulle est rejetée et permet de conclure que le
modèle est significatif.
76
0.5-
,"
,
"-
:;::::;
-s 0.3-
E
::J
U
ID
::J
g- 0.2 -
cr "
0.1 -
."
,
.
"
,0
0.0 -
o 10 20 30 40 50
Temps depuis le dernier evenement
Figure 6.6: Graphique du risque cUl1lulatifpour le modèle AG
77
Modèle Prentice-Williams-Peterson
De la même façon que le modèle AG, le modèle PWP a été appliqué sur le nouveau
jeu de données. Le Tableau 6.13 présente les résultats obtenus et le Tableau 6.14 présente
une comparaison des résultats des deux modèles:
Tableau 6. 13: Résumé de l'impact des variables significatives pour le modèle PWP
Variable
Variable exp( Coefficient) Pr(>z)
ID
~2 Nombre Ordre Inspection ZI03 1.0922 0.0020
~3 Nombre A vis Conditionnels Il 1.0418 0.0020
~4 CPC Bin 0.6539 0.0001
~5 Cote A 1.6573 0.0000
~7 Cote C 1.8181 0.0000
~9 Tension 2 0.1610 0.0001
~10 Tension 3 3.9280 0.0005
~14 Tension 7 1.3662 0.0454
~19 Fabricant 5 1.3749 0.0223
~23 Fabricant 9 2.3609 0.0482
AG PWP
Variable
Variable
ID ex p( Coeffi c ien t) Pr(>z) exp(Coefficient) Pr(>z)
Nombre Ordre
~1 1.06 0.000
Conditionnel 1.0176 0.1209
Nombre Ordre
~2 1.09 0.041
Inspection 1.0922 0.0020
Nombre Avis
~3 1.04 0.090
Conditionnels 1.0418 0.0020
~4 CPC Bin 0.53 0.000 0.6539 0.0001
~5 Cote A 1.87 0.000 1.6573 0.0000
~7 Cote C 2.32 0.000 1.8181 0.0000
B9 Tension 2 0.11 0.000 0.1610 0.0001
BIO Tension 3 4.31 0.002 3.9280 0.0005
B14 Tension 7 1.49 0.079 1.3662 0.0454
~18 Fabricant 4 0.43 0.028 0.5678 0.0572
~19 Fabricant 5 1.49 0.048 1.3749 0.0223
~23 Fabricant 9 3.73 0.044 2.3609 0.0482
78
Le modèle PWP permet d'obtenir des résultats très près de ceux du modèle PWP.
Effectivement, mis à part pour les variables du nombre d' avis et d'ordre conditionnel et
pour un fabricant particulier, les mêmes covariables sont significatives à un seuil de 5%.
En addition, les « p-value » des variables fJ3 et fJI 4 du modèle AG et fJ I8 de PWP sont
respectivement de 0.09, 0.079 et 0.0572, ce qui est près du seuil de signification. En outre,
les coefficients de chacun des modèles sont assez similaires.
Tableau 6.15: Résumé des coefficient et intervalle de confiance pour le modèle PWP
Intervalle de confiance
factor.
Variable Borne Borne Pr(>z)
id exp(Coefficient)
Inférieur Supérieur
Nombre- Ordre- Ins
~2 pection ZI03 1.0286 1.0922 1.1598 0.0020
Nombre- A vis- Con
~3 ditionnels Il 1.0100 1.0418 1.0746 0.0020
~4 CPC Bin 0.5346 0.6539 0.7997 0.0001
~5 Cote A 1.3675 1.6573 2.0084 0.0000
~7 Cote C 1.5388 1.8181 2.1483 0.0000
~9 Tension 2 0.0534 0.1610 0.4848 0.0001
~10 Tension 3 1.4895 3.9280 10.3588 0.0005
~14 Tension 7 0.9919 1.3662 1.8819 0.0454
~19 Fabricant 5 1.0409 1.3749 1.8159 0.0223
~23 Fabricant 9 1.0440 2.3609 5.3391 0.0482
Le Tableau 6.15 présente les coefficients pour chacune des variables, ainsi que l' intervalle
de confiance à un niveau de 95 %. Tout comme pour le modèle AG, même lorsque la « p-
79
value» démontre que l'effet de la variable est significatif, l'intervalle de confiance est
assez grand pour les variables catégorielles. Par contre, l' estimation semble meilleure
qu'avec le modèle AG, puisque cet écart semble moins important. Pour ce qui est des
variables continues, l'le semble aussi être assez près de du coefficient.
