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Bendaoud

Ce document présente les notions d'intégrale de Riemann pour les fonctions en escalier et les fonctions Riemann-intégrables. Il définit ces concepts mathématiques et décrit certaines de leurs propriétés.

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Département de Mathématiques et Informatique

École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers


Université Moulay Ismail
Meknès

Cours & Travaux Dirigés corrigés

Intitulé de l’élément de module :

Calcul Intégral

Filière : Cycle Préparatoire Intégré


Volume horaire : 34h
Module : Algèbre Linéaire & Calcul Intégral
Année universitaire : 2021/2022

Professeur Mohamed BENDAOUD

..........................................................................................................................
École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers, Marjane II, B.P. 15290, Al Mansour, Meknès
Tél : +212(0)535457160/61- +212(0)648313896
Fax : +212(0)535467163, E-mail : [email protected]
Table des matières

Introduction 4

1 Intégral de Riemann 5
1.1 Intégrale de fonctions en escaliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Fonctions Riemann-intégrables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 Sommes de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.4 Propriétés des fonctions Riemann-intégrales . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.5 Intégration des fonctions complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21

2 Calcul de primitives 22
2.1 Primitives élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.2 Primitives des fractions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.3 Primitives des fonctions en cosinus et sinus . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.4 Primitives des fractions rationnelles en cosinus et sinus . . . . . . . . . . 26
2.5 Primitives des fractions rationnelles en ex . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.6 Primitives des fractionsR rationnelles en sinh(x) et cosh(x) . . . . . . . . 27
2.7 Primitives de la forme erx P (x)dx . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.8 Intégrales abéliennes . . . . . . . . .r. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
R ax + b
2.8.1 Primitives de la forme R(x, n )dx . . . . . . . . . . . . 28
R √ cx + d
2.8.2 Primitives de la forme R(x, ax2 + bx + c)dx . . . . . . . . . 28

3 Intégrales généralisées 30
3.1 Définitions et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3.2 Convergence des intégrales de fonctions positives . . . . . . . . . . . . . 33
3.3 Intégrales de Bertrand . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.4 Intégrales semi-convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37

2
Table des figures

1.1 Subdivision d’un segment . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5


1.2 Fonction en escalier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Interprétation géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4 Fonction Riemann-intégrable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.5 Surface délimitée par une courbe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

3
Introduction

Introduction

La théorie d’intégration remonte au IVème siècle avant notre ère avec la recherche du
calcul de l’aire d’une surface. Archimède avait déjà évaluer l’aire d’une surface délimitée
par une parabole et une droite. Ses calculs furent repris au IXème siècle par les savants
arabes. Dès 1636, Pierre de Fermat carra les courbes x 7→ xn ; où n est un entier naturel.
Au cour de la seconde moitié du XVII ème siècle Newton et Leibniz fondèrent le calcul
infinitésimal. Newton calcula l’aire d’une courbe y = f (x) en inversant les opérations de
dérivation ( aujourd’hui on dirait : en utilisant la notion de primitive). À l’inverse, Leibniz
interpréta les aires comme des sommes de rectangles infinitésimaux.

En 1823, Cauchy rassembla leur résultats et donna le premier une définition précise de
l’intégrale. C’est surtout Riemann qui, en 1824, développa la théorie de l’intégration. Il
définit son intégrale à l’aide des fameuses "sommes de Riemann". Enfin, Lebesgue, dans
sa thèse de 1902, présenta des idées révolutionnaires sur le concept d’intégrale. Il éclaira
bien des difficultés des discussions du XIXème siècle, et fournit un cadre général simpli-
fié à de nombreux théorèmes, alors que la théorie de Riemann multipliait les hypothèses
et les conditions restrictives. L’intégrale de Lebesgue n’est pas au programme des classes
préparatoires scientifiques, et nous étudierons ici l’intégrale de Riemann.

Situé dans le cadre de l’analyse générale, ce cours a pour but de donner aux étudiants
une formation, de base, au calcul d’intégrales de Riemann. Ce cours s’articule sur trois
parties. La première partie s’intéresse à la théorie d’intégration et aux fonctions Riemann-
intégrables. La deuxième partie est consacrée au calcul de primitives. Tandis que la der-
nière partie est destinée aux intégrales impropres.

Ces notes de cous constituent une introduction à la théorie d’intégration, domaine fas-
cinant de l’analyse aux nombreuses ramifications. Ces notes ne vous seront profitables
que si vous préparez régulièrement et sérieusement les T.D.s et ne vous dispensent bien
évidement pas d’assister au cours.

N’hésitez pas à me signaler les erreurs et les coquilles qui subsisteraient dans ces
notes. Vos suggestions sont les bienvenues, c’est grâce à elles que ces notes pourront être
améliorées pour vos camarades des prochaines années. J’espère que ce polycopié vous
sera utile et vous en souhaite une bonne lecture.

Mohamed BENDAOUD 4
Chapitre 1

Intégral de Riemann

Dans la suite, on désigne par N, Z, R et C, l’ensemble des entiers naturels, l’ensemble


des entiers relatifs, l’ensemble des nombres réels et l’ensemble des nombres complexes ;
respectivement.

1.1 Intégrale de fonctions en escaliers


Définition 1.1.1 Soit [a, b] un segment de R avec a < b. On appelle subdivision de [a, b]
toute partie finie σ = {x0 , x1 , . . . , xn } de [a, b] avec x0 = a < x1 < · · · < xn = b. Le
réel |σ| := sup |xk+1 − xk | s’appelle le pas de la subdivision σ.
0≤k≤n−1

• • • • • •
a = x0 x1 xk xk+1 xn−1 b = xn

F IGURE 1.1 – Subdivision d’un segment

Définition 1.1.2 Une application f : [a, b] → R est dite en escalier s’il existe une sub-
division σ = (x0 , x1 , . . . , xn ) de [a, b] telle que f est constante sur chaque intervalle
Ik =]xk , xk+1 [. Une telle subdivision σ est dite adaptée à f (voir Figure 1.2 ci-dessous).

Remarque 1.1.3
1) Toute fonction en escalier sur [a, b] est bornée.
2) Soient f et g sont deux fonctions en escalier sur [a, b] et λ ∈ R. Alors
• f ± g, λf , f g, |f |, sup(f, g), inf(f, g) sont escalier sur [a, b] ;
1 f
• et sont en escalier sur [a, b] si g(x) 6= 0 pour tout x ∈ [a, b].
g g
Proposition 1.1.4 Soit f : [a, b] → R une fonction en escalier et σ = (x0 , x1 , . . . , xn )
une subdivision adaptée à f de sorte que, pour tout k ∈ {0, 1, . . . , n−1}, f (x) = ck , ∀x ∈
n−1
X
]xk , xk+1 [. Le nombre I(f, σ) := ck (xk+1 − xk ) est indépendant de σ. On l’appelle
k=0
Rb
l’intégrale de f sur [a, b] et se note a
f (x)dx.

5
Chapitre 1 1.2. Fonctions Riemann-intégrables


c0 •

cn−1 • •

• • • • • • x
O a = x0 x1 xk xk+1 xn−1 b = xn

ck • • •

F IGURE 1.2 – Fonction en escalier

Preuve. Il suffit de remarquer que si σ 0 est une autre subdivision adaptée à f , alors
I(f, σ) = I(f, σ 00 ) = I(f, σ 0 ) ; où σ 00 = σ ∪ σ 0 .

Remarque 1.1.5 (Interprétation géométrique) Rb


Si f : [a, b] → R est une fonction en escalier positive, alors a f (x)dx est la somme des
aires des rectangles de cotés ck et ∆xk = xk+1 − xk , c.-à-d., l’aire colorée en vert dans
la Figure 1.3 cidessous.

Comme conséquence directe de la définition de l’intégrale d’une fonction en escalier,


la remarque ci-dessous donne des propriétés élémentaires des intégrales des fonctions en
escaliers.

