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Inventaire du géopatrimoine en Afrique: état des lieux et perspectives.
Chapter · January 2013
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8 authors, including:
Ezzoura Errami N. Ennih
Faculté Polydiciplinaire de Safi Cadi Ayyad University Université Chouaib Doukkali
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Abderrahmane Bendaoud Moulley Charaf Chabou
University of Science and Technology Houari Boumediene Ferhat Abbas University of Setif
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@Œ@ ~ un lustre d'inventaire
en France
Ezzoura ERRAMI & N. ENNIH
Université Choua"1b Doukkali
Faculté des Sciences, Dépt de Géologie - El Jadida (Maroc.
Inventaire du [email protected]
A. BENDAOUD
géopatrimoine en Afrique Université Sciences et Techniques
Houari Baumedienne - Alger (Algérie)
État des lieux et perspectives
O. BOUZIDI
Ministère de l'Énergie et des Mines (Algérie)
M.C.CHABOU
Université Ferhat Abbas (Sétif, A lgérie)
L. ANDRIANAIVO
Université d'Antananarivo (Madagascar)
K. BEN ISMAIL-LATTRACHE
Université de Tunis El Manar
Faculté des Sciences de Tunis (Tunisie)
M. HASSINE
Office national des Mines
2035 La Chargu ia - Tunis (Tunisie)
~ RÉSUMÉ
Sur le continent africain, aucun inventaire national sur le géopatrimoine n'a encore été réalisé,
à part quelques initiatives partielles et sporadiques dans certains pays, dans le cadre de groupes
de recherche essentiellement universitaires ou, plus rarement, d'institutions étatiques. Malgré
le nombre important de textes promulgués, qui montre que la plupart des pays africains
possèdent une législation sur les patrimoines culturel et naturel, on ne peut que regretter le
retard de notre continent par rapport à d'autres dans ce type d'inventaire. Nous détaillons, dans
cette contribution, l'état des lieux dans plusieurs pays africains et nous présentons l'action que
mènent l'Association africaine des femmes en géosciences (AAWG) et le groupe impliqué dans
le projet du Réseau africain des géoparcs (AGN), pour pallier ce problème et, particulièrement,
pour faire prendre conscience aux pouvoirs publics de l'importance du géopatrimoine et des
géoparcs comme outils de développement socio-économique durable.
Inventaire : pourquoi ?
1. Introduction
L'histoire géologique de la Terre, de l'Archéen au Quaternaire, est inscrite dans les
roches africaines, qui sont bien exposées dans des paysages géologiques fascinants.
Beaucoup de témoins sédimentologiques, paléontologiques, pétrographiques et
structuraux de l'histoire de la Terre sont d'une qualité exceptionnelle en Afrique, dont
plusieurs sont uniques, pédagogiques et méritent d'être préservés et présentés aux
visiteurs, spécialistes ou non, d'une manière moins académique et accessible au grand
public. Ces sites sont encore plus attractifs grâce à leur environnement géographique,
historique, architectural et traditionnel exceptionnel. Pour que ce géopatrimoine s'in-
tègre au développement durable, il faut d'abord l'inventorier, le conserver; le valoriser
et lui trouver un usage approprié, en fonction des besoins et des potentialités socio-
économiques et politiques de chaque pays africain.
L'inventaire du géopatrimoine en Afrique est encore à des stades préliminaires (Erra mi,
2012). Aucun inventaire national n'a été réalisé pour le moment, à part quelques
initiatives sporadiques dans certains pays, dans le cadre de groupes de recherche sur
le géopatrimoine. Malgré le nombre important de textes promulgués, qui montre que
la plupart des pays africains possèdent une législation sur les patrimoines culturel et 129
naturel, on ne peut que regretter le retard de notre continent par rapport à d'autres
dans l'institution de l'inventaire du géopatrimoine. Ce dernier pourrait constituer une
valorisation qui vise le maintien et l'utilisation durable des biens patrimoniaux dans
une dynamique économique et sociale.
Il. État des lieux sur l'inventaire du géopatrimoine en
Afrique
2.1 Géopatrimoine en Afrique du nord
Au Maroc, un inventaire préliminaire d'un certain nombre de géosites a été réali-
sé dans le cadre de groupes de recherche associés aux universités. Dans certaines
régions, cet inventaire inclut aussi le patrimoine archéologique, culturel et les infras- N
...-
tructures socio-économiques. En Algérie, aucun inventaire national n'a été fait, mais 0
N
du point de vue législation dans le cadre des parcs nationaux, différentes composan-
tes du patrimoine géologique sont citées et sont assujetties à la conservation (fossi - i
les, minéraux, etc...). En Tunisie, quelques projets en collaboration entre les universités
1
@œ@o
r- .. ~
:::-:1
un lustre d'inventaire
en France ERRA MI et al.
