Permis de Construire : Règles et Procédures
Permis de Construire : Règles et Procédures
(Page
168) Evolution Texte(s) d'application (Publié dans JO n°6 du 09/02/1982)
Loi n° 90-29 du 1er décembre 1990 relative à l'aménagement et l'urbanisme. (page
1408) Texte(s) d'application Evolution
Ordonnance n° 85-01 du 13 août 1985 fixant, à titre transitoire, les règles
d'occupation des sols, en vue de leur préservation et de leur protection. (Page 768)
Décret n°83-180 du 12 mars 1983 définissant les zones rurales à haute valeur
agricole.(Page 491)
Décret n° 82-305 du 9 octobre 1982 portant réglementation des constructions régies
par la loi n° 82-02 du 6 février 1982 relative au permis de construire et au permis de
lotir. (Page 1321)
Vu l' Ordonnance n° 67-24 du 18 janvier 1967 portant code communal, (Page 82).
Vu l' Ordonnance n° 67-281 du 20 décembre 1967 relative aux fouilles et à la protection
des sites et monuments historiques et naturels, (Page 50).
Vu l' Ordonnance n° 74-26 du 20 février 1974 portant constitution de réserves foncières
au profit des communes, (Page 226).
Article 1er.- La présente loi a pour objet de définir le champ d'application et les modalités
d'obtention du permis de construire et du permis de lotir.
Art. 2.- Nulle personne publique ou privée, physique ou morale, ne peut sans permis de
construire, préalablement délivré par l'autorité compétente et dans les conditions arrêtées
par la présente loi, entreprendre une construction, quel qu'en soit l'usage, ainsi que des
travaux de transformation de façade et de gros oeuvre, des travaux de surélévation et
ceux entraînant des modifications de la distribution externe.
Un décret, pris sur le rapport du ministre chargé de l'agriculture, définira ces zones.
3. Dans les zones à vocation spécifique ou dans les zones spécifiques aménagées.
Un décret, pris sur le rapport de chaque ministre concerné, définira ces zones ;
1. dans les centres urbains et les agglomération de moins de 2.500 habitants qui ne sont
pas des chefs-lieux de commune, à l'exception de ceux prévus au dernier alinéa du 1° de
l'article 3 de la présente loi.
3. pour les travaux souterrains d'entretien et de réparation relatifs aux divers réseaux et
installations :
Celles-ci sont autorisées exclusivement par le ministre de la défense nationale qui veillera
à leur conformité avec la réglementation en matière d'urbanisme et de construction.
5. dans les zones rurales non classées à haute valeur agricole et n'ayant par fait l'objet
d'une délimitation, ni d'un classement en zones spécifiques. Evolution
Art. 5.- Nonobstant les dispositions de l'article 4 ci-dessus, le permis de construire est
exigé pour toute construction, quelle que soit sa localisation et ayant trait :
- aux installations industrielles,
- à toute construction dont la superficie est égale ou supérieure à mille (1.000) m2,
Art. 6.- Dans les zones définies à l'article 4, 1°, 3° et 5° et pour les travaux, tels que
définis à l'article 2 ci-dessus, il est adressé une simple déclaration de travaux au président
de l'assemblée populaire communale. Le modèle de cette déclaration est fixé par voie
réglementaire.
Le respect de l'alignement et du nivellement devra être assuré dans ces zones par
l'assemblée populaire communale. Evolution
En vue de l'établissement dudit dossier, il est fait distinction entre deux (2) catégories
d'ouvrages :
1° les ouvrages promus par les particuliers et les ouvrages non normalisés promus par le
secteur public ;
2° les ouvrages normalisés promus par le secteur public et intégrés à des programmations
sectorielles.
La composition du dossier pour chacune de ces deux catégories d'ouvrages, est fixée par
décret.
Art. 8.- Le dossier de demande de permis de construire est déposé auprès du président de
l'assemblée populaire communale, territorialement concerné, qui délivre un récépissé de
dépôt. Le modèle du récépissé de dépôt est fixé par voie réglementaire.
Art. 9.- Le permis de construire est délivré par le président de l'assemblée populaire
communale concernée pour toute construction, à l'exception de celles visées aux articles
10 et 11 ci-dessous.
- pour toute construction qui nécessite des aménagements ou des réserves d'emplacement
qui ne peuvent être pris en charge par la commune concernée,
Art. 11.- Le permis de construire est délivre par le ministre chargé de l'urbanisme :
- pour toute construction groupée ou non à usage autre que d'habitation ou pour tout
aménagement entrant dans une des trois catégories suivantes :
Art. 12.- Le permis de construire est délivré, pour la totalité par le wali, dans le cas d'un
ensemble de constructions relevant les unes de la compétence du président de l'assemblée
populaire communale, les autres de celle du wali et par le ministre chargé de l'urbanisme,
dans le cas d'un ensemble de constructions dont une partie relève de la compétence
ministérielle.
