Suj CorrPhiloA4+A1CD+G Bac2018 Tirés
Suj CorrPhiloA4+A1CD+G Bac2018 Tirés
« Selon qu’on insiste sur les droits politiques ou sur les droits civils, ce sont deux
modèles distincts de citoyenneté qui se dégagent. Le premier revient, avec Rousseau,
à faire consister la citoyenneté essentiellement dans l’exercice de la volonté
générale. Cela suppose une politisation intensive des consciences, une obligation
civique pour chacun de ne pas se désintéresser des affaires de l’Etat. Le citoyen doit
donc être éduqué à s’identifier à la communauté, à préférer sans cesse l’intérêt
général à ses intérêts particuliers. Le deuxième modèle définit surtout le citoyen par
l’exercice de sa liberté et de ses droits individuels. C’est moins alors l’implication
civique de chacun qui constitue sa citoyenneté que, au contraire, la capacité qu’a
l’Etat de laisser, sans s’en mêler les individus vaquer à leurs affaires privées. […]
La citoyenneté dans le monde démocratique contemporain, est confrontée à un
triple défi. Son exercice pâti tout d’abord d’une remise en question radicale du sens
de l’histoire. Notre siècle n’est pas en effet celui des catastrophes humaines inouïes
qui semblent ruiner l’idée même de progrès que nous avons hérité de la philosophie
des Lumières. Or, peut-on en tant que citoyen s’engager dans la vie sociale ou
politique sans croire que celle-ci est perfectible, sans croire à un avenir possible et
meilleur de l’humanité. De ce point de vue, il n’est pas faux de mettre en relation le
désenchantement, voir le nihilisme, engendré par l’histoire du XXe siècle avec la
crise de la citoyenneté et une certaine désaffection de la vie civique ».
LAURENCE HANSEN-LOVE
« La connaissance du réel est une lumière qui projette toujours quelque part des
ombres. Elle n’est jamais immédiate et pleine. Les révélations du réel sont toujours
récurrentes. Le réel n’est jamais ce qu’on pourrait croire, mais il est toujours ce
qu’on aurait dû penser. La pensée empirique est claire après coup, quand l’appareil
des raisons a été mis au point. En revenant sur un passé d’erreurs, on trouve la vérité
en un véritable repentir intellectuelle. En fait, on connait contre une connaissance
antérieure, en détruisant des connaissances mal faites, en surmontant ce qui, dans
l’esprit même, fait obstacle à la spiritualité.
La science dans son besoin d’achèvement comme dans son principe, s’oppose
absolument à l’opinion. S’il lui arrive sur un point particulier de légitimer l’opinion,
c’est pour d’autres raisons que celles qui fondent l’opinion ; de sorte que l’opinion a,
en droit, toujours tort. L’opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des
besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les
connaître. On ne peut rien fonder sur l’opinion : il faut d’abord la détruire. Elle est le
premier obstacle à surmonter. Il ne suffit pas par exemple, de la rectifier sur des
points particuliers, en maintenant, comme une sorte de morale provisoire, une
connaissance vulgaire provisoire. L’esprit scientifique nous interdit d’avoir une
opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous
ne savons pas formuler clairement. Avant tout, il faut savoir poser des problèmes. Et
quoi qu’on en dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d’eux –
mêmes. C’est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable
esprit scientifique. Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à
une question. S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir de connaissance
scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit ».
G. BACHELARD, La Formation de l’esprit scientifique
« Notre tâche (notre ici, représente le philosophe africain) se précise donc ainsi :
nous avons à nous affirmer dans le monde actuel ; nous, séculairement assis dans la nuit
de l’inanité, nous avons à nous redresser de toute notre stature d’hommes ; nous, depuis
si longtemps affairés au service ; nous dont l’autre a si longuement disposé, nous devons
rentrer dans la disposition de nous-mêmes. Et naturellement la décision de nous assumer,
de nous affirmer, d’être fier (nous jusqu’ici si humiliés et si humbles), est en même
temps décision d’assumer notre passé, de le valoriser et d’en être fier. Seulement, une
telle décision, pour autant qu’elle veut introduire une révolution radicale dans notre
condition actuelle, exige pour aboutir une rupture elle aussi radicale avec notre passée,
puisque cette condition provient rigoureusement et incontestablement de ce passé. La
volonté d’être-soi conduit immédiatement à la fière reprise en charge du passé, parce que
l’essence du soi n’est que le résultat du passé du soi ; mais le passé lucidement et
froidement interrogé et scruté atteste que l’assujettissement présent trouve son
explication dans la provenance de l’essence du soi, c’est-à-dire dans le passé du soi, et
nulle par ailleurs. Révolutionner la condition présent du soi signifie donc en même temps
révolutionner l’essence en soi, ce que le soi a en propre, ce qu’il a d’original et d’unique,
entrer dans un rapport négatif avec le soi.»
