ESSAIS DE CARACTERISATION PHYSIQUE DES MATERIAUX D’ETUDE
I- LES ESSAIS PHYSIQUES
1- Teneur en eau pondérale (NF P94-050)
La teneur en eau d’un sol est définie comme le rapport entre le poids de l’eau et le poids du sol
“sec”. Elle est déterminée selon la norme NF P94-050 qui spécifie la méthode de détermination
par étuvage de la teneur en eau pondérale.
Mode opératoire
Pour déterminer la teneur en eau au laboratoire, on prend un échantillon de sol et on le soumet à
une étuve à 105°C pendant environ 24 heures jusqu’à ce que son poids se stabilise. Ensuite, on
compare le poids de l’eau évaporée avec le poids initial du sol sec. Cette teneur en eau est
exprimée en pourcentage.
Préparation de l'échantillon :
- Prélevez un échantillon représentatif du sol à étudier.
- Évitez toute contamination externe (par exemple, portez des gants propres).
- Notez le poids initial de l'échantillon.
Séchage à l'étuve :
- Placez l'échantillon dans une étuve préchauffée à 105°C.
- Laissez l'échantillon sécher pendant environ 24 heures
- Pendant ce temps, l'eau contenue dans le sol s'évapore.
Pesée après séchage :
- Après le séchage, retirez l'échantillon de l'étuve.
- Laissez-le refroidir à température ambiante dans un dessiccateur.
- Pesez l'échantillon séché (poids sec).
Calcul de la teneur en eau :
La teneur en eau du sol est obtenue par la formule :
(W) = [(Ph – Ps) /Ps] x 100
Pour des sols de type sable, la teneur en eau peut varier entre 10 % et 15 %, tandis que pour les
argiles, elle peut être plus élevée, allant de 10 % à 20 %. Dans certains cas, la teneur en eau peut
même dépasser 100 %. La connaissance de la teneur en eau d'un sol est très importante car elle
permet, avec d'autres caractéristiques, d'apprécier l'état dans lequel se trouve ce sol.
Degré de saturation Sr%
C'est le rapport du volume de l'eau au volume des vides d'un sol.
2- Analyse granulométrique par tamisage (NF EN ISO 17892-4)
But et principe de l’essai
L'analyse granulométrique consiste à déterminer la distribution dimensionnelle des grains
constituant un granulat dont les dimensions sont comprises entre 0,063 et 125 mm.
L'analyse granulométrique est l'opération consistant à étudier la répartition des différents grains
d'un échantillon de sol ou de granulats en fonction de leur dimension à travers le tracé de la
courbe granulométrique. L'essai consiste à fractionner au moyen d'une série de tamis un matériau
en plusieurs classes granulaires de tailles décroissantes. Les masses des différents refus cumulés
Ri, sont rapportées à la masse totale calculée de l’échantillon pour essai sec (Ms). Les
dimensions des mailles et le nombre des tamis sont choisis en fonction de la nature de
l'échantillon et la précision attendue. D’autres paramètres tels que : le module de finesse, le
coefficient de courbure et le coefficient d’uniformité sont également déterminés par cet essai.
Appareillage
- Un dispositif de lavage
- Brosse
- Balance électrique
- Tamis dont l'ouverture est conforme à la norme
Préparation de l’échantillon
L'échantillon doit être préparé suivant les prescriptions de la norme, la masse de l'échantillon
pour essai doit être supérieur à 0.2D, avec D la plus grande dimension spécifiée en (mm)
Description de l’essai
On emboîte les tamis les uns sur les autres, dans un ordre tel que la progression des ouvertures
soit croissante du bas de la colonne vers le haut. En partie inférieure, on dispose un fond étanche
qui permettra de récupérer les fillers pour une analyse complémentaire. On appellera tamisât le
poids du matériau passant à travers un tamis donné et refus le poids de matériau retenu par ce
même tamis.
Le matériau étudié est versé en haut de la colonne de tamis et celle-ci entre en vibration.
Expression des résultats
Le résultat de l’essai sera noté dans un tableau.
La courbe granulométrique est obtenue en portant les divers pourcentages des tamisât cumulés
sur une feuille semi-logarithmique :
- En abscisse : les dimensions des mailles, échelle logarithmique ;
- En ordonnée : les pourcentages sur une échelle arithmétique.
La courbe est tracée de manière continue et ne peut pas passer rigoureusement par tous les
points.
La forme de la courbe granulométrique obtenue apporte les renseignements suivants :
- Les dimensions d et D du granulat ;
- La plus ou moins grande proportion d'éléments fins ;
- La continuité ou la discontinuité de la granularité.
C u = D 60/ D 10 il caractérise en quelque sorte la pente de la courbe granulométrique
Avec Cu : coefficient d’uniformité ou de HAZEN :
- Le coefficient de courbure
Cc : coefficient de courbure : Cc = Cu (d30/d60)2d10 * d60
3- La porosité
La porosité des matériaux solides, qu’ils soient naturels ou artificiels, joue un rôle crucial dans
leurs propriétés physiques et chimiques. Elle dépend de la structure et de la taille des pores
présents dans le matériau. La porosité est l'ensemble des vides (pores) d'un matériau, ces vides
sont remplis par des fluides (liquides ou gaz). Les matériaux poreux sont très généralement des
solides. La porosité est aussi une grandeur physique définie comme le rapport entre le volume
des vides et le volume total d'un milieu poreux, sa valeur est comprise entre 0 et 1 (ou, en
pourcentage, entre 0 et 100 %). Voici quelques techniques couramment utilisées pour
caractériser la porosité.
Méthode par immersion des granulats ou Méthode gravimétrique
But et principe de l’essai
Cette méthode consiste à saturer en eau la porosité ouverte des grains constituant le matériau
granulaire. L’immersion du matériau dans une solution aqueuse, permet sa saturation. A froid,
l’essai nécessite du temps. En vue d’accélérer le phénomène on augmente progressivement la
température de l’eau. Le gradient thermique provoque dans le temps la dilatation de l’air présent
dans les pores. Ce gaz quitte plus facilement les pores pour y être substitué par l’eau liquide.
Ainsi l’eau sature plus rapidement la totalité des vides.
Mode opératoire
- Préparer un échantillon sec de 1 kg, soit M0 ;
- Placer l’échantillon dans l’eau froide et porter à ébullition pendant 2 heures, en vue de
chasser l’air des pores et les saturer par de l’eau ;
- Retirer l’échantillon de l’eau et essuyer à l’aide d’un chiffon chaque grain, peser la
nouvelle masse, soit M1.
Détermination de la porosité
C’est le rapport du volume des vides contenus dans les grains au volume des grains, exprime en
pourcentage. La porosité des granulats courants est en général très faible. Cependant, la porosité
est importante dans le cas des granulats légers.
Formule de calcul de la porosité
Porosimétrie par intrusion de mercure (ISO 15901-1 :2016)
La porosimétrie par intrusion de mercure permet de caractériser l’évolution de la structure d’un
matériau poreux. L’utilisation d’un porosimètre équipé de deux postes basse et haute pression
permet d’accéder aux pores de rayon compris entre 1,8 nm et 60 μm. Cette technique permet
d’obtenir une distribution en taille de pores. Avant la mesure, les échantillons sont séchés sous
vide. Pour que le mercure, liquide non mouillant, pénètre une structure poreuse, il faut lui
appliquer une pression d’autant plus forte que la porosité est fine. Un échantillon est placé dans
un bain de mercure et à chaque incrément de pression, le volume cumulé de mercure pénétrant
les pores est mesuré. Le rayon moyen rp des pores envahis, supposés cylindriques, est calculé
par l’équation de Washburn :
Avec γHg = 0,474 N.m-1 la tension superficielle du mercure et θHg ≈ 141° l’angle de contact.
Détermination de la porosité par observations au Microscope Electronique à
Balayage (MEB)
Le Microscope Electronique à Balayage (MEB) permet d’observer la microstructure des
matériaux. Le MEB permet d’obtenir des images en haute résolution de la surface d’échantillons
en balayant cette surface à l’aide d’un faisceau d’électrons et en analysant à travers divers
détecteurs les informations obtenues.
