Bendaoud
Bendaoud
Calcul Intégral
..........................................................................................................................
École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers, Marjane II, B.P. 15290, Al Mansour, Meknès
Tél : +212(0)535457160/61- +212(0)648313896
Fax : +212(0)535467163, E-mail : [email protected]
Table des matières
Introduction 4
1 Intégral de Riemann 5
1.1 Intégrale de fonctions en escaliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Fonctions Riemann-intégrables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 Sommes de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.4 Propriétés des fonctions Riemann-intégrales . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.5 Intégration des fonctions complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2 Calcul de primitives 22
2.1 Primitives élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.2 Primitives des fractions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.3 Primitives des fonctions en cosinus et sinus . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.4 Primitives des fractions rationnelles en cosinus et sinus . . . . . . . . . . 26
2.5 Primitives des fractions rationnelles en ex . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.6 Primitives des fractionsR rationnelles en sinh(x) et cosh(x) . . . . . . . . 27
2.7 Primitives de la forme erx P (x)dx . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.8 Intégrales abéliennes . . . . . . . . .r. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
R ax + b
2.8.1 Primitives de la forme R(x, n )dx . . . . . . . . . . . . 28
R √ cx + d
2.8.2 Primitives de la forme R(x, ax2 + bx + c)dx . . . . . . . . . 28
3 Intégrales généralisées 30
3.1 Définitions et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3.2 Convergence des intégrales de fonctions positives . . . . . . . . . . . . . 33
3.3 Intégrales de Bertrand . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.4 Intégrales semi-convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2
Table des figures
3
Introduction
Introduction
La théorie d’intégration remonte au IVème siècle avant notre ère avec la recherche du
calcul de l’aire d’une surface. Archimède avait déjà évaluer l’aire d’une surface délimitée
par une parabole et une droite. Ses calculs furent repris au IXème siècle par les savants
arabes. Dès 1636, Pierre de Fermat carra les courbes x 7→ xn ; où n est un entier naturel.
Au cour de la seconde moitié du XVII ème siècle Newton et Leibniz fondèrent le calcul
infinitésimal. Newton calcula l’aire d’une courbe y = f (x) en inversant les opérations de
dérivation ( aujourd’hui on dirait : en utilisant la notion de primitive). À l’inverse, Leibniz
interpréta les aires comme des sommes de rectangles infinitésimaux.
En 1823, Cauchy rassembla leur résultats et donna le premier une définition précise de
l’intégrale. C’est surtout Riemann qui, en 1824, développa la théorie de l’intégration. Il
définit son intégrale à l’aide des fameuses "sommes de Riemann". Enfin, Lebesgue, dans
sa thèse de 1902, présenta des idées révolutionnaires sur le concept d’intégrale. Il éclaira
bien des difficultés des discussions du XIXème siècle, et fournit un cadre général simpli-
fié à de nombreux théorèmes, alors que la théorie de Riemann multipliait les hypothèses
et les conditions restrictives. L’intégrale de Lebesgue n’est pas au programme des classes
préparatoires scientifiques, et nous étudierons ici l’intégrale de Riemann.
Situé dans le cadre de l’analyse générale, ce cours a pour but de donner aux étudiants
une formation, de base, au calcul d’intégrales de Riemann. Ce cours s’articule sur trois
parties. La première partie s’intéresse à la théorie d’intégration et aux fonctions Riemann-
intégrables. La deuxième partie est consacrée au calcul de primitives. Tandis que la der-
nière partie est destinée aux intégrales impropres.
Ces notes de cous constituent une introduction à la théorie d’intégration, domaine fas-
cinant de l’analyse aux nombreuses ramifications. Ces notes ne vous seront profitables
que si vous préparez régulièrement et sérieusement les T.D.s et ne vous dispensent bien
évidement pas d’assister au cours.
N’hésitez pas à me signaler les erreurs et les coquilles qui subsisteraient dans ces
notes. Vos suggestions sont les bienvenues, c’est grâce à elles que ces notes pourront être
améliorées pour vos camarades des prochaines années. J’espère que ce polycopié vous
sera utile et vous en souhaite une bonne lecture.
