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Cours D'Introduction Au Droit Fiscal: Première Année BTS-Finance Comptabilité Année Académique: 2020-2021

Le document présente un cours d'introduction au droit fiscal burkinabé. Il aborde des notions fondamentales comme les fondements de l'impôt, les définitions de l'impôt, et les principales caractéristiques de l'impôt.

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Cours D'Introduction Au Droit Fiscal: Première Année BTS-Finance Comptabilité Année Académique: 2020-2021

Le document présente un cours d'introduction au droit fiscal burkinabé. Il aborde des notions fondamentales comme les fondements de l'impôt, les définitions de l'impôt, et les principales caractéristiques de l'impôt.

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Cours d’introduction au droit fiscal Burkinabé.

Enseignant : KASSIE Pador Gérant du Cabinet de Fiscalité CAFEC-KA-Sarl


Conseil d’entreprises e-mail : [email protected]/[email protected]

Ecole Superieure de Commerce


(ESC) Ouagadougou

Première année BTS-Finance Comptabilité

Année académique : 2020-2021

COURS
D’INTRODUCTION AU
DROIT FISCAL
KASSIE Pador Cabinet PANAUDIT-BURKINA SARL COMPTABLE FISCALISTE TEL : 70 00 42 08
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INTRODUCTION

L’histoire de l’impôt est intiment liée à celle de l’évolution des communautés humaines ou de
la société.
C’est ainsi que de la société primitive (communautés vivant de la cueillette, de la chasse ou de
la pêche) jusqu’aux sociétés contemporaines (de nos jours, du temps présent), il est possible
de suivre le rôle de l’impôt.
Selon les divers auteurs, l’impôt n’aurait pu naître qu’à partir des surproductions de nourriture
nécessaire à la subsistance des communautés humaines.
La constitution de ce surplus de production aurait amené certains groupes sociaux au pillage,
d’abord irrégulier et épisodique puis à date fixe et sans élimination des producteurs.
Puis à la place du pillage désordonnée est née une redevance obligatoire (dette qui doit être
payée à date fixe), le tribut ancêtre de l’impôt.
En effet, les conquérants d’alors se rendirent très vite compte qu’il valait mieux substituer à
un prélèvement désordonné, la perception d’un tribut en définitive plus productif.
Fondés en partie sur la force et la contrainte, le tribut puis l’impôt ont assuré la consolidation
de l’organisation sociale et politique en permettant la constitution d’une armée puis d’une
administration.

La fiscalité doit être comprise comme un fait social car elle est intimement liée à l’évolution
des sociétés et à celle de leurs institutions. Aussi, en tant que fait social, l’impôt est également
un fait politique et par conséquent indissociable de l’histoire de l’Etat.
L’étude de la fiscalité s’avère de plus en plus une nécessité face a l’ampleur du phénomène
impôt dans notre contexte économique. La fiscalité est une matière dynamique qui se
manifeste par la fréquence des changements législatifs .il est impérieux de maitriser la gestion
de la fiscalité au niveau des entreprises.
En outre, l’impôt constitue un moyen d’intervention de l’Etat dans l’économie et occupe une
place de choix dans la formulation des politiques économiques et sociales.

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L’étude de la fiscalité revêt nécessairement un aspect théorique qui se traduit par la définition
de l’impôt, la typologie fiscale ou encore les modalités de détermination de l’impôt.

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CHAPITRE I : NOTIONS FONDAMENTALES DE DROIT FISCAL

SECTION 1 : Les fondements de l’impôt

L’apparition de l’impôt remonte loin dans le temps. Il serait né avec l’érection de la vie
collective sous forme étatique, ce qui remonte à l’époque de l’antiquité.

L’impôt dans ses fondements, a été successivement considéré comme un don, un prélèvement
opéré d’autorité, comme un échange, comme un prix, une prime d’assurance et enfin comme
une obligation résultant du principe de la solidarité.
Selon une des acceptions, l’impôt serait à la fois la garantie et le prix payé pour la protection
des personnes et des biens. Chaque citoyen donne une partie de ses biens à l’état pour avoir la
sécurité de l’autre et pouvoir en jouir agréablement. C’est en quelque sorte le prix des services
que l’individu reçoit de l’état.
Le principe de solidarité sociale correspond à une exigence évidente : chacun doit contribuer
au financement de la charge commune. Sans impôt, l’état et les autres collectivités ne
pourraient pas remplir leur mission d’intérêt général : police, sécurité, défense, santé,
éducation, infrastructures pour ne citer que ceux-là.

Au Burkina Faso l’impôt apparait comme le seul moyen pratique pour les pouvoirs publics
d’obtenir les ressources dont ils ont besoin pour assurer le bon fonctionnement des services
publics.

SECTION 2: Définition

Dans un sens large, l’impôt peut certainement se définir comme une forme spécifique de
prélèvement obligatoire auquel sont soumis les contribuables.

Cette définition a évolué car de nos jours, l’impôt n’est pas la seule forme de prélèvement
obligatoire dans les sociétés contemporaines.

I. la définition classique

La définition classique de l’impôt la plus connue est celle qu’a donnée Gaston GESE dans son
cours de finance publique. Pour cet auteur, « l’impôt est une prestation pécuniaire requise des

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particuliers par voie d’autorité à titre définitif et sans contre partie, en vue de la couverture
des charges publiques ».

Il y a lieu de noter que cette définition n’établit pas le rapport entre impôt et faculté
contributive. Juridiquement, cette définition apparait donc peut satisfaisante. C’est pourquoi
au regard de l’évolution, une définition actuelle s’impose.

II. Définition actuelle


On pourrait retenir la définition à laquelle sont parvenus MEHL et BELTRAME. Selon ces
deux auteurs, « l’impôt est une prestation pécuniaire, requise des personnes physiques ou
morales de droit public ou privé, d’après leurs facultés contributives, par voie d’autorité, à
titre définitif et sans contrepartie déterminée, en vue de la couverture des charges publiques
et à des fins d’intervention de la puissance publique ».

Cette définition repose sur le principe de l’égalité devant l’impôt. Elle exprime l’idée de
solidarité et d’égalité réelle face aux charges publiques et justifie la contribution des citoyens
aux dépenses, indépendamment des avantages reçus, par opposition à la théorie de l’impôt
contrepartie.

SECTION 3 : Les principales caractéristiques de l’impôt

Prestations pécuniaires : dans ses modalités, l’impôt est un prélèvement sous forme pécuniaire
et ce, contrairement aux modalités de règlement en nature qui ont pu exister dans le passé
lointain. Actuellement l’impôt est acquitté en argent (monnaie scripturale, fiduciaire ou
divisionnaire). Ce qui exclut les moyens de paiement en nature (mil, sel, nombre de jours de
travail) comme ce qui se passait autrefois.

Personnes physiques ou morales : l’évolution de l’économie contemporaine a entrainé


l’apparition et le développement des personnes morales qui constituent de nos jours la
majorité des entreprises et qui payent la majorité des impôts. Aussi bien les particuliers que
les sociétés privées (SA, SARL, SURL, entreprises individuelles) et publiques (EPIC, SEM :
LONAB, SONABEL, LNBTP…) payent l’impôt

La capacité contributive : l’aspect contributif peut être vu de deux manières : d’abord tout le
monde doit contribuer au fonctionnement de la cité, mais en plus, chaque citoyen contribue
suivant son revenu et il ne saurait y avoir un impôt unique forfaitaire sur tout le monde.

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Prélèvement obligatoire effectué par voie d’autorité : quelle que soit ses modalités de
paiement, le prélèvement fiscal a un caractère obligatoire, dès lors qu’il est effectué par voie
d’autorité par l’administration sur le fondement des prérogatives de puissance publique qui
sont les siennes.

En conséquence, le contribuable n’a ni le droit de prétendre se soustraire à sa dette, ni celui de


vouloir librement fixer et négocier sa contribution. De plus, l’administration n’a nul besoin de
son accord et s’il s’avérait être récalcitrant, les procédures d’exécution forcées pourraient être
utilisées à son encontre.

Aucun consentement individuel à l’impôt n’est requis. La force publique peut être utilisée en
cas de besoin.

A titre définitif : l’impôt est une ressource définitive pour les collectivités publiques qui
bénéficient. Contrairement à l’emprunt, il n’y a ni paiement d’intérêt, ni remboursement à
attendre.

Sans contrepartie immédiate ni affectation : juridiquement, l’impôt ne constitue pas les prix
d’un service rendu. Le paiement de l’impôt ne donne pas lieu à une contrepartie ou avantage
direct. On ne peut donc pas exiger un avantage particulier parce qu’on a payé ses impôts ; la
contrepartie est indirecte : éclairage public, sécurité, construction des ouvrages publics,
nettoyage des voies publiques etc.…

La règle de non affectation des recettes aux dépenses est un principe budgétaire qui interdit
que l’on affecte des recettes déterminées à la couverture de certaines dépenses précises.
L’ensemble des dépenses sont couvertes par l’ensemble des recettes prévues sans distinction
quant à leur origine.

En vue de la couverture des charges publiques : il s’agit de la fonction première de l’impôt.


Traditionnellement, l’impôt est consenti à l’Etat pour lui permettre d’assurer la couverture des
dépenses publiques (salaires des agents publics, construction d’infrastructures publiques,
missions de sécurité, autres dépenses courantes de l’Etat).

A des fins d’intervention de la puissance publique : l’impôt dans ce sens peut être un
instrument de politique économique et sociale de l’Etat. Sur le plan économique par exemple
on peut taxer plus fortement un secteur d’activité pour amoindrir son importance, ou alléger la
charge fiscale de tel autre secteur d’activité pour encourager son expansion ou faciliter son
accès au plus grand nombre (produits de grande consommation : pain, céréales,). Sur le plan
social, l’impôt permet d’assurer une certaine équité en réclamant plus à ceux qui ont le plus de
moyens (justice verticale) ; De même, ceux qui ont une même capacité contributive doivent
être taxés de la même manière par la justice horizontale.

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SECTION 4: les sources et historique de l’impôt


I. Les sources
En matière fiscale c’est la Loi qui constitue la source principale. Le législateur décide tout,
change tout. On note cependant que les règles supranationales et la doctrine administrative
constituent une limite à cette souveraineté.
La Loi, selon l’article 101 de la constitution fixe les règles concernant l’assiette et les
modalités de recouvrement des impositions et en donne les grandes lignes en matière de
recouvrement. Les décrets et différentes instructions administratives apportent des
interprétations plus précises à la Loi fiscale et donne ses conditions d’applications.
La doctrine administrative est la prise de position officielle de l’administration fiscale face à
une question précise. Quant aux conventions fiscales, elles définissent les conditions
spécifiques d’application de la loi fiscale dans le cadre d’accords bilatéraux ou internationaux.

II. Historique de l’impôt au Burkina Faso

L’impôt était jadis considéré comme un « butin de guerre », un don, un prélèvement opéré
d’autorité, un échange, une prime d’assurance ou enfin; comme un prix payé pour la
protection des personnes et des biens (conception mercantiliste de l’impôt)

Dans les sociétés pré coloniales il a existé plusieurs formes de prélèvements obligatoires. Du
début du 20ème siècle jusqu’à la deuxième guerre mondiale, l’administration coloniale,
appuyée par les chefs traditionnels a soumis les populations à des prélèvements en argent et
en nature.

De l’après guerre à l’indépendance, on a assisté à l’élargissement de l’économie monétaire


(salariat, culture de rente, urbanisation). La plupart des impôts issus du droit français en AOF
a formé la fiscalité burkinabé qui vraisemblablement a été instituée entre 1948 et 1958.

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Après les indépendances, quatre réformes principales ont déterminé la fiscalité au Burkina
Faso :
 La confection des codes des douanes (1962), de l’enregistrement (1963) et des impôts (1965) ;
 Les réformes de l’époque de la « Garangose » intervenues entre 1968 et 1975 qui ont entraîné
l’abrogation de l’impôt progressif sur le revenu et des impôts fonciers sur les propriétés ; elles
ont aussi connu l’institution de l’IUTS, de la TPA par la fusion de taxes et les modifications
de taux ;
 l’institution de la TVA (1991), de la CME ; des modifications de la patente, la taxe de
résidence, et certaines modalités de recouvrement (retenues et prélèvements à la source à titre
d’acomptes BIC/BNC.
 Parmi les récentes réformes depuis une décennie on note :
 L’institution d’une taxe sur les appels téléphoniques entrant au Burkina.
 les modifications apportées au code des impôts par la Loi n° 006-2010/AN du 29
janvier 2010
 l’institution de l’impôt sur les sociétés par la Loi n° 008-2010/AN du 29 janvier 2010
 les modifications apportées au code de l’enregistrement, du timbre et de l’impôt sur les
valeurs mobilières par la Loi n° 005-2010/AN du 29 janvier 2010

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CHAPITRE II : TYPOLOGIE FISCALE


La diversité des impôts et de leurs mécanismes n’exclut pas leur classement par grandes
catégories. Cependant, leur multiplicité rend particulièrement difficile une classification
absolument pertinente.

