Nature porteuse de vie : « raisins et figues », « montagnes », « nuages »,
A LA LUMIERE D’HIVER « l’eau », « herbes », « fruits », « oiseau » : le poète n’est pas en accord
Philippe Jaccottet avec ce qu’il vit, il refuse le romantisme. La nature est associée à
(Edition Folio plus classiques) l’homme.
Passage en revue des poèmes
Poème 3 (p.14) :
Leçons « bonté dédaignée »
« hommes vieux »
Poème liminaire : « pire écolier » : besoin d’un maître, d’un enseignement idéal. Il n’est
Invocation à cette muse traditionnelle pas le poète qu’il veut.
« Que sa droiture garde ma main d’errer ou dévier » : de quoi PJ veut-il Figure du maître pour le poète
ne pas s’éloigner ? Quel est le droit chemin du poète ? Montrer ce que personne ne voit
Poème 1 (p.11) : Poème 4 (p.15) :
Il définit la condition du poète. Qui est-il comme poète ? « le maître, la semence »
Bilan du passé, constat du présent. « faible enfançon »
« l’ignorant » « la terre qui nous portait tremble » : son monde s’effondre
« j’ai prétendu guider mourants et morts » : PJ constate qu’il a été un Position de faiblesse du maître
imposteur inconscient de ses limites => orgueilleux, présomptueux.
« lampe soufflée » Poème 5 (p.16) :
Prise de conscience de l’humilité « qui brisait les barrières de sa vie, vertes, pleines d’oiseaux » : cliché du
Souffrance multiple. Il prend conscience de son orgueil et fait le bilan de romantisme avec lyrisme.
ses erreurs. Evocation du mourant : douleur et tristesse
Le poète est une lumière éteinte
Poème 6 (p.17) :
Poème 2 (p.12-13) : « la distance, inimaginable »
Alitement de son beau-père, faiblesse progressive de cet homme « notre mètre, de lui à nous, n’avait plus cours »
« sans doute, sans doute… » Différence entre maître et mètre : rejet de la poésie classique
« le maître » ATTENTION ! « inimaginable »
« je cherche ce qui peut le suivre » « étoile » : cliché romantique
« le cœur endurant » : le cœur de la poésie. Ce qui reste, c’est Il faut que le mètre meurt mais pas le maître : renouvellement de la
l’expression des sentiments. poésie
3 derniers vers : objet de la vie quotidienne qui entoure le malade => « double postulation simultanée »
modestie des choses.
Poème 7 (p.18) : Poème 12 (p.23) :
Glissement vers la mort « n’est ce pas la réalité de notre vie qu’on nous apprend ? » : expérience
« ici, considérez l’unique espace infranchissable » : champ d’action de la personnelle même au général
poésie, poésie humble et dans la limite La mort nous apprend à nous rendre compte que notre vie est accablée
« aveugles ivres » : ne sont pas lucides par la mort
Poème conséquent, avec une attitude sûre Mort = douleur physique
Il fait référence au poème précédent : toujours être lucide (il voit la Poésie concrète violente : la vérité nous blesse
lumière)
Poème 13 (p.24) :
Poème 8 (p.19) : « rien qu’une voix qui volerait chantant à travers l’ombre et la lumière »
Poème sur la poésie : arts poétiques « qui sommes-nous, qu’il faille ce fer dans le sang ? »
« le lien des mots commence à se défaire » : métaphore du tissu : texte Désir d’une échappatoire
« il a affaire ailleurs. Il n’a plus affaire à rien » Poésie de l’éphémère
« dos qui se voûte pour passer sous quoi ? » : possible mais indéfini Poème d’espoir
Poème 9 (p.20) : Poème 14 (p.25-26) :
Parole et agonie du beau père « notre fibre crie »
La poésie née de l’expérience simple des choses « on entrerait vivant dans l’éternel »
Evocation de la peur de la mort « moi, je n’ai vu que cire qui perdait sa flamme » : cierge
