DM 4
Mécanique
À rendre le Jeudi 3 décembre
Problème I : Attraction gravitationnelle (CCP)
On considère dans ce problème que la Terre possède une répartition de masse à symétrie sphé-
rique, de centre O, de masse MT , et de rayon RT . On pourra donc considérer que le champ
gravitationnel créé par la Terre en un point M , extérieur à la Terre, est identique à celui créé
par une masse ponctuelle MT située en O.
1. Préliminaires
On se place en un point M de l’espace, situé à l’extérieur de la Terre, à une distance
r (> RT ) du centre O. On note G la constante de gravitation universelle.
(a) Donner l’expression de la force d’attraction gravitationnelle F⃗ (M ) que la Terre exerce
sur une masse m située en M . On exprimera cette force en fonction de G, MT , m, r
et d’un vecteur unitaire à préciser.
F⃗ (M )
(b) On appelle champ gravitationnel, le vecteur G(M
⃗ ) défini par G(M
⃗ )= . Donner
m
son expression et le représenter sur un schéma.
2. Satellite en mouvement autour de la Terre
On étudie le mouvement autour de la Terre d’un satellite S de masse m, placé dans le
champ gravitationnel terrestre. On néglige tout frottement.
(a) On se place dans le référentiel géocentrique, considéré comme galiléen, qui a pour
origine O et dont les trois axes pointent vers trois étoiles "fixes".
Donner l’expression de la force f⃗ à laquelle le satellite est soumis de la part de la
Terre. Déterminer également la force f⃗′ à laquelle la Terre est soumise de la part du
satellite. Justifier.
(b) Montrer que le mouvement du satellite S est nécessairement plan. Sachant qu’à l’ins-
tant t = 0, le satellite se trouve au point M0 et possède une vitesse ⃗v0 , préciser le
plan dans lequel se fait le mouvement.
Dans la suite de cette partie, on étudiera un mouvement circulaire de rayon r et d’altitude
h autour de la Terre (r = RT + h) et on utilisera les coordonnées cylindriques.
(c) Rappeler les expressions générales des vecteurs position, vitesse et accélération en
coordonnées cylindriques.
Les simplifier dans le cas du mouvement circulaire étudié.
(d) En appliquant le principe fondamental de la dynamique, montrer que le module v de
la vitesse du satellite, en mouvement circulaire, est nécessairement constant au cours
du mouvement, et déterminer son expression en fonction de G, MT et r.
(e) Déterminer l’expression de la période T du mouvement de rotation de S autour de la
Terre en fonction de v et r puis en fonction de G, MT et r. En déduire la troisième
loi de Képler.
DM 4 - Mécanique Jeudi 3 décembre
(f) Indiquer une méthode pour déterminer la masse de la Terre.
Donner sans justification l’ordre de grandeur de la masse de la Terre.
(g) Un autre satellite S ′ , de masse m′ , en orbite circulaire autour de la Terre a une
trajectoire de rayon r′ égal au rayon r de la trajectoire de S. Les deux satellites
tournent dans le même plan. S et S ′ risquent-ils de se heurter au cours de leur
mouvement ? On justifiera la réponse apportée.
3. Étude énergétique
On ne se limitera pas dans cette partie au seul mouvement circulaire, mais on se placera dans le
cas d’un mouvement quelconque du satellite autour de la Terre.
(a) Montrer que la force à laquelle est soumise le satellite de la part de la Terre est
conservative, et donner l’expression de l’énergie potentielle dont elle dérive sous la
α
forme Ep = − , avec α > 0. On prendra par convention une énergie potentielle nulle
r
à l’infini.
Exprimer α en fonction des données du problème.
(b) Montrer que la grandeur C = r2 θ̇ est une constante du mouvement.
(c) Déterminer l’expression de l’énergie mécanique Em du satellite S en fonction de m,
r, ṙ, θ̇ et α.
En déduire l’expression de l’énergie potentielle effective du satellite en fonction de m,
C, r et α.
Donner l’allure de la représentation graphique de l’énergie potentielle effective en
fonction de r. En exploitant cette courbe, indiquer, en fonction de la valeur de l’énergie
mécanique, le type de trajectoire suivie par le satellite, et préciser dans chaque cas
s’il s’agit d’un état lié ou d’un état de diffusion.
