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Moyen Empire Égyptien et Amenemhat Ier

Le document décrit la période du Moyen Empire en Égypte ancienne, avec un focus sur la XIIème dynastie et le pharaon Amenemhat Ier, premier roi de cette dynastie. Il détaille les réalisations et constructions d'Amenemhat Ier ainsi que les circonstances de son assassinat.

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Moyen Empire Égyptien et Amenemhat Ier

Le document décrit la période du Moyen Empire en Égypte ancienne, avec un focus sur la XIIème dynastie et le pharaon Amenemhat Ier, premier roi de cette dynastie. Il détaille les réalisations et constructions d'Amenemhat Ier ainsi que les circonstances de son assassinat.

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Omaïma El Shal

(MUST 2008-2009)

Introduction

Le Moyen Empire est une période de l'histoire antique de l'Égypte qui suit la Première
Période Intermédiaire, et précède la Deuxième Période Intermédiaire.

Le Moyen Empire couvre une période allant des environs de -2033 à -1786 et a connu deux
dynasties:

• XIème dynastie (-2106 à -1963), ce n'est que sous Montouhotep II, vers -2033, lorsque le
pays est réunifié, qu'on considère que la Première Période Intermédiaire prend fin et
que débute le Moyen Empire.
• XIIème dynastie (-1963 à -1786).

C'est une période prospère. La capitale principale est d'abord située à Thèbes, d'où sont
originaires les rois de la XIème dynastie, puis à Itchtaouy (peut-être Licht d’aujourd’hui) au
Sud de Memphis.

Le dieux impériaux de l'époque sont Montou, le faucon belliqueux adoré à Ermant et à


Thèbes, ainsi qu'Amon. La première construction thébaine à lieu sur la côte Ouest de Thèbes,
avec le temple funéraire de Montouhotep II, bâti dans le cirque rocheux de Deir el-Bahari.

C'est une période ouverte sur le Moyen-Orient, et de nombreuses expéditions y sont


envoyées. Les principaux souverains qui la représentèrent sont les Sésostris et les
Amenemhat de la XIIème dynastie.

À cette époque sont construites les fondations de Karnak, par Sésostris Ier ; les rois du Nouvel
Empire les détruiront pour construire le Karnak actuel.

La XIIème dynastie

Les rois de la XIIème dynastie règnent de -1991 à -1786/-1785/-1783 (D. B. Redford, N.


Grimal, D. Arnold).

Cette dynastie marque le retour à une période de puissance et d'équilibre qui va culminer
avec les règnes de Sésostris III et d'Amenemhat III. Les campagnes militaires et les
expéditions minières à l'extérieur des frontières renforcent l'emprise de l'Égypte. Cette
période de presque deux siècles est marquée par le développement du Fayoum, une
prospérité économique retrouvée et l'émergence d'un courant artistique qui donnera
naissance à une période dite classique. Cette dynastie est originaire de Thèbes.

Amenemhat Ier

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Omaïma El Shal
(MUST 2008-2009)

Amenemhat Ier (-1991 à -1962 selon D. Redford, N. Grimal et D. Arnold) est le premier roi de
la XIIème dynastie égyptienne qui restera l'une des plus prestigieuses de l'histoire égyptienne.

Nom de Sa-Rê 2
Hiéroglyphe

Codage ( M17 Y5:N35 G17 F4:X1*Z1 )

Translittération (ASCII) Imn-m-HAt


Transcription Amenemhat
Traduction « Amon est en tête »

Fils du prêtre Sésostris selon une inscription à Thèbes, premier ministre et vizir de
Montouhotep IV, le dernier roi de la XIème dynastie, Amenemhat est connu alors pour avoir
mené une expédition de 13 000 hommes au Ouadi Hammamat afin d'en extraire les
matériaux d'éternité destinés à la sépulture de son souverain.

« Ma Majesté envoya le prince, maire de la ville, le vizir, chef des travaux, le favori du roi,
Amenhemat, avec une armée de 10 000 hommes, levés dans les nomes méridionaux, afin qu'il me
rapporte un très beau bloc de pierre dure (...) ; elle est destinée à la construction d'un sarcophage,
monument d'éternité, et à des statues placées dans les temples du sud ; c'est ce que le roi du Double
Pays souhaite qu'on lui rapporte des collines de son père Min, selon le désir de son cœur.»