Art. 13.- Les délais durant lesquels doit intervenir toute décision, sont de soixante (60)
jours au maximum et prennent effet à compter du jour de dépôt du dossier réglementaire
de demande de permis de construire au siège de l'assemblée populaire communale.
Art. 14.- En l'absence de décision dans le délai indiqué à l'article 13 de la présente loi, le
permis de construire est réputé acquis au demandeur à condition que la réglementation en
matière d'urbanisme et de construction soit respectée.
Dans le cas d'une construction individuelle à usage d'habitation et pour besoin familial, le
permis de construire, réputé acquis, est délivré au demandeur, au plus tard, dans les
quinze (15) jours qui suivent l'échéance du délai. Evolution
En outre, pour toute construction à édifier dans les zones définies à l'article 3, 2°, 3° et 4°
ci-dessus, un avis est exigé :
- des services de l'agriculture et de l'hydraulique pour les zones à haute valeur agricole,
- des services chargés de leur gestion pour les zones spécifiques et les zones à protéger.
Art. 17.- Le permis de construire ne peut être refusé que pour des motifs tirés des
dispositions prévues à l'article 15 de la présente loi.
Lorsque le permis de construire est refusé ou comporte des réserves, la décision, dûment
motivée par l'autorité compétente, est communiquée au demandeur.
Art. 18.- Pour toute construction à édifier dans un lotissement approuvé, le permis de
construire ne sera accordé que si cette construction est en conformité avec les
prescriptions du permis de lotir et les dispositions contenues dans le dossier de
lotissement.
Dans les zones où le permis de construire n'est pas exigé, la construction reste soumise au
respect des prescriptions du permis de lotir et des dispositions contenues dans le dossier
de lotissement. Evolution
Art. 19.- Dans le cas de constructions nécessitant des aménagements, des réserves
d'emplacement public ou des servitudes particuliers, le permis de construire doit
comporter les obligations et les servitudes que doit respecter le constructeur.
Art. 20.- Les branchements des constructions en eau potable, électricité, gaz et téléphone
ne seront accordés que sur présentation du permis de construire.
Art. 21.- Le permis de construire est valable pendant trois (3) années, à compter de la
date de sa notification.
Il est réputé caduc si la construction autorisée n'a pas connu un début d'exécution pendant
les trois (3) années qui suivent la notification de la décision ou si les travaux ont été
interrompus pendant deux (2) années.
Pour tout début ou reprise des travaux après ces délais, une nouvelle autorisation est
obligatoire. Elle intervient sans nouvelle instruction, à condition que les dispositions et
prescriptions d'urbanisme n'aient pas évolué dans un sens défavorable à ce
renouvellement.
Art. 22.- La demande de permis de construire peut faire l'objet d'une décision de sursis à
statuer.
La décision de surseoir à statuer est prononcée par l'autorité compétente qui délivre le
permis de construire. Elle est prononcée lorsque le terrain concerné par la construction est
compris dans le périmètre d'étude en cours.
La décision de surseoir à statuer intervient dans le délai fixé pour l'instruction. La durée
du sursis à statuer ne peut excéder une (1) année.
A l'expiration du délai fixé à l'alinéa 2 précédent, l'accord préalable n'est plus opposable à
l'autorité compétente pour délivrer le permis de construire. La procédure relative à
l'accord préalable sera fixée par décret.
Art. 24.- Au titre de la présente loi, le lotissement est une opération ayant pour effet la
division en deux ou plusieurs lots d'une ou plusieurs propriétés foncières en vue de toute
construction, quel qu'en soit l'usage.
Art. 25.- Le permis de lotir est exigé pour toute opération de création ou d'extension de
lotissement.
Art. 26.- Les lotissements sont réalisés par les collectivités locales et les organismes
publics habilités par les textes les régissant.
Toutefois, à l'intérieur du périmètre d'urbanisation et conformément aux dispositions de
l'ordonnance n° 74-26 du 20 février 1974 portant constitution de réserves foncières au
profit des communes et aux textes pris pour son application, l'assemblée populaire
communale peut habiliter les coopératives immobilières et les organismes publics à
réaliser des lotissements.
Art. 27.- Le dossier de demande de permis de lotir est composé de pièces écrites et de
pièces graphiques.
