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Révocation d'administrateur en SA : enjeux juridiques

Le document traite d'un arrêt de la Cour de Cassation annulant la décision de la cour d'appel de Colmar. L'arrêt concerne la révocation d'un administrateur suite à la violation d'un pacte d'actionnaires. Bien que la cour d'appel ait violé des articles, la Cour de Cassation rejette la demande de dommages-intérêts car le pacte portait atteinte au principe de libre révocabilité des dirigeants.

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Révocation d'administrateur en SA : enjeux juridiques

Le document traite d'un arrêt de la Cour de Cassation annulant la décision de la cour d'appel de Colmar. L'arrêt concerne la révocation d'un administrateur suite à la violation d'un pacte d'actionnaires. Bien que la cour d'appel ait violé des articles, la Cour de Cassation rejette la demande de dommages-intérêts car le pacte portait atteinte au principe de libre révocabilité des dirigeants.

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Dans l’hypothèse où la révocation est une révocation ad nutum, qui est traditionnellement de mise

pour révoquer les dirigeants dans une société anonyme et pour les administrateurs, il ne peut y avoir
de convention qui entrave la faculté de convention la libre révocabilité du dirigeant. Ainsi le principe
veut que la révocation puisse intervenir à tout moment et sans motif particulier. Elle ne peut pas
donner lieu à réparation. C’est dans ce cadre que s’inscrit ce commentaire de décision soumis à notre
réflexion.

Ce commentaire de décision est un arrêt de litige de la Cour de Cassation infirmant la décision de la


cour d’appel de Colmar rendue le 12 Novembre 2014.

En l’espèce, M. [F], actionnaire majoritaire de la société Socar, qui exerçait une activité de
concessionnaire de véhicules de marque Volkswagen et Audi, d'une part, et M. [A] [B] qui exerçait
une activité identique, d'autre part, ont conclu le 1er octobre 1999 un protocole d'accord qui avait
pour objet de déterminer les modalités de la fusion des sociétés Socar et [B] automobiles ; que ce
protocole comportait un pacte d'actionnaires qui stipulait que M. [F] assumerait les fonctions de
président du conseil d'administration tandis que. M. [B] assumerait celles de directeur général de la
société. Cette fusion donnant lieu à la création d’une nouvelle société, quelque temps après, M. [B] a
été évincé de ses fonctions par l’assemblée générale d’actionnaires.

N’approuvant pas sa révocation, M. [B] traduit en justice le président du conseil d’administration en


vu de paiement des dommages-intérêts sur le motif que ce dernier a violé leur pacte d’actionnaire.
N’ayant pas eu gain de cause, le demandeur, M. [B] forme un pourvoi pour faire grief à l'arrêt d’avoir
rejeter sa demande en paiement de dommages-intérêts en réparation du préjudice résultant de la
violation du pacte d'actionnaires mais également sur celle relative à l'abus du droit de le
révoquer de ses fonctions d'administrateur selon le moyen d’une part que la violation d'un pacte
d'actionnaires dans lequel les parties ont pris l'engagement de maintenir la direction à égalité
entre deux groupes d'actionnaires est sanctionné, en cas de préjudice, par le paiement de
dommages et intérêts, sans qu'il soit nécessaire de faire la preuve que la révocation d'un des
dirigeants a été abusive. Et que les administrateurs d'une société anonyme sont révoqués par
l'assemblée générale ordinaire des actionnaires ; qu'en jugeant que M. [B] ne rapportait pas la
preuve que sa révocation aux fonctions de direction était imputable à M. [F], tout en constatant
que ce dernier était majoritaire en capital, la cour d’appel a violé les articles L. 225-118 du code
de commerce et 1147 du code civil.

Ainsi le juge de la cour de cassation était appelé à répondre à la question suivant : si la demande
en réparation d’un préjudice résultant de la violation d’un pacte d’actionnaire qui porte atteinte à
la libre révocabilité d’un administrateur dans une SA peut prospérer ?

A cette question le juge de la cour de cassation répond par l’infirmatif. En effet certes le juge
reconnait l’existence d’un préjudice subi par le demandeur du fait de la violation du pacte
d’actionnaire par le président du conseil d’administration mais également de la violation des
articles L. 225-118 du code de commerce et 1147 du code civil par la cour d’appel, mais cela ne
lui permet pas pour autant d’avoir droit au paiement de dommages-intérêts car les stipulations
invoquées par le demandeur résultant du pacte d’actionnaire, porte atteinte au principe de la libre
révocabilité des dirigeants sociaux dans les sociétés anonymes.

Dès lors notre développement s’articulera autour de deux grandes parties que sont : le caractère
illicite du pacte d’actionnaire voire la nullité du pacte d’actionnaire (I) et le bien-fondé de la
décision de la cour d’appel (II).

I/ la nullité du pacte d’acte d’actionnaire invoqué par le demandeur


La nullité de ce pacte d’actionnaire invoqué par le demandeur se caractérise d’une part le fait
qu’il est contraire à l’ordre public (A) mais également par le fait qu’il contient des stipulation
portant atteinte à la libre révocabilité d’un dirigeant social dans une SA(B).

