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Permis de Construire : Règles et Procédures

Cette loi définit le cadre juridique relatif à l'obtention des permis de construire et de lotir en Algérie, et précise les modalités et procédures d'instruction et de délivrance de ces permis.

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Permis de Construire : Règles et Procédures

Cette loi définit le cadre juridique relatif à l'obtention des permis de construire et de lotir en Algérie, et précise les modalités et procédures d'instruction et de délivrance de ces permis.

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Loi n° 82-02 du 6 février 1982 relative au permis de construire et au permis de lotir.

(Page
168) Evolution Texte(s) d'application (Publié dans JO n°6 du 09/02/1982)
Loi n° 90-29 du 1er décembre 1990 relative à l'aménagement et l'urbanisme. (page
1408) Texte(s) d'application Evolution
Ordonnance n° 85-01 du 13 août 1985 fixant, à titre transitoire, les règles
d'occupation des sols, en vue de leur préservation et de leur protection. (Page 768)
Décret n°83-180 du 12 mars 1983 définissant les zones rurales à haute valeur
agricole.(Page 491)
Décret n° 82-305 du 9 octobre 1982 portant réglementation des constructions régies
par la loi n° 82-02 du 6 février 1982 relative au permis de construire et au permis de
lotir. (Page 1321)

Vu l' Ordonnance n° 67-24 du 18 janvier 1967 portant code communal, (Page 82).
Vu l' Ordonnance n° 67-281 du 20 décembre 1967 relative aux fouilles et à la protection
des sites et monuments historiques et naturels, (Page 50).
Vu l' Ordonnance n° 74-26 du 20 février 1974 portant constitution de réserves foncières
au profit des communes, (Page 226).

Article 1er.- La présente loi a pour objet de définir le champ d'application et les modalités
d'obtention du permis de construire et du permis de lotir.

Elle définit, en outre, les dispositions relatives au contrôle de la régularité et de la


conformité des opérations de construction et de lotissement ainsi que les sanctions qui en
découlent.

TITRE I : PERMIS DE CONSTRUIRE


Chapitre I : Champ d'application

Art. 2.- Nulle personne publique ou privée, physique ou morale, ne peut sans permis de
construire, préalablement délivré par l'autorité compétente et dans les conditions arrêtées
par la présente loi, entreprendre une construction, quel qu'en soit l'usage, ainsi que des
travaux de transformation de façade et de gros oeuvre, des travaux de surélévation et
ceux entraînant des modifications de la distribution externe.

Art. 3.- Le permis de construire est exigé :

1. dans les périmètres d'urbanisation et les zones d'extension :

- des chefs-lieux de commune,

- des centres urbains et des agglomérations de plus de 2.500 habitants,

- des centres urbains et des agglomérations de moins de 2.500 habitants, susceptibles


d'extension et dont la liste sera fixée par arrêté du wali de la wilaya concernée ;

2.- dans les zones rurales à haute valeur agricole.

Un décret, pris sur le rapport du ministre chargé de l'agriculture, définira ces zones.

3. Dans les zones à vocation spécifique ou dans les zones spécifiques aménagées.

Un décret, pris sur le rapport de chaque ministre concerné, définira ces zones ;

4. Dans les zones à protéger classées par les administrations concernées.

Art. 4.- Le permis de construire n'est pas exigé :

1. dans les centres urbains et les agglomération de moins de 2.500 habitants qui ne sont
pas des chefs-lieux de commune, à l'exception de ceux prévus au dernier alinéa du 1° de
l'article 3 de la présente loi.

2. pour les travaux de restauration, de réparation et de ravalement des palais nationaux,


des monuments historiques et des bâtiments civils classé.

Toutefois, cette catégorie de travaux est soumise aux dispositions de l'ordonnance n°


67-281 du 20 décembre 1967 relative aux fouilles et à la protection des sites et
monuments historiques et naturels.

3. pour les travaux souterrains d'entretien et de réparation relatifs aux divers réseaux et
installations :

- de transport des hydrocarbures liquides ou gazeux,


- d'électricité,
- de télécommunications,
- d'alimentation en eau potable,
- d'assainissement.

4. pour les constructions relevant du ministère de la défense nationale, revêtant un intérêt


stratégique :

Celles-ci sont autorisées exclusivement par le ministre de la défense nationale qui veillera
à leur conformité avec la réglementation en matière d'urbanisme et de construction.