Remarque 1.1.6 Soient f et g sont deux fonctions en escalier sur [a, b] et λ ∈ R.


Rb Rb Rb Rb Rb
1) a λf (x)dx = λ a f (x)dx et a f (x) + g(x)dx = a f (x)dx + a g(x)dx
(Linéarité
Rb de l’intégrale).
Rc Rb
2) a f (x)dx = a f (x)dx + c f (x) + g(x)dx, ∀c ∈]a, b[ (Relation de Chasles).
Rb
3) Si f ≥ 0 sur [a, b], alors a f (x)dx ≥ 0.
Rb Rb
4) Si f ≥ g sur [a, b], alors a f (x)dx ≥ a g(x)dx.

Mohamed BENDAOUD 6
Chapitre 1 1.2. Fonctions Riemann-intégrables


c0 •

cn−1 • •

ck • • •

• • • • • • x
O a = x0 x1 xk xk+1 xn−1 b = xn

F IGURE 1.3 – Interprétation géométrique

1.2 Fonctions Riemann-intégrables


Définition 1.2.1 Une fonction f : [a, b] → R est dite Riemann-intégrable (ou intégrable)
si pour tout ε > 0, il existe deux fonctions en escalier ϕ et ψ telles que
Z b
ϕ ≤ f ≤ ψ et ψ(x) − ϕ(x)dx < ε.
a

y

c00
c0 • Cf
0
cn−1
cn−1 •
c0k Cϕ
ck •

• • • • • • x
O a = x0 x1 xk xk+1 xn−1 b = xn

F IGURE 1.4 – Fonction Riemann-intégrable

Remarque 1.2.2
1) Toute fonction en escalier sur [a, b] est Riemann-intégrable.

Mohamed BENDAOUD 7
Chapitre 1 1.2. Fonctions Riemann-intégrables

2) Toute fonction Riemann-intégrable sur [a, b] est bornée du fait que toute fonction
en escalier est bornée.

Proposition 1.2.3 Soit f : [a, b] → R une fonction Riemann-intégrable, et, pour tout
n ∈ N∗ , soit ϕn et ψn en escalier sur [a, b] telles que
Z b
1
ϕn ≤ f ≤ ψn et ψn (x) − ϕn (x)dx < .
a n
Rb
La suite de terme général un = a ϕn (x)dx est une suite convergente et sa limite ne
Rb
dépend que de f . Cette limite on la note a f (x)dx et on l’appelle l’intégrale de f sur
[a, b].

Preuve. Pour tous m, n ∈ N∗ avec m ≥ n,


Z b Z b
1
um − un = ϕm (x) − ϕn (x)dx ≤ ψn (x) − ϕn (x)dx < .
a a n
1 1
De même un − um < ≤ , et par suite
m n
1
|un − um | < −→ 0 quand n −→ +∞.
n
Donc (un )n est une suite de Cauchy, et par suite elle est convergente. Soit ` sa limite.
Soit maintenant ϕ0n et ψn0 deux autres fonctions en escalier sur [a, b] telles que
Z b
0 0 1
ϕn ≤ f ≤ ψn et ψn0 (x) − ϕ0n (x)dx < pour tout n ≥ 1,
a n
Rb
et soit `0 = lim u0n ; où u0n = a ϕ0n (x)dx. Notons que, pour tout n ∈ N∗ ,
n−→+∞
Z b
u0n − un = ϕ0n (x) − ϕn (x)dx
a
Z b
1
≤ ψn (x) − ϕn (x)dx < (car ϕ0n ≤ f ≤ ψn ).
a n
Rb Rb 1
De même un − u0n = a
ϕn (x) − ϕ0n (x)dx ≤ a
ψn0 (x) − ϕ0n (x)dx < , et par suite
n

1
|u0n − un | < −→ 0 quand n −→ +∞.
n
D’où lim u0n = lim un , c.-à-d., ` = `0 .
n−→+∞ n−→+∞

Remarque 1.2.4
R b De même on montre que, dans la proposition ci-dessus, la suite de terme
général vn = a ψn (x)dx est une suite convergente et sa limite est
Z b
lim vn = f (x)dx.
n−→+∞ a

Mohamed BENDAOUD 8
Chapitre 1 1.2. Fonctions Riemann-intégrables

Remarque 1.2.5 Soient f et g deux fonctions intégrables sur [a, b].


Rb
1) Si f ≥ 0 sur [a, b], alors a f (x)dx n’est autre que l’aire de la surface hachurée,
c.-à-d., l’aire de la surface délimitée par la courbe de f l’axe des abscisses et les
droites d’équations x = a et x = b, voir Figure 1.5 ci-dessous.
2) La restriction de f à tout segment [c, d] est intégrable.
Rb
3) Si f et g diffèrent seulement en un nombre fini de points, alors a f (x)dx =
Rb
a
g(x)dx.

y
Cf

• • x
O
x=a x=b

F IGURE 1.5 – Surface délimitée par une courbe

Rb Ra Ra
Convention. On convient que a f (x)dx = − b a(x)dx et que a f (x)dx = 0 pour
toute fonction f intégrable sur [a, b].

Proposition 1.2.6
1) Toute fonction monotone bornée sur [a, b] est intégrable.
2) Toute fonction continue sur [a, b] est intégrable.

Preuve. 1) Supposons que f est croissante sur [a, b] et soit σ = (x0 , x1 , . . . , xn ) une
(b − a) (b − a)
subdivision de [a, b] définie par xk = a + k de sorte que xk+1 − xk =
n n
pour tout 0 ≤ k ≤ n − 1. Les fonctions en escalier ϕn et ψn définies par ϕn (x) = f (xk )

Mohamed BENDAOUD 9
Chapitre 1 1.2. Fonctions Riemann-intégrables

et ψn (x) = f (xk+1 ), ∀x ∈ [xk , xk+1 [, ∀0 ≤ k ≤ n − 1, vérifient bien ϕn ≤ f ≤ ψn et


Z b n−1 Z
X xk+1
ψn (x) − ϕn (x)dx = ψn (x) − ϕn (x)dx
a k=0 xk
n−1
X Z xk+1
= f (xk+1 ) − f (xk )dx
k=0 xk
n−1
b−aX
= f (xk+1 ) − f (xk )
n k=0
b−a
= (f (a) − f (b)) −→ 0 quand n −→ +∞
n
ce qui montre que f est intégrable. De même on montre que f est intégrable si f est
décroissante.
2) Supposons que f est continue sur [a, b]. D’après le théorème de Heine, f est uni-
formément continue sur [a, b], c.-à-.d.,
ε
∀ε > 0, ∃η > 0 : |x − y| < η =⇒ |f (x) − f (y)| < .
4(b − a)

Soit σ = (x0 , x1 , . . . , xn ) une subdivision de [a, b] telle que |xk+1 − xk | < η, ∀k ∈


{0, 1, . . . , n − 1}. Pour tout x ∈]xk , xk+1 [, on a
ε
|x − xk | < η =⇒ |f (x) − f (xk )| <
4(b − a)
ε ε
=⇒ f (xk ) − < f (x) < f (xk ) + .
4(b − a) 4(b − a)
ε
Les fonctions en escalier ϕ et ψ définies sur [a, b] par ϕ(x) = f (xk ) − et ψ(x) =
4(b − a)
ε
f (xk ) + , ∀x ∈ [xk , xk+1 [, ∀0 ≤ k ≤ n − 1, vérifient bien
4(b − a)
Z b Z b
ε ε
ϕ ≤ f ≤ ψ et ψ(x) − ϕ(x)dx = dx = < ε;
a a 2(b − a) 2

ce qui montre que f est intégrable sur [a, b].

Définition 1.2.7 Soit I un intervalle non vide de R et f : I → R une application. On


dit que f est localement intégrable sur I si f est intégrable sur tout segment [a, b] inclus
dans I.