A/Un pacte d’actionnaire, contraire à l’ordre public

«Mais attendu qu'est illicite toute stipulation ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à la
libre révocabilité de l'administrateur d'une société anonyme». Autrement dit, il est d’ordre public la
libre révocabilité d’un administrateur dans une société anonyme et que toute clause contraire à
ce principe est illicite. En effet le pacte d’actionnaires, soumis à l’effet relatif des contrats, ne peut
créer des obligations à la charge des non-signataires. Les dispositions du pacte sont ainsi
inopposables aux tiers, aux actionnaires non-signataires et même à la société sauf si cette dernière
signe la convention. Par ailleurs, les clauses du pacte ne doivent pas être en contradiction avec les
clauses statutaires. Toute clause contraire aux statuts est réputée sans effet. La liberté contractuelle,
sur laquelle est fondé le pacte d’actionnaires, est limitée par l’ordre public. En effet, toute clause
contraire à l’ordre public est considérée comme nulle et non avenue. Tel est le cas des clauses qui
portent atteinte aux droits essentiels des associés comme la privation du droit de vote. L’ on
comprend alors même si la violation d'un pacte d'actionnaires dans lequel les parties ont pris
l'engagement de maintenir la direction à égalité entre deux groupes d'actionnaires est
sanctionné, en cas de préjudice, par le paiement de dommages et intérêts, sans qu'il soit
nécessaire de faire la preuve que la révocation d'un des dirigeants a été abusive, M (B) ne peut
peut s’en prévaloir.

B/L’existence des stipulations portant atteintes à la libre révocabilité d’un dirigeant social dans
une SA

«que tel étant le cas des stipulations invoquées par M. [A] [B], la demande de ce dernier ne
pouvait prospérer ». En d’autres termes le demandeur a invoqué un pacte d’actionnaire dont les
stipulations portent atteinte à la libre révocabilité d’un administrateur dans une société par action.
En principe, la révocation d’un dirigeant doit se faire sur un juste motif, autrement dit, être fondée
sur une cause valable. Néanmoins, les statuts peuvent prévoir que la révocation peut survenir ad
nutum, c’est-à-dire sans motif et sans délai et est donc moins protectrice du dirigeant car il peut se
voir destitué à tout moment et sans préavis. La question qui se pose est celle de savoir si la
révocation lui ouvre droit à une indemnisation. La réponse varie en fonction du type de révocation et
des circonstances de la révocation. Mais dans ce cas d’espèce la révocation est certes abusive car
n’existant pas de motif valable, mais le dirigeant ne peut pas obtenir réparation sur le prétexte qu’il
y’a violation du pacte d’actionnaire qui contient des stipulations portant atteinte à la libre révocation
de ses fonctions. En effet ceci se justifie par le fait dans une société anonyme, un administrateur peut
être évincé de ses fonctions à tout moment, ce pendant toute convention contraire à cette règle
d’ordre public est nulle voire même illicite.

II/ Le bien-fondé de la décision rendue par la cour d’appel

La décision de la cour d’appel est justifiée parce que d’abord le conseil d’administration peut
révoquer un administrateur à tout moment dans une société anonyme(A) et ensuite parce qu’il y’a
une indifférence de la violation du pacte d’actionnaire(B).

A/ Le principe de la libre révocabilité d’un administrateur dans une SA

« 2°/ que les administrateurs d'une société anonyme sont révoqués par l'assemblée générale
ordinaire des actionnaires ». Cette phrase s’inscrit dans le contexte des dispositions de l’article
492 de l’AUSC-GIE. L’article dispose en son alinéa premier que : « Le directeur général peut être
révoqué à tout moment par le conseil d'administration. ». Toutefois il est opportun de noter que les
règle en la matière se diffèrent selon la forme sociale. En effet au sein d’une société anonyme, le
Code de commerce prévoit des règles différentes selon qu’il s’agisse de la révocation du directeur
général (article L.225-55 du Code de commerce), ou des membres du directoire ou du conseil de
surveillance (article L.225-61 du Code de commerce). Le directeur général ainsi que les directeurs
généraux délégués sont librement révocables à tout moment et sans préavis par le conseil
d’administration. Comme vu précédemment, une révocation sans juste motif peut ouvrir droit à des
dommages-intérêts. Dans le cas où le directeur général et le Président du conseil d’administration
sont les mêmes personnes, aucun dommage-intérêt ne pourra toutefois être alloué, même en
l’absence de juste motif. L’on en déduit que dans ce cas, la demande de M (B) fondée sur l’abus de
droit ne peut donner lieu à une réparation.

B/ L’indifférence de la violation du pacte d’actionnaire


« 1°/ que la violation d'un pacte d'actionnaires dans lequel les parties ont pris l'engagement de
maintenir la direction à égalité entre deux groupes d'actionnaires est sanctionné, en cas de
préjudice, par le paiement de dommages et intérêts, sans qu'il soit nécessaire de faire la preuve
que la révocation d'un des dirigeants a été abusive ». En réalité on note une indifférence de la
violation du pacte d’actionnaire à l’encontre de la cour cassation, car même si elle constante que
le président du conseil d’administration, en votant, contrairement à ses engagements
contractuels, la révocation de M. [B] en qualité d'administrateur, avait été à l'origine de sa
révocation de dirigeant social, ce qui est une violation du pacte d’actionnaire qui prévoyait que M
(B) assume les fonctions du directeur général, la cour de cassation juge que la demande de
paiement de dommages-intérêts ne peut prospérée. C’est ainsi qu’il déclare ; « mais attendu
qu'est illicite toute stipulation ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à la libre
révocabilité de l'administrateur d'une société anonyme ; que tel étant le cas des stipulations
invoquées par M. [A] [B], la demande de ce dernier ne pouvait prospérer ; que par ce motif de pur
droit, suggéré par la défense, substitué à ceux critiqués, la décision se trouve justifiée ; que le
moyen ne peut être accueilli ».

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