Académie" de --Paris
Université Pierre & Marie CURIE (Paris VI)
plantes alimentaires de cueillette
.chez les boni
de gu~ane franfaise
rapport de D.E.A. de Biologie Végétale Tropicale
Option Ethnobotanioue
par
Marie FLEURY
soutenu le
devant la commissjon d'~xamen composée de
REMERCIEMENTS
Je tiens à remercier vivement toutes les personnes qui m'ont aidée
dans la réalisation de ce travail:
- Monsieur TOPO, mon principal informateur, ainsi que tous les Boni
qui m'ont gentiment aidée durant mon séjour chez eux,
- les chercheurs de l' ORSTOM qui m'ont permis de participer au
programme sur la malnutrition dans la vallée du Maroni Messieurs
B. DELPECH, C. MORETTI et M. SAUVAIN.
,
- les botanistes de l' ORSTOM, M.F. PREVOST, D. SABATIER, C.
FEUILLET ••• sans qui l'identification des plantes n'aurait pu être faite,
les Directeurs du Centre [Link] Cayenne, Monsieur J. TISSANDIER,
et son successeur J. MICHOTE qui m'ont accueillie et permis de réaliser
ce mémoire dans leur Centre.
- G. OUSENIE, S. BRON, O. LA}~ONGE et G. SABATIER pour la frappe et
la reliure de ce manuscrit,
- et enfin le Professeur H. PUIG qui a bien voulu m'accueillir dans
le L~boratoire de Botanique Tropicale de l'Université Pierre et Marie
Curie (PARIS VI ).
SOM MAI R E
===============~======
l - INTRODUCTION ••••••••••••••••• " •• l,' ••••••••••••••••••••••••••••••• P. 1
II - METHODOLOGIE p. 2
a - sun LE TERRAIN p. 2
b - RECIŒRCHES ULTERIEURES p. 3
III - PRESENTATION DU MILIEU NATillŒL ET HUMAIN p. 3
a - LA GUYANE FRANCAISE p. 3
b - LES NOIRS MARRONS p. 4
1 - Histoire p. 4
2 - Soc i été '" p. 5
IV - PLANTES ALIMENTAIRES DE CUEILLETTE ...................................
. . p.' 6
Svb
,..
V - VEGETAUX SPONTANES •••• 1
1
. p. 87
VI - ASPECT CULTUREL DE L'ALIMENTATION p. 94
a - INTRODUCTION p. 94
b - L'ALIMENTATION TRADITIONNELLE BONI p. 94
c - EVOLUTION DES HABITUDES ALIMENTAIRES p 98
1 - Introduction......................................... p. 98
2 - Evolution des goGts p. 99
3 - Introduction d'aliments importés p. 99
4 - Mode de conservation des aliments p. 100
5 - Qualité de l'alimentation p. 100
d - CONCLUSION .................................................... p. 102
VII - CONCLUSION ................................................. ' " . p. 103
ANNEXE l - QUELQUES PREPARATIONS CULINAIRES p. 104
l - LES HUILES p. 106
II - SAUCES ET CONDIMENTS ....................... 10 .. p. 107
III - FARINES ET "SUCRERIES" p. 107
ANNEXE I I - TERMES BOTANIQUES p. 110
BIBLIOGRAPHIE
INDEX DES NOMS VERNACULAIRES
INDEX DES NOMS LATINS.
1 - INTnODUCTION
Ce travail, présenté pour l'obtention du DEA de Diologie
Végétale Tropicale à PARIS VI,a été réalisé après un séjour de trois
mois sur le haut Maroni, dans différents villages de culture BONI.
Il entre dana un programme financé par le Ministère de la
Recherche, programme qui associe l'hopital André Bouron de st Laurent,
l'INSERM et IIORSTOM, sous forme d'équipes jumelées:
" prévalence et origine de la malnutrition dans la vallée
du Maroni"
En effet un nombre croissant de kwashiorkors a été relevé ces
dernières années chez les noirs marrons de la vallée du Maroni (le
kwashiorkor est une des formes que peut prendre la malnutrition protelrlo-
énergétique sévère).
Une mission exploratoire a déjà été effectuée, en juillet-aoOt
1985 et laisse présumer une situation liée à 'tdçs changements dans les
pratiques alimentaires et éducatives en rapport .avec une insertion crois~l1te
et massive dans l'économie marchande" (Delpech - 1985).
faire l'inventaire des plantes alimentaires de cueillette est
une des façons d'aborder la connaissance des BONI sur leur envirronllement.
Bien sOr, cet inventaire ne se veut pas exhaustif, il n'est que
l'ébauche d'un travail que j'espère pouvoir continuer par la suite et qui
devrait s'étendre à toutes les plantes utiles.
,
II - METHODOLOGIE
============
a - SUR LE TERRAIN
1) Mon premier souci a été d'?pprendre la langue véhiculaire, l'effort
développé pour entrer en communication avec les gens me semblant d'une
importance primordiale.
2) Pour l'obtenti9_~~~E renseig~ements sur les plantes, j'ai essayé diffé- ,
rentes méthodes de travail :
- travailler avec un informateur rémunéré avec qui je partais
en forêt, à la recherche des plantes utiles
- enquête~ sous forme de discussion à bâtons rompus, avec
enregistrement
- participer à la vie quotidienne, me mêlant plus particu-
lièrement aux activités des femmes, tant à l'abattis qu'au village.
Cette 3e méthode me semble incontestablement être la meilleure
elle permet l'établissement d'une confiance réci~roque
et ainsi une meilleure compréhension des faits étudiés
elle évite les questionnaires avec le risque d'orienter
les réponses
- elle permet une observation directe et de multiplier les
informateurs, ce qui diminue le risque d'erreurs
Le gros inconvénient est que cette méthode est très longue,
et les trois mois dont je disposais sur le terrain ne me permettaient
pas de boucler le cycle des saisons.
3) Pour la confection de l'herbier, le matériel a été fourni
par l'ORSTOM de CAYENNE
~pour
- Four ultra léger démontable
tôles et papiers à herbier le séchage des échan-
réchaud à pétrole
~tillons
flacons étanches pour la conservation d8s fruits dans l'alcool
- filets pour le séchage de certains fruits et écorces.
3
Cinq échantillons étaient prélevés pour chaque plante
et la mise en herbier se faisait après une desc'ription précise et
un dessin~et parfois quelques photos.
b - RECHERCHES ULTERIEURES
- l'identification des échantillons
a été faite grâce à l'aide des botanistes de l'ORSrOM, à l'herbier
de CAYENNE.
La recherche bibliographique
a été orientée vers l'origine, la répartition et les différents
usa~es des plantes étudiées avec si possible, leurs valeu~s alimentaires
(Ceci dans le but de discerner les plantes ayant un éventuel intérêt
économique, et également pour me donner de nouvelles orientations dans
mes enquêtes futures).
- Pour chaque plante, j'ai donc réalisé une fiche ethnobotanique
précisant
- son nom vernaculaire en "Aluku Tongo"
- une description botanique de l'échantillon recueill~
- le lieu et la date de la récolte
- l'usage qui en est fait chez les BONI, avec commentaires
éventuels de l'informateur
- la littérature sur le sujet
- la valeur alimentaire quand j'en disposais
Remarque les différents noms vernaculaires cités dans la rubrique
"littérature", sont le plus souvent les noms Français
(Fr.), Anglais (Angl.), Espagnol (Esp.), Saramaka (S.),
Paramaka (P.) ou Djuka (O.).)
III - PRESENTATION DU MILIEU NATUREL ET HUMAIN
;===============~=======================
a) LA GUYANE FRANCAISE
Située au Nord de l'Amérique du Sud, entre 2° et 6° de latitude
Nord, la Guyane française est un département d'outre-mer depuis le
19 Mars 1946.
Le climat est de type équatorial. L'absence de longues périodes
de sécheresse est très favorable au développement de la végétation. La
forêt dense sempervirente couvre 90% du territoire (superficie
totale: 90 000 km2). ,
La population humaine est répartie très inégalement :
4% de la population (évaluée à environ 100 000 habitants (Hublin -85)
se partagent les 80 000 km2 de l'intérieur couvert de forêt tropicale
dense humide.
La Guyane est également caractérisée par une très grande
diversité ethnique: La population est composée principalement de
créoles, noirs marrons, asiatiques, européens et amérindiens
b) LES NOIRS MARRONS
Le terme "marron" provient de l'espagnol "cimarron"
signifiant le retour à l'état sauvage (Bastide - 1967).
Les noirs marrons sont des descendants d'esclaves qui
s'étaient enfuis des plantations au 17e et 18e siècle.
On distingue quatre grandes tribus :
- les Djuka
- les Paramaka
- les Saramaka ...
- les Boni (ou "Aluku")
La plupart sont installés au Surinam mais quelques groupes
vivent le long du fleuve Maroni qui sépare le Surinam àe la Guyane
française (voir carte de distribution des noirs marrons)
l - HISTOIRE
Les premiers noirs qui entrèrent dans la forêt y furent
envoyés par teurs maîtres, planteurs du Surinam qui voulaient éviter
de payer un impôt de capitation (Bastide - 1967).
Ces esclaves ne revinrent jamais et d'autres s'enfuirent
par la suite venant grossir leurs troupes.
En 1760, on en comptait déjà plusieurs milliers.
Les Djuka furent les premiers à signer un traité de paix
avec les Hollandais (en 1760). Ce traité exigeait des marrons la remise
aux autorités des nouveaux fugitifs.
Cependant, une nouvelle tribu se forma dans la forêt et mena
contre la colonie Hollandaise, une lutte sanglante qui dura près de
trente ans (1765-1793).
~\
-N-
1\
French
Guiana
"'.
AlUKU'·,
\1 General distribution of Maroons \1
Carte extraite de PRICE (1980)
5
Ce groupe de Marrons appelés BONI, d'après le nom d'un
de ses chefs traversa le Maroni en 1776 pour ~'installer en Guyane
française.
Ils y rencontrèrent l'hostilité des Djuka qui se voyaient
couper le libre accès à côte.
En 1791 tous remontèrent vers l'amont du fleuve: les
Djuka s'installèrent sur le Tapanahoni et les BONI le long du Lawa
(cours supérieur du Maroni).
La même année, un traité plaçait les BONI sous la tutelle
des Djuka, tutelle qui dura jusqu'en 1860, et qui empêchait les BONI
de se déplacer librement.
En 1890, le Lawa fut défini comme frontière officielle
entre Surinam et Guyane française et les BONI choisirent le protectorat
français (De Groot - 1978).
2 - SOCIETE
Voilà donc deux siècles que les BONI vivent sur le fleuve
Maroni. Ils y ont constitué une société fondée sur des réminiscences
africaines mêlées à des traits culturels empruntés aux [Link], aux
créoles et aux blancs.
Leur vie sociale et matérielle a été décrite par Jean
... Hurault
dans plusieurs ouvrages (bibliographie).
L'unité sociale est fondée sur le matrili:gnage et l'enfant,
qui appartient donc toujours au clan ("lô") de sa mère, est élevé
soit par elle soit par la grand-mère ou un oncle maternel.
Le village est constitué d'un ou plusieurs "lô". Les hommes
constituent l~ conseil du village et choisissent un capitaine ("edeman").
Le "Grand-man", chef politique de tous les BONI, détient également
l'autorité religieuse.
1e mode de vie a subi de profondes modifications depuis
la création des communes en 1969 et la scolarisation rendue obligatoire
en 1970, ceci tant sur le plan social qu'économique.
Actuellement de nombreuses "familles" viennent se fixer
près des villes (St Laurent - Kourou - Cayenne). On recense
1; 200 Marrons vivant groupés près de St Laurent du Maroni (Barcelo - 1985),
le nombre total de noirs marrons vivant en Guyane française étant estimé
à 6 000 (Hublin ~1985).
Les conditions de vie n'y sont pas toujours salubres et
l'hôpital de St Laurent a noté une augmentation des cas de malnutrition
infantile chez ces populations.
Une meilleure exploitation des ressources locales peut-elle
faire espérer une amélioration de la situation? La question reste
ouverte.
IV - PLANTES ALIMENTAIRES DE CUEILLETTE
ANACARDIACEAE
SPONDIAS MOM~ L,
Nom vernaculaire
t.1opé
Description Botanique
Arbre à feuilles alternes, impa~ipennées - folioles elliptiques
subopposés - Apex acuminé - base inéquilatérale - nervures médianes et
latérales saillantes en dessous.
fruit: Drupe baccifo~me ovolde, pericarpe fin, orange vif à
maturité, pulpe très juteuse
infrutescences = panicules terminaux.
Herbier
trouvé en forêt primaire •
...
fruit comestible (pulpe sucrée-acidulée) consommé cru ou en
confiture
Littérature
nom vernaculaire: Mombin, prune mombin (Français)
origine et distribution
originaire d'Amérique Tropicale continentale (du Brésil aux
Guyanes) (Fouqué 1974).
Ce t arbre es t di s tr i bué du Mexi que à travers l'Amérique centrale,
jusqu'à l'Amérique du Sud Tropicale, (Williams 1981). On le trouve
dans l'Ouest Africain etilest cultivé en Asie (Cremers 1986).
utilisation
Lemée -1956- note que ce fruit comestible, aimé des enfants est
utilisé en limonade et pour faire une eau de vie, la pelure
astringente est prise en décoction contre la dysentrie et les fleurs
en infusion contre les maladies des yeux et du larynx. Le bois, très
léger, est utilisé comme le liège.
7
valeur nutritive
Fruits de Spondias monbin L.
Partie comestible (%) 49,9
Calories 70
Humidité (g) 82,7
Proteines (g) 0,8
Lipides (g) 2,1
Glucides (g) 13,8
Fibres (g) 1,0
Cendres (g) 0,6
Calcium (mgJ 26
•
Phosphore (mg) 31
Fer (mg) 2,2
Retinol (équivalent) 23
Vitamine B1 (mg) 0,08
Vitamine B2 (mg) 0,06
Niacine (mg) 0,5
Vitamine C (mg) 28
TABLEAU 1 COMPOSITION POUR 100 g DE PARTIE COMESTIBLE
(Tabelas de composiçao dos alimentos - Brasileiro - 1977)
Remarque :
Les mombins riches en vitamines, sont très appréciés des
enfants qui vont ramasser les fruits, soit pour les manger sur place,
soit pour les rapporter à la maison.
Ces frui ts délicieux sont malheureusemen t très sou ven t
parasiJ;és.
ANACARDIACEAE
(MF 222) TAPIR IRA GUIANENSIS AUBL .
..
Nom vernaculaire
Agandja mal
Descrip~ion botanique
Gros arbre à écorce verdâtre, claire ponctuée de blanc.
Feuilles alternes, composées imparipennées.
Folioles elliptiques opposées
Fruits en grappes (panicules)
Drupes obovoldes
Epicarpe noir à maturité
Mésocarpe blanc
.
Graine elliptique réticulée
Herbier
Récolté le 12/05/86 à Entuka
USAGE
Fruit comestible (consommé cru)
Extrait de AUBLEr ( 1775 )
Ambelania acida A. Rich. APOCYNACEAE
,
photo M.F •. PREVOST
9
APOCYNACEAE
(MF 114) AMBELANIA ACIDA A, R~CH
Nom vernaculaire
Mapa
Description botanique
Petit arbre à écorce grise tigrée
Latex blanc très abondant
Feuilles simples, opposées, elliptiques coriaces, glabres
Nervure principale très marquée
Fruits axillaires, charnus, oblong-elliptiques
glabres, sriés longitudinalement, jaune orange à maturité·
Baie contenant 1 suc laiteux et collant et de .nombreuses
graines.
Herbier
Récolté le 20/03/86 à Maripasoula , en sous-bois clair
USAGE
Fruit comestible, mangé cru -
"mangé également par le gibier"
Littérature
noms vernaculaires
Ambelanier acide, graines biches, papaye biche, quimbé-den ts
(Fr.) bati-bati, mapa (S., P.)
origine: forêt humide des Guyanes et de l'Amazonie
(Fouqué - 1974 -)
utilisation : ,
- Les fruits comestibles sont souven t consommés après être trempés
dans l'eau. On peut aussi en faire des compotes ou des confitures.
(Fouqué -1974-)
- Aublet, en 1775, notait que la confiture, faite avec les fruits non
pelés, est légèrement purgative et conseillée pour guérir la
dysentrie.
- Au Brésil, on considère le fruit bon pour la bronchite, la toux, le
cartarrhe (Lemée -195~-)
fruit également connu des Wayapi qui le battent avant de le
consommer pour extraire le [Link] latex de l'écorce
comme antidiarheIque (Grenand -1980-)
-
,
Astrocaryum pararnaca Mart. ARECACF~
photo M. FLEURY
11
ARECACEAE
AsrROCARYUM PARAMACA (~ART,)
Nom vernaculaire
Kii maka : "kii" : pleurer "maka" ; épine
("quand le fruit s'ouvre, c'est jaune, ç'est comme s'il pleurait")
Description botanique
Petit palmier acaule
Grandes feuilles dressées courbées, à long pétiole très épineux
Epines également sur la côte
Spadices dressés, pédoncule à longues épines brunes (spathe
fusiforme)
Fruit; drupe ovoïde jaunâtre soyeuse (poils noirs) acuminée
Epicarpe ligneux, dehiscenE à complète maturité.
Herbier
Trouvé le 06/04/86 à Kouma Kapan, en forêt primaire (solitaire
en sous bois)
USAGE
Frui t mangé après avoir été épluché au sabre ("bon comme le
koko") ou après avoir été mis dans le feu pour faire éclater le
péricarpe (" ç a fait tchak-tchak I")
Littérature
nom vernaculaire paramaka (Cr., S.)
distribution:
Au Nord de l'Amérique du Sud, au Surinam sur les côtes
inondées ou sur les sols sableux de l'intérieur - Guyanes (Wessels
boer -1965-).
utilisation
Les Wayapi qui l'appellent "Kunanâ'''' consomment pulpe et
amande et utilisent les folioles des jeunes palmes comme éventail à
feu (Grenand -1980-).
Hurault, en 1965, note l'utilisation de ses feuilles
pour ~esser les parois des cases.
ARECACEAE
ASTROCARYUM SCIOPHILUM (MIG,) PULLE
"
Nom vernaculaire
Bugu
Description botanique
Palmier aéaule, nombreuses épines sur le stipe et le rachis,
longues feuilles à pennes épaisses, blanchâ tres· sur la face
inférieure, brièvement bifides. Spadice dressé peu épineux, drupe
pyriforme à péricarpe coriace.
Herbier
Trouvé le 29/04/86 à Assissi, en forêt primaire (solitaire en
sous-bois)
USAGE
fruits comestibles, consommés après avoir été séchés au soleil
ou utilisés pour la fabrication.d'huile. •
Littérature
noms vernaculaires
pi ngo-maka (S.)
bogroe-maka (S.)
muru-rnur'u (Cr.)
distribution :
Sur tout le nord de l'Amérique du Sud. Ce palmier est
commun en sous bois dans la zone non côtière du Surinam (Wesselboer
-1965 -)
utilisation
Les graines oléagineuses peuvent donner une huile
limpide (Devez - 1932)
Il es t connu des Wayapi ("mulu mulu") qui consomment
l'amande et utilisent les folioles pour tresser des éventails à feu
(Grenand 1980).
Hurault note en 1965 que les Boni utilisent ses
feuilles pour tresser les parois des cases.
Astrocaryum sciophilum (Miq.) Pulle ARECACEAE
,
photo M.F. PREVOST
13
ARECACEAE
ASTROCARYUM VULGARE ~ART.
