Cours n°1 : Rappel de comptabilité financière
(Principes de la comptabilité financière – journal /grand livre/ balance)
1) Rappel de définitions :
- Comptabilité financière
La comptabilité est une norme, qui a été déterminée au fil du temps, par des individus. La
comptabilité est simplement un processus de traitement de l’information.
Les données chiffrées, que la comptabilité recense, servent à présenter une situation
passée, actuelle et à anticiper une situation à venir. Grâce à cette norme, nous allons tracer un
portrait et analyser ce portrait. Or, pour tracer ce portrait, on peut prendre n’importe quelle
méthode… mais, à ce moment-là, il manquera une approche objective. C’est pour cela que la
comptabilité est obligatoire et la même pour tous (même s’il faut apporter des nuances à cette
dernière affirmation : la norme française, encore pour un temps, se veut une norme fiscale,
alors que d’autres normes sont appliquées dans l’optique des investisseurs).
Mais, à quoi sert la comptabilité ? La comptabilité fournit, à l’entreprise et à des agents
internes et externes à l’entreprise, des informations financières globales permettant de
déterminer, entre autres, le résultat global de cette entreprise, et son patrimoine. En effet,
en dehors de l’entreprise elle-même, des agents ont besoin de connaître l’activité, le statut
juridique, les statuts de constitution, sa taille… ainsi que sa comptabilité !
- Entreprise
C’est un système organisé composé de moyens humains, techniques et financiers, réalisant
des activités afin d’atteindre un ou des objectifs. Ce système doit rester ouvert sur son
environnement.
ASSOCIÉS ou CRÉATEUR DE L’ENTREPRISE ETAT
CLIENTS ENTREPRISE FOURNISSEURS
ETABLISSEMENTS FINANCIERS PERSONNEL
- Comptabilité en partie double
L’entreprise va être amenée, pour réaliser son activité, à procéder à différentes opérations.
Ces opérations vont entraîner des flux réels ou financiers. Les flux réels sont des flux réalisés
par des entreprises industrielles ou commerciales portant sur des biens ou des services. Les
flux financiers sont, soit un flux de monnaie, soit un flux de créances ou de dettes, c’est-à-dire
des délais de paiement.
On peut observer, sur le schéma, que chaque relation est double, et qu’à l’intérieur de chaque
relation, il existe un flux financier. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas de relation double
sans flux financier, mais ces relations-là ne sont pas prises en compte par la comptabilité.
Exemple : un prêt d’un camion n’est pas pris en compte alors que la location d’un camion le sera.
Il faut savoir que le flux réel a autant d’importance que le flux financier en comptabilité :
acheter des marchandises a autant d’importance que de les payer.
De plus, il est important d’observer que les flux financiers ne signifient pas forcément paiement
comptant ; il peut y avoir des délais de paiement. Donc il peut y avoir une différence entre
activité et trésorerie. Un achat ou une vente ne verra son paiement que plus tard. Donc, ce
n’est pas la date de paiement qui est prise en compte en comptabilité mais, la date de
facturation de l’opération : date d’émission en cas de vente, date de réception de la facture
s’il s’agit d’achat. Donc, on peut avoir une entreprise qui réalise des bénéfices tout en étant à
découvert !
Résultat = Produits – Charges
Trésorerie = Recettes - Dépenses Résultat = Trésorerie
Notion d’emplois/ressources
Pour chaque relation, il existe un flux entrant et un flux sortant de l’entreprise.
FLUX ENTRANT FLUX SORTANT
EMPLOI RESSOURCE
Où va la valeur ? D’où vient la valeur ?
Exemple : pour acheter une machine, il faut, soit avoir des liquidités, soit obtenir un délai de
paiement (une dette est une ressource).
Flux de ressources = Il indique l’origine de l’opération, les moyens qui ont permis la réalisation
de l’opération.
Flux d’emploi = il indique l’utilisation faite de la ressource.
Problème : la norme comptable ne garde pas la terminologie Emploi / Ressource.
EMPLOI = DEBIT = Emploi réalisé RESSOURCE = CREDIT = Ressource utilisée
- Les types d’emplois
Il faut savoir qu’il existe deux types d ‘emplois :
Les emplois provisoires = Cela concerne les comptes de situation, de patrimoine, de
bilan. La valeur portée en emploi peut devenir la ressource d’un autre emploi ⇒ Il s’agit
d’opérations d’Investissement – Financement. Ex : L’argent entré en banque peut être décaissé
lors d’une autre opération.
