Traitemedel Eau
Traitemedel Eau
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Traiteme de l'eau L3
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Madani Bessedik
Abou Bakr Belkaid University of Tlemcen
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Traitement de l’eau
Licence Hydraulique
BESSEDIK Madani
2017 / 2018
Table des matières
AVANT-PROPOS ............................................................................................................................................. 4
POTABILITE. ................................................................................................................................................... 6
2
3
AVANT-PROPOS
Ce support de cours de la matière : « traitement de l’eau » est destiné aux étudiants de la filière
hydraulique, et plus précisément à ceux de la troisième année licence. Il propose une panoplie
complète et synthétique de l’ensemble des différentes techniques utilisées dans le domaine de
traitement de l’eau pour la rendre potable.
Le manuscrit, conforté par des illustrations, est structuré en quatre chapitres. Si dans le
premier ; il est trait des généralités sur les eaux de consommation et normes de potabilité, les trois
restants sont consacrés aux trois phases de traitement de l’eau, à savoir : le prétraitement (dégrillage,
microtamisage et dessablage), le traitement de la clarification des eaux (coagulation/floculation,
décantation et filtration) et enfin le traitement de finition (désinfection, adsorption et amélioration de
la qualité).
L’objectif principal de cet ouvrage est de fournir les bases fondamentales pour le
dimensionnement et la conception des différents équipements et ouvrages nécessaires pour assurer une
bonne potabilisation des eaux, essentiellement, superficielles.
Le second ouvrage qui, à mon sens, présente un grand nombre d’informations technologiques et
d’applications pratiques est le mémento technique de l’eau (2005) édité par la compagnie Dégrément
en deux tomes. C’est une source d’information complète et incontournable pour toute question pratique
dans le domaine de traitement de l’eau. Et bien sûr, d’autres ouvrages, que ce soient des documents
et/ou de fiches techniques traitant du sujet, ont été utilisés pour élaborer ce modeste ouvrage. Il s’agit
de :
Webographie
• BAIG S. et MOUCHET P. : "Oxydation et réduction appliquées au traitement de l'eau - Principes
généraux". Référence W2700. Edition Techniques de l’Ingénieur. Date de publication : 10 août
2008. [Link] Consulté
le 26/01/12
• BAIG S. et MOUCHET P. : " Oxydation et réduction appliquées au traitement de l'eau - Ozone
– Autres oxydants – Oxydation avancée – Réducteurs. Référence W2702. Edition Techniques de
l’Ingénieur. Date de publication : 10 févr. 2010.
4
[Link] Consulté le
26/01/12
• LENNTECH 2016 : "Purification et traitement de l’eau". [Link]
Consulté le 25/11/2016.
• MDDEP 2017 : "Le Guide de conception des installations de production d’eau potable (Guide
de conception)". Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Canada.
[Link] consulté le 07/12/2017.
5
CHAPITRE I :
GENERALITES SUR LES EAUX DE CONSOMMATION ET NORMES DE
POTABILITE.
Les eaux de consommation encore appelées eaux potables peuvent se présenter sous deux
formes : l’eau du robinet et les eaux minérales.
Toutes les eaux de consommation doivent répondre aux mêmes normes de qualité, à l’exception
des eaux minérales naturelles qui peuvent présenter des caractéristiques particulières. Elles permettent
les usages domestiques de l’eau (cuisine, hygiène, arrosage...).
Critères souhaitables
Ces critères se traduisent soit par des valeurs maximales ou minimales au-delà ou en deçà desquelles
les eaux présentent des inconvénients, soit par des valeurs optimales.
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Température : optimale entre 9 et 12 °C.
Turbidité (matières solides fines en suspension) : se mesure par un nombre de gouttes d'un
réactif approprié dans l'appareil de Dienert et Guillerd. Eviter de dépasser 25 à 30 gouttes.
Couleur (due à des colloïdes en suspension) : se mesure de façon analogue, avec un réactif
spécifique, définissant un indice n. Éviter de dépasser la valeur 20 pour n.
c) la qualité physique et gustative : l’eau doit être limpide, claire, aérée et ne doit présenter ni saveur
ni odeur désagréable. Cependant, une eau qui ne satisfait pas pleinement à ces critères ne présente pas
forcément de risque pour la santé.
L’eau est utilisée en milieu urbain d’abord comme élément vital pour les besoins
physiologiques, puis comme moyen de lavage, comme solvant pour divers besoins domestiques et
publics, et enfin comme évacuateur de déchets. Dans une évaluation des besoins en eau des centres
urbains, il faut opposer nettement les besoins domestiques, propres à l’individu et les besoins publics,
correspondant à sa vie en société. Par suite des conditions de distribution, toute l’eau fournie est
potable, alors que certains besoins domestiques et publics n’exigeraient pas une eau de qualité aussi
importante. Par contre, dans le cas de la consommation d’eau pour la boisson, une redoutable
concurrence s’est instaurée dans maints pays développés entre eau potable et eau minérale.
a) Eau domestique
Aux besoins domestiques directs (100 l/j/h) s’ajoutent donc des besoins d’au moins 200 l/j/h,
soit un total de 300 l/j/h, soit 110 m3 /habitant/an environ. Ces besoins sont largement dépassés dans
les grandes agglomérations et ils se répartissent en trois parts égales : celle des ménages, celle des
commerces et des autres usagers collectifs, celle des services municipaux (les besoins domestiques et
publics atteignent ainsi de 400 à 900 l/j/h).
On peut citer avec des réserves 836 l/j/h à Boston, 647 l/j/h à Montréal 606 l/j/h à Oslo, 565
l/j/h à Monaco, 500 l/j/h à Paris, 481 à Tokyo.
Ces eaux ne sont distribuées qu’après traitement, trois facteurs déterminent le choix d’un
traitement :
• La quantité : La source doit couvrir la demande, en toute circonstance.
• La qualité : La qualité de l’eau brute dont on dispose doit être compatible avec la législation
en vigueur.
• L’économie : Le coût d’investissement et de fonctionnement du procédé de traitement relatif
à chacune des ressources disponibles est déterminant lors de la prise d’une décision.
Il faut signaler que les établissements distributeurs des eaux de consommation sont
responsables de la conformité de ces eaux aux normes jusqu’à leurs arrivées au consommateur.
b) Eaux industrielles :
La qualité et la quantité des eaux utilisées dans l’industrie sont très variables, elles dépendent du type
de l’entreprise productrice et de sa taille (voir tableau I.5). Une eau qui va entrer dans un cycle de
refroidissement d’une chaudière est moins exigeante que l’eau utilisée dans l’industrie électronique.
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Tableau I.5 : Principales utilisation industrielles de l’eau et sources d’eau possible
Sources d’eau acceptables
Utilisation (souvent après un traitement
adéquat)
- Agroalimentaire - Eau moyennement
- Pharmacie neutralisée
Eau de fabrications - Papier blanc - Eau potable
nobles - Textiles - Eaux de forage
- Teintureries - Eaux de surface peu
- Chimie polluées
- Pharmacie
- Chaudières
- Eaux de forage
- Préparation des bains divers
- Eaux de surface peu
Eau déminéralisée - Rinçage en galvanoplastie
polluées
- Eau ultra pure
- Dessalement par osmose
inverse
- Eaux de surface pauvre en
Eau de
Cl-
refroidissement en - Réfrigération atmosphérique
- Effluents après traitement
circuit semi-ouvert
tertiaire
Eau de - Eaux de surface
refroidissement en - Condenseurs et échangeurs - Eaux de mer
circuit ouvert - Effluents après traitement
Eau de lavage de gaz - Eaux de surface tamisées et
- Lavage gaz métallurgique et
ou produit de prédécantées
incinération
transport - Effluents secondaires
Source : Desjardins R. 1997
8
CHAPITRE II : LE PRETRAITEMENT DES EAUX DE CONSOMMATION
II.1- INTRODUCTION
Les eaux brutes doivent subir, avant leur traitement proprement dit, un prétraitement. Il est
destiné à extraire de l'eau brute la plus grande quantité d'éléments dont la nature ou les dimensions
constituerait une gêne pour les traitements ultérieurs.
II.2- LE DEGRILLAGE
Dès sa prise, l’eau passe à travers des grilles pour arrêter les éléments grossiers (corps flottants
et gros déchets tel que des branchages et des cailloux).
L’installation de dégrillage se compose : d’un canal, de la grille, du dégrilleur et d’une benne
pour les déchets. L’espacement entre les barreaux des grilles est soit plus de 3 cm (dégrillage grossier)
ou de moins de 3 cm (fin).
Plusieurs dégrillages peuvent être associés en série. Pour les eaux de ruissellement, il s’agira
en pratique dans la grande majorité des cas de pré-dégrillage suivi parfois de dégrillage moyen.
a- Emplacement
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Les dégrilleurs sont généralement installés :
en amont des bassins de retenue ;
en amont des ouvrages de traitement au fil de l’eau (dessableurs, déshuileurs...)
notamment en zone urbanisée où les déchets sont en abondance dans les eaux
recueillies.
b- Dimensionnement
Lorsque les eaux brutes fortement chargées le colmatage accéléré peut provoquer un
débordement. Le dégrilleur devra permettre le passage de l’eau par débordement en cas de colmatage.
Une grille génère une perte de charge hydraulique i(m), telle que :
avec :
Ds : coefficient de forme des barreaux circulaire = 1,8 ; oblongue = 1,7
e : épaisseur des barreaux (m)
E : espace libre entre les barreaux (m), (écartement)
V : vitesse moyenne d’arrivée de l’eau
La vitesse de traversée de la grille ne doit pas être inférieure à 0,6 m/s afin d’obtenir
l’application des matières sur la grille et d’éviter les dépôts de sables. La vitesse doit osciller entre 0,8
et 0,9 m/s et rester inférieure à 1,2 m/s en débit de pointe.
𝑄𝑄pointe
Surface immergée : 𝑆𝑆 = (II.2)
𝑉𝑉.𝜃𝜃.𝐶𝐶
avec :
V : vitesse admise pour le débit Q considéré
C : coefficient de colmatage
θ : coefficient de passage libre = E / [E + e] (voir (II.1))
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d- Avantages et inconvénients
Le tableau suivant résume les avantages et inconvénients des différents dégrilleurs, qu’ils soient
manuel ou automatiques.
e- Entretien
Il dépendra du type de dégrilleur choisi :
- le dégrilleur à grille manuelle nécessite un entretien (enlèvement des détritus) fréquent
et régulier, donc très contraignant ;
- le dégrilleur à grille mécanique, lui, nécessite un entretien moins fréquent mais toujours
régulier qui consiste à l’enlèvement des déchets et à un contrôle de fonctionnement
(fréquence estimée à une fois par mois).