Inventaire du géopatrimoine en Afrique
et le Service géologique énumère un certain nombre de géosites d'importance
scientifique et/ou pédagogique à travers le pays.
Le Maroc, un pays situé à l'extrémité nord-occidentale de l'Afrique, est doté d'un
géopatrimoine très riche et variable d'une région à l'autre, caractérisé par un
ensemble de géosites d'importance locale, nationale et/ou globale à caractère
scientifique et/ou pédagogique exceptionnel, avec des affleurements d'excellente
qualité. Ce géopatrimoine s'étend depuis 2 700 Ma jusqu'à l'Actuel.
Le Maroc a commencé, depuis le début du xx• siècle, à instituer une législation na-
tionale pour la protection et la préservation de son patrimoine naturel et culturel et
à inventorier ses monuments historiques, ses sites naturels et archéologiques, ses
objets d'art et d'antiquité. Depuis, le Maroc compte une dizaine de parcs naturels,
réserves naturelles, sites d'intérêt biologique et écologique (SIBE) et sites RAMSAR.
A l'échelle internationale, le Maroc a ratifié, en 1975, la Convention sur la protec-
tion du patrimoine mondial culturel et naturel, adoptée par l'UNESCO en 1972, et a
été élu membre du Comité du patrimoine mondial, en 1995, et membre du Centre
00 patrimoine mondial, en 1996. Mais le Maroc ne dispose d'aucune loi pour la protec-
tion de son géopatrimoine, spécialement ses sites fossilifères, d'importance inter-
nationale d'âge paléozoïque, qui sont très vulnérables et qui risquent de disparaî-
tre, du fait de leur
surexploitation en
tant que roches or-
nementales et sites
fossilifères, notam-
ment ceux des for-
mations paléozoï-
ques au sud-est du
Maroc (figure 1).
Figure 1 Les sites fossilifères palèozoïques de la règion d 'Erfoud au
sud-est du Ma roc exploitès comme roches ornementales (A
et B) ou en tant que sites de collecte artisanale des trilobites
(C). Vente de fossiles (0) . © AA WG 1 A GN.
Inventaire : pourquoi ?
Le Maroc ne dispose d'aucune stratégie nationale concernant l'inventaire de son géo-
patrimoine, en dépit de quelques tentatives sporadiques par les universitaires, qui
ont permis la réalistaion d'une série de guides géologiques, recouvrant tout le Maroc
(Michard et al., 2011), et l'identification et l'inventaire d'une centaine de géosites,
dont nous citerons à titre d'exemple : (i) la série de marge passive de Taghdout, d'âge
pré-panafricain (1 000 - · --· - · -·
800 Ma), avec ses struc-
tures sédimentaires
bien préservées (figure
2), est un géosite qui
mérite beaucoup d'at-
tention vu la nature et
la qualité de ses affleu -
rements. Ce site, à ca -
ractère pédagogique et
scientifique important,
pourrait disparaître s'il
n'est pas préservé des Figure 2 La série néoprotérozoïque (1 000-800 Ma )
131
de la marge passive de Taghdout, avec ses
passants et des collec- structures sédimentaires bien préservées .
tionneurs. Sa situation, Structures entrecroisées (A) , figures de des-
siccation (B) et rides de courants (C) .
sur la route nationale, © AAWG 1 AGN.
en fait un géosite très vulnérable ;
(ii) Le complexe ophiolitique de Bou Azzer, d'âge panafricain et situé dans I'Anti-Atlas
central (El Hadi et al., 2011), est le témoin de la croûte océanique bien conservée et
chronologiquement unique en son genre ; (iii) Les géosites fossilifères (trilobites, or-
thocères, goniatites), d'âge paléozoïque et situé dans I'Anti-Atlas oriental (Beraaouz,
2011 ; Errami et al., 2011, 2012) ; (iv) Les géosites à traces de dinosaures dans le
Moyen-Atlas (Charroud, 2011) et dans le Haut-Atlas, notamment le géosite du village
de Tazouda, où un squelette de dinosaure Tazoudasaurus naïmi a été découvert dans
une formation argile-gréseuse, d'âge jurassique inférieur. Ce dinosaure, le plus vieux
N
au monde, avec un âge de 180 Ma, serait l'ancêtre des sauropodes d'Amérique du ..-
0
N
nord, vieux de 140 Ma ; (v) Les géosites phosphatiers de Khouribga, Youssoufia et
Ben Guérir, très riches en fossiles (Noubhani, 2011) ; (vi) le géosite de Kasbah, de Bou -
laouane dans la Meseta côtière, avec ses méandres sur le plus long oued du Maroc
1
~
@cg@ ~
· .. un lustre d'inventaire
en France ERRAMI et al.
