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L’impact de la responsabilité sociale des entreprises sur l’agressivité fiscale : le rôle modérateur de la culture nationale Cas : Grandes moyennes entreprises marocaine

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Université Sultan Moulay Slimane

Faculté d’Economie et de Gestion


Béni Mellal

Laboratoire de recherche pluridisciplinaire en Economie et Gestion


(LARPEG)

Mémoire du Projet de Fin d’Etude


En vue de l’obtention du diplôme du :
Master spécialisé en
« Comptabilité Contrôle Audit »

L’impact de la responsabilité sociale des entreprises sur


l’agressivité fiscale : le rôle modérateur de la culture nationale
Cas : Grandes moyennes entreprises marocaines

Réalisé par : Encadré par :


SABAR Fatima-Ezzahra Pr. SALHI Salah Eddine

Soutenu publiquement le 7 juillet 2023, devant les membres du Jury suivants :

Pr. TOUHAMI Fatima • Présidente

Vice-doyenne, Faculté d’Économie et de Gestion, USMS, Béni-Mellal

Pr. SALHI Salah Eddine • Encadrant


Professeur, Faculté d’Économie et de Gestion, USMS, Béni-Mellal

Pr. KOUNDI Redoine • Rapporteur


Professeur, Faculté d’Économie et de Gestion, USMS, Béni-Mellal

Année universitaire 2022 – 2023


2
Université Sultan Moulay Slimane
Faculté d’Economie et de Gestion
Béni Mellal

Laboratoire de recherche pluridisciplinaire en Economie et Gestion


(LARPEG)

Mémoire du Projet de Fin d’Etude


En vue de l’obtention du diplôme du :
Master spécialisé en
« Comptabilité Contrôle Audit »

L’impact de la responsabilité sociale des entreprises sur


l’agressivité fiscale : le rôle modérateur de la culture nationale
Cas : Grandes moyennes entreprises marocaines

Réalisé par : Encadré par :


SABAR Fatima-Ezzahra Pr. SALHI Salah Eddine

Soutenu publiquement le 7 juillet 2023, devant les membres du Jury suivants :

Pr. TOUHAMI Fatima • Présidente

Vice-doyenne, Faculté d’Économie et de Gestion, USMS, Béni-Mellal

Pr. SALHI Salah Eddine • Encadrant


Professeur, Faculté d’Économie et de Gestion, USMS, Béni-Mellal

Pr. KOUNDI Redoine • Rapporteur


Professeur, Faculté d’Économie et de Gestion, USMS, Béni-Mellal

Année universitaire 2022 – 2023

3
Dédicace

Je dédie ce travail à

A mon cher père SABAR Jamal,

A ma chère mère AKILI Saida,

A ma chère sœur SABAR Rania,

À mon cher frère SABAR Mohamed-Amine

4
Remerciements

Je tiens tout d'abord à exprimer ma gratitude envers Dieu pour m'avoir donné le courage et la
détermination nécessaires pour mener à bien ce projet. Je souhaite également remercier
sincèrement toutes les personnes qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation de ce travail
modeste. Ce mémoire représente le résultat de nombreuses heures de travail, surmontant divers
obstacles et incertitudes, ainsi que des moments de réflexion approfondie et de remise en
question. J'ai fait face à des doutes mais aussi à des périodes de confiance en moi.

Je tiens à exprimer ma profonde reconnaissance envers Monsieur le professeur SALHI SALAH


EDDINE. Notre première rencontre a été une véritable source de motivation pour moi,
dépassant toutes mes attentes. Ses paroles rassurantes et son accueil bienveillant m'ont
encouragé à donner le meilleur de moi-même et à viser encore plus haut. Je suis extrêmement
reconnaissant envers lui pour sa patience, son expertise et sa disponibilité tout au long de ce
projet. Ses conseils éclairés, sa bienveillance et son soutien constant m'ont permis d'approfondir
mes connaissances et de mener à bien cette recherche. Il est impossible de trouver les mots
justes pour décrire pleinement l'impact de son encadrement et le réconfort qu'il m'a apporté.

Par ailleurs, je tiens à exprimer ma gratitude envers les membres du jury, Madame TOUHAMI
FATIMA, Vice-doyenne de la Faculté d'Économie et de Gestion de l'USMS a Béni-Mellal, et
Monsieur KOUNDI REDOINE, Professeur à la Faculté d'Économie et de Gestion de l'USMS
a Béni-Mellal. Leur participation à ce jury de mémoire représente pour moi une grande
distinction. Leur contribution active en tant que membres du jury, avec leurs perspectives
complémentaires et leur implication, ont enrichi mes réflexions et ont contribué à la qualité de
mon travail.

Je tiens également à exprimer ma profonde reconnaissance envers mes parents, et tout


particulièrement envers ma mère, qui n'a jamais cessé de m'encourager et de me soutenir tout
au long de ma vie et surtout dans mes études.

5
Sommaire
Dédicace ..................................................................................................................................... 4

Remerciements ........................................................................................................................... 5

Sommaire ................................................................................................................................... 6

Liste des sigles ........................................................................................................................... 7

Résumé ....................................................................................................................................... 8

Abstract ...................................................................................................................................... 8

Introduction générale .................................................................................................................. 9

Chapitre 1 : Cadre théorique et conceptuel .............................................................................. 13

Section 1 : Responsabilité sociale des entreprises ................................................................... 14

Section 2 : Agressivité fiscale des entreprises et la culture nationale ...................................... 28

Section 3 : Construction du modèle conceptuel théorique et développement des hypothèses de


recherche .................................................................................................................................. 43

Chapitre 2 : Etat des lieux sur les pratiques RSE au Maroc ..................................................... 67

Section 1 : Responsabilité sociale des entreprises au Maroc ................................................... 67

Section 2 : Système fiscale au Maroc ....................................................................................... 71

Section 3 : Lien entre RSE et l’agressivité fiscal avec le rôle intermédiaire la culture nationale
au Maroc ................................................................................................................................... 75

Chapitre 3 : Méthodologie de recherche et discussion des résultats ........................................ 80

Section 1 : Présentation des paradigmes et épistémologie ....................................................... 80

Section 2 : Construction des modèles économétriques ............................................................ 82

Section 3 : Discussion des résultats.......................................................................................... 89

Conclusion générale ............................................................................................................... 153

Références bibliographiques .................................................................................................. 156

Liste des tableaux ................................................................................................................... 163

Liste des figures ..................................................................................................................... 165

Annexes .................................................................................................................................. 171

6
Liste des sigles
AGRR : Agressivité fiscale
CGEM : Confédération générale des entreprises du Maroc
CULTIND : La culture d'individualisme
CULTINDU : La culture indulgente
CULTM : La culture de masculinité
CULTNIV : La culture du niveau de l’évitement de l’incertitude
CULTORIEN : La culture d’orientation long terme
CULTP : La culture de la distance de pouvoir
ENV : Performance environnemental
GOUV : Performance en matière de gouvernance
INDH : Initiative nationale pour le développement humain
ISO : Organisation internationale de normalisation
OECD : Organisation de coopération et de développement
OIT : Organisation internationale du travail
PE : Performance économique
PF : Performance financière
PS : Performance sociale
RSE : La responsabilité sociale des entreprises

7
Résumé
Ce mémoire vise à examiner l'impact de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) sur
l'agressivité fiscale des entreprises, en mettant en lumière le rôle modérateur de la culture
nationale. Notre analyse porte spécifiquement sur le contexte marocain, qui connaît des
changements significatifs en termes de RSE et de réformes fiscales. En utilisant une approche
quantitative basée sur un questionnaire à échelle de Likert, 98 répondants, dont des responsables
RSE et des auditeurs, nous avons collecté des données auprès d'un échantillon d'entreprises
marocaines représentatives de différents secteurs. Les résultats de cette étude révèlent des
conclusions contradictoires concernant la relation entre la performance en matière de RSE et
l'agressivité fiscale. Malgré certaines tendances observées, aucune relation claire et
significative n'a été établie dans ce contexte spécifique. En outre, les dimensions culturelles
examinées n'ont pas indiqué d'impact significatif sur cette relation.
Ces résultats soulignent la nécessité d'une analyse approfondie et contextuelle afin de
comprendre les facteurs qui influencent l'agressivité fiscale des entreprises et de favoriser des
pratiques fiscales responsables et équitables.
Mots clés : RSE, Agressivité fiscale, Culture nationale, le contexte marocain

Abstract
The aim of this dissertation is to examine the impact of corporate social responsibility (CSR)
on corporate tax aggressiveness, highlighting the moderating role of national culture. Our
analysis focuses specifically on the Moroccan context, which is undergoing significant changes
in terms of CSR and tax reforms. Using a quantitative approach based on a Likert-scale
questionnaire with 98 respondents, including CSR managers and auditors, we collected data
from a sample of Moroccan companies’ representative of different sectors. The results of this
study reveal contradictory conclusions regarding the relationship between CSR performance
and tax aggressiveness. Despite certain trends observed, no clear and significant relationship
was established in this specific context. Furthermore, the cultural dimensions examined did not
indicate any significant impact on this relationship.
These results underline the need for an in-depth and contextual analysis in order to understand
the factors influencing corporate tax aggressiveness and to promote responsible and fair tax
practices.
Keywords: CSR, Aggressive taxation, National culture, the Moroccan context

8
Introduction générale
Dans le domaine de la planification fiscale des entreprises, les organisations doivent gérer les
positions fiscales de toutes les parties impliquées dans un contrat, dans le but de maximiser leur
rentabilité après impôt (Scholes et al., 2014). Au cours des dernières décennies, la planification
fiscale des entreprises a attiré l'attention des dirigeants d'entreprises en raison du relâchement
des contrôles et des capitaux liés à la mondialisation et à la révolution des communications
(Grubert, 2001). Selon Chen et al. (2010) et Lanis et Richardson (2012), des chercheurs dans
ce domaine, les grandes entreprises manifestent un intérêt croissant pour des activités de
planification fiscale agressives dans le but de réduire leur revenu imposable. Il convient de
souligner que le concept d'agressivité fiscale diffère de l'évasion fiscale, car il implique des
transactions commerciales principalement motivées par des raisons fiscales, mais situées dans
une zone grise entre le légal et l'illégal.
La responsabilité sociale des entreprises est aujourd'hui une question centrale dans le contexte
actuel de la mondialisation et des préoccupations croissantes en termes de développement
durable et de responsabilité environnementale. Les entreprises sont de plus en plus appelées à
adopter des pratiques responsables, à prendre en compte les aspects sociaux, environnementaux
et éthiques de leurs activités et à contribuer activement au bien-être de leurs parties prenantes.
Dans le même temps, la question de l'agressivité fiscale des entreprises est également devenue
un sujet essentiel. La planification fiscale agressive désigne les stratégies adoptées par les
entreprises pour minimiser leur charge fiscale, souvent en exploitant des lacunes juridiques ou
en recourant à des mécanismes complexes pour réduire leur obligation fiscale. Cette pratique
soulève des questions sur l'équité fiscale et la contribution des entreprises au financement des
services publics.
Il est alors essentiel d'examiner l'impact de la RSE sur l'agressivité fiscale des entreprises, en
prenant en compte le rôle modérateur de la culture nationale. La culture nationale représente
les valeurs, les croyances et les normes partagées au sein d'une entreprise donnée, qui
influencent le comportement individuel et collectif.
Au Maroc, qui connaît un développement économique et social important, la RSE a fait des
progrès significatifs au cours des dernières années. Le pays a adopté des réformes visant à
promouvoir la RSE et à encourager les entreprises à intégrer des pratiques responsables dans
leurs activités. De plus, la fiscalité joue un rôle clé dans le développement économique du pays.
Il est donc pertinent d'étudier comment la RSE influence l'agressivité fiscale des entreprises
marocaines et comment cette relation est modérée par la culture nationale.

9
Le principal objectif de cette recherche est de déterminer l'impact de la RSE sur la capacité des
entreprises à adopter l'agressivité fiscale, en prenant en compte le rôle modérateur de la culture
nationale. Pour réaliser cet objectif, nous nous intéresserons au contexte spécifique du Maroc.
Ce pays connaît des changements importants en termes de RSE et de réformes fiscales, ce qui
en fait un cadre d'étude pertinent.
Problématique et questions de recherche
Notre problématique est la suivante :
• Dans quelle mesure les pratiques RSE affectent-t-elles l'agressivité fiscale des
grandes et moyennes entreprises marocaines ? De plus, comment cette relation est-
elle modérée par la culture nationale ?
Nous formulons les questions de recherche suivantes pour répondre à cette question :
• La culture nationale influence-t-elle la relation entre la RSE et le niveau
d'agressivité fiscale des entreprises ?
• Quel est l'impact de la RSE sur leur niveau d'agressivité fiscale au Maroc ?
Pour répondre à ces questions, nous adopterons une approche méthodologique quantitative
basée sur une enquête auprès d'un échantillon représentatif de responsables RSE et des
auditeurs. Cette méthode nous permettra de collecter des données empiriques pour vérifier les
hypothèses issues de la partie théorique de notre recherche.
• Hypothèse n°1 : Plus le niveau de performance sociale des entreprises est élevé, plus
leur agressivité fiscale est faible.
• Hypothèse n° 2 : Plus la performance environnementale des entreprises est élevée, plus
leur agressivité fiscale est faible.
• Hypothèse n°3 : Plus le niveau de gouvernance des entreprises est élevé, plus leur
agressivité fiscale est faible.
• Hypothèse n°4 : plus la performance financière d'une entreprise est élevée, plus son
niveau d'agressivité fiscale est élevé.
• Hypothèse n°5 : La relation entre les performances sociales, environnementales et de
gouvernance des entreprises et leur niveau d'agressivité fiscale est moins négative et
plus faible pour les entreprises appartenant à des cultures où la distance de pouvoir est
élevée.
• Hypothèse n°6 : La relation entre la performance sociale, environnementale et de
gouvernance des entreprises et leur niveau d'agressivité fiscale est plus négative et plus
forte pour les entreprises appartenant à des cultures individualistes élevée.

10
• Hypothèse n°7 : La relation entre les performances sociales, environnementales et de
gouvernance des entreprises et leur niveau d'agressivité fiscale est moins négative et
plus faible pour les entreprises appartenant à des cultures où le niveau de masculinité
est élevé.
• Hypothèse n°8 : La relation entre les performances sociales, environnementales et de
gouvernance des entreprises et leur niveau d'agressivité fiscale est moins négative et
plus faible pour les entreprises appartenant à des cultures où le niveau d'évitement de
l'incertitude est élevé.
• Hypothèse n°9 : La relation entre les performances sociales, environnementales et de
gouvernance des entreprises et leur niveau d'agressivité fiscale est plus négative et plus
forte pour les entreprises appartenant à des cultures où l'orientation à long terme est
élevée.
• Hypothèse n° 10 : La relation entre les performances sociales, environnementales et de
gouvernance des entreprises et leur niveau d'agressivité fiscale est plus négative et plus
forte pour les entreprises appartenant à des cultures indulgentes élevée.
Dans le contexte de notre recherche, nous adopterons une approche épistémologique positiviste
qui s'inscrira dans une démarche objectiviste, explicative et causale. Le choix du paradigme
positiviste se révélera le plus approprié pour combler les lacunes des études et recherches
menées dans le contexte marocain. En optant pour cette approche, nous utiliserons la logique
hypothético-déductive afin de mieux comprendre et exploiter les observations existantes, pour
aboutir à des conclusions plus précises.
En définitive, le choix du positivisme nous permettra d'apporter une contribution significative
à la littérature en enrichissant les connaissances dans le domaine de la RSE et de l'agressivité
fiscale, en nous basant sur des méthodes de recherche rigoureuses et des données empiriques.
Afin de répondre à notre problématique et de confirmer ou d'infirmer nos hypothèses, notre
approche méthodologique sera descriptive et analytique. Nous utiliserons des équations
structurelles pour analyser les relations entre les variables de notre recherche. Nous effectuerons
une recherche documentaire dans des revues, des sites web et des articles de recherche
universitaire. Pour la partie pratique, nous réaliserons une étude quantitative. Nous collecterons
des données à partir d'une enquête. Ces données seront traitées statistiquement et utilisées pour
estimer les paramètres du modèle d'équations structurelles. Cela nous permettra d'analyser les
relations entre les variables de notre recherche et de tester nos hypothèses.

11
Notre revue de littérature a mis en évidence un manque d'études spécifiques portant sur l'impact
de la Responsabilité Sociale des Entreprises sur l'agressivité fiscale, ainsi que le rôle modérateur
de la culture nationale. Par conséquent, l'objectif général de notre recherche est de combler ces
lacunes en explorant la relation entre la RSE et l'agressivité fiscale, tout en prenant en compte
le contexte culturel. Pour atteindre cet objectif, nous avons défini les objectifs spécifiques
suivants :
1. Mettre en évidence le concept de responsabilité sociale des entreprises.
2. Examiner les éléments importants du concept de la RSE dans le contexte marocain.
3. Identifier l'impact de la RSE sur l'agressivité fiscale en tant que modérateur de la culture
nationale d'une entreprise marocaine.
4. Explorer l'influence des valeurs culturelles marocaines sur la relation entre la RSE et
l'agressivité fiscale des entreprises.
5. Analyser et présenter les résultats de notre recherche quantitative.
6. Fournir des recommandations pratiques pour promouvoir des pratiques fiscales
responsables et conformes à la RSE.
La structure de mémoire
Ce mémoire sera structuré comme suit : le premier chapitre sera consacré à une analyse
documentaire, dans laquelle nous explorerons les fondements théoriques de la responsabilité
sociale des entreprises de l'agressivité fiscale et de la culture nationale. Nous explorerons les
différentes définitions de chaque concept, les théories pertinentes et les mesures utilisées dans
la littérature. En outre, sur la base des facteurs identifiés dans cette revue, nous établirons un
modèle conceptuel solide qui servira de cadre théorique à notre étude. Le deuxième chapitre
dressera un état des lieux des réformes de la RSE et de l'impôt au Maroc, en mettant l'accent
sur le lien modérateur de la culture nationale. Enfin, dans le troisième chapitre, nous présentons
notre étude empirique. Nous décrirons en détail la méthodologie utilisée, notamment notre
enquête auprès d'un échantillon représentatif de responsables RSE et des auditeurs au Maroc.
Les données collectées seront ensuite analysées afin de vérifier nos hypothèses et d'apporter
des éléments de réponse à nos questions.