La mort peut faire naître quelque chose On ne peut pas sublimer la mort par la religion
« contre ce feu, contre ce froid » : feu = lumière, froid = extinction de la Il refuse le symbole positif du caractère religieux
vie Il n’est pas rasséréné (rassuré)
Poème 10 (p.21) : Poème 15 (p.27) :
Désespoir de PJ face à l’agonie de son beau père « il y a en nous un si profond silence »
Désespoir face à la mort Solitude
« n’attendez pas que je marie la lumière à ce fer » : n’attendez pas que Désespoir profond
j’essaie de faire en sorte que la poésie soit la résurrection de la mort Cherche le réconfort dans la nature
Poème 11 (p.22) : Poème 16 (p.28) :
Spleen et désir de l’idéal « souffle arraché : méconnaissable. Cadavre. »
Mort évoquée d’une manière concrète « qu’on emporte cela » : refus de cette chose
Corps repoussant, répugnant Désespoir profond
« l’illimité accouple ou déchire » La mort est sale
Violence et révolte Poème 34 (p.34) :
Douleur et impasse « invisible habitant l’invisible »
« graine dans la loge de nos cœurs »
Poème 17 (p.29) : Forme d’apaisement
« j’ai relevé les yeux » Il revient à la nature
« elles réparent l’espace » Acceptation de la mort
Il voit de l’espoir Il abandonne l’abstrait : acceptation de la mort passe par la
Il voit des images qui viennent de la nature contemplation de la nature qui rappelle le mort de manière apaisante
Poésie qui répare, recoud
Chants d’en bas : Parler
Poème 18 (p.30) :
« l’invention tendre d’un enfant » : nouveau Parole poétique. Que peut-elle faire contre la mort ?
Evocation de l’enterrement Réflexion sur le langage poétique
Note d’espoir timide
Poème 1 (p.41-42) :
Poème 19 (p.31) : « à la bougie une clarté plus douce »
« un jour ou l’autre, on voit ces pierres s’enfoncer dans les herbes « la distance de plus en plus faible – si près soudain »
éternelles » Parole lyrique traditionnelle est vaine
« plus même d’ombres dans nulle ombre » Parole performative : valeur de fait
Nature Pas facile de faire de la poésie qui ressemble à la douleur, sincèrement
Cimetière, la tombe lyrique
Humilité, précarité de l’espoir
Poème 2 (p.43-44) :
Poème 20 (p.32) : « c’est ce qui n’a ni forme, ni visage, ni aucun nom »
« le berceau des herbes » « ce qui déchire la page comme cela déchire la peau »
« les barques pleines de brûlants soupirs » Le feu : poésie ardente, résurrectionnelle, elle donne des illusions.
Ouverture vers la nature La poésie ne dit pas la douleur de celui qui est seul face au désespoir :
impuissance du langage poétique
Poème 21 (p.33) :
« tout entier dans la cascade céleste » Poème 3 (p.45-46) :
« les papillons sont autant de flammes perdues » : précarité Progression dialectique
« je ne vois presque plus rien que la lumière » Trouver un langage nouveau et authentique
Entier dans la nature « parler pourtant est autre chose »
Semblant de relent du romantisme
« c’est par les yeux ouverts que se nourrit cette parole » : contemplation « tresser un vague abri pour une proie insaisissable… » : rendre
concrète des choses rassurante la mort
« guéer même la mort » : passage entre la vie et la mort Cherche à essayer de donner des caractéristiques à la poésie nouvelle
Pas de pouvoir résurrectionnel mais mémoriel
Etre proche de la simplicité de la nature Poème 8 (p.51) :
Restituer nos impressions face à la nature « avoir peur quand il y aura lieu suffit »
La poésie se nourrit de ce que l’on voit et des souvenirs « si tu avais moins peur, tu ne ferais plus d’ombre sur tes pas »
Fragilité, forme de pessimisme