Nom vernaculaire
Awara
Description botanique
Palmier poussant en touffe,
Stipe d'une dizaine de mètres de hauteur, inerme à la base,
Feuilles plus ou moins dressées·
Pétiole engainant recouvert d'aiguilles qu'on trouve
également sur le rachis
Spadice très ramifié portant des aiguillons épars
Fruit drupe ovolde, glabre, orange à maturité
NOyqu ovolde, brun, très dur.
~
l~esocarpe charnu, fibreux, péricarpe tendre
Herbier
Palmier souvent entretenu dans les villages
USAGES
Fruits comestibles mangés crus avec la peau ou utilisés pour
fabriquer de l'huile (cf. Procédé P.10~
Les enfants garden t les noyaux pour jouer comme avec des
billes.
Littérature
noms vernaculaires
Awara (Cr., S.)
muru-muru (P.)
origine la région côtière du Nord de l'Amérique du Sud
(Fouqué -1974 -;-)
utilisation :
- la pulpe est consommée crue ou utilisée pour la confection
du "bouillon d'Awara" (cuisine créole).
l'amande est consommée crue ou utilisée pour faire le
beurre d'Awara" (l'Albumen contient 30 à 50 % d'huile)
le bourgeon
("chou d'Awara").
terminal non développé
, es t mangé en salade
le liquide sucré obtenu en coupant les spathes avant
floraison sert après fermentation à la confection d'un vin (Fouqué -
1974 -)
Au Brésil
les feuilles fibreuses servent à la confection de
tex ti le ou son t u ti l isées sous forme de pai lle (balais - chapeaux -
paniers)
le stipe est utilisé pour confectionner charpentes
et palissades (Calvacante - 1974 -)
- Ce palmier est très rare en pays Wayapi (Grenand - 1980 -)
- Hurault note en 1965 qu'il est inconnu des Wayana
- Les Boni le cultivent dans les villages pour ses graines
riches en Vitamine A (Hurault -1965-)
valeur nutritive
calories 2Ll7/100g
glucides 19,1 %
lipides............... 16,6 %
protides 3,5 %
pro Vitamine A 52 000 UI/I00 g
Sa valeur nutritive est très élevée par rapport aux fruits
frais en général) avec un potentiel en proVi tamine A exeptionnellement
élevé, une teneur en Vitamine C comparable à celle des agrumes et une
valeur en Vi tamine BI (thiamine) très intéressante (Calvacante
-1974-) .
ARECACEAE
,
ATTALEA MARIPA ((ORR. SER!~.) MA!H,
Attalea regia
Nom vernaculaire
t-1aripa
Description bot~nique
Palmier à stipe solitaire, d'environ quinze mètres
Feuilles d,cssées avec pennes éparses àans des plans différents.
Spadices ramifiés
Grandes spathes ligneuses en forme de canot
•
Fruit: àrupe ellipsoidale acuminé~ mésocarpe blanchâtré,
tendre et mince - péricarpe coriace mince.
Noyau très gros, ovoïde oblong.
Herbier
Palmier très courant en forêt secondaire souvent plusieurs plants,
fréquemment planté autour des villages.
USAGE
Fruit comestible,
le mésocarpe est mangé cru, après qu'on ait arraché la peau
avec les dents
l'amande peut être consommée crue ou utilisée pour la confection
d'huile de maripa
le bourgeon terminal ("Pina ati") est mangé en salade ou
bouilli avec de la viande,
,
- les spathes servent parfois à récupérer l'eau de pluie
(écoulement du toit) et les enfants les utilisent comme
jouet à bascule.
Li ttérature .
Noms vernaculaires maripa (Cr. s. )
Originaire du nord de l'Amérique du Sud et de Trinidad, cet
arbre est très répandu en forêt secondaire et sur les côtes inon-
dées (Fouqué -1984)
Utilisation •
la pulpe et le noyau sont consommés crus ou utilisés pour la
confection d'huile de maripa (Fouqué -1974)
- le bourgeon terminal (Chou maripa) est consommé comme légume
(Lemée -1956)
Les Wayapi mangent la chair et l'amande du fruit de maripa
(appelé + naya) (Grenand -1980)
En 1965, Hurault notait que l'huile utilisée en cuisine par les
Boni provenait essentiellement des graines de palmier maripa.
La préparation fastidieuse limitait cette ressource à 10 ou 15
litres par ménage par an. On achetait parfois de l'huile d'arachide
pour compléter.
- Par contre l'huile de maripa n'est pas utilisée par les
Wayana qui, en général ne mettent pas d'huile dans leur cuisine
(Hurault -1965)
- Chez les Saramaka, on fabrique avec le fruit>battu au pilon, puis
cuit avec de l'eau et du sucre, une compote qui est consommée après
avoir été débarassée de ses fibres (M. Sauvain, corn. pers.)
li
Valeur nutritive
Amande 60-70 % de matière grasse
Mésocarpe 42,1 % Il
, Il
(Balick -1984)
Les fruits du maripa sont donc particulièrement riches en lipides.
Ils donnent une huile très nourrissante (900 calories/100g) (Hurault -1965)
Pour la cuisine quotidienne, l'huile de maripa a maintenant été
remplacée par l'huile du commerce. Toutefois on continue à fabriquer
l'huile de maripa. Dans tous les villages on peut voir de grands bidons
oG sont recueillies les graines.
Au Surinam, suite à la crise économique que vit actuellement le pays,
la fabrication de cette huile a ~epris une très grande ampleur chez les
Saramaka (M. Sauvain, com. pers.)
•
Les fruits sont très recherchés et consommés de façon quasi-journa-
lière pendant la saison. Celle-ci dure 4 à 5 mois (janvier à mai). Chaque
palmier adulte donne 1 à 5 régimes qui mOrissent l'un après l'autre.
(Charles-Dominique -1981). Les palmiers maripa sont très nombreux autour
des villages.
J'ai pu constater que l'habitude s'est conservée chez les Boni
habitant la banlieue de Cayenne. Les pieds plantés autour des habitations
ne suffisant pas, ils se procurent des sacs entiers de fruits.
Le maripa semble avoir eu une importance remarquable chez les ancê-
tres qui obtenaient du sel à partir du coeur de ce palmier.
Or la consommation du sel semblait autrefois inconnue des indiens,
qui n'assaisonnaient qu'avec du piment. (Hurault -1965),
Ce sel n'avait pas seulement une importance culinaire: bu avec de
l'eau on lui attribuait le pouvoir de reculer le moment de la mort.
ARECACEAE
BACTRIS SPECIOSA
,
Nom vernaculaire
Pari pu
Description botanique
Palmier poussant parfois en touffes, armé d'aiguillons
noirâtres comprimés en zones circulaires.
Feuilles pennées épineuses
Spadice duveteux interfoliaire
Spathes ligneuses aiguillonnées
Fruit : d~upe ovoïde jaune-orangé
Peau épaisse : mésocarpe jaune farineux
Petit noyau noir contenant une amande blanche Jil existe des
variétés de fruits plus petits et sans noyau)
USAGE -
Fruit comestible, consommé après être bouilli dans l'eau
salée. L'amande du noyau est également mangée ("bon comme le koko").
Littérature
noms vernaculaires :
paripou (Cr.)
Pupunha (Br.)
origine
Probablement le sud de la Colombie et du Vénézuela
(Fouqué --1974-)
distribution :
Largement cultivé en Amérique centrale et au Nord de
l'Amérique du Sud (Wesselsboer -1965-)
•
Bactria speciosa Karst. ARECACEAE
1
photo M.F. PREVOST
."'.
19
utilisation:
,
- le fruit est consommé bouilli ou grillé
- l'amande contient une huile comestible
(Lemée -1956-)
- le coeur du palmier peut se substi tuer au
"palmito" (Euterpeoleracea) (Balick - 1984 -)
les fruits constituent l'aliment de base de
certaines tribus indiennes (Fouqué).
- Au Costa Rica, ils sont considérés comme la
nourriture nationale et son t vendus le long des
rues (Balick - 1984-)
valeur nutritive
Calories 196
Proteines (g) 2,6
Lipides ( g) 4,4
Hydrates de Carbone (g) 1,0
Fibres (g) 1,0
Cendre (g) 0,8
Vitamine K (mg/lOOg) 46
Vitamine A (mg/100g) 670
Vitamine C (mg/100g) 35
Riboflavine (mg/1OOg) 0,16
Tableau 2 Composi tion pour lOOg de partie cornes tible
(Balick - 1984 -)
Les frui ts du paripou sont riches en Vi tamines K, A, C et B 2-
(ri boflav i ne).
Ils peuvent donc être un complément intéressant dans
l'alimentation.
Les enfants en semblent particulièrement friands.
ARECACEAE
Cocos NUCIFERA L.
- Nom vernaculaire
Koko nota "noto" noix
Description botaniqu~
Palmier monoïque inerme, long stipe
Feuilles larges à pétiole court,
Pennes gl abr'es s tr i ées , gros fru i ts (30 cm) à la base des
rachis, péricarpe fibreux.
Gros' noyau osseux à trois pores, à l' extrémi té opposée au
pédoncule. Chez le frui t jeune, une partie de l r embryon est
liquide.
Herbier
•
Trouvé planté dans tous les villages
USAGES
- f~ui t comestible (Noyau) mangé
J cru ou utilisé dans
différentes recettes (cf. annexe 1)
- l'embryon liquide est bu comme boisson rafraichissante
- fabrication d"'huile de coco" avec l'albumen (cf. procédé
PJO~à usage alimentaire et médicinal.
Littérature
noms vernaculaires
cocotier (Fr.)
kokro noto (S.)
origine et répartition
d'origine Indo-Pacifique le cocotier a été introduit
dans toutes les régions tropicales surtout près des côtes.
On le trouve surtout en Asie du Sud-Est et en
Micronésie (Westphal -1985-).
Il existe dans les régions côtijres de l'Afrique (il
a été [Link]é dès le Ville siècle sur la côte orientale (Schnell
-1957)
On pense qu'il a été introduit en Amérique au temps
de la découverte bien qu'on en trouvait ~éjà sur les côtes de l'Ouest
du Panama à l'Equateur (Williams -1981)
utilisation
l'Albumen solide ou liquide peut-être consommé cru ou dans
des préparations culinaires.
le suc d'inflorescence est utilisé pOUI~ faire le vin de
palme
- l'Albumen sert à la fabrication de l"huile de Coprah" très
importante en alimentation et industrie chimique (Trisonthi
-1979)
le beurre de coco sert à la fabrication de succédanés
modernes du beurre (Devez -1932-)
- le péricarpe fibreox ("bourre de coco") donne une- filasse
utilisée pour fabriquer brosses, cordes, nattes etc ...
- les feuilles sont utilisées pour faire la couvert~re
d'habitations, des paniers, des nattes etc ...
- la nervure médiane comme rames ou perche
- le stipe comme poutre ou poteau (Lemée -1956-)
Remarques
Wesselsboer note en 1965 que ce palmier qu'on trouve à
l'intérieur' du Surinam, dans les villages marrons es t absen t des
villages indiens.
Huraul t écri vai t la même année, que les indiens Wayana ne
plantaient pas ce palmier dans les villages (Or, à l'intérieur des
terres, le cocotier doit être planté, car il ne pousse pas
spon tanémen t) .
Grenand ne men tionne pas le cocotier dans son dic tionnaire
ethnoscientifique en 1980. Mais M.F. Prévost signale (corn. pers.) leur
présence dans les villages Wayapi en 1985. L'introduction y serai t
donc récente. Par contre dans les villages Boni c'est certainement le
palmier le plus fréquemment rencontré.
La noix de coco est utilisée dans différentes préparations
culinaires.
"sweeti kassaba kuku"
"tana wiwi"
(cf. recettes [Link])
L'huile de coco a non seulement un usage alimentaire très
es r' .
~lme, mais aussi un usage médicinal :
- dans la fièvre, on passe l'huile sur tout le corps ("ça
fait chauffer et partir la fièvre")
"quand une femme va avoir· un bébé, on prépare l'huile de
coco" : si le bébé a la g ... i~pe, on lui frictionne les
cheveux avec une bonne quantité d'huile.
Valeur nutritive
j-'--' 1
1
1 Amande 1 Amande mûre Amande imma- 1 eau de
sèche fraîche ture fraîche coco
-----,--
1 1 1
1 1_ _
1 1 1
Calories 1 581 1 388 200 1 22
1 1 1
Humidité (%) ! 12,2 1 42,6 68,0 1 94,2
1 1 1
Pr'otéines (g.) 1 6,6 1 3,6 2,0 1 0,3
1 1 1
Lipides (g.) 1 54,8) 39,0 17,4 .1 0,2
1 1 1 1
Glucides (g.) 1 24,5 1 13,8 11,7 1 4,7
1 1 1
Cellulose (g.) 1 6,5 1 6,6 3,7 1
1 1 1
Cendres (g.) 1 1,9 1 l, a 0,9 1
1 1 1
Calcium (mg.) 1 1 21 1 20
1 1 1
Phosphore mg.) 1 1 103 1 13
1 1 1
Fer (mg.) 1 1 2,5 1 0,3
1 1 1
Rétinol (mg.) 1 1 1
1 1 1
Equi valen t ~carotène 1 1 25 1
(flg) 1 1 1
Thiamine (mg.) ! 1 0,03 1
1 1 1
Riboflavine (mg.) 1 1 0,03 1
1 1 1
Niacine (mg.) 1 1 0,6 1 0,1
1 1 1
VitamineC(mg.) 1 1 2 1 2
1 1 1
Déchets sur T.A.\% 1 1 35 1
________1
1 1
1 _
----, 1
Tableau 3 - Table de composi tian pour ioo g de partie comes tible
- Cocos nucifera -
(Table de composition des aliments à l'usage de l'Afrique)
- FAO 1970-
_. __ .. ~.
23
ARECACEAE
EUTERPE OLERACEA MARTI
..
Nom vernaculaire
Pina (Arbre) Apodo (fruit)
Description botanique
Palmier poussant en touffes
long stipe élancé inerme, clair avec racines aériennes à la base
Spadices infrafoliaires ramifiés
Fruit :drupe ovoide noir-violet
Péricarpe mince - pulpe fine sur un noyau globuleux fibreax
Herbier
Très fréquent en clairière, souvent en touffes nombreuses.
USAGE
Fruit comestible
Très souvent consommé sous forme de "wa5ai" (boisson obtenue par
trituration des fruits dans l'eau tiède).
Le bourgeon terminal "Pina hati" est mangé en salade ou bouilli
avec de la viande.
Littérature
Noms vernaculaires
Pinot (Fr.)
Wasei (Cr.)
Pina, prasara (8.)
Origine et répartition
Originaire du Nord de l'Amérique du Sud, ce palmier est répart
dans tous les états d'Amazoni~ au Brésil, au Vénézuela, dans 1
Guyanes et à Trinidad (Fouqué - 1974).
Il est abondant surtout en zones inondées ou marécageuses
(Roosmalen - 1985).
Uti lisation :
- La pulpe peut-être consommée crue ou sous fOI'me de "Assaïe",
boisson crémeuse obtenue par trituration des fruits dans l'eau.
- Le'bourge on terminal "Palmito au Brésil" (Mors et Rizzini -
1966) est extrait après abattage du palmier et décorticage de
la partie supérieure du stipe. C'est le coeur de palmier le
plus fréquemment consommé (Fouqué - 1974).
- L'amande donne une bonne huile comestible.
Le tronc fendu peut donner des lattes pour toitures, mais
de courte durée (Devez - 1932).
- Pour les Wayapi c'est un produit de cueillette très important.
Ils le consomment aussi sous for-me de boisson ("Wase~"),
utilisent ses spathes comme récipients, et ses palmes pour faire
des abris en forêt (Grenand - 1980). •
- La Gymnote (Electrophorus electricus) qui semble avoir ce frui
comme nourriture favorite, se rassemblerait au pied de ces palmi
quand ils sont en zone inondée, et enverraient unê décharge pour
faire tomber les fruits mars dans l'eau (études de Goulding - 19:
citées par Balick - 1984).
Valeur alimentaire
Cf. Tableau 4
Des études nutritionnelles ont montré que la boisson produite av(
le fruit est plus nourrissante que le lait (contient plus de
calories et deux fois plus de matière grasse).
Mais certaines combinaisons sont dites nocives pour l'estomac
avec l'alcool', et avec la mangue, ou le jus .9.~Q..enocarpus
(Balick - 1984).
Hurault en 1965 ne faisait pas mention de ce palmier dans son étude
sur l'alimentation des BONI.
Durant mon séjour (entre mai et juin) j'ai pu constater la très grande
consommation faite du Wassaï qui constitue souvent, mélangé à du couac,
le repas du soir.
..
-------~=._------
2s
On m'a dit que la saison du camou était passée. Mais on m'a aussi
rapporté que le WasaI était maintenant préféré,au camou. Alors que
cette boisson n'était pas consommée par les anciennes générations:
Il serait intéressant de faire une étude comparative sur la valeur
nutt'itive de ces deux "laits" de palmier.
1 Fruit d'Èuterpe----l
1 - oleracea 1
1 1
1 Calories 247 1
1 Humidité (g) 45,9 1
1 ProtéInes (g) 3,8 1
1 Lipides (g) 12,2 1
1 Glucides (g) 36,6
1 Fibres (g) 16,9
1 Zinc (g) 1,5
1 Calcium (mg) 118
1 Phosphore (mg) 58
1 Fer (mg) 11 ,8
1 Vitamine B1(mg) 0,36
1 Vitamine B2(mg) 0,01 •
1 Miacine (mg) 0,4
1 Vitamine C (mg) 9
Partie comestible (%)
1
1
_
89,6
...
TABLEAU 4 - Euterpe oleracea
Composition pour 100 g de partie
comestible (Tabelas de composiç§o
dos Alimentos - Brasileiro - 1977).
ARECACEAE
OENOCARPUS BACABA MART,
,
Nom vernaculaire
Komu
Description botanique
Palmier à long stipe, solitaire, inerme,lisse
Feuilles en spirales, pennées, subdressées ou horizontales (pennes
sur le même plan) parfois réunies en groupes.
Spadice à l'aisselle des feuilles tombées.
Fruit: drupe sub-globuleuse bleu-noir peau fine et glabre
Mésocarpe mince
Noyau globuleux fibreux.
Herbier
Trouvé en forêt, sur sol sec (assez rare)
USAGE
- fruit comestible
- consommé surtout sous fo~me du "lait de camou" obtenu par trituration
des fruits dans l'eau tiède
- fabrication de l'huile de camou (Cf. procédé p.10S
Littérature
Noms vernaculaires
Camou (Fr.)
Koemboe (S.)
Origine et répartition
Originaire des forêts d'Amazonie et des Guyanes (Fouqué - 1974)
il est commun en forêt mésophile, mais parfois en voie d'extinction
(Roosmalen - 1985).
27
Util isation :
- le fruit est consommé sous forme de lait de COMOU très nourrissant
et parfois sous forme d'une boisson ffrmentée (Lemée - 1956)
- la pulpe donne 18% d'huile utilisée en alimentation, savonnerie,
peinture, graissage, etc ...
l'amande donne une graisse .bonne pour la savonnerie (Devez - 1932)
- les Wayana consomment également le lait de comou (Hurault - 1965)
- appelé "pino" chez les Wayâpi c'est un produit de cueillette
très important. Ils fabriquent le lait et utilisent les palmes
pour leur toiture ou pour tressage (Grenand - 1980)
- Hurault, e~ 1965, notait l'importance du lait de comou, riche
en lipides et en vitamines, dans l'alimentation des BONI, ceci
particulièrement pendant la saison des pluies de janvier à juin.
