0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
312 vues9 pages

Suj CorrPhiloA4+A1CD+G Bac2018 Tirés

L'examen de philosophie pour le baccalauréat des Comores propose trois sujets aux candidats. Le document présente les consignes de l'épreuve ainsi que les trois sujets possibles pour la série A4.

Transféré par

msambihafils
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOC, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
312 vues9 pages

Suj CorrPhiloA4+A1CD+G Bac2018 Tirés

L'examen de philosophie pour le baccalauréat des Comores propose trois sujets aux candidats. Le document présente les consignes de l'épreuve ainsi que les trois sujets possibles pour la série A4.

Transféré par

msambihafils
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOC, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

UNION DES COMORES Examen : Baccalauréat

MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE Session : 2018


Série : A1 A2 A4 C D G Stc Sti
Epreuve : Philosophie
Coeff. : 5
Nbr pages : 1 Durée : 4

Le candidat traitera l’un des trois sujets suivants :

Sujet 1 : La politique est-elle essentiellement une lutte pour le pouvoir ?

Sujet 2 : Communiquer, est-ce vraiment se faire comprendre ?

Sujet 3 : Expliquer le texte ci-dessous.

« Selon qu’on insiste sur les droits politiques ou sur les droits civils, ce sont deux
modèles distincts de citoyenneté qui se dégagent. Le premier revient, avec Rousseau,
à faire consister la citoyenneté essentiellement dans l’exercice de la volonté
générale. Cela suppose une politisation intensive des consciences, une obligation
civique pour chacun de ne pas se désintéresser des affaires de l’Etat. Le citoyen doit
donc être éduqué à s’identifier à la communauté, à préférer sans cesse l’intérêt
général à ses intérêts particuliers. Le deuxième modèle définit surtout le citoyen par
l’exercice de sa liberté et de ses droits individuels. C’est moins alors l’implication
civique de chacun qui constitue sa citoyenneté que, au contraire, la capacité qu’a
l’Etat de laisser, sans s’en mêler les individus vaquer à leurs affaires privées. […]
La citoyenneté dans le monde démocratique contemporain, est confrontée à un
triple défi. Son exercice pâti tout d’abord d’une remise en question radicale du sens
de l’histoire. Notre siècle n’est pas en effet celui des catastrophes humaines inouïes
qui semblent ruiner l’idée même de progrès que nous avons hérité de la philosophie
des Lumières. Or, peut-on en tant que citoyen s’engager dans la vie sociale ou
politique sans croire que celle-ci est perfectible, sans croire à un avenir possible et
meilleur de l’humanité. De ce point de vue, il n’est pas faux de mettre en relation le
désenchantement, voir le nihilisme, engendré par l’histoire du XXe siècle avec la
crise de la citoyenneté et une certaine désaffection de la vie civique ».
LAURENCE HANSEN-LOVE

Baccalauréat, session 2018. Epreuve Philo A4 Page : 1/1

UNION DES COMORES Examen : Baccalauréat


MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE Session : 2018
Série : A1 A2 A4 C D G Stc Sti
Epreuve : Philosophie
Coeff. : 4 2 2
Nbr pages : 1 Durée : 4 4 4

Le candidat traitera l’un des trois sujets suivants :

Sujet 1 : La désobéissance civile est-elle un droit démocratique ?

Sujet 2 : Le travail est-il à l’origine des inégalités sociales ?

Sujet 3 : Expliquer le texte ci-dessous.

« La connaissance du réel est une lumière qui projette toujours quelque part des
ombres. Elle n’est jamais immédiate et pleine. Les révélations du réel sont toujours
récurrentes. Le réel n’est jamais ce qu’on pourrait croire, mais il est toujours ce
qu’on aurait dû penser. La pensée empirique est claire après coup, quand l’appareil
des raisons a été mis au point. En revenant sur un passé d’erreurs, on trouve la vérité
en un véritable repentir intellectuelle. En fait, on connait contre une connaissance
antérieure, en détruisant des connaissances mal faites, en surmontant ce qui, dans
l’esprit même, fait obstacle à la spiritualité.
La science dans son besoin d’achèvement comme dans son principe, s’oppose
absolument à l’opinion. S’il lui arrive sur un point particulier de légitimer l’opinion,
c’est pour d’autres raisons que celles qui fondent l’opinion ; de sorte que l’opinion a,
en droit, toujours tort. L’opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des
besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les
connaître. On ne peut rien fonder sur l’opinion : il faut d’abord la détruire. Elle est le
premier obstacle à surmonter. Il ne suffit pas par exemple, de la rectifier sur des
points particuliers, en maintenant, comme une sorte de morale provisoire, une
connaissance vulgaire provisoire. L’esprit scientifique nous interdit d’avoir une
opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous
ne savons pas formuler clairement. Avant tout, il faut savoir poser des problèmes. Et
quoi qu’on en dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d’eux –
mêmes. C’est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable
esprit scientifique. Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à
une question. S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir de connaissance
scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit ».
G. BACHELARD, La Formation de l’esprit scientifique

Baccalauréat, session 2018. Epreuve Philo A1, C & D Page : 1/1

UNION DES COMORES Examen : Baccalauréat


MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE Session : 2018
Série : A1 A2 A4 C D G Stc Sti
Epreuve : Philosophie
Coeff. : 1
Nbr pages : 1 Durée : 4

Le candidat traitera l’un des trois sujets suivants :

Sujet 1 : Peut-on considérer le travail comme une sanction divine ?

Sujet 2 : La violence de l’Etat est-elle indispensable pour la liberté des citoyens ?

Sujet 3 : Expliquer le texte ci-dessous.