Les emplois définitifs = Cela concerne les comptes de gestion, de compte de résultat.
Economiquement, ces emplois ne pourront jamais être à l’origine d’une ressource d’une autre
opération ⇒ Il s’agit d’opérations d’exploitation. Ex : Achats de marchandises, d’électricité,
salaires.
Conclusion :
- En comptabilité, on ne prend pas que les flux financiers, mais aussi ceux réels.
- Pour chaque opération, on prend en compte l’emploi et la ressource qui la caractérisent.
⇒ Comme la comptabilité, pour chaque opération, prend en compte le flux d ‘emploi et celui de
ressources, elle est établie en partie double.
2) Les principes comptables
La comptabilité est une norme. Pour édicter cette norme, il a fallu se fixer des principes
servant de base à la structure comptable. De plus, elle subit des évolutions de manière à suivre
une harmonisation internationale, les situations économiques…
L’objectif de la comptabilité est de donner une « image fidèle de la situation financière
et du résultat de l’entreprise ». En effet, les acteurs internes et externes de l’entreprise
doivent pouvoir lire, dans les documents comptables de l’entreprise, où en est l’entreprise. Quoi
qu’il en soit, l’entreprise doit tenir sa comptabilité en respectant des principes fondamentaux.
Principes Commentaires
Image fidèle de la situation Objectif principal de la comptabilité, à la fois pour l’aspect
financière et du résultat de fiscal, mais aussi, pour l’aspect système d’information ainsi
l’entreprise que pour la détermination du résultat et du patrimoine.
Principe de la continuité de L’évaluation des éléments de l’entreprise doit se faire dans le
l’exploitation but de la continuité de l’activité. L’entreprise agit pour
continuer à vivre.
Principe de la permanence des
méthodes Pour pouvoir observer l’évolution de l’entreprise d’une année
sur l’autre, il faut qu’il y ait continuité des méthodes utilisées
: amortissements, stockage…Le choix de la méthode engage
l’entreprise pour plusieurs années ; elle peut en changer, de
manière exceptionnelle, mais cela est définitif, et doit être
clairement indiquée dans l’annexe.
Principe de l’indépendance des Un exercice comptable est une période de référence de 12
exercices mois, à la fin duquel, il faut établir obligatoirement, les
comptes sociaux (détermination du résultat et du patrimoine).
Cet exercice peut ne pas suivre l’année civile. Cela dépend de
l’activité de l’entreprise. Chaque charge et produit réalisé en
N doit être pris en compte dans le résultat de N.
Principe de prudence Il ne faut pas donner une image de l’entreprise plus brillante
ou plus saine que la réalité. Pour cela, on va agir avec
prudence : on enregistre les pertes dès qu’elles sont
probables, on enregistre les gains uniquement lors de leur
réalisation.
Principe de régularité et de L’entreprise doit appliquer de bonne foi les règles et
sincérité procédures en vigueur.
Principe de l’intangibilité du Le bilan au dernier jour de N-1 doit être égal au bilan au
bilan à l’ouverture premier jour de N.
Principe des coûts historiques Un élément entre dans le patrimoine à son coût d’acquisition.
Cette valeur va être gardée ainsi que la perte de valeur
comptable de ce bien. Mais, il n’apparaît pas la valeur réelle
(ou vénale) de ce bien.
Principe de non-compensation Toutes les opérations sont enregistrées dans des comptes
spécifiques. La compensation est interdite. Elle se fait tout à
la fin, au moment de la détermination du résultat.
3) la normalisation comptable
Le plan comptable général est obligatoire pour toutes les entreprises. On peut aller au-delà
mais pas en-deçà ! Bien sûr, selon la taille de l’entreprise, la comptabilité n’aura pas la même
importance, il existe trois niveaux de comptabilité :
- De base : pour toutes les entreprises.
- Abrégée : pour les P.M.E.
- Développée : le système le plus complet, pour les grandes entreprises. Il est
facultatif, mais il s’impose de lui-même.
Le plan comptable général est composé de 8 classes :
- 1 à 5 = Comptes de bilan, de patrimoine qui enregistrent les flux provisoires :
classe 1 / les comptes de capitaux
▬► Enregistrement des flux de ressources demeurant pour une longue durée dans l’entreprise.
classe 2 / les comptes d’immobilisations
▬► Enregistrement des flux d’emplois relatifs à l’acquisition d’immobilisations et les flux de
ressources relatifs à une cession d’immobilisations.
classe 3 / les comptes de stocks
▬► Enregistrement du stock final et annulation du stock initial.
classe 4 / les comptes de tiers
▬► Enregistrement des délais financiers dans les relations de l’entreprise avec les tiers.
classe 5 / les comptes financiers
▬► Enregistrement des opérations financières à court terme.