5. dans les zones rurales non classées à haute valeur agricole et n'ayant par fait l'objet
d'une délimitation, ni d'un classement en zones spécifiques. Evolution

Art. 5.- Nonobstant les dispositions de l'article 4 ci-dessus, le permis de construire est
exigé pour toute construction, quelle que soit sa localisation et ayant trait :
- aux installations industrielles,

- aux transports civils, terrestres, aériens et maritimes,

- aux installations civiles de télécommunications, de météorologie, de radiodiffusion et de


télévision,

- à la production et à la transformation de l'énergie électrique, à son transport et sa


distribution par ligne aérienne,

- à la production des hydrocarbures liquides ou gazeux et aux installations liées à leur


transport,

- à la production et au traitement des eaux,

- à l'épuration et au rejet des eaux usées,

- au traitement et au rejet des déchets industriels,

- au traitement et au recyclage des ordures ménagères,

- aux installations de la sûreté nationale, des douanes et des transmissions nationales,

- à toute construction dont la superficie est égale ou supérieure à mille (1.000) m2,

- à toute construction de plus de dix (10) logements agglomérés.

Art. 6.- Dans les zones définies à l'article 4, 1°, 3° et 5° et pour les travaux, tels que
définis à l'article 2 ci-dessus, il est adressé une simple déclaration de travaux au président
de l'assemblée populaire communale. Le modèle de cette déclaration est fixé par voie
réglementaire.

Le respect de l'alignement et du nivellement devra être assuré dans ces zones par
l'assemblée populaire communale. Evolution

Chapitre II : Procédure et modalités d'instruction et de délivrance du permis de construire

Art. 7.- Le dossier réglementaire de demande de permis de construire se compose de


pièces graphiques et de pièces écrites.

En vue de l'établissement dudit dossier, il est fait distinction entre deux (2) catégories
d'ouvrages :

1° les ouvrages promus par les particuliers et les ouvrages non normalisés promus par le
secteur public ;

2° les ouvrages normalisés promus par le secteur public et intégrés à des programmations
sectorielles.

La composition du dossier pour chacune de ces deux catégories d'ouvrages, est fixée par
décret.

Art. 8.- Le dossier de demande de permis de construire est déposé auprès du président de
l'assemblée populaire communale, territorialement concerné, qui délivre un récépissé de
dépôt. Le modèle du récépissé de dépôt est fixé par voie réglementaire.

Art. 9.- Le permis de construire est délivré par le président de l'assemblée populaire
communale concernée pour toute construction, à l'exception de celles visées aux articles
10 et 11 ci-dessous.

Art. 10.- Le permis de construire est délivré par le wali :

- pour toute construction à usage d'habitation de plus de 400 logements et de moins de


800 logements,

- pour toute construction qui nécessite des aménagements ou des réserves d'emplacement
qui ne peuvent être pris en charge par la commune concernée,

- pour les constructions énumérées à l'article 5 ci-dessus, à l'exception de celles visées


aux deux derniers alinéas du même article, ayant vocation nationale ou régionale,

- lorsque le président de l'assemblée populaire communale demande à passer outre à des


prescriptions d'un plan d'urbanisme approuvé par le wali ou à des dispositions
réglementaires prises par celui-ci.

Art. 11.- Le permis de construire est délivre par le ministre chargé de l'urbanisme :

- pour toute construction d'ensemble d'habitations de plus de 800 logements,

- pour toute construction groupée ou non à usage autre que d'habitation ou pour tout
aménagement entrant dans une des trois catégories suivantes :

a) qui comporte une surface totale de plancher supérieure à 30.000 m² ;


b) qui doit contenir plus de 500 employés ;
c) dont le terrain d'assiette aménagé a une superficie supérieure à 25 ha ;

- lorsque le président de l'assemblée populaire communale ou le wali demande à passer


outre aux prescriptions d'un plan d'urbanisme approuvé par le ministre chargé de
l'urbanisme ou à des dispositions réglementaires prises par celui-ci.

Art. 12.- Le permis de construire est délivré, pour la totalité par le wali, dans le cas d'un
ensemble de constructions relevant les unes de la compétence du président de l'assemblée
populaire communale, les autres de celle du wali et par le ministre chargé de l'urbanisme,
dans le cas d'un ensemble de constructions dont une partie relève de la compétence
ministérielle.