« Notre tâche (notre ici, représente le philosophe africain) se précise donc ainsi :
nous avons à nous affirmer dans le monde actuel ; nous, séculairement assis dans la nuit
de l’inanité, nous avons à nous redresser de toute notre stature d’hommes ; nous, depuis
si longtemps affairés au service ; nous dont l’autre a si longuement disposé, nous devons
rentrer dans la disposition de nous-mêmes. Et naturellement la décision de nous assumer,
de nous affirmer, d’être fier (nous jusqu’ici si humiliés et si humbles), est en même
temps décision d’assumer notre passé, de le valoriser et d’en être fier. Seulement, une
telle décision, pour autant qu’elle veut introduire une révolution radicale dans notre
condition actuelle, exige pour aboutir une rupture elle aussi radicale avec notre passée,
puisque cette condition provient rigoureusement et incontestablement de ce passé. La
volonté d’être-soi conduit immédiatement à la fière reprise en charge du passé, parce que
l’essence du soi n’est que le résultat du passé du soi ; mais le passé lucidement et
froidement interrogé et scruté atteste que l’assujettissement présent trouve son
explication dans la provenance de l’essence du soi, c’est-à-dire dans le passé du soi, et
nulle par ailleurs. Révolutionner la condition présent du soi signifie donc en même temps
révolutionner l’essence en soi, ce que le soi a en propre, ce qu’il a d’original et d’unique,
entrer dans un rapport négatif avec le soi.»
Marcien Towa

Baccalauréat, session 2018. Epreuve Philo G Page : 1/1

Examen : Baccalauréat
Session : 2018
Corrigé : Philosophie Série : A1 A2 A4 C D G Stc Sti
Coeff. : 4 5 2 2 1
Nbr pages : 6 Durée : 4 4 4 4 4
Série A4 : Orientations pour la correction
Série A4 : Orientation pour la correction
Nous proposons ici des orientations pour la correction des trois sujets proposés dans cette série, et non une correction type. Il
va sans dire que le jury de correction conserve la latitude, moyennant le débat habituel, d’affiner ces directives pour arrêter un
plan qu’il jugera être à la mesure du candidat moyen.

Sujet n°1 : La politique est-elle essentiellement une lutte pour le pouvoir ?


Analyse : Le candidat est convié ici à s’interroger sur l’essence même de la politique en rapport avec le pouvoir, une relation
nécessaire. Autrement dit, il doit s’interroger sur les deux dimensions de la politique : d’un côté, la politique se rapporte à
l’action, puisqu’elle se veut être la technique de gestion des affaires publiques ; de l’autre, elle se présente comme la quête du
pouvoir. Alors, il ne s’agit pas ici de réciter d’une manière pure et simple son cours sur la politique ; non plus la manière de
conquérir le pouvoir, mais d’opérer un raisonnement critique sur l’essence même de la politique dans toutes ses dimensions.
L’adverbe « essentiellement » a sa valeur ici, car l’opinion commune a fait de la politique un combat pour parvenir au
pouvoir et à la fois moyen de se maintenir au pouvoir, longtemps que possible. Il est question de savoir s’il ne fallait pas
concevoir la politique sous un autre angle que sur la volonté sans failles de conquérir le pouvoir à tout prix. Ce qui doit
l’amener à s’interroger sur les tâches et les missions de l’art politique. Pour cela, on demande au candidat de montrer si la
politique, déterminée en tant qu’organisation de la « polis », des affaires sociales, se résume à une lutte pour le pouvoir. Il
fallait se demander entre autres, si le but de la politique ou son essence ne serait autre chose que l’exercice du pouvoir. Le
candidat peut reformuler une problématique comme celle-ci : Quel est le but principal de la politique ? Est-elle un moyen
pour s’enrichir derrière les dos des citoyens ? Si tel était le cas, quel serait la tâche principale du pouvoir qui dirige ? Sinon,
L’autorité qui gouverne n’a-t-il pas des devoirs envers le peuple ? Si la politique se résume à un jeu de pouvoir, ne risquons-
nous pas d’aboutir à une dictature ou à des situations d’instabilités récurrentes ? Ou bien si chaque citoyen peut conquérir le
pouvoir, la politique ne serait-elle pas elle-même un jeu dangereux, source de discorde, d’instabilité ?

Esquisse de plan :
A) Le candidat peut commencer son propos en montrant que toute politique est avant tout une lutte pour le pouvoir. Pour
expliciter cette idée, il peut définir déjà la politique comme l’organisation de la « polis » ou la cité. Elle sera
l’ensemble des moyens, des stratégies ou des démagogies permettant à un individu ou à un parti politique de parvenir
au pouvoir afin de gérer les affaires publiques ou de gouverner. Dans un sens où elle se présente comme un effort
pour chaque citoyen de parvenir au pouvoir, la politique sera l’affaire de tous, en témoigne l’organisation des votes.
Chaque parti déploie d’énormes moyens et ne ménage aucun effort pour faire élire son candidat ou avoir la majorité
des élus, bref pour avoir le pouvoir. Ceux qui sont battus vont rester dans l’opposition et préparent l’alternance dans
les prochaines échéances : c’est une lutte pour le pouvoir. Ceux qui sont au pouvoir, vont chercher à le garder
indéfiniment, et c’est là que des dérives autoritaires, dictatoriales peuvent apparaître. Ce qui va dénaturer la politique
dans le sens où ceux qui gouvernent ne vont penser qu’à eux et à leurs proches. Le candidat peut éventuellement
interpeller ici Hobbes qui montre dans son Léviathan que la politique devient un jeu dangereux, puisque chacun
déploiera ses forces pour le pouvoir. Il peut montrer qu’il y a un rapport entre politique et pouvoir : si le pouvoir est
l’autorité qui est censé gouverné la société, la politique serait les moyen pour y parvenir. Dans cette approche,
l’essence de la politique est selon l’Italien Machiavel une lutte, un affrontement idéologique ou tout simplement un
combat permettant aux partis politiques de parvenir au pouvoir.
B) Dans une deuxième approche, il aura à nuancer ce qui vient d’être dit, en montrant que la politique ne se réduit pas à
une lutte pour avoir ou garder le pouvoir. La politique comme la conçoit Aristote a comme objectif, le bonheur
social. Autrement dit, gouverner un pays, c’est chercher les voies et moyens susceptibles de garantir la sécurité, la
paix, la stabilité et la cohésion sociale. Elle sera un effort pour l’autorité d’imposer l’ordre politique social (la
stabilité et la paix), d’assurer l’harmonie sociale. Dans cette démarche, ceux qui gouvernent ne doivent pas songer à
leurs seuls et uniques intérêts personnels, mais doivent œuvrer pour l’intérêt collectif. Dans cette perspective, la
politique est l’ensemble des moyens ou stratégies permettant à un pouvoir de gouverner. Elle devient un moyen de
réaliser l’intégration de tous les individus dans la communauté, comme l’estime Duverger. Pour cela, l’essence de la
politique n’est autre que l’organisation de la vie individuelle et sociale. Vue dans cet angle, la politique est pôle de
développement, puisqu’elle est un champ de réflexion théorique consistant à avoir des projets réalistes et domaine
d’action qui permet de réaliser les projets pour le développement du pays. Il appartiendra aux détenteurs du pouvoir
d’organiser la société, de structurer les institutions en réalisant des projets de développement. En d’autres termes, si
la politique se veut être la technique de gestions des affaires sociales, Rousseau, après Kant et Platon, montrera que
toute politique et l’exercice du pouvoir sont liés à la morale. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il démontre que le
pouvoir doit être confié à un homme éduqué, vertueux qui sera animé par la volonté de conduire sa société et son
peuple au développement.
C) Dans un dernier temps, le candidat peut démontrer les conséquences négatives d’une politique basée sur la seule
compétition du pouvoir (le désordre, la violence, l’instabilité politique, la délinquance, la corruption et la pauvreté) :
Duverger a montré que si les pays africains restent dans la pauvreté, c’est tout simplement parce que leurs autorités
conçoivent la politique dans son sens négatif (la lutte ou combat idéologique pour le but de rester longtemps que
possible au pouvoir, en vue de s’enrichir derrière les dos des citoyens). Il peut tenter faire une sorte de synthèse sur la
problématique, d’une manière positive, en montrant que même si l’essence de la politique reste une lutte pour le
pouvoir ; cette lutte en soi n’est pas négative, comme le confirme Hegel ; elle doit, au contraire, être motivée par des
bonnes intentions et une initiative de servir et de se soumettre à la volonté générale. En effet, même si vous avez des
bonnes intentions politiques, mais il faudra d’abord convaincre le peuple afin que vous soyez élus. Bref, ce n’est pas
la lutte en soi pour le pouvoir qui est négatif, mais plutôt le projet politique du lutteur.

