Clovis Levené, expert auprès du Département du Développement durable des Nations Unis.
Mon analyse porte sur la gestion de l’eau en Californie, aux États-Unis.
L’eau en Californie est une ressource très inégalement répartie entre le nord et le sud. Le nord a un
climat plutôt de type méditerranéen ce qui explique qu’il fournit l’essentiel de la ressource hydrique
de l’État avec ses deux fleuves, le Sacramento et le San Joaquin . Le sud est une zone aride, on y
trouve le désert de la Sonora, et il n’est parcouru que par le Colorado tout à l’est qui descend
presque sec vers le Mexique. À cette répartition inégale de l’eau s’ajoute le problème de la
saisonnalité, très variable. Par ailleurs, le réchauffement climatique explique sans doute la période
de sécheresse exceptionnelle que la Californie connait depuis dix ans.
Afin d’essayer de garantir un approvisionnement permanent en eau quelle que soit la région il a été
construit de grands ouvrages tels que les barrages réservoirs, et les conduits qui transportent l’eau
du nord vers le sud. Par ailleurs les nappes phréatiques ont été forées et des stations de pompage ont
été construites, permettant l’utilisation des eaux souterraines. Ces aménagements ont permis de
transformer des régions désertiques en de riches terres agricoles qui constituent la « Grande Vallée».
L’agriculture est d’ailleurs la première activité consommatrice d’eau en Californie, sa
consommation est évaluée à 90 milliards de litres d’eau par jour. L’industrie vient en deuxième
position avec 55 milliards de litres d’eau par jour, suivie par l’ensemble des villes et des activités
urbaines pour 25 milliards.
La consommation d’eau dépasse largement la ressource. D’après Peter H. Gleick « nous utilisons au
moins 7,4 milliards de m3 d’eau par an », soit 7 400 milliards de litres, et « nous nous dirigeons
vers une catastrophe économique sociale et politique ». L’exemple de Palm Springs, ville située
dans le désert de Sonora dans le sud de la Californie qui absorbe 16 % de l’eau disponible de la
région pour l’arrosage de ses terrains de golf est révélateur de la gestion aberrante de la ressource
hydrique par certaines autorités. Si le manque d’eau conduisait à l’asséchement de la Grande Vallée,
les conséquences seraient tragiques.
Une partie de l’eau consommée, dite « eau usée », retourne à l’océan et est perdue. C’est de ce
constat que certains ont eu l’idée de renouveler son utilisation après l’avoir recyclée. Une étude
estime que dans un avenir proche, les eaux recyclées pourraient approvisionner le cinquième de la
population californienne.
Une autre solution mise en œuvre consiste à remplacer les plantes consommatrices d’eau par des
plantes locales « tolérantes à la sécheresse ». Dans l’irrigation, le goutte à goutte s’est également
développé.
Enfin, des usines de dessalement de l’eau de mer sont construites, elles permettent de fournir de
l’eau potable.