Art. 13.- Les délais durant lesquels doit intervenir toute décision, sont de soixante (60)
jours au maximum et prennent effet à compter du jour de dépôt du dossier réglementaire
de demande de permis de construire au siège de l'assemblée populaire communale.

Toute demande de renseignements ou de documents complémentaires de la part des


autorités concernées interrompt le délai qui reprend à compter du jour de dépôt au siège
de l'assemblée populaire communale du dossier complété.

Toutefois, pour les constructions individuelles à usage d'habitation et pour besoin


familial, la demande de renseignements ou de documents complémentaires n'interrompt
pas ces délais. Evolution

Art. 14.- En l'absence de décision dans le délai indiqué à l'article 13 de la présente loi, le
permis de construire est réputé acquis au demandeur à condition que la réglementation en
matière d'urbanisme et de construction soit respectée.

Dans le cas d'une construction individuelle à usage d'habitation et pour besoin familial, le
permis de construire, réputé acquis, est délivré au demandeur, au plus tard, dans les
quinze (15) jours qui suivent l'échéance du délai. Evolution

Art. 15.- L'instruction de la demande de permis de construire doit tenir compte :

1° de la localisation, la desserte, l'implantation, le volume, l'aspect des constructions et


leur intégration à l'environnement ;

2° du respect des dispositions législatives et réglementaires, notamment en matière de


construction, d'hygiène et de sécurité ;

3° du plan d'urbanisme approuvé quand il existe ;

4° de la préservation des terres agricoles.

Un décret fixera les modalités d'application du présent article. Texte(s) d'application


Art. 16.- En cours d'instruction, les services de wilaya intéressés autres que ceux chargés
de l'urbanisme, sont consultés.

En outre, pour toute construction à édifier dans les zones définies à l'article 3, 2°, 3° et 4°
ci-dessus, un avis est exigé :

- des services de l'agriculture et de l'hydraulique pour les zones à haute valeur agricole,

- des services chargés de leur gestion pour les zones spécifiques et les zones à protéger.

Art. 17.- Le permis de construire ne peut être refusé que pour des motifs tirés des
dispositions prévues à l'article 15 de la présente loi.

Lorsque le permis de construire est refusé ou comporte des réserves, la décision, dûment
motivée par l'autorité compétente, est communiquée au demandeur.

Art. 18.- Pour toute construction à édifier dans un lotissement approuvé, le permis de
construire ne sera accordé que si cette construction est en conformité avec les
prescriptions du permis de lotir et les dispositions contenues dans le dossier de
lotissement.

Dans les zones où le permis de construire n'est pas exigé, la construction reste soumise au
respect des prescriptions du permis de lotir et des dispositions contenues dans le dossier
de lotissement. Evolution

Art. 19.- Dans le cas de constructions nécessitant des aménagements, des réserves
d'emplacement public ou des servitudes particuliers, le permis de construire doit
comporter les obligations et les servitudes que doit respecter le constructeur.

Art. 20.- Les branchements des constructions en eau potable, électricité, gaz et téléphone
ne seront accordés que sur présentation du permis de construire.

Art. 21.- Le permis de construire est valable pendant trois (3) années, à compter de la
date de sa notification.

Il est réputé caduc si la construction autorisée n'a pas connu un début d'exécution pendant
les trois (3) années qui suivent la notification de la décision ou si les travaux ont été
interrompus pendant deux (2) années.

Pour tout début ou reprise des travaux après ces délais, une nouvelle autorisation est
obligatoire. Elle intervient sans nouvelle instruction, à condition que les dispositions et
prescriptions d'urbanisme n'aient pas évolué dans un sens défavorable à ce
renouvellement.

Art. 22.- La demande de permis de construire peut faire l'objet d'une décision de sursis à
statuer.

La décision de surseoir à statuer est prononcée par l'autorité compétente qui délivre le
permis de construire. Elle est prononcée lorsque le terrain concerné par la construction est
compris dans le périmètre d'étude en cours.

La décision de surseoir à statuer intervient dans le délai fixé pour l'instruction. La durée
du sursis à statuer ne peut excéder une (1) année.