Baccalauréat, session 2018. Corrigé : Philo A4, A1CD & G Page : 1/6
Sujet n°2 : Communiquer, est-ce vraiment se faire comprendre ?
Analyse : Sujet classique qui se rapporte à la nature du langage, en ce sens qu’il s’inscrit sur la fonction principale du
langage qui n’est rien d’autre que la communication. Communiquer suppose la vie en groupe, ou la présence de deux
êtres qui échangent des informations : il s’agit de l’émetteur qui transmet le message et le récepteur qui le reçoit et
cherche à le comprendre. La question a sa valeur d’être, car ce n’est pas parce qu’on transmet un message ou
communique, qu’on se fait comprendre par le récepteur (par l’autre), sinon il n’y aurait ni mal entendu ni crise dans nos
relations interindividuelles. Il faut noter ici que la possibilité d’une compréhension mutuelle peut ne pas dépendre du
langage directement ; mais à d’autres facteurs qui dépendent, pour les animaux de type de l’espèce, et pour les humains,
des habitudes et des expériences communes : si le langage est un ensemble de signes et de gestes, comprendre les gestes
de l’autre dépend des habitudes. Alors, à travers un tel sujet, le candidat pourrait reformuler une problématique qui
s’articule ainsi : Que faire pour se faire comprendre par l’autre ? Quels sont les moyens de communication qui
permettraient de transmettre des messages ou échanger des informations ? Parler la même langue, est-ce nécessairement
se comprendre ? Toute communication implique nécessairement compréhension ? Si tel était le cas, pourquoi des
individus qui parlent la même langue et expriment les mêmes mots n’arrivent pas à se comprendre ? Est-ce que le
langage nous octroie un monde commun, comme l’estime Aristote ? autant de questions qui permettraient au candidat
de reformuler une argumentation solide pour traiter un tel sujet. On ne demande pas au candidat de réciter son cours sur
les fonctions du langage ; mais essayer à travers son cours, élaborer une analyse argumentative permettant de répondre à
cette question du rapport entre la communication et la compréhension.
Esquisse de plan :
A) Le candidat peut commencer ses analyses en proposant une définition générale du langage qui lui permettra de
démontrer que la communication reste la fonction essentielle du langage. D’ailleurs, le langage se veut être un
ensemble de signes, de gestes et de symboles permettant à des êtres de communiquer. Partant de cette
définition, on remarque le langage demeure la source des rapports interindividuels et des relations entre les êtres
vivant en groupe, animal comme humain. Mais pour les humains surtout, vivre ensemble, c’est se communiquer
des idées, se parler et se transmettre des messages. Au passage, le candidat peut éventuellement montrer que les
animaux communiquent aussi bien que les hommes ; puis expliquer que chacun de ces êtres possède son
système de langage ou de communication : les cris des animaux, leurs danses, par exemple, seront autant de
systèmes de communication, comme la parole et l’écriture chez l’homme.
Le candidat aura la possibilité de commencer ses analyses en montrant directement que la communication suppose
la présence de deux êtres : l’émetteur qui transmet le message et le récepteur qui le reçoit. D’une manière naturelle,
les animaux de même espèce se comprennent, car ils partagent non seulement les mêmes signes ; mais surtout les
mêmes habitudes et les mêmes expériences. Dans cette approche, la question de la compréhension ne sera pas
posée. Il peut s’appuyer des expériences de l’Allemand Karl Von Frisch sur les abeilles pour développer cette
théorie de partage des mêmes habitudes pour les animaux, afin de démontrer que la compréhension se fait d’une
manière naturelle.
B) Dans un deuxième temps, il peut pousser ses analyses un peu plus loin en démontrant que si la communication
suppose échange des informations, cela implique que le récepteur qui reçoit le message possède la capacité de
le donner sens. Or, il s’avère que l’homme est le seul être capable de signifier. Autrement dit, l’idée de la
communication renvoie à un autre concept qui est celui de la compréhension. Mais, par quel moyen l’homme
communique ? Si le langage se veut un système de transmission de message volontaire et consciente, alors
l’homme communique à travers plusieurs moyens : au-delà des signes, des gestes et des symboles, l’homme
communique à travers des outils propres à lui, à savoir la parole et l’écriture. Il est le seul être capable de
dialoguer, d’exprimer des mots. Il n’y a pas chez les animaux la possibilité de dialogue ou d’échange des
informations. Seulement, il faut retenir que ce n’est pas parce qu’on parle la même langue, ou qu’on prononce
les mêmes mots qu’on est tenu de se comprendre. En d’autres termes, la langue permet de communiquer, mais
non pas de se comprendre forcément ; sinon les relations interindividuelles n’allaient pas se détériorer au fur et
à mesure. Le candidat peut éventuellement interpeller ici Nietzsche qui explique que : « Il ne suffit pas, pour se
comprendre mutuellement, d’employer les mêmes mots ». Il peut prendre des exemples concrets dans les
relations internationales, en expliquant que souvent les diplômâtes parlent la même langue ; or ils vivent dans
des divergences ; et par conséquent, ne se comprennent pas souvent. La question est de savoir, qu’est-ce qui
permet aux hommes de se comprendre ?
C) C’est dans cette troisième partie, s’il suit cette démarche progressive, qu’il va proposer certains indices
permettant aux hommes de se comprendre. Souvent, c’est l’expérience commune qui rend possible la
compréhension. Cela peut être un vécu ordinaire ou quotidien, comme dans les relations amoureuses ou
politiques. D’une manière générale, si on n’a pas les mêmes vécus, on n’arrive pas à saisir l’autre. C’est pour
cela que chez certains penseurs, notamment Nietzsche et Husserl, la compréhension repose sur la sensibilité, sur
l’appartenance au même groupe. Mais, Husserl va plus loin que Nietzsche, lorsqu’il montre que la
compréhension repose sur l’attention que l’on apporte sur l’autre. Par contre Hegel montrera le contraire, en
expliquant que parce que nous ressentons les mêmes émotions que chacun tentera de tracer son chemin : nous
vivons un monde de compétition, c’est pour cela que je ne chercherai pas à partager ou à comprendre l’autre.