Le MEB permet alors d’observer la structure poreuse des granulats à l’échelle microscopique.
Principe de fonctionnement :
Un faisceau d’électrons est projeté sur la surface de l’échantillon à analyser.
L’interaction entre la sonde électronique et l’échantillon génère des électrons secondaires de
basse énergie.
Ces électrons secondaires sont amplifiés puis détectés, convertis en un signal électrique.
À chaque point d’impact sur l’échantillon, un signal électrique est généré.
La résolution de la MEB peut atteindre 0,4 nanomètre à 20 nanomètres1.
- Micrographie sur coupe : Cette technique consiste à examiner des coupes minces de
l’échantillon au microscope pour évaluer la porosité.
- Radiographie : L’utilisation des rayons X permet de visualiser la structure interne de
l’échantillon et d’analyser sa porosité.
- Tomographie aux rayons X : Cette méthode permet de créer des images
tridimensionnelles de l’échantillon, révélant ainsi sa porosité en profondeur.
- Mesures sur lames minces : L’observation et la mesure des lames minces
(micromorphologie et analyse d’image) permettent d’approcher et de quantifier
sérieusement la porosité. Il est essentiel d’éviter les artefacts liés au dessèchement des
échantillons lors de cette méthode 3.
4- Masse volumique et coefficient d'absorption d'eau (NF-1097-6)
La masse volumique réelle est calculée à partir du rapport masse/volume. La masse est
déterminée en pesant la prise d’essai saturée surface sèche et de nouveau après séchage à l'étuve.
Le volume est calculé à partir de la masse du volume d'eau déplacé, déterminée soit par
réduction du poids dans le cas de la méthode du panier en treillis, soit par pesée dans le cas de la
méthode au pycnomètre. Il convient de ne pas chauffer artificiellement les prises d'essai avant
l'essai en raison de l'impact du chauffage sur l'absorption. Cependant, si l'on utilise un matériau
préalablement chauffé, il convient de le consigner dans le rapport d'essai. Pour les granulats
poreux, les valeurs du coefficient d'absorption et de la masse volumique dépendent des classes
granulaires soumises aux essais. En conséquence, il convient que les classes granulaires
soumises à l'essai soient indiquées dans le rapport d'essai. Si les granulats sont constitués de
plusieurs classes granulaires, il peut s'avérer nécessaire de fractionner l'échantillon en différentes
classes avant de préparer la prise d 'essai.
Méthode du panier en treillis pour les granulats passant au tamis de 63 mm et
refusés au tamis de 31,5 mm
La méthode du panier en treillis doit être utilisée pour des granulats passant au tamis de 63 mm
et refusés au tamis de 31,5 mm. Dans le cas de morceaux de roche, réduire la taille de
l'échantillon afin qu'il puisse passer au travers d'un tamis de 63 mm et être r e fusé au tamis de
31,5 mm.
Préparation de la prise d'essai
Les granulats doivent être échantillonnés conformément à l'EN 932-1, puis réduits
conformément à l'EN 932-2. Laver l'échantillon sur le tamis de 63 mm et le tamis de 31,5 mm
pour retirer les granulats les plus fins. Eliminer tous les grains refusés au tamis de 63 mm.
Laisser l'échantillon s'égoutter. La masse de la prise d'essai de granulats ne doit pas être
inférieure à celle donnée dans le Tableau.
Tableau : Masse minimale des prises d’essai (méthode du panier en treillis)
Mode opératoire d'essai
Placer la pris e d'essai préparée dans le panier en treillis et immerger le tout dans le récipient
rempli d'eau à une température de (22 ± 3) ° C, la hauteur de l'eau au-dessus du panier étant de
50 mm au moins. Dès le début de l'immersion, éliminer l'air occlus de la prise d'essai préparée en
la soulevant à environ 25 mm au-dessus du fond du récipient et en la laissant retomber à 25
reprises, une par seconde, environ dans l'eau, M3. Laisser le panier contenant les granulats
complètement immergé pendant cette opération pendant une période de (24 ± 0,5) h. Secouer le
panier et son contenu, et les peser dans une eau à une température de (2 2 ± 3) ° C, M2. Noter la
température de l'eau lorsque la masse (M2) a été déterminée. Si la pesée de la prise d’essai
implique son transfert dans un récipient différent, secouer le panier contenant la prise d'essai 25
fois dans le nouveau récipient, comme décrit plus haut, avant de peser, M2. Sortir le panier et
son contenu d'eau et les laisser s'égoutter pendant quelques minutes. Verser doucement les
granulats du panier sur un chiffon sec. Remettre le panier vide dans l'eau, le secouer 25 fois et le
peser. Sécher doucement la surface des granulats et les transférer sur l'autre chiffon sec, doux et
absorbant, quand le premier chiffon n’absorbe plus d’eau. Bien étaler les granulats sur ce chiffon
en une couche mono-granulaire et les laisser exposés à l’air libre mais à l'abri des rayons du
soleil ou de toute autre source de chaleur jusqu'à ce que les films d'eau visibles aient disparu, les
granulats gardant toutefois un aspect humide. Peser les granulats, M1. Transférer les granulats
sur un plateau et le placer dans l'étuve à une température de (110 ± 5) °C jusqu'à masse
constante. Laisser refroidir à température ambiante et peser, M4.
Noter toutes les masses avec une précision supérieure ou égale à 0,1 % de la masse M4 de la
prise d'essai.
Calcul et expression des résultats
Calculer les masses volumiques réelles (Pa, Prd, et Pssd, selon le cas), en Mg/m3, conformément
aux équations suivantes :
Où :
Pw est la masse volumique de l'eau à l a température enregistrée lorsque M2 a été déterminée, en
méga grammes par mètre cube ;
M1 est la masse dans l'air des granulats saturés et superficiellement secs, en grammes ;
M2 est la masse dans l'eau du panier contenant l'échantillon de granulats saturés, en grammes ;
M3 est la masse dans l'eau du panier vide, en grammes ;
M4 est la masse de la prise d'essai séchée à l'étuve dans l'air, en grammes ;
Arrondir les valeurs de la masse volumique réelle eau 0,01 Mg/m3 le plus proche, et celles du
coefficient d'absorption d'eau, à 0,1% près.
Méthode au pycnomètre pour les granulats passant au tamis de 31,5 mm et refusés
au tamis de 4 mm
Préparation de la prise d'essai
Les granulats doivent être échantillonnés conformément à l'EN 932-1, puis réduits
conformément à l'EN 932-2. Laver l'échantillon sur le tamis de 31,5 mm et le tamis de 4 mm
pour retirer les granulats les fins. Eliminer tous les grains refusés au tamis de 31,5 mm. Laisser
l'échantillon s'égoutter.
La masse de la prise d'essai de granulats ne doit pas être inférieure à celle donnée dans le
Tableau.
Mode opératoire d'essai
Immerger la prise d'essai préparée dans le pycnomètre rempli d'eau à (22 ± 3) °C et éliminer l'air
occlus en faisant tourner et osciller doucement le pycnomètre en position inclinée. Placer le
pycnomètre dans le bain d'eau et maintenir la prise d 'essai à une température de (22 ± 3) ° C
pendant (2 4 ± 0,5) h. À l'issue du trempage, retirer le pycnomètre du bain d'eau et éliminer tout
reste d'air occlus en faisant tourner et osciller doucement le pycnomètre.
L’air occlus peut également être éliminé en faisant le vide.
Faire déborder le pycnomètre en rajoutant de l'eau et placer le couvercle en évitant de piéger de
l'air dans le récipient. Puis sécher l'extérieur du pycnomètre et le peser, M2. Noter la température
de l'eau. Retirer les granulats de l 'eau et les laisser s'égoutter quelques minutes. Remplir à
nouveau le pycnomètre avec de l'eau et remettre le couvercle comme précédemment. Puis sécher
l'extérieur du récipient et peser, M3. Noter la température de l'eau.
La différence entre les mesures de la température de l'eau du pycnomètre effectuées pour es
pesées M2 et M3 ne doit pas dépasser 2 °C.
Il est possible de pré-étalonner le volume du pycnomètre au lieu de le mesurer à chaque essai.
