Irrecevabilité des prétentions en droit administratif
Irrecevabilité des prétentions en droit administratif
= Bienfondé de la demande formulée par les requérants et la partie défenderesse, càd les
raisons du succès de l’action engagée devant le JA. Une fois que le juge a traité des causes
d’irrecevabilité du recours.
-> Le raisonnement suivi par le juge n’est pas le même selon qu’il s’agit de la recevabilité du
recours ou de la prétention des parties. Dans l’irrecevabilité des prétentions, on distingue :
Rappel :
Un recours est une action formée à l’encontre d’un AA, et une fin de non-recevoir est un
moyen de défense visant à ce que le juge s’abstienne d’examiner un recours. Et au sein d’un
même recours, le requérant peut soulever plusieurs conclusions principales. Ex : Un requérant
peut soulever à la fois des ccl° à fin d’annulation et des ccl° indemnitaires.
L’irrecevabilité des ccl° comme du recours est d’ordre public, ce qui signifie que des ccl°
irrecevables revient à demander au JA de ne pas examiner les moyens soulevés par la partie
adverse.
Dans le procès adm, on distingue deux types de ccl° pouvant être formulées par un requérant :
-Les ccl° principales -> le REP qui permet d’obtenir l’annulation d’un acte/ une demande
indemnitaire/ l’octroi de la qualité de réfugié en matière de droit d’asile.
-Les ccl° accessoires (demandes qui s’appuient sur les demandes principales) -> l’injonction à
exécution/ l’astreinte/ le remboursement des dépens/ la mise à la charge des frais irrépétibles à
la partie perdante.
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En pratique, un recours contient en général un seul chef de ccl° en sachant que dans ce cas,
l’irrecevabilités des ccl° entraine l’irrecevabilité du recours.
En revanche, en cas de pluralité de ccl°, l’irrecevabilité d’une ccl° n’entraine pas celle de
l’ensemble du recours (CE, 1981, Briand).
Il existe une exception à cette règle : lorsque les ccl° sont accessoires, et plus précisément
pour les ccl° d’injonction puisque, dans cette situation, l’irrecevabilité des ccl° principales
entraine l’irrecevabilité des ccl° accessoires.
C’est en ce sens que l’irrecevabilité du recours s’apprécie en fonction des ccl°, et non en
fonction des moyens de ces ccl°. Ce pcp peut être mal compris puisqu’il ne signifie pas que le
juge ne s’intéresse pas au moyen. Il suppose simplement que, lorsque le JA admet la
recevabilité des ccl°, le requérant a tout intérêt à soulever tout moyen à l’appui de sa ccl°.
Il faut distinguer deux considérations contentieuse : l’une portant sur la nature du recours, et
l’autre portant sur l’appréciation de la recevabilité des ccl° qui est en pcp indépendante des
moyens invoqués.
Lorsque le JA admet la recevabilité d’un socle de ccl°, il ne peut pas par csqt prononcer
l’irrecevabilité des moyens en raison du défaut d’intérêt à agir.
Cela signifie que l’irrecevabilité des moyens ne pourra s’appuyer que sur l’irrecevabilités des
moyens et non des ccl°.
Il existe des exceptions à cette règle puisque dans certains contentieux, on admet la
recevabilité des ccl° que s’il est accompagné de moyens prédéterminés. Ex : Durant une
bonne partie du XIXème, la recevabilité du REP était appréciée par le CE en fonction des
moyens invoqués par le requérant. Cette jp a été abolie avec l’arrêt Cadot de 1889. Mais au
déb des années 50, le CE n’admettait des ccl° en REP à l’encontre des délibérations
préparatoires des CT, que si des vices propres étaient appuyés aux ccl° (CE, 1952, Vidal).
Cette jp a été abandonnée en 1996, mais il existe encore des hypothèses dans lesquelles les
vices propres sont utilisées, mais ils ne sont plus nécessaires pour engager l’irrecevabilité des
ccl°. En revanche, il y a une résurgence de ce mécanisme en matière contractuelle. Le CE a
ainsi retenu qu’en matière de référé pré contractuel, les personnes habilitées à agir pour mettre
fin au manquement du pouvoir adjudicateur en matière de mise en concurrence et de publicité
sont celles qui peuvent être lésées par ce manquement (CE, 2008, Smirgeomes).
NB : Les vices propres sont les moyens par lesquels le requérant conteste les conditions de
forme et de procédure dans lesquelles l’acte a été adopté.
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§1. Les conclusions dépassant l’office du juge
A) Les conclusions ne relevant pas de la compétence du juge
L’incompétence du juge constitue la principale cause d’irrecevabilité des ccl°. C’est l’idée que
le juge n’est pas compétent pour traiter de la demande qui lui est soumise.
Ex : Des conclusions par laquelle le juge devrait autoriser une CT à demander à l’Etat, le
concours de la force pq pour l’exécution d’une décision de J.
Le juge est cantonné dans un rôle et des pouvoirs limités. Ici, la demande qui lui est adressée
va excéder ce qu’on peut normalement lui demander.
Ex : Si on forme un seul et même référé avec des ccl° à fin de suspension et des ccl° propres
au référé-liberté. Dans ce cas, la demande adressée dépasse son office puisque le DA français
ne permet pas de demander au juge de répondre à ces deux demandes en même temps.