Marcien Towa
Examen : Baccalauréat
Session : 2018
Corrigé : Philosophie Série : A1 A2 A4 C D G Stc Sti
Coeff. : 4 5 2 2 1
Nbr pages : 6 Durée : 4 4 4 4 4
Série A4 : Orientations pour la correction
Série A4 : Orientation pour la correction
Nous proposons ici des orientations pour la correction des trois sujets proposés dans cette série, et non une correction type. Il
va sans dire que le jury de correction conserve la latitude, moyennant le débat habituel, d’affiner ces directives pour arrêter un
plan qu’il jugera être à la mesure du candidat moyen.
Esquisse de plan :
A) Le candidat peut commencer son propos en montrant que toute politique est avant tout une lutte pour le pouvoir. Pour
expliciter cette idée, il peut définir déjà la politique comme l’organisation de la « polis » ou la cité. Elle sera
l’ensemble des moyens, des stratégies ou des démagogies permettant à un individu ou à un parti politique de parvenir
au pouvoir afin de gérer les affaires publiques ou de gouverner. Dans un sens où elle se présente comme un effort
pour chaque citoyen de parvenir au pouvoir, la politique sera l’affaire de tous, en témoigne l’organisation des votes.
Chaque parti déploie d’énormes moyens et ne ménage aucun effort pour faire élire son candidat ou avoir la majorité
des élus, bref pour avoir le pouvoir. Ceux qui sont battus vont rester dans l’opposition et préparent l’alternance dans
les prochaines échéances : c’est une lutte pour le pouvoir. Ceux qui sont au pouvoir, vont chercher à le garder
indéfiniment, et c’est là que des dérives autoritaires, dictatoriales peuvent apparaître. Ce qui va dénaturer la politique
dans le sens où ceux qui gouvernent ne vont penser qu’à eux et à leurs proches. Le candidat peut éventuellement
interpeller ici Hobbes qui montre dans son Léviathan que la politique devient un jeu dangereux, puisque chacun
déploiera ses forces pour le pouvoir. Il peut montrer qu’il y a un rapport entre politique et pouvoir : si le pouvoir est
l’autorité qui est censé gouverné la société, la politique serait les moyen pour y parvenir. Dans cette approche,
l’essence de la politique est selon l’Italien Machiavel une lutte, un affrontement idéologique ou tout simplement un
combat permettant aux partis politiques de parvenir au pouvoir.
B) Dans une deuxième approche, il aura à nuancer ce qui vient d’être dit, en montrant que la politique ne se réduit pas à
une lutte pour avoir ou garder le pouvoir. La politique comme la conçoit Aristote a comme objectif, le bonheur
social. Autrement dit, gouverner un pays, c’est chercher les voies et moyens susceptibles de garantir la sécurité, la
paix, la stabilité et la cohésion sociale. Elle sera un effort pour l’autorité d’imposer l’ordre politique social (la
stabilité et la paix), d’assurer l’harmonie sociale. Dans cette démarche, ceux qui gouvernent ne doivent pas songer à
leurs seuls et uniques intérêts personnels, mais doivent œuvrer pour l’intérêt collectif. Dans cette perspective, la
politique est l’ensemble des moyens ou stratégies permettant à un pouvoir de gouverner. Elle devient un moyen de
réaliser l’intégration de tous les individus dans la communauté, comme l’estime Duverger. Pour cela, l’essence de la
politique n’est autre que l’organisation de la vie individuelle et sociale. Vue dans cet angle, la politique est pôle de
développement, puisqu’elle est un champ de réflexion théorique consistant à avoir des projets réalistes et domaine
d’action qui permet de réaliser les projets pour le développement du pays. Il appartiendra aux détenteurs du pouvoir
d’organiser la société, de structurer les institutions en réalisant des projets de développement. En d’autres termes, si
la politique se veut être la technique de gestions des affaires sociales, Rousseau, après Kant et Platon, montrera que
toute politique et l’exercice du pouvoir sont liés à la morale. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il démontre que le
pouvoir doit être confié à un homme éduqué, vertueux qui sera animé par la volonté de conduire sa société et son
peuple au développement.