Il est difficile de fixer une fréquence d’enlèvement des déchets car elle dépend de la quantité de
détritus recueillis donc du bassin d’apport. Le lieu d’implantation du dégrilleur devra être
accessible à des véhicules de chargement et d’évacuation des déchets.
f- Efficacité
L’efficacité du dégrillage dépend de 3 facteurs :
- la position du dispositif par rapport au reste du réseau,
- la vitesse de passage de l’eau dans l’ouvrage (qui conditionne le colmatage),
- la fréquence d’entretien.
L’efficacité est aussi fonction du débit d’entrée dans le dégrilleur. En effet, l’installation d’un
chenal d’approche rectiligne en amont de l’ouvrage permettra une bonne répartition du débit et de la
vitesse des eaux et améliorera ainsi les performances du dispositif (en évitant le colmatage). Un piège
à cailloux diminuera la détérioration des barreaux du dégrilleur.
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II.3- LE MICROTAMISAGE
Ce procédé consiste en un filtrage plus fin de l'eau à travers une toile de fils ou de fibres ou à
travers une membrane poreuse. Les particules organiques, minérales et le plancton sont interceptés si
leur taille est supérieure à celle des ouvertures du microtamis. Celui-ci n'améliore, ni la turbidité causée
par de fines particules, ni la couleur de l'eau ; les argiles, les substances dissoutes, les éléments
colloïdaux minéraux et organiques ne se trouvant pas arrêter.
Un système à nettoyage automatique est requis pour éliminer les MES retenues lorsque l’eau
traverse les microtamis.
Jet d’eau de
lavage
Eau tamisée
• Le microtamis est conçu pour retirer des solides spécifiques (des algues par exemple). Le
diamètre des ouvertures du tamis doit être choisi en fonction de cet usage particulier ;
• Une attention doit être apportée au choix du matériau formant le tamis pour éviter des
problèmes de corrosion ;
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• Si une désinfection est requise en prétraitement, il faut tenir compte de l’effet de l’ajout du
désinfectant sur les tamis ;
• La récupération des matières retenues par les tamis et leur disposition est à examiner.
II.4- DESSABLEUR
Le but de ce dispositif est de piéger les particules solides charriées par les eaux et les matières
en suspension de granulométrie comprise entre 200 et 500 μm : sables, graviers, etc.
Eau brute
Eau dessablée
Sable
En retenant les sables qui sont associés aux polluants, le dessableur participe à la protection du milieu
récepteur ; il permet également :
d’éviter la détérioration des ouvrages situés en aval (usure des pièces mécaniques),
Ainsi, l’implantation d’un dessableur diminuera les difficultés d’exploitation des réseaux et la quantité
de sables rejetée dans le milieu.
II.4.2. Principe
Ouvrage constitué d’une chambre profonde, ce dispositif a été conçu pour arrêter les particules
minérales les plus denses, essentiellement les sables et graviers mais aussi les débris de verres et de
métaux.
Cette séparation gravitaire s’effectue par limitation de la vitesse horizontale des fluides qui doit
être inférieure à la vitesse de chute des particules minérales.
Le dessableur assure donc le tri des particules denses et légères :
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- en retenant au fond de la chambre de dessablement les particules minérales de densité sèche
≈ 1,8 ;
- en laissant en suspension les matières organiques de densité ≈ 1,2.
II.4.3. Dimensionnement
Le dessableur doit être conçu pour que la vitesse de l’eau à l’intérieur de l’ouvrage soit
comprise entre 0,2 et 0,4 m/s. La conception du dessableur se fait en fonction du choix de la taille des
particules à éliminer (0,2 mm) et de leur pourcentage à éliminer (80 à 95 %). L’élargissement de la
section du collecteur permet une réduction de la vitesse de l’eau et également une régulation (utile
pour les autres ouvrages en aval).
Volume : 𝑉𝑉 = 𝜏𝜏 ∗ 𝑄𝑄 (II.4)
𝑉𝑉
Hauteur : 𝐻𝐻 = (II.5)
𝑆𝑆
Avec :
S : surface (m2)
Q : débit (m3/s)
Vasc : vitesse ascensionnelle des particules (m/s) (déterminée au laboratoire)
V : volume (m3)
τ : temps de séjour (jours)
II.4.4. Entretien
Il consiste en un curage de l’ouvrage, l’enlèvement des sables et leur évacuation. L’enlèvement
des sables est indispensable au maintien des performances de l’ouvrage. En effet, il peut rapidement
perdre son efficacité et relarguer une quantité importante de sables pouvant détériorer les ouvrages en
aval. Il est difficile de fixer une fréquence d’enlèvement des sables car elle dépend de l’origine des
eaux recueillies et de la situation géographique des dispositifs de dépollution.
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CHAPITRE III
TRAITEMENT DE CLARIFICATION
La turbidité et la couleur d'une eau sont principalement causées par des particules très petites
(de diamètre compris entre 0.1 et 10μm), dites particules colloïdales. Ces particules, qui peuvent rester
en suspension dans l'eau durant de très longues périodes, peuvent même traverser un filtre très fin. Par
ailleurs, puisque leur concentration est très stable, ces particules n'ont pas tendance à s'accrocher les
unes aux autres.
Les impuretés solides fréquemment en suspension dans les eaux de surfaces peuvent être :
On élimine ces matières par des procédés coagulation et de floculation, en ajoutant des réactifs.
Il est important que les procédés de coagulation et de floculation soient utilisés correctement.
En effet, la production d'un floc trop petit ou trop léger entraîne une décantation insuffisante : lorsque
les eaux arrivent sur les filtres, elles contiennent une grande quantité de particules de floc, qui
encrassent rapidement ces filtres, ce qui nécessite des lavages fréquents. Par ailleurs, lorsque le floc
est fragile, il se brise en petites particules qui peuvent traverser le filtre et altérer la qualité de l'eau
produite.
Les particules en suspension dans une eau de surface proviennent de l'érosion des terres, de la
dissolution de substances minérales et de la décomposition de substances organiques. À cet apport
naturel, il faut ajouter les déversements d'eaux d'égout domestiques, industrielles et agricoles. En
général, la turbidité de l'eau est causée par des particules de matières inorganiques (particules de glaise
et d'argile) alors que sa couleur est imputable à des particules de matières organiques et d'hydroxyde
de métal (le fer, par exemple).
On peut classer les particules en fonction de leur taille. Ainsi, les particules dont le diamètre
est supérieur à 1 μm sont des particules de matières organiques ou inorganiques qui se déposent
facilement, alors que les particules dont le diamètre est inférieur à 1 μm sont des particules colloïdales
qui se déposent très lentement.
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Les particules de matières minérales de densité élevée (≈2,65) et de faible diamètre (≤ 0,001
mm) se déposent très lentement et ne sont pas éliminées par un décanteur classique. Les particules de
matières organiques, quant à elles, ont une densité faible; elles se déposent donc encore plus lentement.
Tableau N III.1 : Temps requis pour que des particules de densités 2,65, 2,0 et 1,1 chutent de 1 m
dans une eau à 15°C
Temps de chute
Type de Diamètre
particule (mm) Densité de Densité de Densité de
2.65 2.0 1.1
Gravier 10.0 0.013 s 0.02 s 0.20 s
Sable grossier 1.0 1.266 s 2.09 s 20.90 s
Sable fin 0.1 126.66 s 3.48 min 34.83 min
Glaise 0.01 3.52 h 5.80 h 58.0 h
Bactérie 0.001 14.65 j 24.19 j 241.9 j
Colloïdales 0.000 1 4.12 a 6.66 a 66.59 a
Colloïdales 0.000 01 412.2 a 665.9 a 6 659.0 a
Colloïdales 0.000 001 41 222.7 a 66 590.0 a 665 905.0 a
Source : Degrément 2005
Les particules colloïdales sont soit hydrophiles, soit hydrophobes. Les particules hydrophiles
déshydratées se dispersent spontanément dans l'eau et sont entourée de molécules d'eau qui
préviennent tout contact ultérieur entre ces particules. Les particules hydrophobes ne sont pas
entourées de molécules d'eau ; leur dispersion dans l'eau n'étant pas spontanée, on doit la faciliter à
l'aide de moyens chimiques ou physiques.
Les particules hydrophobes sont en général des particules de matières inorganiques, alors que
les particules hydrophiles sont des particules de matières organiques. En fait, peu de particules sont
exclusivement hydrophobes ou hydrophiles ; on retrouve plutôt des particules hydratées à différents
degrés.
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Couche liée
III.1.3. La coagulation
III.1.3.1 Principe
La charge électrique et la couche d'eau qui entourent les particules hydrophiles tendent à
éloigner les particules les unes des autres et, par conséquent, à les stabiliser dans la solution. Le but
principal de la coagulation est de déstabiliser ces particules pour favoriser leur agglomération.
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Les produits les plus utilisés pour la purification des eaux sont les sels d'aluminium et de fer.
On a longtemps pensé que ces sels libéraient des ions Al3+ et Fe3+ qui neutralisaient la force de
répulsion entre les particules colloïdales et favorisaient ainsi la coagulation. On sait maintenant que
les mécanismes qui entrent en jeu sont plus complexes et que les produits d'hydrolyse des sels
d'aluminium et de fer sont des coagulants plus efficaces que les ions eux-mêmes.
Lorsqu'on additionne à l'eau les sels d'aluminium ou de fer, ces derniers réagissent avec
l'alcalinité de l'eau et produisent des hydroxydes, Al(OH), ou Fe(OH), insolubles et formant un
précipité.
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III.1.4. Floculation
III.1.4.1. Principe
Après avoir été déstabilisées, les particules colloïdales ont tendance à s'agglomérer lorsqu'elles
entrent en contact les unes avec les autres, pour former des microflocs puis des flocs plus volumineux
et décantables. Le taux d'agglomération des particules dépend de la probabilité des contacts et de
l'efficacité de ces derniers. La floculation a justement pour but d'augmenter la probabilité des contacts
entre les particules, lesquels sont provoqués par la différence de vitesse entre ces particules.
Après intégration de l’équation (III.1), nous obtenons le temps nécessaire pour que la
concentration des particules en suspension soit réduite de moitié avec la relation suivante :
3 1
𝜏𝜏 = (III.2)
2𝐺𝐺𝐺𝐺pc3 𝑁𝑁0
Dans un floculateur classique, l'agitation est causée par un ensemble de pales parallèles à l'axe
de rotation, ensemble qui tourne à une vitesse constante. On peut calculer la puissance que ces pales
doivent transmettre lorsqu'on souhaite obtenir un certain gradient de vitesse à l'aide de l'équation
suivante :
1
𝑃𝑃 = 2
𝐶𝐶D𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴3 (III.3)
Les bases théoriques de la coagulation-floculation ne permettent pas à elles seules de préciser les
dosages optimaux de coagulation-floculation d’une eau donnée. Afin de déterminer les doses
nécessaires pour une bonne coagulation floculation, il faut toujours avoir recours à l’expérience dite
« Jar-test ».