La consommation journalière peut alors atteindre 1,5 1 par' personne
et par jour avec une moyenne pour les 6 mois de saison des pluies
de 0,5 1 / jour.
Valeur nutritive
1 Graines de Lait de caumou 1
1 caumou brutes "fort" 1
r --1
Calor'ies 1 86 62 i
Protides (g) ! 1,16 0,57 1
Lipides ( g) 1 7,2 4,8 1
Glucides (g) 1 4,1 4,2 1
1
Phosphore (mg) 1 32 7,0 1
Calcium (mg) 1 20 5,7 1
Fer (mg) 1 1,3 !
Vitamine C (mg) 1 3,8 1
Vitamine Bl(mg) 1 1
Vitamine B2(rng) 1 1
Vitamine PP (mg) 1 1
Vitamine A (U.1. ) 1 412 175 1
1 1
TABLEAU 5: - Oenocarpus bacaba
Composition pour 100 g de partie comestible (lait)
et 100 g de graines brutes
Le procédé sommaire d'extraction fait perdre plus de 50% des
éléments nutritifs (Hurault - 1965)
Il est difficile de comparer ce tableau à celui des autres fruits
de palmiers, car il donne des valeurs pour 100 g de graines brutes
et non pas pour 100 g de partie comestible.
L'importance de la valeur nutritive du lait de comou a été remarquée
chez d'autres auteurs (Balick (M.J.) et Gershoff (S.N.) - 1981) qui
ont entrepris l'analyse qualitative de l'huile et du lait extraits
des fruits d'un palmier Jessenia batava (palmier d'u~ genre proche
de Oenocarpus bacaba et utilisé de'la même manière par des indiens
de la vallée de l'Amazonid.
Les résultats n'ont pas été décevants puisqu'ils ont révélé:
- une composition de l'huile comparable à celle de l'huile
d'olive
- une composition du "lait" de ce palmier comparable à celle
du lait humain en ce qui concerne les lipides, protéines et
hydrates de carbone. (des tests biologiques sur des rats ont
montré que' la valeur biologique des protéïnes étai t similaire à
celle de la caséïne).
Les auteurs soulignent l'importance que pourrait avoir la culture
de tels palmier pour la lutte contre la faim dans le monde.
Remarques
On peut supposer que la qualité nutritive du lait de Oenocarpus bacaba
se rapproche de celle du Jessenia bataua.
A Cayenne, une femrne~8résilienne, n'a pas attendu les.résultats
d'analyse pour se lancer dans la commercialisation du lait de comou,
et de "wassaye". Elle a mis au point un système d'extraction électrique
et espère trouver un procédé de transformation p6ur élargir la diffusion
de son produit. -
La conservation est en effet, le problème majeur du lait de palmier qui
doit être consommé aussitôt sa fabrication. Les personnes possédant un
réfrigérateur peuvent se permettre de le garàer jusqu'au lendemain.
Mais les essais de congélation ont été décevants: "le lait semble se
décomposer, il n'est plus bon à manger".
Il faudrait donc résoudre ce problème de conservation avant d'envisager
une éventuelle culture de ce palmier.
29
ARECACEAE
OENOCARP~S OLIGOCARPA (GRIS~B,) W, BOER
Nom vernaculaire
Afa Komu
Description botanique
Palmier à long stipe unique, inerme
Feuilles pennées
Fruit: drupe verte ovolde
Herbier
rr'
Trouvé en forêt secondaire-et dans le village de Maripasoul~
t
USAGE
Fruit comestible utilisé pour la fabrication d'une boisson'"
"lait de comou"
Littérature
1
!
1
l
J
noms vernaculaire :
1
Patawa (Cr.)
Patawa koemboe (S.)
j
Répartition:
1
Arbre peu commun distribué dans les forêts des Guyanes 1
et de Trinidâd.
,1
!
Utilisation:
La pulpe du fruit est utilisée pour la confection d'une
boisson (Fouqué -1974)
Ses frui ts sont très recherchés par les Wayapi qui
l'appelent "Tapululi" (Grenand -1980)
BEGOGNIACEAE
(MF 116) BEGONIA GLABRA AUBL.
\
Nom vernaculaire
Koto ati "koto" : calmer "ati" : coeur
("car quand tu es faché, ça te calme")
Description botanique
Petite plante épiphyte sur tronc d'arbre
Feuilles alternes entières cordées à marge crenelée, cha"nues
et luisantes
Grands stipules
Tiges rougeâtres
Goût acidulé
Herbier
•
Récolté le 20/03/86 à Naripasoula, en sous bois humide .
...
USAGE
- feuilles comestibles, ("mangé cru avec du pain et du
vinaigre")
- en bain rituel, en mélange avec d'autres plantes
Littérature
Noms vernaculaires :
Salade tortue (Cr.)
Origine
Brésil (Graf -1968-)
Utilisa tion
Les Wayapi utilisent la décoction de ses feuilles pour
soigner les gens atteints de Larvae migrans (en bain de pied avec
feuilles de citron et Ocimum micranthum Willd (Grenand -1980)
jàiYl/ 1kjJtaphy lia.
;; . ?'lohWv)' ~t.\J(Lft~;~~'l\\
EXtrait de AUBLET (1775)
31
BURSERACEAE
U1F 192) PROTIUM HEPTAPHYLLUM (ALBL,) MARCH.
Nom vernaculaire
"Tingi" sentir
Tingi Moni
"Moni" encens
Description botanique
Arbre à feuille alternes, composées imparipennées.
Folioles elliptiques acuminées
Fruit; drupe ovolde à 2 ou 3 carpelles, rouge vif, déhiscente
elle laisse apparaître l'arille blanche entourant les noyaux
trigones.
Herbier
Récolté le 30/04/86 à Loka~ au bord du fleuve. ..
USAGE
Fruit comestible (l'arille a un goût doucâtre) -
Egalement mangé par les poissons
Littérature
Antilles-Nord de l'Amérique du Sud et jusqu'au bas des
andes.
Utilisation ;
L'arille du fruit est comestible
La résine jaune rougeâtre est utilisée comme encens,
parfois en médecine populaire et peut servir à allumer du feu (Fouqué
-1974)
CHRYSOBALANACEAE
,
CF. (OUEPIA AUBLET
Nom vernaculaire
r4amaa dossu
"Marnaa" : maman "dossu" : pot
("car, quand on coupe le [rui t, ça fai t comme un pot")
pescription botaniqu~
Arbre à feuilles simples entières, alternes
Herbier
-
Plantule récolté le 29/04/86, à Assissi, sur le bord d'un layon en
forêt.
USAGE
Fruit comestible, "gros comme le poing, comme le kakao".
Littérature
Le couepia est distribué de l'Amérique centrale, en Colombie et
Equateur et jusqu'aux Guyanes et Sud Brésil. (Prance -1972)
Le fruit de couepia polyandra est plein de jus, sucré mais fibreux
(Williams -1981).
33
CHRYSOBALANACEAE
,
U1F 238) HlBTE~LA RACEMOSA
Nom vernaculaire
Atshantèfi
Arbre à feuifles simple~ entières, alternes, elliptiques
2 sti;:>ule3 )e_'SiS~dni:s, filiformes par feuille -inflorescences
g,'appes terminales ou axillaires, fleurs violettes de type 5',
Fruit: drupe ellipsoïde de petite taille
Mésocarpe fin et charnu
Herbier
Récolté le 13/05/86 à Entu~a, au bord du fleuve
•
USAGE
...
Fr'ui t comes ti [Link] l "dedans, graine comme .le koko"
Littérature
Noms vernaculaires
Bois-Gaulette (Cr.)
Behaarde (S.) (Roosmalen -1985 )
Distribution :
Du Mexique aux Antilles jusqu'en Amé~ique du Sud
Utilisation:
- les fruits sont sucrés et comestibles (Williams -1981-)
- le bois facile à fendre et flexible peut être utilisé
pour faire des latt es (Lemée -1956 )
- son bois est utili.sé par les ilJayapi pour tailler des
pointes de flèche (Grenand -1980 )
CHRYSOBALANACEAE
LICANIA LICANIAEFLORA '(SAGOT) BLAKE
Nom vernaculaire
Nengué udu
"Nengué"·: nègre " u du" arbre
Description botanique (Prance -1972-)
Arbre pouvant atteindre 30 m
Feuilles simples entières, alternes, elliptiques à oblongues
Long pétiole avec souvent 2 grosses glande~ stipules caduques
Fruit: drupe oblongue, d'abord stipité jeune, puis sessile,
mésocarpe épais.
•
Herbier
...
Récolté le 30/04/86 à Kotika
USAGE
Fruit comestible, (Amande du noyau)
Littérature
Noms vernaculaires
Watakoko (P.) (Roosmalen -1985 )
Distribution :
En Amazonie et aux Guyanes en forêt ouverte ou forêt
secondaire.
Figure 7.1. Quelques espèces d'igname. (1) Dioscorca a/a/a; (2) D. bu/bifera; (3) D. cayel1cl1Sis;
(4) D. /rif/da (d'après Messiaen, (975).
( WESTPHAL, 1985 )
35
DIOSCOREACEP.E
DIOSCOREA IRIEID~ ,
Dioscorea tri loba
Nom vernaculaire
Napi
Description botanique
Plante volubile à tige anguleuse plate et ailée, sinisto,se.
Feuilles alte~nes à base cordée, à 3 ou 5 lobes, longuement petiolées.
Herbier
Récolté le 12/04/86 à Koumakapan au bord d'un layon menant à un abattis
~
USAGES
Tubercule comestible "bouilli dans l'eau" ....
Littérature
Noms vernaculaires
Igname indien (Fr.)
Causse-Causse (Antilles Fr.)
Cush cush yam (Angl.)
Origine et répartition
Originaire d'Amérique tropicale, cette espèce est une
domestication Amérindienne (on pense qu'elle aurait débutée
sur les côtes du Brésil et de la Guyane et aurait diffuséeà
travers les Caraïbes).
Les transferts d'ignames comestibles n'ont pas du se faire de
l'Amérique vers l'ancien monde ou de l'Afrique vers l'Asie.
Par contre D. Alata et D. [Link] ("Igname pays nègre")
ont été emportés d'Afrique de l'Ouest pendant la traite des
esclaves (servaient de vivres sur les bateaux) (Simmonds - 1976).
Utilisation ;
,
D. Trifida, qui donne de nombreux petits tubercules blancs, est
la principale espèce cultivée en Amérique tropicale (Cerighelli - l'
Les autres espèces, toutes originaires de l'Ancien monde, fournissel
également des ressources alimentaires importantes
- dans la région du Vietnam, Cambodge et Laos (surtout D. alata:
- dans certaines régions de l'Afrique de l'Ouest (Côte d'Ivoire -
Cameroun - Nigéria) l'igname est la nourriture de base de la
population (surtout D. Rotundata et D. Cayennen is) : On parle
de "la civilisation de l'igname en Afrique de l'Ouest" (Masefield -
1969) .
En Afrique et en Asie, il existe des espèces d'ignames sauvages dont
les tubercules sont cueillis pour ~tre mangés en période de disette.
On trouve différentes façons de cuisiner l'igname; bouilli et
écrasé (le plus souvent en Afrique de l'Ouest) ou rôti et frit
(Masefield - 1969).
De nombreuses espèces de Dioscorea ont été utilisées dans les
médecines traditionnelles d'Afrique et d'Asie. D'autres espêces
comme sources de poison (Simmond - 1976). •
En Guyane, c'est surtout le Dioscorea triloba qui est cultivé
-
(On y trouve également d'espèce D. Cayennensis, importée d'Afrique).
D. tri loba est cultivé dans les abattis par les Wayâpi qui en
connaissent 12 clônes différents. Ils consomment les tubercules
grillés sous la cendre, en soupes ou en boissons fermentées
(Grenand - 1980).
Les Wayana cultivent aussi le "Napi" , ils en connaissent plusieurs
variétés et savent également en préparer des bouillies fermentées
(Hurault - 1965).
Valeur nutritive
Cf. Tableau p. 38
Les racines et tubercules fournissent moins de protéïnes (O,5-2g/100g
de partie comestible) que les céréales (6-12%).
Cependant l'igname est plus riche en protéInes que le manioc
igname (O,5-2g) de protéInes/100g de partie comestible
manioc 0,7 g
D'autre part, l'igname produit nettement plus de protéïnes / unité
de surface cultivée que les céréales comme le riz et le sorgho
(dans les conditions de culture de l'Afrique de l'Ouest) (Westphal -
1985) .
37
Dans la composition chimique, il faut noter que certaines espèces
de Dioscorea de l'Ancien monde contiennent des Alcaloïdespouvant
provoquer une paralysie générale des ceptres nerveux. Ces Alcaloïdes
doivent être éliminés par cuisson avant la consommation.
Par ailleurs, les tubercules de certains ignames spontanés contiennent
des sapogenines, stéroïdes utilisés pour la fabrication d'hormones
sexuelles et de cortisone (Westphal - 1985).
Le "Napi" estçultivé dans les abattis. Il serait intéressant de
savoir si la cueillette de cette plante à l'état sauvage est, ou
a été, pratiquée par les femmes Boni. (l'échantillon récolté étant
parasité, on me l'a montré comme une plante comestible, mais en me
précisant que "celui-là n'était pas bon à manger").
r ~ercule-r--F
l '
,entler cru 11
.
arlne
1
1 1
1 1 1 1
Calories 1 119 335
1 , 1 1 1
1 Humidité (% ) 69,0 1 14,2 1
1 Protéïnes (g) \ 1,9 1 3,4 1
1 Lipides (g) 0,2 1 0,4 1
1 Glucides totaux (g) 27,8 1 80,0 1
1 ( cel.l. incluse) 1 1
1
1 Cellulose (g) 0,8 1 1,6 1
1 Cendl'es (g) 1,1 1 2,0 1
1 Calcium (mg) 52 1 20 1
1 Phosphore (mg) 61 1 110 1
1 Fer (mg) 0,8 1 1,1 1
'" Equivalent ~- carotène (ug) 10 1 11
1 Thiamine ,( mg) 0, Il 1 0, la 1
1 Riboflavi ne (mg) 0,02 1 0,08 1
1 Niacine (mg) 0,3 1 1,1 1
1 Tryptophane 26 1 35 1
1 Ac. Ascorbique (mg) 6 1 1
Déchets sur LA. (%) 16 1
1
,
1
1 ----l 1
TABLEAU 6 - Composition de l'igname (Dioscorea spp. )
par 100 g de partie comestible (FAO - 1970) .
Espèce Eau Energie Pro- Li- Glu- Fibre Cal- Fer Vil. A Vil. BI Vil. B~ Acide Vil.C Prol'
(g) lèines pides cides (g) c;um (mg) (U.!.) (mg) (mg) nico- (mg) feuill
(kJ) (kcal) (g) ~
(g) (g) (mg) • tinique (%)
(mg)
C%cosio escu/enlo
Dioscorea spp.
Ipomoea botatas
60--83
54-84
60-80
475
437
479
\13
104
114
2.0
2.0
0.4-2.8
0
0.2
0,3
26
24
26
0.5
0.5
1.0
25
10
25
1.0
1.2
1.0
0 0.1
0-200 0.1
1'-4000 0,1
0.03
0.03
0.04
- 1.0
0.4
0.7
5
10
30
3
3,2
Manihot esculenta 49-74 643 153 0.7 0.2 37 \.0 25 1,0 0.07 0.03 0,7 30 5-7
Solonum luberosum 70-85 315 75 2.0 17 0.4 10 0,7 " O.! 0.03 U 5-50
Xanthosoma sagittifo/ium 58-78 559 133 2.0
"
0.3 31 1.0 20 i.O " 0.\ 0.03 0.5 10 2-4
"
0: trace.
Source: Plall (1971). Tableau 7 Composition chimique de quelques racines Je luberculcs (par 100 g de partie comestible).
( WESTPHAL, 1985 )
._------_.
Culture Proléine Ca f'e Vil. /\ Vil. DI Vil. Bz /\cide ViLC
nicol;·
nique
(g) (mg) (mg) (U.!.) (mgi (mg) (mg) (mg)
Dlé 3.2 5.8 0.73 10 0.087 0.023 0.58 0
Riz bl"nchi 2,0 1,4 0,28 10 0,017 0.0085 0,28 0
M:,is 2.8 3.3 0,69 tO 0,096 0.036 0.55 0
Sorgho 2,9 9.0 1,26 tO 0,14 0.034 0.98 0
P"Wle douce 1,3 2/,9 0,90 90 0,090 0.035 0.61 26
Manioc 0.46 16,3 0,65 iO 0,046 0,019 0,46 20
Igname 1,9 9.6 \,\ 20 0.096 0.029 0,38 10
Taro 1,8 ' 22.1 0,9 tO 0,09 0,027 0.9 4
Calculs basés sur les tables de composition des aliments de Plalt (1971).
1
1
Tableau 8 Comparuison de la vuleur nutritionnelle entre les céréales et quelques tubercules; composilion
par 42 kJ (100 kcal) de partie comeslible.
( WESTPHAL, 1985 )
•
39
MELASTO~lATACEAE
\
U1F 101) HENP.!ETTEA MARONIENSIS SAGOT.
Nom vernaculaire
Mabé-tiki (piante) Mabé-shi (fruit)
"til<i " baton "shi" : frui t
"mabé" peti t poisson qui mange le frui t.
De~cription botanique
Jeune arbuste ("pouvant donner un arbre" précise l'informateur)
Duvet brun et dense recouvrant feuilles, calices et extl~émités
des rameaux
Feuilles opposées elliptiques (base et apex aigus) situés vers
l'extrémité des rameaux
•
Fleurs pédicellées soli taires ou en peti ts groupes à l'aisselle
des feuilles, calice épais ovoide.
Herbier
Récolté le 12/03/86 à l'iaripasoula, au bord de l'abattis (en
lisière) .
USAGE
Fruit comestible ("mangé par les enfants à la sortie de l'école")
Littérature
Cet arbuste ou arbre n'est pas commun. On le trouve surtout en
forêt de savanes au Surinam et en Guyane Française (Roosmalen
-1985 )
...
I~ELASTOr1ATA(EAE
(MF 206) LEAND~A SOLENIF~RA (OGN.
Nom vernaculaire
Bushi mabétiki
"Bushi" -; forê t
"mabétiki"; Henriettea maroniensis Sagot
Description bot~nique
Arbuste dont les rameaux, feuilles et fleurs sont recouverts d'un
duvet rouge
Feuilles ovales longuement pétiolées, opposêes-decussées
Nervures peu ma~quées sur la face inférieure) toucher de velours
Marge très finement c~elée - base coràée inflorescence~ en cymes
axillaires
Fleurs à 5 pétales blancs pointus, calice globuleux
Fruits baies sphériques rouge-violacé à maturité
-
Herbier
Récolté le 05/05/86 à Maripasoula, sur un abattis et sur le bord
d'un layon en sous-bois
USAGE
Fruit comestible "plein de vitamines, mangé par les enfants de
l'école"
Littérature
Les Wayapi connaissent cet arbre qu'ils appellent "moyuyanipa" à
cause de ses 'fruits bleus qui sont mangés par les enfants.
MELASTOMATACEAE
(MF 213) MOURIRI GRANDIFLORA D,C.
Nom vernaculaire
Shipaiopo ..