Dans ce cas, il convient que le pycnomètre soit dans un bain thermostatique à a température
d’étalonnage à ± 0,5 °C près.
Transférer la prise d'essai égouttée sur l'un des chiffons secs. Sécher doucement en surface les
granulats, puis les transférer sur un deuxième chiffon une fois que le premier n'absorbe plus
d'eau. Bien étaler les granulats sur ce chiffon en une seule couche et les laisser exposés à l'air
libre mais à l'abri des rayons du soleil ou de toute autre source de chaleur jusqu'à ce que les films
d'eau visibles aient disparu, les granulats gardant toutefois un aspect humide.
Transférer la prise d'essai saturée et séchée en surface sur un plateau et peser les granulats, M1.
Sécher les granulats dans une étude ventilée à une température de (110 ± 5) ° C jusqu'à masse
constante. Laisser refroidir à température ambiante et peser, M4.
Noter toutes les masses avec une précision supérieure ou égale à 0,1% de la masse M4 de la prise
d'essai.
Calcul et expression des résultats
Où :
Pw est la masse volumique de d'eau à la température d'essai, en méga grammes par mètre cube ;
M1 est la masse dans l'air des granulats saturés et superficiellement secs, en grammes ;
M2 est la masse du pycnomètre contenant l'échantillon de granulats saturés et d'eau, engrammes
;
M3 est la masse du pycnomètre rempli d'eau uniquement, en grammes ;
M4 est la masse dans l'air de la prise d’essai séchée à l'étuve, en grammes.
Arrondir les valeurs de la masse volumique à 0,01 Mg/m3 près, et celles du coefficient
d'absorption d'eau.
Détermination de la masse volumique réelle et du coefficient d'absorption d'eau des
gravillons et cailloux saturés jusqu'à masse constante
La présente annexe décrit une méthode de détermination de la masse volumique réelle et du
coefficient d'absorption d'eau des gravillons et cailloux saturés jusqu'à masse constante. La
méthode peut être utilisée avec une prise d'essai se composant de quelques cailloux, par exemple
du ballast de chemin de fer. Cette méthode se base sur la méthode du panier en treillis.
Préparation de la prise d'essai
Ballast de chemin de fer
La prise d'essai doit être constituée par au moins dix fragments de granulats de ballast de chemin
de fer dont les dimensions se situent dans la plage comprise entre 40 mm et 50 mm ou 50 mm et
63 mm. La masse de chaque fragment doit être au minimum de 150g et au maximum de 350g.
Éliminer tous les effritements se détachant de la prise d'essai et la laver à l'eau courante afin
d'éliminer les fines particules adhérentes.
Mode opératoire d'essai
Mettre la prise d'essai préparée dans le bac et l'immerger complètement dans l'eau jusqu'à ce que
sa masse soit constante. Mettre la prise d'essai dans le panier suspendu à la balance et immerger
le tout dans le récipient rempli d'eau, la hauteur d'eau au-dessus du panier étant d'au moins 50
mm.
Déterminer la masse de la prise d'essai dans l'eau, M2, et mesurer la température de l'eau dans le
bac en l'arrondissant au degré Celsius le plus proche.
Sortir la prise d'essai de l'eau et la sécher immédiatement en surface à l'aide d'un chiffon
absorbant, jusqu'à ce qu'elle passe d'un aspect mouillé et brillant à un aspect mat. Peser la prise
d'essai, M1.
Sécher la prise d'essai dans l'étuve à une température de (110 ± 5) °C jusqu'à masse constante.
Laisser refroidir à température ambiante et peser, M3.
Noter toutes les masses de la prise d'essai M3 avec une précision supérieure ou égale à 0,05 %.
Calcul et expression des résultats
Calculer la masse volumique réelle des gravillons et cailloux, saturés à masse constante, Pern, en
Mg/m3, conformément à l'équation suivante :
Où :
Pw est la masse volumique de l'eau à la température enregistrée lorsque M2 a été déterminée en
méga grammes par mètre cube ;
M1 est la masse de la prise d'essai saturée et superficiellement sèche, en grammes ;
M2 est la masse dans l'eau de la prise d'essai saturée, en grammes ;
M3 est la masse de la prise d'essai séchée à l'étuve, en grammes.
Arrondir les valeurs de la masse volumique réelle au 0,01 Mg/m3 le plus proche, et celles du
coefficient d’absorption d'eau, à 0,1 % près.
Relations entre les différents paramètres de masse volumique (notations conformes
aux méthodes principales)
Prct = masse volumique réelle après séchage à l'étuve
Pssd = masse volumique réelle saturée surface sèche
Pa = masse volumique absolue
Pw = masse volumique de l'eau
WA = coefficient d’absorption d'eau
- Paramètres de masse volumique
Pssd = Prd [1 + WA / 1OO]
Pa = P r d f [ 1 – Prd. WA /(1OOpw)
Pa= Pssd / {1 - [WA /1OO] [ (pssct f P w) - 1]}
- Coefficient d'absorption d'eau
WA = 100 [(Pssd f P,d) - 1]
WA = 1OO Pw (Pa - Pssd} f [Pa (Pssd - Pw)]
- La densité spécifique
Elle est évaluée grâce à la méthode du pycnomètre à air, et vérifiée par celle du pycnomètre à
eau.
- La masse volumique absolue
Elle est évaluée grâce à la méthode du pycnomètre. L’eau est utilisée comme solvant.
- La masse volumique sèche en vrac
Détermination de la masse volumique en vrac et de la porosité intergranulaire : Cette méthode
permet de mesurer la densité apparente des granulats et d’évaluer leur porosité. La porosité est
importante pour comprendre la capacité des granulats à absorber l’eau.
- Masse volumique apparente
C’est la masse du granulat sec occupant l’unité de volume. Elle dépend du tassement, de la
forme et de la granulométrie des grains. Elle se mesure conformément à un mode opératoire
précis.
Mesure de la capacité d’absorption d’eau
Définition et But
L’essai d’absorption évalue la capacité des granulats à absorber de l’eau. La plupart des
granulats stockés dans une atmosphère sèche pendant un certain temps, peuvent par la suite
absorber de l'eau. Le processus par lequel le liquide pénètre dans la roche et l'augmentation de
poids qui en résulte est appelé absorption. L'absorption peut varier dans de très larges mesures
suivant la nature du granulat. Elle peut varier de 0 à plus de 30 % du poids sec pour granulat
léger.
Principe
L’essai consiste à mesurer la quantité d’eau que peut absorber le matériau testé au bout de 24
heures. L’immersion du matériau dans une solution aqueuse permet sa saturation. À froid, l’essai
prend du temps, mais on peut accélérer le phénomène en augmentant progressivement la
température de l’eau. Le gradient thermique provoque la dilatation de l’air présent dans les
pores, ce qui permet à l’eau de saturer plus rapidement l’ensemble des vides.
Mode opératoire
Un échantillon de 150 g est trempé dans de l’eau pendant 24 heures à température ambiante.
L’échantillon est ensuite sorti de l’eau et soumis à un flux d’air chaud afin que la surface externe
des grains sèche. Pour s’assurer que le séchage de surface est atteint, un moule tronconique
normalisé est posé sur un plateau (le plus grand diamètre dirigé vers le bas). Il est rempli avec
une partie de la prise de l’échantillon en cours de séchage qui est tassée légèrement à l’aide d’un
pilon. Le moule est ensuite soulevé, et l’on arrête le séchage lorsque le cône de granulats
s’effondre. L’échantillon de granulat superficiellement sec est alors pesé. Après séchage complet
à l’étuve, la teneur en eau (Hp) est calculée en utilisant l’Équation :
Avec : Mi : masse de l’échantillon saturé à surface sèche en g
Md : masse sèche de l’échantillon en g
Pour évaluer la cinétique d’absorption d’eau, le même procédé est appliqué mais cette fois en
considérant plusieurs échéances de temps : 10, 15, 30, 60, 120, 240, 480, 1440, et 2880 minutes.