Amenemhat Ier prend le pouvoir à la mort du roi Montouhotep IV dernier représentant de la


famille des thébains. Il ouvre donc une nouvelle dynastie avec une nouvelle lignée, comme le
confirme le nom d’Horus qu’il choisit :

Nom d'Horus 2
Hiéroglyphe

Codage [ F25 F31 G43:X1 ]

Translittération (ASCII) 1r wHm-m.swt


Transcription Hor Ouhemmesout
Traduction « L'Horus qui renouvelle les
naissances »

Ce nom annonce le programme politique qui conduira, à travers ce retour à la théologie


héliopolitaine, sur laquelle va se fonder le pouvoir des nouveaux pharaons. Amenemhat Ier
confirme la nouvelle orientation idéologique prise par Montouhotep IV en adoptant comme
nom de couronnement :

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Omaïma El Shal
(MUST 2008-2009)

Nom de Nesout-bity 2
Hiéroglyphe

Translittération (ASCII) s-Htp-ib-Ra


Transcription Sehetepibrê
Traduction « Celui qui apaise le cœur de
Rê »

Malgré ce changement affirmé, il ne semble pas y avoir eu de solution de continuité dans le


pouvoir. Cependant, Amenemhat Ier doit lutter durant des années pour consolider son
pouvoir sur l'Égypte. Il transfère la capitale de Thèbes en Moyenne Egypte en fondant une
nouvelle ville près de Licht qui lui servira de nécropole. Après l'élimination de deux rivaux
concurrents au trône, Antef et Ségerséni, le nouveau souverain se consacre avec lucidité et
énergie à la réforme administrative et à la défense des frontières. Pour mener à bien la
première, il doit composer avec les féodalités locales toujours puissantes : il révoque les
nomarques au loyalisme suspect, mais maintient prudemment les autres à leur poste, où ils
continuent de se succéder de père en fils. Il recrute en outre de nombreux fonctionnaires
subalternes pour améliorer la gestion publique de l'Égypte. Pour écarter le danger des
incursions de nomades asiatiques aux frontières Nord, il renforce les fortifications du « Mur
du Prince » commencées par Montouhotep III.

Toujours en vue de légitimer son pouvoir, Amenemhat Ier inspire la rédaction de la


prophétie de Néferty, document censé dater du roi Snéfrou, dans lequel un mage annonce
que l'Égypte sera sauvée du chaos par un roi Amény venu de Haute Égypte (revoir la
littérature de la PPI) :

« Il viendra alors un roi, venu du Sud appelé Ameny, fils d'une femme de Ta-Sety né dans
Khen-Nekhen. »

Même si ce texte n'a rien de prophétique puisque les versions les plus anciennes dont on
dispose datent précisément du règne d'Amenemhat, il indique clairement en revanche
l'origine du roi :

• Khen-Nekhen est une localité située dans le premier nome du sud dont le chef-lieu
était Éléphantine,
• Ta-Sety qui est rattaché à sa mère, qualifie l'actuelle Nubie égyptienne et peut se
traduire par la terre de l'arc.

Les expéditions d’Amenemhat Ier


- Après son accession au trône, il mène une expédition vers Eléphantine, dirigée par le
gouverneur du nome de l’Oryx Khnoumhotep Ier qui remonte le Nil avec vingt
navires et pousse peut-être jusqu’en Basse Nubie.
- Tournée d’inspection jusqu’au Ouadi Toumilât où il fait construire des fortifications
(Murs du Prince).
- An 23, campagne en Nubie à Gerf Hussein et aux anciennes carrières de diorite à
Toshka.

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Omaïma El Shal
(MUST 2008-2009)

- An 24, campagne militaire au Sinaï où il y a une victoire sur les bédouins, assurant
ainsi la sécurité de l’exploitation des mines de turquoise de Sérabit el-Khadem.
- Les relations diplomatiques reprennent avec Byblos et le monde égéen.
- An 29, pénétration plus profonde en Nubie jusqu’à Korosko, avec la fondation du
fort-frontière de Semna sur la deuxième cataracte.

Afin de consolider son pouvoir et assurer la continuité dynastique. Il prend son fils Sésostris
Ier comme corégent en l'an 20 de son règne. Il inaugure par là une tradition qui sera suivie
jusqu'aux derniers temps de la royauté d'Égypte ancienne. Cette association coïncide avec un
renouveau de la politique extérieure : le dauphin joue le rôle du bras de son père, qui lui
délègue le soin de l’armée.

Les constructions d’Amenemhat Ier sont érigées à Karnak (reste d’un naos en granit
provenant d’une chapelle), Coptos (traces dans le temple de Min), Abydos (autel en granit
dédié à Osiris), Dendara (porte dédiée à Hathor), Memphis (temple de Ptah).

Amenemhat Ier est assassiné à la suite d'un complot de harem en l'an 30, alors que son fils et
héritier Sésostris guerroyait en Libye. Il est enterré dans sa pyramide de Licht, au sud de
Memphis. Cette conspiration est le point de départ d'un des textes littéraires les plus connus
de l'Égypte ancienne, le Conte de Sinouhé. Nous possédons le récit de l'assassinat dans le texte
intitulé Enseignement d'Amenemhat Ier pour son fils Sésostris Ier :