Si on forme une requête en lui demandant d’exercer une demande comme relevant de ses
pouv propres, il rejettera cette demande pour irrecevabilités. Ici, il s’agit donc de solliciter le
juge, non pas pour un pouv qu’il ne possède pas, mais d’un pouv qui relève de ses pouv
discrétionnaires. Ex : On ne peut pas demander au juge de condamner la partie adverse à une
amende pour recours abusif (CE, 1977, Lepeltier).
En effet, cette procédure d’amende est un pouv reconnu au JA pour assurer le bon
fonctionnement de la J, et il lui a été attribué sans qu’il n’y ait de critères jiques prédéfinis.
C’est pk ce pouv entre dans les pouv discrétionnaires du JA.
Autre exemple : demander au juge d’obliger la partie adverse à produire certains docs dans le
cadre de l’instruction puisque dans le contentieux adm, c’est au juge de produire les pièces.
La difficulté est que parfois, le juge qualifie certains de ses pouvoirs de « pouvoirs propres »,
mais lorsque les parties les sollicitent, il ne leur oppose pas tjrs l’irrecevabilité.
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D) Les conclusions visant à ce que le juge prononce une mesure que le requérant peut
prendre
Depuis un arrêt de 1913, Préfet de Leurre, l’A° n’est pas recevable à demander au JA
d’ordonner ce qu’elle a elle-même le pouvoir de faire. Ex : En 1952, le CE a rejeté les ccl°
d’un ministre à l’encontre d’un arrêté préfectoral parce-que le ministre avait a priori lui-même
la possibilité d’annuler l’arrêté préfectoral.
En 1926 on a pu voir le cas d’un administrateur qui saisit le juge de ccl° à l’égard d’un acte de
l’un de ses subordonnés (CE, 1926, Ministre des finances).
Des ccl° qui ne sont assorties d’aucuns moyens sont irrecevables parce-qu’une ccl° dénuée de
moyens est aussi dénuée de fondement.
Dès 1823 dans un arrêt Doumerc, le CE a eu l’occasion de l’affirmer, et tout au long du 20ème
il va réaffirmer que l’irrecevabilité des moyens entraine une irrecevabilité des ccl°. Cette
logique s’applique également pour les décisions qui sont imprécises (CE, 1998, Minvielle).
En effet, une demande appuyée sur des moyens imprécis est une demande plutôt générale.
Ex : Lorsque le requérant va demander au juge d’examiner avec bienveillance sa requête sans
évoquer de moyen à l’appui de sa requête, ou lorsqu’il fait appelé à la sagesse du juge.
Par ailleurs, cette règle s’applique aussi en matière d’appel. Le juge d’appel doit se prononcer
sur la même demande que celle connue par le juge de premier ressort.
Il existe une exception dans le contentieux indemnitaire, puisque dès 1884, le CE a admis, sur
le fondement du CPC, que le juge d’appel puisse être sollicité d’une indemnisation majorée en
raison d’un dommage supplémentaire subi depuis le jugement attaqué.
Cpdt, la possibilité d’invoquer en appel de nouv chefs de préjudices est limité à 3 conditions :
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-Elle doit être comprise dans la limite du montant total de l’indemnité chiffrée par les
premiers juges.
-Elle ne doit pas se fonder sur une cause juridique nouvelle.
Pour les mêmes motifs, les ccl° nouv sont aussi irrecevables lorsqu’elles sont soulevées pour
la première fois en cassation. En rev, cette règle n’est applicable qu’aux ccl° principales.
Autrement dit, les ccl° accessoires, comme les ccl° aux fins d’injonction, peuvent être
soulevées postérieurement à l’expiration du délai contentieux.
Et de même, les ccl° relatives aux frais irrépétibles peuvent être soulevées postérieurement au
délai contentieux.
Si les ccl° sont l’objet de la demande du requérant, les moyens sont l’ensemble des raisons de
fait et de droit avancées par le requérant à l’appui de ses ccl° pour qu’elles soient
favorablement accueillies par le juge.
NB : Il ne faut pas confondre les moyens et les arguments. Un moyen doit obligatoirement
être soulevé par le requérant. C’est le moyen qui est interprété et qualifié par le juge pour
ensuite recevoir une réponse de lui, et ce dernier élément est le point déterminant qui permet
de distinguer arg et moyens, puisque le juge est obligé de viser et répondre aux moyens, ce
qu’il n’est pas obligé de faire à l’égard des arguments qui sont évoqués à l’appui des moyens.
Le moyen est une forme de qualification juridique dans le procès adm des arguments.
-> Donc le moyen est un élément prédéfini et structurant de l’argumentation d’une partie au
procès et permettant au juge de faire droit aux ccl° ou de les rejeter.
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NB : il faut distinguer l’irrecevabilité de l’inopérance. Mais la difficulté de distinction est
accentuée par le fait que le juge va utiliser les mêmes phrases qu’il s’agisse d’une inopérance
ou d’une irrecevabilité. Ce qui pose pb est la distinction entre ces deux notions, pas leur déf°.
En effet, depuis Chapus, on considère qu’un moyen est inopérant parce-qu’il est insusceptible
d’exercer une influence sur la solution du litige. Un même moyen peut donc être à la fois
inopérant et irrecevable. Le moyen irrecevable est quant à lui le moyen que le juge ne va pas
apprécier parce-qu’il n’est pas bien fondé.