Art. 28.- Le dossier de demande de permis de lotir est adressé au président de l'assemblée
populaire communale de la commune dans laquelle le lotissement est projeté. Un
récépissé de dépôt est délivré.
Art. 29.- Le permis de lotir est délivré par le président de l'assemblée populaire
communale pour tout lotissement, quel qu'en soit l'usage, à étendre ou à créer à l'intérieur
du périmètre urbain et dont la superficie est inférieure à 10 ha.
Art. 30.- Le permis de lotir est délivré par le wali pour tout lotissement à étendre ou à
créer à l'intérieur du périmètre urbain et dont la superficie est comprise entre 10 et 25
hectares.
Art. 31.- Le permis de lotir est délivré par le ministre chargé de l'urbanisme pour :
Art. 32.- Le permis de lotir ne peut être accordé que si le lotissement est compatible avec
les dispositions du plan d'urbanisme, lorsque le lotissement se trouve à l'intérieur du
périmètre urbain et avec les dispositions du plan d'aménagement communal, lorsqu'il est
situé à l'extérieur du périmètre urbain, ou en l'absence de plan d'urbanisme.
Art. 33.- L'instruction des dossiers de permis de lotir concernant les lotissements situés
dans les zones spécifiques, nécessite l'avis des administrations concernées.
Art. 34.- Pour les lotissements à usage industriel, le permis de lotir ne peut être délivré
que si le demandeur prévoit au cahier des charges et ce, afin d'éliminer toute pollution et
nuisance, l'obligation pour les acquéreurs de lots d'assumer la charge de l'ensemble des
dispositions et équipements nécessaires :
Par ailleurs, des dispositions et des équipements visant à la limitation du niveau de bruit
et d'émission de parasites électro-magnétiques, doivent être prévues.
Art. 35.- Le permis de lotir porte obligation, si besoin est, de l'exécution par le
demandeur des travaux de mise en état de viabilité du lotissement par la réalisation des
réseaux de voirie, de distribution d'eau, d'assainissement, de l'éclairage public, des aires
de stationnement, d'espaces verts, des aires de loisirs et des travaux de génie civil
nécessaires aux lignes de télécommunications.
Art. 36.- La vente ou la location de terrain compris dans un lotissement, est subordonnée
à la délivrance, par l'autorité qui à délivré le permis de lotir, d'un certificat mentionnant
les travaux à exécuter ainsi que les prescriptions imposées dans l'arrêté du permis de lotir.
Cette formalité est également exigée pour la vente ou la location des lots comportant des
constructions existantes dans le lotissement à créer.
Art. 37.- Le cahier des charges d'un lotissement autorisé antérieurement à l'approbation
d'un plan d'urbanisme, peut être modifié par arrêté du wali, après avis de l'assemblée
populaire communale et enquête d'utilité publique, pour permettre la réalisation
d'opérations de construction en conformité avec les dispositions dudit plan.
Chacun des propriétaires de lots sera avisé de l'ouverture de l'enquête publique prévue
ci-dessus.
En tout état de cause, les modifications du cahier des charges qui nécessitent des travaux,
ne prendront effet que si la commune donne son accord pour leur réalisation.
Les frais de ces travaux seront à la charge des auteurs à l'origine de ces modifications.
Art. 38.- La décision portant permis de lotir doit être notifiée au demandeur dans les
quatre-vingt-dix (90) jours qui suivent le dépôt du dossier.
En l'absence de décision dans le délai fixé ci-dessus, le permis de lotir est réputé accordé
à condition que la réglementation en matière d'urbanisme soit respectée. Evolution
Art. 39.- Le permis de lotir est délivré sous forme d'arrêté fixant les prescriptions à la
charge du demandeur. Un document annexe détermine les mesures et servitudes d'intérêt
général applicables au lotissement.
L'arrêté est porté à la connaissance du public par voie d'affichage au siège de l'assemblée
populaire communale concernée.
Art. 40.- Le délai de validité du permis de lotis est fixé à trois (3) années, à compter de la
date de notification de l'arrêté.
Le permis de lotir est réputé caduc si les travaux de réalisation du lotissement ne sont pas
entrepris dans ce délai.
Toutefois, lorsque, pour des raisons majeures et indépendantes du lotisseur, les travaux
n'ont pu être entrepris, l'autorité compétente peut proroger ce délai de deux (2) années au
maximum.
Art. 41.- La demande de permis de lotir peut faire l'objet d'une décision de sursis à
statuer.
La décision de surseoir à statuer est prononcée par l'autorité compétente qui délivre le
permis de lotir. Elle est prononcée lorsque l'opportunité du lotissement n'est pas fondée
ou lorsque le terrain concerné est compris dans le périmètre d'étude en cours.
