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Histoire de l'exploitation forestière en Côte d'Ivoire

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DES COUPEURS DE BOIS AUX PREMISSES D'UNE FILIÈRE:

L'EXPLOITATIONDE LA RESSOURCE FORESTIÈRE


EN CôTE-D'IVOIRE 1880-1945

F. Verdeaux,S.P. Ekanza

INTRODUCTION
Une histoire konomique et sociale de la filibe bois: pourquoi et comment ?
1. Intérêt par rapport à l'histoire économique et sociale de Ia Côte-d'Ivoire
1.1. Son importance actuelle (en valeur 3e secteur d'exportation) n'est pas une nouveaute. I1
s'agit au contrairedu plus ancien produit d'exportationencore [Link] constanceconere 2 la
filiere une valeur exemplaireet un rôle moteur ancien dans l'economienationale.
1.2. L'histoire de l'exploitation forestikre se confond avec celle de la Côte-d'Ivoire
[Link] exportations deviennent systematiques et les volumes significatifs dans les dix
dernieres ann& du XIXe sikcle. Par paliers et non sans quelques regressions spectaculaires,la
production ne cessera de croître au moins en volume jusqu'au debut des annks 1980 (3 millions de
tonnes).
Tenter d'krirecette histoire c'est donc simultanementeffectuer une sortede coupe longitudinale
de l'histoirede ce pays. Certes la filiere bois ne constitue qu'un point de vue particulier qui ne peut
rendre compte de tout. Mais s'agissant de la plus constante des productions ivoiriennes,nombre
d'kpisodes (guerres, crises...)marquants de l'histoire generale se sont inscrits dans l'evolution du
secteur,lequel recoupe en outre trb directement quelques-unes de ses tendances et phknomknes
caracteristiques :
- dkveloppement de l'agriculturede plantation;
- politique de "miseen valeur" et division du travail entre categories d'acteurs;
- rapport entre facteurcapital et facteur travail :(phasede mobilisation forcée de la main-doeuvre;
pas de marche du travail et relations Etadsecteur prive). Phase plus capitalistique et industrielle
concernant quasiexclusivementdes acteurs allochtones (certaines des entreprises en question etant de
droit ivoirien).
2. Intérêt par rapport au thème entreprises-entrepreneurs nationaux
Point de depart, la situation actuelle :faible presence d'entrepreneurs nationaux en particulier
dans le [Link] explications qui en sont donnks en particulier en terme de mentalites ou
de blocages culturels ne nous semblent pas plus convaincantes qu'a Chevassu et Valette qui
remarquaientdans une etude faite en 1975 que d e sentiment largementrkpandu chez les Ivoiriens que
l'industrieest l'affairedes etrangers (resultat) d'une situation historique oÙ les nationaux ont Ct6 ecartes
du monde industrieb
La prise en compte de la periode 1980-1945de l'exploitation forestiere permet d'illustrercette
proposition en montrant comment,loin d'&e ancestrale ou de relever d'une fatalite culturelle,cette
situation a Cte historiquementproduite :dans quelles conditionset de quelle maniere ?
2.1. La méthode utilisée vise en effet à mettre en regard
Les acteurs concrets (entrepreneurs ou personnes morales), leurs trajectoires,les reseaux sociaux
qu'ils mobilisent ou utilisent, leurs façons (et capacites) d'acceder aux principales ressources,les
rapports qui s'etablissententre eux et la stratification ou division du travail qui en dkoule.
98
2.2. Cette approche permet
- dune part,de reconstituer une periodisation propre au secteur;les evenementset les Ctapes qui
le marquent,les types d'acteurset de comportements qui y correspondent;
- d'autre part,de commencer h rendre intelligibles certaines des ruptures en transformationsqui
ont et6 relevees par la reconstitution historiographique. Celles-ci relevent en grande partie de la
conjonction d'kvenements ou facteurs ne relevant d'aucune volonte deliberk. Mais parallelement,
apparaissent certaines tendances ou certains phenomenes rkurrents qui semblent se retrouver, sous
d'autres formes,aux differentes periodes.
3. Plan d'exposition
Apres un rappel synthktiquedes principales phases et caracteristiquesde ce premier demi-sikle