« C'était après souper, la nuit était venue. Cela faisait une heure que j'étais étendu sur mon lit
[c'est Amenemhat qui est sensé parler] car j'étais fatigué. Comme je commençais à
m'endormir, les armes consacrées à ma protection furent tournées contre moi (...). Je fus
éveillé par un combat (...) et réalisai que c'était un combat de gardes. Je pris rapidement des
armes dans ma main (...), mais personne ne peut se battre seul, aucun succès n'est possible
sans aide. Cette effusion de sang eut lieu alors que j'étais sans toi [son fils Sésostris], avant
que les courtisans aient appris que je voulais te léguer le pouvoir, avant que je ne me sois
assis avec toi pour t'instruire. Car je n'y étais pas préparé, je n'avais pas prévu la négligence
des serviteurs. »

Le véritable rédacteur de ce texte n'est évidemment pas le pharaon ; un texte beaucoup plus
tardif nous apprend qu'il aurait été écrit par un scribe appelé Khéty. Ce document, qui utilise
le genre littéraire de l'enseignement, très en vogue en Égypte, avait pour but de légitimer
Sésostris Ier : d'outre-tombe, Amenemhat confirme que c'est bien lui qu'il avait choisi comme
héritier.

La nécropole de Licht

Quand Amenemhat Ier arriva au pouvoir, il fonda une nouvelle capitale, quelque part dans le
Nord, délaissant de ce fait Thèbes. Cette nouvelle résidence royale, il l'appela Amenemhat
Itchtaouy (Jṯ(j)-TA.wy) « Amenemhat (est) celui qui s'empare des deux terres ». C'est cette
résidence royale qui est le théâtre des évènements rapportés dans le conte de Sinouhé.

La cité n'a jamais été localisée. Le fait cependant, que presque chaque roi de la XIIème dynastie
ait construit son monument funéraire près de l'oasis du Fayoum, a mené les spécialistes à
penser que la nouvelle capitale d'Amenemhat Ier devait être située quelque part près de cette
oasis. Le monument funéraire d'Amenemhat Ier se trouve près du village moderne de Licht
(ou el-Lisht) à une soixantaine de kilomètres du Caire, sur un emplacement situé au sud de
Dahchour, non loin de Meïdoum. Les égyptologues supposent donc qu'Amenemhat Ier a

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Omaïma El Shal
(MUST 2008-2009)

choisi cet emplacement parce qu'il était près de sa capitale, à plus forte raison puisqu'il a été
suivi en cela de son successeur, Sésostris Ier et de ce fait ils identifient Itchtaouy à Licht.

Amenemhat Ier et son fils et successeur Sésostris Ier y construisirent leurs complexes
funéraires sur un plan fortement inspiré de celui du complexe pyramidal de Pépi II situé lui
à Saqqarah. Ces monuments témoignent ainsi de la volonté affichée de la nouvelle dynastie
de se rattacher à cette glorieuse époque de l'Ancien Empire.

Le site comprend également des pyramides de reines et des tombeaux destinés à la famille
royale ainsi que des mastabas offerts par les souverains aux nobles et courtisans royaux de
l'époque, témoins supplémentaires de ce retour au valeurs anciennes perdues au cours de la
Ire Période Intermédiaire.

Sésostris Ier

Sésostris Ier est le fils aîné d’Amenemhat Ier. Pour faciliter sa succession et consolider sa
dynastie, Amenemhat Ier l'associe au trône en l'an 20 de son règne. Le fait est attesté par un
pylône qu'il fit ériger à Memphis, alors la capitale, et qui devait probablement appartenir au
palais royal que le roi édifia ou restaura pour l'occasion.

Sésostris Ier se voit alors confier la conduite des opérations militaires contre les turbulents
voisins de l'Égypte pendant que son père continue à administrer le pays.

Nom de Nesout-bity
Hiéroglyphe

Translittération (Unicode) Ḫpr-kA-Ra


Transcription Khéperkarê
Traduction « Rê fait se manifester le ka »

Nom de Sa-Rê
Hiéroglyphe

Translittération (Unicode) S-n(y)-Wsr.t


Transcription Sénousert
Traduction « Celui de la déesse Ousert »

Prince corégent, Sésostris est d'abord chargé par son père d'établir sur la Nubie l'autorité
égyptienne, restée précaire malgré les efforts des derniers rois de la XIème dynastie. Les deux
expéditions qu'il y mène atteignent Semna, dans la région de la deuxième cataracte. Sésostris

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Omaïma El Shal
(MUST 2008-2009)

se trouve en Libye, où il dirige une campagne contre des opposants politiques (partisans
d'héritiers de la XIème dynastie ?), lorsque son père est assassiné par une coterie de
comploteurs du palais. Le drame nous est rapporté par le célèbre Conte de Sinouhé qui
devint aux époques ultérieures un des textes les plus recopiés dans les écoles de scribes (voir
plus bas).

Le nouveau roi semble réussir à s'imposer sans grands heurts malgré les circonstances
tragiques de son accession au trône. De fait, ses trente-quatre années de règne sont une
époque de paix intérieure, de prospérité retrouvée et d'intense activité monumentale. On a
recensé trente-cinq sites où Sésostris Ier a construit, témoignage des ressources nouvelles, et
de l'activité fiévreuse qui règne alors en Égypte.