12
Chapitre 1 : Cadre théorique et conceptuel
L'interaction complexe entre les pratiques de responsabilité sociale des entreprises (RSE) et
l'agressivité fiscale est un sujet d'étude de plus en plus important dans le domaine de la finance
et de la gestion. Alors que la responsabilité sociale des entreprises vise à promouvoir des
pratiques commerciales éthiques et durables, l'agressivité fiscale implique des stratégies
d'optimisation fiscale agressives utilisées par les entreprises pour minimiser leurs obligations
fiscales. Comprendre comment la responsabilité Sociale des Entreprises influence l'agressivité
fiscale est essentiel pour promouvoir une fiscalité plus juste et durable.
Cependant, il convient également de reconnaître que l'impact de la responsabilité sociale des
entreprises sur l'agressivité fiscale peut être modéré par des facteurs contextuels, tels que la
culture nationale. La culture nationale joue un rôle crucial dans la formation des normes, des
valeurs et des comportements des entreprises vis-à-vis de leurs obligations fiscales. Certains
pays peuvent favoriser des pratiques fiscales plus éthiques et transparentes, tandis que d'autres
peuvent tolérer ou même encourager des comportements agressifs en matière fiscale.
Ce chapitre sera structuré en trois sections. Dans cette première section, nous explorerons en
détail le concept de la responsabilité sociale des entreprises, en fournissant une définition claire
et en retraçant son évolution historique. Nous examinerons également les normes
internationales de la responsabilité sociale des entreprises, avec une attention particulière
accordée à la norme ISO 26000, qui fournit des directives sur les pratiques responsables pour
les entreprises.
En outre, nous examinerons les différentes théories de la responsabilité sociale des entreprises,
telle que la théorie des parties prenantes, afin de mieux comprendre les motivations et les
mécanismes qui sous-tendent les pratiques de responsabilité sociale des entreprises. Nous
aborderons également les mesures de la RSE.
Dans la deuxième section, nous nous concentrons sur l'agressivité fiscale et le rôle modérateur
de la culture nationale dans cette dynamique. Nous examinerons en détail les définitions de
l'agressivité fiscale et de la culture nationale, ainsi que les théories qui les sous-tendent. Nous
aborderons également les différentes mesures utilisées pour évaluer l'agressivité fiscale.
Enfin, dans la troisième section, nous aborderons la construction du modèle conceptuel
théorique et le développement des hypothèses de recherche. Nous intégrerons les connaissances
acquises sur la responsabilité sociale des entreprises, l'agressivité fiscale et la culture nationale
pour proposer un cadre d'analyse permettant d'explorer les relations entre ces variables. Nous
développerons des hypothèses de recherche basées sur les concepts et les théories discutés

13
précédemment, en mettant en évidence les possibles interactions et les effets modérateurs de la
culture nationale.

Section 1 : Responsabilité sociale des entreprises


La responsabilité sociale des entreprises est devenue un enjeu majeur dans le monde des
affaires. Les entreprises sont de plus en plus appelées à prendre en compte les aspects sociaux,
environnementaux et éthiques de leurs activités. Nous nous examinerons la norme ISO 26000
et son application, ainsi que les approches et théories qui soutiennent la mise en œuvre de la
responsabilité sociale des entreprises et, enfin, nous discuterons des mesures et des indicateurs
utilisés pour évaluer la performance des entreprises en matière de responsabilité sociale des
entreprises. En comprenant mieux la portée et les implications de la responsabilité sociale des
entreprises, nous serons en mesure d'apprécier son rôle croissant dans la création de valeur à la
fois pour les entreprises et pour la société dans son ensemble.

1 Concept clés
1.1 Définition et Histoire de RSE

La responsabilité sociale des entreprises est le terme utilisé pour décrire la manière dont une
entreprise prend en compte les impacts financiers, environnementaux et sociaux des décisions
et des actions dans lesquelles elle est impliquée. Il s'agit d'une question de plus en plus
importante pour les entreprises, car les dirigeants, les invités, les investisseurs et les employés
ont commencé à comprendre comment la croissance économique est liée au bien-être social et
environnemental.
La responsabilité sociale des entreprises est une question clé pour toute organisation visant la
durabilité à long terme. Bien qu'il s'agisse d'un concept essentiellement volontaire, une pression
croissante s'exerce sur les organisations pour qu'elles apportent une contribution positive à la
société ou, à tout le moins, qu'elles réduisent leur impact négatif. Au niveau international, les
gouvernements s'orientent également vers l'application de certains éléments de la responsabilité
sociale des entreprises, notamment en ce qui concerne la protection de l'environnement.
Les entreprises responsables ne sont pas nécessairement en mesure de mesurer l'impact positif
de leur comportement sur leurs performances, alors que les entreprises irresponsables sont
susceptibles de remarquer l'impact négatif de leurs décisions sur leurs résultats. La durabilité
des entreprises, aujourd'hui et à l'avenir, dépend de la prise en compte par les organisations des
conséquences sociales et environnementales de leurs décisions et de leurs actions.

14
Dans le passé, de nombreuses entreprises et de nombreux dirigeants étaient principalement
préoccupés par l'augmentation de la valeur des actionnaires. Les actionnaires sont les personnes
qui possèdent une partie de l'entreprise et partagent ses bénéfices. Pour une petite entreprise, il
peut s'agir d'un seul propriétaire. Dans une grande entreprise, il peut s'agir de milliers de
personnes qui détiennent des actions de la société et reçoivent des dividendes.
Traditionnellement, les gestionnaires se concentraient sur les profits à court et moyen terme.
Toutefois, une tendance se dessine qui s'éloigne de la simple augmentation du rendement pour
les actionnaires et se concentre plutôt sur l'augmentation de la valeur de l'entreprise en termes
de parties prenantes. Les parties prenantes sont les personnes qui sont affectées par les actions
et les performances de l'entreprise, et comprennent à la fois des parties internes et externes. Les
parties prenantes de l'entreprise comprennent des personnes telles que les clients, les
actionnaires, les associés, les employés et les propriétaires d'entreprise. Les entreprises
socialement responsables s'efforcent de prendre des décisions qui servent au mieux les intérêts
de leurs différentes parties prenantes.
Développer votre compréhension de la responsabilité sociale des entreprises et la mettre en
œuvre dès maintenant dans votre entreprise peut vous aider à prendre une longueur d'avance
sur vos concurrents. Vous pouvez l'utiliser pour acquérir un avantage concurrentiel et cela vous
donne la possibilité d'offrir des avantages à un plus grand nombre de parties prenantes de
l'entreprise.

1.1.1 Histoire de RSE

La responsabilité sociale des entreprises (RSE) est un concept qui a évolué au fil du temps en
réponse aux forces environnementales, socio-économiques et politiques. Avant les années
1950, le concept de RSE était pratiquement inexistant, bien qu'il y ait eu des préoccupations
croissantes concernant les maux sociaux perçus causés par certaines grandes entreprises. Ces
préoccupations comprenaient l'embauche d'enfants mineurs et la mauvaise rémunération des
travailleurs. Les entreprises ont commencé à prendre conscience de leur responsabilité sociale
en évitant d'embaucher des enfants et en améliorant les salaires de leurs employés.
Dans les années 1950 et 1960, le concept de responsabilité sociale des entreprises a commencé
à prendre forme. Howard R. Bowen a été l'un des premiers à définir la responsabilité sociale
des entreprises en 1953 comme les obligations des hommes d'affaires de poursuivre des
politiques et des actions souhaitables pour la société. Les entreprises ont également commencé
à réaliser qu'elles devaient s'engager davantage envers leurs communautés locales. Les troubles
sociaux de l'époque, tels que le mouvement des droits civiques, ont souligné l'importance

15
d'établir une relation solide avec la population locale pour garantir la sécurité et la croissance
des entreprises.
Les années 1970 ont été une période de prolifération de la responsabilité sociale des entreprises,
avec de plus en plus de chercheurs s'intéressant au concept. Différentes définitions de la
responsabilité sociale des entreprises ont émergé, allant des perspectives axées sur les parties
prenantes à celles axées sur la maximisation des profits à long terme. Carroll (1979) a proposé
une définition de la responsabilité sociale des entreprises en quatre composantes : économique,
juridique, éthique et discrétionnaire. Cela reconnaît que les entreprises ont des responsabilités
économiques envers leurs actionnaires, des obligations juridiques envers la société, des normes
éthiques à respecter et des opportunités discrétionnaires d'engagement social.
Dans les années 1980, d'autres thèmes complémentaires à la responsabilité sociale des
entreprises ont émergé, tels que le développement durable et l'éthique des affaires. Ces thèmes
ont mis l'accent sur la nécessité pour les entreprises de prendre en compte les impacts sociaux
et environnementaux de leurs activités, ainsi que de se conformer à des normes éthiques élevées.
Au fil du temps, la responsabilité sociale des entreprises est devenue un aspect important de la
gestion des entreprises modernes, avec de plus en plus d'entreprises adoptant des pratiques et
des politiques socialement responsables. Les attentes des parties prenantes et de la société à
l'égard des entreprises ont également augmenté, ce qui a renforcé l'importance de la
responsabilité sociale des entreprises dans le paysage des affaires actuel.
[Link] Types de responsabilité sociale des entreprises
En général, il existe quatre grands types de responsabilité sociale des entreprises. Une entreprise
peut choisir de s'engager dans n'importe lequel d'entre eux séparément, et l'absence
d'engagement dans un domaine n'exclut pas nécessairement qu'une entreprise soit socialement
responsable.
La responsabilité sociale des entreprises est traditionnellement divisée en quatre catégories :
responsabilité économique, légal, philanthropique et éthique.

a) Responsabilités économiques
La responsabilité économique des entreprises est engagée vis-à-vis de la société qui les fait
vivre, ce qui signifie qu'elles doivent être rentables pour fonctionner et attirer les investisseurs.
En tant qu'institutions fournissant des biens et des services essentiels à la société, elles sont
récompensées par la possibilité de réaliser des bénéfices. Ces bénéfices sont essentiels pour
rémunérer les investisseurs et favoriser la croissance de l'entreprise. La rentabilité et le retour
sur investissement sont des éléments clés pour les gestionnaires et les entrepreneurs. Tous les

16
systèmes économiques du monde reconnaissent l'importance de la réussite des entreprises pour
la société. Pour garantir leur réussite financière à long terme, les entreprises se concentrent sur
des aspects tels que les revenus, la rentabilité, les investissements, le marketing, les opérations
et les stratégies. Dans le monde d'aujourd'hui, les performances économiques et la durabilité
sont essentielles. Les entreprises qui échouent sur le plan économique risquent de faire faillite,
reléguant d'autres responsabilités au second plan. La responsabilité économique est donc une
exigence fondamentale dans un environnement économique concurrentiel et constitue un
élément essentiel de la responsabilité sociale des entreprises.
b) Responsabilités légales
Les entreprises sont censées se conformer aux lois et règlements adoptés par les autorités
locales, régionales et fédérales, qui constituent la base de leur activité. En tant
qu'accomplissement partiel du "contrat social" entre le monde des affaires et la société, les
entreprises sont censées poursuivre leurs missions économiques dans le cadre de la loi. Les
responsabilités légales reflètent une vision de "l'éthique codifiée" dans le sens où elles incarnent
les notions de base de la loyauté telles qu'elles ont été établies par nos législateurs. Elles sont
considérées comme la deuxième strate de la pyramide pour illustrer leur évolution historique,
mais elles sont à juste titre considérées comme coexistant bien avec les responsabilités
économiques en tant que principes fondamentaux du système fondé sur la liberté d'entreprise.
c) Responsabilités philanthropiques
La philanthropie d'entreprise englobe les dons volontaires ou discrétionnaires des entreprises.
Bien qu'il ne s'agisse pas d'une responsabilité stricte, la philanthropie est largement attendue
par le public et fait partie des attentes quotidiennes envers les entreprises. Ces activités sont
généralement motivées par le désir des entreprises de participer à des actions sociales qui ne
sont pas imposées par la loi et ne sont pas nécessairement attendues d'un point de vue éthique.
Cependant, certaines entreprises font des dons pour des raisons éthiques, cherchant à contribuer
au bien-être de la société. La notion de "donner en retour" est souvent perçue comme une attente
de responsabilité envers la société. Les citoyens attendent des entreprises qu'elles se comportent
en bons citoyens, au même titre que les individus. Les entreprises s'engagent donc dans diverses
formes de dons, tels que les ressources monétaires, les produits, les services, le bénévolat des
employés, les projets de développement communautaire et d'autres contributions
discrétionnaires à la communauté et aux parties prenantes. Si certains dons d'entreprises
peuvent être motivés par l'altruisme, la plupart le font pour améliorer leur réputation et faire
preuve d'une bonne citoyenneté d'entreprise. La philanthropie d'entreprise est souvent
considérée comme une forme de "citoyenneté d'entreprise" et comme une pratique volontaire

17
et discrétionnaire. Cependant, elle a toujours été l'un des aspects importants de la responsabilité
sociale des entreprises et continue de l'être aujourd'hui.
d) Responsabilités éthiques
Pour les normes sociales, les lois sont essentielles pour les entreprises, mais elles ne sont pas
suffisantes. En plus de se conformer aux lois et réglementations, les entreprises sont également
tenues d'agir de manière éthique. Le fait d'assumer des responsabilités éthiques suppose que les
organisations adoptent des activités, des normes, des standards et des pratiques qui dépassent
ce qui est légalement requis, mais qui sont néanmoins attendus. Une partie de cette attente
éthique est que les entreprises respectent non seulement la lettre de la loi, mais aussi l'esprit de
la loi. Un autre aspect de cette responsabilité éthique est que les entreprises agissent de manière
équitable et objective, même dans des situations où la loi ne fournit pas d'indications claires.
Les responsabilités éthiques comprennent donc les activités, les normes, les politiques et les
pratiques qui sont attendues ou proscrites par la société, même si elles ne sont pas expressément
énoncées dans la loi. Le but de ces attentes est que les entreprises soient responsables et
attentives à l'ensemble des normes, des standards, des valeurs, des principes et des attentes qui
reflètent et respectent les droits moraux des parties prenantes, tels qu'ils sont perçus par les
consommateurs, les employés, les propriétaires et la communauté. La différence entre les
attentes légales et les attentes éthiques peut parfois être subtile. Les attentes juridiques sont
généralement fondées sur des considérations éthiques, mais les attentes éthiques vont plus loin.
En fait, les deux domaines ont une dimension éthique importante, et la différence réside dans
le rôle que la société donne aux entreprises par le biais de la législation. Pour assumer ces
responsabilités éthiques, les entreprises doivent respecter les attentes suivantes :

• Agir en accord avec les normes morales et éthiques de la société.


• Reconnaître et accepter les nouvelles normes éthiques de la société en constante
évolution.
• Empêcher que les normes éthiques ne soient sacrifiées à la poursuite des objectifs de
l'entreprise.
• Être une entreprise citoyenne en agissant d'une manière conforme à la morale et à
l'éthique.
De comprendre que le comportement éthique et l'intégrité de l'entreprise dépassent le respect
des lois et des réglementations (Carroll 1991).

18
En complément de tout ce qui a été dit sur les responsabilités éthiques, il convient également
d'indiquer clairement qu'outre les attentes de la société en matière de performances éthiques, il
existe également les grands principes universels de la philosophie morale tels que les droits, la
justice et les principes utilitaires qui devraient également informer et guider les décisions et les
pratiques des entreprises.

1.2 ISO 26000

La norme ISO 26000 n'est pas la seule norme relative aux questions de développement durable
et de RSE, loin s'en faut.
Le développement durable repose sur trois grands principes : l'environnement, le social et la
qualité. Il existe trois normes internationales en vigueur pour chacun de ces aspects :
a) Environnement : la norme ISO 14001. Cette norme définit les exigences génériques
d'un système de management environnemental permettant d'identifier et de maîtriser
l'impact sur l'environnement des activités, produits ou services d'une entreprise.
b) Social : la norme OHSAS 18001. Cette norme caractérise les exigences génériques d'un
système de gestion de la santé et de la sécurité des employés afin d'identifier et de gérer
les conditions de travail et les risques pour la santé.
c) Qualité : la norme ISO 9001. Cette norme vise à identifier les exigences génériques
d'un système de gestion de la qualité afin de garantir et d'améliorer la satisfaction des
clients.
Cette norme volontaire a été publiée en 2010 par l'Organisation internationale de normalisation
(ISO) afin d'aider les entreprises à mettre en œuvre la responsabilité sociétale des entreprises.
Contrairement à d'autres normes ISO, ISO 26000 contient des lignes directrices plutôt que des
obligations, car la RSE est de nature plus qualitative que quantitative, et ses normes ne sont pas
certifiées.
ISO 26000 a pour objectif de clarifier la notion de responsabilité sociétale et d'accompagner les
organisations dans la mise en œuvre pratique des principes de la RSE. La norme s'applique à
toutes les organisations, quels que soient leur secteur d'activité, leur taille ou leur situation
géographique. La norme ISO 26000 est le fruit d'un consensus international auquel ont
contribué de nombreuses parties prenantes du monde entier. Son objectif est d'aider les
entreprises à comprendre et à mettre en œuvre la RSE de manière significative dans leurs
activités.

19
La norme ISO 26000 énonce sept principes clés, qu'elle considère comme les racines d'un
comportement socialement responsable :
SEPT MATIÈRES FONDAMENTALES COUVERTES PAR LA NORME ISO 26000
Figure 1: Les 7 dimensions de l’ISO 260000

Droit de
l’Homme

Les relations
Communauté et
et conditions
développement local
de travail
La
gouvernance
organisationn
elle Questions
La responsabilité
relatives aux
de consommate
l'environnement urs

La loyauté
des pratiques

Source : Élaboré par nous-même


1. La gouvernance organisationnelle : est le processus par lequel une entreprise décide
des actions à entreprendre pour atteindre ses objectifs. C'est le pilier essentiel qui permet
à une organisation d'assumer la responsabilité des effets de ses actions et de ses
opérations. La gouvernance organisationnelle est le point de départ de l'incorporation
de la responsabilité sociale dans l'ensemble de l'organisation. Une gouvernance réelle
se fonde sur l'intégration des principes de responsabilité sociale tels que la
responsabilité, la transparence et l'éthique dans les processus décisionnels et la mise en
œuvre des actions.
2. Droits de l’Homme : sont les droits essentiels dont tous les individus ont droit. Les
droits de l'homme se répartissent en deux groupes principaux. Les droits civils et
politiques, ainsi que le droit fondamental à la vie et à la liberté, le principe de l'égalité
devant la loi et la garantie de la liberté d'expression, relèvent de la première catégorie.
La deuxième catégorie comprend des droits tels que le droit à l'emploi, le droit à la
nourriture, le droit à la santé, le droit à l'éducation et le droit à la protection sociale. Les
droits économiques, sociaux et culturels sont également inclus. La prudence, les
situations à risque en matière de droits de l'homme, Éviter la complicité, la résolution

20
des conflits, la lutte contre la discrimination et la protection des groupes vulnérables ne
sont que quelques-unes des questions liées aux droits de l'homme. L'égalité de
protection est également garantie pour les droits économiques, sociaux et culturels, les
droits du travail et les droits civils et politiques.
3. Les relations et conditions de travail : englobe toutes les politiques et actions liées au
travail réalisé au sein de l'organisation. Cela comprend le recrutement et la promotion
des salariés, les procédures disciplinaires et de résolution des conflits, les mutations et
les transferts de salariés, les licenciements, l’apprentissage et l’amélioration des
compétences, de même que les mesures relatives à la santé, à la sécurité et à l'hygiène
sur le lieu de travail. Ces pratiques peuvent également influencer les conditions de
travail. En plus, les contributions socio-économiques significatives d'une organisation
comprennent la création d'emplois, les salaires et d'autres formes de rémunération pour
le travail effectué.
4. La responsabilité de l'environnement : est essentielle pour la survie et le bien-être de
l'humanité. La croissance de la population mondiale et de la consommation fait planer
de multiples risques sur l'environnement et la société. La pollution, l'exploitation des
ressources naturelles, le réchauffement climatique, la dégradation des habitats naturels
et la réduction de biodiversité font partie des questions environnementales abordées par
l'ISO 26000. Ces dernières années, de nombreuses organisations ont pris des
dispositions pour adopter une approche responsable sur le plan environnemental et
social.
5. La loyauté des pratiques : désignent la façon dont une organisation exploite ses
interactions avec d'autres entités afin de favoriser l'obtention de résultats positifs. Cela
inclut les rapports entre les organisations et les organismes gouvernementaux, de même
que les associés, les fournisseurs, les entrepreneurs, les consommateurs, les concurrents
et les associations dont ils font partie. Les pratiques opérationnelles équitables, au sens
de la norme ISO 26000, comprennent la lutte contre la corruption, un comportement
politique responsable, la promotion d'une concurrence loyale, l'intégration de la
responsabilité sociétale dans les processus de la création de valeur et le renforcement du
respect des droits de propriété.
6. Questions relatives aux consommateurs : incluent les pratiques commerciales
équitables, la protection de la santé et de la sécurité, la consommation écologique le
recours et la résolution des litiges, la sauvegarde des informations personnelles et de la
vie privée, l’accès aux produits et services indispensables, l'éducation et la

21
sensibilisation des consommateurs, ainsi que l'intégration des consommateurs
vulnérables et défavorisés dans les politiques et les pratiques.
7. Communauté et développement local : Se sont deux mesures les plus cruciales que
toutes les organisations, publiques et privées, peuvent prendre pour créer une société
durable. La participation et le soutien aux institutions gouvernementales, le progrès de
la culture et de l'éducation, le développement des possibilités d'emploi et la fourniture
d'un accès complet et sûr aux technologies contemporaines ne sont que quelques-uns
des problèmes de responsabilité sociale qu'une entreprise peut utiliser pour rendre à sa
communauté ce qu'elle lui a donné. En outre, elle peut soutenir l'investissement social,
la génération de revenus et de richesses, et la protection de la santé.