Chapitre III : Accord préalable

Art. 23.- Quiconque envisage d'entreprendre une construction comportant un ou plusieurs


bâtiments, d'un minimum de 3,500 m² de plancher, peut, avant d'engager la procédure
afférente au permis de construire, demander à l'autorité compétente pour délivrer le
permis, un accord préalable sur la localisation, la nature, l'importance, le volume,
l'implantation et l'aspect général des constructions projetées.

Le délai de validité de l'accord préalable est fixé à douze (12) mois.

Dans le cadre de l'instruction réglementaire de la demande de permis de construire, les


dispositions contenues dans cet accord préalable ne peuvent être remises en question.

A l'expiration du délai fixé à l'alinéa 2 précédent, l'accord préalable n'est plus opposable à
l'autorité compétente pour délivrer le permis de construire. La procédure relative à
l'accord préalable sera fixée par décret.

TITRE III : PERMIS DE LOTIR

Art. 24.- Au titre de la présente loi, le lotissement est une opération ayant pour effet la
division en deux ou plusieurs lots d'une ou plusieurs propriétés foncières en vue de toute
construction, quel qu'en soit l'usage.

Art. 25.- Le permis de lotir est exigé pour toute opération de création ou d'extension de
lotissement.

Art. 26.- Les lotissements sont réalisés par les collectivités locales et les organismes
publics habilités par les textes les régissant.
Toutefois, à l'intérieur du périmètre d'urbanisation et conformément aux dispositions de
l'ordonnance n° 74-26 du 20 février 1974 portant constitution de réserves foncières au
profit des communes et aux textes pris pour son application, l'assemblée populaire
communale peut habiliter les coopératives immobilières et les organismes publics à
réaliser des lotissements.

Art. 27.- Le dossier de demande de permis de lotir est composé de pièces écrites et de
pièces graphiques.

La composition du dossier est fixée par décret.

Art. 28.- Le dossier de demande de permis de lotir est adressé au président de l'assemblée
populaire communale de la commune dans laquelle le lotissement est projeté. Un
récépissé de dépôt est délivré.

Art. 29.- Le permis de lotir est délivré par le président de l'assemblée populaire
communale pour tout lotissement, quel qu'en soit l'usage, à étendre ou à créer à l'intérieur
du périmètre urbain et dont la superficie est inférieure à 10 ha.

Art. 30.- Le permis de lotir est délivré par le wali pour tout lotissement à étendre ou à
créer à l'intérieur du périmètre urbain et dont la superficie est comprise entre 10 et 25
hectares.

Art. 31.- Le permis de lotir est délivré par le ministre chargé de l'urbanisme pour :

a) tout lotissement à étendre ou à créer à l'intérieur du périmètre urbain dont la superficie


est supérieure à 25 ha ;

b) tout lotissement, quelle que soit sa superficie, à étendre ou à créer à l'extérieur du


périmètre urbain.

Art. 32.- Le permis de lotir ne peut être accordé que si le lotissement est compatible avec
les dispositions du plan d'urbanisme, lorsque le lotissement se trouve à l'intérieur du
périmètre urbain et avec les dispositions du plan d'aménagement communal, lorsqu'il est
situé à l'extérieur du périmètre urbain, ou en l'absence de plan d'urbanisme.

Lorsque le permis de lotir relève du wali ou du ministre chargé de l'urbanisme, sa


délivrance est soumise à l'avis préalable de l'assemblée populaire communale sur les
conséquences qui peuvent résulter de la réalisation du lotissement en ce qui concerne
l'hygiène, la salubrité, le caractère ou l'intérêt des lieux avoisinants. la protection des sites
ou paysages naturels ou urbains, ainsi qu'en ce qui concerne la circulation des
équipements publics, les services publics et les finances communales.

Art. 33.- L'instruction des dossiers de permis de lotir concernant les lotissements situés
dans les zones spécifiques, nécessite l'avis des administrations concernées.

Un décret précisera les modalités d'application du présent article.

Art. 34.- Pour les lotissements à usage industriel, le permis de lotir ne peut être délivré
que si le demandeur prévoit au cahier des charges et ce, afin d'éliminer toute pollution et
nuisance, l'obligation pour les acquéreurs de lots d'assumer la charge de l'ensemble des
dispositions et équipements nécessaires :

- au traitement destiné à débarrasser les eaux résiduaires industrielles de toute substance


liquide, solide ou gazeuse préjudiciable à la santé publique ou à l'agriculture,

- au traitement destiné à débarrasser les fumées et émissions gazeuses de toute substance


préjudiciable à la santé publique.