Mohamed BENDAOUD 4
Chapitre 1
Intégral de Riemann
• • • • • •
a = x0 x1 xk xk+1 xn−1 b = xn
Définition 1.1.2 Une application f : [a, b] → R est dite en escalier s’il existe une sub-
division σ = (x0 , x1 , . . . , xn ) de [a, b] telle que f est constante sur chaque intervalle
Ik =]xk , xk+1 [. Une telle subdivision σ est dite adaptée à f (voir Figure 1.2 ci-dessous).
Remarque 1.1.3
1) Toute fonction en escalier sur [a, b] est bornée.
2) Soient f et g sont deux fonctions en escalier sur [a, b] et λ ∈ R. Alors
• f ± g, λf , f g, |f |, sup(f, g), inf(f, g) sont escalier sur [a, b] ;
1 f
• et sont en escalier sur [a, b] si g(x) 6= 0 pour tout x ∈ [a, b].
g g
Proposition 1.1.4 Soit f : [a, b] → R une fonction en escalier et σ = (x0 , x1 , . . . , xn )
une subdivision adaptée à f de sorte que, pour tout k ∈ {0, 1, . . . , n−1}, f (x) = ck , ∀x ∈
n−1
X
]xk , xk+1 [. Le nombre I(f, σ) := ck (xk+1 − xk ) est indépendant de σ. On l’appelle
k=0
Rb
l’intégrale de f sur [a, b] et se note a
f (x)dx.
5
Chapitre 1 1.2. Fonctions Riemann-intégrables
•
c0 •
•
cn−1 • •
•
• • • • • • x
O a = x0 x1 xk xk+1 xn−1 b = xn
ck • • •
Preuve. Il suffit de remarquer que si σ 0 est une autre subdivision adaptée à f , alors
I(f, σ) = I(f, σ 00 ) = I(f, σ 0 ) ; où σ 00 = σ ∪ σ 0 .
Mohamed BENDAOUD 6
Chapitre 1 1.2. Fonctions Riemann-intégrables
•
c0 •
•
cn−1 • •
•
ck • • •
• • • • • • x
O a = x0 x1 xk xk+1 xn−1 b = xn
y
Cψ
c00
c0 • Cf
0
cn−1
cn−1 •
c0k Cϕ
ck •
• • • • • • x
O a = x0 x1 xk xk+1 xn−1 b = xn
Remarque 1.2.2
1) Toute fonction en escalier sur [a, b] est Riemann-intégrable.
Mohamed BENDAOUD 7
Chapitre 1 1.2. Fonctions Riemann-intégrables
2) Toute fonction Riemann-intégrable sur [a, b] est bornée du fait que toute fonction
en escalier est bornée.
Proposition 1.2.3 Soit f : [a, b] → R une fonction Riemann-intégrable, et, pour tout
n ∈ N∗ , soit ϕn et ψn en escalier sur [a, b] telles que
Z b
1
ϕn ≤ f ≤ ψn et ψn (x) − ϕn (x)dx < .
a n
Rb
La suite de terme général un = a ϕn (x)dx est une suite convergente et sa limite ne
Rb
dépend que de f . Cette limite on la note a f (x)dx et on l’appelle l’intégrale de f sur
[a, b].
1
|u0n − un | < −→ 0 quand n −→ +∞.
n
D’où lim u0n = lim un , c.-à-d., ` = `0 .
n−→+∞ n−→+∞
Remarque 1.2.4
R b De même on montre que, dans la proposition ci-dessus, la suite de terme
général vn = a ψn (x)dx est une suite convergente et sa limite est
Z b
lim vn = f (x)dx.
n−→+∞ a
Mohamed BENDAOUD 8
Chapitre 1 1.2. Fonctions Riemann-intégrables
y
Cf
• • x
O
x=a x=b
Rb Ra Ra
Convention. On convient que a f (x)dx = − b a(x)dx et que a f (x)dx = 0 pour
toute fonction f intégrable sur [a, b].
Proposition 1.2.6
1) Toute fonction monotone bornée sur [a, b] est intégrable.
2) Toute fonction continue sur [a, b] est intégrable.