2 Théories de la responsabilité sociale des entreprises


La gestion d'entreprise, la psychologie et toutes les autres disciplines utilisent des théories
soigneusement construites pour expliquer et étendre les connaissances disponibles sur les
disciplines elles-mêmes. De façon similaire, la responsabilité sociale des entreprises est
également ancrée dans diverses théories, notamment la théorie des parties prenantes, la théorie
du contrat social, la théorie de la légitimité et la théorie de triple bilan.

2.1 Théorie des parties prenantes

Freeman (1984) a proposé le concept de théorie des parties prenantes. Cette théorie affirme
qu'une entreprise ne doit pas seulement prendre en compte les intérêts des actionnaires, mais
aussi les intérêts de toutes les parties prenantes. Freeman définit une partie prenante comme
tout groupe ou individu qui peut affecter ou être affecté par la réalisation des objectifs de
l'organisation. Elles se divisent en deux catégories : (1) les parties prenantes primaires dont
l'absence de participation aux activités principales de l'entreprise entraîne son effondrement,
comme les actionnaires et les employés ; et (2) les parties prenantes secondaires celles qui sont
affectées par l'organisation, ou qui affectent ou influencent la direction de l'entreprise, mais qui
ne sont pas directement impliquées dans les transactions de l'entreprise. Une entreprise a une
série de liens avec différentes parties prenantes et doit donc décider quelles parties prenantes
doivent être traitées de manière urgente et comment y répondre.

2.2 Théorie du contrat social

Gray et d'autres (1996), cités dans Moir (2001), indiquent que la société peut être conceptualisée
comme une série de contrats sociaux entre les membres de la société et la société elle-même.
Selon cette définition, les entreprises peuvent être considérées comme faisant partie de la

22
société et doivent donc intégrer un certain degré de moralité sociale dans leurs comportements.
Selon Moir (2001), la moralité consiste en un ensemble de règles régissant la manière dont les
gens doivent se traiter les uns les autres, règles que les personnes rationnelles accepteront pour
leur bénéfice mutuel, à condition que les autres suivent également ces mêmes règles. Selon cette
norme, on devrait s'attendre à ce que les entreprises fournissent un certain niveau de soutien à
leurs communautés locales et s'engagent dans une certaine mesure dans les activités
communautaires. Les théoriciens du contrat social sont d'accord avec les théoriciens des parties
prenantes pour dire que les intérêts des groupes de parties prenantes sont importants, mais ils
estiment que ces intérêts ne doivent pas l'emporter sur les intérêts des non-parties prenantes ou
exiger des choses telles que la sécurité, la santé, la liberté et la prospérité.

2.3 Théorie de la légitimité

La légitimité est la perception sociétale selon laquelle les actions d'une entreprise ou d'une entité
sont souhaitables, appropriées ou adéquates dans le cadre de systèmes de normes, de croyances
et de définitions socialement reconnus, Suchman (1995). Pour qu'une entreprise obtienne une
légitimité, Moir (2001) suggère qu'elle doit apprécier le besoin de communications
significatives avec la société. Il indique en outre qu'une organisation peut adopter quatre
grandes stratégies de légitimation lorsqu'elle est confrontée à différentes menaces de légitimité
: (1) chercher à éduquer ses parties prenantes sur les intentions de l'organisation d'améliorer ses
performances ; (2) chercher à changer la perception de l'événement par l'organisation (mais sans
changer les performances réelles de l'organisation) ; (3) détourner (c'est-à-dire manipuler)
l'attention de la question préoccupante ; (4) chercher à changer les attentes externes concernant
ses performances. Cette théorie explique le mieux pourquoi les entreprises devraient
entreprendre la RSE et l'utiliser comme une forme de relations publiques.
Sur la base de Moir (2001), nous pouvons conclure que ces trois théories sont liées entre elles
et se soutiennent efficacement. Par exemple, pour examiner la pratique de la RSE au sein des
entreprises, les principes décrits dans la théorie du contrat social peuvent être analysés, à l'aide
de l'analyse des parties prenantes, afin de fournir une meilleure réputation ou une plus grande
légitimité à l'entreprise.

23
2.4 Triple bilan

Figure 2 : Performance durable, Le triple bilan

Sociale

Durabilités

Environnement Economique

Source : Élaboré par nous-même


Le triple bilan est une forme de responsabilité sociale des entreprises qui impose aux dirigeants
d'entreprise de comptabiliser les résultats non seulement en termes économiques (coûts par
rapport aux recettes), mais aussi en termes d'effets de l'entreprise dans le domaine social, et en
ce qui concerne l'environnement. Il y a deux clés à cette idée. Premièrement, les trois colonnes
de responsabilité doivent être séparées, et les résultats présentés indépendamment pour chacune
d'elles. Deuxièmement, dans chacun de ces trois domaines, l'entreprise doit obtenir des résultats
durables.
La notion de durabilité est très spécifique. À l'intersection de l'éthique et de l'économie, la
durabilité signifie le maintien à long terme de l'équilibre. Comme l'ont élaboré des théoriciens,
dont John Elkington, voici comment cet équilibre est défini et atteint sur le plan économique,
social et environnemental :
• Durabilité sociale : Elle fait partie de la responsabilité sociale de l'entreprise (RSE), les
entreprises doivent se concentrer sur la communauté, l'environnement social et les
ressources internes. Elle est mesurée par l'investissement réalisé dans la rémunération
du travail et les bénéfices que l'entreprise en tire.
• Durabilité environnementale : Elle met l'accent sur les pratiques commerciales qui
causent le moins de dommages à l'environnement.

24
• Durabilité économique : L'aspect économique mesure les performances financières et
la rentabilité de l'entreprise. En outre, il mesure la contribution de l'entreprise à
l'économie globale et à la croissance de son secteur.

3 Mesures de le Responsabilité sociale des entreprises


3.1 Indicateur social

L'indicateur social comprend plusieurs aspects de l'influence sociale d'une entreprise. Il


comprend des activités telles que la philanthropie d'entreprise, les projets de développement
communautaire et les campagnes en faveur de l'égalité, de la diversité et de l'inclusion sociale.
L'indice social devrait également inclure le traitement équitable des travailleurs, y compris des
salaires équitables, des conditions de travail sûres et le respect des droits de l'homme.
Voici des exemples des éléments clés de l'indicateur social :
• Droits du travail : Les entreprises socialement responsables respectent les droits du
travail et promeuvent des pratiques d'emploi équitables. Cela implique d'honorer et de
défendre les droits humains fondamentaux des travailleurs, tels que la liberté
d'organisation et les droits de négociation collective, ainsi que d'interdire le travail forcé,
le travail des enfants et tout type de discrimination ou de harcèlement sur le lieu de
travail. Il s'agit également de garantir des conditions de travail et de rémunération
équitables tout au long de la chaîne d'approvisionnement.
• L'engagement communautaire : Cet aspect se concentre sur la participation active et
la contribution positive d'une entreprise aux communautés dans lesquelles elle opère. Il
s'agit notamment d'engager le dialogue avec les parties prenantes de la communauté, de
comprendre leurs besoins et leurs préoccupations et d'aligner les activités de l'entreprise
sur le développement de la communauté. Il peut s'agir de soutenir des programmes
d'éducation et d'acquisition de compétences, des mesures de santé, le développement
d'infrastructures et d'autres projets qui répondent aux besoins de la communauté et
améliorent la qualité de vie.

3.2 Indicateur économique

L'indicateur économique évalue la contribution d'une entreprise au développement


économique. Il prend en compte des facteurs tels que la création d'emplois, le soutien aux
fournisseurs locaux et aux petites entreprises, et l'investissement dans les communautés. Une
entreprise engagée dans la voie de la durabilité économique vise à créer de la valeur à long
terme pour ses parties prenantes tout en favorisant la croissance et la prospérité économiques.

25
Voici des exemples des éléments clés de l'indicateur économique :
• Création d'emplois : Les entreprises socialement responsables visent à créer des
opportunités d'emploi en développant leurs activités et en investissant dans de nouvelles
entreprises. Elles donnent la priorité à la création d'emplois durables, tant au sein de leur
organisation que dans les communautés où elles opèrent. La création d'emplois permet
non seulement de réduire les taux de chômage, mais aussi d'améliorer le niveau de vie,
de renforcer les compétences et de favoriser la stabilité économique.
• Création de valeur pour les parties prenantes : Une entreprise engagée dans la
durabilité économique vise à créer de la valeur à long terme pour ses parties prenantes,
y compris les employés, les actionnaires, les clients et les communautés. Cela implique
de trouver un équilibre entre la génération de bénéfices et le réinvestissement dans
l'entreprise, la promotion de l'innovation et la promotion d'une croissance durable. En
donnant la priorité à la valeur des parties prenantes, les entreprises contribuent à un
développement économique durable qui profite à de multiples parties.

3.3 Indicateur environnemental

Cet indicateur mesure la performance environnementale d'une entreprise et ses efforts pour
réduire les impacts négatifs. Il comprend les initiatives visant à diminuer les émissions de
carbone, à préserver les ressources (telles que l'énergie et l'eau), à adopter des pratiques durables
et à promouvoir des produits ou des services respectueux de l'environnement. La responsabilité
environnementale implique de minimiser les dommages écologiques et de relever les défis du
changement climatique.
Voici des exemples des éléments clés de l'indicateur environnemental :
• Pratiques durables : Les entreprises socialement responsables intègrent des pratiques
durables dans leurs activités. Il s'agit notamment de stratégies de gestion des déchets,
d'initiatives de recyclage et de mesures de prévention de la pollution. Elles s'efforcent
de minimiser les impacts environnementaux tout au long de leur chaîne de valeur, de la
production à l'élimination, en adoptant des pratiques respectueuses de l'environnement
qui réduisent la pollution, minimisent la production de déchets et promeuvent les
principes de l'économie circulaire.
• Lutte contre le changement climatique : Les entreprises engagées dans la
responsabilité environnementale reconnaissent l'importance de la lutte contre le
changement climatique. Elles s'engagent de manière proactive dans des initiatives visant
à atténuer les risques liés au climat et à promouvoir des solutions durables. Il peut s'agir

26
de fixer des objectifs de réduction des gaz à effet de serre, d'investir dans des projets
d'énergie renouvelable et de participer à des programmes de compensation des
émissions de carbone.

3.4 Indicateur de gouvernance

L'indicateur de gouvernance évalue les pratiques éthiques, la transparence et la responsabilité


d'une entreprise. Il comprend des facteurs tels que la présence de conseils d'administration
indépendants, le respect des exigences légales et réglementaires et la mise en place de structures
de gouvernance d'entreprise solides. Les entreprises dotées de solides pratiques de gouvernance
accordent la priorité à l'intégrité, à la prise de décision responsable et à l'engagement des parties
prenantes.
Voici des exemples des éléments clés de l'indicateur de gouvernance :
• Engagement des parties prenantes : Les entreprises soucieuses de bonne gouvernance
s'engagent activement auprès des parties prenantes, notamment les employés, les clients,
les investisseurs, les communautés et les fournisseurs. Elles cherchent à obtenir des
informations et des commentaires de ces parties prenantes afin d'éclairer leurs processus
décisionnels et de s'assurer que leurs actions prennent en compte les intérêts et les
préoccupations de toutes les parties concernées.
• Gestion des risques : Les entreprises socialement responsables ont mis en place de
solides pratiques de gestion des risques. Elles identifient et évaluent les risques pour
leurs activités, leur réputation et leurs parties prenantes. En mettant en œuvre des
stratégies efficaces de gestion des risques, elles peuvent atténuer les impacts négatifs
potentiels et assurer la viabilité à long terme de l'entreprise.

3.5 Indicateur financier

L'indicateur financier évalue la stabilité et les performances financières d'une entreprise. Il


prend en compte des aspects tels que la rentabilité, la planification financière à long terme, la
gestion des risques et la capacité à générer des rendements durables. La stabilité financière est
essentielle pour qu'une entreprise puisse allouer efficacement des ressources aux initiatives de
RSE et garantir la continuité de son impact positif.
Voici des exemples des éléments clés de l'indicateur financière :
• Rentabilité : Les entreprises socialement responsables s'efforcent de maintenir leur
rentabilité financière pour soutenir leurs efforts en matière de développement durable.
Elles génèrent des profits constants grâce à une gestion efficace des coûts, à une

27
croissance des revenus et à une allocation efficace des ressources. La rentabilité
financière garantit la capacité de l'entreprise à investir dans des initiatives de RSE et à
créer un impact positif sur la société.
• Engagement des parties prenantes dans les questions financières : Les entreprises
socialement responsables s'engagent activement auprès des parties prenantes sur les
questions financières. Elles communiquent leurs performances financières, leurs projets
et leurs risques aux parties prenantes et sollicitent leur contribution et leur retour
d'information. L'implication des parties prenantes dans les discussions financières
garantit la transparence, la responsabilité et l'alignement des décisions financières sur
les intérêts des parties prenantes.
Pour conclure cette section, la responsabilité sociale des entreprises est une question importante
au Maroc et dans le monde des affaires en général. Les entreprises sont de plus en plus
conscientes de l'importance d'intégrer des pratiques sociales, environnementales et éthiques
dans leurs activités. Bien que la relation entre la RSE et l'agressivité fiscale n'ait pas montré de
signification statistique dans cette étude, il est important de continuer à approfondir la recherche
dans ce domaine afin d'obtenir une compréhension plus complète des facteurs qui influencent
cette relation.
La norme ISO 26000 et d'autres références sont utilisées au Maroc pour guider les entreprises
dans la mise en œuvre de la RSE. Cependant, il est crucial que les spécificités culturelles et
contextuelles du pays soient prises en compte dans ces efforts. En évaluant la performance des
entreprises en matière de RSE à l'aide de mesures et d'indicateurs appropriés, nous pouvons
promouvoir une croissance économique durable et contribuer au bien-être de la société.

Section 2 : Agressivité fiscale des entreprises et la culture nationale


Dans cette section, nous examinons deux concepts clés : la culture nationale et l'agressivité
fiscale. Nous commencerons par définir ces deux notions pour mieux les comprendre
L'agressivité fiscale fait référence aux pratiques utilisées par les entreprises pour minimiser leur
charge fiscale de manière agressive, par le biais de stratégies légales mais contestées. Cela peut
inclure l'utilisation de paradis fiscaux, de montages juridiques complexes ou d'autres formes
d'optimisation fiscale. Quant à la culture nationale fait référence à l'ensemble des valeurs, des
croyances, des normes et des comportements partagés par les individus au sein d'un pays. Elle
influence les attitudes et les comportements des acteurs économiques, y compris ceux liés à la
fiscalité.

28
Ensuite, nous explorerons les différentes théories qui cherchent à expliquer les motivations
derrière l'agressivité fiscale comme la théorie de l'agence, qui se concentrent sur les relations
entre actionnaires et dirigeants nous examinerons les différentes théories associées à ces deux
concepts. En ce qui concerne la culture nationale, des théories telles que le déterminisme
culturel et l'approche institutionnelle permettent d'expliquer comment la culture influence les
comportements fiscaux des individus et des entreprises.
Enfin, nous aborderons les mesures utilisées pour évaluer ces phénomènes. Pour la culture
nationale, des indices tels que l'indice de Hofstede. En ce qui concerne l'agressivité fiscale, des
mesures telles que l'optimisation fiscal et prix de transfert.

