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J'arrive À Neuf Heures Un Quart, À Deux Montres Différentes, Au Pont-Royal. J'y Prends Le

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LL3

J’arrive à neuf heures un quart, à deux montres différentes, au Pont-Royal. J'y prends le
sapin, et je vole chez mon imprimeur, en corrigeant mes épreuves. (Devoir et manque de
poésie)
J'arrive à onze heures moins un quart, à la pendule du bain ; je devais donc au cocher une
heure et demie (aspect mathématique) ; mais pour ne pas avoir de dispute avec lui, je lui
offre 48 sols (cause à effet) : il exige plus, comme d'ordinaire (prédiction mathématique) ; il
fait du bruit (elle expose son point de vue pour la première fois =) transition). Je m'obstine
(verbe à caractère) à ne vouloir plus lui donner que son dû, car l'être équitable aime mieux
être généreux que dupe (maxime =) aspect moral de O.). Je le menace de la loi, il me dit qu'il
s'en moque, et que je lui paierai deux heures. Nous arrivons chez un commissaire de paix
(ellipse simplifiant la scène), que j'ai la générosité de ne pas nommer ( ps relative menace
teintée d’ironie, elle prévient du ridicule qui l’attend situation de pouvoir). Sans avoir égard
à mes raisons, il me condamne impitoyablement à payer au cocher ce qu'il demandait.
Connaissant mieux la loi que lui, je lui dis : « Monsieur, je m'y refuse, et je vous prie de faire
attention que vous n'êtes pas dans le principe de votre charge » (phrase judiciaire
menaçante elle emploie un vocabulaire précis). Alors cet homme, ou, pour mieux dire, ce
forcené s'emporte (il ne se maitrise pas comme le clocher et O. reste calme), me menace de
la force (comme le clocher il veut l’impressionner et la menace à son tour) si je ne paye à
l'instant. Je lui demande de me faire conduire au tribunal. Le grave magistrat (description
ironique décrédibilisante), en redingote poudreuse et dégoutante comme sa conversation
(portrait péjoratif moral et physique) m'a dit plaisamment : « Cette affaire ira sans doute à
l'Assemblée nationale ? » « Cela se pourrait bien », lui dis-je ; et je m'en fus moitié furieuse
et moitié riant (elle domine la situation, même en colère car c’est une colère juste) du
jugement de ce moderne Brid'oison (personnage de théâtre), en disant : « C'est donc là
l'espèce d'homme qui doit juger un peuple éclairé ! » (ref lumière, elle croit au valeurs de la
révolution mais critique ceux qui ne sont pas capable de les incarner) La justice ne se rend
pas ; la loi est méconnue, et la police se fait Dieu sait comment.
Que font ces juges de paix ? Que font ces commissaires, ces inspecteurs du nouveau
régime ? L'Assemblée nationale doit fixer toute son attention sur cette partie
qui embrasse l'ordre social. (Retour à la réalité fin de l’anecdote)

Introduction
Au XVIIIème siècle, la France connait un grand nombre de crises, économiques, sociales, politiques et
agricoles. C’est dans ce climat de tension qu’éclate la Révolution française qui amène avec elle un
renouveau dans le monde des idées grâce à des personnages historique émergeants comme Olympe
de Gouge. Olympe de Gouge est considérée comme la pionnière du féminisme, elle a toute sa vie
combattue pour l’égalité et la justice. Elle s’inscrit dans le mouvement philosophique des lumières.
Elle rédige en 1791 la postiche la déclaration de la femme et de la citoyenne, afin de pallier les
manquements de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Dans ce passage Olympe de
Gouge raconte une anecdote afin de prouver son argumentation. Nous allons essayer de voir par
quels moyens Olympe de Gouge réussit elle à utiliser cette anecdote au service de son argumentation
et comment dénonce elle ses cibles.
Mouvement
1ermvt : aspect judiciaire dans la présentation chronologique des faits/ preuves
2èmemvt : la dispute avec le clocher et le gendarme
3èmemvt : la confrontation avec magistrat

Mvt 1
- Présent de l’indicatif : le lecteur vit les actions en même temps que O. Cela permet à
la narration d’être plus rapide et amorce un aspect prosaïque, l’aspect de plaidoirie.
- Usage de termes temporel, de localisation, CC de temps, CC de lieux : O. restitue les
évènements de manière chronologique le plus précisément possible. Elle montre au
lecteur qu’elle est fiable, qu’elle dit la vérité. Elle se justifie avant même d’être
accuser de quoi que ce soit. Restitution spatiale et temporelle. L’auteure précise
même par quel moyen elle a pris connaissance de l’heure.
- « Vole » et « en corrigeant » : termes soulignant l’état actif de O. Elle utilise la
métaphore voler pour insister sur la vitesse de son parcours et le gérondif en
corrigeant pour montrer qu’elle fait plusieurs choses en même temps.
- « Devais » : idée de devoir. L’autrice cherche à être la plus rationnelle possible, la plus
cartésienne.
- « Une heure et demie » : aspect mathématique (soustraction)
- « Pour ne pas avoir de dispute avec lui, je lui offre 48 sols » : cause à effet chaque
action est réalisée dans un but précis =) cartésien