Les impôts peuvent être classés de multiples façons : habituellement, trois grandes catégories
de classifications sont retenues : économiques, juridique et générale.

SECTION 1 : Classification économique

Cette classification est basée sur l’origine de la richesse : possession ou transmission d’un
capital ou d’un patrimoine, perception d’un revenu lié au travail ou à la propriété et ses
emplois par la dépense soit du revenu, soit du capital lui-même. Elle permet de définir
l’élément sur lequel la contribution est assise, ce qui revient à préciser la matière imposable.
On part de la distinction suivante : le capital produit le revenu, lequel sert à la dépense.

I. l’impôt sur le capital

Le capital dans le sens économique peut être défini comme l’ensemble des investissements
durable, les biens d’équipement ou la production ; il convient d’y ajouter les biens composant
la fortune : immeuble, voitures, bijoux.

L’imposition du capital peut être réalisée soit à l’occasion de sa transmission, soit à raison de
son existence même. Elle est peu conseillée et même déconseillée dans la mesure ou elle peut
faire disparaitre le capital lui-même. Elle peut être permanente (impôt sur le revenu foncier)
ou réclamée lors de certaines opérations réputées conduire à un enrichissement (mutation ou
succession). De plus son taux est faible.

EXEMPLE : droits de succession, la taxe sur le bétail, les droits de mutation

II. l’impôt sur le revenu

L’imposition du revenu consiste à imposer les gains d’une personne ou d’une entreprise dès
que ces gains sont acquis et quel que soit leur emploi ultérieur.

A. la notion de revenu

On définit le revenu comme étant une somme d’argent provenant d’une source permanente
d’une manière périodique. Cette conception est restrictive au plan fiscal dans la mesure ou
elle ne permet pas de prendre en compte les gains non périodiques et notamment les gains en
capital, mais également les avantages en nature.
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Aussi, s’est-on tourné vers une définition plus large prenant en compte l’enrichissement net
du contribuable pendant un laps de temps déterminé, autrement dit la variation de son
patrimoine.

Peuvent être retenus dès lors pour l’imposition des revenus, les revenus des capitaux, (plus
values de cession), ainsi que les revenus non monétaires (avantages en nature), voire même
les gains exceptionnels (profits réalisés en bourse).

La notion de revenu permet de distinguer plusieurs catégories de revenus :

 Le revenu dérivant du capital : loyers, intérêts, dividendes

 Le revenu provenant d’une activité : salaire, traitements, honoraires

 Les revenus mixtes : BIC, BNC, IS

 Les profits : c’est adire les excédents dégagés sur les couts.

B. les modalités d’imposition du revenu

Elles peuvent porter sur les taux, qui peuvent être progressifs ou proportionnels, sur la prise
en compte des charges familiales ou sur la détermination de sa base d’imposition qui peut être
forfaitaire, indiciaire, réelle.

Le revenu peut être traité selon sa source : on a donc à faire à une imposition dite cédulaire ou
analytique, système en vigueur au Burkina Faso.

Les revenus peuvent être réunis en une masse de d’impôt s’appliquer à cette masse : on parle
alors d’impôt global, unitaire ou synthétique.

La troisième possibilité combine les deux : on procède d’abord à une imposition séparée ou
cédulaire ensuite à une imposition globale : c’est le système français.

III. les impôts sur la dépense ou sur la consommation

Les impôts sur la dépense consistent à taxer le revenu lors de son utilisation par la majoration
du prix des biens que les contribuables achètent. Trois sous classifications sont retenues :

 Selon l’objet : il y a d’une part les impôts spécifiques sur la consommation qui portent
sur des produits déterminés comme par exemple la taxe sur la boisson, la cola, les
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produits pétroliers, les assurances. De l’autre, il y a un impôt général sur la dépense, la


TVA qui frappe toutes transactions sans tenir compte de la nature du produit.
 Selon la base de taxation, on peut retenir les impositions selon le volume, le poids, le
nombre d’unités, ou la valeur.
 Selon le stade de perception, on distingue la taxe à la production, à la consommation,
la taxe en cascade cumulative et non cumulative.
Leur caractéristique principale est qu’ils sont des impôts rentables, de perception facile,
contributives. C’est pourquoi on essai de trouver des palliatifs en fixant des taux en fonction
du caractère du produit : première nécessité, grande consommation ou de luxe.

Le Burkina a adopté deux taux avec l’avènement de la coviD19 deux taux qui sont de 10% et
de 18%.

SECTION 2 : les classifications juridiques

La distinction entre impôts directs et indirects est certainement la plus importante au plan
juridique. Elle est aussi la plus communément utilisée.

I. les impôts directs

L’incidence de cet impôt vise exclusivement la personne qui paye. Il s’agit de déterminer si
l’impôt est bien supporté par celui qui y est assujetti ou si la charge repose sur un tiers.

Ils correspondent à une situation stable : par exemple l’exploitation d’une entreprise. Il est
perçu à date fixe, généralement une fois par an. Ils portent sur le revenu ou le capital.

Les impôts directs sont personnalisés par la prise en compte des charges familiales et
l’utilisation de la progressivité par tranche ; ce qui fait dire que l’impôt direct est plus juste.

Cependant, ils sont plus ressentis par le contribuable car il n’y a pas d’intermédiaire entre
celui qui paye et celui qui verse au trésor public.

II. les impôts indirects

A priori, tout impôt qui n’est pas direct est indirect.

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Ils correspondent généralement à des opérations, actes ou faits intermittents, constatés au jour
le jour et dépendants souvent de la volonté du contribuable ils portent sur la dépense ou la
consommation.

Les impôts indirects sont indolores, ils ont un effet anesthésiant du fait qu’ils sont incorporés
dans le prix. Celui qui paie n’est pas celui qui verse au trésor public, d’où la notion de
redevable réel et redevable légal.

Les impôts indirects sont très rentables et rapportent beaucoup à l’état.

Ils ont pour inconvénient majeur d’être injuste, car on demande la même contribution à des
personnes ayant des revenus différents.

SECTION 3 : les autres classifications

I. Impôt unique, impôts multiples

L’impôt unique aurait l’avantage de la simplicité et d’une grande prévisibilité. Les


inconvénients sont cependant très nombreux : il serait difficile à mettre en œuvre et
entrainerait de grandes pertes pour l’état, ce qui a fait dire à Maurice COZIAN que « l’impôt
unique est mythe ».

II. Impôt de quotité, impôt de répartition

Dans le système de l’impôt de répartition, on détermine le montant total des recettes que doit
procurer l’impôt. Ce montant fait l’objet d’une répartition entre les contribuables en fonction
de leur base respective. Ce qui veut dire que le taux ou le tarif est fixé à postériori et égal au
quotient total des recettes attendues par le total des bases.

L’impôt de répartition est celui dont le produit total est connu à l’avance. Par la suite, on
procède à des répartitions.

Dans le système de l’impôt de quotité, le taux est fixé a priori, le montant des recettes que
procure l’impôt est variable et dépend de l’importance de la matière imposable.

Actuellement, seuls les impôts de quotité sont en vigueur. Avec ce système, seul le taux est
fixé à l’avance et non le produit c’est le cas de la TVA et le BIC.

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III. Impôts réel, impôts personnels

Les impôts réels sont ceux qui frappent les biens, les actes ou opérations ou éléments
déterminés du patrimoine, de l’activité ou de l’exploitation sans considération de la situation
personnelle de son détenteur. Le prélèvement sur le loyer.

L’impôt personnel ou personnalisé est celui qui tient compte de la matière imposable, mais
aussi de la situation du contribuable, essentiellement les charges familiales : exemple : IUTS,
les droits de mutation par décès.

IV. Impôt d’état et impôts locaux

Cette classification se fonde sur le fait de savoir si un impôt alimente le budget de l’état ou
des collectivités locales.

Au Burkina, les collectivités locales sont les régions et les communes étant donné qu’elles
bénéficient d’une autonomie financière.

Les impôts locaux sont l’exception par rapport aux impôts d’état. On a par exemple : la taxe
sur le bétail, la patente, la taxe de stationnement, la taxe de jouissance, la taxe de résidence, la
contribution des micros entreprises.

Exemple d’impôt d’état : BIC, BNC, IS, TVA, droit d’enregistrement, IUTS, TPA….

V. Impôt proportionnel, impôts progressifs

Cette distinction est aujourd’hui l’objet de vifs débats, tant l’un peut être aisément substitué à
l’autre.

L’impôt proportionnel est celui qui a un taux unique par tranche du montant global : exemple
IS (taux : 27,5%)

L’impôt progressif a un taux progressif suivant la tranche de revenu considéré et tient compte
de la situation personnelle du contribuable. Exemple IUTS, BIC dont le taux dépend de la
tranche de revenu.

VI. Impôts analytiques, impôts synthétiques

L’impôt analytique est assis sur les éléments d’un patrimoine ou sur une opération isolée ou
encore sur une catégorie unique de revenu appelée cédule.

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L’impôt synthétique consiste à appréhender un ensemble d’opérations ou de revenus et taxer


l’ensemble en une seule fois : exemple : l’impôt sur le revenu des personnes physiques qui
frappe le revenu global du foyer fiscal.

VII. Impôts spécifique et impôt ad valorem

L’impôt spécifique est celui dont le taux est exprimé en unité monétaire par unité de l’élément
physique retenue pour la base (poids volume…) Exemple : Taxe de Jouissance (TJ) dont
l’unité est le mètre carré.

L’impôt ad valorem est celui dont le taux est exprimé en pourcentage de la base taxable.
Exemple TVA.

VIII. L’impôt, la taxe, la taxe parafiscale et la redevance

A côté de l’impôt, on a d’autres prestations pécuniaires au profit de l’état qui sont proches des
impôts sans être de véritables impôts

1. La taxe

La taxe correspond en principe à un service dont profite le payeur, mais son montant n’est pas
égal à un prix. Exemple la taxe de voirie, la taxe de balayage, la taxe de péage. Mais il ne faut
pas confondre avec certaines taxes comme la taxe sur la valeur ajoutée qui sont de véritables
impôts.

2. La taxe parafiscale

Elle est aussi obligatoire que l’impôt. Mais elle est perçue spécialement dans le but
économique et social, au profit de certaines personnes morales de droit public autre que l’état.

3. La redevance

La redevance est acquittée par les usagers volontaires d’un service public, donc par les

usagers effectifs. Son montant est égal a un prix. Redevance : SONABEL, ONEA.

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CHAPITRE III : LES ELEMENTS CONSTITUTIFS DE L’IMPÖT

Le prélèvement fiscal comporte trois étapes essentielles : l’assiette, la liquidation et le


recouvrement, précédé d’une étape préliminaire.

SECTIONS 1 : Le champ d’application

Définir le champ d’application revient à préciser : les personnes imposables, les opérations
imposables et les règles de territorialité.

I. les personnes imposables

Ce sont celles qui sont désignées comme contribuables ou assujettis par la loi. Une personne
est imposable en fonction des opérations qu’elle réalise. C’est le cas des commerçants qui, par
nature réalisent des actes de commerce imposables dans le cadre de la fiscalité des
entreprises : il peut s’agir d’une personne physique ou morale.

II. les opérations imposables

Ce sont les événements ou actes relatifs au revenu, à la dépense ou au capital devant être
soumis à l’impôt. Selon les impôts et taxes concernés, certaines opérations sont imposables
par nature, d’autres par option et d’autres par disposition de la loi et d’autres enfin sont
exonérées.

III. Les règles de territorialité

Les règles de territorialité précisent les limites du territoire auquel s’applique la législation
fiscale burkinabè, ainsi que les règles applicables en cas d’opération mettant en jeu des
personnes hors du Burkina Faso.

SECTION 2 : L’assiette de l’impôt

L’assiette désigne, d’une part, l’ensemble des règles appliquées ou des opérations effectuées
par les services pour déterminer les éléments (bénéfices, chiffre d’affaires, valeurs des biens
achetés ou reçus en héritage, etc.) qui doivent être soumis à l’impôt, et d’autre part, le résultat
de ces opérations auquel est impliqué ensuite, le taux ou le barème de l’impôt.

Dans ce deuxième cas, il est synonyme de « base » ou, en matière d’impôt sur le revenu, par
exemple, de « revenu net imposable ».

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I. La matière imposable

La définition de la matière imposable est du ressort de l’administration. Cette phase implique


une double opération : il faut dans un premier temps que soient qualifiés les éléments
susceptibles d’entrer dans la base d’imposition. Il faut ensuite qu’ils soient évalués. C’est
l’indicateur de la ressource ou de l’opération économique à atteindre, à savoir, le revenu ou
bénéfice, la dépense, le capital ou opération sur le capital.