Par ailleurs, des dispositions et des équipements visant à la limitation du niveau de bruit
et d'émission de parasites électro-magnétiques, doivent être prévues.

Art. 35.- Le permis de lotir porte obligation, si besoin est, de l'exécution par le
demandeur des travaux de mise en état de viabilité du lotissement par la réalisation des
réseaux de voirie, de distribution d'eau, d'assainissement, de l'éclairage public, des aires
de stationnement, d'espaces verts, des aires de loisirs et des travaux de génie civil
nécessaires aux lignes de télécommunications.

L'exécution par tranche de ces travaux peut être autorisée.

Il impose, s'il y a lieu :

1° l'affectation, gratuite ou non, de certains emplacements destinés à la construction


d'équipements publics, aux constructions à usage commercial ou artisanal et à
l'installation de locaux professionnels, même à caractère industriel dans les lotissements à
usage d'habitation, lorsqu'ils n'incommodent pas l'habitation ;

2° la contribution du demandeur aux dépenses d'exécution des équipements collectifs


rendus nécessaires pour la réalisation du lotissement projeté ;

3° la modification ou l'annulation des dispositions du cahier des charges contraires au


caractère du lotissement.

Concernant les coopératives immobilières, l'affectation des emplacements et les dépenses


prévus respectivement par le 1° et le 2° du présent article, sont prises en charge par la
commune.

Art. 36.- La vente ou la location de terrain compris dans un lotissement, est subordonnée
à la délivrance, par l'autorité qui à délivré le permis de lotir, d'un certificat mentionnant
les travaux à exécuter ainsi que les prescriptions imposées dans l'arrêté du permis de lotir.

Cette formalité est également exigée pour la vente ou la location des lots comportant des
constructions existantes dans le lotissement à créer.

L'acte de vente ou de location porte les référence de ce certificat.

La délivrance du certificat susmentionné ne libère pas le bénéficiaire du permis de lotir


de sa responsabilité, vis-à-vis des acquéreurs des lots, notamment en ce qui concerne
l'exécution des travaux.

Art. 37.- Le cahier des charges d'un lotissement autorisé antérieurement à l'approbation
d'un plan d'urbanisme, peut être modifié par arrêté du wali, après avis de l'assemblée
populaire communale et enquête d'utilité publique, pour permettre la réalisation
d'opérations de construction en conformité avec les dispositions dudit plan.

Chacun des propriétaires de lots sera avisé de l'ouverture de l'enquête publique prévue
ci-dessus.

En tout état de cause, les modifications du cahier des charges qui nécessitent des travaux,
ne prendront effet que si la commune donne son accord pour leur réalisation.

Les frais de ces travaux seront à la charge des auteurs à l'origine de ces modifications.

L'arrêté modificatif du cahier des charges comportant, éventuellement, sa date d'entrée en


vigueur, est publié au bureau de la conservation foncière de la wilaya.

Art. 38.- La décision portant permis de lotir doit être notifiée au demandeur dans les
quatre-vingt-dix (90) jours qui suivent le dépôt du dossier.

Si le dossier de la demande doit être complété par des documents ou renseignements, le


délai visé ci-dessus est interrompu et reprend à compter de la réception de ces documents
ou renseignements.

En l'absence de décision dans le délai fixé ci-dessus, le permis de lotir est réputé accordé
à condition que la réglementation en matière d'urbanisme soit respectée. Evolution

Art. 39.- Le permis de lotir est délivré sous forme d'arrêté fixant les prescriptions à la
charge du demandeur. Un document annexe détermine les mesures et servitudes d'intérêt
général applicables au lotissement.

L'arrêté est porté à la connaissance du public par voie d'affichage au siège de l'assemblée
populaire communale concernée.

Il est publié au bureau de la conservation foncière de la wilaya.

Art. 40.- Le délai de validité du permis de lotis est fixé à trois (3) années, à compter de la
date de notification de l'arrêté.

Le permis de lotir est réputé caduc si les travaux de réalisation du lotissement ne sont pas
entrepris dans ce délai.