"opo" ; flotter "shipa" ; fruit gros
("quand le fcuit est gros, il flotte")
Description botanique
Arbce à feuilles elliptiques (base obtuse - apex aigu), opposées,
cireuses à necvation atypique dans cette famille (ne
(nervure principalft très marquée) •
fruits situés sur le tronc ou les bcanches ; baies globuleuses,
oranges à maturité, contenant plusieurs petites graines.
Herbier
Récolté le 06105186 à Maripasoula, au bord du fleuve.
USAGE
Fruit comestible, consommé cru.
Littérature
Noms vernaculaires :
Spikri-oedoe (S.) - Topi (P.)
Répartition
Forêts marécageuses ou ~i~icoles des Guyanes.
Usage
Les graines sont utilisées comme appât pour pêcher le poisson
(Roosmalen -1985)
4
MENISPERMACEAE
,
(MF 223) ORTHOMENE SCHOMBURGKII (MIERS) BARN ET KRUK
Nom vernaculaire
Ko shitong
"Ko" : tOI' tue "shitong" tes ticule
Description botanique
liane à vrille axillaire
feuilles ell ip tiques al ternes [Link] de peti te tai lle (base
obtuse - apex cuspité)
nervur'e principale très marquée, les autl~es étant
•
presque
invisibles.
pétiole courbe rougeâtre, renflé à la base de la feuille, tige
...
finement crénelée.
fruits isolés ou groupés par 2 ou 3, oblongs, oranges à maturité.
Herbier
Récolté le 12/05/86 à Entuka, sur un arbre au dessus du fleuve.
USAGE
fruit comestible, "comme Kim Boto mais moins bon"
Littérature
/ Liane commune le long des cours d'eau des Guyanes - le mésocarpe
du fruit est comestible (Roosmalen -1985 )
r1! MOSACEAE
(MF 21q) INGA DISTICHA' BENTH,
Nom vernaculaire
Babun weko Iakaashi
"3abun" singe hurleur "la" : ici
"Weko" nom générique pour les fruits "kaashi" : gratter
du genre Inga ("quand tu cOLJpe~.:> l'arbre,
tu reçois de la poussière
qui pîque)
Description botanique
Arbre ripicole
Feuilles al ternes paripennées 8 à 10 folioles elliptiques de
petite taille (base obtuse, apex acuminé)
Rachis ailé - glandes entre les folioles ..
Fruit: gousse brun jaunâtre, recouverte d'un duvet èense jaune
marge épaissie faces un peu bombées au niveau des
graines. ~
Herbier
Récolté le 06/05/86 à Maripasoula, au bord du fleuve
USAGE
Fruit comestible (arille blanche sucrée)
Littérature
Noms vernaculaires
Pois sucré (Cr.)
Swi t-bonki (S.)
Baboen-weki (P.)
Répartition:
Guyanes - Amazonie Brésilienne (Poncy -1985-)
45
Ivll MOSACEAE
(11F 137) 1NGA HUBER [ OUCKE '
Nom vernaculaire
Baaka weko
"Baaka" : noir "weko" nom générique pour les
fl'ui ts d'Inga.
Desc~.ption botanique
Arbre à tronc très tortueux et écorce épaisse
Rameaux lenticellés
Feuilles composées alternes à 2 ou 4 folioles obovés, coriaces,
glabres (base aiguë - Apex acuminé)
•
Pétiole non ailé mais aplati en triangle, glandes entre les
folioles.
Fruit: gousse brune,
glabrescente rigide
assez plate, parfois incurvée, -
Graines recouverte d'une pulpe peu abondante.
Herbier
Récol té le 13/04/86 à Koumakapan dans le vi llage , rencon tré
également sur le bord du fleuve.
USAGE
Fruit comestible (arille blanchâtre légè~ement sucrée)
Littérature
Noms vernaculaires
Pois sucré (Cr.)
Sw i t bonki (S.)
Distribution
Sur inam, Guyane française) Para, en forê t dense humide
(Poncy -1985 )
~I lr10SACEAE
(MF 230) INGA NOBILIS ~ILD,
Nom vernaculaire
Weko
Description botanique
Arbre ripicole
Feuilles alternes paripennées à 4 ou 6 folioles elliptiques
(Base et apex aigus)
Rachis nu - glande entre folioles
Fleurs blanches de type 5, en épis axillaires 1 corolle
gamopétale - calice tubuleux.
Longues étamines blanches filiformes exsertes
•
Fruit: gousse plate à marge épaissie, glabre, finement striée
transversalement. Renflée au niveau des graines recouvertes
d'une pulpe blanchâtre.
-
Herbier
Récolté le 13/05/86 à Entuka au bord du fleuve
USAGE
Fruit comestible, (Arille blanche pulpeuse et sucrée)
Littérature
Noms vernaculaires
Pois sucré (Cr.)
Swit'-bonki (5.)
Bitasji-weko (P.)
RéEartition
Des forêts de la Colombie aux. Guyanes et au Brési l
(Fouqué -1974-) - Arbre ripicole très commun aux Guyanes (Roosmalen
-1985-).
,
Inga nobilia Willd. MIMOSACEAE
,
photo M.F. PREVOST
·.
47
LES INGA
Ce genre comprend de nombreuses espèces t:ommunes en Amérique
tropicale. En Amérique centrale ils sont utilisés pour faire de
l'ombre dans les plantations de café. Dans les reglons comme le
Salvador où les forêts naturelles ont disparu, le bois est utilisé
·comme combustible.
On trouve les gousses sur le marché, l'arille sucrée est
comestible, et les graines sont mangées cuites ou en salade (Williams
-1981-)
Chez les \tJayapi, [Link]'taines espèces d' inga sont très recher-chées
pour l'arille sucrée entourant les graines et jadis on célébrait la
récolte par une danse.
Selon les espèces on utilise également :
- les feui 11 es en décoction pour rendre les femmes stériles,
(J. Capitata Desv. )
la sève mélangée à du noir de fumée, pour teindre des
vanneries ( J. Par'aensis, Ducke)
- le bois pour le chauffage (1. ingoides (Rich) Willd (Grenand
-1980-)
..
Chez les Boni 1 Huraul t note en 1965, l'utilisation du "Lebi
weko" (Inga sp. ) pour faire des coques de canot, et de son écorce--:
en infusion contre la dysentrie,
fraîche appliquée sur les blessures comme hémostatique. Il ne
mentionne pas d'usage alimentaire.
Actuellement de nombreuses sortes de Weko sont connues des
Boni, tous ne sont pas comestibles.
Ce sont surtout les enfants qui les consomment, ils sucent
l'arille mais rejettent la graine. Celles-ci étant mangées en Amérique
centrale, il serait intéressant d'en connaître la valeur alimentaire.
Le tableau suivant ne précisant malheureusement pas, s'il
s'agit de la composition des graines, ou de l'arille.
Valeur [Link]
...
1
Calories 1 60
1
1
Humidité (g. ) 1 83,0
'1
protéines (g. ) 1 1,0
1
Lipides (g. ) 1 0,1
1
Glucides (g. ) 1 15,5
1
Fibres (g. ) 1 1,2
1
1
Cendres (g. ) 1 0,4
1
Calcium (mg. ) 1 21
1
Phosphore (mg. ) 1 20
1
Fer (mg. ) 1 0,9
1
Vitamine B (mg. ) 1 0,04
1
1
Vitamine B (mg. ) 1 0,06
2
1
Niacine (mg. ) 1 a,Ll
1
Vitamine C (mg. ) 1 9
1
Partie comestible (%) 1 59,7
1
Tableau9 INGA Sp.
COMPOSITION POUR 100g DE PARTIE COMESTIBLE
(Tabelas de composiçao dos alimentaos)
-Brasileiro -1977-
49
MYRTACEAE
,
(11F 129) (11 AI~ LIE :~ A SP,
Nom vernaculaire
Bonda
pescription b~.!anique
Arbuste à rameaux frêles avec de nombreuses cicatrices
foliaires,
Les feuilles sont rares et confinées à l'extrémité des rameaux.
Feuilles petites opposées, elliptiques, sans pétiole, base
cordée, apex acuminé.
Marge ourlée
Nervure principale marquée, les autres étant peu visibles. Une
Herbier
nervure parallèle à la marge.
-
Récol té le 06/04/86 à IAO PASI sur l'Itany (sur une île au
milieu du saut)
USAGE
Fruit comestible, "tous petits fruits noirs, bons comme le
raisin, mûrs à Noël".
MYRTACEAE
(11F 182) MVRCIA COUMETA (AUflL,) OC
Nom vernaculaire
Lebi Tongo Dondo uku
"Lebi" : rouge "uku" : pêcher
"Tongé" : langue
("parce que quand or) le mange
la langue devient rouge")
Description botanique
Arbuste ri picole (pied immergé) • rameaux à division
dichotomique
Feuilles opposées décussées, pétiolées, elliptiques acuminées,
glabres luisantes sur la face supérieure, marge ourlée.
Nervures saillantes et glandes pellucides.
Frui ts en panicules terminaux baies ell ipsoïdales~ glabres,
rouges puis noires, surmontées du calice persistant pubescent à
5 dents. 1 seule graine réniforme.
Herbier
Récolté le 29/04/86 à Assici sur le bord du fleuve.
USAGE
·Fruit comestible, "mangé par les enfants"
Il sert aussi d'appât pour la pêche
Littérature
Noms vernaculaires :
dondo oekoe (S. P.)
lebi tongo (P.)
Réparti tian :
Surinam Guyane Française (Roosmalen -1974-)
51
PAPILIONACEAE
(MF 119) VIGNA UNGUICULATA (L,) WALP.
• 1
Nom vernaculaire
Peshi (Pgis)
Description botanique
Plante herbacée glabre, g~impante
Feuilles composées à 3 folioles deltoIdes, asymétriques, à base aigu~
Gros pétiole cannelé - stipelles à l'aisselle de chaque foliole
Fleurs sessilles groupées au bout d'un long pédoncule - calice
à 4 dents
r:uit : gousse très loogue (20 cm~.)contenant de nombre~ses graines
uniformes, rougeâtres (7 mm L.)
Herbier
Récolté le 26/03/86 à Maripasoula près des habitations au bord du fleuve.
USAGE
Fruit (gousse) comestible
les cosses vertes étant cueillies par les enfants pour les faire
cuire à la maison
Littérature
Noms vernaculaires
Niebé - haricot dolique - dolique de Chine
haricot à oeil noir - pois de Brésil (Français)
Cowpea - b16ck eye pea (Anglais)
Histoire
L'histoire de Vigna unguiculata (L.) Walp. serait liée à celle de deux
graminées le Sorghum (Sorghum bicolor) et le millet (Pennisetum typhoides).
Ces céréales auraient été domestiquées en Ethiopie il y a 5_6 000 ans.
Sa dispersion se fit ensuite à travers \'intérieur de l'Afrique et vers
l'Asie qui sont les 2 centres modernes de diversité des cultivars
D'Inde ceux-ci se sont répandus vers le Sud-Est Asiatique, l'Extrême-Oril
puis l'Europe (par l'Asie ou l'Egypte).
L'Espèce a été introduite dans le nouveau monde tropical au 17e siècle
par les Espagnols. Mais le cultivar de la sous-espèce Unguiculata a due
être emportée par la traite des esclaves d'Afrique de l'Ouest.
Au début du 18e siècle il fut plantée pour la première fois dans le Sud
des U.S.A. (Simmonds - 1976).
Systématique
Il existe un grand nombre de cultivars d'où une certaine confusion
entre les différents noms.
Pruseglôve - (1968) distingue 3 espèces
Vigna unguiculata, qui est la souche sauvage, originaire
d'Afrique tropicale (cultivée en Afrique et en Asie)
- Vigna sinensis : le plus commun et dont la culture est
hautement spécialisée en Afrique
Vigna sesquLpedalis qui est le plus cultivé ~ Extrême-Orient.
Selon les auteurs, ces 3 espèces sont regroupées parfois sous le nom
de Vigna ungu~culd~a (ce terme sera employé ici" pour dési~ner l'espèce),
même si les critères de classification (longueurs de gousse et de graine)
donnent pour l'échantillon recueilli le cultivar Vi~sinensis
Répartition
En Afrique tropicale (surtout l'Afrique de l'ouest - Nigeria -
Niger - Cameroun) V. Unguiculata est la plus importante
légumineuse après le haricot commun (Phas~lus vulgaris)
Sa culture est également importante en Asie tropicale (surtout
Asie du Sud-Est) en Amérique tropicale (surtout Vénézuela)
et aux Sud des U.S.A.
Utilisation
Les "Doliques" sont utilisés pour l'alimentation humaine, la
nourriture du bétail, la couverture du sol et pour la fumure
verte (Whyte et al. 1955 )
Les gousses sont consommées soit vertes comme légume, soit
sèches (graines)
En Afrique les feuilles sont parfois cuites et mangées (Masefield
et al. - 1969)
l,
53
Valeur nutritive (Cf. Tableau p.
Les Vigna ont une forte teneur en vitamines lorsqu'il sont au
stade tendre et cl'oquant. '
Les pois verts écossés n'ont pas une teneur aussi élevée que
les pois en gousse mais jouissent d'une grande popula,ité aux
Etats-Unis pour la congélation (Mortensen et Bullard)
La haute valeur nutritive réside aussi dans la forte teneur
en protéInes des graines (Masefield et al. - 1969).
CONCLUSION
Le "Niebé" ne semble pas avoir une grande importance quantitative
dans l'alimentation.
Je ne l'ai vue être ramassé qu'une seule fois, par les enfants.
Les haricots rouges ("Peshi" - Phasedus sp.) consommés à ;<!aripasoula,
provenaient du circuit commercial.
Mais le fait de la planter (?) près des habitations a peut-être une
valeur symbolique. Les BONI connaissent-ils l'histoire de cette
plante, qui a traversé l'Atlantique au moment de la traite des esclaves.
A-t-elle d'autres usages (médicinal, rituel). Ces points restent à
préciser.
..
...
...
1 - Composition chimique en % (PURSEGLOVE - 1968)
,
légumes verts T
1
légumes secs i
1 1
Eau 86,2 11,0 1
1 1
Protéïnes 3,4 1 23,4 1
Lipides 0,3 1 1,3
1 1
1
Carbohydrates 7,4 1 56,8 1
Fibres 1,8 1
1 3,9 1
Cendres 0,9 1 3,6 1
1 1
2 - Composition chimique des graines mûres
(par 100 g de partie comestible) (FAO - 1970)
1 1
---1
1 Calories 1 338 1
1 Humidité (%) 1 11,4 1
1 Protéïnes (g) 1 22,5 1
1
1 Lipide (g) 1 1,4 1
1 Glucides totaux (g) 1 61,0 1
1 (cell. incluse)
Cellulose (g )-
.1
1
5,4
1
1 ..
1 1 1
1 Cendres (g) 1 3,7 1
1
1
1
Calcium (mg)
Phosphore (mg)
Vitamine Bl(rng)
1
1
1
104
416
0,08
1
1
1
-
1 Vitamine B2(mg) 1 0,09 i1
Niacine (mg) 4,0
1
1
1
1
,
1
3 - Teneur en Acides Aminés des graines (en mg/gN) (~ESTPHAL - 1985)
1 T---- T
1 Jso1eucine 260 1
1 Leucine 450 1
1 Lysine 410 1
1 Pheny1 Alanine 340 1
1 Tyrosine 210 1
1 Acides Amines soufrés total (S) 230 1
1 Méthionine 120 1
1 Cystine 110 1
1 Threonine 220 1
1 Tryptophane 0 1
1 Valine 340 1
J L
TABLEAU 10 .. Vigna unguicu1ata
.. _..--. ..... .: ... .:
~~ 1.: __ :
..
--.---~-
_ ..-- -;;;;~-
Extrait de AUBLEl' ( 1 77 5 )
55
PASSiFLORACEAE
(MF 205) PASSIFLORA COCCINEA A~BLET
Nom vernaculaire
Maïtambu
Description botanique
---------------
Liane grimpante à feuilles alternes, stipulées, toujours à
l'opposé d'une vrille.
Feui Iles [Link] à base subcordée, et deux glandes sur le
pét- lole.
Fleur rouge vif
Fruit ovoïde jaune-orange ~trié de vert, graines réticulées.
Bractée rouge-orange
Herbier
Récolté le 02/05/86 â Boniville sur un chemin conduisant à un
abattis.
USAGE
Fruit comestible, "petit maracouja moins bon que le plus gros".
PASSIFLORACEAE
(MF 118) PASSIFLORA FOET~DA L, VAR FOETIDA
Nom vernaculaire
Dia-n:aakouja "Dia" biche
Description botanique
Liane herbacée très poilue (poils jaune-brun)
Feuilles alternes, velues, à base cordée et 3 lobes denticulés
Fleurs axillaires de petite taille, blanches
Les bractées forment un involucre avec des divisions
filiformes, autour du fruit ovoide, petit, jaune à maturité .
Herbier
•
Récolté le 26/03/86 à Maripasoula, sur un abattis et en bord de
piste. ~
USAGE
Frui t comestible (cueilli et mangé par les: enfants,
accompagnant leur mère à l'abattis)
Littérature
Originaire d'Amérique centrale (Trisonthi -1979) cette plante
pousse en Inde de l'Ouest, en Amérique du Sud et a été introduite dans
de nombreux pays tropicaux d'Afrique et d'Asie ou elle s'est
naturalisée. Elle a été utilisée comme plante de couverture des
récol tes en Malaisie et en Afrique de l'Est. Ses feuilles et ses
frui ts immatures contiennent un glucoside cyanogénétique (Purseglove
-1968) .
,
Passiflora foetida L. PASSIFLORACEAE
var. foetida (De.) Killip ,
photo [Link]
57
PASSIFLORACEAE
<MF 249) PASSIFLORA GLANDULOSA'CAV.
Nom vernaculaire
Maakouja
Descripti~n botanique
Liane rampan te à feui lles al ternes ovées, stipulées, deux
glandes vers le milieu du pétiole.
Fleur dont les pétales et les sépales sont mauves cernés de
rouge.
Fruit ovolde rouge •
Herbier
Récolté le 29/05/86 à Maripasoula en bord de piste, ensoleillé.
-
USAGE
Fruit comestible
PASSIFLORACEAE
(MF 121) PASSIFLORA NITI~A H,B.K.
Nom vernaculaire
~laakouj a
Liane herbacée glabre
Feuilles ovées, de grande taille, alternes, stipulées,
coriaces, 2 glandes à la base du pétiole.
Grandes fleurs axillaires, blanches
Fruit ovoïde, orangés
Graines obcordées, tridentées, réticulées
Herbier
Récolté le 05/04/86 à Koumakapan, sur l'abattis.
USAGE
Fruit comestible. "mangé également par les animaux"
Littérature
Espèce comestible de forêt (forêt secondaire et ripicole)
distribuée dans toute la reg10n du Nord de l'Amérique du Sud,
fructification entre avril et aoOt (Cavalcante -1974)
•
S9
PHYTOLACCACEAE
,
PHYTOLACCA RIVINOÏDES KTH & BOUCHE
Nom vernaculaire
makoko
Description botanique
Grande plante herbacée parfois g~impante
Grandes feuilles molles, elliptiques - Apex acuminé.
inflorescences en longues grappes lâches terminales, parfois
axillaires-rachis et pédicelle rose-pourpre - fleurs blanches
type 5 - •
Fruit noir charnu
...
Herbier
Rencontré fréquemment sur les abattis ou en bord de chemin
USAGE
Les feuilles sont comestibles, elles sont bouillies dans l'eau
salée et "mangées avec de la viande bouillie ou grillée"
Littérature
Noms vernaculaires
épinard de Cayenne (Fr.)