II. le fait générateur

C’est la situation, l’événement ou l’acte qui créé les conditions d’existence de la dette fiscale,
dont il fixe le régime juridique. Il est constitué par l’écoulement d’une année d’exploitation ou
la clôture d’un exercice pour le BIC ou BNC le franchissement du cordon douanier pour les
droits de douane, la livraison de la marchandise ou l’accomplissement du service pour la
TVA.

Le fait générateur doit être distingué de l’exigibilité qui est le droit pour le trésor public de
réclamer, à partir d’une certaine date, le paiement de l’impôt. Ces deux notions peuvent
cependant coïncider dans le temps comme les droits de douane et d’enregistrement.

III. L’évaluation de la matière imposable

Il s’agit de définir la base imposable et de l’évaluer. La législation fiscale définit les modalités
de détermination de la base imposable et les procédés retenus pour son évaluation, avec une
extrême précision.

La base d’imposition est constituée des revenus, biens, droits ou valeurs auxquels est appliqué
le taux ou le barème de l’impôt pour obtenir la somme due par la personne.

On rencontre trois procédés d’évaluation :

 L’évaluation réelle

Elle vise à connaitre le montant réel de la base imposable, ce qui suppose la tenue d’une
comptabilité détaillée. Le plus souvent, le fisc se contente de la déclaration du contribuable,
mais cette confiance a pour contrepartie le droit de contrôle et de vérification que se réservent

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les services fiscaux. C’est le mode d’évaluation le plus usité et qui semble avoir les faveurs de
l’administration fiscale.

 l’évaluation approchée

Elle revient à renoncer à l’évaluation réelle parce que douteuse ou peu sûre. La base est
déterminée de façon approximative par l’administration à partir d’éléments jugés significatifs
de l’activité du contribuable ou de sa capacité contributive. C’est le cas en particulier en
matière de bénéfices pour certaines petites entreprises dans la détermination du forfait.

 L’évaluation indiciaire

Cette dernière est encore plus approximative et se fonde sur des critères extérieurs à la base
imposable elle-même. Il s’agit par exemple de l’évaluation des valeurs locatives des bâtiments
en matière d’impôts locaux ou d’impôt sur les revenus fonciers fondé sur le classement des
immeubles en catégories présentant des caractéristiques de confort ou de qualités communes.

SECTION 3 : La liquidation et les modalités de liquidation

I. La liquidation

La liquidation intervient après que la base d’imposition ait été déterminée. Elle consiste à
appliquer à la base d’imposition un ensemble de règles qui forment le tarif de l’impôt. En
pratique, il s’agit le plus souvent d’appliquer un taux ou un barème (impôt sur le revenu) ou
un tarif (taxe de résidence).

Elle est effectuée soit par le contribuable lui-même (TVA, IUTS) ou par l’administration
(Patente, Taxe de Résidence).

En plus du taux, la liquidation peut faire intervenir des éléments complémentaires tels que les
abattements, les exonérations et déductions.

II. les modalités de liquidation

La liquidation est faite par l’administration, le contribuable lui-même ou un tiers selon les
cas :

 L’administration fiscale calcule l’impôt soit à partir des déclarations des contribuables
(patente, taxe de résidence, enregistrement, droit de succession…) soit d’office sur les
informations qu’elle recueille (taxation d’office) ;

 La liquidation par le redevable concerne essentiellement la TVA, l’impôt BIC ; BNC,


l’IS, l’IRF, la TPA… ;

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 La liquidation par un tiers concerne les impôts retenus à la source : l’IUTS, l’IRVM,
l’IRC….

SECTION 4 : Le recouvrement et les modes de paiement de l’impôt

I. Le recouvrement

Recouvrer l’impôt, c’est le percevoir. Cette opération est conduite par un comptable public
relevant de la Direction Générale des Impôts (fiscalité intérieur) ou la Direction Générales des
Douanes (fiscalité de porte).

Il consiste à faire entrer l’impôt dans les caisses publiques. C’est l’opération essentielle, celle
qui réalise le but de l’impôt.

C’est également celle qui entraine le plus de problèmes entre l’administration fiscale et les
contribuables.

II. Les modes de paiement de l’impôt

1. le paiement ordonné

C’est le système applicable aux impôts directs faisant l’objet d’avis d’imposition. Il se
caractérise par le fait qu’il y a un temps qui sépare le fait générateur de l’exigibilité (patente).

2. Le paiement spontané

Il y a paiement spontané lorsque l’impôt est dû dès que survient le fait générateur ou dès qu’il
est liquidé. C’est le cas des droits de douanes, d’enregistrement et de timbre. C’est également
le cas où le contribuable effectue le paiement spontanément à partir des déclarations qu’il a
lui-même déposées (TVA, BIC…).

3. les tiers payeurs ou retenue à la source

C’est un système applicable en matière d’impôt sur le revenu. Avec ce système, un tiers
payeur, qui détient le revenu va défalquer le montant de l’impôt au profit du fisc. Le
bénéficiaire reçoit un montant net d’impôt. C’est le cas de l’IUTS, de l’IRC et de l’IRCM.

SECTION 5 les procédures de poursuite

La dette fiscale est portable et non quérable ; le contribuable est tenu par ce principe de
remettre une somme d’argent correspondant au montant de son impôt sans que le comptable
public n’ait à se déplacer pour le réclamer.

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Le contribuable qui n’a pas acquitté à l’échéance réglementaire le montant de ses impositions
sera passible de poursuites portant sur la totalité des sommes dues. Les principales étapes de
la procédure sont :

I. L’avis de mise en recouvrement

C’est un document qui somme le contribuable défaillant de payer le montant du. Le délai de
paiement est de huit jours. L’AMR est établi à l’aide d’un imprimé spécifique en double
exemplaire. Il doit mentionner la totalité des sommes restant dues par le redevable (droits
simples et pénalités).

L’AMR est adressé au redevable légal de l’impôt ou à son représentant. Il est notifié par lettre
recommandée avec accusé de réception ou par remise directe au contribuable par registre de
transmission.

Pour les impôts indirects, la date de l’AMR constitue le point de départ de la computation du
délai de la prescription et de la période de trois (3) ans sur laquelle porte le privilège du trésor.

II. La mise en demeure de payer

La mise en demeure est l’acte par lequel l’administration fait sommation au débiteur d’une
imposition dument authentifiée par un AMR de se libérer de sa dette et lui annonce qu’a
l’issue du délai prévu par les textes, elle pourra engager des poursuites. Elle constitue un acte
indispensable et préalable à l’exécution forcée.

Il fait suite à l’AMR resté sans effet. Ce document reprend toutes les mentions de l’AMR à la
différence du délai qui est de cinq (5) jours et a l’issue duquel la procédure de recouvrement
forcé peut être engagée.

L’avis de mise en demeure est établi et adressé au redevable de l’impôt a qui avait été
préalablement adressée l’AMR. L’AMD est établi sur un imprimé type, il est signé et rendu
exécutoires par le receveur des impôts ou par délégation l’agent de poursuite.

III.La phase de recouvrement forcé

Elle est engagée à la suite des correspondances préliminaires. Le recouvrement forcé est
exercé par les agents assermentés porteurs de contraintes. On distingue plusieurs modes de
recouvrement forcé de l’impôt. Mais les trois modes les plus utilisés sont les fermetures, les
saisies et les Avis à Tiers Détenteurs (ATD).

 Les fermetures administratives des locaux professionnels ;

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 Les saisies et les ventes. Toutefois la vente des objets saisis est soumise à
l’autorisation préalable du DGI et ne peut avoir lieu que huit jours au moins après
cette autorisation ;

 Il y a également l’ATD qui est un document signé par le Receveur enjoignant le


débiteur des fonds du redevable à verser les sommes dues au receveur. L’ATD est sans
délai.

Le caractère spécifique de la dette fiscale a conduit l’administration à s’entourer de


prérogatives et de garanties nécessaires pour assurer le recouvrement de l’impôt. Il s’agit
notamment du privilège du trésor sur les biens meubles et de l’hypothèque légale sur les biens
immeubles.

Privilège : c’est un droit que la loi reconnait à un créancier en raison de la qualité de sa


créance.

L’hypothèque : droit réel accessoire grevant un immeuble et constitué au profit d’un créancier
en garantie du paiement de la dette. L’hypothèque autorise le créancier non payé à l’échéance
à faire saisir l’immeuble en quelque main qu’il se trouve et à se payer sur le prix avant les
créanciers chirographaires.

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CHAPITRE V : PRESENTATION DU SYSTEME FISCAL BURKINABE

Le système fiscal peut être défini comme l’ensemble des dispositions d’ordre juridique en
vigueur dans un pays à un moment donné qui établissent les impôts et organisent leur mode
de perception.

De manière plus restrictive et courante c’est simplement l’ensemble des impôts en vigueur
dans un pays.

Le système fiscal burkinabè présente les caractéristiques suivantes :

a) La caractéristique majeure des impôts burkinabè est leur diversité.


Ceci s’explique par le système d’imposition cédulaire;
 le système d’imposition est cédulaire : le cédule est entendu comme une catégorie de
revenu : exemple : le salaire, le bénéfice, le dividende, et chaque cédule est soumis à
un impôt particulier ;
 il est à noter le nombre élevé de taxes spécifiques : taxes sur les produits pétroliers ;
taxe sur le café, la taxe sur les produits cosmétiques, taxe sur les interconnexions, la
cola, les assurances etc.
b) Le système fiscal burkinabè est déclaratif : le contribuable déclare lui-même les
montants de ses bases d’impositions.

c) Un droit de contrôle est cependant reconnu à l’administration, comme la contrepartie


du système déclaratif ;
La déclaration contrôlée telle qu’elle est pratiquée fait appel à une certaine dose de
confiance du fisc vis-à-vis du contribuable. En effet, c’est ce dernier qui fournit les
éléments de l’imposition qu’il va supporter ;

Cette méthode entraine des risques de fraude fiscale. Aussi, la confiance faite au contribuable
n’est pas absolue ; l’administration se réserve le droit de contrôler les déclarations, fait des
recoupements, des droits de communications et surtout des vérifications de situation fiscale.

SECTION 1 : La fiscalité de porte

La fiscalité douanière a pour fondement les lois et règlements de l’union économique et


monétaire ouest africaine (Traité de l’UEMOA), de la communauté économique des états de
l’Afrique de l’ouest (traité de la CEDEAO), nationaux (codes des douanes, les lois de
finances, lois, ordonnances, décrets et arrêtés, etc.) et les traités et conventions
internationales.la fiscalité douanières comprend la législation et la réglementation relative aux
modalités d’assiette et de perception aussi bien des droits de douane que des droits et taxes
fiscaux recouvrés par la douane.

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Par droit de douane on entend des droits dont l’objet est de protéger le commerce, l’industrie
et l’agriculture du pays et dont le taux est unique.

Par droits et taxes fiscaux, on entend des droits et taxes régis par le code des impôts mais
recouvrés par la douane à l’ occasion de l’importation ou de l’exportation des biens. Leur but
principal est d’assurer des recettes au budget de l’état.

I. Généralités

Le territoire douanier comprend tout le territoire du Burkina Faso. Mais des zones franches,
soustraites a tout ou partie du régime des douanes, peuvent être constituées dans le territoire
douanier dans un but économique.

Les lois et règlements douaniers doivent être appliqués sans égard à la qualité des personnes
physiques et morales. Même les marchandises importées et exportées par l’état ou ses
démembrements ne sont l’objet d’aucune immunité ou dérogation. Toutefois, pour des raisons
économiques, sociales ou diplomatiques, des exonérations fiscales sont instituées. Il existe
plusieurs types d’exonération : franchise diplomatique, franchise au titre des dons a l’état et a
ses démembrements, les franchises aux ONG et associations de développement, les franchises
au titre du code des investissements, du code minier et les franchises spécifiques (particulier
qui déménage, les exonérations de la croix rouge, de la SONABEL, de l’ONEA, de la
SONAGES, sur les plaques solaires etc.).

II. Le régime du droit commun

« Les marchandises qui entrent sur le territoire douanier sont passibles des droits
d’importation inscrits au tarif des droits de douane », article 8 du code national des douanes
(loi n°03/92/ADP du 03 décembre 1992).

Depuis le 1er janvier 2000, le Burkina applique le tarif extérieur commun (TEC) de l’UEMOA
institué par le règlement n°23/2002/CM/UEMOA du 18 novembre 2002. Le TEC est composé
d’une nomenclature tarifaire statistique (NTS) et d’un tableau des droits et taxes.

Les produits figurant sur la NTS sont répartis en quatre catégories : catégorie 0, catégorie 1,
catégorie 2 et catégorie 3. La liste des marchandises composant chaque catégorie est arrêtée
par voie de règlement du conseil des ministres de l’union sur proposition de la commission.

Les droits et taxes comprennent le TEC aux membres (droit de douane), les prélèvements
communautaire de solidarité (PCS), la redevance statistique (RS) et le cas échéant, une taxe
conjoncturelle à l’importation (TCI) et une taxe dégressive de protection (TDP).