Et si l’on veut les distinguer, l’inopérance est tjrs étudiée avant l’irrecevabilité.
Ils se distinguent aussi par leur régime puisque le juge est obligé de répondre à un moyen
irrecevable contrairement au moyen inopérant (CE, 1960, Boileau). En effet, l’irrecevabilité
est d’OP, et donc, si le moyen est irrecevable, la csq est que le juge doit nécessairement
soulever cette irrecevabilité et la notifier aux parties (pour qu’elles puissent la régulariser si
c’est possible).
Enfin, l’inopérance d’un moyen est contextuelle, alors que l’irrecevabilité dépend de facteurs
prédéterminés. Sous ce rapport, le moyen irrecevable n’est pas très différent des ccl° ou de
recours irrecevables. Cpdt, le moyen irrecevable est la plupart du temps irrégularisable. Ex :
Le moyen tenant à l’inconstitutionnalité de la loi.
NB : Il existe un mvt général de la jp qui consiste à substituer l’irrecevabilité d’un moyen par
celui de son inopérance parce-que le moyen irrecevable doit faire l’objet d’une réponse et être
notifié. Pour éviter cette contrainte, le juge est donc amené à substituer la qualif° de moyen
irrecevable par celle de moyen inopérant.
La doctrine constate que la catégorie des moyens inopérants a tendance à s’étendre. Il existe
deux grandes catégories de moyens inopérants :
Le cas le plus évident de moyen inopérant est celui qui consiste à invoquer, à l’appui d’un
recours en annulation contre un acte, la violation d’une norme non applicable au litige.
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Ex : Un ressortissant étranger qui n’a pas formulé de demande de titre de séjour, mais qui fait
l’objet d’une OGTF, ne pourra pas utilement invoquer la violation des dispo° du CESETA
relatives à l’admission au séjour pour des motifs humanitaires ou exceptionnels (CE, 2020,
Ministère de l’Intérieur) -> pour ce faire, il aurait dû faire une demande de titre de séjour.
De même, l’occupant sans titre du domaine public, ne peut se prévaloir des dispo° du CPC qui
interdisent les expulsions durant la trêve hivernale, puisqu’elles ne sont pas applicables devant
le JA (CE, 2017, Naroum).
Il y a aussi le moyen qui consiste à invoquer une norme qui n’a pas d’effet direct. Dans ce cas,
le moyen sera inopérant.
Un cas plus délicat d’inopérance est celle du moyen tirée de l’excpetion d’illégalité -> lorsque
l’illégalité de l’acte attaqué provient d’un autre acte sur lequel elle se fonde. Dans ce cas,
l’acte dont l’illégalité est invoquée doit bien servir de base légale au premier acte attaqué.
Ex : L’absence ou l’insuffisance de motivation d’un AA est svt invoquée alors même que tous
les AA ne sont pas soumis à l’obligation procédurale d’être motivé.
Le plein contentieux constitue un cas particulier puisqu’ici, il s’agit d’obtenir l’octroi d’un
droit. Et ici, le juge va opposer l’inopérance au moyen tiré des vices propres de la décision
attaquée.
B) La compétence liée
Dans cette situation, l’A° doit adoptée une décision dans un certain sens sans apprécier les
faits d’espèce. Dans ce cas, le requérant ne peut pas se prévaloir des vices de forme et de
procédure de l’acte en cause (les vices propres).
Cette règle est radicale puisqu’en matière de compétence liée, même le moyen tirée de
l’incompétence de l’auteur de l’acte attaqué est inopérant.
Ex 2 : dans un arrêt en date de 2020 sur le refus d’attribution d’une indemnité à un agent
public qui ne répond pas aux cond° d’octroi de cette indemnité. Là encore, le CE considère
que le fait que l’autorité qui a refusé d’octroyer cette indemnité est un moyen inopérant
puisque l’A° est en situation de compétence liée.
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Ici, les moyens ne sont pas inopérants, mais comme ils ne remplissent pas certaines conditions
ils sont irrecevables. La csq de cette irrecevabilité est que le juge est obligé d’y répondre et de
notifier aux parties que le moyen est irrecevable.
Ici, le juge va considérer le moyen irrecevable parce qu’il excède la compétence du juge. Ex :
Le juge va considérer comme irrecevable, le moyen tiré de l’inopportunité de l’édiction d’un
AA parce-qu’il n’est pas administrateur (CE, 1874, Bonnet).
Mais on peut douter qu’il ait eu raison de faire ça puisqu’il parait peu probable que
l’invocation de cette inconstitutionnalité n’ait aucun effet sur la solution du litige. De plus, le
juge répond toujours au moyen de l’inconstitutionnalité. Or, ce qui fait le régime du moyen de
l’irrecevabilité est que le juge est obligé d’y répondre. Donc la tendance jurisprudentielle à
traiter les moyens inconstitutionnels comme inopérants soit marginale.
A ce titre, l’invocation par un requérant d’un élément du bloc de C°nalité peut s’avérer hors
de propos, mais le juge n’aura jamais la possibilité de ne pas y répondre, et dans ce cas, le
moyen sera toujours irrecevable (CE, 2002, Commune de Porta).