En plus de la détermination la dose de la coagulation, les essais de jar-test permettent de visualiser la
floculation et de connaître ses effets aussi bien sur l’eau décantée que sur les boues. Ils doivent être
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effectués à une température voisine de celle que possédera effectivement l’eau au cours de son
traitement in situ.
Figure III.5 : la courbe Turbidité = f (dose de coagulant) obtenue. On en déduit la dose optimale de
coagulant à ajouter : ici 7 mg/l.
III.2. DÉCANTATION
III.2.1. Principe
La décantation est la méthode de séparation gravitaire la plus fréquente des MES et colloïdes
(rassemblés sous forme de floc après l’étape de coagulation/floculation). Il s’agit d’un procédé de
séparation solide/liquide basé sur la pesanteur. Cette séparation est induite par réduction de la vitesse
horizontale qui doit être inférieure à la vitesse verticale (de chute, de décantation ou ascensionnelle)
afin de favoriser la sédimentation des particules dans un piège. Ces particules s'accumulent au fond du
bassin, d'où on les extrait périodiquement. L'eau récoltée en surface est dite clarifiée.
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Les forces de frottement exercées sur la particule par le fluide, du fait de sa viscosité (ces
frottements croissent avec le carré de la vitesse relative particule-fluide). Lorsque les forces de
frottement visqueux équilibrent la résultante du poids et de la poussée d‘Archimède, la particule se
déplace alors à une vitesse constante appelée vitesse de sédimentation.
Les facteurs clefs de la sédimentation sont la différence de masse volumique entre le solide et
le liquide, la taille des particules et la viscosité du fluide. Pour des particules de quelques microns, la
vitesse de sédimentation (décantation) devient trop faible. A noter que, au cours du temps, les appareils
de clarifications sont devenus de plus en plus performants (voir la figure III.6).
Vitesse ascensionnelle [m/h]
100
80
80
60
40
40
12 15
20 7
1,5
0
1960 1970 1975 1980 1986 2006
Année
22
III.2.2. Types de décantation
Selon la concentration en solide et la nature des particules (densité et forme), on distingue
quatre types de décantation :
Les particules conservent leurs propriétés initiales (forme, dimension et densité) au cours de
leur chute. La vitesse de chute est alors indépendante de la concentration en solide.
𝐶𝐶 .𝑠𝑠 . ρl .𝑉𝑉²
𝐹𝐹T = (III.5)
2
Avec : FM
ρp – ρl : masses volumiques de la particule grenue et du fluide,
d,s,v : diamètre, surface projetée et volume de la particule grenue,
V : vitesse de décantation de la particule,
g : accélération de la pesanteur,
C : coefficient de traînée (adimensionnel).
Très vite un équilibre (FM = FT) s'établit et la décantation de la particule assimilée à une sphère se fait
à vitesse constante V0 telle que :
4 𝑑𝑑 ρp – ρl
𝑉𝑉0² = 𝑔𝑔 (III.6)
3 𝐶𝐶 ρl
𝑄𝑄
𝑉𝑉0 > 𝑉𝑉asc = (III.7)
𝑆𝑆H
La vitesse d’une particule entrant dans le bassin a son niveau supérieur à deux composantes :
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V0 : vitesse verticale de chute,
V1 : vitesse horizontale du fluide égale à Q/S
Cette particule est retenue dans le bassin si le temps qu'elle met à toucher le radier (ou entrer
dans la zone boueuse) t1 est inférieur au temps de séjour de l'eau dans le décanteur t2.
𝐻𝐻 𝐿𝐿 𝐿𝐿.𝑆𝑆
t1 = 𝑉𝑉 (III.8) et t2 = 𝑉𝑉 = 𝑄𝑄
(III.9)
0 1
Soit :
𝐻𝐻 𝐿𝐿.𝑆𝑆 𝐻𝐻.𝑄𝑄 𝐻𝐻.𝑄𝑄 𝑄𝑄
𝑉𝑉0
<
𝑄𝑄
ou V0 > 𝐿𝐿.𝑆𝑆
=
𝐿𝐿.𝑙𝑙.𝐻𝐻
=
𝑆𝑆H
= VH (III.10)
VH : vitesse de Hazen (ou charge hydraulique superficielle) analogue à Vasc du cas précédent et
exprimée en m3.(h•m²)-1 ou m • h -1. Il est à noter que VH est indépendante de la profondeur du bassin.
Toutes les particules ayant des vitesses de sédimentation supérieures à VH seront théoriquement
éliminées. Toutefois, si l'alimentation en eau est répartie sur toute sa hauteur, une partie des particules
ayant une vitesse de décantation V inférieure à la vitesse de Hazen sera aussi retenue dans le rapport
V/VH, alors que dans un décanteur à flux vertical, ces particules ne seraient pas retenues.
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Figure III.9 : Efficacité comparée des décantations horizontale et verticale.
Ce type de décantation est caractérisé par l'agglomération des particules au cours de leur chute.
Les propriétés physiques de ces particules (forme, dimension, densité et vitesse de chute) sont donc
modifiées pendant le processus.
Figure III.10 : Schéma de la décantation à flux horizontal (particules grenues et particules floculées).
Dans un décanteur à flux horizontal, le débit (Q) qui traverse uniformément le décanteur de
hauteur (H) et de largeur (l), permet d’obtenir une vitesse horizontale de transfert du fluide (V1). Les
particules en suspension chutent au fond du décanteur avec une vitesse V0. Le dimensionnement du
décanteur consiste à déterminer la surface nécessaire de sorte que la vitesse de chute de la particule
soit supérieure à la vitesse de transfert du fluide dans le décanteur.
25
d’abord améliorées puis freinées au-delà d’une certaine concentration critique, on parle d’une
« décantation freinée ».
Quand on réalise une décantation en piston dans un tube de hauteur et de diamètre suffisants,
on laisse la suspension au repos. Au bout d'un moment apparaissent dans le récipient différentes
couches, de hauteur variable avec le temps. On observe ainsi de bas en haut :
La surface de séparation entre la couche de liquide claire (a) et le reste de la solution est en
général très nette. À partir d'un certain état, les zones b et c disparaissent, c'est le point critique.
L'évolution de la hauteur de l'interface a-b en fonction du temps, constitue la courbe de Kynch.
Courbe de Kynch
L'hypothèse fondamentale de Kynch est que la vitesse de chute d'une particule ne dépend que
de la concentration locale C en particules. De A à B, la surface de séparation est plus ou moins nette :
c'est la phase de coalescence des flocons. Cette phase est parfois inexistante. De B à C, une partie
rectiligne traduit une vitesse de chute constante V0 (pente de la droite). V0 est fonction, pour un tube
de dimensions données, de la concentration initiale en MES et des caractéristiques de floculation de la
suspension. Lorsque, la concentration initiale C0 augmente, la vitesse de décantation V0 de la masse
diminue.
26
Figure III.12 : Courbe de Kynch
Toute particule présente dans l'eau est soumise à deux forces. La force de pesanteur, qui est
l'élément moteur, permet la chute de cette particule. Les forces de frottement dues à la traînée du fluide
s'opposent à ce mouvement. La force résultante en est la différence.
I (=ma) = - R + G –P = 0 (III.11)
27
𝑑𝑑𝑑𝑑 𝑑𝑑𝑑𝑑 𝜌𝜌l
𝑅𝑅e = = (III.13)
𝜂𝜂 𝜇𝜇
CD : Coefficient de résistance
( ρ s − ρ l )d
Vlim = α (III.19)
ρl
c) Vitesse de chute en « Chute troublée »
ρ s − ρ l* = x( ρ s − ρ l ) (III.21)
28
Ou approximativement si x ≈ 0.7
g ( ρ s − ρ l )d 2 x3
Vlim = 0.123 (III.24)
18 µ 1− x
Mais en pratique, nous prenons :
g ( ρ s − ρ l )d 2 (III.25)
Vlim =
18 µ
En régime turbulent, loi de Newton :
3g ( ρ s − ρ l )d
Vlim = (III.26)
ρl
III.2.4. Les décanteurs
Les décanteurs classiques sont caractérisés par la surface de décantation égale la surface de
base.
Le décanteur le plus simple est constitué d’une cuve parallélépipédique munie d’une zone d’entrée et
de deux zones de sortie (une pour la sur-verse et l’autre pour les boues). Il existe deux types de
décanteur dit simple :
Dans ces bassins, la condition pour qu'une particule soit retenue et qu'elle ait le temps
d'atteindre le fond avant le débordement ou la sortie de l'ouvrage.
Un décanteur horizontal est caractérisé par :
le débit traversier Q,
sa surface S,
sa hauteur entre le plan d'eau libre et le radier h.
Le temps de rétention dans l'ouvrage sera :
𝑆𝑆.ℎ
𝑡𝑡 = (III.27)
𝑄𝑄
Une particule en suspension arrivant en surface à l'entrée du décanteur décante avec une vitesse
constante V0. La décantation est terminée lorsque la particule s'est déposée sur le radier, la durée de
chute est égale à h / V. La possibilité pour les particules d'atteindre le fond de l'ouvrage est évidemment
envisageable seulement si
29
Théoriquement, l'efficacité d'un décanteur horizontal ne dépend que de sa vitesse de Hazen et
non de sa hauteur ou de son temps de rétention. Généralement cette vitesse est comprise entre 0.5 et
1.5 m/h.
Cependant, les particules contenues dans l'eau floculée entrant dans le décanteur présentent
toute une gamme de dimensions. Pendant leur parcours dans l'ouvrage les plus petites peuvent
s'agglutiner entre elle, c'est le phénomène decoalescence. Leur taille, et donc la vitesse de
sédimentation augmente avec le temps. La trajectoire devient de ce fait curviligne et l'efficacité de la
décantation dépend donc aussi du temps de rétention.
30
Figure III.15 : Décanteur à étages. Source : Desjardins R. 1997
Les décanteurs horizontaux à plusieurs étages visent au respect des conditions suivantes :
• répartir uniformément l'eau à l'entrée et la sortie du décanteur,
• éviter les zones mortes,
• supprimer les éléments perturbateurs.
Ces décanteurs peuvent comporter, de l'amont vers l'aval :
• une chambre de mélange rapide des réactifs,
• un floculateur,
• une chambre de coalescence,
• les couloirs superposés de décantation dans lesquels l'eau pénètre par la partie
supérieure.
L'eau décantée est reprise à la partie aval par des déversoirs longitudinaux. La purge des boues
est assurée par des tuyaux perforés ou un racleur en fonctionnement continu.