d'exploitation forestiere, on essaiera dans un second temps d'une part de rendre compte de la
disparition des acteurs ivoiriens de la filiere bois dans l'entre-deux-guerreset de signaler la presence
des cette epoque de tendances ou phenomenes toujours actuels dans les rapports entre formel et
informel d'une part,entre Etat et secteur prive de l'autre.
I. HISTORIOGRAPHIE
Bien que Bouët Willaumetz et Broquant aient vante,des le milieu du 19e sikcle,la richesse du
Sud-Estivoirien en essences diverses,il a fallu attendre la fin du siklepour que l'industrieoccidentale
s'intkresse h l'exploitation forestiere. Cet engouement oriente d'abord vers l'acajou, le "Khaya
ivorensis" puis vers le sipo,le tiama,l'avodire et les autres bois ivoiriens,n'est pas sans être 1% au
contexte commercial relativement prospere suscite sur la côte de l'Ouest africain par l'exportationde
l'or,de l'huile de palme et la traite du caoutchouc. Outre ces produits,le bois faisant son apparition h
l'ordedu sikle constitueune source inesp&& d'activitkqui prend tres tôt une extension rapide dans le
milieu des exploitantsafricains et toutparticulierement ivoiriens.
Avant d'identifierles auteurs de la filiere bois, retraçons en l'historiqueet les conditions de
production.
Les origines
C'est dans le Sanwi en pays agni que naît la coupe du bois. La premikre bille sort probablement
en 1885 des chantiers d'Elima,bien que Clinton,liberien d'origine,venu de Golf Coast,soit designe
par certains auteurs c o m m e etant le premier coupeur de bois de la region. Quoiqu'il en soit,
l'exploitation forestiere,activite rkemment introduiteen Côte-d'Ivoire,fait tache d'[Link] se tourne
presque immMiatement vers l'exportationdes produits bruts :2.441 tonnes en 1890,5.426tonnes en
1894 et 18.555 tonnes en 1897.L'exploitation connaît dkjh en ces premieres ann& un taux de
croissa9ce considerable,de l'ordrede 33,6%[Link] h la progression du nombre des chantiers
accordes chaque ann&, elle n'estpas moins reguliere et atteint un chiffre relativementimportant 3 la fin
de la premiere guerre mondiale :42en 1907,57en 1910,124en 1911, 169en 1913,200en 1919*.
Mais toute cette exploitation ne releve deja plus de la seule region du Sanwi. Des berges des
lagunes Aby, Tendo,Ehy et des bords de la Bia,berceau de l'exploitationforestiere,les chantiers se
deplacent progressivement le long de la nouvelle voie ferreereliant Abidjan h Dimbokro,zone limite de
la forêt semi decidue du [Link] pays abey et akye voisins deviennent alors la zone privilegiee oÙ
s'etablissentles chantiers,en attendant que les vastes espaces de l'Ouest ivoirien soient occup6s
beaucoup plus tard,apres 1920,le long des fleuves Bandama et Sassandra.
Les conditions de la production
L'exploitation de la forêt ne s'est pas toujours effectuk de façon [Link] coupeurs de
bois qui decouvraient cette activitk,s'y sont livres le plus souvent de façon [Link] bois, sans
distinction de taille,etait ''coupt5n'importecomment". L'exploitant avait davantage les yeux rives sur
les prix de plus en plus substantiels que lui offrait la vente des [Link] benefices dans ce secteur
Tokpa J., La main-d'oeuvre indighe ... p. 227.
Pcriode de baisse 1914-1918(cf. ANC1 3 R R 161). Reprise a m o r c k dès 1919 (200). 1920 (374) 1924 (528).
Jusqu'en 1908 Ie prix de vente europeCn du bois cst fod [Link] 1908 il at m c w e de 180 francs la [Link] 1911 P 1914.
il chute de 130 francs P 80 francs la Ionne, [Link] d'Al@, p. 218. D a a g u e p. 238.
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dactivitk,l'un des plus rkmunerateurs de la colonie,selon un temoignage contemporain,profitaient
exclusivement au propriktaire qui exploitait abusivement sur ses chantiers la main-d'oeuvrelocale.
La ru& sur les forêts devint plus forte et leur avenir gravement menace.U n contrôle rigoureux,
de la part de l'administrationpour en reglementer l'exploitation, s'[Link] dkrets sont-ils
ainsi pris successivement en 1890,1893,1900 et en 1935,pour Cviter le massacre de la forêt,
soumettant coupeurs de bois 2 des taxes de plus en plus [Link] l'exploitation forestiere qui,