5- Les limites d’Atterberg (NF EN ISO 17892-12)
Les limites d’Atterberg sont des teneurs en eau pondérales qui correspondent à des états
particuliers d’un sol et sont déterminées uniquement pour les éléments fins du sol (passant au
tamis de 0,4 mm). L’essai consiste donc à faire varier la teneur en eau d’une fraction de sol et
observer sa consistance. Caractériser l’argilosité du sol, et donc déterminer les teneurs en eau
remarquables situées à la frontière entre ces différents états. Ceux sont les « Limites d’Atterberg
» et on définit :
❖ La limite de liquidité, notée WL qui sépare l’état liquide de l’état plastique ;
❖ La limite de plasticité, notée WP qui sépare l’état plastique et l’état solide ;
❖ La limite de retrait, notée WS qui sépare l’état solide avec retrait de l’état solide
ans retrait.
La connaissance de ces limites est importante pour l’exécution de travaux de terrassements en
géotechnique routière.
L’essai est réalisé grâce à l’appareil de Casagrande et s’effectue sur la fraction 0/400 du matériau
en deux (02) phases :
− Détermination de la teneur en eau WL ;
− Détermination de la teneur en eau WP.
L’expression des résultats se fait suivant les différentes limites de liquidité et de plasticité et
l’indice de plasticité.
❖ Limite de liquidité
Elle est calculée à partir de l’équation de la droite moyenne ajustée sur les couples de valeurs
expérimentales (log N, W).
❖ Limite de plasticité
Elle est définie par la moyenne arithmétique des teneurs en eau obtenues à partir de deux essais.
La valeur de la limite de plasticité est exprimée en pourcentage arrondi à 1% près et en générale
elle ne dépasse pas 40%.
❖ Indice de plasticité
C’est la différence entre la limite de plasticité et la limite de liquidité. Il caractérise la largeur de
la zone où le sol a un comportement plastique. Il s’exprime par la relation :
IP =WL −WP
Les différents seuils d’un sol selon son indice de plasticité, définis par le GTR sont :
Plus IP est grand plus le gonflement par humidification du sol et son retrait par dessiccation sont
importants. L’indice de plasticité IP précise donc aussi les risques de déformation du matériau.
6- Valeur au bleu de méthylène (NF P 94-068)
L’essai au bleu de méthylène encore appelé « essai à la tâche » est également un essai qui permet
de caractériser l’argilosité d’un sol. Il permet de trouver le paramètre VBS du sol qui représente
la quantité de bleu de méthylène pouvant s’absorber sur les surfaces externes et internes des
particules argileuses contenues dans la fraction du sol considéré. L’essai consiste à introduire
progressivement du bleu de méthylène dans une suspension de sol maintenue en agitation. On
prélève périodiquement une goutte de la suspension que l’on dépose sur un papier
chromatographique. Dès qu’une auréole bleutée se développe autour de la tache ainsi formée, on
peut considérer que l’absorption du bleu de méthylène sur les particules d’argile est terminée. En
effet, c’est l’excès de bleu de méthylène qui apparait dans l’auréole. La VBS traduit globalement
la quantité et la qualité de la fraction argileuse du sol.
Le résultat du VBS s’exprime donc en grammes de bleu pour 100g de sol et est donnée par la
formule :
𝑽𝑩𝑺 = (𝑩/𝒎𝟎) × 𝟏𝟎𝟎
Avec :
B = V ˟0.01 : est la masse de bleu introduite dans la solution (solution à 10g/l) ;
𝑚0 : la masse sèche de la prise d’essai ;
V : est le volume de la solution de bleu utilisée en Cm3.
L’essai est effectué sur une fraction 0/2 mm de sol et on distingue, pour des valeurs de VBS
donnés, les classifications de sols ci-après :
7- Teneur en matières organiques
Définition
La matière organique du sol (MO) désigne la quantité de composés organiques d’origines et de
tailles diverses présents dans le sol. Elle provient principalement des résidus organiques
végétaux et animaux qui se décomposent dans le sol. La teneur en matière organique du sol est
un indicateur essentiel en géotechnique.
II- LES ESSAIS MECANIQUES
Les essais mécaniques sont des expériences dont le but est de caractériser les lois de
comportement des matériaux (mécanique des milieux continus). La loi de comportement établit
une relation entre les contraintes (pression=force/surface) et les déformations (allongement
unitaire adimensionnel).
ESSAIS DE RESISTANCE DES SOLS
La résistance des sols mesurée expérimentalement et les théories de rupture permettent
d'étudier la stabilité des fondations superficielles ou profondes, des ouvrages de soutènement,
des remblais, des talus naturels ou de déblais, des barrages en terre, etc.
Il existe plusieurs essais plus ou moins complexes, pour déterminer la résistance au cisaillement
des sols : compression simple, cisaillement à la boîte, compression triaxiale, etc.
Les deux essais : cisaillement direct et compression triaxiale sont les plus utilisés. Chaque
essai comporte deux phases : la première est l'application des contraintes normales, la
deuxième le cisaillement proprement dit. Suivant que pendant l'une ou l'autre de ces deux
phases, on empêche tout drainage ou au contraire on laisse l'eau s'évacuer sans aucune
pression, on distingue plusieurs types d'essais.
- Essais de cisaillement non drainés UU*
Essais pendant lesquels aucun drainage de l'eau n'est possible durant les deux phases. La
première phase constitue alors ce que l'on pourrait appeler ‘’la remise sous contraintes’’.
- Essais de cisaillement consolidés non drainés CU**
Essais dans lesquels il n'y a drainage que pendant la première phase : l'application des
contraintes normales destinées à assurer la consolidation primaire totale de l'échantillon.
Aucun drainage ne se produit pendant la phase de cisaillement.
- Essais de cisaillement drainés CD ***
Essais dans lesquels il y a drainage, aussi bien pendant l'application de la contrainte normale
que pendant l'application de la contrainte de cisaillement. La pression interstitielle doit être
toujours nulle au cours du cisaillement.
*UU = unconsolided undrained
**CU = consolided undrained
***CD = consolided drained
Consolidation
La consolidation d'un matériau résulte en général de la variation des contraintes (effectives) qui
lui sont appliquées et se traduit par une variation de volume.
Critère de rupture
Lorsqu'un système de forces est appliqué à un volume déterminé d'un sol, il se développe en
général des contraintes de cisaillement qui entraînent des déformations du sol. Celles-ci
peuvent être importantes le long de certaines surfaces que l'on appelle surfaces de
glissement ou surfaces de rupture. La résistance au cisaillement d'un sol est définie comme
étant la contrainte de cisaillement dans le plan de la rupture, au moment de la rupture.
Sauf dans des cas particuliers on prendra comme résistance au cisaillement, le maximum de
la contrainte de cisaillement.
Fig : Courbe de résistance au cisaillement
1- Essai de cisaillement à la boîte (NF EN ISO 17892-10)
Principe de l’essai
L’essai de cisaillement à la boîte de Casagrande est une méthode couramment utilisée en
géotechnique pour évaluer les caractéristiques de plasticité et de résistance au cisaillement des
sols fins en laboratoire. Ces caractéristiques se traduisent en général par deux paramètres très
important qui sont :
- L'angle de frottement interne des grains " ".
- La cohésion du sol "C".
Matériel utilise
- La boite de CASAGRANDE.
- Le bâti de consolidation sur lequel on dépose la boite surmontée d'un étrier recevant les poids
qui vont fournir la charge N.
- Le dispositif de cisaillement qui permet de cisailler le sol à vitesse constante, il est
constitué :
+ Un anneau dynamométrique.
+ Un chariot sur lequel, on vient placer la boite de CASAGRANDE, le chariot est animé par
un moteur d'un mouvement de translation à vitesse constante réglable.
Description du dispositif
L'échantillon de sol à étudier est placé entre deux demi-boîte indépendantes qui peuvent se
déplacer horizontalement, l'une par rapport à l'autre.
Fig. : Essai de cisaillement à la boite
Le dispositif est constitué comme suit :
- Pierre poreuse : Elle permet de drainer l'échantillon et elles assurent une bonne adhérence
entre l'échantillon et les demi boites.
- Demi boite supérieure : formée d'un cadre et d'un piston elle permet de respecter la charge
verticale N sur l'échantillon seulement.