Inventaire du géopatrimoine en Afrique
(Oued Oum Erbia), et sa somptueuse bâtisse datant du xvm• siècle (Camara et al.,
2011) ; (vii) dans le Causse moyen atlasique, 24 géosites, répartis en 4 catégories
- volcanique (Jebel Habri), karstique (Aguelmam, Afennourir, Dayet Aoua), paléon-
tologique (brachiopodes du synclinal d'Ifrane) et panoramique (Balcon d'lto) -,ont
été inventoriés (Malaki, 2006).
L'Algérie renferme une grande variété de sites géologiques et géomorphologiques,
qui sont parmi les plus exceptionnels et importants au monde (Bendaoud et al.,
2011), à savoir le volcanisme Eocène-Quaternaire du Hoggar, qui couvre plus
de 10 000 km 2 (Girod, 1971 ; Dautria, 1988) ; Le Tassili, deuxième parc national
d'Algérie avec ses << forêts de pierre» (figure 3) et ses blocs de massifs granitiques
panafricains ; L'In Ouzzal, avec ses roches les plus anciennes en Algérie (3,3 Ga,
Peucat et al., 1996) et ses carbonatites singulières (Ouzegane et al., 2003).
Figure 3 « Forêts de pierre », d 'âge ordovicien , dans les Tassili (Algérie) .
© AAWG / AGN.
Dans le droit algérien, les fondements juridiques à la gestion et à la conservation
du géopatrimoine existent, mais les opérations d'inventaire du géopatrimoine se
trouvent éparpillées à travers différents secteurs: l'Agence nationale de la géologie
et du contrôle minier (ANGCM), les universités, le ministère de l'Environnement, le
ministère de la Culture, etc. .. L'inventaire du patrimoine culturel national s'inscrit
dans le cadre de la loi no 98 04 relative à la protection du patrimoine. Le décret
exécutif no 03 11 fixe les modalités d'établissement de l'inventaire général des
biens culturels. En 2009, I'ANGCM a lancé, dans le cadre du projet de mise en place
du musée géologique national, un travail d'identification de l'ensemble des sites
et objets d'intérêt géologique. L'inventaire du géopatrimoine est animé par la base
Inventaire : pourquoi ?
de données GeoAI, constituée et gérée par l'équipe d'enseignants de I'USTHB d'Alger.
Concernant les zones de montagnes, 28 massifs, dont ceux du Hoggar et du Tassili,
ont été répertoriés en vue d'un examen approfondi par les experts. Les sites classés
par arrêté du Ministre de l'Énergie et des
Mines sont la dalle calcaire bioclastique
dévonienne- orthocères géants, trilobites,
lamellibranches et quelques débris de
placodermes, des poissons cuirassés
(Nedjari, 2007) - connue sous le nom de
« La Muraille de Chine » (figure 4), du SW
algérien, et « La Grotte Merveilleuse ,, de
Jijel, qui appartient au système karstique
du parc national de Taza (PNT).
Fi gu re 4 La dalle calcaire bioclastique dévonienne
à orth océres géants , connue sou s le
nom de « La Muraille de Chine ».
© AAWG 1 AGN.
La Tunisie offre une diversité de paysages et de sites géologiques d'intérêt scienti-
fique international, qui résume l'histoire géologique et minier de ce pays avec un 133
ensemble de géosites d'intérêt paléontologique (Pliocène de l'Oued Chiba), miné-
ralogique (Hammam Zriba, Sejnane), volcanique (Galb Saad Moun), stratigraphique
(Permien marin), tectonique (flysch numidien, dans la région de Tabarka et Kesra),
géomorphologique (Table de Jugurtha, Jbel!chkeul- figure 5) et hydrologique (barra -
ges de Sejnène et de l'Oued Chiba). Il n'y a aucune stratégie nationale d'inventaire, ni
lois sur la protection du géopatrimoine. Cependant, l'importance du géopatrimoine
commence à prendre de l'ampleur grâce à une série d'activités organisées par les
représentants de I'AAWG et de I'AGN, en collaboration avec l'Office national des mi -
nes et les universités.