1 Définition de l’agressivité fiscale


L'agressivité fiscale est une activité d'évitement fiscal où les entreprises sont impliquées dans
des efforts pour réduire les taux d'imposition effectifs (Harjito, Sari, & Yulianto, 2017). Alors
que ce qui a été déclaré par (Indrajati, Djumena, & Yuniarwati, 2017) l'agressivité fiscale est
un acte de manipulation du revenu imposable par des actions de planification fiscale. L'action
de planification fiscale est l'étape initiale de l'analyse systématique de divers traitements fiscaux
alternatifs dans le but d'atteindre le respect des obligations fiscales minimales (Wijayanti,
Wijayanti, & Samrotun, 2016). La planification fiscale légale est appelée évitement fiscal
(Agustina & Aris, 2016). L'agressivité fiscale est incluse dans l'évitement fiscal qui n'est pas
autorisé. Lorsque, la stratégie adoptée n'est pas en accord avec les attentes de la communauté
et du gouvernement (Lanis & Richardson, 2013). Le gouvernement en tant que bénéficiaire de
l'impôt est désavantagé par l'acte d'agressivité fiscale car il peut réduire les revenus pour le
développement du bien-être des personnes. Quant à la communauté, l'impact résultant de
l'agressivité fiscale est que la communauté n'obtient et ne ressent pas pleinement les
installations adéquates et soutient le bien-être fourni par le gouvernement (Cahyani, 2016).
Les actions d'évitement fiscal peuvent présenter des risques pour les entreprises comme des
amendes ou la perte de la réputation de l'entreprise (Pradipta & Supriyadi, 2016). L'agressivité
fiscale réalisée peut apporter des avantages et des inconvénients pour l'entreprise. L'avantage
obtenu est de maximiser le bénéfice net de l'entreprise et d'augmenter la distribution de cash
aux actionnaires pour être plus importante. La perte est la possibilité pour l'entreprise d'obtenir
des sanctions ou des pénalités de la part des autorités fiscales, et la baisse du cours de l'action
de l'entreprise (Plorensia & Hardiningsih, 2015).
De nombreuses études nous ont permis de détecter les différentes définitions de l'agressivité
fiscale. Selon Chen et al. (2010), l'agressivité fiscale est définie comme l'effort de l'entreprise

29
pour minimiser les paiements d'impôts en utilisant des activités de planification fiscale
agressive et d'évitement fiscal. Il semble pour Frank et al. (2009) que l'agressivité fiscale est la
manipulation pour diminuer le revenu fiscal en raison d'une sorte de planification fiscale qui
peut être considérée comme de la gestion fiscale.
Ce concept peut avoir de multiples conceptualisations, références et même différentes façons
de le mesurer, mais la plupart d'entre eux ont le même sens et le même objectif mais diffèrent
dans leurs répercussions sur la santé des entreprises. L'agressivité fiscale peut être considérée
comme un simple déclencheur d'activités de gestion fiscale qui sont utilisées pour la
planification fiscale et qui ont un point d'arrivée pour l'évasion fiscale.
Bruce et al. (2007) rapportent que l'agressivité fiscale, considérée par leurs auteurs comme un
ensemble d'actions prises par les entreprises pour réduire leurs charges fiscales, façonne et
affecte non seulement leur stratégie financière. L'agressivité fiscale représente différentes
manipulations visant à diminuer le revenu imposable, qui peuvent être légales ou illégales. A
ce stade, nous pouvons considérer que l'agressivité fiscale est une stratégie déployée par les
dirigeants, un ensemble de processus, de pratiques, de ressources et de choix dont l'objectif est
de maximiser le revenu après avoir réglé toutes les dettes de l'entreprise envers l'Etat et les
autres parties prenantes.
En particulier, il est admis que l'agressivité fiscale n'est pas seulement la réduction de l'impôt
dû. Cependant, la mise en œuvre de telles stratégies de réduction de l'assiette fiscale permet de
générer des coûts potentiels non fiscaux élevés qui découlent des conflits d'agence ou de
l'autorité fiscale, tels que les pénalités et l'extraction de rente. Pour cela, l'agressivité fiscale est
une gamme d'activités très spécifique et complexe car elle est toujours entourée de transactions
économiques chaotiques dont l'organisation primaire est assurée par les managers et qui ont
pour objectif de réduire le revenu fiscal des entreprises et par conséquent d'augmenter le revenu
net.
Dans le même ordre d'idée, Desai et Dharmapala (2006) indiquent que les activités d'agressivité
fiscale sont caractérisées par la complexité et l'obscurcissement, ce qui est pratiquement
difficile à détecter. En fait, l'objectif le plus important est d'augmenter le revenu net de
l'entreprise, ce qui crée un signal positif pour les investisseurs étrangers. (Chen et al., 2010). Ce
concept a la même signification que la planification fiscale, l'évasion fiscale et les abris fiscaux
dans la mesure où ils répondent aux dispositions légales et éthiques établies par les autorités
fiscales. Le niveau extrême de l'agressivité fiscale est l'évitement fiscal ; il ne doit pas être
dépassé. Mais il est évident que l'agressivité fiscale se caractérise par une utilisation excessive
des actes d'évitement fiscal. L'évitement fiscale est un concept qui ne fait pas obstacle à la

30
réglementation. Le terme évasion fiscale englobe le terme français de fraude fiscale, tandis que
le concept d'évitement fiscal désigne dans tous les cas l'intention d'éviter ou de réduire l'impôt
de manière légale. Selon l’agence du revenu du Canada, l'évasion fiscale est le fait d'ignorer
délibérément une partie spécifique de la loi, contrairement à l'évitement fiscal, elle peut affecter
le plan pénal. Cependant, l'agressivité fiscale peut créer des risques fiscaux en raison de
l'exposition de l'entreprise à des résultats inattendus et peut également créer une incitation à
l'opportunité de gestion et au détournement de l'extraction de la rente (Khurana & Moser, 2013).

2 Théorie relative à l'agressivité fiscale


2.1 Théorie de l'agence

La théorie de l'agence (Jensen & Meckling, 1976) permet d'expliquer le conflit qui émerge entre
les propriétaires et la direction. La séparation entre le propriétaire et la direction peut entraîner
des problèmes. Lorsque chaque partie s'efforce d'atteindre ou de maintenir le niveau de richesse
souhaité, l'existence d'un conflit d'intérêts entre l'agent (la direction) et les intérêts en jeu
influence l'agressivité fiscale. Les entreprises qui pratiquent une fiscalité agressive le font
souvent par le biais de stratégies mises en œuvre par la direction afin de renforcer l'image de
l'entreprise et de maximiser les revenus. Dans le même temps, les propriétaires de l'entreprise
(investisseurs) se méfient souvent de l'évasion fiscale, qui est considérée comme une
manipulation des données financières.
Dans les entreprises d'aujourd'hui, l'évasion fiscale a deux objectifs : dissimuler de l'argent aux
contrôles fiscaux et dissimuler des comportements potentiellement préjudiciables aux
propriétaires ou aux actionnaires. (Jensen et Meckling 1976) expliquent ce comportement par
un conflit d'intérêts entre la direction (agent) et les propriétaires (principal). Les dirigeants, en
tant qu'agents ayant une meilleure compréhension de la gestion de l'entreprise, peuvent utiliser
des procédures comptables qui servent leurs propres intérêts. Des indicateurs tels que la
technique d'évaluation des stocks et la manière d'amortir les actifs fixes peuvent révéler si une
entreprise se livre à l'évasion fiscale. Toutefois, il est essentiel de souligner que l'évasion fiscale
doit se faire dans le respect de la loi afin de ne pas nuire à l'entreprise à long terme.
Selon Plesko (2002) et Phillips et al. (2003), les entreprises cherchent à réduire leur charge
fiscale en évitant l'impôt, tout en veillant à le faire légalement afin de préserver leur viabilité
future. En effet, plus la différence entre le revenu imposable et le bénéfice comptable est
importante, plus le pouvoir discrétionnaire de la direction est élevé. Ce pouvoir discrétionnaire
peut être constaté à travers les charges d'impôt différées, qui peuvent révéler les pratiques de
gestion des bénéfices au sein de l'entreprise.

31
La théorie de la comptabilité positive de (Watts et Zimmerman 1990) considère que le
comportement humain est motivé par le désir d'accroître le bien-être, ce qui influe sur les
décisions en matière de politique comptable. La structure organisationnelle de l'entreprise et les
conditions environnementales ont également un impact sur les politiques comptables, qui visent
à réduire les coûts contractuels. Les règles comptables ont un impact sur les actions de gestion,
qui peuvent avoir des conséquences économiques pour les entreprises, les autorités publiques
et les créanciers.
Dans la pratique, la politique de comptabilité d'exercice est appliquée par le traitement des
transactions liées aux bénéfices pour se rapprocher de la valeur attendue de l'entreprise. Cela
est dû au fait que la direction a la compétence de contrôler la quantification des événements qui
affectent les bénéfices. Les politiques comptables ont le potentiel d'influencer les décisions
réelles de gestion, y compris la décision d'intervenir dans une norme comptable. Zeff (1978)
définit les conséquences économiques comme l'impact des rapports comptables sur le
comportement des entreprises, du gouvernement (dans la détermination des montants des
impôts) et des créanciers.
Le principe de cette définition est que les rapports comptables peuvent influencer les décisions
réelles prises par les dirigeants et refléter leurs souhaits. Ainsi, les entreprises ont tendance à
être plus agressives dans leurs décisions fiscales. Selon l'économie politique, la comptabilité
indique clairement que les systèmes alternatifs d'information financière, tels que les systèmes
réglementés et non réglementés, ont des conséquences sociales. En d'autres termes, dans un
système donné, certaines personnes se sentiront mieux et d'autres moins bien, ce qui revient à
politiser le comportement économique du système.

2.2 Théorie de la légitimité

La théorie de la légitimité est un système de gestion de l'entreprise qui est orienté vers
l'alignement avec les individus, la société et le gouvernement (Gray, Kouhy, & Lavers, 2012).
Pendant ce temps, selon (Purwanggono, 2015) la théorie de la légitimité est une évaluation ou
une opinion donnée par la communauté à l'entreprise, dans ce cas les objectifs à atteindre par
l'entreprise. (Octaviana, 2014) affirme qu'il y a deux dimensions pour que l'entreprise puisse
obtenir un soutien de légitimité de la part de la communauté. Premièrement, les activités
organisationnelles de l'entreprise doivent être congruentes avec le système de valeurs de la
communauté. Deuxièmement, le compte rendu des activités de l'entreprise doit également
refléter les valeurs sociales. Cette théorie tente d'expliquer que lorsqu'il y a une différence entre
les activités menées par l'entreprise et ce qui est attendu par la communauté, alors la direction

32
peut utiliser les moyens de divulgation. Cette action est une forme de déclaration de l'entreprise
selon laquelle elle a fait ce qui était attendu (Lanis & Richardson, 2013). Cette divulgation est
faite pour réduire les préoccupations de la communauté et assurer que l'entreprise se préoccupe
de la communauté. Cette théorie veut expliquer la relation entre la sensibilisation du public et
la divulgation par l'entreprise. Dans la perspective de la théorie de la légitimité, les entreprises
vont essayer d'obtenir la reconnaissance du public. En menant des activités en accord avec les
normes qui s'appliquent à la communauté dans l'environnement opérationnel. L'existence d'une
entreprise n'est pas uniquement destinée à répondre aux souhaits des actionnaires, mais aussi à
ceux de la communauté dans son environnement opérationnel. Cette condition améliorera
l'image de l'entreprise aux yeux du public.

3 Mesures d’agressivité fiscale


Effet de levier décrit la relation entre le total des actifs et le capital social ordinaire ou indique
le recours à l'endettement pour augmenter les bénéfices. L'effet de levier est un ratio qui mesure
le degré d'endettement d'une entreprise. La recherche montre que l'effet de levier n'a pas
d'incidence positive significative sur l'agressivité fiscale. Le coefficient de régression de l'effet
de levier a un signe négatif qui indique une relation négative entre l'effet de levier et le taux
d'imposition effectif, c'est-à-dire qu'une augmentation de la valeur de l'effet de levier de
l'entreprise diminuera la valeur du taux d'imposition effectif, de sorte que l'agressivité fiscale
de l'entreprise augmentera et vice versa. Par ailleurs, la recherche (Imam Fadli, 2016) a montré
que plus l'effet de levier de l'entreprise est élevé, plus les obligations à remplir sont importantes,
ce qui se traduit par une augmentation du niveau d'agressivité de l'impôt de l'entreprise. Les
entreprises qui ont des obligations fiscales élevées ont également des dettes élevées. L'effet de
levier est le niveau d'endettement de l'entreprise en tant que financement d'actifs à l'aide de
fonds empruntés qui ont une charge d'intérêts. Le ratio de l'effet de levier peut indiquer le
niveau d'endettement utilisé pour financer les actifs de l'entreprise. La recherche (Savitri et
Rahmawati, 2017) indique que l'effet de levier est un ratio qui indique le montant du capital
extérieur que l'entreprise doit utiliser pour son financement opérationnel. Le niveau de l'effet
de levier peut être une illustration du risque financier de l'entreprise.
Rentabilité des actifs : La rentabilité est la capacité des dirigeants à gérer une entreprise de
manière à ce qu'elle réalise des bénéfices au cours d'une période donnée. La rentabilité décrit
le niveau d'efficacité de la gestion d'une entreprise en vue de la réalisation des objectifs attendus
par le donneur d'ordre. Le niveau de profit de l'entreprise influe sur l'évolution de la charge
fiscale, de sorte que si l'entreprise a un niveau de profit élevé, la charge fiscale sera élevée. La

33
rentabilité se compose de plusieurs ratios, l'un des indicateurs qui peut être utilisé pour mesurer
la capacité de l'entreprise à réaliser des bénéfices peut être calculé à l'aide de la rentabilité des
actifs. Le rendement de l'actif est calculé à partir du bénéfice après impôt divisé par le total des
actifs de l'entreprise. (Maharani et Suardana, 2014) ont déclaré que la rentabilité des actifs est
un ratio du bénéfice net fiscal ou une mesure permettant d'évaluer le taux de rendement des
actifs détenus par une entreprise. Dans ce cas, la rentabilité de l'entreprise peut servir de
référence pour déterminer si la direction peut gérer correctement les objectifs à atteindre pour
réaliser des bénéfices.
La liquidité Selon Tiaras et Wijaya (2015) la liquidité est la capacité à faire face aux obligations
à court terme de l'entreprise. L'une des obligations à court terme de l'entreprise est l'impôt. Selon
Suyanto et Supramono (2012) les entreprises qui ont un niveau élevé de liquidité illustrent que
l'entreprise a un bon flux de trésorerie et une bonne santé, de sorte que l'entreprise ne sera pas
réticente à payer toutes ses obligations, y compris les impôts. Plus les liquidités sont
importantes, plus l'agressivité fiscale sera faible.
L'évitement fiscale ou l’optimisation fiscale : L'évitement fiscal consiste à utiliser des
méthodes légales pour minimiser l'impôt à payer en profitant de lacunes ou de dispositions
fiscales favorables. Il s'agit généralement de structurer les transactions ou les opérations
commerciales de manière à réduire le revenu imposable ou à le transférer vers des juridictions
où l'impôt est moins élevé. Bien que l'évitement fiscal soit généralement légal, l'utilisation
agressive ou excessive de ces stratégies peut soulever des problèmes d'éthique et de perception
par le public.
Quelques exemples des indicateurs d’évitement fiscale sont les suivants :
• La planification fiscale : La planification fiscale consiste à organiser de manière
proactive les affaires financières afin de minimiser légalement les obligations fiscales.
Elle peut impliquer des stratégies telles que le report des revenus, l'accélération des
déductions ou le transfert des revenus vers des juridictions où l'impôt est moins élevé.
• Transfert de revenus : L'évitement fiscal peut impliquer le transfert de revenus
d'entités ou de personnes fortement imposées vers des entités ou des personnes moins
imposées au sein d'un groupe apparenté. Cela peut se faire par divers moyens, tels que
l'octroi de licences de propriété intellectuelle, les prêts interentreprises ou les frais de
gestion.
Paradis fiscaux : Les paradis fiscaux sont des juridictions qui offrent des taux d'imposition
faibles ou nuls, ainsi qu'un secret financier et une transparence minimale. Les entreprises et les
particuliers peuvent créer des entités ou détenir des actifs dans ces juridictions afin de réduire
34
leurs obligations fiscales. Les paradis fiscaux permettent aux particuliers et aux entreprises de
bénéficier d'avantages fiscaux et de préserver leur confidentialité financière, mais leur
utilisation à des fins de planification fiscale agressive suscite des inquiétudes quant à l'équité et
à la transparence.
Quelques exemples des indicateurs de paradis fiscaux sont les suivants :
• Taux d'imposition faibles ou nuls : Les paradis fiscaux imposent généralement des
taux d'imposition faibles ou nuls sur certains types de revenus ou d'actifs, ce qui les rend
attrayants pour les particuliers et les entreprises qui cherchent à réduire leurs obligations
fiscales.
• Manque de transparence financière : Les paradis fiscaux ont souvent des lois et des
réglementations strictes en matière de secret bancaire qui protègent l'identité des
titulaires de comptes et limitent l'échange d'informations financières avec d'autres pays
ou avec les autorités fiscales.
La fraude fiscale : La fraude fiscale consiste à fournir délibérément de fausses informations
ou à se livrer à des activités illégales pour éviter de payer les impôts dus au gouvernement. Il
peut s'agir de sous-déclarer des revenus, de gonfler des dépenses, de créer des transactions
fictives ou d'utiliser des documents frauduleux. La fraude fiscale est illégale et passible de
sanctions, notamment d'amendes et de poursuites pénales.
Quelques indicateurs de la fraude fiscale sont présentés ci-dessous :
• Manque de documentation ou dossiers incomplets : Des documents inadéquats ou
incomplets, des pièces justificatives manquantes ou l'absence de documents appropriés
pour les transactions peuvent indiquer des tentatives de dissimuler des revenus ou de
manipuler des informations financières.
• Comptabilité multiple : La tenue de plusieurs jeux de documents comptables, y
compris de livres falsifiés, est un indicateur courant de fraude fiscale. Cela permet au
contribuable de manipuler les informations financières afin de sous-déclarer ses revenus
ou de gonfler ses dépenses.
Prix de transfert : Les prix de transfert font référence à la tarification des transactions entre
entités liées au sein des sociétés multinationales. Les prix de transfert agressifs consistent à
manipuler les prix facturés pour les biens, les services ou la propriété intellectuelle afin de
transférer les bénéfices vers des juridictions à faible taux d'imposition, réduisant ainsi l'impôt
global à payer. Si les prix de transfert peuvent être utilisés à des fins commerciales légitimes,
les pratiques abusives peuvent attirer l'attention et donner lieu à des litiges fiscaux.

35
Quelques exemples des indicateurs de prix de transfert sont les suivants :
• Utilisation de sociétés situées dans des paradis fiscaux : L'implication d'entités
situées dans des paradis fiscaux ou dans des juridictions où la réglementation en matière
de prix de transfert est faible ou inexistante peut éveiller des soupçons de transfert de
bénéfices par le biais de pratiques agressives en matière de prix de transfert.
• Transferts d'actifs incorporels : Le transfert d'actifs incorporels de valeur, tels que
des brevets, des marques ou des droits d'auteur, entre des entités liées à des prix qui ne
reflètent pas leur véritable valeur de marché peut être un indicateur de manipulation des
prix de transfert.
L'évasion fiscale : La fraude fiscale est un acte illégal impliquant des efforts délibérés pour
échapper à l'impôt en dissimulant des revenus, des actifs ou des activités aux autorités fiscales.
Elle va au-delà de l'évitement fiscal ou de la planification fiscale agressive et implique des actes
intentionnels de fausse déclaration, de fraude ou de non-divulgation. L'évasion fiscale est un
délit pénal passible de sanctions sévères, notamment d'amendes et de peines d'emprisonnement.
Quelques exemples des indicateurs d’évasion fiscale sont les suivants :
• Transactions en espèces non déclarées : Les particuliers ou les entreprises peuvent
effectuer des transactions en espèces sans les déclarer, dans le but d'éviter d'être détectés
par les autorités fiscales et d'échapper à l'impôt sur les revenus générés.
• L'évasion fiscale à l'étranger : Les particuliers ou les entreprises peuvent utiliser des
comptes offshores, des sociétés écrans ou des structures internationales complexes pour
dissimuler des revenus, des actifs ou des transactions aux autorités fiscales, dans le but
d'échapper à l'impôt.
Le taux d'imposition effectif : Une mesure qui calcule le pourcentage du revenu d'un
particulier ou d'une entreprise qui est payé en impôts après avoir pris en compte les déductions,
les exemptions et les crédits. Il donne une représentation plus précise de la charge fiscale réelle
à laquelle le contribuable est confronté que le taux d'imposition légal.
Pour calculer le taux d'imposition effectif, l'impôt total payé est divisé par le revenu imposable.
Le pourcentage obtenu représente la part du revenu qui est payée en impôts. Il tient compte de
l'impact de diverses dispositions et ajustements fiscaux, qui peuvent réduire le revenu
imposable et, en fin de compte, affecter la dette fiscale globale.
Le taux d'imposition effectif tient compte de facteurs tels que les déductions, les exonérations,
les crédits d'impôt et d'autres dispositions susceptibles de réduire le revenu imposable. Il donne
une image plus réaliste de la charge fiscale du contribuable en tenant compte de ces ajustements.