Baccalauréat, session 2018. Corrigé : Philo A4, A1CD & G Page : 2/6
Sujet n° 3 : Etude de texte
« Selon qu’on insiste sur les droits politiques ou sur les droits civils, ce sont deux modèles distincts de citoyenneté qui se
dégagent. Le premier revient, avec Rousseau, à faire consister la citoyenneté essentiellement dans l’exercice de la volonté
générale. Cela suppose une politisation intensive des consciences, une obligation civique pour chacun de ne pas se
désintéresser des affaires de l’Etat. Le citoyen doit donc être éduqué à s’identifier à la communauté, à préférer sans cesse
l’intérêt général à ses intérêts particuliers. Le deuxième modèle définit surtout le citoyen par l’exercice de sa liberté et de ses
droits individuels. C’est moins alors l’implication civique de chacun qui constitue sa citoyenneté que, au contraire, la capacité
qu’a l’Etat de laisser, sans s’en mêler les individus vaquer à leurs affaires privées. […]
La citoyenneté dans le monde démocratique contemporain, est confrontée à un triple défi. Son exercice pâti tout d’abord
d’une remise en question radicale du sens de l’histoire. Notre siècle n’est pas en effet celui des catastrophes humaines inouïes
qui semblent ruiner l’idée même de progrès que nous avons hérité de la philosophie des Lumières. Or, peut-on en tant que
citoyen s’engager dans la vie sociale ou politique sans croire que celle-ci est perfectible, sans croire à un avenir possible et
meilleur de l’humanité. De ce point de vue, il n’est pas faux de mettre en relation le désenchantement, voir le nihilisme,
engendré par l’histoire du XXe siècle avec la crise de la citoyenneté et une certaine désaffection de la vie civique ».

Thème : Ce texte de Laurence Hansen-love soulève la thématique de la citoyenneté moderne : les deux dimensions du citoyen
dans la société démocratique moderne. Le candidat peut dégager comme thème principal, les caractéristiques du citoyen moderne,
ou les deux modèles de citoyenneté ou bien les différents défis rencontrés par le citoyen moderne. Certains d’autres candidats
prendront le concept citoyenneté comme thème. En toute sincérité, n’importe quelle expression qu’il choisira pour reformuler le
thème, il est dans le texte. Mais il appartient toujours au jury d’apprécier.
Problème/ Enjeu du texte : Quels sont les différents modèles de citoyenneté que propose la société démocratique moderne ?
Sinon, qu’est-ce qui caractérise la citoyenneté moderne ? Ou bien, quels sont les défis que le citoyen rencontre dans nos Etats
démocratiques modernes ?
Thèse : D’abord, chez ce penseur, on ne peut pas parler de citoyen que dans un Etat démocratique : ce citoyen quelque soit son
modèle jouit des droits politiques lui permettant de s’occuper des affaires de son Etat, et des droits civils lui conduisant d’exercer sa
liberté pour ses affaires individuelles. Dans ce cas, il faut qu’il soit éduqué pour qu’il arrive à faire face aux différents défis du
temps moderne.
Mouvement du texte : Selon les dispositions des paragraphes, le candidat peut distinguer deux (2) axes d’argumentation qui
appuient et justifient cette thèse :
 Axe 1 : détermine les caractéristiques du citoyen moderne (L1-L9)
 Axe 2 : explicite les différents défis qu’affronte le citoyen dans la société démocratique moderne (L 10-L17).

Intérêt/leçon philosophique : ce texte pose un problème fondamental de la société démocratique moderne qui n’est rien d’autre
que la citoyenneté. Le citoyen ne se reconnait pas à partir de ses origines sociales, sa race ou sa place dans la société ; mais se
définit à partir des principes de droits (civils et politiques). Chez ce penseur, au-delà de la jouissance de ses droits, le citoyen
moderne est confronté à des défis. C’est pour cette raison qu’il doit au préalable être éduqué.
Le candidat doit reformuler une argumentation à travers ce problème de l’éducation du citoyen, en montrant ses avantages : une fois
éduqué, le citoyen s’engagera à la vie politique sans oublier ses affaires privées ; mais surtout, il arrivera à faire face aux
vicissitudes de la vie ou aux problèmes que pose la société moderne. Il peut interpeller ici Platon et Rousseau pour montrer
l’importance de l’éducation.
Il peut dans un deuxième angle, dépasser cette thèse, en montrant que si c’est l’éducation qui fonde la citoyenneté moderne, alors il
n’y aura pas une différence entre ce type de citoyen et celui de l’antiquité grecque. Et, il peut éventuellement se référer à Aristote.
Sinon, démontrer que même le citoyen antique avait des défis à relever aussi, même si les problèmes varient d’une période à une
autre. Même dans la société antique, la citoyenneté se construit dans un Etat démocratique, un Etat où l’individu jouit de ses libertés
fondamentales.