(d) Déterminer l’énergie mécanique Emc associée à une trajectoire circulaire de rayon rc ,
en fonction de rc , G, MT et m.
Déterminer l’expression de la première vitesse cosmique v1 , vitesse du satellite sur
une orbite basse de rayon RT autour de la Terre en fonction de G, RT et MT .
(e) Déterminer l’expression de la deuxième vitesse cosmique v2 , après l’avoir définie. (On
l’appelle également vitesse de libération).
Lavoisier - PC 2
Approche documentaire : les marées
Cette approche documentaire est constituée de quatre documents : le document 1 est une
introduction au phénomène des marées, le document 2 présente le modèle statique des marées,
les deux autres constituent des annexes. Les questions sont regroupées à la fin.
Document 1 :
Les forces de marée
JEAN-MICHEL COURTY • ÉDOUARD KIERLIK
Extrait de POUR LA SCIENCE n°295 mai 2002
Les forces mises en jeu par les effets de marée peuvent
déchiqueter les objets célestes.
En ces jours de grande marée, la mer entame deux fois par jour les dunes qui bordent la
magnifique baie de Somme. Cette rare violence nous étonne, mais nous sommes familiers du
retour régulier du flot qui résulte des effets conjugués de la Lune et du Soleil. Il n'est pas
facile d'expliquer pourquoi ces marées se produisent deux fois par jour, et l'évaluation de la
puissance mise en jeu par les frottements des marées est encore moins intuitive. Capables de
déplacer l'eau des océans, les effets de marée ont ralenti la Lune jusqu'à la rendre impassible ;
ils créent aussi des volcans à la surface de l'un des satellites de Jupiter et ont désintégré une
comète en 1992 ...
Au XIIe siècle déjà, la marée était exploitée comme source d'énergie : des moulins à marée
tournaient dans l'estuaire de la Rance, non loin du Mont Saint-Michel. Fermées par de petits
barrages, des criques étaient remplies lorsque la marée montait. À marée basse, on libérait
l'eau retenue pour actionner les roues à aubes des moulins. Aujourd'hui, au même
endroit, on exploite l'énergie des marées dans une usine marémotrice.
L'énergie des marées est exploitée depuis longtemps en France, Ici, l'ancien moulin du Birlot sur l'île
de Bréhat en Bretagne Nord.
Un barrage ferme l'estuaire : l'eau qui le traverse lors du flux et du reflux actionne 24 groupes
générateurs de 10 mégawatts. L’électricité produite équivaut à la production d'une centrale
thermique qui consommerait 100 tonnes de charbon à l'heure.
Impressionnante, cette énergie n'est qu'une infime partie de l'énergie mise en jeu par la marée,
qui, deux fois par jour, met les eaux de tous les océans en mouvement ! En s'écoulant, ces
eaux frottent au fond et sur les côtes, dissipant de l'énergie sous forme de chaleur. Quelle est
la source de toute cette énergie ?
Pour le savoir, il faut d'abord saisir quelles forces provoquent les effets de marée. Observons
pour cela un spationaute flottant librement
au centre de la cabine de la station spatiale
internationale, en orbite circulaire à 407
kilomètres d'altitude autour de la Terre.
Tout comme le vaisseau, il subit l'attraction
gravitationnelle de la planète.
L’accélération imprimée par la gravité ne
dépend pas de la masse du corps accéléré.
Le vaisseau et l’astronaute parcourent pour
cette raison des trajectoires identiques avec
la même vitesse, et ils sont immobiles l'un
par rapport à l'autre. Le spationaute a
l'impression d'être en impesanteur alors
qu'en réalité, il subit simultanément deux
forces qui se compensent : la gravité et la
Les forces de marée transforment une sphère en
orbite en un ellipsoïde. Ainsi, la Terre déforme la force d'inertie. Tandis que la gravité est
Lune et la Lune déforme la Terre. dirigée vers le centre de la Terre, la force
d'inertie est centrifuge.
EFFETS DE MARÉE
Précisons toutefois que les deux forces ne se compensent exactement que si le spationaute est
au centre de gravité du vaisseau. Sinon, il subit des forces résiduelles. S'il se place entre le
centre de masse du vaisseau et la Terre, il subit une attraction gravitationnelle plus forte que
lorsqu'il est au centre de gravité du vaisseau : cette dernière l'emporte sur la force d'inertie et il
est attiré vers la Terre. S'il se place entre le centre de gravité du vaisseau et les étoiles, il
dérive vers les étoiles. Nous voyons que la différence des forces en présence engendre de
petites forces résiduelles, nommées forces de marée.