Preuve. 1) Supposons que f est croissante sur [a, b] et soit σ = (x0 , x1 , . . . , xn ) une
(b − a) (b − a)
subdivision de [a, b] définie par xk = a + k de sorte que xk+1 − xk =
n n
pour tout 0 ≤ k ≤ n − 1. Les fonctions en escalier ϕn et ψn définies par ϕn (x) = f (xk )
Mohamed BENDAOUD 9
Chapitre 1 1.2. Fonctions Riemann-intégrables
Proposition 1.2.8 Soit f : [a, b] → R une application localement intégrable sur ]a, b[ et
bornée sur [a, b]. Alors f est intégrable sur [a, b].
b−a
Preuve. Soit M > 0 tel que |f (x)| ≤ M , ∀x ∈ [a, b], et soit ε > 0 tel que ε < .
2
Comme f est intégrable sur [a + ε, b − ε], alors il existe ϕ et ψ en escalier sur [a + ε, b − ε]
Mohamed BENDAOUD 10
Chapitre 1 1.3. Sommes de Riemann
R b−ε
telles que ϕ ≤ f ≤ ψ sur [a + ε, b − ε] et a+ε ψ(x) − ϕ(x)dx < ε. Les fonctions en
escalier ϕ0 et ψ 0 définies par
0 ϕ sur [a + ε, b − ε] ; 0 ψ sur [a + ε, b − ε] ;
ϕ = et ψ =
−M sur [a, a + ε[∪]b − ε, b] M sur [a, a + ε[∪]b − ε, b]
1
s’appelle une somme de Riemann de f pour une pas de pointée aux points (ξk )0≤k≤n−1 .
n
Proposition 1.3.2 Soit f : [a, b] → R une fonction intégrable. Pour n ≥ 1, soit σ =
1
(x0 , x1 , . . . , xn ) une subdivision de [a, b] de pas , et soit (ξk )0≤k≤n−1 une suite de points
n
telle que ξk ∈ [xk , xk+1 ] pour tout 0 ≤ k ≤ n − 1. Alors
n−1
X Z b
lim (xk+1 − xk )f (ξk ) = f (x)dx.
n−→+∞ a
k=0
Considérons la fonction en escalier ϕ0n définie par ϕ0n (x) = f (ξk ) pour tout x ∈ [xk , xk+1 [,
et notons que ϕn ≤ ϕ0n ≤ ψn et que
Z b Z b n−1
X Z b
ϕn (x)dx ≤ ϕ0n (x)dx = (xk+1 − xk )f (ξk ) ≤ ψn (x)dx.
a a k=0 a
Mohamed BENDAOUD 11
Chapitre 1 1.4. Propriétés des fonctions Riemann-intégrales
Z b Z b Z b
puisque lim ϕn (x)dx = lim ψn (x)dx = f (x)dx.
n−→+∞ a n−→+∞ a a
Preuve. Pour tout n ≥ 1, soit σ = (x0 , x1 , . . . , xn ) une subdivision de [a, b] telle que
b−a (b − a)
xk+1 − xk = , c.-à-d., xk = a + k pour tout 0 ≤ k ≤ n − 1. En appliquant
n n
la proposition précédente au points ξk = xk , 0 ≤ k ≤ n − 1, on obtient
n−1 b
b−aX (b − a)
Z
lim f (a + k )= f (x)dx.
n−→+∞ n k=0 n a
n
X 1
Exemple 1.3.4 Montrons que la suite de terme général sn = est convergente
k=1
n+k
et calculons sa limite.
1
Soit f : [0, 1] → R l’application définie par f (x) = , ∀x ∈ [0, 1]. La continuité
1+x
de f implique son intégrabilité. Ainsi, d’après la proposition ci-dessus, la suite (sn )n est
convergente et sa limite est
n n
X 1 1X 1
lim sn = lim = lim k
n−→+∞ n−→+∞
k=1
n+k n−→+∞ n
k=1
1+ n
n
1−0X (1 − 0)
= lim f (0 + k )
n−→+∞ n k=1 n
Z 1
= f (x)dx
0
Z 1
1
= dx
0 1+x
= ln(2)
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Chapitre 1 1.4. Propriétés des fonctions Riemann-intégrales
Preuve. 1) Soit n ∈ N∗ et ϕn , ψn , ϕ0n et ψn0 des fonctions en escalier sur [a, b] telles que
Z b Z b
0 0 1 1
ϕn ≤ f ≤ ψn , ϕn ≤ g ≤ ψn ψn (x) − ϕn (x)dx < et ψn0 (x) − ϕ0n (x)dx < .