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Le droit de douane : il comporte quatre taux correspondant aux quatre catégories suscitées
applicables aux produits non originaires de l’union.

Catégories 0 taux 0% : pour les biens sociaux essentiels classés à la catégorie 0 (médicaments,
préservatifs, milieux de culture et réactifs de laboratoire, gants chirurgicaux, certains
matériels médicaux, matières premières destinées à la fabrication des médicaments, huiles
brutes de pétrole ou de minéraux bitumés pétrole raffinés…).

Catégorie 1 taux de 5% : pour les produits classés a la première catégorie (produits de


première nécessité, matières premières de base, biens d’équipement, certains intrants…)

Catégorie 2 taux de 10% : pour les produits intermédiaires classés a la deuxième catégorie
(levure, poudre à laver, véhicule de transport en commun de personne et de marchandises…)

Catégorie 3 taux de 20% pour les biens de consommation finale classés a la troisième
catégorie.

Les redevances statistiques au taux de 1% de la valeur en douane, applicable à tous les


produits exonérés ou non.

Les prélèvements communautaires de solidarité (PCS) l’assiette du PCS est constituée par les
importations, dans tous les états membres, des produits originaires des états tiers à l’union et
mis à la consommation. Le taux actuellement est de 1%. Les produits du PCS sont reversés
directement à l’UEMOA. Le produit du PCS sert à compenser la moins-value de recettes
fiscales subies par les états importateurs des produits de l’union. Ils servent également à
financer d’autres fonds : le fonds de réserve destiné à la couverture des déficits de
compensation des moins-values, de fonds structurels, du dysfonctionnement de l’union.

Le prélèvement communautaire (PC) aux taux de 0.5% pour le compte de la CEDEAO.

Les produits reconnus originaires de l’UEMOA ou de la CEDEAO sont exonérés des droits et
taxes ci-dessus cités. En plus des droits et taxes d’entrée inscrits au TEC , l’administration des
douanes perçoit des taxes intérieures au cordon douanier : taxe sur la valeur ajoutée, taxe sur
les produits pétrolier, taxe d’accise (taxe sur la cola, sur les boissons, sur les tabacs), et
d’autres prélèvements fiscaux (remise pour la reprographie des œuvres artistiques et
littéraires, rémunération pour copie privée, contribution au programme de vérification des
importations, redevance informatique, acompte sur les bénéfices industriels et commerciaux).

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PRESSION FISCALE ET EFFORT FISCAL


PARAGRAPHE 1 : PRESSION FISCALE

Elle est aussi désignée par les termes rendement ou coefficient fiscal. C'est le rapport existant entre le
total des prélèvements fiscaux d'un Etat (y compris les cotisations sociales) et les ressources
économiques totales de cette nation (à travers le PIB et/ou le PNB).

Taux de pression fiscale = (total des prélèvements de toute nature / PIB et ou PNB) x 100. Plus le
pays est développé et les richesses grandes, plus le taux de pression fiscale est élevé. La pression
fiscale est calculée au niveau de la nation.

PARAGRAPHE 2 : EFFORT FISCAL

L'effort fiscal est une notion subjective qui renvoie au contribuable individuel. Il s'agit de la pression
de la charge fiscale qu'il ressent en rapport avec ses propres revenus, sa perception de la répartition de
la charge entre les différents contribuables et la qualité ou quantité de services publics gratuits que
l'Etat lui assure.

Section 3 : Fraudes et Evasions fiscales

Si l'impôt est prélevé par voie d'autorité, il a pour principe fondamental le consentement général.

il s'agit donc d'une honorable obligation pour chaque citoyen de participer aux charges publiques. De
ce point de vue, chaque citoyen devrait accepter librement et payer avec fierté ses impôts. Cette
attitude idéale est qualifiée de civisme fiscal. Cependant, dans la réalité c'est plutôt le contraire que
l'on observe. Les citoyens développent toutes sortes d'initiatives pour échapper ou payer le moins
d'impôt possible. Cette attitude est qualifiée d'incivisme fiscal. Les causes de ce comportement sont
multiples : pauvreté, mauvaise utilisation des ressources publiques, corruption, impunité, pression
fiscale élevée, résistance même à l'impôt, etc.

La manifestation de cet incivisme se traduit par les fraudes et les évasions fiscales.

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PARAGRAPHE 1 : FRAUDE FISCALE

Elle se définit comme une infraction à la loi commise dans le but d'échapper à l'impôt ou d'en
minimiser le montant. Il s'agit d'une transgression intentionnelle de la loi en vue de se soustraire au
paiement de l'impôt ou de réduire son montant. La fraude fiscale se fait au moyen de procédés divers,
simples ou complexes (absence de déclaration, dissimulation d'activités lucratives exercées,
minoration des résultats et gains, gonflement des charges d'exploitation...).

PARAGRAPHE 2 : EVASION FISCALE

L'évasion fiscale est l'utilisation habile par le contribuable des possibilités qui lui sont offertes par la
loi ou par son absence, son imprécision ou ses lacunes pour se soustraire du paiement de l'impôt ou en
payer moins. Cette pratique aboutit aux mêmes résultats et aux mêmes conséquences que la fraude,
mais sans violation des lois.

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TECHNIQUE FISCALE
L'objectif de cette partie est de familiariser l'apprenant au calcul de certains impôts du système fiscal
Burkinabé.

CHAPITRE 1 : IMPÔT UNIQUE SUR LES TRAITEMENTS ET


SALAIRES (IUTS)
Articles 55 à 74 de la loi N° 06-65 du 26/05/1996 portant création du code des impôts directs
indirects et du monopole des tabacs.

SECTION 1 : CHAMP D'APPLICATION

PARAGRAPHE 1 : REVENUS IMPOSABLES


Aux termes de l'article 55 du code des impôts, un Impôt Unique sur les Traitements et Salaires IUTS)
applicable à l'ensemble des traitements publics et privés, indemnités émoluments et salaires de toute
nature, perçus au cours de la même année.

De même, les avantages en nature accordés aux employés, à l'exception de ceux supportés par l'Etat,
les collectivités locales et les établissements n'ayant pas un caractère industriel et commercial, sont
soumis à cet impôt.

C’est donc la qualité juridique de salarié qui détermine l'imposition à l'IUTS Elle s'apprécie par
rapport à la nature juridique du lien de subordination qu'établit le contrat de travail entre un employé et
son employeur quelle que soit la forme du contrat (écrit ou verbal) et quelle que soit la dénomination
de la rémunération (salaire, traitement, indemnités primes). '

Il suffit que la rémunération (revenus en espèce ou en nature) ait été perçue en contrepartie

d’un travail exécuté en état de subordination juridique de l'employé vis à vis d'un employeur.

Exemple, les honoraires d'un avocat ou d'un médecin qui en principe relèvent des bénéfices non
commerciaux relèveront de l'IUTS lorsque leurs bénéficiaires exercent leur activité dans le cadre d’un
contrat qui les place en état de subordination à l'égard d'un employeur.

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Sont considérés au titre des avantages en nature, les dépenses ci-après prises en charge par un
employeur au profit de l'employé :

- les frais de voyage, de congé ;

- la consommation d'eau, d'électricité et de téléphone ;

- les impôts personnels du salarié (IUTS, taxe de résidence) ;

- la domesticité : gardiens, jardiniers, cuisiniers, blanchisseur, etc ;

- les dépenses de logement y compris celles de matériel et de mobilier d'habitation de toute nature ;

- les dépenses de transport, à l'exception du transport en commun.

Ces avantages en nature seront estimés d'après le montant réel des sommes mises à la charge de
l’employeur. Lorsqu'un élément d'actif immobilisé est mis à la disposition du salarié, il sera retenu une
valeur forfaitaire mensuelle égale au douzième de la valeur brute du bien figurant au bilan affectée
d'un coefficient de 5% ce qui donne (VO x 1/12 x 5%).

PARAGRAPHE 2 : REVENUS EXONÉRÉS

Certains revenus sont exonérés totalement ou de façon partielle.

Exonérations totales
Les exonérations totales portent sur certains avantages sociaux et revenus particuliers. Il s'agit
notamment :

 des allocations familiales, allocations d'assistance à la famille, les majorations de


soldes ou d'indemnités attribuées en considération de la situation ou des charges
familiales ;
 des pensions civiles et militaires :
 des traitements attachés à une distinction honorifique à caractère civil ou militaire.

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 indemnités de licenciement à l'exclusion des sommes versées au titre d'indemnité de


préavis ou de congés payés ;
 les indemnités de départ à la retraite ou les primes de départ à la retraite 1;
 des appointements des consuls pour l'exercice de leurs fonctions consulaires, dans la
mesure où les pays qu'ils représentent accordent des avantages analogues aux agents
diplomatiques et consulaires du Burkina Faso.
Exonérations partielles
Les exonérations partielles portent sur des revenus pouvant échapper à l'impôt selon des

limites et conditions prévues par la loi. A cet effet, sont exonérées dans les limites suivantes de

- 20 % du salaire brut sans dépasser 75 000 francs CFA par mois pour l'indemnité de logement ou
l'avantage en nature en tenant lieu ;

- 5 % du salaire brut sans dépasser 50 000 francs FCA par mois pour l'indemnité de fonction ou
l'avantage en nature en tenant lieu.

Sont considérées comme indemnités de fonction « les allocations spéciales destinées à couvrir les frais
inhérents à la fonction ou l'emploi » et « expressément prévues par un texte, un statut ou un contrat ».
Représentent notamment des indemnités de fonction :

-les indemnités de caisse ;


-les indemnités de sujétion ;
-les indemnités de représentation ;
-les indemnités de salissure. Aussi sont considérées comme des indemnités de fonction
-les indemnités de responsabilité ;
-les indemnités de risque.

- 5 % du salaire brut sans dépasser 30 000 francs par mois pour l'indemnité de transport ou de
déplacement ou l'avantage en nature en tenant lieu.

NB : En cas de cumul d'indemnités et d'avantages en nature de même objet la limitation s'applique au


total.

Il est à noter que le salaire brut est obtenu en déduisant du montant brut des sommes payées et de la
valeur des avantages accordés, les retenues obligatoires opérées par l'employeur en vue de la
constitution de pensions ou de retraites dans la limite de 8 % du salaire de base.
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ABATTEMENT FORFAITAIRE POUR FRAIS ET CHARGES PROFESSIONNELLES

En sus des exonérations totales et partielles, un abattement supplémentaire est effectué. Le taux de
l'abattement forfaitaire est de 20% pour les catégories supérieures et de 25% pour les autres catégories.

L'article 60 nouveau du code des impôts accorde un abattement forfaitaire du salaire de base pour frais
et charges professionnelles. Le taux de cet abattement est de 20% dans le secteur public pour les
catégories « P », « A », « B », les classes 6, 1, 2 et dans le secteur privé pour les grilles catégorielles
équivalentes. Il est de 25% dans le secteur public pour les catégories « C », « D », « E », les classes 3,
4, 5 et dans le secteur privé pour les grilles catégorielles équivalentes (ORDONNANCE N°2008-
22/PRES du 30 décembre 2008).

Par salaire de base, il faut entendre le salaire catégoriel tel qu'il résulte du contrat de travail, exclusion
faite des indemnités de quelque nature que ce soit. C'est le traitement que perçoit l'employé en vertu de
son contrat individuel de travail ou en vertu de la législation sociale à l'exclusion des indemnités
diverses et des autres formes de complément de salaire.

Toutefois, la prime d'ancienneté, le sursalaire et les heures supplémentaires sont admis comme étant
des éléments du salaire de base stricto sensus défini ci-dessus. Par conséquent, c'est ce salaire de base
ainsi déterminé (salaire de base strict + prime d'ancienneté + le sursalaire + les heures
supplémentaires) qui sert de base pour le calcul de l'abattement forfaitaire de 20% ou 25% pour frais et
charges professionnelles et de la limite maximale de 8% pour les cotisations pour pension ou retraite.

La notion de salaire de base est précisée successivement par les instructions administratives (IA)
suivantes :

-IA n°01/95/du 24 février 1995 ;


-IA n° 08/95 du 14 novembre 1995 ;
-IA n° 01-2003/IUTS du 13 février 2003.
L'administration fiscale admet que les rehaussements pour heures supplémentaires soient admis dans
le salaire de base.

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PARAGRAPHE 3 : TERRITORIALITÉ

Les salaires imposables à l'IUTS sont ceux perçus par tout salarié au Burkina Faso. De ce fait, l'impôt
est dû par:

- les salariés domiciliés ou ayant une résidence habituelle au Burkina Faso alors même que l'activité
rémunérée s'exercerait hors dudit Etat ou que l'employeur serait domicilié ou établi hors de celui-
ci ;

- les salariés domiciliés ou résidant hors du Burkina Faso, à la double condition que l'activité
rétribuée s'exerce dans cet Etat et que l'employeur y soit domicilié ou établi ;

- les personnes se trouvant en congé hors du Burkina Faso, alors qu'elles étaient précédemment en
activité au Burkina Faso;

- les fonctionnaires ou agents burkinabés de l'Etat et des collectivités publiques servant dans les
pays étrangers où ils sont exemptés d'impôt sur le revenu ou d'un impôt similaire en vertu des
dispositions internationales.