C) Dans un dernier temps, le candidat peut démontrer les conséquences négatives d’une politique basée sur la seule
compétition du pouvoir (le désordre, la violence, l’instabilité politique, la délinquance, la corruption et la pauvreté) :
Duverger a montré que si les pays africains restent dans la pauvreté, c’est tout simplement parce que leurs autorités
conçoivent la politique dans son sens négatif (la lutte ou combat idéologique pour le but de rester longtemps que
possible au pouvoir, en vue de s’enrichir derrière les dos des citoyens). Il peut tenter faire une sorte de synthèse sur la
problématique, d’une manière positive, en montrant que même si l’essence de la politique reste une lutte pour le
pouvoir ; cette lutte en soi n’est pas négative, comme le confirme Hegel ; elle doit, au contraire, être motivée par des
bonnes intentions et une initiative de servir et de se soumettre à la volonté générale. En effet, même si vous avez des
bonnes intentions politiques, mais il faudra d’abord convaincre le peuple afin que vous soyez élus. Bref, ce n’est pas
la lutte en soi pour le pouvoir qui est négatif, mais plutôt le projet politique du lutteur.
Baccalauréat, session 2018. Corrigé : Philo A4, A1CD & G Page : 1/6
Sujet n°2 : Communiquer, est-ce vraiment se faire comprendre ?
Analyse : Sujet classique qui se rapporte à la nature du langage, en ce sens qu’il s’inscrit sur la fonction principale du
langage qui n’est rien d’autre que la communication. Communiquer suppose la vie en groupe, ou la présence de deux
êtres qui échangent des informations : il s’agit de l’émetteur qui transmet le message et le récepteur qui le reçoit et
cherche à le comprendre. La question a sa valeur d’être, car ce n’est pas parce qu’on transmet un message ou
communique, qu’on se fait comprendre par le récepteur (par l’autre), sinon il n’y aurait ni mal entendu ni crise dans nos
relations interindividuelles. Il faut noter ici que la possibilité d’une compréhension mutuelle peut ne pas dépendre du
langage directement ; mais à d’autres facteurs qui dépendent, pour les animaux de type de l’espèce, et pour les humains,
des habitudes et des expériences communes : si le langage est un ensemble de signes et de gestes, comprendre les gestes
de l’autre dépend des habitudes. Alors, à travers un tel sujet, le candidat pourrait reformuler une problématique qui
s’articule ainsi : Que faire pour se faire comprendre par l’autre ? Quels sont les moyens de communication qui
permettraient de transmettre des messages ou échanger des informations ? Parler la même langue, est-ce nécessairement
se comprendre ? Toute communication implique nécessairement compréhension ? Si tel était le cas, pourquoi des
individus qui parlent la même langue et expriment les mêmes mots n’arrivent pas à se comprendre ? Est-ce que le
langage nous octroie un monde commun, comme l’estime Aristote ? autant de questions qui permettraient au candidat
de reformuler une argumentation solide pour traiter un tel sujet. On ne demande pas au candidat de réciter son cours sur
les fonctions du langage ; mais essayer à travers son cours, élaborer une analyse argumentative permettant de répondre à
cette question du rapport entre la communication et la compréhension.
Esquisse de plan :
A) Le candidat peut commencer ses analyses en proposant une définition générale du langage qui lui permettra de
démontrer que la communication reste la fonction essentielle du langage. D’ailleurs, le langage se veut être un
ensemble de signes, de gestes et de symboles permettant à des êtres de communiquer. Partant de cette
définition, on remarque le langage demeure la source des rapports interindividuels et des relations entre les êtres
vivant en groupe, animal comme humain. Mais pour les humains surtout, vivre ensemble, c’est se communiquer
des idées, se parler et se transmettre des messages. Au passage, le candidat peut éventuellement montrer que les
animaux communiquent aussi bien que les hommes ; puis expliquer que chacun de ces êtres possède son
système de langage ou de communication : les cris des animaux, leurs danses, par exemple, seront autant de
systèmes de communication, comme la parole et l’écriture chez l’homme.