a n a n
Rb 2
Alors ϕn + ϕ0n ≤ f + g ≤ ψn + ψn0 et a
(ψn + ψn0 )(x) − (ϕn + ϕ0n )(x)dx < , donc
n
f + g est intégrable sur [a, b]. De plus
Z b Z b
f (x) + g(x)dx = lim ϕn (x) + ϕ0n (x)dx
a n−→+∞ a
Z b Z b
= lim ϕn (x)dx + lim ϕ0n (x)dx
n−→+∞ a n−→+∞ a
Z b Z b
= f (x)dx + g(x)dx.
a a
Les autres propriétés à faire en exercices. En fait on utilise les remarques suivantes :
• Si h est intégrable sur [a, b], alors sup(h, 0) est intégrable. En effet, si ϕ et ψ
Rb
sont en escaliers sur [a, b] vérifaint ϕ ≤ h ≤ ψ et a ψ(x) − ϕ(x)dx < ε, alors
Rb
sup(ϕ, 0) ≤ sup(h, 0) ≤ sup(ψ, 0) et a (sup(ψ, 0) − sup(ϕ, 0))(x)dx < ε du fait
que, en discutant ϕ ≥ 0 ou ϕ ≤ 0 on aura sup(ψ, 0) − ψ ≤ sup(ϕ, 0) − ϕ, ce qui
est équivaut à sup(ψ, 0) − sup(ϕ, 0) ≤ ψ − ϕ.
• sup(f, g) = f + sup(g − f, 0).
• inf(f, g) = − sup(−f, −g).
• |f | = − sup(f, −f ).
• f g = (f + g + + f − g − ) − (g + f − + f + g − ) ; où f + = sup(f, 0) et f − = sup(−f, 0).
Proposition 1.4.2 Soit f et g deux fonctions intégrables sur [a, b]. Alors
Rb
1) f ≥ 0 =⇒ a f (x)dx ≥ 0 ;
Rb Rb
2) f ≥ g =⇒ a f (x)dx ≥ a g(x)dx.
Z b
m(b − a) ≤ f (x)dx ≤ M (b − a).
a
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Chapitre 1 1.4. Propriétés des fonctions Riemann-intégrales
Preuve. 1) Soit (ϕn )n≥1 et (ψn )n≥1 des fonctions en escalier sur [a, b] telles que
Z b
1
ϕn ≤ f ≤ ψn et ψn (x) − ϕn (x)dx < .
a n
Z b
Rb Rb
Alors a f (x)dx = lim ψn (x) ≥ 0 puisque a ψn (x) ≥ 0 du fait que ψn est en
n−→+∞ a
escalier et ψ ≥ 0 sur [a, b].
2) Est une conséquence de 1) du fait que
f ≥ g =⇒ f − g ≥ 0
Z b
=⇒ f (x) − g(x)dx ≥ 0
a
Z b Z b
=⇒ f (x)dx − g(x)dx ≥ 0
a a
Z b Z b
=⇒ f (x)dx ≥ g(x)dx.
a a
Mohamed BENDAOUD 14
Chapitre 1 1.4. Propriétés des fonctions Riemann-intégrales
Inversement, supposons que f est intégrable sur [a, c] et [c, b]. Soit ϕn et ψn des fonc-
tions en escalier sur [a, c] et soit ϕ0n et ψn0 des fonctions en escalier sur [c, b] telles que
Z c
1
ϕn ≤ f ≤ ψn sur [a, c] et ψn (x) − ϕn (x)dx < .
a n
et Z b
0 0 1
ϕn ≤ f ≤ ψn sur [c, b] et ψn (x) − ϕn (x)dx < .
c n
Les fonctions en escalier ϕ00n et ψn00 définies sur [a, b] par
00 ϕ sur [a, c] 00 ψ sur [a, c]
ϕn = 0 et ψn =
ϕ sur [c, b] ψ 0 sur [c, b]
Z b Z b Z b
mf ≤ f g ≤ M g et m g(x)dx ≤ f (x)g(x)dx ≤ M g(x)dx.
a a a
Rb Rb
Ainsi, si a g(x)dx = 0, alors a f (x)g(x)dx = 0 et c est arbitraire.