PARAGRAPHE 4 : FAIT GÉNÉRATEUR

Le fait générateur est constitué par la mise à disposition des rémunérations (paiement direct,
versement bancaire dans un compte sur lequel le bénéficiaire peut opérer des prélèvements).

SECTION 2 : BASE IMPOSABLE

La base imposable est obtenue en déduisant des revenus bruts imposables d'une part les retenues
effectuées par l'employeur en vue de la constitution des pensions et retraites dans la limite de 8 % du
salaire de base et d'autre part l'abattement pour frais et charges professionnelles, puis en réintégrant à
cette base, les indemnités non déductibles ainsi que la partie non exonérée des indemnités
partiellement déductibles.

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Dans la pratique, la détermination de la base imposable à l'IUTS consiste à procéder aux opérations
successives suivantes :

- la détermination de la rémunération totale (ou revenu brut imposable) ;

- le calcul de la retenue pour pension et retraite ;

- la détermination du salaire brut imposable ;

- le contrôle des indemnités et avantages en nature accordés ;

- le calcul de l'abattement pour frais et charges professionnels ;

- la détermination du salaire net imposable (ou revenu net imposable)

- la détermination de la base imposable.

PARAGRAPHE 1 : DÉTERMINATION DE LA RÉMUNÉRATION TOTALE (REVENU


BRUT IMPOSABLE)

Le revenu brut imposable s'obtient en additionnant les différents éléments de rémunération : le salaire
de base, les éléments accessoires à la rémunération de base perçus en argent (heures supplémentaires,
primes, gratifications, allocations forfaitaires pour frais, indemnités...) ainsi que les avantages en
nature accordés à l'employé.

Avant d'être intégrés à la base de calcul les avantages en nature sont évalués de la manière suivante :

- 1/12 de la valeur brute du bien appartenant à l'entreprise et mis à la disposition du salarie affecté
d'un coefficient de 5%;

- l'équivalent financier de la mise à la disposition du salarié d'un personnel de service (gardien,


cuisinier, jardinier...) c'est-à-dire le salaire de base du personnel sus visé plus la cotisation sociale
patronale y relative (16% du salaire brute) plus la TPA (3% du salaire brut versé plus
éventuellement tous les autres frais inclus). •

Les avantages en nature servis par l'Etat, les collectivités locales et les établissements publics n’ayant
pas un caractère commercial ou industriel échappent à l'IUTS.

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CAS DES GRATIFICATIONS DE FIN D'ANNEE :


Les gratifications allouées au personnel en fin d’année ne rentrent pas dans les exonérations
définies par l'article 56 du code des impôts elles sont par conséquent imposables ».
Cependant, afin d'éviter une charge fiscale trop lourde aux bénéficiaires de ces gratifications
au cours du mois de leur distribution, l’administration admet que le montant perçu à ce titre ne
vienne pas se cumuler avec le salaire normal du même mois. Pour la détermination de la base
imposable à l'IUTS deux méthodes de calcul sont proposées :
- soit considérer la gratification comme un 13ème mois et imposer comme tel ; elle est versée (1/12)
par mois si le salarié a travaillé 12 mois, l/9ème s'il n'a travaillé que 9 mois). La différence d'avec
l'IUTS initialement calculé est reversée au trésor public.

L'instruction administrative n° 08/79 du 29 mars 1979 explique le traitement des gratifications de fin
d'année.

CAS DES FRAIS DE VOYAGE CONGÉ:

L'administration admet que les frais de voyage congé soient fractionnées et repartis sur les salaires
versés au cours de l'année pour la détermination du supplément d'IUTS à verser. Ils peuvent aussi être
imposés comme un salaire normal du mois au cours duquel ils ont été servis.

PARAGRAPHE 2 : CALCUL DE LA RETENUE POUR PENSION ET RETRAITE


DÉDUCTIBLE (CAS DE LA COTISATION CNSS)

La base des cotisations CNSS est constituée par l'ensemble des rémunérations en argent y compris les
avantages en nature.

Les avantages en nature doivent être évalués selon le code social en vigueur au Burkina

Faso.

Aux termes des dispositions de l'arrêté n°2008-006/MTSS/SG/DGPS portant fixation des régles
d'évaluation des avantages en nature en date du 10/03/2008 les avantages en nature soumises à
cotisation sociale sont :

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-les dépenses d'eau et d'électricité ;


-les dépenses de domesticité : gardien, jardinier, cuisinier, blanchisseur ■
-les dépenses de logement ;
-les dépenses de nourriture.
On applique à cette base le taux de 5,5% puis on procède aux contrôles suivants :

- Contrôle du plafond de la cotisation CNSS autorisée par la CNSS (800 000 x 5,5% = 44 000)

Depuis le décret n° 2003-252 / PRES /PM du 20 mai 2003 et l’arrêté n° 2003-012 /AfTEJ/SG/ DGTSS
/DT au 20 juin 2003, les taux des cotisations de la caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) sont les
suivants : 16% à la charge de l'employeur ; 5,5% à la charge de l'employé.

- Contrôle du plafond de la cotisation CNSS fiscalement autorisée (8% du salaire de base).

PARAGRAPHE 3 : DÉTERMINATION DU SALAIRE BRUT

Le salaire brut est la base de contrôle des indemnités. Il s'obtient en faisant la différence

entre le montant total des rémunérations (y compris les avantages en nature) et la cotisation pour
pension.

PARAGRAPHE 4 : CONTRÔLE DES INDEMNITÉS ET AVANTAGES EN NATURE


ACCORDÉS

Le contrôle de ces indemnités consiste à rechercher la fraction exonérée des indemnités concernées en
tenant compte des limites fiscales suivantes :

-Indemnité de logement : 20% du salaire brut sans dépasser 75 000 F/mois ;

-Indemnité de fonction : 5% du salaire brut sans dépasser 50 000 F/mois ;

-Indemnité de transport : 5% du salaire brut sans dépasser 30 000 F/mois.

Les avantages en nature alloués et se rapportant aux mêmes éléments seront soumis aux mêmes
limites.

En cas de cumul de ces indemnités ou avantages en nature, les limites seront appliquées à la somme
globale des indemnités et avantages en nature accordés.

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PARAGRAPHE 5 : CALCUL DE L'ABATTEMENT FORFAITAIRE POUR FRAIS ET


CHARGES PROFESSIONNELLES

Il est égal à 20% du salaire de base pour les cadres supérieurs et 25% pour les autres catégories.

Pour mémoire : Avant 2009, il était appliqué un taux unique de 15% pour toutes les catégories de
salariés.

PARAGRAPHE 6 : DÉTERMINATION DU SALAIRE NET IMPOSABLE

Le salaire net imposable est égal au salaire brut auquel on soustrait les exonérations et l'abattement
forfaitaire.

PARAGRAPHE 7 : DÉTERMINATION DE LA BASE IMPOSABLE

La base imposable est obtenue en arrondissant le salaire net imposable aux 100 francs inférieurs
(exemple : pour un salaire net imposable de 248 720, la base imposable sera 248 700).

La base imposable est obtenue en déduisant des revenus bruts imposables d’une part les
retenues effectuées par l’employeur en vue de la constitution des pensions et retraites dans la
limite de 8% du salaire de base et d’autre part les indemnités déductibles puis l’abattement
pour frais et charges professionnelles.

Dans la pratique, la détermination de la base imposable à l’IUTS consiste à procéder aux


opérations successives suivantes :

1°) L’évaluation du revenu brut imposable


Le revenu imposable s’obtient en additionnant les différents éléments de rémunération : le
salaire de base, les éléments accessoires à la rémunération de base perçus en argent (heures
supplémentaires, primes, gratifications, allocations forfaitaires pour frais, indemnités…) ainsi
que les avantages en nature accordés à l’employé. Les avantages en nature sont évalués et
intégrés à la base de calcul.
NB : Les avantages en nature servis par l’Etat, les collectivités locales et les établissements
publics n’ayant pas un caractère commercial ou industriel échappent à l’IUTS.
2°) Le calcul des cotisations déductibles

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Depuis le décret n° 2003-252 / PRES /PM du 20 mai 2003 et l’arrêté n° 2003-012 /MTEJ/SG/
DGTSS /DT du 20 juin 2003, les taux des cotisations de la caisse nationale de sécurité sociale
(CNSS) sont les suivants :
 16% à la charge de l’employeur ;
 5,5% à la charge de l’employé.

La base des cotisations CNSS est constituée par l’ensemble des rémunérations en espèces. Les
5,5% s’applique à l’ensemble de ces rémunérations sans dépasser 44 000 francs.
En ce qui concerne les agents de la Fonction Publique, leur cotisation pour la retraite est
versée à la CARFO et représente 8% du salaire de base (salaire indiciaire).
Pour le calcul de la cotisation sociale de ceux qui travaillent dans le Privé, un double contrôle
s’impose : il s’agit de voir si la cotisation ne dépasse pas dans un premier temps la limite
fiscale et dans un deuxième temps la limite CNSS.

3°) La détermination du salaire brut


Le salaire brut est la base de contrôle des indemnités. Il s’obtient en faisant la différence entre
le montant total des rémunérations (y compris les avantages en nature) et la cotisation pour
pension ou retraite dans la limite de 8% du salaire de base.
4°) Le contrôle des indemnités pouvant échapper à l’impôt
Aux termes de l’article 56 du Code des Impôts, les indemnités de fonction, de logement et
transport sont exonérées dans les limites bien définies. Le contrôle de ces indemnités consiste
à rechercher la fraction exonérée des indemnités concernées en tenant compte des limites
fiscales suivantes :
- Indemnité de logement : 20% du salaire brut sans dépasser 75 000 F/mois ;
- Indemnité de fonction : 5% du salaire brut sans dépasser 50 000 F/mois ;
- Indemnité de transport : 5% du salaire brut sans dépasser 30 000 F/mois.

Les avantages en nature alloués et se rapportant aux mêmes éléments seront soumis aux
mêmes limites.
En cas de cumul de ces indemnités ou avantages en nature, les limites seront appliquées à la
somme globale des indemnités et avantages en nature accordés.

Pour ce qui est des autres indemnités ainsi que des avantages en nature non soumis à un
contrôle de limite (ex : frais de voyage de congé, frais d’eau et d’électricité, impôts
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personnels, dépenses de domesticité), les sommes à inclure dans les bases d’imposition sont
constituées par le montant réel des dépenses effectivement supportées par l’employeur.

EX : En matière de frais de domesticité, sont à prendre en compte les dépenses ci-après :


 les rémunérations brutes allouées ;
 la taxe patronale et d’apprentissage (3%)
 les cotisations sociales patronales (16%)
 tous autres frais inclus.

En ce qui concerne le cas particulier des avantages en nature constitués par la mise en
disposition du salarié d’un élément de l’actif immobilisé de l’entreprise, l’article 59 bis
précise qu’il sera retenu, une valeur mensuelle égale au douzième de la valeur brute du bien
figurant au bilan affecté d’un coefficient de 5%.
5°) Le calcul de l’abattement forfaitaire pour frais et charges Professionnelles
Il est égal à 20% du salaire de base pour les cadres supérieurs et 25% pour les autres.
6°) La détermination du salaire net imposable.
Le salaire net imposable est égal au salaire brut auquel on soustrait les exonérations et
l’abattement forfaitaire.
La base imposable est égale au salaire net imposable arrondi au cent francs inférieur.

I. LA LIQUIDATION

Pour le calcul de l'impôt, il est fait application du barème progressif par tranche ci-après :

Depuis l’adoption de la loi n° 012-2011 /AN du 25 mai 2011 (article 2) les taux applicables
en matière d'IUTS ont connu de multiples modifications
Salaire imposable Taux en
vigueur
0à 10 000 0%
10 000 à 20 000 0%
20 000 à 30 000 0%
30 000 à 50 000 12,1%
50 000 à 80 000 13,90%

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80 000 à 120 000 15,70%


120 000 à 170 000 18,40%
170 000 à 250 000 21,70 %
Supérieur à 250 000 25,00%

Pour tenir compte des charges de famille, il est accordé une réduction d’impôt dans les
proportions allant de 8 % à 14 % comme suit :
1 charge 8%
2 charges 10 %
3 charges 12 %
4 charges 14 %

Sont considérés comme charges de famille à condition de ne pas avoir de revenus distincts :
-les enfants mineurs, infirmes ou ceux âgés de moins de 25 ans lorsqu’ils poursuivent
leurs études ;
-les orphelins recueillis par le salarié dans son foyer et entretenus par lui ;
-le conjoint non salarié.

L’épouse ou les épouses salariées sont imposées séparément et bénéficient des charges de
famille au titre de leurs propres enfants et ceux recueillies par elles lorsque ces charges ne
sont pas retenues pour le calcul de l’IUTS de l’époux.