Proposition 1.2.8 Soit f : [a, b] → R une application localement intégrable sur ]a, b[ et
bornée sur [a, b]. Alors f est intégrable sur [a, b].

b−a
Preuve. Soit M > 0 tel que |f (x)| ≤ M , ∀x ∈ [a, b], et soit ε > 0 tel que ε < .
2
Comme f est intégrable sur [a + ε, b − ε], alors il existe ϕ et ψ en escalier sur [a + ε, b − ε]

Mohamed BENDAOUD 10
Chapitre 1 1.3. Sommes de Riemann

R b−ε
telles que ϕ ≤ f ≤ ψ sur [a + ε, b − ε] et a+ε ψ(x) − ϕ(x)dx < ε. Les fonctions en
escalier ϕ0 et ψ 0 définies par
 
0 ϕ sur [a + ε, b − ε] ; 0 ψ sur [a + ε, b − ε] ;
ϕ = et ψ =
−M sur [a, a + ε[∪]b − ε, b] M sur [a, a + ε[∪]b − ε, b]

vérifient bien ϕ0 ≤ f ≤ ψ 0 sur [a, b] et


Z b Z b−ε Z a+ε
0 0
ψ (x) − ϕ (x)dx = ψ(x) − ϕ(x)dx + ψ 0 (x) − ϕ0 (x)dx +
a a+ε a
Z b
ψ 0 (x) − ϕ0 (x)dx
b−ε
< ε + 4M ε = (1 + 4M )ε;

ce qui prouve que f est intégrable sur [a, b].

1.3 Sommes de Riemann


Définition 1.3.1 Soit f : [a, b] → R une fonction intégrable, n ≥ 1 et σ = (x0 , x1 , . . . , xn )
1
une subdivision de [a, b] de pas , et soit (ξk )0≤k≤n−1 une suite de points telle que
n
ξk ∈ [xk , xk+1 ] pour tout 0 ≤ k ≤ n − 1. La somme
n−1
X
(xk+1 − xk )f (ξk )
k=0

1
s’appelle une somme de Riemann de f pour une pas de pointée aux points (ξk )0≤k≤n−1 .
n
Proposition 1.3.2 Soit f : [a, b] → R une fonction intégrable. Pour n ≥ 1, soit σ =
1
(x0 , x1 , . . . , xn ) une subdivision de [a, b] de pas , et soit (ξk )0≤k≤n−1 une suite de points
n
telle que ξk ∈ [xk , xk+1 ] pour tout 0 ≤ k ≤ n − 1. Alors
n−1
X Z b
lim (xk+1 − xk )f (ξk ) = f (x)dx.
n−→+∞ a
k=0

Preuve. Pour tout n ≥ 1, soit ϕn et ψn en escalier sur [a, b] telles que


Z b
1
ϕn ≤ f ≤ ψn et ψn (x) − ϕn (x)dx < .
a n

Considérons la fonction en escalier ϕ0n définie par ϕ0n (x) = f (ξk ) pour tout x ∈ [xk , xk+1 [,
et notons que ϕn ≤ ϕ0n ≤ ψn et que
Z b Z b n−1
X Z b
ϕn (x)dx ≤ ϕ0n (x)dx = (xk+1 − xk )f (ξk ) ≤ ψn (x)dx.
a a k=0 a

Mohamed BENDAOUD 11
Chapitre 1 1.4. Propriétés des fonctions Riemann-intégrales

Ainsi, en faisant tendre n −→ +∞, on aura


n−1
X Z b
lim (xk+1 − xk )f (ξk ) = f (x)dx
n−→+∞ a
k=0

Z b Z b Z b
puisque lim ϕn (x)dx = lim ψn (x)dx = f (x)dx.
n−→+∞ a n−→+∞ a a

Corollaire 1.3.3 Soit f : [a, b] → R une fonction intégrable. Alors


n−1 n b
b−aX (b − a) b−aX (b − a)
Z
lim f (a + k ) = lim f (a + k )= f (x)dx.
n−→+∞ n k=0 n n−→+∞ n k=1 n a

Preuve. Pour tout n ≥ 1, soit σ = (x0 , x1 , . . . , xn ) une subdivision de [a, b] telle que
b−a (b − a)
xk+1 − xk = , c.-à-d., xk = a + k pour tout 0 ≤ k ≤ n − 1. En appliquant
n n
la proposition précédente au points ξk = xk , 0 ≤ k ≤ n − 1, on obtient
n−1 b
b−aX (b − a)
Z
lim f (a + k )= f (x)dx.
n−→+∞ n k=0 n a

Et en appliquant la proposition précédente au points ξk = xk+1 , 1 ≤ k ≤ n, on obtient


n b
b−aX (b − a)
Z
lim f (a + k )= f (x)dx.
n−→+∞ n k=1 n a

n
X 1
Exemple 1.3.4 Montrons que la suite de terme général sn = est convergente
k=1
n+k
et calculons sa limite.
1
Soit f : [0, 1] → R l’application définie par f (x) = , ∀x ∈ [0, 1]. La continuité
1+x
de f implique son intégrabilité. Ainsi, d’après la proposition ci-dessus, la suite (sn )n est
convergente et sa limite est
n n
X 1 1X 1
lim sn = lim = lim k
n−→+∞ n−→+∞
k=1
n+k n−→+∞ n
k=1
1+ n
n
1−0X (1 − 0)
= lim f (0 + k )
n−→+∞ n k=1 n
Z 1
= f (x)dx
0
Z 1
1
= dx
0 1+x
= ln(2)

Mohamed BENDAOUD 12
Chapitre 1 1.4. Propriétés des fonctions Riemann-intégrales

1.4 Propriétés des fonctions Riemann-intégrales


Proposition 1.4.1 Soit f et g deux fonctions intégrables sur [a, b] et λ ∈ R. Alors les
1 f
fonctions f ± g, λf , f g, |f |, sup(f, g), inf(f, g), et (si g(x) 6= 0, ∀x ∈ [a, b]) sont
g g
intégrables sur [a, b]. De plus
Rb Rb Rb
1) a f (x) + g(x)dx = a f (x)dx + a g(x)dx et
Rb Rb
a
λf (x)dx = λ a f (x)dx (Linéarité de l’intégrale).
Rb Rb
2) | a f (x)dx| ≤ a |f (x)|dx.
Rb Rb Rb
3) a sup(f (x), g(x))dx ≥ sup( a f (x)dx, a g(x)dx).
Rb Rb Rb
4) a inf(f (x), g(x))dx ≤ inf( a f (x)dx, a g(x)dx).

Preuve. 1) Soit n ∈ N∗ et ϕn , ψn , ϕ0n et ψn0 des fonctions en escalier sur [a, b] telles que
Z b Z b
0 0 1 1
ϕn ≤ f ≤ ψn , ϕn ≤ g ≤ ψn ψn (x) − ϕn (x)dx < et ψn0 (x) − ϕ0n (x)dx < .
a n a n
Rb 2
Alors ϕn + ϕ0n ≤ f + g ≤ ψn + ψn0 et a
(ψn + ψn0 )(x) − (ϕn + ϕ0n )(x)dx < , donc
n
f + g est intégrable sur [a, b]. De plus
Z b Z b
f (x) + g(x)dx = lim ϕn (x) + ϕ0n (x)dx
a n−→+∞ a
Z b Z b
= lim ϕn (x)dx + lim ϕ0n (x)dx
n−→+∞ a n−→+∞ a
Z b Z b
= f (x)dx + g(x)dx.
a a

Les autres propriétés à faire en exercices. En fait on utilise les remarques suivantes :
• Si h est intégrable sur [a, b], alors sup(h, 0) est intégrable. En effet, si ϕ et ψ
Rb
sont en escaliers sur [a, b] vérifaint ϕ ≤ h ≤ ψ et a ψ(x) − ϕ(x)dx < ε, alors
Rb
sup(ϕ, 0) ≤ sup(h, 0) ≤ sup(ψ, 0) et a (sup(ψ, 0) − sup(ϕ, 0))(x)dx < ε du fait
que, en discutant ϕ ≥ 0 ou ϕ ≤ 0 on aura sup(ψ, 0) − ψ ≤ sup(ϕ, 0) − ϕ, ce qui
est équivaut à sup(ψ, 0) − sup(ϕ, 0) ≤ ψ − ϕ.
• sup(f, g) = f + sup(g − f, 0).
• inf(f, g) = − sup(−f, −g).
• |f | = − sup(f, −f ).
• f g = (f + g + + f − g − ) − (g + f − + f + g − ) ; où f + = sup(f, 0) et f − = sup(−f, 0).