Rb
Si a g(x)dx 6= 0, alors
Rb
a
f (x)g(x)dx
m≤ Rb ≤ M,
a
g(x)dx
Mohamed BENDAOUD 15
Chapitre 1 1.4. Propriétés des fonctions Riemann-intégrales
F : [a, b] → R
Z x
x 7→ f (t)dt
a
Preuve. Soit x ∈ [a, b] et h ∈ R tel que x + h ∈ [a, b]. D’après la 1ère formule de la
moyenne, il existe cx,h ∈ [x, x + h] tel que
Z x+h Z x Z x+h
F (x + h) − F (x) = f (t)dt − f (t)dt = f (t)dt = f (cx,h )h.
a a x
Ainsi,
F (x + h) − F (x) f (cx,h )h
lim = lim = lim f (cx,h ) = f (x)
h−→0 h h−→0 h h−→0
Corollaire 1.4.7 Si f : [a, b] → R est une fonction continue, alors f admet une primitive.
Rb
De plus, si F est une primitive de f , alors a f (t)dt = [F (x)]ba = F (b) − F (a).
Rx
Preuve. D’après la proposition ci-dessus, l’application x 7→ a fR(t)dt est bien une pri-
x
mitive de f . De plus, si F est une primitive de f , alors F (x) = a f (t)dt + c pour une
Rb
certaine constante c. Par suite [F (x)]ba = F (b) − F (a) = a f (t)dt.
Remarque 1.4.8 Une fonction intégrable n’admet pas nécessairement une primitive. Par
exemple la fonction
f : [−a, a] → R
1, si x = 0
x 7→
2, si x 6= 0
est bien intégrable, mais elle n’admet pas de primitive. Car si F : [−a, a] → R est une
primitive de f , alors F est dérivable sur [−a, a] et F (x) = 2x + c, ∀x ∈ [−a, a] \ {0}. En
particulier, F est continue et F (0) = lim F (x) = c. Par suite
x−→0
F (x) − F (0) 2x
1 = f (0) = F 0 (0) = lim = lim = 2;
x−→0 x x−→0 x
Mohamed BENDAOUD 16
Chapitre 1 1.4. Propriétés des fonctions Riemann-intégrales
Parfois on ne sait pas calculer directement l’intégrale d’une fonction s’écrivant comme
un produit f 0 (x)g(x) mais si l’on sait calculer l’intégrale de f (x)g 0 (x) (que l’on espère
plus simple), la formule d’intégration par parties sera alors utile.
Exemple 1.4.10
R1
1) Calculons 0 xex dx.
Posons f (x) = x et g 0 (x) = ex , et notons que g 0 (x) = 1 et qu’une primitive de g 0
est simplement g(x) = ex . Ainsi, par la formule d’intégration par parties,
R1 x R1
0
xe dx = f (x)g 0 (x) dx
0 1 R 1
= f (x)g(x) 0 − 0 f 0 (x)g(x) dx
1 R1
= xex 0 − 0 1 · ex dx
1
= 1 · e1 − 0 · e0 − ex 0
= e − (e1 − e0 )
= 1.
Re
2) Calculons 1 x ln x dx.
2
Posons u = ln x et v 0 = x, et notons que u0 = x1 et v = x2 . Ainsi,
Z e Z e Z e Z e
0
e 0
x2 e
1 x2
ln x · x dx = uv = uv 1 − u v = ln x · 2 1 − x 2
dx
1 1 1 1
1 e
Z
e2 12 2 1 h x2 ie e2 e2 1 2
= ln e 2 − ln 1 2 − 2 x dx = e2 − 2
= 2 − 4 + 4 = e 4+1 .
1 2 1
R1
3) Calculons 0 arcsin x dx.