Poème 4 (p.47) : Vivre la mort dans sa chair pour la dire
« comme si la parole rejetait la mort, ou plutôt, que la mort fît pourrir Etre dans l’action tant que l’on vit : il ne faut pas que l’idée de faire de la
même les mots ? » : mort présente dans les mots poésie sur la mort nous empêche de vivre
Poésie authentique
Il veut une poésie qui soit habitée Poème 9 (p.53) :
« si fière de tes sonores prodiges, tu n’es déjà qu’égout baveux »
Poème 5 (p.48) : « bouche d’or » : bouche enthousiaste
« barque d’os qui t’a porté » Il s’adresse au poète, il lui reproche de ne pas être assez humble
Moment de découragement et douleur Il refuse la poésie lyrique, épique
Il évoque sa mère (barque d’os) Poème de passage
Expérience personnelle brise l’espoir d’une nouvelle poésie Conclusion de cette section et introduction de la suivante
Poème de transition Le poète est le messager des dieux
Parler ça n’est plus parler comme avant, c’est être un poète « d’en bas »
Poème 6 (p.49) :
J’aurais voulu parler sans images, simplement pousser la porte… » : Chants d’en bas : Autres chants
regrets, problème des images
« on ne vit pas longtemps comme les oiseaux dans l’évidence du ciel » Poème 1 (p.57-58) :
Incertitude sur la manière de parler Cherche à définir le passage entre la poésie traditionnelle et authentique
Poésie idéale qui transcende, le spleen domine : Baudelaire Fuite du temps : la poésie peut lutter contre celle-ci
Thème du passage important pour PJ : « pousser la porte » : possibilité La poésie est plus compliquée, ce qui est sous les mots, « en bas »
de créer un lien entre deux choses : il n’a pas atteint la poésie qu’il Difficulté : définir le passage
souhaite « cherchons encore par-dessous, cherchons plus loin, là où les mots se
dérobent »
Poème 7 (p.50) : « j’essaie » : démarche créative du poète avec un vers avec un mot : il
« parler donc est difficile, si c’est chercher… » mène une quête
« redresser avec de l’invisible chaque jour » : ambition difficile de la « trois lumières » : 3 formes d’espoir : « celle du ciel », la religion ;
poésie : poésie plus abstraite « celle qui […] s’écoule en moi », la nature ; « celle dont ma main trace
l’ombre sur la page », celle qui dit la mort.
Poème 2 (p.59) : « l’encre serait de l’ombre » : poésie du clair/obscur, de la tristesse
Rêves érotisés Poésie de l’ombre : passage entre l’obscurité et la lumière
Image de la femme érotisée Espoir plus vif que la poésie peut exister
« onduleuse vague ne l’est de l’écume » Elle peut dire ce qui est éphémère et fragile
Poème 3 (p.60) : A la lumière d’hiver : Dis encore cela…
Rêves érotisés Poème liminaire (p.69-70) :
Image de la femme érotisée La poésie est encore possible
« tout cela maintenant pour moi sous la terre et mon oreille collée à Il faut parler pour défier la mort
l’herbe l’entend » « dis encore cela »
« dernière chance pour toute victime sans nom »
Poème 4 (p.61) : « de cela que la voix ne peut nommer »
« enfant » : le poète « afin qu’encore il soit possible d’aimer la lumière » : se détacher de la
« recueille les oiseaux et la lumière » : la nature mort
« harpon » : la mort Repousse l’inspiration féminine, la religion
Poésie enfantine, fraîcheur et pureté Ambition de la poésie
La poésie doit être un nouveau langage
Poème 5 (p.62-63) : MALLARME : « Suggérer, voilà le rêve » : créer un réseau de
Activité du poète évoquée correspondance
« écris vite ce livre, achève vite aujourd’hui ce poème
« Laodicée » : Turquie A la lumière d’hiver : A la lumière d’hiver