Les mêmes forces de marée tendent à transformer un ballon de football en un ballon de rugby
dont le grand axe est orienté vers la Terre. Toutefois, cette déformation ne devient perceptible
que si le ballon atteint la taille de la ... Lune. Notre satellite est déformé de quelques mètres
par l'attraction terrestre de part et d'autre de l'axe Terre-Lune. L'existence de ces « bourrelets »
n'est accompagnée d'aucun échange d'énergie, car ils sont statiques.
Pour quelle raison ? En même temps qu'il parcourt son orbite, notre satellite tourne lentement
sur lui-même, de façon à nous présenter toujours la même face. Cette synchronisation résulte
de l'effet ralentisseur qu'a eu la marée de Terre sur la Lune. Quand le compagnon de la Terre
tournait plus vite, l'axe Terre-Lune et avec lui la déformation due à l'attraction terrestre se
déplaçaient, engendrant des frictions entre roches ; les frottements qui accompagnaient alors
cette déformation coûtaient de l'énergie, et ils ont freiné la rotation lunaire, jusqu'à ce que la
lune tourne assez lentement pour que nous présenter toujours la même face.
LA TERRE RALENTIT
Quelques dizaines de millions d'années ont suffi pour que la vitesse de rotation de la Lune et
sa vitesse orbitale s'accordent. En revanche, on estime à dix milliards d'années le temps
nécessaire pour que la Terre achève son ralentissement. Les 4,5 milliards d'années de vie
commune entre la Terre et la Lune n'ont donc pas suffi pour que notre planète présente
toujours la même face à la lune. L’origine de l'énergie des marées est claire à présent : elle est
prélevée sur l’énergie de rotation de la Terre autour d'elle-même.
2
La Lune agit sur les fluides qui baignent notre planète, les océans et l’atmosphère. Elle crée
deux bourrelets liquides à la surface des mers, situés de part et d'autre de la Terre. L'amplitude
de cette marée océanique est faible : environ un mètre au centre des océans. Toutefois, les
deux bourrelets liquides tendent à s'aligner avec l'axe Terre-Lune qui est mobile. Le passage,
toutes les 12 heures, d'un bourrelet à la poursuite de l'axe Terre-Lune se traduit sur nos côtes
par d'importantes variations du niveau de la mer et l'apparition de courants.
L'amplitude du phénomène serait toujours la même si seule la Lune était en cause. L'influence
du Soleil, mais aussi la forme des côtes et des bassins océaniques, notamment, expliquent que
l'amplitude des marées varie selon le lieu et tout au long de l'année. Les mesures astronomi-
ques confirment que le jour terrestre s'allonge d'environ deux millièmes de seconde par siècle,
car la dissipation par les frottements dus aux effets de marée ralentit la rotation de la Terre.
Cet allongement de la journée est
important sur de longues périodes :
ainsi le jour durait 22 heures il y a
350 millions d'années.
La dissipation d'énergie due aux
marées a des conséquences très
importantes pour Io. Ce satellite de
Jupiter a pratiquement la même
masse, le même diamètre et le
même rayon orbital que notre
Lune. Comme elle, il présente
aussi toujours la même face à sa
planète, mais différence notable, Io
subit l'attraction d'une planète
Io, l'une des lunes de Jupiter, subit d'intenses forces de géante. Trois cent fois plus massive
marée. Les frottements qu'elles créent engendrent une
forte activité volcanique.
que la Terre, Jupiter déforme Io de
plus de 300 mètres, ce qui aurait
peu de conséquences si cette déformation ne variait dans le temps, parce que l'orbite de Io est
elliptique : la distance du satellite à sa planète change, ce qui modifie d'une centaine de mètres
l'amplitude de la déformation. En outre Io accomplit une révolution complète en moins de 2
jours, alors que la Lune tourne autour de la Terre en 28 jours.