Dans ce type d'ouvrage l'eau suit un trajet vertical. La vitesse de chute des particules est
contrariée par une force résultante de la composition de la force de frottement et de la vitesse
ascensionnelle de l'eau.
Tous les décanteurs verticaux font appel au voile de boue du fait de cet équilibre des vitesses
et ce, quelle que soit la technique utilisée avec ou sans floculateur. Le rôle du voile de boue est essentiel
il joue également le rôle de filtre pour les flocons de faible dimensions. En son sein sa produit le
phénomène de coalescence.
Ce sont des ouvrages de forme conique ou pyramidale pour permettre un contrôle plus aisé du
voile de boues. Dans ce type d’ouvrage, la vitesse ascendante maximum vaut : 2 m3/h/m² (m/h).
31
Figure III.16 : Décanteur à flux vertical. Figure III.17 : décanteur statique
Décanteurs cylindriques : ce type d'appareil est constitué essentiellement d'un pont support de
mécanisme fixé sur le bord d'une cuve cylindrique. Le groupe d'entraînement, monté au milieu de ce
support, entraîne le mécanisme de raclage constitué d'un arbre vertical et de deux bras munis de
raclettes. Différents modèles de mécanisme de raclage peuvent équiper ce type de décanteur selon le
cas d'application. Ce type d'appareil existe dans la gamme de 2 à 45 m.
Les lames sont disposées de telle sorte que le fond de la cuve soit balayé une ou deux fois par tour.
Pour les boues lourdes, deux bras courts de raclage supplémentaires balayent la zone centrale de la
cuve quatre fois par tour.
Dans un décanteur idéal, une particule est éliminée lorsqu'elle atteint la zone de boues. Dans le
décanteur simple, cette particule doit parcourir une distance verticale H. On peut aisément montrer
que, si on réduit de moitié la hauteur du bassin sans modifier le temps de rétention, on n'obtient aucune
32
élimination supplémentaire de particules, puisque, pour conserver ce même temps de rétention, on doit
doubler la longueur du bassin. Or, dans ce nouveau bassin, la section d'écoulement est réduite de moitié
; par conséquent, la vitesse horizontale est doublée.
𝑄𝑄 𝑄𝑄 𝑄𝑄
𝑉𝑉1 = = 2𝑉𝑉1 = 𝐻𝐻
𝑆𝑆 𝐻𝐻.𝑙𝑙 .𝑙𝑙
2
Il est donc possible d'augmenter de manière très importante la surface disponible à la décantation en
superposant sur la hauteur de l'ouvrage un grand nombre de cellules de séparation eau/boue.
La figure III.20 présente les gains théoriques possibles sur un ouvrage, en débit ou en dimension, à
efficacité de traitement équivalente en superposant n étages de hauteur H/n.
Les décanteurs dits lamellaires comportent souvent une série de lamelles qui permet de
multiplier la surface de décantation utile tout en réduisant la surface au sol par rapport à un bassin de
décantation classique à flux horizontal.
En théorie, pour augmenter la capacité d'un décanteur, on peut réduire à l'infini la hauteur qui
sépare les paliers. En pratique, toutefois, on doit laisser entre chaque palier une distance suffisante
pour qu'une certaine quantité de boues s'accumule. En général, la hauteur qui sépare chaque palier est
de l'ordre de 5 cm.
33
De nombreux modèles de faisceaux lamellaires (ou lamelles) sont disponibles : plaques planes,
plaques ondulées, tubes ronds, tubes carras, chevrons, modules hexagonaux.
Les tubes inclinés à 7° ont une longueur de 0.6, 1.2 ,1.8 ou 2.4 m. Leur fonctionnement est
associé à celui des filtres. Ainsi, lorsque l'eau floculée pénètre dans le décanteur, les particules de floc
s'y déposent et s'y accumulent, alors que le liquide surnageant est acheminé vers les filtres.
L'accumulation des solides dans les tubes réduit la section d'écoulement, ce qui augmente la vitesse de
l'eau, si bien que, lorsque cette vitesse est suffisamment élevée, les solides sont remis en suspension
dans l'eau et entraînés vers les filtres. Pour l’élimination de ces solides se fait par acheminement d’une
eau claire vers les décanteurs, ce qui permet d'entraîner vers l'égout la totalité des solides accumulés,
ce nettoyage étant facilité par l'inclinaison de 7°. On utilise les décanteurs à tubes inclinés à 7° dans
les stations dont la capacité de production est inférieure à 4000 m3/j. pour des productions plus
importantes, il est recommandé d’installer les tubes inclinés à 60°.
De plus, la forte inclinaison des tubes à 60°, permet d'obtenir un autonettoyage continu. Ces
tubes ont une longueur de 0.6, 1.2, 1.8 ou 2.4 m. Comme le montre la figure III21 l'eau s'écoule de bas
en haut, et les solides se déposent sur la paroi inférieure pour glisser ensuite jusqu'au fond du bassin.
L'eau clarifiée est acheminée vers des goulottes situées près de la surface et déversée sur les filtres.
Goulottes
de collecte
Eau
floculée
À l'intérieur d'un tube, différentes forces agissent sur les particules accumulées. La force
résultante. Fr, est donnée par :
Avec :
34
Fg : force due à la pesanteur,
FD : force de traînée,
Ff : force de friction.
35
La figure III.24 illustre ce principe pour un réseau de plaques parallèles et montre, dans ce cas, la
surface de décantation équivalente au sol.
A’ = A . cos𝜃𝜃
Figure III.24 : Surface de décantation équivalente
Les équations caractéristiques du décanteur lamellaires sont les suivantes :
𝑄𝑄
𝑆𝑆𝑆𝑆𝑆𝑆 = (III.29)
𝑉𝑉H
𝑄𝑄
𝑉𝑉H =
𝑛𝑛.𝑆𝑆L .cos θ
Pour qu'un décanteur lamellaire puisse être efficace, les particules à décanter doivent changer
de morphologie au sein des lamelles en s'agglomérant, Pour qu'une fois sorties des lamelles, elles ne
soient pas réentraînées par le flux liquide et puissent s'écouler au fond du décanteur. Trois types de
décantation lamellaire sont possibles :
i. À contre-courant
L'eau et la boue circulent en sens inverse (l'eau vers le haut à la vitesse V0 et les boues vers le bas). À
son entrée dans le système, le trajet d'une particule est la résultante de V0 et de sa vitesse de chute u.
36
1. Entrée de l'eau floculée. 3. Récupération de l'eau décantée. 5. Fosse à boue.
2. Zone de distribution. 4. Sortie de l'eau décantée. 6. Evacuation des boues.
iii. À co-courant
L’eau et la boue circulent dans le même sens de haut vers le bas.
37
1. Entrée de l'eau floculée. 3. Récupération de l'eau décantée. 5. Fosse à boue.
2. Zone de distribution. 4. Sortie de l'eau décantée. 6. Évacuation des boues.
38
faut donc éviter les systèmes de supportage de lamelles mettant en œuvre des entretoises qui
perturbent l’écoulement et la décantation.
ii. Répartition de l’eau dans la cellule de décantation : Chaque cellule doit recevoir le même
débit afin d’éviter les survitesses à l’origine de la dégradation de la décantation.
iii. Écartement des lamelles : II doit être suffisant pour éviter le colmatage des lamelles par la
boue décantée et pour permettre éventuellement leur nettoyage.
iv. Surface de décantation équivalente : Plus elle est importante, meilleure sera la décantation
en tenant compte, toutefois, de la remarque précédente.
Dans la figure 29, l'efficacité des différents types de faisceaux lamellaires, présentés
précédemment, est comparée en utilisant comme paramètre la surface de décantation équivalente.
Figure III.29 : L'efficacité des différents types de faisceaux lamellaires. Source : Desjardins
1997.
Hypothèses utilisées pour la comparaison des six systèmes : diamètre hydraulique (80 mm),
inclinaison (60°) et longueur de lamelles (1,5 m).
Le choix du type de faisceaux lamellaires ne doit pas se faire uniquement en considérant la plus
grande surface de décantation équivalente possible ; les faisceaux à plaques parallèles peuvent
développer des surfaces importantes à condition de réduire l'espace entre plaques et au risque de rendre
l'installation non fiable (problème de bouchage) et inexploitable (impossible de procéder au nettoyage
de l'espace entre les plaques). Par ailleurs, la mise en place des plaques est délicate ; elle nécessite la
39
pose de supports et d'entretoises qui, souvent, perturbent l'hydraulique et la décantation, et favorisent
l'accrochage des boues. L’efficacité hydraulique des modules hexagonaux est supérieure à celle des
autres faisceaux tubulaires et des plaques parallèles. Ces modules minimisent considérablement les
risques de colmatage tout en offrant une surface de décantation équivalente très importante
III.3- FILTRATION
III.3.1 Généralités
III.3.1.1 Buts de la filtration
La filtration est un procédé physique destiné à clarifier un liquide qui contient des MES en le
faisant passer à travers un milieu poreux. Les solides en suspension ainsi retenus par le milieu poreux
s'y accumulent ; il faut donc prévoir un nettoyage du filtre.
Selon le type de filtre adopté, on a recourt à divers matériaux filtrants ; on utilise ainsi :
a) Des tissus de fibres, des toiles métalliques ou des pierres poreuses à interstices très fins. Ces
matériaux retiennent les solides en surface ; on les utilise rarement pour traiter des quantités
d'eau importantes.
b) Des granules libres qui n'adhèrent pas les unes aux autres. Ces matériaux sont insolubles et
inattaquables par le liquide filtré ou par les solides qui s'y déposent. La filtration a lieu soit en
surface, soit en profondeur, selon les caractéristiques granulométriques du matériau filtrant et
selon la grosseur et la cohésion des solides en suspension. Le sable, l'anthracite et l'ilménite
sont couramment utilisés dans les usines de traitement des eaux.
III.3.1.3 Types de filtration
Pour le traitement des eaux potables, on utilise principalement :
a) Filtration rapide sur sable ;
b) Filtration lente sur sable ;
En pratique, la filtration rapide sur sable est la plus utilisée. En ce qui concerne la filtration lente sur
sable, de construction et de fonctionnement simples, nécessite de grandes superficies ; c'est pourquoi
on les utilise surtout dans les pays où le climat est moins rigoureux, et lorsqu'on n'est pas limité par
l'espace.
40
a) Diamètre effectif et coefficient d'uniformité
41
Figure II.31 : Courbe granulométrique. Source : Desjardins 1997.
d) Porosité
On calcule la porosité, e, d'un matériau en divisant le volume des vides dans ce matériau par le
volume total du matériau.