- Demi boite inférieure : Elle est fixe et elle sert de moule.
- Dispositif à contrainte contrôlée: il entraîne la demi boite inférieure à vitesse constante la
mesure de la contrainte de cisaillement est effectué par un dynamomètre.
Mode opératoire
La boîte de Casagrande permet de soumettre l’échantillon à un cisaillement direct. Un piston
permet d'exercer sur le sol la contrainte donnée. La demi-boîte inférieure est entraînée
horizontalement à vitesse de déplacement constante. L'échantillon est donc cisaillé suivant un
plan imposé, sur lequel on exerce une contrainte normale et une contrainte tangentielle
déterminées. La contrainte de cisaillement se produit lorsque la contrainte tangentielle devient
trop importante. On mesure à l'aide d'un anneau dynamométrique fixé à la demi-boîte supérieure
la force totale de cisaillement.
En répétant plusieurs fois l'essai avec des valeurs différentes de la contrainte normale
(généralement trois ou quatre), on peut définir la cohésion C et l'angle de frottement du sol.
Pour les sols cohérents, les valeurs de C et obtenues dépendent essentiellement de la vitesse de
l'essai et de la perméabilité du sol : car l'un des paramètres est la pression interstitielle de l'eau
qui, commandant la résistance au cisaillement d'un sol, est elle-même directement liée aux
conditions de drainage de l'essai.
Dans la pratique, les contraintes ; appliquées sur l'échantillon sont des contraintes totales, mais
les caractéristiques de cisaillement du sol cohérent dépendent essentiellement des contraintes
intergranulaires ou effectives ' supportées par le squelette solide du sol.
Les composantes normales des contraintes totales et intergranulaires ' et la pression
interstitielle u de l'eau sont liées par la relation
= ’+ u
La courbe relative aux sols pulvérulents
La courbe relative aux sols cohérents :
NB : Cet essai contient plusieurs imperfections et ne reflètent pas des résultats intacts. Ces
imperfections sont dues aux dispositifs (demi-boîtes, déplacement de l'échantillon, uniformité de
la répartition des contraintes, efforts de frottement parasites…). C'est pourquoi on a souvent
recours à l'essai triaxial.
2- Essai triaxial (NF P94-070)
But et Principe de l’essai
L’essai triaxial, comme l'essai de cisaillement à la boîte, est une méthode de laboratoire courante
pour mesurer les caractéristiques mécaniques (angle de frottement interne) et C (cohésion) des
matériaux granulaires, en particulier celles des sols (le sable, l’argile) et des roches. Il permet de
déterminer notamment la résistance au cisaillement des sols grâce à la détermination de la courbe
intrinsèque des sols étudiés.
L'essai consiste à soumettre une éprouvette cylindrique de rapport H/D=2, à l'aide d'une cellule
triaxiale en acier inoxydable, un champ de contraintes uniforme qui a pour composantes :
- Une pression hydrostatique (ou radiale) constante, appliquée par l'intermédiaire d'un fluide
(généralement de l'eau) remplissant la cellule ;
- Une contrainte axiale ou déviateur (1 - 3) croissante, appliquée par l'intermédiaire d'un
piston.
Appareillage
- 1 Presse triaxiale : de 10 ou 50 kN pour les sols, de 100 à 2000kN sur roches.
- 1 à 3 cellules triaxiales : choix selon le type d’essai : production ou recherche.
- Sources de mise en pression
- 1 à 3 capteurs de pression interstitielle : chaque échantillon doit être relié à un capteur pour
mesurer la pression de fluide qui s’y développe au plus près de ce dernier.
- 1 capteur de force : c’est lui qui permettra de mesurer les efforts appliqués sur l’échantillon
pendant l’essai et de déterminer le déviateur à la rupture.
- 1 capteur de déplacement : il permet la mesure des déformations en cours de cisaillement
- 1 acquisition de données : jouant le rôle de conditionneur de signal, elle permet d’alimenter
les capteurs et de récupérer leurs signaux de sortie.
- Autres accessoires : tour échantillonneur, échantillonneur-extrudeur vertical ou de table,
berceaux, carottier, cylindre réservoir, tableau distributeur, pompe à vide.
Mode opératoire
Sur sa surface latérale, l’éprouvette est recouverte d’une membrane souple et imperméable (en
latex ou néoprène en général). Elle est montée dans une enceinte étanche avec embases
supérieures et inférieures et disques drainants ou non selon le type d’essais à réaliser.
Fig. : Schéma de principe du montage de l'éprouvette dans la cellule triaxiale
L’essai de compression triaxiale consiste à soumettre une éprouvette cylindrique à un champ de
contrainte uniforme qui une pression hydraulique 3 appliquée par l’intermédiaire d’un fluide
remplissant, la cellule et une contrainte axiale ou déviateur (1 - 3) appliquée par
l'intermédiaire d’un piston. Dans un essai, l'éprouvette est soumise à un champ de contraintes
isotropes jusqu'à une valeur donnée. On maintient ensuite à niveau constant la pression
hydraulique représentée par 2 et 3, on augmente progressivement la contrainte axiale 1 ou
le déviateur (1 - 3 ) jusqu'à la rupture de l’éprouvette. On détermine les valeurs du déviateur à
la rupture de trois ou quatre éprouvettes identiques pour des pressions hydrostatiques différentes.
on a : 1 = 3 + q
Les caractéristiques mécaniques sont obtenues en représentant dans le plan de Mohr l’état des
contraintes à la rupture, soit la cohésion (C ou C’) et l’angle de frottement (ou ’),
respectivement l’ordonnée à l’origine et la pente de la droite intrinsèque (en conditions drainées
ou non).
Fig. : Plan de Mohr-Coulomb - courbe intrinsèque
Comme dans l'essai de cisaillement à la boîte, la pression de l'eau dans l'espace intergranulaire
ou pression interstitielle u, a une influence déterminante sur les paramètres C et , la résistance
au cisaillement d'un sol dépendant essentiellement de la contrainte intergranulaire.
L'appareil triaxial permet de mesurer la pression interstitielle u au cours de l'essai et par suite de
connaître la pression intergranulaire à chaque instant.
La courbe effort-déformation (1-3 ; ℰ) peut être enregistrée au cours de l’essai. La résistance au
cisaillement correspond souvent au maximum du déviateur atteint lors de cette compression
triaxiale.
Fig. : Courbe effort -déformation
Il existe plusieurs variantes de cet essai, aujourd'hui entièrement normalisé qui sont effectuées au
triaxial.
Essai consolidé drainé (ASTM D7181-20)
Dans cet essai, chaque éprouvette est consolidée à drainage ouvert sous une pression
hydrostatique et cisaillée à drainage ouvert sous cette même pression. Le déviateur doit toutefois
être appliqué de manière à obtenir une vitesse de déformation suffisamment lente pour que la
pression interstitielle soit nulle à chaque instant. Il est utilisé pour mesurer les caractéristiques
mécaniques des sols et des roches dans des conditions de drainage complet. L’essai CD est très
long lorsque le sol est peu perméable.
Essai consolidé non drainé (NF EN ISO 17892-9)
Chaque éprouvette est consolidée à drainage ouvert, sous une pression hydrostatique, puis
cisaillée à volume constant à drainage fermé sous cette même pression. L'essai permet d'étudier
la variation de la résistance au cisaillement non drainé du sol, en fonction de la pression de
consolidation à partir des caractéristiques Ccu et cu. Il est utilisé pour évaluer les propriétés
mécaniques des sols dans des conditions de confinement.
Essai non consolidé non drainé (NF EN ISO 17892-8)
Ici, l’échantillon n’est soumis à aucune consolidation préalable ni à un drainage. Il correspond au
comportement à court terme du sol. L'application des contraintes sont effectués à drainage fermé.
La résistance au cisaillement du sol est généralement constante ( = 0). Il est couramment utilisé
pour évaluer les propriétés mécaniques des sols cohérents.
Essai triaxial vrai
Cette variante permet d’appliquer deux contraintes latérales différentes, dans deux directions
perpendiculaires. Elle offre une meilleure représentation des conditions de contrainte réelles dans
le sol.