Au final, les frictions qui résultent de cette « flexion » périodique des roches de Io dissipent
une puissance considérable, de 1012 à 1014 watts, soit au moins autant de chaleur à chaque
seconde au sein de Io que la radioactivité le fait au sein de la Terre, pour un volume 50 fois
moins grand que celui de notre planète... Toute cette chaleur dissipée au sein du satellite
engendre une différence de température considérable entre la surface froide et les couches
internes. La température qui règne au centre de Io atteindrait 10000 degrés, ce qui suffirait à
fondre la roche et à créer sur Io une activité volcanique beaucoup plus intense que sur la
Terre : des volcans géants poussent sur la surface du satellite. Ils répandent des océans de lave
et expulsent des jets d'oxyde de soufre dans l'espace.
Les forces de marée peuvent être si importantes qu'il arrive qu'elles brisent un corps céleste :
quand la différence entre les forces d'attraction de la planète entre deux points extrêmes du
satellite est supérieure à la force de cohésion de la roche du satellite. Cette désintégration en
vol se produit quand un corps fragile - une comète, par exemple - passe trop près d'une
planète géante. Ce fut le cas de Shoemaker-Levy 9 en juillet 1992. Alors qu'elle frôlait
Jupiter, cette comète fut brisée en quelque 21 fragments dont le plus gros mesurait deux
kilomètres de diamètre. Ces fragments se dispersèrent le long de la trajectoire cométaire et
entrèrent en collision avec Jupiter en juillet 1994. Les astronomes suivirent avec délectation
ce spectacle cosmique dû aux effets de marée.
3
Document 2 : Modèle statique des marées
Extrait du cours de G.Roullet dispensé en master 2ème année ENSTA Bretagne
http://stockage.univ-brest.fr/~roullet/documents/cours_maree_2012.pdf
La marée est un phénomène tout à la fois familier et fascinant. Son fonctionnement est
relativement simple à comprendre dans les grandes lignes, ce que nous nous attacherons à
montrer dans cette partie. Cependant en y regardant de plus près l’on se rendra compte que les
choses sont en réalité plus compliquées
L’histoire scientifique commence avec Newton qui donne une explication rationnelle du rôle
des astres à l’aide de sa théorie de la gravitation. Une fois cette question résolue est apparue la
question de la réponse dynamique des océans. Le cadre a été posé par Laplace à la fin du
XVIIIe siècle mais il fallut attendre le début du XXe pour commencer à voir apparaître les
premières cartes régionales de la marée. L’histoire continue avec le rôle de la dissipation dans
le phénomène, cette question ne sera que réellement résolue qu’il y a une dizaine d’années
avec l’avènement des satellites altimétriques. Nous nous contenterons de la théorie statique
des marées, qui ne tient pas compte notamment de la présence des continents.
La marée est un concentré de processus physiques, c’est un phénomène qui relève avant tout
de l’océanographie mais qui a des relations avec l’astronomie, la planétologie, la géophysique
interne, la mécanique des fluides, la physique des ondes. C’est un vaste sujet qui apparaît de
plus en plus complexe au fur et à mesure qu’on cherche à le comprendre.
Théorie du Bourrelet
Le phénomène de marée est dû aux forces gravitationnelles exercées par la Lune et le Soleil
sur la Terre. Ces forces déforment la surface des océans pour créer deux bourrelets.
Les forces de marées sont fondamentalement un résidu d’interaction gravitationnelle, il s’agit
de la différence entre deux termes. L’un des termes est la force d’interaction entre une
parcelle de fluide de masse m et l’astre (Lune, Soleil). Le second terme est directement lié à
l’attraction moyenne exercée par l’astre au centre de la Terre. La première force est intuitive,
la seconde l’est moins.
Considérons dans un premier temps, et pour simplifier, le système isolé constitué de la Terre
et de la Lune. Le système étant isolé, son centre de masse C se déplace selon un mouvement
rectiligne uniforme dans l’espace intersidéral et constitue un référentiel galiléen.
Dans ce référentiel, la Terre n’est soumise qu’à la seule force d’attraction de la lune qui
équilibre l’accélération centripète de sorte que la seconde loi de Newton s’y écrit :
TL
MT a(T / RC ) GMT M L 3
TL
Si on raisonne cette fois dans le référentiel géocentrique (Rgéo) d’origine T et en translation
par rapport à (RC), le centre de la Terre y est en équilibre mais soumise à une seconde
« force » , la force d’inertie d’entraînement. On peut ainsi écrire dans ce référentiel :
TL TL
0 GMT M L 3 MT ae avec ae a(T / RC ) GML 3
TL TL
Ainsi, en s’intéressant à une parcelle de masse m placée en un point M à la surface de la
Terre, la 2ème loi de Newton appliquée dans le référentiel géocentrique donne :
ma( M / Rgéo )
F terre GmML
ML
ML3
mae
où F terre représente l’ensemble des forces « terrestres » appliquées à la parcelle.