avant guerre, avait Nniblement excCd6 les 42.000 tonnes en 1913,n'apporte point h la colonie un
boom konomique comparable 2celui des produits de cueillettede la @riode prkedente,en particulier
du caoutchouc,elle ne bouleverse pas moins pour autant les conditions de la production et la vie des
acteurs de la filiere du bois. Les entreprises de bois du debut du X X e sikle,conduites dans leur
majorite par des Africains,au moment oh prend forme la colonisation,dklinent progressivement puis
finissentpar disparaître definitivement aux alentours de 1930.A leur suite,emerge une autre categorie
d'entrepriseset d'entrepreneurs,essentiellementde souche europenne,mieux armes techniquement et
financierementet dont la dur& de vie se prolonge audelh de la deuxikme guerre mondiale.
Tenter d'expliquer les vicissitudes de leurs trajectoires et la rupture des annks trente tel est
l'objectifau niveau de cette seconde etape de notre expose. Qui sont ces coupeurs de bois et comment
evoluent-ils7
Qui sont les coupeurs de bois ?
Les coupeurs de bois de la premiere generation, malgre l'hCterogCn6itk de leurs origines,
partagent en commun des traits caracteristiques.
Les pionniers de l'exploitation du bois dans le Sud-Estivoirien sont originaires de Gold Coast.
Ils penetrent en territoireivoirien,des 1889,attires par le prix extrhement rkmunerateurdu bois sur le
marche international,h un moment oh le cours de l'huile de palme,produit tres convoit6jusque-lhpar
l'industrieeurownne,subit une baisse fort apprkiable.L'absence de tout contrôle et de l'exigencede
la moindre redevance, h cette date, sur la coupe du bois, constituent kgalement autant de facteurs
favorablesA la @netration des sujets anglais en terre ivoirienneet h l'essorde cette activitd.
A la tête des exploitants forestiers venus de Gold Coast,se detachent les frkres Clinton,jumeaux
liberiens qui, apres une faillite frauduleuse h Accra, se sont installes h Grand Bassam et h Assinie.
D'abord representants, en Côte-d'Ivoire, de la maison française Dennelle, de Londres, ils
entreprennent ensuite l'exploitation des bois d'acajouet parviennent h Mifier,en quelques annees,une
fortune suffisante,au point de devenir des concurrents redout& de Verdier et des maisons de
commerce europ4ennes precedemment etabliesdans la [Link] les Clinton,de nombreux autres
aventuriers,originaires de Gold Coast, du Liberia ou de Sierra-Leones'abattent sur la forêt du Sud-Est
ivoirien.A l'exploitationforestiere,ils associent le plus souvent le commerce oh leur indelicatesse n'a
d'egale que leur arrogance et leur violence h l'egard des habitants. Tels Askley et Alpheus entres
c o m m e agents respectivement chez Verdier et Swanzy et qui en sont expulses pour vols et
malversations. Tels encore les freres Sinners et Brew installesen pays abour6 et qui poussent le roi du
pays h bloquer le commerceeuroen sur le Como6 pour le detourner h leur profit...
Emboîtant le pas aux pionniers du bois, originaires des colonies voisines, des Ivoiriens
s'engagent dans l'exploitation [Link]-unsdes noms les plus celebres parmi eux ont et6
retenus par la tradition :Wandan Bedou et Anzam Kodjo du Sanwi;Anomatele - Ser et Kodjo Komou
du pays abourk. O n cite encore Famien plus connu sous le nom de Morrisson (John Williams),
Gogouah Frederic,Edouard Ackah,James k a n ,Jean de Blaize,Kacou Dingui [Link] an,mal an,la
liste des dkpôts administratifs accuse une vingtaine de noms ivoiriens. Ceci,jusqu'h la veille du
premier conflit mondial. Les Ivoiriens sont,du point de vue de l'effectif,dominants dans le secteurde
l'exploitationforestiere,au cours de cette premiere periode dont le terme s'acheve autour des annees
trente.
Cependant,les Ivoirienset les Africains ne sont pas les seuls presents dans ce secteur d'activite.
Des EuroNens,Français comme Verdier,Anglais comme Swanzy,y prosperent. Mais le nombre de
ces derniers est loin d'être &rasant au cours de cette premiere @riode. Le trait le plus frappant c'estque
les africains,en petit nombre il est vrai,font alors jeu egal avec les exploitants europeenS.