Pour déterminer une primitive de arcsin x nous faisons artificiellement apparaître
un produit en écrivant arcsin x = 1 · arcsin x pour appliquer la formule d’inté-
gration par parties. On pose u = arcsin x, v 0 = 1 (et donc u0 = √1−x 1
2 et v = x)
alors
Z 1 Z 1
1 x
1 · arcsin x dx = x arcsin x 0 − √ dx
0 0 1 − x2
π √ 1
= − − 1 − x2 0
2
π
= − 1.
2
Mohamed BENDAOUD 17
Chapitre 1 1.4. Propriétés des fonctions Riemann-intégrales
R1
4) Calculons 0 x2 ex dx.
En utilisant une double intégration par parties, on obtient
Z 1 Z 1
2 x
2 x 1
x e dx = x e 0 − 2 xex dx
0 0
Z 1
= e−2 xex dx
0
Z 1
x 1
= e − 2( xe 0 − ex dx)
0
x 1
= e − 2(e − e 0 )
= e.
Preuve. Notons que [ϕ(a), ϕ(b)] ⊆ I et f est continue sur I. Donc f admet une primitive
R ϕ(b) ϕ(b)
F sur [ϕ(a), ϕ(b)] et ϕ(a) f (x)dx = [F ]ϕ(a) . D’autre part, F 0 = f qui est continue ; donc
F ◦ ϕ est de classe C 1 et (F ◦ ϕ)0 = (f ◦ ϕ)ϕ0 est aussi continue sur [a, b]. D’où (f ◦ ϕ)ϕ0
Rb ϕ(b) R ϕ(b)
est intégrable sur [a, b]. De plus a f (ϕ(t))ϕ0 (t)dt = [F ◦ ϕ]ba = [F ]ϕ(a) = ϕ(a) f (x)dx.
Pour l’économiser dans la mémoire, si on pose x = ϕ(t) alors par dérivation on obtient
R ϕ(b) Rb
dx
dt
= ϕ0 (t) et donc dx = ϕ0 (t) dt. D’où la substitution ϕ(a) f (x) dx = a f (ϕ(t)) ϕ0 (t) dt.
R 1/2
Exemple 1.4.12 Calculons 0 (1−xx2 )3/2 dx.
Soit le changement de variable u = ϕ(x) = 1 − x2 . Alors du = ϕ0 (x) dx = −2x dx.
Pour x = 0 on a u = ϕ(0) = 1 et pour x = 21 on a u = ϕ( 21 ) = 43 . Ainsi,
Z 1/2 Z 3/4 −du Z 3/4
x dx 1 1 3/4
= 2
=− u−3/2 du = − − 2u−1/2 1
0 (1 − x2 )3/2 1 u3/2 2 1 2
1 3/4
= √ 1
u
1
= q −1
3
4
2
= √ − 1.
3
Remarque 1.4.13 En conjuguant le théorème de changement de variables avec la rela-
tion de Chasles on obtient :
1) Soit f : [−a, a] → R uneR fonction continue.
a Ra
• Si f est paire, alors −a f (x)dx = 2 0 f (x)dx.
Ra
• Si f est impaire, alors −a f (x)dx = 0.
R a+T RT
2) Si f : R → R est T -périodique, alors a f (x)dx = 0 f (x)dx pour tout a ∈ R.
Mohamed BENDAOUD 18
Chapitre 1 1.4. Propriétés des fonctions Riemann-intégrales
3) On peut montrer que les propriétés dans la remarque 1) ci-dessus restent vraies
en supposant f seulement intégrable.
Rb
Proposition 1.4.14 Soit f : [a, b] → R une fonction continue et positive. Si a
f (x)dx =
0, alors f est nulle.
f (x0 )
Preuve. Si f est non nulle, alors il existe x0 ∈ [a, b] tel que f (x0 ) > 0. Soit ε = >
2
0. Puisque f est continue en x0 , il existe η > 0 tel que, pour tout x ∈ [a, b] vérifiant
|x − x0 | < η, on a |f (x) − f (x0 )| < ε, c.-à-d., f (x0 ) − ε < f (x) < f (x0 ) + ε ou encore
f (x0 ) 3f (x0 )
< f (x) < .