Au-delà de ce cas, tous les moyens qui visent à obtenir du JA, la censure de la violation d’une
norme alors qu’il ne dispose du pouvoir d’en assurer le respect sont considérés comme
irrecevables. Cela concernait le cas du contrôle de conventionnalité du JA jusqu’en 1952 avec
l’arrêt Dame Kirkwood où le CE va admettre le contrôle de conventionnalité.
De même, le moyen tirée de la violation d’un acte de droit privé (ex : testament ou contrat de
droit privé est irrecevable) puisque le JA ne peut pas faire appli° de normes de droit privé.
Et est également irrecevable le moyen dont l’énonciation ne permet pas au juge d’en apprécier
le bienfondé (CE, 1954, Etablissement Omer Decugis).
Ici, c’est soit le régime jique du moyen, soit le rég jique des ccl° auxquelles le moyen se
rattache, soit le rég jique du recours auquel le moyen assure son soutien qui va poser pb.
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A cet égard, le moyen tiré de l’exception d’illégalité a pdt lgtps été considéré comme
irrecevable par le juge. Après l’avoir admis en 1907, dans un arrêt Dame Flavie Delpech, le
JA a précisé que ce moyen était irrecevable s’il était exercé à l’encontre d’une décision ind
devenue définitive (CE, 1954, Renoulet).
En effet, cette excpetion ne peut être invoqué que « dans la mesure où la décision dont
l’annulation est demandée constitue une mesure d’application de celle dont l’illégalité est
invoquée par voie d’excpetion et où sa légalité est subordonnée à celle du premier texte »
(CE, 1967, Sté des Etablissements petits jean). C’est au nom de cette logique, que la légalité
d’un AA individuel ne peut être soulevé une fois que le délai de recours a expiré (délai de
deux mois).
D’autres moyens s’avèrent irrecevables en raison du régime des ccl° auxquelles elle se
rapportent. Par ex, le moyen tiré de la violation d’un contrat adm n’est pas recevable à
l’appui de ccl° en excès de pouvoir. Par contre, le moyen tiré de la violation d’un contrat est
recevable en plein contentieux.
-Lorsque le contrat ne comprend que des clauses réglementaires. Dans ce cas, il est possible
d’invoquer le moyen tiré de la violation du contrat. (CE, 1968, Picard).
En référé suspension, le juge a considéré qu’il ne lui appartenait pas de se prononcer sur la
conv de la loi (CE, 2002, Carminati). En 1989, le CE a admis la recevabilité du contrôle de
conv de la loi. Le juge écarte désormais le contrôle de conventionnalité en raison de la nature
du référé qui est un recours en urgence où le juge tranche de manière provisoire. En effet,
l’inconventionnalité a pour csq d’écarter la norme inconventionnelle, mais de manière
définitive, non pas provisoirement.
Plusieurs atténuations :
En 2016, dans un arrêt Gonzales Gomez, le CE admet le contrôle de conv en référé liberté.
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-Lorsque le moyen avancé est un moyen d’inconventionnalité au regard du droit de l’UE
puisqu’en vertu du pcp de primauté du droit communautaire, ce droit doit être appliqué par les
J° nationales.
Selon une jp ancienne, est irrecevable, le moyen soulevé après l’expiration du délai de recours
contentieux et relevant d’une cause jique non soulevée avant cette date. Cette règle a été
reconnue dès 1920 pour le plein contentieux.
Cette jp a été transposée au REP où le CE est venue distinguer deux causes jiques (CE, 1963,
Sté Intercopie) :
-L’illégalité interne
-L’illégalité externe
Une fois le délai passé, le contentieux étant cristallisé, on ne peut pas exposer de demandes ou
de cause jiques nouvelles.
NB : Une cause jique est le fondement jique de la demande. Ces causes réunissent un
ensemble de moyens.
Si au moment où le délai contentieux est clos, le requérant a invoqué une seule de ces deux
causes jiques, à l’issue du délai, il ne pourra pas invoquer une autre cause jique.
La difficulté de cette théorie des causes jiques, c’er qu’il peut ê difficile de classer un moyen
dans l’une des catégories. Et ce procédé a pu ê critiqué par la doctrine parce qu’il a été dvp
par le CE pour restreindre l’accès de son office. Cela a été critiqué par la doctrine parce que
les progrès qui ont été faits pour réduire le délai de jugement, ont conduit à ne plus rendre
nécessaire l’appli° de la jp Intercopie.
Enfin, la dichotomie entre la légalité interne et externe est critiquable puisqu’elle est
essentiellement pédagogique et théorique -> à l’origine c’était une man d’exposer les diff
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moyens exposés par le CE. Mais, en réalité, on peut douter que cette distinction renvoie à des
causes jiques de nature distincte puisque que ce soit l’incompétence de l’auteur de l’acte ou le
détournent de pouv, il s’agit en réalité d’une seule cause jique -> celle de contester la légalité
de l’acte.
De plus la jp Intercopie a été contreproductive puisque comme on n’a pas le drt de soulever
une cause diff de celle déjà soulevé, les avocats avaient tendance a soulevé les moyens des
deux types d légalité.
La csq est que les J° se retrouvent à devoir traiter de moyens qui sont très peu fondés et qui
ont été soulevés par les avocats qu’afin de permettre d’avoir une marge de manœuvre dans la
suite du procès.
Lorsque ces moyens sont soulevés, les J° sont obligées de les traiter, ce qui conduit à rallonger
le traitement des recours.