Toutefois, lorsque, pour des raisons majeures et indépendantes du lotisseur, les travaux
n'ont pu être entrepris, l'autorité compétente peut proroger ce délai de deux (2) années au
maximum.

Art. 41.- La demande de permis de lotir peut faire l'objet d'une décision de sursis à
statuer.

La décision de surseoir à statuer est prononcée par l'autorité compétente qui délivre le
permis de lotir. Elle est prononcée lorsque l'opportunité du lotissement n'est pas fondée
ou lorsque le terrain concerné est compris dans le périmètre d'étude en cours.

La décision de surseoir à statuer intervient dans le délai fixé pour l'instruction. La durée
du sursis à statuer ne peut excéder une (1) année.

TITRE III : AUTORISATIONS PREALABLES DE LOTIR ET DE CONSTRUIRE

Art. 42.- Dans le cas de lotissement à usage d'habitation dont le permis de lotir relève de
la compétence de l'assemblée populaire communale, une autorisation préalable de lotir
peut être accordée.

Le délai de validité de l'autorisation préalable de lotir est fixé à trois (3) mois.

Avant l'expiration de ce délai, le promoteur du lotissement est tenu de déposer une


demande de régularisation établie conformément aux dispositions édictées par la présente
loi en matière de permis de lotir.

L'autorisation préalable de lotir vaut autorisation de travaux.

Faute de régularisation dans les délais impartis, l'interruption des travaux pourra être
prononcée par le président de l'assemblée populaire communale. Evolution
Art. 43.- L'autorisation préalable de construire peut être substituée provisoirement au
permis de construire :

- dans le cas d'un lotissement promu par l'assemblée populaire communale et pour lequel
le demandeur a été inclus dans la liste des attributaires et ce, conformément à la
réglementation en vigueur.

- dans le cas d'une opération intégrant le lotissement et le logement.

L'autorisation préalable de construire est délivrée sur la base de l'autorisation préalable de


lotir. Le permis de construire définitif est délivré dans les conditions fixées à l'article 44
ci-dessous.

Cette autorisation préalable vaut autorisation de travaux. Evolution

Art. 44.- L'autorisation préalable de construire est valable jusqu'à la fin de la


construction. Dès que celle-ci est achevée, le bénéficiaire est tenu de formuler une
demande de permis de construire.

Dans le cadre de l'instruction réglementaire de la demande de construire, les dispositions


contenues dans cette autorisation préalable de construire ne peuvent être remises en
question.

Le permis de construire devra être établi avant la délivrance du certificat de conformité.


Evolution

Art. 45.- Les modalités de demande d'instruction et de délivrance de l'autorisation


préalable de lotir et de construire seront fixées par décret. Evolution

TITRE IV : CONTROLE ET SANCTIONS

Art. 46.- Après achèvement des constructions ainsi que, le cas échéant, des travaux
d'aménagement mis à la charge du constructeur dans les conditions prévues à l'article 19
ci-dessus, le bénéficiaire des travaux dépose, au siège de l'assemblée populaire
communale, une déclaration de fin de travaux.

Il est procédé au contrôle de la conformité des constructions au regard des règlements en


vigueur et des conditions imposées par le permis de construire selon les modalités qui
seront fixées dans le décret d'application de la présente loi.

Dans les conditions fixées par ledit décret, l'autorité qui a délivré le permis de construire,
délivre, s'il y a lieu, un certificat de conformité.
Ce certificat vaut permis d'habiter si la construction est destinée à l'habitation et il
autorise l'admission du public et du personnel, si la construction est destinée à des
fonctions socio-éducatives, aux services, à l'industrie et au commerce, sous réserve des
dispositions législatives particulières en matière d'exploitation d'établissements
dangereux, incommodes ou insalubres.

Art. 47.- Les infractions aux dispositions de la présente loi, sont constatées par les agents
de l'ordre public, ainsi que par tous les fonctionnaires et agents des services de l'Etat et
des collectivités locales assermentés ou commissionnés à cet effet.

Le procès-verbal constatant l'infraction est adressé, dans les vingt-quatre (24) heures, au
président de l'assemblée populaire communale.

Art. 48.- L'infraction constatée, le président de l'assemblée populaire communale ordonne


la mise en conformité des travaux.