II. LES OBLIGATIONS ET SANCTIONS

1. Les obligations

Tout employeur a l’obligation de :


1°) tenir un livre de paye (où les sommes payées seront enregistrées).
2°) d’opérer mensuellement la retenue de l’IUTS et de procéder au reversement dans les 10
premiers jours du mois suivant. Cependant, lorsque le montant précompté n’excède pas 5000
F par mois, les versements peuvent n’être effectués que semestriellement dans les 10 premiers

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jours des mois de juillet et de janvier pour le semestre écoulé. Chaque versement doit être
accompagné d’un état d’IUTS-TPA fourni par l’administration.
3°) Joindre à leur déclaration de résultat un état des sommes versées à titre de traitement,
salaires, rétributions sous peine de rejet de ces charges d’exploitation pour le calcul de l’impôt
sur les bénéfices.

2. Les sanctions

Le défaut de retenue ou l’insuffisance de retenue est passible d’une amende fiscale égale au
montant des retenues non effectuées (art. 70 du CI).
Le retard de versement est sanctionné d’une amende égale à 25% des sommes dont le
versement a été différé lorsque le retard n’excède pas 60 jours et à 100% au-delà de 60 jours.
Si l’employeur n’a effectué aucun reversement, il sera personnellement imposé par voie de
rôle d’une somme égale aux retenues non versées et l’amende est portée à 200% (Art. 71 du
CI).

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CHAPITRE II - LA TAXE PATRONALE ET D’APPRENTISSAGE : TPA


(Article 120 à 130 du code des impôts)

I. LE CHAMP D’APPLICATION
Aux termes des dispositions de l’article 120, la TPA s’applique à la totalité des rémunérations
payées en argent au titre des salaires, traitements, pécules, émoluments et indemnités. Sont
également imposable les frais de voyage de congé du personnel ainsi que les avantages en
nature accordés par l’employeur aux employés sous forme de prise en charge des dépenses ci-
après estimées comme en matière d’impôt IUTS.

1. Les personnes imposables

La taxe patronale et d’apprentissage (TPA) est à la charge des personnes physiques ou


morales de toute nature qui paient des traitements, indemnités, émoluments et salaires ou
accordent des avantages en nature.
2. Les exonérations

Sont exonérées de la totalité de la TPA :


- l’Etat, les collectivités locales, les établissements publics n’ayant pas un
caractère industriel et commercial ;
- les missions diplomatiques, les organisations internationales et inter
africaines ;
- les entreprises privées d’enseignement et de soins de santé ;
- les associations ou organismes à but non lucratif, sous réserve du respect strict
de leur objet ;
- les caisses de crédit agricole mutuel fonctionnant conformément aux
dispositions légales qui les régissent.

Les adhérents des centres de gestion agréés bénéficient d’un abattement de 20% sur les
sommes et avantages alloués à leurs salariés (Art. 123 nouveau de la Loi N°006-2010/AN du
29 janvier 2010 portant modification de la loi n° 6-65/AN du 26/05/1965, portant création du
code des impôts directs et du monopole des tabacs).
Des exonérations temporaires (allant de cinq à sept ans à compter du début de l’exploitation)
sont accordées aux entreprises bénéficiaires des agréments du code des investissements (loi
n°007-2010/AN du 29 janvier 2010).
Des avantages similaires sont accordés aux entreprises relevant du code minier.
Ces avantages fiscaux visent à favoriser l’investissement.

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Le bénéfice de ces mesures d’exemption est subordonné à la tenue par l’entreprise d’une
comptabilité régulière.
3. La base d’imposition

La base d’imposition à la TPA est constituée par la totalité des sommes payées en argent à
titre de traitements, salaires, indemnités, émoluments augmentés des frais de voyage de congé
du personnel ainsi que de la valeur des avantages en nature estimés comme en matière
d’IUTS. (On peut citer notamment la consommation d’eau, d’électricité, les frais de
domesticité, de logement ou ceux liés au logement et au transport).

4. Le taux

Le taux de la taxe est fixé à 3% de la base imposable.

II. LES OBLIGATIONS ET SANCTIONS

1. Les obligations
Tout employeur est tenu, aux termes des dispositions de l’article 125 nouveau du code des
impôts de déclarer la TPA dans les 10 premiers jours de chaque mois et d’effectuer les
paiements dans le même délai pour les rémunérations du mois précédent.
Toutefois, lorsque le montant mensuel de la taxe n’excède pas 5 000 F CFA, le versement
peut n’être effectué que dans les dix premiers jours des mois d’avril, de juillet, d’octobre et de
janvier pour le trimestre écoulé.
En outre, il est fait obligation aux redevables de la TPA de produire aux services des impôts
un état annuel récapitulatif indiquant les bases et le montant des versements effectués au cours
de l’année précédente.

(N.B. : la TPA est une taxe professionnelle acceptée en déduction des charges d’exploitation
pour le calcul de l’impôt sur les bénéfices).
En cas de cession ou cessation d’activité en cours d’exercice, l’état récapitulatif de versement
doit être produit dans le délai de 10 jours et le versement des sommes dues immédiatement
effectué. En cas de décès ce délai est de six mois.

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2. Les sanctions
Le contribuable qui n’a pas déposé sa déclaration dans les délais prescrits est passible d’une
pénalité égale à 25% du montant des droits dus.

Le défaut ou l’insuffisance de déclaration entraîne une pénalité de 50% pour le contribuable.

III.Les régimes dérogatoires de droit commun

Certaines marchandises importées sont admises en franchise totale ou partielle des droits et
taxes au profit d’une catégorie de bénéficiaires ou dans le cadre de l’incitation à
l’investissement productif. Ces franchises de droits et taxes sont accordées sur la base d’un
texte légal ou règlementaire.

a. Les franchises diplomatiques

Elles résultent de la mise en œuvre des conventions de vienne de 1961 et de 1963, du décret
n°67-246/PRES sur les privilèges et immunités diplomatiques et consulaires. Ainsi
l’importation en franchise des droits de douane peut être autorisée, sous réserve de réciprocité
de la part des pays étrangers, aux envois destinés aux ambassadeurs, aux services
diplomatiques et consulaires et aux membres étrangers des organismes internationaux
officiels siégeant au Burkina Faso.

b. Les organisations non gouvernementales ONG

Les exonérations consenties aux organisations non gouvernementales trouvent leur fondement
dans la convention d’agrément signée le 10 avril 1987 entre le gouvernement du BF et le
secrétariat permanent des ONG (SPONG, devenu aujourd’hui la direction du suivi des ONG
(DSONG). Il existe également des conventions individuelles entre l’état et certaines ONG ou
association qui accordent les mêmes types d’exonérations.

c. Les exonérations liées au code des investissements

Afin d’attirer les investisseurs, les avantages fiscaux sont accordés par le code des
investissements.

Le code des investissements du BF a été adopté par la loi n°62/95/ADP du 14 décembre 1995
et modifié par la loi n°027/99/AN du novembre 1999 (article 21) son objectif est de
promouvoir les investissements productifs.
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Les équipements ainsi que le 1er lot de pièces de rechanges importé dans le cadre du code des
investissements bénéficient d’une fiscalité réduite au taux cumulé de 7.5%.

d. Les exonérations liées au code minier

Le code minier, régis par la loi n°031-2003/AN du 08 mai 2003 a prévu un système
d’exonération douanière couvrant à la fois la phase de recherche (article 84 et 85 du code
minier), la phase de pré exploitation (article 86 et 87) et la phase d’exploitation (article 91).
Les taux cumulés appliqués sont de 7.5% pour les deux premières phases et 2.5% pour la
phase d’exploitation.

e. Les marchés publics de l’état ou des établissements publics à caractère


administratif

Les marchés publics financés de l’extérieur sont soumis au régime fiscal de droit commun
avec la prise en charge des droits et taxes d’entrée (droits inscrits au TEC) par le budget de
l’état. Il reste entendu que les taxes non inscrites au TEC sont supportées par l’adjudicataire
du marché. Pour la mise en œuvre des dispositions de ces conventions l’arrêté
n°98-157/MEF/SG/DGTCP/DELF et la circulaire n°98-13/MEF/SG/DGTCP/DELF du 23
juin 1998 ont été pris. Conformément a la circulaire n°99-102/MEF/SG/DGTCP/DELF du 28
juin 1999, la TVA doit être payée par l’attributaire du marché.

f. Les dons et aides à l’état

L’arrêté 93-027/MFB/SG/DGD du 20 avril 1993 a supprimé les exonérations fiscales et


douanières a l’exception des dons faits à l’état et à ses démembrements par des partenaires
extérieurs. Ces dons ou matériels fournis gratuitement ne doivent pas être destinés à la
revente.

g. Les franchises spécifiques

Quelques exemples :

 Exonérations accordées au titre des effets et objets personnels lors d’un changement
de domicile

 Exonérations accordées au titre des dons à la croix rouge et aux œuvres de solidarité à
caractère national

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 Exonérations prévues par les contrats plans (SONABEL, ONEA, SONAGESS,


BAGREPOLE…)

 Exonérations pour les plaques solaires.

En tout état de cause, chaque année à l’occasion des lois de finances, le gouvernement peut
être amené à proposer des mesures fiscales nouvelles. qui exonèrent tout ou partie des droits
de douane sur certains produits comme par exemple, la suppression des droits et taxes sur les
produits de grande consommation.

h. Les régimes suspensifs ou économiques

Le lieu de perception des droits et taxes à l’importation des marchandises est censé être le lieu
d’introduction dans le territoire douanier. Mais pour des raisons d’ordre pratique, des régimes
ont été mis en place permettant de différer ce paiement.

Ce sont :

Le transit : qui permet d’acheminer des marchandises d’un bureau de douane sur un autre ou
pays à un autre en suspension des droits, taxes et dispositions spéciales.

L’entrepôt de stockage : il permet de placer des marchandises en suspension de tous droits et


taxes douaniers et fiscaux et autres mesures économiques, dans le local préalablement agrée
par le service des douanes et soumis à son contrôle.

L’admission temporaire : il est le régime douanier qui autorise l’importation à titre


temporaire et en suspension totale ou partielle des droits et taxes d’entrée des marchandises,
produits ou matériels destinés soit à être utilisés en l’état, soit à recevoir un complément de
main d’œuvre. En fin de séjour, les produits doivent être réexportés.

L’entrepôt industriel : il est une possibilité offerte à une unité industrielle d’importer des
matières premières en suspension des droits et taxes de douane afin de les mettre en œuvre
pour la fabrication des produits finis destinés à la fois à l’exportation et à la mise à la
consommation sur le marché.

SECTION 2 : La fiscalité intérieure

I. l’organisation du système fiscal Burkinabé selon le chiffre d’affaires et les


régimes fiscaux
Le système fiscal burkinabé est pour l’essentiel déclaratif et comporte trois (03) régimes
d’imposition :
 Le régime du Réel Normal d’Imposition RNI ;
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 Le régime du Réel Simplifié d’Imposition RSI;


 La Contribution des Micro- Entreprises CME.
Le régime fiscal est une catégorisation des entreprises en vue de l’application conséquente des
dispositions fiscales et comptables au regard de leur chiffre d’affaires et de leur activité.

1. Le Régime du Réel Normal d’Imposition (RNI)

Sont placés sous le régime du bénéfice du réel normal d'imposition les contribuables
personnes physiques ou morales dont le chiffre d'affaires annuel hors taxe est égal ou
supérieur à cinquante millions (50 000 000) de francs CFA. Le chiffre d'affaires limite de
cinquante millions (50 000 000) de francs CFA hors taxe est ajusté au prorata du temps
d'exploitation pour les contribuables qui commencent leurs activités en cours d'année.

Les contribuables dont le chiffre d'affaires hors taxe baisse en dessous du chiffre d'affaires
limite prévu ci-dessus, ne sont soumis au régime simplifié d'imposition, que lorsque leur
chiffre d'affaires hors taxe est resté inf6rieur a cette limite pendant trois années consécutives.

2. Le Régime du Réel Simplifié d’Imposition (RSI)

Sont placés sous le régime du bénéfice du réel simplifié d'imposition, les contribuables
personnes physiques ou morales dont le chiffre d'affaires annuel hors taxe est égal ou
supérieur à quinze millions (15 000 000) de francs CFA et inférieur à cinquante millions (50
000 000) de francs CFA. Les chiffres d'affaires limites de quinze millions (15 000 000) de
francs CFA et cinquante millions (50 000 000) de francs CFA hors taxe sont ajustés au
prorata du temps d'exploitation pour les exploitants qui commencent leurs activités en cours
d'année.

Les contribuables dont le chiffre d'affaires hors taxe baisse en dessous du chiffre d'affaires
limite prévu ci-dessus, ne sont soumis à la Contribution des micro-entreprises que lorsque leur
chiffre d'affaires hors taxe est resté inférieur à cette limite pendant trois années consécutives.