36
Le total des différences comptables et fiscales : Pour Wahab et Holland (2015), il existe deux
formes de mesure obligatoire pour calculer les revenus annuels des entreprises. La première
mesure est déterminée par les règlements sur l'information financière, ce qui donne lieu à un
bénéfice comptable, tandis que la deuxième mesure, à son tour, utilise la législation fiscale pour
faire un bénéfice fiscal. Le total des différences comptables et fiscales peut être considéré
comme la différence entre le bénéfice avant déduction fiscale (bénéfice comptable) et le
bénéfice fiscal (Hanlon, 2005 ; Wahab & Holland, 2015).
Le total des différences comptables et fiscales est une mesure couramment utilisée pour mesurer
l'agressivité fiscale, puisque le gouvernement définit les règles fiscales dans le but d'éviter et de
réduire les éventuelles évasions et évitements fiscaux (Carvalho, 2015). De plus, l'auteur
explique qu'un total des différences comptables et fiscales négatif est idéal du point de vue du
Gouvernement, le bénéfice fiscal étant plus élevé que le bénéfice comptable dans ce cas.
Cependant, pour les gestionnaires, dans une perspective fiscale agressive, un bénéfice
comptable plus élevé que le bénéfice fiscal est plus souhaitable, ce qui se traduit par un total
des différences comptables et fiscales positif.

4 Culture nationale
4.1 Définition de la culture nationale

Un défi important pour les entreprises internationales est de réussir à s'adapter aux diverses
cultures et à leur impact sur les opérations quotidiennes. Cette adaptation nécessite une
compréhension de la culture, de la diversité culturelle, des points de vue, des stéréotypes et des
valeurs. C'est pourquoi, au cours des dernières décennies, l'intérêt pour ce sujet s'est accru et,
ces dernières années, un nombre considérable de recherches ont été menées sur les dimensions
et les attitudes culturelles. Ces recherches ont démontré l'importance d'aborder cette question
afin d'améliorer les performances des entreprises.
Les scientifiques et les hommes d'affaires sont unanimes quant à l'importance de la culture
nationale (Bazerman, Tenbrunsel, 2011 ; Wright, Drewery, 2006). Il n'en va pas de même pour
la définition de la culture nationale. Différents auteurs issus de domaines scientifiques
totalement différents tentent de définir la culture en partant de niveaux et de formes différents
(Fisher, Poortinga, 2012).
La culture est l'ensemble des valeurs et des croyances partagées qui permettent à ses membres
de comprendre leurs rôles et les normes de l'organisation (Hodgetts, Luthans & Doh, 2006). Le
mot dérive du latin "Cultura", qui désigne un culte ou un objet d'adoration. Dans un sens plus
large, le terme fait référence aux résultats de l'interaction humaine. Les anthropologues

37
considèrent la culture de différentes manières. L'une des définitions les plus répandues de la
culture est la suivante (Kluckhohn, 1951) : "La culture est constituée de modèles explicites et
implicites, de comportements acquis et de symboles transmis, qui forment la réalisation
caractéristique d'un groupe de personnes, y compris les incarnations dans des artefacts ; le
noyau essentiel de la culture est constitué d'idées traditionnelles et surtout de leurs valeurs
ajoutées ; le système de la culture peut être considéré d'une part comme un produit de l'action,
d'autre part comme des éléments conditionnels de l'action future. La culture peut être définie
comme un modèle général de comportement, basé sur les valeurs et les croyances qui se
développent au fil du temps dans une société donnée (Bahtijarevic-Siber, Sikavica, 2001). Il
s'agit de connaissances, de croyances, de valeurs, de normes de comportement et de modes
d'opinion communs aux membres d'une société.
Les caractéristiques essentielles de la culture sont (Hodgetts, Luthans & Doh, 2006) : elle est
apprise et non héritée, partagée, générationnelle, symbolique, structurée/intégrée et adaptative.
En raison de l'existence de différentes cultures dans le monde, il est essentiel pour les entreprises
internationales de comprendre leur impact sur le comportement. Si les managers internationaux
ne connaissent pas la culture d'un pays avec lequel ou dans lequel ils opèrent, les performances
de l'entreprise peuvent être extrêmement négatives (Safire, 1995). Selon l'une des définitions
les plus courantes, la culture est la programmation collective de la pensée que les membres d'un
groupe ou d'une classe de personnes distinguent des autres (Hofstede, 1980).

4.2 Théories de la culture nationale

4.2.1 Théorie institutionnelle

Bien que les recherches antérieures que nous avons menées aient démontré que la théorie de la
signalisation était utile pour expliquer les différences de réputation des entreprises au sein d'un
même pays, nous soutenons que la théorie institutionnelle est une optique très appropriée pour
expliquer les différences de réputation des entreprises entre les pays. Par définition, la
réputation dépend en partie des comportements des entreprises, et des recherches antérieures
ont montré comment les comportements des entreprises dans les différents pays étaient
influencés par les institutions nationales. (Brouthers, (2013); Crossland & Hambrick, (2011) ;
Nell, Puck, & Heidenreich, (2015) ; Peng, Wang, & Jiang, (2008) ; Sun et al., (2015)). La
réputation dépend également des attentes des parties prenantes à l'égard du comportement de
l'entreprise, et des recherches antérieures ont montré comment les attentes des individus d'un
pays à l'autre étaient influencées par les institutions nationales (Brammer & Jackson, 2012 ;
Cullen, Parboteeah, & Hoegl, 2004 ; Hofstede, 2001 ; Jackson & Deeg, 2008 ; Redding, 2005).

38
Les institutions représentent les règles du jeu qui permettent et limitent les actions des individus
et des organisations, y compris les gouvernements et les entreprises (Commons, 1970 ; Eden,
2010 ; North, 1990). Nous classons les institutions en catégories formelles et informelles,
conformément à un grand nombre de recherches (Hearn, 2015 ; Meyer, Mudambi, & Narula,
2011 ; North, 1990 ; Peng et al., 2008). Les institutions formelles sont des règles, des structures
et des résultats explicites dans la société, tels que les systèmes éducatifs et financiers. Les
institutions informelles sont des systèmes de signification largement non codifiés présents dans
les coutumes, les valeurs et les codes de conduite non écrits ; de nombreuses recherches ont
inclus la culture nationale dans les institutions informelles (Dikova, Sahib, & van
Witteloostuijn, 2010 ; Hofstede et al., 2002 ; North, 1990 ; Peng et al., 2008 ; Redding, 2005).
Dans les deux sous-sections suivantes, nous formulons des hypothèses expliquant comment les
différences de réputation entre les pays pourraient s'expliquer par les différences de
développement institutionnel et de culture nationale.

4.2.2 Théorie du déterminisme culturel

Le déterminisme culturel est un modèle relativement nouveau en géographie humaine. Il


s'oppose au concept antérieur de déterminisme environnemental. La théorie de l'approche du
déterminisme culturel est développée sur la base du fait que la nature humaine est largement
déterminée par les croyances, les idées, les valeurs et les significations que les gens acquièrent
en tant que membres d'une société donnée. Un certain nombre d'anthropologues présupposent
que la nature humaine n'a pas de "bonne voie" commune. Ils ont suggéré que la "bonne voie"
dépend de la société dont on est issu et que la culture d'une société donnée est toujours unique
et différente de celle de toute autre société.
Cette théorie comporte deux approches : l'approche optimiste de l'hypothèse du déterminisme
culturel, comme indiqué plus loin, suggère que les êtres humains sont dans une large mesure
flexible et malléable et qu'ils peuvent décider du mode de vie qu'ils souhaitent. Une autre
approche de cette théorie est l'approche pessimiste qui postule que les êtres humains sont
toujours ce qu'ils sont habitués à être et qu'ils ne peuvent rien y faire. En d'autres termes, les
êtres humains sont des créatures passives qui doivent vivre selon ce que la culture de la société
dans laquelle ils vivent leur prescrit de faire.
Selon Donald, les gènes qui déterminent la structure et le fonctionnement du corps et de l'esprit
humains sont généralement en interaction avec les environnements dans lesquels ils opèrent.
Donald affirme que ces environnements diffèrent généralement en fonction de la culture en jeu.

39
Il ajoute que cela se traduit par des opérations et des structures de l'esprit et du corps qui
diffèrent d'une population à l'autre et d'un individu à l'autre.
Margaret Meads, dans la doctrine du noble sauvage, a postulé que les êtres humains sont
naturellement bons, harmonieux et pacifiques. Selon Mead, la méchanceté et l'immoralité ne
sont pas naturelles mais résultent plutôt de l'altération et de la contamination d'une bonne nature
humaine lorsqu'elle est exposée à une mauvaise culture. En s'appuyant sur cette doctrine, Pinker
désigne spécifiquement la culture occidentale comme corruptrice, en particulier parce qu'elle
met l'accent sur la rivalité, l'individualité, la recherche du statut et l'avarice, ce qui, selon lui, a
entaché la bonne nature humaine.

4.3 Mesures de la culture nationale

• HOFSTEDE
Figure 3: Les dimensions culturelles de HOFSTEDE

Distance de
pouvoir

Indulgente Individualisme

Culture
nationale
Orientation à
Masculinité
long terme

Evitement de
l’incertitude

Source : Élaboré par nous-même


Les "dimensions de la culture" de Hofstede découlent principalement de ses recherches
approfondies en anthropologie organisationnelle menées à la fin des années 1970 et au début
des années 1980, les scores sont des comparaisons générales des valeurs dans les pays et régions
qu'il a étudiés et peuvent varier considérablement au sein d'un même pays. Hofstede a
également constaté que les employés et les dirigeants varient en fonction des dimensions
suivantes de la culture nationale : (1) distance de pouvoir, (2) individualisme vs collectivisme,

40
(3) masculinité contre féminité, (4) évitement de l'incertitude, (5) orientation à long terme vs
orientation à court terme, (6) L’indulgence (Hofstede, 1980).
• Distance de pouvoir
La dimension de l'intervalle de pouvoir concerne la relation avec les faibles et les forts dans la
société. Elle se divise en deux catégories : l'intervalle de pouvoir étroit et l'intervalle de pouvoir
large. Dans les pays où l'intervalle de pouvoir est étroit, les personnes les plus faibles de la
société s'attendent à des relations plus démocratiques et égalitaires. Par exemple, dans les
environnements où le pouvoir est restreint, les employés sont plus à l'aise pour communiquer
avec leurs supérieurs et peuvent critiquer les décisions prises. D'après les recherches de
Hofstede, le "pouvoir étroit" est plus courant dans les pays occidentaux. Les pays asiatiques,
quant à eux, se caractérisent par un large éventail de pouvoirs. Ceux qui sont faibles acceptent
l'autorité et ne peuvent pas la remettre en question. Adapte la hiérarchie. L'ordre militaire est
un ordre régulier avec un large éventail de pouvoirs.
• Individualisme vs collectivisme
Il s'agit de la dimension qui s'intéresse à la manière dont les membres de la culture se décrivent
eux-mêmes. Dans les cultures individualistes, les individus se définissent indépendamment des
autres membres de la société. Ils agissent en fonction de leurs propres désirs et objectifs. Dans
les cultures communistes, les gens se décrivent comme faisant partie de leur famille ou d'une
communauté qu'ils jugent importante. Ils placent les intérêts de la communauté avant leurs
propres intérêts. On prétend que plus le revenu (revenu national) augmente, plus on progresse
vers l'individualisme.
• Masculinité vs féminité
Dans la masculinité, les valeurs telles que les allégations stéréotypées, la compétition,
l'ambition propres aux hommes ; dans la féminité, les concepts tels que la valeur, l'égalité et la
qualité de vie accordés aux associations passent au premier plan. Dans les cultures masculines,
les individus conservent le pouvoir et la réussite. Il existe une distinction nette entre les rôles
masculins et féminins dans les sociétés où ce culte est dominant. Les conflits sont résolus par
la discussion. Dans les cultures féminines, l'harmonie et l'entente entre les personnes sont
importantes. Aller à l'affrontement, c'est aller à la dissimulation. Le bonheur et la tranquillité
sont mis en avant plutôt que la réussite et le pouvoir.

• L’évitement de l'incertitude

41
Cette dimension mesure la peur et l'anxiété des membres de la communauté. Dans les sociétés
où l'évitement de l'incertitude est fort, les gens veulent des règles claires et précises. Les
employés ont tendance à travailler longtemps sur un lieu de travail parce qu'ils sont angoissés
par le processus de recherche d'emploi. Dans les cultures où l'évitement de l'incertitude est
faible, la flexibilité des règles ne perturbe pas l'individu. Les salariés de ces communautés ou
collectivités changent plus souvent d'emploi.
• Orientation à long terme vs court terme
Cette dimension prend en compte la différence entre la valeur accordée à l'avenir et celle
accordée au passé. Dans les sociétés à long terme, les gens accordent de l'importance aux
actions et aux attitudes tournées vers l'avenir. L'insistance, la persévérance, la frugalité, la honte
sont les concepts dominants dans ces sociétés. L'attachement aux valeurs traditionnelles et à la
dignité est important dans les sociétés à court terme. Les mouvements et les attitudes fondés
sur le passé et le passé sont valorisés. Des concepts tels que les approches rationalistes, le
respect des traditions, la résistance au changement sont au premier plan. Il est important d'aller
au cœur d'un sujet dans une société occidentale de longue durée. Ils veulent commencer à
travailler pour l'avenir.
• L’indulgence
Cette dimension qui fait référence à l'expression des émotions et à l'appréciation des bonnes
choses de la vie et qui est à l'opposé de la retenue (Hofstede 2022). Dans une culture indulgente,
les gens sont impulsifs, socialisent, s'amusent et profitent de la vie, tandis que dans une culture
retenue, les gens ont souvent l'impression que la vie est dure, répriment leurs impulsions
émotionnelles et ont besoin de discipline et de codes de conduite stricts (Beugelsdijk et Welzel
2018).
Pour conclure, l'agressivité fiscale et la culture nationale sont deux concepts clés qui
s'influencent mutuellement dans le domaine de la fiscalité des entreprises. L'agressivité fiscale
représente des stratégies agressives de minimisation de l'impôt, tandis que la culture nationale
englobe les valeurs, les croyances et les comportements partagés au sein d'un pays. Diverses
théories, telles que la théorie de l'agence et le déterminisme culturel, permettent de mieux
comprendre les motivations qui se cachent derrière l'agressivité fiscale et l'influence de la
culture sur ces comportements. Des indicateurs tels que l'indice de Hofstede et l'optimisation
fiscale sont utilisés pour évaluer ces phénomènes. Une meilleure compréhension de cette
relation peut aider à promouvoir des politiques fiscales plus justes et plus responsables, en
tenant compte des spécificités culturelles des pays.

42
Section 3 : Construction du modèle conceptuel théorique et développement
des hypothèses de recherche
Des recherches antérieures (Erle, 2008 ; Schön, 2008) considèrent que l'utilisation de prix de
transfert, le fait d'opérer dans des paradis fiscaux et le développement d'investissements
d'entreprises suspectes sont des stratégies axées sur l’agressivité fiscale liées à un
comportement d'entreprise non socialement responsable. Cependant, un très grand nombre de
rapports médiatiques (Dalby et Scott, 2015 ; Duhigg et Kocieniewski, 2012 ; Wood, 2012)
notent que, malgré les connotations négatives des pratiques susmentionnées, certaines
entreprises multinationales importantes adoptent encore l’agressivité fiscale. De plus, les
entreprises ne communiquent souvent pas la mise en œuvre de ces stratégies à leurs principales
parties prenantes (Fisher,2014). Ceci est surprenant si l'on considère que les activités liées au
l’agressivité fiscale ont été conventionnellement considérées comme ayant des résultats
négatifs pour la société et le bien-être commun et que l'exigence des parties prenantes pour que
les entreprises se comportent de manière socialement responsable a connu une croissance
notable. À la lumière de ces éléments, certaines recherches ont tenté d'examiner comment la
planification fiscale des entreprises s'aligne sur l'orientation de responsabilité sociale des
entreprises. Une discussion de ce travail est présentée dans la section suivante, en mettant en
contexte les hypothèses de recherche.
Dans le cadre de cette section nous essayons de travaille sur les travaux antérieurs qui ont mis
la relation entre la performance de la responsabilité social d’entreprise et l’agressivité fiscale.
Ainsi nous se focalisons sur l’effet modérateur de la variable culture nationale afin de distribue
voilà l’effet de cette variable modératrice. Enfin nous essayons de dresser le modèle conceptuel
de recherche.

1 Relation empirique entre la performance et l’agressivité fiscale


Les recherches antérieures sur la relation entre les performances en matière de responsabilité
sociale d’entreprise et les initiatives fiscales agressives ont fourni des résultats mitigés et
souvent contradictoires. Pour Lanis et Richardson (2015), les pratiques liées aux agressivités
fiscales doivent être considérées comme un comportement socialement irresponsable des
entreprises. Les auteurs concluent que l'adoption de ces stratégies par les entreprises est
influencée par leur attitude à l'égard de la responsabilité sociale d’entreprise et qu’une entreprise
ayant une meilleure performance en matière de responsabilité social d’entreprise devrait être
plus prudente dans l'entreprise d'activités d'évitement fiscal, car cela serait incompatible avec

43
les effets positifs associés à ses activités de la responsabilité sociale d’entreprise et pourrait
potentiellement les contrecarrer. (Lanis et Richardson, 2015).
En revanche, Preuss (2010) a montré que certaines entreprises atteignant un degré supérieur de
performance en matière de la responsabilité social d’entreprise ont également recours à des
pratiques fiscales agressives pour obtenir des économies financières. Le paiement des impôts
est à la fois une contribution cruciale des entreprises à la société et un élément essentiel de la
bonne gouvernance, mais c'est un aspect de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) qui
n'a pas fait l'objet de recherches suffisantes. C'est pourquoi le présent travail cherche tout
d'abord à déterminer si les entreprises qui pratiquent l'évasion fiscale en installant leur siège
dans des paradis fiscaux ou des centres financiers offshore prétendent agir de manière
socialement responsable. Dans l'affirmative, le document vise ensuite à étudier l'impact du fait
d'être basé dans un centre financier offshore sur l'engagement de l'entreprise envers les
principales parties prenantes de l'organisation. Compte tenu de la sensibilité du sujet, les
questions de recherche sont étudiées par le biais d'une analyse du contenu des codes de conduite
adoptés par un échantillon d'entreprises basées dans des centres financiers offshore. Les
résultats sont comparés à ceux d'un échantillon d'entreprises américaines. Les entreprises basées
dans les centres financiers offshore affirment effectivement qu'elles s'engagent dans des
pratiques commerciales responsables. Toutefois, les engagements pris par les entreprises basées
dans les centres financiers offshore vis-à-vis des principales parties prenantes sont dans presque
tous les cas inférieurs à ceux pris par l'échantillon d'entreprises américaines. En ce qui concerne
la théorie de la responsabilité sociale des entreprises, le document montre comment la légitimité
organisationnelle est le résultat d'une interaction complexe entre les efforts de légitimité
stratégique déployés par les entreprises basées dans les centres financiers offshore et les
processus isomorphes dans le système social au sens large. En ce qui concerne la pratique de la
responsabilité sociale d’entreprise, le travail affirme que les prétentions à agir de manière
socialement responsable d'entreprises qui n'assument même pas pleinement leurs
responsabilités économiques envers la société peuvent, à long terme, saper l'idée même de la
responsabilité sociale des entreprises.
Plusieurs facteurs ont contribué à cette controverse. Premièrement, les recherches précédentes
se sont concentrées sur différentes techniques pour mesurer les niveaux de l’agressivité fiscale
des entreprises. Par exemple, bien que les taux d'imposition effectifs semblent être la mesure
de l’agressivité fiscale la plus utilisée dans les recherches antérieures (Chen et al., 2010 ; Hoi
et al., 2013), il existe de nombreuses spécifications des taux d'imposition effectifs (par exemple,
le taux d'imposition effectifs actuel, le taux d'imposition effectifs en espèces, le taux