Dès la troisième année de son règne il refonde notamment le temple de Rê-Horakhty à


Héliopolis et pour orner un de ses sanctuaires érige une paire d'obélisques en granit
d'Assouan dont un des monolithes est toujours en place et reste le seul vestige monumental
encore visible sur le site dans l'actuelle banlieue du Caire.

Un texte recopié sous Thoutmosis III sur un rouleau de cuir conservé au musée de Berlin
nous a transmis le discours fondateur du roi qui indique également qu'il se fit construire
dans l'enceinte même du temple solaire, un temple à son nom afin que la postérité se
souvienne de son œuvre pieuse.

À Thèbes, l'Héliopolis du Sud, à l'occasion de sa 30ème année de règne et de la fête du Heb-Sed


qui sanctionnait alors le jubilé royal, Sésostris embellit et agrandit le temple d'Amon-Rê de
Karnak en lui adjoignant probablement pour la première fois un axe Nord-Sud. Il y fait
construire un grand kiosque en calcaire fin pour la barque du dieu. Le monument au décor
raffiné et comportant une liste exhaustive des régions administratives du pays a été retrouvé
entièrement démonté en remploi dans des monuments ultérieurs. Reconstitué il peut être
désormais admiré dans le musée en plein air du site

Sésostris consacra également au dieu de Thèbes un grand naos en granit qui reçut l'image
cultuelle divine et était encore utilisé au Nouvel Empire puisqu'il subit les martelages de
l'image d'Amon lors de l'épisode amarnien puis fut restauré sous les Ramessides. Ce naos est
actuellement conservé au musée égyptien du Caire.

Ces deux exemples symbolisent bien l'œuvre architecturale du roi et son empreinte durable
sur ses descendants et au delà ses lointains successeurs qui se réclameront de son héritage en
veillant soigneusement à la préservation des monuments malgré les réformes religieuse ou
encore les remaniements architecturaux de ses principales fondations religieuses.

Le pays est définitivement sorti des temps troublés de la Première Période Intermédiaire.
D'ailleurs, le souci majeur de Sésostris Ier, en politique intérieure, semble être de ne pas
laisser les grands dignitaires locaux et les hauts fonctionnaires prendre trop d'importance
vis-à-vis de l'État. C'est ainsi qu'il divise la charge de vizir en plusieurs fonctions et
surveille attentivement les nomarques, pour éviter le retour au délitement et à l'anarchie qu'a
connus l'Égypte quelques générations précédentes.

La grande œuvre extérieure de Sésostris Ier est la pacification de la Basse-Nubie, qu'il a


entamée sous son père. Il porte la domination égyptienne jusqu'à la troisième cataracte du

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Omaïma El Shal
(MUST 2008-2009)

Nil et établit une forteresse à Bouhen1, en amont de la deuxième cataracte, pour surveiller la
région et le belliqueux voisin de Kerma.

Les relations avec le Proche-Orient


Il encourage la reprise des relations commerciales avec les villes phéniciennes de Byblos et
d'Ougarit, qui s'étaient taries à la fin de l'Ancien Empire et organise de nouvelles expéditions
dans le Sinaï notamment à la recherche de nouveaux filons de turquoise. Ainsi le Proche-
Orient que l’Egypte commence à jouer un grand rôle. En effet, en 1936, on a retrouvé dans le
dépôt de fondation du temple de Montou à Tôd quatre coffres contenant un « tribut » syrien
de vaisselle d’argent et des amulettes de lapis-lazuli. Ce système de « tribut » était en fin de
compte pour les Egyptiens le fruit de l’importance d’un échange commercial.

Le conte de Sinouhé
La renaissance égyptienne du Moyen Empire qu'illustre le règne de Sésostris Ier concerne
aussi le domaine littéraire. « Le Conte de Sinouhé », rédigé sous son règne, s'inspire
librement des événements survenus lors de l'assassinat d'Amenemhat Ier. C’est l'une des plus
anciennes œuvres littéraires de l'Égypte jamais retrouvée. Il met en scène un fonctionnaire de
Sésostris, Sinouhé, qui s'enfuit d'Égypte pour des raisons obscures après l'annonce du
meurtre du pharaon. Le conte débute à la mort d'Amenemhat Ier, et raconte les expériences
de Sinouhé. Ce dernier tente d'enrayer une tentative de meurtre visant à empêcher le
successeur légitime d'Amenemhat, Sésostris Ier, d'arriver sur le trône. Sinouhé, qui revient
d'une campagne militaire en Libye avec l'héritier d'Amenemhat, n'arrive pas à dénoncer le
complot et trahit Sésostris en s'enfuyant. Arrivant en Syrie, il se marie à la fille d'un Chef du
Sud, qui l'adopte. Sinouhé prend progressivement du pouvoir, et retourne en Égypte après
une invitation de Sésostris - qui a survécu à la tentative d'assassinat. Sésostris le pardonne et
fait entrer Sinouhé à son service. Apologie du loyalisme d'un serviteur du roi, cette œuvre
littéraire restera un grand classique de la littérature égyptienne.