2 2
Ceci entraine que
Z b Z x0 +η Z x0 +η
f (x0 )
0= f (x)dx ≥ f (x)dx ≥ dx = ηf (x0 ) > 0;
a x0 −η x0 −η 2
ce qui est absurde. Ainsi, f est nulle et la preuve est alors complète.
De plus si f est g sont continues, alors cette inégalité est une égalité si et seulement si f
et g sont colinéaires, c.-à-d., il existe λ ∈ R tel que f = λg ou g = λf .
est donc
R bnégatif2ou nul, ce qui donne l’inégalité annoncée.
Si a (f (x)) dx = 0, alors la fonction P (λ) est une fonction affine (polynomiale de
Rb
degré 1) de signe constant, donc a f (x)g(x)dx = 0 et l’inégalité est aussi vérifiée.
D’autre part, si f = λg pour une certaine constante λ, alors l’inégalité est clairement
une égalité. Inversement supposons qu’on a égalité, c.-à-d.,
Z b Z b Z b
2 2
( f (x)g(x)dx) = f (x)dx g 2 (x)dx.
a a a
Mohamed BENDAOUD 19
Chapitre 1 1.5. Intégration des fonctions complexes
Comme la fonction (λf (x) + g(x))2 est continue et positive sur [a, b], elle est donc nulle ;
ce qui montre que f et g sont colinéaires et achève la preuve.
De plus si f est g sont continues, alors cette inégalité est une égalité si et seulement si f
et g sont colinéaires, c.-à-d., il existe λ ∈ R tel que f = λg ou g = λf .
Rb qR qR
b b
L’inégalité de Cauchy-Schwarz donne a f (x)g(x)dx ≤ a a
f 2 (x)dx
g 2 (x)dx, et
donc
s 2 s s s 2
Z b Z b Z b Z b Z b
(f (x) + g(x))2 dx ≤ f (x)2 dx + 2 f 2 (x)dx g 2 (x)dx + g 2 (x)dx
a a a a a
s s 2
Z b Z b
= f 2 (x)dx + g 2 (x)dx ;
a a
ce qui donne l’inégalité annoncée. De plus, si f est g sont continues, alors cette inégalité
est une égalité si et seulement si on a égalité dans l’inégalité de Cauchy-Schwarz, ce qui
est équivaut à f et g sont colinéaires.
Mohamed BENDAOUD 20
Chapitre 1 1.5. Intégration des fonctions complexes
Remarque 1.5.2
1) La plus part des propriétés de des intégrales des fonctions réelles restent valables
pour les fonctions complexes (linéarité, relation de Chasles, ...).
2) Soit f : [a, b] → C une application. Alors en particulier
i) f est intégrable sur [a, b] si et seulement si f est intégrable sur [a, b], et dans
Rb Rb
ce cas a f (x)dx = a f (x)dx.
Rb Rb
ii) | a f (x)dx| ≤ a |f (x)|dx.
Mohamed BENDAOUD 21
Chapitre 2
Calcul de primitives
Rb
L’écriture a f 0 (x)dx = f (b) − f (a) (pour f une fonction de classe C 1 ) nous amène
à calculer les primitives d’une fonction continue pour calculer son intégrale.
R
Soit f : I → R une fonction continue. L’écriture f (x)dx = F (x)+c, x ∈ I, signifie
que F est une primitive de f sur I et c est une constante arbitraire. Cette écriture peut être
valables sur plusieurs intervalles.
R dx
Exemple. L’écriture dx = ln(|x|) + c, x ∈ I, signifie que :
x
1
— sur R∗+ les primitives de x 7→ sont les fonctions x 7→ ln(x) + c ;
x
∗ 1
— sur R− les primitives de x 7→ sont les fonctions x 7→ ln(−x) + c.