Séries A1CD : Orientations pour la correction


Nous proposons ici des orientations pour la correction des trois sujets proposés dans les séries scientifiques, et non une correction
type. Il va sans dire que le jury de correction conserve la latitude, moyennant le débat habituel, d’affiner ces directives pour arrêter
un plan qu’il jugera être à la mesure du candidat moyen.
Sujet n°1 : La désobéissance civile est-elle un droit démocratique ?
Analyse : Ce sujet s’inscrit dans le cadre de la thématique de la citoyenneté en rapport avec l’Etat, particulièrement l’Etat
démocratique. Dans ce rapport, chacun a des droits mais aussi des devoirs envers l’autre. Toutefois, ici on interroge le candidat sur
un phénomène qui est en soi contraire à la loi (la désobéissance), et qui est loin d’être un droit (mais qui pourrait être considérée
dans une large mesure comme légitime), puisqu’on sait que même en démocratie, on doit obéir à la loi, et surtout on doit se
soumettre à la volonté générale. Ainsi, toute l’essence du travail consiste à trouver et à justifier des raisons qui peuvent amener les
citoyens à désobéir à l’Etat d’une manière légitime. Assurément, la majorité de collègues ont abordé le texte de la citoyenneté de
Schnapper et ils auraient montré aux élèves qu’en politique la souveraineté peut revenir légitimement aux citoyens. Il faut noter que
l’un des devoirs des citoyens, c’est l’obéissance à l’autorité qui gouverne. Le piège se situe effectivement sur l’expression
« désobéissance civile », il n’agit pas du rapport d’un citoyen avec un autre ; mais des citoyens avec l’autorité démocratique. Le
candidat sera amené à parler de ce système ou régime politique appelé démocratie et de ses principes : il privilégie le rapport entre
l’autorité qui gouverne et son peuple. Parmi tant d’autres questions, quels sont les devoirs des citoyens envers son pouvoir ? Sinon,
devons-nous obéir même si la loi est taillée à la mesure de la seule classe dirigeante (donc obéir à des mauvaises lois) ? Si la
souveraineté démocratique se manifeste dans les élections, pourquoi l’on doit se soulever avant même les échéances ? Qu’est-ce qui
rend légitime la désobéissance civile ? Quelles sont les possibilités qu’a le peuple pour reconquérir ses droits lorsqu’ils sont
bafoués par le pouvoir ? Est-ce que le pouvoir aura droit de se servir de la force pour imposer l’ordre politique ? Autant de
questions que le candidat aura la possibilité de poser pour cadrer son analyse.
Baccalauréat, session 2018. Corrigé : Philo A4, A1CD & G Page : 36
Esquisse de plan :
A) Le candidat peut commencer ses analyses en expliquant d’abord ce qu’il entend par citoyen. Il est celui qui jouit, dans une
communauté politique nommée Etat, des droits civils et politiques. Il démontrera que la notion de la citoyenneté n’a de sens
qu’en démocratie, considérée comme pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple, en ce sens que la souveraineté
démocratique revient légitimement au peuple. Il aura à expliquer les principes de la démocratie : le régime où le suffrage
universel est librement exercé sans aucune contrainte morale ou physique. Dans une démocratie, il appartient au peuple de
choisir ses représentant, de contrôler les actions du pouvoir politique. Il peut montrer que dans un régime démocratique, le
citoyen doit jouir des droits politiques qui se fondent sur la participation de chacun dans les affaires publiques de son pays ; et en
même temps les droits civils garantissant l’exercice des libertés individuelles. C’est donc par l’engagement de l’individu dans
les affaires publiques que se construit sa citoyenneté. Dans ce cas, où réside la nécessité de manifester sa désobéissance ?
Mais, l’ouverture d’un tel sujet donne la possibilité au candidat de commencer ses analyses par la notion de « désobéissance
civile », qui se caractérise par un soulèvement populaire contre le pouvoir, comme il peut, d’abord montrer les devoirs des
citoyens envers le pouvoir. Pour rappel, l’un des devoirs des citoyens envers le pouvoir n’est autre que l’obéissance à l’autorité
qui gouverne, puisque ce sont les citoyens qui l’ont choisi. Dans ce cas, le candidat peut éventuellement interpeller Rousseau en
expliquant qu’obéir à l’autorité qui gouverne (au souverain), c’est s’obéir à soi-même, puisque le Souverain est le fruit de sa
volonté. Puis expliquer que dans une démocratie, les citoyens ne sont pas passifs, puisqu’ils ont le devoir de contrôler les
actions des gouvernants pour qu’enfin ils les sanctionnent ou pour qu’ils aient le droit de revendiquer leur droit. Et si ces droits
sont violés par l’autorité qui gouverne, qu’est-ce qu’ils doivent faire ? Est-ce que revendiquer ses droits implique
nécessairement désobéir à l’autorité ?
B) Mais pour pouvoir aborder le fond de la question, il aura ensuite à expliquer que l’une des conditions de la démocratie
n’est autre que l’égale obéissance à la loi de toutes les libertés en ce sens que le droit (loi) reste l’expression de la volonté
générale. En ce sens, l’un des devoirs du citoyen construisant sa vie ou jouissant de ses droits civils n’est autre que l’obéissance
aux lois prescrites pour régler les relations entre les individus à la fois libres et égaux devant le droit. Toutefois, si l’Etat en
question est une dictature, la volonté générale n’a plus un mot à dire puisque tout est dicté par le despote et ses sbires. Dans ce
genre de système, la loi est taillée à la mesure des appétits du despote, et si on doit obéir, ce n’est pas parce que la loi est bonne,
mais parce qu’on a peur de la terreur des militaires et des milices. Alors, la démocratie accorde aux citoyens la possibilité de
sanctionner l’action gouvernementale et même l’autorité qui gouverne à travers les urnes. Autrement dit, les élections restent
l’arme principale pour le peuple de montrer son dégout ou particulièrement de rejeter la politique menée par les gouvernants.
Dans cette approche, la désobéissance civile n’est pas un droit démocratique ; au contraire, elle engendrera du désordre, de
l’insécurité. Pour cela, si le pouvoir n’est pas fort, le pays risque de sombrer dans l’anarchie. Mais dans une telle situation, si
c’est l’autorité qui bafoue les libertés fondamentales de l’homme et qui ne respecte pas la loi ou se montre comme dans le
despotisme qu’elle est au-dessus de la loi, en violent même la loi fondamentale, est-ce qu’il ne sera pas légitime pour le peuple
de chercher d’autres solutions ? Si la loi interdit toute désobéissance, est-ce que le soulèvement des citoyens contre le pouvoir ne
sera pas lui-même légitime ? Auquel cas, est-ce que la légitimité ne serait pas au-dessus de la légalité ?
C) Mais lorsque cette violation des libertés les plus élémentaires des citoyens est exacerbée et que le peuple ne se reconnait
plus dans l’Etat, là où Machiavel demandait au Prince d’user de toute sorte de moyens pour rester au pouvoir ; le peuple imbu de
démocratie se réserve le droit de se soulever contre la dictature. Rappelons que toute légitimité politique est donnée par le
peuple par voie électorale. Et si on martyrise ce même peuple en lui privant de ses libertés, la désobéissance civile restera