D) Les moyens non invoqués lors du RAPO (recours adm préalable obligatoire)
Le CE a admis de longue date l’idée que le requérant puisse être enjoint à soulever devant
l’A°, tous les moyens dont il entend se prévaloir ultérieurement devant le juge. Les moyens
non invoqués dev l’A° et qui sont ensuite soumis au juge sont alors irrecevables.
Le RAPO était largement appliqué, notamment au XIXème et XXème siècle, mais il n’existe
plus ajd que dans le contentieux de la contestation des élections.
20/02 :
Entre 1806 et 1832, le CE était saisi d’environ 400 affaires par an mais n’en jugeait que 340.
En 1866, il était saisi d’environ 1200 recours alors qu’il n’en jugeait que 1000.
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En 1954, environ 6000 affaires étaient introduites devant le CE et 4000 de traitées.
Ex d’arrêts :
Pour pallier à ces délais importants, les CAA ont été créées et le JA a aussi mis en œuvre une
politique jurisprudentielle qui vise à jouer sur les moyens d’irrecevabilité pour réguler l’accès
à son prétoire.
D’autres solutions ont permis de limiter les recours devant la J° adm : déjuridictionnaliser un
certain nb de litiges/ la promotion du RAPO/ la promotion de la médiation/ le recrutement de
magistrats/ la précarisation des métiers au sein des TA/ l’usage des ordonnances de tri sans
avoir à engager la procédure J°elle ordinaire devant le JA.
Le juge va utiliser les outils procéduraux à sa disposition pour moduler la rigueur dans le
régime d’irrecevabilité des recours et des moyens, le but étant de résoudre le pb de
l’encombrement des J° adm.
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Dans les années 1860, le nb de saisines du CE se stabilise autour d’un millier par an, et en
csq, il va assouplir les conditions de recevabilité. Ex : Il va rappeler que seule la publi° d’un
acte ou sa notif° est de nature à déclencher le recours contentieux (CE, 1863, Milome).
Mais, il faut relativiser ce libéralisme puisqu’il va créer de nouvelles irrecevabilités par peur
qu’on lui confie une J° universelle, notamment l’exception de recours parallèle (qui rend
irrecevable un REP lorsque le requérant a d’autres actions contentieuses à sa disposition) -> jp
de 1862, Larbaud.
On peut aussi évoquer l’art. 57 de la loi de 1884 qui a mis en place un RAPO devant le préfet
à l’encontre des délibérations des conseils municipaux.
Au déb du XXème, le CE dvp une jp bienveillante qui va faciliter l’accès des administrés au
JA. Cela va notamment se remarquer du fait de l diminution importante des fins de recevoir.
Une des variables d’ajustement est notamment la notion d’intérêt à agir.
Cette jp sera abandonnée en 1901 avec l’arrêt Casanova où le CE va reconnaitre que la qualité
de contribuable communale permet de contester les décisions financières de la commune. Et
plus largement, pdt cette période, le CE va élargir la notion de qualité à agir.
De plus, il a aussi élargi le champ des actes attaquables, notamment les mesures de police
administrative qui concernent la liberté de culte qu’il refusait de contrôler en 1901, et qu’il
acceptera de contrôler en 1909 (CE, 1901, Lecointre).
Le CE va aussi accepter de contrôler les décrets lois avant leur ratif° par le Parlement (CE,
1918, Compagnie des chargeurs d’Extrême Orient). Ainsi, jusqu’à la fin de la 1ère GM, on
s’accorde à constater une réduction de la rigueur des fins de non-recevoir. Cpdt, le CE va être
rapidement rattrapé par l’augmentation des recours puisqu’il va passer de 3000 en 1900, à
5000 en 1915, et jusqu’à 13.000 en 1930.
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En revanche, à la fin de la 2ème GM, la jp du CE est plus homogène.
Après la 2nde GM, le CE va dvp une jp plus souple et favorable au requérant, et donc raffermir
son contrôle sur l’A°.
Cette position doit aussi se comprendre par le rôle joué par le CE durant l’occupation
allemande. C’est notamment à cette période qu’il va dégager de grds PGD. Ex : en 1944,
Dame veuve Trompier Gravier. C’est aussi à cette période qu’il va reconnaitre au recours en
cassation et au REP (arrêt D’aillières), le statut de recours d’OP (1950, Ministre de
l’agriculture c. Dame Lamotte), càd des recours dont les justiciables ne peuvent être privés
que par la loi.
Le CE reçoit alors 6000 recours par an et fini par traiter moins d’affaires qu’il n’en reçoit. La
csq est l’allongement des délais de jugement et le nm d’affaires à traiter en stock augmente.
Donc, faute d’intervention du législateur, le CE va dvp une pol juris restrictive pour limiter
l’accès au juge. Ainsi, à la fin des années 50, par la combinaison de cette pol juris et par la
création en 1953 des TA, l’encombrement du CE décroit, et en 1960, le CE n’est saisi que de
3000 recours par an.
Par la suite, cela lui a permis de résorber le stock d’affaires pendantes et de réduire le délai de
jugement. La csq est qu’à partir de la fin des années 60, le Conseil va dvp une jp de plus en
plus libérale, au point qu’en 1959, dans un arrêt Syndicat Algérien de l’éducation surveillée
CFTC, le CE s’impose en dehors de tout texte, l’obligation d’inviter le requérant à régulariser
son recours.