Les contribuables qui remplissent les conditions pour être imposés sous le régime du bénéfice
du réel simplifié d'imposition peuvent opter pour le r6gime du bénéfice du réel normal, avant
le 1er février de chaque année, par une demande adressée au Directeur général des impôts. Le
Directeur général des impôts notifie son acceptation par lettre adressée au contribuable dans
un délai de quinze jours francs A compter de la date de réception de la demande. L'absence de
réponse dans ce délai vaut acceptation.

L'option prend effet à compter du 1 er janvier de l‘année au cours de laquelle elle est agréée.
Elle est irrévocable durant trois ans. Au terme de cette période de trois ans, l ‘option peut être
dénoncée chaque année au cours du mois de janvier par le contribuable par lettre adressée au
Directeur général des impôts.
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L'option peut être dénoncée à tout moment par l’administration fiscale en cas de
manquements aux obligations prescrites par les articles 372 et suivants du code des impôts.

3. La Contribution des Micro Entreprises (CME)

Il est créé un régime de fiscalité globale dénommé Contribution des micro-entreprises, et


réglementé ainsi qu'il suit :

1) La Contribution des micro-entreprises est représentative des impôts et taxes ci-après, dus
par les personnes concernées pour leurs activités professionnelles :

- l’impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux ;

- I ‘impôt sur les sociétés ;

- le minimum forfaitaire de perception ;

- la taxe patronale et d'apprentissage ;

- la contribution des patentes;

- la licence des débits de boissons.

Pour les autres impôts et taxes, le droit commun s'applique.

2) Sont assujettis à la Contribution des micro-entreprises, les contribuables dont le chiffre


d'affaires annuel hors taxe est inférieur à quinze millions (15 000 000) de francs CFA.

Le dépassement de la limite en cours d'année entraine une caducité systématique du régime de


la Contribution des micro-entreprises.

Les dispositions ci-dessus s'appliquent indistinctement, que les activités soient exercées à
demeure ou en ambulance, pendant ou en dehors des heures normales de service.

3) La Contribution des micro-entreprises ne s'applique pas :

- aux contribuables relevant de la Contribution du secteur boisson ;

- aux contribuables relevant de la Contribution du secteur élevage ;

- aux contribuables exerçant une profession libérale quelle que soit la forme juridique
de l'activité.

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4) Tout contribuable relevant du régime de la Contribution des micro-entreprises peut opter


avant le 1er février de chaque année pour le régime du bénéfice du réel simplifié. L'option qui
est faite au moyen d'une lettre adressée au service des impôts de rattachement prend effet à
compter du 1er janvier de I ‘année au cours de laquelle elle est exercée et est irrévocable
durant trois ans. Au terme de la période de trois ans, l’option peut être dénoncée chaque année
au cours du mois de janvier.

5) La Contribution des micro-entreprises est assise et liquidée comme un forfait global


représentatif de tous les impôts dus au titre de l’année et pour I ‘ensemble des activités du
secteur, sous réserve des dispositions des alinéas 1 et 3 ci-dessus

6) Les tarifs applicables sont déterminés par zone, par classe et par profession pour les
activités exercées à demeure et en fonction du moyen de déplacement pour celles exercées en
ambulance.

4. Les contribuables à régime indéterminé

Il existe une catégorie de contribuables qui n’ont pas de régime fiscal déterminé. Ce sont
toutes les personnes physiques ou morales qui ont des obligations fiscales et qui sont de fait
immatriculés au niveau des services des impôts alors qu’elles n’exercent aucune activité
lucrative permettant de les classer dans les régimes ci-dessus cités.
On a dans ce lot les administrations publiques et privées, les associations, les projets, les
ONG, les organismes internationaux, les entreprises non résidentes, les particuliers. Les
obligations les plus fréquentes pour ces contribuables sont : les retenues IUTS, les droits
d’enregistrement de marchés ou d’actes, les retenues libératoires ou à titre d’acompte sur les
bénéfices, les retenues IRF.
Synthèse

Régime d’imposition CAHT annuel


Régime du Réel Normal d’Imposition CAHT≥ 50 millions
Régime du Réel Simplifié d’Imposition 15 Millions ≤ CAHT)≤ 50 millions
Contribution des Micro Entreprises CAHT ≤ 15 millions

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Les professions libérales ne peuvent pas relever du régime de la contribution des Micro
entreprises.

II. Les impôts sur le revenu.


Il s’agit d’impôts prélevés sur les gains d’une personne ou d’une entreprise des que ces gains
sont acquis et quel que soit leur emploi ultérieur.
Sont dès lors fiscalement rangés dans la catégorie des revenus imposables ceux provenant de
l’exercice d’une profession (salaire, les bénéfices..) des capitaux mobiliers, des revenus
fonciers ainsi que les plus-values immobilières et les gains exceptionnels.
Les principaux impôts sur les revenus sont :
 L’Impôt sur les Sociétés (IS) qui frappe les bénéfices des sociétés ;
 L’Impôt sur les Bénéfices Industriels Commerciaux et Agricoles (IBICA) qui est assis
sur le bénéfice des entreprises individuelles ;
 L’Impôt sur les Bénéfices des professions non Commerciales (IBNC) qui est assis sur
les bénéfices des professions libérales, des charges et offices dont les titulaires n’ont
pas la qualité de commerçant ;
 L’Impôt Unique sur les Traitements et Salaires (IUTS) qui est du par les salariés des
secteurs publics et privés ;
 L’Impôt sur les Revenus Fonciers (IRF) qui est payé par les loueurs d’immeubles bâtis
et non bâtis et même les revenus accessoires ;
 L’Impôt sur le Revenu des Valeurs Mobilières (IRCM) qui est assis sur les dividendes,
les rémunérations des dirigeants non-salariés et tous les autres produits des actions de
toute nature et des parts de fondateurs ;
 L’Impôt sur le Revenu des Créances, Dépôt et Cautionnement (IRC) qui frappe les
intérêts, arrérages et tous les autres produits des créances, dépôt cautionnement et des
comptes courants ;
 La Taxe sur la Plus-value Immobilière (TPVI) ;
 L’Impôt Progressif sur le Revenu (IPR) payé par les coopérants français en lieu et
place de l’IUTS.

III.L’Impôt sur la dépense

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Les impôts sur la dépense sont ceux payés à l’occasion de l’acquisition d’un bien ou d’un
service. L’imposition de la dépense consiste à frapper finalement l’emploi du revenu ou de
l’épargne lorsque ceux-ci sont affectés l’acquisition d’un bien ou d’un service.
A ce titre on peut citer la TVA qui est le plus rentable des impôts sur la dépense. La TVA est
une taxe sur la dépense a paiement fractionné. Elle a été instituée au Burkina en 1993 (loi
n°04/92/ADP du 03 décembre 1992) en remplacement de la TCA.
En effet avec son mécanisme de paiement fractionné et de déduction, la TVA est un impôt
général prélevé a chaque stade du circuit économique et venant en définitive atteindre le
consommateur final de produits et de services sur l’ensemble de ses dépenses.
Le champ d’application de la TVA est très large. Elle frappe les importations, les ventes, les
travaux immobiliers, les prestations de service, les transformations de produits agricoles et
piscicoles, les livraisons à soi-même et d’une manière générale toute activité lucrative autre
que les emplois salariées.
La taxe sur les boissons : les boissons fabriquées au Burkina sont passibles d’une taxe
indirecte spécifique assise sur le montant hors TVA, a l’exception des exportations ;
La taxe sur les tabacs, cigares et cigarettes assise sur le montant des ventes hors TVA ;
La taxe sur les contrats d’assurance : la taxe est prélevée par les compagnies d’assurance sur
le montant des sommes stipulées au contrat d’assurance ;
La taxe sur les jeux du hasard : c’est une taxe assise sur les produits bruts des jeux de hasard a
l’exclusion des jeux de la LONAB ;
La taxe de développement des activités audio visuelles qui est perçue sur les consommations
d’électricité ;
La taxe sur les produits pétroliers : elle s’applique aux cessions de tous les produits pétroliers
effectués à titre onéreux ou à titre gratuit par les entreprises importatrices directes.

IV. Les impôts sur le capital


Ces impôts sont destinés à appréhender la détention ou la transmission du capital.
L’imposition du capital peut être réalisée soit à l’occasion de sa transmission, qui peut être à
titre gratuit (donation, succession) ou à titre onéreux (vente de biens immobiliers et mobilier).
Les impôts sur le capital sont très variés. On a les droits d’enregistrement de même que
plusieurs autres qui sont :
 Droits de mutation ;
 Droits de succession ;
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 Droits de donation ;
 Droits d’enregistrement sur les cessions de part sociale ;
 La contribution des patentes ;
 La taxe des biens de mainmorte ;
 La taxe de résidence.

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CHAPITRE V : LES REFORMES FISCALES ET DOUANIERES


Dans l’optique de l’application d’une gouvernance fiscale qui concilie les exigences de
recouvrement et les intérêts du secteur privé, des reformes touchant aussi bien les structures
que les textes, ont été menées au niveau de la direction générale des impôts et de la douane.

SECTION 1 : Les reformes structurelles


Elles ont consisté en ce qui concerne la DGI en l’accélération de la déconcentration des
services
C’est ainsi qu’un déploiement des services a été effectué pour couvrir le maximum de zones
abritant d’importantes populations fiscales.
I. Au niveau de la DGI
La déconcentration de la DGI s’est progressivement déconcentrée pour couvrira l’heure
actuelle l’ensemble des provinces et des régions de notre pays. Il existe une direction
provinciale des impôts par provinces et une direction régionale pour chaque région. Depuis
2012, la DGI a commencé l’implantation d’antennes fiscales dans des communes rurales à
fort potentiel fiscal et distantes du chef-lieu de la province.
Il a également été entrepris la déconcentration des services spécialisés comme les brigades de
vérification et des services d’assiette du cadastre et des travaux fonciers. Aujourd’hui dix
régions sont dotés de brigades de vérification et neuf services du cadastre et des travaux
fonciers. Les contraintes à la déconcentration intégrale de ces services résident dans le
manque de personnel et de locaux.
Cette démarche qui vise un meilleur accomplissement de la mission de mobilisation des
ressources a également pour objectif d’améliorer la qualité des prestations offertes aux
contribuables en réduisant les distances et les délais de traitement des dossiers.
A. La création des directions spécialisées : la Direction des Grandes Entreprises et
les Directions des Moyennes Entreprises.
La mise en place de la DGE qui a débuté ses activités le 1 er octobre 2004 répond au souci de
modernisation de la gestion des entreprises.
Elle a une compétence nationale pour l’assiette, le recouvrement et le contrôle des impôts
dont ses contribuables sont redevables a l’exception des impôts domaniaux et fonciers. Dotée
de moyens automatisés de traitement des dossiers, la DGE est considérée comme un guichet
privilège. Actuellement le portefeuille des contribuables de la DGE est environ 600
contribuables et les seuils sont déterminés par décision du DGI.

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Dans la suite de la création de la DGE, il est créé deux directions des moyennes entreprises à
Ouagadougou et Bobo dioulasso. En 2010, la DGI a procédé avec l’appui du FMI à une
importante réorganisation des DME pour les rendre plus modernes et plus efficaces.
Cette organisation permet au contribuable de n’avoir qu’un seul interlocuteur. Pour le débiteur
cette structuration comporte un grand avantage surtout en matière de recouvrement ou il n’a
plus affaire à des receveurs différents en fonction de l’origine des notifications (service
d’assiette ou brigade de vérification)
La création de la DGE et des DME a permis d’alléger le fichier des contribuables des
Directions de Centre des Impôts (DCI) à Ouagadougou et Bobo dioulasso et de dégager pour
l’ensemble des services plus de disponible pour :
 Le traitement diligent des requêtes ;
 Une bonne information des partenaires sur leurs obligations fiscales et une meilleure
écoute des difficultés qu’ils peuvent rencontrer.
B. Le transfert du recouvrement des impôts et taxes de la DGTCP a la DGI.
Les premiers transferts sont intervenus en 1994 avec les contribuables du RNI des Kadiogo I
et Houet I. mais c’est à partir du 1 er janvier 2005 que les transferts se sont accélérés avec la
réunion dans un même service des impôts les fonctions d’assiette et de recouvrement. Il a
pour conséquence d »améliorer la productivité de l’impôt et des prestations auxquelles le
contribuable peut s’attendre.

Le partage de compétence, entre la DGI et la DGTCP, qui caractérisait l’organisation initiale


avait pour inconvénient non seulement le ballotage du contribuable entre deux services, mais
aussi une déperdition des recettes du fait de la difficile surveillance du contribuable.