II achdait A 250 francs la poutre qu'il revendait a plus de 2.000 francs UIEurope (exploitation des indighes).
100
L'annee 1912 represente,semble-t-il,l'un des sommets de la courbe d'enregistrement des
effectifsafricainsdans l'entrepriseforestiere.A partir de cette date,les effectifs [Link]
effet le cahier de charges devient, pour ces coupeurs de bois qui appartiennent,en majorite, 2 la
categorie de petits exploitants,de plus en plus lourd 2 assumer. Si,en 1927,on compte quatorze
Africains parmi les exploitants 2 meme de s'acquitterde la taxe d'abattage, en 1931 il n'en reste plus
que la moitie et trois seulementl'annk suivante,en 1932.
La m&me regression est 2 noter au niveau du nombre des chantiers.E n effet, si en 1910 les
Africains detiennent 31 chantiers sur 57,soit 54 %, ils n'en possedent plus en 1921 que 15 sur 293,
soit 5,lO %. Les Africains qui disparaissent du secteur du bois, se reconvertissent en planteurs de
cacao et de cafe,s'etablissantsur les terres r k m m e n t [Link] mouvement de reconversion des
forestiers traduit la relative faiblesse de l'accumulation anterieure qui ne permet pas de faire face 2
l'exploitation de type moderne sans passer par le cruit bancaire qui leur est mesure.
Parallelement au mouvement deviction des Africains du secteur forestier,le nombre des petites
entreprises europeennes croît, les grandes maisons de commerce contrôlent l'essentielde l'import-
export et enfin s'installentdans la colonie les premieres entreprises de transformation du bois :la
Compagnie des Scieries Africaines (SCAF)en 1918,la Compagnie Forestiere de 1'1ndenie (CR)en
1924,la Societe d'Exploitation des Produits de Côte-d'Ivoire (SEPC)en 1927,les Scieries du
Bandama (Georges Jacob) en [Link] le même temps, s'implantent les premieres scieries
europeennes :7 en 1926 et 21 en [Link] sont 18 trois phenomenes nouveaux,complexes,li& et qui
se resument en un seul constat :la substitutiondes Africains,dans la filiere du bois,par les EuropeenS.
Cette substitution,8 premiere vue, semble s'operer sur une base plus ethnique qu'[Link]
effet, les nouveaux agents ne semblent pas mieux lotis, financierement tout au moins, que leurs
predkesseurs africains.
Par ailleurs,cette evolution survient 2 l'epoque de la mise en place definitive de la politique de
"mise en valeur",où l'administrationintervient plus directement sur les conditions de la production.
L'administration coloniale impose,entre autres,le travail force,source dune main-d'oeuvreprestataire
en direction des chantiers forestiers;elle s'arroge,par ailleurs,l'attributionA l'obtention de crkdits ou
des marches publics. Ce sont 18 autant d'elements nouveaux qui contribuent 2 redefinir les conditions
dacces aux principales ressources.
Quelle interprétation ?
A u vu de cette dernikre constatation, eminemment fondamentale s'il apparaît necessaire de
considerer l'ensembledes acteurs du bois en presence,quels que soient leur origine et les moyens dont
ils disposent,pour comprendre les comportementsdes differentes categoriesqui composent le secteur,
il faut surtout et avant tout les saisir dans leurs rapports avec 1'[Link]-cine se contente plus
de definir et de garantir les regles du jeu valables ?our tous: il devient 1'Etat partisan qui accorde
exclusivement les permis d'exploitation forestiers,la main-doeuvre,les marches administratifs 2 une
certaine categorie d'agents.
Cette politique ne date pas de la periode de crise,bien qu'elle soit plus pressante, autour des
annees trente. Cette orientation est aussi vieille que la colonie ivoirienne,elle remonte 2 Verdier,
lorsque celui-ci exige et obtient de 1'Etat français le monopole de l'exploitation sur des milliers
d'hectares du territoire ivoirien: il s'accentueen 1912,lorsque l'arrête,en date du 23 aoGt, lie des
charges trop lourdes 2 assumer,karte indirectement les "indigknes" de l'exploitation forestiere au
profit des grands exploitants.
En conclusion, il apparaît que 1'Etat est un acteur particulierement determinant,puisque les
politiques qu'il met en oeuvre aux differentes epoques definissent,soit par le biais de reglementations,
soit de façon discrétionnaire les "ayant-droit''au permis d'exploitation,au credit et 2 la maindoeuwe.
O n retiendra,enfin,que la faible proportion actuelle d'entrepreneurs nationaux,dans ce secteur
s"
tout au moins, n'estpas "ancestrale",mais a,au ontraire,une origine historiquement dat&.
101