Les dispositifs du triaxial assurent une meilleure uniformité du tenseur des contraintes dans
l’échantillon. Le matériau peut être sollicité suivant des chemins de contraintes complexes, il est
possible donc de contrôler d’une manière très précise l’évolution de la contrainte axiale et celle
de la contrainte latérale, ce qui rendent l’utilisation de l’appareil plus facile.
3- Essai de compression simple (NF EN ISO 17892-7)
L'essai permet de mesurer la résistance à la rupture en compression simple RC du sol.
L'éprouvette généralement cylindrique, d'élancement 2 (H = 2 D) est placée entre les deux
plateaux d'une presse et soumise à des charges croissantes jusqu'à rupture. La vitesse
d'écrasement doit être suffisamment rapide (1,5 à 2 mm/mn) pour qu'aucun drainage ne puisse se
produire pendant l'essai.
La relation Rc = 4P/ (Pi. D2) donne en fonction de la charge appliquée P à la rupture, la valeur de
la résistance à la compression simple Rc
La cohésion non drainée des argiles saturées s'en déduit immédiatement, u étant nul.
4- Pénétromètre de poche (NF EN ISO 22476-2)
Cet appareil très simple permet d'obtenir très rapidement un ordre de grandeur de la valeur de la
résistance à la compression simple non drainée Re d'un sol cohérent non remanié.
L'index mobile d'un ressort travaillant en compression indique directement en résistance à la
compression simple, la résistance du sol à la pénétration. L'appareil permet d'évaluer des
résistances à la compression simple allant jusqu'à 4,5 bars.
5- Scissomètre de laboratoire (NF P94-072)
L'essai consiste à enfoncer dans un échantillon de sol une tige munie à son extrémité de deux
palettes verticales et de même largeur, puis de lui imprimer un mouvement de rotation à vitesse
angulaire constante jusqu'au cisaillement du sol. Le couple nécessaire pour cisailler le sol est
mesuré à l'aide d'un ressort étalonné fixé sur la tige de l'appareil.
L'essai est essentiellement utilisé pour la détermination de la cohésion non drainée Cu des sols
purement cohérents (argiles, vases, tourbes). La cohésion Cu est donnée par la relation :
M étant le moment de torsion maximal.
Une courbe d'étalonnage de l'appareil donne directement la valeur de la cohésion Cu en fonction
de la valeur de l'angle de torsion à la rupture.
Angld torsi e degr
Fig. : Appareil de scissomètre
6- Pénétromètre de consistance (NF EN ISO 22476-2)
Un cône, d'angle au sommet et de poids Q connus, est maintenu au-dessus de l'échantillon à
étudier, sa pointe affleurant à la surface de l'échantillon. On libère le cône et on mesure son
enfoncement H dans le sol sous son propre poids (fig. 10). La cohésion non drainée Cu est
donnée par la relation
Où k est une constante sans dimension qui dépend de l'angle au sommet du cône, de son poids et
du degré de remaniement des échantillons dû au mode de prélèvement et au transport.
L'appareil est utilisé essentiellement pour la détermination de la cohésion non drainée Cu des
sols purement cohérents, soit pour des valeurs de Cu < 0,4 ou 0,5 bar.
Fig. : Pénétromètre de consistance.
DETERMINATION DE LA RESISTANCE A LA FRAGMENTATION ET A L’USURE
7- Los Angeles (EN 1097-2)
L'essai Los Angeles permet de mesurer les résistances combinées aux chocs et à la détérioration
progressive par frottement réciproques des éléments d'un granulat. Ce mode opératoire s'applique
aux granulats utilisés pour la constitution des chaussées et bétons hydrauliques.
But de l’essai
Cet essai a pour but de mesurer la quantité d'éléments inférieurs à 1,6 mm produite par
fragmentation, en soumettant le matériau à des chocs de boulets à l'intérieur d'un cylindre en
rotation.
Domaine d’application
Cet essai s’applique aux granulats d’origine naturelle ou artificielle utilisés dans les travaux de
Génie-Civil.
Appareillage
Un cylindre creux en acier de 12 mm d'épaisseur, fermé à ses deux extrémités ayant un
diamètre intérieur de 711 mm et une longueur intérieure de 508 mm.
Un moteur d’au moins 0,75kw assurant une vitesse de rotation régulière comprise entre
30 et 33 tours / mm
Un bac destiné à recueillir les matériaux après essai.
Un compte tour de type relatif arrêtant automatiquement le moteur au nombre de tours
voulus.
Une charge qui est constituée par des boulets sphériques de 47 mm de diamètre et pesant
420 et 445 g. Ces boulets ne doivent pas s'user de façon asymétrique.
Fig. : Cylindre pour l'essai de Los Angeles sur les graviers
Fig. : Boulets sphériques
Mode opératoire
• Tamiser l’échantillon à sec sur chacun des tamis de la classe granulaire
• Laver le matériau tamisé et le sécher à 105°C jusqu’à l’obtention de la masse constante.
• La charge utilisée sera fonction de la classe granulaire
• Faire effectuer à la machine 500 rotations sauf pour la classe 25 / 50 où l’on effectue 1000
rotations à une machine régulière comprise entre 30 et 33 tours / mm
• Recueillir le granulat dans un bac placé sous l’appareil, en ayant soin d’amener l’ouverture
juste au-dessus de ce bac sur le tamis de 1,6 mm.
• Laver le refus au tamis de 1,6 mm. Sécher à l’étuve à 105°C
• Peser le refus une fois séché. Soit m’ le résultat de la pesée
Principe de l'Essai
Il consiste à mesurer la quantité d'éléments inférieurs à 1,6 mm produite en soumettant le
matériau aux chocs de boulets et aux frottements réciproques de la machine Los Angeles. pour
cela il évolue pendant l'essai. La granularité du matériau soumis à l'essai est choisie parmi six
classes granulaires qui sont :
4/6,3 mm
6,3/10 mm
10/14 mm
10/25 mm
16/31,5 mm
25/50 mm
Selon le type de granularité, la masse de la charge de boulets varie. On définit alors le
coefficient Los Angeles LA qui est un pourcentage en masse du rapport des éléments passant
aux tamis de 1,6 et la masse initiale sèche.
: C’est la résistance à la fragmentation par chocs et par frottements réciproques des éléments
des granulats.
est la masse du matériau soumis à l'essai, est la masse des éléments supérieurs à 1,6 mm
produits au cours de l'essai qui est égouttée et séchée à l'étuve jusqu'à poids constant.
8- Micro Deval (EN 1097-1)
But de l’essai
L’essai permet de déterminer la résistance à l’usure par frottements réciproques des éléments
d’un granulat
Appareillage
- Description de la machine micro-Deval :
La machine micro-Deval comporte un à quatre cylindres creux en acier inox ayant un diamètre
intérieur de 20 cm et une longueur utile de 15,4 cm. Ces cylindres ont une épaisseur supérieure
ou égale à 3 mm. Un moteur assure une rotation de 100 tours par minute et s’arrête en achevant
les 12 000 tours pour un échantillon de granulométrie variant entre 4-14 mm et 14 000 tours
pour un échantillon ayant une granulométrie variant de 25-50 mm. Elle a des billes d'inox de 10
mm.
Fig. : La machine micro-Deval
Principe de l'essai
Le matériau soumis à cet essai évolue par frottement des éléments les uns sur les autres, sur le
cylindre de la machine en rotation et sur les boulets (charge abrasive).
Mode opératoire
La granulométrie de l'échantillon doit être conforme à l'une des classes granulaires types : 46,3 ;
6,3-10 ; 10-14 ; 25-50.
• Laver l'échantillon et le faire sécher à l'étuve jusqu'à une température de 105°C et un poids
constant (5 h au minimum).
• Pour une granulométrie qui varie de 4-14 mm prendre 500 g de l'échantillon et pour celle
variant entre 25-50 mm prendre 10 kg de l'échantillon.