42
III.3.3- Considérations techniques
Deux considérations techniques communes aux différents types de filtres à matériau granulaire
doivent préalablement être rappelées. Elles concernent :
- les conditions de service ;
- les dispositions internes de lavage.
a) Cycles
La presque totalité des filtres à matériau granulaire fonctionne par cycles comportant une
période de filtration suivie d'un lavage final. Le paramètre essentiel limitant la durée de ces cycles est
la perte de charge mais, en deçà d'une perte de charge maximale acceptable, d'autres paramètres
peuvent être préférés :
Le choix entre les divers types de filtration sur support ou sur lit granulaire dépend de plusieurs
critères :
La possibilité d'un lavage aisé, efficace et économique est aussi importante dans le choix du
filtre que l'obtention de la meilleure qualité de filtration, étant donné que cette dernière ne se conserve
dans le temps que si le lavage permet de retrouver en début de chaque cycle les caractéristiques d'un
filtre propre.
a) Principe
Le filtre à sable rapide est le type de filtre le plus utilisé dans le traitement des eaux de
consommation. Le matériau filtrant est maintenu en place par gravité et l'écoulement de l'eau a lieu de
43
haut en bas. Lorsque le milieu filtrant est encrassé, on lave le filtre en inversant le sens de l'écoulement
de l'eau; le milieu filtrant est alors en expansion, et les particules d'impuretés, beaucoup moins denses
que les grains de sable, sont décollées et évacuées vers l'égout à l'aide des goulottes de lavage.
Selon le cas elle se met en œuvre dans des appareils ouverts (à écoulement gravitaire) ou fermés
sous pression à des vitesses allant de 4 à 50m3.h-1. m-2. On l'appelle rapide par contraste avec les
anciennes installations de filtration lente.
Les principaux éléments d'un filtre rapide sont : le fond de filtre, le gravier de support et le
milieu filtrant (figure III.33).
Fond de filtre : Le fond de filtre est la structure qui sépare le milieu filtrant de l'eau filtrée. Il doit donc
être suffisamment solide pour supporter le milieu filtrant (1 m de sable et de gravier) et l'eau située au-
dessus du milieu filtrant (2 m d'eau).
Il permet en outre :
de collecter et d'évacuer les eaux filtrées ;
de distribuer uniformément l'eau de lavage.
Gravier de support : Le gravier de support, situé immédiatement au-dessus du fond de filtre, permet:
de retenir le sable du milieu filtrant ;
d'améliorer la répartition de l'eau de lavage dans le filtre.
L'épaisseur et les caractéristiques granulométriques de la couche de gravier de support dépendent des
caractéristiques du fond de filtre et de celles du milieu filtrant.
Milieu filtrant : Les matériaux filtrants les plus utilisés sont le sable et l'anthracite. Lorsqu'on utilise
un filtre constitue d'une seule couche de sable, la charge superficielle maximale est de 5 m/h. La
couche filtrante, de 60 à 90 cm d'épaisseur, est composée d'un sable dont le diamètre effectif des
grains varie de 0,35 à 0,50 mm et dont le coefficient d'uniformité varie de 1,3 à 1,7.
44
Figure III.33 : Eléments d’un filtre. Source : Desjardins 1997
45
c) Fonctionnement d'un filtre à sable rapide
Un filtre à sable rapide est peu efficace lorsqu'il doit traiter une eau n'ayant pas bénéficié d'une
coagulation et d'une floculation. Un tel filtre élimine en effet difficilement les particules non absorbées
par le floc, et ce même s'il est constitué d'une épaisse couche de sable fin.
Le floc contenu dans l'eau doit par ailleurs résister aux forces de cisaillement qui s'exercent
dans le filtre, faute de quoi il se brise et pénètre plus profondément dans le milieu filtrant. En plus de
la résistance du floc, les facteurs suivants peuvent affecter la qualité de l'eau filtrée :
La turbidité de l'affluent d'un filtre et la perte de charge à travers le filtre sont les deux facteurs
qui permettent de contrôler le fonctionnement d'un filtre. Ainsi, lorsque la perte de charge atteint une
valeur de consigne prédéterminée ou que la turbidité de l'effluent du filtre dépasse une certaine valeur,
46
on isole le filtre en question et on procède à un lavage. La période d'utilisation d'un filtre correspond
donc à la durée de son utilisation entre deux lavages.
Pour optimiser l'utilisation d'un filtre, on doit le faire fonctionner de telle sorte que, lorsque la
turbidité de l'effluent atteint la valeur maximale permise, les pertes de charge atteignent, elles aussi,
leurs limites maximales permises. L'utilisation d'un filtre n'est pas optimale lorsque les deux situations
ci-dessous se produisent.
La perte de chargera turbidité, ou les deux, atteignent leurs valeurs maximales, on lave le filtre
en injectant de l'eau par le fond.
i. Mécanisme de lavage
Lorsque l'eau de lavage est injectée par le fond, le milieu filtrant prend de l’expansion et libère les
particules arrêtées par le filtre. Ces particules, beaucoup moins denses que les grains de sable, sont
aisément entraînées vers les goulottes de lavage. Le niveau maximal du sable en expansion atteint 8 à
30 cm au-dessus de son niveau au repos. Le degré d'expansion du milieu filtrant dépend :
• du diamètre des grains de sable ;
• de la densité des grains de sable ;
• de la charge superficielle, ou vitesse, de l'eau de lavage ;
• de la température de l'eau de lavage.
47
La charge superficielle la plus utilisée est de 37 m/h. Il est important de signaler que, si l'eau de lavage
est injectée brusquement dans un filtre, la totalité de la couche de sable peut être soulevée au-dessus
de la couche de gravier, ce qui provoque un bouillonnement pouvant entraîner le déplacement du
gravier de support.
La plupart des impuretés qui encrassent un filtre adhèrent aux grains de sable ; elles ne sont donc pas
éliminées par un simple lavage à l'eau. Pour décoller ces impuretés, il faut augmenter la turbulence
dans le milieu filtrant en expansion ; on favorise ainsi le frottement des grains de sable les uns contre
les autres et, par conséquent, le décollement des impuretés. Or, on ne peut pas augmenter la charge
superficielle au-delà d'une certaine limite ; en effet, une charge superficielle trop élevée provoque une
expansion excessive du milieu filtrant et, par le fait même, des pertes de sable ; de plus, il faut alors
utiliser des quantités plus importantes d'eau de lavage. Donc, pour augmenter la turbulence dans le
milieu filtrant en expansion sans accroître la charge superficielle, on peut soit injecter de l'air, soit
utiliser des agitateurs de surface.
On injecte simultanément, par le fond du filtre, de l'air et de l'eau. L'eau entraîne les impuretés vers les
goulottes de lavage alors que l'air assure un brassage suffisant pour décoller ces impuretés. La charge
superficielle (air) doit être supérieure à 5 m/h. Signalons qu'il n'est pas nécessaire que le milieu filtrant
soit en expansion pour que le lavage soit efficace. Après l'arrêt des soufflantes, il faut toutefois
continuer le lavage à l'eau afin d'entraîner toutes les impuretés vers les goulottes de lavage.
Dans le cas d'un filtre au sable et à l'anthracite, il faut d'abord abaisser le niveau de l'eau jusqu'au
niveau supérieur de la couche d'anthracite, puis n'injecter que de l'air, puisqu'il est impossible d'injecter
de l'air quand le niveau de l'eau dans le filtre atteint les goulottes de lavage, ou d'injecter l'eau de lavage
en même temps que l'air. Dans ces deux cas, en effet, il se produit un entraînement massif de
l'anthracite vers les goulottes de lavage. Lorsque les impuretés sont décollées, on arrête la soufflante
et on injecte l'eau de lavage. La vitesse de l'eau de lavage, ou charge superficielle, est alors de 37 m/h
ou plus, car seule une vitesse élevée permet de chasser les impuretés vers les goulottes et de reclasser
le matériau filtrant.
Lorsqu'on lave un filtre rapide uniquement avec de l'eau, le brassage est assuré par des laveurs de
surface, qui peuvent être soit fixes, soit rotatifs. Chaque type de laveur envoie des jets de 3 mm de
diamètre faisant un angle de 15 à 30° vers le bas avec l'horizontale. La pression de ces jets, situés à 5
cm au-dessus du niveau du sable, est d'environ 515 kPa. La quantité d'eau injectée par les jets est de
80 à 160 1/[Link]-1 pour les laveurs fixes et de 20 1/[Link]-1 pour les laveurs rotatifs.
Les filtres sous pression fonctionnent selon les mêmes principes que les filtres à sable rapides,
sauf que leurs couches de sable et de gravier, ainsi que leur réseau de drainage, sont situés dans des
cylindres horizontaux ou verticaux, lesquels sont conçus pour supporter des pressions de l'ordre de
1000 kPa. On peut ainsi filtrer de l'eau sous pression et la distribuer sans recourir au double pompage.
Cet avantage ne compense toutefois pas les difficultés auxquelles on se heurte lorsque les filtres sont
48
précédés d'unités de coagulation, de floculation et de décantation. En effet, pour éviter le double
pompage, il faut alors que toutes ces unités de traitement fonctionnent sous pression.
Principe de fonctionnement :
• Les particules sont arrêtées sur toute la profondeur du sable. Le différentiel de pression mesure
la perte de charge entre la pression d’entrée et de sortie du filtre.
• Lorsque la perte de charge devient supérieure au différentiel réglé, le programmateur lance
une séquence de contre lavage.
• Le contre lavage s’effectue par inversion du flux d’eau (voir image ci-contre) qui permet de
nettoyer le sable des impuretés arrêtées.
Les filtres à sable lents doivent être construits de telle sorte que l'eau traverse lentement une
couche de sable fin et que les particules les plus grosses soient arrêtées près de la surface du sable. Ces
particules forment une couche poreuse très fine, dont la surface totale de veinules ou de pores est très
grande, ce qui facilite l'adsorption des impuretés par cette couche ou par le sable sous-jacent. Cette
couche poreuse est constituée de bactéries, d'algues et de protozoaires. La filtration lente combine donc
les effets de processus physiques et de processus biologiques.
49
Avantages des filtres lents
a) Les filtres lents occupent une grande superficie, ils exigent donc une installation de grandes
dimensions, un volume de sable important et des travaux coûteux.
b) Leur exploitation manque de souplesse. Comme nous le verrons plus loin, leur mise en
exploitation et leurs lavages requièrent de longues périodes de temps, au cours desquelles ils
sont inutilisables.
c) Leur utilisation est coûteuse lorsque la turbidité des eaux brutes dépasse 30 unités
néphélémétriques pendant de longues périodes de temps, sauf lorsqu'on fait préalablement
sédimenter les impuretés de manière à abaisser suffisamment le degré de turbidité de ces eaux.
d) Ils décolorent médiocrement les eaux colorées.
e) Ils donnent de mauvais résultats lorsque les eaux sont riches en algues et qu'elles n'ont pas
été préalablement traitées.