4
Figure 1 : Le point
C, barycentre du
système isolé {Terre,
Lune}, se déplace
selon un mouvement
rectiligne uniforme.
La Terre et la Lune
tournent par rapport
à ce point, de sorte
que le référentiel
géocentrique ne
constitue pas un
référentiel galiléen.
Il apparaît donc un terme différentiel, appelé force de marée, tel que :
ML TL
F marée/ Lune GmML ( )
ML3 TL3
Cette force, appliquée à toute parcelle constituant la Terre, tend à la déformer et créer deux
bourrelets au niveau des extrêmes, c’est à dire au Zénith (Z) et au Nadir (N) sur le schéma ci-
dessous.
Figure 2 : L’attraction
différentielle
gravitationnelle de la Lune
sur la Terre crée des forces
de marée (flèche noire). Il
s’agit du résidu entre
l’attraction en un point
(flèche rouge) et
l’attraction moyenne
BM : Basse Mer et PM : Pleine Mer s’exerçant au centre de la
terre (flèche violette).
Le cycle de vives-eaux et mortes-eaux
Le système {Terre, Lune} n’est en pratique pas isolé et subit l’action du Soleil autour duquel
il gravite. La conséquence est l’apparition d’un terme de marée dû à l’attraction
gravitationnelle solaire et dont l’expression est analogue à celui associé à l’attraction lunaire :
MS TS
F marée/ Soleil GmML ( 3 )
MS TS 3
Le phénomène de marée est donc la conjonction de deux influences, lunaire et solaire, et se
traduit par des amplitudes variables selon les positions relatives de ces deux astres par rapport
à la Terre. Un des phénomènes bien connu est le cycle de vives-eaux / mortes-eaux. Lorsque
les deux astres sont alignés, les effets se renforcent et on assiste à de grandes marées, lorsque
les astres sont en quadrature, les effets se compensent et les marées sont de faible amplitude.
5
Classification des marées
Du fait de la rotation propre de la
Terre, les bourrelets tournent autour
de la Terre en 24h ce qui correspond
localement à deux cycles de marée
par jour.
Cependant, la marée possède aussi
une composante diurne, faible à
Brest, mais en fait prédominante
dans certaines régions du globe (en
Indonésie par exemple figure 5).
L’origine de cette composante
diurne vient du fait que les astres ne
sont pas dans le plan équatorial et
par conséquent le bourrelet n’est pas
perpendiculaire à l’axe de rotation
de la Terre (Figure 4).
En réalité, la situation est bien plus
complexe et de nombreux autres
facteurs, dynamiques,
géographiques, de relief influent
localement sur la nature et
l’amplitude des marées, si bien que
si certains lieux révèlent des marées
à caractère semi-diurne ou à
caractère diurne, d’autres sont
mixtes (entre les deux situations). Il
existe même des lieux où la marée
est nulle, appelés points
amphidromiques.