Mvt 2
- « Comme d’ordinaire » : une sorte de prédiction mathématique.
- « Exige », « fait du bruit », « obstiner » … : apparition de verbe de caractère. Jusque-
là, la focalisation interne ne nous donnait pas accès aux sentiments de l’autrice, avec
ces verbes (même quand il ne concerne pas ses émotions à elle) le texte prend une
forme plus humaine, moins judiciaire ou mathématique.
- « L'être équitable aime mieux être généreux que dupe » : maxime ouvrant sur
l’aspect moral d’O. Dans ce deuxième mouvement elle nous donne enfin accès à son
point de vue morale et sentimental
- Discours indirects : tac au tac ; insiste sur la rapidité de la scène.
- « Menace de la loi » : ni le cocher, ni la loi ne lui font peur puisqu’elle sait qu’elle a la
loi de son côté. Argument d’autorité. La réponse du clocher « moquer » montre qu’il
se pense au-dessus des lois et cela complète le portrait de l’escrocs se croyant
supérieur. Les monstres de l’antiquité sont appelés comme ça car ils ne craignent pas
les dieux, se croit supérieur.
- « Nous arrivons chez un commissaire de paix » : ellipse temporel =) aller à l’essentiel,
elle ne considère pas ce mouvement comme primordial à son argumentation.
- « Que j'ai la générosité de ne pas nommer » : à travers cette proposition
subordonnée relative, elle se place en position de pouvoir, de grandeur d’âme
- « Monsieur, je m'y refuse, et je vous prie de faire attention que vous n'êtes pas dans
le principe de votre charge » : elle connait mieux la loi que lui, elle est en situation de
puissance grâce à la loi, qui est de son côté.
- « Ce forcené s’emporte » : comme le clocher, il ne se contrôle pas, ce qui leur fait un
point commun et une opposition commune à O. La phrase introduisant cette
proposition « pour mieux dire » montre qu’olympe est personnellement impliquée
cette fois ci puisqu’elle utilise ces émotions et son point de vue. Mais dans la scène,
elle reste calme.
- « Me menace de la force » : comme le clocher, il cherche à l’impressionner : par le
rapprochement de ces deux individus nous pouvons entrevoir un portrait péjoratif de
l’homme : il ne se contrôle pas, se laisse dominer par les émotions et cherche à
l’impressionner. La condition « si je ne paye à l'instant » insiste l’aspect de menace
par le chantage
- « Je lui demande de me faire conduire au tribunal » : Olympe cherche tout de même
à rester en situation de pouvoir en lui demandant elle de l’emmener au tribunal,
dans l’espoir que la loi qu’elle place de son côté la défende.

Mvt 3
- « Le grave magistrat en redingote poudreuse et dégoutante comme sa
conversation » : Elle dépeint le juge de manière ironique et décrédibilisante elle érige
à travers la comparaison un portrait physique péjoratif mais aussi moral : il est sale,
dégoutant a un air grave et sa conversation l’est tout autant.
- « Plaisamment » : adverbe montrant le caractère rieur moqueur du magistrat
- « En assemblé national » : a travers ce discours direct montrant alors l’importance de
cette phrase dans le texte, le magistrat cherche a décrédibiliser son propos et sa
cause (son combat) ce à quoi elle répond avec beaucoup de culot et d’arrogance
« Cela se pourrait bien » en conservant le ton ironique du magistrat.
- « moitié furieuse et moitié riant » : elle domine la situation même en colère car c’est
une colère juste. Parallélisme
- « Brid’oiseau » : cette comparaison insiste le portrait péjoratif du personnage
incompétent qu’est Brid’oiseau
- « C'est donc là l'espèce d'homme qui doit juger un peuple éclairé ! » : Discours direct
+ phrase exclamative =) phrase clé. ref lumière, elle croit au valeurs de la révolution
mais critique ceux qui ne sont pas capable de les incarner
- « La justice ne se rend pas ; la loi est méconnue, et la police se fait Dieu sait
comment » : temps ternaire =) insistance, accélération du rythme =) climax
- « Que font ces juges de paix ? Que font ces commissaires, ces inspecteurs du nouveau
régime ? » : rythme ternaire question rhétorique : elle accuse directement les cibles
de ce texte argumentatif plus ou moins discrète.
- « L'Assemblée nationale doit fixer toute son attention sur cette partie qui embrasse
l'ordre social » : retour à la réalité à la fin de l’anecdote =) « doit » =) une notion de
devoir/ mission

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