Répartition:
Du Mexique à travers l'Amérique centrale et les Indes Occiden-
tales jusqu'en Amérique du Sud (Williams - 1981
Utilisation
,
Les feuilles fourniss'ent un bon légume remplaçant les épinards
(Lemée -1956)
Le fruit contient une matiêfe colorante pouvant servir d'encre
(Devez -1932)
Les racines sont utilisées au Honduras comme un substitu du
savon.
Les WaYÈfpi rejettent avec dégoût cette plante envahissante dans
leurs abattis, mais ils utilisent ses fruits comme appâts pour la
pêche. (Grenand -1980).
....
61
P1PERA.n~AE
<f1F 148) PEPEROMIA PELLUCIDA (~,) HB K
Nom vernaculaire
Konsaka wiwi
"Konsaka" : Pied d'Athlète (mycose)
" wiwi" : Plante (la plante est utilisée pour soigner cette naladie)
Description botanique
Petite plante herbacée succulante, glabre, tiges blanches et aqueuses,
cassantes.
Feuilles alternes cordées, pellucides, vert tendre, inflorescences en
épis frêles terminaux.
Minuscules fruits globuleux.
Herbier
-
Récolté le 20/04/86 à Loka sur un abattis.
USAGE
- alimentaire : mangé cru en salade
médicinal bon pour "Aïbu" (hypertension artérielle) bon pour le
mal de tête.
La sève obtenue en froissant les feuilles est appliquée sur les mycoses
des doigts de pied.
rituel en bain contre les "koota sama" en mélange avec bl1shi sumé wiwi
(Mélastomataceae)
Littérature
Noms vernaculaires
Herbe à coures se
Salade Soldat (Fr.)
Utilisation
Les feuilles sont consommées en salade (d'où le nom "salade soldat")
(Lemée -1956) ,
En amazonie, elle possède en outre un usage médicinal populaire
Elle est utilisée en emplâtre ou en infusion, comme emollient,
antiprurigineux ou diurétique - (Van den Berg -1982).
Remarque
L'hypertension artérielle était autrefois inconnue des Boni.
L'emplois de Peperomia PeLLucida pOllr la soigner est un remède emprunté
à la médecine traditionnelle créole (com. Pers. M. Sauvain)
-
\
Portulaca oleracea L. PORTULA CA CEAE
photo M. FLEURY
\
Mais certains auteurs (Schnell - 1957) notent que cett~ plante
existait à l'état sauvage en Amérique, lors de l'arrivée des
Européens.
C'est maintenant une mauvaise herb~persistante largement répandue
dans les régions tempérées et tropicales (Williams - 1981)
La propagation se fait par les graines très nombreuses et des
fragments détachés qui peuvent s'enraciner (Everaarts - 1981).
Utilisations
- En Afrique, du Sahara à la région forestière cette plante
.est parfois utilisée pour faire des sauces (Schnell - 1957)
- En Amériq~e centrale, elle est utilisée comme plante potagère
ou en salade.
- On dit que les Mayas utilisaient le jus des feuilles comme
remède pour les piqOres de serpent (Williams - 1981)
- Lemée note, en 1956 "plante rafraichissante, diurétique,
antiscorbutique, employée cuite comme légume, ou en salade.
La tîge et les feuilles sont salutaires dans les maladies du
foie, les coliques néphrétiques".
T
1
Valeur nutri t1ve
--'-----.---------1
: •
1 Calories 23 1
1 Humidité (1) 90,6 1
1 Protéines (g) 2,4 1
1 Lipides (g) 0,3 1
1 Glucides totaux tg) 4,2 1
1 (celI. incluse) 1
1 Cellulose (g) 0,8 1
1 Cendres (g) 2,5 1
1 Calcium (mg) 104 1
1 Phosphore (mg) 31 1
1 Fer 1,4 1
1 Vitamine Bl(mg) 0,03 1
1 Vitamine B2{mg) 0,15 1
1 Vitamine C (mg) 58 1
J 1
TABLEAU 11 - Portulaca oleracea L.
Composition par 100 g de partie
comestible (FAO - 1970).
,
...
Posogueria longiflora Aubl. RUBIACEAE
,
photo M.F. PREVOST
65
RUBIACEAE
(11F 212) -POSOQUERIA
.
LONGIFLORA 'AUBL.
Nom vernaculaire
Agu shitong
"Agu" : cochon "shitong" testicule
Description Botanique
Arbre à grandes feuilles cireuses elliptiques opposées
Apex acuminé, stipules triangulaires entfe les pétioles, inflores-
cene es en ombelles terminales.
•
Fleurs blanches à pédicelle très long)petit calice, corolle en long
tube blanc - gorge pubescente.
-
Fruit ovoide orange, surmonté par le calice)il renferme de nombreuses
graines anguleuses dures jaunes translucides, pulpe orange.
Herbier
Récolté le 06/05/86 à Maripasoula au bord du fleuve
USAGE
Fruit comestible, la pulpe du fruit est douce au goût.
"apprécié par les pêcheurs comme un bonbon que l'on suce".
Littérature
Origine forêts des Guyanes à la Colombie et du Brésil au Pérou oriental
très commun sur les berges de rivière (Fouqué -1974-)
Utilisation:
le fruit a une pulpe comestible
il est utilisé pour la pêche (Lemée -1956-)
., ... _------~. ::
~~~-..;;;
&
RUTACEAE
(MF 188) CITRUS SPI ,
Nom [Link]
Suutu
Description botanique
Gros arbre à [Link] alternes, elliptiques base et apex
aigus, marge légèrement crénelée
Pétiole courbe (1 cm)
Une épine stipulàire à l'aisselle de chaque feuille, nombreuses
glandes réparties sur tout le limbe, odeur aromatique très
forte.
•
Fruit: hespéride de taille intermédiaire entre l'orange et le
pamplemousse, légèrement pyriforme surtout chez les fruits
jeunes, peau épaisse et bossuée, jaune à maturité, pulpe ~une
acide.
Graines blanches à cotyledons verts.
Herbier
Récolté le 30/04/86 à Kotika dans le village (retrouvé
ultérieurement sous forme "spontanée" sur le bord du fleuve.
USAGE
Frui t cornes tible, ("comme l'orange, en mei lIeur") .
SAPINDACEAE
(MF 100) TALISIA CF' LONGIFOLIA B~~HH, RADLK
Nom vernaculaire
Tatu
pescription botanique
Pe ti t arbre monOC/[Link] à feui Iles composées, paripennés (IV 14 fol ioles)
folioles elliptiques subopposées de grande taille (25 cm X 7 cm)
apex acuminé ou obtus-marge ondulée - base aigu~
pétiolule très court et duveteux
base du pétiole renflée ..
Her'bier' ....
Récolté le 12/03/86 à Maripasoula près d'un layon menant à l'Abattis.
USAGE
Fruit comestible "le fruit est gros comme le pouce, on le mange
après avoir retiré la peau, comme bushi-kakao"
Littératures
Noms vernaculaires
Talisia longifolia Tatoe (P.)
--.
&
SAPOTACEAE
(MF 138) CHRYSOPHYLLUM CA l M1TO L,
,
Nom Vernaculaire
Apa
Arbre laticifère à écorce dure (intérieur de l'écorce doré)
Feuilles entières elliptiques - Apex cuspité - base aiguë - marge lisse.
face supérieure brillante - face inférieure du eteùse, couleur dorée
chez les jeunes feuilles, nervure saillante sur la face infé~ieure
(comme une couture)
Petites fleurs en faisceaux axillaires, 5 pétales jaunâtres pointus
Frui t : grosse baie (IV 7 cm 0), violette globuleus(~
•
Epicarpe coriace - Pulpe ferme blanc-rosâtre
Graines brunes elliptiques aplaties à cicatrice oblongue.
Herbier
Récolté le 13/04/86 à Koumakapan dans le village.
USAGE
Fruit comestible
"bon comme le raisin".
Littérature
Noms vernaculaires
Star 1 apra (S.)
Sterappel (s.a.)
Star apple (A.)
Pomme étoilée, Caïmitier (Fr.)
...
69;
2rigi0e et répartition:
Originaire des Antilles, il est cultivé ou,spontané dans toute
l'Amérique tropicale (Calvacante - 1974)
En Amérique centrale il a été cultivé bien avant la conquête
(Williams - 1981)
Utilisation :
- il exi;te deux ~ariétés de fruit ; la cafmite blanche et la
caimite violett~. La chair sucrée est mangée â la cuillère
pour éviter le lait qui exsude de la peau et colle aux lèvres
(Devez - 1932)
- le fruit est employé en compotes, confitures et pâtisserie
(Lemée - 1956)
- le fruit est stomachique et astringent
- l'infusion des feuilles est utilisée pour le diabète (Fournet - 1978)
- cet arbre est souvent utilisé Comme plante ornementale (Fouqué - 1974)
Remarques
..
- il existe une "Pomme étoilée" consommée en Afrique occidentale (Sénégal
Côte d'Ivoire) : chrysophyllum africanum
- peu fréquent dans les villages BONI (je ne l'ai rencontré qu'une~
seule fois).
•
SAPOTACEAE
,
(MF 218) MANILKAnA BIDENTATA (A, Oc.) CHEU,
Nom vernaculaire
Boïti (arbre)
Boïti shi (fruit)
Arbre laticifère à feuilles simples, alternes, spiralées, elliptiques,
cireuses, glabres confinées aux extrémL tés.
Base aigu~ - Apex cuspité-inflorescencesen faisceauxaux extrémités des
rameaux (à l'aK~elle des feuilles)
•
Fleur blanches de type 3 : (3 + 3 sépales - corolle gamopétales à
6 lobes.) ...
Herbier
Récolté le 06/05/86 à Maripasoula au bord du fleuve.
USAGE
Fruit comestible, "comme l'avocat, bon comme le mapa" (mapa Ambelania
~ida - Apocynaceae)
Littérature
Noms vernaculaires
Balata franc
Balata rouge (Guyane Fr.)
Bois noir (Antilles)
Origine
Forêts PL'l. ,.', du Panama, d él, ) \,de la Colombie,
et du Br'ésil (r,-,,,yùé -1974;:)
71
Répartition
,
Des Indes occidentales aux Guyanes et Brésil (Mors et Rizzini -1966-)
Utilisation
La pulpe du fruit est sucrée et peut être consommée crue (Fouqué -1974-)
Cet arbre donne par saignées un latex blanc résineux (Lemée -1956-)
C'est le Balata (caoutchouc non élastique), premier plastique naturel
à être découvert et exp~oité dans la région Amazonienne.
Il a été d'une importance industrielle remarquable avant le développe-
ment des matériaux en plastique synthétique (Mors et Rizzini -1966-)
En 1965 Hurault notait, chez les Boni la consommation des fruits du
"Boïti" pendant la saison des pluies et l'utilisation de son bois pour
faire des manches d'outil.
•
SAPOTACEAE
POUTERIA MACnOPHYll~ (LAM.) EYMA
Nom vernaculaire
Sooké _
Description b9tanique
Petit arbre laticifère
Feuilles simples alternes elliptiques, base aigu~ - Apex cuspité
Nervures saillantes sur les deux faces, face supérieure brillante
et glabre.
Fruit: baie [Link] jaune, l à 3 graines brunes ~ns une pulpe jaune
Herbier
Récolté le 26/05/86 à Loka, au bord du fleuve
USAGE
Fruit comestible, consommé cru (pulpe)
Feuilles prises en infusion contre la fatigue
Littérature
Noms vernaculaires
Fr. jaune d'oeuf (Guyane Fr.)
Esp. fruta huevo (Am. Latine)
Forêts d'Amérique centrale (FOUQUE -1974-)
,
Pouteria macrophylla Eyma SAPOTACEAE
,
photo M.F. PREVOST
73
rencontr~ spontané à l'est des Etats d'Amazonie
,
- souvent cultivé comme arbre fruitier (Calvacante -1974-)
Util isa tian
- le ~ruit fari~eux est comestible (Lemée -1956-)
- le latex donne une gomme résine
- le bois de bonne conservation est utilisé pour les charpentes
et les traverses de chemin de fer (Devez -1932-)
-
SAPOTACEAE
(MF 221) -"--- EYMA
POUTERIA SURINAMENSIS
Nom vernaculaire
Kim boto
Description botanique
Petit arbre à écorce blanche
feuilles simples, petites, elliptiques alternes spiralées
fruits: petites baies oranges globuleuses, pulpe jaune, une
seule graine brune
Herbier
Récolté le 12/05/86 entre Entuka et ;~aripasoula, sur une île
rocheuse du fleuve) •
USAGE
Frui t
monde"
comestible, "très bon, très recherché par -
tout le
Littératures
Noms vernaculaires
Kirnboto (S.)
Boesi-soké, monki-soké (P.)
Arbre commun en forêt ripicole du Surinam et Guyane
Francaise (Roosmalen -1985
75
Sl f'i~,ROUBACEAE
,
U1F 219) SIMABA ORINOCENSIS H.B.K.
Nom vernaculaire
Kamembuli
pescription botanique
Gros arbre à écorce grise et racines échasses
Feuilles imparipennées à folioles opposé S, obovés. - Base aigu~
- Apex cuspité -
Pétiole acajou
Herbier
•
Récolté le 06/05/86 à Maripasoula au bord du fleuve
USAGE
Fr-uit comestible, "fruit bleu, rond très bon à manger"
Littérature
Noms vernaculaires
Canambouli (Créole)
Hachiballi (A.)
kanaboeli, noja-njanjan (S.)
STERCUL i f~CEAE
(~lF 251) HERRANIA KANUKUENSIS (R~E, SCHULTES)
Nom vernaculaire
Bushi kakao
"Bushi" : forêt kakao Theobroma cacao
Description botanique
Petit arbre monocaule très frêle
G~andes feuilles composées palmatiséquées alternes spiralées
Long pétiole velu avec ~enflement â la base et au sommet
5 folioles de grande taille obovées
Apex acuminé, cauliflorie
.
Fruit: capsule oblongue (cabosse), avec une dizaine de côtes
longitudinales, et dont l'apex est légèrment incurvé~
Herbier
Récolté le 29/05/86 à Maripasoula en forêt secondaire
(sous-bois)
USAGE
Fruit comestible (pulpe sucrée consommée crue)
\
Herrania kanukuensis [Link] STERCULIACEAE
,
photo M.F. PREVOST
79
STERCULIACEAE
(MF 250) THEOBROMA VELUTINUM WILD. E~ SPRENG
----------
Nom vernaculaire
Bushi kakao
"Bush i" : fo.ê t "kakao" Theobr'oma cacao
Petit arbre à rameaux flexibles
Feuilles entières alternes, oblongues, acuminées, de très
grande tai Ile.
Face inférieure glauque
Fruit: capsule ellipsoïde, brun jaune, veloutée, à 5 côtes •
sai Hantes
Herbier
-
Récolté le 29/05/86 à Maripasoula en forêt primaire (sous-bois)
USAGE
?ruit comestible, (pulpe consommée crue)
Littérature
Noms vernaculaires :
Cacao grand bois (cr.)
Cacaurana (Br.)
Boesi kakaw (S., P.)
Origine
Forêts de la région Amazonienne du Brésil (Fouqué
-1974 )
']
79
STERCULIACEAE
(MF 250) THEOBROMA VELUTINUM WILD, EX,SPRENG
Nom vernaculaire
Bushi kakao
"Bushi" : forêt "kakao" Theobroma cacao
Descriptio~ot~nique
Petit arbre à rameaux flexibles
Feuilles entières alternes, oblongues, acuminées, de très
grande tai lle.
Face inférieure glauque
Fruit: capsule ellipsoide, brun jaune, veloutée, à 5 côtes •
saillantes
Herbier -
Récolté le 29/05/86 à Maripasoula en forêt primaire (sous-bois)
USAGE
Fruit comestible, (pulpe consommée crue)
Littérature
Noms vernaculaires :
Cacao grand bois (cr.)
Cacaurana (Br.)
Boesi kakaw (S., P.)
Forêts de la région Amazonienne du Brésil (Fouqué
-1974 )
,
~épartition :
Dans tous les états du Nord-Est de l'Amazonie à ~artir
du Sud de l'Amérique centrale (Calvacante -1974 )
Au Surinam seulement sur la zone du Maroni (forêt
ripicole et de crique) (Roosmaien -1982 )
Utilisation:
La pulpe est utilisée pour faire confitures et glaces
Avec les graines on prépare un chocolat maison (~ors et
Rizzini -1966 )
La pulpe acide et parfumée sert à la confection de
boissons rafraichissantes, sorbets et compotes (Fouqué
-1974 ).
Les Wayapi mangent la pulpe du frui t
début de saison sèche (Grenand -1980 . en
..
81
VERBEN,I\CEAE
(~1F 106) LANTANA CAMARA L, ,
Nom Vernaculaire
Angu manga maka ("maka" = épine)
Description Botaniqu~
Grande plante herbacée poussant en touffes
Tige quadrangulaire portant de rares épines.
Feuilles simples opposées, deltoïdesoase aiguë - Apex acuminé.
Marge crenelée - face inférieure pubescente
Odeur aromatique très forte.-Inflorescences terminales en cap~tules
denses ou spiciformes, pubescents
Fleurs gamopétales blanches ou rosées intérieur de la gorge jaune ~
5 pétales asymétriques
Fruits: petites drupes globuleuses sessiles, noires à maturité
Herbier
Récolte le 18/03/86 à Maripasoula au bord de la Piste (ensoleillé)
USAGE
Alimentaire fruit comestible
i'-lédical feuilles utilisées en bain pour la fièvre
Rituel feuilles utilisées en bain pour "Ampuku"
(dieux de la forêt)
Littérature
Noms vernaculaires
Fr. Mélisse de calme (Guyane Fr.)
faux mûrier (Antilles)
camara (Haïti)
...
Origine :
Amérique tropicale
Répartition: ,
Pantropical
Utilisation :
- plante cultivée à titre ornemental
- les fruits peuvent être consommés crus (Fouqué - 1974)
- les feuilles sont employées en infusion aromatique antispasmodique
et stimulante (Lemée - 1956)
la plante aromatique est préconisée en bain contre le tétanos
et les rhumatismes
- l'infusion des feuilles est digestive (Sastre et Portecop - 1985)
- chez les Wayapi les feuilles servent à préparer des décoctions
fébrifuges (Grenand - 1980)
Toxicité
Cette plante est connue comme étant très toxique ~our les animaux
patOrant, elle c;ntient un principe actif (la lantanine) qui cause
une photosensibilisotion, la jaunisse puis un enf1ement de la tête
et une congestion des reins.
-
En Australie, on a remarqué que les enfants sont souvent malades
en mangeant les fruits.
En Floride un enfant est mort pour avoir mâché et avalé une quantité
de fruits verts (Morton - 1977).
83
VE RBEI'~ACEAE
,
U'IF 135) Pr~ 1VA LAPPULACEA (L,) PERS.
Nom vernaculaire
Sumé wiwi
"~Jlwi" ; plante "sum é ll sen tir
Description botanique
Pe ti te plan te herbacée à tiges carrées, crénelées, par fois
violettes
Feuilles opposées deltoides base aiguë - Apex cuspité - marge
crenelée en grappes spiciformes terminales - pédoncules grêles.
Fleurs min'lscules rose clair (intérieur violet)
Calice persistant gamosépale à 5 dents très courtes, corolle
gamopétale limbe à 2 lèvres
Fruit oblong à 4 côtes dans le calice renflé.
-
Fleurs à pétales rose vif dentés.