« chauve-souris » : image du vol de l’oiseau de nuit
On retrouve PJ, qui fait référence à la poésie traditionnelle Les premiers poèmes sont des méta-poèmes
Il faut écrire vite sinon on doute. Il faut aussi le faire avant de mourir Il revient sur son œuvre intérieure
pour laisser une trace
Poète au dessus des hommes Partie I
Poème 6 (p.64) : Poème 1 (p.75-76) :
Fait le bilan de son activité poétique « me forçant à parler »
« j’insiste » = j’essaie
« quoique je ne sache plus les mots » : poésie à la foi perte et Partie II
régénération
« une canne obscure » : route incertaine Quête de l’apaisement et de la lumière
Plus d’inspiration Poème 1 (p.83-84) :
Poésie : travail difficile Promenade nocturne
Evocation d’une femme
Poème 2 (p.77) : La nuit lui fait penser à la mort
« quelque chose n’est pas entamé par ce couteau » : espace poétique « l’aiguille du temps brille et court dans la soie noire »
qu’est une lumière « mètre dans les mains » : mesure pour faire sa poésie, plus de guide
Il renonce à parler sur la douleur de la mort « une fraicheur obscure » : oxymore
Stérile de dire la mort uniquement « parfum rapide » : précarité
Introduction du thème de l’eau : « la barque » : lié à la vie : barque de
Charon, passage de la vie à la mort Poème 2 (p85-86) :
= BAUDELAIRE
Poème 3 (p.78) : La poésie romantique ne le quitte pas
Qu’est ce que la poésie ? « elle m’a effleuré de sa robe en passant »
« l’espace » : le passage « je pense que je n’aurais pas dû le laisser apparaître dans mon cœur »
« ce simple pas risqué » « - » : parenthèses pour mettre en valeur
« recoudra » : la poésie est une réparation : déchirure entre le réel et « laissez-moi la laisser passer »
l’homme La poésie doit dire le passage de la femme et de la nature
Poème 4 (p.79-80) : Poème 3 (p.87-88) :
« ces clous dans la gorge » : homme qui souffre dans sa chair « oiseaux »
« démontrer […] l’inanité de l’homme » : n’être rien « le secret qui vous lie, arrive-t-il qu’on cesse de l’entendre un jour ? »
« indéfiniment » : la poésie aura toujours quelque chose à dire « puise dans l’eau invisible » : régénère sa poésie
« les mots devraient-ils donc faire sentir ce qu’ils n’atteignent pas » « Vénus »
« envers » : l’envers des mots « une herbe autre que l’herbe » : humilité de la poésie
« la clef dorée, et déjà le jour baisse, le jour de mes yeux… » : la lumière
s’en va Poème 4 (p.89) :
Poésie fragile et éphémère Précarité et fragilité
« l’eau que l’on boira jamais, la lumière » : eau = lumière
« mais le verre de l’aube se brise un peu vite » : passage = RIMBAUD
Poème 5 (p.90) :
Variation du thème de l’eau : « les larmes », « source », « brume »,
« lacs », « trouble du jour », « eau »
Romantisme = LAMARTINE
Poème 6 (p.91) :
« la neige s’allume contre le mur »
« lampe froide » : lumière d’hiver
« la lune » : lumière dans la nuit : clair/obscur
Lumière d’hiver = soleil, neige, feu, eau
Motif de pureté poétique
Poème 7 (p.92) :
« plus bas »
« lumière »
« dis que cela peut être vu » : vision positive
Lumière élévatrice et en harmonie
Romantisme
Poème 8 (p.93-94) :
« la neige »
« un éventail peint dont il ne resterait plus qu’un frêle manche d’os »
« pour les seuls yeux sans paupières d’autres astres » : on peut les
regarder en face mais on va mourir
Poème qui redéfinit la lumière d’hiver
Peur de la perte de la lumière
Evocation crue de la mort et de la lumière qui baisse
Poème de l’apaisement
Mort = déclin assez doux
Evolution dans le langage de la mort
Marjorie Estevenet