Résultat
Soit M la masse du matériau soumis à l'essai et m la masse des éléments inférieurs à 1,6 mm
produits au cours de l’essai ; la résistance à l'usure s'exprime par le coefficient de micro-Deval
qui s’écrit :
9- Essai Proctor Modifié (NF P 94-093)
L’essai Proctor est un essai géotechnique qui permet de déterminer les caractéristiques de
compactage que sont la teneur en eau optimale (wopt) et densité sèche maximale d'un sol
granulaire (ou non) par compactage à une énergie fixée (poids de dame, nombre de coups et
dimensions normés). Ces caractéristiques représentent les conditions particulières dans lesquelles
un matériau doit être mis en œuvre sur le chantier. Selon l’énergie de compactage appliquée à
l’éprouvette, on distingue l’essai Proctor normal (pour le compactage des remblais classiques) et
l’essai Proctor modifié (pour le compactage des couches de fondation routière) qui conduisent à
des couples de valeurs différents. L’essai consiste à humidifier un sol à plusieurs teneurs en eau
et à le compacter, pour chacune de ces teneurs en eau, selon un procédé et une énergie
conventionnelle. Pour chacune des valeurs de teneur en eau considérées, on détermine la masse
volumique sèche du matériau et on établit la courbe des variations de cette masse volumique en
fonction de la teneur en eau. Cette courbe appelée « courbe Proctor », présente une valeur
maximale de la masse volumique du matériau sec qui est obtenue pour une valeur particulière de
la teneur en eau. Ce sont ces deux valeurs qui sont appelées caractéristiques optimales de
compactage Proctor normal ou modifié suivant l’essai réalisé. L’énergie spécifique de
compactage est égale à :
𝑴. 𝒅𝒂𝒎𝒆 × 𝑵𝒃𝒓𝒆 𝒅𝒆 𝒄𝒐𝒖𝒑𝒔 𝒑𝒂𝒓 𝒄𝒐𝒖𝒄𝒉𝒆 × 𝑵𝒃𝒓𝒆 𝒅𝒆 𝒄𝒐𝒖𝒄𝒉𝒆𝒔 × 𝒑𝒆𝒔𝒆𝒏𝒕𝒆𝒖𝒓
𝑬𝒏𝒆𝒓𝒈𝒊𝒆 𝒔𝒑é𝒄𝒊𝒇𝒊𝒒𝒖𝒆 =
𝑽𝒐𝒍𝒖𝒎𝒆 𝒅𝒖 𝒎𝒐𝒖𝒍𝒆
Pour chaque éprouvette compactée, il convient de calculer :
- La teneur en eau ;
- La masse du matériau sec contenu dans le moule ;
- La masse volumique du matériau sec en tenant compte du volume réel du moule utilisé.
Les valeurs des masses volumiques du matériau sec et des teneurs en eau correspondantes sont
portées sur un graphique ρd = f (w%). Le rapport des échelles recommandé est de 2% de teneur
en eau pour 0,1 t/m3 de masse volumique. On trace ensuite la courbe ajustée sur les points
expérimentaux.
10- Essai CBR (NF P 94-078)
L'essai CBR (California Bearing Ratio) permet de réaliser la caractérisation mécanique d’un sol
ou d’un matériau élaboré utilisé dans des remblais en tant que support ou constituant d'une
structure de chaussée. Il permet de calculer la portance du sol, en estimant sa résistance au
poinçonnement. Trois moules CBR sont compactés respectivement à raison de 56, 25, et 10
coups par couche (5 couches par moule). Après immersion des moules pendant 4 jours, on
procède à leur poinçonnement à l’aide d’une presse. Exprimé en %, l'indice CBR est le rapport
de la pression produisant un enfoncement donné au moyen du poinçon et se déplaçant à une
vitesse constante déterminée et de la pression nécessaire pour enfoncer le même poinçon dans les
mêmes conditions, dans un matériau type. Par définition, on note deux indices CBR et l'indice
recherché est conventionnellement défini comme étant la plus grande des deux valeurs
suivantes :
𝐸𝑓𝑓𝑜𝑟𝑡 𝑑𝑒 𝑝é𝑛é𝑡𝑟𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 à 2,5𝑚𝑚 𝑑′𝑒𝑛𝑓𝑜𝑛𝑐𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡(𝐾𝑁)
13,35 × 100
𝐸𝑓𝑓𝑜𝑟𝑡 𝑑𝑒 𝑝é𝑛é𝑡𝑟𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 à 5𝑚𝑚 𝑑′𝑒𝑛𝑓𝑜𝑛𝑐𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡(𝐾𝑁)
19,93 × 100
L’indice CBR ne constitue pas une caractéristique intrinsèque d'un sol. En effet, s’il dépend en
partie de la nature du sol (granularité, plasticité), il dépend davantage de sa teneur en eau, de sa
masse volumique sèche et de son degré de saturation, qui sont des caractéristiques d'état, celles-
ci étant fonction des conditions de mise en œuvre du sol et de son environnement. L'indication de
toute valeur d'un indice CBR d'un matériau n'a donc de sens que si elle est assortie à des
caractéristiques d'état du sol considéré. Le pouvoir portant d’un sol routier est d’autant meilleur
que le CBR est grand.
11- Essai de fatigue
Description
Dans l'essai de fatigue, la fatigue du matériau est causée par une charge cyclique avec la
fréquence d'essai correspondante. Cela peut être des essais de charge ondulée dans la plage de
traction ou de compression ou encore des essais de charge alternée avec portions de traction et de
compression. La défaillance du matériau dans l'essai de fatigue se produit souvent bien en
dessous des limites de résistance statique. Les résultats de l'essai de fatigue sont souvent
présentés sous forme de diagrammes de contrainte-changements de charge. Le nombre de cycles
jusqu’à la rupture de l’éprouvette est tracé en fonction de l'amplitude des contraintes cycliques.
Les essais de fatigue sont utilisés pour déterminer d'une part les valeurs caractéristiques et d'autre
part pour les essais de durabilité. L'essai de fatigue est une méthode utilisée pour évaluer le
comportement à long terme des matériaux soumis à des charges mécaniques répétées. Dans le
contexte triaxial, cet essai consiste à appliquer à une éprouvette cylindrique un état de contrainte
hydrostatique constante (ou radiale) et une contrainte déviatorique croissante (ou axiale).
Principe de l'essai
- Une éprouvette cylindrique est utilisée, avec un rapport hauteur/diamètre (H/D) généralement
égal à 2.
- La surface latérale de l'éprouvette est recouverte d'une membrane souple et imperméable
(généralement en latex ou néoprène).
- Une contrainte hydrostatique constante est appliquée à l'éprouvette.
- En même temps, une **contrainte déviatorique croissante** est appliquée à l'éprouvette,
provoquant une déformation plastique répétée.
Objectif
- L'essai de fatigue vise à étudier la résistance à la fatigue d'un matériau.
- La fatigue des matériaux est causée par la déformation plastique, qui peut entraîner des
dommages progressifs jusqu'à la défaillance finale du matériau.
- Les résultats de l'essai de fatigue sont souvent présentés sous forme de diagrammes de
contrainte-changements de charge.
Valeurs caractéristiques
Lors des essais de fatigue, différentes valeurs caractéristiques sont déterminées :
- Courbe de Wöhler (ou ligne de Wöhler) : Relation entre le nombre de cycles jusqu'à la
rupture et l'amplitude des contraintes cycliques.
- Stabilité opérationnelle : Évaluation de la durée de vie et de la durabilité du matériau.
- Fatigue à faible nombre de cycles (LCF) et fatigue à grand nombre de cycles (HCF).
Applications
- Les essais de fatigue sont essentiels pour estimer la durabilité des composants critiques avant
leur utilisation.
- Ils sont couramment utilisés dans l'industrie automobile, aérospatiale, et pour les matériaux
de construction.
En somme, l'essai de fatigue triaxial permet d'évaluer comment un matériau réagit aux charges
cycliques dans le temps, fournissant des informations cruciales pour la conception et la sécurité
des structures et des composants.