l’unique arme capable d’inverser la vapeur, et dans ce cas précis, elle est légitimement légale. On notera que cette désobéissance
sera un droit, si et seulement si, le soulèvement se fait pour récupérer les droits des citoyens et non pour servir les intérêts d’une
personne. Il faut donc faire attention à la manipulation des consciences d’où, l’éducation à la citoyenneté.
Sujet n°2 : Le travail est-il à l’origine des inégalités sociales ?
Analyse : Un sujet classique mais qui trouve son essence dans le monde moderne. On demande au candidat de se questionner sur
les multiples conséquences du travail, surtout au niveau intellectuel et économique. C’est en partant de cet aspect qu’il peut se situer
sur l’élan de ce monde moderne, qui fait que l’individu est évaluer pas seulement par ses capacités cognitives, mais surtout par le
salaire qu’il gagne, et donc par son pouvoir d’achat et de donner. Ainsi, le candidat peut se demander : Que gagne-ton en
travaillant ? Quelle est la valeur sociale du travail ? Le chômeur a-t-il sa place dans la société ? D’où sont issues les inégalités
sociales ?... Un plan analytique (progressif) y répondra mieux.
Esquisse de plan :
A) Le candidat peut commencer son raisonnement en remontant l’histoire, qui nous apprend que les inégalités sociales étaient
vues comme innées. Ce qui signifierait que le fils du pêcheur était condamné à devenir pêcheur par exemple. Cette conception
qui a causé l’exclusion d’une partie de la société a traversé l’Antiquité jusqu’au XVIIIe siècle, et peut se lire à travers des
phénomènes tels que l’esclavage, la colonisation et plus pire encore, le système d’apartheid ou ségrégation raciale. Mais cette
conception renvoie à des inégalités sans fondements scientifiques et poserait la problématique de l’humanité qui ne se définit pas
par la nature, mais plutôt par la culture. Or qui dit culture, dit travail…
B) Si toute culture a besoin d’un travail (enseignement-apprentissage), c’est donc dans et par le travail qu’on acquiert son
humanité à partir du processus de transformation de l’esprit, d’où l’importance de l’éducation (école). Toutefois, tous les
enfants ne réussissent pas à l’école. De-là, les premières inégalités explicables vont apparaitre : les plus intelligents et une
partie des plus riches vont réussir. Là, on aboutit à des inégalités scolaires par exemple, à partir du travail de chacun. En
cultivant la méritocratie, l’école et la société en général, créent des inégalités, mais des inégalités positives et inévitables.
C) Dans une dernière étape, le candidat tentera de généraliser le problème et reliant travail d’une manière générale et inégalité. En
fait, ceux qui ont réussi à l’école et dans la vie, ont un statut particulier dans la société. Par le travail, l’homme se crée des
relations sociales et devient une personnalité : Travailler, c’est tout simplement trouver sa place dans une société. Cette place
n’est autre que la valeur, l’importance qu’on accorde à l’homme puisqu’il a les moyens comme on dit. A l’inverse, le chômeur
semble même, ne pas répondre à sa condition d’homme et devient un marginal de la société. En somme, dans le monde
moderne, c’est le travail qui est l’unité d’évaluation des hommes, et c’est en ce sens qu’on peut dire qu’il est à l’origine des
inégalités sociales. On se gardera de limiter le travail valorisant à la bureaucratie. Tout acte productif de revenu est un travail.
Travaillons donc à pouvoir travailler, telle est le leitmotiv de l’homme.
Baccalauréat, session 2018. Corrigé : Philo A4, A1CD & G Page : 4/6
Sujet n° 3 : Etude de texte
« La connaissance du réel est une lumière qui projette toujours quelque part des ombres. Elle n’est jamais immédiate et pleine. Les
révélations du réel sont toujours récurrentes. Le réel n’est jamais ce qu’on pourrait croire, mais il est toujours ce qu’on aurait dû penser. La
pensée empirique est claire après coup, quand l’appareil des raisons a été mis au point. En revenant sur un passé d’erreurs, on trouve la vérité
en un véritable repentir intellectuelle. En fait, on connait contre une connaissance antérieure, en détruisant des connaissances mal faites, en
surmontant ce qui, dans l’esprit même, fait obstacle à la spiritualité.
La science dans son besoin d’achèvement comme dans son principe, s’oppose absolument à l’opinion. S’il lui arrive sur un point particulier de
légitimer l’opinion, c’est pour d’autres raisons que celles qui fondent l’opinion ; de sorte que l’opinion a, en droit, toujours tort. L’opinion
pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître.
On ne peut rien fonder sur l’opinion : il faut d’abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter. Il ne suffit pas par exemple, de la
rectifier sur des points particuliers, en maintenant, comme une sorte de morale provisoire, une connaissance vulgaire provisoire. L’esprit
scientifique nous interdit d’avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas
formuler clairement. Avant tout, il faut savoir poser des problèmes. Et quoi qu’on en dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent
pas d’eux – mêmes. C’est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique,
toute connaissance est une réponse à une question. S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir de connaissance scientifique. Rien ne va de
soi. Rien n’est donné. Tout est construit ».
Thème : Ce texte de Bachelard soulève le problème de la démarche ou de l’esprit scientifique par rapport au savoir.
Problème/ Enjeu philosophique : Le progrès scientifique se réalise-t-il sans obstacles ? Quel est le rôle et la place de l’obstacle
épistémologique en science ?
Thèse : La connaissance scientifique est le résultat d’un travail de questionnement sur les phénomènes. Toutefois, pour y arriver, il
faut faire face à des obstacles qui nous invitent à considérer les connaissances antérieures comme des erreurs afin de pouvoir aller
vers l’avant.
Mouvement du texte : A partir d’une étude en profondeur, on peut dégager trois (3) axes de réflexions justifiant cette thèse :
Axe 1 : La connaissance scientifique n’est pas un savoir absolu, elle se réalise par à coup pour cause d’obstacle (L1-L7)
Axe 2 : Pour l’esprit scientifique, l’opinion est le plus grand obstacle à surmonter, car fondé sur les croyances, les coutumes, les
traditions…, il s’interdit de penser et croit seulement (L8-L15)
Axe 3 : La connaissance scientifique est le résultat de l’effort de l’esprit humain qui doit s’interroger sur le déterminisme, elle n’est
jamais une donnée (L15-L21)
Intérêt/ leçon philosophique : Le progrès scientifique ne se réalise pas par une accumulation de découvertes qui viendraient
frapper notre esprit. Le savoir scientifique est une construction objective et rationnelle qui nécessite des remises en questions
incessantes, des vérifications, des abandons, des recommencements… Pourtant, ce sont ces obstacles épistémologiques qui font la
valeur et l’objectivité de la connaissance scientifique. Ce qui la distingue donc de la connaissance vulgaire et empirique qui ne se
fonde que sur le vécu. Le candidat peut confronter cette thèse avec celles d’autres penseurs ou à la lumière de ses propres
connaissances.