Sésostris Ier érige comme son père une pyramide à Licht et répétant sa politique de
succession, associe son fils au pouvoir par une nouvelle corégence. C'est de ce site que
provient une série de statues en calcaire du roi, plus grandes que nature, le représentant les
traits jeune, les pupilles encore peinte en noir, assis sur son trône, coiffé du némès orné d'un
uraeus, conférant au portrait du roi une majesté et la vitalité d'un éternel souverain. Ces
statues avaient été enfouies suite à l'inhumation du roi ce qui les a préservé des aléas du
temps et notamment des chaufourniers. Elles sont aujourd'hui exposées au Musée du Caire.

Amenemhat II est le fils de Sésostris Ier et petit-fils d'Amenemhat Ier. Après le règne brillant
de son père, durant lequel la légitimité de la dynastie s'est solidement établie, Amenemhat II
semble surtout gérer la prospérité et la puissance retrouvée de l'Égypte. L'économie de
l'Égypte est alors stimulée par une politique d'échanges commerciaux actifs entre la vallée et
les pays étrangers (Byblos, Palestine, Mésopotamie, Chypre et Crète, Pays de Pount). Durant
ce règne pacifique, l'Égypte consolide les possessions nubiennes acquises par Sésostris Ier.
Amenemhat II se fait construire sa pyramide à Dahchour, entre Licht et Saqqarah.

Sésostris II et l’apogée du Moyen Empire

Sésostris II est le fils d’Amenemhat II. Après une corégence de presque cinq ans, Sésostris II
succède à son père, pour une quinzaine d’années. Son règne constitue une transition entre les

1
- Pour plus de détail de cette forteresse, voir plus bas dans le texte.

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Omaïma El Shal
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deux parties de la XIIème dynastie. D'une part il continue la politique antérieure, d'autre part
il démarre les grandes innovations de la seconde moitié de la dynastie : mise en place d'un
système de fortifications en Basse Nubie et mise en valeur des marais du Fayoum qui n’était
sous l’Ancien Empire qu’une zone marécageuse qui servait de lieu de pêche et de chasse,
avec pour centre Crocodilopolis. Cette grande oasis avait de quoi offrir de nouvelles terres.
Sésostris II a engagé la mise en valeur de l'oasis du Fayoum par de grands travaux
d'aménagement et d'irrigation. Il entreprit de canaliser le Bahr Youssef qui se déversait dans
le futur lac Karoun en construisant une digue à Illahoun et lui adjoignant un système de
drainage et de canaux. Le projet ne sera achevé que sous Amenemhat III, mais ces grands
travaux ont provoqué un nouveau déplacement de la nécropole royale qui, après être
remontée à Dahchour avec Amenemhat II, s’installe à Illahoun. D'ailleurs il y édifia son
complexe pyramidal où à l’Est il créa un lotissement destiné à accueillir les ouvriers engagés
dans ces grands travaux.

La ville de Sésostris : Kahoun

La ville antique de Sésostris est un peu au nord Illahoun qui est un village dans le Fayoum, à
mi-chemin du Bahr Youssef (canal Joseph) et de la ville de Médinet el-Fayoum, à environ 90
km au Sud du Caire. Les égyptiens appelaient cette ville Sekhem-Senousret (ce qui signifie
Sésostris est puissant) aujourd’hui connue sous le nom de Kahoun. Dominée par une
acropole (citadelle), la cité était divisée en deux quartiers principaux, le quartier oriental
composé de grandes demeures et le quartier occidental dont les habitations sont toutes de
taille modeste. W. Fl. Petrie découvrit, dans les maisons et aussi dans le temple d’Anubis, des
centaines de papyri en écriture hiératique traitant de sujets littéraires, mathématiques,
médicaux ou bien encore légaux. Les études épigraphiques montrent que cette ville fut en
activité jusque sous la XIIIème dynastie. Elle abritait déjà de nombreux asiatiques sous le règne
de Sésostris II et leur population allait en s'accroissant durant tout le Moyen Empire. Leur
habilité dans l'art du bronze et des métaux indique qu'ils devaient vivre en bonne
intelligence avec les égyptiens bien qu'ils pouvaient être victime d'une certaine
discrimination.

Environ trois kilomètres au nord d'Illahoun se trouve une ancienne nécropole du Moyen
Empire, avec les restes de la pyramide de Sésostris II. Une découverte importante a été la
tombe de la princesse Set-Hathor-Iounet dont les bijoux en or sont aujourd'hui dans les
musées du Caire et de New York.