ESSAIS DE CARACTERISATION CHIMIQUE ET MINERALOGIQUE DES
MATERIAUX D’ETUDE
1- Teneur pondérale en matières organiques d'un sol par voie chimique (NF P94-055)
2- Analyse minéralogique par Diffraction de Rayons X ou DRX (NF EN 13925-2)
Le cortège minéralogique d’un échantillon peut être identifié par Diffraction de Rayons X
(DRX). L'analyse par diffraction des rayons X (DRX) est une technique analytique de pointe
largement utilisée pour l'identification et la caractérisation des phases minéralogiques présentes
dans des échantillons solides naturels, tels que les roches, les sols, les sédiments et les
poussières. Elle permet d'étudier les différentes phases de matières et matériaux cristallins en
diffusant des rayons X sur le matériau et en mesurant les angles de diffraction. Cette technique
offre une analyse précise et non destructive des échantillons solides, permettant de déterminer la
composition minéralogique, la structure cristalline et les propriétés physiques, ce qui peut
permettre de comprendre l’origine, l’évolution et l’impact environnemental d’un matériau.
L’essai permet entre autre de faire :
L’identification des phases minéralogiques : La DRX permet d'identifier les différentes
formes cristallographiques d'un composé chimique dans un échantillon poly-cristallin.
Elle est particulièrement utile pour caractériser des matériaux tels que les minéraux, les
métaux, les céramiques et les composites.
La quantification des phases : Outre l'identification, la DRX permet également de
quantifier les phases cristallines constitutives des échantillons avec une grande précision.
Cela aide à comprendre la composition et la structure des matériaux étudiés.
La mesure des contraintes résiduelles : La mesure des contraintes résiduelles par
diffraction des rayons X évalue les niveaux de contraintes imposés sur les couches
superficielles des matériaux. Ces informations sont essentielles pour comprendre la
résistance et la durabilité du matériau. Les résultats de l'analyse DRX fournissent des
valeurs de tension résiduelle et de déformation.
En somme, la DRX est un outil puissant pour explorer la structure cristalline des matériaux et
approfondir la compréhension de leurs propriétés physiques et chimiques.
Le diffractomètre utilisé au Laboratoire Ondes et Milieux complexe (LOMC) de l’université Le
Havre est de marque SIEMEN D500 automatisé équipé d’un porte échantillon rotatif et d’une
source d’anticathode de cobalt (Co Ka λ = 1.79026 Å à 40 kV 25 mA).
3- Détermination de la composition chimique (ISO 5773 :2023)
La norme internationale spécifie les méthodes d’essai pour l’analyse quantitative de la teneur en
cellulose, en hémicellulose, en lignine, en pectine, en graisse et en cire dans les fibres de lin. Ce
document s’applique spécifiquement aux fibres de lin, mais il peut également servir de guide de
référence pour les essais réalisés sur d’autres fibres libériennes.
Taux d’extractibles
Les matériaux sont broyés pour obtenir une poudre de granulométrie inférieure à 500 µm, puis
subissent plusieurs extractions au soxhlet : une première extraction avec une solution
toluène/éthanol (2 volumes / 1 volume) pendant 6 heures, puis une autre avec une solution
d’éthanol pendant 6 heures également. Le contact de la matière végétale avec le solvant permet
d’extraire toutes les substances extractibles par osmose. Les poudres extraites sont séchées
(105°C pendant 48h) et les taux d’extractibles (E) sont calculés comme suit :
Avec m0 la masse de poudre avant extraction et m1 la masse après extraction.
La teneur en cellulose, hémicellulose et lignine est mesurée sur la poudre extraite.
Teneur en lignine de Klason
La lignine de Klason est obtenue par hydrolyse acide qui dégrade l’holocellulose. 500 mg de la
poudre du matériau préalablement extraite sont placés dans un ballon contenant 10 ml d’acide
sulfurique (H2SO4) et de l’eau, puis laissés au repos pendant 4 heures. Le mélange est ensuite
dilué avec 60 ml d’eau distillée et chauffé à reflux pendant 4 heures avant d’être filtré sur un
Büchner. La lignine de Klason obtenue est lavée à l’eau distillée puis séchée à 103 °C.
Teneur en pectines
Les pectines sont extraites par un traitement de la poudre avec une solution d’acide
chlorhydrique (HCl) diluée à 2 % pendant 4 heures. Après filtration, le taux de pectines éliminé
est calculé.
Teneur en cellulose et hémicellulose
L’holocellulose qui contient majoritairement la cellulose et les hémicelluloses est d’abord
extraite. Pour cela, de la poudre sans extractibles est placée dans un ballon avec 30 ml d’eau
distillée. Le ballon est chauffé à 75 °C et on y ajoute 10 ml d’acide acétique (CH3COOH) et 2
ml de chlorite de sodium (NaClO2) de concentration 15 % chaque heure pendant 7 heures. Le
mélange est ensuite filtré et lavé avec de l’eau distillée. Le résidu obtenu est extrait au soxhlet
avec de l’éthanol pendant 2 heures. L’holocellulose ainsi obtenue est séchée à 103 °C jusqu’à
masse constante. La cellulose peut être isolée de l’holocellulose extraite après solubilisation des
hémicelluloses, en se basant sur la différence de solubilité entre les hémicelluloses et la cellulose
en milieu alcalin. Une masse d’holocellulose est placée dans un ballon contenant une solution
d’hydroxyde de sodium (NaOH) à une concentration volumique de 17,5 % et de l’eau distillée.
Après macération pendant 1 h 30, le mélange est filtré sur Büchner. Il est ensuite lavé
successivement avec une solution de NaOH à une concentration de 8,3 %, de l’eau distillée et de
l’acide acétique concentré à 10 %. La cellulose ainsi obtenue est séchée jusqu’à masse constante,
et pesée. La quantité d’hémicellulose peut être déduite en ôtant la masse de la cellulose de celle
de l’holocellulose. La teneur en cellulose est la moyenne de deux essais ne s’écartant pas de plus
de 2,5 % par rapport à la moyenne. Dans le cas contraire, on recommence deux essais.
Teneur en cendre : (ISO 18122 :2015)
L’échantillon est broyé puis séché. Une prise de 2 g de l’échantillon est incinérée dans un four à
600 °C pendant 4 heures. Les cendres obtenues sont refroidies dans un dessiccateur et pesées. La
masse des cendres est alors rapportée à la masse initiale de l’échantillon. Elle est indicatrice de la
teneur en matériau organique du matériau.
4- Analyse thermogravimétrique (NF P85-701)
Encore appelée thermogravimétrie ou ATG, c’est une méthode d’analyse thermique qui permet
de suivre la variation de masse d’un échantillon en fonction du temps ou de la température dans
une atmosphère contrôlée. Lorsqu’un matériau est chauffé, plusieurs réactions se produisent en
fonction de la température de chauffe et des propriétés physicochimiques du matériau étudié. Le
principe de l’ATG est basé sur la mesure de la perte de masse du matériau, en fonction de la
température et du temps. Le matériau est chauffé sous atmosphère azote (N2) avec une vitesse de
chauffe de 10 °C/min pour atteindre 800 °C avec un temps de résidence de 30 min. En fonction
des températures auxquelles certains éléments se décomposent, il est possible de prévoir leur
quantité dans un matériau.
L’ATG peut être couplée avec d’autres méthodes d’analyse effectuées simultanément, telles que
la calorimétrie (DSC) et l’analyse thermique différentielle (ATD).
Description
Un appareil se compose typiquement d'une enceinte étanche permettant de maîtriser l'atmosphère
de l'échantillon, d'un four permettant de gérer la température, d'un module de pesée
(microbalance), d'un thermocouple pour mesurer la température et d'un ordinateur permettant de
piloter l'ensemble et d'enregistrer les données. La microbalance est normalement sous
atmosphère inerte (par exemple diazote ou argon) ; ce gaz constitue un « couvercle » empêchant
le gaz réactif de pénétrer dans l'enceinte du module de pesée, et le gaz doit être moins dense que
le gaz réactif. L'appareil dispose d'un système de refroidissement, habituellement à circulation
d'eau, afin de limiter les parties chaudes. Selon les modèles, l'appareil peut être plus ou moins
automatisé (commandes de la pompe à vide et ouverture et fermeture des gaz manuelles, ou bien
commandes automatisées avec électrovannes).
Fig : Représentation schématique d'une ATG sans le circuit de refroidissement