Série G : Orientations pour la correction


Nous proposons ici des orientations pour la correction des trois sujets proposés dans cette série, et non une correction type. Il va
sans dire que le jury de correction conserve la latitude, moyennant le débat habituel, d’affiner ces directives pour arrêter un plan
qu’il jugera être à la mesure du candidat moyen.

Sujet n°1 : Peut-on considérer le travail comme une sanction divine ?


Un sujet classique qui porte sur la notion fondamentale du travail. On ne demande pas au candidat de réciter d’une manière pure et
simple son cours sur le travail ; mais d’essayer de se questionner sur les effets du travail. Dans ce questionnement, une piste lui est
proposée à savoir, travail comme sanction divine. Dans ce genre de question, le candidat est invité à chercher une autre piste qui
reste implicite et qui, peut-être, serait plus philosophique. Autrement dit, il doit chercher l’autre côté du problème. Et si le travail
n’est pas une sanction, il est alors un devoir pour l’homme qui doit travailler pour réaliser être générique, pour subvenir é ses
besoins, pour gagner sa place dans la cité… Ainsi, le candidat essayera de se demander si nous travaillons par ce que c’est une
sanction divine. Quel est le sens humain du travail ? Dans la conception moderne, que vaut le travail dans une société….
Esquisse de plan :
A) Le candidat peut commencer son raisonnement en approfondissant la notion de travail. Ce qui lui conduirait à sa
conception historique et étymologique qui est pour les Grecs comme pour les Latins, synonyme de sanction divine. Ce qui
fait qu’il était réservé aux esclaves (servus), qui n’avait aucune dignité sociale. De lui, Platon ne disait-il pas que : « Tu ne
voudras ni donner à son fils ta fille ni épouser toi - même la sienne ». Cette conception négative du travail est vivifiée par
la tradition judéo-chrétienne qui en fait de cet acte, une malédiction divine consécutive au péché originel et qui s’est soldé
par l’expulsion des commis du paradis. Par ce péché, c’est donc toute l’humanité qui doit souffrir pour subsister sur une
terre à présent hostile : « Maudit soit le sol, à cause toi. A force de peine, tu en tireras substance tous les jours de ta vie »,
dixit Dieu…
B) Dans un deuxième temps, il aura à expliquer que pour survivre dans cet environnement d’abord hostile, l’homme est
appelé à s’y adapter. Pour s’y adapter, il doit faire sienne la nature, en la forçant à satisfaire ses besoins. Selon Descartes, «
Le travail nous rend maître et possesseur de la nature ». Vu sous cet angle, le travail devient un devoir, en ce sens qu’il
concrétise la nature grégaire de l’homme en nouant les relations sociales à partir des valeurs d’échange qu’il produit.
Travailler, c’est donc trouver sa place dans un organisme dont les éléments sont solidaires. S’il est bien éclairé, le candidat
peut aller jusqu’à démontrer que mon travail est une dette envers la société, et surtout envers ceux qui n’y sont plus. A.
Compte ne disait-il pas que « l’inventeur de la charrue laboure invisible à côté du laboureur ». Il est donc de notre devoir
de leur rendre hommage et de continuer leur œuvre par le travail afin de pérenniser l’humanité…
C) Dans un dernier moment, le candidat tentera de montrer que : qu’il soit purgatoire divine ou devoir social, le travail revêt
les mêmes objectifs pour l’homme, dont le premier est le plus honorable n’est autre que la quête de son humanité.
Autrement dit, si le travail est la morale humaine en acte, il véhicule alors un double rapport : en humanisant la nature, le
travailleur s'hominise soi-même et se fait vraiment homme. « En même temps qu'il agit par ce mouvement sur la nature
extérieure et la modifie, il modifie sa propre nature et développe les facultés qui y sommeillent », remarque MARX. Ce
que reconnaît E. MOUNIER en disant que « Tout travail travaille à faire un homme en même temps qu'une chose »…