44
d'imposition effectifs en espèces à long terme et le différentiel de taux d'imposition effectifs,
entre autres), qui n'ont pas contribué à encapsuler une notion précise de l’agressivité fiscale
(voir le débat dans Hanlon et Heitzman, 2010 ; Plesko,2003). Deuxièmement et à des exceptions
très limitées (Lanis et Richardson, 2015) .la plupart des recherches existantes se concentrent
sur des échantillons restreints d'entreprises opérant dans un pays spécifique. Par exemple,
Laguir et al. (2015) se sont concentrés sur des entreprises françaises, Lanis et Richardson (2013)
ont analysé un échantillon d'entreprises australiennes et Huseynov et Klamm (2012) se sont
concentrés sur un échantillon restreint d'entreprises américaines. Troisièmement, les différences
entre les périodes des échantillons peuvent également avoir contribué aux résultats non
concluants sur le lien entre l’agressivité fiscale et l’agressivité fiscale. En effet, au cours des
dernières années, les taux d'imposition effectifs des entreprises peuvent avoir diminué en raison
de la réduction systématique des taux d'imposition effectifs statutaires nationaux.
Quatrièmement, les recherches précédentes se concentrent sur différentes mesures pour aborder
la performance de responsabilité sociale d’entreprise. Par exemple, alors que Lanis et
Richardson (2012, 2013) ont utilisé les divulgations de responsabilité sociale d’entreprise,
Lanis et Richardson (2015) et Huseynov et Klamm (2012) se sont concentrés sur les mesures
de Kinder, Lydenberg et Domini (KLD), et Laguiret al. (2015) ont utilisé la performance sur
les mesures environnementales, sociales et de gouvernance fournie par Vigeo comme indicateur
de la performance de responsabilité sociale d’entreprise.
Selon (Plesko al. 2003) Ce travail examine la capacité des mesures des états financiers des taux
d'imposition moyens et marginaux à capturer les attributs fiscaux en utilisant des données
fiscales et financières au niveau de l'entreprise. Les résultats suggèrent que les mesures de taux
d'imposition moyen couramment utilisées ne donnent que peu d'indications sur les charges
fiscales légales et peuvent introduire un biais important dans les analyses de l'incidence fiscale.
Les approximations des taux marginaux d'imposition basées sur les états financiers, en
particulier celles basées sur des méthodes de simulation, s'avèrent efficaces pour estimer les
taux d'imposition de l'année en cours. Les taux marginaux d'imposition de l'année en cours et
de la valeur actuelle.
La plupart des recherches antérieures sur la relation entre la responsabilité sociale d’entreprise
et l’agressivité fiscale ont considéré la performance de la responsabilité sociale d’entreprise
comme une construction unidimensionnelle, alors que, comme indiqué par Carroll (1999), la
performance de la responsabilité sociale d’entreprise fait référence à une construction complexe
et multidimensionnelle. Ainsi, une façon de rendre cette recherche plus robuste est d'utiliser des
mesures désagrégées de la performance de responsabilité sociale d’entreprise. En effet, des

45
recherches récentes ont souligné qu’une mesure unidimensionnelle de la responsabilité sociale
d’entreprise peut confondre les effets des dimensions individuelles de la RSE. (Laguir et al.,
2015). D'autres recherches abordent également le fait que certaines dimensions de la
performance RSE peuvent être plus importantes que d'autres pour expliquer les orientations des
entreprises vers des pratiques fiscales agressives (Hoi et al., 2013 ; Lanis et Richardson, 2012).
Selon (Hoi et al., 2013) Cette étude étudie l'impact de la responsabilité sociale des entreprises
(RSE) sur la fraude financière des entreprises en Chine. Nous constatons que les scores de la
responsabilité sociale des entreprises sont négativement associés aux activités financières
frauduleuses, ce qui suggère que les entreprises responsabilité sociale des entreprises sont
moins susceptibles de s'engager dans la fraude financière. Les résultats indiquent également
que la relation négative est plus significative pour la performance de la responsabilité sociale
des entreprises que pour la divulgation de la responsabilité sociale des entreprises. En outre,
nous démontrons que l'effet négatif de la responsabilité sociale des entreprises est plus prononcé
pour les entreprises ayant des pratiques volontaires de la responsabilité sociale des entreprises,
des engagements continus en matière de la responsabilité sociale des entreprises, des pressions
financières et des faiblesses en matière de contrôle interne. Dans l'ensemble, nous constatons
que la responsabilité sociale des entreprises est un comportement éthique qui réduit la mauvaise
conduite financière. Ceci est conforme aux recherches antérieures (Johnson et Greening, 1999),
qui affirmaient que la combinaison de toutes les dimensions de la performance sociale des
entreprises en un seul concept est inappropriée car il semble y avoir au moins deux dimensions,
conceptuellement distinctes : (1) une dimension communauté, femmes, minorités et relations
avec les employés et (2) une dimension qualité du produit et environnement. Johnson et
Greening (1999) affirment que le groupe communauté, femmes, minorités et relations avec les
employés classés comme la dimension la performance sociale des entreprises est lié aux
contributions des entreprises aux communautés, tandis que le groupe qualité du produit et
environnement classé comme la dimension de performance environnementale est lié aux
contributions des entreprises aux communautés. Et environnementale classée dans la dimension
de la performance environnementale des entreprises est liée à la position des entreprises vis-à-
vis de l'environnement. Comme indiqué par Laguir et al. (2015,), la classification
susmentionnée est cohérente avec la perspective environnementales, sociales et de
gouvernance, où toutes les préoccupations liées à l'humanité appartiennent à la dimension
"sociale" parce qu'elle implique "les gens" ; toutes les préoccupations liées à l'environnement
naturel et à la qualité des produits et des services appartiennent à la dimension
"environnementale" parce qu'elle implique "la qualité des produits"; et toutes les

46
préoccupations sociétales qui peuvent dépeindre la performance durable d'une entreprise
appartiennent à la dimension "gouvernance". Cela renforce l'idée que la performance de la
responsabilité sociale des entreprises doit être comprise à travers les dimensions
environnementales, sociales et de gouvernance, qui sont simplement des catégories différentes
d'impacts des entreprises. (Dahlsrud, 2008). Malgré les nombreux efforts déployés pour
parvenir à une définition claire et impartiale de la responsabilité sociale des entreprises, il
subsiste une certaine confusion quant à la manière dont la responsabilité sociale des entreprises
devrait être définie. Dans cet article, cinq dimensions de la responsabilité sociale des entreprises
sont développées à partir d'une analyse de contenu des définitions existantes de la responsabilité
sociale des entreprises. Des comptages de fréquence sont utilisés pour analyser la fréquence
d'invocation de ces dimensions. L'analyse montre que les définitions existantes sont dans une
large mesure cohérentes. Nous pouvons donc conclure que la confusion ne porte pas tant sur la
définition de la responsabilité sociale d’entreprise que sur la manière dont la responsabilité
sociale des entreprises est socialement construite dans un contexte spécifique.
Selon le travail de (Chen et al., 2010) Les impôts représentent un coût important pour
l'entreprise et les actionnaires, et l'on s'attend généralement à ce que ces derniers préfèrent
l'agressivité fiscale. Toutefois, cet argument ne tient pas compte des coûts non fiscaux potentiels
qui peuvent accompagner l'agressivité fiscale, en particulier ceux qui découlent des problèmes
d'agence. Les entreprises détenues/gérées par les membres de la famille fondatrice se
caractérisent par un conflit d'agence unique entre les actionnaires dominants et les petits
actionnaires. En utilisant de multiples mesures pour évaluer l'agressivité fiscale et la présence
de la famille fondatrice, nous constatons que les entreprises familiales sont moins agressives
sur le plan fiscal que leurs homologues non familiales, toutes choses égales par ailleurs. Nos
résultats soulignent l'importance du conflit d'agence unique entre les propriétaires familiaux et
les autres actionnaires dans la détermination de la déclaration fiscale des entreprises familiales.
Nous fournissons des preuves complémentaires en nous concentrant sur les scénarios dans
lesquels les propriétaires familiaux se préoccupent moins ou plus de la perception de
l'enracinement de la famille par les investisseurs. Nous constatons que, par rapport aux autres
entreprises familiales, les entreprises familiales ayant des investisseurs institutionnels à long
terme qui sont des contrôleurs externes efficaces sont plus agressives sur le plan fiscal,
probablement parce que ces investisseurs institutionnels peuvent réduire l'extraction de la rente
par les propriétaires familiaux. En revanche, les entreprises familiales qui s'attendent à lever
des capitaux externes sont susceptibles d'être plus préoccupées par la perception négative de

47
l'extraction de rente. Nous constatons que ces entreprises sont encore moins agressives sur le
plan fiscal.
Conformément au raisonnement précédent, et dans le but de répondre à un récent appel à la
recherche (Hoi et al., 2013 ; Lanis et Richardson, 2012), ce travail analyse l'impact des
dimensions sociales, environnementales et de gouvernance de la responsabilité sociale
d’entreprise séparément par rapport à l'orientation d’agressivité fiscale de l'entreprise afin de
fournir une meilleure compréhension de la relation performance entre la responsabilité sociale
d’entreprise et l’agressivité fiscale.

1.1 Performance sociale des entreprises et agressivité fiscale

Selon Bansal (2005), la performance sociale des entreprises est liée à la santé, à la sécurité et
au bien-être des employés et permet aux entreprises d'agir de manière éthique au sein de la
communauté et dans la société au sens large. Cette dimension englobe également le dialogue
social des entreprises avec les parties prenantes qui participent aux processus décisionnels des
entreprises. Cette étude opérationnalise le développement durable des entreprises et examine
ses déterminants organisationnels. Les données utilisées pour ce projet concernent les
entreprises canadiennes des secteurs du pétrole et du gaz, de l'exploitation minière et de la
sylviculture entre 1986 et 1995. Je constate que les facteurs institutionnels et les facteurs fondés
sur les ressources influencent le développement durable des entreprises. En explorant les effets
liés au temps, je constate également que les pressions exercées par les médias étaient
importantes dans les premières périodes et que les opportunités fondées sur les ressources ont
perduré dans le temps. Ces résultats remettent en question l'hypothèse selon laquelle les
entreprises adoptent d'abord des innovations en réponse à des récompenses techniques qui sont
ensuite institutionnalisées. Ces résultats contre-intuitifs peuvent être attribués aux
caractéristiques uniques de la variable dépendante, le développement durable des entreprises.
Ils soulèvent des questions importantes et des orientations pour la recherche future.
De même, d'autres recherches (Huseynov et Klamm, 2012 ; Johnson et Greening, 1999)
attribuent à la performance sociale des entreprises la plupart des préoccupations liées à
l'humanité. Aujourd'hui, la performance sociale des entreprises fait l'objet d'une attention
croissante de la part des gouvernements, des entreprises et de leurs parties prenantes, cette
dimension revêtant une importance particulière dans une perspective internationale. Selon,
Huseynov et Klamm (2012). Cette étude examine l'effet de trois mesures de la responsabilité
sociale des entreprises, la gouvernance d'entreprise, communauté et diversité sur l'évitement
fiscal dans les entreprises qui utilisent les services fiscaux fournis par les auditeurs. Il s'agit de

48
l'une des premières études, à notre connaissance, à établir un lien empirique entre l'évitement
fiscal, la gestion fiscale et la littérature sur la responsabilité sociale des entreprises. En séparant
les points forts et les points faibles de chaque mesure de la responsabilité sociale des entreprises,
nous sommes en mesure d'analyser les effets des actions sociales négatives et positives d'une
entreprise sur l'évitement fiscal. Nous constatons que l'interaction entre les préoccupations
communautaires et les frais de gestion fiscale affecte positivement à la fois les normes
comptables des règles et le taux d'imposition effectif en espèces, tandis que l'interaction entre
les forces de la gouvernance d'entreprise et les préoccupations en matière de diversité avec les
frais de gestion fiscale affecte négativement le taux d'imposition effectif en espèces. Nos
résultats sont similaires lorsque nous utilisons l'excès de taux d'imposition effectif qui n'est pas
expliqué par les spécificités de l'entreprise. Nous trouvons des preuves supplémentaires que la
responsabilité sociale des entreprises affecte l'évitement fiscal lorsque nous divisons les
entreprises en portefeuilles sur la base des niveaux de responsabilité sociale des entreprises.
Nos résultats suggèrent que les études futures sur l'évitement fiscal et la gestion fiscale devraient
intégrer la responsabilité sociale des entreprises.
Selon (Johnson et Greening, 1999).L'une des principales motivations de cette étude était
d'encourager les futurs chercheurs à étudier plus en profondeur les types et les motivations des
différents investisseurs institutionnels et leurs différents effets sur les dimensions spécifiques
de la performance sociale des entreprises, la pertinence des dispositifs de gouvernance pour ces
dimensions de la performance sociale des entreprises, et l'utilisation appropriée des contrôles
du secteur d'activité, de la taille et de la performance. Les futurs chercheurs qui tenteront
d'identifier les prédicteurs de la propension d'une entreprise à agir de manière socialement
responsable voudront peut-être éviter de considérer la performance sociale des entreprises
comme un concept unitaire. Il est à espérer qu'en étudiant les différentes dimensions de la
performance sociale des entreprises, les chercheurs parviendront à faire progresser les
connaissances et la compréhension dans ce domaine.
Des recherches antérieures ont fait valoir que les paiements d'impôts des sociétés constituent
un aspect de la responsabilité sociale des entreprises (Lanis et Richardson, 2012). Les auteurs
de cette étude examinent l'association entre la responsabilité sociale des entreprises et
l'agressivité fiscale des entreprises. Sur la base d'un échantillon de 408 sociétés australiennes
cotées en bourse pour l'exercice 2008/2009, nos résultats de régression montrent que plus le
niveau de divulgation de la RSE d'une société est élevé, plus le niveau d'agressivité fiscale de
la société est faible. Nous constatons une association négative et statistiquement significative
entre la divulgation de la responsabilité sociale des entreprises et l'agressivité fiscale, qui se

49
maintient à travers un certain nombre de spécifications différentes du modèle de régression, de
sorte que les entreprises plus socialement responsables sont susceptibles d'être moins agressives
sur le plan fiscal. Enfin, les résultats de régression de notre analyse complémentaire indiquent
que l'engagement en matière d'investissement social et la stratégie d'entreprise et de la
responsabilité sociale des entreprises (y compris l'éthique et la conduite des affaires) d'une
entreprise sont des éléments importants des activités de la responsabilité sociale des entreprises
qui ont un impact négatif sur l'agressivité fiscale.
Laguir et al. (2015) ont examiné la relation entre l’agressivité fiscale des sociétés et leurs
niveaux de performance sociale des entreprises dans un échantillon de grandes entreprises
françaises et ont conclu que les entreprises atteignant un niveau supérieur de performance
sociale des entreprises, en élargissant leur champ d'action aux questions de responsabilité
sociale d’entreprise, devenaient moins agressives fiscalement. Cette étude examine comment
les différentes activités de la responsabilité sociale des entreprises influencent l'agressivité
fiscale des entreprises. Un modèle structurel a été testé à l'aide d'une régression partielle des
moindres carrés afin de déterminer si les relations entre les dimensions de la responsabilité
sociale des entreprises et l'agressivité fiscale sont positives ou négatives. Les résultats indiquent
que l'agressivité fiscale d'une entreprise dépend de la nature de ses activités de responsabilité
sociale. En particulier, l'étude démontre qu'une plus grande activité dans la dimension sociale
de la responsabilité sociale de l'entreprise, plus le niveau d'agressivité fiscale de l'entreprise sera
faible, alors qu'une forte activité dans la dimension économique est associée à un niveau élevé
d'agressivité fiscale. Ces résultats élargissent la littérature antérieure concernant la relation entre
la responsabilité sociale des entreprises et l'agressivité fiscale et suggèrent que la nature de la
relation, qu'elle soit négative ou positive, tend à différer selon les dimensions de la
responsabilité sociale des entreprises. Dans l'ensemble, le document soutient fortement la
littérature actuelle et soutient que les dimensions de la responsabilité sociale des entreprises ne
devraient pas être agrégées en une mesure unique, car des informations intéressantes et
explicatives sont perdues lorsqu'une telle méthode est utilisée, en particulier en ce qui concerne
une question telle que l'agressivité fiscale des entreprises.
Dans ce travail de (Hanlon and Heitzman, 2010), nous présentons une analyse de la recherche
en matière de fiscalité. Nous passons en revue quatre grands domaines de la littérature : (1) le
rôle informatif de la charge d'impôt sur le revenu déclarée pour la comptabilité financière, (2)
l'évasion fiscale des entreprises, (3) la prise de décision des entreprises, y compris
l'investissement, la structure du capital et la forme d'organisation, et (4) les impôts et
l'évaluation des actifs. Nous résumons les domaines de recherche et les questions examinées à

50
ce jour et ce que nous avons appris ou n'avons pas appris des travaux réalisés jusqu'à présent.
En outre, nous donnons notre avis sur les questions intéressantes et importantes pour la
recherche future.
Cette conclusion est cohérente avec des travaux antérieurs (Huseynov et Klamm, 2012 ; Lanis
et Richardson, 2012) qui suggèrent que les entreprises intégrant des préoccupations sociales
dans leurs politiques de gestion stratégique contribuent à la société en payant les impôts requis,
et sont donc moins agressives fiscalement.
Sur la base de la discussion précédente, l'hypothèse suivante est proposée :
H1. Plus le niveau de performance sociale des entreprises est élevé, plus leur agressivité fiscale
est faible.

1.2 Performance environnementale des entreprises et agressivité fiscale

Concernant la dimension environnementale de la performance de la responsabilité sociale


d’entreprise, l'une des premières études abordant le lien entre la performance environnementale
des entreprises et l’agressivité fiscale des entreprises est celle développée par Lanis et
Richardson (2012), qui ont utilisé les notations de la performance environnementale des
entreprises pour montrer que les entreprises australiennes plus engagées dans la préservation de
l'environnement devenaient moins agressive fiscalement. Cette étude examine la relation entre
la responsabilité sociale des entreprises, les liens politiques et l'agressivité fiscale. Les résultats
montrent que la responsabilité sociale des entreprises renforce considérablement la possibilité
d'agressivité fiscale ; les entreprises qui n'ont pas de liens politiques ou qui ont des liens
politiques moins étroits peuvent utiliser la divulgation de la responsabilité sociale des
entreprises pour faire de l'agressivité fiscale. En outre, la modification des liens politiques peut
considérablement affaiblir l'association positive entre la divulgation de la responsabilité sociale
des entreprises et l'agressivité fiscale. Toutefois, certaines données sont collectées
manuellement, ce qui peut entraîner des écarts. Ces résultats aident les gouvernements, les
dirigeants et les investisseurs à évaluer le comportement des entreprises et à prendre des
décisions.
Dans une recherche ultérieure, Lanis et Richardson (2015) ont exploré un échantillon
d'entreprises américaines et ont utilisé les notations environnementales du Kinder, Lydenberg
et Domini (KLD)1pour mesurer les niveaux de la performance environnementale des entreprises

1
KLD a été fondé en 1989 par Peter Kinder, Steve Lydenberg et Amy Domini. Ils offrent aux investisseurs
institutionnels une recherche sociale facile à utiliser, complète et précise sur les entreprises américaines. Elle
s'engage à fournir aux gestionnaires d'investissement exactement ce dont ils ont besoin.