x
22
Chapitre 2 2.2. Primitives des fractions rationnelles
f F conditions sur x
a (constante) ax aucune
n xn+1
x , n ∈ Z \ {−1} n+1
aucune si n ≥ 0, x 6= 0 si n < 0
xα+1
xα , α ∈ R \ {−1} α+1
x>0
1
ln(|x|) x 6= 0
x
ex ex aucune
ax
ax , a > 0 et a 6= 1 aucune
ln(a)
sin(x) − cos(x) aucune
cos(x) sin(x) aucune
tan(x) − ln(| cos(x)|) x 6= π2 + kπ
cot(x) ln(| sin(x)| x 6= kπ
1 π
= 1 + tan2 (x) tan(x) x 6= 2
+ kπ
cos2 (x)
1 1 1
2 =1+ 2
− cot(x) = − x 6= kπ
sin (x) tan (x) tan(x)
sinh(x) cosh(x) aucune
cosh(x) sinh(x) aucune
tanh(x) ln(cosh(x)) aucune
coth(x) ln(sinh(x)) x 6= 0
1
2 = 1 − tanh2 (x) tanh(x) aucune
cosh (x)
1 1 1
2 = 2 −1 − coth(x) = − x 6= 0
sinh (x) tanh (x) tanh(x)
1
√ arcsin(x) x ∈] − 1, 1[
1 − x2
1 x
√ ,a>0 arcsin( ) x ∈] − a, a[
a2 − x 2 a
1 √
√ arg sinh(x) = ln(x + 1 + x2 ) aucune
1 + x2
1 √
√ , a 6= 0 ln(x + a2 + x2 ) aucune
a2 + x 2
1 √
√ ln(|x + x2 − 1|) |x| > 1
x2 − 1
1 √
√ , a 6= 0 ln(x + x2 − a2 ) |x| > |a|
x2 − a2
1
arctan(x) aucune
1 + x2
1 1 x
2 2
, a 6= 0 arctan( ) aucune
a +x a a
1 1 x+a
, a 6= 0 ln(| |) x 6= ±a
a2 − x 2 2a x−a
Mohamed BENDAOUD 23
Chapitre 2 2.2. Primitives des fractions rationnelles
ax + b
— Quand à la deuxième on écrit sous la forme
(x2 + cx + d)k
2α(x − p) β
2 2 k
+ .
[(x − p) + q ] [(x − p)2 + q 2 ]k
t2
Z
t t
Ik = 2 2 k
+ 2k 2 2 k+1
dt = 2 2 k
+ 2kIk − 2kq 2 Ik+1 ;
(t + q ) (t + q ) (t + q )
Mohamed BENDAOUD 24
Chapitre 2 2.4. Primitives des fractions rationnelles en cosinus et sinus
Mohamed BENDAOUD 25
Chapitre 2 2.6. Primitives des fractions rationnelles en sinh(x) et cosh(x)
R sin3 (x)
Exemple 2.4.1 Calculons I = dx. Posons t = cos(x) de sorte que
1 + cos2 (x)
dt = − sin(x)dx et
1 − t2
Z Z
2
I= 2
(−dt) = (1 − )dt = t − 2 arctan(t) + c.
1+t 1 + t2
Mohamed BENDAOUD 26
Chapitre 2 2.8. Intégrales abéliennes
Mohamed BENDAOUD 27
Chapitre 2 2.8. Intégrales abéliennes
Mohamed BENDAOUD 28
Chapitre 2 2.8. Intégrales abéliennes
• Quel que soit le signe de a, une autre méthode est d’écrire ax2 + bx + c =
a(x − α)(x − β) ; où α et β sont deux nombres réels distincts, puis
√
r
x−β
y = ax2 + bx + c = |x − α| a( )
x−α
et on se ramène au cas de premier type des primitives abéliennes traités ci-
dessus.
— Si ∆ √< 0, alors ax2 + bx + c a le signe√depa, et on doit avoir a > 0. On écrit
y = ax + bx + c sous la forme y = a (x − p)2 + q 2√
2 , puis en effectue le
changement de variable x − p = q sinh(t) de sorte que y = q a cosh(t).
L’idée
√ sous jacente est la paramétrisation de la partie d’hyperbole H d’équation y =
ax2 + bx + c par une droite D parallèle à une asymptote
√ de H (D√ coupe H en un point
unique). Ce type de droite a pour équation y = x a + t ou y = −x a + t, t ∈ R.
Mohamed BENDAOUD 29