Proposition 1.4.2 Soit f et g deux fonctions intégrables sur [a, b]. Alors
Rb
1) f ≥ 0 =⇒ a f (x)dx ≥ 0 ;
Rb Rb
2) f ≥ g =⇒ a f (x)dx ≥ a g(x)dx.

3) Si M = sup f (x) et m = inf f (x), alors


x∈[a,b] x∈[a,b]

Z b
m(b − a) ≤ f (x)dx ≤ M (b − a).
a

Mohamed BENDAOUD 13
Chapitre 1 1.4. Propriétés des fonctions Riemann-intégrales

Preuve. 1) Soit (ϕn )n≥1 et (ψn )n≥1 des fonctions en escalier sur [a, b] telles que
Z b
1
ϕn ≤ f ≤ ψn et ψn (x) − ϕn (x)dx < .
a n
Z b
Rb Rb
Alors a f (x)dx = lim ψn (x) ≥ 0 puisque a ψn (x) ≥ 0 du fait que ψn est en
n−→+∞ a
escalier et ψ ≥ 0 sur [a, b].
2) Est une conséquence de 1) du fait que
f ≥ g =⇒ f − g ≥ 0
Z b
=⇒ f (x) − g(x)dx ≥ 0
a
Z b Z b
=⇒ f (x)dx − g(x)dx ≥ 0
a a
Z b Z b
=⇒ f (x)dx ≥ g(x)dx.
a a

3) En particulier, pour h1 (x) = m et h2 (x) = M , ∀x ∈ [a, b], on aura


Z b Z b Z b
h1 ≤ f ≤ h2 =⇒ h1 (x)dx ≤ f (x)dx ≤ h2 (x)dx
a a a
Z b Z b Z b
=⇒ mdx ≤ f (x)dx ≤ M dx
a a a
Z b
=⇒ m(b − a) ≤ f (x)dx ≤ M (b − a).
a

Proposition 1.4.3 (Relation de Chasles)


Soit f : [a, b] → R une fonction et c ∈ [a, b]. Alors f est intégrable sur [a, b] si et seulement
Rb Rc Rb
si f est intégrable sur [a, c] et [c, b], et dans ce cas a f (x)dx = a f (x)dx + c f (x)dx.
Preuve. Supposons que f est intégrable sur [a, b]. Soit (ϕn )n≥1 et (ψn )n≥1 des fonctions
en escalier sur [a, b] telles que
Z b
1
ϕn ≤ f ≤ ψn sur [a, b] et ψn (x) − ϕn (x)dx < .
a n
Alors ϕn ≤ f ≤ ψn sur [a, c] et [c, d] et
Z c Z b Z b
1
ψn (x) − ϕn (x), ψn (x) − ϕn (x) ≤ ψn (x) − ϕn (x)dx < .
a c a n
Donc f est intégrable sur [a, c] et [c, b]. De plus, puisque ϕn est en escalier sur [a, b], ϕn
vérifie la relation de Chasles et
Z b Z b
f (x)dx = lim ϕn (x)dx
a n−→+∞ a
Z c Z b
= lim ϕn (x) + ϕn (x)dx
n−→+∞ a c
Z c Z b
= f (x)dx + f (x)dx.
a c

Mohamed BENDAOUD 14
Chapitre 1 1.4. Propriétés des fonctions Riemann-intégrales

Inversement, supposons que f est intégrable sur [a, c] et [c, b]. Soit ϕn et ψn des fonc-
tions en escalier sur [a, c] et soit ϕ0n et ψn0 des fonctions en escalier sur [c, b] telles que
Z c
1
ϕn ≤ f ≤ ψn sur [a, c] et ψn (x) − ϕn (x)dx < .
a n
et Z b
0 0 1
ϕn ≤ f ≤ ψn sur [c, b] et ψn (x) − ϕn (x)dx < .
c n
Les fonctions en escalier ϕ00n et ψn00 définies sur [a, b] par
 
00 ϕ sur [a, c] 00 ψ sur [a, c]
ϕn = 0 et ψn =
ϕ sur [c, b] ψ 0 sur [c, b]

vérifient bien ϕ00n ≤ f ≤ ψn00 sur [a, b] et


Z b Z c Z b
00 00 2
ψn (x) − ϕn (x)dx = ψn (x) − ϕn (x)dx + ψn0 (x) − ϕ0n (x)dx < ;
a a c n
ce qui prouve que f est intégrable sur [a, b]. De plus
Z b Z b
f (x)dx = lim ϕ00n (x)dx
a n−→+∞ a
Z c Z b
= lim ϕn (x) + ϕ0n (x)dx
n−→+∞ a c
Z c Z b
= f (x)dx + f (x)dx.
a c

Proposition 1.4.4 (1ère formule de la moyenne)


Soit f : [a, b] → R une fonction continue et g : [a, b] → R une fonction intégrable et
Rb Rb
positive. Alors il existe c ∈ [a, b] tel que a f (x)g(x)dx = f (c) a g(x)dx.
1 Rb
En particulier, si g(x) = 1, ∀x ∈ [a, b], alors il existe c ∈ [a, b] tel que f (c) = f (x)dx.
b−a a
Preuve. Notons que si M = sup f (x) et m = inf f (x), alors
x∈[a,b] x∈[a,b]

Z b Z b Z b
mf ≤ f g ≤ M g et m g(x)dx ≤ f (x)g(x)dx ≤ M g(x)dx.
a a a
Rb Rb
Ainsi, si a g(x)dx = 0, alors a f (x)g(x)dx = 0 et c est arbitraire.
Rb
Si a g(x)dx 6= 0, alors
Rb
a
f (x)g(x)dx
m≤ Rb ≤ M,
a
g(x)dx

R b intermédiaires appliqué à la fonction continue f , il existe


et par le théorème des valeurs
f (x)g(x)dx Rb Rb
c ∈ [a, b], tel que f (c) = a R b , c.-à-d., a f (x)g(x)dx = f (c) a g(x)dx.
a
g(x)dx

Mohamed BENDAOUD 15
Chapitre 1 1.4. Propriétés des fonctions Riemann-intégrales

Remarque 1.4.5 (2ère formule de la moyenne)


En fait on montre que si f : [a, b] → R est une fonction seulement positive et décrois-
sante et g : [a, b] → R est une fonction intégrable, alors il existe c ∈ [a, b] tel que
Rb Rc
a
f (x)g(x)dx = f (a) a g(x)dx.

Proposition 1.4.6 Soit f : [a, b] → R une fonction continue. Alors l’application

F : [a, b] → R
Z x
x 7→ f (t)dt
a

est une primitive de f qui s’annule en a.

Preuve. Soit x ∈ [a, b] et h ∈ R tel que x + h ∈ [a, b]. D’après la 1ère formule de la
moyenne, il existe cx,h ∈ [x, x + h] tel que
Z x+h Z x Z x+h
F (x + h) − F (x) = f (t)dt − f (t)dt = f (t)dt = f (cx,h )h.
a a x

Ainsi,
F (x + h) − F (x) f (cx,h )h
lim = lim = lim f (cx,h ) = f (x)
h−→0 h h−→0 h h−→0

puisque f est continue et cx,h −→


R a x quand h −→ 0 ; ce qui montre que F est dérivable et
0
F (x) = f (x). De plus F (a) = a f (t)dt = 0.