51
le travail a conclu que la plupart des pratiques liées à la performance environnementale des
entreprises ne soient pas associées aux niveaux de l’agressivité fiscale des entreprises, les
entreprises affichant des performances supérieures en termes de questions de responsabilité des
produits étaient moins agressives sur le plan fiscal.
Une autre étude liant la performance environnementale des entreprises et l’agressivité fiscale
des entreprises est celle de Huseynov et Klamm (2012), qui ont conclu que les entreprises qui
intègrent les préoccupations environnementales dans leurs politiques de gestion stratégique
contribuent à la société en payant les impôts requis, et sont donc moins agressives fiscalement.
Enfin, Laguir et al. (2015) se sont intéressés à un échantillon d'entreprises françaises sur la
période 2003-2011 et ont conclu que les entreprises présentant une performance
environnementale des entreprises plus élevé devenaient moins agressives fiscalement. Les
résultats indiquent que l'agressivité fiscale d'une entreprise dépend de la nature des activités de
responsabilité sociale d’entreprise dans lesquelles elle s'engage. Plus précisément, plus le
niveau de la dimension sociale de la responsabilité sociale d’entreprise est élevé, plus le niveau
d'agressivité fiscale est faible, tandis que plus le niveau de la dimension économique de la
responsabilité sociale d’entreprise est élevé, plus le niveau d'agressivité fiscale est élevé. Ainsi,
les entreprises qui s'engagent dans les activités de responsabilité sociale d’entreprise relatives
aux ressources humaines, aux droits de l'homme sur le lieu de travail et à l'engagement
communautaire sont moins susceptibles de faire preuve d'agressivité fiscale. Ces résultats
prolongent la littérature antérieure suggérant que les entreprises qui s'engagent davantage dans
des activités de responsabilité sociale d’entreprise paient leur juste part d'impôts sur les sociétés
et sont donc moins agressives sur le plan fiscal. En outre, les entreprises qui s'engagent dans
des activités de responsabilité sociale d’entreprise liées au comportement des entreprises sont
plus susceptibles de faire preuve d'agressivité fiscale. Ces résultats sont cohérents avec
l'observation selon laquelle certaines entreprises prétendant être socialement responsables sont
également engagées dans des activités fiscalement agressives. En effet, en s'engageant dans des
activités de responsabilité sociale d’entreprise liées au comportement des affaires, les
entreprises développent une culture qui promet une conduite éthique à des publics externes, et
cela devient découplé des pratiques organisationnelles qui sont orientées vers l'amélioration des
profits par le biais d'activités de planification fiscale. Sur la base de cette discussion, l’hypothèse
suivante est proposée :
H2. Plus la performance environnementale des entreprises est élevée, plus leur agressivité
fiscale est faible.

52
1.3 Performance en matière de gouvernance d'entreprise et agressivité
fiscale

La dernière dimension à savoir la performance en matière de gouvernance d'entreprise englobe


la manière dont la direction des entreprises s'engage à respecter les principes de la responsabilité
sociale d’entreprise, tout en équilibrant les valeurs des actionnaires (Law, 2011). Les résultats
indiquent que les auditeurs et les dirigeants des 4 grands groupes considèrent que la divulgation
d'éléments probants postérieurs au rapport d'audit est importante pour s'acquitter de leurs
obligations déontologiques. Les deux groupes sont d'accord pour dire qu'il est important de
publier les rapports d'audit en temps voulu et que l'introduction de rapports d'audit trimestriels
est une étape nécessaire pour améliorer la gouvernance d'entreprise. Une approche de l'audit
basée sur le risque nécessite l'introduction de rapports trimestriels. Les résultats soutiennent la
notion qui sous-tend les modèles d'audit du risque d'entreprise développés dans la pratique
publique et dans la littérature. Les dirigeants d'entreprise sont parfaitement conscients de leurs
responsabilités vis-à-vis des parties prenantes de l'entreprise et démontrent qu'ils comprennent
les idées fondamentales de la théorie des parties prenantes en appliquant cette théorie dans les
entreprises qu'ils dirigent. Ces résultats confirment que la théorie des parties prenantes a des
implications managériales et une valeur intrinsèque. Les dirigeants d'entreprise se conforment
à leurs obligations de divulgation de l'audit de plusieurs manières. Sur la base des résultats, un
modèle affiné des parties prenantes est proposé et une réforme réglementaire immédiate est
recommandée.
En conséquence, la performance en matière de gouvernance d'entreprise concerne la manière
dont les entreprises sont organisées, gérées et contrôlées.
Les recherches antérieures analysant l'influence de la performance en matière de gouvernance
d'entreprise sur l’agressivité fiscale des entreprises présentent des résultats contradictoires.
Huseynov et Klamm (2012) ont regroupé les entreprises du standard et pauvre 500 (S&P500)
un indice boursier qui suit 500 sociétés nationales cotées en bourse. Il est considéré par de
nombreux investisseurs comme la meilleure mesure globale de la performance du marché
boursier américain, en fonction de leur niveau de la performance en matière de gouvernance
d'entreprise. Ils ont constaté que les entreprises ayant les portefeuilles les plus ou les moins
performants en matière de la performance en matière de gouvernance d'entreprise sont devenues
moins ou plus agressives sur le plan fiscal, suggérant ainsi une association négative entre la
performance en matière de gouvernance d'entreprise et l’agressivité fiscale des entreprises.

53
Landry et al. (2013) se sont concentrés sur un échantillon d'entreprises canadiennes cotées à la
Bourse de Toronto de 2004 à 2008, et ont conclu que les entreprises affichant une performance
en matière de gouvernance d'entreprise plus élevé deviennent moins agressives sur le plan
fiscal. L'impôt est l'un des coûts les plus importants supportés par les entreprises et il a un
impact direct sur la rentabilité et la valeur actionnariale. Par conséquent, les entreprises ont des
incitations financières à être agressives sur le plan fiscal. Cependant, un comportement fiscal
agressif peut avoir un impact négatif sur la réputation d'une entreprise, un atout inestimable. En
outre, le fait de payer sa juste part d'impôts est un élément important de la responsabilité sociale
des entreprises. Par conséquent, les entreprises socialement responsables, soucieuses de
préserver leur bonne réputation, devraient être moins agressives sur le plan fiscal. Cette étude
cherche à savoir si les entreprises socialement responsables sont moins agressives sur le plan
fiscal, c'est-à-dire si leurs discours définis par les comportements sociaux des entreprises, et
leurs actions définies par le paiement de leur juste part d'impôts sont alignés, et si cette relation
diffère entre les entreprises familiales et les entreprises non familiales. Sur la base de données
d'archives concernant un panel d'entreprises canadiennes pour la période 2004-2008, les
résultats indiquent que les entreprises familiales sont moins agressives sur le plan fiscal que les
entreprises non familiales. En outre, les résultats suggèrent que les comportements fiscaux ne
sont pas nécessairement alignés sur la responsabilité sociale des entreprises, et que la structure
de propriété modère cette relation. Les résultats soulignent également l'importance de
considérer les dimensions de la responsabilité sociale des entreprises séparément lors de l'étude
de la relation entre l'agressivité fiscale et la responsabilité sociale des entreprises.
Cependant, Lanis et Richardson (2015) ont révélé un lien non significatif entre les pratiques
désagrégées de la performance en matière de gouvernance d'entreprise et l’agressivité fiscale
des entreprises. Outre les résultats des recherches précédentes, l'examen de l'influence de la
performance en matière de gouvernance d'entreprise sur les niveaux d’agressivité fiscale des
entreprises est essentiel pour comprendre les contributions des entreprises à plusieurs objectifs
de durabilité. Cette étude examine l'impact des administrateurs externes sur l'association entre
la performance en matière de responsabilité sociale des entreprises (RSE) et l'agressivité fiscale.
Sur la base d'un échantillon de 5 007 observations d'années-entreprises sur la période 2003-
2009, nous constatons qu'il existe une association négative entre l'effet d'interaction de la
proportion d'administrateurs externes au conseil d'administration et la performance en matière
de responsabilité sociale d’entreprise, et l'agressivité fiscale. Nos tests supplémentaires
confirment la fiabilité de nos principaux résultats de régression. Dans l'ensemble, nos résultats
indiquent que la présence d'administrateurs externes au conseil d'administration amplifie

54
l'association négative entre la performance en matière de responsabilité sociale des entreprises
et l'agressivité fiscale.
En effet, la performance en matière de gouvernance d'entreprise repose sur l'hypothèse selon
laquelle la perspective de la responsabilité sociale d’entreprise sur la performance des
entreprises s'exprime le mieux en combinant les revendications de plusieurs parties prenantes
(Lozano, 2005). Cette étude part de la vision traditionnelle des parties prenantes, et identifie les
dimensions analytiques, managériales et normatives implicites dans cette vision. Il suggère
ensuite que toutes les approches des parties prenantes devraient expliciter leurs modèles, ce que
nous appelons un modèle d'entreprise, un modèle de gestion, un modèle de description, un
modèle de clarification des valeurs et un modèle de légitimité. La question suivante est de savoir
dans quelle mesure la plupart des approches des parties prenantes sont construites à partir d'une
vision de l'entreprise tournée vers l'intérieur, au centre d'un univers où les parties prenantes
gravitent autour d'elle. La complexité de la société contemporaine (la société en réseau) peut
nous obliger à apprendre à interpréter le système de relations économiques et sociales de
l'entreprise, de sorte que penser à l'entreprise signifie la penser à la fois à l'intérieur et à
l'extérieur du réseau. C'est pourquoi nous proposons le terme d'entreprise relationnelle, pour
désigner une entreprise qui modifie son approche des liens avec ses parties prenantes, passant
de la gestion des relations à la construction des relations. De cette manière, la performance en
matière de gouvernance d'entreprise est fortement liée au concept de responsabilité de
l'entreprise, qui favorise la durabilité, la croissance et le bien-être des parties prenantes. (Laguir
et al., 2015). Ainsi, nous s’attendons à ce que les entreprises ayant des niveaux plus élevés de
la performance en matière de gouvernance d'entreprise présentent des niveaux plus faibles
d’agressivité fiscale en raison de l'engagement plus élevé de la direction générale sur les
questions de responsabilité sociale d’entreprise en équilibrant la création de valeur pour les
actionnaires et la protection de la valeur pour les parties prenantes (Law, 2011). Sur la base de
ce raisonnement, nous proposons de tester l'hypothèse suivante :
H3. Plus le niveau de gouvernance des entreprises est élevé, plus leur agressivité fiscale est
faible.

1.4 Performance financière des entreprises et l’agressivité fiscale

L'une des stratégies importantes que les entreprises doivent mettre en œuvre consiste à
améliorer leurs performances financières afin d'offrir un maximum d'avantages, de rendements
et de compensations aux parties prenantes, telles que les dirigeants, les investisseurs et les
créanciers, grâce à la réalisation de bénéfices maximaux. Pour répondre aux attentes de ces

55
parties prenantes, la direction doit s'efforcer de faire preuve d'agressivité fiscale afin de réduire
les dépenses fiscales sans avoir à enfreindre les réglementations fiscales. L'agressivité fiscale
peut également accroître la valeur de l'entreprise, car il s'agit d'un effort managérial visant à
détourner la valeur actionnariale (Desai& Dharmapala, 2009). Cette étude teste les théories
alternatives de l'évitement fiscal des entreprises en utilisant les différences inexpliquées entre
les revenus déclarés aux marchés des capitaux et aux autorités fiscales. Les estimations de
méthode des moindres carrés ordinaire indiquent que l'effet de l'évitement fiscal sur la valeur
de l'entreprise est une fonction de la gouvernance de l'entreprise, comme le prévoit la
perspective de l'agence sur l'évitement fiscal des entreprises. Les estimations des variables
instrumentales basées sur des changements exogènes dans les réglementations fiscales
produisent des effets globaux plus importants et renforcent le résultat de base, tout comme
plusieurs contrôles de robustesse. Les résultats suggèrent que la vision simple de l'évitement de
l'impôt sur les sociétés comme un transfert de ressources de l'État vers les actionnaires est
incomplète étant donné les problèmes d'agence qui caractérisent les relations entre les
actionnaires et les dirigeants.
La direction adopte toujours un comportement opportuniste afin d'obtenir des incitations et de
répondre aux attentes des actionnaires. (Desai & Dharmapala, 2006 ; Crabtree & Kubick, 2014).
La performance financière est produite par l'entreprise à travers l'ensemble de ses résultats qui
peuvent être utilisés comme base de décision pour les parties prenantes. Leur principal objectif
est d'assurer la subsistance de leurs propriétaires sous la forme de bénéfices et de rendements.
Par conséquent, l'entreprise doit affecter ses ressources de manière optimale. La direction de
l'entreprise doit tenir compte de ce groupe de parties prenantes pour divulguer ou non une
information dans le rapport de l'entreprise (Freeman & Evan, 1979).
Selon le travail de (Crabtree & Kubick, 2014). Conformément à la théorie de l'agence de
l'évitement fiscal, cette étude examine dans quelle mesure l'évitement fiscal entraîne une
annonce moins rapide des bénéfices annuels. Sur la base de 16 340 années-entreprises couvrant
la période 1993-2010, des preuves sont présentées suggérant que l'évitement fiscal qui se
manifeste par des différences temporaires et permanentes plus importantes entre les livres et
l'impôt se traduit par une annonce des résultats annuels moins opportune. Ce résultat est
confirmé par l'inclusion de plusieurs contrôles précédemment documentés comme affectant le
délai d'annonce, y compris l'ampleur de la surprise des bénéfices, la taille, la rentabilité, les
influences liées à l'auditeur, la composition de l'actionnariat, l'intensité du capital, l'agressivité
de l'information financière et la situation financière. Les données présentées suggèrent

56
également que l'évitement fiscal a un impact sur la pertinence de la valeur des bénéfices pour
les investisseurs à la date de l'annonce, évaluée par le coefficient de réaction des bénéfices.
Dans le contexte bancaire, il n'y a pas d'exception pour les banques. Elles sont également
soupçonnées de s'efforcer d'éviter l'impôt ou de faire preuve d'agressivité fiscale. L'agressivité
fiscale a également un impact sur les banques et leur environnement, notamment la baisse des
recettes de l'État, la diminution des services publics à la communauté, l'augmentation du coût
du capital et de l'investissement, les décisions concernant le montant des réserves de liquidités
ou la propriété des liquidités et la liquidité de l'entreprise (Matinfard & Juybari, 2017;
Schandlbauer, 2017). Plus les banques s'efforcent de faire preuve d'agressivité fiscale, plus la
charge fiscale et les sorties de trésorerie diminuent, mais plus le bénéfice après impôt augmente
(Dyrenget al., 2008; Watson, 2015;Lee & Swenson, 2016 ; Matinfard & Juybari, 2017).
Pour (Matinfard & Juybari, 2017). L’objectif principal de cette recherche est d'étudier la
relation entre l'évitement fiscal, le revenu et les liquidités détenues dans les entreprises cotées
à la Bourse de Téhéran de 2009 à 2013. À cet égard, l'évitement fiscal est une variable
indépendante et les critères d'évaluation de la performance financière, à savoir le rendement des
actifs, le rendement des actions moyennes, la valeur économique ajoutée, la valeur marchande
ajoutée et le ratio des flux de trésorerie disponibles sont considérés comme des variables
dépendantes. La taille de l'entreprise et l'effet de levier financier sont également considérés
comme des variables de contrôle. En général, la méthode statistique utilisée dans cette
recherche est la corrélation et la régression. Les résultats de la recherche ont montré qu'il existait
une relation significative et inverse entre le fait d'éviter de payer des impôts et le critère
d'évaluation de la performance, les liquidités détenues.
Ce travail de (Schandlbauer, 2017) met en évidence de manière empirique le rôle et l'importance
des impôts dans les décisions des banques en matière de structure du capital. En utilisant une
méthodologie de différence dans les différences, je montre qu'une augmentation du taux local
de l'impôt sur les sociétés de l'État américain affecte les choix de financement et d'exploitation
des banques. Les banques les mieux capitalisées augmentent leur dette à long terme sans dépôt
et bénéficient ainsi d'un bouclier fiscal élargi. En revanche, les banques moins bien capitalisées
réduisent leurs prêts parce qu'un taux d'imposition plus élevé accroît le coût du financement
ajusté à l'impôt, ce qui rend le prêt marginal non rentable.
Selon (Dyrenget,2015) Nous développons et décrivons une nouvelle mesure de l'évitement
fiscal à long terme des entreprises, basée sur la capacité à payer un faible montant d'impôts en
espèces par dollar de bénéfices avant impôts sur de longues périodes. Nous appelons cette
mesure le "taux d'imposition effectif en espèces à long terme". Nous utilisons le taux

57
d'imposition effectif à long terme pour examiner (1) dans quelle mesure certaines entreprises
sont capables d'éviter l'impôt sur des périodes aussi longues que dix ans, et (2) dans quelle
mesure les taux d'imposition d'une année sont prédictifs de l'évitement fiscal à long terme. Dans
notre échantillon de 2077 entreprises, nous constatons que l'évitement fiscal varie
considérablement d'une section à l'autre. Par exemple, environ un quart des entreprises de notre
échantillon sont en mesure de maintenir des taux d'imposition effectifs à long terme inférieurs
à 20 %, alors que le taux d'imposition moyen de l'échantillon est d'environ 30 %. Nous
constatons également que les taux d'imposition effectifs en espèces annuels ne sont pas de très
bons prédicteurs des taux d'imposition effectifs en espèces à long terme et ne sont donc pas des
indicateurs précis de l'évitement fiscal à long terme. Bien qu'il existe des preuves de la
persistance des taux annuels effectifs d'imposition en espèces, cette persistance est asymétrique.
Les faibles taux annuels effectifs d'imposition en espèces sont plus persistants que les taux
annuels effectifs d'imposition en espèces élevés. Un premier examen des caractéristiques des
entreprises qui parviennent à maintenir leur taux d'imposition effectif sur de longues périodes
montre qu'elles sont bien réparties entre les secteurs d'activité, mais qu'elles se regroupent
quelque peu.
Selon (Watson, 2015). Nous étudions l'influence de la performance des bénéfices avant impôts
sur la relation entre la responsabilité sociale des entreprises et l'évitement fiscal. Les études
antérieures sur la relation entre la responsabilité sociale des entreprises et l'évitement fiscal
aboutissent à des résultats mitigés. Sur la base de la théorie des ressources limitées (Penrose
1959), nous prédisons et constatons que la relation entre la responsabilité sociale des entreprises
et l'évitement fiscal est modérée par la performance des bénéfices. Les données montrent que
l'absence de responsabilité sociale est positivement associée à l'évitement fiscal dans les
entreprises dont les bénéfices actuels ou futurs sont faibles, mais que cet effet est atténué lorsque
les bénéfices actuels ou futurs sont élevés. Certains éléments indiquent que la responsabilité
sociale des entreprises est positivement associée à l'évitement fiscal lorsque les résultats actuels
ou futurs sont faibles mais, là encore, l'effet disparaît lorsque les résultats actuels ou futurs sont
élevés. Dans l'ensemble, nos résultats suggèrent que l'attention portée aux demandes des parties
prenantes non actionnaires est réduite lorsque les entreprises sont confrontées à des ressources
limitées.
D’après (Lee and Swenson,2016). Nous proposons et testons un modèle simple de transfert
fiscal international, qui montre que la capacité des entreprises multinationales à s'engager dans
l'arbitrage fiscal est fonction des avantages et des coûts qu'elles en retirent. Nous utilisons une
vaste base de données d'entreprises cotées en bourse dans plus de 200 pays et collectons

58
manuellement les taux d'imposition de toutes les filiales de ces entreprises. Nous constatons
que les taux d'imposition effectifs des entreprises sont plus faibles si les pays dans lesquels elles
opèrent ont des taux statutaires très différents et que les taux effectifs des entreprises sont
d'autant plus élevés que le nombre de pays dans lesquels elles opèrent et le nombre de filiales
qu'elles possèdent sont importants.
Sur la base des justifications précédentes, la quatrième hypothèse suivante est proposée :
H4 plus la performance financière d'une entreprise est élevée, plus son niveau d'agressivité
fiscale est élevé.