Figure 5
Jbel lchkeul, N
~
partie du 0
parc national N
de l ' lchkeul,
patrimoine
mondial
i
( Tunisie ) .
~
© AAWG 1 AGN .
@g@ ~
. . .... un lustre d'inventaire
en France ERRA MI et al.
Inventaire du géopatrimoine en Afrique
2.2 Géopatrimoine en Afrique subsaharienne
En Afrique subsaharienne, aucune initiative sur l'inventaire du géopatrimoine n'a
été prise pour le moment. Cependant, des groupes sur le géopatrimoine/géoparcs
sont en cours de formation dans le cadre du Réseau africain des géoparcs au
Nigeria, Sénégal, Cameroun, Côte d'Ivoire. L'Association africaine des femmes
en géosciences (AAWG) et son projet du Réseau africain des géoparcs (AGN)
ont organisé, en collaboration avec d'autres partenaires, plusieurs activités pour
promouvoir le géopatrimoine et le concept des géoparcs dans ces pays, où plusieurs
géosites potentiels ont été visités, notamment la falaise de Fresco, en Côte d'Ivoire
(figure 6), le volcanisme des Mamelles, avec la falaise de Popenguine, au Sénégal
(figure 7), le lac Monoun et la chute de Metche, au Cameroun (figure 8).
En Ethiopie, l'identification d'un certain nombre de géosites a été publiée sur
le géotourisme. Au Kenya, un inventaire des grottes, dans le cadre du projet du
géoparc du mont Suswa
(Sipitiek, 2011), est en cours.
~
Figure 6
La falaise de Fresco , en Côte
d 'Ivoire . Photos prises durant
la VJ' conférence de I 'AAWG
(Côte d 'Ivoire , 2010) .
© AAWG 1 AGN.
Figure 7
Le volcan isme récent
des Mamelles (A) et la
falaise de Popenguine
au Cap de Naze , au
Sénégal (8). Photos de
groupe de l 'excursion
post-workshop (C) ,
organisée par I 'AA WG et
I 'AGN (Sénégal , 2012).
© AAWG 1 AGN .
Inventaire : pourquoi ?
Figure 8 Le lac Monoun , lac volcanique dans la province nord-ouest du Cameroun
(A) , et son système de dègazage (8) et la chute de Metche au Cameroun
(C) . Photo de groupe de l 'excursion post-confèrence de la v1• confèrence
de I'AAWG (Cameroun , 2012) (0) .
© AAWG 1 AGN.
135
2.3 Géopatrimoine en Afrique australe
En Namibie, certains géosites ont été inventoriés dans le cadre du projet de géoparc
Gondwanaland. En Afrique du Sud, pays doté d'une riche histoire géologique qui
s'étend depuis 3,6 Ga jusqu'à l'Actuel (craton de Kaapvaal, bassin de Witwaterstand,
impact météoritique du dôme de Vredefort, complexe de Bushveld, bassin de Karoo
(Mukosi & Baglow, 2011)), un inventaire préliminaire a été effectué. Du point de vue
légi slation, le Gouvernement sud africain a établi le SAHRA (South african heritage
resources agency), dont le principe général est la promotion de la bonne gestion des
patrimoines de signification culturelle et d'une valeur particulière pour la commu-
nauté et pour les générations futures. Ces patrimoines sont considérés comme un
bien national, qui peut inclure des paysages et des éléments naturels d'une valeur
culturelle, des sites géologiques d'importance scientifique, des sites paléontologi- N
,....
0
ques et archéologiques, des objets d'Afrique du Sud collectés, incluant des matériaux N
et des objets archéologiques et paléontologiques, des météorites et de rares spéci-
mens géologiques, etc ...
i
~
@g@ ~ un lustre d'înventaire
en France ERRAMI et al.
Inventaire du géopatrimoine en Afrique
Madagascar, une île au sud-ouest de l'Océan l'indien et séparée du Continent
africain par le canal de Mozambique, a une géologie très variée, dont à peu près
les 2/3 de sa superficie sont formés d'un socle cristallin (roches magmatiques et
métamorphiques précambriennes) et l/3 de roches sédimentaires (Carbonifère
Supérieur- Actuel) et de dépôts volcaniques (Néogène - Pléistocène). Les activités
tectoniques, le volcanisme, le processus sédimentaire et l'érosion des formations
géologiques ont façonné le relief et les paysages du pays, lui conférant cette
riche géodiversité. Avec ses terrains splendides et variés, ses paysages, son décor
montagneux spectaculaire et son beau littoral, Madagascar possède un potentiel
géotouristique important.