Le candidat aura la possibilité de commencer ses analyses en montrant directement que la communication suppose
la présence de deux êtres : l’émetteur qui transmet le message et le récepteur qui le reçoit. D’une manière naturelle,
les animaux de même espèce se comprennent, car ils partagent non seulement les mêmes signes ; mais surtout les
mêmes habitudes et les mêmes expériences. Dans cette approche, la question de la compréhension ne sera pas
posée. Il peut s’appuyer des expériences de l’Allemand Karl Von Frisch sur les abeilles pour développer cette
théorie de partage des mêmes habitudes pour les animaux, afin de démontrer que la compréhension se fait d’une
manière naturelle.
B) Dans un deuxième temps, il peut pousser ses analyses un peu plus loin en démontrant que si la communication
suppose échange des informations, cela implique que le récepteur qui reçoit le message possède la capacité de
le donner sens. Or, il s’avère que l’homme est le seul être capable de signifier. Autrement dit, l’idée de la
communication renvoie à un autre concept qui est celui de la compréhension. Mais, par quel moyen l’homme
communique ? Si le langage se veut un système de transmission de message volontaire et consciente, alors
l’homme communique à travers plusieurs moyens : au-delà des signes, des gestes et des symboles, l’homme
communique à travers des outils propres à lui, à savoir la parole et l’écriture. Il est le seul être capable de
dialoguer, d’exprimer des mots. Il n’y a pas chez les animaux la possibilité de dialogue ou d’échange des
informations. Seulement, il faut retenir que ce n’est pas parce qu’on parle la même langue, ou qu’on prononce
les mêmes mots qu’on est tenu de se comprendre. En d’autres termes, la langue permet de communiquer, mais
non pas de se comprendre forcément ; sinon les relations interindividuelles n’allaient pas se détériorer au fur et
à mesure. Le candidat peut éventuellement interpeller ici Nietzsche qui explique que : « Il ne suffit pas, pour se
comprendre mutuellement, d’employer les mêmes mots ». Il peut prendre des exemples concrets dans les
relations internationales, en expliquant que souvent les diplômâtes parlent la même langue ; or ils vivent dans
des divergences ; et par conséquent, ne se comprennent pas souvent. La question est de savoir, qu’est-ce qui
permet aux hommes de se comprendre ?
C) C’est dans cette troisième partie, s’il suit cette démarche progressive, qu’il va proposer certains indices
permettant aux hommes de se comprendre. Souvent, c’est l’expérience commune qui rend possible la
compréhension. Cela peut être un vécu ordinaire ou quotidien, comme dans les relations amoureuses ou
politiques. D’une manière générale, si on n’a pas les mêmes vécus, on n’arrive pas à saisir l’autre. C’est pour
cela que chez certains penseurs, notamment Nietzsche et Husserl, la compréhension repose sur la sensibilité, sur
l’appartenance au même groupe. Mais, Husserl va plus loin que Nietzsche, lorsqu’il montre que la
compréhension repose sur l’attention que l’on apporte sur l’autre. Par contre Hegel montrera le contraire, en
expliquant que parce que nous ressentons les mêmes émotions que chacun tentera de tracer son chemin : nous
vivons un monde de compétition, c’est pour cela que je ne chercherai pas à partager ou à comprendre l’autre.
Baccalauréat, session 2018. Corrigé : Philo A4, A1CD & G Page : 2/6
Sujet n° 3 : Etude de texte
« Selon qu’on insiste sur les droits politiques ou sur les droits civils, ce sont deux modèles distincts de citoyenneté qui se
dégagent. Le premier revient, avec Rousseau, à faire consister la citoyenneté essentiellement dans l’exercice de la volonté
générale. Cela suppose une politisation intensive des consciences, une obligation civique pour chacun de ne pas se
désintéresser des affaires de l’Etat. Le citoyen doit donc être éduqué à s’identifier à la communauté, à préférer sans cesse
l’intérêt général à ses intérêts particuliers. Le deuxième modèle définit surtout le citoyen par l’exercice de sa liberté et de ses
droits individuels. C’est moins alors l’implication civique de chacun qui constitue sa citoyenneté que, au contraire, la capacité
qu’a l’Etat de laisser, sans s’en mêler les individus vaquer à leurs affaires privées. […]
La citoyenneté dans le monde démocratique contemporain, est confrontée à un triple défi. Son exercice pâti tout d’abord
d’une remise en question radicale du sens de l’histoire. Notre siècle n’est pas en effet celui des catastrophes humaines inouïes
qui semblent ruiner l’idée même de progrès que nous avons hérité de la philosophie des Lumières. Or, peut-on en tant que
citoyen s’engager dans la vie sociale ou politique sans croire que celle-ci est perfectible, sans croire à un avenir possible et
meilleur de l’humanité. De ce point de vue, il n’est pas faux de mettre en relation le désenchantement, voir le nihilisme,
engendré par l’histoire du XXe siècle avec la crise de la citoyenneté et une certaine désaffection de la vie civique ».