50
CHAPITRE IV
TRAITEMENT DE FINITION
IV.1 DESINFECTION
IV.1.1 Principe
La plupart des microorganismes pathogènes est éliminée de l'eau lors des précédentes phases
de traitement. Cependant, la désinfection de l'eau est encore nécessaire afin d'empêcher que l'eau
potable soit nocive pour notre santé. La désinfection est un traitement qui permet d'éliminer les
microorganismes susceptibles de transmettre des maladies ; ce traitement n'inclut pas nécessairement
la stérilisation, qui est la destruction de tous les organismes vivants dans un milieu donné.
On peut procéder à la désinfection en ajoutant à l'eau une certaine quantité d'un produit
chimique doté de propriétés germicides. Les produits chimiques les plus utilisés sont : le chlore, le
dioxyde de chlore, l'ozone, le brome, l'iode et le permanganate de potassium. On peut également
désinfecter l'eau grâce à des moyens physiques : ébullition, ultrasons, ultraviolets ou rayons gamma.
Les maladies d'infection causées par les bactéries pathogènes, les virus, les parasites
protozoaires sont parmi les plus courantes et étendent les risques sanitaires de l'eau potable. Les
personnes sont contaminées par ces microorganismes à travers l'eau potable contaminée, les aérosols
et les lavages ou les bains.
Tous les procédés et les produits de désinfection n'étant pas équivalents, il faut choisir le
procédé le plus approprié, compte tenu de certaines conditions particulières (caractéristiques et usages
de l'eau, types de microorganismes à éliminer, qualité du réseau de distribution, etc.) et sachant qu'un
désinfectant ou un procédé de désinfection doit :
51
Par ailleurs, le chlore n'est pas suffisamment puissant pour éliminer complètement certains
microorganismes très résistants comme les virus et les protozoaires. Afin de pallier ces carences, on
utilise le dioxyde de chlore ou l'ozone. Ces désinfectants, beaucoup plus puissants que le chlore, ont
toutefois l'inconvénient d'être instables.
a) Loi de Chick
La loi de Chick est une loi empirique selon laquelle le taux de destruction des microorganismes est
proportionnel au nombre de microorganismes dans l'eau, soit
(IV.1)
où
N = nombre de microorganismes dans l'eau
t = temps de contact
K = constante de réaction (s-1)
(IV.2)
(IV.3)
Sur papier semi-logarithmique, l'équation (IV.3) est représentée par une droite. La construction de
cette droite à partir d'essais en laboratoire permet ainsi d'évaluer la constante K.
La loi de Chick ne s’applique pas dans tous les cas.
Lors de la désinfection de certaines eaux, on a constaté que le taux de destruction des microorganismes
variait avec le temps de contact. Pour tenir de ce phénomène, il est préconiser de modifier la loi de
Chick comme suit :
(IV.4)
52
En intégrant l’équation IV.4 et en supposons que N = N0 lorsque t = 0. on obtient :
(IV.5)
Si M < 1,1e taux de destruction décroît avec le temps, et si M > 1, le taux de destruction croît avec le
temps. On peut évaluer les constantes K et M en traçant la variation du logarithme de [-ln (N/N0)] en
fonction du logarithme du temps de contact.
On a ainsi constaté que le taux de destruction des bactéries coliformes obtenu par une désinfection au
chlore satisfaisait à l'équation (IV.4) lorsque M' = 1.
Dans le cadre de certaines limites, on a observé que l'efficacité de certains désinfectants variait avec
leur concentration. On peut décrire l'influence de la concentration de désinfectant à l'aide de la relation
empirique suivante :
(IV.6)
où
C = concentration de désinfectant
tp = temps de contact requis pour obtenir un taux P (%) d'élimination des microorganismes
n = coefficient qui caractérise le type de désinfectant
d) Température
La température a aussi une influence sur l'efficacité de la désinfection. Une hausse de la température
augmente souvent la vitesse de la réaction et de la désinfection. Une hausse de la température peut
aussi décroître la désinfection, parce que le désinfectant se désintègre et devient volatil.
IV.1.4 Désinfectants
La désinfection de l'eau peut être réalisée à partir de plusieurs désinfectants. Les plus utilisés
sont :
Le chlore, Cl2
L’hypochlorite de sodium, NaOCl
Le dioxyde de chlore, C1O2
Les chloramines, NH2C1
Peroxyde d’hydrogène, H2O2
Ionisation cuivre/argent
Autres désinfectants incluant l’ozone et les UV
53
IV.1.4.1. Le Chlore
a) Usage du chlore
Le chlore est l'un des désinfectants les plus utilisés. Il est facilement applicable et très efficace contre
la désactivation des microorganismes pathogènes. Le chlore peut être facilement appliqué, mesuré et
contrôlé. Il est assez persistent et relativement bon marché. Le chlore a été utilisé pour des applications
telles que la désactivation des organismes pathogènes dans l'eau destinée à la consommation, dans les
piscines, et dans les eaux usées, pour la désinfection dans le ménage des maisons ou pour le
blanchissement des textiles.
Le chlore tue les organismes pathogènes tels que les bactéries et les virus en cassant les liaisons
chimiques de leurs molécules. Les désinfectants qui sont utilisés à cette fin sont des composés de
chlore qui peuvent échanger des atomes avec d'autres composés, tels que des enzymes dans les
bactéries et autres cellules. Lorsque l'enzyme vient en contact avec le chlore, un ou plusieurs atomes
d'hydrogène de la molécule sont remplacés par le chlore. Ceci va modifier la structure entière de la
molécule et dans la plupart des cas provoquer sa dissociation ou sa désactivation. Lorsque les enzymes
ne fonctionnent pas correctement, la cellule ou la bactérie mourra.
b) Définitions importantes
Avant de présenter la théorie de la désinfection par le chlore, il est utile de définir les
expressions ci-dessous.
Chlore résiduel libre : Chlore demeurant dans l'eau à la fin d'une période de contact déterminée, et qui
peut réagir chimiquement et biologiquement comme acide hypochloreux ou ion hypochlorite.
Chlore résiduel combiné : Partie du chlore résiduel total dans l'eau à la fin d'une période de contact
donnée, qui réagit chimiquement et biologiquement en tant que chloramine.
Chlore résiduel total : Quantité totale de chlore, libre ou combiné, subsistant après le temps de réaction
normal de l'eau à la chloration.
Demande en chlore : Quantité de chlore pouvant être consommée par l'eau pour sa désinfection et
pour la destruction des matières organiques. La demande pour une eau donnée varie avec la quantité
de chlore ajoutée, le temps de contact et la température
Chloration au point de remontée ou chloration au point critique : Addition de chlore à l'eau jusqu'à
ce que la demande de chlore soit satisfaite et que toute addition subséquente entraîne une teneur
résiduelle directement proportionnelle à la quantité ajoutée au-delà du point de remontée.
Chloration marginale : Chloration assurant, après un temps de contact réduit, une certaine quantité de
chlore résiduel ne respectant pas les normes de désinfection (pratique abandonnée).
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Surchloration : Chloration au-delà du point critique, faite à des dosages délibérément élevés pour
produire des concentrations résiduelles de chlore libre au combiné assez élevées pour exiger la
déchloration.
Déchloration : Réduction partielle ou complète du chlore résiduel d'une eau partout procédé physique
ou chimique.
Le chlore gazeux et les hypochlorites réagissent rapidement dans l'eau pour former de l'acide
hypochloreux, HOC1, qui est le produit actif dans la désinfection.
Les équations des réactions chimiques ci-dessus montrent que la différence principale entre les
hypochlorites et le chlore gazeux concerne les produits secondaires. En effet, l'addition de chlore
gazeux libère des ions hydrogène, H+, ce qui abaisse le pH de l'eau, alors que l'addition d'hypochlorites
libère des ions hydroxydes. OH-, ce qui augmente le pH de l'eau.
d) Dosage de chlore
Quand on dose le chlore on doit prendre en compte le fait que le chlore réagit avec des
composés dans l'eau. La dose doit être assez importante pour qu'une quantité significative de chlore
reste dans l'eau et permette la désinfection. La demande en chlore est déterminée par la quantité de
matière organique dans l'eau, du pH, le temps de contact et la température. Le chlore réagit avec la
matière organique pour donner des sous-produits de désinfection, tels que les trihalométhanes et les
acides acétiques halogénés.
Le chlore peut être ajouté pour la désinfection de différentes manières. Quand une chloration
ordinaire est appliquée, le chlore est simplement ajouté à l'eau et aucun traitement antérieur n'est
nécessaire. Une pré ou une post chloration peuvent être effectuées en ajoutant du chlore à l'eau avant
ou après d'autres étapes de traitement. Rechlorination signifie l'addition de chlore à l'eau traitée dans
un ou plusieurs points du système de distribution afin de préserver la désinfection. Pour tuer des
bactéries peu de chlore est nécessaire ; environ 0.2-0.4 mg/l. Les concentrations en chlore ajoutées à
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l'eau sont habituellement plus hautes, en raison de la demande en chlore de l'eau.
e) Efficacité du chlore
Les facteurs qui déterminent l'efficacité de la désinfection au chlore sont les suivants :
concentrations en chlore, temps de contact, température, pH, nombre et types de micro-organismes,
concentrations en matière organique dans l'eau.
Tableau IV.1 : temps de désinfection pour différents types de micro-organismes pathogènes avec de
l'eau chloré, celle-ci contenant une concentration en chlore de 1 mg/l (1 ppm) alors que pH = 7.5 et
T=25°C
E. coli bacterium < 1 minute
Hepatitis A virus environ 16 minutes
Giardia parasite environ 45 minutes
Cryptosporidium environ 9600 minutes (6-7 jours)
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• Son dosage est simple.
• Le transport et le dosage de l'hypochlorite de sodium est sur.
• L'hypochlorite de sodium est aussi efficace que le chlore gazeux pour la désinfection.
• L'hypochlorite de sodium produit des désinfectants résiduels.
Désavantages
• L'hypochlorite de sodium est une substance dangereuse et corrosive.
• Lorsque l'on travaille avec de l'hypochlorite de sodium des mesures de sécurité doivent être
prises pour protéger les travailleurs et leur environnement.
• L'hypochlorite de sodium ne devrait pas rester en contact avec l'air, car cela peut provoquer sa
désintégration.
• L'hypochlorite de sodium et le chlore ne désactivent pas les Giardia Lambia et
Cryptosporidium.
Lorsqu'on élimine les bactéries, le dioxyde de chlore pénètre dans la paroi des cellules. Les
virus sont éliminés de différentes manières ; le dioxyde de chlore réagit avec la peptone, une substance
hydrosoluble qui provient de l'hydrolyse des protéines aux acides aminés. Le dioxyde de chlore tue les
virus en empêchant la formation des protéines. Le dioxyde de chlore est plus efficace contre les virus
que le chlore ou l‘ozone.