II. Au niveau de la Direction Générale des Douanes

La DGD est un corps paramilitaire composé d’agents obéissant à la fois au statut général de la
fonction publique et au statut militaire.
Comme la DGI, la DGD s’est également engagée dans le processus de déconcentration.
Toutefois compte tenu de la spécificité de leurs activités, orienté vers les frontières, les
services déconcentrés de la DGD sont au niveau des régions frontalières. Ainsi la DGD
comprend 5 Direction régionales :
La Direction régionale du centre (Ouagadougou)

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La Direction régionale de l’ouest (Bobo dioulasso)


La Direction régionale de l’est (Fada n’gourma)
La Direction régionale du nord (Dori)
La Direction régionale du sud-ouest (Diébougou)
La Direction régionale du centre-est (Tenkodogo)
En plus des directions régionales, on a des conseillers fiscaux à Bruxelles, Accra et Abidjan.
En vue d’un meilleur contrôle du trafic transfrontalier, les bureaux des douanes ont été
construits plus près des frontières. C’est l’exemple du bureau de Dakola, initialement à Po ou
de Galgouli (kampti) et Lan (leo).
La modernisation de l’Administration des douanes s’est renforcée avec l’interconnexion des
directions centrale avec les directions déconcentrées et surtout l’interconnexion des
commissionnaires en douane agrée avec les bureaux de dédouanement pour les saisies à
distances.

SECTION 2 : La politique fiscale


L’Administration de la fiscalité dans un contexte économique marqué par la stimulation de
l’initiative privée et la mondialisation implique la création d’un cadre propice à l’expression
de la compétitivité, au développement du secteur privé et à l’investissement.
C’est dans cet esprit que dans le cadre de la rencontre annuelle entre le Gouvernement et le
secteur privé, des doléances des opérateurs économiques portant sur la révision des textes
fiscaux en vue de créer un environnement favorable à la compétitivité des entreprises ont été
prises en compte.
Pour l’illustration il est utile de revenir sur les plus récentes.
I. La réduction de 50% du taux du prélèvement a la source et sa suppression pour
les grandes entreprises
Une différenciation du taux du prélèvement à titre d’acompte sur les impôts sur les bénéfices
au cordon douanier en fonction du statut formel ou informel de l’entreprise a été introduite.
Ainsi, le taux applicable aux importations effectuées par les contribuables relevant du régime
du réel a été ramené de 2% à 1%.
Ensuite, il a été supprimé pour les entreprises qui relèvent de la Direction des Grandes
Entreprises.

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II. Baisse du taux des droits d’enregistrement des contrats portant concession de
droit de licence et autres brevets commerciaux ou de fabrication
Cette modification fait suite aux griefs formulés par les industriels contre l’impact du taux
élevé des droits d’enregistrement applicables aux contrats portant utilisation de marques de
fabrication étrangères protégées qui sapent la compétitivité de leurs unités.
En ramenant le taux des droits d’enregistrement de ce type d’actes de 10% à 5%, le
gouvernement entend dissuader les contrefaçons et la fraude et stimuler la prospérité des
unités industrielles.

III.Exonération des loyers des contrats de crédit-bail de la retenue à la source.


L’application de la retenue à la source sur les loyers des contrats de crédit-bail s’est révélée
une menace pour la survie de ce nouveau produit financier censé apporter des solutions
idoines aux problèmes d’équipement professionnel des petites et moyennes entreprises.
Compte tenu des pertes financières énormes accusées par les promoteurs de crédit-bail et du
gel de cette branche d’activités, le Ministère en charge des finances avait, face à l’urgence de
la situation, recommandé au cours de l’année 2005 la suspension de l’application de la
retenue.
Avec l’exonération de la retenue qui vient d’être accordée à ce secteur, l’état réaffirme sa
volonté d’accompagner l’implantation de ce mode de financement au Burkina et de concourir
ainsi au développement des petites et moyennes entreprises.

IV. Imposition des actes constitutifs et modificatifs de sociétés a un droit fixe de 6 000
FCFA.
L’imposition au droit proportionnel de 3% des actes constitutifs et modificatifs de société était
régulièrement incriminée comme un obstacle majeur à la création et modification de sociétés
et à la libre cession des titres négociables.
En optant pour l’application du droit fixe, l’état donne suite à la réclamation du milieu des
affaires et contribue à rendre plus attractif notre environnement économique. Cette mesure
permet de conformer notre législation aux décisions prises par les instances communautaires
en matière de création et de modification de sociétés.
V. L’éligibilité des contribuables relevant des professions non commerciales au
régime du réel simplifié d’imposition

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Les contribuables de cette cédule d’impôt, à l’inverse de ceux relevant de l’impôt sur les
bénéfices commerciaux ne bénéficiaient pas d’une classification suivant le volume du chiffre
d’affaires pour permettre une taxation différenciée.
L’admission des personnes exerçant une activité non commerciale et réalisant un chiffre
d’affaires inférieur 15 millions au régime du réel simplifié d’imposition oblige ces derniers à
cotiser un minimum de 300 000 FCFA par an.

VI. L’institution d’un taux de 5% de prélèvement sur les importations effectuées par
les contribuables de la contribution des microentreprises
La soumission des importations des contribuables relevant de la CME a un taux de 5%
contribue à l’élargissement de l’assiette fiscale et restaure un certain équilibre dans la
concurrence les autres régimes.

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VII. L’institution de l’impôt sur les sociétés


En lieu et place du BIC Personne Morale, il a été institué un impôt sur les sociétés,
l’imposition des bénéfices industriels et commerciaux des personnes morales est soumise à
cet impôt. Le bénéfice imposable comprend le bénéfice commercial mais aussi tous les
produits et revenus de la société.

VIII. L’harmonisation des procédures de recouvrement


Initialement la procédure de recouvrement des impôts différait selon qu’il s’agisse d’impôt
direct ou d’impôt indirect ou encore de droit d’enregistrement. La procédure est la même quel
que soit l’impôt.
L’institution de la facture normalisée
La nouvelle segmentation des contribuables selon le seul critère du chiffre d’affaires

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CHAPITRE VI: LE CONTROLE FISCAL

Le système fiscal étant déclaratif, le droit de contrôle conféré à l’administration fiscale en est
la juste contrepartie.

SECTION 1 : le contrôle formel

Le contrôle formel est un contrôle qui s’exécute sur la forme des déclarations ou des actes
présentés à l’Administration fiscale. Il se fait dès la réception de dossier du contribuable.

Le contrôle formel permet au gestionnaire, et parfois au vérificateur non seulement de


surveiller la date de réception, le mois de déclaration, la présence du numéro d’Identifiant
Financier Unique (IFU), la profession ou l’activité du contribuable mais aussi de s’assurer de
l’exactitude de la liquidation des impôts et taxes. Par exemple pour ce qui concerne la TVA, il
pourra s’agir de s’assurer de l’exactitude de la TVA brute, du prorata et de la TVA déductible.

Ce contrôle n’implique pas un examen au fond des déclarations ou des actes présentés. Il
consiste uniquement en la rectification des erreurs matérielles sans recours à des recherches
extérieures.

Le contrôle formel ne se traduit pas par un redressement, il constitue seulement une phase
préparatoire au contrôle sur pièces.

SECTION 2 : le contrôle sur pièces

Le contrôle sur pièces, qui est l’une des activités principales des Services d’Assiettes dans les
directions opérationnelles, se définit comme l’ensemble des travaux qui se déroulent à
l’intérieur de l’administration fiscale et qui impliquent une analyse critique et exhaustive des
déclarations souscrites par le contribuable. Il peut s’agir d’une analyse de cohérence entre les
différentes déclarations souscrites par le contribuable au cours d’une période donnée. Ensuite
il peut s’agir d’exploiter les informations obtenues à travers les systèmes de recoupement
d’information entre les différents services de l’administration d’une part et les différents
partenaires du contribuable d’autre part.

Ce type de contrôle tient une place primordiale dans le dispositif du contrôle fiscal, en ce sens
qu’il traduit la présence permanente de l’Etat par sa fréquence, il constitue un facteur de
prévention d’une dégradation de l’assiette par les corrections rapides des erreurs et
insuffisances, il améliore le niveau de recouvrement par le redressement et il renforce le
civisme fiscal par son caractère dissuasif.

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La conduite du contrôle sur pièces se traduit par l’exploitation des différentes déclarations du
contribuable : déclarations de chiffre d’affaires, de revenu et des actes déposés à la formalité
de l’enregistrement … et par recoupement. A l’issu de ces travaux préliminaires, des
recherches complémentaires peuvent être faites par l’exercice du droit de communication ou
par des demandes de renseignements

L’importance de contrôle interne dans le dispositif de contrôle fiscal est donc capitale,
puisqu’il permet non seulement de corriger les erreurs matérielles et de faire un redressement
mais aussi et surtout d’assurer l’égalité de tous les contribuables devant l’assiette de l’impôt et
de sélectionner les dossiers qui peuvent faire l’objet de contrôle externe.

SECTION 3 : le contrôle externe

Le contrôle externe ou encore contrôle sur place est un contrôle qui se déroule hors de
l’administration fiscale, plus précisément dans les locaux de l’entreprise soumise aux
opérations de vérification sauf si le contribuable en a décidé autrement. Ce contrôle a pour
objet d’examiner d’une manière approfondie la comptabilité des contribuables ; d’apprécier
l’application de la loi fiscale ; de vérifier la situation fiscale d’ensemble sur les années non
prescrites qui porte sur un délai de trois (3) ans.

La mise en œuvre de ce contrôle obéit à des procédures très strictes :

Envoi d’un avis de vérification au moins huit (8) jours avant la date de la première
intervention accompagné de la charte du contribuable vérifié;

Mention est faite dans l’avis de vérification de se faire assister par un conseil de son choix ;

S’exerce exclusivement sur place (siège) ou exceptionnellement au bureau à la demande du


contribuable ;+

SECTION 4 : les droits et garanties du contribuable

Au regard des prérogatives reconnues a l’administration, le contribuable dispose de droits et


garanties étendues qui lui permettent d’assurer la défense de ses intérêts légitimes.

 L’obligation de réponse de l’administration : l’administration est tenue de répondre


à toute demande de renseignements formulée par le contribuable. Et ces réponses
lieront l’administration.

 Le droit à l’assistance d’un conseil : tout contribuable a la faculté de se faire assister


d’un conseil de son choix lors d’une vérification. L’avis de vérification doit en faire
mention sous peine de nullité.

KASSIE Pador Cabinet PANAUDIT-BURKINA SARL COMPTABLE FISCALISTE TEL : 70 00 42 08


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Cours d’introduction au droit fiscal Burkinabé. Enseignant : KASSIE Pador Gérant du Cabinet de Fiscalité CAFEC-KA-Sarl
Conseil d’entreprises e-mail : [email protected]/[email protected]

 L’avis de vérification : il doit être adressé au contribuable au moins huit (8) jours à l’
avance sous peine de nullité.

 La justification de la qualité d’agent des impôts : tout contribuable a le droit


d’exiger de toute personne agissant en qualité d’agent des impôts de la preuve de cette
qualité.

 L’interdiction de vérification répétée : après une vérification de comptabilité d’un


impôt, l’administration ne peut pas procéder à une nouvelle vérification pour le même
impôt et pour la même période.

 La limitation de la durée de la vérification : pour les entreprises de vente de biens,


objets, fournitures et denrée, les fournitures de logement dont le CA est inférieur à
60 millions, la durée de la vérification ne doit pas excéder 3 mois. Le délai est le
même pour les autres entreprises dont la CA n’excède pas 20 millions.

 La garantie contre les changements de doctrine : lorsqu’un contribuable s’est


conformé à l’interprétation d’un texte formellement admise par l’administration en son
temps, toute modification ultérieure de cette interprétation ne peut avoir d’effet
rétroactif pour celui-ci.

 L’emport de documents comptables par le vérificateur : le vérificateur ne peut


emporter les documents comptables qu’avec l’accord écrit et signé du contribuable.

 Le recours gracieux : ce recours concerne les contribuables dont l’indigence empêche


de s’acquitter des impôts directs à leur charge. Il est peut être également exercé par le
contribuable qui font l’objet de redressements fiscaux pour obtenir une modération des
majorations d’impôts, de pénalités ou d’amendes. Le recours gracieux est exercé
auprès du ministre des finances s’il porte sur des sommes supérieures à 50 millions.
En dessous de ces montants la demande est adressée au DGI.

 Le recours contentieux : il concerne les demandes tendant à obtenir, soit la réparation


d’erreurs commises dans le calcul de l’impôt, soit le bénéfice d’une disposition
législative. Le recours contentieux est adressé au DGI dans les trois (3) mois qui
suivent la mise en demeure de payer pour les impôts indirects. Si la décision du DGI
n’intervient pas dans les délais (4 mois pour les impôts directs et 8 jours pour les
impôts indirects) ou en cas d’insatisfaction le contribuable peut se pourvoir en
cassation devant la chambre administrative du conseil d’état dans un délai de deux
mois pour les impôts directs et 8 jours pour les impôts indirects.

KASSIE Pador Cabinet PANAUDIT-BURKINA SARL COMPTABLE FISCALISTE TEL : 70 00 42 08


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