Par ailleurs, la jp s’est montrée de plus en plus sévère dans l’appréciation de l’intérêt à agir
des associations. Ttefois, on ressent aussi à cette période, une bienveillance du juge dans
certains domaines, notamment dans le contentieux carcéral puisque le CE va refuser de
qualifier la mise à l’isolement d’un détenu de MOI (CE, Garde des Sceaux c. Remli, 2003).
De même, en 2007, le CE va rejeter la qualif° de MOI à la décision de transfert d’un détenu
(CE, 2007, Garde des Sceaux c. Boussouar).
De plus, ces 15 dernières années, le nb de recours formés devant le JA est tjrs croissant. Mais,
cpdt, le délai moyen de jugement a considérablement décru. Par exemple, entre 2008 et 2021,
le nb de recours est resté stable, mais le délai moyen de jugement est passé de 9 à 5 mois. On
perçoit la même évolution, y compris devant les TA et les CAA.
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On voit que même s’il y a une augmentation du nb de recours, les JA ont réussi à réduire le
délai de traitement des litiges.
Mais ces résultats n’ont pas été atteint par une restriction de l’accès au juge mais par un mvt
jurisprudentiel qualifié par la doctrine de ferme ouverture qui consiste à restreindre le champ
des illégalités pouvant être invoquées, notamment en conditionnant zen matière contractuelle,
quelle est pour effet de léser le requérant (CE, 2008, Smirgeomes).
Outre, cette construction prétorienne, va également se dvp des MARD, notamment par la
généralisation des RAPO, la déjudiciarisation d’un certain nb de contentieux, notamment par
le recours à la médiation ou à l’arbitrage.
Ajd, le JA peut prononcer des rejets pour recours mal fondés ou des désistements d’office à
titre de sanctions procédurales. Or, ces procédés, peuvent apparaitre comme déloyaux car ils
peuvent donner l’impression que le juge cherche simplement à se débarrasser la requête dans
le but d’améliorer les stats de sa J° et de favoriser sa carrière.
Ce délai renvoie à l’art. 6 §1 de la C°EDH qui prévoit que tte personne a le droit à ce que sa
cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal
indépendant et impartial.
Ce droit a été consacré en droit européen mais aussi en droit interne, mais il est largement
insuffisamment garanti.
En se fondant sur l’art. 6§1 et l’art. 13 de la Convention (droit au recours effectif), la CEDH a
exigé des Etats membres d’ouvrir dans leur ordre interne, un recours permettant aux
justiciables de ces Etats, d’obtenir une réparation en cas de dépassement du délai raisonnable
de jugement CEDH, Koudla c./ Pologne).
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Saisi sur ce même fondement, le CE va lui aussi reconnaitre le drt à ce que la requête des
justiciables soit jugée dans un délai raisonnable, ce qui n’a pas d’incidence sur la décision
J°elle en cause, mais par contre, ouvrira le droit à l’engagement de la responsabilité de l’Etat
(CE, 2003, Mme Laroche).
Ici, le Conseil ne va pas rechercher une faute lourde, mais essayer de caractériser ce
dépassement à partir des 4 critères.
Par ailleurs, le recours indemnitaire peut être engagé alors que l’affaire n’est pas
définitivement jugée. Il suffit que le délai raisonnable soit dépassé. Cette solution a été posée
par le CE en 2006, dans une décision SARL Potchou.
Lorsqu’il y a un recours indemnitaire, il y a une liaison du contentieux, càd qu’il faut avoir
préalablement demandé à l’A° une indemnisation pour pouvoir formé le recours (CE, 2006,
Maugat).
Enfin, pour apprécier la durée, le délai court à partir de l’intro° de l’instance, jusqu’à
l’exécution complète de la décision (CE, 2010, Mafir).
Indéniablement, le délai de traitement des affaires a nettement diminué depuis les années 90.
En 2022, on est à un an et 4 mois. Mais il est à relativiser puisqu’ne s’agit que d’une moyenne
qui prend en compte les procédures en référés et les ordonnance de tri.
En réalité, c’est assez récurrent que les justiciables connaissent de longues procédures ou des
procédures plus longues, et la raison à cela est notamment le comportement dilatoire de l’A°,
mais surtout parce-que les J° adm utilisent trop peu leurs pouv d’instruction.
De plus, les gains de productivité obtenus par le déploiement d’outils informatiques, avec
notamment la modélisation des décisions de J et l’augmentation de la charge de travail des
magistrats adm a permis d’augmenter le volume contentieux par rapport au nb de magistrats.
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Enfin, concernant le chiffrage du préjudice il est insatisfaisant puisque le chiffrage prononcé
est très faible. Le JA ne retient pas la plupart du temps de préjudices matériels, et s’il présume
le préjudice moral, il accorde en général un forfait de 1000 euros par année globale de
jugement.
La q° du cout du procès adm a svt été éludé par la doctrine, en supposant un peu à tort que ce
recours était gratuit. Or, en pratique ça génère un certain nb de frais. Et cette idée avait
notamment amenait Gaston Jèze à considérer que le REP était l’arme la plus économique
existant au monde pour défendre les libertés. Cpdt, derrière cette image, il y a une réalité
complexe pour deux raisons :
-La technicité du contentieux adm fait qu’il devient nécessaire d’avoir des auxiliaires de
justice qu’il faut rémunérer.