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Omaïma El Shal
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Ville de Kahoun

La forteresse de Bouhen

Bouhen est le site d'une des forteresses établies en Nubie par les Pharaons pour défendre
leur frontière méridionale et contrôler les routes commerciales qui passaient par le Nil
depuis le Soudan et l'Afrique.

Si un établissement initial remontant à l'époque thinite y a été découvert, c'est à partir de


l'Ancien Empire que Bouhen prend de l'importance comme comptoir commercial,
notamment avec Khéphren de la IVème dynastie qui prisa particulièrement la région pour ses
carrières de diorite desquelles il tirera les pierres nécessaires pour les statues destinées à son
complexe funéraire de Gizeh.

Mais c'est surtout à dater de la XIIème dynastie, notamment sous Sésostris Ier puis Sésostris III
au Moyen Empire, qu'il prend son aspect définitif. Il s'agit d'un des plus vastes et complexes

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exemple de forteresses édifiées par les égyptiens antiques qui nous soient parvenus avec sa
double muraille crénelée et ses douves lui donnant l'aspect d'une véritable ville retranchée.

Le site découvert au XIXème siècle a été sporadiquement fouillé jusqu'à ce que la région soit
menacée par la mise en eau du grand barrage d'Assouan. Des fouilles de sauvetage ont alors
révélé la ville avec ses greniers, ses casernes, son temple dédié à Horus de Bouhen ainsi que
la résidence du gouverneur. Les principales découvertes ont été prélevées afin d'être
sauvegardées, notamment les reliefs du temple, tandis que le site, comme d'autres forteresses
bâties dans les environs, est irrémédiablement perdu gisant au fond des eaux du Lac Nasser.

Lors de la Seconde Période Intermédiaire, un prince local du nom de Nedjeh s'affranchira de


la tutelle égyptienne et fondera son propre royaume qui allait d'Assouan à la deuxième
cataracte faisant de Bouhen sa capitale. Il s'alliera aux Hyksôs pour limiter la reprise
d'influence des princes thébains de la XVIIème dynastie avec lesquels il entre alors en lutte.

Kamosis reprit l’initiative et remportera la victoire sur les troupes de Nedjeh, reprenant la
forteresse de Bouhen dans laquelle il installera une stèle commémorative, achevant ainsi
l’expérience de ce royaume éphémère de Basse Nubie.

La région fut alors définitivement incluse dans la sphère d’influence de l’Égypte qui
s’étendra au-delà de la 4ème cataracte. Bouhen fonctionnera jusqu'à la fin du Nouvel Empire,
les pharaons de la XVIIIème dynastie embellirent le sanctuaire d’Horus notamment
Hatchepsout, Thoutmosis III puis Aménophis II.

Sésostris III

Le règne de Sésostris III (-1878 à -1843 / -1842 (Redford, Grimal)), marque l'apogée du
Moyen Empire. Ce roi est resté dans la mémoire des Égyptiens comme l'un des plus grands
de leur histoire.

Nom de Nesout-bity
Hiéroglyphe

Translittération (Unicode) Ḫa-kA.w-Ra


Translittération (ASCII) kha-kAu-Ra
Transcription Khâkaourê
Traduction « Les kas de Rê apparaissent »

Cinquième roi de la XIIème dynastie, Sésostris III hérite d'un pays que ses prédécesseurs ont
bien géré et su faire prospérer durant une longue période de paix.

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Omaïma El Shal
(MUST 2008-2009)

L'activité économique et commerciale florissante de l'Égypte attire de nombreux travailleurs


asiatiques dans la vallée, et l'influence égyptienne est plus forte que jamais à Byblos la vieille
cité amie de Phénicie.

Cependant, malgré leur autorité réelle sur le pays, les premiers Amenemhat et Sésostris ont
dû s'accommoder de la puissante noblesse locale des nomarques, dont certaines lignées
étaient déjà en place lors de la Première Période Intermédiaire et qui n'ont accepté le retour
d'un pouvoir pharaonique fort qu'à condition de conserver leurs privilèges. Or, leur richesse
et leur enracinement font craindre à Sésostris III qu'ils ne parviennent à affaiblir à nouveau la
monarchie. Il doit donc affronter ce problème auquel son arrière-grand-père Sésostris Ier
avait déjà donné un commencement de solution en divisant la charge de vizir : celui des
féodalités locales qui détenaient un pouvoir parfois peu éloigné de celui du roi, comme le
montrent le luxe des tombes de Béni Hassan ou l’activité à Hatnoub de la famille des
Djéhoutyhotep. Il choisit de mettre radicalement fin au pouvoir de ceux qui redevenaient
peu à peu des dynastes locaux en se fondant sur une tradition familiale parfois plus ancienne
que celle dont se réclamait le roi.

Dès son accession au trône, il entame donc une réforme administrative radicale qui brise le
pouvoir de ces dignitaires locaux.

- Il supprime purement et simplement la charge de nomarque, à une seule exception près :


Ouahka II d’Antaeopolis, qui restera en place jusque sous Amenemhat III.