Les connaissances actuelles à Madagascar sur les patrimoines géologiques sont
dispersées, mal connues et incomplètes, avec cependant l'existence de lois sur la
protection de l'environnement (biodiversité, etc ... ). Plusieurs aires protégées pré-
sentent des traits géologiques intéressants, mais, dans la plupart des cas, elles ne
sont pas incluses dans des plans de gestion ou de projets de conservation. Dans un
~ projet universitaire, les géosites importants seront proposés pour être inclus dans
les nouvelles catégories d'aires protégées, tels que paysages protégés (catégorie
IUCN v), monuments naturels (catégorie IUCN m) et réserves de ressources naturel-
les (catégorie IUCN vr), selon la « vision de Durban ».
L'inventaire officiel des géosites à Madagascar n'existe pas encore. Il n'y a aucune
stratégie structurée intégrant l'inventaire, la conservation, l'évaluation, l'interpré-
tation et la gestion des géosites. En dépit de cette lacune, le projet de recherche
progressive sur le géopatrimoine entrepris par les un iversitaires est sur la bon-
ne voie. Dans ce cadre, environ 90 géosites à intérêt scientifique, pédagogique
et touristique ont été répertoriés. La valorisation de certains sites pilotes est en
cours. Dans le secteur de Betioky, au sud de Madagascar, un site fossilifère, riche en
ammonites, est actuellement fonctionnel et peut être considéré comme géoparc
pilote. Une demande auprès du Madagascar national Parks est également en cours
pour faire d'une partie du parc national d'Isalo un géoparc pilote (Andrianaivo &
Ramasiarinoro, 2011). Malg ré certaines lacunes au niveau de la réalisation du pro-
jet, la démarche entreprise par l'Association africaine des femmes en géosciences
(AAWG) et le projet du Réseau africain des géoparcs (AGN) est actuellement sur la
bonne voie.
Inventaire : pourquoi ?
Ill. Discussion et conclusion
L'Association africaine des femmes en géosciences (AAWG) a créé, en 2009, le projet du
Réseau africain des géoparcs (AGN), dont l'objectif est la promotion et la sensibilisation
sur l'importance de l'inventaire du géopatrimoine en Afrique et la nécessité de sa
conservation et sa valorisation en vue d'un développement socio-économique local
par la création de géoparcs, de musées géologiques et de géoroutes. Les objectifs
majeurs de ce réseau sont : 1/ la réflexion sur la méthodologie de l'inventaire du
géopatrimoine et la création des géoparcs en tenant compte des spécificités socio-
culturelles et politiques de chaque pays africain ; 2/ la promotion et la sensibilisation
sur la nécessité de la protection et la valorisation du géopatrimoine africain auprès des
décideu rs et du grand public en Afrique, particulièrement les communautés locales
(géoparcs, réserves géologiques et musées géologiques), en vue d'un développement
socio-économique local durable ; 3/ la création de bases de données SIG, regroupant
les géosites exceptionnels en Afrique et les lois relatives au géopatrimoine existantes
dans les pays africains ; 4/ le renforcement des capacités des populations locales par
le travail en réseau, l'organisation de conférences, de séminaires, de symposiums, de
formations et d'ateliers de trava il. 137
Pour atteindre ses objectifs, I'AGN a nommé des représentants dans presque tous les
pays africains, et dans certains pays du Moyen-Orient, et a créé des groupes de travail
multidisciplinaires par pays, dont les premiers ont vu le jour en Côte d'Ivoire, au Sé-
négal, au Cameroun et au Maroc. Il a aussi organisé, avec I'AAWG et en collaboration
avec d'autres partenaires internationaux et locaux, une série d'activités, notamment
la première conférence internationale sur les géoparcs africains et arabes (El Jadida,
Maroc) (Errami et al. , 2012) et une série de tables rondes et d'ateliers de trava il en
Côte d'Ivoire, Sénégal, Cameroun. L'AAWG et I'AGN organisent en Ethiopie, en 2013,
une table ronde sur le géopatrimoine et les géoparcs comme outil de développement
socio-économique durable.
N
.,-
0
N
i
~
@Œ@ ~ un lustre d'inventaire
en France ERRAMI et al.
Inventaire du géopatrimoine en Afrique
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