Corollaire 1.4.7 Si f : [a, b] → R est une fonction continue, alors f admet une primitive.
Rb
De plus, si F est une primitive de f , alors a f (t)dt = [F (x)]ba = F (b) − F (a).
Rx
Preuve. D’après la proposition ci-dessus, l’application x 7→ a fR(t)dt est bien une pri-
x
mitive de f . De plus, si F est une primitive de f , alors F (x) = a f (t)dt + c pour une
Rb
certaine constante c. Par suite [F (x)]ba = F (b) − F (a) = a f (t)dt.

Remarque 1.4.8 Une fonction intégrable n’admet pas nécessairement une primitive. Par
exemple la fonction

f : [−a, a] → R

1, si x = 0
x 7→
2, si x 6= 0

est bien intégrable, mais elle n’admet pas de primitive. Car si F : [−a, a] → R est une
primitive de f , alors F est dérivable sur [−a, a] et F (x) = 2x + c, ∀x ∈ [−a, a] \ {0}. En
particulier, F est continue et F (0) = lim F (x) = c. Par suite
x−→0

F (x) − F (0) 2x
1 = f (0) = F 0 (0) = lim = lim = 2;
x−→0 x x−→0 x

ce qui est absurde.

Mohamed BENDAOUD 16
Chapitre 1 1.4. Propriétés des fonctions Riemann-intégrales

Proposition 1.4.9 (Intégration par parties)


Soit f et g deux fonctions de classe C 1 sur [a, b]. Alors
Z b Z b
0
f (t)g(x)dt = [f (x)g(x)]a − b
f (t)g 0 (x)dt.
a a

Preuve. Le fait que (f g)0 = f 0 g + f g 0 entraine que


Z b Z b Z b
0 0
f (t)g(x)dt + f (t)g (x)dt (f g)0 (x)dt = [f (x)g(x)]ba ;
a a a
Rb Rb
ce qui montre que a
f 0 (t)g(x)dt = [f (x)g(x)]ba − a
f (t)g 0 (x)dt.

Parfois on ne sait pas calculer directement l’intégrale d’une fonction s’écrivant comme
un produit f 0 (x)g(x) mais si l’on sait calculer l’intégrale de f (x)g 0 (x) (que l’on espère
plus simple), la formule d’intégration par parties sera alors utile.
Exemple 1.4.10
R1
1) Calculons 0 xex dx.
Posons f (x) = x et g 0 (x) = ex , et notons que g 0 (x) = 1 et qu’une primitive de g 0
est simplement g(x) = ex . Ainsi, par la formule d’intégration par parties,
R1 x R1
0
xe dx = f (x)g 0 (x) dx
0 1 R 1
= f (x)g(x) 0 − 0 f 0 (x)g(x) dx
 1 R1
= xex 0 − 0 1 · ex dx
  1
= 1 · e1 − 0 · e0 − ex 0
= e − (e1 − e0 )
= 1.
Re
2) Calculons 1 x ln x dx.
2
Posons u = ln x et v 0 = x, et notons que u0 = x1 et v = x2 . Ainsi,
Z e Z e Z e Z e
0
 e 0
 x2 e
 1 x2
ln x · x dx = uv = uv 1 − u v = ln x · 2 1 − x 2
dx
1 1 1 1
 1 e
Z
e2 12 2 1 h x2 ie e2 e2 1 2
= ln e 2 − ln 1 2 − 2 x dx = e2 − 2
= 2 − 4 + 4 = e 4+1 .
1 2 1

R1
3) Calculons 0 arcsin x dx.
Pour déterminer une primitive de arcsin x nous faisons artificiellement apparaître
un produit en écrivant arcsin x = 1 · arcsin x pour appliquer la formule d’inté-
gration par parties. On pose u = arcsin x, v 0 = 1 (et donc u0 = √1−x 1
2 et v = x)
alors
Z 1 Z 1
 1 x
1 · arcsin x dx = x arcsin x 0 − √ dx
0 0 1 − x2
π  √ 1
= − − 1 − x2 0
2
π
= − 1.
2

Mohamed BENDAOUD 17
Chapitre 1 1.4. Propriétés des fonctions Riemann-intégrales

R1
4) Calculons 0 x2 ex dx.
En utilisant une double intégration par parties, on obtient
Z 1 Z 1
2 x
 2 x 1
x e dx = x e 0 − 2 xex dx
0 0
Z 1
= e−2 xex dx
0
Z 1
 x 1
= e − 2( xe 0 − ex dx)
0
 x 1
= e − 2(e − e 0 )
= e.

Théorème 1.4.11 (Théorème de changement de variable)


Soit I un intervalle de R, f : I → R une fonction continue et ϕ : [a, b] → I une fonction
Rb R ϕ(b)
de classe C 1 . Alors a f (ϕ(t))ϕ0 (t)dt = ϕ(a) f (x)dx.

Preuve. Notons que [ϕ(a), ϕ(b)] ⊆ I et f est continue sur I. Donc f admet une primitive
R ϕ(b) ϕ(b)
F sur [ϕ(a), ϕ(b)] et ϕ(a) f (x)dx = [F ]ϕ(a) . D’autre part, F 0 = f qui est continue ; donc
F ◦ ϕ est de classe C 1 et (F ◦ ϕ)0 = (f ◦ ϕ)ϕ0 est aussi continue sur [a, b]. D’où (f ◦ ϕ)ϕ0
Rb ϕ(b) R ϕ(b)
est intégrable sur [a, b]. De plus a f (ϕ(t))ϕ0 (t)dt = [F ◦ ϕ]ba = [F ]ϕ(a) = ϕ(a) f (x)dx.

Pour l’économiser dans la mémoire, si on pose x = ϕ(t) alors par dérivation on obtient
R ϕ(b) Rb
dx
dt
= ϕ0 (t) et donc dx = ϕ0 (t) dt. D’où la substitution ϕ(a) f (x) dx = a f (ϕ(t)) ϕ0 (t) dt.
R 1/2
Exemple 1.4.12 Calculons 0 (1−xx2 )3/2 dx.
Soit le changement de variable u = ϕ(x) = 1 − x2 . Alors du = ϕ0 (x) dx = −2x dx.
Pour x = 0 on a u = ϕ(0) = 1 et pour x = 21 on a u = ϕ( 21 ) = 43 . Ainsi,
Z 1/2 Z 3/4 −du Z 3/4
x dx 1 1 3/4
= 2
=− u−3/2 du = − − 2u−1/2 1
0 (1 − x2 )3/2 1 u3/2 2 1 2
 1 3/4
= √ 1
u
1
= q −1
3
4
2
= √ − 1.
3
Remarque 1.4.13 En conjuguant le théorème de changement de variables avec la rela-
tion de Chasles on obtient :
1) Soit f : [−a, a] → R uneR fonction continue.
a Ra
• Si f est paire, alors −a f (x)dx = 2 0 f (x)dx.
Ra
• Si f est impaire, alors −a f (x)dx = 0.
R a+T RT
2) Si f : R → R est T -périodique, alors a f (x)dx = 0 f (x)dx pour tout a ∈ R.

Mohamed BENDAOUD 18
Chapitre 1 1.4. Propriétés des fonctions Riemann-intégrales

3) On peut montrer que les propriétés dans la remarque 1) ci-dessus restent vraies
en supposant f seulement intégrable.
Rb
Proposition 1.4.14 Soit f : [a, b] → R une fonction continue et positive. Si a
f (x)dx =
0, alors f est nulle.

f (x0 )
Preuve. Si f est non nulle, alors il existe x0 ∈ [a, b] tel que f (x0 ) > 0. Soit ε = >
2
0. Puisque f est continue en x0 , il existe η > 0 tel que, pour tout x ∈ [a, b] vérifiant
|x − x0 | < η, on a |f (x) − f (x0 )| < ε, c.-à-d., f (x0 ) − ε < f (x) < f (x0 ) + ε ou encore

f (x0 ) 3f (x0 )
< f (x) < .
2 2
Ceci entraine que
Z b Z x0 +η Z x0 +η
f (x0 )
0= f (x)dx ≥ f (x)dx ≥ dx = ηf (x0 ) > 0;
a x0 −η x0 −η 2

ce qui est absurde. Ainsi, f est nulle et la preuve est alors complète.