Thème : Ce texte de Laurence Hansen-love soulève la thématique de la citoyenneté moderne : les deux dimensions du citoyen
dans la société démocratique moderne. Le candidat peut dégager comme thème principal, les caractéristiques du citoyen moderne,
ou les deux modèles de citoyenneté ou bien les différents défis rencontrés par le citoyen moderne. Certains d’autres candidats
prendront le concept citoyenneté comme thème. En toute sincérité, n’importe quelle expression qu’il choisira pour reformuler le
thème, il est dans le texte. Mais il appartient toujours au jury d’apprécier.
Problème/ Enjeu du texte : Quels sont les différents modèles de citoyenneté que propose la société démocratique moderne ?
Sinon, qu’est-ce qui caractérise la citoyenneté moderne ? Ou bien, quels sont les défis que le citoyen rencontre dans nos Etats
démocratiques modernes ?
Thèse : D’abord, chez ce penseur, on ne peut pas parler de citoyen que dans un Etat démocratique : ce citoyen quelque soit son
modèle jouit des droits politiques lui permettant de s’occuper des affaires de son Etat, et des droits civils lui conduisant d’exercer sa
liberté pour ses affaires individuelles. Dans ce cas, il faut qu’il soit éduqué pour qu’il arrive à faire face aux différents défis du
temps moderne.
Mouvement du texte : Selon les dispositions des paragraphes, le candidat peut distinguer deux (2) axes d’argumentation qui
appuient et justifient cette thèse :
Axe 1 : détermine les caractéristiques du citoyen moderne (L1-L9)
Axe 2 : explicite les différents défis qu’affronte le citoyen dans la société démocratique moderne (L 10-L17).
Intérêt/leçon philosophique : ce texte pose un problème fondamental de la société démocratique moderne qui n’est rien d’autre
que la citoyenneté. Le citoyen ne se reconnait pas à partir de ses origines sociales, sa race ou sa place dans la société ; mais se
définit à partir des principes de droits (civils et politiques). Chez ce penseur, au-delà de la jouissance de ses droits, le citoyen
moderne est confronté à des défis. C’est pour cette raison qu’il doit au préalable être éduqué.
Le candidat doit reformuler une argumentation à travers ce problème de l’éducation du citoyen, en montrant ses avantages : une fois
éduqué, le citoyen s’engagera à la vie politique sans oublier ses affaires privées ; mais surtout, il arrivera à faire face aux
vicissitudes de la vie ou aux problèmes que pose la société moderne. Il peut interpeller ici Platon et Rousseau pour montrer
l’importance de l’éducation.
Il peut dans un deuxième angle, dépasser cette thèse, en montrant que si c’est l’éducation qui fonde la citoyenneté moderne, alors il
n’y aura pas une différence entre ce type de citoyen et celui de l’antiquité grecque. Et, il peut éventuellement se référer à Aristote.
Sinon, démontrer que même le citoyen antique avait des défis à relever aussi, même si les problèmes varient d’une période à une
autre. Même dans la société antique, la citoyenneté se construit dans un Etat démocratique, un Etat où l’individu jouit de ses libertés
fondamentales.
Baccalauréat, session 2018. Corrigé : Philo A4, A1CD & G Page : 5/6
Sujet n°2 : La violence de l’Etat est-elle indispensable pour la liberté des citoyens ?
Analyse : Le candidat est convié ici à s’interroger sur le concept de la violence en politique. Une violence qui est rattachée ici
à la notion de liberté citoyenne. . Il doit cependant faire attention car en aucun cas, les notions ne peuvent être traitées
séparément. Ce n’est pas une dissertation ni sur la violence en soi, ni sur la politique singulièrement ni sur la liberté tout
court. L’essence de la question repose donc sur le rapport « violence de l’Etat » et « liberté des citoyens ». De-là, toute la
difficulté consiste à savoir si la violence est en elle-même synonyme de perte de liberté. Et qu’en est-elle en politique ? Son
analyse doit l’amener à démontrer les deux facettes de la violence en politique où, on peut rencontrer une violence légitime et
donc gage de liberté civile et une violence violente, hors la loi et qui confisque les libertés individuelles
Esquisse de plan :
A) Le candidat peut commencer le travail par l’explicitation des notions en présence pour pouvoir ensuite montrer les
relations qu’elles entretiennent… Il peut débutait l’analyse en montrant la nature négative de la violence. Ici, il se
réfère à la racine « viol » qui implique tout écart envers une règle établie. Par conséquent, si l’Etat emploie la
violence en dehors du cadre juridique, juste pour satisfaire les intérêts de l’appareil au pouvoir, ce genre de violence
annihile les libertés individuelles. Il peut illustrer son propos en évoquant les systèmes absolutiste, totalitariste ou
tout simplement dictatorial..