- La gestion du territoire confiée à trois ministères régionaux (Nord, Sud et Basse Nubie).
Chacun des trois ministres est un fonctionnaire nommé par le roi, qui travaille sous l'autorité
directe du vizir. Cette réforme entraîne la création de nombreux postes de fonctionnaires
subalternes (officiers, scribes) qui constituent une nouvelle « classe moyenne » prospère et
dévouée au pharaon.

Les conséquences de cette réforme sont doubles la perte d’influence de la noblesse et, par
contrecoup, l’ascension de la classe moyenne que l’on suit à travers la prolifération des ex-
voto qu’elle consacre à Osiris à Abydos. Le roi lui-même développe sa province d’origine en
entreprenant la construction d’un temple de Montou à Médamoud. Le provincialisme
amorcé à la PPI atteint son sommet au Moyen Empire, et l’on peut suivre à travers les
nécropoles des capitales de nomes l’histoire du pays.

La politique extérieure de Sésostris III

Hors de l'Égypte proprement dite, Sésostris III doit assurer la reprise en main de la Haute-
Nubie, entre les 2ème et 3ème cataractes pour les protéger des tribus nubiennes qui s’étaient
infiltrées durant le règne de paix des deux rois précédents au Nord de la 3ème cataracte. En
effet, cette pointe méridionale des possessions égyptiennes subit les incursions régulières de
tribus kouchites venues du Sud. Le roi pacifie la région en quatre campagnes militaires, entre
l'an 8 et l'an 19 de son règne (an 8, 10, 16 et 19). Il commence par faire agrandir le canal que
Mérenrê avait fait creuser à la Vème dynastie à proximité de la première cataracte pour
faciliter le passage des navires dans les rapides d’Assouan. Il l’utilise en l’an 8 de son règne, à
l’occasion d’une première expédition contre Koush. Cette campagne et celle de l’an 16
permirent de fixer à Semna la limite méridionale de leur autorité. Cette frontière est
renforcée par la rénovation ou la construction d'un réseau de huit forteresses de briques
crues pourvues de garnisons entre Semna et Bouhen. Les habitants de la province,
reconnaissants, placeront Sésostris III au rang des divinités locales.

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Omaïma El Shal
(MUST 2008-2009)

Au Nord, en Syro-Palestine, le pharaon lance une expédition militaire contre les Mentjiou,
turbulents nomades sémitiques qui menacent régulièrement le Nord-Est de l'Égypte. Cette
campagne conduit les Egyptiens à affronter les populations de Sichem et du Litani. Cette
campagne le mène jusqu'en Palestine : il est le premier pharaon à mener de vraies
opérations de guerre en Asie. Les sources égyptiennes mentionnent à cette occasion la ville
de Jérusalem.

Sésostris III se fait construire sa pyramide à Dahchour, au nord de Licht, résidence de la


XIIème dynastie. Les archéologues y ont découvert d'importantes cachettes, recelant de
nombreux bijoux et parures.

Lorsqu'il disparaît, après trente-six ans de règne, l'Égypte du Moyen Empire est au
sommet de sa puissance et de son influence.

AMENEMHAT III

Nom de Sa-Rê
Hiéroglyphe

Translittération Jmn-m-Ht
Translittération Imn-m-HAt
Transcription Amenemhat
Traduction « Amon est en tête »

Nom de Nesout-bity
Hiéroglyphe

Translittération n(y)-mAa.t-Ra
Translittération ny-mAat-ra
Transcription Nymaâtrê
Traduction « Maât (la vérité) appartient à
Rê »

Amenemhat III (-1843/ -1842 à -1797) a un règne qui s'avère aussi brillant que celui de son
père Sésostris III, mais plus pacifique.

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Omaïma El Shal
(MUST 2008-2009)

La politique extérieure de Sésostris III suffit à assurer l’autorité de l’Egypte autant en Nubie,
où Amenemhat III, comme son successeur, sont honorés er respectés de Kerma à Byblos.
Sous son règne, l’Egypte accueille une nombreuse main-d’œuvre orientale de paysans, de
soldats, d’artisans, attirés autant par son rayonnement que par les emplois que crée la mise
en valeur du pays. La prospérité du règne d'Amenemhat III se reflète dans le train de vie de
la classe moyenne de fonctionnaires royaux créée par son père Sésostris III, ces scribes et
officiers ayant les moyens de s'offrir de somptueux monuments funéraires.

Elle se traduit aussi par un commerce extérieur plus florissant que jamais. Les villes côtières
de Syrie (Byblos, Ougarit), partenaires privilégiées de ces échanges, s'égyptianisent
profondément à cette époque.

L'Égypte d'Amenemhat III reçoit de son côté de nombreux migrants sémitiques d'Asie venus
travailler sur les grands chantiers de construction royaux.