La décision de surseoir à statuer intervient dans le délai fixé pour l'instruction. La durée
du sursis à statuer ne peut excéder une (1) année.
Art. 42.- Dans le cas de lotissement à usage d'habitation dont le permis de lotir relève de
la compétence de l'assemblée populaire communale, une autorisation préalable de lotir
peut être accordée.
Le délai de validité de l'autorisation préalable de lotir est fixé à trois (3) mois.
Faute de régularisation dans les délais impartis, l'interruption des travaux pourra être
prononcée par le président de l'assemblée populaire communale. Evolution
Art. 43.- L'autorisation préalable de construire peut être substituée provisoirement au
permis de construire :
- dans le cas d'un lotissement promu par l'assemblée populaire communale et pour lequel
le demandeur a été inclus dans la liste des attributaires et ce, conformément à la
réglementation en vigueur.
Art. 46.- Après achèvement des constructions ainsi que, le cas échéant, des travaux
d'aménagement mis à la charge du constructeur dans les conditions prévues à l'article 19
ci-dessus, le bénéficiaire des travaux dépose, au siège de l'assemblée populaire
communale, une déclaration de fin de travaux.
Dans les conditions fixées par ledit décret, l'autorité qui a délivré le permis de construire,
délivre, s'il y a lieu, un certificat de conformité.
Ce certificat vaut permis d'habiter si la construction est destinée à l'habitation et il
autorise l'admission du public et du personnel, si la construction est destinée à des
fonctions socio-éducatives, aux services, à l'industrie et au commerce, sous réserve des
dispositions législatives particulières en matière d'exploitation d'établissements
dangereux, incommodes ou insalubres.
Art. 47.- Les infractions aux dispositions de la présente loi, sont constatées par les agents
de l'ordre public, ainsi que par tous les fonctionnaires et agents des services de l'Etat et
des collectivités locales assermentés ou commissionnés à cet effet.
Le procès-verbal constatant l'infraction est adressé, dans les vingt-quatre (24) heures, au
président de l'assemblée populaire communale.
Il peut, en outre ordonner, par arrêté motivé, l'interruption des travaux ou toute autre
mesure conservatoire, y compris la saisie des matériels et matériaux et transmettre le
dossier au ministère public.
Art. 49.- La mise en cause peut saisir en référé la juridiction compétente qui se prononce
sur la mainlevée ou le maintien des mesures arrêtées.
Art. 50.- Dans le cas ou la juridiction compétente se prononce sur la mainlevée, l'arrêté
du président de l'assemblée populaire communale cesse d'avoir effet dès le prononcé de la
décision judiciaire.
Dans le cas ou la mainlevée est prononcée sans condition, le mis en cause peut demander
une indemnisation pour les dommages qui auront été causés par les mesures
d'interdiction.
Art. 52.- L'exécution des travaux ou l'utilisation du sol en violation des dispositions de la
présente loi et des règlements pris pour son application, est punie d'une amende de 3.000
à 300.000 DA.
Art. 53.- La juridiction compétente saisie statue au vu des observations des services
techniques compétents figurant au dossier ou après audition d'un fonctionnaire
représentant ces services.
Art. 55.- En cas de non-conformité aux prescriptions de l'arrêté de permis de lotir, il peut
être imparti au lotisseur un délai fixé par le juge pour la mise en conformité avec lesdites
prescriptions, sous peine d'une astreinte de cinquante (50) à cinq cents (500) DA par jour
de retard, jusqu'au jour de l'achèvement définitif des travaux.
Art. 57.- Un décret fixe les dispositions qui permettent la prise en considération des
différents cas de constructions édifiées à la date de promulgation de la présente loi et
incompatibles avec les règles et normes en matière d'urbanisme et de construction.
Art. 58.- Dans les zones rurales non classées à haute valeur agricole et n'ayant pas fait
l'objet d'une délimitation ni d'un classement en zone spécifique, l'assemblée populaire
communale détermine, dans le cadre du plan d'aménagement communal, des zones dans
lesquelles des terrains d'assiette seront attribués pour les besoins en habitat des
auto-constructeurs ruraux.
Le cas des constructions déjà édifiées dans ces zones sera pris en charge dans ce cadre.
Art. 59.- Les modalités d'application de la présente loi seront fixées, en tant que de
besoin, par décrets.
Art. 60.- Toutes dispositions contraires à celles de la présente loi, sont abrogées.
Art. 61.- La présente loi sera publiée au Journal officiel de la République algérienne
démocratique et populaire.
Chadli BENDJEDID.