Il peut, en outre ordonner, par arrêté motivé, l'interruption des travaux ou toute autre
mesure conservatoire, y compris la saisie des matériels et matériaux et transmettre le
dossier au ministère public.

Art. 49.- La mise en cause peut saisir en référé la juridiction compétente qui se prononce
sur la mainlevée ou le maintien des mesures arrêtées.

Art. 50.- Dans le cas ou la juridiction compétente se prononce sur la mainlevée, l'arrêté
du président de l'assemblée populaire communale cesse d'avoir effet dès le prononcé de la
décision judiciaire.

Dans le cas ou la mainlevée est prononcée sans condition, le mis en cause peut demander
une indemnisation pour les dommages qui auront été causés par les mesures
d'interdiction.

Art. 51.- En cas de poursuites des travaux en infraction à l'arrêté ou à la décision


judiciaire ordonnant l'interruption des travaux, une amende de 3.000 à 300.000 DA et un
emprisonnement de quinze (15) jours à trois (3) mois ou l'une de ces deux peines
seulement, sera prononcée à l'encontre du contrevenant.

Art. 52.- L'exécution des travaux ou l'utilisation du sol en violation des dispositions de la
présente loi et des règlements pris pour son application, est punie d'une amende de 3.000
à 300.000 DA.

En cas de récidive, outre la peine d'amende ci-dessus prévue, un emprisonnement d'un


mois à six mois pourra être prononcé.

Art. 53.- La juridiction compétente saisie statue au vu des observations des services
techniques compétents figurant au dossier ou après audition d'un fonctionnaire
représentant ces services.

En cas d'infraction et nonobstant les dispositions de l'article 52 ci-dessus, elle ordonne,


soit la mise en conformité des lieux ou celle des ouvrages avec le permis de construire ou
de lotir, soit la démolition des ouvrages ou la réaffectation du sol, en vue du
rétablissement des lieux dans leur état antérieur.

Art. 54.- En cas de non-respect par le contrevenant de la décision de justice prononcée, le


président de l'assemblée populaire communale peut procéder d'office, aux frais et aux
risques du contrevenant, aux travaux de mise en conformité, de démolition ou de remise
en état ordonnés par le juge.

Art. 55.- En cas de non-conformité aux prescriptions de l'arrêté de permis de lotir, il peut
être imparti au lotisseur un délai fixé par le juge pour la mise en conformité avec lesdites
prescriptions, sous peine d'une astreinte de cinquante (50) à cinq cents (500) DA par jour
de retard, jusqu'au jour de l'achèvement définitif des travaux.

Le montant des astreintes est recouvré au profit de la commune sur le territoire de


laquelle l'infraction a été commise, comme en matière de contributions directes.

La juridiction compétente peut autoriser, après achèvement des travaux, le reversement


de tout ou partie des astreintes, si le lotisseur justifie qu'il à été empêché de respecter le
délai imparti par des circonstances indépendantes de sa volonté.

Art. 56.- L'extinction de l'action publique résultant du décès du prévenu ou de l'amnistie


du contrevenant ne fait pas obstacle à l'application des dispositions de l'article 53
ci-dessus, jusqu'au jour de la prescription prévue par la législation en vigueur.

TITRE V : DISPOSITIONS DIVERSES

Art. 57.- Un décret fixe les dispositions qui permettent la prise en considération des
différents cas de constructions édifiées à la date de promulgation de la présente loi et
incompatibles avec les règles et normes en matière d'urbanisme et de construction.

Art. 58.- Dans les zones rurales non classées à haute valeur agricole et n'ayant pas fait
l'objet d'une délimitation ni d'un classement en zone spécifique, l'assemblée populaire
communale détermine, dans le cadre du plan d'aménagement communal, des zones dans
lesquelles des terrains d'assiette seront attribués pour les besoins en habitat des
auto-constructeurs ruraux.

Le cas des constructions déjà édifiées dans ces zones sera pris en charge dans ce cadre.

Un décret précisera les modalités d'application du présent article.

Art. 59.- Les modalités d'application de la présente loi seront fixées, en tant que de
besoin, par décrets.

Art. 60.- Toutes dispositions contraires à celles de la présente loi, sont abrogées.

Art. 61.- La présente loi sera publiée au Journal officiel de la République algérienne
démocratique et populaire.

Fait à Alger, le 6 février 1982.

Chadli BENDJEDID.

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