o
N
numEvenemenl
4.56.7
=ro
:;
E
a 0
'g"
:J
li:
on .-._-.;---- --,;
o · ·..:1!~ !=-:,;,;,l-'-'';
-,--;(~~-j ,--)
o
o
o 10 20 30 40
En outre, les résultats démontrent que les modèles de survie sont appropriés pour
déterminer des covariables affectant la fiabilité des transformateurs. Les caractéristiques
d'équipements permettent notamment d' ajouter de l'information importante qui permettra
de prendre des décisions adaptées. De plus, le coefficient des covariables peut être
directement appliqué à la fonction d' intensité calculée par le modèle NHPP (voir Tableau
2.3). De cette façon, le taux de défaillance prend en compte l'âge des équipements et
l'ensemble des covariables significatives. Le Tableau 6.16 montre les paramètres d'une
telle fonction d' intensité pour le modèle AG :
80
CONCLUSION
RECOMMANDATIONS
À partir des modèles, il est possible de formuler plusieurs recommandations, que
ce soit par rapport à la qualité des données, aux variables, aux résultats ou à l'applicabilité
même des modèles.
Il est important d'effectuer ces actions en amont; il faut que tous les analystes aient accès
aux bonnes données (et aux mêmes données), pour s'assurer que les résultats sont valides
et reproductibles. Ensuite, afin d'éliminer les problèmes à la source, il importe d'adopter
des mesures préventives en augmentant la formation et la sensibilisation des intervenants
qui crée ces données. Effectivement, comme le montre le Tableau 6.9, la codification des
types d'ordres ne semble pas tout à fait maîtrisée.
Variables et modèles
En ce qui concerne les variables, il serait intéressant de recueillir les données sur
les cotes de santé et sur leur évolution au fil du temps. Cela permettrait d'identifier une
possible adéquation entre l'évolution de ces indicateurs et la fiabilité des équipements.
Qui plus est, cette étude ne considère que les données de 2014 à 2018. Il serait donc
avantageux de récupérer les données des systèmes antérieurs, dans le but d'obtenir un
historique plus complet des politiques de maintenance. Les données actuelles permettent
donc difficilement de déterminer l'effet de la maintenance sur la fiabilité, puisque l'impact
83
d'une politique de maintenance a un effet différé sur la fiabilité des équipements. Pour ce
qui est du modèle NHPP, la période d ' étude permet tout de même d'arriver à de bons
résultats et que le modèle réussit à bien gérer les censures. Les modèles de survie offrent
de bons résultats pour identifier les variables relatives aux caractéristiques d'équipement.
Par contre, les variables qui portent sur l'effet des politiques de maintenance ainsi que les
variables d'état ne permettent pas d' obtenir des résultats cohérents. Effectivement, le
changement d'une politique de maintenance a un effet différé sur la fiabilité des
équipements. Une période aussi courte (relativement à la vie de l'équipement), ne permet
pas aux modèles de déceler ces changements. Pour que ces modèles perçoivent ces
changements de façon cohérente, il serait important d'étendre la période d' étude, afin d'en
tirer les bonnes conclusions.
Prochaines étapes
Tel que présenté à la Figure 3.5, l'application de ces méthodes statistiques
nécessite plusieurs itérations, afin d'obtenir de bons résultats à long terme. Ce projet a
présenté les premières itérations et mis en évidence les prochaines étapes à mettre en
œuvre. Dans un premier temps, l' organisation devrait mettre les efforts pour améliorer la
qualité des données. L'étude réalise par Berti-Équille (2018) offre une méthodologie
complète, qui gagnerait à être appliquée. La qualité doit être améliorée et uniformisée en
amont du processus de traitement. De plus, il est indispensable que les données soient bien
étiquetées; il faut bien distinguer chaque activité de maintenance, afin d'inférer
correctement l'effet qu'elles ont sur la fiabilité. Qui plus est, il faut récupérer un
maximum d'information en retraçant les données d'ancien système, pour avoir
l'historique le plus complet possible. Enfin, il faut considérer les données comme un actif
de haute importance. Après tout, la qualité des données est garante d'une prise de décision
éclairée. Une fois que ces activités seront en place, l' application des modèles apportera
encore plus d'information pour éclairer la prise de décision.
84
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