Proposition 1.4.15 (Inégalité de Cauchy-Schwarz)


Soit f et g deux fonctions intégrables sur [a, b]. Alors
Z b Z b Z b
2 2
( f (x)g(x)dx) ≤ f (x)dx g 2 (x)dx.
a a a

De plus si f est g sont continues, alors cette inégalité est une égalité si et seulement si f
et g sont colinéaires, c.-à-d., il existe λ ∈ R tel que f = λg ou g = λf .

Preuve. Pour λ ∈ R, soit


Z b Z b Z b Z b
2 2 2
P (λ) = (λf (x)+g(x)) dx = λ (f (x)) dx+2λ f (x)g(x)dx+ (g(x))2 dx ≥ 0.
a a a a
Rb
Si a (f (x))2 dx 6= 0, alors la fonction P (λ) est une fonction polynomiale de degré 2
qui garde un signe constant. Son discriminant
Z b Z b Z b
2 2
∆=( f (x)g(x)dx) − f (x)dx g 2 (x)dx
a a a

est donc
R bnégatif2ou nul, ce qui donne l’inégalité annoncée.
Si a (f (x)) dx = 0, alors la fonction P (λ) est une fonction affine (polynomiale de
Rb
degré 1) de signe constant, donc a f (x)g(x)dx = 0 et l’inégalité est aussi vérifiée.
D’autre part, si f = λg pour une certaine constante λ, alors l’inégalité est clairement
une égalité. Inversement supposons qu’on a égalité, c.-à-d.,
Z b Z b Z b
2 2
( f (x)g(x)dx) = f (x)dx g 2 (x)dx.
a a a

Mohamed BENDAOUD 19
Chapitre 1 1.5. Intégration des fonctions complexes

Si f est nulle, alors f et g sont colinéaires.


R b Si f est2 non non nulle, alors puisque f est
continue, d’après la proposition précédente, a (f (x)) dx 6= 0 et la fonction P (λ) est une
fonction polynomiale de degré 2 ayant discriminant
Z b Z b Z b
2 2
∆=( f (x)g(x)dx) − f (x)dx g 2 (x)dx = 0,
a a a

donc P (λ) admet une racine double λ0 , c.-à-d.,


Z b
0 = P (λ0 ) = (λf (x) + g(x))2 dx.
a

Comme la fonction (λf (x) + g(x))2 est continue et positive sur [a, b], elle est donc nulle ;
ce qui montre que f et g sont colinéaires et achève la preuve.

Proposition 1.4.16 (Inégalité de Minkowsky)


Soit f et g deux fonctions intégrables sur [a, b]. Alors
s s s
Z b Z b Z b
2
(f (x) + g(x)) dx ≤ 2
f (x)dx + g 2 (x)dx.
a a a

De plus si f est g sont continues, alors cette inégalité est une égalité si et seulement si f
et g sont colinéaires, c.-à-d., il existe λ ∈ R tel que f = λg ou g = λf .

Preuve. Notons que


Z b Z b Z b Z b
2 2
(f (x) + g(x)) dx = f (x)dx + 2 f (x)g(x)dx + g 2 (x)dx
a a a a
s 2 s 2
Z b Z b Z b
=  f (x)2 dx + 2 f (x)g(x)dx +  g 2 (x)dx .
a a a

Rb qR qR
b b
L’inégalité de Cauchy-Schwarz donne a f (x)g(x)dx ≤ a a
f 2 (x)dx
g 2 (x)dx, et
donc
s 2 s s s 2
Z b Z b Z b Z b Z b
(f (x) + g(x))2 dx ≤  f (x)2 dx + 2 f 2 (x)dx g 2 (x)dx +  g 2 (x)dx
a a a a a
s s 2
Z b Z b
=  f 2 (x)dx + g 2 (x)dx ;
a a

ce qui donne l’inégalité annoncée. De plus, si f est g sont continues, alors cette inégalité
est une égalité si et seulement si on a égalité dans l’inégalité de Cauchy-Schwarz, ce qui
est équivaut à f et g sont colinéaires.

Mohamed BENDAOUD 20
Chapitre 1 1.5. Intégration des fonctions complexes

1.5 Intégration des fonctions complexes


Définition 1.5.1 Soit f : [a, b] → C une application. On désigne par f1 et f2 la partie
réelle et la partie imaginaire de f respectivement, c.-à-d., f (x) = f1 (x) + if2 (x), ∀x ∈
[a, b]. Si f1 et f2 sont intégrables sur [a, b], on dit que f est intégrable sur [a, b] et le
Rb Rb
nombre complexe a f1 (x)dx + i a f2 (x)dx s’appelle l’intégrale de f sur [a, b] et on le
Rb
note a f (x)dx.

Remarque 1.5.2
1) La plus part des propriétés de des intégrales des fonctions réelles restent valables
pour les fonctions complexes (linéarité, relation de Chasles, ...).
2) Soit f : [a, b] → C une application. Alors en particulier
i) f est intégrable sur [a, b] si et seulement si f est intégrable sur [a, b], et dans
Rb Rb
ce cas a f (x)dx = a f (x)dx.
Rb Rb
ii) | a f (x)dx| ≤ a |f (x)|dx.

Mohamed BENDAOUD 21
Chapitre 2

Calcul de primitives
Rb
L’écriture a f 0 (x)dx = f (b) − f (a) (pour f une fonction de classe C 1 ) nous amène
à calculer les primitives d’une fonction continue pour calculer son intégrale.
R
Soit f : I → R une fonction continue. L’écriture f (x)dx = F (x)+c, x ∈ I, signifie
que F est une primitive de f sur I et c est une constante arbitraire. Cette écriture peut être
valables sur plusieurs intervalles.
R dx
Exemple. L’écriture dx = ln(|x|) + c, x ∈ I, signifie que :
x
1
— sur R∗+ les primitives de x 7→ sont les fonctions x 7→ ln(x) + c ;
x
∗ 1
— sur R− les primitives de x 7→ sont les fonctions x 7→ ln(−x) + c.
x

2.1 Primitives élémentaires


Le tableau suivant donne pour chaque fonction f de la première colonne une primitive
F dans la seconde colonne et les conditions de validité correspondante sur la variable x
dans la troisième colonne.