Pour le traitement de l'eau potable, le dioxyde de chlore peut être utilisé à la fois comme
désinfectant et comme agent d'oxydation. Il peut être utilisé pour les étapes de pré-oxydation et de
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post-oxydation. En ajoutant du dioxyde de chlore dans l'étape de pré-oxydation du traitement des eaux
de surface, le développement des algues et des bactéries peut être évité. Le dioxyde de chlore oxyde
les particules flottantes et a un effet bénéfique sur le procédé de coagulation et l'élimination de la
turbidité de l'eau.
Le dioxyde de chlore est un puissant désinfectant contre les bactéries et les virus. Dans l'eau,
le dioxyde de chlore est actif en tant que biocide pour au moins 48 heures. Le dioxyde de chlore
empêche la croissance des bactéries dans le réseau de distribution de l'eau potable. C'est aussi un agent
actif contre la formation de bio film dans le réseau de distribution. Un bio film est souvent très dur à
défaire. Il forme une couche protectrice sur les microorganismes pathogènes. La plupart des
désinfectants ne peuvent atteindre les microorganismes protégés. Cependant, le dioxyde de chlore
élimine les bios films et tue les microorganismes pathogènes. Le dioxyde de chlore empêche aussi la
formation de bio film parce qu'il reste actif dans le système pendant un long moment.
Les chloramines restent actives plus longtemps dans les canalisations. Cela provient du fait
qu'il faut un long moment avant de pouvoir les casser. Les chloramines ne provoquent pas de gouts ou
d'odeurs désagréables et sont relativement inoffensifs.
Les avantages
- Peu de sous-produits créés par la désinfection.
- Les chloramines restent actives pendant de longues périodes.
- Les chloramines améliorent le gout et l'odeur de l'eau.
- La désinfection par les chloramines peut être améliorée en augmentant la température.
Les désavantages
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- Lorsque des grandes quantités de matières organiques sont présentes dans l'eau, l'azote
organique permet la formation de chloramines organiques.
- Le principal désavantage des chloramines est qu'ils sont moins réactifs que le chlore pour
l'élimination des microorganismes pathogènes.
- Des quantités importantes d'ammoniac servent de nutriments pour les bactéries dans l'eau, ce
qui peut causer des niveaux en nitrate trop importants dans l'eau.
- Lorsque les chloramines sont éliminées chimiquement, de l'ammoniac peut persister dans
certains cas, et ainsi provoquer la corrosion.
La plupart des gens connaissent le peroxyde d'hydrogène en tant que composé utilisé pour le
blanchissement des cheveux.
Avantages
Contrairement aux autres substances chimiques, le peroxyde d'hydrogène ne produit pas de résidus ou
de gaz. La sureté de son application dépend de la concentration mise en jeu, car le peroxyde
d'hydrogène est complètement soluble dans l'eau.
Désavantages
• Pour des désinfections au peroxyde d'hydrogène, des concentrations très importantes sont
requises.
• L'efficacité du peroxyde d'hydrogène dépend de plusieurs facteurs, tels que le pH, les
catalyseurs, la température, la concentration en peroxyde et le temps de réaction.
Les ions de cuivre électriquement chargés (Cu2+) dans l'eau cherchent des particules de polarité
opposée, telles que les bactéries, les virus et les mycètes. Les ions cuivre chargés positivement forment
des composés électrostatiques avec les membranes des cellules des microorganismes chargées
négativement. Ces composés modifient la perméabilité des membranes des cellules et font échouer la
prise nutritive des cellules. Les ions cuivre pénètrent à l'intérieur des membranes des cellules et
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permettent la création d'une entrée pour les ions argent (Ag+). Ceux-ci pénètrent le noyau du
microorganisme.
Les ions argent s'assimilent à différentes parties de la cellule, telles que l'ADN et l'ARN, les protéines
cellulaires et les enzymes respiratoires, provoquant l'immobilisation de tous les systèmes de vie des
cellules. Cela provoque en effet l'arrêt de la croissance et de la division des cellules, causant donc
l'arrêt de la multiplication des bactéries et éventuellement leur mort. Les ions restent actifs jusqu'à ce
qu'ils soient absorbés par un microorganisme.
Désavantages
L'efficacité du système cuivre-argent dépend de la valeur du pH de l'eau. Pour une valeur du pH de 9,
seulement un dixième des bactéries Legionella sont éliminés. Lorsque la concentration en solides
dissous est élevée, l'argent a de fortes chances de précipiter. Cela signifie que les ions argent ne sont
alors plus efficaces pour la désinfection.
Les ions argent réagissent aisément avec les chlorures et les nitrates qui sont présents dans l'eau, et
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sont donc désactivés. Certaines espèces de microorganismes peuvent devenir résistantes aux ions
argent.
Pour tuer efficacement les microorganismes pathogènes, les ions cuivre et argent devraient être
présents dans la totalité du système de traitement de l'eau. Lorsque le système utilisé est petit et que le
débit est assez lent, ou lorsque il y a des points morts dans le système, cela peut poser des problèmes
pour la désinfection.
Technologies disponibles
Il existe différents types d'ozoneurs :
1) L'ozoneur à air (air séché avec un point de rosée à de -50°C à -70°C).
2) L'ozoneur à oxygène pur avec recyclage ou non de l'oxygène (on ne dépasse pas les 100g/m3
d'ozone). Les ozoneurs diffèrent aussi par leur capacité horaire de production d'ozone.
L'emploi des fréquences électriques élevées améliore notablement le rendement.
On distingue encore deux sortes d'ozoneurs :
Les ozoneurs à basse fréquence (50 Hz) dont la production unitaire par heure est
environ de 1 à 3 Kg d'ozone.
les ozoneurs à moyenne fréquence (150 à 600 Hz) dont la production unitaire peut
atteindre 60 Kg par heure. C'est dans ces ozoneurs que l'ozone est produit et injecté
dans un réacteur, où est également injecté l'effluent à traiter. Il existe plusieurs sortes
de réacteurs :
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Des réacteurs équipés de diffuseurs poreux.
Des réacteurs équipés de turbines.
Des réacteurs à flux piston tube en U, équipé d'une pompe pour vaincre les pertes de charge.
Avant d'être injecté dans l'eau contenant l'effluent, le gaz contenant l'ozone peut être divisé en
"microbulles" à l'aide de divers matériels :
Des diffuseurs poreux disposés en partie basse des cuves ou colonnes. Ce système présente
l'avantage de ne pas consommer l'énergie complémentaire et l'inconvénient de s'encrasser et
vieillir.
Un hydro-injecteur assurant la pulvérisation du gaz directement dans l'eau motrice, sous une
pression de 4 à 5 bars. Ce système présente l'avantage d'un meilleur taux de dissolution et
l'inconvénient de la consommation supplémentaire d'énergie de la pompe à eau motrice de l'hydro-
injecteur.
Le besoin en ozone peut varier de 2 à 20 g par m3 d'eau à traiter, en fonction du polluant et de sa
concentration.
Le coût d'investissement des ozoneurs industriels est de 750 à 1000 F par gramme d'ozone produit
par heure. La consommation d'électricité est comprise entre 20 et 25 Wh par gramme d'ozone
produit.
Durant les 100 dernières années, la science a pu identifier les effets bactéricides du
rayonnement UV du spectre électromagnétique.
Les longueurs d'ondes spécifiques responsables de ces effets sont celles situées entre 240 et
280 nm, avec un pic à 253.7 nm. Ces longueurs d'onde sont situées dans les domaines des UV-C.
a) Effet du rayonnement UV
Lorsqu'un micro-organisme est exposé à un rayonnement UV-C, le noyau de la cellule est
atteint, et la duplication de l'ADN est stoppée. Les rayonnements UV ont un effet sur l'ADN, l'acide
nucléique et les enzymes. Les organismes pathogènes sont donc inactivés ou détruits.
b) Production d'UV-C
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Les sources d'UV-C sont typiquement des tubes de type néon, contenant du quartz et de la
silice, d'un diamètre allant de 15 à 25 mm pour une longueur de 100 à 1200 mm. Ce tube est rempli
d'un gaz chargé de vapeur de mercure.
Les lampes basses pression sont seulement capables de produire 2 raies, à 185 et 254 nm. Une
augmentation de la tension d'alimentation provoque rapidement un échauffement de la lampe ;
entraînant ainsi une augmentation de la pression dans la lampe. On obtient ainsi un spectre typique
moyenne pression.
c) Dose d'exposition
La dose d'exposition s'exprime par le produit de l'intensité du rayonnement (énergie par unité de
surface) par le temps d'exposition.
Soit :
DOSE = I x T (IV.7)
Avec :
I : l'intensité du rayonnement
T : le temps d'exposition
L'unité couramment utilisée est le mJ/cm2, équivalent à 1000 micro watt seconde/cm2.
La relation ci-dessus indique donc que doubler la dose d'exposition multiplie l'effet destructif par 10.
Pour augmenter l'effet destructif de 90 à 99%, il faut donc doubler la dose. Pour passer à 99,9% il
faudra la tripler, etc.
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IV.2 L’ADSORPTION ET L’ECHANGE D’IONS
IV.2.1 L’adsorption
L'adsorption est un phénomène physique de fixation de molécules sur la surface d'un solide.
Ce phénomène est utilisé pour "récupérer" des molécules indésirables de fluide (liquides ou gazeuses)
dispersées dans un solvant.
Le principal adsorbant utilisé en pratique est le charbon actif, obtenu à partir de matières
organiques (bois, tourbe) carbonisées, puis activées (on dégage les cavités remplies de goudron lors
de la carbonisation). Le charbon actif peut être obtenu soit sous forme de poudre (on obtient des pores
de quelques µm de dimension), soit sous forme de grain. Le charbon actif peut être régénéré (par
désorption) selon trois procédés (à la vapeur, thermique, chimique). Le charbon actif utilisé possède
une grande surface d'adsorption d'environ 900m²/g. L'adsorption est essentiellement utilisée pour le
traitement de l'eau et de l'air.
Pour le traitement de l’eau, on utilise en général du charbon actif en grains, en raison des
possibilités de réactivation. L'adsorption sur charbon actif est destinée à traiter des matières organiques
réfractaires, ne se trouvant pas en quantité trop importante, car cela saturerait trop rapidement les
surfaces adsorbantes et nécessiterait une régénération coûteuse et fréquente.
L'adsorption sur charbon actif intervient au niveau tertiaire dans les chaines de traitement des
eaux (pour l'affinage), ou pour extraire des métaux lourds d'eaux résiduaires industrielles.