Herbier
Récolté le 12/04/86 à Koumakapan dans un abattis
USAGE
alimen taire plante aromatique, utilisée dans le bouillon du
poisson
- médicinal en bain et en infusion contre le mal de tête et
la malaria
Littérature
Noms vernaculaires
collant, guérit tout, herbe à l'angine (Antilles)
..
ZINGIBERACEAE
U1F 226) CF, AFRAMOMUM MElEGUET. K, SCHUM
(dans l'attente d'une détermination précise
du spécialis te)
Nom vernaclll~üre
Nengué Kondé Péppé
"Nengué" : nègre Kondé (village)
"?eppé" : poivre
Plante herbacée à feuilles lancéolées (22 x 2 cm) ,)
glabres à nervures parallèles
•
Long pétiole engainant
. Rhizome fin et articulé
Herbier
Récolté le 12/05/86 dans le campement "Abattis Maripa"
USAGE
alimentaire fruit comestible
"le pied donne une fleur, puis un frui t rouge
qu'on écrase et qu'on mange comme le poiv::e"
médicinal contre la lèpre ("maladie Kina") on fait bouillir
la plante avec "Pikin fokaka" (Phoradendron cf.
piperoïdes - Loranthaceae - MF 225)
On utilise l'eau pour se laver en enbuvani:.un petit
peu"
Littératures
Noms vernaculaires
;·-Ningre kondre pepre (Surinam)
.. Fr:.Poivre melegueto
~rains de Guinée
85
Ouest africain
Afriqye de l'Ouest (Ghana, Cùinée, Côte d' Ivoire ... )
Surinam et Guyane, ou il fut planté à pe ti te échelle
(Purséglove [Link]. 1981)
Utilisation:
La pulpe du fruit est sucrée et les graines sont
aromatiques et piquantes
En Europe, le poivre melegueta a été utilisé comme
épice et carminatif ainsi que pour épicer les vins et
renforcer la bière.
En Afrique de l'Ouest1a pulpe du fruit est mâchée comme
stimulant rafraîchissant et les graines fu~ent
utilisées comme nour:-i ture saisonniè,e et en médecine
locale (Purseglove et al -1981)
....
L'espèce est largement cultivée par la population
créole. Les graines sont utilisées non seulement comme
condiment mais aussi comme remède contre la toux et les
douleurs rhumatismales.( Maas -1985)
..
ZINGIBERACEAE
(MF 115) (OSTUS CYlINDRIŒUS
.
Nom vernaculaire
Singa Afu
Description botanique
Grande plante herbacée
Feuilles à gaine lâche, alternes spiralées
Limbe pétiolé oblancéolé, acuminé, atténué vers la base
inflorescences en épis terminaux cylindriques, bractées ~
rougess coriaces
Fleurs à pétales rose vif dentés.
Herbier
Récolté le 20/03/86 à Maripasoula en sous-bois
USAGE
- alimentaire : tige comestible, "mangée quand on est perdu en forêt"
médicinal tige sucée pour rafratchir la bouche quand on a la fiêvre
(goût acidulé)
rituel la macération de la plante est utilisée en bain pour
"Ampuku" (Dieux de la forêt").
87
v - VEGETAUX SUBSPONTANES
============~========
,
Le Petit Larousse donne comme définitions de le cueillette
"récolte ou ramassage de Produits Végétaux" ne distinguant pas les
plantes sauvages des plantes cultivées.
Mon sujet n'englobait pas ces derniêres et dans la partie
précédentes, je me suis limitée aux plantes sauvages.
Toutefois, il est un certain nombre de végétaux qui, sans
être réellement cultivés (si on considère l'abattis comme zone exclusive
de culture) sont entretenus autour des habitations. Dans la plupart des
cas, il s'agit d'arbres fruitiers mais on ·trouve également quelques
plantes herbacées et arbustives.
Ces plantes étant, en général, très connues, je me contenterai
ici d'en donner la liste par familles botaniques avec parfois quelques
détails sur l'usage chez les BONI.
ANACARDIACEAE
Anacardium offiéinale, (Anacardier) •
Origine : Amérique Tropicale
Répartition: Naturalisé en Inde
également trouvé en Afrique
-
Nom vernaculaire : "Cassou"
La "pomme" est mangée crue, tandis que la "noix" est grillée
avant d'être consommée (toxique à l'état frais;
~ang~fera ~ndica, L. (manguier)
Origine : Indo-Malaise (Mathon - 1981)
Répartition : pan Tropicale
Nom vernaculaire : "Manian"
Spondias purpurea, L. (Mombinier rouge)
Origine : Amérique Tropicale, probablement
Amérique centrale et Antilles (Fouqué - 1974)
Nom vernaculaire : "Mopé"
ANNONACEAE
,
Annona muricata, L. (Corossol)
Origine ; Amérique Tropicale
Répartition: pays tropicaux à climat humide (Westphal - 1985)
Nom vernaculaire : "Atuku"
DIXACEAE
Bixa o~ellana, L. (Houcou)
Origine ; Amérique Tropicale
Répartition: largement répandu à travers les tropiques,
parfois naturalisé
Nom vernaculaire : "Cossué"
les graines sont utilisées pour aromatiser et colorer
certaines sauces.
On endui t le-s chiens de "Roucou" pour qu'ils "soient
meilleurs à la chasse.
BROMELIACEAE
-
Origine ; Parena - Paraguay (Westphal - 1985)
introduite de bonne heure par les Européens
en Asie et en Afrique (de Candolle - 1883)
Répartition : pays tropicaux et subtropicaux
Nom vernaculaire : "Nanasi"
Saccharum officinarum L. (Canne à sucre)
Origine mal connue. On pense qu'elle a d'abord été utilisée
en Asie, puis répandue en Afrique.
Elle a été introduite au Brésil, au début du 16e siècle.
(de Candolle - 1883).
Répartition : pan Tropicale
Nom vernaculaire : "Ken"
,
La tige est consommée à l'état frais ou pressée pour
en extraire le jus.
Celui-ci après avoir fermenté une huitaine de jours donne
une boisson faiblement alcoolisée préparée pour les jours
de fête.
CARICACEAE
Carica papaya, L. (Papayer)
Origine Mexique, Costa Rica (Westphal - 1985)
l'espèce' aurait été introduite sur les
côtes d'Afrique et d'Asie depuis la dêcouverte
de l'Amérique (de Candolle - 1883)
Répartition : ~ous pays tropicaux et subtropicaux
Nom vernaculaire: "Papaya",
•
CO~RETACEAE
-
Origine: Asie et Madagascar (Mathan - 1981)
•
Répartition : pan Tropicale
Nom vernaculaire: "Amanda",
MORACEAE
Artocarpus altHi.s (Park) Fosberg (Arbre à pain)
Origine : Sud-Est Asiatique (Simmonds - 1976)
a été implanté dans les Indes occideritales, à la
demande des planteurs qui y voyaient un aliment
peu onéreux pour leurs esclaves (Purseglove - 1968)
Répartition: cultivé un peu partout sous les tropiques.
Nom vernaculaire : "Bél·ibon"
(le même nom est utilisé pour la variété seminifera dont on
mange les graines bouillies dans l'eau salée).
MUSACEAE
Musa paradisiaca~ L. (Banane ~ouce)
Origine: Asiatique, a été cultivé três tôt en Afrique,
puis en Amérique (15e siècle) (Simmonds - 1976)
Répartition : pays Tropicaux et subtropicaux
Nom vernaculaire: "Bacoba",
~us~cuminata2 balb_isiana), L. (Banane plantain)
Origine : Asie
Répartition : pays Tropicaux
Nom vernaculaire "Baana"
le fruit est mangé bouilli ou rôti
Il est souvent utilisé dans des préparations
di verses (Cf. recettes p. ),
MYRTACEAE
•
~ugenia jam!?os, 1..
Origine : Asie
(Pommier rose)
-
Répartition: pan Tropicale
Nom vernaculaire : "Pomalac"
Psidium guajava, 1. (Goyavier)
Origine Amérique Tropicale
(du Mexique à la Colombie et au Pérou, d'après
de Candolle, 1883).
Répartition : pan Tropical
souvent naturalisé (dispersion par les oiseaux)
(Purseglove - 1968)
Nom vernaculaire: "Gobaya" .
...
91
PAP ILIONACEAE
,
Cajanus Caja~ (L.) millsp. (Pois de pige n - Pois d'Angole)
Origine : Afrique équatorialè (de Candolle - 1883)
ou Inde (Simmonds - 1976)
Répartition : pan Tropicale (se naturalise très facilement)
Nom vernacülaire ; "Wandu"
on mange soit les gousses vertes, soit les graines.
PEDALIACEAE
Sesamum indicum L. (Sésame)
Origine mal connue
utilisé depuis les temps préhistoriques en
Ethiopie et en Asie centrale (Simmonds - 1976)
Les Po~tugais l'ont transporté de la côtje de Guinée
au Brésil (de Candolle - 1883)
Répartition: toutes régions Tropicales, subtropicales et
tempérées chaudes. _
Nom vernaculaire : "Bongila"
Les graines séchées sont grillées sur la platine à
manioc, puis pilées avec du sel ou du sucre.
On peut également en faire une sauce, comme avec les
cacahuètes (Cf. recette P.10? ).
RUTACEAE
~itrus Spp.
Origine : On pense que les espèces cultivées sont originaires
du Sud-Est Asiatique (Purseflove - 1968)
Répartition: Pays tropicaux et subtropicaux
Citrus aurantii'olia (Chr.) Swing (Citron vert - lime)
Nom vernaculaire : "Lemiki"
...
Ci trus limon (1..) Burm. fil. (Citron)
,
Nom vernaculaire "Lemiki"
~itrus parad~si Macf. (Pomélo)
Nom vernaculaire : "Pamplemussu"
Citrus reticulata Blanco (Mandarine)
Nom vernaculaire : "Mandaine"
Citrus sinensis (L.) Osbeck (Orange)
Nom vernaculaire ,ipeshina"
SOLANACEAE
•
(Piment)
Origine: Amérique Tropicale (Mathan - 1981)
Répartiton : Pays tropicaux.
-
Nom vernaculaire : "Péppé"
Les BONI consomment beaucoup de piments surtout pour
accompagner le poisson.
Ils cultivent plusieurs variétés et différents moyens sont
utilisés pour les conserver (Cf. Annexe l, P.I06).
Remarque Les piments sont une bonne source de vitamines,
en particulier la vitamine C dans les variétés
douces et crues et la vitamine A dans les
variétés fortes et sèches (Simmonds - 1976)
STERCULIACEAE
Theobroma cacao L. (Cacaotier)
Origine : Amérique du Sud
Répartition : pan Tropicale
Nom vernaculaire : "Kakao"
la pulpe du fruit est mangée crue .
..
93
'ZINGIBERACEAE
,
Zingiber officinale Roscoe (Gingembre)
Origine: Sud de la Chine (Mathon - 1981)
Répartition : largement répandu sous les Tropiques
Nom vernaculaire : "Ginja"
le rhizome est utilisé pour faire du "thé".
..
...
VI - ASPECT CULTUREL DE L'ALIMENTATION
,
a - INTRODUCTION
L'aspect culturel dans le choix des ressources alimentai
est très complexe "Dans un même milieu naturel des sociétés disposant
sensiblement des mêmes moyens techniques opéreront des choix différent
(de Garine 1. - 1976).
Jean Hurault qui a étudié l'alimentation des BONI et des inl
IIJayâr~a du Haut-Maroni remarque une di fférence sensible entre les deux.
Les·indiens ne cultivent pas le riz et n'utilisaient ni hui]
ni sel dans la cuisine traditionnelle. Par contre leur alimentation est
beaucoup plus variée et ils consomment beaucoup plus de fruits.
En effet le choix des aliments n'est pas seulement lié aux
besoins nutritionnels mais aussi à un besoin d'ordre culturel, comme
de retrouver certaines sensations perçues depuis la petite enfance.
Ainsi certaines nourritures nouvelles s'intègrent très
facilement dans un système traditionnel, alors que d'autres vont être
rejetées (l'échec de l'opération lait en poudre est un exemple connu).
Avant d'envisager une quelconque amélioration de l'alimentati
il importe donc d'étudier l'aspect culturel du système alimentaire .
.....
b - L'ALIMENTATION TRADITIONNELLE BONI
Elle repose sur les produits de la pêche, la chasse et
l'agriculture sur brOlis. La cueillette ne semble avoir qu'un rôle
accessoire mais ce serait oublier l'importance de la variété des
aliments pour l'apport de tous les éléments m~néraux, vitamines et acidel
aminés indispensables.
Les quelques fruits grapillés dans la journée peuvent donc
constituer un apport qualitatif intéressant.
Pour certains fruits de palmiers (pinot, comou) cet apport
devient essentiel pendant la. saison des pluies ou la consommation des
"laits" de palmier est très importante. Il n'est pas l'are que le dîner
soit constitué de couac mélangé à du "wasaï" ou "komu" dont nous avons
vu la riche valeur alimentaire.
Le tableau 1 3 revèle bien la place du lait de comou dans
l'alimentation, pendant une période ou il n'y a pratiquement pas de
légumes.
D'un point de vue quantitatif le manioc est la plante la
plus importante. Elle est consommée essentiellement sous forme de couac
(farine de manioc grillée) qui peut être considéré comme l'aliment de ba~
et il n'est pas rare d'entendre "je vais manger un petit couac" pour
"petit repas".
-----
,
jan mGr, avr ' mal fuin 'uil 0001 tepl ae' dIe
poillon
viande
manioc
ril
ignarnu el poIQ'~1
•
da chines
bananes -
lait de coumOu
- VariaI/on de l'alimentation des Noirs ntruglés au cours de l'année.
Tableau 13 extrait de HURAULT (1965)
•
Le riz peut remplacer le couac, mais est consommé de maniêre
moins fréquente. Il semble pourtant plus estimé. En 1965 Hurault écrivait
que l'importance que prend le riz pour le~ BONI "laisse penser que les
ancêtres africains des Noirs réfugiés provenaient en partie des pays
d'Afrique occidentale ou le riz est la base de l'alimentation".
Cette importance du riz est surtout révélée les jours de fête.
J'ai vu des quantités énormes de riz préparées pour l'offrande aux
ancêtres à l'occasion d'une fête traditionnelle, alors que le couac était
tout juste représenté parmi les nombreux aliments offerts.
Ce riz, cultivé dans les abattis, présente des caractères
particuliers: Selon Portères "il se serait différencié dans les Guyanes,
un centre secondaïre de la variation du riz".
(Cité par Hurault in "La Vie matêrielle des Noirs réfugiés BONI
et des indiens Wayana du Haut-Maronr~
De mon côté, j'ai commencé l'inventaire des différentes
variétés de riz et j'ai dijà recueilli une dizaine de variétés différentes
l'inventaire étant non terminé.
Il serait intéressant de connaître l'origine des premiers
plants de riz; quand j'ai posé la question on m'a répondu qu'ils avaient
été cueillis dans la brousse par les ancêtres.
•
Un repas se compose donc de couac ou de riz mêlé de viande
ou plus souvent de poisson. Durant la période ou j'ai fait mon séjour
(saison des pluies) la consommation des légumes était pratiqt1ement nulle,
contrairement à celle des fruits de palmier. J'ai noté également une
consommation importante de bananes.
Le bananier me semble avoir une importance toute particulière
dans la société BONI. Ceci non seulement par son fruit;
- qui est beaucoup consommé (surtout la "banane plantain").. et
entre dans plusieurs préparations culinaires (Cf. Annexe 1)
- c'est un des premiers aliments donnés aux bébés (sous forme
àe gongoté - voir préparation p. ) "Cela leur donne de
la force"
- il est recommandé aux femmes désirant allaiter leur enfant.
Mais également par sa feuille qui a de nombreux usages,
notemment pour envelopper certains aliments lors de la cuisson ;
- certaines "sucreries" ("Tana wiwi" - "mafsewa" - "doku" Cf.
Annexe 1)
le poisson après qu'il ait été saupoudré de piment
97
Remarque cette méthode de cuisson du poisson dans une feuille de
bananier est pratiquée en Afrique. Or ~le a pour effet
de rendre assimilable le calcium des arêtes qui sont
dissoutes par l'acidité de la feuille (Farb et Armelagos -
(1980) .
La feuille de bananier a également une certaine importance
dans les rituels, puisque c'est sur elle que l'on dépose la nourriture
offerte aux ancêtres.
-
A ce sujet, il est peut-être intéressant de remarquer que
le bananier, à la suite de sélections humaines, ne passe plus par la
voie sexuée pour se reproduire, mais uniquement par la multiplication
végétative. On a donc toujours à faire à la même "génération" de
bananier.
L'alimentation du jeune enfant
Le passage du lait maternel, à l'alimentation adulte se fait
de façon progressive.
Vers le 5e mois, parfois avant, la mère donne un peu de sa
nourriture à l'enfant (riz ayec un peu de sauce - couac).
•
Les premiers "aliments" du bébé seront des bouillies fai tes
à partir du manioc ("Afiingi" - "Goma" - "Tapioca").
du mals ("Azoé")
ou de banane ("Gongoté)
Vers le 8e mois, on incorpore un peu de viande ou poisson.
L'enfant est ainsi, peu à peu initié aux goûts des divers
aliments.
Les interdits alimentaires
Dans toutes les sociétés il existe des lois alimentaires
avec des interdits portant sur certains animaux ou végétaux,. permanents
ou temporaires, généraux ou individuels, ces interdits sont souvent dif-
ficiles à expliquer de façon rationnelle. Chez les BaNLOn les appelle
"kina".
Il existe trois types de kina permanents. Le plu~ connu est
celui qui est transmis par le père ("Bwasi kina") et dont la rupture donne
la lèpre.
Une étude approfondie de ces interdits aurait demandé un
séjour prolongé: c'est un domaine secret difficile à aborder, une personne
~ révélant ses kin~ prnd le risque de se faire incorporer l'aliment interdi
dans sa nourriture.
Outre les kina permanents, il \xiste des kinas temporaires lié
â un état, ou à une circonstance.
Ainsi la femme enceinte doit éviter certains aliments
- la tête de l '''Agouti " ( Dasyprocta aguti )
si elle ne veut pas voir son bébé naître avec une tête trop longue.
- le cou du "Saboun" (Mycetes seniculus - Primates) pour
que l'enfant n'aie pas un gros cou.
la peau du "Maîpouri" (Tapirus terres tus - Tapiridé) qui
donnerait à son enfant une peau très épaisse.
Elle doi t également évi ter tous les aliments "kina" du flltur bÉ
Par contre certains aliments sont recommandés
le cou du "mouton paresseux" ce qui donnera à l'enfant un
cou "long et fin".
- la chair en général (viande et poisson) pour que la femme
aie beaucoup de force. .
et les bananes ("Bacoba") sont recommandées aux femmes désirant avoir
du lait.
Les interdits peuvent également porter sur les h;;'àircs des
repas : les femmes en deuil de leur mari ne doivent pas manger la
nuit après 18h00.
c - EVOLUTION DES HABITUDES ALIMENTAIRES
1) - INTRODUCTION
L'alimentation a toujours été un des problèmes majeurs de
l'humanité "De la satisfaction du besoin alimentaire dépend la survie
d'un groupe, il est donc normal que la quête de la nourriture soit un
des domaines les plus riches de la culture (de Garine - 1976).
Il est· vrai que l'exploitation du milieu naturel demande
une excellente connaissance de celui-ci.
Pour prendre l'exemple des plantes de ceuillette, il faut
en connaître la comestibilité, la saisonnalité, les moments les meilleurs
pour la récolte et les endroits ou on les trouve en quantité intéressante.