Baccalauréat, session 2018. Corrigé : Philo A4, A1CD & G Page : 5/6
Sujet n°2 : La violence de l’Etat est-elle indispensable pour la liberté des citoyens ?
Analyse : Le candidat est convié ici à s’interroger sur le concept de la violence en politique. Une violence qui est rattachée ici
à la notion de liberté citoyenne. . Il doit cependant faire attention car en aucun cas, les notions ne peuvent être traitées
séparément. Ce n’est pas une dissertation ni sur la violence en soi, ni sur la politique singulièrement ni sur la liberté tout
court. L’essence de la question repose donc sur le rapport « violence de l’Etat » et « liberté des citoyens ». De-là, toute la
difficulté consiste à savoir si la violence est en elle-même synonyme de perte de liberté. Et qu’en est-elle en politique ? Son
analyse doit l’amener à démontrer les deux facettes de la violence en politique où, on peut rencontrer une violence légitime et
donc gage de liberté civile et une violence violente, hors la loi et qui confisque les libertés individuelles
Esquisse de plan :
A) Le candidat peut commencer le travail par l’explicitation des notions en présence pour pouvoir ensuite montrer les
relations qu’elles entretiennent… Il peut débutait l’analyse en montrant la nature négative de la violence. Ici, il se
réfère à la racine « viol » qui implique tout écart envers une règle établie. Par conséquent, si l’Etat emploie la
violence en dehors du cadre juridique, juste pour satisfaire les intérêts de l’appareil au pouvoir, ce genre de violence
annihile les libertés individuelles. Il peut illustrer son propos en évoquant les systèmes absolutiste, totalitariste ou
tout simplement dictatorial..
B) Dans une deuxième approche, il aura à nuancer ce qui vient d’être dit, en montrant que l’Etat peut dans une certaine
mesure employer la violence, et cela pour la liberté des citoyens. Ici, il peut faire intervenir Machiavel avec la
fameuse expression que lui-même n’a jamais prononcé qui résume sa pensée politique : « la fin justifie les moyens ».
En effet, si une partie des citoyens menacent la paix, la stabilité, la liberté civile…, et que la loi s’avère incapable de
ramener l’ordre, l’Etat sera en droit d’user de la violence pour le bonheur social. Mais dans tous les cas, c’est cette
même loi qui doit autoriser l’emploie de la force et non des singuliers individus. Ce sera une violence légitime et
gage de liberté…
C) Dans tous les cas, l’exercice du pouvoir dans un pays n’est autre chose que l’implication de la loi et de la force.
Autrement dit, un Etat doit être à la fois de droit, c’est-à-dire veiller au respect des libertés individuelles par
l’application impartiale de la loi ; mais aussi savoir user de la force dans le cas échéant : telles sont les attitudes du
renard et du lion qu’un prince doit avoir suivant Machiavel. Bref, la violence ne peut être un instrument politique que
si et seulement si, elle est faite pour le bonheur de tous et non pour museler les citoyens…

Sujet n° 3 : Etude de texte


« Notre tâche (notre ici, représente le philosophe africain) se précise donc ainsi : nous avons à nous affirmer dans le
monde actuel ; nous, séculairement assis dans la nuit de l’inanité, nous avons à nous redresser de toute notre stature
d’hommes ; nous, depuis si longtemps affairés au service ; nous dont l’autre a si longuement disposé, nous devons rentrer
dans la disposition de nous-mêmes. Et naturellement la décision de nous assumer, de nous affirmer, d’être fier (nous jusqu’ici
si humiliés et si humbles), est en même temps décision d’assumer notre passé, de le valoriser et d’en être fier. Seulement, une
telle décision, pour autant qu’elle veut introduire une révolution radicale dans notre condition actuelle, exige pour aboutir une
rupture elle aussi radicale avec notre passée, puisque cette condition provient rigoureusement et incontestablement de ce
passé. La volonté d’être-soi conduit immédiatement à la fière reprise en charge du passé, parce que l’essence du soi n’est que
le résultat du passé du soi ; mais le passé lucidement et froidement interrogé et scruté atteste que l’assujettissement présent
trouve son explication dans la provenance de l’essence du soi, c’est-à-dire dans le passé du soi, et nulle par ailleurs.
Révolutionner la condition présent du soi signifie donc en même temps révolutionner l’essence en soi, ce que le soi a en
propre, ce qu’il a d’original et d’unique, entrer dans un rapport négatif avec le soi.»

Thème : Ce texte de Marcien Towa se rapporte à la tâche principale du philosophe africain aujourd’hui. Il pourrait considérer
aussi que le thème est la mission du penseur africain.
Enjeu/ Problème philosophique soulevé : Quelle est la tâche du philosophe africain aujourd’hui ? Le penseur noir a-t-il une
mission à accomplir ?
Thèse : Selon Marcien Towa, le philosophe africain doit s’affirmer dans le monde ; et cela, ne peut pas être possible s’il
n’assume pas son passé d’abord, sans la nier, puis le dépasser, puisque ce passé ne doit pas être un obstacle pour projeter
l’avenir : tel est ce que l’auteur appelle dans ses propres mots « révolution ». Il y a chez ce penseur une double révolution ; la
première celle qui consiste à dépasser le passé, la seconde est celle qui permet à affirmer l’essence du soi.
Mouvement du texte : On peut distinguer trois (3) axes de réflexion qui appuient et justifient cette thèse :
Axe1 : Présente cette tâche principale que le penseur noir doit s’assigner : s’affirmer dans le monde actuel, en
redressant sa stature d’homme tout en assumant son passé (L1-L6) ;
Axe2 : Il montre la voie à suivre pour aboutir à cette mission : la première révolution est de faire une rupture avec le
passé sans le nier. (L7-L9) ;
Axe3 : Il démontre que l’essence du soi se confirme dans le résultat du passé : telle est le sens de la seconde
Révolution. (L9-L15).
Intérêt/leçon philosophique : En voulant étudier la tâche ou la mission principale que le philosophe africain doit se donner,
Marcien Towa a voulu montré, à travers ces lignes que le passé ne doit pas être un obstacle pour tracer son avenir. S’il veut
évoluer, l’homme doit, d’abord, assumer son passé, ensuite le dépasser sans le nier, pour qu’enfin, il projette son avenir pour
qu’il détermine l’essence du soi.
Le candidat doit reformuler une argumentation à travers ce problème de la confirmation du soi par rapport à son passé.
Eventuellement, peut interpeller Sartre sur cette question de la responsabilité de nos actes. Pour ce penseur, l’homme doit
assumer ses actes, son passé pour confirmer sa liberté.
Il peut dans un deuxième temps dépasser cette thèse en montrant que l’individu n’est pas responsable du passé de sa race.

Baccalauréat, session 2018. Corrigé : Philo A4, A1CD & G Page : 6/6

Vous aimerez peut-être aussi