Description du processus
L'eau est pompée dans une colonne qui contient du charbon actif, cette eau quitte la colonne à
travers un système drainant. L'activité de la colonne de charbon actif dépend de la température et de la
nature des substances. L'eau passe à travers la colonne continuellement, ce qui entraîne une
accumulation des substances sur le filtre. Pour cette raison, le filtre a besoin d'être remplacé
périodiquement. Un filtre utilisé peut être régénéré de différentes façons, le charbon granulaire peut
être régénéré facilement en oxydant la matière organique. L'efficacité du charbon actif diminue alors
de 5 à 10%. Une petite partie du charbon actif est détruite pendant le processus de régénération et doit
être remplacée. Si vous travaillez avec différentes colonnes en série, vous pouvez vous assurer que
vous n'aurez pas un épuisement total de votre système de purification.
Il s'agit d'un transfert d'une phase liquide contenant l'adsorbat vers une phase solide avec
rétention des solutés à la surface du charbon actif appelé adsorbant. L'adsorption peut être décomposée
en quatre étapes :
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Etape 1 Transfert de la particule Très rapide
Déplacement de l'eau liée jusqu'à être en contact du
Etape 2 Rapide
charbon
Diffusion à l'intérieur du charbon sous l'influence
Etape 3 Lente
du gradient de concentration.
Etape 4 Adsorption dans une micropore Très rapide
Le niveau d'activité de l'adsorption est basé sur la concentration de la substance dans l'eau, la
température et la polarité de la substance. Une substance polaire (soluble dans l'eau) ne peut pas ou est
très mal supprimée par le charbon actif, alors qu'une substance non polaire peut être totalement
supprimée par le charbon actif. L'adsorption est moins efficace contre les solvants polaires et les
composés chlorés avec une faible charge moléculaire. L'adsorption des composés ionisés est faible.
Normalement, il est préconiser de prévoir une unité de désinfection UV après une colonne de charbon
actif.
Principe
L'échange d'ions est un procédé dans lequel les ions d'une certaine charge contenus dans une
solution (ex : cations) sont éliminés de cette solution par adsorption sur un matériau solide (l'échangeur
d'ions), pour être remplacés par une quantité équivalente d'autres ions de même charge émis par le
solide. Les ions de charge opposée ne sont pas affectés.
Les réactions d'échange d'ions sont réversibles et sélectives : avec R le squelette de la résine
R-A+ + B+ ↔ R-B+ + A+
Les réactions d'échange d'ions sont régies par la loi des équilibres chimiques c'est à dire qu'elles
se déroulent jusqu'à ce que les concentrations des divers ions atteignent certaines proportions précises.
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Le cycle de traitement
• la saturation ou production : La solution passe à travers le lit de la résine jusqu'à saturer cette
dernière. Au point de percement ou lorsque la valeur limite de la fuite est atteinte, on arrête la
phase de production.
• le soulèvement : Cette phase permet d'éliminer les particules qui ont pu se déposer à la surface du
lit à l'aide d'un courant d'eau ascendant.
• le rinçage : Pendant cette phase, on déplace le régénérant à l'eau, à faible débit, jusqu'à ce que la
résine ne contienne plus que de faibles traces de régénérant : phase de rinçage lent. Puis il y a une
étape de rinçage rapide à débit plus élevé de façon à éliminer les dernières traces de régénérant.
Lorsque la résine est épuisée ou saturée, la capacité d'échange de la résine est alors nulle. Il
convient de remettre l'échangeur d'ions sous forme ionique originelle afin qu'il puisse être réutilisé
pour un nouveau cycle : c'est la séquence de régénération. Cette dernière consiste à faire rétrocéder les
réactions d'équilibre chimique en apportant une concentration très importante de l'ion qui sera échangé
au cycle suivant (Na+, OH-, H+, Cl-). On utilise pour ce faire un produit chimique porteur de cet ion. Il
est appelé régénérant ou réactif de régénération (le chlorure de sodium pour Na+ et Cl-, un acide minéral
pour H+, la soude caustique pour OH-).
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Remarque :
• La capacité d'échange (en équivalent par litre) est la caractéristique la plus importante d'un
échangeur d'ions. Elle correspond au pouvoir de rétention des ions jusqu'à la saturation. Elle
dépend du type d'échangeur (pour les échangeurs d'ions fortement acides ou fortement basiques :
du taux de régénération, de la composition de l'eau à traiter, de la vitesse de filtration...).
• La régénération
échangeurs cationiques : à l'aide d'un acide minéral tels que l'acide chlorhydrique ou
l'acide sulfurique.
échangeurs anioniques : généralement à l'aide de la soude.
IV.3.1 La défférisation
Dans les eaux de surface, le fer se trouve généralement sous forme ferrique et précipitée,
souvent associé aux MES. On le rencontre également sous forme ferreuse dans les couches profondes
de certaines réserves d'eau en l'absence d'oxygène, ou dans les eaux souterraines. Le fer réduit (Fe2+)
est alors dissous et souvent complexé.
a ) Déferrisation physicochimique
Cette technique, avec oxydation à l'air et filtration, a longtemps été la plus couramment
utilisée, en particulier pour les eaux de forage. Éventuellement, on peut y ajouter un certain nombre
de traitements supplémentaires tels que : correction de pH, oxydation chimique, décantation... Il est
toujours utile d'aérer une eau d'origine profonde dépourvue d'oxygène, même si on utilise également
un oxydant chimique. Cette aération est nécessaire si l'eau contient du H2S.
L'ozone est l'oxydant chimique de choix qui permet une bonne oxydation du fer. Au cas où
l'eau contient une forte proportion de MO ou de manganèse, il faut déterminer avec soin la dose à
introduire.
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- réactifs normalement inutiles : correction de pH, floculant,
- capacité de rétention importante : le fer est retenu sous forme très compacte. Il en résulte
une capacité de rétention du filtre environ 5 fois plus importante que dans le cas de la
déferrisation physico-chimique.
- vitesse de filtration élevée : grâce à la solidité du floc biologique, tout en conservant des
durées de cycle de filtration importantes. Ces vitesses peuvent aller, dans certains cas, jusqu'à
40 m.h-1, voire 50 m.h-1,
- lavage économique : le pourcentage d'eau de lavage est environ cinq fois plus faible que dans
le cas de la déferrisation physico-chimique et, dans certains cas, il est possible de laver les
filtres à l'eau brute. Il est par contre recommandé de ne pas laver les filtres à l'eau traitée chlorée,
ce qui pourrait détruire partiellement la population de bactéries déferrisantes,
- traitement des boues facilité : boues compactes.
IV.3.2 La démanganésation
Dans les eaux naturelles, le manganèse est généralement présent sous forme soluble ionisée
Mn2+ et MnOH+. Il peut former des complexes avec les bicarbonates, les sulfates et silicates présents
en même temps, ainsi qu'avec certaines M0. Le manganèse est souvent présent dans les eaux naturelles
en association avec le fer et l'ammonium. Mais il existe aussi des cas où le manganèse est présent seul.
IV.4- LA DECARBONATATION
Lorsque le TH (titre hydrométrique) de l'eau est élevé et qu'il s'accompagne d'un TAC (titre
alcalimétrique complet) important, on peut adoucir l'eau par décarbonatation à la chaux.
Cette décarbonatation peut être faite
- de façon catalytique s'il n'est pas nécessaire d'effectuer de clarification conjointe et si la teneur
en magnésium est faible,
- par décantation dans les autres cas.
Le réactif de clarification à mettre en œuvre est le chlorure ferrique. Le sulfate d'aluminium
conduirait, au pH où s'effectue le traitement, à une solubilisation de l'aluminium qui risquerait
de refloculer par la suite.
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- soit à décarbonater partiellement l'eau en même temps qu'on la clarifie. On constate alors que
ceci nécessite d'adopter des vitesses de décantation d'autant plus faibles que la décarbonatation
est moins poussée. De plus le pH peut être trop élevé et il faut alors le corriger.
Dans le cas des eaux de dureté permanente élevée, on peut conjuguer une décarbonatation à la
chaux et un adoucissement au carbonate de sodium qui permet, après avoir atteint le TAC. minimal,
de précipiter le calcium lié aux sulfates et chlorures et de continuer ainsi l'adoucissement. Pour que
l'eau soit agréable à boire, il faut lui redonner un certain TAC par mélange avec une fraction d'eau non
décarbonatée.
L'eau ainsi obtenue a un TH nul : elle est corrosive et n'est pas agréable à boire ; il est nécessaire
de maintenir un certain TH résiduel (8 à 15 °F) en n'adoucissant qu'une partie du débit qui est ensuite
mélangée au débit restant.
L'intérêt de ce type d'adoucissement est qu'il ne conduit pas à la production de déchets solides
et qu'il peut être effectué sous pression. Les forts débits peuvent aisément être traités par échangeurs
d'ions à marche continue.
IV.5- LA DEFLUORURATION
Dans certaines eaux naturelles, on trouve jusqu'à 10 mg/l de fluor. On cherche à ramener cette
dose aux environs de 1 mg/l (le taux admissible). Les procédés employés sont les suivants :
b) Emploi de l'alumine
On peut utiliser le sulfate d'aluminium, mais la dose doit être alors très élevée 150 à 1000 g/m3
selon les cas. L'eau ainsi traitée peut contenir une forte dose d'aluminium dissous ; il faut en prévoir la
refloculation lors de l'ajustement de pH.
La filtration sur alumine activée a déjà été pratiquée avec succès ; la régénération se fait par le sulfate
d'aluminium, ou par la soude et l'acide sulfurique. La capacité de rétention peut être très variable,
suivant la teneur initiale en fluor de l'eau brute et les conditions opératoires : 0,3 à 4,5 g d'ion F- par
litre de produit.
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c) Adoucissement de l'eau à la chaux
Cette méthode peut être employée, à condition que l'eau présente une teneur suffisante en
magnésium, car c'est la magnésie qui adsorbe le fluor. Dans le cas contraire, il faut enrichir fortement
l'eau en magnésium par distribution de sulfate de magnésium ou par utilisation de chaux dolomitique.
On estime qu'il faut environ 50 mg.l-1 de magnésium pour éliminer 1 mg.l-1 de fluor.
d) Autres procédés
Si l'ion fluorure doit être éliminé en même temps qu'une minéralisation excessive de l'eau,
l'osmose inverse peut représenter une solution spécifique de ce problème particulier. Il existe aussi des
procédés électrochimiques à anode d'aluminium, dont on ne connaît toutefois pas encore d'application
industrielle importante.
Dans tous les cas, il faut des essais préliminaires (si possible sur place) et une étude économique pour
définir le traitement le mieux adapté.
En résumé, les techniques de défluoruration nécessitent soit une décantation, soit une filtration ; c'est
surtout celle-ci qui a été mise en œuvre dans les réalisations industrielles, le matériau filtrant le plus
fréquent étant l'alumine activée.
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