II. LA D I S P A R I T I O N DES COUPEURS DE B O I S A F R I C A I N S


1. Avant 1914
[Link] des differentescategoriesd'acteurs:comptoirset [Link] livrent h la multiactivitk,
disposant de chantiers mais exportant la production de coupeurs individuels principalement locaux.
Maisons de commerce ou exploitantsexportateursindividuelslocaux.
Dominance des exploitants africains,de plus en plus souvyntlocaux.
[Link] de production
Faible capital technique;les lieux de production sont le plus souvent 2 proximite d'une voie
naturelle d'evacuation vers un port (Assinie, Bassam, Lahou). NCcessitB de prefinancement des
campagnes d'[Link]-d'oeuvrefacteur clef relativementplus accessible aux exploitants locaux.
Reglementation de plus en plus exigeante (18902 1912 [Link]) tend ?I exclure les plus demunis ou h
en faire des coupeurs "marrons".L'acces direct au marche dernier facteur clef,d'un relativement grand
nombre d'acteurs donne aux producteurs locaux un certain choix et permet h une strate d'entreeux de
jouer le m ê m e rôle que les maisons de commerce europknnes.
2. Les effets de la guerre de 1914-1918
Ralentissement considerable :42.000 tonnes en 1913, 8.000tonnes en 1916. Le personnel
europ6en des chantiers et maisons de commerce est mobilise. Les bateaux sont rQuisitionnes pour le
transport de troupe.
Par ailleurs l'acajou,classe produit strategique (helices d'avion) est soumis ?I autorisation
d'exportation prealable et ?I controle strict de sa [Link] clients "traditionnels"vont
desormais s'approvisionnerailleurs.
3. L'entre deux guerres :crises, transformations et substitutions
.Une serie de crises, mondiale et sur le marche du bois a pour resultat de destabiliser les
exploitants et de modifier la client&le.
.Les acteurs changent au niveau de l'exploitationet une ebauche de filibre se met en place :
premieres unites de transformation,apparition de filialesde groupes financierset industriels.
.L'application de la politique de "mise en valeur";durcissementdes rbglementations,rôle de la
puissance publique accru en particulier par l'attributionde marches publics.
La disparition progressive des exploitants forestiers ivoiriens se situe ?I la conjonction de
plusieurs facteurs :
- politique deliberk pour favoriserdes entreprisesrkpondant davantageaux normes capitalistes;
- poussk et pression sur les autorites de nouveaux arrives d'Europe venus "faire fortune" et
utilisant leurs "reseauxsociaux" pour obtenir de la main-d'oeuvre;
- perte des anciens clients anglais et amkricains qui cessent peu h peu leurs achats en Cate-
d'Ivoire;
- la plantation de cafe et de cacao comme substitution.

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