La solidité des frontières de l'Égypte désormais assurée aussi bien en Nubie qu'au Nord-Est
grâce à l'action énergique de son père, Amenemhat III consacre ses quarante-cinq ans de
pouvoir à la mise en valeur du pays, et particulièrement à celle de l'oasis du Fayoum. Déjà
commencée sous Sésostris II, alors que cette zone n'était qu'un marécage poissonneux, la
mise en valeur de l'oasis atteint son apogée sous Amenemhat III. Elle devient une riche terre
agricole grâce aux nombreux canaux d'irrigation qui l'alimentent, et au barrage d'Illahoun,
terminé par Amenemhat III.

Le pharaon est tellement fier de cette réussite qu'il abandonne l'édification de sa pyramide de
Dahchour pour faire construire sa nécropole royale dans l'oasis, à Hawara. Cet ensemble
funéraire comporte, outre une pyramide, un temple si immense que les auteurs grecs comme
Strabon le décriront bien plus tard comme le légendaire Labyrinthe.

Dans le Sinaï, l’exploitation des mines de turquoise et de cuivre connaît une intensité jamais
atteinte. De l’an 9 à l’an 45, on ne compte pas moins de 49 inscriptions à Sérabit el-Khadim et
10 dans le Ouadi Maghara et le Ouadi Nash. Le temple d’Hathor à Sérabit el-Khadem est
agrandi et les lieux défendus contre les attaques des bédouins. Ces constructions seront
poursuivies par Amenemhat IV. Les expéditions aux carrières sont également nombreuses : à
Toura, dans le Ouadi Hammamat, à Assouan et à proximité de Toshka.

Ce règne est un des sommets de l’absolutisme d’Etat.

Pourtant, le déclin de la brillante XIIème dynastie survient rapidement après Amenemhat III,
peut-être en raison de problèmes de succession.

Amenemhat III se fait édifier deux complexes funéraires durant son règne.

• Le premier à Dahchour baptisée la Pyramide Noire en raison de son état actuel, trés
dégradé, dont seul le noyau en brique crue subsiste et lui donne cet aspect sombre à
l'horizon oriental de la nécropole. Il semble que le projet ait été abandonné au cours
du règne pour un autre emplacement.
• Le deuxième à Hawara, dans le Fayoum, complexe de grande envergure dont le
temple funéraire était si vaste qu'il a été interprété par les auteurs classiques comme
le prototype des labyrinthes. C'est dans la pyramide de ce complexe funéraire
qu'Amenemhat III sera finalement inhumé.

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Omaïma El Shal
(MUST 2008-2009)

Les enfants du pharaon, Amenemhat IV (-1797/-1790) et sa sœur Néfrousobek (-1790/-1785)


règnent peu de temps. Les rois obscurs de la XIIIème dynastie leur succèdent, sans que l'on
sache très bien dans quelles circonstances, ni si ces nouveaux souverains avaient un lien
familial quelconque avec eux.

AMENEMHAT IV

Nom de Nesout-bity
Hiéroglyphe

Translittération mAa-ḫrw-Ra
Transcription Maâkhérourê
Traduction « Rê juste de voix »

Amenemhat IV est un pharaon de la XIIème dynastie de -1797 à -1790. Manéthon lui compte
huit ans de règne. Le papyrus de Turin (6.1) lui compte neuf ans trois mois et vingt-sept jours
de règne.

Il essaie de prolonger l’œuvre d’Amenemhat III (son oncle, peut-être son père ?) avec qui il
règne un an en corégence, en maintenant des relations intenses avec l’Asie. Il entreprend la
construction de temples, en particulier dans le Fayoum où il termine celui de son père à
Médinet Mâdi. Il construit sa pyramide à Mazghouna au Sud de Dahchour.

Amenemhat IV règne un peu moins de dix ans et, à sa mort, la situation du pays tend à
nouveau à se dégrader – un peu d’ailleurs pour certaines des raisons qui ont causé la fin de
l’Ancien Empire. Sésostris III et Amenemhat III ont régné chacun environ un demi-siècle, ce
qui n’a pas manqué de provoquer des difficultés successorales. En effet, il épouse sa sœur
Néférousobek qui est pour la première fois dans l’histoire de l’Egypte, désignée dans sa
titulature royale comme une femme-pharaon. On lui attribue la pyramide Nord de
Masghouna,

Il a deux enfants nés d’une concubine, Amenemhat Sénébef et Amenemhat V Sekhemkarê


qui seront deux rois de la XIIIème dynastie.

Le classicisme

Le Moyen Empire au sens large, de la Première Période Intermédiaire à la XIIIème dynastie,


est l’époque où la langue et la littérature atteignent leur forme la plus parfaite. Parmi les
textes les plus connus, nous pouvons citer : Maximes de Ptahhotep, Instructions pour Kagemni,
Maximes de Djedefhor, Admonitions, Instructions pour Mérikarê. Ce sont des compositions pour
la majeure partie très vraisemblablement apocryphes, mais qui sont en réalité des œuvres
politiques.

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