22
Chapitre 2 2.2. Primitives des fractions rationnelles

f F conditions sur x
a (constante) ax aucune
n xn+1
x , n ∈ Z \ {−1} n+1
aucune si n ≥ 0, x 6= 0 si n < 0
xα+1
xα , α ∈ R \ {−1} α+1
x>0
1
ln(|x|) x 6= 0
x
ex ex aucune
ax
ax , a > 0 et a 6= 1 aucune
ln(a)
sin(x) − cos(x) aucune
cos(x) sin(x) aucune
tan(x) − ln(| cos(x)|) x 6= π2 + kπ
cot(x) ln(| sin(x)| x 6= kπ
1 π
= 1 + tan2 (x) tan(x) x 6= 2
+ kπ
cos2 (x)
1 1 1
2 =1+ 2
− cot(x) = − x 6= kπ
sin (x) tan (x) tan(x)
sinh(x) cosh(x) aucune
cosh(x) sinh(x) aucune
tanh(x) ln(cosh(x)) aucune
coth(x) ln(sinh(x)) x 6= 0
1
2 = 1 − tanh2 (x) tanh(x) aucune
cosh (x)
1 1 1
2 = 2 −1 − coth(x) = − x 6= 0
sinh (x) tanh (x) tanh(x)
1
√ arcsin(x) x ∈] − 1, 1[
1 − x2
1 x
√ ,a>0 arcsin( ) x ∈] − a, a[
a2 − x 2 a
1 √
√ arg sinh(x) = ln(x + 1 + x2 ) aucune
1 + x2
1 √
√ , a 6= 0 ln(x + a2 + x2 ) aucune
a2 + x 2
1 √
√ ln(|x + x2 − 1|) |x| > 1
x2 − 1
1 √
√ , a 6= 0 ln(x + x2 − a2 ) |x| > |a|
x2 − a2
1
arctan(x) aucune
1 + x2
1 1 x
2 2
, a 6= 0 arctan( ) aucune
a +x a a
1 1 x+a
, a 6= 0 ln(| |) x 6= ±a
a2 − x 2 2a x−a

Mohamed BENDAOUD 23
Chapitre 2 2.2. Primitives des fractions rationnelles

2.2 Primitives des fractions rationnelles


R
Pour calculer F d’une fraction rationnelle F on décompose F en éléments simples
sur R, et ainsi, puisque les seuls polynômes irréductibles de R[X] sont les polynômes de
degré 1 ou les polynômes de degré 2 à discriminant négatifs, on est ramener à calculer des
primitives de la forme
Z Z
dx ax + b
k
et 2 k
dx avec ∆ = c2 − 4d < 0 et k ∈ N∗ .
(x − a) (x + cx + d)

— La première primitive se calcule grace à l’expression



Z
dx  (x − a)−k+1
= 6 1;
+ c, si k =
(x − a) k −k + 1
 ln(|x − a|) + c, si k = 1.

ax + b
— Quand à la deuxième on écrit sous la forme
(x2 + cx + d)k

2α(x − p) β
2 2 k
+ .
[(x − p) + q ] [(x − p)2 + q 2 ]k

• La primitive du premier terme est donnée par


( α
2α(x − p) [(x − p)2 + q 2 ]1−k + c, si k =
6 1;
Z
2 2 k
= 1 − k
[(x − p) + q ] α ln[(x − p)2 + q 2 ], si k = 1.

• Pour celle du second terme, on commence par effectuer le changement de va-


R dt
riable t = x − p, ce qui ramène le calcul à celui de Ik = . En suite,
(t + q 2 )k
2
deux techniques sont à notre disposition.
 La première technique consiste à procéder par intégration par parties. Pour
tout k ≥ 1, on écrit

t2
Z
t t
Ik = 2 2 k
+ 2k 2 2 k+1
dt = 2 2 k
+ 2kIk − 2kq 2 Ik+1 ;
(t + q ) (t + q ) (t + q )

ce qui entraine que


t
2kq 2 Ik+1 = (2k − 1)Ik + .
(t2 + q 2 )k

Cette dernière relation permet de calculer Ik+1 connaissant Ik . Le calcul de


I1 est donné par
Z
dt 1 x
I1 = 2 2
= arctan( ) + c.
t +q q q
Remarquez que pour ramener le calcul de Ik à celui de Ik−1 , c’est Ik−1
qu’il faut intégrer par parties.

Mohamed BENDAOUD 24
Chapitre 2 2.4. Primitives des fractions rationnelles en cosinus et sinus

 Dans une deuxième technique on peut effectuer le changement de variable


π π
t = q tan(θ), θ ∈] − , [, de sorte que dt = q(1 + tan2 )dθ et
2 2
Z Z
1 dθ 1
Ik = 2k−1 2 k−1
= 2k−1 cos2k−2 dθ.
q (1 + tan ) q

Et le calcul de cette dernière primitive sera traité dans la section suivante.


t
Après l’avoir calculé, on remplace θ par arctan( ) puis t par x − p.
q
R dx
Exemple 2.2.1 Calculons I = dx. Notons que
x4 − x2 − 2
1 1 1
= − ;
x4 2
−x −2 2 2
3(x − 2) 3(x + 1)
ce qui entraine que

1 x− 2 1
I = √ ln | √ | − arctan(x) + c.
6 2 x+ 2 3

2.3 Primitives des fonctions en cosinus et sinus


Pour calculer I = sinm (x) cosn (x)dx ; où m, n ∈ N ; deux cas se présentent :
R

— L’un des entiers m ou n est impair, par exemple n = 2p + 1. On a alors


Z
I = sinm (x)[1 − sin2 (x)]p cos(x)dx,

et en effectuant en suite le changement Rde variables t = sin(x) de sorte que dt =


cos(x)dx, on se ramène à la primitive tm [1 − t2 ]p dt qui est, la primitive d’un
polynôme, facile à calculer.
Exemple 2.3.1 Pour calculer I = cos2 (x) sin3 (x)dx, posons t = sin(x) de
R
R t4 t6
sorte que dt = cos(x)dx et I = t3 (1 − t2 )dt = − + c. Il reste à remplacer
4 6
sin4 (x) sin6 (x)
t par sin(x) ; ce qui donne I = − + c.
4 6
— Les entiers m et n sont paires. On linéarise, en exprimant sinm (x) et cosn (x)
comme combinaison linéaire des fonctions de la forme sin(kx) et cos(kx).
R 4 eix + e−ix
Exemple 2.3.2 Pour calculer I = cos (x)dx, on écrit cos(x) = , ce
2
qui donne
1 cos(4x) cos(2x) 3
cos4 (x) = [ + + ];
8 8 2 8
1 sin(4x) sin(2x) 3
d’où on déduit la primitive cherchée I = [ + + x] + c.
8 32 4 8

Mohamed BENDAOUD 25
Chapitre 2 2.6. Primitives des fractions rationnelles en sinh(x) et cosh(x)

2.4 Primitives des fractions rationnelles en cosinus et si-


nus
R
Pour calculer R(sin(x), cos(x))dx ; où R est une fraction rationnelle, on effectue le
x 1
changement de variables t = tan( ). On aura dt = (1 + t2 )dx, et on se ramène au
2 2
R 2t 1 − t2 2dt
calcul de R( , ) qui est la primitive d’une fraction rationnelle.
1 + t2 1 + t2 1 + t2
Par exemple, en procédant de sorte, on trouve les primitives suivantes qu’il faut les
retenir :
Z Z
dx dt x
= = ln |t| + c = ln | tan( )| + c
sin(x) t 2
et Z Z
dx dx x π
= π = ln | tan( + )| + c.
cos(x) sin(x + 2 ) 2 4
Cette méthode amène parfois au calcul des primitives des fractions rationnelles dont
le dénominateur est de degré élevé. C’est pour cela, parfois on commence par effectuer le
changement de variables t = sin(x), t = cos(x) ou t = tan(x) qui simplifie parfois les
calculs. On peut à ce sujet utiliser la règle de Bioche présentée ci-dessous :
— si R(sin(x), cos(x))dx reste inchangé en changeant x par −x, on pose t = cos(x) ;
— si R(sin(x), cos(x))dx reste inchangé en changeant x par π − x, on pose t =
sin(x) ;
— si R(sin(x), cos(x))dx reste inchangé en changeant x par π + x, on pose t =
tan(x).
N’oublier pas que le terme dx doit faire partie de l’expression invariante.

R sin3 (x)
Exemple 2.4.1 Calculons I = dx. Posons t = cos(x) de sorte que
1 + cos2 (x)
dt = − sin(x)dx et

1 − t2
Z Z
2
I= 2
(−dt) = (1 − )dt = t − 2 arctan(t) + c.
1+t 1 + t2

Il reste à remplacer t par cos(x) ; ce qui donne I = cos(x) − 2 arctan(cos(x)) + c.