-Le bénéfice de l’aide J°elle peut avoir un effet assez modéré sur la facilitation de l’accès au
JA, notamment pour deux raisons :
-Parce-que le seuil pour en bénéficier est relativement bas (fixé à environ 11.000 euros) ce qui
exclut un grd nb de personnes.
-Parce que les avocats spécialistes en droit public ne sont pas tenus d’accepter l’aide J°elle.
Dans les contentieux particulièrement rémunérateurs, les avocats spécialistes acceptent donc
assez peu l’aide J°elle.
Il n’existe donc que certains contentieux adm dans lesquels l’aide J°elle va avoir un poids : le
contentieux de l’aide sociale, l’éloignement des ressortissants étrangers et le droit
pénitentiaire.
§1. Les frais supportés par les parties
En l’absence de textes pdt lgtps, le juge refusait de mettre à la charge de la partie perdante, les
frais d’avocats exposés par la partie gagnante (ex : CE, 1937, Ville de Sarrguemines).
Ajd, c’est l’art. L. 761-1 du CJA qui fixe le régime des frais irrépétibles = frais qui ne sont pas
compris dans les dépens (frais engendrés par le procès qui sont répétibles càd remboursables
sur justificatif).
Pour accorder ces frais irrépétibles, le juge doit tenir compte de l’équité ou de la situation
économique de la partie condamnée. Ces frais sont essentiellement les honoraires versés aux
avocats, et ils constituent un enjeu assez important pour le procès puisque comme ils peuvent
être relativement important, leur remboursement ou non peut dissuader le requérant ou la
requérante d’introduire une action en justice ou de se dispenser d’un avocat.
Le CJA prévoir que le juge ne fait droit à cette demande qu’en fonction de l’équité.
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1) Les ccl° au titre des frais irrépétibles
Ces ccl° sont des ccl° accessoires au sein de recours. D’ailleurs, le requérant qui bénéficie de
l’aide J°elle a un traitement particulier puisque comme il ne supporte pas les frais d’avocat, il
ne supporte pas les frais irrépétibles. En revanche, son avocat peut renoncer à la perception de
la contribution de l’Etat au titre de l’aide J°elle et demander au juge, la mise à la charge de la
partie perdante d’une somme à son bénéfice.
Si le requérant n’est pas assisté par un avocat, il devra justifier les frais qu’il réclame. Il peut
par exemple s’agir de frais postaux, de frais de reprographie, de frais de déplacement, des
frais d’huissier, ou encore des frais d’isomètre experts.
Par ailleurs, le juge lorsqu’il statue sur les frais irrépétibles ne condamne pas la partie à
prendre en charge les frais irrépétibles. Il les met à la charge mais il ne condamne pas.
Comme il s’agit de ccl°, le juge ne peut pas mettre les frais à la charge d’une partie en
l’absence de demandes expresses en ce sens (CE, 1991, Commune de Famars), sinon il jugera
en ultra petita. Il ne peut donc imposer d’office de telles charges ni intervenir à la place de la
partie pour chiffrer sa demande, la demande sera irrecevable.
De plus, le juge d’appel ou de cassation peut revenir pour l’appréciation du montant des frais
irrépétibles fixés par les premiers juges. Par contre, le juge d’appel ou de cassation ne peut
pas être saisi pour la 1ère fois des frais irrépétibles supportés en 1ère instance.
Relève du pouvoir discrétionnaire du juge. Par csqt, même en cas de succès, la partie
gagnante n’est pas sûre d’obtenir le bénéfice de ce pouvoir. Par ailleurs, le JA se montre assez
stricte sur les ccl° soulevées au titre des frais irrépétibles, ce qui fait qu’il ne les octroie pas si
facilement que ça. Il est assez courant que le juge fasse droit à la demande principale des
parties, mais ensuite, qu’il se contente de dire que dans les circonstances de l’espèce, il n’y a
pas lieu de faire droit à la demande au titre des frais irrépétibles.
Le CE considère notamment depuis lgtps que les frais irrépétibles ne sont pas des droits de
caractère civil qui relèveraient alors de l’art. 6 §1 de la Convention.
Ttefois, cela ne signifie pas pour autant que les frais irrépétibles échappent aux standards euro
puisque la CEDH considère pour sa part que les frais irrépétibles peuvent faire obstacle au
droit à un tribunal protégé lui aussi par l’art. 6 §1 (CEDH, 2007, Collectif national d’info° et
d’opposition à l’usine Melox). Autrement dit, du pdv euro, le choix de mettre à la charge des
frais irrépétibles n’est pas discrétionnaire puisqu’il est susceptible de porter une atteinte au
droit d’accès au juge (CEDH, Golder c./ RU). Autrement dit, en l’état actuel les frais
irrépétibles ne sont pas un droit de la partie victoire, mais au cas par cas, il est possible de
conclure qu’en fonction qui porte la charge de ce frais, qu’il y ait une violation du droit
d’accès au juge.
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Le CC°el en 2011 dans une QPC a jugé dans le même sens que la CEDH -> il a considéré
qu’il ne s’agissait pas d’un droit et qu’il fallait ménager cette possibilité avec le droit d’accès
à un juge.