- 6 à 7 = Comptes de gestion qui enregistrent les flux définitifs des opérations courantes :
classe 6 / les comptes de charges
▬► Ces comptes sont utilisés chaque fois que le flux correspondant tend à créer une perte
pour l’entreprise.
classe 7 / les comptes de produits
▬► Ces comptes sont utilisés chaque fois que le flux correspondant tend à créer un bénéfice
pour l’entreprise.
- classe 8 = comptes spéciaux.
4) Les opérations comptables
- le journal
Pendant tout l’exercice comptable, les opérations comptables sont enregistrées au journal. Le
journal est le document sur lequel vont être enregistrées les opérations de manière
chronologique.
Date DEBIT CREDIT
Date
Numéro Intitulé du compte débité Montant débité
Numéro Intitulé du compte crédité Montant crédité
(référence preuve comptable)
- Le grand livre
Puis tous les mois, ces informations sont centralisées dans le grand livre (compte en T ). A la
fin de chaque mois, l’entreprise va calculer les soldes de ses comptes en T.
Débit N ° intitulé Crédit
1 500 1 200
3 000 800
500 1 000
SD 2 000
- La balance
A la fin de l’exercice comptable, il faut déterminer le résultat de l’exercice ainsi que le
niveau du patrimoine. Pour cela, il faut établir une balance avant inventaire : tableau reprenant
les soldes de tous les comptes.
Numéro Intitulé des comptes Débit Crédit Solde débiteur Solde créditeur
Classe 1
à Classe
7
TOTAL TOTAL TOTAL TOTAL
= =
Après cela, on réalise des opérations d’inventaire (stocks, provisions, dépréciations,
amortissements, régularisations), puis on établit, à nouveau, une balance après inventaire, où
certains comptes ont des soldes différents par rapport à la balance précédente. Avec cette
balance, l’entreprise établit son compte de résultat.
Pour déterminer le résultat du bilan, il faut solder les comptes des classes 6 et 7 au
journal.
Numéro Intitulé des comptes Débit Crédit
Classe 7 Classe 7 Total classe 7
129 Résultat de l’exercice PERTE
Classe 6 Classe 6 Total classe 6
ou
120 Résultat de l’exercice BENEFICE
Selon la situation, on observera un bénéfice ou une perte. Après cette détermination du
résultat, on réalise une balance avec détermination du résultat.
Numéro Intitulé des Débit Crédit Solde Solde créditeur
comptes débiteur
Classe 1
120 ou
129
à Classe 5
TOTAL TOTAL TOTAL TOTAL
Puis avec cette balance, l’entreprise peut établir son bilan.
Exercice d’application : le Cas LOUVRES
3 associés Alençon, Anjou et Charles décident de créer une entreprise « LOUVRE » le 14/9.
Chacun apporte 10 000 qu’ils déposent à la banque. Puis, ils réalisent les opérations suivantes :
16/9 : L’entreprise achète comptant par chèque un local pour une valeur de 27 000 à Catherine.
21/9 : L’entreprise achète comptant par chèque du matériel et de l’outillage pour une valeur de
3 000 à Margot.
24/9 : L’entreprise contracte un emprunt de 15 000. Les fonds sont déposés à la banque.
2/10 : L’entreprise achète à Guise, avec les fonds empruntés, une machine-outil d’une valeur de
15 000.
Lors de l’exploitation de l’entreprise « LOUVRE », un certain nombre d’opérations est
réalisé :
3/10 : Achat à Coligny de marchandises pour une valeur de 15 000 (paiement plus tard).
5/10 : L’entreprise demande à De Mouy une campagne de publicité 5 000 payable à 90 jours.
10/10 : L’entreprise vend des marchandises à Coconnas pour 6 000. Elles avaient été achetées
3 000. Le paiement se fait comptant.
30/10 : L’entreprise paye le salaire et les charges sociales de son employé pour une valeur de
3 000.
31/10 : L’entreprise vend des marchandises à La Mole pour 12 000. Elles avaient été achetées
pour une valeur de 7 300 (paiement à crédit).