Comment les Marrons ont-ils adapté la connaissance de leur
propre milieu d'origine pour survivre dans la forêt Amazonienne?
..------ 99
Les textes historiques donnent peu de détails sur la vie quo-
tidienne des Marrons et il faut sans doute d'avantage compter sur la mémoire
collective pour apporter des éléments à une réponse'
Un système culturel n'est jamais immuable et l'alimentation
wbit des modifications au cours du temps.
Des modifications dans la nourriture peuvent être dues à une
évolution des goûts. Ainsi on m'a fait remarquer que la jeune génération
préfère la boisson de "Wassaï" à celle de "Komu", contrairement à leurs
ancêtres.
Mais est-ce réellement un changement dans les goQts ou cela
correspond-il à une adaptation face à une contrainte écologique : Il
est possible que le palmier comou, trop souvent coupé pour la récolte
de ses fruits, se rarifie, tandis que le pino, (dont les fruits fournissent
le "Wassaï") à l'avantage de rejeter à la base.
3) INTRODUCTION D'ALIMENTS IMPORTES
Un nombre croissant d'aliments importés sont progressivement
inclus dans l'alimentation journalière.
Ainsi l'huile du commerce a complètement r'emplacé le~ huiles
de palmier pour la cuisine. La fabrication d'huile devient rare.
De même les bouillons en cube sont employés 'quotidienneme~t
pour la cuisson du poisson et semblent avoir détroné le jus de manioc
("kassaba wata" Cf. préparation p.106 ).
"Avant tu n'avais pas besoin de mettre du cube pour faire cuire
le poisson; tu mettais du jus de manioc, du "Sumé wiwi", de l'huile et
,du sel".
L'oignon, sans être pour autant cultivé, est de plus en plus
utilisé au détriment de plantes aromatiques telle que "Sumé wiwi"
(Priva lappulacea VERS) "Avant on n'avait pas d'oignons, on mettait
du "Sumewiwi", c'est ça qu'on utilisait,.",...l'oignon".
Ainsi les recettes de cuisine évoluent, on y introduit des
plats créoles tels que le "Blaff" et ,la "Pimentade".
Les enfants qui vont à l'école de Maripasoula mangent de la
cuisine créole tous les jours à la cantine. Or nous connaissons l'importance
des habitudes alimentaires prises dans l'enfance.
"Longtemps après qu'habillement, langage et comportement ont
été assimilés, les anciennes habitudes alimentaires constituent les ultimes
vestiges de la culture antérieure" (Farb et Armelagos - 1980).
Ces habitudes sont en pleine évolution chez les BONI, même
si, comme on me l'a fait remarquer: "Ce ql1i a changé, c'est tout
simplement un peu de cuisine, la façon dont on prépare, mais on mange
toujours la même chose, manioc, cassave ... ".
C'est oublier les aliments en conserves, le poulet congelé,
la baguette de pain ... qui sont de plus en plus consommés.
Un autre aliment nouvellement importé est le lait en poudre
pour les ·enfants. En effet les jeunes femmes sèvrent leurs bébés de
plus en p~us tôt substituant au lait maternel, du lait acheté dans
le commerce. Est-ce par coquetterie ou une façon d'afficher leur modernité
Elles disent ne plus avoir le temps, oG'~ela ne se fait plus, maintenant
on achète le lait dans les magasins".
Quand on connait l'importance des anticorps du lait maternel
pour la protection du bébé contre les infections, on peut se demander
quel effet va avoir cette "modernisation" sur la santé des jeunes enfants.
4) MODE DE CONSERVATION DES ALIMENTS
L'apparition de réfrigérateurs et congélateurs, dans certaines
familles pouvant profiter d'un groupe électrogène, va certainement avoir
une grande répercution sur les habitudes alimentaires .
•
Autrefois le seul mode de conservation de la nourriture carnée
était le salage ou le boucanage.
-
Aussi une chasse ou une pêche fructueuse était souvent partagée,
moyen de ne pas gaspiller de nourriture et d'investir le surplus dans
l'espoir d'être un jour le receveur.
La possibilité de conserver les aliments peut avoir une
influence sur le système de partage des aliments et donc au travers de
ces changements c'est tout un réseau social tissé autour des échanges
de nourriture qui risque fort d'être ébranlé.
5) QUALITE DE L'ALIMENTATION
En 1951, le docteur André Sausse écrivait à propos des BONI
vivant dans le bassin du Maroni·: "l'alimentation dans l'ensemble est
saine et abondante". Il remarque tout de même qu'elle est peu variée et
qu'lion peut la soupçonner d'être carencée en éléments minéraux et en
vitamine C".
Par contre en 1961 Janssen note une mortalité infantile très
élevée chez les populations Ma rrons du Surinam. Il souligne le faible
rapport protéInes/calories (2%) dans l'alimentation oes enfants ce qui
explique, dit-il les cas nombreux de Kwashiorkor
Il note également des cas d'Avitaminoses B, surtout B2 .
101
Heureusement, ajoute-t-il, la mère a hAbituellement suffisemment
de lait, et il y a peu de problèmes d'alimentation pendant la lactation.
pour Janssen, ces habitants de la forêt restent très vulnérables aux aléats
du climat "Une seule saison sèche un peu trop longue, peut caûser une
-famine" .
Pourtant à la même époque (65) Jean Hurault notait qu'il n'y
avait pas de disette de vivre en pays BONI.
Un séjour dans un. village isolé sur le fleuve permet de
remarquer l'abondance des vivres. Le fleuve fournit une multitude de
poissons, le gibier est encore suffisamment abondant, l'abattis
constitue une réserve durable de manioc et autres plantes cultivées et
la cueillette de fruits permet de varier l'apport alimentaire.
Ce n'est pas le même tableau que l'on trouve en ville, o~
chasse, pêche, cultu~e et cueillette sont fo,cément très limités (les
moyens de transports pour sortir àe la ville coûtent cher).
L'obtention de nourriture passe donc par le circuit commercial ce qui
réduit la quantité et la qualité de l~alimentation.
Huraul t remarquai t déjà ce phénomène en 1965 ; "d'une
façon générale, plus les populations de la zone intertropictle
s'éloignent de l'économie de subsistance pour se rapprocher du
salariat permanent, plus leur nourriture s'appauvrit, plus il apparait
de carences".
Or l'époque "critique" l'alimentation humaine est celle du
-
jeune enfant, particulièrement au moment du sevrage.
Les kwashiorkors précoces sont surtout la conséquence d'un
sevrage précoce et d'une alimentation à base de bouillies glucidiq~es"
(Gentilini -1982)
Sur le tableau suivant
TENEUR CARENCE
CATtGORIE EN PROTIDES EN ACIl:>ES AMINtS
[Link] ESSENTIELS
TUDERCULES
n)~nioc, igname, 1à 2 lysine
patatc
FRUITS
bananc p'.antain 1à 2 lysine
---_..
CtRtALES
mil, mais. seigle, 10 Iysinc
sorgho, blé, riz.
LtCUMINEUSES
pois, lenlille 20 mélhionine
soja 35
LtCUMES A 4 à 10 mé[Link]
FI'[Link] VERTES
[Link] 14 - TENEUR EN PROTIDES DES rRINCIPALES
CATtGORIES DE VEGtTAUX UTIUSts EN ZONE TROPlCALP.
( GENTILINI, 1982 )
" .
on peut noter que les premiers aliments do~nés aux enfants Boni
(gongoté, Afüngi, Goma" tapioca ou azoé) entrent tous dans des
catégories pauvres en proteïnes et en lysine (Acide Aminé
indispensable à la croissance).
Comment [Link] un nombre croissant de kwashiorkors dans
les populations Boni sinon par un sevrage de plus en plus précoce ? Le
lait maternel étant subtitué par un lai" commercial couteux, le passage
à l'alimentation adulte se fait sans doute prématurément et de manière
beaucoup moi ..s progressive. "Dans les villes intervient la fâcheuse
tendance à l'adoption d'une alimentation artificielle mal comprise"
écrit Gentilini (1982)"à propos de la malnutrition proteino-calorique
de la première enfance, en zone tropicale.
Il donne des conseils diététiques variant, dit 'il, selon
les conditions locales, mais dans tous les cas
- un allaitement maternel prolongé pendant 18 à 24 mois
- un apport complémentaire riche en proteïnes à partir du 6ème
mois.
Il reste à trouver les aliments locaux convenant le mieux
aux enfants, et que l'on po-urrait conseiller aux mères. •
d - CONCLUSION
Nous avons vu l'importance des laits de palmier -
dans
l'alimentation traditionnelle Boni.
Nous avons vu que la composition du lait de Jessenia
bataua était très proche de celle du lait humain. On peut espérer
qu'il en est de même pour ceux du "comou" (Oenocarpus bacaba) et du
"pinot" (Euterpe oteracea). .
"l'exploitation de la végétation naturelle des grandes
"pinot.ières" pourrai t être réalisée avec un minimum d'investissement"
écrit De Granville en 1980.
Il semble donc intéressant d'étudier la valeur alimentaire
du "wassai" et son intél~êt dans l'alimentation du jeune enfant.
, ~' la 3
OONCWSION
Après ce premier inventaire des plantes alimentaires de cueillette,
un certain nombre de points sont à remarquer
- le plus souvent ~es plantes sont trouvées en forêt secondaire
ou ripicole (cueillette plutôt masculine, chasseurs, pêcheurs .... ),
ou en milieu ouvert, village, abattis (cueillette surtout par les femmes
et les enfants).
- pour la plupart, ce sont les fruits qui sont mangés ( 44 espèces
sur 51)i les palmiers sont les mieux représentés, totalisant 9 espèces.
les 7 espèces restantes sont utilisées en salade, en légume, ou
comme plante aro~~tique. ..
ces plantes ont souvent plusieurs usages (médicinal, rituel ••• ),
et j'espère pouvoir approfondir ultérieurement ces différents aspectS-en
complétant les fiches ethnobotaniques présent ées dans ce travai 1.
la haute valeur alimentaire de certains fruits déjà étudiés
parépou, mombin, patawa ••• ), et les exemples de fruitiers "améliorés",
comme le sont au Brésil les~, parépous ••• , montrent bien que les
fruits de cueillette restent un potentiel exploitable.
104
- ANNEXE I- ,
QUELQUES PREPARATIONS CULINAIRES
l - LES HUILES
==-===========
Nombreux sont les fruits de palmiers à partir desquels on
peut extraire de l'huile. Chez les BaNIan m'a cité
- l'huile de Maripa (Attalea maripa)
cl " de Koko (cocos nucifera)
" de Bugu (Astrocaryum sciophilum)
" de Komu (Oenocarpus bacaba)
" d'Awara (Astrocaryum vulgare)
On peut également faire de 1'huile d'origine animale (singe~têle - Tapir)
Modes de préparation :
l'buile de "Maripa"
-
Aprês consommation du fruit, les noyaux sont rêcuperes et
mis à sécher sur des tôles, au soleil, ceci pendant plusieurs
semaines.
On casse alors les noix à l'aide d'une petite hache et on
recueille l'amande (le séchage permet à l'amande de se détacher
plus facilement du noyau).
Quand on en a suffis mment, on les met à chauffer sur la
platine. Ensuite on les écrase au pilon pour obtenir une poudre
fine. Celle-ci est mise à bouillir dans de l'eau pendant environ
deux heures. On laisse reposer jusqu'au lendemain. On peut alors
recueillir l'huile surnageante. On jette l'eau, le résidu est
à nouveau pilé et utilisé pour une seconde extraction.
l'huile de "koko"
On utilise les noix de coco sêches. L'albumen est râpé et mis
à macérer plusieurs heures dans de l'eau. On iécupère la graisse
surnageante et on la fait chauffer ("pour enlever l'odeur").
·.---------'-------
Quand l'huile s'est éclaircie, on retire du feu et on filtre
("il faut au minimum une trentaine dl\ Koko pour avoir une bonne
quantité d'huile")
l'huile de "komu"
On utilise les fruits mOrs (noirs) auxquels on ajoute quelques
fruits verts qui donneront la couleur de l'huile.
On verse de l'eau bouillante sur les fruits, on laisse reposer
quelques minutes on vide l'eau et on recommence.
Cette opêration a pour but d'attendrir le fruit et séparer plus
facilement la pulpe sans [Link] [Link] "Komu" (pour lequel l'eau
doit être seulement tiède).
Les fruits sont ensuite pilés. On enlève les noyaux et la pulpe
est mise à reposer au soleil.
Puis la préparation est chauffée sur la platine. L'huile qui
commence â s'écouler peut être récupérée. Quand c'est bien chaud on
verse le tout dans la couleuvre (il en existe des spécialement conçues,
de plus petite taille que celles à manioc).
•
Il faut alors·tirer d'un seul coup sur l'extrémité (on utilise
une planche sur laquelle vont s'asseoir plusieurs hommes en même temps).
Remarque
-
La confection de l'huile de komu est réservée aux hommes l'opération
d'extraction est considérée comme très délicate. Elle doit être faite dans
le silence. "Toute remarque sur la quantité d'huile extraite peut faire stopper
l'écoulement"
l'huile dUAwara"
Elle est extraite â partir des noyaux. On procède comme pour
l'huile de maripa, mais le séchage préalable des noyaux au soleil
exige moins de temps.
Cette huile n'est pas utilisée en cuisine, mais en usage externe
dans la médecine traditionnelle (traumatismes - entorses - fractures).
Cette huile, pour être efficace, doit être réalisée par des
femmes "ne voyant plus leurs règles".
106
l'huile de "Kwata" (singe atèle - Ateles paniscus (Cebidé))
Lorsque le "Kwata" est très gras (à la ~aison des pluies, ce
singe étant essentiellement frugivore), on récupère sa graisse en
le faisant cuire longtemps et sans sel.
Cette huile est chauffée un certain temps et mise en bouteille
pour la conserver. Elle est utilisée pour faire cuire des aliments.
De la même manière on peut faire de l'huile avec le "Bofo"
(Tapir - Taeirus terres tus (Tapiridé)) quand celui-ci est bien gras.
II - SAUCES ET CONDIMENTS
==================~~
Le plus souvent, le poisson est cuit dans l'eau salée avec
de l' hui le et éventuellement "sumé wiwi", "cube", [Link] ou sauce tomate.
Il peut également être cuit dans l'eau de manioc:
"Kasaba wata" (eau' de manioc)
Pour confection du couac, le manioc après avoir été épluché et
rape est mis à égoutter dans la "couleuvl'e". Le jus toxiqufJ' qui s'écoule
est récupéré. Une fois bouilli, il peut être utilisé comme bouillon
pour le poisson ou pour conserver les piments frais en bouteille.
~'Péppé" (piments)
-
Le piment est certainement le condiment le plus employé dans la
cuisine BONI: On l'utilise:
- soit frais (il est alors écrasé dans le bouillon de
poisson, après la cuisson)
- soit sous forme de poudre (dont par exemple, on saupoudre
le poisson avant de l'envelopper dans une feuille de
bananier pour le faire cuire).
Modes de conservation -
Les piments sont mis à sécher au soleil. Ils sont ensuite pilés en
une poudre fine que l'on fait sécher pour la mettre en bouteille (elle
peut se conserver ainsi deux bu trois ans).
Les piments peuvent également être conservés entiers, macérés dans
de l'eau, du "kasaba wata", ou un mélange eau-vinaigre-sel (éventuellement
oignon et ail).
On peut aussi faire une pâte en écrasant les piments avec de l'huile,
du vinaigre et un peu d'eau.
-_
=........----
[Link] Bafu (sauce d'arachide)
Les cacahuêtes sont séchées au s!leil, êgrainées, grillées sur
la platine et écrasées au pilon.
On y ajoute de l'eau à la pâte obtenue ("Pasta Pinda") et on
fait chauffer jusqu'à obtention d'une conristance crémeuse.
Cette sauce peut accompagner le riz ("Pinda alishi") et la viande.
C'est le ~anioc doux qui est utilisé. Il est épluché, râpé, passé
dans la couleuvre puis mis à sécher au soleil. Ensuite on le pile, on
le tamise et la poudre obtenue est mélangée avec de l'eau pour avoir
une consistance pâteuse. On la coupe alors en petits cubes que l'on
fera cuire dans l'eau en même temps que le poisson.
On obtient une soupe épaisse qui remplace le couac.
III - FARINES ET "SUCRERIES"
=====================
•
"Gama" (Amidon de manioc)
Lors de la préparation du couac, si on laisse reposer"'le "Kasaba wata"
l'amidon se dépose au fond.
On jette le surnageant et on lave le résidu en le passant sur une
toile avec de l'eau.
On laisse à nouveau reposer quelques jours. L'eau surnageante est
jetée et le "Goma" propre est écrasé et mis au soleil.
On obtient une poudre fine qui, cuite avec de l'eau donnera une
bouillie pour les bébés.
"Tapioca" (farine de manioc)
Il est réalisé avec le "Goma" que l'on fait griller sur la platine
à manioc. Cette farine peut être cuite avec de l'eau ou du lait, sucrée
ou pas.
"Azoé tl (Maïzena)
Les grains de mars frais sont pilés puis tamisés
La farine obtenue est cuite dans l'eau sucrée.
11
"Gongoté" (farine de banane)
Les bananes plaintain pas encore mûres s~nt pelées et coupées
en tranches longitudinales que l'on met à sécher 1 ou 2 jours au
soleil.·11 faut enlever les, petits grains noirs pour ne pas les
retrouver dans la bouillie.
Quand les bananes sont bien sèches on les pile et on tamise.
La poudre obtenue est bouillie avec de l'eau sucrée ou pas, ou parfois
avec du lait.
" Tonton 1/
C'est une pâte obtenue en écrasant de la banane plaintain cuite
à l'eau, dans de la "pasta pinda".
"Mafsewa" (gâteau à base de riz-banane et arachide)
Le riz est réduit en farine dans le pilon. On ajoute la banane
plantain cuite à l'eau et la pâte d'arachide ("pasta pinda"). Quand on
a une pâte bien homogène, on la dispose dans une feuille de bananier.
L'ensemble est noué et placé dans une marmite remplie d'eau chaude.
La cuisson dure environ d~ux heures. ..
Le "gateau" obtenu se mange froid
1 Bana kuku" (biscuit à la banane) -
Le riz est pilé. On ajoute la banane plaintain cuite à l'eau. On
mélange et on laisse reposer une heure au soleil.
On en fait ensuite de petites galettes que l'on fait frire à
l'huile. Ces "beignets" peuvent être mangés chauds ou froids.
"Switi kasaba kuku" (biscuit au manioc doux)
Le manioc doux est râpé, puis lavé et passé sur une toile pour
égoutter l'eau.
On râpe la noix de coco et on la pile avec le manioc.
On peut ajouter du sucre. On fait cuire sur la platine huilée
sous forme de galette (comme la cassave).
\\ Tana wiwi"
On procède de la même manière que précédemment, mais le mélange
farine de manioc-coco est enveloppé d'une feuille de bananier et mis
à cuire soit au bain-marie, soit directement sur la platine.
g
~... .
"
Doku
. (gâtea u de maïs)
,
une pâte à laque lle
Les grain s de "maïs frais" sont râpés pour obten ir
on peut ajout er sucre ou sel.
en envelo ppe
On passe des feUil les de banan ier sur le feu muis on
dans une marm ite d'eau bouil lante et cuit au
le maïs. L'ense mble est placé
bain- marie .