B) Dans une deuxième approche, il aura à nuancer ce qui vient d’être dit, en montrant que l’Etat peut dans une certaine
mesure employer la violence, et cela pour la liberté des citoyens. Ici, il peut faire intervenir Machiavel avec la
fameuse expression que lui-même n’a jamais prononcé qui résume sa pensée politique : « la fin justifie les moyens ».
En effet, si une partie des citoyens menacent la paix, la stabilité, la liberté civile…, et que la loi s’avère incapable de
ramener l’ordre, l’Etat sera en droit d’user de la violence pour le bonheur social. Mais dans tous les cas, c’est cette
même loi qui doit autoriser l’emploie de la force et non des singuliers individus. Ce sera une violence légitime et
gage de liberté…
C) Dans tous les cas, l’exercice du pouvoir dans un pays n’est autre chose que l’implication de la loi et de la force.
Autrement dit, un Etat doit être à la fois de droit, c’est-à-dire veiller au respect des libertés individuelles par
l’application impartiale de la loi ; mais aussi savoir user de la force dans le cas échéant : telles sont les attitudes du
renard et du lion qu’un prince doit avoir suivant Machiavel. Bref, la violence ne peut être un instrument politique que
si et seulement si, elle est faite pour le bonheur de tous et non pour museler les citoyens…
Thème : Ce texte de Marcien Towa se rapporte à la tâche principale du philosophe africain aujourd’hui. Il pourrait considérer
aussi que le thème est la mission du penseur africain.
Enjeu/ Problème philosophique soulevé : Quelle est la tâche du philosophe africain aujourd’hui ? Le penseur noir a-t-il une
mission à accomplir ?
Thèse : Selon Marcien Towa, le philosophe africain doit s’affirmer dans le monde ; et cela, ne peut pas être possible s’il
n’assume pas son passé d’abord, sans la nier, puis le dépasser, puisque ce passé ne doit pas être un obstacle pour projeter
l’avenir : tel est ce que l’auteur appelle dans ses propres mots « révolution ». Il y a chez ce penseur une double révolution ; la
première celle qui consiste à dépasser le passé, la seconde est celle qui permet à affirmer l’essence du soi.
Mouvement du texte : On peut distinguer trois (3) axes de réflexion qui appuient et justifient cette thèse :
Axe1 : Présente cette tâche principale que le penseur noir doit s’assigner : s’affirmer dans le monde actuel, en
redressant sa stature d’homme tout en assumant son passé (L1-L6) ;
Axe2 : Il montre la voie à suivre pour aboutir à cette mission : la première révolution est de faire une rupture avec le
passé sans le nier. (L7-L9) ;
Axe3 : Il démontre que l’essence du soi se confirme dans le résultat du passé : telle est le sens de la seconde
Révolution. (L9-L15).
Intérêt/leçon philosophique : En voulant étudier la tâche ou la mission principale que le philosophe africain doit se donner,
Marcien Towa a voulu montré, à travers ces lignes que le passé ne doit pas être un obstacle pour tracer son avenir. S’il veut
évoluer, l’homme doit, d’abord, assumer son passé, ensuite le dépasser sans le nier, pour qu’enfin, il projette son avenir pour
qu’il détermine l’essence du soi.
Le candidat doit reformuler une argumentation à travers ce problème de la confirmation du soi par rapport à son passé.
Eventuellement, peut interpeller Sartre sur cette question de la responsabilité de nos actes. Pour ce penseur, l’homme doit
assumer ses actes, son passé pour confirmer sa liberté.
Il peut dans un deuxième temps dépasser cette thèse en montrant que l’individu n’est pas responsable du passé de sa race.
Baccalauréat, session 2018. Corrigé : Philo A4, A1CD & G Page : 6/6