FLUX D’EMPLOI FLUX DE RESSOURCE
14/9 Dépôt à la banque 30 000 Dettes vis-à-vis des associés 30 000
16/9 Achat local 27 000 Paiement chèque 27 000
21/9 Achat matériel 3 000 Paiement chèque 3 000
24/9 Dépôt à la banque 15 000 Dettes vis-à-vis Ets de crédit 15 000
2/10 Achat machine 15 000 Paiement chèque 15 000
3/10 Achats marchandises 15 000 Dettes vis-à-vis de Coligny 15 000
5/10 Achat campagne pub 5 000 Dettes vis-à-vis de De Mouy 5 000
10/10 Argent encaissé 6 000 Vente marchandises 6 000
30/10 Achat travail salarié 3 000 Argent décaissé 3 000
31/10 Créance clients 12 000 Ventes marchandises 12 000
14/9
512 Banque 30 000
101 Capital 30 000
16/9
213 Local 27 000
512 Banque 27 000
21/9
215 ITM&OI 3 000
512 Banque 3 000
24/9
512 Banque 15 000
164 Emprunt auprès d’un Ets de crédit 15 000
2/10
215 ITM&OI 15 000
512 Banque 15 000
3/10
607 Achats de marchandises 15 000
401 Dettes fournisseurs 15 000
5/10
623 Publicité 5 000
401 Dettes fournisseurs 5 000
10/10
512 Banque 6 000
707 Ventes marchandises 6 000
30/10
641 Charges de personnel 3 000
512 Banque 3 000
31/10
411 Créances clients 12 000
707 Ventes marchandises 12 000
BANQUE
CAPITAL CONSTRUCTIONS
30 000 27 000 SC= 30 000 30 000 SC= 27 000 27 000
15 000 3 000 27 000 SD= 27 000
6 000 15 000 EMPRUNT / Ets crédit ACHATS MARCHSES
3 000 SC= 15 000 15 000 15 000 SD= 15 000
SD= 3 000
VENTES MARCHSES PUBLICITE
MATERIELS SC= 18 000 6 000 5 000 SD= 5 000
3 000 SD= 18 000 12 000
15 000 CREANCES CLIENTS
DETTES FRS 12 000 SD= 12 000
CHARGES Personnel SC= 20 000 15 000
3 000 SD= 3 000 5 000
Avant de déterminer le résultat, il faut regarder quelles sont les marchandises qui ont été
achetées mais non vendues. En effet, le résultat ne doit prendre en compte que les opérations
qui ont totalement abouti.
Analyse des achats ventes :
Stock initial = 0, Achats = 15 000
Coût d’achat des marchandises vendues = 3 000 + 7 300 = 10 300
Reste 15 000 –10 300 = 4 700 en stock.
Balance avant inventaire
SD SC
101 Capital 30 000
164 Emprunt auprès des Ets de crédit 15 000
21 Immobilisations 45 000
401 Fournisseurs 20 000
411 Clients 12 000
512 Banque 3 000
607 Achats de marchandises 15 000
61/62 Services extérieurs 5 000
64 Charges de personnel 3 000
707 Ventes de marchandises 18 000
TOTAL 83 000 83 000
Ecriture d’inventaire La consommation des avantages économiques des immobilisations sur
cette période est de 496. Cette valeur est à enregistrer en dotation aux amortissements.
31/10
37 Stock de marchandises 4 700
6037 ∆° de stock marchandises 4 700
31/10
681 DADP (45 000 x 1/10 x 1/12 496
28 Amortissement des immobilisations 496
Balance après inventaire
SD SC
101 Capital 30 000
164 Emprunt auprès des Ets de crédit 15 000
21 Immobilisations 45 000
28 Amortissement des immobilisations 496
37 Stock 4 700
401 Fournisseurs 20 000
411 Clients 12 000
512 Banque 3 000
6037 Variation de stock marchandises 4 700
607 Achats de marchandises 15 000
61/62 Services extérieurs 5 000
64 Charges de personnel 3 000
681 DADP 496
707 Ventes de marchandises 18 000
TOTAL 88 196 88 196
Compte de résultat
CHARGES PRODUITS
Coût d’achat marchandises vendues 10 300 Ventes de marchandises 18 000
Services extérieurs 5 000
Charges de personnel 3 000
DADP 496
TOTAL 18 796 TOTAL 18 000
PERTE 796
TOTAL 18 796 TOTAL 18 796
Bilan
ACTIF PASSIF
Immobilisations 44 504 Capital 30 000
Stocks 4 700 Résultat - 796
Clients 12 000 Dettes financières 15 000
Disponibilités 3 000 Dettes d’exploitation 20 000
64 204 64 204