-
110
ANNEXE II - TERMES BOTANIQuEs
- - - - - - - -fibrou~
_ . rools lùbe r
---
Planche extraite de GRAF (1968)
--------- •
BIBLIOGRAPHIE
,
Anon. (1977) - Estudo National da des pesa familiarendef. Tabelas de composiçâo
_ dos Alimentos. Secretaria de Planejamento da Presiàência da Rep~blica Fundaçâo
Instituto Brasileiro de Geografia e Est~tistica. 201 p.
Anon. (1970) - Table de composition des aliments à l'usage de l'Afrique. Docu-
ment sur la Nutrition. ONU pour l'Alimentation et l'Agriculture. Dpt of
Health Education and Welfare. USA, 218 p.
Anon. (1985) - Les migrants Boni, Djuka, Saramaka, Paramaka à St Laurent du
Maroni. Groupe de Recherche en Aménagement et Programmation. Paris, 239 p.
AUBLEI', F. (1'775) - Histoire des plantes de la Guyane Françoise. Réed. 1977,
Cramer, Vaduz, 2 vol. 976 p + 392 p.
BALICK, M.J. (1984) - Ethobotany of Palms in the Neotropics. in Advances in
Economie Botany, 1, 9-23. The New York Botanical Garden.--
BALICK, M.J. (1985) - Useful plants of Amazonia : a resource of global impor-
tance. in Amazonia, Prance & Lovejoy ed., Pergamon Press, Nev.'-York, 339-368.
BALICK, M.J. & GERS HOFF , S.N. (1981) - Nutritional evaluation of the Jessenia
batawa palm, source of a hi 9h quality protein and oil from Tropical America.
in Economie Botany, vol 35 (3), the Society for Economie Botftny. New York,
261-271.
BARCELO, J.Y. (1985) - Les populations descendantes des 1/ Marrons Il de...;3t Lau-
rent du Maroni : opération de relogement en auto-construction. Les Dossiers
de l'Outre- Mer, nO 81, 82-87.
BASTIDE, R. (1967) - Les Amériques Noires. Petite Bibliothèque Payot, Paris,
236 p.
CANDOLLE, A. de (1883) - Origine des plantes cultivées. Réed. 1984, Laffitte,
Marseille, 379 p.
CAVALCA}~E, P. B. (1972, 1974, 1979) - Frutas comestiveis da Amazônia. Museu
Paraense Emilio Goeldi, Belem, 3 vol. , 82 P. + 82 p. + 61 p.
CERIGHELLI, R. (1955) - Cultures tropicales l Plantes vivrières. Nouvelle
Encyclopédie. Baillère, Paris, 635 p.
1
CHARLES-DOMINIQUE, P., ATRA."1ENTO\iICZ, M., M. CHARLES-JX)MINIQUE, H. GERARD, C.M.
HLADIK, A. HLADIK & M.F. PREVOST (1981) - Les mammifères frugivores arbori-
coles nocturnes d'une forêt guyanaise : interrelations plantes animaux.
Rev. Ecol. (Terre et Vie), 35, 341-435.
CREMERS, G. (1986) - Petite flore illustrée, rivages de l'île de Cayenne.
collee. Nature Guyanaise, Sepanguy, Trimarg Cayenne, 93 p.
-
DELPECH, B. (1985) - Compte-rendu de mission sur le Maroni (Guyane Française).
ronéo. ORSTOM, 6 p. ,
DEVEZ, G. (1932) - Les plantes utiles et les bois industriels de la Guyane.
Soc. Ed. Géograp. Marit. et Coloniales. Paris, 91 p.
EVERAAHTS, A. p. (1981)- Weeds of vegetables in the highlands of Java.
Horticultural Research Institute, Pasarming~l, Jakarta, 121 p.
FARE, P. & G. ARMELAGOS (1980) - Anthropologi~ des coutumes alimentaires.
Denoër, Paris, 267 p.
,
FOUQUE, A. (1974) - Espèces fnlitières d'Amérique Tropicale. IFAC, Paris,
non paginé.
FOURNET, J. (1978) - Flore illustrée des Phanérogames de Guadeloupe et de
Martinique. INRA, Paris, 1654 p.
GARINE, J. de (1976) - Alimentation et culture. Cahiers pédagogiques Santé-
Nutrition, IEnES-Recherche, Paris, 158 p.
GARINE. I. de (1979) - Culture et Nutrition. in La Nourriture. Communications,
nO 31, Le Seuil, Paris, 70-92.
•
GENTILJNI, M. & B. DUFLO (1~82) - Médecine Tropicale. Flammarion Médecine-
Sciences, Paris, 682 p. + dépliant.
GRAF, A. B. (1968) - Exotica , pictorial Cyclopedia of Exotic Plants. Roehrs
Company, Rutherford, 1834 p.
G~JILLE, J. J. de (1980) - Les divers types de couverture végétale en
Guyane. Quelques aspects de leur exploitation. ronéo. ORSTOM Cayenne,
34 p.
GRENAND, P. (1980) - Introduction à l'étude de l'univers wayapi. Selaf,
Paris, 332 p.
GROOT, S. de (1984) - La [Link] des Marrons Boni (1765-1793). F,quinoxe nO 19,
CEŒER, Cayenne, 1-29.
HARRINarON, H.D. (1967) - Western edible wild plants. Univ. of New Mexico
Prese, 156 p.
HUBLIN, A. (1985) - La réhabilitation historique du camp de la transportation
à St Laurent du Maroni ,u.n projet social ? Les Dossiers de l'Outre-Mer
nO 81, 88-111.
HURAULT, J. (1961) - Les Noire réfugiée Boni de la Guyane Française. IFAN,
Dakar, 362 p. + dépliant.
HURAULT, J. (1965) - La vie matérielle des Noirs réfugiés Boni et des indiens
Wayana du Haut Maroni (Guyane Française). Agriculture, économie et
habitat. OHSTOM, Paris, 142 p. + dépliant + ~otos.
JANSSEN, J. F. (1961) - The health of marroon children of Surinam. The Jour-
nal of Tropical Pediatrics, Décembre, 91-99.
-,
LDI1'JE, A. (1956) - Flore de la Guyane Française. Tome IV. Lechevalier,
Paris, 131 p.
MAAS, P.J.M. (1985) - Flora of the Guianas: Musaceae, Zingiberaceae, Canna-
ceae. Gorts-van Rijn ed. Koeltz Scientific Books, Konigstein, 78 p.
MASEFIELD, G. B. & al. (1969) - The Oxford Book of food plants. Oxford
Univ. Press, London, 206 p.
MATHON, C.C. (1981) - Phytogéographie appliquée à l'origine des plantes
cultivées.: Masson, Paris, 182 p.
NORS, W.B. & C.T. RIZZINI (1966) - Useful plants of Brazil. Holden Day INC,
San Fransisco, 166 p.
MORTENSEN, E. & E.T. BULLARD (1966) - Manuel d'Horticulture Tropicale et
sub-tropicale. La Maison Rustique, Paris, 276 p.
.
MORTON, J.F. 1977) - Plants poisonous to people in Florida and other warm
areaS. Fairchild Tropical Garden, Miami, 116 p.
"{f:
PONCY, o. (1985) - Le genre Inga (Légumineuse, M~soïdeae) en Guyane Fr~
çaise. Mémoires du MNHN, NS., sér. B, Tome 31, Paris, 124 p.
PRAN CE , G.T. (1972) - Chrysobalanaceae. Flora Neotropica. Monograph nO 9.
Hafner Publishing Company, New York, 410 p.
,
PREVOST, M.F. (1983) - Les fruits et les graines des espèces végétales
pionnières de Guyane Française. Rev. Ecol. (Terre et Vie), 38 (2),
121- 145.
PRICE, R. S. (1980) - Afro Amerlcan Arts of the Suriname Hain Forest.
Univ. of California Press.
PUHSEGLOVE, J.W. (1968) - Tropical crops. Dicotyledons vol 1 et 2. Longmans
Green and Co. London, 332 p. + 71 9 p.
ROOSM ALEN, M.G.M. van (1985) - Fruits of the Guianan Flora. Veenman. Wage-
ningen, 483 p.
SASTRE, c. & J. PORTECOP (1985) Plantes fabuleuses des Antilles. Editions
Caribéennes, 139 P.
SAUSSE A. (1951) _ Populations primitives du Maroni (Guyane Française),
IGN, Paris, 135 p.
SCHNELL, R. (1957) _ Plantes alimentaires. et v~e agricole de l'Afrique Noire.
Essais de ph~o~ographie alimental re • Larose, Paris, 223 p.
STh~ONDS, N. w. (1916) _ Evolution of crop plants. Longman, London, 339 p.
TINDALL, H.O. & F.A. SAI (1968) _ Fruits et légumes ~n Afrique occide~tale.
Collection FAO Production végétale et protectlon des plantes n 11,257 p•
.TRISONTHI,. c. (1919) _ Description et clef dVidentification de que~ques
frulte tropicaux comestibles. Thèse 3e Cycle, USTL Montpelller, 181 ~.
VAll DEN BERG, M.E. (1982) _ Plantas medicinais na ~mazônia. Contribuiçao
aoseu conhecimento 8iBteœatica. Conselho Naclonal de Desenvolvimento
Cientifico e Tecnologico. Programa Tropico Umido. MPEG, 223 p.
WESSELSBOER, J.G. (1965) _ The indigenous Palms of Suriname. Leiden Brill,
172 p.
~~STPHAL, E. (1985) - Cultures vivrières tropicales. Pudoc, Wageningen.
Centre for Agrieultural Publishing Documentation, 51 4 p.
WILLIM~S, L.O. (1981)
nO 1-2, 34 2 p.
- .
WHYTE, R.O. (1955) - Lea Lé[Link] en Agriculture. Etudes agricoles
de la FAO nO 21, Rome, 429 p.
- The useful plants of Central America. Ceiba, vol. 24,
-
,
INDEX DES NOMS VERNACULAIRES
Afa komu : Oenocarpus oligocarpa (ARECACEAE) p. 29
Agandja maï Tapirira guianensis (Anacardiaceae) p. 8
Agu shitong Posoqueria lon~iflora (Rubiaceae) p. 65
Amanda : Terminalia catappa (Combretaceae) p. 89
Angu manga maka : Lantana camara (Verbenaceae) p. 81
Apa : Chrysophyllum caïmito (Sapotaceae) p. 68
Atshan~èfi : Hirtella racemosa (Chrysobalanaceae) p. 33
Atuku : Annona muricata (Annon~ceae) p. 88
Baaka weko : Inga huberi (Mimosaceae) p. 45
Baana : Musa (acuminata x balbisrana) (Musaceae) p. 90 ••
Babun weko : Inga disticha (Mimosaceae) p.·44
Bacoba
Batoto
Musa paradisiaca (Musaceae) p.
Physalis pubescens (Solanaceae) p. 76
90
-
Bélibon : Artocarpus altilis (Moraceae) p. 89
Boiti Manilkara bidentata (Sapotaceae) p.70
Bonda Marli e ra Sp. (Myrtaceae)p. 49
Bongila : Sesamum indicum {Pedaliaceae)p. 91
Bugu : Astrocaryum sciophilum (Arécaceae)p. 12
Bushi Iakao : Herrania kanukuensis (Sterculiaceae) p.78
Theobroma velutinum (Sterculiaceae) p.79
Sushi mabéé tiki : Leandra solenifera (Melastomataceae) p. 40
Cassu : Anacardium officinale (Anacardiaceae) p. 87
Cossué : Bixa orellana (Bixaceae) p. 88
Dia maakuja : Passiflora foetida var. foetida (Passifloraceae) p. 56
Dondo uku : Myrcia coume ta (Myrtaceae) p. 50
Ginga : Zingiber officinale (Zingiberaceae) p. 93
Gobaya : Psidium guajava (Myrtaceae) p. 90 '
la kaashi Inga disticha (Mimosaceae) p. 44
Kakao : Theobroma cacao (Sterculiaceae) p. 92
Kamembuli :. Simaba orinocensis (Simaroubaceae)·p. 75
- . . Gfto..Ml \ 1'I.w..e-
Ken: Saccharum officinarum (~~) p.88
Kimaka : Astrocaryum Paramaca (Arecaceae) P.11
Kimboto : Pouteria surinamensis (Sapotaceae) p. 74
Koko noto : Cocos nucifera (Arecaceae) p.20
Komu : Oenocarpus bacaba (Arecaceae) p.26
Kon?aka wiwi : Peperomia pellucida (Piperaceae) p.61
Koshitong : Cf. Orthomene Schomburgkii (Menispermaceae) p.43
Koto ati : Begonia glabra (Begoniaceae) p. 30
Lebi tongo : Myrcia Coume ta (Myrtaceae) p.50 •
Lemiki : Citrus aurantifolia (Rutaceae) p. 91
Citrus limon (Rutaceae) p.92
-
r"aacouja Passiflora glandulosa p. 57
Passiflora nitida (Passifloraceae) p.58
Mabéé shi Henriettea maroniensis (Melastomataceae) p.39
Miconia affinis (Melastomataceae) p.41
Maïtembu Passiflora coccinea (Passifloraceae) P.55
Makoko : Phytolacca rivinoïdes (Phytolaccaceae) p.59
Mamaa dossu : Cf. couepia (Chrysobalanaceae) p.32
Mandalne : Citrus reticulata (Rutaceae) P.92
Manian Mangifera indica (Anacardiaceae) p. 87
Mapa : Ambelania acida (Apocynaceae) p. 9
Maripa : Attalea maripa (Arecaceae) P.15
Mopé: Spondias mombin (Anacardiaceae) p. 6
Spondias purpurea (Anacardiaceae) p. 87
s
Nanasi : Ananas com osus (Bromeliaceae) p. 88
Napi : Dioscorea trifida (Dioscoreaceae) p. 35
,
Néngé konàe péppé : Cf. Aframomum melegueta (Zingiberaceae) p. 84
NéDgé udu : Licania Licaniaeflora (Chrysobalanaceae) p.34
Pamplemussu : Citrus paradisi (Rutaceae) p. 92
Papaya Cariea papaya (Caricaeeae) p. 89
Paripu Baeuis speciosa (Areeaeeae) p. 18
Péppé Capsieum frutescens (Solanaceae) p. 92
Peshi Vigna unguiculata (Papilionaceae) P.51
Peshina : Citrus sinensis (Rutaceae) p. 92
Pina : Euterpe oleracea (ARECACEAE) p. 23
Pomal~c : Eugenia jambos (Myrtaceae) p. 90
Posing : Por~,ulaca Oleracea (Portulacaceae) p.63
Shipaiopo : Mouriri grandiflora (Melastomataceae) p. 42
Sooké : Pouteria macrophylla (Sapotaceae) P.72
Sumé wiwi : Priva lappulacea (Verbenaceae) p.83
Suu tu : citrus Sp. (Rutaceae) p.66
-
Tingi moni : Protium heptaphyllum (Burseraceae) p. 31
Tatu : Talisia Cf longifolia (Sapindaceae) p. 67
Weko : Inga nobilis (Mimosaceae) p. 46
Wandu : Cajanus cajans (Papilionaceae) p. 91
INDEX DES NOMS LATINS
,
[Link] melegueta (ZINGIBERACEAE) p. 84
Ambelania acida (APOCYNACEAE) p. 9
Anacardium occidentale (ANACARDIACEAE) p. 89
Ananas comoslls (DROr.ŒLIACEAE) p. 88
Annona mur~cata (ANNONACEAE)p. 88
Artocarpus altilis (MORACEAE)p. 89
Astrocaryum paramaca (ARECACEAE)p. 11
Astrocaryum sciophilum (ARECACEAE)p. 12
Astrocaryum vulgare (AHECACEAE)p. 13
Attalea maripa (ARECACE~E)p. 15
Bactris speciosa (ARECACEAE)p. 18
Begonia glabra (BEGOGNIACEAE)p. 30
Bixa orellana (BIXACEAE)~. 88
•
Cajanus cajan (PAPILIONACEAE) p. 91
Capsicum frutescens (SOLANACEAE) p. 92 ....
Carica papaya (CARICACEAE) p. 89
Chrysophyllum caimito (SAPOTACEAE) p. 68
Citrus aurantifolia (RUTACEAE) p. 91
Citrus limon (RUTACEAE) p. 92
Citrus paradisi (RUTACEAE) p. 92
Citrus reticulata (RUTACEAE) p. 92
Citrus sinensis (RUTACEAE) P. 92
Ci trus Sp. (RUTACEAE) p. 66
Cocos nucifera (ARECACEAE) p. 20
Cos tus cylindricus (ZINGIBERACEAE) p. 86
[Link] (CHRYSOBALANACEAE) p. 32
1 .
Dioscorea trifida (DIOSCOREACEAE) p. 35
Eugenia jambos (MYRTACEAE) p. 90
Euterpe oleracea (ARECACEAE) p. 23
Priva lappulacea (VERBENACE~p. 83
Protium heptaphyllum (SAPOTACEAE) p. 31
,
psidium guajava (MYRTACEAE) p. 90
GAAMI'~b~
Saccharum officinarum ( ~ ) p. 88
Sesamum indicum (PEDALIACEAE) p. 91
Simaba orinoc~nsis (SIMAROUBACEAE)p. 75
Spondias mombin (ANACARDIACEAE)p. 6
Spondias purpurea (ANACARDIACEAE) p. 87
Talisia Cf. longifolia (SAPINDACEAE)p.67
Tapir'ira guianensis (ANACARDIACEAE)p. 8
~erminalia catappa (COMBRETACEAE)p. 89
Theobroma cacao (STERCULIACEAE)P. 92
Theobroma velutinum (STERCULIACEAE)p. 79
-
Vigna unguiculata (PAPILIONACEAE) p. 51 •
Zingiber officinale (ZINBIBEHACEAE)P. 93
-
Henrietta maroniensis (MELASTOMATACEAE) p. 39
Herrani a kanukurens i s (STERCULI!lCl~AE) p. ,78
Hirtella racemosa (CHRYSOBALANACEAE) p. 33
Inga disticha (MIMOSACEAE) p. 44
Inga huberi (MIMOSACEAE) p. 45
Inga nobilis (MIMOSACEAE) p. 46
Lantana camara (I,(ERBENACEAE) p. 81
Leandra solenifera (MELASTOMATACEAE) p. 40
Licania licaniaeflora (QfRYSOBALANACEAE) p. 34
Mangifera indica (ANACARDIACEAE) p. 87
Manilkara bidentata (SAPOTACEAE)P. 70
Marliera Sp. (MYRTACEAE)p. 49
Miconia affinis (MELASTOMATACEAE)p. 41
Mouriri grandiflora (~LASTOMATACEAE) p. 42 •
Musa (acuminata x balbisiana) (MUSACEAE)p. 90
Musa paradisiaca (MUSACEAE) p. 90
Myrcia coume ta (MYRTACEAE) p. 50
-
Oenocarpus bacaba (ARECACEAE) p. 26
Oenocarpus oligocarpa (ARECACEAE) p. 29
Orthomene schomburgkii (MENISPERMACEAE) p. 43
Passiflora coccinea (PASSIFLORACEAE) p. 55
Passiflora foetida var. foetida (PASSIFLORACEAE) p. 56
Passiflora glandulosa (PASSIFLORACEAE) p. 57
Passiflora nitida (PASSIFLORACEAE) p. 58
Peperomia pellucida (PIPERACEAE) p. 61
Physalis pubescens (SOLANACEAE) p. 76
Phytolacca rivinoïdes (PINTOLACCACEAE) p. 59
Porlulaca oleracea (PORTHULACACEAE) p. 63
Posoqueria longiflora (RUBIACEAE) p. 65
Pouteria macrophylla (SAPOTACEAE) p. 72
Pouteria surinamensis (SAPOTACEAE) p. 74