Figure 3 : le cycle de vives-eaux / mortes-eaux
vient de la superposition des effets de la lune et
du soleil
Figure 4 : la composante diurne de la
marée est due à la déclinaison des
astres, c’est-à-dire l’angle qu’ils font
par rapport au plan équatorial (PM :
Pleine Marée)
6
Marée
semi-diurne
Marées
semi-diurnes
à inégalité
diurne
Marée
diurne
7
Annexe 1 : caractéristiques orbitales
Distance Période Masse Inclinaison
moyenne au sidérale Excentricité sur
soleil (en années (en masse l’écliptique
(en u.a.) terrestres) terrestre) (en degrés)
Mercure 0,387 0,241 0,055 0,2056 7,00
Venus 0,723 0,615 0,815 0,0068 3,39
Terre 1 1,00 1 0,0167 -
Mars 1,52 1,88 0,107 0,0934 1,85
Jupiter 5,20 11,9 318 0,0483 1,31
Saturne 9,54 29,5 95,2 0,0560 2,48
Uranus 19,2 84,1 14,6 0,0461 0,81
Neptune 30,1 165 17,2 0,0100 1,77
Tableau 1 : caractéristiques orbitales des planètes
Distance Période de Distance à la Distance à la
Diamètre Masse moyenne à la révolution Terre à Terre au
(en km) (en 1020 kg) Terre sidérale l’apogée (en périgée (en
(en 103 km) (en jours) km) km)
3 474 734,8 384,4 27,32 405 696 363 104
Tableau 2 : caractéristiques orbitales de la Lune
Masse du Soleil : MS = 1,989.1030 kg
Diamètre du soleil : DT = 1,393.106 km
Masse de la Terre : MT = 5,974.1024 kg
Diamètre de la Terre : DT = 1,274.104 km
Diamètre de Saturne : DSat = 116.103 km
Unité Astronomique : 1 u.a. = 149,6.106 km
Constante de Gravitation : G = 6,674.10-11 m3. kg-1.s-2
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Annexe 2 : horaires des marées à Brest (Mai 2014)
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Analyse des documents
Suite à la lecture et l’analyse des documents, vous devrez répondre aux questions suivantes :
Les questions 1, 2, 3, 6, 8, 9, 12, 13 et 15 sont obligatoires (demandez de l’aide si besoin).
Les questions les plus difficiles sont les questions 7 et 11.
1. Où se situe le centre de masse du système {Terre – Lune} ? A.N.
2. Evaluer le rapport des forces d’attraction exercées sur la Terre par la Lune et par le
Soleil. Commenter
3. En se plaçant par exemple au Zénith, évaluer le rapport des termes différentiels
exercés sur la Terre par la Lune et par le Soleil. Commenter.
4. Calculer la valeur numérique de la force de marée exercée sur l’astronaute du
document 1.
5. Pourquoi ne tient-on compte que des influences de la Lune et du Soleil sur la Terre en
termes de marées ?
6. Sur la figure 2 du document 2, la pleine mer est représentée de manière symétrique au
zénith (Z) et au nadir (N). Pouvez-vous le justifier ?
7. Sur la figure 4 du document 2, faire apparaître la trajectoire d’un point M de latitude
élevée (il faut que la somme de la latitude et de la déclinaison soit supérieure à 90°), ainsi que
sa position à chaque haute mer et basse mer. Montrer qu’il peut exister des marées diurnes
(une marée haute et une marée basse par jour). Attention, l’axe de rotation est vertical.
Recommencer avec un point M de latitude de latitude assez faible ; montrer qu’il peut exister
des marées semi-diurnes à inégalité diurne.
8. Sur le calendrier 2 pleines lunes sont séparées de 29 ou 30 jours, pour une moyenne de
29,5 jours. Or le tableau 2 de l’annexe 1 donne 27,32 jours de période de révolution.
Expliquer.
9. L’annexe 3 regroupe les horaires des différentes marées à Brest en mai 2014. Quelle
est la durée moyenne observée entre deux pleines mers (PM) ? Comment justifier que cette
durée ne soit pas de 12h dans le cas des marées semi diurnes ?
10. Depuis la Terre, on observe toujours la même face de la Lune. Justifier qualitativement
le rôle des effets de marées sur le synchronisme de la rotation propre de la Lune.
11. En fait, on peut voir du même point de la Terre et au fil des phases de la Lune environ
59% de sa surface, principalement à »gauche » et à « droite ». Ce sont les librations
longitudinales. L’expliquer.
12. Reproduire la figure 3 du document 2, et indiquer à quelle phase correspond chaque
schéma. Indiquer également si on peut voir cette phase le jour, la nuit, le matin ou le soir.
13. La Lune s’éloigne de la Terre à raison de 3,78 cm par an. En quoi cela peut-il être dû
aux effets de marée ?
14. En supposant que Io a les mêmes caractéristiques que la Lune, déterminer sa période
de révolution autour de Jupiter.
15. A partir du tableau 1 de l’annexe 1, tracer ln(T) en fonction de ln(a) pour les
différentes planètes, T représentant la période sidérale et a le rayon orbital moyen. Peut-on y
placer la lune ? Commenter l’allure de la courbe.
16. Les anneaux de Jupiter sont constitués de débris de tailles de plus en plus petites à
mesure que l’anneau est proche de la planète. Commenter.
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