Cas spécial de frais irrépétibles : lorsque le juge ne vas pas mettre à la charge du défendeur,
les frais irrépétibles, lorsqu’il va prononcer un non-lieu à statuer à la suite du retrait de la
décision attaquée. Mais, c’est problématique puisque cela conforte la stratégie de l’A° selon
laquelle il n’y a pas de sanction lorsqu’elle crée une situation illégale.
Pour apprécier l’équité, c’est à géométrie variable et très dépendant de la J°, du juge ou de
l’avocat.
A priori, le raisonnement du juge est qu’il est réticent à accorder ces frais en l’absence de
justification probante. Il va demander aux parties de justifier qu’elles ont effectivement
déboursé la somme qu’elles demandent.
NB : Dans certains cas, les J° ont eu tendance à reconnaitre des frais irrépétibles à la hausse
lorsque les avocats produisaient leurs factures. En réalité, la pratique est peu rependue, à la
fois du côté des avocats pour des raisons de secret professionnel, mais également par les juges
qui considèrent que la fixation de ces frais relèvent de leur bon vouloir et qu’ils ne sont pas
liés par les justificatifs fournis par les parties.
Cpdt, le cout d’une instance pour le requérant est en règle générale bien supérieure à la
somme prononcée par le juge.
-Typologie proposée par le Pr Casia : Considère que le juge doit prendre en compte certains
critères pour décider ou non de prendre en compte les frais irrépétibles.
Le Pr Alexandre Saoudo considère quant à lui trois cas pour déterminer ces cas :
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B) Les dépens
= Frais d’expertise ou d’enquête qui ne sont pas à la charge de l’Etat, et donc qui reposent sur
la partie perdante du procès.
Lorsque le requérant est bénéficiaire de l’aide J°elle, les dépens sont en pcp mis à la charge de
l’Etat.
En pratique, l’expertise est le plus svt sollicité dans un référé expertise qui intervient le plus
svt avant l’intro° d’un recours indemnitaire au fond.
Une fois le rapport remis, notamment dans le cadre de ce référé, le prés de la J° fixe le
montant des dépens et détermine la partie qui va en supporter le coût par une ordo de
liquidation et de taxes. Cette ordo est un acte adm et non pas un acte J°el (CE, 1983,
Lassalette), ce qui signifie qu’un recours peut être formé dans un délai d’un mois suivant la
notif° de l’ordo.
La saisine du JA est en pcp gratuite, faute de drt de timbres supporté par les parties à
l’occasion du dépôt d’une requête ou de l’utilisation du dispositif télé recours.
Le ministère est par ailleurs très largement facultatif en première instance et il existe un
dispositif d’aide J°elle mis en place au bénéfice des justiciables les plus démunis.
La loi du 30 déc 1977 a instauré la gratuité des actes de J, en prévoyant notamment l’absence
de droit de timbres. Il a été de nouveau supprimé en 2011 puis restitué en 2013. Actuellement,
il n’y a plus de drt de timbres mais il n’est pas impossible qu’il revienne pour financier l’aide
J°elle.
Puis si depuis 2017 la plateforme Télérecours doit nécessairement ê utilisée pour saisir le
juge, elle est gratuite, ce qui n’est pas le cas du réseau privé virtuel des avocats utilisé devant
les J° judicaires.
C’est la loi du 22 janv 1951 a traduit le pcp de gratuit de la J consacrée par la C° de 1848 en
créant l’assistance jud qu’on appelle ajd l’AJ qui est désormais régie par la loi du 10 juillet
1991 et le décret de décembre 2020.
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Cette AJ est essentiellement accordée aux pers phys dont les ressources sont insuffisantes afin
de faire valoir leurs droits en J. Et elle est exceptionnellement accordée aux pers à but non
lucratif qui ne disposent pas des ressources suffisantes pour faire valoir leurs droits.
Cette aide est réservée aux ressortissants nationaux, des autres Etats membres de l4UE et aux
étrangers résidants régulièrement sur le territoire national. Par exception, elle est accordée
sans cond° de régularité aux ressortissants étrangers qui sont mineurs, poursuivis devant la J
pénale, qui font l’objet d’une mesure d’&éloignement, ou encore, dans le cadre du
contentieux de l’asile.
Le demandeur doit justifier d’un revenu fiscal annuel inférieur à 11.262 euros et cette aide est
octroyée par le président du bureau de l’aide J°elle. Les décisions de refus de cette aide
peuvent ê contestées dans un délai de 15 jours devant le prés de la CAA.
NB : Le montant est déterminé selon un forfait déterminé selon des unités de valeur en
sachant que la valeur de l’UV en 2022 est de 36 euros.
Devant le TA et le TC ici en revanche la rétribution est forfaitaire. La somme est tjrs de 382
euros. En cas de rejets par ordo du recours, soit pour non-lieu ou de désistement, le juge peut
allouer à l’avocat, une rétribution inf de moitié à ce qui est prévu par le barème.
Enfin, cette décision a un caractère adm, et elle est donc susceptible d’un recours devant le TA
compétent.
De plus, le bénéfice de l’aide J°elle peut être retiré par le bureau ou la formation de jugement
si jamais le recours est dilatoire ou abusif.
Ce retrait de l’AJ est ce qu’on a pu qualifier de pouv propre du juge, et par csqt, il n’est pas
précédé de la notif° d’un moyen d’ordre public (CE, 2022, Bouabdallah).
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