2.5 Primitives des fractions rationnelles en ex


R
Pour calculer R(ex )dx ; où R est une fraction rationnelle, on effectue le changement
de variables t = ex .
R 2ex + 1
Exemple 2.5.1 Calculons I = dx. Posons t = ex de sorte que
e2x + ex + 3
Z
2t + 1
I= dt = ln |t2 + t + 3| + c = ln(e2x + ex + 3) + c.
t2 +t+3

Mohamed BENDAOUD 26
Chapitre 2 2.8. Intégrales abéliennes

2.6 Primitives des fractions rationnelles en sinh(x) et cosh(x)


R
Pour calculer R(sinh(x), cosh(x))dx ; où R est une fraction rationnelle, trois mé-
thodes peuvent etre considérées :
— tout exprimer en fonction de ex ;
x
— faire le changement de variables t = tanh( ), ce qui ramène le calcul à celui de
2
R 2t 1 + t2 2dt
R( , ) ;
1 − t2 1 − t2 1 − t2
— effectuer un éventuel changement de variables t = sinh(x), t = cosh(x) ou t =
tanh(x).
dx
R
Exemple 2.6.1 Calculons I = . Posons t = ex de sorte que
cosh(x)
Z Z Z
2dx 2 dx dt
I= = =2 = 2 arctan(t)+c = 2 arctan(ex )+c.
ex + e−x 2x
(e + 1) e−x 2
t +1
R cosh(x)dx
Exemple 2.6.2 Calculons I = . Posons t = cosh(x) de sorte que
sinh(x) − 1
t−1 cosh(x) − 1
Z
dt 1 1
I= = ln(| |) + c = ln(| |) + c.
t2 −1 2 t+1 2 cosh(x) + 1
R
2.7 Primitives de la forme erxP (x)dx
Pour calculer erx P (x)dx ; où r ∈ R∗ et P ∈ R[X] on peut utiliser une intégration
R

par parties un nombre fini de fois.


R
Exemple 2.7.1 Calculons I = e2x (x2 − x + 1)dx. En utilisant une double intégration
par parties, on obtient
Z
1 2x 2 1 2x
I = e (x − x + 1) − e (2x − 1)dx
2 2
Z
1 2x 2 1 2x 1 2x
= e (x − x + 1) − e (2x − 1) + e dx
2 4 2
1 2x 2 1 1
= e (x − x + 1) − e2x (2x − 1) + e2x + c.
2 4 4
R R
Remarque 2.7.2 Les intégrales de la forme cos(rx)P (x)dx et sin(rx)P (x)dx ; où
r ∈ R∗ et P ∈ R[X] se traitent de la même manière.
R
Exemple 2.7.3 Calculons I = cos(2x)(x2 − x + 1)dx. En utilisant une double intégra-
tion par parties, on obtient
Z
1 2 1
I = sin(2x)(x − x + 1) − sin(2x)(2x − 1)dx
2 2
Z
1 2 1 1
= sin(2x)(x − x + 1) + cos(2x)(2x − 1) − cos(2x)dx
2 4 2
1 1 1
= sin(2x)(x2 − x + 1) + cos(2x)(2x − 1) + sin(2x) + c.
2 4 4

Mohamed BENDAOUD 27
Chapitre 2 2.8. Intégrales abéliennes

2.8 Intégrales abéliennes


r
R n ax + b
2.8.1 Primitives de la forme R(x, )dx
cx + d
r
ax + b
)dx ; où n ∈ N∗ , ad − bc 6= 0 et R est une fraction
R n
Pour calculer R(x,
cx + d r
ax + b
rationnelle en deux variables, on effectue le changement de variables t = n de
cx + d
dtn − b 0
R(g(t), t)g 0 (t)dt qui est la primitive
R
sorte que x = g(t) = , dx = g (t)dt et I =
a − ctn
d’une fraction rationnelle.
R 1 √
Exemple 2.8.1 Calculons I = √ √3
dx. Posons t = 6 1 + x de sorte que
1+x− 1+x
6 5
t = 1 + x, 6t dt = dx et
6t5
Z
I = dt
t3 − t2
6t3
Z
= dt
t−1
Z
6
= 6(t2 + t + 1) + dt
t−1
= 2t3 + 3t3 + 6t + 6 ln |t − 1| + c.
R √
2.8.2 Primitives de la forme R(x, ax2 + bx + c)dx
R √
Pour calculer R(x, ax2 + bx + c)dx avec a 6= 0, ∆ = b2 − 4ac 6= 0 et R est une
fraction rationnelle en deux variables, on traite selon les signes de a et ∆, les cas suivants :
— Si ∆ > 0, plusieurs cas se√présentent. √ p
• Si a < 0, on écrit y = ax2 + bx + c sous la forme y = −a q 2 − (x − p)2 ,
puis en√effectue le changement de variable x − p = q cos(θ) de sorte que
y = q −a sin(θ). On se ramène alors au calcul des primitives des fractions
rationnelles en cosinus et sinus. R √
Exemple 2.8.2 Calculons I = 1 − x2 dx. En posons t = cos(θ) de sorte
que dx = − sin(θ)dθ, on obtient :
cos(2θ) − 1
Z Z
2 sin(2θ) θ
I = − sin (θ)dθ = dθ = − +c
2 4 2
sin(θ) cos(θ) − θ
= +c
√ 2
x 1 − x2 − arccos(x)
= + c.
2
√ √ p
• Si a > 0, on écrit y = ax2 + bx + c sous la forme y = a (x − p)2 − q 2 ,
puis en effectue le√changement de variable x − p = qε cosh(t) avec ε = ±1
de sorte que y = q a sinh(t). On se ramène alors au calcul des primitives des
fractions rationnelles en cosinus et sinus hyperbolique.

Mohamed BENDAOUD 28
Chapitre 2 2.8. Intégrales abéliennes

• Quel que soit le signe de a, une autre méthode est d’écrire ax2 + bx + c =
a(x − α)(x − β) ; où α et β sont deux nombres réels distincts, puis


r
x−β
y = ax2 + bx + c = |x − α| a( )
x−α
et on se ramène au cas de premier type des primitives abéliennes traités ci-
dessus.
— Si ∆ √< 0, alors ax2 + bx + c a le signe√depa, et on doit avoir a > 0. On écrit
y = ax + bx + c sous la forme y = a (x − p)2 + q 2√
2 , puis en effectue le
changement de variable x − p = q sinh(t) de sorte que y = q a cosh(t).

Remarque 2.8.3 Lorsque a > 0, on peut également effectuer le changement de variable


√ √ √
y = ax2 + bx + c = x a + t ou y = −x a + t.

L’idée
√ sous jacente est la paramétrisation de la partie d’hyperbole H d’équation y =
ax2 + bx + c par une droite D parallèle à une asymptote
√ de H (D√ coupe H en un point
unique). Ce type de droite a pour équation y = x a + t ou y = −x a + t, t ∈ R.

Autres astuces de calcul : R√


— Les primitives de la forme ax2 + bx + cdx peuvent se calculer en intégrant
par parties. R√
Exemple 2.8.4 Calculons I = x2 − 1dx. En intégrant par parties, on ob-
tient :
√ Z
x2 √ Z
(x2 − 1) + 1
I =x x −1− √
2 2
dx = x x − 1 − √ dx;
x2 − 1 x2 − 1
ce qui montre que
√ Z
1 √ √
2I = x x − 1 − √
2 dx = x x2 − 1 − ln |x + x2 − 1| + c.
x2 − 1
√ √
— Le calcul des primitives de fonctions de la forme R(x, αx + β, δx + γ), où R
est une fraction
√ rationnelle en trois variables se ramène, après
R le changement
√ de va-
riable t = δx + γ, à un calcul de primitives de la forme F (t, at2 + bt + c)dt
avec F une fraction rationnelle.
R dx
— Le calcul des primitives de la forme √ est considérable-
(x + a)n ax2 + bx + c
1
ment simplifié en effectuant le changement de variable t = .
x+a

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