2 Culture nationale en tant que modérateur entre la performance


responsabilité sociale d’entreprise et agressivité fiscale de l'entreprise
Bien qu'il y ait une augmentation notable du nombre des travaux axés sur le lien la
responsabilité sociale d’entreprise et l’agressivité fiscale, le rôle de la culture nationale dans
cette relation n'a reçu aucune attention au niveau de l'entreprise. Une revue de la littérature
existante ne fournit que quelques études qui examinent les façons dont certaines dimensions
culturelles affectent l’agressivité fiscale des entreprises au niveau national (Riahi-Belkaoui,
2004 ; Richardson,2006 ; Tsakumis et al., 2007).
Notre travail aborde cette lacune de la recherche et soutient que l'existence de dimensions
culturelles spécifiques peut modérer positivement ou négativement la relation entre la
performance la responsabilité sociale d’entreprise et l’agressivité fiscale des entreprises.
Comme dans les recherches précédentes, cette partie se concentre sur le modèle de culture
nationale développé par Hofstede (1980, 2001).
Le modèle de culture nationale de Hofstede saisit plusieurs facteurs qui représentent des
préférences indépendantes pour un état de choses plutôt qu'un autre, distinguant les pays (plutôt
que les individus) les uns des autres. Ces valeurs sont classées statistiquement en six dimensions
: 1) la distance du pouvoir ; 2) l'évitement de l’incertitude ;3) l’individualisme ; 4) la masculinité
; 5) l'orientation à long terme ; et 6) l’indulgence.

2.1 Rôle modérateur de la distance de pouvoir

La première dimension à savoir la distance de pouvoir, fait référence à la mesure dans laquelle
les membres des institutions et des organisations d'un pays s'attendent à ce que le pouvoir soit
distribué de manière inégale et l'acceptent. Gallego-Alvarez et Ortas (2017) affirment que cette
inégalité peut se manifester dans des domaines tels que la contribution des individus à
l'organisation et ce qu'ils obtiennent en retour, l'inégalité dans les récompenses, les

59
responsabilités, la distribution du pouvoir ou les droits. En substance, les cultures à forte
distance de pouvoir acceptent que la hiérarchie entre supérieurs et subordonnés soit étendue,
habituelle et légitime (Soeters et Schreuder, 1988).
Les recherches existantes révèlent que les entreprises des pays où la distance de pouvoir est
élevée atteignent des niveaux inférieurs de performance en matière de la responsabilité sociale
d’entreprise (Park et al., 2007 ; Vachon, 2010). En effet, les entreprises appartenant à des
cultures à forte distance de pouvoir sont moins susceptibles de promouvoir le dialogue avec
leurs principales parties prenantes (Orij, 2010 ; Peng et al., 2014). L'absence d'engagement des
parties prenantes dans ces cultures pourrait faire en sorte que les entreprises n'apprécient pas
les pratiques fiscales agressives comme un comportement non socialement responsable. Par
conséquent, les entreprises qui acquièrent un plus grand pouvoir dans les pays où la distance de
pouvoir est élevée pourraient l'utiliser pour accroître leur richesse par le biais de pratiques non
sociales plus importantes, telles que les initiatives d’agressivité fiscale (Tsakumis et al., 2007).
Sur la base de ce raisonnement, l'hypothèse suivante sera testée :
H5. La relation entre les performances sociales, environnementales et de gouvernance des
entreprises et leur niveau d'agressivité fiscale est moins négative et plus faible pour les
entreprises appartenant à des cultures où la distance de pouvoir est élevée.

2.2 Rôle modérateur de l’individualisme

La deuxième dimension du modèle de culture nationale de Hofstede (1980, 2001) fait référence
à l’individualisme des pays, qui définit une société dans laquelle les liens entre les individus
sont lâches, et où chacun est censé ne s'occuper que de lui-même et des membres de sa famille.
En substance, les communautés individualistes ont tendance à apprécier la liberté et
l'indépendance et donnent généralement la priorité aux intérêts personnels sur le bien-être
commun (Ho et al., 2012). En revanche, Les sociétés collectivistes intègrent les gens dans des
groupes cohésifs et forts qui les protègent en échange d'une loyauté incontestable. Selon ce
raisonnement, alors que les communautés collectivistes montrent souvent des liens étroits entre
les individus, les sociétés individualistes donnent la priorité aux droits personnels individuels.
En ce qui concerne la vision d’agressivité fiscale d'entreprise en tant que comportement
responsable, Hofstede (2001) affirme que les sociétés individualistes perçoivent les normes
juridiques y compris les lois fiscales nationales comme universelles. Ainsi, nous s'attendons à
ce que les entreprises des pays individualistes gèrent leurs pratiques fiscales de manière
appropriée, conformément à la loi car les individus de ces pays considèrent que les droits et les
lois sont les mêmes pour tous. En outre, les pays individualistes ont généralement des systèmes

60
de réglementation plus stricts et les entreprises sont moins susceptibles de tricher avec leurs
impôts (Braun). Les entreprises sont moins susceptibles de frauder le fisc (Braun et al., 2006).
Au contraire, les entreprises appartenant à des cultures collectivistes sont davantage liées à la
corruption (Husted, 1999), et les entreprises de ce type de pays sont plus susceptibles d'adopter
des pratiques fiscales agressives, car elles considèrent que les droits ne doivent pas être égaux
pour l'ensemble de la communauté dans son ensemble.
D’après (Husted, 1999). Cette étude examine l'impact de la richesse nationale, de la distribution
des revenus, de la taille du gouvernement et de quatre variables culturelles sur la perception du
niveau de corruption dans un pays. L'étude montre que la corruption est significativement
corrélée au produit national brut par habitant, à la distance de pouvoir, à la masculinité et à
l'évitement de l'incertitude. Des effets d'interaction significatifs se produisent dans les pays
collectivistes et à forte distance de pouvoir. Des suggestions pour de futures recherches sont
formulées.
Selon ce raisonnement, l'hypothèse suivante sera testée :
H6. La relation entre la performance sociale, environnementale et de gouvernance des
entreprises et leur niveau d'agressivité fiscale est plus négative et plus forte pour les
entreprises appartenant à des cultures individualistes

2.3 Rôle modérateur du niveau de la masculinité

Les cultures ayant un degré élevé de masculinité représentent souvent une préférence dans la
société pour l'accomplissement, l'héroïsme, l'affirmation de soi et les récompenses matérielles
pour le succès. En revanche, les cultures féminines affichent une préférence pour la coopération,
la modestie, le souci des faibles et la qualité de vie. Hofstede, (1980) et Orij (2010) suggèrent
que la masculinité représente l'opposé de l'orientation sociale d'une culture donnée, et donc que
les sociétés à faible masculinité ont une plus grande orientation vers les parties prenantes. Les
recherches existantes (Husted, 2005 ; Orij, 2010 ; Park et al., 2007) affirment également que
les entreprises des pays à forte masculinité sont moins engagées dans la durabilité, la gestion
environnementale et le développement durable. Il est intéressant de noter que Peng et al. (2014)
affirment que les parties prenantes des entreprises opérant dans des pays à forte masculinité
demandent principalement des informations économiques et financières, tandis que les
principales parties prenantes des entreprises appartenant à des cultures féminines exigent des
informations organisationnelles supplémentaires, telles que celles liées aux questions
environnementales, sociales et de gouvernance. Dans cette logique, nous s'attendons à ce que

61
les entreprises au sein de cultures à forte/masculinité faible considèrent les pratiques fiscales
agressives comme des comportements sociaux d'entreprise responsables ou irresponsables.
L'objectif de cette étude Orij (2010) est de déterminer si les niveaux de divulgation sociale des
entreprises sont liés aux cultures nationales. L'échantillon était composé de 600 grandes
entreprises de 22 pays. Des mesures culturelles ont été appliquées une mesure du secret,
proposée par Hope et al. Et une nouvelle mesure des types génériques de cultures, toutes deux
dérivées des dimensions de la culture nationale de Hofstede. Deux autres dimensions, la
masculinité et l'orientation à long terme, qui ne font pas partie des mesures du secret et des
types génériques de culture, ont également été testées séparément. Résultats Un certain nombre
de relations statistiques significatives entre la divulgation d'informations sociales par les
entreprises et les mesures culturelles ont été identifiées. Les résultats sont cohérents avec les
associations suggérées par la théorie des parties prenantes et une orientation des parties
prenantes spécifique à chaque pays. Il est conclu que les niveaux de divulgation sociale des
entreprises sont susceptibles d'être influencés par les cultures nationales.
En conséquence, l'hypothèse suivante est proposée pour être testée :
H7. La relation entre les performances sociales, environnementales et de gouvernance des
entreprises et leur niveau d'agressivité fiscale est moins négative et plus faible pour les
entreprises appartenant à des cultures où le niveau de masculinité est élevé.

2.4 Rôle modérateur de l'évitement de l'incertitude

L'évitement de l'incertitude désigne la mesure dans laquelle les membres d'une culture se
sentent menacés par des situations incertaines, inconnues ou non structurées. Des recherches
antérieures (Kale, 1991 ; Kale et Barnes, 1992) ont montré que les personnes vivant dans des
cultures où l'évitement de l'incertitude est fort maintenu des codes de croyance et de
comportement rigides et ne tolèrent pas les comportements et les idées non orthodoxes. Les
sociétés qui présentent des niveaux élevés d'évitement de l'incertitude sont moins enclines à
l'innovation et au changement et imposent des règles et des normes strictes (Hofstede et al.,
2010). Du point de vue organisationnel, l'évitement de l'incertitude désignent le degré auquel
l'organisation dans son ensemble, et les individus qui la composent, font face à l'incapacité
d'anticiper correctement l'avenir et de s'y préparer pleinement, à des situations ambiguës ou à
des situations libres et non structurées. (Gallego-Alvarez et Ortas, 2017).
Les pratiques de l’agressivité fiscale des entreprises nécessitent, dans la plupart des cas,
d'accepter des niveaux de risques importants, principalement pour deux raisons : 1) les pertes
potentielles de réputation associées aux comportements irresponsables de gestion fiscale des

62
entreprises et 2) la probabilité croissante de payer des sanctions économiques. Bien que ce
raisonnement suggère que l’agressivité fiscale d'entreprise est proche d'une orientation de la
responsabilité sociale d’entreprise dans les pays où l'évitement de l'incertitude est élevé, il
convient de mentionner que l'évitement de l'incertitude n'est pas synonyme d'évitement du
risque (Tsakumis et al., 2007). En fait, les cultures à forte incertitude sont souvent prêtes à
adopter un comportement risqué pour réduire les ambiguïtés si l'action risquée réduit leur
anxiété par rapport à une situation spécifique (Tsakumis et al., 2007, p. 136). En raison de ces
niveaux d'anxiété réduits, les entreprises des cultures à faible niveau d'incertitude sont moins
susceptibles de s'engager dans des comportements à risque, tels que l’agressivité fiscale
d'entreprise. En outre, les recherches existantes (Husted, 1999 ; Vitell et al., 1993) révèlent que
les sociétés à faible évitement de l'incertitude sont moins tolérantes à l'égard des pratiques
l’agressivité fiscale des entreprises. Selon ce raisonnement, nous s'attendons à ce que les
entreprises dont le niveau d'évitement de l'incertitude est faible considèrent les pratiques
fiscales agressives comme un comportement irresponsable. Une autre preuve de ce lien est que
Vachon (2010) a abordé le fait que les entreprises dans les pays à forte évasion fiscale accordent
peu d'attention à l'innovation environnementale et au corporatisme vert, deux questions liées à
l'orientation RSE de l'entreprise. Selon ce raisonnement, l'hypothèse suivante sera testée :
H8. La relation entre les performances sociales, environnementales et de gouvernance des
entreprises et leur niveau d'agressivité fiscale est moins négative et plus faible pour les
entreprises appartenant à des cultures où le niveau d'évitement de l'incertitude est élevé.

2.5 Rôle modérateur de l’orientation à long terme

La cinquième dimension culturelle du modèle de Hofstede est appelée orientation à long terme
et fait référence à la mesure dans laquelle les sociétés considèrent les changements sociétaux
avec méfiance, ou encouragent l'épargne et les efforts dans l'éducation moderne comme un
moyen de préparer l'avenir (Hofstede et al., 2010). En substance, les sociétés axées sur le long
terme, souvent appelées pragmatiques, accueillent des valeurs telles que la persistance,
l'épargne, l'honnêteté, l'adaptation, la capacité, l'autosuffisance et la discipline, et les entreprises
opérant dans cette perspective se concentrent principalement sur les principes de responsabilité
et sur la réalisation d'objectifs financiers et non financiers à long terme. En revanche, les
principales valeurs des cultures à faible niveau d'orientation à long terme, souvent appelées
normatives, sont la réalisation, les droits, la liberté et le fait de penser par soi-même.
Des recherches antérieures (Bradley et al., 1999 ; Trotman et Bradley, 1981) ont révélé que les
sociétés présentant des niveaux plus élevés d'orientation à long terme sont considérées comme

63
ayant une orientation vers les parties prenantes. En fait, Hackert et al. (2012) ont soutenu que
les entreprises au sein des pays pragmatiques sont plus susceptibles de développer certaines
pratiques orientées vers l'environnement, telles que : 1) la prévention de la pollution, 2) le
recyclage et 3) la réduction des déchets. En outre, Hill et Snell (1988) ont soutenu que
l'orientation à long terme peut être positivement associée à une plus grande responsabilité des
entreprises, ce qui suggère que les entreprises perçoivent l’agressivité fiscale d'entreprise
comme un comportement irresponsable ou responsable dans les cultures à long ou court terme.
Selon ce raisonnement, l'hypothèse suivante sera testée :
H9. La relation entre les performances sociales, environnementales et de gouvernance des
entreprises et leur niveau d'agressivité fiscale est plus négative et plus forte pour les entreprises
appartenant à des cultures où l'orientation à long terme est élevée.

2.6 Rôle modérateur de L'indulgence

L'indulgence fait référence à une société qui permet la gratification relativement libre des
pulsions humaines fondamentales et naturelles liées au fait de profiter de la vie et de s'amuser.
Ismail et Lu (2014) notent que les personnes dans la société de l'indulgence préfèrent le bonheur
et ont tendance à créer une perception de liberté, de santé et de contrôle sur la vie. Son pôle
opposé, la culture de la retenue, fait référence à une société qui contrôle la gratification des
désirs et des sentiments mentionnés ci-dessus. Bien que cette dimension culturelle soit
relativement nouvelle elle a été fournie pour la première fois par Hofstede en 2010 certaines
recherches se sont penchées sur sa relation avec les objectifs des entreprises et, plus
précisément, avec la durabilité des entreprises. (Gallego-Alvarez et Ortas, 2017). En fait,
Halkos et Skouloudis (2017) révèlent que les cultures indulgentes favorisent la RSE, et donc,
les entreprises doivent ajuster leur stratégie de responsabilité sociale d’entreprise pour fournir
des politiques, programmes et plans sociaux efficaces. Conformément à ce raisonnement, nous
s'attendons à ce que les entreprises au sein des pays indulgents perçoivent les initiatives
d’agressivité fiscale comme un comportement d'entreprise non socialement responsable. En
conséquence, l'hypothèse suivante sera testée :
H10. La relation entre les performances sociales, environnementales et de gouvernance des
entreprises et leur niveau d'agressivité fiscale est plus négative et plus forte pour les entreprises
appartenant à des cultures indulgentes.
À cet effet, nous avons essayé de développer un modèle conceptuel pour étudier la relation
entre la responsabilité sociale des entreprises et l'agressivité fiscale :

64
Figure
Figure 1 : Modèle 4 : Modèle
conceptuel conceptuel
de la présente étude de la présente étude

Performance sociale
d’entreprise H1

Performance
environnementale
d’entreprise L’agressivité
fiscale

H6
H5
Performance en matière H7 H9
de gouvernance
d’entreprise

H8
Performance financière
d’entreprise
Le modérateur :
La culture
nationale

Source : Elaboré par nous-mêmes


Source : Elaboré par nous-mêmes
Nous avons construit un modèle conceptuel théorique pour analyser la relation entre la RSE et
l'agressivité fiscale, en tenant compte du rôle modérateur de la culture nationale. Nous avons
développé des hypothèses de recherche qui orienteront nos futurs travaux empiriques.

65
Conclusion
En conclusion de ce premier chapitre consacré à l'impact de la responsabilité sociale des
entreprises sur l'agressivité fiscale, avec un accent particulier sur le rôle modérateur de la culture
nationale, nous avons établi les fondations nécessaires pour approfondir notre compréhension
de ce sujet complexe.
Dans la première section, nous avons défini et exploré les différentes dimensions de la RSE,
ainsi que les théories qui la sous-tendent. Nous avons souligné l'importance de la RSE en tant
que stratégie commerciale visant à concilier les intérêts économiques des entreprises avec leurs
responsabilités sociales et environnementales.
La deuxième section consacrée à l'agressivité fiscale et à la culture nationale, nous avons
examiné en détail les concepts clés, les théories et les mesures liées à ces deux domaines
essentiels de recherche.
Dans la troisième section, nous avons procédé à la construction d'un modèle conceptuel
théorique pour étudier l'effet de la RSE sur l'agressivité fiscale, en tenant compte du rôle
modérateur de la culture nationale. Nous avons développé des hypothèses de recherche qui
guideront nos travaux empiriques à venir.
En intégrant ces différentes sections, nous avons identifié les lacunes actuelles dans la littérature
et souligné l'importance de mener des recherches approfondies pour comprendre comment la
RSE peut influencer l'agressivité fiscale des entreprises, en tenant compte du contexte culturel.
Ce chapitre introductif nous a permis de définir les termes clés, de poser les bases théoriques et
de formuler des hypothèses solides pour notre étude. Il met en évidence l'importance d'examiner
le rôle modérateur de la culture nationale dans la relation entre la RSE et l'agressivité fiscale.
À présent, dans notre deuxième chapitre, nous allons entamer une analyse approfondie de la
situation actuelle en ce qui concerne le lien entre la responsabilité sociale des entreprises,
l'agressivité fiscale et la culture nationale. Nous allons examiner les travaux existants et les
recherches antérieures, en particulier ceux qui se concentrent sur la RSE au Maroc, comme le
label CGEM (Confédération Générale des Entreprises du Maroc). De plus, nous allons
également étudier l'évolution du système fiscal au Maroc afin de mieux comprendre son impact
sur les pratiques d'agressivité fiscale. Cette analyse approfondie nous permettra d'obtenir une
vision claire de la situation actuelle et des tendances pertinentes dans ce domaine. À partir de
là, nous serons en mesure de développer un guide d'entretien spécifique pour explorer le lien
entre la RSE, l'agressivité fiscale et la culture nationale, en tenant compte du contexte marocain.

66

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